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 Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]

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Elanna O'wen
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MessageSujet: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Mer 28 Avr 2010 - 21:19

An 835, Quatorisième semaine.

Deuxième Jour, Après-midi.


Níniel Faëlivrin.

Un nom, elle n’avait que cela, elle voyait à qui correspondait le visage, une ministre parmi d’autre. En fait non. Elle devait la mélanger avec une autre, elle ne savait plus. Quelle lacune, mais ces conseillers et nobles se ressemblaient tant dans leurs habitudes…

Elle l’avait convoquée. De manière courtoise, la priant de bien vouloir accepter de la voir pour un entretient ayant comme sujet principal, la magie. C’était la ministre de la magie, après tout, il était tout à fait normal qu’elle la convoque afin de parler de cela et de politique accessoirement. Elle verrait si son interlocutrice était plaisante ou non.

Elle savait que c’était une de ces filles de noble au rang prestigieux. A vrai dire, Elanna aussi était de cette noblesse. Mais elle n’était plus de ce monde là, elle était devenue différente. Elle ne marchait pas d’une démarche gracieuse et féminine, mais d’un pas posé et puissant. Elle ne parlait pas avec un raffinement étudié, elle aboyait ses ordres.
Elle aurait été un homme que cela n’aurait rien changé, gagner sa place avait été rude, et à présent, qu’elle atteignait déjà ses 163 ans elle se sentait mature et bien dans sa peau. Au grand jamais elle ne retrouverait sa vie de salon. Sa sœur lui avait demandé pourquoi elle ne songeait pas au mariage et à fonder une famille. Il était temps d’y penser maintenant, après cela serait trop tard. Elanna chassa ses pensées de manière courroucée. Les remontrances de sa sœur la poursuivaient jusque là.

Elle aurait pu fixer le lieu dans ses appartements à la tour Céleste, cela aurait sans doute mieux convenu à la noble. Mais elle avait préféré faire cela au Donjon, son royaume à elle. Elle aimait son bureau, grand spacieux, et surtout au calme. Elle pouvait y réfléchir et se reposer sans être dérangée par des domestiques.
Elle laissa son regard parcourir le mur où étaient accrochées diverses armes. Elle les admira un instant, puis regarda le désordre sur son bureau, les cartes amoncelées, le poignard planté dans le bois, les livres, une vieille chaussette…


- Diable, qu’est-ce que cette chaussette fait là ?

Elle se saisit de l’objet du crime, c’était bien la sienne, où était passé l’autre ? La ministre allait bientôt arriver, elle n’était pas habillée ! Seigneur !
Elle avait le matin, enfilé son armure lourde pour un entraînement, mais ne pouvait décemment pas la garder, surtout qu’on étouffait dessous et qu’il faisait chaud. Elle avait donc ôté tout son attirail, et c’était une chose qui prenait du temps. Elle avait noué ses cheveux en un chignon désordonné pour aérer sa nuque et en chasser la transpiration, et s’était rapidement toilettée. Avait enfilé un pantalon de toile moulant, cherché en vain la deuxième chaussette.
Elle était entrain d’enfiler une chemise quand on toqua à la porte.

Déjà ! La chaussette vola, et atterrit plus loin sur le plancher, elle enfila la deuxième manche de sa chemise, pour s’apercevoir qu’elle l’avait enfilée à l’envers ! Putréfaction !

Elle tourna la chemise, et ne prit pas la peine de la fermer, laissant apparent un chemisier crème simple.

- Entrez.

Elle affiche un sourire aimable envers son interlocutrice, en ajustant machinalement la chemise. La tenue pourrait la déconcerter, en effet, ce n’est guère souvent qu’on est reçu par une dame en vêtement léger. Un pantalon fin et moulant, un chemisier laissant apparaître un décolleté insolant et une chemise jetée sur ses épaules pas même boutonnée. Les cheveux dignes du plus grand champ de bataille du siècle. Et puis elle allait pied nu, ayant égaré une chaussette, elle n'avait pu enfiler ses bottes.
Cela aurait pu faire rire, seulement c’était Elanna, et non une quelconque dame. Son charisme n’en était pas affecté, elle était sans doute même plus impressionnante ainsi ses habits laissant entre apercevoir une musculature puissante à faire pâlir de jalousie la plus part des hommes.

Debout, droite, une main sur la hanche, elle n’était assurément pas de ces dames coquette et à la tenue irréprochable, mais on ne pouvait pas ignorer que c’était quelqu’un d’important.


- Bienvenue dans mon lieu de travail, mademoiselle Faëlivrin.

Elle relève alors ses yeux émeraude, et les plonge dans ceux de la femme pour l’observer.

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Dernière édition par Elanna O'wen le Sam 8 Mai 2010 - 20:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Mer 28 Avr 2010 - 23:00

    Il devait être midi. Son estomac implorait qu’on le nourrisse et sa gorge qu’on l’abreuve. Nìniel venait de passer une matinée entière sous la fournaise ardente du soleil à ressentir le vent. Elle se trouvait près du temple, penser que Baldr et tout ses congénères étaient près d’elle l’aidait à trouver le souffle au fond de son âme. Toutefois, elle peinait grandement à se surpasser, c’était si inhabituelle pour une femme méthodique comme elle. Elle ne pouvait pas être arrivée au summum de ses capacités avec des résultats médiocres comme ceux-là. Une énième fois elle retenta ce maudit sort. Elle ferme les yeux et calque sa respiration sur les battements de son cœur. Elle lève son fébrile bras droit devant elle, lentement, l’index et le majeur pointé vers le ciel. Dans un murmure, elle parle la langue des airs.

    - Zéphyr

    Une fraction de seconde. Rien. Pas un bruit, seul le chant envoutant des oiseaux qui se donnent à cœur joie en ce mois printanier. Elle sent une légère brise qui lui caresse la joue, parcourt son corps et soulève sa longue chevelure jais. Aucun signe d’une manifestation magique quelconque. Pourtant, elle reste concentrée puis son rythme cardiaque augmente, très rapidement. Un frisson glacial lui parcourt l’échine puis soudain ses pieds se dérobent et elle ne contrôle plus rien, s’écroulant à terre.
    La jeune ministre, s’appuyant sur ses mains, se releva tant bien que mal. Son esprit semblait s’être absenté momentanément, la laissant dans un état second. C’est debout, seulement, qu’elle sortit de ce coma brumeux. L’elfe était furieuse, elle serra son poing jusqu’à craquement. Ses yeux toujours clos tout comme son cœur. Quelle déception, plus intense à chaque essai.

    - Par Baldr, mon entêtement finira par avoir raison de moi, siffla-t-elle entre ses dents d’une blancheur divine.

    Ouvrant ses yeux bleus d’encre, elle épousseta sa tunique blanche qui lui descendait à mi-cuisse. Cette tenue accentuait son teint blafard, son ventre se noua. Les premiers pas jusqu’à sa monture furent hésitant. Nìniel, une fois bien installée en selle, mit le Sleipnir au galop. Elle avait été convoquée par la chef des armées, dans son bureau. Une missive des plus nobles, des termes militaires. Apparemment rien qu’à l’écriture c’était une femme de caractère. Elle se devait de se rafraîchir avant de s’y présenter et surtout de mettre un terme au vociférées de son ventre.
    Nìniel monta sereinement les marches jusqu’au donjon ou siégeait la chef. Des petites gens s’affairaient à toutes sortes de tâches. Certains portants des cartes, d’autre des dossiers. Elle pensa que c’était une chance que d’avoir comme principal occupation de l’après-midi un entretien avec un des conseillers les plus gradés. Quel honneur pour la jeune fille en fonction depuis à peine quelques mois.
    Arrivée à la porte massive, plus importante que les autres du couloir. Elle toqua légèrement. De suite une voix affairée lui répondit, l’invitant à entrer. Nìniel poussa l’immense porte, découvrant un bureau de haut fonctionnaire de l’armée. Des cartes disséminées, avec dessus, des trajets, des points de convergence, des stratégies. Ce côté l’intéressa bien plus que l’arme planté dans le riche bois du bureau.

    - Bienvenue dans mon lieu de travail, mademoiselle Faëlivrin.

    - Quel satisfaction de mettre enfin un visage sur votre nom, répondit-elle en faisant une légère révérence.

    Elle scruta la femme qui était, d’apparence, son contraire le plus flagrant. Musculature développée, teint basané. Une chevelure rousse relevée dans un rapide chignon. Son apparence du moment était bien loin de ce que sa réputation rigide laissait entendre. Une légère chemise et un pantalon de toile. Comme quoi les rumeurs sont belle et bien trompeuse ou était-ce un jour inhabituel ? Malgré cela son visage exigeait le respect, un des seuls points qui leur était commun, pour l’instant. Nìniel s’approcha de la femme, prenant soin de se diriger à l’opposé du poignard qui fendait la table.

    - Inutile de vous dire la stupéfaction que j’ai ressentie quand j’ai pris connaissance de votre invitation. Non pas qu’elle me déplaise, Ò grand Baldr loin de là. Toutefois je dois vous avouer que ma connaissance des armes est plus que médiocre ou plutôt de leur utilisation.

    Nìniel fit le tour des lieux observant la bibliothèque richement garnie. Des volumes, des manuels de guerres. Tout était méthodiquement rangé, apparemment maniaque tout les manuscrits étaient à part, les méthodes d'autres. La chef des armées ne manqua pas à ce point de sa réputation: une maniaquerie abusive - ordre militaire. Ne s’autorisant pas le droit de mettre mal à l’aise son hôte, la ministre décida de poursuivre son récit. Éducation noble exige.

    - D’ailleurs même les amazones n’ont pas réussit l’exploit de m’en faire manier une, dans les 2 ans pendant lesquelles j’ai vécu parmi elles. En revanche, si vous avez un quelconque besoin de ma magie, je vous suis entièrement dévoué.

    La ministre cessa sa contemplation des ouvrages de toutes sortes et se tourna vers Elanna. Un sourire angélique sur les lèvres mais le visage toujours neutre. Elle essayait, comme à son habitude de donner une image d'elle correcte, sans défauts. Un sourire peut cacher tellement de chose. Cet aphorisme avait été formulée pour Nìniel même.

