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 Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]

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Lenhar Embral'Denh
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MessageSujet: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Dim 7 Mar 2010 - 14:14

Suite de Chassé-croisé



Treizième Semaine
Septième jour
Nuit

    La jeune fille fouilla dans sa besace et en sortit une petite bouteille d'alcool. Lenhar la regarda avec reconnaissance, et la laissa approcher. Il vit dans les yeux de l'Amazone une certaine répugnance à l'approcher, mais elle devait certainement avoir assez de jugeote pour outrepasser le dégout de la vue d'un corps masculin pour se concentrer sur sa plaie. Elle rit. Il se demanda s'il avait l'air si mal en point que cela. Il jugea que oui, très certainement. Elle lui tendit la bouteille, mais le flacon lui échappa, ses mains poisseuses de sang se refermant dans le vide. Il fut pris d'un frisson qui remonta le long de son échine. Quoi, il n'arrivait même pas à prendre une bouteille dans sa main? L'Amazone pourtant ne se démonta pas, ramassa la bouteille et la déboucha. Elle versa alors généreusement, un peu trop généreusement, de l'alcool dans la plaie béante; Lenhar ne l'avait pas pu venir, et il ne put s'empêcher de hurler.

    "Je...Je suis vraiment désolée ! Le domaine curatif n'est pas ma spécialité."

    "Oui, j'avais remarqué..."
    grogna-t-il.

    Mais il ne se permit pas plus de remarque, puisque la jeune femme était en train de siffler. Il supposa qu'elle devait avoir un complice, ou alors un cheval. Puis elle ramassa leurs affaires éparpillée sur le lopin de terre. Il leva un sourcil, mais ne fit pas de remarque -l'alcool le brûlait encore. Puis elle le cala contre l'arbre -encore maculé de sang-, et se mit à la rhabiller. Lenhar n'en crut pas ses yeux. Quoi, une Amazone réussissait à vaincre ainsi son dégoût pour lui remettre ses vêtements?? Il esquissa un geste pour la repousser, pour lui montrer qu'il pouvait se rhabiller tout seul comme un grand, mais la douleur était trop grande, et il défaillit.

    "Je pars pour un assassinat, ça finit un maternant une Ombre...Un gradé probablement..Mais que leurs apprend t-on dans leurs écoles, fichtre ! Qu'ils évitent ce genre de mission s'ils n'en sont capables !"

    Lenhar aurait bien voulu lui faire remarquer que, très justement, il devait être tout de même plus haut gradé qu'elle, sinon elle aurait de meilleures capacités en premiers soins. Par conséquent, il aurait très bien pu se débrouiller tout seul, et aurait vaincu comme un grand si l'adversaire n'avait pas été si puissant au corps à corps. Il aurait bien voulu la voir à sa place, hein. Elle n'avait fait qu'achever le grand homme déjà gravement blessé. Mais il ne pouvait pas dire tout cela, car sa langue était pâteuse et épaisse dans sa bouche, et que de toute manière sa voix n'aurait été qu'un filet sans consistance ni mots correctement articulés. Il se laissa donc faire docilement, la tête dodelinant.
    Il marqua un temps d'incompréhension quand il se senti soulevé du sol. Il réalisa par la suite qu'elle l'avait fiché sur son épaule. La tête lui tourna légèrement par la rapidité avec laquelle la jeune femme l'avait soulevée -car il était certain à présent, à sa façon de parler, qu'il s'agissait d'une jeune Amazone-, et il posa docilement son menton contre le dos musclé de sa sauveuse. Il entendit vaguement le galop d'un cheval, et se sentit déposé délicatement sur la selle. Il gémit de douleur, mais tenta tant bien que mal d'étouffer ledit gémissement. Il n'allait pas faire sa petite fille, en plus.

    Puis, il lui sembla apercevoir l'Amazone trancher sans plus de considération la main du meurtrier. Ah. Bon. Pas très raffiné tout ça. Puis il entendit des bruits de tissu et de sac que l'on refermait. Il se dit vaguement qu'elle avait certainement rangé la main quelque part sur le cheval. Il l'entendit à nouveau.

    "Nous sommes proches d'Asela si je ne me trompe pas...Une petite ville de fermier. On y trouvera surement des soins et surtout de quoi se ravitailler. Moi qui pensais rentrer à Eralo demain de bonne heure. Toi, tu me dois la vie !"

    Il réussit à apercevoir le sourire malicieux et...oui, légèrement complice de son interlocutrice. L'optimisme et l'humour naturels de Lenhar lui revinrent. Il parvint cette fois-ci à lui répondre avec un vrai sourire, ignorant la douleur, se disant que de toute manière il allait bientôt recevoir de meilleurs soins.

    "Oh," répondit-il, "Et que devrais-je vous offrir en compensation, mademoiselle? Vous semblez convaincue que je ne pourrai pas vous rendre la pareille... Comment pourrai-je m'acquitter de ma dette?"

    Il sourit franchement, et alors que l'Amazone grimpait en selle pour mener son cheval en direction d'Asela, il lui sembla collapser totalement, et il laissa tomber sa tête sur l'épaule de sa sauveuse. Il serra les dents. Quel manque de courtoisie... Mais vu son état de faiblesse, c'était toujours mieux que de la prendre par la taille. De toute manière elle l'aurait sûrement frappé à mort s'il faisait cela.
    Le voyage du prendre environ trente minutes. Lenhar resta une grande partie du temps assoupi, mais parfois ouvrait un oeil et profitait de la fraicheur de la nuit, du vent faisant voler ses longs cheveux de jais. Il n'osait vraiment bouger, de peur que l'Amazone ne se fasse farouche. A un moment, il vit les lumières d'Asela se profiler à environ un kilomètre. Sachant que bientôt il serait remis entre les mains d'un soigneur, et sentant qu'il allait de nouveau s'évanouir, il leva la tête, et approcha sa bouche de l'oreille droite de la jeune femme -il n'aurait pu parler plus fort, de toute manière.

    "Merci. Je pense que je serai mort sans votre aide. Une fois que j'aurai mes soins, je devrais reprendre...rapidement..."

    Sa tête retomba sur l'épaule de l'Amazone et il sombra.

    Il se réveilla dans une chambre qui semblait celle d'une auberge, propre, bien tenue et accueillante. Il entendait du bruit en bas et se dit que la plupart du temps, c'était justement en bas qu'il était, parmi les fêtards et les bouteilles d'alcool. Il tenait bien l'alcool. Il baissa les yeux, et découvrit son torse nu, sa blessure nettoyée recouverte d'un solide bandage. Puis il leva la tête et vit une guérisseuse Amazone mettre de l'ordre dans ses flacons.

    "Dame Dreram vous a emmené ici, inconscient. Au dû de votre identification en tant que Capitaine des Fantassins Ombres, grâce aux papiers contenus dans votre manteau de voyage, vous avez eu droit à une chambre de bonne qualité ainsi qu'à des soins intensifs. Vous avez une bonne capacité de récupération pour quelqu'un de votre race. J'ai utilisé de puissants onguents, je ne serais pas étonnée que vous puissiez vous lever d'ici une demi-heure. Je vous souhaite une bonne nuit.

    Sur ce, la guérisseuse se contenta d'un mince sourire sur ses lèvre pâles, et elle se retira. Lenhar effleura son pansement avec précautions. Et en effet, il sentit les bienfaits des soins qu'on lui avait procurés. La blessure avait été refermée par quelques points de suture, et l'effet de l'onguent était extraordinaire: la plaie commençait déjà à cicatriser! Il pourrait sûrement partir le lendemain matin pour rendre compte de l'achèvement de sa mission. Il se permit un sifflement d'admiration. La médecine d'urgence Amazone était extraordinairement efficace. Mais, pour un peuple de guerrières, rodées aux coups et au sang, il était certain que la médecine se devait être efficace. Lenhar sourit. Puis, il vit la poignée de la porte tourner. Etait-ce "Dame Dreram"? Sa sauveuse? Il se demandait bien quel était son grade pour être ainsi affublée du titre de dame, car à première vue elle n'en avait pas vraiment les manières... Mais elle était néanmoins sympathique. Bien plus ouverte en tout cas que n'importe quelle noble ou personne importante. Il décida de mettre son grade de côté, du moins pour cette soirée.

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"Remember when I told you how my kin is different in some ways?"


Dernière édition par Lenhar Embral'Den le Jeu 11 Mar 2010 - 23:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Dim 7 Mar 2010 - 19:13


Lucia Dreram

C'est après être sortit de la clairière, suivit de son étalon, qu'elle marqua un arrêt. Courir dans les bois n'était pas désagréable, de nuit c'était autre chose.

Lucia leva la tête vers son cheval. Il y avait bien assez de place pour deux, reconnaissant les capacités de sa monture, elle se mit à cheval, devant l'Ombre
Celui-ci eut un moment d'éveil, lui adressant quelques mots:

- Oh, et que devrais-je vous offrir en compensation, mademoiselle? Vous semblez
convaincue que je ne pourrai pas vous rendre la pareille... Comment
pourrai-je m'acquitter de ma dette?


Malgré son état, il ponctua sa phrase d'un sourire.

- Vous acquitter d'une dette ? Reste à savoir si vous y arriverez !

Lui souriant en retour, de cette moquerie perfide, Lucia détourna le regard et talonna sa monture.
Le guerrier replongeant dans l'inconscience, trouva bon d'appuyer sa tête sur l'épaule de la fille. S'il aurait sut qu'il avait échappé de très peu à un violent coup de tête, il se serait surement abstenu de ce geste déplacé. Lucia, compatissante vis à vis de sa blessure, ne marqua ce geste que d'une simple grimace.

Malgré le court voyage, la guerrière en eut mal au fessier de partager ainsi sa selle. Surtout le poids de l'homme, affalé contre son dos, l'obligeant à se courber.
Le vent lui fouettant le visage, elle finit tout de même par apercevoir, sur sa droite, les feux délimitant la ville.
D'un soulagement, elle tira sur les brides, se détournant de son trajet, et partit en direction de la cité.

Les bâtiments commençaient à se dessiner dans la pénombre. Toujours courbée, elle sentit bouger derrière elle. L'Ombre reposa sa tête contre son épaule, et lui souffla:

- Merci. Je pense que je serai mort sans votre aide. Une fois que j'aurai mes soins, je devrais reprendre...rapidement...


Attendant d'autres paroles, Lucia remarqua qu'il avait de nouveau sombré. Elle secoua la tête d'un air exaspéré, et se dirigea vers l'entrée de la citée.

-------

Deux gardes l'accueillirent, lui demandant de marquer l'arrêt. Elle sortit quelques papiers, expliquant la raison de sa présence en ces lieux, et ce que faisait cette homme sur sa selle, devant le regard étonnés des sentinelles.
Ayant prit connaissance de son identité, les gardes n'eurent le droit de plus la questionner, vis à vis de son grade.

Une fois les portes poussées, elle rentra dans la citée.

La ville ne possédait rien de bien particulier. Une succession d'édifices en bois. La muraille autour, en faisait une avant-garde entre les deux royaumes, mais cela restait une ville de passage.
Parcourant les rues, attirant les regards sur les eux, l'Amazone finit rapidement par trouver l'hôtel de ville.

