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 Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]

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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Mar 27 Avr 2010 - 16:56

Troisième Jour,
Quatorzième semaine de l'an 835,
En matinée

PV


D'excellente humeur, Elianä dévala les escaliers, ayant terminée de se vêtir et de souffrir entre les mains de sa camériste, qui l'avait coiffé. Mais à n'en pas douter, la jeune fille ressemblerait à un épouvantail avant le midi, au grand malheur de la servante, qui avait pourtant mis de l'ardeur à la tâche, comme bien souvent. Mais les cheveux de la noble étaient aussi indomptables que son envie d'en finir, ce qui rendait caduc la perte de toutes les épingles qui retenaient ses mèches en un ensemble ordonné.

Elle se présenta souriante à la salle réservée aux petits déjeuners, la trouvant vide de tout occupant. Les plateaux étaient malgré tout disposés sur une petite table, sur le côté, et les mets, café et lait étaient encore chaud (froid aussi, pour le lait), régulièrement contrôlés par les petites mains des cuisines. Elianä posa sa lecture matinale sur la table principale pour avoir les deux mains libres pour se servir une généreuse rasade de café, avec du lait et des croissants. Elle allait engloutir son petit déjeuner tout en profitant de l'ouvrage qu'elle avait pensé à prendre avec elle (les interventions des cultes dans les grandes décisions de ces dernières décennies, passionnant !), quand la mère de la jeune femme fit son entrée, lady Marelie Aziel'Da, noble dame dans le force de l'âge, mais au caractère toujours aussi entier.

- Bonjour maman, salua Elianä en se levant, par respect.
- Bonjour. Quelle est donc la dernière trouvaille ?
- Oh, s'exclama-t-elle, comprenant immédiatement le sens de la question de sa mère, partie se servir à son tour, cela parle des interventions des plus hautes autorités ecclésiastiques dans les grandes décisions prises ces dernières décennies, ce qu'elles ont apportées et la part de mérite des cultes dans celles-ci. Par exemple...
- Je vois, coupa gentiment la voix de la duchesse, peu désireuse surement d'écouter sa cadette monologuait sur sa lecture du moment.

Elianä sourit en retour, sans s'offusquer le moins du monde de ce manque de considération pour ce qu'elle racontait. Elle savait que la question (de pure politesse) ne demandait pas un exposé complet et précis, et l'un dans l'autre, mieux valait l'arrêter au début que quand elle était lancée depuis un bon moment.

- Tu es bien matinale, as-tu prévu quelque chose ce matin ?
- Oui, je pensais aller au marché, en ville... je serais bien sûr accompagnée par Aldarik, qui ne me lâchera pas d'une semelle ! compléta-t-elle avant même que sa mère n'ouvre la bouche pour lui faire la leçon.

Depuis les derniers événements qui avaient secoué leur famille, la matriarche portait une extrême attention sur les sorties de ses filles et opposait un non catégorique si plusieurs conditions n'étaient pas préalablement remplies : connaître les heures de départ et de retour, être accompagnée d'une escorte (Elianä d'Aldarik, Elönia d'un ou plusieurs gardes attachés à leur famille), connaître l'itinéraire utilisé, connaître la liste des personnes présentes lors de cette sortie et mettre éventuellement son véto si l'un d'eux ne plaisaient pas à Marelie. Ensemble d'informations qu'Elianä se dépêcha de fournir à sa mère, en omettant simplement de préciser une chose, minuscule, vraiment, mais qui amènerait forcément ce non catégorique que la jeune fille voulait éviter.

Mais cela faisait presque deux semaines... Depuis, Elianä craignait un retour en force, juste pour le plaisir de la mettre dans l'embarras alors qu'il (ce mystérieux 'il') n'était pas dans la liste verte des hommes de bonne compagnie pour une jouvencelle de bonne famille, à fortiori Elianä, d'après l'avis de sa mère. Deux semaines depuis son enlèvement par un chasseur de prime elfe, avec l'aide de son griffon qui lui avait lacéré les épaules pendant la balade dans les airs et qui lui avait tordu la cheville après l'atterrissage tout sauf en douceur. Puis les jours de fuite en forêt, aux abords d'Yswllyra, l'emprisonnement de son père alors qu'Elianä se trouvait encore éloignée des siens. Heureusement pour elle, cela n'avait pas duré.

Les hommes de son père l'avaient finalement retrouvé, sans devoir dépensé un tiwaz, et l'avait ramené en sécurité, dans la demeure de la famille à la capitale humaine. Les quelques jours qui suivirent ne furent pas de tout repos. Elianä s'était battue bec et ongle pour obtenir une audience en vu d'avoir des explications pour la conduite honteuse du seigneur Nordique, sans résultat. L'espoir lui était revenu quand elle avait appris que Morzan, abandonnant tout, s'était déplacé jusqu'à Yswllyra pour les mêmes raisons. Espoir à nouveau déçu, elle se voyait contrainte de rester à demeure, comme une enfant récalcitrante, ce qu'elle ne s'était pas gênée de devenir, avec les conséquences qu'elle ne connaissait que trop bien aujourd'hui.

