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 Explications [PV *]

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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Explications [PV *]   Mer 14 Avr 2010 - 20:47

Sixième jour,
Quatorzième semaine
En soirée


Suite de Rencontre fortuite

La grande salle était bondée mais contrairement à ce dont on aurait pu s'attendre dans un cas comme celui-ci, l'espace était silencieux, seulement troublé par les chuchotements des groupes qui s'étaient naturellement formés, en l'attente de l'arrivée du roi. L'office religieux s'était tenu le matin même, se poursuivant toute la journée pour permettre à tout à chacun de venir se recueillir pour le repos des disparus. Et en cette soirée devait se tenir la commémoration royale, en présence de toute l'aristocratie présente à la Capitale.

En sa qualité de proche ministre, Kadarin Aziel'Da était absent et seule son épouse et ses filles se trouvaient dans l'immense salle de banquet. Marelie se tenait toute proche de l'estrade qui accueillerait la délégation, avec quelques femmes d'autres ministres ou conseillers du roi. Elönia s'était depuis longtemps déjà éloignée pour rejoindre certaines de ses amies venues accompagner leur parent, tandis qu'Elianä avait préféré rester dans le giron de sa mère, sans pourtant participer activement au conciliabule qui se tenait entre les femmes. Personne ne s'attendait, de toute façon, à ce qu'elle participe autrement que par sa seule présence. Elianä n'avait, de fait, pas décroché un mot de toute la soirée. Elle s'était apprêtée sans grande envie, s'était laissée coiffée sans s'intéresser au babillage de la servante qui s'était occupée d'elle, il avait fallu qu'elle la traine de force devant un miroir pour que la jeune fille sache à quoi elle ressemblait.

La servante avait fait des miracles. La pâleur inhabituelle de la noble avait été habillement camouflée et ses joues avaient retrouvé un peu de ses couleurs. Ses cheveux avaient été laisser lâches dans le dos de la jeune fille, mais légèrement bouclés et relevés pour donner du volume et retenus par un pince en argent. Une mèche finissait de lui chatouiller le front et l'obligeait sans cesse à la repousser. Elianä n'avait pas plus choisit la coiffure que la robe, car si cela n'avait tenu qu'à elle, elle ne se serait pas changer du tout et serait rester dans son lit, à ruminer. Pour ce soir de deuil, elle portait toujours du noir. L'ample robe était malgré tout brodé d'argent aux manches et au col, aux couleurs du royaume. Elianä s'était sentie comme une dinde dans un poulailler qui ne lui convenait pas, mais le regard appréciateur de son père avant de les quitter démentait son impression tenace. Pourtant...

Trois coups claquèrent et le silence se fit dans la salle. Elianä releva la tête du bout de ses bottines qui dépassaient de sous sa robe, la délégation attendue faisant son entrée. Morzan se trouvait en tête, suivit du père de la jeune fille et des quelques autres ministres, comme les avait prévenu Kadarin. Le froufrou des vêtements de la noblesse qui s'inclinait au passage du roi troubla le silence. Comme tous les autres et l'exigeait la bienséance, Elianä s'inclina au passage de Morzan à sa hauteur, regardant fixement le sol et ne se relevant que quand un geste de son père la tira de sa contemplation. Le successeur d'Edin était déjà sur l'estrade et son père lui jeta un regard étrange. Avait-elle fauté ? La jeune fille ne chercha pas plus loin une réponse à sa question et s'enferma de nouveau dans ses pensées, sans écouter le discours, bien qu'elle avait tout l'air de l'écouter avec attention, de l'extérieur. Il y avait des choses autrement plus importantes qui tourmentaient l'esprit de la noble.

Quelques mots de sa mère à son intention ramenèrent une nouvelle fois Elianä à l'instant présent et elle sourit pour se donner une contenance. L'une des amies de Marelie lui avait posé une question qu'elle n'avait pas entendu et la cadette de la famille dû lui demander de répéter, prétextant qu'un mouvement avait attiré son attention. Un nouveau sourire conclut la réponse qu'elle apporta à l'interrogation de la dame et sans plus s'intéresser au groupe, Elianä tourna la tête sur le côté extérieur de la salle, fouillant du regard ce qui avait été un instant plus important que la politesse qui voulait que l'on écoute un interlocuteur. La jeune fille était tendue comme un arc prêt à se rompre et elle sentit dans son cou le regard perçant de sa mère. Sa fille reporta son regard vers elle, lui sourit une nouvelle fois, bien que crispée, s'excusa auprès de tout le monde et s'éloigna comme une automate.

