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Nombre de messages: 1751Age: 20 ansClan: RésistanceFonction: Reine des AmazonesDate d'inscription: 10/02/2008
 | Sujet: Poésie & Jour de Pluie [PV Nathaniel] Dim 24 Oct - 16:27 | |
| Premier Jour, En début de matinée, Quinzième semaine Au dehors, l’orage grondait. Le vent s’était levé soudainement, le ciel s’était obscurci et les sombres nuages déversaient à présent leurs flots sans épargner la moindre parcelle du domaine amazone. Le tonnerre s’était également ajouté à ce sinistre tableau, apportant la touche finale au déluge qui se jouait à l’extérieur. Devant les larges fenêtres qui donnaient une vue imprenable sur les jardins du château, littéralement noyés sous les trombes d’eau qui venaient du ciel, la jeune souveraine se tenait droite, l’air maussade. La tempête s’était annoncée sans prévenir, réduisant à néant les prévisions qu’elle avait réalisées pour la matinée. Contrainte de se tenir à l’écart des affaires du royaume, la jeune femme avait reçu l’ordre de son Conseil de se reposer. Son état de santé inquiétait outre mesure ses ministres, et même si l’ordre était plus symbolique qu’effectif, Idril n’avait pas l’intention de contredire son Conseil, déjà bien remonté contre ses agissements des semaines précédentes. De toute manière, elle savait pertinemment que sa présence en salle du trône serait troublante et viendrait mettre le chaos dans les différentes réunions prévues. Mais maintenant que la pluie venait mettre un terme à ses envies du moment, aller profiter de ses jardins, chose qu’elle n’avait plus faite depuis des lustres, avant d’aller s’entraînait à cheval, elle se sentait légèrement contrariée. Qu’allait-elle bien pouvoir faire ? Il n’était pas dans ses habitudes de flâner, et ce repos forcé prenait des allures de calvaire. Elle ne savait plus comment profiter des instants qui s’offraient à elle, ses journées s’enchaînant d’ordinaire d’une manière parfaitement organisée. Et les quelques jours qu’elle avait passé à se reposer après l’incendie du Haras avaient épuisé ses maigres idées d’occupation. Poussant un léger soupir d’ennui, elle se détourna des larges fenêtres, pour finalement regagner ses appartements, suivie de près par ses gardes du corps. Autre conséquence de son affaiblissement, elle était en permanence surveillée par deux ou trois soldats, s’assurant sans cesse de son état de santé. Ce qui l’agaçait bien évidemment. La jeune femme n’était pas du genre à aimer être maternée, surtout après une faiblesse dont elle avait plus ou moins honte. Mais son Conseil était intransigeant sur ce point là également. Lorsqu’on lui ouvrit la porte de ses appartements, elle sentit une bouffée de chaleur l’envahir, ce qui lui procura une étrange satisfaction. Elle s’engouffra alors dans la chaleur réconfortante de sa chambre, pour quitter la froideur et l’humidité des couloirs du palais, tout en exigeant que les soldats restent à la porte. Elle n’avait nullement envie de subir leur présence en cet instant. Il faisait si sombre à l’extérieur que les domestiques avaient été obligées d’allumer les chandelles fixées aux murs pour qu’il y ait un semblant de clarté dans la pièce. La jeune reine alla s’installer dans un fauteuil moelleux, près de la cheminée, où elle se réchauffa progressivement, avant d’ôter le châle qui recouvrait ses épaules, pour laisser sa peau à nue. Sa longue robe était pourpre, avec un corset et un jupon écrus. Elle était extrêmement simple, mais mettait en valeur son corps et ses formes peu généreuses, dévoilant gorge et épaules à la fois. Lorsqu’elle se sentit réchauffée, l’ennui revint insidieusement. Elle se leva, et commença à flâner dans ses appartements, sans trouver un quelconque intérêt pour les occupations qui lui venaient à l’esprit. Machinalement, et sans s’en rendre compte, elle s’approcha de l’instrument qui trônait au milieu de la pièce, et qu’elle avait évité soigneusement depuis la disparition de sa mère. Ses doigts effleurèrent le bois clair et orné de motifs floraux, procurant une sensation douce et fraîche au toucher. Depuis le tragique évènement, la jeune femme avait perdu l’envie de faire naître des sonorités, de faire résonner son instrument de prédilection, le clavecin. Autrefois, elle pratiquait presque quotidiennement, pour sa mère, qui adorait l’écouter. Parfois, on pouvait l’entendre chanter également, mais elle préférait que ce soit sa mère qui l’accompagne au chant, celle-ci disposant d’une voix plus suave, plus mélodieuse. Rejouer sans elle l’avait effrayée jusqu’alors, et beaucoup regrettaient de ne plus entendre les notes du clavecin qui avait tant égayé le château par le passé. Un sourire mélancolique naquit sur ses lèvres roses et elle s’installa sur le banc recouvert de velours