AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Procès du Général Graybach *

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ectoplasme
¤ Incarnation du Destin ¤
avatar


Nombre de messages : 506
Date d'inscription : 28/08/2008

MessageSujet: Procès du Général Graybach *   Dim 14 Mar 2010 - 21:01


|Procès du Général Graybach|

Matinée du deuxième jour


Sont cordialement invités à participer à ce post :

Marcus Graybach, Idril Calafas ou son représentant, Bogrin Gilad ou son représentant
Toute personne susceptible d'être présente au procès
(Personne venue soutenir un parti, Citoyen intrigué par l'affaire ...)


Le soleil avait presque atteint son zénith lorsque les huit juges qui présidaient la délicate affaire opposant les Amazones au Chef des armées humaines, revinrent dans la salle d'audience pour délivrer leur verdict. Les témoignages s'étaient succédés à huis clos, seulement entendus par le jury, afin de préserver l'intégrité des personnes interrogées. Car cette nouvelle affaire était de loin la plus délicate que le Palais de Justice ait eu à traiter depuis longtemps. Et l'issue du procès marquerait peut être un tournant dans l'histoire du Gwendir.
A la demande de la Reine Calafas, à l'origine du procès, il avait été convenu que des juges extérieurs aux peuples en conflit présideraient l'audience. Mais la justice pouvait-elle résister aux alliances conclues récemment par les royaumes ? L'heure était venue de conclure cette affaire. L’assemblée entama sa lecture des chefs d’accusation, des preuves qui démontraient la culpabilité du Général, des circonstances qui atténuaient la gravité de sa faute, voire la neutralisaient … Lorsque tous les éléments furent remis au grand jour, une petite femme se leva. Il s'agissait de Lady Elmira Grindor, noble druidique et présidente de l'assemblée. Elle intima le silence rapidement, malgré son apparence fragile et menue. Sa voix fluette résonna pour annoncer la sentence.

    Peine Retenue en fonction du lancer de dé :

  • 1 ou 4 : Le Général est jugé innocent. Sa remise en liberté est immédiate.
  • 2 ou 5 : Le Général est jugé coupable d'outrage à la Cour amazone. La sentence est un an d'emprisonnement. Cette peine peut être annulée par le versement de 3.000 Tiwaz au Palais de Justice.
  • 3 ou 6 : Le Général est jugé coupable d'outrage à la Cour amazone et à son monarque. La sentence est sept ans d'emprisonnement. Cette peine peut être annulée par le versement de 30.000 Tiwaz au Palais de Justice.

    Dans tous les cas, si le dé indique un chiffre impair, le procès est jugé truqué. Si le dé indique un chiffre pair, le procès est jugé équitable.

_________________

Je suis votre passé, votre présent, votre futur.
Je suis le seul maître de votre Destin.
Vous ne pourrez pas m'échapper ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ectoplasme
¤ Incarnation du Destin ¤
avatar


Nombre de messages : 506
Date d'inscription : 28/08/2008

MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Dim 14 Mar 2010 - 21:01

Le membre 'Ectoplasme' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Dé d'Odin' :

Résultat :



Le Général est jugé coupable d'outrage à la Cour amazone et à son monarque. La sentence est sept ans d'emprisonnement. Cette peine peut être annulée par le versement de 30.000 Tiwaz au Palais de Justice.

_________________

Je suis votre passé, votre présent, votre futur.
Je suis le seul maître de votre Destin.
Vous ne pourrez pas m'échapper ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marcus Graybach
Chef des Armées incompris
avatar


Masculin Nombre de messages : 473
Age : 38 ans
Clan : Impériaux
Fonction : Ancien Chef des Armées
Date d'inscription : 23/01/2010

MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Dim 14 Mar 2010 - 23:01

Un jet de lumière transperça les ténèbres qui entouraient l'homme allongé au centre de sa cellule, ses paupières se levèrent et il fut aveuglé : tout ce temps passé dans l'ombre l'avait habitué à l'obscurité totale qui règnait en ces lieux lugubres. Les pas lourds des gardes claquèrent contre la pierre froide et leurs voix féminines frappèrent les oreilles du général. Il se leva, aussi présent qu'après des siècles d'absence, et croisa le regard de ces femmes qui lui vouaient haine et dédain. Très vite elles lui expliquèrent brièvement où il allait être mené, non sans oublier de dévoiler toute leur colère contre celui qui s'était opposé à leur reine, cet humain, ce monstre, qui osait les narguer et soutenir la cause d'un tyran. Affligé par tant de temps passé à l'ombre, Marcus ne put qu'acquiescer et suivre celles qui le haïssaient...

La cité humaine submergeait les nouveaux arrivants de sa splendeur, magnifique, elle offrait un spectacle saisissant. Marcus voyait dans les remparts et les hommes postés en haut des créneaux son échappatoire, il en était certain, une cité humaine ne pouvait condamner son général, cela tombait sous le sens. Ils entrèrent, l'Humain, entouré de femmes parfois aussi grandes que lui, restait impassible et tout son charisme resplendissait, même lorsque son armure d'or était encrassée et couverte de la poussière sableuse des plaines. Les visages se tournèrent sur le chemin du convoi inédit et déjà les murmures rompirent le son régulier des sabots qui avait accompagné l'humain et les étrangers.

Le palais de justice, le lieu où "l'insubordination" du général serait traité en compagnie des représentants de deux peuples. D'un côtéle représentant d'Idril Calafas, de l'autre le représentant des Orthodoxes, Marcus ignorait si le général Gilad allait être présent et n'avait pas revu l'émissaire, Kael. La salle s'ouvrit sur le général, les mains liées par quelques légères chaînes entravant de possibles mouvements néfastes. On le fit s'asseoir après que les lieux, envahis de toute la populace curieuse et des représentants de chacun des partis, soient devenus calmes. Une petite femme présidait la séance, une druide. Marcus ne vit aucun juge Humain, mais s'il se fiait aux alliances en vigueur il n'avait rien à craindre de cette femme.
Les témoignages s'enchaînèrent sans accrocs au silence en vigueur et maintenu par la frêle druide qui accueillait chaque témoin avec la même attitude, un mélange de déjà-vu et d'impatience dans le regard que traduisait Marcus. La tournure que prenait ce jugement commençait à l'inquièter, pourquoi tant de sureté du côté amazone? Il refusait de croire à la seule explication possible.

Vint son tour, se levant, avec toute la grâce dont il était capable malgrè ses chaines encombrantes, il fixa l'assemblée.

-Votre honneur, puisque l'occasion de parler m'est donnée, j'éclaircirai avec joie cette affaire. Il y a de cela quelques jours je me suis rendu en territoire amazone, au Palais de la reine Calafas, avec pour unique pensée de clarifier nos positions quant à mon Souverain. Il ne fait aucun doute, et elle ne me l'a pas caché, que ma venue représentait un affront pour la Reine Calafas, loin de moi l'envie de causer un tel trouble. S'en est suivi un échange que je qualifierai de tendu. Il ne fait aucun doute, pour ma part, que la reine n'a pas voulu écouter les arguments que je lui servais uniquement parce que la haine qui l'habite pour les Humains l'en empêchait. Je lui ai effectivement proposé d'être neutre vis-à-vis de l'avancée du Seigneur Bennefoy, dans l'intention d'épargner les vies que gâcherait une guerre entre Humains et amazones, mais rien n'y a fait. Voilà les faits, votre honneur.

