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 Correspondance fortuite [Inwë]

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MessageSujet: Correspondance fortuite [Inwë]   Ven 14 Mai 2010 - 8:32

Deuxième jour de la quatorzième semaine.
Neuvième heure.
Forêt d'Ellendwraï.


Assise devant son bureau, seule comme elle souhaitait l'être ordinairement, Sheena pensait aux nombreuses relations qu'elle avait de l'extérieur, et de l'intérieur même de la communauté des Nymphes. Il lui était venu plus tôt dans la journée l'idée absurde qu'elle n'avait pas eu de nouvelles de cette célèbre cartomancienne depuis longtemps. Au caractère aussi délicat que celui de la jeune femme, la dénommée Inwë Dante, vaquait ça et là en contant sa bonne aventure aux divers passagers qui osaient fréquenter sa boutique. Elle était donc bien souvent tenue au courant de tous commérages, et de tout ce qui pouvait avoir lieu dans le Gwendir. Sans doute était-ce l'une des raisons pour laquelle la vieille Nymphe s'était rapprochée de la mystérieuse femme.
A ses côtés, Solnyshko et Miserere jouaient en se coursant dans la vaste pièce, tandis que Yao, toujours endormi et pacha, venait quémander à la Nymphe un instant d'attention, ne serait-ce que se percher sur ses genoux pour un sommeil à durée indéterminée. Souriante, Sheena attrapa son troisième chat, qui était aussi le plus vieux, et l'allongea sur ses cuisses tandis qu'elle étendait ses muscles à l'idée de se mettre au travail. Pendant qu'un ronronnement commençait à prendre forme dans la gorge de son animal, la vieille érudite attrapa une plume et commença à gratter le papier d'un geste ferme et continu. Tout d'abord, en haut à droite elle inscrivit la date, puis le buvoir vint absorber les lettres pour éviter tout débordement, alors qu'enfin la plume vint se tremper dans le bocal d'encre qui se trouvait à côté de la Nymphe pour venir apposer des lettres sur le parchemin.

Chère amie,

En recherchant il y a peu un manuscrit sur les origines en vue de la Célébration de Caledë, Solnyshko a, dans une course précipitée, heurté une pile de documents qu'il a fallu que je m'empresse de ranger -une jeune Nymphe venait encore à ma porte me réclamer de l'aide pour une histoire amoureuse...- Toujours est-il que dans ce rangement, j'ai retrouvé ce jeu de cartes merveilleusement colorées que je vous avais emprunté plus tôt, lorsque j'étais encore jeune et intrépide. Aujourd'hui donc il m'est venu à l'idée que peut-être faudrait-il que je le restitue, car, si je ne m'abuse, je ne devais à l'époque ne le conserver qu'une unique semaine, est-il vrai?
Etrangement, je ne pense pas que cette découverte ne se fasse seule, il est vrai -je m'en suis rendue compte ce matin encore- que nous n'avons guère eu de contact ces dernières années. Que s'est-il passé, mon amie, pour que nous nous éloignons ainsi? Le temps nous a-t-il causé de vieux maux qui nous forcent à rester dans un silence proscrit en attendant la fin de cette période funeste? Notre amitié s'est-elle tarie de la distance qui se trouve entre nous? Toutes ces questions n'ont de cesse de revenir à mon esprit comme des poignards, et je pensais alors que peut-être nous ne prenions juste pas le temps de s'enquérir des nouvelles de l'autre, trop occupées par nos problèmes personnels.

Si je me souviens bien, nous étions, jeunes, nous étions belles -surtout toi, comme tu faisais tourner les hommes avec tes grandes manières et ton esprit toujours inaccessible et incompréhensible... Je me souviens sans peine aussi, de nos nombreuses disputes, souvent pour des raisons stupides qui plus est -des raisons d'enfants. Aujourd'hui hélas je me fais vieille, je me doute que tu n'es plus non plus de la jeunesse la plus absolue, bien que personne n'ai jamais pu déchiffrer ton âge véritable sur tes traits fins et constamment nouveaux.
As-tu toujours en ta possession, ces hommes, ces politiques, ces manants qui te narraient tant de belles histoires autrefois? Je serais bien curieuse s'en apprendre quelques unes, si tu n'y vois aucun inconvénient, ou quand bien même, ne serait-ce que savoir comment tu évolues, ou bien la situation dans laquelle tu te trouves actuellement...

