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 Préparatifs

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Nillviem
Gwendirien
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Masculin Nombre de messages : 81
Age : 25 ans
Clan : Impériaux
Fonction : Capitaine des Dragons
Date d'inscription : 26/09/2009

MessageSujet: Préparatifs   Sam 4 Sep 2010 - 11:14

La mort surplombait l’ensemble du Gwendir depuis quelques semaines déjà, resserrant lentement mais sûrement son étreinte glaciale. Fragilisant premièrement l’autorité et la sécurité des royaumes, voilà qu’elle s’attaquait de nouveau à leur symbole, leur fierté, leur cœur. Et voici qu’en terres druidiques, elle frappait deux fois au même endroit. Et encore une fois, personne n’avait rien vu venir. Si la mort était omniprésente au sein du Sudorna et des plaines de Fazor, emportant bétail sans ménagement, elle touchait depuis plus récemment homme, femme et enfant. Aussi funeste qu’aléatoire, qui aurait pu prévoir qu’elle s’abattrait sur le Roi lui-même ? Un deuxième souverain tombait, réduisant encore une lignée qui semblait compromise, ses sujets suivaient irrémédiablement. Les autres peuples ne pouvaient qu’imaginer l’état d’esprit des druides. Si certains étaient animés par la vengeance et la tristesse, il ne restait aux druides que la désolation. De qui pouvaient-ils bien se venger, des Dieux ? D’un fléau aux causes inconnues mais aux conséquences désastreuses ? Ils ne pouvaient que pleurer, car les larmes étaient tout ce qui leur restait, et encore.
Et que pouvait-il faire, lui ?

- Nous aurions pu, tant de choses, en effet.. Mais le temps joue contre nous et j’aimerai ramener la conversation à un sujet des plus importants, et qui cette fois concerne tout un peuple, pas seulement toi, ou moi. Nillviem, je souhaite que tu prennes ma place et que tu acceptes la couronne afin de guider notre peuple lorsque je ne serais plus.

C’est impossible.
_________________

Quatorzième semaine,
Sixième jour


Quatre jours qui ne semblaient être qu’un seul quand le temps paraissait être en suspend. La Lune précédait-elle le Soleil ou était-ce l’inverse ? Faisait-il plus chaud qu’hier ou moins froid qu’avant ? Ce genre de détails saugrenus qui emplissait pourtant le quotidien de certains semblait, comme beaucoup d’autres, avoir quitté le prince pour le laisser pleinement focalisé sur ce qu’il devait et avait à faire, peu importe si le monde tournait encore. Depuis qu’il avait quitté Unae, peu de temps après son entretien avec le défunt Roi, emportant quelques affaires et de quoi faire commerce, il résidait au sein d’une auberge à Elonia. Capuche désormais constamment rabattue, personne n’avait à savoir où il se trouvait. Il amassait vivres et nécessaires de voyage, et se procura également des Tiwaz auprès de commerçants établis à la frontière. Il avait troqué ses vêtements ornés de l’emblème druidique pour des tenues nettement plus simple et sans signe représentatif de ces origines. Il gardait néanmoins à l’esprit l’idée de voyager léger. Déjà quatre jours et il était toujours là. Il avait eu nettement le temps de préparer son départ et n’avait de cesse de vérifier qu’il ne manquait rien. Mais il lui restait une dernière chose à faire ici, et elle méritait selon lui, tous les risques d’être reconnu. Les funérailles de Galdor Fenril. Nillviem souhaitait y assister à tout prix, qu’importe si cela pouvait tromper sa présence en terres druidiques. Il était tout bonnement hors de question qu’il ne rende pas ce dernier hommage à son cousin. Un hommage qu’il méritait amplement et que chaque citoyen se devait de lui rendre. Si son règne fut marqué par des temps néfastes pour tout le Gwendir, il avait su maintenir son peuple uni. Il avait su prendre des mesures d’urgence, des décisions quand les choix manquaient. Le prince s’arrêta un court instant, observant le crépuscule, qui s’assombrissait peu à peu. Il était là, arpentant de sa marche silencieuse la route principale menant à la capitale, une lourde décision pesant sur tout son être, ses doutes avec lui, néanmoins impuissants face à sa détermination. Il reprit son chemin après un bref soupir adressé aux cieux.
Les ruelles d’Unae étaient pour la plupart désertes, renfermant une atmosphère des plus pesantes. Seules les places et axes principaux renfermaient encore quelques passants et habitants. Tous devaient en ce moment-même se rassembler afin de débuter la cérémonie. Chargé des affaires qu’il avait réunit durant ces quatre derniers jours, Nillviem se glissa jusqu’aux écuries où reposait sa monture. Quel avantage d’être un habitué des lieux et de connaître quasiment tout trajet des rondes de gardes. Celles-ci étaient orchestrées par les forces d’infanterie, et il devait ses connaissances particulièrement poussées à son Chef des armées et ami, Asandir Noctariam, ancien capitaine de cette unité. Encore une personne chère qu’il laissait derrière lui. Décidément, quand allait-il cesser de s’éloigner de ses proches ? Qu’allait-on dire de lui, à présent ? Premièrement il délaissait la Cour, sa sœur, et maintenant son peuple ? Du moins, c’était ainsi que les choses étaient perçues. Mais chaque esprit détient sa propre interprétation des faits.