Mettant pied à terre, Lucia secoua légèrement l'Ombre voir s'il était éveillé. La tête se balançant ne fit qu'exaspérer la jeune fille. Elle amena sa monture jusqu'à un pilier, pour l'attacher à l'aide des brides. Elle s'occuperait de lui trouver une étable plus tard.
Hissant son congénère sur son dos, elle entra dans le bâtiment.


Un sentinelle accouru, avisant la situation et le grade de la fille.

- Ma dame, que se passe t-il ? Dois-je faire venir un médecin ? Débita t-il, inquiet.

- Cet homme est blessé, faite donc quérir un soigneur !

Tout en donnant ses ordres, elle déposa le blessé dans un des fauteuils ornant la salle. La jeune fille porta son regard sur l'Homme. Il ne semblait très mal en point, mais transpirait à grosses goûtes. L'alcool et les bandages n'avait dut stopper l'hémorragie.

Quelques minutes plus tard, la soigneuse entra dans la salle, alerte, une valise dans la main.
D'un signe de la main, elle lança plusieurs ordres:

- Gray', Xan', prenez moi ce gars, on l'emmène à l'auberge du centre ville.

Deux gardes arborant les uniformes de la cité, déboulèrent dans la salle. Ils soulevèrent l'Ombre, et le plaçait dans un brancard. Chacun posté d'un côté, ils quittèrent le bâtiment aussi vite qu'ils étaient venus.
La guérisseuse s'approcha de Lucia.

- A qui ai-je honneur, ma dame ? demanda t-elle d'une voix fluette.

De très grande taille, la soigneuse avait une carrure fragile. La peau bien blanche se confondait avec son uniforme marqué d'une croix rouge. De long cheveux d'un rouge très clair, noués en une épaisse tresse, serpentait le long de son dos pour finir en dessous du fessier. Une visage fin et pointu, un petit nez centrant deux yeux d'un noir très dense. Une beauté ferme, qui en faisait une femme autoritaire.

La guerrière, obligée de lever la tête pour regarder son interlocutrice, répondit:

- Lucia Dreram, guerrière d'élite de la cité d'Eralo. Accompagnant ses paroles d'un geste vers ses habits pour confirmer son appartenance, mon compagnon est blessé, je profite donc des capacités de cette ville.

L'infirmière accueillit ses paroles d'un large sourire.

- Et bien je vous souhaites la bienvenue Dame Dreram. Votre amis est en sécurité, je vais m'occuper de son cas. Nous sommes à l'auberge du centre-ville si vous voulez y passer.

Mettant fin à la discussion d'elle-même, la soigneuse Amazone reprit sens inverse, d'une marche souple due à sa taille.

Murmurant entre ses lèvres, Lucia la regarda partir:

- Mon ami ? d'une grimace, elle sortit de l'établissement. Elle irait voir comment se portait l'Ombre dans quelques heures. Pour l'instant un bain s'imposait.

La guerrière dénoua les brides de son cheval, le rassurant de quelques caresses affectives, et partit en direction d'une étable.

- Excuse moi mon grand, j'ai failli t'oublier.


D'une caresse, elle repartit dans les rues, s'engouffrant dans le flot que formaient les passants.
Pour éviter d'être incommodée, elle avait jugée préférable de marcher à côté de sa monture. Ce qui ne facilita pas la recherche d'une étable. Son premier objectif avait été de retourner à l'hôtel de ville, mais la masse grouillante en avait voulue autrement. Tant pis, elle se rendrait donc à l'auberge du centre ville.

Après quelques petites minutes de marche, elle finit par obliquer dans la rue principale, menant dans le centre. Les commerces s'entassaient le long des rues. Allant de la petite boutique, en passant par la taverne, pour terminer par une armurerie. Au passage, Lucia repéra les bains. Elle n'espérait vraiment voir un bâtiment dédié à ça dans une si petite citée, mais cela semblait être le cas. Mémorisant l'endroit, la guerrière se dirigea vers l'auberge, tirant toujours son cheval.
L'édifice n'était pas si particulier. Comprenant quelques étages, deux tout au plus, elle ne se distinguait pas plus des autres habitations.

Recevant un coup d'épaule, elle fut tirée de son observation. La foule était encore trop abondante, et Lucia commençait à fatiguer de devoir jouer des coudes.
Elle entraina son étalon dans l'étable, lui choisit un petit coin, vérifiant le niveau d'eau, puis l'attacha solidement. Après avoir chuchoté des mots doux à l'oreille et quelques caresses à sa monture, Lucia repartit en direction de la rue.

- Et maintenant un bon bain eh eh !
S'écria t-elle en s'étirant de plaisir.

Stoppée en plein élan de satisfaction, la guerrière se rappela qu'elle n'avait que son armure et une chemise dessous, mais rien de plus pour se changer convenablement.
Avisant du coin de l'œil la boutique d'un maitre tailleur, en face, elle s'y rendit en quelques enjambées.

Lucia opta pour une chemise de velours verte, au boutons dorés ainsi qu'un bas de cuir noir. Le tout accompagné d'une longue cape à capuche gris sombre. Le tout lui revenait pour quelques dizaines de tiwaz.

Ses achats terminés, elle se rendit en direction des bains. Couteux, mais restant dans la limite du convenable, elle préféra le luxe qu'à se laver dans une bassine par le biais d'une auberge.

------
Terminant son long nettoyage par quelques étirements et exercices musculaire, elle se rhabilla. Heureuse de quitter son armure, malgré l'affection qu'elle lui portait, Lucia se vêtit rapidement et sortit des bains.

Il commençait à ce faire très tard, la journée avait défilée beaucoup trop vite. Elle jugea bon d'aller voir son protégé à l'auberge.

Accrochant soigneusement sa cape, elle descendit les quelques marches de l'édifice et partit en direction de l'auberge, la nuit veillait déjà sur la cité, un calme rassurant planait dans les rues.

La jeune fille poussa le panneau de bois, et entra. Une taverne bien bruyante lui apparue. Une douzaine de tables réparties dans la pièce, grand nombre occupées. La salle n'était pas bien grande, il fallait se faufiler pour atteindre l'escalier à gauche. Le comptoir au fond, où s'activait l'aubergiste, entouré de quelques ivrognes.

Habituée à ce genre d'ambiance malsaine, Lucia ferma la porte, et releva un pan de sa cape, de sorte à faire apparaitre la garde de son épée. Elle entreprit de traverser la salle, accompagnée de quelques sifflements.
Un type accoudé à une table, en compagnie de trois hommes, l'interpella:

- Eh ma jolie, vient donc par ici ! Hurla t-il au sein du vacarme.

Ne daignant répondre, la guerrière continua sur ses pas, chose peu aisé à travers le flot de tables.
Elle n'avait pas remarqué la réaction de l'homme, ignorant également que celui-ci s'était levé et marchait à son encontre. Chose qui surprit la jeune Amazone, lorsque l'individu lui attrapa fermement l'avant bras.

- On ne t'as pas appris les bonnes manières ma poulette ? Moi et mes amis on va corriger ça...
Ne pouvant continuer sa phrase, Lucia lui crocheta habilement le pieds. L'humain s'effondra à terre.
Elle se pencha au dessus de lui, un sourire sur le visage:

- Vous disiez ? Votre bouche nourrie d'immondice empeste, excusez si je ne prolonge ce dialogue.

Satisfaite, elle se releva, et entreprit de continuer sa route, tournant le dos à l'homme affaissé.
Un coude vint la heurter à la tempe. Elle fut expulsée contre une table, complètement sonnée.
L'individu se rapprocha d'elle.

-Grossière erreur que tu as fais là ! On ne s'attaque pas à un membre de la confrérie comme ça !
Il attrape une chaise à portée de mains, et l'abattit sur la jeune fille. Lucia ayant relevée ses bras devant son visage attendit le choc.
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Lenhar Embral'Denh
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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Lun 8 Mar 2010 - 20:50

    Lenhar sentit que la personne derrière la porte n'était pas Dreram. Il se rendit alors compte qu'il ne connaissait même pas le prénom de la jeune fille. Il tenta de se relever pour accueillir l'intrus dans sa chambre, et pour paraître plus digne que mourant. Il valait mieux pour lui qu'il en soit ainsi. Il frissonna quand il réalisa qu'il était à l'heure actuelle une cible de premier choix, très facile et affaiblie, pour des chasseurs de prime ou quelque chose de ce genre; la tête d'un capitaine Ombre n'était pas chose commune sur le marché noir. Il se mordilla la lèvre inférieure. Tout cela n'était pas bon. Il fallait se préparer à toute éventualité. L'ombre tendit une main assurée vers sa dague, qui reposait tranquillement sur la chaise.

    La porte termina de s'ouvrir, et ce fut une Amazone bien découplée qui entra. Elle n'avait pas l'air fort de bonne humeur, mais une certaine trace de respect se lisait dans ses traits. Ceux-ci n'étaient pas vraiment fins; sa mâchoire était carrée, ses lèvres fines sans aucune sensualité, et ses pommettes trop rondes, et son front trop haut. Elle n'était pas laide pour autant, car son visage était magnifié par ses yeux, grands, d'un bleu très pur, bordés de long et épais cils noirs. Elle avait une chevelure brune et courte, et était vêtue de ce qui semblait être la robe de serveuse de l'auberge. Elle avait un paquet dans ses bras. Elle lança ledit paquet sur Lenhar, qui sursauta au contact du papier froissé entourant un objet léger et mou.

    "Voilà pour vous," cracha-t-elle. Elle n'était vraiment pas très amicale."Je n'ai aucune idée de ce que vous venez faire ici, mais j'espère que vous partirez vite. On a déjà bien trop d'hommes ici. Et ne me répondez pas 'mais je suis un Ombre', vous savez très bien que je parle d'hommes au sens masculin du terme. Je n'aime pas les hommes, même quand ils sont blessés. Surtout quand ils sont blessés, car alors on doit s'occuper d'eux comme des bébés, et ils deviennent parfaitement inutiles, déjà qu'ils le sont à l'ordinaire. Bref, ce paquet est pour vous, de la part de la maîtresse de cet établissement, qui a fait commander rapidement cette chemise pour cacher votre horrible buste plat et sans courbe aux yeux de mes chères sœurs qui sont clientes en bas, au cas où vous viendriez vous joindre à nous."