En espérant avoir bientôt de tes nouvelles, mon amie, et en priant pour te lire sous peu.

Toute mon affection,

Sheena


Dernière édition par Sheena Aily'ss le Ven 14 Mai 2010 - 11:55, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Correspondance fortuite [Inwë]   Ven 14 Mai 2010 - 11:34

Deuxième jour de la quatorzième semaine.
Treizième heure.
Capitale des hommes.


Profitant d’une aubaine, d’Inwë demanda l’aide d’une connaissance jouissant du portail du Temple de Jord, Sheena put recevoir le jour même la réponse à sa lettre.

Ma tendre amie,

Rassures-toi je prenais souvent de tes nouvelles. Les Nymphes de passage te connaissent, mes cartes aussi. N’y voyant aucune source d’ombre pour ton avenir, je tenais à te laisser tranquille et connaissant tout goût immodéré pour la solitude… Enfin, en apparence, car j’ai entendu dire, de source sûre, que tu as un petit fiancé, conseiller de son état… Et qu’il voudrait te mettre la corde au cou. Mes félicitations ! Tu as réussis dans un domaine que je n’ai même pas eut une seule touche sérieuse. Il faut dire que dans cette Cour, les bons partis sont déjà pris. Quelle tristesse ! Me voilà vielle fille. Tu m’inviteras à ton mariage ? Je serais tout de même avec ce qu’on a vécut, ta demoiselle d’honneur ?
Tu me manques tant ! Chaque seconde passée sans toi est une déchirure que mon âme a de plus en plus de mal à supporter. Oh ! Mon amie et bla bla bla… Franchement, tu crois que je vais croire que je te manque en sachant que tu viens de penser à moi pendant que tu as fait ton ménage. Ben tiens, je remercie tes chats et ta nymphe, ils connaissent l’amitié, eux ! Et je te ferais dire mon petit canard que cela ne fait que deux ans qu’on ne s’est pas vues et que sept semaines qu’on ne s’est pas écrit une lettre. Tu vas voir tes fesses quand tu je pourrais te voir. J’en connais un sort spécial pour toi ! Le pan pan tutu !

Depuis toujours, je tente de me préserver de la colère des nobliaux de ma Cour. Tout est prétexte à ragots et rumeurs qui pourraient ruiner une vie. Oh ! Je sais que si je connaissais l’exil, ta forêt m’ouvrira les bras. Mais, je n’aime pas perdre, surtout devant des peignes culs pareils ! En vérité, il m’a fallut deux années pour défaire mon tendre Sir Alphonios Al’Rhys, quel brave homme d’une telle gentillesse, des griffes de nos détracteurs communs. J’ai même été obligée d’apprendre le combat à la canne et au bâton. Un procès haletant mais éprouvant, j’ai faillit y perdre ma carrière plus d’une fois ! Maintenant, elle est assise et ces mécréants ne peuvent que chercher une faille, et pensent l’avoir trouvé. Il me faut créer une nouvelle parade et cette fois-ci je veux leur tête sur un plateau d’argent. Qu’on me touche passe encore, mais certainement pas ce que j’estime être de ma famille, ne fut-ce composée d’amitiés sincères et inébranlables.
Ne reverrais-je, hélas, ce jeu de carte que ma beauté a inspiré. Mes amitiés résistantes me causant trop de tourments. Je suis surveillée de toutes parts, ne pouvant faire des déplacements que dans les terres gouvernés par le Bon Roi Ardiosis ou lors de conférences. Si mes détracteurs tiennent une seule preuve d’une retrouvaille, qui pourrait faire croire que je sois d’un camp autre, je serais jugée, morte ou pire ridiculisée. Les années passantes, ma renommée grandissante m’apportent d’autres tourments.