destiné au claveciniste. Rêveuse, elle posa ses doigts sur le premier clavier et caressa doucement chaque touche, sans les presser. Elle resta songeuse pendant de longues minutes, incapable de pouvoir réagir. Saurait-elle seulement encore jouer ? Cette question lui parut ridicule, une fois formulée. Elle appuya délicatement sur plusieurs touches, comme pour vérifier l’irrationalité de son interrogation. L'instrument produisit quelques notes et un flot de souvenirs et de mélodies revinrent à son esprit. Elle ferma les yeux quelques secondes, comme pour se concentrer. Puis, elle les rouvrit et sourit de plus belle. Ses doigts glissèrent sur les touches avec une rapidité déconcertante et un air depuis quelques temps oublié se fit à nouveau entendre... La mélodie était triste, à l’image de la musicienne. Cette dernière n’avait visiblement pas perdu son habilité à manier l’instrument et les sons résonnèrent dans la pièce, provoquant un véritable concerto malgré l’unique claveciniste. Bientôt, la voix de la jeune femme s’éleva, en accord avec les vibrations des cordes de l’instrument. Une chanson en langage ancien, qui racontait le chagrin d’une jeune fille, dont le bien-aimé était parti trop tôt à la guerre, leur amour n’ayant pas eu le temps de se consumer. C’était celle qu’Ardentia préférait, sans doute en résonnance avec sa propre histoire. La voix de la jeune femme, cristalline, se mêla aux notes pour former un tout des plus harmonieux. Elle était tellement absorbée par les vibrations de sa musique qu’elle ne vit, ni n’entendit celui qui l’observait, admiratif, depuis le pas de la porte... |
|  | | Nombre de messages: 30Age: 20Age: 25 ansClan: RésistanceFonction: Capitaine des archersDate d'inscription: 06/01/2010
 | Sujet: Re: Poésie & Jour de Pluie [PV Nathaniel] Ven 14 Jan - 2:02 | |
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La caserne reflétait ce soir la sérénité et le repos. Les amazones avaient pour habitude de se regrouper dans ce lieu pour jouer aux cartes, prendre du bon temps en bonne compagnie autour d’un repas rassasiant, ou simplement pour converser entre femmes et entre guerrières. Mais cette soirée fut différente. Depuis la tragédie qui s’était abattue sur leur territoire, tout était devenu différent. La nuit n’avait pas été courte pour le jeune capitaine. Contrarié par les évènements, l’incendie et l’état de santé de la reine, Nathaniel avait été incapable de trouver le sommeil. Afin de ne pas gaspiller cette insomnie par des tristes pensées, il s’occupa l’esprit en soignant sa collègue d’armes, la jeune Ciereth, capitaine des hussards, qui avait été malheureusement blessée au cours de l’incendie. Mais cet acte généreux ne provenait pas seulement de sa naturelle gentillesse, il était rongé par l’inquiétude et la culpabilité. Sa dernière conversation avec elle remontait à la semaine précédente, peu avant l’incendie. Il s’était mal comporté et regrettait ses paroles. Elle devait être la seule qui lui adressait un profond respect et de la sympathie. Les autres, notamment les hauts placés de la Cour, guidés par des rumeurs infondées et le fait qu’il était le seul homme de son rang, ne ressentaient qu’à son égard du mépris et ne se gênaient pas d’exhiber quelques moqueries et sourires fielleux lorsqu’ils le croisaient dans les couloirs et somptueuses pièces du palais. Il restait cependant de marbre face à ces mauvais jugements ou expressions faciales complètement futiles et puérils, ce qui l’importait le plus était de savoir qu’il pouvait compter, pas seulement sur une camarade d’armes, mais une amie. Une amie à part entière.
Il attendit qu’elle s’endorme avant de rejoindre ses appartements. Mais avant de partir, il trouva place sur une chaise qu’il avait préalablement installée près du lit où Ciereth était allongée et maintenant endormie. Il transposa le siège afin que le dossier de celui-ci soit face au lit et s’y accouda en posant la tête sur ses bras, ainsi il pouvait observer son amie dans le confort qu’il préférait. Le silence régnait ; voir ainsi la jeune femme habituellement vive et imposante, lui semblait tout à fait étrange. C’était bien la première fois qu’il la voyait aussi calme, aussi apaisé, car sous cette carapace de femme indomptable se devinait, à bien y contempler ses prunelles opalines, une rage intérieure qui brûlait constamment en elle. Nathaniel commençait à la connaître après ces plusieurs années de côtoiement, il ne put résister à l’affiche d’un doux sourire en la contemplant. En contemplant leur amitié. Il se leva, replaça la chaise à sa position initiale, puis alla baiser le front de Ciereth. Avant de se redresser, il approcha ses lèvres près de son oreille et chuchota quelques mots imperceptibles avant de se redresser et rejoindre ses appartements.
