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Nombre de messages: 136Age: 37 ansClan: ImpériauxFonction: Roi OrthodoxeDate d'inscription: 01/03/2009
 | Sujet: Comme un veau à l'abattoir [PV Unader & Linnel *] Mar 16 Nov - 21:26 | |
| Sixième jour , Quinzième semaine, En matinée.
ÉDITÉ
Une semaine. Il ne restait plus qu'une petite semaine avant la fin de la liberté. Plus de tranquillité, plus de solitude, à la place de cela, des obligations, des pépiements insipides et surtout, une éternité d'ennui mortel. Qui avait inventé cette coutume stupide ? Certainement pas Erendil San'Veck, cela au moins était sûr. Jamais il n'aurait eu l'idée de déballer ses pensées à un prêtre, tout cela parce qu'il avait le malheur d'être le prochain sur la liste à convoler. C'était stupide et inutile, mais obligatoire, obligation à rajouter à la longue liste des corvées du mariage.
En ce sixième jour, Erendil San'Veck, monarque absolu du royaume Orthodoxe, se rendait au temple, pour discutailler une heure avec le grand-prêtre de Thor, en présence de sa palote et indigeste fiancée.
Pour cette rencontre obligatoire, le roi avait dû ménager ses rendez-vous, les conseils, repousser une entrevue avec un représentant des commerces d'Erild... Bref, nombre de choses plus importantes que de perdre son temps au temple à écouter les sermons sans fin du grand-prêtre, les idioties que pourraient débiter son trop candide boulet à son pied. Plus le temps passé, plus Erendil devenait irritable, mais surtout insensible à toute remontrance personnelle pour calmer un peu ses pulsions, effacer de son esprit l'image de ses mains enserrant le cou gracile de cette pimbêche. Heureusement, le meurtre ne faisait pas partie des vices qu'il affectionnait. On pouvait lui donner bien des défauts, mais pas qu'il fuyait de manière aussi vile à ses problèmes. Non, quitte à la voir mourir, autant prier pour que Linnel meurt en couche, de préférence en lui laissant un fils bien portant. C'était dans son intérêt si elle voulait rester longtemps sur le trône, propriétaire d'une jolie couronne et des privilèges qui allaient de paire, tant pour elle que pour sa famille, dans l'optique où elle survivait aux accouchements.
Quant au prêtre... Erendil ne considérait pas beaucoup de monde comme digne de son intérêt sincère, Unader n'en faisait pas particulièrement partie, mais il n'était pas non plus dans sa liste rouge. Pour l'instant. Tout pouvait changer en une heure, c'était amplement suffisant pour qu'un homme descende du sommet vers les profondeurs abyssales, ou le contraire. Tout dépendait de son comportement et de ce qu'il disait. Thor seul savait dans quel sens Unader Ucilag allait décoller.
Dorénavant plus jamais seul où qu'il aille, Erendil était flanqué d'un garde sur ses talons qui portait un coffret en bois précieux ouvragé -l'Orbe de Thor- alors qu'il se dirigeait vers le temple du dit Thor, rejoignant d'un bon pas le bureau personnel du prêtre pour sa rencontre obligatoire. Il était peut-être temps pour lui de se faire à l'idée qu'il allait entendre parler des engagements qui allait de paire avec le mariage, débattre de leurs intentions respectives (lui envers elle, elle envers lui)... Ce genre de choses dont on discutait généralement avec le père de la mariée, pas avec la mariée elle-même, moins encore avec un représentant religieux, qui ne s'intéressait certainement pas autant que le père et le condamné au contrat de mariage et autres dispositions pécuniaires.
