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 Rencontre Fortuite [PV Elianä *]

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MessageSujet: Rencontre Fortuite [PV Elianä *]   Mer 24 Mar 2010 - 12:45

Sixième jour,
Quatorzième semaine
Fin d'après-midi

Le chagrin enserrait le cœur de ceux qui peuplaient le continent. L’entourage du monarque des Ombres n’était pas épargné par la douleur et la désolation qui s’étaient répandues sur tout le Gwendir, tel un poison puissant se propageant dans les veines d’un condamné. La Mort elle-même avait décidé de se mêler aux festivités menées par la Terreur, emportant dans sa traînée des dizaines d’innocents. Plusieurs illustres personnes, mais aussi tant d’inconnus qui auraient mérité d’être sur le devant de la scène. Ces homes et ces femmes qui travaillaient pour la prospérité de leur patrie, morts dévorés par les flammes du Grand Incendie. Tel était déjà le nom de la terrible catastrophe qui avait amputé le royaume des Ombres d’une partie de ses meilleurs forgerons, d’une partie de ses enfants. Les larmes avaient coulé, même sur les joues du souverain, dévasté par les innombrables tragédies qui secouaient la Terre d’Odin. Et son cœur trop fragile s’était serré davantage dans sa poitrine quand on lui avait annoncé la faiblesse de son amie, de sa confidente. De la seule personne qui faisait encore battre son cœur au rythme de la tendresse, de l’amour. Il ne pouvait se rendre à son chevet car il avait promis d’être présent pour accompagner la Reine des Elfes dans la douleur de la perte de son unique enfant, le prince Haziel. Le jeune homme était tiraillé entre son devoir, sa raison et ses penchants naturels. Il voulait revoir le sourire de son âme-sœur, comme celui qu’elle lui avait offert lorsqu’il lui avait fait la surprise de la visiter, en ce début de semaine. Aurait-il pu présager qu’elle tomberait malade, quelques jours seulement après son départ ? Il devait prier. Rendre grâce à Snotra pour qu’elle lui donne la force d’accepter les choses qu’il ne pouvait changer, le courage d’endurer la tristesse et la peine des âmes meurtries qu’il se devait de consoler. Les cernes avaient pris possession de son visage dont les traits désormais tirés le vieillissaient de quelques années supplémentaires. Le manque de son oncle, son père de cœur, le rongeait fiévreusement dans ces instants de solitude. Qu’aurait fait le bon Roi Edin à sa place ?

Ses narines s’étaient à présent accoutumées à l’odeur d’encens qui régnait dans l’édifice religieux. Ses yeux étaient clos, son visage penché vers ses mains jointes et ramenées devant son buste. Le monarque priait leur déesse mère avec concentration et dévotion, la suppliant de venir en aide à ceux qui étaient dans le besoin. Son peuple avant tout, qui l’aimait et la chérissait, qui croyait en sa bonté et sa bienveillance. Son amie ensuite, celle qui n’était encore qu’une jeune fille, devenue orpheline. Ses alliés à présent, qui étaient face à la douleur et au chagrin provoqués par la perte d’un des leurs. Ses compatriotes, les Druides qui venaient de perdre une nouvelle fois leur monarque dans des conditions redoutables. Son ennemi enfin, Ardiosis Bennefoy qui avait perdu le chemin de la lumière. Lorsque ses yeux se rouvrirent lentement, il se sentait quelque peu apaisé, heureux d’avoir confié ses tourments à la Mère des Ombres. Il se leva en silence et regagna l’allée centrale de la chapelle. Son esprit encore ailleurs ne l’autorisa pas à voir la jeune femme qui venait d’entrer au sein de l’édifice, et qu’il aurait reconnu sans hésitation. Ses pas le menèrent jusqu’à elle, sans qu’il ne la remarque cependant. Il semblait perdu, son regard, troublé par quelque chose que seules ses prunelles d’ambre parvenaient à distinguer dans un brouillard de confusion. Il paraissait accablé.
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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Re: Rencontre Fortuite [PV Elianä *]   Mer 24 Mar 2010 - 21:53

La semaine avait pourtant si bien commencé... La routine avait repris ses droits et hormis les moments qu'elle passait avec sa sœur ainée pour combler ses carences dans toutes les matières possibles et inimaginables, Elianä avait repris sa place à la Cour ainsi que ses cavalcades sous bonne escorte. Et ce retour à la normale aurait pu continuer ainsi indéfiniment sans que la jeune fille ne s'en lasse. Mais les Dieux en avaient voulu autrement et Ils leur avaient envoyé une bien douloureuse épreuve à surmonter.

Personne n'était sans savoir l'importance des Forges pour le peuple des Ombres. Cette institution était à jamais liée à leur peuple et sa renommée dépassait de loin les frontières du royaume. L'on venait de partout dans la Monde pour obtenir des objets créent par les talentueux forgerons. Et voila qu'il n'y avait plus rien, tout était partit en fumée. Tout. Matières, outils, talents, hommes et femmes, accablant les épaules de tous ceux qui avaient eu vent de cette tragique incendie. Et qui ne l'était pas, à l'heure actuelle ? Le peuple Ombre pleurait la perte de ses frères et de ses sœurs, sans comprendre les raisons de cet abandon des Dieux.

Toute de noir vêtue faisant ressortir la pâleur de sa peau, Elianä avait assisté à l'oraison funèbre organisée pour la paix des âmes des défunts. La voix de la Grande Prêtresse avait bercé la plus jeune des filles Aziel'Da, atténuant un temps la douleur latente que ressentait celle-ci. Mais quand la voix se tut, l'horreur de l'événement meurtrit avec plus de force encore le coeur de la noble. Qui ? Pourquoi ? Comment avai(en)t-il(s) pu ? Toute à ses questions, Elianä serra le mouchoir qu'elle tenait dans sa main un peu plus fort et ne supportant plus cela, sortit précipitamment du Temple.