« Merci pour tout. Ne tarde pas à guérir. » Sa chambre se trouvait à quelques pas de celle de Ciereth. Il pénétra dans la pièce et ferma machinalement la porte derrière lui. Il comptait se diriger vers son lit, mais freina son élan devant l’unique fenêtre de la pièce. Malgré l’apparition de l’aube, le temps gardait son obscurité et des averses interminables tombaient sur tout le Gwendir ; plusieurs jours sans la perception d’un rayon de soleil s’étaient écoulés. Observer l’extérieur le rendait nostalgique. Soudain, son expression mélancolique se changea aussitôt à la vue d’une lumière frénétique qui ne dura qu’un court instant : la foudre faisait entendre sa colère. Il n’avait jamais vu quelque chose d’aussi beau et d’aussi effrayant. Quelques éclairs réapparurent mais s’estompèrent promptement, Nathaniel alla alors s’allonger dans son lit avec toujours l’impossibilité de s’enlacer dans les bras de morphée. Son esprit était trop agité pour céder au sommeil, et même si le capitaine le voulait, il ne pouvait pas. Il repensa alors à Idril, à leur dernière rencontre, à leur étreinte. Il revoyait ses larmes inconsolables et le désespoir de cette longue journée d’horreur qui l’avait anéantie. Le jeune homme depuis ce jour, se sentait impuissant et inutile. Bien qu’il lui porte un amour incommensurable, ses sentiments n’étaient d’aucune utilité, ils ne lui donneraient pas la confiance et l’aide précieuse dont elle avait tant besoin. Il voulait tellement l’arracher des craintes et de la souffrance qui la torturaient, mais seul il ne pouvait rien faire.
Bien qu’il connaisse la famille Calafas et qu’il la serve depuis longtemps, lorsque sa mère gouvernait encore, il ne savait pas comment s’y prendre pour réconforter davantage Idril. Pendant des années, il n’avait fait que la contempler, simple soldat qu’il était à l’époque. Jusqu’à maintenant converser avec elle ne se présentait qu’en un rêve fantasmatique, complètement irréalisable. Croire qu’un jour la reine s’abandonnerait dans ses bras paraissait inimaginable. C’est pourtant ce qui se produisit. Et bien qu’il ait franchi une étape, son soutien moral et ses solides épaules envers elle ne suffisaient pas. Il se rappela de Morzan, le roi des Ombres. Nathaniel savait que la reine et lui étaient des amis de longues dates. D’ailleurs les rumeurs prétendaient qu’il se rendrait quelques jours sur le continent des amazones pour s’entretenir avec Idril à propos de l’incendie qui avait également ravagé son domaine. C’était l’occasion pour le capitaine d’entamer une importante conversation avec le monarque.
Allongé sur son lit, les bras croisés derrière la tête, il se leva et se pressa d’enfiler une longue et épaisse cape brune qu’il venait de sortir du placard dans le but de se protéger du froid, même s’il n’affronterait pas la pluie. Il quitta sa chambre, puis la caserne et remonta les allées du château afin de rejoindre la tour Est, le pas pressant. Arrivé dans les couloirs des appartements de Sa Majesté, il aperçut dans un premier temps, un son mélodieux qu’il n’avait plus entendu depuis belle lurette, et dans un second temps la présence de deux soldats postés à l’entrée. Il traversa le couloir en entamant une démarche vive et se rendit compte qu’un sourire se perchait au coin de ses lèvres. Il essaya de transformer ce sourire en totale indifférence devant les gardes qui le laissa sans problème entrer. Ou presque. Le capitaine entra sans un bruit, et referma délicatement derrière lui évitant qu’Idril s’estompe dans son talent et également pour que la chaleur des lieux se préserve pleinement. Elles étaient ravissantes, Idril et sa chanson. La plus merveilleuse était la reine qui offrait le plus beau des paysages que le capitaine n’ait jamais contemplé de sa vie. Il sentait déjà une forte pression dans l’estomac depuis qu’il avait traversé le seuil de la porte, mais davantage à la vue de ce spectacle. Le cœur totalement séduit, le jeune homme afficha un sourire comblé et annonciateur des sentiments qu’il éprouvait, sans même s'en rendre compte.