On dit que tout individu influe sur ce qui l’entoure. La Forêt d’Ellendwraï serait-elle ce qu’elle est actuellement, si elle n’était point habitée par Elfes et Nymphes ? Chaque année la flore renaît, et se propage lentement, mais sûrement. Qu’en serait-il si c’était une autre race ? Pourquoi les fiers Amazones résident-ils au sein de plaines sèches ? Et qu’en est-il des Humains qui trônent au centre du continent ? Chaque région semble avoir été définie pour un peuple. Celui-ci s’adapte, la modèle avec le temps à son image et accroît ses différences, ses caractéristiques. Qui oserait assimiler les monts où demeurent les Orthodoxes et les Ombres ? Pourtant, ne sont-ils pas issus de la même montagne ? Par exemple, l’on peut aisément distinguer un étalon issu d’un haras amazone d’une monture druidique. Grand et robuste, sublime et majestueux, capable de supporter n’importe quelle farouche guerrière. Que ne serait l’étonnement d’une fille de Freyja si elle serait amenée à monter un destrier natif des terres druidiques.. Bien plus petits mais aussi plus vifs, moins réceptifs à toute sommation impliquant un geste qu’à un commandement indirect. C’était d’ailleurs pour cela que l’armée des enfants de Mani ne comptait aucun corps basé uniquement sur une monture. Une entrevue bien trop incertaine en vu de cet étrange lien. Un lien dont l’intensité et les caractéristiques variaient suivant le druide et la bête.
Ainsi la présence des druides au sein du Sudorna causa au fil du temps des évolutions notables envers la faune résidente. La complexité du lien unissant enfants de Mani et animaux n’avait fait qu’évoluer. L’aube des premières années ils apprirent à se connaître. Puis, les sables du temps s’écoulant, chacun apprit de l’autre. Comment s’élever dans les airs et profiter pleinement des caprices du vent. Comment suivre un individu à la trace, en ne se fiant plus à ses faibles yeux mais aux autres sensations toutes aussi riches. Comment gérer ses propres faiblesses et les protéger par ses avantages. Toutes ces connaissances au départ latentes devinrent les générations passant spontanées. Il en allait de même pour l’évolution de la faune du Sudorna. Le contact fréquent, voire permanent, avec un esprit doté d’une réflexion poussée, de concepts totalement inconnus ou incompréhensibles jusqu’alors et d’une moralité dépassant l’entendement de ce qui était « nécessaire pour survivre », a grandement familiarisé l’animal à ce mode de pensée et évidemment au contact de l’être. Il n’était donc pas impossible de voir poindre chez certains spécimens particulièrement proches des druides une caractéristique propre aux émotions. Mais ils n’étaient toujours pas apte à cerner les diverses subtilités du cerveau, car ils restaient des animaux avant tout. Et ces faits étaient peu comparés aux évolutions que des décennies apporteraient sans doute aux enfants de Mani et surtout aux animaux les côtoyant.

Nillviem se reprit, voilà qu’il venait de se perdre dans ses pensées. Ce n’était pas franchement le moment de se remémorer son éducation, même si le léger sourire qu’il en avait tiré était plus que précieux. En attendant, le temps semblait lui avoir échappé. En effet les sombres lueurs avaient déjà envahi le ciel, il devait se dépêcher. Un sifflement perça la pénombre naissante pour parvenir distinctement aux oreilles d’un magnifique Sleipnir, étendu royalement dans l’herbe drue d’un des champs. La créature tiqua, releva seulement la tête avant de se lever entièrement et se diriger vers le jeune homme avec une subite hâte en lui faisant parfaitement comprendre l’attente interminable qu’il avait eu à subir.
- Quand allais-tu me sortir d’ici ? Je n’aime pas cet endroit avec les Pattes-bruyantes.
- Je n’ai pas le temps pour tes commentaires Shaneer, je pars et je veux savoir si tu souhaites m’accompagner.
C’était certes direct, mais il n’avait pas le loisir de s’épanouir en propos futiles.
Shaneer était fier et noble, mais il ne fit pas spécialement cas de la rudesse des paroles, car il savait que ce n’était pas une habitude chez le prince. Celui-ci n’était par ailleurs pas particulièrement proche de son destrier et il appréciait bien davantage la compagnie du félin. Et en matière de voyage, c’était un atout à ne pas négliger. Le Sleipnir balaya le champ d’un bref regard et déclara d’un ton plus que sérieux.
- Si je ne viens pas tu te traîneras le petit cheval. Tu n’iras pas loin, il ne court pas vite.
Le jeune homme prit cela pour un oui. Sans plus attendre il le laissa sortir et le sella. Il le conduisit non loin des portes d’Unae et déposa ses affaires à ses pattes, attendant ainsi le dernier moment pour les charger.
- Patiente ici, il me reste une dernière chose à faire, puis nous partirons.
- Pourquoi caches-tu ton visage ?
- Ne pose pas de questions et fais le muet si quelqu’un te parle.
Le Sleipnir émit un grognement de mécontentement suite à cet ordre dénué de tact, mais se tut et resta en place. Nillviem sut alors qu’il pouvait le laisser sans craintes. Vérifiant par pure réflexion s’il n’avait rien oublié et laissant son compagnon avec une question légitime en son sens, il prit la direction du temple.

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