Sur le parvis, Elianä se concentra à inspirer et expirer profondément, pour refouler les larmes qui lui montaient aux yeux. Cette tragédie était un douloureux rappel des événements passés, de tous les sentiments qu'elle avait ressentit à un moment ou un autre, qui venaient de s'accroître de manière exponentielle. La fatalité s'accrochait à ses pas comme une moule à son rocher. Elle n'était pas la principale victime, loin s'en faut, mais s'en prendre aux siens, ses compatriotes, c'était un peu comme s'en prendre à elle, la toucher au plus profond de ses chairs et de son esprit. Les responsables devraient payer de leur vie la mort de ses gens et au tréfonds, une partie d'elle s'étonna de ses pulsions meurtrières.

On ne s'en prenait pas à eux impunément !

Prenant une dernière grande inspiration, Elianä fit demi-tour pour rentrer à l'intérieur du Temple. Pour le moment, il n'y avait que le calme apaisant des lieux qui pourrait calmer son tumulte intérieur. Elle ne sentait ni la force ni l'envie de rentrer chez elle, à s'enfermer dans ses sombres pensées. Le regard porté droit devant elle, vers l'imposante statue représentant le divine Snotra, les questions virevoltaient dans sa tête. Pas assez cependant pour que son attention ne capte pas la présence qui venait dans sa direction.

Son coeur rata une mesure et sans s'en rendre compte, la respiration de la jeune fille se fit plus difficile. Un autre regard vers la représentation de leur Mère pour lui demander si c'était là sa manière de se jouer d'elle, et Elianä reporta son regard vers la silhouette du souverain. Ses traits tirés valaient bien tous les discours et une sourde inquiétude enserra la noble. Divine Snotra, elle avait la folle envie de s'élancer vers lui pour le consoler et effacer le chagrin qui le tiraillait et le marquait physiquement. Mais ce n'était pas une attitude convenable en ces lieux, ni son rôle, ni même son droit. Elle ne pouvait faire cela, pour tant d'autres raisons aussi...!

Non, elle ne pouvait rien, mais le cœur a ses raisons que la raison ne connait pas, et quand Morzan arriva à sa hauteur, la jeune noble effleura son souverain pour manifester de sa présence.

- Morzan..., murmura-t-elle en se reprenant aussi vite.

Elle se mordit les lèvres de l'avoir appelé par son prénom, attitude inconvenante quand elle se trouvait en face de son roi et non pas d'un homme quelconque.

- Majesté, se reprit-elle alors en s'inclinant face à lui. Sachez que... Je voulais vous dire... je partage vos sentiments en ce funeste jour et j'espère du plus profond de mon cœur que les coupables seront trouvés et châtiés pour la paix des défunts, des familles et de tous ceux qui les pleurent ce jour et ceux à venir.

Paroles ô combien vides et creuses ! Mais toute sa raison était entièrement tournée vers le suprême effort de retenir les élans de son cœur qui la poussaient à vouloir le serrer entre ses bras, sentir sa chaleur, mêler leur peine pour mieux encore l'apaiser. Si seulement...
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MessageSujet: Re: Rencontre Fortuite [PV Elianä *]   Jeu 25 Mar 2010 - 20:44

L’esprit du monarque était accaparé par des pensées envahissantes, saisissantes. Tout son univers semblait résolu à s’effondrer, prêt à basculer vers un horizon inconnu et déroutant. La tourmente et la désolation semblaient s’attarder dans chacun de ses pas. Là où son regard doré portait, seule la douleur était perceptible. L’obscurité morose s’évertuait à draper son futur d’incertitude et il avait le sentiment d’évoluer dans un couloir sinistre, résolument dépourvu d’ouverture lumineuse pour le guider. Comme si la disparition soudaine de son oncle n’avait pas été une épreuve assez éprouvante, le destin lui imposait d’autres souffrances, d’autres peines pour ébranler sa foi et son amour propre. Et si sa piété n’en était que renforcée, le monarque doutait à présent de sa capacité à mener les siens vers des jours radieux. Il se sentait trop jeune, trop inexpérimenté pour satisfaire les attentes d’un peuple. Pour remplacer un Roi honorable. Ses pensées étaient sombres, et l’obscurité l’entourait d’une aura incertaine. Il avançait lentement, plongé dans une léthargie mentale inappropriée, contrecoup des épreuves endurées.

Ce fut un contraste flagrant qui détourna le souverain de son introspection. Une explosion de luminosité dans les ténèbres qui lui voilaient l’esprit. Ce n’était qu’un effleurement. Ce fut comme une caresse au plus profond de son âme. Il entendit une voix chuchotée son prénom, et ce fut comme une invitation inavouée à l’intimité d’une conversation. Ses prunelles se détournèrent de leurs chimères dérangeantes pour revenir à la réalité qui semblait soudain prendre une dimension plaisante, malgré l’horreur du contexte. Ces intonations étaient uniques et le monarque se surprit lui-même à en reconnaître le raffinement avec exactitude. Il n’avait échangé que peu de fois avec la jeune femme qui l’avait interpellé et il avait pourtant l’impression de connaître à la perfection le timbre de sa voix. Ses iris d’or se posèrent sur les traits qu’il avait secrètement espérés revoir d’aussi près. Elianä était devant lui, comme dans un rêve. Son cœur se serra violemment sans qu’il n’eut d’explication rationnelle pour justifier cet état de fait. Elle était sublime, parée d’attributs aussi sombres que sa chevelure. Plus belle que n’importe quelle femme. Plus belle encore que sa propre sœur, malgré la sévérité qui émanait de sa tenue. C’est ainsi que Morzan réalisa que la nature des sentiments qui l’unissait à cette jeune femme n’était pas aussi anodine qu’il l’avait cru. Elle ne lui était pas indifférente, comme l’étaient toutes les autres femmes de sa Cour.