On demanda au général de s'asseoir, le procès continuait.

Après une éternité passée à écouter multiples témoignages, pour la plupart infondés et dénués de vérité, Marcus suivit du regard la petite druide se lever de son siège, réclamer le silence, et prononcer la sentence.

-Le Général est jugé coupable d'outrage à la Cour amazone et à son monarque. La sentence est sept ans d'emprisonnement. Cette peine peut être annulée par le versement de 30.000 Tiwaz au Palais de Justice.

Un grand vide, voilà ce que ressentit Marcus à l'écoute de la peine. D'abord l'incompréhension l'envahit, puis la colère : la juge était corrompue! Jamais un procès équitable n'aurait pu donner tel résultat! Ses poings se serrèrent et ses chaînes crissèrent. Idril Calafas avait tout prévu! Elle s'était assuré la victoire en corrompant cette druide, mais comment s'y était-elle prit? Comment avait-elle fait pour convaincre la juge? Une druide! Une allié du peuple Humain! Tout tombait sous le sens! Marcus était seul, plus aucun allié ne l'entourait, tous étaient potentiellement des ennemis... quel impact avait sa parole? Pourquoi Ardiosis n'était-il pas intervenu? Comment avait-il pu laisser se faire ce procès ridicule? De plus, il ne pouvait rembourser cette somme, et ils le savaient! Tout était calculé pour le mettre hors d'état de nuire... qu'avait-il à perdre maitenant? Soit son souverain lui venait en aide, soit il périssait dans les geôles d'une prison humaine. Quelque chose qu'il n'arrivait pas à concevoir, tout était si irrationnel! Se levant d'un bond, ses cheveux courts parcourant son crâne comme des flammes, le général fixa avec dégoût les juges, en particulier la petite femme qui semblait consternée. Jamais Marcus ne se laisserait emmener après un procès trafiqué, jamais il ne se rendrait! Des mains retinrent ses épaules et tentèrent de l'obliger à s'asseoir, il tint le coup et resta debout alors qu'on lui ordonnait de rester calme.

-Ce procès est truqué! Cette peine est ridicule et prouve avec trop de ferveur votre corruption! Que vous ont offert les Amazones? L'or peut-il détourner à tel point les esprits qu'ils en oublient ceux à qui ils ont fait allégeance? Non! Le seigneur Bennefoy ne pourra laisser passer pareille traîtrise dans l'enceinte de sa ville! Je n'ai pas vos Tiwaz et jamais vous ne les aurez! Je n'engraisserai pas des traîtres!

Finalement on réussi à maîtriser le général qui fulmina mais se garda de protester plus lorsqu'il comprit qu'il ne pouvait plus agir. ll avait dit le fond de sa pensée, et puisse Loki le garder après tant de franchise! Il comptait maintenant sur la présence d'esprit de ceux qui lui étaient encore fidèles...

_________________

« Je n’ai jamais su faire que deux choses dans ma vie, Telak. Aimer et Combattre. »
Dix-Septième semaine de l'an 835, Deuxième jour.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/marcus-graybach-t950.h
Ectoplasme
¤ Incarnation du Destin ¤
avatar


Nombre de messages : 506
Date d'inscription : 28/08/2008

MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Mer 17 Mar 2010 - 8:34

Le Général accusé, et désormais coupable, d'outrage à la royauté amazone ne put retenir sa fureur à l'annonce de la sentence qui le condamnait à plusieurs années d'emprisonnement, insultant ouvertement l'assemblée des juges et personnellement sa présidente. Une huée envahit la salle, en guise de protestation, et du côté des jurés, et du côté des parties civiles. Sans se départir de son air austère, Lady Elmira ramena le silence d'une voix tonitruante, qu'on n'aurait jamais soupçonné existé chez une petite femme de la sorte. Les gardes avaient saisi le général et le maillet de la Présidente se répercuta plusieurs fois sur son socle, produisant trois sonorités distinctes. Le calme revint. Avec un professionnalisme déconcertant, elle annonça placidement une nouvelle sentence :

« Je vous condamne à une année supplémentaire d'emprisonnement, pour diffamation et outrage à la Justice. Vous devriez apprendre à contrôler vos humeurs si vous voulez éviter un surcroît de peine. Soldats, emmenez-le. L'audience est levée. »

Son maillet frappa à nouveau et le brouhaha des conversations naissantes reprit de plus belle.

_________________

Je suis votre passé, votre présent, votre futur.
Je suis le seul maître de votre Destin.
Vous ne pourrez pas m'échapper ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Jeu 18 Mar 2010 - 20:06



Rhaer Thalion

Inquiet à l'idée d'arriver en retard, Rhaer fut soulagé lorsqu'il vit l'agitation qui régnait dans la salle d'audience. Un ami l'avait informé que les témoignages seraient entendus par les juges et uniquement par les juges. Alors, l'ancien chef des armées avait décidé d'assister uniquement au verdict vers l'heure supposée de celui-ci. Par chance, une chaise était libre dans un coin du tribunal. S'aidant de sa canne pour y accéder, il apprécia cette cacophonie qui cachait le bruit de sa troisième jambe sur le sol. S'installant, Rhaer put assister à l'entrée du général, accompagné d'une escorte des plus charmantes. Les Amazones étaient présentes, en nombre important, pour assister à ce jugement qui les concernait.

Comme une ultime tentative pour sauver sa peau, le général prit la parole. Il se défendit tant bien que mal dans une longue tirade. Seulement, le ministre des finances était bien conscient qu'une tentative de dernière minute n'était pas forcément utile et aggravait, parfois, le cas des accusés. Ce fut une petite femme qui se leva pour demander le silence. Elle était bien moins belle que les magnifiques Amazones servant d'escorte au général, mais Rhaer ne se laissa pas distraire par la beauté de cette jeunesse étrangère, préférant tendre l'oreille à l'annonce du verdict :

« Le Général est jugé coupable d'outrage à la Cour amazone et à son monarque. La sentence est sept ans d'emprisonnement. Cette peine peut être annulée par le versement de 30.000 Tiwaz au Palais de Justice. »

Grimaçant, le boiteux ne pouvait s'empêcher de croire que cette peine était bien trop lourde. Certes, il n'était pas présent durant les faits et encore moins lors de l'audition des témoins, mais cette peine... Qu'avait dont fait le général pour mériter cela ? Car, il était loin d'être un imbécile. Même s'ils se connaissaient peu, Rhaer savait que cet homme avait la tête sur les épaules. Pourtant, ce tribunal le pensait coupable et croyait que l'humain était capable de sortir de sa poche une somme importante. Rhaer était peut-être ministre des finances depuis quelques semaines, mais il connaissait bien la valeur de l'argent.

Se levant d'un bond, le général paraissait furieux... Tentant une nouvelle fois de plaider sa cause, il ne trouva rien de mieux pour sauver sa peau que de prétendre à la corruption du jury. Cela était envisageable, mais il voyait mal la Reine des Amazones acheter un tribunal. Cette femme n'était pas forcément une sainte, mais peu de gens arriverait à croire qu'elle irait acheter un tribunal pour faire tomber le général.