Dernière édition par Nathaniel Aneldor le Sam 22 Jan - 9:28, édité 2 fois |
|  | | Nombre de messages: 1751Age: 20 ansClan: RésistanceFonction: Reine des AmazonesDate d'inscription: 10/02/2008
 | Sujet: Re: Poésie & Jour de Pluie [PV Nathaniel] Ven 21 Jan - 13:05 | |
| La voix de la souveraine se tut, et les dernières notes s’envolèrent pour laisser place au silence d’une chambre vide. La jeune musicienne plaça ses mains sur ses genoux, son regard d’émeraude rivé sur les touches d’ivoire et d’ébène que ses doigts venaient de presser. Un sentiment confus s’était emparé de son cœur, lorsque la musique avait laissé place au silence et à la solitude, une mélancolie vibrante, pourtant teintée d’apaisement. Son visage était morose, presque peiné. Pratiquer de cet instrument la rendait nostalgique, évoquant des souvenirs heureux qui ne seraient jamais plus. Pourtant, les larmes ne coulaient pas aujourd’hui. Son deuil semblait revêtir une nouvelle forme et l’absence de sa mère semblait être acceptée désormais. Une étape avait été franchie. La plaie était encore douloureuse, mais le déni avait laissé place à l’acceptation. Il fallait continuer de vivre maintenant. Jouer du clavecin était le premier pas vers l’apaisement qu’elle cherchait tant.
Idril ne resta que quelques secondes interdite, à contempler l’étendue de son passé au travers des touches de son instrument de prédilection. Elle sentit une présence dans son dos, un regard rivé sur elle, et elle sursauta violemment quand elle réalisa que quelqu’un se tenait sur le pas de sa porte. Mais avant qu’elle n’ait pu ouvrir la bouche, son cœur cogna plus fort dans sa poitrine, reconnaissant immédiatement l’individu, et l’associant à des sentiments forts. Toute la colère qu’elle ressentait à l’égard de celui qui l’avait espionné dans ce moment d’intimité s’évanouit en une fraction de seconde, laissant place à une certaine pudeur, traduit par le rosissement de ses joues. Au lieu de renvoyer l’importun d’où il venait – ce qu’elle aurait fait en d’autres circonstances, en d’autres lieux et face à un autre – elle manifesta sa surprise par une élocution peu digne de sa joute verbale habituelle.
« Nathaniel ? Je… Que… Vous êtes-ici depuis longtemps ? » La jeune femme était visiblement troublée et la simple idée que Nathaniel l’ait regardé jouer n’était pas l’unique raison de sa confusion. Elle ne l’avait pas revu depuis l’incendie du Haras, depuis ce moment où elle s’était abandonnée à son étreinte. Et bien qu’elle soit réputée pour son tempérament et la facilité avec laquelle elle savait laisser ses sentiments de côté en public, il n’en était rien pour ceux qui la connaissaient plus personnellement. Ce qu’elle avait fait ce jour-là n’était pas digne de son rang, et elle se sentait coupable d’avoir incommodé le soldat, sans imaginer un instant que cette étreinte ait pu être merveilleuse pour lui. Coupable, réellement ? Peut être pas, en définitive. Du moins, elle se sentait extrêmement embarrassée face à ce souvenir. Et elle n’avait eu de cesse de chercher les mots qu’elle aurait pour le Capitaine lorsqu’elle le reverrait. Aussi, ne pouvant souffrir davantage de la gêne occasionnée par ce souvenir troublant, elle se déclara, en se levant de son siège de claveciniste.
« Je tenais à vous revoir, justement. Je voulais m’excuser pour la façon dont je me suis laissé aller lors de notre dernière entrevue. Je suis ennuyée à l’idée de vous avoir embarrassé de la sorte. »
Ses joues s’enflammèrent, tandis qu’elle sentait dans sa poitrine son cœur battre la chamade. Il était assez difficile pour elle de s’exprimer sur ce qui s’était passé, car même si la honte paralysait son corps et son esprit, elle ne pouvait pas totalement occulter les sentiments que cette étreinte avait généré. Elle avait aimé être enserrée comme elle l’avait été, et elle ne parvenait pas à se détacher de cette sensation. Lorsque son regard croisa celui de Nathaniel, elle sentit le désir d’être à nouveau enlacée s’embraser violemment en elle. Elle baissa aussitôt les yeux, sentant ce même feu remonter jusque dans ses joues. Elle chercha ses mots quelques secondes, et se confessa, non pas sans quelques difficultés.