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Elanna O'wen
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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Jeu 29 Avr 2010 - 10:00

Elanna détestait ce genre d’instant. Elle n’avait pas pu enfiler son armure légère qu’elle portait habituellement, n’était pas coiffée, c’était d’un manque de rigueur à vomir. Mais puisque vomir sur les pieds de son invitée était un acte plus répugnant encore elle se retint. Enfin, elle aurait aussi pu lui présenter des excuses maniérées pour la tenue, mais elle ne s’était pas sentie suffisamment motivée. Elle était fatiguée, son corps protestait contre l’entraînement violent qu’elle lui avait fait subir le matin même.

Et si elle ne présenta pas d’excuses se fut à cause d’elle également, Nìniel… oui, d'ailleurs c'était même plus à cause d'elle que d'une quelconque lassitude. Même si elle s'était persuadée du contraire.

En relevant les yeux, son cœur avait manqué un battement.
Elle était restée un quart de seconde interdite devant la beauté de son interlocutrice. Certes, tous les enfants de Baldr sont beaux, mais il y avait en elle, autre chose. Ce n’était pas tant la courbe de son profil, le galbe de ses lèvres ou le bleu de ses yeux, mais autre chose, de plus profond.
Ni dans le maintien, chaque dame de la cour en avait un égal. S’en était lassant de perfection. Et elle se délectait souvent des regards qui se retournaient sur son passage et sa démarche à elle.

Il y avait quelque chose de sombre en elle. L’instinct de la Chef des Armées le lui soufflait. Elle avait une attitude distante, maniérée, peut-être se voulait-elle amicale mais elle n’y parvenait pas tout à fait. Il y avait une faille à peine perceptible. C’était le genre de biche fragile qui vous donnait l’envie de les protéger tant on a l’impression qu’elle va se briser si on l’effleure. C’est l’impression qu’eut Elanna en tout cas en observant rapidement le corps frêle et gracile. Elle n’oserait pas la toucher de peur de la casser. Enfin, cette petite n’était pas ministre pour rien tout de même, son regard le disait.

- Baldr éclaire ton chemin, ministre.

La voix était posée, et assurée. La voix d’Elanna était un de ses atouts de chef. Elle savait la moduler de manière à se faire obéir, à convaincre. Une véritable arme.

Elle se força à aller de l’avant, d’oublier le battement de cœur et le picotement prémonitoire à l’arrière de sa nuque.

Elanna nota le regard de la femme qui coula sur le poignard et sur sa trajectoire opposée. Sa manie des détails, son observation implacable, voilà sans doute ce qui faisait d’elle une femme hors du commun. Et son intelligence qui savait analyser chaque observation, en faisait un grand chef.

- Je ne vous ai pas fait venir pour parler d’arme.

Elle s’avança et sortit le poignard du bois de la table.

- Il m’apparait très clairement que dans ce domaine un ministre en magie n’a pas grand-chose à m’apprendre. Si ce n’est rien.

TSCHAC !

Le couteau se planta dans le mur du fond, à dix mètre de là, au cœur d’une cible. Elle avait arqué le bras et le mouvement si rapide qu’il avait été flou avait ponctué la phrase y apportant une conclusion surprenante. Elle n’accorda pas un regard à l’arme vibrante encore.

- Mais si vous souhaitiez apprendre à manier une lame blanche ce qui de mon point de vue sert toujours, je suis certaine que je vaux mieux que vos amazones en qualité de professeur.

Un petit silence, une ombre de sourire ourle ses lèvres.

- Je vous ai fait venir pour parler de magie, asseyez-vous…

Elle lui désigne une alcôve sur leur droite contenant un canapé en demi-cercle autour d’une table basse sur laquelle se trouvait un plateau contenant une carafe d’eau et une autre de jus de fruit, apparemment, ainsi que des verres. Elle-même s’assit en face d’elle.

- Sans doute devez-vous savoir que je sais faire de la magie autant que je sais tricoter. C’est dire que je suis aussi nulle qu’une larve. Ce n’est pas un problème, si j’avais été brillante partout, cela aurait été invivable pour mes proches.

Un petit rire, c’est décidément une chef décontractée et simple qui se trouve là. Pas celle qu’on croise au détour d’un couloir et qui ne vous accorde pas même un regard dans sa tenue impeccable. Peut-être est-ce le lieu ? La caserne est après tout son univers, comme elle l’a dit.

- Je ne vous ai pas fait venir pour m’apprendre à la manier. Mais pour m’apprendre à la connaître. J’aimerais combler mes lacunes la concernant, savoir ce qui est faisable, dans quelle mesure, ce à quoi je dois m’attendre d’un magicien, et tout ce qui m’est utile dans mes fonctions. Et parce que j’aime savoir également.

Son regard est vif, il laisse deviner que les gens qui louent ses qualité de stratège n’ont pas tord. Qui soupçonnerait que cette jolie rouquine à l’allure un peu rude était en fait quelqu’un qui brillait tant dans le domaine de la réflexion.

- Je vous écoute, parlez-moi de magie, et je concède à vous offrir la chance d’apprendre quelques rudiments de bataille. Si la magie est votre arme, vous devez tout de même savoir esquiver un coup. C’est à mon avis la base. Ne cherchez pas à manier une arme.

- Votre corps est une arme. Vous êtes une arme magnifique. Vos talents de magicienne si vous maîtrisez de ces sorts offensifs font de vous une arme terrible. Mais si je vous cloue au sol avec une flèche avant que vous n’ayez pu ouvrir la bouche, votre magie ne vous servira à rien.

- Bien sûr je doute...

Le regard qu’elle lui adresse reflète un certain scepticisme sur sa condition physique… Sans être méprisant, un simple constat.

- … que vous puissiez apprendre très efficacement à éviter une de mes flèches, mais celles d’un archer médiocre et peu puissant, pourquoi pas.

- La lame d’une épée, un coup de poing. Si vous voulez que je vous apprenne quelque chose, je commencerais par cela, vous enseigner à éviter les coups. Quand on n’est pas solide, c’est un fait vital. N’êtes-vous pas d’accord ?


Elle se tait. La question est polie, son ton indique qu’elle est tout ce qu’il y a de plus certaine de son approche.

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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Jeu 29 Avr 2010 - 15:37

Un instant, dans la longitude du temps, une fraction de seconde. Comme une hésitation, presque inexistante. Un plissement au coin des yeux et un souffle ponctué par à-coup. L’analysait-elle ? De grâce.

- Baldr éclaire ton chemin, ministre.

Nìniel inclina sa tête vers l’avant. La chef des armées avait une voix pure, certes autoritaire et rude, mais de celle que l’on se rassure à entendre. Elanna perçut sans doute dans le regard amer de l’elfe son aversion pour les armes. Après tout pouvait-on s’attendre à autre chose de quelqu’un qui est stratège, pourtant ce souci du détail. C’était bel et bien de là qu’émanait la perfection.

- Je ne vous ai pas fait venir pour parler d’arme.

- Je n’en doutais pas une seconde. Mais sait-on jamais, la vie ne nous préserve jamais bien longtemps de la surprise.

Loin d’en étonner sa réceptrice le message était clair. Nìniel ne finirait pas à user son temps en figure de style de tout genre pour exprimer son inculture de ce côté-là. Elle se rasséréna et les traits de son visage se décontractèrent quelque peu. Cela ne dura toutefois pas car la chef, de son bras sculpté par la musculature abondante s’approcha du poignard qui siégeait dans le matériau du bureau et le retira d’un geste précis et flagrant. La ministre ne sourcilla même pas quand la détonation se fit ressentir. Comment avoir peur ? La peur est subjective à tous, la jeune elfe ne craignait rien pour le simple fait que la crainte de la douleur et bien plus blessante que la douleur elle-même.

- Il m’apparait très clairement que dans ce domaine un ministre en magie n’a pas grand-chose à m’apprendre. Si ce n’est rien.

- Effectivement, mais toutefois la magie est une arme bien puissante. La sous estimer serait d’une naïveté dangereuse.

Elanna sourit, un discret sourire. Voilà la ou elle voulait en venir. Nìniel resta imperturbablement neutre quand la lame étincelante parcouru la pièce dans un geste à peine distinct pour atteindre sa cible. Elle la suivit du regard, la lame trancha le bois déjà bien empreinté et s’introduit d’une telle force que plusieurs secondes après l’impacte. Le métal continuait à frissonner. C’était un geste si naturel pour la chef des armées, presque écœurant de précision. Son statut, elle le méritait bien assez. En coup dur, elle ne flancherait surement pas, un bon élément de la cour. Rare comme la sagesse.
Je vous ai fait venir pour parler de magie, asseyez-vous…
Nìniel pris place dans un canapé confortable dans les bras d’une alcôve, s’asseyant d’un geste gracile. Son hôte avait prévu de quoi étancher la soif, un nectar de fruit ainsi que de l’eau. Son interlocutrice pris place à l’opposé.

- Sans doute devez-vous savoir que je sais faire de la magie autant que je sais tricoter. C’est dire que je suis aussi nulle qu’une
larve. Ce n’est pas un problème, si j’avais été brillante partout, cela aurait été invivable pour mes proches.


- Le meilleur tue le bien, comme le dit la tradition.

La chef était étonnament décontractée. Les circonstances étaient parfaites pour parler de quelque chose d’aussi abstrait que la magie. Elle était loin d’être objective, en chacun de nous sous une forme différente. Il était déjà hardi d’en parler à des érudits, mais les bases étaient toutefois accessible tous, au fond de leur cœur.
- Je ne vous ai pas fait venir pour m’apprendre à la manier. Mais pour m’apprendre à la connaître. J’aimerais combler mes lacunes la concernant, savoir ce qui est faisable, dans quelle mesure, ce à quoi je dois m’attendre d’un magicien, et tout ce qui m’est utile dans mes fonctions. Et parce que j’aime savoir également.

- Cela m’étonne, les personnes hautement gradées généralement se donnent des airs si hautains et supérieurs qu’ils en oublient leurs lacunes mais on sait que celui qui croit savoir cesse d’apprendre. Vous au contraire m’avez l’air tout-à-fait consciente de ses choses-là. C’est là une qualité que je dois vous reconnaître d’office.

Son regard était calme et posé. Nìniel se saisît de la carafe contenant le précieux liquide. Elle en déversa une flotte dans la coupe argentée. A petite gorgée, encore bien fatiguée par la matinée éprouvante qu’elle avait subie, elle s'en délecta comme si ça avait était du miel.