Erendil était en avance quand il se présenta au temple, où un prêtre tout ce qu'il y avait de commun le conduisit diligemment jusqu'au lieu de son rendez-vous. Il frappa à la porte et annonça sans attendre le visiteur, s'effaçant pour le laisser, sans attendre cette fois de réponse de la part de son supérieur. On ne faisait pas attendre un roi, on ne contrariait pas un roi notoirement revêche au mariage, on ne faisait rien qui risquerait d'énerver un roi déjà passablement échauffé à la simple idée de s'assoir sur une chaise (confortable, espérait-il) et perdre son temps. On ne faisait rien de tout cela et bien plus encore. |
|  | | Nombre de messages: 32Date d'inscription: 17/09/2009
 | Sujet: Re: Comme un veau à l'abattoir [PV Unader & Linnel *] Dim 28 Nov - 18:35 | |
| Il jouait distraitement avec les perles d'améthyste accrochées dans ses cheveux, signe qu'il réfléchissait. Il tenait négligemment dans son autre main une plume, que son regard décortiquait sous toutes ses coutures dans l'espoir d'y déchiffrer un message que lui seul pouvait comprendre. Unader rêvassait, ce qui pouvait être assimilé à une habitude chronique. Mais, si l'encens entêtant brûlant nuits et jours dans les allées du Temple engourdissait les sens, on ne pouvait y imputer les effets de sa nature distraite ; cette dernière ne l'empêchait pas cependant de s'atteler à des tâches nécessitant de la concentration. Le clerc avait longuement relu le formulaire prénuptial, posé sous ses yeux. Le couple royal passait son entretien aujourd'hui. Cette tradition prénuptiale était inscrite dans les moeurs, et avait pour but de s'assurer que les futurs époux étaient prêts à passer le cap de l'engagement mutuel. Pour recevoir ses invités de marque, le bureau du prêtre avait été débarrassé de son fouillis habituel de bibelots et de parchemins. Un pendule qui se balançait de lui-même, magiquement, avait été épargné. Pour le reste, les appareils ensorcelés avaient été remisés dans les étagères jouxtant les murs.
Le Grand Prêtre posa sa plume dans l'encrier et quitta sa chaise. La faible lumière du jour, filtrée par les épais nuages, jouait sur ses habits splendides. Pour l'occasion, en effet, il avait revêtu l'un de ses plus beaux habits liturgiques, usité pour les cérémonies officielles, par exemple, auxquelles le peuple était convié comme les célébrations à la gloire de leur Père céleste. Unader portait une robe de mage immaculée surmontée d'une chasuble qui lui couvrait le haut du corps ainsi que les bras. Elle était d'un bleu lumineux tirant par endroit sur le mauve, et des motifs compliqués s'étalaient sur le tissu, brodés de fils d'or. D'aucuns auraient trouvé surprenant de ne pas voir le Grand Prêtre éperdument abandonné à son excentricité coutumière en matière de bijoux ; ses ornements divers et foisonnants, délaissés, n'encombraient pas sa nuque. Occupait leur place un sobre pendentif, simple, retenu par une chaîne dorée à son cou et représentant un Mjöllnir renversé, symbole des serviteurs de Thor.
Unader contemplait le ciel grisâtre, lorsqu'un initié vint l'avertir, en toquant doucement à sa porte, de l'arrivée du souverain et de sa future fiancée. Il acquiesça puis congédia d'un geste le jeune clerc en lui demandant que le couple soit directement conduit à son bureau. Il regardait encore dehors, le visage fermé, quand des pas se firent entendre dans le couloir. Unader Ocilag n'était pas connu pour être d'une joie expansive, sauf en compagnie des personnes avec qui il partageait un lien étroit. Aussi afficha-t-il uniquement un sourire poli quand les deux personnages entrèrent, guidés par un prêtre.
« Votre Majesté ; Dame Soma'Ren, les salua-t-il avec déférence, je suis heureux de vous accueillir ici. Je vous en prie, prenez place. »
Deux chaises avec coussins avaient été placées devant le bureau. Après que ses hôtes se furent installés, Unader, ayant remercié le prêtre d'avoir amené Ses Majestés, s'installa à son tour et s'éclaircit la gorge, ses pupilles verticales posées sur ses interlocuteurs :
« Ce que nous allons entreprendre aujourd'hui est un pas en avant vers ce qui vous attend, vers la vie commune que vous partagerez bientôt ensemble. Le mariage est une grande et belle décision, un acte important dans la vie d'une personne ; il sera aussi l'officialisation de votre engagement et de votre amour réciproque, devant Thor, notre Père Éternel. C'est pourquoi le Temple est prêt à vous accompagner dans votre projet et veiller à sa préparation et son bon déroulement.
