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 Lettre à Arvaël [PV *]

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Idril Calafas
Souveraine Colérique
¤Petit Lardon de Léander¤
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Féminin Nombre de messages : 3012
Age : 20 ans
Clan : Résistance
Fonction : Reine des Amazones
Date d'inscription : 10/02/2008

MessageSujet: Lettre à Arvaël [PV *]   Lun 29 Mar 2010 - 18:57

Troisième jour,
Quatorzième semaine,
Début de matinée


Debout devant l’immense fenêtre qui offrait une vue imprenable sur les plaines de son royaume, la reine amazone contemplait le lever du soleil avec une admiration certaine. Les couleurs presque irréalistes de l’aube se déversaient sur l’horizon, conférant au paysage une note rose orangé qui le transformait invariablement de ce qu’il était en journée. Un bol de lait chaud au miel dans les mains, la jeune femme admirait le spectacle, envoutée par les beautés façonnées par les dieux. Son esprit vagabonda quelque peu pour s’attarder sur les futures occupations de la journée. Il y avait tant à faire et chaque jour était un recommencement. Elle but les dernières gorgées de son breuvage et se détourna de la fenêtre, pour rejoindre son bureau. Les derniers évènements l’avaient amenée à négliger sa correspondance et elle n’avait pas encore pris le temps de répondre à son interlocuteur humain, le Sieur Arvaël. Installée dans son fauteuil, elle chercha le nécessaire pour enfin remédier à ce manque, papier à lettre légèrement bruni, encre noire et plume d’autruche. Le flacon débouché libéra les effluves particuliers de l’encre et Idril y trempa sa plume. Appliquée, elle commença sa rédaction, un sourire peint sur le visage …


« Arvaël,

Votre visite me semble s’être déroulée il y a une éternité et votre bonne humeur manque de réjouir mon Palais et ma personne. Votre courrier m’a beaucoup amusé et j’espère que depuis votre dernière lettre, vous vous portez toujours bien. Et que les vôtres se sont remis des émotions que votre voyage en nos terres a pu provoquer. Cela dit, avec les récents évènements, je doute que notre peuple soit en haute estime parmi vos compatriotes. L’affaire du Général Graybach aura sans doute fait grand bruit à Yswllyra, comme elle en a fait au sein de notre royaume. J’ose seulement espérer que vous n’aurez pas à subir quelques revers de cette situation et que votre bon parent n’aura pas à s’inquiéter de votre amitié envers nous.

Avez-vous finalement trouvé un nom pour votre monture ? En êtes vous toujours satisfait ? J’aurais aimé pouvoir vous accompagner et vous faire visiter mon royaume. Les Plaines de Fazor regorgent de somptuosité et magnificence. Les spectacles offerts par la nature sont des chefs d’œuvre à contempler et nos plaines les subliment. Il faudra que vous reveniez. Il vous reste tant de choses à découvrir et il me tarde de les partager avec vous. Et peut être pourrions-nous gouter au plaisir d’une autre danse ?

Votre venue en notre royaume a beaucoup fait parler d’elle, après votre départ. Je crois qu’il n’existe pas un seul Amazone au Palais qui n’ait pas entendu le nom du Seigneur Arvaël Al’Nyr ! Les bruits de couloirs m’ont toujours beaucoup amusée et mes femmes de chambre n’hésitent pas à me raconter ce que leurs oreilles ont pu intercepter comme bavardages. Il est très divertissant de les entendre jacasser.

Et ce pauvre Lord ! Il est venu me présenter ses plus humbles excuses, avec toute l’extravagante courtoisie dont il est capable. Malheureusement, je crains qu’il n’éprouvait aucune volonté de se repentir réellement et qu’il n’avait que l’intention de sauver les apparences. Si vous voulez mon avis, il vous déteste. Il ne le montrera cependant jamais plus en ma présence. D’autres de mes sujets ont eu en revanche de plus amples sympathies à votre égard. Certains seraient sans doute ravis de vous revoir et de nouer des liens avec votre famille.

Parlez-moi de votre vie à la cour des hommes encore une prochaine fois. Je ne me lasse pas de vous lire et j’espère qu’il en sera de même pour vous. J’attends avec une impatience certaine de vous lire à nouveau.

Votre dévouée amie,
Idril »



La souveraine reposa la plume sur son socle et regarda la missive qu’elle venait d’écrire d’un air contrarié. Etait-ce bien raisonnable de montrer autant d’affection dans une lettre destinée à un nobliau d’un royaume ennemi, qu’elle ne connaissait que depuis peu ? Si son courrier était intercepté, auraient-ils des ennuis ? Idril ferma les yeux quelques secondes et se remémora le visage rieur de son interlocuteur. Un sourire naquit sur ses lèvres pâles. Qu’importe. Le jeu en valait la chandelle. Elle déboucha un petit flacon et imprégna l’enveloppe des fragrances du parfum qu’elle portait souvent. Puis, elle y glissa la lettre et scella le tout avec délicatesse. Des messagers partiraient dans quelques heures, porter les différentes missives écrites par les occupants du château. Idril quitta son bureau pour aller se préparer. Une journée radieuse s’annonçait désormais.