Ses lèvres pâles dessinèrent un timide sourire. La bienveillance et la sympathie qui émanait de sa personne en d’autres circonstances n’étaient plus aussi transcendantes. Son sourire n’évoquait que la lassitude et l’harassement. Malgré le bonheur de revoir la cadette des Aziel’Da, il se sentait trop épuisé pour qu’il en fût autrement. La demoiselle lui témoigna son soutien avec une dévotion qui attendrit le souverain. Son sourire retrouva un peu de sa sincérité d’antan, mais la fatigue restait maîtresse de ses traits. Il porta la main sur son cœur et inclina légèrement la tête.

« Votre réconfort me va droit au cœur. »

Que dire de plus ? Sa seule présence semblait suffire à apaiser ses maux, mais elle prendrait peut être son silence comme une volonté d’être seul. Or, la dernière chose qu’il souhaitait à présent, c’était qu’elle se détourne de lui pour rejoindre ses occupations. Il tendit une main vers elle et lui demanda à voix basse pour ne pas déranger ceux qui étaient venus prier :

« M’accompagnerez-vous pour une balade dans les jardins du Temple ? L’air frais me ferait grand bien, mais plus encore, votre compagnie m’honorerait. Et m’apaiserait sûrement. »
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MessageSujet: Re: Rencontre Fortuite [PV Elianä *]   Mar 30 Mar 2010 - 20:07

Elianä crut, pendant un court instant, que Morzan allait passer à côté d'elle sans même remarquer sa présence. Il paraissait tellement plongé dans ses pensées -qui ne devaient pas être plus joyeuses que celles qui tourmentait la jeune fille, d'un autre registre surement- que cela n'aurait en rien étonné la noble. Quoi qu'elle se serait sentie abandonnée et mortifiée de cet oubli involontaire. Mais il n'en était rien et pendant un laps de temps, Elianä retrouva l'homme qu'elle avait rencontré vraiment pour la première fois dans ce lieu même. Le Temple, la bibliothèque du Temple plus précisément, ce qui n'était en soit pas une étrange nouvelle quand on connaissait son goût très prononcé pour ce domaine d'apprentissage.

Morzan lui souriait et sans se contrôler réellement, l'Ombre lui sourit en retour. Son cœur tapait à coups redoublés dans sa poitrine, sans rien laisser paraître à l'extérieur. Un enseignement durement appris en vivant depuis des années à une Cour royale. Elle gardait bouche close, le temps de reprendre ses esprits. Elle finit par baisser les yeux et à secouer la tête de dénégation, tandis que son sourire se voilait imperceptiblement.

- Ce n'est que si peu de choses en comparaison de la perte de nos concitoyens...

Juste des mots, de simples mots, qui ne combleraient jamais le vide laissait béant. Mais dans des situations comme celle-ci, comment devait-on se comporter ? Ne rien dire signifiait pour certains que l'on ne ressentait rien, tandis qu'au contraire, trop en dire pouvait paraître déplacé dans certains cas. Si l'on rajoutait dans cet imbroglio infernal la présence d'un tiers qui vous mettez sans explication en émoi, et l'on se retrouvait avec un grave problème. Que n'existait-il pas de livre pour expliquer clairement comment se comporter face à un homme devant lequel l'on perdait tous ses moyens habituellement !...

Le silence ne s'éternisa pas plus longtemps, au grand soulagement de la jeune fille. La crainte de voir s'écourter cette rencontre imprévue s'envola à tire d'ailes, pour ne plus couvrir de nuages menaçants son horizon. Elianä se trouva déplacée, mais elle ne put s'empêcher d'en éprouver une joie indescriptible. Par Snotra, des Ombres étaient morts et elle ne se trouvait pas capable de calmer ses sentiments pour une simple invitation à une sortie dans un jardin et aux compliments qui lui étaient fait ! Elle se trouva pire encore que les filles de bonne famille qui papillonnaient des yeux et s'auto-congratuler à n'en plus finir dès qu'un homme les couvrait de ses attentions, aussi distantes soient-elles.

Prenant une inspiration tremblante, Elianä posa sa main dans celle qui lui était tendue, la serrant un peu plus fort qu'il ne l'aurait fallu dans d'autres circonstances. Cherchait-elle à se convaincre de ce qu'elle faisait ? Qu'après avoir été aussi froide que la neige au sommet d'une montagne, elle puisse brûler d'un feu intérieur à simplement toucher celui envers qui elle s'était si mal comportée ? Il était décidément difficile de comprendre la complexité du genre humain.

- J'en serais ravie, majesté, accepta-t-elle d'une toute petite voix, pour ne pas troubler la quiétude des lieux s'obligea-t-elle à croire.

La fraicheur vivifiante de l'extérieur tira un frisson à la cadette, qui serra un peu plus les pans de la cape qui lui couvrait partiellement les épaules auparavant. Chacune de ses expirations formaient un nuage de vapeur qui finissait par disparaître dans le froid hivernal et elle s'amusa plusieurs fois à former de ses nuages, avant d'avoir le courage de tourner la tête vers celui qui l'accompagner et qui avait été témoin de ce relâchement dans l'attitude généralement noble de la jeune fille.