« Mais, je voulais également vous remercier… elle laissa sa phrase en suspend, comme si elle hésitait sur les mots à prononcer, … Pour votre discrétion. De ne pas avoir ébruité la rumeur. Elle se mordit la lèvre, avant de poursuivre. Je voulais aussi vous remercier pour votre … amitié. »
La jeune femme releva les yeux vers son interlocuteur. Elle se sentait idiote, et les mots n’arrivaient pas à traduire ce qu’elle avait pu ressentir lorsque le Capitaine l’avait prise dans ses bras. Elle s’était sentie rassurée, consolée et peut être même protégée. Elle avait honte de ce souvenir, mais elle ne regrettait pas vraiment de s’être abandonnée ainsi. Ce paradoxe la tiraillait violemment, et annihilait son sens de la rhétorique. Elle se sentait désemparée et anxieuse, ce qui ne lui ressemblait pas. Elle savait mener de front une conversation avec deux généraux venus souiller la mémoire de sa mère et l’honneur de sa patrie, mais impossible de traduire ses sentiments à l’égard d’un jeune homme soucieux de son bien être…
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|  | | Nombre de messages: 30Age: 20Age: 25 ansClan: RésistanceFonction: Capitaine des archersDate d'inscription: 06/01/2010
 | Sujet: Re: Poésie & Jour de Pluie [PV Nathaniel] Lun 4 Juil - 0:09 | |
| Il y avait une lueur dans le regard de la jeune reine. Une lueur souvent imperceptible pendant le cheminement préoccupant de son emploi et quotidien de reine, avec toutes les responsabilités qui s’y caractérisaient indéniablement. La nostalgie traversait ses iris d’émeraude que le Capitaine ne se lassait de contempler. La beauté de la souveraine ne faisait pour autant sa grandeur, puisqu’elle était une Calafas. Une lignée royale noble d’esprit, généreuse avec son peuple et prête à tout pour le préserver. Le capitaine reconnaissait des traits semblables à ceux de sa défunte mère qui avait gouverné avec une telle brillance et une telle sagesse, que les âmes fidèles et infidèles à son nom, s’en souvenaient encore. La jeune femme se retourna et ne fit qu’émerveiller davantage son serviteur. « Je traversais le palais, quant un son familier titilla curieusement mon attention. Je savais à l’avance qu’il s’agissait de vos talents de musicien, que je n’avais d’ailleurs, plus écouté depuis longtemps. Très longtemps. La reine des amazones se leva de son siège, Nathaniel se rapprocha de celle-ci, sans la moindre précipitation. Avec la douceur d’un confident et la fermeté et assurance d’un soldat de sa position. Il remarqua les joues rosées de sa majesté qui l’attendrirent et ne s’empêcha de sourire bêtement, tel un petit garçon gêné par la présence d’une jolie damoiselle. Nathaniel comparait ses réactions à celui d’un enfant, mais il ne pouvait s’empêcher quelques maladresses et une douceur particulière dans son comportement et dans sa façon de pensée envers cette belle jeune femme lorsqu’il s’adressait à elle. Plus généralement, un soldat de la gente masculine aurait plutôt tendance à se comporter comme un parfait grossier personnage, qui n’aurait pas la simple idée de courtiser la dame avant de lui faire des avances, disons, incorrectes. Le capitaine des archers, essayait tant bien que mal, d’apprendre les bonnes manières à ces hommes lorsque l’occasion d’en croiser quelques uns se présentait. Il aimerait seulement ne pas paraître aussi sentimental et s’accorder cette même robustesse qui lui apporterait une touche plus affirmée vis-à-vis de sa virilité, afin de paraître fort et sans faiblesse en face de sa reine… La bêtise est humaine après tout. - Je voulais moi aussi vous rencontrer, Majesté. Vous savoir debout et visiblement en bonne santé, me comble pleinement. Il s’interrogea sur le comportement d’Idril, bien différent des autres fois, et en fut quelque peu perturbé. Quelque chose la tracassait, c’était incontestablement le cas, mais quoi ? Cette question agita ses pensées aux vues de sa méconnue réponse qu’il désirait connaître. Néanmoins, cette légère perturbation ne déconcentra pas l’attention qu’il portait aux paroles d’Idril. - Je ne peux me soustraire à la fidélité que je vous porte, il est alors normal de garder dans l’anonymat certaines confidences… certaines faiblesses que vous m’accorderez de voir et de réconforter. C’est à moi de vous remercier pour cela. Car il m’est difficile de croire que vous offrez ce privilège à chacun de vos sujets. Il baissa les yeux, puis la tête, en signe de respect et de reconnaissance. Nathaniel observa instinctivement la chambre de sa souveraine. Si majestueuse, elle était en parfaite harmonie avec Idril. Le capitaine trouva alors qu’il tâchait ce décor subtil avec son épée à la ceinture, sa cotte de maille ajoutée d’une cotte d’arme par-dessus, qui présentait d’ailleurs dignement les couleurs et l’emblème du peuple amazone. - Ma reine, je sens qu’une chose vous met dans l’embarras. De quel ordre est-il ? Peut-être puis-je vous apporter mes conseils. Puis, avec une hésitation de plusieurs secondes, il continua de déverser le fond de sa pensée. - Laissez moi vous emmener secrètement faire un tour, afin que vous puissiez prendre le temps de vous détendre et de vous décharger pendant une journée de toutes ces responsabilités qui vous tracassent. » Nathaniel Aneldor tendit sa main à son interlocutrice, attendant patiemment sa réponse. Il espérait voir la main d’Idril saisir la sienne, afin qu’il l’emmène avec lui, qu’importe la pluie et les responsabilités. |
|  | | Nombre de messages: 1751Age: 20 ansClan: RésistanceFonction: Reine des AmazonesDate d'inscription: 10/02/2008
 | Sujet: Re: Poésie & Jour de Pluie [PV Nathaniel] Ven 8 Juil - 10:12 | |
| Comme lors de leurs précédentes rencontres, écouter le soldat avait un effet apaisant sur les angoisses de la souveraine. Il y avait tant de douceur et tant de prévenance dans ses propos, que la jeune femme ne parvenait pas à se soustraire au réconfort que lui procurait cette écoute. La voix du capitaine était d’une infinie douceur, tout comme son visage radieux et ses prunelles ambrées, contrastant merveilleusement avec sa carrure colossale et protectrice. Plus elle le voyait, et plus elle trouvait qu’il était incroyablement beau, détail auquel elle n’avait pas été attentive jusqu’alors. Elle l’avait certes trouvé charmant dès leur première rencontre, mais en s’attardant davantage sur ses traits, elle ne pouvait nier sa beauté. Ou peut-être était-ce parce qu’elle appréciait sa compagnie et sa présence qu’elle en était devenue plus sensible à son charme.