Cependant, si la célébration du mariage est importante, votre vie de couple l'est tout autant, afin que vous viviez ensemble épanouis dans la joie et la spiritualité. Ainsi, dans cette démarche, il vous faudra chasser de votre langue les mensonges et parler avec le plus de vérité possible, pour que s'embellisse votre vie à travers l'initiative de cette union et que vous puissiez construire votre bonheur, sous le regard aimant et bienveillant de Thor. »
Unader fit signe au soldat transportant le coffre ouvragé d'approcher et de le déposer. 'Le plus de vérité possible' se traduisait par l'assentiment des futurs époux à subir l'enquête avec l'orbe sacrée des orthodoxes en témoin, sur laquelle il auront prêté serment. Unader défit le loquet du coffre et put admirer l'objet sacré ainsi dévoilé, offert en présent aux fils de Thor. Des éclairs courraient sous la surface lisse de l'orbe, qui de légende, aurait déjà donné la vie. Autrefois, une épreuve voulait que seuls les ascètes ayant réussi l'exploit de se faire obéir de Lómil-Gamir entraient au Temple. Avec le temps, les conditions d'entrée s'étaient élargies, croissant avec le nombre de candidats souhaitant rejoindre l'ordre ecclésiastique.
C'est pourquoi le Grand Prêtre était fasciné, n'ayant jamais eu entre ses mains à contrôler le présent du dieu qu'il vénérait. Le coffret contenait en plus un socle, pour soutenir l'orbe. Le clerc laissa le soldat manipuler l'orbe d'invocation et le placer devant les futurs époux. Le mage aux yeux violets pouvait presque palper l'énergie divine, attirante, qui se dégageait de l'objet.
« Mon Seigneur San'Veck, il faut en premier lieu que vous remplissiez une partie de ce parchemin avec vos informations personnelles ; ensuite, vous devrez prononcer le serment de vérité, paume contre Lómil-Gamir, l'orbe d'invocation. »
Le Grand Prêtre déplaça magiquement le papier et l'encrier, les faisant glisser doucement jusqu'au souverain. Lorsque celui-ci termina d'écrire, il réitéra sa demande à la future reine :
« Je vous demande également la même chose, Dame Soma'Ren. »
Le parchemin vola de nouveau, soulevé par une brise invisible. Unader, sérieux, avait joint les mains, les éclairs sporadiques de l'orbe faisant miroiter la matière sombre de ses griffes.
_________________- Unader Ocilag - | Spoiler: | | | Auteur de l'image utilisée (avatar) : Jiuge => Oeil modifié. |
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|  | | Nombre de messages: 192Age: 22 ansClan: ImpériauxFonction: Promise du roiDate d'inscription: 28/10/2009
 | Sujet: Re: Comme un veau à l'abattoir [PV Unader & Linnel *] Mar 21 Déc - 10:39 | |
| Linnel s'était attendu à ce que le roi lui propose de faire la route jusqu'au temple ensemble, pour leur rendez vous prénuptial avec le grand prêtre. Mais il n'en fut rien, et elle avait donc choisit de se rendre en avance au temple, afin d'y prier Thor. Elle aurait été prête a prier tout les dieux si cela avait pu la rassurer quand au déroulement de l’évènement à venir. Elle était agenouillée devant l'autel, son esprit entièrement tourné vers vers le dieu lorsque que son garde du corps l'avertit d'un raclement de gorge que leur souverain était arrivé. Elle se releva alors, epoussetta distraitement sa robe en cherchant son futur époux de yeux. Il s'éloignait déjà dans un couloir. La jeune femme, soucieuse de ne pas faire attendre son seigneur entreprit rapidement de le suivre. Elle n'arriverais jamais à le rattraper en marchant, elle s'autorisa donc quelques foulées, qu'elle regretta rapidement son choix vestimentaire du matin. La robe qu'elle avait choisi de porter était composées de jupons qui se prenaient autour de ses jambes, mais elle ne pouvait se permettre d'être en retard, elle pressa donc de nouveau l'allure et finalement, elle parvint à entrer juste à la suite Erendil, les joues légèrement rouges, le souffle un peu court, mais il ne lui adressa pas un regard.