- Chaque saison a sa beauté, mais l'hiver est de loin celle que je préfère. Elle est une parfaite excuse pour rester au coin du feu et se laisser emporter par l'imagination de nos auteurs, tout en se nourrissant de gâteaux encore chaud et de lait chaud, dit-elle finalement, un nouveau sourire, espiègle cette fois, aux coins des lèvres, cherchant à tirer de son souverain la certitude que la peine pourrait très prochainement être oubliée, ou au moins reléguer dans un coin des esprits.
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MessageSujet: Re: Rencontre Fortuite [PV Elianä *]   Sam 3 Avr 2010 - 11:59

Comme il l’avait espéré, l’air frais du dehors vivifia les sens engourdis du monarque, si bien que ses idées lui semblèrent nettement plus claires. A son bras se tenait une jeune fille à laquelle il s’était attaché inconsciemment et qu’il avait espéré revoir dans des circonstances moins houleuses que celles de leur dernière entrevue. Il l’avait blessée, involontairement certes, mais blessée quand même, usant de son autorité pour la soumettre à sa volonté. Elle ne voulait pas rentrer, il l’avait contrainte. Etait-ce la raison de la distance qu’elle avait imposée entre eux ? Le jeune homme n’avait pas pu s’entretenir avec elle depuis, et il craignait qu’elle lui en voulût encore. Seul le bruit provoqué par leur démarche silencieuse vint accompagner les sonorités de la nature environnante. Le froid s’immisçait insidieusement en dessous des vêtements du souverain, mais ce n’était pas désagréable pour autant. La chaleur émanant de celle qui l’accompagnait suffisait à réchauffer son cœur. Il était agréable de constater que la jeune femme n’était pas de celles qui se complaisaient dans la lamentation et la douleur et Morzan lui fût reconnaissant lorsqu’elle reprit la parole, d’une voix chantante pour chasser les futilités d’une conversation autour de la tragédie qui venait de se produire. La candeur dégagée par cette enfant de Snotra ne laissait pas indifférent le monarque dont les lèvres s’étirèrent cette fois-ci en un sourire chaleureux. Il était conscient du changement de comportement de sa compagne et il lui en était gré. Les visages tendus, accablés et éprouvés avaient été son fardeau depuis l’incendie et être aux côtés d’une jeune fille souriante le réconfortait quelque peu.

« Je dois avouer que je partage votre avis, même si la douceur des jours de printemps ne sont pas sans parfaire une balade à cheval. »

La mélancolie reprit rapidement sa place dans le sourire du monarque. L’hiver de cette année s’était montré bien cruel pour bon nombre de personnes, emportant avec lui les êtres chers. Morzan avait perdu un oncle, plus encore, un père, au cours de cette saison. Il avait vécu la disparition de la mère de sa meilleure amie, une femme qu’il appréciait grandement. Il avait vu le continent se déchirer petit à petit, les gens se diviser lentement et la mort emporter ses concitoyens. L’hiver avait soldé la fin d’une époque paisible et marqué le début d’une ère de conflit, de tourmente et de terreur. Combien d’hiver comme celui-ci faudrait-il supporter avant de connaître à nouveau la paix ? Conscient qu’il ne se montrait pas sous son meilleur jour, il entreprit de mettre un terme au silence qui le séparait à nouveau de la jeune femme.

« Pardonnez mon manque d’éloquence. Je suis de piètre compagnie pour une jeune et jolie demoiselle de la Cour. »

Il émit un petit rire discret. Elianä devait s’ennuyer aux côtés d’un homme comme lui, peu bavard et peu démonstratif. Il avait toujours su que son caractère effacé était un poids dans un monde fait d’apparences et de bavardages. Il espérait néanmoins ne pas être un fardeau pour celle qui l’accompagnait. Il s’arrêta soudainement et lui fit face, la dominant de par sa taille. Son regard doré s’attarda sur les traits angéliques de sa compagne, avant qu’il ne daigne s’expliquer.

« J’ai longtemps cru que ma présence vous importunait, après l’échec de notre dernière conversation. Je nourris l’espoir que ce n’est pas le cas, puisque vous êtes aujourd’hui à mes côtés. Je suis enchanté de pouvoir passer un peu de temps avec vous, douce Elianä. Mais en est-il de même pour vous ? Je ne souhaite nullement vous contraindre à souffrir de ma présence et je… »

Baissant les yeux, il laissa sa phrase en suspend. Il n’avait pas l’habitude de confier ainsi ses sentiments et ressentis, mais les mots venaient naturellement lorsqu’il bavardait avec la jeune femme. Nerveux, il craignait qu’elle ne confirme ses doutes. Acceptait-elle de se promener avec lui uniquement parce que l’étiquette voulait qu’on n’offense pas un souverain ? Il avait peur de ce qu’elle pouvait répondre, et c’était une étrangeté en soi. Certes, Morzan n’était pas du genre insensible, au contraire, mais jamais il n’avait attaché autant d’importance au jugement d’une personne, excepté sa confidente amazone. A dire vrai, qu’est-ce que cela pouvait bien faire qu’elle n’aime pas sa compagnie ? On ne pouvait pas plaire à tout le monde. Pourtant, le jeune homme brûlait de cet unique désir : plaire à la jeune femme…
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MessageSujet: Re: Rencontre Fortuite [PV Elianä *]   Lun 5 Avr 2010 - 23:35