Je suis attristée de savoir que tu es devenue aussi ridée qu’un pruneau, aussi acariâtre qu’une marâtre et qu’aucun mâle digne de ce nom n’a sut voir ta beauté…intérieure. Oui, je suis toujours jeune, belle, intelligente, spirituelle, aimable, mystérieuse… plus que toi. Ah ! Quelle chance d’avoir une amie comme moi. Je t’envie beaucoup. Non, ne me remercie pas d’avoir eu la largesse d’esprit de t’accepter dans mon cercle d’intimes. Je suis trop généreuse, cela me gagnera. Forcément. Je suis tout de même étonnée de te savoir lasse de vivre. Voyons tu viens de fêter ton deuxième siècle ! C’est le début de la jeunesse, même pour un Elfe, alors pour une Nymphette comme toi… A moins que tu ais besoin d’un nouveau chat ? Ou d’un Mangoustan ? Je suis certaine que Phisalis pourrait de trouver chaussure à ton pied. Et pas d’ennui garanti.
Je crois que tu as quelques soucis en fin de compte ? Il n’est pas normal que tu te laisses à la mélancolie. Je t’ai déjà dit que la souffrante c’était moi, donc, pour remettre les choses en place, je te somme de me dire ce qui te tracasse. Sinon, je brave les interdits pour te botter l’arrière-train plus rapidement que prévu !

Normalement, ce cher messager improvisé va faire des allers-retours dans la semaine. Je serais heureuse d’avoir d’autres lettres de ta part.

Amicalement.
Ton Inwë.


Elle espéra que cette petite missive donnerait un peu de lumière à son amie.
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MessageSujet: Re: Correspondance fortuite [Inwë]   Sam 15 Mai 2010 - 14:05

Troisième jour de la quatorzième semaine.
Deuxième heure.
Forêt d'Ellendwraï.

La nuit n'avait pas été bonne. Ayant passé une journée éreintante, Sheena était allée se coucher tard dans l'espoir qu'un sommeil réparateur -et bien mérité- pourrait prendre place dans son esprit et effacer totalement les petits tracas de la vie quotidienne et l'excitation due à la Célébration prochaine. C'était sans compter sur Miserere, qui choisit justement cette nuit-ci pour commencer à ronfler, chose qu'il n'avait jamais fait auparavant. Impossible pour la vieille Nymphe de se rendormir, elle s'était donc mise en quête d'une activité provisoire qui aurait pu l'occuper jusqu'au réveil de son chat trop bruyant. Ayant reçu la missive de son amie Inwë la soirée précédente -mais bien trop occupée en cet instant pour y répondre- elle l'avait mise de côté dans l'espoir d'y répondre ce jour. L'insomnie la prenant donc en cet instant, elle décida de s'atteler à la réponse de la lettre de la cartomancienne au caractère aussi trempé que le sien. Parcourant des yeux les lignes calligraphiées, elle sourit légèrement en observant les différentes piques que son amie lui lançait. Elle n'avait pas changé, c'était rassurant, et son caractère fort se ressentait même dans ses écrits. Prenant une plume, la vieille Nymphe commença à gratter légèrement le parchemin.

Mon amie,

Je te défie fort de venir me botter les fesses comme tu sembles tant et si bien y tenir. Je ne pense pas que la forêt ne s'écarte pour te laisser passer, si tu arrives avec des pensées tellement... meurtrières. Quand à mon âge, bien que la vieillesse se fasse ressentir, tu n'as pas à m'enterrer aussi vite. Mon deuxième siècle? Ne me fait pas rire, mon enfant, tu sais très bien que la demi-centaine d'années que j'ai passé sur le Gwendir grâce aux bons soins de la déesse Jord ne m'affectent pas autant qu'une humaine ou qu'une Amazone encore. Et, d'autant que je ne me souvienne, lorsque je te connaissais ma chère, tu ne semblais pas non plus de première jeunesse, n'est-ce pas? Mais soit. Je ne m'étonne pas de savoir que ta beauté est restée identique au premier jour, car tu as toujours su cacher tes défauts et tes origines. Aujourd'hui encore je n'arrive toujours pas à identifier de quelle espèce tu nous viens mon amie, ni quel Dieu t'a engendrée. Mais soit, du temps que tu es toi-même tu ne peux être abimée par les années, n'est-ce pas?