    Les yeux de Lenhar s'agrandissaient au fur et à mesure que l'Amazone parlait. Non pas qu'il se frustrait devant les paroles nettement misandres de son interlocutrice, mais il était impressionné par son débit de phrases qu'elle lui proposait. Il se demanda vaguement si elle n'avait respiré ne serait-ce qu'une seule fois de tout son discours. Celui-ci sourit de toute ses dents, et l'amazone eut une grimace de dégoût. Il défroissa le papier, et sortit une chemise d'un lin très fin, dont les épaules avaient été élargies en vitesse, arrangements de dernière minute à sa carrure masculine. Il remarqua le travail de qualité de la tailleur. Il s'empressa d'enfiler le vêtement, qui était d'un beau noir brillant. Les amazones semblaient avoir compris qu'il affectionnait cette couleur. Quand il eut passé la chemise, la serveuse sembla se détendre un tout petit peu. En son for intérieur, Lenhar ne put s'empêcher de s'esclaffer en remarquant à quel point les Amazones pouvaient être farouches (surtout quand il s'agissait d'amazones lesbiennes), et en même temps à quel point cela les rendait attachantes. Mais néanmoins, Lenhar avait peu eu l'occasion d'avoir une amante amazone; il trouvait leur peuple beaucoup trop énergique au lit, et avait eu très peur pour son intégrité masculine plus d'une fois en les fréquentant. Ces souvenirs lui remontant à l'esprit ne le firent que plus sourire, et la serveuse tiqua.

    "Qu'est-ce que vous avez encore??" ,aboya-t-elle."Vous voulez que je m'en aille, c'est ça? Vous voulez me jeter sans aucun remerciement, hein? C'est bien les hommes ça, pas...

    "Mademoiselle, mademoiselle je vous en prie, tempérez-vous," la coupa Lenhar."Je n'avais aucun désir de me moquer de vous, et c'est au souvenir de quelques expériences passées qu'un sourire m'est monté aux lèvres. Vous remercierez bien votre patronne de m'avoir commandé ce vêtement, je la paierai dès que possible. Et je vous remercie de me l'avoir si gentiment apporté.

    Lenhar appuya bien sur le mot gentiment, mais ne poussa pas le bouchon trop loin.

    "D'ailleurs, je me sens mieux, et je vais descendre immédiatement pour la remercier personnellement.

    Il se leva et enfila sa ceinture ainsi que sa dague. Il laissa son épée reposer sur le tas de ses affaires personnelles, maculées de sang. Il passa une main dans ses cheveux pour leur donner un peu d'ordre, et s'en alla vers la porte. Il remarqua avec plaisir et étonnement qu'il se mouvait facilement, et qu'il ne sentait qu'un léger tressaillement de sa blessure quand il marchait, mais rien de bien méchant. Mais il jugea prudent de se ménager une fois en bas. Quoique, une bonne bière ne lui ferait pas de mal. Surtout que la bière des Amazones était excellente.

    Alors qu'il tendait la main vers la poignée, la serveuse le retint d'un bras ferme. Elle le regarda droit dans les yeux, ouvrit la bouche, puis la ferma et détourna le regard. Lenhar continua de la fixer, patient, et finalement elle prit la parole, prononçant soigneusement chacun de ses mots comme si de telles phrases la répugnaient.

    "Vous savez...ça me dégoute de vous demander ça, mais s'il y a quelque chose de pire que les être masculins, ce sont les humains masculins... Depuis que le roi de ce hideux peuple a décidé d'asservir tous les peuples libres, des bandes de truands parcourent notre pays, sont grossiers envers nous, et font même parfois subir des atrocités aux plus frêles d'entre nous... Puis ils partent bien vite, la queue entre les jambes, pour ne pas se faire tuer. Et nous ne pouvons les pourchasser en terre humaine, ce serait une déclaration ouverte de guerre, et notre Reine refuse cela. Mais ce soir... Ce soir, une dizaine de ces malfrats sont dans la taverne, et j'ai peur pour mes soeurs, car ils n'ont aucun respect des femmes, même celles de leur propre race... Pourriez-vous... Cela me répugne vraiment de vous demander cela, mais vous avez l'air de valoir mieux qu'eux. Pourriez-vous vous assurer qu'ils se tiennent tranquilles? Vous n'êtes pas amazone, et si jamais ils venaient à mourir, la faute ne retomberait pas sur nous...Ni sur vous d'ailleurs. S'il vous plait. Je vous en prie."

    Il fallait qu'elle soit vraiment désespérée pour que cette fière fille de Freyja le supplie de l'aider. Mais Lenhar avait un grand sens de l'honneur, et savait que cette fille enterrait le sien un instant pour lui faire une telle demande. Alors il la regarda droit dans les yeux, et hocha la tête. Il plia le bras et lui présenta sa main, qu'elle serra franchement, à la manière guerrière. Il descendit à sa suite.

    Et la scène qu'il découvrit l'étonna au plus haut point.

    "On ne t'as pas appris les bonnes manières ma poulette ? Moi et mes amis on va corriger ça..."

    L'homme était à présent à terre, les jambes crochetées habilement par la sauveuse de Lenhar. Celui-ci vit la jeune amazone se pencher sur son agresseur et lui souffler quelque chose. Puis elle se releva en lui tournant le dos. Le sang de Lenhar ne fit qu'un tour. Quelle grossière erreur!! Il ne fallait jamais tourner le dos à un humain. Surtout un humain éméché. Lenhar poussa doucement de côté la serveuse qui semblait avoir elle aussi compris ce qui allait se passer, et qui donc ne réagit pas au contact proche du corps de Lenhar (la cage d'escalier était étroite), puis l'Ombre s'élança aussi vite qu'il le put alors qu'un des autres hommes assénait un coup de coude au visage de Dreram. Il augmenta sa vitesse, alors que l'homme prenait une chaise, prêt à l'abattre sur l'amazone. Elle était sonnée, ne pourrait pas éviter le coup. Elle ferma les yeux... Et Lenhar s'interposa, levant le fourreau de sa dague pour que le coup soit absorbé dedans. Le métal, de qualité, ne bougea pas. Lenhar releva la tête, furibond.

    "Dis donc mon gros, on ne t'as jamais appris qu'il était inconvenant de frapper une femme, encore plus si elle était à terre?"

    L'homme rugit, et leva à nouveau sa chaise. Très vif, Lehnar dégaina sa dague et la pointa vers l'homme. Celui-ci pourtant ne réagit pas et continua dans sa lancée. Alors, Lenhar lui trancha le bras au niveau du poignet. Il savait que les amazones, nombreuses dans la salle, qui n'étaient alors que spectatrices de la scène, réagiraient. Et il avait raison. A la vue du sang, et au cri de douleur que lâcha l'homme, les farouches guerrières s'élancèrent toutes d'un même mouvement, et s'abattirent sur chacun des dix hommes de la salle, celui fauché par Dreram et celui blessé par Lenhar compris. Bientôt, frappés, blessés et malmenés, la troupe d'humains sortit en claudiquant et en jurant. Les Amazones partirent alors d'un grand éclat de rire et les beuveries reprirent de plus belles.

    Durant le combat, Lenhar avait délicatement pris la jeune amazone dans ses bras, et était allé s'assoir sur un des tabourets du comptoir. La jeune fille toujours contre lui, il demanda une chope de bière et un tout petit peu de spiritus qu'il fit glisser dans la gorge de l'amazone, pour la réveiller et la réchauffer.

    "Allez la belle, on se réveille maintenant... Ce ne serait pas très décent de rester contre moi devant tes sœurs..

    Il la sentit prendre une longue inspiration. Il serra les dents, espérant de tout son coeur que Dreram n'allait pas le frapper. Il n'était pas encore bien vaillant.


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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Mar 9 Mar 2010 - 16:51

Ouvrant les yeux peu à peu, elle fut saisie d'une quinte de toux. Le coup violent qu'elle avait reçue sur le crâne lui avait fait perdre conscience.

Lucia ne vit qu'une chose, l'Ombre. Penché au dessus d'elle, il la fixait d'un regard peu confiant.
Ses réflexes prirent le dessus, la guerrière s'extirpa de l'étreinte du jeune homme; s'appuyant solidement sur ses jambes, elle l'attrapa par le col et le décolla du sol pour venir le plaquer contre le mur.

- Toi ?! s'exclama t-elle, rageuse.

Pendant que l'Ombre balbutiait, l'Amazone jeta un regard dans la salle. Analysant rapidement la situation, elle reposa le guerrier à terre. Le groupe d'Humains gémissaient sous les coups des quelques Amazone. Probablement portée par le guerrier, Lucia se retrouvait de l'autre côté de la salle, loin de l'affrontement.

- Tu m'as...sauvée ? s'écria t-elle, arrachant ce mot d'une grimace.

Tout en écoutant sa réponse, elle passa une main dans sa chevelure blonde, pour y masser son hématome. Trophé d'une inscouciance bien méritée.

- Par derrière...Les lâches...murmura t-elle. Et d'abord, que font des humains dans notre cité ? De quel droit osent t-ils s'attaquer à notre peuple ?! s'écria t-elle. Ils vont comprendre ce qu'ils leurs en coûtent de s'attaquer à une guerrière Amazone !
Débordante de colère, la jeune fille dégaina son épée, fixant le groupe d'Humains en plein conflit. Alors qu'elle s'élançait, menée par la vengeance, une main la saisit à l'avant bras pour la ramener en arrière.

Fronçant les sourcils, elle fixa l'Ombre. Lui faisant signe de lâcher prise, celui-ci ne voulut céder. Lucia lui lança son regard le plus noir. Une colère factisse qui finit par vite s'épuiser devant le visage déterminé que lui tiré l'Ombre.
Elle finit par se calmer, ses traits se radoucissants. N'opposant plus aucune résistance.
Rengainant son épée, Lucia tira une chaise à elle, et s'assit face au guerrier, croisant les bras sur le dossier.

De toute manière, rien ne l'empêchera de mettre fin à cette "confrérie" plus tard dans la soirée.

Relevant la tête vers l'Ombre, elle s'exclama:

- Il serait temps que l'on parle nous deux !

Délaissant sa chaise, elle se leva, et en quelques enjambées, dépassa la porte de l'auberge pour finir par s'engouffrer dans la nuit.

Ne sachant si celui-ci la suivait ou non, elle s'exclama à voix haute:

- Je m'appelle Lucia Dreram, soldat d'elite de la cité mère, elle reprit sa route, toujours sur le même ton, j'ai reçue comme toi, cette mission d'assassinat. Je t'ai sauvé d'une mort presque certaine, toi me sortant du pétrin à ton tour. Nous sommes donc sur un pied d'égalité.
Marquant une pause dans ses paroles, elle ralenti l'allure.

- J'ai put voir, par ton uniforme et tes manières, la plupart déplaçées dirais-je, que tu semblais être un militaire gradé...Tu es un Ombre, mais cela ne prouve pas ton allégeance, ni la cause que tu combat.

Se retournant vers celui-ci, à quelques pas d'elle, Lucia le retint du regard.
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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Mer 10 Mar 2010 - 21:32

    Oui, bien sûr, Lenhar l'avait sentie venir, il avait prévu que d'une façon ou d'une autre elle n'allait pas s'extirper en douceur, certes il avait compris que sa sauveuse était farouche... Mais il n'avait pas pensé à l'éventualité suivante: elle était aussi forte, et en colère. Et quand elle bondit sur ses pieds et le souleva par le col, sa première pensée fut une légère admiration. Jamais on ne l'avait traité ainsi, sauf peut-être quand son interlocuteur était très éméché. Si sa blessure ne le tiraillait pas autant au dû du poids de ses jambes battant dans le vide, il aurait bien ri de cette situation. Qui plus est, il se retrouva collé contre le mur, l'amazone furibonde à dix centimètres de lui.