Relevant ses jupes pour marcher plus vite, Elianä distribuait des inclinaisons de la tête à tous ceux qui pouvaient bien la saluer sur son passage, marque de déférence pour ce qu'elle était, la petite dernière d'une puissante famille. Ses pas la conduisit vers l'un des balcons qui crevait les murs de la salle de banquet, sans savoir ce qu'elle y ferait, ce qu'elle dirait. Pourtant, elle avait déjà imaginé tout un discours pendant ses dernières heures de mutisme. Mais maintenant, elle ne savait plus si c'était cela qui fallait dire. Elle se sentait dépassée. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle n'était pas la seule à blâmer dans cette affaire. Elle avait parlé sans réfléchir, elle en convenait, mais des suppositions avaient été tirées de son moment d'égarement et cela, cela n'était en rien de sa faute. Elianä en était la première instigatrice, mais pourquoi avait-il fallu que cela aille aussi loin ? Elle se sentait comme une héroïne de roman, subissant quiproquo sur quiproquo, et dans ces moments là, elle avait souvent pesté contre ses héros alors qu'il suffisait simplement de discuter pour dénouer le conflit au lieu de le faire trainer en longueur. Et alors que venait le temps pour elle de mettre en pratique cette logique imparable, Elianä se sentait misérable, pathétique et mal à l'aise.

La jeune fille se stoppa au pas du balcon, frissonnante alors qu'une légère rafale de vent se levait. Il faisait froid, l'air de la nuit qui tombée se rafraichissait. Elianä se frotta les bras de ses mains sans bruit, sans encore avoir le courage de parler. Elle se traita d'idiote, se mordit les lèvres, ouvrit une première fois la bouche... et la referma sans mot dire. Elle fit deux pas, s'annonçant de ses talons, mais le regard exempt d'une quelconque douleur, droite et fière, même si elle tremblait intérieurement. Elle fit une génuflexion pour la forme et au bout de quelques secondes, alla s'accouder à la rambarde du balcon, toujours sans rien dire. Elle regarda en bas, leva les yeux au ciel, eut même jusqu'à l'hardiesse de jeter un regard à Morzan avant de se détourner.

Soudainement, avant qu'il ne puisse parler pour la congédier ou quoi que soit d'autre, Elianä se redressa et lui fit face. Elle devait s'expliquer et ensuite, si ses explications ne changeaient rien, elle partirait. Mais ainsi, Elianä partirait le cœur plus léger qu'en arrivant.

- Vous m'avez dit que vous préfériez la franchise, sans tenir compte d'un quelconque titre ou rang, alors permettez moi d'être franche. Il m'est difficile d'être ici après ce qui c'est passé, aussi ne m'interrompez pas... avant que je n'ai fini de me ridiculiser totalement.

Elle s'arrêta, attendant une approbation silencieuse et inspira une dernière fois pour se donner du courage :

- Votre demande m'a incommodé, mais pas pour les raisons que vous croyez. Il se trouve simplement que je me sens plus... d'obligations envers une autre personne que votre Majesté. Non pas un galant, je n'en ai point et n'en ai jamais désiré outre mesure. Je me suffis à moi et il ne m'a jamais fallu avoir de prétendants pour me sentir bien. Il s'agit d'une femme que j'aime bien plus que mes propres désirs ou aspirations.

Mais j'en viens maintenant au passage honteusement ridicule. Je me rends de plus en plus compte que c'est cet amour pour cette femme qui me pousse à me conduire comme une idiote avec vous. Cela peut paraître dérisoire, puéril ou stupide, mais je me complais dans cet état de fait, quand il se trouve que je peux m'effacer pour lui permettre d'avoir ce qu'elle souhaite. Seulement, à l'heure actuelle, je n'ai plus aucune envie de laisser les choses telles qu'elles sont, sans que cela ne soit facile pourtant de les changer.

J'ai parlé sans prendre garde à ce que je disais. Je pensais à elle, à vous, à moi et à travers mes mots, c'est elle qui a gagné. Je vous ai blessé et je m'en excuse. Mais ce n'est pas ce que je désirais. Oui, j'aurais accepté avec un plaisir que je ne saurais traduire en mots que nous nous rencontrions plus souvent, si je n'avais pas tout gâché. Je ne tiens pas non plus à vous mettre dans l'embarras alors que vous avez clairement montré que ma présence n'était plus recherchée. Mais j'avais le vif désir de m'expliquer avant de ne plus me trouver sur votre chemin. Chose qui est dorénavant faite.


La gorge sèche après ce long monologue qui l'avait mise à nue, Elianä s'inclina une nouvelle fois. Elle était prête de défaillir, ses jambes tremblaient, autant de froid que du contrecoup de tout ce qu'elle avait dit. Elle regarda une dernière fois le visage de l'homme qu'elle avait si cruellement insulté et se détourna.
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MessageSujet: Re: Explications [PV *]   Lun 26 Avr 2010 - 20:17