Tu me demandes la raison de mon désarroi et de ma lassitude. Ce n'est pas étonnant, mon amie, vivant en ville tu ne peux entendre, tu ne peux ressentir la nature profonde de cette guerre. Je suis lasse, oui. J'attends avec impatience le jour où toute cette mascarade prendra fin, non pas pour moi non, mais pour la Vie elle-même. Les arbres pleurent, ma chère, les arbres pleurent et la forêt dans son intégralité se lamente de cette bataille qui fait rage du plus profond du coeur des peuples. Coeurs qui ne sont guère apaisés par l'amour dont tu parles avec tant de conviction. Ainsi, les proches du pouvoir seraient en filature, en passe d'être détruits? Je te demande de faire attention, mon amie, je n'apprécierais pas le moins du monde d'entendre que les pleurs des chênes et des lauriers prennent place pour la perte de ta beauté, car il est des choses qui m'attristeraient bien plus encore que la guerre incessante qui fait rage autour de nous. Tu me manquerais, malgré tes grands airs et ce caractère intenable que tu as.
Ah, avec quelle ardeur tu me décris ta beauté et ta bienséance! J'en suis ravie pour toi, bien que les temps soient durs. Mais dis-moi ma chère, aurais-tu, toi, trouvé la perle qui sied à ta bague, l'amour éternel que doit t'apporter un autre? Je sais, hélas, que tes sens t'ont toujours attirée vers les âmes amoureuses et les prémices de ce sentiment -chose que pour ma part je ne cherche pas à comprendre. Alors ne me plains pas de ma soit-disant "malchance", amie, car pour ma part, vivre avec Solynshko, Miserere, et Yao me suffit. En t'écrivant cela, un sourire me vient ma chère, en repensant au jour où Yao t'avait sauté dessus lorsque tu étais entrée sans frapper chez moi. Tu sais, aujourd'hui, il passe son temps à dormir, il se fait vieux hélas, comme sa maîtresse. Je crains pour sa santé, il passe son temps à dormir et ne chasse plus. Solynshko, lui, est plus intrépide que jamais, et il pousse Miserere à faire des imbécilités plus grosses que lui. Rien qu'hier soir ils m'ont cassé un vase... Ils sont vraiment comiques lorsqu'ils se pourchassent de cette façon, et ça me fait un peu de compagnie.

Je suis peinée à ce propos de savoir que tu ne peux hélas te libérer de tes chaînes, j'aurais été on ne peut plus ravie de t'avoir à mes côtés, ne serait-ce que pour prendre le thé, un après-midi. Mais comme de ce fait, nous verrons donc cela une autre fois peut-être, et j'en profiterais pour te rendre ton jeu de cartes, mon amie (non non, ce n'est pas une monnaie d'échange...)

Espérant avoir bientôt de tes nouvelles,
Amicalement,

Sheena

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MessageSujet: Re: Correspondance fortuite [Inwë]   Mar 18 Mai 2010 - 10:40

Troisième jour de la quatorzième semaine.
Dans le cabinet d’Inwë Dantë
Au cours de la neuvième heure du matin.

Ma chère amie,
Excuse moi pour ces quelques lignes, mais je manque de temps aujourd’hui.
Je n’ai aucune sombre pensée, juste une volonté de t’offrir un souvenir de moi quand ton gros et gras postérieur tentera de s’asseoir. Ce n’est que de l’amitié.
Moi ? Pas de la première jeunesse ? Je te ferais dire que je n’avais pas la majorité quand on s’est connut ! Même si je ne sais pas mon âge, il était bien évident que je n’avais pas encore perdu mes rondeurs d’enfance, à cette époque. Je suis navrée de savoir que tu es déjà en train de perdre ta mémoire. Devrais-je penser à te donner un lot de couches avec ta prochaine lettre ?

Depuis la mort de Phileas, je n’ai plus continué à chercher mon passé disparut. Il a apporté bien trop de souffrance. Il m’est parfois difficile de vivre avec toutes ses questions mais je commence à trouver mes propres systèmes, surtout pour les objets. Ma position de Muse me permet de trouver des inventeurs des plus ingénieux. Ainsi, je commence à ne plus à chercher des objets, magies usuelles etc. pour toutes races. Certaines personnes parlent même d’un style Inwë Dantë. C’est amusant.