Le boiteux ne put s'empêcher de sourire lorsque le pauvre inculpé fit référence à son cher Ardiosis. Comme si le Monarque pouvait s'occuper d'une autre personne que de lui-même. Loin était le temps où son ami s'occupait du bonheur de son prochain. Si Ardiosis ne trouvait pas d'intérêt à aider Graybach, il ne bougerait pas le petit doigt... Que croyait ce pauvre général ? Que le Monarque allait s'amuser à payer la caution ? Les finances du royaume étant légèrement déficitaires, Rhaer ne laisserait pas Ardiosis jeter l'argent par les fenêtres. Seulement, cette sanction était vraiment trop lourde et il n'y avait aucun moyen de l'annuler.


« Je vous condamne à une année supplémentaire d'emprisonnement, pour diffamation et outrage à la Justice. Vous devriez apprendre à contrôler vos humeurs si vous voulez éviter un surcroît de peine. Soldats, emmenez-le. L'audience est levée. »

La voix perçante de la petite femme au maillet vint à bout des hurlements et divers cris indéfinissables qui peuplaient la salle. La défense de sa personne à outrance n'était vraiment pas la bonne solution.

Soupirant, le bon fond de Rhaer le rattrapa. Défenseur de la veuve et de l'orphelin il ne pouvait laisser condamner cet homme, même s'il avait des torts. Mais que faire dans une situation comme celle là ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Sam 20 Mar 2010 - 18:01



Haelnor Faran, joué par Idril Calafas

Le Hasard faisait bien les choses. Haelnor avait été choisi par le Conseil pour représenter l’honneur amazone durant le procès de celui qui avait osé fouler les Plaines de Fazor pour venir insulter la Gardienne du Peuple de Freyja. Assis au premier rang du Tribunal, l’émissaire se remémorait avec dégoût les propos du Chef des Armées humaines, ses pensées lui conférant une mine revêche. Sa seule présence avait été un outrage à la mémoire de la bien-aimée, mais défunte souveraine Ardentia. Il avait profité de la naïveté de la Reine Idril pour parvenir à se faire accorder une audience et il l’avait ouvertement malmené devant sa Cour et un étranger orthodoxe de surcroît. Si Haelnor avait pu tenir entre ses mains ce misérable avorton, il lui aurait arraché les yeux de la tête et coupé la langue, avant de le torturer jusqu’à ce qu’il le supplie d’en finir avec lui, de lui accorder la Mort. Il serra les poings posés sur ses genoux. Insulter la Reine, c’était insulter le peuple amazone. Un crime pour lequel il devait être puni. Cet homme n’avait aucune considération de ses ennemis, quoiqu’il en dise. Il fallait mettre un terme à sa capacité de nuire. Quel qu’en soit le prix.

Et par une coïncidence inouïe, il se trouvait que Haelnor connaissait deux des huit juges assignés à cette affaire. Il avait été facile de les contacter et de leur offrir un bon repas dans la meilleure auberge de cette ville, afin que leurs dispositions eussent été toutes trouvées. La Reine n’en saurait jamais rien, bien évidemment. Ce crime, car cela en était bien un, devait être puni. Mais si cela n’avait pas été le cas, la fierté des Amazones en aurait à nouveau pâti et la jeune souveraine aurait douté de ses agissements. Et il fallait qu’elle soit convaincue du véritable crime des Humains, pour être conforté dans ses opinions. Personne n’en saurait jamais rien, de toute façon.

La présidence entra dans le Tribunal, afin d’annoncer le verdict. Haelnor avait bon espoir de voir condamner le général, car dans tous les cas, connaissance ou pas des juges, ce dernier avait fauté et s’était montré coupable d’outrage à la cour des Amazones. Il fallait être idiot pour croire le contraire. Mais du plus profond de son être, l’émissaire amazone désirait une sentence maximale qui punirait à juste titre le méprisable commandant. Il avait été aisé de convaincre les deux juges que le Général avait ouvertement bafoué les limites de la hiérarchie monarchique, en s’octroyant le droit de juger les décisions d’une souveraine du Gwendir en public. Il n’y avait plus qu’à espérer que ces juges parviennent à convaincre les autres membres du jury. Lorsque la Présidente se leva, tous retinrent leur souffle. La sentence fut énoncée placidement et l’Amazone ne put retenir le sourire qui illumina ses traits. La sentence était au-delà de ses espérances. Son cœur était léger à présent.

Seulement, le Général n’apprécia pas la sentence. Haelnor le fusilla du regard tandis que des soldats tentaient de le maitriser. Il était vraiment stupide. Voilà qui venait de le discréditer complètement. Qui oserait encore croire de son innocence après pareille injure à la Présidente ? Celle-ci rallongea la peine précédemment énoncée et l’émissaire jubila ouvertement, marmonnant pour lui-même :

« Peut-on être à ce point idiot ? Voilà qui ravira notre bon Conseil. »

Un sourire sardonique peint sur les lèvres, il se leva et quitta le banc où il était installé pour aller discuter avec les personnes soutenant le parti amazone. La journée commençait radieusement.
Revenir en haut Aller en bas


Nombre de messages : 11
Date d'inscription : 15/05/2008

MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Dim 21 Mar 2010 - 11:02


Kael Endrolendil, joué par Bogrin Gilad.

  • L'imposante stature du magicien, enroulée dans un immense manteau de voyage couleur de sang et le visage dissimulé dans l’ombre d’une large capuche se détachait de celles des Hommes présents autour de lui. Du haut de ses deux mètres trente, le géant Orthodoxe avait l’air d’un golem au milieu d’une armée de poupées de chiffons. Derrière lui, deux autres hommes, grands et larges, eux aussi vêtus d’immenses manteaux sombres, casqués et tenant de grands sceptres, lui emboitaient le pas. Les deux gardiens étaient d’apparence redoutable, leurs orbes magiques brillaient aux sommets de leurs cannes et leurs yeux dégageaient une hostilité à faire froid dans le dos. C’est donc encadré de ses deux gardes du corps que Kael Endrolendil, le magicien qui avait été aux côtés du Général Graybach lors de la mission chez les Amazones, pénétra dans la salle d’audience.
    Il avait fallu parcourir de grandes distances en peu de temps pour le magicien et ses sbires, puisqu’il était revenu à Iboa pour faire un rapport et était repartit à peine deux heures après pour rejoindre la cité des Hommes, afin d’assister au procès du Général Graybach.

    Lorsqu’il pénétra dans le palais de Justice, un grand nombre d’individus se tournèrent vers l’entrée d’où Kael entrait. Bien qu’il ne s’attendait pas à être acclamé à son arrivée, Kael fut surpris de l’attention qu’on daigna lui porter en entrant. L’hostilité visible dans les regards des Amazones, en clan dans leur petit coin fut presque palpable, mais ça, Kael s’en fichait royalement, il leur aurait craché dessus s’il s’en était sentit libre. Bien entendu, en tant que représentant et du haut de sa montagne de fierté, le magicien n’accorda qu’un pâle regard aux farouches guerriers postés sur la droite. Il prit place en face, dans un grand siège, et ses deux gardes du corps se postèrent de chaque côté, semblables à d’immenses statues de fer.

    La séance débuta.

    Kael avait été réquisitionné pour témoigner quelques heures plus tôt, mais son témoignage était certainement tombé dans l’oreille d’un sourd, puisqu’à aucun moment on daigna lui accorder un temps soit peu d’intérêt. Il était évident que les Orthodoxes étaient, comme souvent, mal vus. De plus, voyant que l’assemblée de juges était particulièrement corrompue, puisqu’elle était constituée d’alliés à la cause amazones et qu’elle avait sans doute subit des pressions externes pour prononcer la sentence « adéquate », Kael sentait déjà la sentence décidée d'avance.

