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 Fureteurs nocturnes [PV ; Faël, Armée Humaine *]

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MessageSujet: Fureteurs nocturnes [PV ; Faël, Armée Humaine *]   Lun 17 Mai 2010 - 13:05

Quatorzième semaine, troisième jour.
C’était une nuit timide, aux étoiles discrètes et à la lune absente. Les braves gens d’Yswllyra dormaient dans leurs lits tièdes et douillets, laissant presque désertes les gracieuses rues de la Capitale. Bien sûr, afin de maintenir un semblant d’ordre et de prévenir tout accident susceptible de survenir en ce climat de crise, les soldats du Seigneur Nordique s’accommodaient de rondes nocturnes.

Cependant, ces militaires drapés d’acier scintillant, portant le bleu royal et le blanc immaculé en accomplissant dignement leur devoir ne nous intéressent pas outre mesure.
Non, si notre regard devait brasiller de curiosité à travers l’épais voile de pénombre qui recouvre la cité, il se porterait sur une ombre, infime et invisible au faible éclairage céleste. Elle patiente, nichée dans l’obscurité, détaillant d'un œil accommodé aux ténèbres les rues spacieuses qu’elle surmonte, assise sur un bas parapet de pierre.
Qui peut-elle bien être ? Solitaire et confondue dans la douce ébène de la nuit. Quel est son but ? Epiant avec malice les rues évacuées par les honnêtes gens à cette heure indue.
Autant de mystères qui planent autour des sombres contours de cet individu, esquissé à la seule chiche lueur des étoiles.

Et puis… son corps se contracte, comme prêt à passer à l’action, ses muscles se tendent et sa silhouette se dresse dangereusement.
L’énigmatique ombre… vient de bâiller.


* * *


Juché sur un muret, le capitaine Sigurd Banheim observait la large avenue qu’il surplombait, détaillant régulièrement ses extrémités de l’émeraude lasse de son regard. Le guerrier n’était pas homme à manquer de patience, mais le retard de son subordonné ne présageait rien de bon.
Que pouvait-il bien faire ? Avait-il rencontré des difficultés ? Autant de questions qui traversaient l’esprit du gradé, suivies des probables contremesures qu’il devrait lancer si son agent avait effectivement failli.
Quoi qu’il en fut, il n’aurait guère de réponses avant le retour du jeune Gadwyn, et il connaissait suffisamment le gaillard pour conjecturer que s’il aboutissait dans la tâche qu’on lui avait confié, il ne manquerait pas de se présenter à l’endroit où ils s’étaient donnés rendez-vous, même tardivement.

Jusqu’à ce qu’il se soit forgé la certitude que son aide de camp ne reviendrait pas, il l’attendrait donc. La peu alléchante idée de subir une nouvelle nuit sans prendre de repos fit grimacer le capitaine, qui lâcha un puissant soupir.

Fort heureusement, le bruit de pas discrets attira bientôt son attention. Sigurd reconnut sans peine la frêle et lointaine silhouette qui dévorait les quelques toises de distance qui les séparait. Celui qui s’appelait Gadwyn se présenta devant son supérieur hiérarchique, frappant du poing le cuir de son gilet dans un salut tout à fait militaire.

« Veuillez pardonner mon retard, capitaine. » Prononça-t-il aussitôt, la voix ourlée de cette forte humilité qui caractérisait le jeune homme.

Sigurd renifla et considéra son aide de camp d’un regard caustique. Son subordonné empestait l’alcool, mais l’idée que le modeste et droit Gadwyn l’avait fait patienter jusqu’ici pour se tordre les boyaux et vomir de la vinasse sur le comptoir d’une quelconque taverne lui était complètement incongrue. Le capitaine résista donc à la maligne tentation de profiter de la hauteur que lui conférait sa position assise pour lui coller sa botte en plein visage, pour le moment.

Le subordonné dut pressentir l’imminence du danger, car il baissa subitement ses yeux noisettes sur ses vêtements. Aussitôt, ses pommettes s’enflammèrent furieusement et il hoqueta une explication.

« Je me suis aspergé d’alcool, capitaine. A cette heure indue, j’ai pensé que cela rendrait ma présence plus crédible si l’on m’apercevait à proximité. »

Sigurd hocha doucement la tête, ce n’était pas nécessairement une précaution inutile, mais ce n’était pas ce qui l’intéressait.