Avec tous ces morts, ce n’est pas étonnant que même Jord pleure. Même s’il y a une guerre, je pense que, comme toi, nous devons penser à savoir quelles graines planter pour l’avenir. Nous devons aider les futures générations, mais pas tout de suite, me concernant. J’ai le temps. En parlant de monde dédaigneux, ma capitale se montre sous les plus vilains traits. Dans certains quartiers l’air est si oppressant qu’il en devient irrespirable. Les gens qui y habitent emplissent les lieux des plus mauvais sentiments. Cela me fatigue énormément. Je pense que cela n’est pas de bon présage pour l’avenir. C’est souvent un signe d’émeute et ayant vécut quelques unes, je ne pense pas me tromper. Je serais prudente et brave, ne t’en fais pas. Wulfnoth –mon nouvel homme de main, je te raconterais cela quand on se verra- veille à ma santé, je vais pourtant bien, mais il s’inquiète. Il pense que l’exercice et du bon air me ferait du bien.
Sache que ma mort sera l’une des parties de ma légende. Je tiens aussi à te dire que ce n’est pas au début du bordel infini qu’on doit commencer à sortir de l’anonymat. Evidement, je te parle d’un point de vu historique, car pour le moment, ma célébrité n’est plus à prouver. Autant te dire que cela n’est pas pour tout de suite. Mais je n’irais pas plus loin sur ce sujet (tu me manqueras etc.) car la dernière fois qu’on a commencé sur ce chemin, on a finit quelques temps plus tard, dans la fontaine de la mère Gywneth et je me souviens encore de sa punition. Et quand on est adulte, c’est vraiment humiliant.

Concernant Yao, j’ai une potion pour lui, je te l’envoie avec la lettre. Une application le matin sur les articulations et une cuillérée le soir dans sa terrine. Il devrait retrouver sa vigueur dans peu de temps. Il aura une bien meilleure vieillesse. En parlant d’animal –s’il me lit, il me trucide – au cours de mon excursion en territoire orthodoxe, j’eus l’honneur d’avoir l’amour dévoué et total d’un Mangoustan. Oui, tu as bien lu un Mangoustan, un vrai de vrai ! On a réussis à s’apprivoiser, mais la cohabitation n’est vraiment pas évidente. Il a un caractère explosif mais dépendant, c’est un cocktail détonnant. Je l’ai surnommé Phisalis, pour ces fruits qu’il mange en abondance. Quand j’aurais mieux compris sa personnalité et tout son langage, je pense que j’en écrirais mes observations. Si tu m’aurais dit que je serais l’alter ego d’un oiseau aussi rare et mythique que lui, jamais je ne t’aurais cru.

Au passage, je n’ai jamais changé d’avis. Un mariage seulement pour un homme qui me laisse mon indépendance et qu’il soit beau et bon parti. Autant te dire que je serais vielle fille toute ma vie, et je ne m’en porte et ne m’en porterais pas plus mal. Je n’ai jamais aimé être sous le joug d’une personne et encore moins sous les ordres d’un mâle qui ne sait pas ce que c’est la virilité. Oui, c’est la majorité, je sais. Je sais c’est une pensée amazone, mais je tiens à te dire qu’elles ont tout compris. Mais je trouve dommage que tu ne puisses prendre plaisir à la séduction et aux sentiments des Tendres. Cette préciosité me plait beaucoup et elle devint une mode nouvelle.

Je suis en correspondance directe avec les érudits Grangst, Johan’erg et Khrij. Nous avons suffisamment avancé pour prouver que les Dieux font confiance à leurs enfants pour qu’eux-mêmes développent leurs facultés par des biais conventionnels ou non, et n’interviennent qu’en de rares occasions. En somme, une sorte de libre-arbitre. Ce qui prouverait qu’il y a une évolution plus que positive dans les relations divines. Pour cela, nous désirons organiser une série de conférences pour montrer l’étendue de nos travaux. De plus, certains Grands Erudits nous ont promis qu’ils présenteront leurs conclusions sur des thèmes comme les dons magiques, divins, familiaux et l’esprit. Evidement, tu seras cordialement invité pour en tenir une ou plusieurs, car tes recherches donneront une autre dimension. Mais, nous n’avons pas d’endroit neutre où aller. En connais-tu ? Ah ! Oui, il faudrait en fait tout cela pour le milieu de la semaine prochaine.

En espèrant que tu m’écrives vite.
Amicalement.

Ton Inwë.