    Pianotant de ses griffes aiguisées sur son accoudoir, Kael attendait le verdict. Ce dernier, que Kael avait anticipé depuis le départ, tomba comme la lame d’une guillotine. 30.000 Tiwaz ou sept ans d’emprisonnement. Kael soupira discrètement. Le pauvre petit mortel allait subir bien plus qu’il ne méritait, surtout pour avoir lancé la vérité aux visages des puériles habitants des plaines de Fazor. Mais là, contre toutes attentes, Marcus se redressa et couvrit d’injures et de menaces l’assemblée de juges. Posant deux doigts pointus sur ses lèvres, Kael se contenta d’être consterné intérieurement face à l’attitude impulsive du Général Humain. Son visage, en surface était aussi austère que le ciel d’orage. En parcourant la salle des yeux, et tandis que Marcus était maîtrisé par des gardes, le regard froid de Kael rencontra une silhouette familièrement désagréable. Un individu présent dans la salle du trône lors de l’entrevue entre les émissaires et la Reine Idril. Face à lui donc, assit parmi les siens, le représentant des Amazones, un jeune homme au faciès féminin se réjouissait sûrement du malheur du Général Graybach. : Haelnor Faran.

    Une vague de dégoût passa sur le visage de Kael qui se redressait et quittait les tribunes.
    Le magicien mourrait d’envie d’aller entretenir l’insupportable amazone de sa quasi-certaine grande fierté à avoir fait condamné le Général. Un des gardes de Kael l’avait vu dîner la veille avec deux des jurés, faussant ainsi « l’innocence » et l’objectivité des membres de l’assemblée. Si Kael s’était écouté, il aurait fait écraser la nuque du pauvre Haelnor. Il n’en fit rien et se contenta, un air toujours aussi impassible sur le visage, d’approcher de l’amazone, qui bavassait comme une oie bien grasse de choses et d’autres, un air ravie sur le visage.
    Le contraste de taille entre les deux individus était de taille et ceux qui discutaient avec l’Amazone s’écartèrent à l’approche des trois golems de fer Orthodoxes. Après un bref signe de tête poli, Kael l’aborda de sa puissante voix :

    « Haelnor Faran, c’est donc vous que la Reine Idril a choisi d’envoyer défendre sa cause, quelle surprise ! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arvaël Al'Nyr
Gwendirien
avatar


Nombre de messages : 146
Date d'inscription : 12/06/2009

MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Dim 28 Mar 2010 - 17:03

*Ah ! Maudit soit ce satané cocher ! Je suis arrivé trop tard !*

Arvaël était contrarié. Très contrarié même. Debout dans l’embrasure de la porte du Palais de Justice, observant d’un air dubitatif la vaste clameur qui parcourait la foule se présentant face à lui, le regard s’attardant sur les points levés, les visages rougis par la fureur, les sourires en coin de certains, le jeune homme laissa échapper un discret soupir de frustration. Alors qu’il s’était fait un devoir d’assister de bout en bout au très attendu procès du général Graybach, tout depuis son lever matinal semblait avoir été prémédité pour l’en empêcher. A croire que les dieux avaient conspiré contre lui !

A bien y penser, ce n’était pas vraiment le léger accroc sur son splendide costume azuré, ni la perte irrémédiable d’un de ses plus précieux flacons de parfum qui l’avaient exaspéré. Non, pas plus que les incessants bavardages de l’une de ses sœurs aînées en visite ou encore l’entorse de son cocher l’ayant obligé à quérir d’urgence les services d’un suppléant. Ce qui l’avait véritablement enragé, c’était bien le fait que l’addition de tous ces petits tracas avaient tellement retardé son départ que les rues d’Yswllyra s’étaient tout bonnement noircies de monde pendant ce temps.

Réduit à prendre sa place dans la circulation, l’impatience d’Arvaël avait eu largement le temps de parvenir à maturité, et le pauvre valet qui remplaçait le cocher eut à subir une rafale soutenue de reproches en tout genre. Mais ni les sarcasmes ni la mauvaise foi n’ayant jamais fait pousser des ailes à une voiture, le jeune noble dut bien, bon gré mal gré, prendre son mal en patience.

Au bout de ce qui lui avait semblé être une éternité, il était enfin parvenu à destination. Jaillissant du véhicule avant même que son valet n’ait eu le temps de descendre lui ouvrir la porte comme il se devait, le distingué courtisan avait marché d’un pas décidé en direction du Palais de Justice, dont les portes ouvertes laissaient entendre un vaste brouhaha. Et à présent, il se tenait là, partagé entre une sainte colère contre toute sa maisonnée et une intense curiosité pour savoir ce qui avait provoqué un tel déchaînement.

Entrant d’un pas décidé à l’intérieur, détonnant quelque peu dans la foule avec les couleurs éclatantes de son costume qui plus que jamais évoquait le plumage d’un eupherusa, il erra quelques instants, ignorant les regards de dédain (qu’est-ce que ce jeune parvenu venait donc faire ici ?), tout comme les sourires ironiques, et balayant la foule du regard, chercha une silhouette connue afin de se renseigner sur les récents évènements. Car de toute évidence, la sentence venait d’être rendue, puisque les juges terminaient de se retirer à la queue leu leu par une petite porte au fond de la salle d’audience et que le général Graybach n’était nulle part en vue.

Toujours frustré d’avoir raté le procès, Arvaël se dérida quand son regard se posa sur le profil d’un homme qu’il avait déjà croisé quelques fois, et qu’on disait proche du couple royal : Rhaer Thalion, ministre des finances. Affichant aussitôt un large sourire, il mit le cap sur le ministre, qui, assit sur une petite chaise dans un coin, semblait perdu dans ses pensées.

- Mes hommages, seigneur Thalion.

Arvaël ponctua son salut d’une petite courbette, et poursuivit, toujours souriant :

-Veuillez m’excuser, mais je crains d’être arrivé un peu tard et d’avoir raté le procès. Auriez-vous la bonté de m’informer de la sentence qui a été prononcée ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/t764-presentation-d-arvael-al-nyr
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Sam 3 Avr 2010 - 9:59



Rhaer Thalion

Une violente douleur à la jambe empêchait Rhaer de quitter cette salle d'audience. Ce genre de crise arrivait de temps à autre, conséquence de cette maudite blessure mal soignée. En général, il lui fallait attendre quelques minutes pour pouvoir reprendre sa route, avec une douleur supportable, ce qui était peu dérangeant en temps normal. Seulement pour le moment, l'ancien Chef des Armées n'avait qu'une envie : sortir d'ici le plus vite possible ! L'ambiance y était devenue oppressante : Humains et Amazones s'insultaient, des cris de rage s'élevaient sans cesse tandis que la Présidente du jury tentait de faire revenir le calme. Il y avait bien longtemps que ce tribunal n'avait pas été aussi animé ! Tellement que Rhaer se demandait ce que les autorités attendaient avant de faire évacuer ce tribunal. Le condamné avait été emmené, non sans opposer de résistance, certainement en direction de sa petite cellule où personne ne l'entendrait hurler à l'injustice. Quant aux juges, ils commençaient à s'enfuir en file indienne loin de toute cette agitation. Le ministre des finances décida d'attendre encore un peu avant de tenter de sortir d'ici. Sa douleur avait presque disparu, mais le boiteux, qu'il était, risquait de se faire bousculer par cette foule d'enragés ! Le temps où il pouvait gambader comme une jeune gazelle était révolu depuis bien longtemps au point que même sortir d'une pièce devenait difficile pour le ministre. Il n'avait pas plus de 44 ans, mais les problèmes de déplacements devenaient de plus en plus difficile, comme un petit vieux.