« Ton rapport, soldat. » Dit-il doucement, les mains jointes sur ses cuisses et attendant que s’exécute le petit brun qui lui servait d’aide de camp.

« Comme vous me l’avez ordonné, j’ai suivi les faits et gestes de Tamond au sortir de sa geôle. Son arrestation semble l’avoir calmé pour quelques temps et il rompt avec ses vieilles habitudes. Depuis sa libération, il y a cinq jours, il n’a plus approché la moindre taverne.
Notre homme n’a cependant pas tardé à fêter son retour en invitant quelques amis pour boire en petit comité… mais il n’y a rien de répréhensible à cela…
»
Termina timidement le jeune soldat, exprimant pour la première fois ses doutes quant au bien-fondé de la filature.

Ce n’était pas un mal, certes non, mais ce n’était pas non plus ce que le capitaine cherchait à savoir. Il n’avait alors donné l’ordre que par instinct, simplement parce que quelque chose le dérangeait dans le premier rapport qu’on lui avait fait sur Tamond Warev.

Le gaillard était ce que l’on appelait un détracteur. Un homme qui contestait l’orientation politique récente du Seigneur Nordique et qui manifestait son mécontentement de la manière la plus stupide qui soit. A savoir, en se gorgeant d’alcool jusqu’à avoir le courage d’exprimer clairement son opinion, puis en cassant la figure à tous ceux qui ne partagent pas ce même sentiment.
Quelques semaines de cela, le bonhomme, connu pour sa rudesse, avait organisé son premier véritable esclandre. Une exhibition qui avait menacé de dégénérer, réprimée de justesse par une patrouille qui passait non loin de là. Résultat, une poignée de blessés légers, et un crétin au cachot.

Dans les témoignages et rapports, ce qui avait alors retenu l’attention du capitaine Banheim, c’était… la brusque surenchère de violence. Lorsqu’un individu, touché par l’ivresse, affichait un comportement agressif et provocateur, la première réaction du consommateur standard n’était-elle pas de baisser les yeux et de plonger le nez dans son verre ? Pour quelle raison les clients avaient-ils réagi aussi rapidement, avaient immédiatement répondu de leurs poings aux railleries ?

Bien sûr, il n’était pas exclu que par hasard s’était réunie toute une bande de féroces saoulards ce soir-là. Mais… le hasard, hein ? Sigurd n’y croyait guère.

« Rien d’autre ? » Demanda finalement le capitaine. C’était peu probable, son aide de camp n’aurait pas occasionné un pareil retard pour une si maigre prise.

« J’ai recueilli les noms de quelques uns de ses contacts les plus fréquents. Il y a quelques minutes encore, je suivais l’un d’entres-eux pour localiser sa demeure. »

Sortant de sa besace un fin rouleau de parchemin qu’il remit à son supérieur, l’aide de camp lista les patronymes qu’il avait relevés. Des noms pour la plupart sans substances, qui n’évoquèrent bien évidemment rien à Sigurd, jusqu’à ce que soit mentionné un dit « Maemas ».
Celui-ci éveillait chez le capitaine de vagues souvenirs, une impression familière… il l’avait déjà entendu, il en était certain, mais où ?
Il fallait qu’il s’en souvienne… mais avant cela…

« Très bien… » Commença Sigurd, plongeant son regard émeraude dans celui du jeune homme, avant d’être coupé. Manifestement, Gadwyn avait déjà compris ce que son supérieur comptait lui dire.

« Je garde le silence sur cette affaire, je sais, capitaine. »

Savait-il ? Non, il saisissait qu’il n’était pas nécessaire d’avertir ses semblables des recherches qu’il menait, mais le « pourquoi » lui demeurait étranger. La raison même pour laquelle Sigurd lui ordonnait de collecter ces informations au sujet du détracteur lui échappait. Et c’était très bien ainsi.

Préférant jouir de solitude pour réfléchir, le capitaine congédia son subordonné d’un anodin « Rentre chez toi, Gadwyn. », et puis, les sourcils froncés, tâcha de se rappeler où il avait pour la première fois entendu ce nom.

Maemas…

Le souvenir était léger, ridicule même, mais un homme l’avait déjà mentionné en sa présence. Dans quelle situation pouvait-ce être… ? Sigurd se laissa tomber de son perchoir et entreprit de faire quelques pas de promenade dans les rues paisibles et obscures, histoire de s’éclaircir les idées.
Ordinairement, il n'était guère de nature à bavasser, il n’y avait donc que peu de chance que ce ne soit pas lié à sa fonction. Etait-ce lors du rapport de l’un de ses subordonnés ? En ce cas, l’affaire ne devait pas être bien grave pour l’avoir si peu marqué, mais… les soupçons qu’il entretenait depuis l’esclandre de Tamond trouvaient dans ce chiche souvenir un point d’ancrage.