Et enfin, la délivrance. Le procès gagné à peu de frais en comparaison du soulagement de retrouver Kadarin Aziel'Da et le retour à Eray. Tout cela sans l'avoir jamais vu, lui et son absence de culot qui lui donnait envie de hurler parfois, ou de le gifler comme il lui était arrivé de faire, par le passé. Ou qui donnait des envies de meurtre à Marelie, pour peu qu'il s'approche de trop près à ses précieuses filles. Mais c'était une habitude de la cadette, ne jamais écouter les conseils de sa mère. Contre toute attente, Elianä l'appréciait et avec lui, elle avait l'impression d'être vraiment une femme et non pas qu'une jument poulinière avec une forte dot, tout cela parce qu'il ne pouvait pas s'empêcher de flirter avec tout ce qui portait un jupon.

Marelie donna son accord et sa fille se leva, petit déjeuner avalé, pour l'embrasser sur la joue et se précipita pour rejoindre Aldarik qui l'attendait. Dans la confidence de la cachoterie de sa protégée, le soldat avait accepté de garder le silence, seulement parce qu'il savait qu'il l'aurait à l'œil, plus lui qu'elle. D'un bon pas, la noble rejoignit le point de rencontre facile d'accès, à une ruelle de la place du marché, qu'elle avait indiqué dans la missive qu'elle avait fait envoyé discrètement à Nuran. Ne restait, maintenant, plus qu'à patienter.

Spoiler:
 


Dernière édition par Elianä Aziel'Da le Sam 2 Oct 2010 - 14:23, édité 1 fois
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Nuran Terinfiel
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Mar 27 Avr 2010 - 20:21

Adossé au mur, une élégante silhouette patientait. Vêtue d’une longue cape sombre, dont les bords étaient brodés d’or et de rouge, elle semblait se fondre dans la semi-obscurité de la ruelle. Le bruit d’un marché tout proche couvrait n’importe quel son provenant des alentours. L’endroit était parfait. L’homme sourit. Un sourire de connaisseur. Carnassier. Vainqueur.
La seconde silhouette qui l’accompagnait, elle ne souriait pas. C’était même plutôt l’inverse. Elle semblait trembler de peur. Elle portait elle aussi une cape sombre, mais moins raffinée. Sobre mais de bonne facture, elle l’enveloppait presqu’entièrement. Seule dépassait la tête, dont la chevelure en bataille soulignait la présence d’un vent impétueux, mais aussi d’un réveil au saut du lit.

« Détends-toi Tovaràsh ! » fit la première silhouette, amusée par la frayeur de son compagnon.
« Mais Seigneur Terinfiel ! On est au cœur de la ville ! Il peut vous arriver n’importe quoi ! » s’exclama le plus discrètement possible l’infortuné camarade.

Nuran sourit à la façon dont eu son aide-de-camp de s’exclure des ennuis et de ne s’inquiéter que pour sa noble personne. Pourtant, le Général Ombre se trouvait particulièrement prudent en cachant ses riches et ostentatoires vêtements sous le drap de sa cape. Il portait également une simple paire de bottes que même le plus humble des soldats porterait. Sa longue chevelure d’ébène était cachée dans la capuche de sa cape. On ne pouvait distinguer de son royal visage que sa mâchoire carrée d’où un perpétuel sourire trônait.
Vallyn Tovaràsh de son côté s’était emmitouflé dans sa cape brune de simple soldat. Il avait les mêmes bottes que son supérieur, mais en beaucoup plus usagée. Ce qui était parfaitement normal vu que le jeune garçon avait du prêter ses nouvelles chaussures à son Général pour cette discrète escapade. Il pouvait sentir l’air frais entrer dans ses bottes et pourtant il ne pesta point contre son irrévérencieux Chef. Vallyn en était incapable, tout de dévotion qu’il était incarné.

« Et puis c’est une mauvaise idée… Vous allez vous faire repérer. Ca va encore jaser dans les chaumières… »
« Et tu vas encore être harcelé pour avoir tous les détails, mon pauvre Tovaràsh ! » ria Nuran.
« Ce n’est point drôle, Seigneur. » geignit le garçon, qui rentra sa tête un peu plus encore dans ses épaules au souvenir non agréable d’une ‘’discussion’’ qu’il avait eu avec les petites mains du château.