Linnel encaissa et fit face au grand prêtre. Elle alla s’asseoir au coté du roi et écouta attentivement Sieur Ocilag. Des étoiles apparurent dans ses yeux aux paroles merveilleusement belles du prêtre. Elle tourna le regard vers Erendil, qui lui semblait ennuyé au possible. La jeune femme aurait pu en être triste ou déçue, mais Linnel se raisonna. Le roi avait un emploi du temps particulièrement chargé, il lui avait d'ailleurs confié l'entière responsabilité de l'organisation des noces, et il avait surement l'esprit à d'autres affaires, autrement importantes.
Lorsque l'orbe fut découverte, Linnel ne put s’empêcher d'être captivée. Bien sur elle en avait entendu parlé, mais de se retrouver face à cet objet mythique, non jamais elle ne l'avait envisagé. Elle en oublia d'écouter les instructions du prêtre et se sentit un peu embrassée lorsqu'une feuille vint se poser devant elle. Mais ce n'était rien de bien sorcier, il suffisait de la remplir. Alors que la fiancée complétait les lignes, elle se mit à songer à ce à quoi elle aspirait dans cette union. Des enfants, voilà ce qu'elle voulait plus que tout, fonder une famille était son voeu le plus cher, mais elle souhaitait également une relation de confiance et d’appréciation mutuelle avec son époux. Comme ses parents, comme tout les couples dans les romans.
Une fois le parchemin remplit, elle le rendit à Unader, jeta un regard plein d'espoir vers son époux, et retourna son attention vers l'orbe, ne sachant trop ce qu'elle devait faire une fois le formulaire rempli.
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|  | | Nombre de messages: 136Age: 37 ansClan: ImpériauxFonction: Roi OrthodoxeDate d'inscription: 01/03/2009
 | Sujet: Re: Comme un veau à l'abattoir [PV Unader & Linnel *] Ven 24 Déc - 22:17 | |
| Ça commençait bien. Erendil se faisait à peine à l'idée de rester assis à perdre son temps que le Grand-Prêtre ruina tous les efforts du monarque pour calmer son impatience. Il se retint de hausser les sourcils (il était au dessus d'une aussi triviale réaction), mais l'envie était là. Hausser les sourcils ou laisser transparaitre la moue de dégoût qui faisait frémir d'envie ses lèvres. L'amour, un concept purement romanesque et religieux, à priori, un concept totalement étranger chez Erendil, qui avait banni le sens même de ce mot de son vocabulaire. Si il avait pu, il l'aurait même interdit d'utilisation. C'était stupide et dangereux que de se laisser aller à l'amour... Rien que de penser à ce mot, Erendil avait envie de vomir.
Unader avait-il conscience de ce qu'il demandait ? Si le souverain devait réellement "chasser de [sa] langue les mensonges et parler avec le plus de vérité possible", c'était courir le risque qu'il se mette à insulter, avec plus ou moins d'élégance, sa fiancée. Et ce n'était politiquement pas possible, aussi doutait-il de respecter cette partie du discours du prêtre, pour le bien de tous. Il arrangerait la vérité à sa façon, au final, pour ne pas se parjurer, c'était tout ce qu'il pouvait faire.
Il suivit des yeux les gestes précautionneux du garde qui manipulait avec révérence l'orbe sacrée, le regard perçant du monarque trahissant sa nervosité plus que le fait de toucher un tel objet. Après tout, Erendil en était l'unique gardien, l'unique personne sachant où l'Orbe de Thor était entreposée et de quelle façon elle était protégée. Il détestait cordialement de devoir la sortir et la trimballer un peu partout. C'était une chose précieuse, plus encore que sa vie et les accidents étaient si vite arrivés. Il serait plus détendu quand elle serait de nouveau en sécurité, si ce mot avait une signification quand l'Orbe état rangée dans un coffret en bois, même enchanté.
Non sans totalement détourner son attention de l'Orbe, Erendil remplit avec précision le parchemin tendu par Unader, complétant les informations demandées avec dextérité, se demandant quel était l'intérêt de tant de paperasse. Il retourna de la même manière le parchemin complété au prêtre, se concentrant de nouveau sur l'Orbe. Habitué à la manipuler, le souverain posa sans hésitation sa paume sur celle-ci, prêt à prononcer le serment que l'ecclésiastique désirait :
- Je prête serment sur mon honneur et sur Lómil-Gamir, l'Orbe sacrée, de ne dire que la vérité et de bannir en cet instant toute possibilité de mensonge et ce jusqu'à la fin de cet entretien.