Un rapport, pensa-t-il de nouveau. Il fallait qu’il vérifie cela.


* * *


Le capitaine rejoignit la caserne de la Tour Sombre, échangeant de très brèves salutations avec les gardes en faction pour parcourir le bâtiment militaire endormi. Ne s’encombrant d’aucune lumière, Sigurd traversait les couloirs enténébrés, parfois subtilement éclairés de torchères aux flammes mourantes. Le soldat eut un léger sourire en songeant à l’incongruité de sa situation, marchant dans les ombres comme un voleur, trop obsédé par de futiles suspicions pour aller se coucher comme un honnête homme.

Soupçons puérils ou avérés ? Ce qu’il trouverait dans les archives nourrirait ou étoufferait le brasier de doutes et de méfiance qui l’animait. Aussi, jusqu’à disposer de la preuve que ses inquiétudes étaient infondées, il ferait simplement ce que lui dictait son devoir.

L’homme d’arme préleva une torche de son socle d’acier avant de pénétrer la salle où s’entreposaient les rapports.

A la lueur vacillante des flammes, Sigurd détailla les vastes rangées d’étagères, les piles archivées et étiquetées qui prenaient la poussière dans les coins, les meubles-bas qui recelaient des précisions sur des affaires datant de dizaines d’années. Ce qu’il recherchait ne devait pas être loin. Le capitaine consulta les dossiers récents qui concernaient sa section, leurs titres lui rafraîchissant la mémoire jusqu’à ce qu’il se décide à en prélever quelques uns.

Débarrassant une table de sa paperasse, il étala devant lui une poignée de rapports et les parcourut à la lumière de sa torche. Il compulsa les résumés de cas de troubles de l’ordre public, d’agressions physiques, d’agitateurs… et s’immobilisa dans sa lecture.

C’était cela… Valfred Maemas, appréhendé alors qu’il concentrait et excitait la foule. Un orateur talentueux, qui choisissait ses mots avec soin, tenant des propos en juste équilibre sur ce qui demeurait tolérable et ce qui relevait d’un délit de lèse-majesté. Son profil indiquait qu’il s’agissait d’une personne calme, intelligente et pondérée, qui lors de son arrestation s’était savamment expliquée et excusée pour cette « conversation entre amis qui s’était un peu enflammée ».

Dès lors, le gaillard n’avait plus fait montre du moindre signe de vie. Pas étonnant qu’un type pareil lui soit sorti de l’esprit.

Ainsi donc, ces deux trublions se connaissaient ? Relisant les informations collectées par le jeune Gadwyn, le capitaine tiqua. Ils résidaient à des endroits forts éloignés l’un de l’autre, ce qui réduisait considérablement les chances d’une rencontre fortuite.

Se libérant de sa torche en l’accrochant à un support prévu à cet effet, Sigurd croisa les bras.

Que pouvaient bien comploter deux émeutiers dans leur genre dans une Yswllyra déjà pleine de tension et hantée par le spectre de la guerre ? Leurs actions paraissaient anodines, et pourtant… quel regard porte le citoyen sur le statut de son royaume lorsqu’il voit les compagnies militaires se mobiliser pour mettre fin aux troubles ? Quelle impression d’instabilité se dégage à chacun des coups, légers, portés par un ennemi intérieur ?

La foi du peuple vacille, ne serait-ce qu’en partie, les actes du Seigneur Nordique ne sont pas toujours cautionnés. Un vent de murmures réprobateurs gronde dans la cité pour qui sait écouter.

Tamond Warev, Valfred Maemas, et combien d’autres encore… ? Et si lors du premier esclandre fomenté par le détracteur, il y avait eu plus d’une force à l’œuvre ? Ces contestataires qui se réunissaient, n’était-ce pas ainsi que se noyautait une Résistance ?


Le capitaine, de ses doigts, pianota doucement sur son bras. Il devait faire attention, tout cela n’était encore que supputations, guère de preuves ou de faits n’étayaient son raisonnement.
Devait-il parler de ses doutes à quelqu’un… ? Non… il disposait encore de trop peu d’éléments. Qui plus était, il aurait l’air bien fin s’il débarquait chez les présumés émeutiers à la tête d’une compagnie pour les trouver en train de miser leurs chausses dans une enfiévrée partie de dés.