-Mes hommages, seigneur Thalion.

Haussant les sourcils, Rhaer reconnut le jeune Arvaël Al'Nyr qu'il salua d'un hochement de tête. Sa petite Eleade lui avait fait part de sa rencontre avec le jeune homme, une nuit au temple de Loki, il devait y avoir une semaine environ. Le ministre n'avait rien à reprocher à ce jeune homme plein de fougue, mais il devait avouer qu'il était un peu jaloux que sa petite Eleade se soit confiée à un autre homme que lui. Mais avec un peu de chance, peut-être que ledit noble pouvait s'avérer être un allié de taille pour le futur de ce Royaume. Si Ardiosis n'ouvrait pas les yeux à temps, il faudrait agir et changer la face de ce Royaume avant qu'il ne se transforme en un champ de ruine. Rhaer avait tellement peur pour l'avenir, mais il ne désespérait pas. Ardiosis allait revenir à lui, il en était certain ! Les hommes s'égaraient parfois, mais le retour à la réalité devait se faire un beau jour ou un autre...

« En effet, la sentence vient d'être prononcée et elle n'est pas très glorieuse pour notre général : 8 ans à croupir au fond d'un cachot ou 30.000 Tiwaz à sortir. »

Observant la foule qui commençait à sortir, Rhaer prit appui sur sa canne pour se relever, grimaçant lorsque la douleur se réveilla à nouveau.

« Si vous voulez discuter, je vous propose de le faire dehors, car cet endroit commence à ressembler à une arène ! »


Dernière édition par Rhaer Thalion le Mar 11 Mai 2010 - 15:59, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Arvaël Al'Nyr
Gwendirien
avatar


Nombre de messages : 146
Date d'inscription : 12/06/2009

MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Sam 10 Avr 2010 - 21:04

Le brouhaha était tel qu’Arvaël dut se pencher pour entendre la réponse du ministre à sa question. Et même ainsi, il ne put s’empêcher de se demander s’il avait bien entendu ; un léger sifflement lui échappa pour manifester sa surprise face à une telle peine. Huit ans de prison ou 30 000 Tiwaz ?! Qu’est-ce qui avait pu pousser les juges à rendre un verdict aussi sévère ?

Depuis l’annonce du procès et des motifs d’inculpation, le jeune noble avait beaucoup réfléchi sur cette affaire. Il ne connaissait pas le général Graybach personnellement, bien qu’il l’ait déjà aperçu de loin en loin, mais tout de même ! Il trouvait que ce dernier s’était montré bien imprudent de se présenter ainsi face à la reine des Amazones de façon aussi cavalière pour lui demander ni plus ni moins de renoncer à toute intervention dans la guerre qui se profilait. Savait-il seulement à qui il s’adressait ? Ignorait-il donc tout de la fougue des filles de Freyja ? A ce titre, Arvaël n’était nullement étonné que l’officier ait eu à subir les foudres d’Idril Calafas. Il n’imaginait que trop la façon dont cet entretien avait du se dérouler. Il s’était lui-même retrouvé face à ces prunelles glaciales et savait combien la jeune souveraine pouvait se faire d’acier quand on venait à la provoquer de front ainsi.

Mais tout de même, huit ans de prison … ou 30 000 Tiwaz ! Une coquette somme, que bien peu de personnes avait en sa possession. Ardiosis interviendrait-il en faveur de son bras droit ? Lui seul avait désormais le pouvoir de délivrer le général de sa geôle et le jeune noble se demandait si le monarque accepterait d’en payer le prix.

Mais tandis que ses pensées tourbillonnaient dans son esprit, Rhaer Thalion l’invita à sortir de la salle surchauffée pour continuer leur discussion. Arvaël opina de la tête et se poussa pour laisser le ministre sortir de sa place, appuyé sur sa canne. Sa jambe le faisait manifestement souffrir, et le jeune noble prit l’initiative de passer devant pour jouer des coudes afin de leur dégager un passage jusqu’à la sortie. Partout autour d’eux se multipliaient les prises de bec, les disputes enflammées, les réactions de colère ou de satisfaction, selon le camp des participants. Jamais le courtisan n’avait assisté à un tel déchaînement de passion. Le jeune homme n’appréciait déjà guère ce genre d’atmosphère mais lorsqu’un freluquet faillit lui marcher malencontreusement dessus en cherchant à forcer le passage, il se sentit à deux doigts de lui dire sa façon de penser. Puis, se souvenant du ministre qui le suivait, il préféra éviter le scandale et ravalant furieusement sa colère, il se contenta de libérer le chemin. L’atmosphère se dégradait de seconde en seconde. C’était comme si une digue venait de céder, laissant le flot des émotions de chacun se déverser sur son entourage. Si personne n’intervenait rapidement, certains risquaient fort d’en venir aux mains pour imposer leur point de vue.

Enfin, les deux hommes réussirent à se frayer un chemin au travers cette foule échauffée et s’arrêtèrent devant le Palais de Justice. Des petits groupes s’y trouvaient déjà, commentant avec entrain le verdict qui venait d’être rendu. Cependant, l’ambiance était légèrement moins électrique, le gros des participants se trouvant encore à l’intérieur.

Arvaël inspira longuement pour se calmer, tout en rajustant son lourd manteau de fourrure. Le froid était encore perçant et la petite brise qui venait de se lever n’arrangeait rien. Puis, avec un sourire poli, il se tourna vers le ministre :

- Ma foi, cela fait du bien de sortir un peu ! J’ai bien cru que certains allaient en venir aux poings. Mais aussi, quel verdict ! Huit ans de prison m’avez-vous dit ? Ou 30 000 tiwaz … Une fort belle somme ! Le général a du tenir des propos bien durs pour se voir aussi sévèrement châtié …
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/t764-presentation-d-arvael-al-nyr
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Lun 12 Avr 2010 - 13:01



Rhaer Thalion

Rhaer ne put s'empêcher d'émettre un grognement en signe de mécontentement face à ces animaux qui ne cessaient de s'agiter. Il avait même eu du mal à entendre sa propre voix, tellement que le brouhaha était insupportable.

Le jeune Arvaël lui ouvrit alors la voie vers la sortie. Le ministre se cramponna presque à lui, ne le lâchant pas d'une semelle pour éviter d'être violemment bousculé, ne se privant pas, tout de même, de donner quelques coups de canne à gauche comme à droite histoire de calmer les ardeurs de cette jeunesse. Ce geste produisit l'effet contraire, mais rare étaient ceux qui étaient assez fous pour s'en prendre à un pauvre boiteux ! Quant à être handicapé autant en profiter... Et en rajouter !

Une fois sorti de cette pièce surchauffée, l'ancien Chef des Armées constata qu'il n'était pas le premier à avoir eu l'idée de quitter cet endroit. Nombreux gens, plus distingués que la foule d'enragée, s'étaient réunis pour discuter de ce verdict qui interpellait, cela était certain. Tout le monde était choqué, qu'ils soient partisans d'un camps ou d'un autre, il y avait matière à exprimer son opinion.