Quelle drôle d’idée tout de même ! Donne un rendez-vous galant à une gente demoiselle au marché d’Isandil ! Certes, ce marché valait le détour par tout ce qu’il pouvait bien vous proposer. Mais ce n’était certainement pas l’endroit le mieux approprié pour y entrainer une jolie jeune fille de bonne famille. Et surtout pas dans cette ruelle. Ca avait tout l’air d’un coupe-gorge. Et comme à son habitude, le Général y semblait parfaitement à son aise.
Nuran était capable de toute la patience du monde pour atteindre ses objectifs. Mais il n’empêchait qu’il avait hâte qu’elle arrive. Qu’il puisse à nouveau admirer à loisir sa jolie frimousse, ses courbes sensuelles, ses yeux de braises. Qu’il puisse enfin de nouveau s’amuser avec elle. Elle lui était d’un tel divertissement ! Bien que le dernier en date ne lui avait point plu... Bien au contraire. Il avait du ronger son frein et calmer ses ardeurs belliqueuses lorsqu’il avait apprit l’enlèvement de la belle. Les femmes Ombres étaient à lui et il ne supportait pas qu’on puisse attenter à leur vie ou leur sécurité – quand ce n’était pas lui qui était derrière la manœuvre. Heureusement, il n’eut pas besoin de moult stratagèmes pour convaincre son petit frère de se déplacer pour régler cette affaire qui devenait de plus en plus douteuses lorsque le père Aziel’Da fut emprisonné. L’affaire fut vite résolue et tout pu rentrer dans l’ordre. Ou du moins Elianä pu rentrer chez les siens. Car en effet, il s’agissait bien là de la cadette Aziel’Da. Nuran n’attendait personne d’autres ce jour-là dans sa ruelle favorite.

Soudain, Tovaràsh arrêta de greloter et se tendit comme un arc. Le sourire de Nuran s’accentua sous sa capuche. Deux silhouettes venaient à leur rencontre. Le parfum que portait le vent jusqu’à ses fines narines ne le trompait pas. Sa douce victime préférée s’était pouponnée pour lui. Il en était ravi.
Ils arrivèrent enfin à leur hauteur. Le jeu pouvait commencer.
Nuran se détacha souplement du mur et s’avança vers la jeune fille. Il se planta devant elle et lui fit une révérence digne d’une vraie princesse.

« Vous êtes en retard. » lui dit-il avant de relever la tête, les yeux pétillants, car elle ne l’était pas, et le sourire narquois de son prochain mouvement.

De sa main droite, il saisit le menton d’Elianä et susurra :

« Mais votre beauté si exquise vous pardonne... »

Plus loin derrière, Vallyn osa lever les yeux au ciel. C’était reparti pour un tour…
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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Dim 2 Mai 2010 - 13:35

Quand elle fut reconnue, Elianä repoussa la capuche de sa cape en arrière, pour dévoiler son visage et le sourire qui étirait ses lèvres fines. Derrière elle, à quelques pas de la jeune fille, Aldarik avait les yeux rivés sur Nuran, bien qu'il s'était légèrement -très légèrement- détendu en apercevant l'écuyer du Général Ombre. Au petit jeu d'empêcher ce séducteur patenté de profiter de la gentillesse de la noble, il ne serait pas trop de deux.

Le sourcils se la jeune fille se haussèrent à la remarque sur son supposé retard et ils se froncèrent à le voir s'incliner (se prosterner ?) devant elle. Elianä risqua un regard autour d'eux, une telle grandiloquence aurait beaucoup de mal à préserver leur anonymat dans les rues de la ville. Elle avait déjà eu du mal à faire accepter cette sortie, elle avait même mentit à sa mère pour en arriver là, il ne manquait plus que quelqu'un, attiré par la manège de Nuran, s'approche et les reconnaisse (surtout lui), et s'en était finit. Nuran se retrouverai la tête sur un piquet et elle était envoyée dans un couvent pour le reste de sa vie, après s'être laissée séduire par un tel homme. Rien que d'y penser, Elianä frissonna.

Mais au delà de ce simple cauchemar éveillé, elle était flattée. Elle ne devrait pas, Nuran complimentait toutes les femmes qui passaient à sa portée, sans distinction de rang, pour peu que la dame soit bien faite de sa personne et qu'elle ait un air avenant qui laisser penser qu'elle accepterait de bon cœur les avances d'une si distinguée personne. Et Elianä n'était rien de tout cela, même si elle laissait penser le contraire, étant donné qu'elle continuait envers et contre tout d'accepter de côtoyer un tel homme.

Elianä salua d'un sourire celui qui accompagné Nuran et surprise du geste de celui-ci, n'eut pas le temps d'anticiper le premier désastre de la longue liste de désastre de cette matinée. Les doigts sur son menton, Aldarik fut en un éclair auprès d'elle, retenant la main sur son visage. La jeune fille retint un soupir mal avisé et retira délicatement son visage de la poigne de Nuran, avec un air d'excuse. Elle posa l'une de ses mains sur le bras d'Aldarik pour l'apaiser et après quelques secondes d'avertissement, le soldat relâcha sa prise et reprenait sa place derrière la noble, non sans lancer un regard assassin envers le fautif.

- J'aurais surement apprécié ce compliment à sa juste valeur si je ne savais pas que vous dites la même chose à n'importe quelle femme, messire, répondit-elle, l'air de rien, les yeux pétillant de joie. Mais je suis rassurée d'apprendre que je suis pardonnée pour une faute que je n'ai pas commise. Je vous manquais donc tant que cela ?