Il n’avait pas besoin de plus d’agents non plus. Gadwyn s’en sortirait très bien, et en réduisant le nombre de personnes au parfum, il éradiquait le risque que des soldats trop zélés ne renforcent leurs patrouilles auprès des lieux de regroupement. S’il y avait des comploteurs, il ne leur mettrait pas la puce à l’oreille.


Une hilarité, soudaine et légère, gagna la gorge du capitaine, et un sourire carnassier aux lèvres, il fit une brève relecture des rapports. Ah… voilà qui brisait enfin la fade monotonie de son quotidien… Ses yeux émeraude scintillaient d’une excitation et d’un plaisir contenu, refoulé, alors qu’il assimilait les faits, les lieux, les noms. Convenablement informé, il lancerait sa prochaine manœuvre.
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MessageSujet: Re: Fureteurs nocturnes [PV ; Faël, Armée Humaine *]   Lun 17 Mai 2010 - 20:50


Faël(incarnée par Marcus Graybach)
Deuxième jour de la quatorzième semaine.
Matinée, au palais de justice.

La foule amassée devant le tribunal n'empêcha pas la silhouette encapuchonnée de s'infiltrer avec une certaine aisance entre les corps agîtés par la colère. Personne ne prêta attention à cette ombre qui s'infiltrait comme de l'eau au travers de ce rempart humain. Calme, elle se posta dans l'ombre des plus proches spectateurs du spectacle juridique ridicule qui se tenait en ce moment même devant elle. La juge, un parasite druidique corrompu, annonça la peine du général. On jura, Marcus lui même se leva et n'hésita pas à cacher son dégoût. Faël aurait tout donné pour pouvoir aidé son général, mais elle n'avait aucun pouvoir en ce lieu. La haine, la fureur, entreprirent de corrompre sa pensée. Elle voyait déjà la juge qui réclamait le silence pendue au bout d'une corde ou immolée sous les feux de sa colère, seul les derniers restes de lucidité qui lui restaient l'empêchèrent à ce moment de ne pas se jeter sur cette traître. Quand les gardes posèrent leurs mains sur les épaules de Marcus, un serpent fait d'ombre et mortel descendait déjà le long du bras de Faël, prête à bondir sur ces ordures. Personne ne pouvait toucher ainsi son supérieur!

La juge alourdit la sentence, alimentant le feu rageur qui grandissait en Faël. Les yeux de cette dernière se posèrent sur le cou gras de la druide. Un jour sa lame trancherait dans le gras de cette énergumène et déverserait sur le sol son sang sali par la trahison. Elle reservait pour chaque Amazone le même sort, ces filles qui ne méritaient aucunement la bonté qu'avait envers elles Marcus. Si cela ne tenait qu'à elle, Faël ravagerait de sa magie ce peuple plus sournois qu'il ne le laissait paraître.

~ ~ ~
Troisième jour de la quatorzième semaine.
Cinquième heure.

"Crève, saloperie!

-Attendez, attendez! tenta d'articuler la druide aux prises du serpent ténèbreux qui enserrait son cou et commençait à lui faire cracher du sang.

-Il ne m'a fallu qu'une journée pour te retrouver, pourriture! Il va te falloir quelques secondes pour comprendre que tromper le peuple Humain a causé ta mort."

Sans attendre une seconde de plus, Faël trancha de son long couteau la gorge de la juge retenue contre le mur d'une ruelle dans laquelle l'avait entraînée son bourreau. Le corps de la druide glissa lentement contre les pierres humides tandis que l'ombre du serpent finit de se fondre dans les ténèbres de la cape de l'humaine. Faël essuya sa lame contre les vêtements du cadavre encore chaud avant de traîner sa victime lentement vers le bord de la rivière qui longeait la rue. Il avait fallu à Faël patienter longuement pour tirer la juge des jupons de ses gardes, mais cette traînée traîtresse n'avait pas la moindre seconde soupçonné que la main vengeresse des humains allait s'abattre sur elle. L'obscurité lui étant favorable, le soleil ne perçait pas encore à l'horizon, seuls les gardes postés une centaine de mètres plus loin représentaient une menace. Ces imbéciles attendaient la juge pour son retour en terres druidiques, ils pouvaient toujours courir! Avec un petit grognement, Faël larga l'amas de chair inerte dans les eaux froides de fin d'hiver qui s'éloignaient en serpentant vers le Sud du continent. Voilà qui était réglé!

