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 Propriété de Franz Vakarian

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MessageSujet: Propriété de Franz Vakarian   Dim 26 Sep 2010 - 16:30

[ ce sujet est créé pour mettre dans le même endroit tous les posts dans lesquels Franz sera chez lui, au lieu de créer un fil à chaque fois ]

Septieme jour de la quatorzième semaine

Franz tira sur sa pipe, laissant échapper quelques ronds de fumée dans un souffle. Accoudé à son bureau, il se retrouvait devant une feuille blanche, une plume, et ce qui lui restait d’imagination. L’humain n’avait jamais eu beaucoup d’occasions d’envoyer une lettre. Il se débrouillait toujours mieux à vive voix. Mais dans la situation présente, une lettre lui paraissait le minimum.

Un aboiement le tira de sa rêverie. Murdock se présenta devant lui, la langue pendante, attendant des caresses. Chose que Franz lui offrit sans rechigner, passant ses mains gantées sur l’énorme tête de son chien. Au loin, dans le jardin privé dans lequel se tenait Franz, Ossé essayait d’attraper un chat errant qui s’était réfugié dans un arbre. Franz le regarda faire en souriant, puis revint sur sa tâche. Il détestait rester dans son bureau lorsque le soleil décidait de se montrer, et avait déplacé sa table de travail à l’extérieur, dans son grand jardin privé. Il salua de la tête un voisin. Reprenant sa plume, il la fit plusieurs fois tourner entre ses doigts, rapidement, jouant avec comme s’il s’agissait d’un de ses couteaux. Prit d’une inspiration subite, il se mit à écrire frénétiquement sur la feuille. Après rapide examen, il arbora une expression remplie de pitié, et jeta sa feuille. Non, il passerait pour un guignol avec ca.

Il soupira, regardant le ciel bleu, n’ayant qu’une envie, sortir de chez lui, et se balader dans la vieille ville. Malheureusement, les affrontements interreligieux avaient réduits en cendre plusieurs quartiers parmi lesquels il avait grandis et revenait souvent. Plusieurs de ses connaissances en étaient mortes. Tout ca à cause de crétins sans cervelle adorant des divinités invisibles. « Pauvres types » songea t-il.

Il attendit qu’un éclair de punition tombe du ciel. Rien. Ricanement méprisant de l’homme. Suivit d’un sourire angélique alors que Karina lui apporte une boisson. La jeune femme de 10 ans sa cadette arborait un teint de peau aussi foncé que l’écorce des arbres, et une chevelure de paille. Ce coté très hétérogène lui allait incroyablement bien, mais revenait à lui accrocher un panneau dans le dos avec écrit « Je suis une hybride ». Muette, ou refusant de parler, elle l’embrassa furtivement sur la joue, et regarda les cadavres de lettres en souriant d’un air moqueur.

« Si tu crois que c’est facile… j’écrit pas au tapissier du coin, mais à une des plus puissantes personnes de ce continent. Que je déteste écrire… »

Il prit une gorgée de bière, savourant la boisson, et laissa sa servante retourner à ses affaires dans la maison. Heureusement qu’elle était là. Franz ignorait ce qu’il ferait sans elle. Et réciproquement. Il se retourna vers la page blanche, qu’il fixa d’un regard assassin. Rasséréné par la bière, il la menaça.

« A nous deux petite. Tu vas regretter ce jour » dit-il d’un ton parodiant les méchants dans les histoires que lui racontait sa mère. Plutôt que d’écrire un long et assommant billet, il préféra opter pour quelque chose de court et de direct.