Depuis qu’il était rentré du Temple, le souverain des Ombres s’était efforcé d’oublier la conversation désastreuse qu’il avait eue avec la jeune fille que son cœur convoitait secrètement. Car lorsque ses mots aussi affûtés qu’une lame de poignard s’étaient immiscés jusqu’à son esprit, une douloureuse déchirure s’était fait sentir du côté de son cœur, lui révélant alors la véritable nature de ses sentiments. La violence de la tristesse qui l’avait submergée entièrement ne mentait pas. Il était tombé sous le charme d’Elianä dès leur première rencontre, ce qui expliquait pourquoi il lui avait toujours montré autant d’égard et de considération. Toutefois, ses sentiments n’étaient visiblement pas partagés et il se sentait stupide et profondément naïf de s’être confié ainsi à la jeune femme. Il le regrettait amèrement désormais. Comment avait-il pu croire, pire, espérer ! , concrétiser les vœux que formulait son cœur ? Et même si la cadette des filles de son ministre l'avait apprécié, son titre restait encore une barrière, un obstacle que tous n’étaient pas capables de franchir. Il était Roi, et non Homme. Il pouvait aussi bien être admiré et convoité que craint et esquivé. A présent, il prenait conscience de la solitude qui émanait parfois du regard de son oncle. Il se sentit soudainement vieillir, réalisant le poids que pouvait peser la couronne dans la vie d’une personne. Seule son amie Idril était capable de comprendre ses tourments et s’il avait écouté ses aspirations du moment, il aurait chevauché toute la nuit pour trouver le réconfort de ses bras et de ses paroles. Mais pour l’heure, c’était à lui qu’il incombait de jouer ce rôle protecteur, et ce, envers son peuple. Ses sujets avaient besoin de son soutien et pour oublier la douleur qui lancinait dans sa poitrine, il décida de se consacrer à sa tâche, et uniquement à cela.

A son retour du Temple, il s’enferma dans son officine avec quelques proches conseillers pour parlementer des mesures à prendre, concernant la tragédie qui s’était déroulée la veille. Tous étaient d’accord pour allouer des fonds à la reconstruction. Il était certain que bon nombre de familles de la noblesse proposeraient un soutien financier, des dons généreux car tous se sentaient concernés par cette sinistre affaire. Le patriotisme latent des Ombres serait un allié de taille qui permettrait la reconstruction, mais insuffisant pour ramener les morts à la vie. Seule la compassion pourrait se montrer à la hauteur. Il avait été convenu qu’une enquête soit menée, pour déterminer les causes de l’incendie. Morzan avait eu vent de la tragédie similaire qui avait frappé le territoire voisin, celui de sa confidente, et il ne pouvait ignorer pareille coïncidence. Deux royaumes touchés en plein cœur, par la destruction de leurs symboles, cela ne pouvait laisser présager rien de bon.

Une réception avait été organisée au Palais et le souverain espérait pouvoir profiter de l’occasion pour convaincre la noblesse d’apporter son soutien financier aux projets qu’il avait établis avec son Conseil le soir même. Lorsque l’heure sonna, Morzan et ses ministres se dirigèrent comme un seul homme vers la salle du Banquet où les invités attendaient dans une ambiance singulièrement calme. Le silence était seulement troublé par les mouvements d’étoffes qui se froissaient au passage du jeune souverain, se dirigeant vers l’estrade. Il s’évertua à ne pas chercher du regard la jeune fille du ministre qui lui emboitait le pas, mais ne put s’empêcher de remarquer sa présence. Aussi, il chercha à l’ignorer et se focalisa sur ce qu’il avait à faire ce soir. Ce ne fut pas difficile car une fois monté sur l’estrade, tous les regards se braquèrent sur sa personne, dans l’attente de son discours. Il inspira et se lança à cœur ouvert :

« Je vous souhaite à tous le bonsoir et vous remercie d’être venu en si grand nombre. Notre peuple doit aujourd’hui faire face à une tragédie sans précédent, la disparition de ce qui faisait notre fierté et notre richesse, mais surtout la disparition de certains de nos compatriotes. Je souhaiterais que nous observions une minute de silence, pour penser à ces hommes, à ces femmes, qui sont morts en servant leur patrie, pour saluer leur bravoure et rendre hommage à leurs vies. »

Il inclina la tête et se tut, les yeux fermés pour prier pour le salut de ceux qui furent ses sujets. Le silence était apaisant, mais aussi terrifiant par son incroyable force. Et lorsque le temps fut écoulé, Morzan se redressa et rouvrit les yeux pour affronter à nouveau les regards de l’assemblée.

« Dans les moments de doute, de peine et de chagrin, chacun d’entre nous devrait pouvoir ouvrir son cœur à ceux qui ont perdu un parent, un enfant ou un proche. C’est dans l’adversité que nous devons montrer que nous sommes tous des enfants de Snotra, solidaires envers nos frères, et nos sœurs. J’en appelle à votre générosité, pour qu’ensemble, nous reconstruisions demain ce pour quoi certains sont morts hier. Pour qu’ensemble nous rendions hommage à nos concitoyens, pour qu’ensemble nous reconstruisions la fierté de notre royaume. »