- Je vous écoute, parlez-moi de magie, et je concède à vous offrir la chance d’apprendre quelques rudiments de bataille. Si la magie est votre arme, vous devez tout de même savoir esquiver un coup. C’est à mon avis la base. Ne cherchez pas à manier une arme.

La ministre laissa échapper un rire. Presque sarcastique mais loin d’être fielleux, il était avant tout réaliste. Ce corps si frêle, ses mains n’avaient pas le quart de muscle de la personne en face d’elle. Une de ces gifles ne devait faire qu’effleurer alors qu’au contraire celles de la flèches devait soulever la peau et l’en extirper des muscles.

- Loin de moi l’idée de m’engager dans un combat avec une arme autre que l’arc et encore moins s’il s’agit d’une lourde épée. J’ai tout à fait conscience que mon corps ne me le permettrai pas et qu’il se révolterait violemment. J’espère quand même apprendre à esquiver les coups de poing, mon agilité s’est réduite. Mais n’oublier pas qu’à l’instar de la magie offensive. Il existe aussi la magie défensive et on peut faire des choses grandioses avec plusieurs bons mages. Comme protéger l’armée entière contre une rafale ennemie grâce à une sphère.

- Votre corps est une arme. Vous êtes une arme magnifique. Vos talents de magicienne si vous maîtrisez de ces sorts offensifs font de vous une arme terrible. Mais si je vous cloue au sol avec une flèche avant que vous n’ayez pu ouvrir la bouche, votre magie ne vous servira à rien. Bien sûr je doute que…

Sa voix s’arrête, elle cherche des mots justes. Voilà une habitude de noblesse qui lui reste. Les mots sont aussi des armes et certainement bien plus destructrices que les armes. La douleur morale peut tuer à petit feu, les elfes particulièrement vulnérables contre ce fléau. Puis la rouquine reprit.

- Que vous puissiez apprendre très efficacement à éviter une de mes flèches, mais celles d’un archer médiocre et peu puissant, pourquoi pas.

- Les arcs ne sont pas mon problèmes ni les flèches. Enfaite ce sont des choses que je peux facilement contrer avec de la magie défensive. Disons que les combats de proximité, je les évite et pour l’instant c’est la seule technique que j’utilise. Toutefois je ne suis pas contre le fait d’apprendre à les éviter physiquement, la magie à une contre-indication avec un effet secondaire terrible à supporter. Une fatigue extrême.

L’elfe se leva et se dirigea vers la cible d’une démarche lente, Nìniel fendait les airs avec cette façon de marcher si sûre, aucun pas ne résonnait. Elle adressa un sourire narquois à la chef des armées. Elle retira la flèche sans trop grande difficulté malgré le fait qu’elle s’était enfouit à au moins un centimètre dans le lourd bois. Puis elle revint en face d’Elanna, les yeux clos elle visualisa le bureau de la commandante. Comme un éclair qui fend l’air elle jeta le poignard dans les airs et au lieu de respecter les lois de la gravitation ce dernier sembla léviter. D’un geste précis qui sembla guider l’arme la ministre l’envoya en plein dans le mille.
Elle se rassit en rouvrant les yeux. La fatigue du matin ne l’avait toujours pas abandonnée. La mage avait fourni des efforts pharaoniques pour lancer le sort du Zéphyr et même la plus petite forme de magie l’épuisait d’avantage. Son souffle était irrégulier et ses joues furent colorées d’un rouge flamboyant. Elle rebut une gorgée d’eau avant de reprendre. Admirant les magnifique pierreries richement confectionnée qui ornaient la coupe.

- Vous voyez chaque geste qu’on peut effectuer naturellement a son équivalent en sort magique. Même si le geste à l’air plus simple effectué de façon divine, il en est toutefois tout aussi fatiguant et la précision ne vient qu’avec un entraînement quotidien. Tout comme un soldat avec son arme, ou un archer avec sa flèche.

La ministre expira longuement repoussant une mèche de cheveux qui s’était glissée devant son visage fin et s’adossa de tout son poids dans le sofa de velours si agréable. Elle jaugeait les réactions de la capitaine. Elle se sentait si minable de paraître ainsi devant la chef des armées et la présidente du conseil de surcroit. Qu’allait-elle penser de son comportement, une pauvre fille si fragile à un poste si élevé c’était inacceptable. Honteux.

- Quand je serai dans un forme meilleure et à l’extérieur je pourrais vous montrer les sorts défensifs qui pourraient vous servir pour protéger votre armée. La magie est une chose incroyable et je n’en serait pas si violemment éprise si elle n’était pas tellement complexe.

Les yeux de Nìniel étincelaient rien qu'en parlant de cette essence qui sommeillait en chacun, exploitée ou non. Elle était présente, bien présente mais il n'était pas mince affaire de la sentir. Se reprenant peu à peu, elle adressa un sourire cordial à la femme en face d’elle. Et l’invita à poursuivre du regard, de poser ses questions.

- Ne vous gênez pas si une question vous tracasse, d’ailleurs ne suis-je pas là pour ça ?

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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Jeu 29 Avr 2010 - 19:30

Elle aurait pu dire beaucoup de chose, comme « La trop grande confiance est aussi l’ennemie du bien. » Ou alors modérer son ardeur, sa confiance, elle aurait pu faire tout cela. Elle avait apprécié la démonstration de la magicienne mais avait perçu un signe en son sourire narquois comme le témoin d’une trop grande confiance en son art. Ses propos en étaient aussi emprunt. Non, elle s’était tue, et avait regardé de ce regard placide et neutre qui ne laisse rien transparaître. Elle aurait pu lui dire aussi qu’elle s’était déjà entraînée avec des mages. Elle aurait pu dire beaucoup de chose.

- Vous êtes effectivement épuisée. Je suis certaine que les dames de la cours se seraient offusquées de votre phrase, « La magie est une chose incroyable et je n’en serait pas si violemment éprise si elle n’était pas tellement complexe. » Vous en parlez comme si elle était humaine et vivante. Préférez-vous son contacte à celui de vos congénères ?


Difficile de savoir où elle veut en venir, ce qu’elle sait ou ignore.

- Êtes-vous mariée ?

Elle continue sa tirade sans lui laisser le temps de répondre.

- Êtes-vous une mage entraînée au combat ? Accepteriez-vous de vous entraîner avec moi ?

- Même si je n’ai pas la moindre goutte de magie en moi ?

- Je promets de ne pas vous violenter.

Un petit sourire. Elle continue toujours.

- Ce serait je pense un échange enrichissant pour vous comme pour moi.

Enfin elle se tait, pour un bref instant. Elle se sert d’un verre d’eau. Elle ne buvait jamais d’alcool. Ce breuvage de malheur la privait de l’efficacité de son corps. Ce qui était presque un sacrilège pour elle. Elle ne s’attendait pas à être comprise de la magicienne, elle était seule, et personne ne saurait la comprendre. Après tout, peut-être n’était-ce pas une si bonne idée d’inviter cette femme. Cela l’avait rendue mélancolique. Elle massa ses tempes, soupira.
Elanna tu déraisonne. Cette dame n’aura jamais le potentiel suffisant. Elle n’aurait jamais l’envie, ni les objectifs suffisant pour s’entraîner avec toi. Regarde comme elle à l’air fragile, tu lui donnerais une tape même avec le moins de force possible que tu la ferais tomber.
Cette petite noble ne verra pas cela comme une opportunité, mais comme un devoir, elle s’y obligera pour tes beaux yeux parce que tu es la Chef des Armées, elle s’y pliera de mauvaise grâce.


Elle se leva, et marcha jusqu’à la fenêtre.

- Lorsque l’on est au pouvoir, on est seul, mademoiselle Faëlivrin.
Vous êtes libre de sortir, vous êtes une ministre et faites partie de la noblesse, vous n’avez pas l’obligation de vous prêter à un tel exercice, fusse-t-il proposé par une supérieur et une O’wen.


Elle ne se retourne pas, continue à lui tourner le dos, comme prise dans des pensées. Seul ses épaules se lèves et s’abaissent imperceptiblement avec sa respiration profonde. Elle avait beau se gausser de la tournure saugrenue de cette presque déclaration d’amour pour la magie, elle ne valait guère mieux. La seule amie qu’elle n’ait jamais eue était un cheval, et il était mort à présent.

La silhouette au maintien militaire est toujours aussi sévère, mais il y a comme une pointe de solitude écrasante que l’on peut deviner, ou était-ce une illusion ? Le ton dans la voix ?

Cette attitude n’avait pour but que de cacher un trouble qui la hantait depuis qu’elle avait rencontré Nìniel, elle regardait la cime des arbres en cherchant à renflouer ses sentiments.


- Les sentiments sont parfois de plus terribles ennemis que toute la magie du monde ou qu’une larme affutée.


La phrase est murmurée, à peine soufflée. La voix est différente de la voix posée et neutre, oui, ce qui changeait était une hésitation, une si petite hésitation, un petit tressaillement, un rien, et pourtant, c’était de la part d’Elanna autant qu’un terrible aveu. Il fallait qu’elle parte. Immédiatement.

Elanna se retourna violemment, de manière fulgurante. Son chignon se défait et la cascade de cheveux cuivrés se déverse sur ses épaules.


- Voudriez-vous me laisser seule ?

Mais le ton dirait plutôt : s’il-vous-plait, restez.
Que se passait-il ? tout semblait si calme, si ce n’est le contexte un peu différent de la cours.

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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Jeu 29 Avr 2010 - 22:56

- Vous êtes effectivement épuisée. Je suis certaine que les dames de la cours se seraient offusquées de votre phrase, « La magie est une chose incroyable et je n’en serait pas si violemment éprise si elle n’était pas tellement complexe. » Vous en parlez comme si elle était humaine et vivante. Préférez-vous son contacte à celui de vos congénères ?

- Vous ne comprenez donc pas ? La magie n’est pas un don que l’on range dès qu’on l’a utilisé. Il fait partie intégrante de notre corps. C’est son prolongement naturel. J’adore ma race et je porte dans mon cœur tous les enfants de Baldr comme mes frères et sœurs mais beaucoup passent du côté sombre décidés à ne plus apporter la lumière ici-bas.