« Bonjour (ou bonsoir) à vous, seigneur Morzan

Je me doute bien que vous ne devez sûrement pas vous attendre à du courrier de la part d’un humain. Avant que vous ne réduisiez cette pauvre lettre en boule d’un air las, laissez-moi me présenter. Je me nomme Franz Vakarian, et j’ai été nommé il y a exactement deux jours Ministre des Affaires Extérieures. J’ai donc l’intention, plutôt que de rester enfermé dans mon bureau, de faire de nombreuses visites diplomatiques dans les autres pays, afin, je l’espère, d’arriver à un compromis pour éviter une guerre générale. Mon choix s’est porté sur votre pays pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cela fait longtemps qu’aucun diplomate humain ne s’est rendu chez vous et me rendre chez les amazones après l’incident diplomatique serait plus vu comme une provocation qu’autre chose. Concernant les elfes, j’ai l’intention de les voir tout simplement après. Ma priorité est d’arriver tout d’abord à un compromis avec les pays opposés à mon seigneur. Le plus difficile d’abord donc.
Je vous envoie donc ce message pour vous faire part de ma venue. Il me devancera d’un jour, car j’ai dans l’intention d’arriver le plus tôt possible. Si vous envoyez un refus, je le recevrai donc sur la route.

Recevez mes salutations distinguées, Seigneur.

PS : Je viens avec ma servante et mes deux chiens, et une maigre escorte. Je n’ai pas l’intention d’amener une armée avec moi.
PS2 : Evitez de ma capturer et de me prendre en otage, j’ai passé l’âge de ces bêtises, et je doute qu’Ardiosis lève le moindre doigt pour me sauver. Par contre, vous lui donnerez un prétexte en or.
PS 3 : La durée de mon séjour sera en fonction de la progression des négociations que j’espère pouvoir mener avec vous
."

Il regarda sa lettre en soupirant. Indigne d’un ministre. Mais au moins, elle était clair, directe, et changeait de son prédécesseur qui alignait des milliers de mots pour parler dans le vide. Franz se resservit à boire. Il prit son papier et rentra chez lui. Karina le regarda, étonnée qu’il a finit sa lettre. « C’est ta venue qui m’a inspiré » dit-il en provocation, et elle détourna la tête, gênée et rigolant. Montant les escaliers pour accéder à sa mezzanine, il coula un peu de cire sur le papier plié en deux, après l’avoir chauffée, y apposa le sceau de son ministère. Il regarda sa lettre quelques instants. Ca va, ca avait de la gueule. Il y écrit proprement dessus. Urgent, pour le Roi des Ombres, de la part de Franz Vakarian.

« Karina ! Ca te dirait de voyager un peu ? Nous allons au pays des ombres ! ».

Elle le regarda estomaquée, ses grands yeux verts et sa fine bouche grands ouverts. Franz eu un sourire carnassier et éclatant de blancheur, à la Colgate.

« Han, tu t’y attendait pas hein ? C’est pour mon travail, mais un petit voyage tous les deux, ca nous fera du bien non ? »

La jeune métisse vint de manière presque furtive vers lui et le gratifia d'un léger baiser sur la joue. Puis, elle s'en alla, fredonnant une musique dans un language inconnu de Franz. Elle alla dans sa chambre, contigüe à la sienne, et commenca à trier dans ses affaires.
Franz se mit à réfléchir. Si sa venue était acceptée, Karina, fille de basse condition, arriverait-elle à bien se tenir dans une cour remplie de femmes d'une condition " supérieure " ? Son apparence ne serait elle pas ... ? Oh, et puis merde. Ils n'allaient pas lui reprocher d'amener une métisse. Ce serait une belle preuve d'intolérance.

Franz sortit de chez lui après avoir joué quelques instants avec ses deux chiens. Il alla voir un des deux gardes en faction devant chez lui, ministère oblige. Lorsqu'il arriva, les deux soldats rangèrent avec des gestes habitués leurs cartes et se mirent au garde à vous dans une synchronisation parfaite.

" J'aimerait que vous apportiez cette lettre à un messager. Il saura ou aller. Et celui qui lit la lettre finira dans le caniveau, compris ?" dit il d'un ton parfaitement aimable, comme s'il n'y avait aucune menace. Ils obéirent sur le champ, et s'en allèrent. Franz cria derrière eux.

" Et si je vous revoit jouer aux cartes, je joue avec vous et vous pompe votre salaire mensuel, compris ?! "
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MessageSujet: Re: Propriété de Franz Vakarian   Mer 29 Sep 2010 - 18:32

La nuit tomba.