Quelques applaudissements discrets apprécièrent le discours du monarque qui s’inclinait avant de quitter l’estrade, mais les réjouissances n’étaient pas de mises, la situation ne se prêtant pas à ce genre de félicités. Nombreux furent ceux qui sollicitèrent le monarque à la suite de son intervention, tous voulant connaître la suite des évènements. Et cela était légitime à dire vrai, aussi, il se plia à l’exercice, répondant avec obligeance et courtoisie aux interrogations de ses interlocuteurs dont la curiosité ne semblait jamais rassasiée. Mais l’excès d’émotions accumulées en si peu de temps rattrapa le jeune homme et il eut l’envie pressante et fiévreuse de s’isoler. Il pria ses hôtes de l’excuser et de lui accorder quelques instants, accalmie dont il profita pour se réfugier à la douce fraîcheur des balcons. Il alla s’appuyer sur la rambarde et respira à grands flots, comme pour évacuer le surplus de pensées qui annihilait son aisance et sa capacité à affronter la foule. Il contempla alors les étoiles et s’émerveilla du spectacle et de la tranquillité de la nuit. Sa trêve ne dura pas longtemps, ses devoirs le rattrapant sans ménagement. Le bruit d’un pas féminin exagéré capta son attention et il prit la peine de se retourner pour saluer celle qui venait à lui inévitablement, puisqu’il était seul sur ce balcon. Et lorsque ses prunelles d’ambre se posèrent sur le visage blafard de la jeune femme, sa mine s’affaissa et son cœur bondit dans sa poitrine. Il n’avait aucune envie de la voir, ni même de lui parler, la déchirure se rouvrant, béante, dans sa poitrine. Elle avait malmené ses sentiments comme jamais et il ne voulait pas s’entretenir avec elle, pas si tôt, de peur de se montrer froid ou austère. Il se détourna alors d’elle et reprit sa position initiale, observant cette fois l’horizon obscurci. Son cœur battait la chamade et il trouvait la jeune fille audacieuse de venir l’importuner après l’avoir rejeté comme elle l’avait fait. Il se sentait humilié et honteux, si bien qu’il n’osa jamais la regarder avant qu’elle n’ouvre la bouche. Ses premières paroles lui enserrèrent le cœur une nouvelle fois car elles semblaient donner davantage de teneur aux propos de l’après-midi, comme si Elianä n’était venue jusqu’à lui que pour défendre un honneur bafoué par une franchise mal placée. Comme si elle venait lui rappeler qu’il était le seul fautif, car il avait exigé l’honnêteté et il l’avait obtenue. Le souverain tritura sa chevalière nerveusement, sans porter un regard à la jeune femme, peu désireux d’affronter la froideur de ses prunelles. Pourtant, il ne put s’empêcher de lui rendre son attention quand elle annonça qu’elle allait se ridiculiser, les sourcils arqués en guise d’étonnement.

Il l’écouta avec une attention infinie mais resta interdit par ses dires, tâchant de démêler les excuses qu’elle s’évertuait à prononcer. Il était évident qu’il n’avait pas été attentif et il se mordit la lèvre inférieure à plusieurs reprises, faisant perler quelques goutes de sang. Il n’avait pas laissé le temps à la jeune femme de s’expliquer sur les raisons de son refus, et il se trouvait idiot et stupide d’avoir réagi avec tant de véhémence à son égard. Il n’avait pas supposé l’ombre d’un instant que la jeune femme s’était effacée pour laisser la place à une autre qu’elle. Précisément, sa sœur. Les joues du souverain virèrent au cramoisi et sa chevelure de jais se colora de reflets caractéristiques. La honte lui brûlait à nouveau les entrailles, mais pour des raisons autres cette fois, la culpabilité en tête du cortège, et il ne s’était jamais senti aussi confus. Comment avait-il pu oublier ce détail ? Elianä était la sœur cadette d’Elönia, la femme du royaume la plus susceptible de porter la couronne ! Celle qu’on mariait déjà à sa personne, avant même qu’il n’eut donné son accord ! Nombreux étaient ses conseillers qui réclamaient un mariage et beaucoup prétendaient que le meilleur parti pour le roi était la fille aînée de son ministre, Lord Aziel’Da. Tout les éléments s’imbriquaient les uns aux autres et Morzan ragea intérieurement de ne pas avoir été plus clairvoyant. Il n’avait pas du tout pensé aux conséquences avant de formuler ses aspirations. Il se sentait coupable et misérable, honteux et déconfis. Lorsque le regard d’Elianä se posa sur lui, avant qu’elle ne se détourne, il crut sentir le monde s’écrouler en dessous de lui. Il l’avait blessée, lui aussi. Son regard désespéré, malgré son inflexibilité, trahissait les émotions de la jeune fille. Savoir qu’il lui avait fait du mal, alors qu’elle s’était sacrifiée pour sa sœur, rendit le jeune homme incroyablement malheureux. Il se sentait impuissant, sale et lâche. Toutefois, lorsqu’elle fit mine de s’éloigner, il ne put se résoudre à la laisser partir.

« Attendez, je vous prie. Je vous dois des excuses, moi aussi. Je n’ai pas été clairvoyant et mes émotions m’ont amené à être désobligeant avec vous. Je suis navré de vous avoir incommodé par ma demande, de ne pas avoir compris que vous protégiez les intérêts d’une autre et de vous avoir blessée par ma virulence. Accepterez-vous de me pardonner, douce Elianä ? Je ne sais comment me comporter à votre égard et je souffre de vous savoir mal à l’aise, par ma faute. Que dois-je faire pour vous ravir ? Eclairez-moi, je vous en prie. »