    "Toi ?!" Elle avait l'air de mauvais poil.

    "Jeune demoiselle, je ne faisais que vous réveiller, ne me frappez pas s'il vous plaît, je suis blessé..."

    En vérité, même s'il était blessé, Lenhar s'amusait beaucoup de la situation. Il coula un regard vers la salle, ce que fit aussi la jeune fille. Ses yeux s'agrandissaient au fur et à mesure qu'elle se rendait compte de la situation.

    "Tu m'as... sauvée?" Elle semblait vraiment abasourdie. Elle desserra sa prise autour du cou de l'Ombre, et finit par le lâcher totalement

    "Oui, sinon j'aurais eu quelques remords... Et puis, on n'a pas encore discuté vraiment tous les deux!"

    Elle sembla parfaitement ignorer sa réponse, et rumina dans sa barbe en se massant l'arrière de la tête où pointait à présent une belle bosse. Tout d'un coup, elle voulu s'élancer pour aller achever les humains. Elle avait déjà dégainé vivement, et se préparait. Lenhar, par réflexe plus que consciemment, la retint par le poignet. Mais elle se retourna et le fixa d'un regard noir. Il se leva pour soutenir son regard, préférant ne rien dire, seulement attendre. De toute manière, il savait pertinemment que si elle voulait réellement les attaquer, il n'avait pas encore assez récupéré pour l'en empêcher. Il se contenta de la regarder avec sérieux, tentant de lui faire comprendre que ses sœurs avaient déjà fait payer l'affront. Elle avait un regard déterminé et profond, où brillait une conscience impulsive mais sachant être réfléchi. Un regard intéressant à étudier. Elle s'adoucit, puis finit par s'assoir. Puis tout d'un coup, décrétant qu'ils devaient parler, elle se leva lestement et sortit de l'auberge. Lenhar soupira, et la suivit. Il n'était pas non plus mécontent qu'enfin, ils puissent avoir une conversation normale, qu'ils n'avaient pas eu le loisir d'avoir depuis leur rencontre.

    Il faisait encore très sombre dehors, et c'était normal: Il devait bien être trois heures du matin, un petit peu moins peut-être. La guerrière ne se retourna pas pour lui parler. Elle devait considérer qu'il l'avait effectivement suivie.

    "Je m'appelle Lucia Dreram, soldat d'élite de la cité mère. J'ai reçu comme toi, cette mission d'assassinat. Je t'ai sauvé d'une mort presque certaine, toi me sortant du pétrin à ton tour. Nous sommes donc sur un pied d'égalité. J'ai pu voir, par ton uniforme et tes manières, la plupart déplacées dirais-je, que tu semblais être un militaire gradé...Tu es un Ombre, mais cela ne prouve pas ton allégeance, ni la cause que tu combats."

    Tout le long de sa tirade, qu'elle avait ponctué de pauses réfléchies, elle s'était enfoncée dans les rues de la petite ville, et ils étaient à présent sur ce qui semblait être la place principale. Un bâtiment administratif se tenait au nord, et au centre de la place était construite une jolie fontaine d'où coulait un filet d'eau. Lenhar s'assit sur le rebord de la fontaine et regarda son interlocutrice, droite et fière, fidèle à son grade, et méfiante, attentive à ce qu'il allait répondre, prête à le tuer si ce qu'il rétorquait n'était pas satisfaisant.. Il eut un sourire furtif, et plongea la main dans l'eau fraiche afin de s'humidifier la nuque. Les évènements de la soirée méritaient bien une petite pause.
    Il reporta son attention sur la guerrière, et porta la main à son col. La guerrière eut un geste vers son fourreau, mais il leva la main pour la calmer. Attachée à son cou se tenait une petite chaînette d'argent, où pendait une amulette, ou quelque chose de ce genre. Il s'agissait d'un livre d'argent lui aussi, où était inscrit, en minuscule, son nom et sa fonction.

    "Et bien, à moi de me présenter. Je suis Lenhar Embral'Denh, Capitaine des Fantassins de l'armée Ombre. Cette insigne représente mon grade, chez mon peuple. Les sergents et sous officiers ont une chaine et un pendentif de bronze; celui du chef des armées est en or. Le livre représente, tout simplement, notre relique sacrée, Elyndë, le livre de la connaissance. Je suppose, Dame Lucia Dreram, qu'en tant que soldat gradé, vous devez connaître l'existence et l'importance de chacune des reliques de tous les peuples.
    Vous parliez ensuite de mon "uniforme"... A dire vrai, ceci est le style d'habits que portait mon père, qui était rôdeur. Pour des raisons qui sont les miennes, je n'ai jamais endossé autre chose que ce type de vêtements, exception faite lors des réceptions et bals où je m'habille en conséquence.
    Quant à mes manières. Que pourrais-je dire des vôtres, jeune fille? Un hermétisme parfait, un grand répondant, une méfiance envers un allié... Mais ne prenez point la mouche, je vous taquine. Mon caractère est tel qu'il est. Bien que j'aie une bonne connaissance en la matière de l'étiquette et tout ce genre de 'rituels' pourrions-nous dire, je ne peux m'empêcher de revenir à un naturel gai, confiant et parfois légèrement...embêtant. Mais je suppose que je ne vais pas changer ma façon d'être pour vos beaux yeux, n'est-ce pas? Il y a une dizaine d'années, j'étais comme vous. Puis un jour, j'ai réalisé que je faisais tout aussi bien mon travail en étant joyeux et ouvert aux autres. Enfin bref.
    Et enfin, en considération de ma position et de mon peu de respect envers les humains, je pense que vous avez réalisé seule que je suis du même côté que vous. Et pourtant, je trouve ces conflits si inutiles... Mais nécessaires, car la guerre est malheureusement dans le cœur de bien des peuples...


    Il s'approcha d'elle, et lui lança une ou deux gouttes d'eau qui lui restaient sur sa main sur son visage, avec un sourire malicieux.

    "Je n'aime pas vraiment les longues tirades, en fait. Mais j'espère que celle-ci a pu apaiser vos peurs. Enchanté, Dame Lucia. Je me nomme donc Lenhar.

    Sur ce, il la salua en baissant légèrement la tête, ses longs cheveux noirs tombant en cascade devant son visage. Puis il lui prit délicatement la main, et y déposa un baiser. Bien sûr, il la testait. Il considérait leurs grades suffisamment proches pour pouvoir appliquer l'étiquette en vigueur, et donc de saluer une dame de rang équivalent en lui faisant une révérence et lui offrant un baise-main. Il lui laissa pourtant de l'espace bien rapidement, pour éviter de l'effaroucher.

    "Bien, de quoi pourrions-nous parler? Que pourrions nous faire? Je ne pense pas que j'irai me coucher cette nuit. J'ai donc encore du temps devant moi avant de reprendre la route.

    Sur ce, il retourna à la fontaine et regarda la lumière de la lune transpercer l'eau cristalline.

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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Jeu 11 Mar 2010 - 19:07

Elle le fixait toujours du regard, méfiante, prête à agir si celui-ci s'avérait un ennemi.
L'Ombre vint s'asseoir sur le cadre d'une fontaine, plongeant son attention dans l'eau bleutée.

Ils étaient tout les deux sur la grande place, déserte. Les pavés enfoncés au fil du temps, donnait à la place un aspect légèrement difforme. Le sol ondulait pour venir disparaitre par la muraille de maison qui se dressait autour d'eux.

Reportant son attention sur la jeune fille, il porta sa main à son cou. Réagissant, Lucia vint saisir le pommeau de son arme. Le guerrier sourit en levant la main à son attention, signe d'apaisement.
Méfiante, elle relâcha la prise.

D'une voix douce, dénuée de virilité qu'arborait souvent les combattants, l'Ombre vint à se présenter à son tour. De ses propos mélodieux, il déstabilisa l'Amazone jusqu'à la défaire de sa défensive. Creusant dans sa muraille d'acier.

La vouvoyant, il se nomma Capitaine des Fantassins. Un meneur d'homme, jeune et ambitieux, de plus, bon combattant semblait-il.

Emportée par les propos du jeune homme, Lucia ne vit quand celui-ci s'approcha d'elle. D'un geste de la main, il se permit de lui envoyer quelques gouttes de sa main trempée. Si la guerrière n'aurait pas été autant déstabilisée, il aurait surement eu à regretter cet acte.

Ses yeux toujours plongé dans les siens, il s'approcha, lui attrapa la main pour venir y poser ses lèvres. Un vrai courtisan s'étonna Lucia.

- Je n'aime pas vraiment les longues tirades, en
fait. Mais j'espère que celle-ci a pu apaiser vos peurs. Enchanté, Dame
Lucia. Je me nomme donc Lenhar.


Revenant à elle, l'Amazone bafouilla:

- De..de même messire, je suis enfin rassurée de vous connaitre. Elle appuya ses propos d'une légère révérence voyant celui-ci reculer, je ne peux que m'excuser de l'attitude que j'ai eu à votre égard, ignorant votre grade.

D'un sourire, le capitaine enchaina:

- Bien, de quoi pourrions-nous parler? Que
pourrions nous faire? Je ne pense pas que j'irai me coucher cette nuit.
J'ai donc encore du temps devant moi avant de reprendre la route.


- Je me dois d'être présente à un entretien pour le début de semaine, mais rien ne presse, il est rare de rencontrer un capitaine dans de telles conditions. Alors je me permettrais un peu de répit en votre compagnie.

Ramenant quelques mèches blondes derrière son oreille, accueillant son hôte d'un sourire, Lucia poursuivit:

Je me serais fait un plaisir de vous offrir un repas, pour la réussite de notre mission, mais déranger le cuisinier à une heure si tardive serait des plus impolie ! Que diriez-vous d'une petit promenade ? Je connais un lieu ma foi fort sympathique, à quelques lieux de la cité. Nous pourrions y voir le lever de soleil ? Qu'en dites-vous messire ?

Surprise d'être si ouverte, elle se sentait légère. Voulant profiter d'une joie étrangère et de son apaisement au côté de quelqu'un. La solitude était un plaisir pour la jeune fille, à long terme cela en devenait lassant.

Une légère brise souffla dans la rue. L'Amazone rabattit sa capuche d'un geste, cachant les traits si expressifs de son visage. Sa longue cape ondulait derrière elle. Lucia regardait l'Ombre. Ses longs cheveux noir flottant, entourant deux yeux d'un vert d'émeraude et un sourire pourvu de gaieté. Il pourrait s'avérer un compagnon sympathique, à condition qu'il ne soit trop bavard.