_________________

Aucune arme ne devrait être baissée devant un ennemi

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Arvaël Al'Nyr
Gwendirien
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MessageSujet: Re: Lettre à Arvaël [PV *]   Mar 6 Avr 2010 - 20:16

Un pâle et timide soleil venait caresser de ses rayons la cité d’Yswllyra, promesse d’une nouvelle journée égayée par l’astre du jour. Ce dernier s’était fait bien rare ces derniers temps, mais depuis le début de la semaine, la grisaille hivernale semblait avoir battu en retraite pour laisser les prémices du printemps reprendre ses droits sur le Gwendir. Quelques bourgeons avaient commencé à pointer le bout de leur nez dans les jardins encore endormis par les frimas de l’hiver, et les premières primevères avaient éclos dans les zones ensoleillées. Et à en juger par la pureté du ciel ce matin-là, la journée qui s’annonçait promettait d’être particulièrement belle.

C’est ainsi que malgré le froid encore hivernal et l’heure bien matinale, Arvaël se tenait dans la cour de la demeure familiale, bien décidé à profiter de la météo à nouveau clémente pour galoper quelques heures dans la verte campagne du royaume humain. Chaudement emmitouflé dans un épais manteau de fourrure de la meilleure qualité et les mains soigneusement protégées par des gants du dernier chic, sa tenue d’équitation tout droit sortie de chez le tailleur la veille, le jeune noble attendait avec une certaine impatience que ses palefreniers aient fini de sceller sa fougueuse monture pour partir avant que la capitale ne s’éveille tout à fait. Après avoir longtemps piétiné sur place pour se tenir chaud, il laissa échapper un soupir agacé quand enfin son étalon parut, apparemment aussi pressé que son maître de partir sans plus attendre.

A sa vue, Arvaël ne put s’empêcher d’esquisser un mince sourire de fierté. Car en effet, l’animal était véritablement magnifique et digne des Plaines de Fazor qui l’avaient vu naître. Sa robe d’un noir de jais aux reflets bleutés, sa longue crinière qui retombait sur son échine, ses sabots qui frappaient le sol avec impatience, tout en lui proclamait la noblesse et la soif de vivre. Enfourchant le superbe étalon, le jeune homme eut à peine le temps de lui envoyer le signal du départ qu’il partit aussitôt au grand galop.

En fin de journée, monture et cavalier revinrent passablement plus crottés et épuisés, mais aussi plus heureux. Du moins étais-ce l’état d’esprit d’Arvaël, qui se sentait en paix avec lui-même comme à chaque fois qu’il revenait de l’une de ces balades. Il s’occupa lui-même de sa monture, la brossant et la bouchonnant avec la plus grande attention, évènement notable car c’était bien l’une des rares occasions où le fringuant jeune noble acceptait de se salir les mains.

De retour chez lui, il prit connaissance de son courrier d’un œil distrait, empli de fatigue après sa longue chevauchée. Invitations en tout genre s’empilaient et les mêmes noms s’enchaînaient, en une liste que le courtisan connaissait par cœur. Mais lorsque son regard tomba sur une enveloppe où apparaissait une belle écriture, fine, élégante, et qu’il ne connaissait pas, Arvaël eut un instant de flottement avant de sourire légèrement. Si son correspondant (ou plutôt sa correspondante) était bien la personne à laquelle il pensait, le fait que sa réponse arrivât ce jour là, alors qu’il revenait d’équitation précisément avec cet étalon, aurait été tout à fait remarquable.

Alors qu’il ouvrait le courrier, un doux parfum vint frapper ses narines, et il se sentit aussitôt repartir en arrière, en cette fameuse soirée où il avait dansé avec une reine. Son regard chercha la signature, qui vint confirmer son hypothèse. Oui, Idril lui avait répondu. Se retirant dans ses appartements où il s’installa confortablement devant un bon feu de cheminée, le jeune homme prit alors connaissance de la teneur de sa lettre. Un mince sourire jouait sur ses lèvres au fur et à mesure de l’avancée de sa lecture. Il pouvait presque entendre sa voix lui raconter ses journées, ses confidences. Les effluves émanant du papier n’étaient pas sans participer à cette illusion.

Et puis, non seulement il prenait plaisir à voir fleurir cette amitié avec la reine des Amazones, mais le délicieux parfum d’interdit qui flottait au dessus de cette correspondance et qui pouvait paraître plus que suspecte aux yeux des autorités le ravissait au plus haut point. Oh, il était bien sûr conscient des dangers encourus au cas où l’une de ces lettres était interceptée, mais dans cette affaire, il n’était pas mécontent de pimenter un peu une existence qui lui paraissait trop prévisible par ailleurs. Et à cela s’ajoutait aussi la volonté un peu puérile d’affirmer sa liberté personnelle d’action. Il faudrait assurément plus qu’une guerre latente pour le contraindre à cesser cette correspondance.

Après avoir fini sa lecture, le jeune homme replia précautionneusement le parchemin à nouveau et le rangea dans un petit tiroir de son bureau, qu’il ferma ensuite à clé. Puis, tout guilleret, il s’apprêta avec le plus grand soin pour aller éclairer de sa présence une quelconque réception de Cour.
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