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MessageSujet: Re: Correspondance fortuite [Inwë]   Dim 23 Mai 2010 - 15:41

Troisième jour de la quatorzième semaine.
Treizième heure.
Forêt d'Ellendwraï.



Mon amie,

Je te remercie pour le flacon de la part de Yao et de moi-même. Non pas qu'il se soit pris à parler, mais si quelque chose peut lui faire quelque bien il saura t'en être reconnaissant. Quant à moi, je dois avouer que je connais et élève ce gros pacha depuis tellement longtemps que je serais bien attristée de le voir dépérir. Tu me parles d'un paquet de couches, ce à quoi je suis dans l'obligation de te répondre que ce serait peut-être bien à moi de t'en offrir, tu en viderais tes tripes de la peur que je t'infligerais si jamais tu prononçais de telles paroles devant moi. Oh, bien sûr il est aisé de parler à travers lettres et mots mais ce n'est pas aussi évident lorsque nous avons cette personne devant les yeux, n'est-ce pas? Bien que je te sache plutôt franche et expansive, comme moi-même....

Je me souviens sans peine de cette fameuse fontaine dont tu me parles. Bien évidemment, tu pourrais y séjourner encore un peu que la fraicheur de l'eau ne te ferait pas de mal, mon amie, mais je ne pense pas que la mère Gywneth n'ose m'y précipiter encore aujourd'hui... Que veux-tu, j'ai cinquante-cinq ans à présent, et l'on n'ose m'approcher uniquement pour me demander des conseils -qui se résument souvent aux mêmes problèmes... Histoires de coeur, histoires de jeunesse, et j'en passe... J'en ai assez de voir dans ma chambre débarquer toutes sortes de Nymphes qui se pensent tout permis, maltraitent mes pauvres chatons et me questionnent constamment à propos des mêmes choses! Rien que pendant la matinée, alors que les préparatifs battent leur plein, une dizaine sont venues! Te rends-tu compte?! Une dizaine!

Ensuite, je suis ravie de savoir que tu as trouvé un animal dont le caractère s'accorde avec ta mauvaise humeur et tes penchants habituels pour les railleries, ma chère. Je te mets en garde cependant à propos d'une prochaine rencontre: les chats aiment la viande d'oiseau, et que celui-ci ait le don de la parole ou non, les miens se feront un plaisir de lui arracher les plumes! Si tu tiens à ton animal donc, je te recommande fortement de le tenir à distance de ma demeure, si tu décides un jour de venir me visiter...
Tes penchants amoureux, quant à eux, ne m'étonnes guère, bien que cela ne me dise rien. Tu dis être éprise de liberté, tu dis ne pas vouloir d'un homme qui n'a rien de viril, mais comment pourrais-tu affirmer avec certitude que celui qui t'accompagne fait preuve d'une quelconque virilité? A force de courir après un quelconque Prince Charmant, ne serais-tu pas devenue trop exigeante, au fil des années? A cela, tu pourrais me répondre que mon avis n'importe peu, vu que je ne cherche pas à me fiancer ni même à me lancer dans une quelconque relation, mais moi je ne choisis pas d'aller de l'avant avec n'importe qui, ou n'importe quoi, n'est-ce pas? Va ton chemin, interroge trois femmes différentes et demande-leur quelle est leur vision de la virilité: à chaque fois tu en obtiendras une différente. Ne serait-ce pas temps pour toi de te poser, de raisonner tes idées et opinions et d'enfin dire ce que tu souhaites? Car au fond de toi, c'est juste que tu ne sais pas ce que tu veux, n'est-ce pas?

Tu me dis encore, que tu as changé d'homme de main, et j'attends impatiemment de savoir comment il se comporte et ce qu'il est, car après tout ces changements ne seraient-ils pas aussi une preuve de ce que j'affirmais plus haut? Tu es restée une enfant, Inwë, et c'est pour cela que ton visage reste jeune, parce que les traits de la vieillesse et de la stabilité ne se sont pas apposés sur ton visage, bien que tu aies traversé de nombreuses épreuves. Ce sont des qualités que j'apprécie chez toi.