Il baissa les yeux et continua de jouer avec sa chevalière. Son visage s’était emprunt d’une mélancolie soudaine et il semblait misérable, accablé par des maux trop lourds à supporter. Après la confession de la jeune femme, il voulait reformuler sa demande mais n’osait plus le faire, car il ignorait si c’était bien cela qu’attendait son interlocutrice. Voulait-elle simplement expliquer les raisons de son refus ? Ou souhaitait-elle réparer ce qui s’était brisé, en revenant sur sa décision ? Il se sentait dépité, confus et malheureux, sans parvenir à maîtriser ses émotions.
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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Re: Explications [PV *]   Jeu 13 Mai 2010 - 11:03

En réalité, Elianä ne savait pas si elle se sentait réellement mieux après avoir vidé son sac et exprimé ce qu'elle avait sur le cœur. Elle avait l'impression d'avoir trahis sa sœur, malgré qu'elle n'avait pas une seule fois prononcée son prénom. Elle avait pris toutes les précautions nécessaires pour cela, par peur que la concernée ne débarque comme par magie, simplement attirée par la prononciation de son nom pour une mauvaise raison. La jeune fille espérait, contre toute attente, que cette fois encore, Morzan ne comprenne pas un traite mot de ce qu'elle avait débité d'un trait, pour sa tranquillité d'esprit, pour pouvoir regarder sa sœur en face, sans se sentir mal après son aveu déplacé bien qu'à mot couvert.

Elle crut que sa secrète pensée avait été entendue. Elianä s'arrêta, soulagée au fond qu'il la retienne et qu'il accepta encore de lui adresser la parole, qu'ils puissent s'expliquer plus avant, sans se contenter de ces maigres explications. Pas après cela, pas après ce qui s'était dit, ce que ses paroles et sa demande plus encore avaient révélé. Il y avait un abcès à crever, des décisions à prendre, en leur âme et conscience, sans léser les intérêts qu'elle se sentait envers Elönia. Des désirs incompatibles de prime abord, mais Elianä ne désespérait pas de trouver une solution qui satisferait tous les partis en présence ou absent. Elle se tourna finalement, faisant face à Morzan, après avoir inspiré bravement, les poings serrés dans les replis de sa robe. Il n'avait pas plus qu'elle prononcé un quelconque nom qui aurait permis à la noble de savoir si oui ou non il avait compris de quelle personne elle parlait. Elianä aurait de loin préféré croire que ce soit le cas, mais ce serait peut-être sous-estimer la capacité de déduction du roi et son talent personnel pour en dire trop ou parler à tord et à travers. Malgré tout, elle lui était reconnaissant de ne pas citer de nom.

Si la première question du souverain Ombre avait une réponse toute trouvée, la seconde était plus problématique. Enfin, la réponse en soi n'était pas difficile à trouver, qu'il lui pardonne était la première de toute et rester la plus importante aux yeux d'Elianä. La seconde réponse avait déjà été avouée, bien qu'étant noyée sous le déluge d'explications, elle n'était pas certaine qu'elle ait eu un impact sur Morzan. Et en plus de tout cela, la jeune fille se sentait gênée à la simple idée de répéter. Dans le feu de l'action, parce qu'elle voulait se débarrasser du fardeau de sa confession le plus rapidement possible, aucune pudeur n'était venue bloquer les mots dans sa gorge comme maintenant. Et bien sûr, il restait toujours l'entrave 'Elönia' qui l'empêchait de prononcer quoi que ce soit sans y réfléchir avant.

La noble retrouva l'appui de la rambarde avec délectation, elle lui donnait une contenance qui lui faisait cruellement défaut présentement. Elle avait cru que le plus dur était passé en revenant sur l'incident de l'après-midi et en mettant tout à plat ce soir, il n'en était rien en fait. Le plus dur était encore à venir.

- Je crois que parfois, ce que l'on ressent envers une personne nous conduit toujours à des réactions disproportionnées, quand on regarde derrière soi. Si je n'en avais pas eu profondément envie, je vous aurais pardonné à cause de tout ce dont je dois déjà me faire excuser envers vous. Quant au reste... ma tête ressemble à un immense fouillis et je dois avouer que je ne sais pas ce que nous devons faire pour... sortir de cette impasse.

Impasse qui prenait la forme d'une question muette : comment faire cohabiter ce qu'ils voulaient tous deux, pour eux, pour les autres ? Elianä aurait dû lui demander de rencontrer une nouvelle fois Elönia, elle faisait tant d'efforts pour devenir quelqu'un qui pourrait plaire à Morzan, que la noble se trouvait cruelle de ne rien faire pour récompenser tout ce temps passé dans les livres. Mais sa bouche restait close, elle n'y arrivait pas. Pourquoi maintenant ? Pourquoi, alors que cette après-midi même, elle n'avait pas pu se retenir de refuser ce qui s'offrait à elle ? Pour une fois, ce n'était pas son ainée qui avait la première place dans les désirs de quelqu'un, était-ce cette nouveauté pour la cadette qui l'empêchait de suivre ce que son instinct lui dictait de faire ? La peur ? Cela oui. Elle avait peur, comme jamais, une peur bien différente de celle qu'elle avait ressenti quand le mercenaire elfe l'avait enlevé. Dans une certaine mesure, Elianä avait pu maitriser la situation avec l'elfe, retarder chaque départ pour offrir une chance aux gardes de son père ou n'importe qui d'autre de les trouver, ralentir leur marche plus que sa blessure ne le faisait déjà, elle aurait trouvé n'importe quoi pour garder un contrôle mineur sur les événements. Elle ne pouvait en faire de même maintenant et ce manque de prise sur ce qu'il se passait la terrorisait presque.