~ ~ ~

Troisième jour de la quatorzième semaine.
Les ténèbres de la nuit entouraient autant Faël que sa cape ne la serrait alors qu'elle se dirigeait tout droit vers la Tour Sombre, aussi légère que la brise de cette fraîche soirée. La ville était en ébullition après les récents évènements, Marcus était emprisonné! Elle ne pouvait supporter cette idée qui amenait la haine à bousculer sa raison! Elle avait d'ailleurs un projet bien à elle, éliminer la principale juge de cette affaire ne lui avait pas suffi, il fallait que tous les traîtres responsables de la condition innaceptable du général disparaissent! Et connaissant assez bien les derniers rapports d'enquêtes, elle savait que chacun des noms responsables d'un jugement apparaissaient sur le haut du rapport. L'attention de Faël se porta donc sur un unique endroit cette nuit là.

Les gardes avaient pris l'habitude de ne plus saluer la conseillère du général, qui répondait à chaque fois d'un regard plein de vide. Son visage impassible n'avait pas souri depuis des années et les traits de cette peau de marbre se confondaient avec ceux d'un mort. Avançant à la lueur des flammes, qui paraissaient faiblir sur son passage, Faël pénètra dans la pièce de belle taille qui contenait tout ce qu'elle pouvait désirer.

Ses recherches mirent du temps à aboutir mais bientôt ses yeux se portèrent sur plusieurs noms que son esprit affûté grava en elle. Qu'ils soient humain ou d'une autre race ne changerait rien, tous périraient!

La lueur d'une torche intrigua brusquement la jeune femme, ses yeux se portèrent sur la silhouette d'un homme de sa taille, blond et apparemment militaire à la vue de sa tenue. Elle n'avait jamais croisé ce visage, maintenant souriant devant la paperasse étendue devant lui. Froidement, elle s'approcha de lui tel un spectre, ce dernier n'avait pas remarqué la torche que Faël avait amené jusqu'à sa propre table, plus loin, Faël ne s'était d'ailleurs pas encombrée de l'objet et s'était amenée directement devant lui sans le moindre bruit. Aussi impassible qu'à l'accoutumé, elle se pencha face à l'humain, toujours encapuchonnée.

"Pourrais-je connaître la raison de votre présence ici, à une heure si tardive?"

Faël n'était plus du genre à faire les présentations dans les règles et ne s'embarassait plus depuis longtemps des formules nécessaires à un échange cordiale. Elle posait ses questions, et arrachait les réponses lorsqu'elle se trouvait face à des réticents. D'apparence frêle, fragile, elle représentait néanmoins un réel danger et la violence de cette femme nourrie par la haine était inouïe, quand on y assistait.
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MessageSujet: Re: Fureteurs nocturnes [PV ; Faël, Armée Humaine *]   Mer 19 Mai 2010 - 9:54

La dansante lueur des flammes baignait le visage de Sigurd, dévoilait par intermittences son expression grave et méditative alors qu’il engrangeait les quantités d’informations contenues dans la liasse de rapports étalée devant lui. Le timide halo de la torche suspendue enfantait une sphère au sein des ténèbres, un petit et unique havre solaire que découvrait son regard à l’orange rougeoyant.
Cette lumière caressante ravivait l’éclat terni de la crinière d’or du capitaine, se reflétait dans le scintillement satisfait de ses prunelles d’émeraude, et coulait précieusement sur son uniforme de blanc immaculé et de bleu royal, comme pour en dérober les couleurs à la vorace obscurité.

L’engrenage de son esprit connaissait une activité fébrile, manipulait les rouages nommés « temps », « lieux, », « individus » et « motifs » pour définir un plan d’action et mettre en branle l’inéluctable machination qui broierait les présumés traîtres sans leur laisser la moindre chance de répliquer.
Peut-être parce qu’il s’était immergé dans le cours effréné de ses réflexions, Sigurd ne remarqua pas la présence soudaine et insidieuse qui fixait sur sa nuque des yeux glacés, la menace, qui tapie dans la pénombre, affutait ses crocs sinueux en se rapprochant soigneusement de sa proie.