Il retira sa main, laissant le soldat continuait sa tâche et s'avancer vers sa future reine, pour qu'elle en fasse de même. Erendil garda un instant le poing fermé, comme pour retenir les picotements qu'il ressentait à avoir touché un instant l'Orbe. Ces picotements faisaient écho à sa magie qui coulait dans ses veines, une sensation enivrante en réalité. Erendil se détendit même totalement quand l'Orbe réintégra sagement son coffret, que le soldat posa devant son roi, puis s'éclipsa dans un coin du bureau, se rendant presque invisible aux yeux des autres.
Il ne restait plus qu'à attendre le Grand-Prêtre pour que commence réellement l'entretien. |
|  | | Nombre de messages: 145Date d'inscription: 07/01/2010
 | Sujet: Re: Comme un veau à l'abattoir [PV Unader & Linnel *] Jeu 24 Fév - 21:59 | |
| Unader OcilagLes parchemins revinrent vers lui et après y avoir jeté un regard, Unader les enroula et pour les maintenir, utilisa un ruban, avant de les reposer sur son bureau. Il écouta avec attention le premier serment du monarque Orthodoxe et le salua d'un imperceptible hochement de tête. De son côté, la fiancée semblait perplexe face à l'orbe. Le Prêtre comprenait cela : quand on avait peu l'habitude côtoyé un tel objet, avec son histoire et ses capacités, on pouvait se sentir intimidé. - Votre serment, ma dame. Il est nécessaire pour preuve que vos paroles et votre cœur seront vierges de tout mensonge.La voix du Grand Prêtre résonna alors que l'orbe passait devant la jeune fille avant de réintégrer le coffret qui l'avait transporté. Cette formalité accomplie, Unader put se concentrer sur l'essence même de cette confrontation : faire toute la lumière sur les aspirations des deux personnes qui allaient très bientôt s'unir. Si l'ecclésiastique se doutait que les choses n'allaient pas se passer de la meilleure façon possible, il espérait toujours que l'entretien se déroule au mieux et qu'aucun des protagonistes ne repartent déçu, ou pis encore. La discussion allait d'abord débuter par des banalités, mais qui pouvaient pourtant devenir révélatrices quand on savait écouter et surtout entendre les idées sous-jacentes. Par la suite, en fonction des réponses et des demandes, le Grand Prêtre poserait quelques questions, parfois à l'un, parfois à l'autre, parfois aux deux, espérant également engager un échange entre les futurs époux. Le but avoué de ce genre d'exercice parfois périlleux était et resterait de nouer le dialogue entre l'homme et la femme, qui pouvaient ne pas se connaître comme cela était le cas pour le souverain et celle que la politique avait choisi pour devenir la future reine du peuple Orthodoxe. Les mariages de raison avaient plus souvent cours que les mariages basés sur un amour pur et sincère. - Nous pouvons maintenant commencer. Débutons simplement, seigneur San'Veck, Dame Soma'Ren. Que pensez-vous de votre mariage à venir ? Que pensez-vous apporter à l'autre tout le long de votre vie commune ? Sentez-vous libre de dire ce que vous pensez, très sincèrement. Rien de ce qui sera dit dans cette pièce n'en sortira.Un sourire bienveillant plus tard, Unader croisa les mains devant lui, affichant une posture attentive, son regard allant de l'un à l'autre, peut-être s'attardant un peu plus longuement sur la fiancée. Peut-être parce qu'il sentait qu'elle aurait plus de choses à dire que le souverain San'Veck. |
|  | | Nombre de messages: 192Age: 22 ansClan: ImpériauxFonction: Promise du roiDate d'inscription: 28/10/2009
 | Sujet: Re: Comme un veau à l'abattoir [PV Unader & Linnel *] Dim 20 Mar - 13:15 | |
| Linnel fixa l'orbe, perplexe, et à la fois incrédule. Elle, simple fille d'un noble était en présence d'un tel objet. Puis elle se décida, hésitante, à poser sa main dessus afin de prononcer son serment. Elle se contenta de répéter les paroles de son seigneur, supposant que c'était là la formule coutumière, la voix bien moins assurée qu'elle ne l'aurait voulu.