Nathaniel était venu s’enquérir de l’état de santé de sa reine, et celle-ci inclina la tête pour remercier sa sollicitude. Après tout, il était celui qui l’avait vue au plus bas, sa curiosité n’était nullement déplacée. Elle n’était pas non plus sans faire plaisir à la jeune femme, qui esquissa un sourire timide. Elle ne se serait sans doute pas qualifiée d’elle-même en « bonne santé », mais il était vrai qu’elle était remise de ses émotions, et même si le repos restait nécessaire, elle allait mieux que lors de leur dernière entrevue. Les paroles qui suivirent déclenchèrent une nouvelle bouffée de chaleur chez la jeune femme. Elle avait ressenti la même chose lorsqu’elle avait rencontré le soldat pour la première fois, et avait eu l’impression que les paroles qu’il avait eues pour exprimer sa loyauté n’étaient pas sans cacher d’autres sentiments. Outre le rappel de sa gêne, concernant son comportement lors de l’incendie du Haras, la reine pressentait que les paroles de Nathaniel étaient une invitation à le considérer comme un confident si elle le souhaitait. Il saurait être une oreille attentive et une bouche close pour les secrets qu’elle aurait apprécié partager. Mais plus encore, alors qu’Idril avait enfin eu le courage de garder les yeux rivés sur lui, elle semblait percevoir derrière ces paroles une sorte de confession, l’expression d’un désir, celui d’être un ami pour elle. Ce n’était pas seulement l’expression de sa bienveillance et de sa loyauté, et la jeune femme semblait percevoir que c’était quelque chose qui lui tenait à cœur. Elle en fut à nouveau toute retournée, et hésita quelques secondes encore sur la formulation à adopter.
« Non, vous avez raison. Il n’est pas dans mes habitudes d’étreindre tous mes sujets. Soyez rassuré, réussit-elle à plaisanter, un sourire malicieux s’étant étiré sur ses lèvres rosées. Puis hésitant de nouveau, elle osa un compliment, accompagné d’un sourire plus timide. Seulement ceux qui ont promis de me protéger. »
Elle n’avait pas oublié la promesse de Nathaniel, et elle espérait qu’il avait compris son sous-entendu. Quant à son embarras, comment le confesser ? Comment lui avouer qu’elle savait son comportement déplacé, et que pourtant, à ce moment précis, elle n’avait qu’une envie, celle de se retrouver à nouveau dans ses bras ? D’enfouir son nez dans son cou et de respirer son parfum ? De sentir ses bras puissants autour d’elle, chaleureux et protecteur ? De sentir ses mains caresser ses cheveux et sa voix bercer son oreille ? Elle était sa souveraine, il n’était pas convenable qu’elle s’abandonne ainsi à son étreinte. Son embarras était grand, et d’autant plus qu’elle ne pouvait le confesser à son interlocuteur. Toutefois, elle n’eut finalement pas à exprimer sa gêne, puisque le soldat poursuivit sur sa lancée, formulant une proposition qui désarçonna la jeune femme. Elle allait de surprise en surprise avec cet homme, et ne parvenait jamais à anticiper, ce qui lui était assez peu familier. Mais pas vraiment déplaisant. Sa surprise se manifesta sur son visage candide. Comme lors de leur première rencontre, Nathaniel faisait fi des barrières qui pouvaient l’éloigner de sa reine, et il lui tendit la main. Le Protocole était clair, les contacts physiques avec la suzeraine étaient interdits. Mais Idril n’était pas seulement une reine. Elle était une jeune femme, et non un titre ou une couronne. Le soldat était l’une des rares personnes qui semblaient le comprendre. Du moins, c’est ce qu’avait envie de croire la souveraine...