Le petit Al'Nyr semblait lui aussi surpris et restait sans voix devant une telle sentence. Les propos du Général devaient vraiment être durs, voir insultants. Mais était-ce la seule raison ? N'y avait-il pas eu trucage comme le clamait le pauvre Général ? La Reine des Amazones était-elle, elle aussi, corrompue ? Ou bien, quelqu'un avait-il agi dans son dos, sans son accord ? Beaucoup de questions sans réponses qui seront forcément éclaircies un jour... ou pas. En attendant, la sentence était ce qu'elle était.


« Huit ans de prison en effet ! Enfin, sept à l'origine, mais le Général a haussé le ton une fois de trop. Le jury n'a vraiment pas été tendre. Acheté même, selon certaines rumeurs circulant là-dedans... Mais par qui ? Mystère... »

Une fois encore Rhaer ne voyait pas la Reine des Amazones aller jusqu'à acheter un tribunal pour son bon plaisir. Pourtant, le Général allait devoir purger cette peine ou bien payer... Seulement, plus le ministre y pensait, plus il ne voyait qu'une seule échappatoire possible pour le coupable : il fallait payer et le seul ayant l'autorité suffisante et l'argent était le Monarque. Les généraux ne poussaient pas sur les arbres et Graybach faisait correctement son travail, Ardiosis avait tout intérêt à mettre en œuvre le nécessaire pour sortir l'Humain de ses geôles peu agréables. Mais pour cela, il fallait payer et le Royaume ne pouvait s'amuser à sortir ce genre de somme à chaque erreur de son personnel militaire. Durant toute sa carrière, Rhaer n'avait jamais entaché son nom ou bien l'honneur de son Monarque et du peuple Humain. A cette époque, certes, les tentions n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui, mais même dans un cas comme celui-ci, l'ancien Chef des Armées était persuadé qu'il n'aurait pas fauté comme venait de le faire son nouveau remplaçant. En attendant, il fallait bien sortir cette somme. S'il avait su, Rhaer n'aurait pas demandé le poste de Ministre des finances, mais plutôt celui du culte religieux... Moins problématique comme ministère certainement ! Mais il avait choisi les finances pour garder un oeil sur son ami. À ce poste, il était plus facile pour lui de savoir ce que faisait Ardiosis.

« Une fort belle somme, comme vous dîtes, pour le sortir de là. Malheureusement, si notre Seigneur décide de la verser, je doute que le peuple accepte une nouvelle augmentation d'impôt pour combler le déficits que cela va causer !»

Rhaer se trompait peut-être. Ardiosis pouvait aussi faire le choix de ne pas bouger et de laisser son Général se débrouiller par lui-même. Mais cette solution paraissait de moins en moins envisageable...

« Ou alors il peut taxer ses nobles. Si c'est le cas, je ne peux que vous conseiller de partir très très vite d'ici !»

Cette dernière phrase étant sur le ton de la plaisanterie.


Dernière édition par Rhaer Thalion le Mar 11 Mai 2010 - 15:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Arvaël Al'Nyr
Gwendirien
avatar


Nombre de messages : 146
Date d'inscription : 12/06/2009

MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Dim 18 Avr 2010 - 19:02

La brise qui s’était levée quelques instants plus tôt s’amusait à jouer dans les cheveux d’Arvaël, dont les oreilles se mirent à rougir sous l’effet du froid … du froid mais aussi de l’indignation. Comment ? Le jury aurait été acheté ? Oui bien sûr, la sévérité de la sentence ne pouvait que susciter de telles rumeurs, et Rhaer Thalion laissait planer le doute sur les noms qui circulaient, mais il était évident que le premier qui venait s’imposer dans de telles circonstances ne pouvait être que celui de la reine des Amazones. Et cela, Arvaël ne pouvait le concevoir. Non, pas Idril, pas la jeune femme qu’il avait rencontrée dans le Palais des Plaines de Fazor ! Fière oui, et attachée comme personne à l’honneur de son peuple, cela elle l’était, mais fourbe et machiavélique, çà non ! Avant même de réfléchir à ce qu’il disait, le jeune homme répondit avec fougue :

- Si cela était, je ne puis croire que la Reine Idril y soit mêlée ! Cela ne lui ressemble pas !

Colère et indignation transpiraient de sa réponse, lui conférant des tonalités bien dangereuses dans la bouche d’un Humain, noble qui plus est, à quelques pas de la résidence du Seigneur Nordique. Arvaël se mordit la lèvre inférieure, signe de sa propre gêne. Tout autour, des regards s’étaient braqués sur lui, attirés par la verve de ses propos. Il fusilla alors les importuns de son regard de glace, les défiant d’intervenir. Ce n’était pourtant guère son genre de clamer sur les toits des opinions aussi tendancieuses dans le climat politique actuel, il était bien trop prudent et tenait à sa peau. Mais là, c’avait été plus fort que lui.

Toussotant comme sous l’effet du froid, il tourna son regard et ses réflexions vers le ministre. Que pensait-il donc du procès ? En tant que proche d’Ardiosis, le verdict avait du certainement l’ébranler, d’autant plus en tant qu’ex-Chef des Armées. Arvaël ne le connaissait guère, mais il lui semblait malgré tout de ceux qui, une fois leur loyauté offerte, ne revenait jamais dessus. Et puis, il n'avait plus rien à prouver vu la position qu’il occupait. Après tout il avait payé de sa propre personne sa fidélité au trône et occupait un poste parmi les plus enviables qui soient aux yeux de beaucoup : les finances dans une main, l’oreille du Seigneur Nordique dans l’autre. Quoique enviable n’était peut-être pas le meilleur terme par les temps qui courraient …

Emergeant de ses réflexions personnelles, le courtisan enchaîna comme si de rien n’était :

- Mais il est vrai que ce verdict semble presque trop exemplaire pour être sincère. Et un an supplémentaire pour une simple intervention ! Je comprends que les soupçons apparaissent dans ces conditions … Les rumeurs donnent-elles des noms ?

Le jeune homme était curieux de savoir ce qui se disait. Pour qui savait écouter, les bruits de couloir recelaient parfois de bien utiles informations …

Puis le seigneur Thalion enchaîna sur le montant de la prime à verser en compensation de la peine de prison. Effectivement, si Ardiosis désirait récupérer son général, dont au vu des circonstances actuelles il pouvait difficilement se passer, quelques soit les lacunes de ce dernier en diplomatie, il allait devoir ouvrir grand sa bourse. A la boutade du ministre, Arvaël éclata de rire et répondit joyeusement :

- Ma foi mon seigneur, je pourrais vous retourner le même conseil. Quelque soit la décision de notre souverain, j’ai peur que trouver ces 30 000 tiwaz dans les jours qui viennent ne vous attire pas que des amis en tant que ministre des Finances !