La liste commençait lentement à devenir de plus en plus conséquente et Elianä ne savait pas si elle devait s'en réjouir ou si, au contraire, elle devait y voir un mauvais présage. L'adage voulait que les contraires s'attirent, or, pour le moment, ce n'était que son égal qui l'attirait, tel un papillon attiré par une flamme. Un caractère lunatique, une envie féroce de se tenir éloigner de la vie mondaine, même si on ne le pouvait pas, la lecture, l'équitation... Quels autres point commun allait-elle encore se découvrir avec Morzan ? Non, vraiment, il n'y avait rien de réjouissant là dedans. Le danger de cette situation, tout ce que cela pourrait apporter de désastreux se fit jour dans l'esprit de la jeune fille, avec une netteté effrayante. Beaucoup trop portée sur les mondes imaginaires et les récits épiques, Elianä était bien de celle qui se laissait porter par les sentiments plutôt que les démonstrations mathématiques... qui lui prouvaient pourtant cette fois qu'elle serait bien plus intelligente de clôturer ici cet entretien.

S'éloigner du danger, tourner les talons pour lui ôter toute chance de provoquer un malheur... Oui, c'est ce qu'elle aurait dû faire, à n'en pas douter, mais pourtant, elle ne s'entendit pas du tout prononcer un salut courtois, une excuse pour expliquer son départ précipité. Elianä aurait dû focaliser ses pensées sur sa sœur, cela aurait été une bonne idée. Une excellente idée même. Elönia voulait devenir Reine ! Et de toute sa vie, la cadette n'avait voulu plus que maintenant que sa sœur ait ce qu'elle désirait. Et tandis que se formait cette pensée (qui lui traversa l'esprit trop vite pour qu'elle puisse s'en saisir et l'appliquer, au final), Elianä n'eut aucunement le temps de se rendre compte que son ainée avait toujours obtenu ce qu'elle voulait, plus qu'elle-même surement et sans son aide. Partir ou rester, est-ce que cela changerait quelque chose à l'inéluctable au final ?

Non. Et ce fut cette constatation limpide qui dicta ses paroles :

- La galop, les premiers rayons du soleil printanier et le vent pour seuls compagnons... J'ai grand hâte d'y être, je crois, s'exclama-t-elle avec un petit rire.

Sa voix s'était faite rêveuse, tandis qu'elle pensait d'avance aux journées qu'elle allait passer loin de la capitale, comme tous les ans, au retour des belles saisons. S'exiler des intrigues et de tout le reste, ne plus penser qu'au plaisir de quelques jours paisibles. Une chose bien rare en ces temps troubles, mais Elianä préférait ne pas y penser. Ressasser n'arrangerait pas les choses, loin de là. Mieux valait penser aux bienfaits futurs qu'aux malheurs passés.

Le silence ne la gênait en rien, mais il semblait gêner son roi. Elianä resta interdite un moment, sans rien dire, son attitude criant le choc qu'elle eut en entendant Morzan. Et sans que rien ne prévienne de sa réaction, la noble éclata de rire, un rire clair et joyeux, sans une once de moquerie. De l'autre côté, une partie d'elle, bien enfouie, se réjouissait de ce manque de discernement. Il ne l'avait pas tant que cela perçu à jour, il y avait peut-être une chance, un infime chance pour que...

- Excusez mon comportement, s'expliqua-t-elle finalement, son rire se calmant peu à peu. Ses joues avaient rosi sous l'effet de cette subite gaieté, je ne me moque pas de vous. Je suis simplement désappointée que ma mère ne se trouve pas ici pour vous entendre elle aussi. Elle serait ravie et rassurée, aucun homme ne m'avait fait un tel compliment ! Enfin...

Quand elle prit conscience de ce qu'elle venait de dire, Elianä se mit à rougir violemment, détournant le regard vers le premier parterre qui passa à portée. Allait-il voir dans cette innocente constatation une invite à lui faire des compliments ? se demanda-t-elle, angoissée et morte de honte. Quelle idiote ! C'était bien là l'attitude d'une jeune fille dévergondée et ne s'embarrassant d'aucun scrupule pour s'attirer des éloges, non ?... Son instinct lui soufflait de s'enfuir tant qu'elle le pouvait encore, pour méditer sur son comportement inacceptable et ne plus reparaître à la forteresse avant plusieurs semaines pour expier cette faute. Elianä ne pourrait jamais plus regarder Morzan dans les yeux après cela et intérieurement, la jeune fille gémit, tandis qu'une douleur lancinante dans la poitrine se mettait à la tirailler.

Mais aucune force supérieure n'eut le temps de se mettre en œuvre pour arriver à cette conclusion souhaitable. Ce fut comme si on lui versait un baquet d'eau gelée sur la tête. Elianä frémit et ses yeux s'agrandirent sous l'effet du choc. Elle n'était nullement douée dès qu'il s'agissait des mots, en dehors de l'écriture, et plutôt que de s'attacher au sens premier de ceux-ci, l'esprit enfiévré de la jeune fille s'emballa pour avancer des hypothèses qui, aucune, n'était à son avantage. Était-ce une façon polie et détournée de la congédier ? Lui demander à elle si sa présence la gênait pour la poussait à l'affirmer et ainsi se débarrasser d'elle ? Son incartade d'il y a quelques instants était-elle la cause de ce revirement ? Surement et Elianä allait doublement se maudire.

Elle ne retint, sans enjoliver les choses, qu'un seul passage : l'échec de leur précédente conversation. Elle y était. Elianä baissa elle aussi les yeux, se mettant à jouant avec un pan de sa cape, pour se donner une contenance. La cadette savait qu'il lui faudrait aborder ce sujet à un moment ou un autre, mais elle avait espéré le plus tard possible. Ou qu'elle oublierait d'en parler, par inadvertance. Cela pouvait bien arriver, non ? Mais elle ne fut pas la première à faire cela et elle ne pouvait pas détourner la conversation sans prendre le risque de paraître une fois de plus malpolie.