Ses yeux esquissèrent un sentiment d’incompréhension et la jeune femme recula dans le canapé. Sa voix pourtant n’oscilla pas elle était toujours aussi cristalline et claire. Ce mot « frère » qu’elle avait involontairement accentué. Un pincement léger au cœur, une mine impartiale pour dissimuler le tout.

On n’oublie rien, jamais. La magie elle est comme le vent elle se dépose, joueuse et enjôleuse, traverse des continents comme elle traverse un corps mais finit fatalement par mourir pour renaître meilleure encore. Les sentiments, eux, plongent dans un gouffre, un piège pernicieux, dont ils ne sortent jamais et s’accumulant crée la personnalité de chacun.
La chef des armées entama alors un monologue, ne laissant à la jeune ministre le répit de répondre. Elle écouta attentivement. Apparemment la personne en face d’elle avait l’air anxieuse. Quand Elanna se tut Nìniel ne reprit pas immédiatement la parole. Il y avait quelque chose dans cette pièce, un atmosphère lourde et sombre. Et le soleil sembla le prévoir car le ciel se couvrit de nuage. Entre ombre et lumière. Son regard resta fixé sur la tête de son interlocutrice qui marcha jusqu’à la fenêtre. De la mélancolie, de la tristesse. Des épaules si fortes et heureusement car sans cela elle aurait flanché plus d’une fois.

- Lorsque l’on est au pouvoir, on est seul, mademoiselle Faëlivrin.
Vous êtes libre de sortir, vous êtes une ministre et faites partie de la noblesse, vous n’avez pas l’obligation de vous prêter à un tel exercice, fusse-t-il proposé par une supérieur et une O’wen.


Nìniel se leva, même mourante elle se serait levée. Son regard s’abaissa comme si la douleur était la chose devant laquelle tout le monde s’agenouille. La peine plutôt, une froideur distante, une illusion sévère. Le masque était-il entrain de tomber ? Elle connaissait une autre personne qui semblait éprouver des symptômes douteusement similaires. Elle s’arrêta à mi-chemin. D’une voix sombre elle répondit.

- Mais on ne m’oblige à rien et même si vous êtes une de mes supérieurs que je pourrais me vanter de vous avoir comme proche. Je ne fais pas partie de cette caste de gens. Les préjuges et les qu’en-dira-t-on ne m’atteignent pas. Je sais qui je suis et cela seul me suffit à m’estimer avant d’estimer quiconque d’autre.

Elanna ne se retournai pas comme occultant totalement la présence de son invitée. Elle était loin, la jeune femme s’était perdue dans un flot de sentiment. C’était une elfe, et on ne contient pas ses sentiments ainsi au risque de les voir exploser.

- Les sentiments sont parfois de plus terribles ennemis que toute la magie du monde ou qu’une larme affutée.

Une voix à peine audible, bien loin de la personne frigide qu’on lui connait. C’était la une confidence. Nìniel ne savait pas si elle devait être à l’aise comme elle l’était. Méritait-elle vraiment cette confiance. Mais elle n’était pas de ses nobles, non la ministre refusait qu’on lui raccroche une étiquette de façade superficielle sans ressentis, sans jugement, sans rien au fond. Elle s’avança jusqu’à Elanna pour poser une main conciliante sur son épaule chagrinée qui sans cesse remuait. Comme si elle contait un flot de larme. Elle avait si absolument raison, qu’aurait pu répondre Nìniel de décent après une vérité si juste.

- Voudriez-vous me laisser seule ?

La jeune elfe n’anticipa pas ce changement d’attitude et recula subitement quand la chef s’était retournée. Elle passait d’une émotion à l’autre. Cela caractérisait souvent la deuxième phase du deuil. D’abord le déni puis vient ensuite la colère. Elle était entre ces deux phases.

Sa chevelure était tombée en cascade sur ses épaules, une chevelure magnifique même pas usée par la rudesse de l’armée. Un éclat qui attirait les yeux presque hypnotisant.

Nìniel la regardait d’un air amical, compatissant. Puis sourit, cette fois son attitude embaumait la sincérité. Elle avait l’impression de connaître cette scène.

- C’est étrange comme tout se rejoint. L’autre jour un ami m’écrivait une lettre. On lui avait dit que je passais mes journées loin de la compagnie humaine, seule, entêtée d’une mélancolie solitaire. Il ne s’était pas inquiéter pour mon état mental. Il dit seulement que j’étais en de bien mauvaise compagnie que d’être si seul.

Elle laissa un silence. Respira et expira longuement. Comme si elle éprouvait de la culpabilité de l’état dans lequel était Elanna. Avant que Nìniel arrive rien ne présageait un tel bouleversement.

- Il avait raison. Ruminée des pensées sombre dans son coin. On finit par y croire. L’amitié, je parle de la vraie celle qui est prête à donner sa vie, est là pour y remédier. Et après avoir lu sa lettre je me sentis aussi entourée qu’au milieu d’une foule sur la place du marché.

- Il suffit d’une parole pour tout détruire, comme pour tout reconstruire.


Le regarde de la noiraude plongea dans celui dans son interlocutrice. Les yeux son la fenêtre de l’âme. Elle pouvait cacher tout ce qu’elle désirait avec cette attitude sévère, neutre et implacablement rangée. Mes les yeux eux ne mentaient pas. Nìniel souriait un sourire hilare.

- Vous disiez ne pas vouloir me violenter ? rigola-t-elle. Je n’en attendais pas moins mais avec un caractère si entêté comme le mien, il sera difficile de ne pas me frapper, du moins vous y penserez. J’arriverai sans doute à vous apprendre quelque chose et au détriment d’être un élève modèle je suis un professeur exigeant.

Nìniel s’avança regardant au loin les majestueux cyprès et la forêt luxuriante. Les abeilles butinaient de fleur en fleur, les oiseaux s’égosiller en chant joyeux. Elle s’arrêta à la hauteur de la chef ne la voyant que du coin de l’œil.

- Je ne suis pas si frêle que ça croyez-moi. D’apparence certes mais l’habit ne fait pas le moine d’autant que vos muscles ne font pas de vous la chef des armées que tout le monde admire. C’est votre âme et elle seule qui fait que les gens vous respectent si inconditionnellement.

La ministre hésitait, elle était allée déjà bien loin. Les nobles n’avaient pas de telle discussion. Les nobles déblatéraient sur les derniers potins, dissimulant ceux qui les concernent, argumentaient les décisions et actes et régissaient une dictature superbe.

- Je serais honorée de m’instruire en votre compagnie et se serait réciproquement que je vous enseignerai toutes les ficelles de la magie. J’ai déjà assisté à une bataille où se mêlaient magie et arme sans y contribué. C’est un cocktail redoutable, toutefois il est facile de, finalement, utiliser les sorts contre son clan. Mon père avait cette fonction avant moi mais je suis loin d’avoir la pratique. Alors, je trouve cette idée d’association tout à fait brillante.

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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Ven 30 Avr 2010 - 10:54

Elle avait frissonné au contacte de la main sur son épaule. Sans doute le premier depuis longtemps. Il y avait les entraînements, mais peu de monde avait un niveau suffisant pour la mettre vraiment à mal. Oh bien sûr, certains soldats très expérimentés au corps à corps avaient quand même leur chance. Elanna n’était pas une sur-femme et si elle était d’une intelligence vive, qui lui permettait d’analyser un combat en cours, d’anticiper et prévoir ce que ferait l’autre, elle n’était pas des plus à l’aise au contacte.

Elle avait toujours fuit les contactes, quels qu’ils fussent, c’était peut-être un blocage ?
Non. Elle l’avait surmonté depuis longtemps. Elle avait développé un type de combat léger basé sur la parade et l’esquive, mélange de rapidité et de souplesse qui la rendait tout aussi redoutable mais…

… alors pourquoi ce frisson ?

Ce n’est pas un combat, voilà pourquoi. Sans le savoir, Nìniel venait de franchir une sphère que personne, à part son défunt cheval et son chat, n’avait franchie depuis des années. Pas même son père ou sa mère, et encore moins sa sœur ne pouvait la frôler. Sa mère ne l’embrassait, ni ne la cajolait, son père ne lui parlait guère, elle l’avait si peu vu dans son enfance. Et sa sœur ne la comprenait pas. Elle avait arrêté de la voir quand cette dernière avait commencé à lui présenté des bons partis en s’exclamant qu’il était tant qu’elle prenne un mari. Elle le faisait en s’inquiétant pour elle peut-être. Ou par simple hypocrisie. On était fière d’elle, dans la famille, Chef des Armées, pensez-vous si c’est une grande distinction et que les honneurs retombaient sur la famille O’wen. Mais cela dérangeait qu’elle ne soit pas plus… un peu moins…

Elle était fille de noble, elle devait donc se comporter comme telle. C’est ce qu’on attendait d’elle et elle ne l’avait jamais fait. Mais on ne raisonne pas une femme qui s’est mariée par intérêt, aussi cessa-t-elle de voir sa famille autant qu’elle le pu. Et ses obligations l’y aidaient bien. Elle aimait son travail, et rien d’autre ne comptait plus. Personne, ne comptait plus. Personne.

Elle se sentait comme un élève qui avait mal placé sa garde et qui recevait un coup d’estoc de la part de son professeur. Elle avait toujours mal supporté la défaite ou être prise en faute. Et c’est ce sentiment qui lui noua les reins, étreignit sa gorge. Un sentiment qu’elle n’avait plus éprouvé depuis des années et des années. Pourquoi maintenant ?

Elle se sentit en colère, plus contre elle-même sans doute que contre la jeune elfe.
C’est la compassion qui l’agaçait. Elle ne souffrait d’aucun maux qui ne méritent de compassion. Qu’allait-elle s’imaginer, avec ses discours.


- Je crois en la camaraderie, bien entendu. Je suis entourée pratiquement à chaque instant de ma journée.

- Je ne cultive aucune mélancolie.

- Et je ne vous ai jamais sous estimée. Sinon, je ne vous aurais jamais invitée. Cela n’aurait pas eu de sens que je fasse cela. Ou alors cela aurait été discourtois de me moquer de vous ainsi.

- Je vous demanderais par contre, de ne plus me toucher.


Elle se tait, le temps de reprendre sa respiration, elle continue, portant son regard dehors à nouveau.