Je prête serment sur mon honneur et sur Lómil-Gamir, l'Orbe sacrée, de ne dire que la vérité et de bannir en cet instant toute possibilité de mensonge et ce jusqu'à la fin de cet entretien.
La future épouse sentit comme un léger engourdissement dans les doigts, et elle fut incapable de lâcher la pierre des yeux, jusqu'à ce que celle-ci retrouve sa place dans la boite ouvragée. Elle put alors reporter son attention sur le grand prêtre, qui enroulait soigneusement leurs déclarations. Il leur demanda ensuite ce qu'ils attendaient de ce mariage, et ce qu'ils pensaient pouvoir apporter à l'autre. Linnel ne put s’empêcher de penser que ce n'était pas tellement que l'opinion des personnes à l’extérieur dont elle devait s’inquiéter, mais plutôt celle de son futur époux. Il était hors de question de s’épancher sur la vie dont elle rêvait, il faudrait plutôt se concentrer sur les cotés moins mièvres de leur union. Sentant le regard que c'était ce que le prêtre attendait, Linnel prit la parole.
Il n'y a rien que je ne souhaite plus que d'offrir à mon futur époux une famille, et s'il le veut, une oreille attentive, et la douceur d'un foyer. Je ne suis pas sans savoir que sa tache en tant que souverain est des plus prenante, et je voudrais qu'il puisse voir en ma présence à ses cotés des instants de répits, et de repos.
Linnel avait tourné son regard vers Erendil, et ses yeux brillaient, comme lorsqu'il s'était avancé vers elle lors de l'annonce de leur fiançailles, comme lorsqu'il lui avait confié la gérance intégrale de leur noces. Elle avait été plus mièvre que ce qu'elle l'aurait voulu. Mais après tout, il était sa nature de vouloir une vie heureuse, et une union prospère, et elle ne pouvait renoncer à cet idéal qu'elle avait. Elle regarda successivement le prêtre, et son futur époux, attendant de voir sa réaction, et ne souhaitant qu'entendre ce qu'il attendait de leur mariage, afin de pouvoir le contenter au mieux. |
|  | | Nombre de messages: 136Age: 37 ansClan: ImpériauxFonction: Roi OrthodoxeDate d'inscription: 01/03/2009
 | Sujet: Re: Comme un veau à l'abattoir [PV Unader & Linnel *] Mar 19 Avr - 17:15 | |
| La torture pouvait débuter. Erendil s'était attendu à des questions toutes plus idiotes les unes que les autres et il ne fut pas déçu. Tout le monde savait que les mariages n'étaient qu'une occasion de faire des alliances avec d'autres familles, de profiter des dots des jeunes filles et si cela était possible, de profiter des relations de la famille avec qui l'on comptait faire alliance. Dans le cas de Linnel, le souverain n'avait pas encore déterminé ce qu'elle allait lui apporter. Il n'avait guère besoin de sa dot ridicule, encore moins des relations de sa famille. Il ne pouvait qu'espérer qu'elle ne se révèle pas stérile, ce qui aurait pour conséquence de l'avoir obligé à supporter une cérémonie de mariage pour rien.
Ce n'était que parce qu'il avait l'habitude de rester totalement imperméable et à ne pas montrer ce qu'il pensait des discours ennuyeux des maîtres de guilde ou de ses ministres, quand il était mal luné, qu'il se retint de lever les yeux au plafond et de lui faire comprendre que la vie, ce n'était pas comme dans les romans que toutes les femmes de son âge paraissaient connaître. Qui avait-il de reposant au fait de supporter le bavardage incessant d'une femme ? Erendil les préférait quand elles se taisaient -et quand elles étaient loin de lui.
Il sentit le regard du Prêtre se poser sur lui à la fin de la tirade niaise de Linnel. Il était donc vraiment obligé de répondre ? Qui avait inventé cette coutume stupide ?
- Le mariage est une obligation, d'autant plus importante pour un roi qu'il doit faire prospérer sa lignée. Quand à ce que l'on attend d'une future reine, répondre aux problèmes à sa portée qu'on lui soumet, ne pas jeter le discrédit sur son mari et plus largement sur la royauté, que ce soit par les actes ou les paroles. Une descendance, bien sûr, la fidélité et une conscience aigu des moments où il faut savoir se retirer, ne pas imposer sa présence quand elle n'est pas expressément demandée...