Elle jouait avec le feu et elle sentit Aldarik se contracter à entendre l'invitation à une autre démonstration de 'manque' de sa personne, mais c'était seulement quand elle était avec Nuran qu'elle avait vraiment des réactions 'normales' de jeunes filles à marier, cherchant le meilleur parti possible, qu'elle flirtait. C'était une chose à laquelle elle ne se serait jamais attendue à ressentir et à faire un jour, et dans le cas où elle aurait cru une telle chose possible, elle n'aurait jamais osé faire cela avec un homme ayant le caractère qu'avait Nuran. Ou peut-être était-ce justement parce que Nuran était tel que n'importe qu'Elianä le connaissait que la jeune fille ne s'embarrassait pas de scrupules ou de pudeur. C'était un jeu pour lui, ce n'était pas sérieux, elle le savait, il le savait et à partir de là, rien de ce qui se disait entre eux ne dépassait le stade de l'amitié saupoudrée d'une touche de séduction sans enjeux.

- Allons y alors, si je suis tant que cela en retard. J'ai entendu dire qu'une troupe de baladins animait le marché aujourd'hui, je ne voudrais manquer cela pour rien au monde ! s'exclama-t-elle en prenant le bras de Nuran et en l'entrainant de force avec elle, du côté de la route piétonne.
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Nuran Terinfiel
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Ven 28 Mai 2010 - 11:24

Alors qu'il profitait pleinement de la vue qu'il s'était lui-même offert en prenant l'élégant visage d'Elianä entre ses doigts, un importun vint gêner sa contemplation. Le sous-fifre Aziel'Da lui attrapa fermement le poignet et le regarda d'un air mauvais et menacant. Nuran haussa simplement un sourcil hautain à l'encontre du gêneur et patienta. Elianä soupira et se dégagea. Nuran ne bougea point, observant son adversaire dans son prochain mouvement. Ce fut la demoiselle qui permit un dénouement sans heurt de ce petit accrochage. Elle sembla apaiser son suivant qui au bout de quelques secondes finit par lâcher le poignet de Nuran. Le Chef des Armées ne prit pas la peine de se masser l'articulation, montrant ainsi qu'il n'avait pas été malmené par l'importun.

Vallyn, derrière lui, déglutit enfin. C'était exactement le genre de situation qu'il n'aimait vraiment pas. Il savait son maitre calme et patient. Mais il le connaissait aussi impétueux et impulsif. L'écuyer avait eut peur l'espace d'un instant que son Général, dans un mouvement d'humeur, ne passe le palefrenier par la pointe de son épée. Car en effet, le Chef des Armées ne quittait pas la Forteresse sans son glaive. Encore qu'il était toujours armé. Une dague se dissimulait aisément dans l'amplitude de ses étoffes.

La voix de la demoiselle ramena l'attention des hommes sur elle et le sourire de Nuran.

« Vous n'avez pas idées. » répondit-il simplement à la question de la demoiselle.

Bien évidemment qu'elle lui avait manqué ! Son jouet préféré avait été très occupée ailleurs, voir trop, pour ne pas lui rendre une petite visite à lui ! Nuran ! Rien que pour se venger de cet indifférence passagère, il comptait bien s'amuser cet après-midi là.
Et apparement, autant qu'elle ! Joyeuse et pimpante, Elianä saisit le bras de Nuran et s'élança guillerette en direction de la rue piétonne. Le noble Ombre la suivit quelques pas, surpris par son action soudaine et par la force dont elle faisait preuve. Il se reprit néanmoins vite et avant que Vallyn ou l'autre écuyer n'eut le temps d'ouvrir leur bouche, Nuran se stoppa. Ses pieds bien encrés au sol, il n'avança plus et retint par la même occasion sa demoiselle déséquilibrée par le brusque changement de rythme. Il libéra son bras, passa derrière la jeune fille et posa ses grandes mains sur les frêles épaules. Nuran se pencha en avant.

« Tant de joie remplit mon coeur d'allégresse. Mais ne serait-il point mieux de couvrir nos identités avant de nous jeter corps et âmes en pâture à la populace ? » susurra-t-il à son oreille.

Toujours avec son sourire de propriétaire, il éloigna de quelques centimètres son torse, attrapa délicatement la capuche et la rabattit sur le haut du crâne de sa compagne. Il s'écarta enfin et saisit sa propre capuche pour la mettre en place également.

Derrière eux, Vallyn s'interposait entre le couple et le vassal furibond à force de gestes apaisants. L'écuyer du Général savait parfaitement que son maitre avait horreur d'être dérangé pour rien alors qu'il mettait en valeur la beauté d'une dame, selon ses propres mots. Mais il reconnaissait également la légitimité de la colère noire de son collègue.
Finalement, comme Nuran reprenait une distance courtoise avec la demoiselle, Vallyn put cesser son manège.

« Voilà qui est parfait. » fit le Chef militaire en regardant sa compagne dans son entier. Il lui tendit alors son bras droit pour qu'elle le prenne. « Allons donc voir la grande place. Vos baladins doivent s'y trouver. »
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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Mer 9 Juin 2010 - 14:54

Elianä ne pouvait que remercier la présence d’esprit de Nuran et son manque de réaction quand Aldarik, prenant sa mission à cœur, l’avait empêché de trop s’approcher d’elle. La jeune fille ne désirait pas que les deux hommes en viennent aux mains pour des broutilles -pour elle- ainsi, en pleine rue. Elle ne se souvenait pas non plus d’avoir un jour parlé de son protecteur à Nuran, pour qu’il comprenne pourquoi le soldat se comportait de cette manière avec elle.