- j’entends, de manière qui n’a aucune justification, au cours d’un combat cette demande n’a pas lieu d’être.

- Vous ne voudriez pas de cela, et moi non plus. Nos rapports n’ont aucune raison d’aller plus loin que notre professionnalisme. Quoique vous puissiez penser, la solitude usée à bon escient est un bienfait. Et je n’éprouve pas l’envie d’ouvrir une barrière. Vous venez d’en franchir une sans ma permission, je vous demanderais donc de ne plus le faire à nouveau.

- Trouvez cela absurde si cela vous plait, mais je n’ai aucune relation qui sorte de ma charge professionnelle, et la seule compagnie qui me plait est celle du chat qui se plait à rester chez moi. Mon éducation ne m’a pas formée à une exubérance affective. Je ne vois donc pas l’intérêt ce genre de geste si ce n’est que vous m’embarrassez et me troublez.

- Peut-être que vous vous méprenez sur mes réactions, je ne souffre pas. J’ai bien assez de travail pour ne pas avoir du temps et n’ai jamais apprécié la compagnie de personne de haut rang. Quoique vous fassiez preuve d’une indiscipline et d’une originalité qui vous démarque de ces individus. Ce qui est la raison pour laquelle je me permets d’être franche avec vous.


Un silence imperceptible, la voix se fait plus profonde, plus appuyée. De celles qui ne souffre d’aucun doute ou hésitations.


- Vous ne voudriez pas que je vous touche, alors ne me touchez pas, c’est tout ce que je demande.

La conclusion achève le discours. Elle redresse légèrement la tête et ferme les yeux quelques secondes. Elle respire lentement, elle sent étant proche de la jeune femme, son parfum délicat. Elle sentait sa chaleur, sa présence proche, cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas apprécié ce genre de sentiment. Elle entendait le battement sourd de son cœur dans sa nuque, dans ses tempes. Elle s’obligea à calmer les pulsations, à faire le silence dans ses pensées troublées.

Tu aurais mieux fait de la chasser, que peux-tu espérer d’elle ? Ne me dit pas que tu ose espérer qu’elle .. ? Arrête donc ces idioties. Se sermonner soi-même est aussi stupide que d’espérer. Je sais que je ne dois pas. Je sais, je ne suis pas une compagnie pour une dame. Elle devrait partir. Maintenant qu’elle le peut encore. Pars. Pars. Pars.

Si Elanna avait été une magicienne, elle aurait peut-être bien réussi à faire disparaître Nìniel par la seule force de sa volonté.

Toujours debout, les yeux fermés, elle semblait calme, sereine. Grande et élancée, elle offrait un tableau délicat aux yeux de son interlocutrice. La guerrière, était de ses femmes à la beauté discrète, des pommettes un peu hautes, un profil noble, un maintien altier, un visage finement dessiné. A l’instant, sous le jeu de lumière et d’ombre, elle n’avait rien de la guerrière qu’elle était. On aurait pu la prendre pour n’importe qu’elle dame. Même ses muscles noueux qui dansent sous sa peau, semblent délicat.

Seule une légère ride entre ses sourcils et le pli boudeur de ses lèvres indiquent qu’elle n’est pas aussi calme qu’elle ne le paraît.

Alors qu’à l’intérieur d’elle c’était une véritable tempête qui régnait derrière ses paupières closent. Encore heureux que ces mages ne puissent pas lire dans les pensées. J’aurais été très embarrassée si cela avait été le cas. Ou alors soulagée ? Mais si elle avait lu mes sentiments, cela n’aurait pas voulu dire qu’elle les comprenait.

Tu dois arrêter d’espérer, cette histoire va mal finir, tu le sais bien, et c’est toi qui va en souffrir. Arrête tout pendant qu’il est temps.
Chasse-la, chasse-la !

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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Ven 30 Avr 2010 - 21:02

    Elanna se renfrogna, comme une fleur qui s’épanouit au contacte du soleil et qui soudain sous une averse orageuse se refermait. Ramenant, tous ces pétales de sentiments à l’intérieur bien caché, bien enfoui. Nìniel fut choquée que quelqu’un qui était en proie dans son métier à tant de contact d’avoir une réaction si introvertie. La ministre ne cacha même pas ses yeux qui se baladaient sur son visage pas si neutre que ça. On le voyait bien, la jeune elfe noiraude la scrutait comme si en son visage elle pourrait trouver les preuves d’un mensonge si saugrenu.

    - Je crois en la camaraderie, bien entendu. Je suis entourée pratiquement à chaque instant de ma journée. Je ne cultive aucune mélancolie. Et je ne vous ai jamais sous estimée. Sinon, je ne vous aurais jamais invitée. Cela n’aurait pas eu de sens que je fasse cela. Ou alors cela aurait été discourtois de me moquer de vous ainsi. Je vous demanderais par contre, de ne plus me toucher.

    Encore un tirade d’élément. La forte femme rousse se cachait derrière des faits. C’était si beau de voir quelqu’un dont la force dépasse l’humanité de se voiler la face ainsi. S'en était plus alarmant encore. Mais la ministre ne pouvait l'aider, la chef avait le cœur encore plus ardemment scellé que le sien qu'elle ne voyait que des parcelles infimes de chair rouge derrière tant de cadenas. Rien qu'en y pensant le cœur de la ministre se contractait, une arythmie étrange s'installa.


    - Ne vous sentez pas obligée de justifier vos actions, ça m’est égal. J’arrive à me faire une raison moi-même.

    Nìniel perdit l’entendement de manière volontaire après cette sentence. Son regard pointait la chef mais son esprit s’était mis en tête de vagabonder, comme dans une veille éveillée elle entendait sans comprendre. La personne qui était en face aurait pu se brûler vive que l’elfe sombre n'y aurait pas prêté plus d’attention. Elle avait l’impression d’être au tribunal comme si elle avait accusée Elanna d’un mal quelconque et que cette dernière se justifia de tous ses moyens. Pourquoi se justifier autant quand on ne se reproche rien ?

    La ministre remit ses cheveux en place, faisant valsé la cascade de boucle derrière son dos et rajusta sa tunique illuminée. A la quête d’un miroir, elle regardait derrière Elanna. Là se trouvait un miroir de petite taille mais que la vue parfaite de Nìniel distinguait avec précision. Elle observa la prunelle de ses yeux puis celle d'Elanna en alternance. Une froideur exquise illuminait la paire de bijoux précieux. €Puis après ce petit arrangement de la tenue elle reprit.

    - Vous me semblez bien sur vos garde pour quelqu’un qui ne se reproche rien. Après tout vous êtes dans une position de force, en théorie du moins, si supérieure.

    Elle rit, d’un rire frais et léger qui parcourt la pièce comme une brise printanière. Ses dents d'une blancheur étincellante se dévoilent. Sa fine bouche esquisse inlassablement un sourire. Éloignant toute tension sur son passage. Elle fait quelque pas gracieux pour se dégourdir les jambes qui semble pesé un bataillon de Sleipnirs. Son regard est si tendre qu'il en donnait littéralement une affection aveugle. Le soleil descendait lentement dans le firmament du ciel. Les nuages s'étaient dissipés et la sombreté gagnait du terrain à chaque instant.

    - Pourquoi tant d’artifice ? Je ne vous reproche rien et vous vous défendez si ardemment qu’il semblerait que je vous aie blâmée. Là une noble ce serait contentée de partir ne voulant pas indisposée son hôte mais je me fiche royalement de cette mascarade. Une personne qui se donne corps et âme dans son travail se délaissant totalement de vivre. Vous vous faite esclave pour vous punir d’une chose que vous n’avez pas faite. N’ai-je pas raison ?

    Nìniel savait qu’elle faisait preuve d’une arrogance sans borne. S’immiscer ainsi dans la vie de quelqu’un que l’on connaît à peine. Mais la jeune elfe avait le sentiment d’être proche de cette femme. Comme si dans son regard lunatique par moment, elle se reconnaissait elle-même il y a des années de cela. Aux abords d'un temple, un déchirure si vive, si fugace. Elle n'avait cessait de chercher les morceaux manquant de son cœur si frêle. Même nonante ans après le souvenir restait si tristement intact.

    Dairun. C’était identique. Le même mal. Les même maux.

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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Ven 30 Avr 2010 - 23:46

Elle ne rouvrit pas les yeux tout de suite et écouta les propos. Pourquoi se justifier autant ? Elanna le savait, tout au fond, très, très au fond d’elle… cette petite voix agaçante. Elle rouvrit finalement les yeux et ce fut pour voir Nìniel ajuster ses habits. Les picotements derrière sa nuque la reprirent, un signe de danger. Pourtant elle n’avait rien à craindre, pourquoi cette prémonition, pourquoi son instinct s’éveillait-il maintenant. Elle devait se méfier. Ses intuitions ne l’avaient jamais trompée, toujours avertie d’un danger à venir.

Elle se rappela fugacement de toutes les fois où cela l’avait sauvée de faire selon cet instinct. Comment elle s’était tirée d’un guet-apens de bandits, de maraudeurs alors qu’elle parcourait le monde. Au détour du chemin, ce picotement au creux de sa nuque avait éveillé ses sens paresseux, elle avait alors étudié le chemin qui s’offrait à elle et déterminé l’emplacement le plus probable d’un piège. Elle avait alors contourné, coupé à travers champs et était arrivé discrètement dans le dos de la bande des six hommes qui se tenait près à l’égorger.
Des hommes pouilleux qui ne faisaient que vivre, survivre comme tout le monde. Mais sans aucune dignité, c’est ce qui acheva de la décider à agir. Elle étai un soldat, un marchand ou un vagabond n’aurait aucune chance comparé à elle.
Elle avait mit pied à terre, pris son arc et encoché ses flèches.
Un. Deux. Trois. Quatre. Les flèches impitoyables s’enfoncèrent dans la tête et cœur de tous ceux qu’elle croisait. L’épée chuinta quand elle la dégaina car ayant compris la situation, ils l’avaient chargée en hurlant. La lame fit glisser celle du premier adversaire et ouvrit sa garde. Le métal brisant les os, et déchirant la chair émit un bruit répugnant, elle sortit sa lame du corps qui tombait lourdement, le dernier était sur elle. Elle eut un frisson, écoutant son instinct, elle plongea pour voir l’homme tomber, une flèche vibrante dans la poitrine. Une flèche qui lui était destinée à elle.
Avec la vivacité d’un chat elle se tourna pour voir l’archer qu’elle n’avait pas vu. Il y en avait sept, elle n’avait pas pensé au guetteur. Quelle erreur impardonnable ! Elle n’avait pas son arc sous la main… elle plongea au sol encore, et saisit un cadavre comme bouclier. Elle sortit de sa botte un petit poignard effilé. Elle n’aurait pas le droit à l’erreur.
La lame se ficha dans la gorge du dernier homme et elle se permit une respiration profonde.