Effectivement, la question de la caution allait vite devenir douloureuse, quelque soit la décision que le seigneur Bennefoy allait prendre. Le jeune noble ne donnait pas cher de la peau de Marcus Graybach s’il parvenait à s’en tirer. La moindre faute ne lui serait désormais plus pardonnée. Et tandis que les dernières notes de son rire mourraient doucement dans l’air froid de la capitale, il enchaîna sur un ton innocent :

- Dites-moi seigneur Thalion, que pensez-vous vraiment de cette affaire ? Je suis curieux d’entendre l’analyse d’un aussi fin politicien que vous …

La meilleure façon d’avoir des réponses était encore de poser la question, aussi directe fusse-t-elle. Du moins était-ce une tactique qu’Arvaël avait toujours appliquée avec succès, surtout lorsque, en bon courtisan zélé, il enrobait ladite question sous une belle couche de compliment. Quoique cette fois il soit resté relativement sobre par rapport à ses habituelles flatteries. Le seigneur Thalion n’était certes pas le genre d’individu à prendre pour un imbécile, contrairement à beaucoup d’autres.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/t764-presentation-d-arvael-al-nyr
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Dim 25 Avr 2010 - 17:36



Rhaer Thalion

Ce fut avec fougue et indignation que le jeune homme prit la défense de la Reine des Amazones. Il n'y avait aucune raison de l'en blâmer, car il avait certainement raison à ce sujet. Restait à savoir si les humains étaient prêts à accepter cette version, celle de l'innocence de la Reine. Idril Calafas devrait à l'avenir faire plus attention à ses fréquentations. Visiblement, un bon nombre de ses proches devaient tramer des choses peu louables dans son dos. C'était une faute grave de sa part : un monarque devait savoir en tout temps et en tous lieux ce que ses collaborateurs tramaient, même si elle accordait à ces gens-là une confiance aveugle.

Rhaer approuvait ses propos, ce n'était pas forcément le cas de tous les humains qui se retournèrent vers eux. Les discussions s'étaient tues, tandis que des regards mauvais, qui étaient adressés au jeune Arvaël, caractérisaient l'incompréhension ou bien la colère d'un peuple qui ne voyait qu'au travers de son Monarque. La Reine Amazone n'était pas portée dans le cœur de chacun ici, l'allégeance à Ardiosis dépassait souvent la raison.


«Si vous ne voulez pas finir comme le Général, je ne peux que vous conseiller de baisser le ton...»

Le jeune homme n'avait pas vraiment besoin de ce conseil moqueur, calmant les curieux d'un simple regard. Néanmoins, le ministre ne doutait pas qu'une oreille ou deux risquaient de vouloir s'approprier une partie de cette discussion tellement empreinte de sympathie envers les ennemis de ce Royaume.

Rhaer se contenta de hausser les épaules lorsque son interlocuteur essaya de lui soutirer un nom ou deux. L'ancien Chef des armées n'avait rien à ajouter. En s'insurgeant de telle manière en prenant la défense de la Reine des Amazones, il avait résumé, sans son aide, la pensée de la majorité des humains, trouvé le nom qui venait inévitablement à l'esprit. Il s'agissait de celui d'Idril Calafas bien évidemment.


«Je n'en sais pas plus que vous sur ce point n'étant arrivé que quelques minutes avant votre venue.  »

Rhaer ne connaissait pas sur le bout des doigts les noms des Amazones qui servaient la reine et qui étaient capables d'agir dans son dos. Il mènera, peut-être, sa petite enquête si le cœur lui en dit, mais pour le moment il n'en voyait pas l'utilité... Le procès était terminé, à Ardiosis de jouer ...

Une chose était certaine, par contre, comme venait de le souligner le petit malin : Rhaer n'allait pas se faire des amis supplémentaires dans cette affaire. Qu'importe, qu'ils aillent tous au diable, Rhaer n'avait pas besoin d'amis. Le ministre avait déjà assez à faire avec sa douce Reine et son Monarque aveugle. Leurs intérêts étaient la seule chose qui l'importait. Quant à lui, sa joie de vivre et son envie même d'exister étaient mortes le jour où sa tendre Ermela avait abandonné son époux. Non... Elle ne l'avait pas abandonné et penser cela lui brisa le cœur. Elle n'avait pas fait le choix de mourir, on lui avait pris sa vie de force, on avait arrachée de ce corps tellement doux et bienveillant la vie. Elle avait quitté ce triste monde qui devenait de plus en plus terne jour après jours sans le vouloir. Ermela...

Chassant, à contrecœur, le doux visage de son épouse, il ravala sa tristesse, n'écoutant que d'une oreille la question du jeune humain, mais comprenant bien où il voulait en venir. Rhaer était peut-être borgne et boiteux, mais son ouïe, au moins, fonctionnait encore normalement. Il n'était pas encore assez vieux pour que celle-ci commence à lui faire défaut. La pause qu'il marqua entre la fin de la question et sa réponse était donc plus due à son inattention qu'autre chose...

« Mon analyse... Hum... »

Jetant un coup d'œil aux jeunes et aux moins jeunes gens qui les entouraient, le ministre des finances invita le noble à s'éloigner un peu de ce cercle de curieux qui ne voulait perdre aucune miette de la conversation. D'autant plus que si le petit recommençait à brailler comme il venait de le faire, Rhaer aussi risquait à avoir des problèmes !

Seulement, le ministre n'avait pas vraiment d'analyse à faire. Il venait déjà d'épuiser son avis sur la question. Trucage, trou dans les comptes du Royaume, point final. Que voulait-il donc entendre de plus ?

« Honnêtement... Que le procès soit équitable ou non n'a pas d'importance. Ce qui compte véritablement c'est ce que le peuple croit. L'image des Amazones ne va pas s'améliorer avec cette histoire et la haine à leur égard risque d'être de plus en plus importante. Un argument de plus pour notre Royaume dans cette guerre qui va bientôt nous opposer à eux et au reste du monde... Je le crains. »

La guerre paraissait de plus en plus inévitable et Rhaer ne pouvait s'empêcher de croire qu'elle était l'objectif d'Ardiosis depuis le début, depuis la disparition de l'ordre des sept compagnons. Il espérait se tromper, mais malheureusement, même si son monarque revenait sur ses positions, le ministre était bien conscient qu'ombres et amazones n'étaient pas près à lui pardonner ses méfaits. La guerre semblait inévitable et cela même si les humains décidaient d'y renoncer.


Dernière édition par Rhaer Thalion le Mar 11 Mai 2010 - 15:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Arvaël Al'Nyr
Gwendirien
avatar


Nombre de messages : 146
Date d'inscription : 12/06/2009

MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Ven 7 Mai 2010 - 15:21

Le brouhaha qui émanait du Palais de Justice dont les portes étaient restées entrouvertes paraissait ne jamais devoir en finir. Il semblait même au contraire à Arvaël qu’il ne faisait que s’amplifier. La marmite était sur le point de déborder, et si quelqu’un n’agissait pas rapidement, la moindre étincelle provoquerait un drame. Or, un pugilat comme clôture de cette affaire interviendrait bien mal à propos en ces temps de trouble et de tensions diplomatiques.

Bien que pensant s’être bien fait comprendre, le courtisan ne put que soupirer en captant des murmures ou de discrets mouvements de rapprochement de la part des témoins de sa malheureuse prise de position. Ils étaient tous pareils, des vautours prêts à s’emparer de la moindre miette à leur profit. Ils le dégoûtaient.

Affichant une moue contrariée, Arvaël reporta son attention sur le ministre qui répondit à sa première question par un simple haussement d’épaules. Tant pis, le jeune homme aurait au moins essayé, mais déjà il dressait mentalement une liste d’individus particulièrement au fait des derniers bruits de couloirs et avec qui il irait sans doute discuter de toute cette affaire, déterminé à récolter le maximum d’informations.