Aldarik n’avait rien d’un palefrenier. Ancien membre de l’armée régulière du royaume Ombre, il avait quitté les rangs pour une raison inconnue d’Elianä. A ce jour, hormis son propre père, personne dans la famille ne connaissait le pourquoi du comment, mais il avait été engagé sans autre forme de procès par son père, d’abord pour assurer sa sécurité à l’extérieur. Avec sa carrure, Aldarik faisait réfléchir à deux fois à toute personne voulant s’en prendre à Kadarin Aziel’Da. Puis Elönia était née, puis elle, Elianä. Sans perdre son rôle premier envers l’heureux père et à mesure que la petite fille qu’elle avait été grandissait, l’attention du soldat s’était portée vers elle. L’enfant qu’il n’avait jamais eu, supposait Elianä. Elle l’adorait comme le second père qu’il était pour elle et la jeune fille se rappellerait toujours de lui comme celui qui la grondait quand elle faisait une bêtise (après sa mère certes), celui qui lui avait appris à rester en selle sur son premier poney, celui qui pouvait la consoler à chaque peine… Assurément, ce serait stupide tant pour Nuran que pour Vallyn que de sous-estimer l’homme. Il savait manier l’épée et toute autre arme blanche bien avant qu’ils ne naissent tous et avait bien plus d’expérience qu’ils ne pourraient jamais en avoir.

La tension finit malgré tout par se dénouer d’elle-même, pour le plus grand soulagement de la noble. Elle se retrouvait impatiente de voir la troupe. Mais dire qu’elle avait été surprise par le brusque arrêt de Nuran était bien loin de la vérité. Elianä se voyait déjà le nez dans la poussière si les bras du général ne l’avaient pas retenu. Tant de prévenance (croyait-il donc sincèrement que tout à chacun se retournait sur son passage ou la reconnaissait dès qu’elle mettait le nez dehors ?) la fit rougir, plus encore quand elle remarqua le manège de l’écuyer avec ce cher Aldarik.

- Merci, mais vous savez, il y a plus de risques que l’on vous reconnaisse vous que moi… Je… il est bien rare que l’on fasse attention à moi, expliqua-t-elle en haussant les épaules.

Elianä repoussa une mèche de cheveux qui lui barrait le front et offrit un nouveau sourire à Nuran, acceptant de bonne grâce le bras qu’il lui offrait. Elle espéra même que cette politesse n’allait pas faire enrager son chaperon bien malgré lui, car après tout, ce n’était que la politesse élémentaire, il devrait être rassuré de voir que Nuran savait (parfois) bien se tenir et pouvait faire ce que l’on attend de tout gentilhomme envers une femme.

Et à mesure que leur étrange convoi s’approchait de la place du marché, l’excitation d’Elianä montait. Le bruit augmentait de volume, tout comme le nombre de badaud qui comme eux se dirigeait vers les étals des marchands. Dans leur cas (ou le sien ?), ce serait même plutôt l’estrade de fortune qui accueillait plusieurs hommes et femmes en costumes bariolés. Chacun devait parler haut et fort pour couvrir les harangues des commerçants vantant leurs produits.

Elianä serra sans le vouloir un peu plus fort le bras de son accompagnateur, les yeux brillant par avance du plaisir qu’elle avait de pouvoir profiter du spectacle de ses artistes itinérants.

- Est-ce la première fois que vous allez voir à l’œuvre ce genre de troupe de spectacle ? demanda-t-elle à Nuran, légèrement tournée par politesse vers lui, bien qu’en réalité, il était bien plus captivant d’observer les baladins.
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Nuran Terinfiel
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Jeu 10 Juin 2010 - 19:25

Nuran était satisfait de son petit effet : Elianä avait rougit. Et elle n'en était que plus mignonne. Il profita un instant du spectacle. Ce fut à ce moment-là qu'Elianä prononça une phrase qui le surprit.
Malgré son étonnement, il fit comme si de rien n'était mais ne put s'empêcher de conclure plus pour lui même que pour sa compagne.

« C'est un mal qu'il faudra s'empresser de réparer. » chuchota-t-il.

Nuran eut comme un sourire espiègle. Il mijotait déjà quelque chose pour qu'Elianä reçoive toute l'attention qu'elle mérite. Elle saisit alors son bras et la petite troupe s'élança sur les pavés du marché d'Isandil.