C’était il y avait pratiquement une centaine d’année, elle était encore jeune et inexpérimentée à cette époque. Toujours est-il qu’elle ne pouvait décemment pas tuer Nìniel sous prétexte d’un pressentiment… ?

Pourquoi cette coquette représentait-elle un danger.. ? Elanna le savait, tout au fond, très, très au fond d’elle… cette petite voix agaçante.

Elle aurait pu dire qu’elle n’était pas sur ses gardes, qu’elle interprétait mal. Mais elle était sur ses gardes… pourquoi l’était-elle ? Elanna le savait, tout au fond, très, très au fond d’elle… cette petite voix agaçante.

Elle se sentait lasse et fatiguée, c’était à cause de son entraînement cela. Rien de plus, ou alors ?

Non. Elle soupira, détourna les yeux pour ne pas à avoir à la regarder.


- Il n’y aucun artifice.

- Si vous prenez mes propos pour des justifications, je vais me taire alors.

- je mentionnerais toutefois le fait que je ne délaisse pas ma vie. J’en suis pleinement satisfaite. C’est un simple choix d’orientation, voilà tout.

- Quant à votre analyse, oui, elle est peut-être pertinente, je serais curieuse d’entendre la suite de votre raisonnement à mon propos… hm ?
- Ainsi je me punirais… d’une chose que je n’ai pas faite… pourquoi ? si je ne l’ai pas faite ?


Oui Nìniel était arrogante. Elle aurait pu être corrigée, mais pour l’instant il n’en était rien. Elle la laissait aller dans sa voie, curieuse de savoir un peu plus, de voir où elle s’arrêterait, combien de barrière oserait-elle franchir. Oui, elle était curieuse. Et dire que je voulais simplement parler un peu de magie et me faire une opinion sur cette nouvelle ministre.
Elle se dirigea vers le canapé où elle y reprit sa place et fini son verre. Sa démarche tranquille et chaloupée ne trahissait aucune inquiétude, aucune nervosité. Ses traits calme ne reflétaient qu'une expression lisse et neutre. Ses yeux... dur à dire car elle s'arrangeait pour ne jamais qu'ils se rencontrent. Non, elle semblait décidément très calme, tout du moins en apparence, mais il était dur, voir impossible à l'instant, de percer à jour ses véritables sentiments.


Le picotement dans sa nuque ne voulait pas partir. Elle ne comprenait pas, ne voulait pas comprendre. N’y pense plus. Tu aurais dû la chasser. La prochaine impolitesse et outrage de sa part et je la mets dehors, promis. Le pire c’est que tu cherche à te convaincre que tu le feras Elanna, tu es pitoyable.

Oublie. Ne la laisse pas s’approcher plus. Fais-la partir. Elle est curieuse, elle aussi, elle voudra comprendre. Ne commet pas d’erreur que tu vas regretter. Qu’essaies-tu de faire avec elle ? Espères-tu qu’elle comprenne et qu’elle soit celle qui t’aide ? Tu déraisonne !

Elle se frotta la nuque, d’un geste lent sans nervosité apparente.

Elanna le savait, tout au fond, très, très au fond d’elle… cette petite voix agaçante.

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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Sam 1 Mai 2010 - 11:02

Nìniel n’était pas tout à fait satisfaite de la réaction qui en découlait. Ses paroles étaient vraiment bornées à l’extrême. Mais elle pensa que si la chef la laissait continuer c’est qu’il y avait là une part de vérité. La ministre était lessivée de sa journée et en cet instant elle ne s’était jamais senti aussi en forme comme si d’un coup elle aurait pu continuer à déblatérer des heures durant. Aussi se dit-elle qu’elle n’aurait de sa vie jamais plus une chance pareille de découvrir les fins mots de l’histoire. Au pire, si elle laissait passer cette occasion Elanna ne lui adresserait jamais la parole ou elle se méfierait d’elle. La jeune elfe avait une aversion profonde pour ce genre de situation. Crainte et Colère. Méprise.

- Quant à votre analyse, oui, elle est peut-être pertinente, je serais curieuse d’entendre la suite de votre raisonnement à mon propos… hm ? Ainsi je me punirais… d’une chose que je n’ai pas faite… pourquoi ? Si je ne l’ai pas faite ?
Elanna expira longuement, un soupir profond et las. Elle se rassit et vida la coupe d’une traite. A aucune seconde Nìniel n’arrivait à percevoir ses yeux, la rouquine se protégeait de cette façon alors mais le fait de ne pas les montrer était aussi un signe. Un visage neutre, le regard au loin. Si ça ce n’était pas un signe de culpabilité.


- Bien je ne pense pas que vous soyez le type à avoir des remords. Non, vous êtes bien trop militairement perfectionniste que vous ne vous le permettriez pas. Selon mon avis vous devez, en revanche avoir des regrets. Les regrets sont la pire arme que l’on peut utiliser contre soi. Vous vous punissez avec vos regrets de n’avoir pas fait. Quoi ? Seul vous le savez.

La jeune femme parlait en connaissance de cause. Elle s’était affublée de regret si violent qu’elle en était arrivée à un point de non-retour. De la peine, des regrets mais pas une goutte de remord. Elle aurait tellement voulu en avoir. Faire quelque chose ne pas rester aussi passive. Mais elle était trop jeune, trop ignorante. Maintenant qu’elle avait pris de l’âge elle se rendait compte que ce n’était pas le cas. Elle était bien plus forte à l’époque beaucoup moins fatiguée par le poids des souvenirs.

Nìniel ne chercha pas à s’approcher pour observer la réaction de la chef des armées. La ministre garda une mine sérieuse mais pas ferme, plutôt rêvasse. Elle se remémorait la scène du début jusqu’à la fin. Elle arrive puis parle d’arme, de magie en finissant par dévier sur un thème symétriquement étranger. Le processus était un cas d’étude sociale tellement il était c’était si peu fréquent.

- Je ne cherche pas à vous mettre mal à l’aise et n’ait pas l’audace d’espérer comprendre ce que vous ressentez. Ce qui vous fait être comme vous êtes. Personne ne peut comprendre. Et ça par contre je le sais.

Dairun, le frère, l’aînée, le magnifique. Puis la tombe, les cendres, la poussière. . Le dégout de soi, et des autres. Des autres surtout car il était si facile de leur rejeter la faute. La haine qu’elle éprouvait et la révulsion c’était si vil.

- Personne ne comprend. Le remords. C'est une blessure qui ne guérit pas, un châtiment qui n'en finit jamais. Le regret, ce n'est qu'une forme de civilité qui assure d'être pardonné, mais au moment de l'action, c'est une lâcheté. Et ça ne change rien aux faits.

Ça n’avait rien changé pour elle et c’était un constat accablant. Plus tard, elle apprit mais ce n’était que plus tard. Après l’heure, ce n’est plus l’heure. Remonter le temps, rembobiner le film de sa vie et faire une pause sur les fautes et erreur au lieu de se repasser en boucle les mauvais instants. Voilà ce qu’elle faisait. Quelle stupidité. Elle ne s’en était jamais rendue compte auparavant. Comme si la personne en face d’elle l’avait poussée à une réflexion si approfondie qu’elle-même venait de prendre connaissance de son état.

- Ah comme j’ai été stupide.

Son regard était bas et ses yeux en pleine considération d'un simple fait. Les mots c’était échappée d’eux-mêmes. Prisonniers depuis si longtemps d’un cœur scellé. Stupide elle l’avait été, bien plus que de raison. Nìniel attrapa sa tête et broya ses tempes. La vérité était si simple. Elle avait fait un chemin absurde pour se rendre compte que tout ce qu’elle avait besoin de comprendre était devant ses yeux.

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Elanna O'wen
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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Sam 1 Mai 2010 - 18:56

Elle était assise et puis le temps qu’elle se masse les tempes elle s’était glissée, avait couvert les quelques mètres qui les séparaient d’une démarche silencieuse et souple. Seul le léger et infime froissement de ses cheveux dansant sur ses épaules émit un bruit perceptible. Elle apporta dans son sillage les notes de son parfum, épicé mais avec une étonnante nuance suave et sucrée. Elle la regardait droit dans les yeux, et de si près que Nìniel pouvait y voir danser une nuance de vert et la beauté d’un iris où dansent quelques paillettes dorées. Un regard qu’il est difficile d’analyser, ce n’est qu’un regard après tout, des yeux, deux iris émeraudes, la porte des âmes est encore si loin et bien inaccessible. Il y avait peut-être un trouble confus qui s’y reflétait et de la malice, oui, ses yeux pétillant et plein de vie semblaient malicieux.

- Vous avez peut-être bien été stupide…


Elle se penche un peu plus, si près que Nìniel peut sentir son souffle chaud caresser ses lèvres.

- Je ne suis pas mal à l’aise, je pense que c’est vous qui l’êtes, ou allez l’être.

La voix est chaude et envoutante.

Elle cille un très bref instant, une hésitation, peut-être, si infime. La barrière est franchie sans plus d’hésitation, à présent il était trop tard. Les lèvres douces viennent déposer sur celles pleines et nacrée de la ministre un baiser qui n’a rien d’amicale. Le baiser volé n’est pas invasif, il est doux, il caresse les lèvres, joue avec elles, les goûtent avec une tendresse qu’on ne soupçonne pas possible en observant la sévérité du visage d’Elanna. Les secondes s’écoulent, lentement, comme étirée, le corps d’Elanna est entrain de battre un rythme saccadé et affolé, sa jugulaire se battant à un rythme anormalement élevé est le seul signe extérieur visible de son émoi. L’appréhension, le plaisir, et le désir se mêlent en elle en un savant mélange qui lui donna un vertige un instant.