Tu me parles de conférences, de projets, de libre-arbitre... Sais-tu, mon amie, que le libre-arbitre n'est pas aussi absolu que tu sembles le percevoir? Je serais bien mal aisée de venir exposer ma théorie sur vos travaux, car je serais en mesure de démonter tous vos arguments et d'apporter au peuple le malheur et le désespoir plutôt que la joie et le plaisir de savoir que leurs pensées ne sont pas dirigées par un être supérieur! Quant à parler d'un endroit neutre, je ne peux guère hélas te proposer de tenir ta conférence dans notre forêt, car la Célébration s'y tiendra au même moment et que les Nymphes n'apprécient guère d'être séparées de leur jouissance par des discours bien trop intellectuels -ce ne serait pas festif et gâcherait un peu l'idée même de la Cérémonie, tu sais?

Amicalement,
Sheena



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MessageSujet: Re: Correspondance fortuite [Inwë]   Mer 2 Juin 2010 - 12:08

Quatrième jour
Dix-huit heures
Capitale des Hommes.

Ma tendre amie,

Ma lettre sera brève, je dois impérativement rejoindre Sir Alphonso Bonn’foi, ministre de la magie en quête d’un nouveau apprenti pour le remplacer, dans une soirée des plus mondaines. Il y aura du beau monde, un banquet à tomber et peut-être ce mystérieux elfe qui m’a laissé un petit billet, hier. Mes cartes me disent que du bien de lui, il risque d’être mon sauveur dans un an, pour une affaire des plus sordides. Pourquoi pas plus si affinités ? N’est-ce pas ?
Ta ta ta ta ta ! Me pendrais-tu pour une de tes protégées ? N’oublie pas à qui tu parles. Je sais où je vais et avec qui je vais. Ce n’est pas de ma faute si tout le monde, dans cette ville, est vaniteux, cupide, arrogant et j’en passe des pires et des meilleures. Autant te dire que trouver un homme qui au coucher, n’attende pas patiemment ton sommeil, pour mieux te trucider ensuite, cela ne court pas les rues ! Simplement, parce que tu as parlé avec machin et que forcément, il se passera cela avec bidule et comme bidule est ami avec trucmuche, et qu’il faut absolument faire affaire avec lui, et qu’il est ennemi intime avec machin, donc… Bref, c’est amusant seulement quand tu es célibataire. J’avais bien pensé avec une personne d’une condition plus modeste, mais… D’une, j’aurais plus de détracteur et de deux, je n’aurais aucune origine sociale suffisante pour mon cabinet. Adieu client !

Si à l’avenir, tes chats ont quelques soucis, écris moi. Raconte moi en détail leur quotidien, réactions, etc. Je te donnerais un remède pour cela. Une chose que les Prêtresse et Novices de Snotra m’ont apprit, se sont bien leurs remèdes. Oh ! Ils ne sont pas aussi réputés que les tiens ou ceux des Druides, mais ils ont l’avantage de marcher presque aussi bien pour une somme modique (enfin si tu es riche, parce que pour les autres…c’est une autre affaire. Heureusement qu’il y a des gens qui les aident !).

Je bénis les venues inopinées de tes petites protégées malgré toi. Au moins, tu sais ce qu’il se passe et tu ne te transformeras pas en arbre. Qu’est-ce que tu peux être pantouflarde ! Si tu m’avais suivit, qu’est-ce qu’on se saurait bien amusées ! Cela étant, je suis triste de ne pas assister, encore cette fois, à cette fête. Bref, passons. Le temps passe et Hilde me presse de partir, la calèche du Ministre vient d’arriver. Elle ne sait pas qu’il faut toujours laisser attendre les hommes ? Comment je peux me faire désirer ? Ah ! Les servantes de nos jours.

Une chose a changé pourtant. Tu ne partages plus mes positions libérales sur les Dieux et la religion. Et ne me raconte pas que c’est tes articulations qui te parlent ! Là, j’ai tout de même peur.

Sache qu’un Mangoustan est l’oiseau le plus rapide du Gwendir, autant te dire que tes chats risqueront d’avoir quelques soucis. Cela étant, nous aurons encore une autre aventure à raconter. Quelle chance ! Il me tarde de venir te voir ! Fait une conférence ! Même pour pas grand-chose ! Nom d’un Phisalis ! Je veux te voir ! Roh !

Je dois y aller.
Amicalement,
Ton Inwë.


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