Ce dernier était aussi bruyant qu'à son habitude. La vie y était le plus magnifiquement représentée. Des marchands vantaient leurs produits à grands cris, les visiteurs et potentiels consommateurs voguaient ça et là, se faufilant parfois pour avancer parmi la foule qui se faisait de plus en plus dense. Leur petit groupe dut se serrer un peu plus les uns au autres pour pouvoir passer par certains endroits. Nuran n'en était que plus ravi. Il jubilait même, certainement plus du fait de faire enrager le protecteur et chevalier servant de son amie que du contact chaleureux qu'il sentait contre son bras et son corps. La demoiselle resserrait sa prise et Nuran ne put s'empêcher de glisser un regard vers elle. Malgré la capuche de la jeune fille, il put voir son visage illuminé, ses yeux brillant de milles feux qui scrutaient et admiraient tout ce qui se trouvait autour d'eux. Le rose lui était resté aux joues. Le Général détacha son regard pour voir où ils mettaient les pieds. Il s'agissait quand même de rester debout malgré la cohue dans laquelle ils se trouvaient à présent qu'ils s'étaient rapprochés de l'estrade. Les baladins étaient là. Ils se préparaient pour leur spectacle. On pouvait les voir s'échauffer tandis qu'un homme déguisé en bouffon amusait la foule pour la faire patienter.
Nuran étudiait son costume lorsque la voix d'Elianä le ramena à de plus beaux paysages.
Ses yeux le fixaient et ses lèvres rosées bougeaient. Nuran se fit violence pour écouter ce qu'elle lui demandait. Il avait beau être habitué à contempler des merveilles, il lui arrivait encore de se perdre dans un élan de contemplation. Ce qui l'amusait. Ce fut donc avec un sourire en coin qu'il répondit à la demoiselle.

« Ma chère amie, je vous apprendrais que j'ai vécu ici ma tendre enfance. Ce marché est ma seconde maison. Ma première même. Ce genre de spectacle constituait alors le plus beaux de tout les divertissements. Je connais même certain des acteurs que vous allez voir. Tiens ! Et si on allait les saluer ? » conclua-t-il le sourire éclatant d'un garnement fier de sa prochaine bêtise.

Sans attendre de réponse, il attrapa le poignet d'Elianä et se mit à marcher à grand pas vers l'arrière de la scène. Bien évidemment, leurs deux acolytes les suivaient de près. Nuran pouvait même entendre Vallyn geindre derrière lui qu'il existait sûrement meilleur façon de montrer un chemin à une lady, tandis qu'Aldarik devait sûrement s'imaginer jouer aux fléchettes sur son portrait. Mais cela n'arrêta pas Nuran.

Ils réussirent finalement à franchir l'épais barrage humain que constituait la foule de spectateurs et ils atteignirent l'envers du décor sains et saufs. Là, au moins, ils avaient un peu plus d'espace pour se mouvoir. Sa capuche rabattue, Nuran étalait son identité comme un passe-droit, ce qui marchait remarquablement bien en l'occurrence. Soudain, il s'approcha d'un homme en costume et l'interpella.

« Hé là, mon ami ! »

Ce dernier se retourna, surpris. Puis son visage s'éclaira et un franc sourire parcourait ses traits.

« Nuran Terinfiel ! Petit vaurien ! Que fait sa majesté dans mes modestes coulisses... » il s'apprêtait à lui donner l'accolade quand il remarqua que le Chef des armées n'avait pas lâché la main de sa compagne. « … en si charmant compagnie? Mademoiselle. » salua le baladin d'une courbette.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Jeu 24 Juin 2010 - 10:50

La foule qui se pressait habituellement sur les parquets cirés des salles de bal de la noblesse n’était en fait rien comparé à celle qui se pressait sur la Grand’Place où se tenait le marché. C’était d’abord plus vivant en ville, car même si la musique était de bon ton pendant les soirées de la noblesse, personne ne se serait permis de parler haut et fort, comme les marchands derrières leurs étals. C’était ensuite tout autant coloré, mais les odeurs étaient plus nombreuses, plus vivaces, plus délicieuses.

Pour un peu, la jeune fille regretterait presque de ne pas avoir une ou deux paires d’yeux supplémentaires. Heureusement même que Nuran était présent pour la guider, car elle serait surement rester sur place, sans bouger, pour réussir à englober toute cette vie. Ce n’était pas la première qu’elle venait au marché de la cité. Mais à chaque fois, la noble se laissait happer par cette sensation induite par le manque d’habitude de côtoyer le petit peuple Ombre. Et toute entière tournée vers ce qui les entourait, Elianä ne prenait pas garde à ce que pouvait bien dire l’écuyer du général ou penser sa propre escorte du rapprochement entre sa protégée et l’homme à abattre.

Sa question trouva vite une réponse et Elianä se mordit la lèvre de ne pas avoir réfléchit avant de parler, bien que Nuran ne paraissait pas s’être assombrit en revenant sur son enfance, loin d’avoir été dorée. Sa reconnaissance en tant que fils de pairs du royaume s’était faite sur le tard et avait fait les choux gras de la noblesse et le délice des douairières qui raffolaient des ragots. Entre l’écart de conduite du noble père de Nuran, sa vie passée dans les rues avant d'être reconnu, en passant par sa nomination en tant que général des armées Ombres, tout avait été passé au peigne fin avec délectation. Elianä était bien jeune quand il avait été introduit à la Cour, mais cela revenait assez souvent dans les conversations mondaines (à chaque écart de conduite, généralement) pour qu’elle en sache tout autant que n’importe qui. Et elle trouvait ce rappel du passé assez indélicat de sa part.