La proposition de Nathaniel était cependant inconvenante. Les rumeurs enfleraient rapidement, et les remontrances avec elles, si on apprenait que la Reine se laisser ravir par un soldat. Alors qu'elle avait commencé à lever son bras pour le rejoindre, elle se rétracta doucement... avant de se rappeler qu’elle avait eu le même mouvement de recul lors d’événements tout à fait différents, lorsque c’était le gentilhomme humain, Arvaël AL’Nyr qui lui avait fait une proposition curieuse, celle de l’inviter à danser. Elle avait là aussi hésité en raison des convenances et de l’étiquette, puis avait finalement accepté, et elle ne l’avait nullement regretté. On l’avait certes sermonné par la suite, mais qu’importe ? Elle conservait en sa mémoire de précieux souvenirs, et elle s’était même liée d’amitié avec ce gentilhomme… Elle posa alors un regard doux sur Nathaniel, lui sourit avec une candeur infinie, et laissa finalement glissé sa main jusque la sienne. Si elle avait pu vivre de précieux moment avec un gentilhomme humain, elle était certaine qu’elle profiterait encore davantage si c’était avec le soldat qu’elle passait du temps. Lorsque le contact physique fut établi, elle se rapprocha de son dévoué sujet, à une distance tout à fait inconvenante, presque collé à lui et lui sourit de plus belle. Et retrouvant peu à peu son caractère espiègle, elle demanda, les yeux pétillant de malice :
« Dois-je me changer ? Une robe n’est peut être pas l’apparat le plus discret pour m’enlever ? »
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|  | | Nombre de messages: 30Age: 20Age: 25 ansClan: RésistanceFonction: Capitaine des archersDate d'inscription: 06/01/2010
 | Sujet: Re: Poésie & Jour de Pluie [PV Nathaniel] Mar 19 Juil - 4:21 | |
| Sa réponse ne lui était guère déconvenue. Il soupira de soulagement lorsqu’elle accepta sa proposition incongrue, après une hésitation que Nathaniel désespérait d’entrevoir même un bref instant. Le soldat serra délicatement la main douce et raffinée de sa reine sans gêne ni remords. À peine quelques jours de cela, la rencontrer ne relevait que de la pure rêverie. Un fantasme qui semblait jusqu’alors irréalisable, incertain. Lui prendre la main et se tenir à quelques centimètres de son charme et de sa beauté ne lui effleurait alors aucunement l’esprit tant c’était inimaginable et impossible. Nathaniel ne cessa de lui sourire. Il était ravi, mais contenait sa joie afin de ne pas paraître plus inconvenant qu’il ne l’était déjà. Exhiber également, par la même occasion, toutes traces de sentiments qu’il lui portait incontestablement, se présentait comme un danger aux yeux du capitaine qui craignait de gâcher un tel moment, certainement unique. Après les évènements qui venaient de chambouler le royaume, il était clair qu’une occasion pareille n’allait pas se reproduire ; Idril retrouvera certainement un emploi du temps surchargé avec des tâches de hautes importances à accomplir et de nombreuses dispositions à prendre pour l’avenir de son peuple. Le grand blond aux yeux d’ambres captivé par la subtilité de sa voix, ne prêta plus attention au comportement, à l’humeur ou l’expression faciale de sa souveraine tellement il était absorbé par ses lèvres rosées qu’il désirait embrasser, tout en continuant son discours. Il ne put alors apercevoir par cette inattention, l’embarras d’Idril et connaître encore moins la cause de cette gêne. Sa naïveté lui bloquait parfois l’accès aux ressentis d’autrui, comme dans ce cas précis où il ne soupçonnait pas la moindre ambigüité dans les sentiments de la jeune femme. « J’ai fait le serment de vous protéger. Je ne vous décevrai pas, soyez sans craintes. » Affirma t-il avec une conviction acharnée avant de se charger de répondre à la question qui lui était posée. Le capitaine Aneldor avait compris sans peine l’allusion portée dans les paroles de son allocutaire. Une très mince distance séparait à présent les deux êtres. L’envie d’obéir à ses désirs s’affirmait davantage, ça lui comprimait l’estomac d’une agréable façon. Il reprit rapidement la conversation afin de ne pas se laisser tenter plus longtemps à cette indécence vis-à-vis de leur statut, mais également parce qu’il croit avec pertinence que c’est un amour à sens unique. « En effet, il faut user de la discrétion et votre robe, bien qu’elle soit des plus ravissantes si vous me le permettez, ne jouera pas en notre faveur. N’avez-vous pas quelque chose de plus rude ? Votre tenue d’entraînement, peut-être ? Lui proposa t-il. Puis il poursuit sans lui laisser le temps de s’exprimer, un ton plus bas, quasiment chuchotant. Il serait également plus sage de ne rien révéler à vos servantes de notre projet. Ainsi, si vous me l’autorisez, et pardonnez si je vous parais grossier, vous aider à ôter votre robe sans la moindre obscénité de ma part, me serait un véritable honneur. »