S'abandonner alors ? Elle se rappelait bien, malgré son application à tout oublier dans les moindres détails, que sa sœur lui avait dit être capable d'aimer et d'en avoir le droit, même d'être appréciée en retour. Si elle avait su que ses conseils serviraient à lui voler l'homme qu'elle convoitait, elle ne lui aurait peut-être pas dit tout cela. Mais Elianä s'accrocha à cette idée, celle qui lui soufflait qu'Elönia ne voulait surement que son bonheur, avec celui qu'elle aurait choisi, plutôt que leurs parents. La jeune fille se le répétait en boucle, pour se donner du courage et pour étouffer les remords que sa conscience, cette partie d'elle terre-à-terre et responsable, faisait remonter à son esprit, pour la retenir de laisser parler son cœur.

- Je suis désolée... pour tout. On ne peut pas effacer le passé, mais je voudrais... si vous le désirez bien sûr, que nous recommencions tout, depuis le début. Faire comme si je ne vous avais jamais si mal parlé à Yswllyra, comme si je n'avais pas perdu la tête cette après-midi. Repartir de zéro. Comme si c'était la première fois que nous nous rencontrions, dit-elle, hésitante quand à l'utilité de sa proposition.

Mais elle pensait que pour qu'ils puissent s'entendre sans que les ombres du passé ne les gênent, ils devaient chacun tirer un trait sur ce même passé, décider d'un commun accord qu'il n'existait plus, ne plus revenir dessus et recommencer le fil de leur vie sur une nouvelle page blanche. Ou était-ce une idée trop romanesque pour être crédible et réalisable ?
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MessageSujet: Re: Explications [PV *]   Dim 16 Mai 2010 - 14:32

Lorsqu’il sentit que la jeune femme se retournait, pour répondre favorablement à sa première requête, le souverain éprouva un fort sentiment d’allégresse et de légèreté qui le conduisit à relever la tête pour poser son regard d’ambre sur son interlocutrice. Tout n’était peut être pas vain, tout n’était peut être pas perdu. Au moment où elle s’arrêta, où elle accepta de rester encore un peu, Morzan comprit qu’ils venaient de s’accorder une seconde chance. Ils étaient tous deux prêts à discuter des éventualités qui s’offraient à eux, des conséquences que leurs actes produiraient et des chemins à emprunter à l’avenir. Le jeune homme ne savait pas contrôler l’afflux de ses émotions, raison pour laquelle il avait appris à se taire et l’incident de cet après-midi confirmait son inexpérience en ce domaine. Il regrettait d’avoir choisi cette voie désormais, mais était disposé à changer la situation si Elianä lui en donnait l’opportunité. A nouveau, il désirait préserver la jeune femme des tourments qui pouvaient l’atteindre et non plus satisfaire ses seules convoitises. Il voulait pouvoir converser avec elle et trouver des solutions à son embarras. Il souhaitait rattraper ses erreurs et se montrer attentionné, dévoué et lucide quant aux attentes de la demoiselle. Ce qu’il n’avait pas été l’après-midi même, quand ses sentiments avaient parlé sans consulter sa raison. Tandis qu’elle trouvait un appui inespéré pour porter ses pas, le monarque fit un pas vers elle pour sceller leur pardon mutuel et repartir sur de nouvelles bases. La voix enivrante de la jeune femme résonna une nouvelle fois et le cœur du souverain, au lieu de s’emballer, sembla trouver l’accalmie qui lui faisait tant défaut jusqu’alors.

La jeune noble, quant à elle, semblait encore perdue, tiraillée entre plusieurs sentiments qui paraissaient extrêmement puissants. Morzan ne put s’empêcher de mordre à nouveau sa lèvre inférieure, et le sang se déversa dans sa bouche par minuscules petites particules. Sa langue chercha alors à laver cette minuscule plaie, tandis que sa main venait à la rencontre de sa bouche, et son doigt de sa lèvre pour écarter les traces subsistantes de son malaise. Depuis longtemps, il n’avait pas eu à subir les affres de cette mauvaise habitude qu’il avait prise étant adolescent. Et il se sentit ridicule d’avoir trahi son émotion, et surtout d’avoir eu pareille émotion. Il aurait dû savoir garder son calme devant la fille de son ministre. Toutefois, cela ne lui importait guère car il remédierait à cette situation gênante.

Un court silence s’imposa entre les deux jeunes gens, leur laissant l’opportunité d’entendre les sons émanant de la salle. Le brouhaha diffus des conversations. Elianä reprit la parole, et s’excusa platement d’avoir causé tant de problèmes. Le souverain inclina la tête, compatissant. La demande de la jeune femme le prit pourtant au dépourvu. Il comprenait sa démarche, sa volonté d’oublier leurs erreurs respectives mais pouvait-il s’y résoudre ? Il n’avait nullement l’intention d’oublier, car à chaque tragique quiproquo correspondait un souvenir délicieux. Ils s’étaient disputés, mais ils s’étaient également trouvés, appréciés et peut-être même aimés à leur manière. Il effectua un quart de tour et s’appuya sur la balustrade. Il observa les étoiles, quelques secondes, pour donner consistance à sa réflexion. Dans un murmure, il confessa son secret.