- Ne croyez pas cela ! s'exclama-t-elle soudainement, comme un cri du cœur. Je... c'est que... J'ai honte, lâcha-t-elle finalement, très vite, honte du comportement que j'ai eu à votre égard. Et en dehors du fait que ma famille ait voulu se retrouver, loin de la Cour, pendant quelques jours, je n'ai jamais eu le courage de venir... vous trouver, pour... m'excuser.

Elianä hésitait, butant sur les mots alors qu'elle aurait voulu discourir de manière claire, sûre d'elle, au lieu de paraître chétive et insignifiante. Idiote.

- Mais je comprendrais si vous vouliez que je vous laisse...

Elianä paraissait indécise. Était-ce là où il voulait en venir ? Elle s'y plierait, elle ne pouvait faire autrement, mais ce ne serait pas de gaité de cœur. Mais une autre part d'elle, différente de la précédente, s'accrochait désespérément à la possibilité qu'elle se trompait sur toute la ligne. Et cette partie de son inconscient prenait de plus en plus de place, allant même jusqu'à lui faire demander, d'une petite voix :

- Et vous...?


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MessageSujet: Re: Rencontre Fortuite [PV Elianä *]   Sam 10 Avr 2010 - 19:43

Les yeux dorés du souverain s’écarquillèrent de surprise au son du rire cristallin de la jeune femme qui venait de le prendre au dépourvu. Sans s’offusquer le moins du monde, il reformula mentalement ses propos pour y discerner ce qui avait pu susciter telle réaction mais il ne sut dire ce qui avait provoqué l’hilarité de celle qui l’accompagnait. Avant qu’elle n’en explique la raison. Morzan resta interdit quelques secondes. Cela ne pouvait être vrai. Comment une aussi charmante demoiselle ne pouvait-elle pas provoquer l’émoi dans le cœur d’un courtisan ? A cette pensée cependant, le monarque se renfrogna. Un léger sentiment de honte s’empara de lui lorsqu’il comprit que cela lui était aussi agréable qu’incommodant. Certes, il trouvait cela scandaleux que personne ne prête attention à la cadette de filles Aziel’Da, alors qu’elle était si intéressante et si délicate. Mais une petite partie de son âme fut satisfaite d’apprendre que personne ne convoitait la jeune femme. Comment pouvait-il penser à pareille chose en pareil moment ? Si bien que lorsque les pommettes de la jeune Elianä devinrent rouges, celles de Morzan se colorèrent elles-aussi très légèrement. Son cœur semblait vouloir que leur relation devienne moins formelle, mais son esprit lui rappelait sans cesse comment il avait malmené les émotions de la jeune femme. Il avait alors depuis l’impression qu’elle l’évitait, comme si sa présence était déplaisante. Cette pensée l’attristait en réalité et il voulait connaître le ressenti de la jeune femme. Aussi, il s’arrêta brusquement pour lui faire face et lui faire part de ses pensées. La réaction d’Elianä fut surprenante et le souverain ne s’était pas attendu à ce genre de révélations. Ecarquillant les yeux, il ne put s’empêcher de s’exprimer à son tour sur le bien-fondé des excuses que la jeune femme venait de faire. Elle n’avait rien à se reprocher et Morzan en était persuadé.

« Honte ? Mais voyons, vous n’avez rien à vous reprocher ! »

Mais les mots de la jeune femme continuaient de sortir de sa bouche, ou plutôt de son cœur. Elle semblait confesser ce qui la tourmentait et la sincérité candide qui se dégageait de ce spectacle attendrit le souverain. L’innocence de son interlocutrice était émouvante, si bien que la lourdeur de ses propos n’en fut que plus douloureuse. Morzan ne voulait pas qu’elle parte, au contraire. Comment avait-elle pu croire qu’il souhaitait son départ ? Ne pouvant contrôler son geste, le souverain attrapa les mains délicates de la jeune fille et les enserra de ses longs doigts. Il plongea son regard d’ambre dans ses prunelles et lui sourit tendrement. D’une voix douce et patiente, il répondit à son interrogation.

« Je suis navré que vous ayez mal compris le sens de mes propos. En réalité, … je souhaiterais que nous passions plus de temps ensemble. Votre compagnie m’est très appréciable, Elianä. Et votre bonne humeur m’a manqué ces derniers temps. »

Ce fût lui qui baissa les yeux cette fois-ci, tandis qu’une nuance rouge venait les colorer, signe de sa nervosité. Il n’aimait pas vraiment mettre à jour ses sentiments, cela le mettait mal à l’aise. Il n’avait cependant pas le choix. Les non-dits s’étaient accumulés, jusqu’à instaurer un malentendu entre lui et la jeune fille. Il trouvait cela si regrettable qu’il préférait miser sur l’honnêteté et la sincérité de ses émotions. Néanmoins, cela restait une tâche difficile pour lui car peu habitué à dévoiler ses pensées intimes. Il était loin d’avoir la confiance et l’assurance des courtisans de sa Cour. Il avait toujours préféré les livres à ses camarades de jeux, étant enfant. Aujourd’hui encore, même s’il avait progressé dans le domaine de l’art oratoire, il restait un novice dans l’expression de ses sentiments. Lorsqu’enfin il osa relever les yeux, il contempla le magnifique visage qui lui était permis de regarder. Un nouveau sourire vint illuminer ses traits.