Aucune arrière-pensée malsaine ne se tramait derrière ces paroles malgré leur discourtoisie. |
|  | | Nombre de messages: 1751Age: 20 ansClan: RésistanceFonction: Reine des AmazonesDate d'inscription: 10/02/2008
 | Sujet: Re: Poésie & Jour de Pluie [PV Nathaniel] Jeu 21 Juil - 23:32 | |
| La pudeur n’était nullement un trait de caractère que l’on pouvait observer chez les Amazones, et la nudité n’était pas un tabou, à tel point que les étrangers les caractérisaient parfois de femmes indécentes ou grossières. La jeune souveraine était comme toutes les filles de Freyja, elle n’avait pas honte de son corps, et son ami le plus intime pouvait certifier l’avoir vue plus d’une fois se dévêtir lors de leurs baignades, sans se soucier de la gêne qu’elle pouvait occasionner chez son camarade de jeu. Toutefois, la jeune femme pouvait se montrer pudique quand il s’agissait de ses émotions et de ses sentiments, bien plus que lorsqu’il s’agissait de son corps. La proposition du capitaine était indécente pour une reine aussi farouche que l’était Idril. Se montrer nue n’était pas réellement une difficulté, se laisser dévêtir en était une autre, car le geste se voulait intime et sensuel s’il était partagé avec une personne que l’on désirait étreindre. Et la jeune souveraine n’était pas encore prête à se laisser aller à une telle familiarité avec Nathaniel, car si pour le soldat, la proposition était certainement ingénue et sans arrière pensée, lui accorder ce privilège était bien moins innocent pour la chaste reine, qui encore ignorante des émois amoureux, se trouvait soudain amputée de sa réflexion. Maladroite et gênée, elle adressa un sourire embarrassé au capitaine, sans savoir comment réagir, ni comment répondre. Désireuse de préserver l’intimité du moment, elle se tourna finalement docilement, davantage prise au dépourvu que réellement consentante. Lorsqu’elle sentit la main puissante du soldat venir lui écarter sa chevelure dorée avec cette infinie douceur qu’elle lui connaissait si bien désormais, la reine en oublia toutes les convenances et toutes les interrogations qui s’étaient bousculées dans son esprit, pour se laisser aller au simple contact physique qui la ravissait. Sa peau était comme électrisée sous les doigts caressants de son dévoué Nathaniel, et son cœur battait de nouveau la chamade. Ses joues se teintèrent encore une fois, de crainte que les cognements dans sa poitrine se fissent entendre et ne la trahissent. Pourtant, elle se sentait aussi légère qu’une plume, et une incroyable sensation de flottement s’était emparé de tout son être. Comme si plus rien ne comptait, si ce n’étaient les caresses de son preux chevalier. Les agrafes de son bustier sautèrent une à une, sous l’impulsion des doigts visiblement experts du soldat, électrisant encore davantage la peau de la souveraine, dévoilant peu à peu les courbes fines de son dos et la peau de nacre que dissimulait jusqu’alors l’étoffe de son vêtement. Lorsque les doigts de Nathaniel eurent ouvragé jusqu’au creux des reins de la souveraine, celle-ci ramena ses bras en croix contre sa poitrine, pour maintenir le tissu de sa robe, et se déroba aux caresses du soldat, pour finalement s’éloigner d’un pas. Jetant un regard par-dessus son épaule, mais sans oser croiser le regard du capitaine toutefois, elle confessa dans un murmure :
« Cela suffira pour aujourd’hui. Il est de ces moments qu’il vaut mieux préserver pour des circonstances plus appropriées… »
Elle ne voulait pas que Nathaniel la dévêtisse entièrement, et la voit ainsi nue, car petit à petit se formait dans son esprit l’idée peut être incongrue qu’un jour, le soldat soit plus qu’un simple ami dévoué. C’eût été un autre homme, elle l’aurait congédié depuis longtemps, mais elle ne parvenait pas à s’offusquer lorsqu’il s’agissait du capitaine. Attitude plutôt rare pour être soulignée. Puis dans un bruissement d’étoffes, la souveraine glissa jusque dans sa salle d’eau où elle pourrait se changer en toute discrétion.
Lorsqu’elle revint vers le soldat, elle avait perdu toute trace de son embarras précédent, et faisait désormais bonne figure, un sourire malicieux étirant ses lèvres délicates. Elle avait choisi une tunique de laine beige, qui épousait ses formes à la perfection, ainsi qu’un pantalon brun légèrement moulant, qu’elle avait rentré dans ses bottes de cuir souple. C’était une toute autre femme qui se tenait devant Nathaniel. L’air enjoué, elle rejoignit son compagnon, et le plus naturellement du monde, elle lui prit la main, avant de demander :
« Bien, où souhaitez-vous m’emmener ? »
La perspective de se changer les idées, et d’aller se promener en secret avec le soldat, réjouissait la jeune femme qui ne se départait plus de son sourire lumineux.
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