Le regard de Rhaer Thalion se perdit ensuite dans le vague à la petite raillerie du jeune noble. Manifestement, ses pensées avaient pris un tour plus personnel, et Arvaël se garda bien de l’interrompre, tripotant dans un geste machinal l’une des coûteuses bagues qui ornaient ses mains, tout en ruminant de son côté de sombres projets vis-à-vis de quelques têtes reconnues parmi les indiscrets qui les entouraient. Et ce brouhaha qui n’en finissait pas ! Cela en devenait vraiment énervant et ne contribuait en rien à calmer les passions.

A sa dernière question, son interlocuteur eut un moment d’absence, puis le prit à l’écart, afin de sortir un peu du cercle des oreilles qui traînaient alentours. Arvaël le suivit tout en balayant les groupes importuns d'un nouveau regard courroucé, afin de s’assurer que les esprits un peu plus lents aient bien capté le message. Peine perdue de toute évidence mais qu’importe, cela le soulageait d'exprimer ainsi sa propre colère.

Il écouta ensuite la réponse du ministre avec la plus grande attention. Ce dernier avait raison, le procès s’inscrivait dans un contexte global qu’il convenait de ne pas oublier dans l’analyse de la situation.

Mais avant que le jeune homme n’ait eu le temps de répondre, un grand BANG suivi d’un chapelet d’insultes énoncées par une forte voix de baryton vint troubler la paix (toute relative) qui régnait sur le parvis du Palais de Justice. Impossible de distinguer vraiment des propos cohérents dans tout ce raffut, mais les craintes d’Arvaël se concrétisaient. Deux hommes s’empoignaient sans ménagement devant les portes grandes ouvertes, se donnant en spectacle devant une foule surexcitée qui encourageait l’une ou l’autre des brutes.

Se tournant vers le ministre, le courtisan répondit avec un petit sourire ironique :

- Ma foi, voilà qui vient à point nommé illustrer votre analyse, ne trouvez-vous pas ?

Reportant son regard sur les deux rustres, qu’il ne distinguait qu’à peine par delà une rangée de dos dont les propriétaires s’égosillaient à qui mieux mieux, le jeune homme se perdit dans des réflexions moroses, articulées autour de cette perspective funeste que venait de rappeler le seigneur Thalion.

D’une voix atone, il reprit la parole :

- Je crains comme vous que ce procès ne serve de catalyseur à toutes ces haines sous jacentes. Quant à la guerre … (Arvaël fit un geste de la main pour désigner la pitoyable scène qui s’offrait à leurs yeux). Un tel spectacle la rend plus proche de nous que n’importe quel discours. Que ne donnerais-je pour connaître les intentions de notre Seigneur à ce sujet !

Comment avons-nous pu en arriver là ?


Sans même y penser, il avait exprimé à haute voix après une petite pause cette question lancinante, qui le taraudait depuis plusieurs semaines, et d’autant plus depuis son retour des terres amazones. Dans cette simple question, se trouvaient tous ses doutes, toutes ses incertitudes, toute sa rancune aussi envers un seigneur à qui il restait loyal mais dont il ne pouvait plus cautionner les agissements.

[désolée, ce n'est pas très bon ... j'essaierai de faire mieux la prochaine fois!]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/t764-presentation-d-arvael-al-nyr
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   Mar 11 Mai 2010 - 15:56



Rhaer Thalion
.

Décidément, le retour au calme n'était pas à l'ordre du jour. Pire encore, des hommes étaient maintenant en train d'en venir aux mains, s'injuriant d'une manière insupportable. Les supporters des deux camps étaient également de la partie. Il ne manquait plus qu'un rapace prenant des paris pour s'en mettre plein les poches et le tableau serait complet...

Rhaer ne put s'empêcher d'émettre un petit gloussement lorsque les deux indisciplinés continuèrent leur combat au sol, après la chute de l'un d'entre eux. Deux bêtes sauvages... Voilà ce qu'ils étaient. Le ministre ne s'attarda pas trop sur cette scène, préférant regarder ailleurs que chercher à savoir si les deux hommes étaient des humains. Peu importe, des imbéciles, il y en avait partout, chez les humains mais également chez les autres peuples.


"Ma foi, voilà qui vient à point nommé illustrer votre analyse, ne trouvez-vous pas ?"

Oui... Le noble venait de marquer un bon point. L'idéalisme naïf, qui avait marqué sa jeunesse, lui avait fait croire que les guerres étaient le fruit des souverains, des égos incommensurables dont ils étaient pourvus et que les soldats ne faisaient qu'obéir, se sacrifier, pour les couleurs qu'ils défendaient. Combien d'hommes étaient morts sur le champ de bataille par la faute de l'ancien Chef des armées ? Par sa faute à lui ? Il ne préférait pas y penser. Seulement, son expérience du champ de bataille, de la guerre et aujourd'hui, de cette simple bagarre, lui montrait que les hommes aimaient s'entretuer, blesser, tuer et cela, peu importe la race ou l'origine sociale. Lui même avait éprouvé ce plaisir, il avait senti cette montée d'adrénaline en pleine action, au moment où l'on touche l'adversaire, au moment où on lui ôte la vie... Il ne valait pas mieux qu'eux en fin de compte, même si aujourd'hui, il avait assez de recul pour voir et comprendre la folie des hommes. Il avait également payé lourdement le prix de toutes ces guerres... Même s'il était toujours vivant.

Ce procès était bien comme un catalyseur... Le jeune Al'Nyr venait de résumer sa pensée de manière beaucoup plus clair qu'il ne l'avait fait. Quant aux intentions du seigneur... Lui seul savait où il désirait aller... Serrant les dents, le ministre ne pouvait s'empêcher de croire que cette situation était en partie de sa faute. Si seulement il n'avait pas disparu de la circulation, Ardiosis se serait peut-être confié à lui avant de faire n'importe quoi. Il était bien naïf de croire une telle chose, mais Rhaer était un homme qui avait du mal à vivre l'esprit serein.

« Gardons confiance en Ardiosis voulez-vous ? Je suis persuadé qu'il sait où nous allons... »

Ils n'avaient pas le choix après tout.

« Les Dieux ont voulu que les choses se déroulent de cette manière, il n'y a donc rien à comprendre, il faut juste accepter et faire confiance.»

Cette raison devait certainement être en partie juste. Les dieux veillaient toujours sur eux et cela le réconforta un instant, même si l'injustice était toujours présente dans ce triste monde...

L'ancien Chef des armées salua alors d'un signe de tête le jeune Al'Nyr, signe de son départ imminent. L'environnement était vraiment devenu hostile et regarder les hommes se battre comme des bêtes n'étaient plus un de ses passe-temps favoris, d'autant plus qu'il avait d'autres chats à fouetter...


« Veuillez m'excuser, mais je dois y aller, les affaires du royaume m'attendent... Soyez prudent et mesurez vos paroles, il serait fâcheux qu'il vous arrive quelque chose et que ma douce Reine soit triste à cause de vous...»

S'éloignant doucement, il jeta, quand même, un dernier coup d'œil aux deux furies qui étaient finalement séparées, sans que le sang ne coule abondamment.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Procès du Général Graybach *   

Revenir en haut Aller en bas
 

Procès du Général Graybach *

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Argentine: ouverture d'un nouveau procès pour crimes de guerre lors de la dicta
» Ouverture du procès de Jacob Zuma en Afrique du Sud
» [déroulement des procès]
» [procès] La Rochelle - Billlogan - arnaque
» Saintes : Marcella (procès RP)
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Prophétie Nordique  :: Chapitre 7-