[ Pour le lieu, je pensais à une petite colline à quelques kilomètres de la ville (5-10km tout au plus) ]
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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Jeu 11 Mar 2010 - 21:38

    Quand la jeune fille répondit en bafouillant, Lenhar sentit qu'il avait légèrement gagné dans son estime. Il l'avait convaincue de sa bonne foi, et en était plutôt satisfait. Il aurait été fort fâcheux de se mettre à dos une Amazone, surtout si celle-ci vous avait précédemment sauvé la vie, et qu'en plus (il ne fallait pas le nier), elle était fort jolie. Mais Lenhar se douta bien qu'elle n'était pas le genre de femme à être complimentée; elle répondrait en frappant bien plus qu'en rougissant. Alors quand il vit qu'il avait brisé rien qu'un peu sa barrière, il se sentit joyeux. Elle pourrait devenir une précieuse alliée, si ce ne pourrait être en outre une amie. Vue qu'elle était haute placée, les informations qu'ils pourraient échanger seraient fort utiles pour la guerre qui se présumait. Mais, je ne vous mentirai pas en déclarant qu'à cet instant, Lenhar ne pensait pas vraiment à son devoir, mais réellement à se poser un peu et discuter avec Lucia. Elle répondit d'ailleurs vivement à son invitation à faire quelque chose, quoi que ce soit. Et n'allez pas penser à mal.

    "Je me dois d'être présente à un entretien pour le début de semaine, mais rien ne presse, il est rare de rencontrer un capitaine dans de telles conditions. Alors je me permettrai un peu de répit en votre compagnie."

    Et là, mes bons amis, je vous avouerai que Lenhar n'en cru pas ses yeux. L'Amazone sourit. Et de plus, elle sourit en dévoilant son visage, écartant quelques mèches de sa chevelure dorée. Certes, le sourire était de convenance, en réponse à celui qu'il arborait depuis quelques temps, mais Lenhar fut vraiment heureux de voir ce sourire. Il avait toujours aimé voir le sourire des gens, le vrai sourire, car il signifiait entre les personnes une compréhension et une confiance qui n'existait pas entre ceux qui ne se souriaient jamais. Il trouva d'ailleurs que le sourire lui allait bien. Il comptait bien le lui faire remarquer. Mais elle continua de parler.

    "Je me serais fait un plaisir de vous offrir un repas, pour la réussite de notre mission, mais déranger le cuisinier à une heure si tardive serait des plus impolis ! Que diriez-vous d'une petit promenade ? Je connais un lieu ma foi fort sympathique, à quelques lieues de la cité. Nous pourrions y voir le lever de soleil ? Qu'en dites-vous messire ?"

    Aux mots de l'Amazone, Lenhar mit un temps pour répondre, le temps de bien faire monter les informations à son cerveau. Petit un, elle lui proposait de "fêter" leurs victoires. Petit deux, elle prenait l'initiative, au risque de se faire écarter, ce que Lenhar aurait bien pu faire (mais comme il était fort aimable, il ne voulait pas la contredire, au contraire, croyez-moi). Et enfin petit trois, elle tentait de respecter l'étiquette. Et c'est ce qui était le plus drôle, en réalité.
    Soudain, il se rendit compte que l'Amazone le fixait, sa capuche rabattue sur son visage. Il lui sourit, et elle sembla détourner rapidement son regard. Puis elle commença à marcher en direction de la sortie de la ville. Il lui emboîta le pas, et puis soudain décida de lui parler. Il espérait juste être assez concis pour ne pas l'ennuyer ou la lasser. Il s'arrêta devant elle et la regarda, baissant ses yeux vers elle. De nombreuses Ombres féminines lui avaient souvent dit que le vert de ses yeux, hérité de ses parents, était fort intéressant, car autant des yeux verts peuvent renfermer de la malice, autant les siens étaient joyeux et ouverts, dénués de mystères et en même temps insondables. Sauf pour ceux à qui il s'ouvrait. Il lui sembla retrouver son regard dans celui de l'Amazone. Cela le fit sourire.

    "Regardez," dit-il en effleurant d'un doigt son œil et le sien. "Nos yeux ont presque la même couleur. C'est amusant. Les vôtres sont peut-être un peu plus jaunes. Mais je n'arrive pas vraiment à voir, avec cette obscurité."

    D'un claquement de doigts, il fit apparaître quelques étincelles, le temps d'apercevoir son visage, fin et orgueilleux.

    "Ne semblez pas si surprise, j'ai appris seulement les extrêmes bases de la magie afin de mes sortir des situations les plus désastreuses. Je pense que j'en aurai eu usage si vous ne m'aviez pas secouru. Malheureusement, ma magie est trop faible pour soigner, voilà la raison pour laquelle je ne l'ai pas utilisée jusqu'à maintenant."

    Il écouta sa réponse, sourit et lui fit tomber sa capuche. Il ne pleuvait pas, et le temps n'était pas glacial. Elle pouvait marcher tête nue. Il cheminèrent un long temps en silence, la guerrière marchant d'un pas souple et assuré. Lenhar se demanda bien quelles pouvaient être ses pensées à cet instant. Ils arrivèrent enfin en haut d'une petite colline qui surplombait la forêt. Au Nord, on apercevait les hautes Montagnes Infernales, berceau des Ombres et des Orthodoxes. A l'est, d'où ils venaient, se profilaient les fières plaines de Fazor, royaume des Amazones. Et puis, à l'Ouest s'étendaient les grandes étendues vertes de Yswllyra, détenues par les Humains. Il se demanda vaguement, pourquoi la guerre et le haine? Puis, alors que l'Amazone arrivait à son niveau, il sortit de ses pensées et de sa mélancolie fugitive pour reprendre la parole.

    "Vous savez, je vais vous dire quelque chose. L'étiquette ne vous va pas. Vos paroles paraissent factices, alors que vos pensées sont pleines de profondeur. Je vais donc.." Il prit une profonde inspiration, et enchaina. "...Te tutoyer, et te permettre d'en faire de même. Au diable les bonnes manières, qui s'en soucie, au beau milieu de la nuit, dans un endroit et une compagnie aussi charmants? Ahaha, ne t'en fais pas, ne te braques pas. Tu as compris que je pouvais être farceur. Dis, tu viens souvent voir le soleil se lever ici? Voulais-tu venir ici pour une raison? Parce que, marcher deux heures... [note: vu qu'il fait nuit, j'ai considéré que pour dix km, il fallait bien deux heures, vu le terrain accidenté et la blessure de Lenhar. Il est donc environ cinq heures du matin.]Et bien c'est harassant. Alors? Un sujet de conversation?

    Il était malicieux, comme il l'était toujours avec toutes les jolies femmes qu'il rencontrait. Mais d'un certain côté, il prenait soin de Lucia, tentant de ne pas la froisser. D'une part, parce que lui manquer de respect pourrait être dangereux pour sa blessure, et d'autre part... Et bien parce que voilà, c'était tout!! Il faisait ce qu'il voulait. D'abord.

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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Ven 12 Mar 2010 - 15:18

Après réflexion, il faudrait quitter la ville par la sortie sud, le bosquet se trouvant à une petite dizaine de lieux. Au moment où Lucia s'apprêtait à partir, le capitaine vint se placer face à elle.
La regardant d'un sourire, il s'exclama que leurs pupilles avaient une couleur semblables. La jeune fille n'ayant aucune réaction, il fit apparaitre une légère flamme du bout de ses doigts.
Reniant la magie, Lucia eu un mouvement de recul, malgré la beauté de la flammèche.

- Ne semblez pas si surprise, j'ai appris seulement les extrêmes bases de la magie afin de mes sortir des
situations les plus désastreuses. Je pense que j'en aurai eu usage si vous ne m'aviez pas secouru. Malheureusement, ma magie est trop faible pour soigner, voilà la raison pour laquelle je ne l'ai pas utilisée
jusqu'à maintenant.


- Ce n'est pas de la surprise mais du dégout, je déteste la magie. Se battre autrement qu'en maniant le fer n'est pas un véritable affrontement à mes yeux, il suffit de lire beaucoup de livres pour devenir...puissant. Ajoutant une grimace à ses propos, elle se radoucit progressivement. Mais je vois que ce n'est pas votre cas. Un capitaine qui ne combattrai qu'avec la magie serait vite renié dans notre peuple.

Lenhar se rapprocha et d'une main, lui ôta sa capuche. Se contrôlant parfaitement, elle marqua cet acte par un sourire. Elle pivota, et partit dans une rue, menant vers la sortie de la cité. Le capitaine sur ses talons.
Le vent avait disparu comme il était venu. La nuit était chaude, le silence rassurant. Les deux guerriers marchaient côte à côte, leurs pas résonnant sur les pavés.

Ils dépassèrent la porte, saluant d'un signe de tête les deux gardes en fonction. Lenhar rajoutant quelques mots de politesse à leurs encontre.

Lucia finit par retrouver ses repères à près quelques kilomètres. Ne connaissant que trop peu la cité, les alentours lui était au contraire familier. Elle s'y était rendu pour diverses missions quand elle était affectée dans la compagnie de son père. Un petit groupe de mercenaires, âgés mais sympathiques. Étant très jeune à ce moment là, l'Amazone était souvent écartée des combats mais cela restait une très bonne expérience. Elle soupira en y repensant. Tout ceci semblait si loin désormais...

La plaine se courbant légèrement, le bosquet s'offrait devant eux. Jetant un œil sur Lenhar, elle poursuivit sa route, l'entrainant au milieu des fougères. Les plantes, lui arrivant à la taille, ne facilitaient sa progression. La nature s'était embellie sur cette petite colline au fil des années.

Comme portée par le vent, Lucia franchissait la verdure sans effort apparent. C'était son lieux de vie, elle s'adaptait, ne faisant qu'un avec la végétation. Ne laissant de trace derrière elle, accélérant sa marche, elle atteint le sommet.

La nuit n'avait toujours levée son voile. A en voir les étoiles, le jour n'était plus très loin.

Elle se retourna, fixant l'Ombre. Il s'émerveillait sur le paysage à en voir ses traits. Il faut dire que la butte était bien placée malgré sa petite taille.
Lucia s'approcha d'un pas souple du guerrier. Celui-ci s'exclama, les yeux toujours braqués sur l'horizon:

- Vous savez, je vais vous dire quelque chose. L'étiquette ne vous va pas. Vos paroles paraissent factices, alors que vos pensées sont pleines de profondeur. Je vais donc.." Il prit une profonde inspiration, et enchaina. "...Te tutoyer, et te permettre d'en faire de même. Au diable les bonnes manières, qui s'en soucie, au beau milieu de la nuit, dans un endroit et une compagnie aussi charmants? Ahaha, ne t'en fais pas, ne te braques pas. Tu as compris que je pouvais être farceur. Dis, tu viens souvent voir le soleil se lever ici? Voulais-tu venir ici pour une raison? Parce que, marcher deux heures... Et bien c'est harassant. Alors? Un sujet de conversation?

Elle fronça les sourcils, que de questions pour tant de simplicité. Venir voir un lever de soleil n'était pas un débat philosophique. D'un regard chargé, elle lui asséna:

- Pour l'étiquette, il est vrai que cela ne me va pas, la tutoiement est une chose que j'apprécie, mais je te signale que tu as commencé à me vouvoyer le premier, elle marqua une pause, fixant également l'horizon. Les montagnes infernales n'étaient que très peu visibles en pleine nuit.