Il ne répondait pas vraiment à la question, il en avait bien conscience, mais la liste de ce qu'il apportait à Linnel était bien plus longue que la liste de ce qu'il attendait d'elle -ou de n'importe quelle femme en général, si une autre s'était retrouvée à la place de celle-ci. Il savait assez bien comment se comporter ses dames à l'égard de Linnel pour savoir que beaucoup serait prête à tuer pour être à sa place.
- Quand à ce que j'apporte à ce mariage, commença-t-il, sachant d'avance que cela allait faire froncer les sourcils du Prêtre et briser le cœur de cette oie blanche qui attendait une déclaration enflammée de sa part, une couronne, de l'argent, de nouvelles robes à ne plus savoir quoi en faire, des domestiques prêt à répondre à toutes les exigences... Qu'en sais-je encore...
Il n'y pouvait rien, il était comme ça. Toutes les femmes étaient vénales et ne cherchaient que la position sociale qui leur apporterait le plus d'avantages. Et être reine, cela voulait dire être la femme du royaume qui avait le plus de ces avantages pour lesquels ces dames battaient tant des cils. Pourquoi Linnel serait-elle différente des autres, malgré son air de biche effarouchée à chaque fois qu'ils étaient en présence l'un de l'autre ? |
|  | | Nombre de messages: 145Date d'inscription: 07/01/2010
 | Sujet: Re: Comme un veau à l'abattoir [PV Unader & Linnel *] Lun 16 Mai - 23:01 | |
| Unader OcilagBon. Et bien il aurait été mentir de dire qu’Unader se serait attendu à ce que les choses se passent différemment. Il était même légèrement surpris que le roi ait attendu d’aussi longues minutes avant de laisser son naturel revenir au galop. Un naturel doté de sabots ferrés qui n’avaient pas peur de piétiner les fleurs fragiles qui se dressaient inconsciemment sur le leur chemin. Et la fleur en question, c’était bien Linnel. Bleue, la fleur, ne pouvait s’empêcher de s’imaginer le grand prêtre. Aux pétales délicats et fragiles, dotés de la fragrance caractéristique de l’espoir tenace. Ce n’était pas l’essence même de la fière rose, non. Elle faisait plutôt l’effet d’une marguerite qui passait trop de temps à l’ombre qui pourrait s’épanouir au soleil si seulement elle se donnait la peine de redresser la corolle. Unader aimait bien les marguerites, cela dit. Il ne les trouvait pas moins gracieuses que d’autres végétaux. Elles avaient leur place, comme le reste. Aussi digne d’attirer ses eupherusas qu’une autre. D’ailleurs, il lui fallait songer à s’entretenir de l’entretien des jardins du temple.
Un bruit discret, peut-être le froissement d’une étoffe ou le tapotement nerveux d’un doigt, le tirèrent de sa rêverie. Se retenant de secouer la tête pour se remettre les idées en place, il se contenta de ramener son regard se fixer droit sur les futurs époux, un sourire concerné sur les lèvres. C’était tout lui, ça ; une pensée en amenait une autre, et il passait de l’ordonnance des nouveaux initiés à la manière de piquer des rosiers alors que ses interlocuteurs attendaient plus ou moins patiemment qu’il ne se rappelle où il devait diriger toute sa conscience. L’esprit du grand prêtre de Thor était loin d’être plus faible qu’un autre –il n’aurait pas atteint une telle position si cela avait été le cas ! Non, il évoluait un peu comme un grand fleuve qui avait une tendance certaine à se répandre en de nombreux cours d’eau sur lequel il arrivait au navire de son attention de dériver un peu. Mais il était en présence de son roi et de celle qui, si tout se passait correctement, deviendrait sa reine et il se devait de ne pas se disperser. Et même si sa légère absence n’avait finalement duré que quelques longues secondes, ce n’était pas là l’image qu’il souhaite donner. L’affaire était sérieuse et, vu comment était partie la conversation, il allait devoir user de tous ses talents d’orateurs pour faire en sorte qu’elle ne s’écrase pas au bas de la cascade tumultueuse qu’elle risquait de devenir à tout instant.