Les lèvres s’éloignent aussi soudainement qu’elles sont venues, importunes, audacieuses et irrévérencieuses. Et elles ne semblent nourrir aucun remords ni regrets alors qu’elle passe un petit bout de langue dessus. Un geste coquin, pour se remémorer la saveur du baiser, la graver en elle. Sa main droite vient saisir la joue qu’elle relève d’une pression, et de son pouce elle frôle les lèvres alors qu’elle murmure d’une voix légèrement plus rauque qu’auparavant.


- J’ai suivi vos conseils, je n’aurais ainsi pas de regrets. Ni remords.

- Mais vous peut-être à présent regrettez-vous de m’avoir poussée à cela... ?


La main se retire à son tour, comme à regret. Une main qui si elle reste fine et belle est rendue calleuse par le nombre d’heure d’entraînement. Un contacte plus ferme, mais pas rugueux. Elle pince ses lèvres, un bref instant, mordille légèrement l’inférieure. Elle recule d’un pas, remettant ainsi une distance décente entre elles. Son visage est plus doux qu’avant, mélancolique. Nìniel ne peut y voir aucune gêne.

- Il m’est avis que vous vous être fort méprise à mon sujet…

Elle eut un petit gloussement, un rire étouffé, délicieux. Elle ne se moque pas, non, elle lui offre un petit sourire. Les analyses et interventions l’avait sans doute amenée à imaginer autre chose d’elle. Elle aurait donné cher pour savoir ne serait-ce qu’une once des sentiments qu’éprouvaient Nìniel et avait éprouvé Nìniel en sentant le contacte de ses lèvres, avait-elle apprécié, a-t-elle été trop choquée pour penser quoique ce soit, avait-elle été outrée ?

C’est malin, se sermonna-t-elle, à présent elle va te piquer une crise, hurler au viol (alors qu’elle n’avait en soi rien fait d’autre que de lui voler un baiser mais les nobles étaient emplie de ces manières prudes..), te ruiner ta réputation…
La situation vue sous un œil critique et bienséant aurait jugé cela si inconvenant, et si déshonorant…
Elle aurait dû être rouge de honte, mais la roseur de ses joues n’était due qu’à l’émotion qui l’avait gagnée, aux palpitations folles de son cœur.

Elle ne regrettait pas, pas encore d’avoir commis ce geste impudent, imprudent et que Nìniel qualifierait sûrement d’ignoble et de répugnant…

Elle attendait, son cœur ne voulait pas se calmer, elle guettait chaque réaction ou non-réaction de la jeune femme et adressa une prière silencieuse à Baldr.


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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Dim 2 Mai 2010 - 9:44

    Elanna venait de déposer un suave baiser sur les lèvres pourpres de la jeune femme. Tellement vite que celle-ci ne l’anticipa même pas et eut encore moins le temps de se dégager. La ministre faisait partie de la noblesse après tout les orgies lui étaient assez connues et un baiser – aussi gay soit-il - n’était pas une nouveauté stupéfiante. Elle était dans un état entre l’outrage, dut à la fonction qu’occupait Elanna, et l’hilarité qu’elle ne pouvait contenir d’avantage.

    - J’ai suivi vos conseils, je n’aurais ainsi pas de regrets. Ni remords. Mais vous peut-être à présent regrettez-vous de m’avoir poussée à cela... ? Il m’est avis que vous vous être fort méprise à mon sujet…

    Nìniel ricana. Elle était d’une hilarité tordante et totalement déplacée. La jeune elfe s’esclaffait comme si la chef des armées venait de lui faire une bonne blague ou une farce libertine. Elle leva les yeux au ciel en continuant à se tordre de rire. Ce n’était pas de la nervosité, un rire franc sans connotation de moquerie ou autre. Elle s’était honteusement méprise au sujet d’Elanna. A un point qu’il n’était pas permis. Elle n’avait pas honte, une telle réaction était archaïque. La noiraude aimait cette franchise dont les gens de haut rang manquaient cruellement – festivité oisive et orgie excepté.

    Nìniel était restée sur place, son hilarité était toutefois statique seule sa tête avait été projetée vers l’arrière. Elle se remit bien droite pour reprendre la parole. Une idée saugrenue lui était venue à la tête cette dernière lui avait demandée si elle était en concubinage et la jeune elfe brûlait d’envie de voir la réaction de la rouquine si elle lui avouait être mariée. Elle avait été prise au dépourvu pourquoi ne pas la prendre elle-même à son propre jeu ? Nìniel la regarda droit dans les yeux un sourire en coin tout ce qu’il y a de plus arrogant.

    - Et si je vous disais être mariée ?

    Elle continue à rire, plus légèrement cette fois. La ministre n’était pas adepte du mensonge mais quelque fois il était intéressant de jauger la réaction des autres de cette manière. Auraient-ils des remords, seraient-ils gênés, désemparés ? Ou à l’inverse poufferaient-ils tout en éprouvant un plaisir égoïste à envenimer les situations. Les relations humaines tout un art. Elle n’oubliait cependant pas être aux côtés d’une haute dirigeante et se ressaisit.

    - Non, je vous soulage de toute culpabilité. Mais je suis désolée d’admettre que je ne suis pas une franche adepte des ses extravagance entre adultes de même-sexe. Hauts gradés de surcroit. Cependant je dois vous admettre que vos baisers surpassent de loin certains de mes partenaires masculins.

    Nìniel se rassit et mettant ses bras sur les bords du canapé, comme si elle s'était trouvée chez elle. Elle était étonnée. Ce matin même les deux femmes ignoraient tout l’une de l’autre et elle en arrivait à un tel degré de proximité. Certaines relations évoluent plus vite que d’autre. C’est cela qui fait la jalousie des uns et le bonheur des autres. Mais quelque chose la tracassait. C’était tout ? Donc aucun mélodrame familial ou autre secret encore voilé ? La noiraude se refusait d'y croire.

    - Il n’y a donc que ça qui vous fait vous tenir à l’écart de vos congénères en dehors du cadre professionnel ? Non, c'est impossible. Vous ne pensez pas faire diversion ainsi tout de même ?

    Elle bailla. La fatigue commençait à revenir en puissance. Comme si ce baiser l'avait tenue en haleine jusqu'à cet instant et une fois passée cette seconde de folie, le monde revenait à lui aussi pâle et neutre qu'à l'accoutumée. Ses muscles presque inexistants se étaient noués et ses yeux étaient asséchés et lui faisaient éprouver un picotement qui lui arracha quelques larmes. Elle se frotta abondamment les yeux, ils étaient striés de vaisseaux sanguins. Elle plia son bras pour déposer sa tempe sur sa main. Cette machine devenait trop lente et son poids était éreintant.


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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Dim 2 Mai 2010 - 10:36

Elle riait, tant mieux, elle n’aurait pas aimé les cris.

Le rire n’était pas pour lui plaire non plus. Elle aurait préféré une surprise outrée, et un départ tout autant outré. La vie n’est-elle pas une bonne farce après tout ? Grâce à une longue expérience, elle maintient une expression lisse, elle attendit que le rire se calme et écouta les propos.


- Si vous étiez mariée ? Hmm. Tout dépend. De prime abord, il me paraît évident que je n’irais pas jusqu’au crime passionnel pour me débarrasser du pauvre mari pour vos simples beaux yeux.


A l’humour répond l’humour, la voix est légère et amusée. Une excellente manière d’éluder la réponse par ailleurs.

Une phrase la mis en colère, juste une petite. Elle fronça légèrement les sourcils, et la rejoignit près du canapé. La colère se calma tout de même et se mua en un soupçon de pitié pour la femme visiblement à bout de force. Il ne lui fallut pas longtemps pour se décider. Il était très rare qu'Elanna hésite plus d'une seconde. Une qualité qui faisait partie du grand tout de sa vivacité d'esprit. Elle se pencha et la saisit sous les genoux et sous les aisselles, elle la souleva sans effort apparent. Ainsi Nìniel pu s’apercevoir que les muscles n’était pas un artifice décoratifs uniquement, et encore moins un trompe l’œil. Le corps de la Chef des Armées dégageait une impression de puissance peu commune, qui plus est quand on est portée par elle.

Il semblait impensable et impossible de se défaire de son étreinte.

Elle avança dans la salle et ouvrit une petite porte au fond d’un coup d’épaule. En veillant à ne pas heurter la tête de Nìniel contre le bois. Il y avait là une petite pièce, les rideaux fermés la rendaient sombre. Dans la pénombre, se tenait un petite table avec un livre ouvert est quelques feuilles, une armoire, un miroir circulaire, une bassine pour faire sa toilette.

Elle la déposa la femme dans un lit. Elle lui ôta rapidement ses souliers et lui déposa un drap dessus. Tout en la portant et la déposant dans le lit elle avait dit :

- Je suis quelqu’un qu’on ne pourrait qualifier d’extravagant. Je pense que tous pourront vous le confirmer.
Vous me demandez… qu’est-ce qui me fait me tenir à l’écart et dans la gaine très fermée de ma fonction ?

- ... pourtant, vous pouvez y répondre seule… pas d’extravagance de ce genre… Hauts Gradés de surcroit, ce sont vos mots. Vous ne me voyez pas comme une personne.
Ma fonction me ferme les portes de cela, même chez vous. Haut Gradé, ce que je suis.

- Et si j’ai un secret, je ne le partagerais sans doute pas avec une personne qui se rit de moi. Et qui ne sait faire preuve de sérieux dans ce qu'elle qualifie d'extravagance. Non, je ne suis décidément pas extravagante, et ce baiser n’avait rien d’un baiser, puisqu’il n’a pas été partagé. Un baiser n’est pas le simple contacte de lèvres et d’un jeu de caresse, un vrai baiser, c’est un partage. De quelque chose de plus que de la salive. Je me suis comportée en voleuse. Je n'ai pas envie de recommencer, si cela vous a paru plaisant, moi cela m'a blessée.

- Vous vous réfugiez derrière des phrases toute faite, vous êtes une noble et agissez comme telle, madame la ministre. N'y voyez pas de critique, un simple constat.
Votre réponse n’était en rien une réponse honnête. Ne soyez pas navrée d’admettre ne pas être une franche adepte de ces extravagances…
- Cela me fait rire, une franche adepte ? Quelle pitié. Voilà pourquoi je ne serais jamais comme vous, emprisonnée par mes manières, mon éducation.