Inspirant lentement l'air de la nuit, elle reprit:

- Je faisais parti d'un groupe de mercenaire, dirigé par mon père, vers mes onze ans. J'ai campée quelques nuits sur ce bosquet, cela me rappelle quelques souvenirs. J'ai vu de nombreux levé de soleil, assise ici.

Elle leva la tête, et ferma les yeux. Le vent caressant son visage.

Entendant bouger l'Ombre à ses côtés, elle le regarda.
Puis, ôtant sa cape, elle la déposa sur une branche d'arbre.
Tout en adressant un sourire au guerrier, elle lui dit d'une voix douce:

- Malgré ta blessure, tu te penses capable de me suivre ?

Et, n'écoutant pas sa réponse, lui tourna le dos et s'élança vers le rebord. Elle sauta.

Dévalant quelques mètres, elle atterrit souplement, dans une position parfaite, posant une main et un genou à terre. Puis partit au pas de course. Elle rit.

La suivrait-il ?

Enfonçant ses pieds dans la terre volontairement, elle lui laissa une petite piste pour combler son retard. Serpentant habilement entre les arbres.
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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Ven 12 Mar 2010 - 21:50

    La jeune fille semblait remise de ses émotions, et redevint bien vite la fière Amazone que Lenhar avait rencontré. Ce n'était pas si mal, mais Lenhar trouva qu'elle s'était bien vite remise d'aplomb, tout de même... C'était amusant de la voir flancher un peu... Il soupira et laissa tomber. De toute manière, elle recommençait à parler.

    "Pour l'étiquette, il est vrai que cela ne me va pas, la tutoiement est une chose que j'apprécie, mais je te signale que tu as commencé à me vouvoyer le premier"

    Là, Lenhar du reconnaître, bien malgré lui, qu'elle marquait un point. Il grommela une réponse à peine audible comme quoi il était trop habitué à vouvoyer, qu'elle n'était pas obligée de faire de même, et gnagnagna et gnagnagna. Il s'arrêta cependant bien vite, conscient que là, il faisait plus gamin que soldat gradé. Mais bon, lui aussi avait le droit, parfois, d'être un peu piqué dans son orgueil, même s'il n'en avait pas beaucoup. Il sortit de ses pensées, et regarda Lucia qui, plongée dans ses pensées, lui livra un petit morceau de son passé.

    "Je faisais partie d'un groupe de mercenaires, dirigé par mon père, vers mes onze ans. J'ai campé quelques nuits sur ce bosquet, cela me rappelle quelques souvenirs. J'ai vu de nombreux levers de soleil, assise ici."

    Lenhar, sans vraiment savoir pourquoi, l'envia de réussir à parler de son père. La seule personne avec qui il pouvait parler du sien sans tabou était sa mère. Il ne parvenait pas à faire part de la perte de son paternel quand il était plus jeune, et ce à qui que ce soit. Alors voir cette jeune femme qu'il venait à peine de rencontrer, lui livrer quelques pans de son passé... Il se sentit terrifié. Mais, d'un autre côté, une vague d'apaisement l'envahit. Si elle voulait bien lui parler de cela, lui faisait confiance au point de l'emmener dans un endroit cher à son enfance, c'est qu'ils pouvaient se faire confiance. Il n'en était pas de même pour toutes les personnes qu'il avait pu rencontrer auparavant. Le vent souffla, et balaya les cheveux de l'Amazone, qui leva la tête vers le ciel pour en ressentir la caresse. Il tiqua, et fit un geste pour se relever. Elle l'aperçu, et, semblant avoir une idée, lui lança:

    "Malgré ta blessure, tu te penses capable de me suivre ?"

    Son sourire était doux, mais il sembla à Lenhar plein de malice. Sur le moment, il ne sut pas où elle voulait en venir. Puis d'un geste vif, elle retira sa cape et déboula sur le ravin. Lenhar reprit sa respiration et se massa les tempes. Quoi, mais c'était une blague?? Elle savait très bien qu'il était blessé, qu'il allait avoir du mal à la suivre...

    "Bordel, je vais galérer..." grommela-t-il.

    Il se leva, et mémorisa l'emplacement de l'arbre où Lucia avait déposé son manteau, pour être sûr de le retrouver. Il s'approcha du ravin, et découvrit un amas de roc qu'il aurait aisément pu dévaler s'il avait été en forme. Non, même éméché il aurait pu le faire. Mais là... Il massa précautionneusement sa blessure, et jugea qu'avec douceur, il pourrait suivre l'Amazone. Il passa machinalement une main derrière sa nuque. C'est vrai, il n'avait pas pris son manteau. De toute manière, vu l'état dans lequel le vêtement avait été mis lors du combat, il devrait sûrement s'en confectionner un nouveau. Il soupira, et regarda à nouveau le ravin. Puis il pris une grande inspiration et entreprit la descente. Les éboulis qu'avait provoqué la guerrière n'arrangeaient pas son parcours, mais il le suivit néanmoins consciencieusement. Arrivé en bas, il ne la vit pas. Bien sûr, elle avait continué de courir.

    "Qu'est-ce que je fais moi, maintenant...

    Mais, en bon rôdeur, il avisa les traces laissées délibérément par l'Amazone pour qu'il puisse la suivre.

    "J'étais parti pour une mission de rang A, voilà que je fais un jeu de piste avec une guerrière d'élite amazone... Pff, rien ne va plus dans ce monde. Bientôt les Smilodons ronronneront, et les chimères pondront des œufs.

    Il émit un sifflement caractéristique, et un oiseau bleuté un peu endormi voleta vers lui. Il avait apprit une technique pour apprendre quelques sons à ce genre d'oiseau, qui pouvait servir de messager. Il lui commanda de se rendre au palais des Ombres, et de déclarer sa mission réussie au Chef des Armées. L'oiseau roucoula doucement, et posa sa tête contre l'oreille de Lenhar, puis, émettant un claquement sec, s'envola dans la nuit. Cette technique de message de lui avait jamais failli. Il avait donc un peu de temps en plus, avant de rentrer. De toute manière, il n'aurait certainement pas pu marcher douze heures pour rentrer chez lui le lendemain. Bien évidemment, il avait continué à suivre la trace de la guerrière tout le long de son chemin.

    *J'espère qu'elle ne m'a pas vu, car sinon je serai étiqueté "l'Ombre qui murmurait à l'oreille des pioupious"... Ahlala.* pensa-t-il un peu amèrement. Mais il n'avait, sinon, rien à redire contre son système de messages. Non mais.

    Il reprit un rythme de marche un peu plus soutenu, sa blessure ne lui permettant tout de même pas de se mouvoir bien vite. Il réalisait cependant qu'il serait sur pieds d'ici trois ou quatre jours, grand maximum. La médecine de premier secours de blessure grave était vraiment très perfectionnée chez les Amazones.

    Il finit par entendre le bruit d'un cours d'eau. Intrigué, il continua de suivre le chemin que lui avait laissé Lucia, et déboucha dans un espace dégagé d'arbres, suivant un cours d'eau. Lucia l'attendait là, postée sur un rocher, les yeux plongés dans le courant vif et joyeux. Il évita de répondre quand elle le nargua gentiment à propos de sa lenteur, et vint s'assoir à son tour sur le rocher -pas trop près d'elle, il avait encore un peu peur de se prendre un coup.

    "Et...Tu voulais prendre un bain de minuit? Bien qu'il soit beaucoup plus que minuit, mais bon. Ou alors tu m'attendais pour continuer le chemin?"

    Il songea qu'elle ne devait pas aimer parler. Il se demanda vaguement si elle avait une grande activité sociale, dans sa capitale Amazone.

    "Ah, au fait... Serai-ce déplacé de te demander ton âge? Je n'arrive pas à le déterminer vraiment... En tout cas, tu sembles avoir plus de vingt ans. Moi j'en ai vingt-sept, la trentaine approche... Pff, je vais devenir vieux... Il fit semblant de gémir de douleur, mais lui adressait un grand sourire. N'empêche, si elle lui répondait qu'elle avait seize ans, il se trouverait vraiment vieillard. Il espéra qu'elle n'était pas trop jeune. Pour aucune raison particulière, hein. Beaucoup de ses sergents avaient dix ou quinze ans de plus que lui. Mais dans ce genre de cas, seul dans une forêt la nuit avec une jeune fille, il préférait, pour sa conscience, savoir que Lucia n'était pas trop jeune. Il se moqua de lui-même. Sa blessure devait vraiment l'avoir fatigué.

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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Sam 13 Mar 2010 - 17:46

Son oreille entraînée, elle avait perçue le roulement sourd des gravats, provoqué par son congénère. Accélérant, Lucia prit appui sur sa jambe, et sauta par dessus une légère crevasse. La jeune Amazone prenait grand plaisir à cette petite course à travers les bois. Les branches craquaient sous ses pas, perçant le silence de la nuit.

Elle déboucha sur une petite clairière. Une rivière s'écoulait lentement, formant plusieurs bassins à intervalles régulières. Quelques rochers, joliment arrondie, poussaient tout autour, suivant le cours d'eau. Les petites cascades coulaient dans une longue mélodie. Il n'y avait pas à dire, c'était un véritable paysage féérique, avec un charme bien à lui.

Lucia s'approcha timidement d'un des rochers, se demandant si elle ne posait pas les pieds dans une véritable illusion.
Quelques sifflements d'oiseaux accueillirent l'arrivante, tandis que la guerrière se hissait sur un rocher. Celui-ci dominant ses compagnons, il permettait à l'Amazone de surplomber le petit cours d'eau et ses nombreux bassins. Elle savait désormais où elle attendrait l'Ombre.

Quelques minutes plus tard, Lenhar déboula dans la clairière, essoufflé, à en entendre les râles qu'il poussait.

- Tu t'es perdu en route, capitaine ? ironisa la jeune fille.

Ne répondant pas à la provocation, il vint s'asseoir à ses côtés, prenant tout de même quelques écarts. Cette méfiance qui déclencha un sourire amusé à Lucia.

- Et...Tu voulais prendre un bain de minuit? Bien qu'il soit beaucoup plus que minuit, mais bon. Ou alors tu m'attendais pour continuer le chemin?


Toujours avec ses questions bêtes celui-la. Il n'avait évidemment prit compte du paysage qui s'offrait à lui...Que les ombres pouvaient être insensible à la beauté de la nature...

Elle daigna de répondre, continuant de dévorer la pureté du cours d'eau de ses yeux.
Quelques minutes passèrent ainsi, mais Lenhar ne put contenir plus longtemps ce flot de questions, il toussota pour y enchainer quelques propos :

- Ah, au fait...
Voyait-il le silence comme une désagréable solitude ? Compatissante, Lucia cessa sa contemplation et lui porta son attention.

- Serai-ce déplacé de te demander ton âge? Je n'arrive pas à le déterminer vraiment... En tout cas, tu
sembles avoir plus de vingt ans. Moi j'en ai vingt-sept, la trentaine approche... Pff, je vais devenir vieux...


- Je sors tout juste de mon institut militaire, une des casernes d'Eralo. Cela fait à peine quelques mois que je suis soldat d'élite
.