« Je ne sais si je pourrais répondre à vos attentes, car mes sentiments ne peuvent être effacés. La sympathie que j’ai à votre égard est bien réelle. »

Il se redressa et pivota vers son interlocutrice, à qui il adressa un sourire tendre, avant de la rejoindre en deux pas lestes et fluides. Il caressa sa joue du revers de sa main, avec une précision qui ne lui laissait guère le choix de se dérober à cette marque d’affection. Puis, il se détacha d’elle et la contourna, pour s’en aller dans la direction des portes vitrées de la salle du banquet. A mi-chemin toutefois, il s’arrêta brusquement, jeta un coup d’œil furtif par-dessus son épaule, fit demi tour et revint vers la jeune femme. Un sourire malicieux s’étirait sur son visage fin.

« Pardonnez moi de vous importuner de manière si cavalière, belle demoiselle, mais ne nous serions-nous pas déjà rencontrés quelque part ? Votre visage ne m’est pas inconnu et éveille en moi une affection certaine. »

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MessageSujet: Re: Explications [PV *]   Jeu 24 Juin 2010 - 10:55

Oublieuse de toute tension qu’elle aurait pu ressentir quelques minutes auparavant, Elianä réprima une soudaine envie de rire. Rire nerveux certes, mais qui serait bien malvenu. Sympathie était-il vraiment le terme qu’il convenait pour qualifier le marasme dans lequel elle se trouvait ? La noble était naïve et peu connaisseuse en matière d’émoi, mais elle savait reconnaître ce qui était de la sympathie de ce qui ne l’était pas. Elle éprouvait de la sympathie pour tous ces penseurs et ces intellectuels de tout bord dont elle préférait la compagnie à celle des jeunes gens de son âge, on pouvait aussi dire qu’elle éprouvait de la sympathie pour quelques personnes de son rang, dont le nombre restreint donné des cauchemars à sa mère, mais rien de tout cela n’atteignait l’intensité du moment.

Mais au-delà de cette simple constatation (mais ô combien effrayante), au-delà du terme qui ne lui paraissait pas réellement adapté à l’instant présent, Elianä n’eut pas longtemps avant de rire. Si il ne voulait pas oublier, ou faire semblant d’oublier, qu’allaient-ils faire ? Que fallait-il faire, dans un cas pareil ? Malheureusement, les livres ne donnaient pas ce genre de conseil, malgré toute leur science.

La noble ne put faire un pas ou un geste, quand Morzan s’approcha d’elle. Mais elle comprit rapidement et avec consternation qu’elle était la première fautive, qu’elle mettait toute sa concentration à ne pas bouger. Par Snotra, qu’il serait facile de pencher un peu la tête, rien que pour prolonger cet instant, que la Déesse lui pardonne d’avoir en tête de tels penchants qui lui paraissaient indignes d’une jeune fille bien élevée. Comme un flash, Elianä pouvait recomposer le visage de sa mère si elle la trouvait dans pareille situation. Et Elönia ? La jeune fille repoussa vivement cette question dérangeante. Ses quelques moments d’intimité volaient, même si ils étaient les derniers de sa courte vie, resteraient graver dans sa mémoire, qu’importait les aléas de la politique ou du jeu des alliances. Comme la vierge qu’elle était, Elianä se disait qu’elle pourrait facilement vivre le reste de sa vie en se rappelant ce moment, sans connaître ce pourquoi certains ou certaines se perdaient, ce pourquoi des hommes ou des femmes se détournaient de leur légitime épouse ou époux pour se perdre avec d’autres hommes ou femmes. Ce pourquoi son ami Nuran était tellement célèbre.

Malgré ses bonnes résolutions, Elianä sentit son cœur se morceler à chaque pas qui éloignait Morzan d’elle. Et cette fois, ce n’était pas de son fait si elle ne s’élançait pas sur ses pas. S’était-elle confiée, s’était-elle dévoilée… pour rien ? Le retour à la réalité était douloureux comme si elle s’était prise un violent coup sur la tête qui lui faisait voir des étoiles. Surement que si elle avait pu s’essayer à faire quelques pas, elle aurait tout l’air d’une ivrogne qui vient de finir le dernier pichet d’alcool de la taverne. Elle avait tort. Il revint vers la jeune fille et à chaque pas qui le ramenait vers elle, Elianä sentait sa respiration se régulariser, la tension dans son cou s’apaiser et surtout, cette chose innommable grandir plus encore.

Elianä fléchit galamment les genoux vers l’inconnu qui lui faisait dorénavant face, comme elle l’aurait fait à quelqu’un qu’elle rencontrait pour la première fois ou qu’on lui présentait. Un sourire accort fleurissait ses lèvres et si elle tremblait encore parfois, ce n’était plus que de froid.