Elle sourit, mais son sourire perdit peu à peu d’intensité quand il parla d’aller voir les acteurs qui constituaient la troupe de baladins. Ses yeux s’écarquillèrent de surprise et Elianä ralentit instinctivement la cadence de leur marche.

- Comment cela ? Maintenant ?

Elle n’eut pas d’autre choix que de suivre Nuran, tandis qu’elle réfléchissait déjà à ce qu’elle allait bien pouvoir dire. Ce n’était pas le moment d’être timide et Elianä dut se faire violence pour ne pas faire demi-tour et attirer Nuran vers un autre coin du marché, moins dangereux. Elle ne fit pas plus attention à sa main dans celle de l’homme qu’elle n’avait fait attention au fait qu’elle avait été dans l’obligation de se serrer contre lui si elle ne voulait pas finir asphyxier.

Ils arrivèrent trop vite au goût de la jeune fille jusqu’à la scène qui accueillerait le spectacle et la noble ne jeta qu’un œil distrait vers le bouffon qui amusait la foule pour les faire patienter, alors que dans d’autres occasions, elle aurait prit plaisir à rire des facéties du baladin. Le chef de la joyeuse troupe arriva lui aussi trop vite à eux et par politesse, Elianä repoussa la capuche qui couvrait sa tête de sa main libre.

- Bonjour, Elianä, se présenta-t-elle, sans citer son nom. Elle savait l’effet qu’il faisait généralement sur les gens pour s’en passer. Excusez-nous de vous déranger, finit-elle, baissant les yeux à la fin de sa courte tirade, prise d’une soudaine timidité qui la paralysait.

L’homme était immense et la dépassait de plusieurs centimètres. Admirablement bien bâtit, il pourrait faire peur si il n’y avait eu le perpétuel sourire qui ourlait ses lèvres et la bonne humeur contagieuse qu’il distillait à ceux qu’il croisait. Mais ce talent ne fonctionnait visiblement pas sur la noble, qui s’était rapprochée de Nuran, qui connaissait bien mieux qu’elle l’homme.

- Que nous vaut le plaisir de cette visite surprise ? redemanda-t-il, plus respectueux maintenant qu’il avait découvert la petite chose qui accompagnait l’impénitent séducteur.

A n’en pas douter, le baladin était surpris, peut-être parce qu’il n’avait pas l’habitude de trouver le célèbre Nuran Terinfiel avec une si frêle et timide jeune fille, après les femmes d’expérience qui avaient la préférence de son invité.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Lun 30 Aoû 2010 - 19:17

Nuran s'amusait follement de la situation, savourant à l'avance son méfait. D'autant plus qu'il sentit Elianä se rapprocher de lui tandis que Seamus, le chef baladin, se faisait plus inquisiteur.

« Et bien, vois-tu, mon amie ici présente rêve depuis toujours de fouler tes planches. Une comédienne cachée si on veut. Alors je me disais : pourquoi ne pas profiter de ce si beau jour pour réaliser un rêve ? Oui, je me fais l'effet parfois d'un bon génie. Quand dis-tu ? Cette demoiselle sierrait parfaitement dans ton ballet. »

Le baladin se releva et étudia Elianä. De la tête au pied. Et plus il avançait dans son inspection et plus son sourire se faisait franc et ses yeux s'illuminaient.

« Oh oui... Je vois... » murmura-t-il. Puis se tournant vers Nuran : « Entendu vaurien ! Ta belle peut monter avec nous. » Il se détourna un instant d'eux pour crier : « Esmeraldia ! Veux-tu venir ! J'ai une cliente pour toi ! »

Une élégante Ombre se détacha alors du rideau et vint à leur rencontre. Ses formes généreuses sautaient aux yeux autant que par leur présence que par les mouvements que faisait la femme pour se déplacer. C'était inhabituel de voir pareil spectacle chez cette race, mais pas impossible. Un bon nombre de maternité devait amplement suffire, se dit Nuran.

« Voyons voir Minette ! » fit cette dernière avec un accent et un argot digne d'une saltimbanque.

Nuran poussa Elianä vers la généreuse figure maternelle, sans se départir de son sourire. Il n'entendit rien de ses protestations, pas plus que les baladins. Le Général se tourna vers son ami un instant pour le remercier. Lorsqu'il voulut voir l'expression du visage de sa compagne, il s'aperçut qu'elle n'était plus là. Sans doute partie avec Esmeraldia dans des coulisses pour plus de discrétions. Nuran avait hâte de voir le résultat. En attendant, Seamus l'invita à s'installer aux premières loges.

Placé à l'angle gauche de la scène – pour les acteurs évoluant dessus – Nuran s'impatientait. Les regards meurtriers mais silencieux du chaperon de la cadette Aziel'Da n'aidaient pas. Vallyn n'aurait pu être aussi contrit qu'il ne l'était à ce moment-là. Il ne savait plus sur quel pied danser, lui qui voulait éviter à tout pris tout incident. Il n'avait définitivement pas prévu ce rebondissement et souhaitait de toute son âme que le vieil homme sâche garder son sang-froid.
Puis Seamus monta sur scène, dans son habit d'apparat. Il chassa ainsi les intermittents qui égayait la populace entre deux actes. La voix forte de baryton de l'ami du général s'éleva au-dessus de la foule, attirant son attention.

« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs et vous autres brigands ! J'ai le plaisir de vous annoncer qu'aujourd'hui nous avons la joie et l'immense honneur d'accueillir une invitée parmi nous ! Elle nous fait le bonheur de partager avec nous ce moment de fête ! Faites lui l'accueil qu'elle mérite ! Je veux sentir la chaleur émaner de vos paumes ! Mesdames, Messieurs ! Que le spectacle commence ! »

De petites bombes explosèrent, créant un nuage de fumée. La cape rouge de Seamus virevolta et il disparut.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Jeu 9 Sep 2010 - 16:45

- Que... Quoi ?!

L'horrible mensonge proféré par Nuran mit du temps à remonter jusqu'au cerveau de la jeune fille, à être analysé, décortiqué et compris, finalement. Elle, montait sur les planches ? Qu'elle était encore cette idée ! Mais Elianä n'eut pas le temps d'approfondir plus avant cette réflexion, qu'une femme, diablement belle, était mystérieusement apparue et s'empressait déjà d'enlever la noble à l'attention des deux hommes. Même pas le temps pour un regard désespéré, non.

Tous les regards convergèrent vers elle dès qu'elle passa sous la tente qui servait de loges, où les différents baladins se préparaient et patientaient jusqu'à ce que cela soit leur tour de passer et de profiter des applaudissements du public. Elianä sentit ses joues chauffées sous l'examen attentif dont elle était l'objet de la part de toutes ses paires d'yeux braqués sur elle. Assurément, ils ne devaient pas avoir l'habitude de quelqu'un comme elle. Et comme elle, elle sous-entendait une noble. La jeune fille n'avait jamais remarqué comme la différence entre elle et d'autres de plus basses extraction était visible, quand bien même faisait-elle des efforts pour gommer ce contraste. Elianä ne se sentait pas au dessus de ces gens, loin de là.

D'une certaine façon, elle enviait leur vie de bohèmes. Si elle avait le privilège de l'argent, les baladins avaient le privilège de la liberté. Où que ce soit, ils étaient accueillis avec joie, pour le fugace instant de bonheur qu'ils offraient avec leur spectacle, cette joie de vivre qu'ils communiquaient à quiconque voulait bien les accepter. Leurs tenues bariolées ravissaient les pupilles d'Elianä qui se sentait rajeunir, quand elle s'émerveillait encore de peu de choses. Ils étaient simples, leur salutation était exempte d'une quelconque trace de servilité qu'elle pouvait parfois percevoir chez d'autres, l'intégrant dans leur étrange groupe avec une gentillesse désarmante, comme si elle n'était pas paralysée de peur face à eux.

Esmeraldia lui présenta son partenaire, ce qui eut le mérite de ramener la noble à des considérations plus urgentes. Son air de bête traquée fit rire la matrone Ombre et son camarade, qui firent de leur mieux pour la mettre à l'aise. Le second -Dehal apprit-elle- lui confirma même qu'il serait son cavalier. Mais cavalier de quoi ? En même temps qu'Emeraldia lui présentait diverses tenues (elle allait mourir de honte avant d'être montée sur scène !), Dehal eut la bonne idée de lui expliquer de quoi il en retournait. Les choses étaient simples, si on pouvait dire cela, elle n'aurait rien à faire, en dehors de se laisser conduire et de garder les yeux rivés sur lui.

- Tout est dans l'intensité du regard, expliquait-il. Contrairement à ce que l'on peut bien croire, ça n'a rien d'indécent, les gens ne comprennent rien aux langages du corps et à tout ce que l'on peut transmettre avec la danse !

Elianä voulait bien le croire, mais cela ne la rassurait nullement sur ce qui l'attendait.

¤¤¤¤

Elianä tremblait et sentant son appréhension, Dehal serra un peu plus fort ses mains qu'ils tenaient entre les siennes. Ni lui ni Esmeraldia n'avaient voulu lui donner plus d'explications, ni même une précision sur cette fameuse danse, encore moins sur la musique. Mais étrangement, alors qu'elle ne les connaissait finalement pas, la noble avait confiance. Elle aimait danser, même si elle avait plus l'habitude des valses et des quadrilles, et elle devrait bien pouvoir s'en sortir avec celle-ci, surtout si son implication se résumait à suivre les impulsions de Dehal et le regarder dans les yeux. L'Ombre était beau garçon, pas désagréable du tout, il avait de l'humour, de la prestance et Elianä se sentait bien avec lui.

La fumée finissait de se dissiper et lâchant ses mains, Dehal avait passé l'un de ses bras au creux de ses reins, tenant toujours fermement la seconde. Il était plus grand qu'elle et la jeune fille dut lever la tête pour faire ce qu'on attendait d'elle. Seamus avait disparut de la scène et la musique, invisible, se mit à s'élever.