Devant le regard intrigué de Lenhar, elle continua :

- Ah, excuses moi, j'aurais pensée que cela t'aurais indiqué mon âge, qui se raccorde parfaitement à nos années d'études concernant mon peuple. elle marqua une pause. J'ai 24 ans à ce jour, je ne suis pas si jeune que j'en ai l'air. Mais comme on dit, il vaut mieux paraitre plus jeune que vieux, hein ? découvrant quelques fossettes, elle détourna de nouveau son regard sur le cours d'eau.


Quelques rayons de soleil parvinrent à se faufiler à travers la voute épaisse des branchages.

- Oh non ! Nous avons ratés le lever du soleil ! S'exclama t-elle, d'une voix chargée de déception.

Lucia jeta un œil hâtif à Lenhar.

Y retourner serait bien trop difficile pour lui, sa blessure risquerait de se rouvrir malgré les quelques points de suture.

Sautant du rocher, elle s'écarta de quelques pas.

Tout en rebroussant les manches de sa tunique, l'Amazone entama:

- Et toi ? Cela fait combien de temps que tu détiens le titre de capitaine ?

Déliant la boucle de son ceinturon, elle déposa son arme et l'étui à terre. Puis, tournant le dos à l'Ombre, la guerrière entreprit une série d'étirements.
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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Mar 16 Mar 2010 - 18:06

    Quand elle lui expliqua son âge et l'organisation de l'apprentissage du combat chez les Amazones, Lenhar ne put s'empêcher d'être impressionné. Oui, tout le monde savait que ce fier peuple était combattif, que les petits naissaient presque une arme à la main, qu'ils étaient éduqués plus dans l'orientation du combat que de la magie, etc, etc, etc. Mais il était plus impressionnant d'entendre une Amazone en parler plutôt que de lire un livre ou écouter le cours d'un professeur grincheux. Elle semblait sûre d'elle, heureuse d'être soldat pour sa patrie, heureuse d'avoir fini son cursus avec une promotion aussi élevée.

    Elle découvrit deux petites fossettes, qui, dans le sens de ses paroles, la rajeunirent d'un coup. 24 ans hein? Le cursus Amazone pour le métier de guerrier durait bien longtemps... Mais Lenhar se dit qu'il fallait certainement du temps pour sculpter son corps à l'art du combat en puissance si propre aux Amazones, surtout pour un corps féminin. Il jeta rapidement un coup d'œil aux courbes musclées et vives de la jeune fille qui avait replongé ses yeux dans le courant. Elle semblait obnubilée par l'eau cristalline qui coulait joyeusement entre les rocs. Il jeta un coup d'œil autour de lui, appréciant la beauté du lieu. Ainsi, elle voulait juste aller ici, afin de se ressourcer. Au sens propre, se dit-il avec un sourire. Il fut soudain arraché de ses pensées par les éclats de voix de Lucia.

    "Oh non ! Nous avons ratés le lever du soleil ! Elle semblait très déçue. Malheureusement, et elle semblait l'avoir compris, Lenhar, même s'il ne devait plus autant se presser, devait se ménager pour reprendre la route le jour même.

    "Je suis bien embêté pour toi... Si j'avais été plus en forme, j'aurais volontiers couru avec toi jusqu'à la colline pour qu'on voie au moins la fin de l'aurore... T'en fais pas, si tu veux, on se reverra quand j'irai mieux et on ira voir un lever du soleil"

    Je vous assure que Lenhar, en disant cela, n'avait aucune arrière-pensée, et l'idée de voir un lever de soleil avec quelqu'un qu'il appréciait l'enchantait. Soudain, la guerrière se leva du rocher où ils étaient assis, et commença des étirements, lui demandant depuis combien de temps il était en fonctions. Lenhar leva un sourcil en remarquant la souplesse de l'Amazone, moins apparente que sa puissance au premier abord. Il croisa les jambes et la regarda s'étirer un moment.

    "Je suis capitaine depuis six ans. Je suis entré en école de militaire à quinze ans, préférant me battre l'épée au poing plutôt qu'avec la magie. J'ai rapidement été promu soldat, puis, sérieux dans mon travail, on m'a accordé le titre de capitaine à un âge très jeune. Beaucoup me pensaient trop jeune, d'ailleurs, et j'ai eu des problèmes pour me faire accepter des plus vieux soldats. Mais maintenant, ça va, j'ai fait mes preuves."

    Elle semblait l'écouter attentivement, mais ne répondit pas, enchaînant les exercices avec rapidité et fluidité. Lenhar se demanda vaguement au bout de combien de séries de pompes elle pouvait s'épuiser. Il fut tenté un moment de prendre part à ses exercices, mais il fut retenu par sa blessure, dont il palpa le pansement. Vérifiant l'étanchéité de ses bottes, il s'approcha du torrent, et, soulevant un pan de sa chemise, vérifia les bandages. Il les défit avec précautions, et lava la plaie, se débrouillant du mieux qu'il pouvait pour ne pas enlever sa chemise et agir sous le tissu, pour ne pas -encore- présenter son torse nu à Lucia. Il ne tenait pas à la mettre mal à l'aise.

    Il termina de nettoyer proprement la plaie, remit rapidement ses bandages, et pu (enfin) être à nouveau présentable. Il avait essayé d'être le plus vif possible; mais il fallait qu'il vérifie la plaie, pour voir si la cicatrisation se passait bien. Il ajusta sa ceinture, et se rendit compte qu'il avait laissé ses affaires à l'auberge. Il allait certainement devoir y retourner. Mais il songea que Lucia devait y retourner aussi, pour récupérer son petit poney. Heu, grand cheval.

    L'Amazone avait justement terminé ses étirements, et avait revêtu son ceinturon. Lenhar se leva, et indiqua la direction d'Asela.

    "Si on marche d'un bon pas, on devrait sortir du massif d'arbre rapidement. Le soleil est lent en cette saison, les couleurs du lever de soleil devraient rester pendant environ vingt minutes encore. Tu viens?

    Il était sur une petite butte de terre en direction des arbres touffus, et surplombait Lucia. Naturellement, il lui tendit la main. Il jeta un coup d'œil à ses doigts longs et aux cals de ses paumes. Et il pensa d'un coup qu'il devrait changer ses gants, revenu chez les Ombres. Le manteau, les gants...cela commençait à faire beaucoup, que diantre!!

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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Mar 16 Mar 2010 - 19:22

Debout, les jambes tendues, Lucia vint y appuyer son buste d'une souplesse qui en ferait souffrir plus d'un. Elle se releva, et termina sa petite série en s'étirant les bras en arrière. L'amazone aurait bien voulue conclure par quelques enchainements à l'épée, mais elle entendait son compagnon s'agiter derrière elle.

Se passant une main dans ses cheveux, les rabattant derrière ses oreilles, elle ramassa et boucla son ceinturon.
Lenhar était accroupi au bord du ruisseau, aspergeant d'eau sa blessure, à travers son habits.
Curieuse méthode pensait-elle en s'approchant de celui-ci.

Se retournant, le capitaine la fixa, tout en massant soigneusement sa plaie.
Pointant le doigts vers le nord, il s'exclama:

- Si on marche d'un bon pas, on devrait sortir du massif d'arbre rapidement. Le soleil est lent en cette saison, les couleurs du lever de soleil devraient rester pendant environ vingt minutes encore. Tu viens ?

Celui-ci lui tendait la main du haut de son monticule de terre. Ne voulant le froisser, Lucia attrapa solidement sa poigne, et il l'aida à grimper. Arrivé en haut, abusant d'une comédie enfantine, elle s'exclama:

- Ah! J'allais oublier ! J'ai déposée ma cape en haut...excuses moi, je n'ai pas pensée m'écarter autant. Commence donc à avancer dans cette direction, je te rejoindrais bien assez tôt.


L'écoutant répliquer qu'il était apte à l'accompagner, elle partit au trot pour l'en dissuader. Abuser de son état ne ferait qu'empirer les choses...

Prenant repère sur quelques éléments, dont la petite crevasse, Lucia fit chemin inverse, accélérant l'allure pour ne pas le laisser seul longtemps. Il serait capable de se casser une jambe ou bien pire...

Son épée battait contre son flanc. Qu'il était désagréable de courir avec une arme. L'amazone contourna la façade et finit par atteindre le sommet de la butte.
Sa cape gisait dans l'herbe, le vent s'étant joué de celle-ci.
Maugréant, elle ramassa son habit et l'agita pour chasser les quelques herbes.

La roulant en boule, sous son bras, elle s'apprêtait à repartir quand un craquement sourd se fit entendre à quelques pas. Lucia dégaina son arme et se tapit dans l'ombre d'un arbre, prête à attaquer, tout ses sens en éveil.

Rien...Elle attendit quelques minutes, cloitrée dans sa cachette. Méfiante, la jeune fille sortit et repartit en direction du nord, à grandes foulées
L'amazone dévala la pente. Rapide, gracieuse, ne montrant de signe de fatigue malgré l'effort qu'elle produisait, elle continuait sa course pour rejoindre Lenhar.

Dépassant la clairière féérique, elle partit en direction de la lisière
Atteignant la sortie de la forêt sans avoir croisé l'ombre, Lucia ralentie l'allure, inquiète.

La voix du capitaine la fit sursauter. Se retournant vivement, elle le vit assit sur une branche, à quelques mètres de hauteur.

- Ca t'amuses ? Répondit-elle à ses propos moqueurs, les mains sur les hanches.

Boudeuse, elle ne répondit pas à ses excuses et le devança de quelques pas, en direction de la lisière.

L'Ombre ne s'arrêtant pas à ces quelques propos, continua son monologue, devenant que très peu supportable pour la jeune fille. S'arrêtant de marcher, elle se retourna et lui posa son index sur la poitrine. Elle s'exclama:

-La prochaine fois que l'on se rencontre, je te promet de te mettre une bonne raclée ! Ajoutant un regard sombre à ses paroles, elle fixa Lenhar.

Passant du beige au blanc, pour finir par le vert, celui-ci déglutit, tirant une mine paniquée.
Ne pouvant se retenir plus longtemps, Lucia éclata de rire.

- Rhooo, mais je rigole ! Quoi qu'une bonne dérouillée te ferait le plus grand bien !
Lui souriant, elle reprit la route, sortant ainsi du sentier sinueux de la forêt.

Une bourrasque balaya les quelques mèches sur son visage. Du bout de la plaine, on ne voyait même pas la cité ! S'enroulant de nouveau dans sa cape, Lucia partit d'un pas tranquille en direction de la cité, accompagnée des paroles incessantes du capitaine.

Ce qu'il parle beaucoup celui là ! S'enquit-elle au plus profond d'elle même.