- Vous êtes bien téméraire messire d’accoster ainsi une jeune fille solitaire. L’air de la nuit rendrait-il aussi les hommes poètes ? Je ne puis croire hanter vos souvenirs de la façon dont vous le décrivez, de manière aussi soudaine.

Le scepticisme de sa voix était purement théâtrale et dans cette représentation dont Morzan et elle était les seuls spectateurs, Elianä se sentait à l’aise. Mais elle ne se cachait pas que toute pièce de théâtre qu’elle voulait que soit cette redécouverte de l’autre, la noble attendait avec une impatience tout sauf théâtrale la réponse de Morzan. Comme un petite fille qui cherchait à être rassurée.
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MessageSujet: Re: Explications [PV *]   Jeu 8 Juil 2010 - 17:01

L’entrevue aurait pu se clore avec le départ du souverain, mais que serait devenue la magie de l’instant s’il n’avait pas rapproché à nouveau deux âmes destinées à s’aimer ? Ainsi, l’homme qui s’éloignait pressentit que ce n’était pas encore fini, que la nuit n’avait pas encore décidé de le séparer de celle qui occupait son esprit. Il revint vers elle, d’un pas leste et d’humeur rieuse, pour entrer dans un jeu de séduction théâtrale, afin d’exaucer la volonté de la jeune femme, en oubliant volontairement ce qui les avait autrefois éloigné, mais sans omettre la complicité qu’ils avaient partagée. Il complimenta la jeune noble, comme un courtisan aurait complimenté une femme qu’il convoitait, ce qu’elle était assurément. Néanmoins, son approche n’avait pour autre dessein que de le rapprocher de la fille de son ministre, une dernière fois avant son retour aux mondanités de la soirée. Il fut heureux de constater qu’Elianä le suivit dans la voie qu’il avait ouverte, revêtant le masque de la comédie à son tour. Un large sourire vint illuminer les traits soulagés du jeune homme, qui déjà prenait une posture caricaturale du courtisan ordinaire.

« Ma Dame, le poète lui-même ne disait-il pas que l’on ne peut trouver de poésie nulle part quand on n'en porte pas en soi ? La Muse ne fait qu’éveiller ces penchants qui sommeillent en chaque homme. Aussi, je crois avoir trouvé l’inspiration en votre personne et il faut me pardonner mon audace, car c’est votre beauté qui l’encourage. »

Il s’inclina pompeusement, dans une posture aussi exagérée que sophistiquée, avant de saisir la main de la jeune femme pour y déposer un baisemain délicat. Il se redressa et adressa un sourire complice à celle qui l’observait de ses prunelles envoutantes. Le jeune homme sentait son cœur battre un nouveau rythme dans sa poitrine, celui de l’excitation. Ce jeu de scène, instauré entre elle et lui, lui insufflait de nouveaux émois, qu’il n’était pas mécontent d’expérimenter. Grâce aux masques, invisible pourtant, qu’ils avaient choisi de porter, ils semblaient pouvoir laisser libre cours à leurs inclinations naissantes, sans retenues. Sans l’ombre d’un doute, si on lui avait demandé, il aurait affirmé que la jeune noble était l’une des plus belles femmes du royaume, inconscient des autres beautés qui l’entouraient. Morzan inspira doucement, avant de murmurer à l’oreille de son interlocutrice quelques propos d’un ton charmeur.

« Et si ce n’est pas le souvenir qui m’a amené à vous, alors peut être était-ce un rêve que j’aurais autrefois imaginé ? »

Mais les aiguilles du temps ne pouvaient se suspendre plus longtemps, car s’ils étaient ici en cette heure, c’était bien à cause des tragédies qui s’étaient produites récemment et dont il convenait de se souvenir. Leurs responsabilités respectives ne pouvaient être ignorées plus longtemps et l’inconvenance d’une absence prolongée leur serait reprochée, surtout en ce qui concernait le roi. Certaines familles présentes dans la salle attendaient impatiemment l’occasion de lui parler de leurs pertes, familiales ou matérielles, et il n’était guère décent de les faire passer au second plan. Ces familles avaient besoin d’être renseignées, et même si les ministres ou conseillers pouvaient s’acquitter d’une telle tâche, seule l’approbation d’un monarque avait le don d’apaiser certains tourments. Retrouvant quelque peu son sérieux, il s’excusa de prendre congé aussi abruptement.

« L’idée de vous quitter déjà ne me ravit guère, mais les responsabilités qui m’incombent m’obligent à devoir le faire. Le tourment de nos concitoyens ne peut être ignoré, vous le savez mieux que n’importe qui. »

La jeune femme s’était trouvée mêlée à la foule apeurée, le cinquième matin, et elle devait savoir ce que représentait la douleur d’une telle tragédie, mieux que n’importe quel noble ne pouvant qu’imaginer l’horreur de la scène. Une nouvelle fois, le souverain se pencha pour saisir sa main délicate, savourant à nouveau le subtil plaisir du contact entre sa peau douce et fraîche et ses lèvres docilement posées par le biais d’un baiser. Puis, il se redressa et prit congé courtoisement, en invitant la jeune noble à venir le voir une autre fois, car « il lui tardait de la connaître » …
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