Avec la soudaineté d’un éclair, la vision d’un visage encapuchonné, penché vers lui, se substitua à celle des documents étudiés. Le sépulcral murmure qui gagna les oreilles de Sigurd le glaça jusqu’à la moelle et lui fit esquisser un brutal mouvement de recul. Le corps mu par de solides réflexes, son poing gauche se referma sur le dossier qu’il consultait alors que sa dextre filait capturer la poignée de son épée. Animé par l’instinct de conservation, le soldat visualisa la trajectoire prochaine de sa lame dégainée, plongeant dans les soieries obscures de l’ample vêtement de l’intrus pour le fendre en deux d’un seul mouvement.
Mais la main de Sigurd demeura figée sur le pommeau de son arme, intuition et lucidité combattant le féroce automatisme issu d’une vie de batailles, et ce, pour deux raisons. Primo, les accents de la froide susurre et la silhouette drapée de l’importun étaient indubitablement féminins, et secundo, bien que dans ce large manteau puisse se dissimuler mille dagues dentelées, la créature spectrale qui venait de lui apparaître ne brandissait aucune arme.
Une pensée acide et sagace lui rappela qu’un poignard n’était visible qu’une fois enfoncé dans vos côtes, mais le capitaine refusa d’en tenir compte.

Un soupir tendu quitta les lèvres sèches de Sigurd. Ses yeux émeraude, plissés et acérés, se plantèrent sur le visage exsangue de l’apparition au manteau d’ébène. La crispation de son poing contre la poignée de l’arme s’atténua perceptiblement, et le soldat, fléchi et prêt à bondir, se redressa.

Les faibles jeux de lumière s’échouant par vagues anodines sur la figure de l’intruse permirent au capitaine de la détailler plus soigneusement, et le martèlement furieux de son cœur s’apaisant à mesure que retombait sa tension, l’aspect de la mystérieuse visiteuse éveilla chez Sigurd une poignée de souvenirs enfouis.
Il l’avait déjà vue, ou du moins, avait aperçu à une ou deux reprises l’ample et sombre manteau de cet individu qui suivait comme son ombre le général Graybach. Ses pairs capitaines lui en avaient parlé, en termes peu élogieux d’ailleurs, « La Sorcière » était certainement le plus chaste et policé d’entres-eux.

« Vous êtes… Faël. » Lâcha gravement le capitaine. Songeait-il que cette pertinente observation pouvait soudainement délier les lèvres pincées de son « interlocutrice » et initier entre les deux parties une saine conversation ? Non, c’était là une pensée naïve, il s’en rendit compte aussitôt.

Bien qu’ayant reconnu l’aide de camp, la principale conseillère de son supérieur, l’idée de relâcher sa prise sur son arme n’effleura même pas Sigurd. Le regard glacé aux promesses assassines dont on le poinçonnait devait y être pour quelque chose.
Ces yeux, affilés comme des lames de poignards, dont elle le transperçait dans son inquisition silencieuse, procuraient au capitaine une vague impression de malaise. Peut-être, au vu et au su des noires rumeurs qui circulaient sur l’âme damnée du général, aurait-il été plus sage de déguerpir, mais Sigurd ne pouvait pas bouger d’un muscle. Comme la grenouille paralysée par le serpent, hypnotisée par la meurtrière détermination de son prédateur qui posait très clairement les bases de leur échange.
Faël posait les questions, et exigeait des réponses.

Le visage grave, Sigurd, complètement redressé et affectant la tranquillité, passa à sa ceinture le parchemin qu’il détenait. Le capitaine se sentait dans une position certes précaire, mais guère inextricable. La vague frayeur qui le traversait était comme… un doux ronronnement à ses oreilles, un bruit de fond mélodieux dans son esprit avec lequel il tâchait de composer. Après tout, la rumeur qui courrait que Faël crevait les yeux de ses victimes avant de se repaître goulument de leurs intestins encore chauds était vraisemblablement erronée. Sigurd était certain que cette partie de l’organisme devait avoir un goût absolument infect, à tout le moins, la conseillère devait les faire cuire avant de becqueter. Question de logique.

Amusé par le cours que prenaient ses pensées, et allégé de son appréhension, le capitaine rencontra sans fléchir le regard ténébreux de son vis-à-vis.

« Je consultais les rapports de mes subordonnés. N’est-ce pas à cela que servent les archives ? » Répondit Sigurd avec un flegme certain, et si la tournure de sa réplique pouvait paraître caustique, le ton morne et grave de sa voix s’étoffait du plus grand sérieux.