« Aimeriez-vous que nous nous voyons plus souvent ? »
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MessageSujet: Re: Rencontre Fortuite [PV Elianä *]   Mar 13 Avr 2010 - 16:19

Comment se sentir bien dans sa peau et en paix avec sa conscience quand l'on s'évertuait ainsi à vous chercher des excuses ? De toutes les possibilités qui s'offraient, Elianä aurait préféré que ses tords soient reconnus et pardonnés, pour qu'elle puisse finalement passer à autre chose, que ce passage de sa vie ne soit plus qu'un mauvais souvenir qu'elle s'appliquerait à transformer en leçon, pour ne plus faire les mêmes fautes. Au lieu de cela, elle se trouvait de plus en plus peinée de prendre conscience qu'il n'en était rien. Reconnaître ses erreurs étaient un luxe que peu d'entre eux se permettaient. On ne s'abaissait pas à reconnaître des erreurs, on passait simplement outre. Elianä n'était ni fière ni heureuse d'être de celle qui mettait de côté une fierté mal placée pour avouer avec plus ou moins d'élégance qu'elle s'était trompée et que son comportement avait été loin d'être irréprochable.

La peine se changea alors subtilement en une colère froide qui lui venait d'un sursaut d'orgueil. Elle devait mener sa démarche d'expiation jusqu'à son terme et elle n'y arriverait pas tant qu'elle serait la seule à faire des efforts pour laver son honneur personnel. Elianä se sentait pour la toute première fois pleinement la fille de Kadarin et Marelie Aziel'Da, hauts nobles de la Cour Ombre, et emplie de l'arrogance des siens.

- Dois-je vous rappeler que l'audace dont j'ai fait preuve à votre égard a conduit bien des Hommes à subir pire outrage que la mort ? Je ne mérite en aucun cas votre compassion pour mes actes, mais que vous acceptiez ou non la confession des sentiments qui me tourmentent et que vous me pardonniez, si vous le pouvez. Si tel n'est pas le cas, je serais alors votre obligée et je ferais tout ce qu'il sera possible de faire pour que vous oubliez qu'un jour, j'ai été désobligeante avec votre majesté.

Et la jeune fille appuya sa profession de foi d'une révérence soumise, mais non pas dénuée de noblesse dans la raideur de son cou. Elianä n'arrivait pas encore à croire tout ce qu'elle venait de dire, qui plus est le ton avec lequel elle l'avait dit ! Elle ne s'imaginait même pas regretter une telle débauche de virulence dans ses propos car, si la colère avait teinté sa voix d'un éclat métallique, tout cela ne restait que la vérité sans fard. Il était le Roi ! Allait-il ainsi accepter toutes les marques d'irrespect pour quelque raison que ce soit ?

Elle n'avait même plus envie d'analyser les raisons qui le poussaient à agir de cette manière avec elle. La noble se laissa toucher sans opposer de farouche résistance, elle se sentait revenir sur la terre ferme tandis qu'une bouffée de chaleur tenait en respect la froideur mordante des jardins du Temple. Elianä en oublia leur sujet de conversation, qui n'avait plus aucune importance à cet instant précis. Plus aucune velléité de rébellion. Toute faculté de penser intelligemment l'avait déserté.

A cela se superposait malgré tout un reste de conscience. Ce n'était pas beaucoup de choses, mais il suffisait à lui faire tourner la tête. Il se mélangeait aux désirs qui naissaient et pressait contre ses lèvres des réponses toutes plus différentes les unes que les autres. Oui, non, peut-être, elle le voulait, ardemment, elle ne le voulait plus, désespérément. Elianä revivait en vitesse accélérée les espérances de sa sœur ainée, les obligations qu'elle se sentait envers elle, leurs parents, leur nom. Qu'elle ne pouvait pas convoiter ce que désirait Elönia, qu'elle resterait toujours la seconde dans tous les domaines qui tenaient au cœur de leurs géniteurs. Qu'elle serait toujours Elianä l'effacée qui n'était digne que des attentions distantes des hommes de passage face à elle.

Son cœur battait comme un cheval lancé au galop dans sa poitrine. Morzan se jouait d'elle, prenait plaisir à torturer son estime de soi pour détruire le peu qu'il lui restait. Une petite voix, bien seule, bien piteuse, lui hurlait pourtant d'ouvrir les yeux. Il y avait bien devant elle un homme qu'elle estimait, qui n'était pas un vieil homme de lettres qui aurait pu être son grand-père, et qui lui demandait presque l'autorisation de la courtiser. Que non, ce n'était pas un rêve éveillé et que la sincérité et la dévotion de cette dernière demande n'étaient pas des hallucinations de son esprit malade d'un tel surplus d'émotions contradictoires.

Elianä devait malgré tout donner une réponse. Oui ? Non ? Oui... Elönia...

- ... Non ! Je... je ne sais pas ! Je ne sais plus ! Pourquoi moi, alors que... qu'elle...