Franz était revenu à l'intérieur, après avoir rentré son bureau. Normalement, le soir, il sortait pour aller se détendre dans les tavernes de son enfance. Mais le travail l'obligeait à rester lire à l'intérieur. Et il n'avait pas le coeur de retourner dans la basse ville ravagée par les affrontements inter-religieux. Du coup, le diplomate lisait les lettres de ce qu'il appellait ses " correspondants ".

Le terme était flatteur. Il ne s'agissait pas de véritable correspondance, mais tout simplement d'envoi d'informations payées. Il avait fallu trois longues années pour constituer cet immense réseau. Le fonctionnement était simple, dans chaque village ou hameau des territoires humains, orthodoxe et chez les ombres se trouvait une personne qui renseignait Franz. Oh, pas un espion. Le plus souvent des boulangers, des fermiers, des femmes de ménages, des jardiniers, des chasseurs. Des personnes normales, qui, en échange d'une somme d'argent, minimale pour le ministre, précieuse pour eux, lui envoyait régulièrement des rapports sur ce qui se passait. Tout ce qui sortait de l'ordinaire. Un convoi de marchandise passant par un village. Une épidémie dans un autre. Des mauvaises récoltes autre part. En général des évenements bénins. Mais parfois, quelque chose de bien plus intéréssant.

Un incendie dans la grande forge des ombres. Une épidémie progressant sur la frontière amazone/druide. Des escarmouches ici et là. Des dizaines d'informations dont le cumul faisait que Franz savait à peu près tout ce qui se passait un peu partout dans le monde. Les seuls pays chez lesquels il n'avait pas de contacts étaient chez les nymphes et les amazones. Depuis la guerre, certaines personnes avait arrêtées d'envoyer des messages. Mais elles étaient une minorité. Quand vous avez depuis plusieurs mois l'habitude d'envoyer des infos qui sont après tout "publiques" chez vous tout en recevant de l'argent, vous avez du mal à arrêter.

Bien sur, il se doutait que les espions d'Ardiosis ( car il en avait ) devait l'informer également. Mais il y avait un monde entre des rapports sur ce qui se trame ( peut être ) chez l'ennemi et d'autres venant de n'importe quel hameau, qui tenait Franz informé d'absolument tout ce qui était visible. Bien sûr, cela impliquait lire plus d'une centaine de lettres par semaine, écrites dans une orthographe parfois douteuse. Mais l'avenir appartenait à ceux qui travaillaient dur. Cela lui coutait cher aussi. Mais l'argent de son ministère lui permettait de payer tout le monde sans de problèmes.

Et quand à l'argent de sa famille d'origine... elle lui appartiendrait bientot. Dès que Sikorvsky serait mort.

Sois très bientôt. Un sourire carnassier apparu sur le visage de Franz. Ces informateurs lui étaient utiles dans son travail de ministre. Ils seront vitaux plus tard. Lorsqu'il aura un poste... plus élevé que celui de ministre. Puis, plus élevé que celui de général.

Le poste ultime.

Franz se remit à sa lecture. Pas question de se laisser distraire. Une guerre allait avoir lieu. Il devait ramener la paix. Pour tous ceux qui risquaient d'y perdre bêtement la vie. Et aussi pour sa future carrière. Allez courage. L'avenir qu'il s'était promis dans son enfance se réaliserait. Il avait été ralenti par ce smilodon qui lui avait broyé la jambe, détruisant sa carrière militaire. Pas question de laisser une guerre détruire sa carrière politique. Il repensa à son adolescence un instant. Vision de lui, nu, sur un lit, à peine agé de 12 ans, avec trois hommes, sales porcs immondes, profitant de ce corps " jeune et doux ", le pénétrant tour à tour en rigolant. Souvenirs de sa décénnie de prostitution. Il les avaient retrouvés des années après. Execution sommaire. Pédophilie.

" Porcs immondes " répéta t-il tout seul.

Douce odeur de vanille. Baiser furtif de la toujours furtive Karina, qui lui fait signe que le dîner est prêt. Les visions du passé disparaissent pour laisser place à celles du futur proche. Celles d'un plat de pommes de terres et de salade. Allons, l'avenir ne serait pas sombre. Esperons le.
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