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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Lun 22 Mar 2010 - 17:49

    Lenhar soupira en voyant Lucia partir au grand galop, comme si Freyja elle-même lui courait après. Décidément, les femmes étaient des créatures assez étranges. Mais il comprenait bien qu'il serait stupide qu'elle ne récupère pas sa cape, alors il resta seul, et assez idiot planté au milieu de la clairière. Il fut bien soulagé de ne jamais avoir eu une quelconque réputation de beau brun ténébreux, car alors elle serait foutue. Mais bon, ce n'était pas vraiment la réputation qui l'intéressait, c'était comment les autres le sentaient. Et il espérait bien que chacun aille au-delà des apparences. Regardez cette Amazone fière et sérieuse, qui avait entr'ouvert sa carapace et en venait à lui parler avec un ton malicieux. Il décida de la rejoindre tranquillement, car du chemin de la colline il saurait rejoindre la lisière d'Asela tout seul. Il marcha donc en prenant son temps, pouvant se repérer grâce au soleil qui était à présent levé.

    En passant près de la colline, il vit Lucia de loin. Il n'avait pas vu la branche devant ses pieds, et trébucha sur le bois sec. Lucia se retourna, et il eut juste le temps de se cacher. La voyant crispée, il décida de continuer seul vers la lisière des bois. Le vent était doux dans ses cheveux, et le ciel était découvert. Il allait faire beau ce jour là. Il allait être agréable de rentrer. Mais il se demanda s'il n'allait tout de même pas louer un cheval, car une journée de marche l'épuiserait.

    Il finit par arriver près des derniers arbres et, ne voyant pas l'Amazone venir, alla se percher sur un arbre pas trop grand pour ne pas le fatiguer afin de profiter de la grande plaine baignée dans le jeune soleil. L'herbe verte ondulait et le vent murmurait le galop des chevaux des fières guerrières peuplant ce pays. Lenhar sourit. Vivement que la guerre soit terminée, il prendrait une année de congé pour visiter toutes les merveilles du continent; il voulait aussi découvrir les forêts des druides et l'autre côté des montagnes Infernales.

    Il entendit soudain du bruit, et vit Lucia arriver en courant, regardant à droite et à gauche. Avec un peu de recul, il réalisa qu'elle le cherchait. Il secoua la branche de son arbre pour attirer son attention.

    "Coucou la belle, je suis au-dessus!!"


    "Ca t'amuses?"

    Elle paraissait un peu en colère. Elle ne l'attendit pas d'ailleurs, et il dut presser le pas après être descendu de son arbre. Il finit par la rattraper.


    "Hey, je suis désolé, je ne voulais pas te faire de farce, mais la lande était tellement belle que..."

    Il sentit qu'il l'embêtait profondément avec ses phrases. Il se tut un moment, mais elle se retourna bien vite et, un air de défi dans les yeux, lui promit de se venger de cette petite farce (bien qu'il ne l'avait pas envisagé sous cet angle). Il n'osa pas répondre, et espéra juste qu'elle ne se venge pas le jour même, car alors il mettrait plus de quelques jours à se remettre de sa blessure.


    "Rooooh mais je rigole! Quoiqu'une bonne dérouillée te ferait le plus grand bien."

    Il fut légèrement soulagé qu'elle plaisantât. Il aurait été fâcheux qu'elle soit sérieuse. Ils se remirent à marcher, et Lenhar bougonna un peu dans sa barbe (qu'il n'avait pas), juste assez fort pour que Lucia l'entende, juste assez pour qu'elle n'y paye pas attention. Le temps passa ainsi, elle marchant devant, bien au chaud dans sa cape, lui chuchotant pour lui même quelques fois, des chansons que sa mère lui apprenait lors de son enfance. Ses soldats lui avaient toujours dit qu'il avait un timbre sympathique, mais qu'il chantait un peu faux; alors il chantait rarement à gorge déployée.

    Il finirent par arriver dans la cité d'Asela, qui s'éveillait doucement. Il aperçut un boulanger, la tailleuse et une bouchère devant des étals en train de vendre leur marchandise, puis beaucoup d'autres le long de la rue. Ce devait être jour de marché. Il laissa Lucia vaquer à sa guise parmi les étals, et alla dans sa chambre récupérer ses affaires. A sa grande satisfaction, tout était en ordre, ses affaires rassemblées sur la chaise, et les draps avaient été nettoyés des traces de sang qui les maculaient. Il récupéra tout, enfila sa besantine en grimaçant, puis accrocha à sa ceinture les fourreaux de ses armes. Il récupéra les lambeaux de son manteau dans lesquels se trouvaient, intacts, de belles pieces de Tiwaz pour payer l'aubergiste.

    Il descendit dans la salle encore vide , à part quelques clients matinaux qui sirotaient un thé et du pain avec de la confiture. Il remercia chaleureusement son hôte, qui à son tour lui rendit la pareille en déclarant qu'un Ombre, même étant masculin, qui protégeait ses consœurs Amazones était parfaitement le bienvenu dans son auberge, et même dans tout le royaume. Lenhar sourit de toute ses dents, et paya son dû. Il ajouta quelques pièces, pour la serveuse qui était venue le chercher, la guérisseuse et la tailleuse. La grosse matrone mit les pièces dans des petites bourses séparées et écrivit des runes dessus pour ses souvenir des destinataires. Lenhar demanda s'il pouvait en outre prendre un cheval, moyennant un peu plus d'argent. L'aubergiste lui indiqua les écuries, et un grand étalon à la robe couleur crème, doux et rapide, qui n'avait pas un galop trop dur, et qui pouvait donc le porter sans heurt jusqu'aux Montagnes Infernales. Il était bien dressé, il saurait rentrer tout seul, Lenhar n'avait pas à s'inquiéter.

    Il flatta l'encolure de la bête, et alla au dehors pour rejoindre Lucia qui l'attendait avec sa propre bête qu'elle tenait par la bride.


    "Bon, et bien voilà. Merci encore de m'avoir sauvé cette nuit, et merci pour la ballade. On se reverra peut-être, qui sait, vu que tu as un grade haut-placé, ajouta-t-il avec un sourire.


    "Bon, et bien au revoir."

    Souriant et calme, il se disait que le continent irait bien mieux s'il était gouverné par des gens comme toutes les Amazones qu'il avait rencontrées aujourd'hui. Il se dit qu'il aimerait bien rencontrer leur reine, un jour, mais il n'était pas sûr que son rang le lui permette. Il leva un regard malicieux vers Lucia, ne sachant pas trop s'il devait la saluer ou lui serrer la main.


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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Mar 30 Mar 2010 - 22:12

Le retour se fit rapidement, malgré l'absence de discussion entre les deux jeunes gens. Lucia avait tout de même entendu marmonner Lenhar, ou bien chantait-il ? Le vent avait couvert leur progression de son habituel souffle, inondant les oreilles, faisant voler la terre.

Souriante, la guerrière savourait cette soirée, quelque peu agité, mais combien apaisante. Emmitouflée dans sa cape, lui recouvrant le bas du visage, elle fixait les lumières de la ville, s'en rapprochant sans cesse.

Le jour levé depuis plus d'une heure, les deux compagnons entrèrent dans la cité, celle-ci s'éveillant peu à peu. Quelques artisans commençaient à exposer leurs articles, le long des rues. Les magasins ouvraient un à un. L'odeur du pain cuit emplissait la rue. Cette ambiance matinale était sublime.

Sortant sa petite bourse, accrochée à sa ceinture, Lucia délaissa l'ombre, pour aller se payer une miche de pain.
Le boulanger, un homme à la carrure imposante, contrastant avec son visage, aux traits si paisibles. Il portait un grand tablier, maculé de tâches de farine, se terminant à ses chaussures.
Déposant quelques pièces sur le comptoir, l'amazone l'interpella d'un simple bonjour.

- Bien le bonjour jeune fille ! Vous voulez un 'tit quelqu' chose ? Le vieu Tad a plein de truc à vous proposer ! Tout en attardant son regard sur le costume de la guerrière, il prit en compte sa commande.

- Une miche de pain pour la 'tite demoiselle, une ! Marquant sa phrase d'un sourire, il étendit le bras pour venir attraper une miche à la croute dorée, à l'autre bout de la table.
Au plaisir ma dame ! Finissant par empocher les quelques pièces que lui tendait la jeune fille, il s'écarta pour s'occuper d'un autre client.

S'éloignant de l'étalage, tout en mastiquant un bout du pain, elle continua son trajet, se frayant un passage à travers la foule, sans cesse grandissante.
Pour un simple avant-poste, cette ville semblait tout de même bien habitée...

Quelques enfants déboulèrent devant elle, se poursuivant en brandissant de petites épées de bois, accompagné de grands hurlements. Lucia ne put s'empêcher de sourire, suivant du regard la petite troupe qui s'enfonçait dans le dédale des maisons.


Arrivant sur la grande place, elle obliqua vers l'auberge. A quelques mètres de la porte, la jeune fille remarqua sa monture qui l'attendait dans l'étable.

- Oh ! Mon grand, un peu plus et je repartais à pied ! Voyant que son canasson ruminer, elle rigola en ajoutant, je plaisante voyons ! Comment veux-tu que l'on oublie un si beau cheval que toi ?! Allez viens Yann, il est temps pour nous de retourner à Eralo. Défaisant la bride de sa monture, elle le tira jusqu'à elle, lui frottant l'échine.

-Bon, et bien voilà. Merci encore de m'avoir sauvé cette nuit, et merci pour la ballade. On se reverra peut-être, qui sait, vu que tu as un grade haut-placé.

Sursautant, Lucia se retourna face à l'ombre.
Masquant sa courte frayeur, elle débita:

- Ne me remercie pas voyons, ce genre de plaisir est fait pour être partagé, en espérant que tu en gardes bon souvenir. Elle marqua une pause, le temps que celui grimpe sur sa monture. Chose peu aisée en raison de sa blessure. Elle semblait encore lui tirailler le flanc, ce qui marqua un sourire sur le visage de Lucia, repensant à toutes les vilénies qu'elle venait de lui faire traverser cette nuit.
Une fois celui-ci perché sur le dos de son étalon, la guerrière continua:

- J'espère bien oui, que l'on va se revoir ! Lui dévoilant ses dents d'un sourire, elle grimpa à son tour sur son cheval.

-Bon, et bien au revoir.

Voyant que celui-ci hésitait, confus, elle le contourna à petits galops. Lui assénant une tape amicale dans le dos, Lucia lui dit à l'oreille:

- Pour ma part, j'en garderais un bon souvenir... A bientôt capitaine !

Le visage éclairé de cette nouvelle amitié, elle lui asséna une seconde claque dans le dos et partit au grand galop, filant vers la porte Est de la cité. Derrière elle le rire de Lenhar.
Quel type sympa. Bien que n'étant pas son genre d'homme par son manque de virilité et son calme abusif, elle n'en ferait pas un amant, mais un ami.

A peine quelques kilomètres parcourue, Lucia songeait à son entrevue qui, espérait-elle, aurait lieu ce soir. Rien qu'à y penser, cela lui dévorait l'estomac.

- Ma vie va prendre un grand tournant...Je vais servir la reine, et je viens de rencontrer un capitaine ombre ! Bientôt le thé avec Freyja !! S'esclaffa t-elle à l'oreille de sa monture, lancée au grand galop, avalant la plaine de ses sabots.



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MessageSujet: Re: Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]   Mer 31 Mar 2010 - 12:09

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Chassé-croisé, partie II [PV Lucia Dreram]

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