Qu'Elönia se languissait d'un signe de vie de votre part, rien qu'un petit espoir que rien n'était perdu ? Pourquoi moi, quand elle a toutes les qualités ? Elianä détestait se sentir vulnérable, plus encore d'émotions qu'elle ne contrôlait pas. Elle avait tour à tour chaud, puis froid, se sentant fiévreuse puis euphorique la seconde suivante. Elle serrait les mains qui réchauffaient les siennes pour tenter de les retirer quand une émotion violente prenait le dessus sur la langueur qu'elle ressentait parfois, trop vite, trop peu longtemps pour qu'elle puisse s'en saisir et en apprécier la douceur. Même son corps l'abandonnait, se complaisant à la jeter dans un abîme de perplexité, attisant son incompréhension.
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MessageSujet: Re: Rencontre Fortuite [PV Elianä *]   Mar 13 Avr 2010 - 19:59

La jeune femme était vraisemblablement surprenante et son emportement prit au dépourvu le souverain, une nouvelle fois. Elle était sans conteste agacée par la réaction de son interlocuteur et aurait sûrement préféré qu’il accepte ses excuses, plutôt que de nier ses torts. Pourtant, le jeune homme était convaincu de la légitimité de sa sollicitude, quand il l’avait formulé. A son esprit, Elianä n’avait pas fauté et il n’y avait rien à pardonner, si ce n’est la rudesse avec laquelle elle avait brutalisé ses sentiments. Il n’était pas de ces souverains qui cherchaient querelle aux sujets qui ne courbaient pas suffisamment l’échine devant eux. Au contraire, la fougue de la jeune fille ne fit qu’attiser la sympathie qu’il éprouvait à son égard, car malgré ses dires et ses excuses, elle restait aussi impétueuse et insoumise que pouvait l’être la digne héritière de la famille Aziel’Da. Sa révérence imposée illustrait à merveille le caractère indomptable de la jeune femme, et tira un sourire à celui qui l’observait. Patient et dévoué, le jeune homme s’expliqua à nouveau d’une voix douce, qui se voulait apaisante et rassurante. Il n’avait nullement l’intention de se quereller avec celle qui l’accompagnait.

« Devrais-je vous blâmer pour votre criante sincérité, ma Dame ? Je ne suis pas de ceux qui attachent de l’importance au statut, ni même à l’impolitesse des mots. J’aime être considéré comme toute autre personne et si quelque chose ne vous plaît pas dans mon comportement, j’apprécie l’honnêteté et la franchise, exemptes de toute politesse forcée à l’égard d’un titre. Un sourire malicieux étira les lèvres du monarque. Comme présentement, à dire vrai. Cela étant, si vous souhaitez vous racheter pour avoir malmené mes sentiments d’homme, et non le respect que vous devez à mon titre, alors je tâcherai d’accepter vos excuses. »

La discussion empruntait déjà d’autres chemins, sur lesquels il était impossible pour le roi de dissimuler ses penchants. Il avait décidé d’être sincère avec la jeune fille pour laquelle il se découvrait une affection grandissante, et sincère avec lui-même également. Il était souvent timoré et indécis quant à ses désirs, mais aujourd’hui, il savait qu’il voulait passer plus de temps avec la cadette des sœurs Aziel’Da. D’ordinaire, il n’aurait jamais osé aborder le sujet avec autant de franchise. Mais en la présence de la jeune femme, il s’en sentait capable. Aussi, il formula à haute voix son profond désir de profiter davantage de la compagnie de cette dernière, tout en lui saisissant avec douceur ses fragiles menottes. Le temps sembla se suspendre, tandis que le souverain restait pendu aux lèvres d’Elianä, guettant avec impatience sa réponse. Elle semblait hésitante, presque confuse, comme en proie à un furieux dilemme intérieur. Et lorsque ses lèvres remuèrent, un seul son parvint à l’esprit de celui qui était en train de la courtiser : Non !

Le souverain fut littéralement douché par la violence de la réponse. Ce n’était pas un « non » hésitant ou prononcé d’une petite voix. C’était un « non » plein de convictions et de sous-entendus. Morzan n’entendit pas réellement la série de sons hésitants qui sortirent ensuite de la bouche de la jeune noble. Il se sentait abusé et trompé, honteux et humilié, déçu et affecté. Il se rappelait désormais pourquoi il avait pris l’habitude de taire ses sentiments. Pour ne pas souffrir. Et présentement, la douleur était atroce. Jamais il n’aurait cru se faire repousser aussi violemment par la jeune femme. Ses joues avaient viré au cramoisi et il ne sut que répondre sur l’instant. La déception qui lui nouait la gorge entravait son bon sens et sa répartie. Avec une froideur qui lui était étrangère, il rendit les mains qu’il tenait entre ses doigts à leur propriétaire. Sa voix se fit presque tranchante lorsqu’il répondit à celle qui venait de l’éconduire.

« Pourquoi vous plutôt qu’une autre ? Pensez-vous vraiment que j’ai choisi de préférer votre compagnie à toutes les autres, de manière consciente et réfléchie ? Pardonnez-moi, ma demande était audacieuse. Je constate encore une fois que mes propos vous incommodent et vous glissent dans une position délicate. Votre réponse est claire, je ne vous importunerai plus. A présent, je vous prie de m’excuser. »

Il inclina le buste avec raideur en guise de salutations, et n’accorda pas un regard à la jeune femme quand il la contourna pour reprendre la direction du Temple. Il n’avait pas réussi à maîtriser les intonations désespérées de sa voix, qui traduisaient aisément à quel point il se sentait meurtri par un tel rejet. Il comprit alors ce dont son oncle s’était toujours évertué à le prévenir de son vivant : « Quand on est Roi, la sympathie de ceux qui t’entourent est soit intéressée, soit contrainte. Il est rare de trouver de véritables amis quand on porte la couronne. » Et visiblement, il s’était trompé sur le compte d’Elianä. Si elle s’était efforcée d’être avenante avec lui, c’était sûrement à cause de la politesse qu’elle avait évoqué précédemment et qu’elle devait à son roi. Rien de plus. Et le jeune homme ne s’était jamais senti aussi attristé par pareille erreur de jugement…
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MessageSujet: Re: Rencontre Fortuite [PV Elianä *]   Mer 14 Avr 2010 - 20:47

{ RP terminé }

Suite : épisode 2853, Explications
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