- Je n’éprouve aucune gêne à vous désirer plus qu’un mâle. Mais je saurais ne pas aller plus loin seule, les sentiments de ce genre d’extravagance… se partagent. Ils ne peuvent pas aller dans un sens. Ce serait d'une tristesse sans nom, l'amour est un sentiment exquis qui ne doit être salit de la sorte.


Elle se penche et dépose un bref baiser sur le front de la jeune femme. Elle reprend d'une voix chaude et douce.

- Reposez-vous, vous dormez debout. Ne vous inquiétez pas.


Elle prit le tabouret et le posa près du lit, elle s’y assit. La salle était petite et simple, sans aucune décoration. Le lit était empli de l’odeur douce d’Elanna. Un sous-vêtement qui dépassait d’un tiroir de la commode, un vieil arc usé jusqu’à la corde était accroché au mur. Tous ces petits détails laissaient imaginer que c’était un endroit qu’elle seule fréquentait, un nid douillet, protégé de tout. Sa chambre à elle, celle où elle préférait dormir au lieu d’aller dans ses appartements de la Tour.

Personne n’y était vraiment entré, pas même la femme de ménage lorsqu’elle n’était pas là, la porte était verrouillée. Nìniel ne pouvait guère deviner le privilège qu’il lui était fait.
Tu es aussi mariée que j’aime les hommes, demoiselle, pensa Elanna. Le picotement dans sa nuque s’était tut. Il était désormais trop tard, n’est-ce pas ?
Et puis qu'importe si elle était mariée, cela ne changeait rien. Son coeur battrait fort à chaque fois qu'elle la verrait jusqu'à ce que les battements se muent en haine ou indifférence selon la profondeur de la flamme qui commençait à brûler en elle. Comme tous, Nìniel ne voyait en elle, que la haut gradée, ne pouvait pas voir la personne.

J'ai laissé les autres m'oublier, peut-être que j'en paie le prix à présent. Mais qu'y puis-je ?

Elle est comme les autres, tu t'es trompée, voilà tout.



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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Dim 2 Mai 2010 - 11:51

Nìniel commençait à perdre ses moyens sont corps était exténué. Il lui fallait du sommeil, elle ne comprenait pas un traitre mot de ce que lui racontait la personne en face d’elle. Elle saisit des fractions de phrase qu’elle n’arrivait pas du tout à coordonner et à façonnés de sortes à pouvoir émettre une réflexion quelle qu’elle soit. La noiraude plissait les yeux. Elle distinguait les lèvres foncées d’Elanna qui bougeaient. Elle était dans une colère noire et cela s’accentua au moment où on la souleva mais ses forces – dont elle était dépossédées – ne lui permirent pas de lever ne serait-ce que le bras. Les couleurs se mélangeaient elle ne percevait pas même le bureau. Plus de miroirs ni de poignard, plus de carafes, même pas une once de ciel. C’était une hallucination cruelle.

On ouvre une porte. Nìniel est en apesanteur comme soulée. Elle s’interroge, elle ne comprend pas et utilise ses dernières forces pour repousser quelque chose, quelqu’un ? Elanna peut-être ou un autre soldat qui la raccompagne chez elle. On la déchausse et elle sent la chaleur d’une couverture se déposer légèrement sur son corps glacial. La brise qui traverse la fenêtre déverse une fraîcheur amère dans toute la pièce. Elle cligne, toujours en rage. Ses yeux sont clos et elle s’engouffre dans les bras conciliant de Morphée.

An 835, Quatorzième semaine.
Troisième Jour, Heure du Rodeur (vers deux heures trente, trois heures)


A défaut d’être extrêmement endurante la jeune elfe avait une capacité de récupération hors normes. Ce qui lui permettait d’être levée aussitôt son corps reposé. Il devait être trois heures approximativement. La colère qui l’avait habitée la veille ne désemplissait pas. Elle vouait encore une haine massive à ce corps enfantin, incapable de supporter les aléas de la vie adulte. Mentalement, elle aurait voulu se châtier d’une gifle sévère. De plus elle s’était assoupie sans même savoir ou ni quand exactement. Quelle ignorance, elle détestait ça. Beaucoup trop pour pouvoir le supporter d’avantage
Elle frotta ses yeux et sa vision parfaite revint instantanément. La lune commençait à s’abaisser et une infime clarté s’installait. Nìniel s’appuya sur ses coudes, se relevant, avec une forme monumentale. Devant elle il y avait un lit, sombre mais avec tout le confort nécessaire. Ses chaussures dont elle s’appareillât de suite. Puis aussi, l’élément le plus percutant. La chef des armées avachie dans un fauteuil. La tête affalée sur son épaule corpulente. La ministre pouffa. Il n’y avait qu’elle pour être inerte de la sorte au point de se faire porter par son supérieur hiérarchique le plus directe.

- Nìniel. Vraiment il n’y a que toi.

Mais la scène paraissait charmante, comme si dans un élan maternel Madame O’Wen avait veillé sur la petite Nìniel. Ou pas. Se remémorant le baiser de la veille. Non il n’avait pas été maternel à proprement parlé. Loin de là. La ministre ne voulait pas prendre cela au sérieux. Après tout la beauté insolente de la jeune elfe en avait piégé plus d’un et cela s’appliquait au deux sexe, une victime de plus. Mais elle aimait tant la cher ferme des hommes que jamais ça ne serait allé plus loin qu’un frivole baiser. Nìniel se couvrit d’une cape et avant de partir inscrit sur un bout de parchemin perquisitionné sur le bureau de la pièce adjacente de son écriture soignée.

« Vous excuserez mon impolitesse, lutter contre le sommeil m’est impossible autant que de lutter contre l’éveil.

Au plaisir de se revoir pour une séance d'entrainement
»

Signant Nìniel, elle s’encapucha et descendit le dédale d’escalier. La chef était une des personnes les plus étranges qu’elle avait croisée. La diversité. Voilà quelque chose de fort intéressant. Mais la ministre resta camper sur sa position, jamais elle n’y aurait de son côté plus que de l’amitié entre elle, et une femme. Et son cœur était si clos qu’elle ne pouvait imaginer l’amour sous une forme quelconque.

Nìniel l’impudence incarnée. Insolente et audacieuse. Qu’elle mettait au profit de la magie, seul.

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MessageSujet: Re: Rencontre de deux contraires [PV : Níniel Faëlivrin][FINI]   Dim 2 Mai 2010 - 12:29

Elle l’avait sentie bouger, se lever, elle n’avait pas ouvert les yeux. Elle l’avait entendue partir, elle n’avait pas bougé. Elle s’était levée ensuite, et s’était glissée dans son lit encore chaud. Elle serra les draps autour d’elle. Avec tout ça elle s’était attrapée un torticolis infernal à la nuque, ce fut sa seule pensée lucide alors qu’elle se laissait bercer par le nid chaud et douillet qui retenait encore quelque fragrance du parfum de Nìniel.

Au réveil, à l’aurore avec le soleil, elle se sentait mieux. Sa nuque ne la faisait pas souffrir et elle s’était bien reposée. Elle s’étira comme un chat, avec volupté.
Elle sortit des draps douillets et posa les pieds sur le plancher froid. Se dirigea vers la bassine et s’aspergea le visage d’une eau glacée qui la réveilla immédiatement. Elle sortit, ferma derrière elle la petite salle à clé. Elle ne vit pas le petit mot, tout en effectuant des assouplissements des poignets elle trottinait dans la pièce.

Elle effectua toute une série d’exercices matinaux, axés sur une mise en forme et la souplesse. Elle coiffa rapidement ses cheveux qu’elle noua en une queue de cheval et alla enfiler un habit et retrouva par la même occasion sa chaussette égarée. Elle sortit à son tour dans la fraîcheur du matin à peine levé et partit courir. Une heure de course, voilà ce à quoi elle s’astreignait chaque matin, une manière de se décrasser, se mettre en forme. Alors qu’elle avançait d’une foulée souple et puissante, elle se remémora les instants de la veille.
Elle retourna après cette heure de course solitaire et rêveuse au sein de la caserne. Elle alla aux sanitaires se laver et enfila cette fois son armure de tous les jours. Elle plaça son diadème et recoiffa cette fois soigneusement ses cheveux. Un regard à la glace satisfait et elle redescendit au pas de course. Elle se dirigea vers le camp d’entraînement.
Là en face de la cible elle décocha des traits rapides et précis. Si atteindre le cœur et le sentiment était aussi aisé que de tirer à l’arc, elle serait assurément une femme heureuse. La flèche vibra, elle l’observa. Le tir était parfait, derrière elle quelque soldat s’était arrêté pour l’observer. L’un d’eux la félicita et lui fit part de son admiration. Dans leurs yeux elle voyait plus que cela, de l’adoration. Elle sortit de la salle plus tard.

Elle avait du travail à présent, elle remonta à son bureau, là elle vit le billet, elle le lut et le jeta à la poubelle. Quelle sotte.
Elle eut un petit sourire, et un sentiment exaltant la prit, comparable à celui du prédateur qui chasse et qui a sentit sa proie.
Elle prit sa plume.

« Vous êtes donc attendue, veillez à être ponctuelle, faites annoncer votre arrivée par un messager au moins une heure à l’avance, réponse vous sera faite de mes disponibilités.
Sérieux et motivation sont attendus, je n’ai de temps à perdre pour un échange ne valant pas la peine.

Bien à vous »

Elle y accola son sceau et ressortit, en bas elle confia la lettre à un messager à la destination de la ministre Níniel Faëlivrin.
Un message formel et neutre comme il était à son habitude de faire. A se demander si l’entrevue de la veille n’avait pas été rêvée tant elle était saugrenue.
Pour la première fois depuis longtemps elle eut envie de rire. Et continua sa route.
Elle était un peu déçue, mais concédait toutefois à donner une seconde chance à Nìniel ne se rattraper à ses yeux. Cette jeune noble est tout à fait excentrique.
Je ne vais pas demander à une noble aussi agréable à regarder de penser autrement que ce qu'elle est sensée le faire, ce serait un peu utopique d'en attendre plus d'elle.
Comme quoi, je suis pleine de préjugé moi aussi, on ne peux guère fuir son éducation...

Elle ferma ensuite la porte de ses pensées, les chassa.
Elle était la Chef des Armées, et son travail ne lui laissait guère de répit.


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