Certes, sa présence demeurait singulière à cette heure indue, et ce, malgré la répartie lacunaire qu’il venait d’offrir à son inquisitrice. Néanmoins, il n’était guère le seul à jouer les fureteurs nocturnes, et le grade de la demoiselle d’acier qu’était Faël lui avait toujours paru très flouté. De ce fait, le capitaine ne se sentait guère contraint d’obliger son interlocutrice.

Faisant un pas vers la table de travail, Sigurd amassa patiemment les documents désordonnés qui avaient fait l’objet de son étude. Le plus important d’entre eux, la liste établie par Gadwyn, était coincé à sa ceinture, et dans l’immédiat, il n’avait guère besoin d’autre chose.
Dès qu’il aurait fini d’amonceler puis de ranger les rapports, il tâcherait de prendre la poudre d’escampette… à la condition expresse que la dame qui le transperçait de son regard adamantin l’entende de cette oreille.
Le fantôme d’un sourire s’échoua sur les lèvres fines de Sigurd, et un soupçon de sueur humecta ses tempes.
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MessageSujet: Re: Fureteurs nocturnes [PV ; Faël, Armée Humaine *]   Dim 23 Mai 2010 - 8:26




C'était là le genre de réponse qui énervait au plus haut point Faël, et tout cela avec un ton très sérieux, qui dissimulait assez mal un certain sarcasme. Elle détestait qu'on se foute ainsi d'elle! Qui était ce misérable? Un sergent? Non, il n'aurait pas osé se moquer de la sorte. Alors un capitaine, c'était la solution la plus plausible. De plus, il semblait savoir à qui il avait affaires, pourquoi se permettre cet apparent flegme dans ce cas? Etait-ce dans ses habitudes? Marcus ne l'avait surement pas choisi pour rien, s'il était capitaine. Faël avait espéré tout de même qu'il puisse se trouver pour capitaine un homme capable de se présenter dans les formes! Ce sans-gêne récupéra quelques papiers, replaçant ici et là des livres, sans la moindre considération pour Faël qui étudiait dans le plus grand silence l'homme, pressé malgré les apparences.

"J'avais remarqué. dit-elle en s'avançant lentement, ses yeux tentant de percer les mystères qu'il pouvait cacher. A presque trente centimètres de son visage, Faël abaissa son capuchon, dévoilant de longs cheveux bruns ruisselant en boucles somptueuses.

-Vous savez qui je suis, mais j'ignore qui vous êtes et, de ce fait, s'il est dans votre droit de venir ici glaner quelques informations? Je n'aimerai pas apprendre que votre présence ici représente un délit.


La froideur de ses paroles jurait affreusement avec la beauté de son visage, même si son expression figée se prêtait aisément à l'annonce de pareils promesses. On pouvait noter dans sa gestuelle une certaine délicatesse, mais c'était être naïf que de croire qu'un corps aussi frêle ne pouvait causer de graves séquelles. De plus, Faël suintait la magie noire autant que la haine, chacune de ses paroles en était le fruit, un vestige de son passé. Passé initialement heureux, sans aucune ressemblance avec sa vie présente, mais qui portait bien son nom, puisque se furent quelques évènements fâcheux qui vinrent changer la belle demoiselle qu'elle était en une tueuse. Ensuite vint Ardiosis, qu'elle soutenait avec une ferveur inégalée contre des peuples qu'elle jugeait risibles, juste bons à disparaître. Inconsciemment, elle avait rejeté tout son malheur sur les ennemis de son souverain, et cela en faisait une adversaire redoutable, la Mort elle même n'aurait pu se charger mieux du cas des Elfes, Amazones et autres résistants déjà mourants.

-De plus, j'aimerai savoir ce qui peut préoccuper en ce moment un militaire si ce n'est la situation de son général?"

Rappel qui mit de nouveau Faël en fureur, savoir Marcus prisonnier à Yswllyra lui était vraiment insupportable! Ils paieraient tous!

Son regard s'était porté sur la garde de l'épée du blond devant elle, une de ses mains s'y était accrochée, qu'imaginait-il? Craignait-il les siens? Puisqu'il fallait mieux prévenir que guérir, Faël fit descendre le long de son bras plongé dans les ténébres un serpent fait d'ombres, son meilleur allié dans les combats rapprochés. Si ce veilleur tentait quoi que ce soit, il connaîtrait la brulure de la magie noire.
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