« Et bien, on peut dire que si le désir de dame Soma’Ren apparait des plus sincère, les intentions de notre roi sont… pour le moins claires. Ce ne serait certainement pas l’orbe sacré qui vous reprocherait la franchise. Après tout, n’est-ce pas là ce que je vous ai demandé en premier lieu ? »
Unader conserva un sourire discret, choisissant ses mots avec soin. Il s’agissait d’adoucir le roi –si une telle chose était humainement possible- sans que celui-ci se sente pris aux abois. Malheureusement, irriter quelqu’un comme Erendil San’Veck avait tendance à se révéler extrêmement aisé. Surtout lorsqu’il était question des affaires du cœur. Le grand prêtre prit quelques brèves secondes supplémentaires pour rassembler ses arguments, tout en adressant un sourire plus chaleureux à l’adresse de Linnel. Il n’était pas sûr qu’elle se rende réellement compte de la froideur affichée de son futur époux, et il ne pouvait prévoir quels effets auraient les dernières paroles du roi, plutôt dures, sur la jeune femme. Jusqu’ici, elle s’était montré remarquablement optimiste aux yeux d’Unader, qui se demandait si il ne fallait pas voir ici les effets d’une naïveté entretenue toute une vie.
« Ma dame, il n’est nul doute en mon cœur que le vôtre est entièrement acquis à celui de notre souverain. Votre désir de faire honneur non seulement à l’homme qu’il est, mais à son rang, est plus que visible. Et je suis sûr que sa majesté saura s’en rendre compte, si ce n’est pas déjà fait. »
Le prêtre s’adressait maintenant au roi, son regard calme se posant sur les yeux durs de l’orthodoxe. A chaque fois qu’il se trouvait en sa présence, il ne pouvait s’empêcher de voir la ressemblance avec feu son père… et à quel point ils étaient pourtant différents. Mais Unader n’avait jamais douté du fait qu’Erendil faisait un bon roi. Il n’était pas d’un caractère facile, certes, et ne s’embarrassait pas d’emballer ses décrets dans la douceur, mais il aimait son peuple et travaillait sans relâche à maintenir le bien-être de celui-ci. En fait, il donnait parfois l’impression de se tuer à la tâche, n’accordant que peu d’importance à ce qui ne touchait pas aux affaires royales. Peut-être que, finalement, père et fils étaient plus semblables qu’on ne pouvait le croire… Même si Unader se serait bien gardé de le dire en présence d’Erendil. Ce qui était certain, c’était que le roi n’était pas des plus ravis de la situation dans laquelle se trouvait son actuelle vie privée. Pour autant qu’on puisse dire du mariage d’un monarque qu’il s’agissait de vie privée… Mais même si Erendil n’était pas prêt à se comporter en mari aimant et attentionné, Unader devait tout de même s’assurer qu’il traiterait sa promise comme il se devait. Il espérait que le roi finirait par se rendre compte que Linnel n’était pas la noble empotée et vénale qu’il la pensait être, et qu’il saurait au moins la considérer comme une dame de qualité.
« Il est agréable de savoir que vous avez… à cœur le confort de votre promise. La reine ne manquera de rien, j’en suis persuadé. Mais peut-être pourriez-vous développer plus avant… Après tout, cette jeune dame sera à vos côtés pour le pire et le meilleur, et il ne tient qu’à vous d’en découvrir le meilleur. Elle ne cherche qu’à vous plaire, et je la crois sincère dans ses intentions. Ne serait-il pas agréable, lors des brefs moments où vous n’aurez pas à porter la couronne, d’avoir quelqu’un de sa qualité et de sa bonté d’âme sur qui compter, se reposer ? »
Il fit une brève pause, passant une main dans ses cheveux pour sentir ses perles rouler sous ses doigts, avant de reprendre, aussi confiant qu’il se permettait de l’être :
« Cet engagement ne fera pas uniquement d’elle votre reine, mais aussi votre femme. Et n’est-il pas réconfortant de se dire que même dans les temps les plus sombres, quelqu’un restera à nos côtés quoi qu’il arrive ? Car telle est la pure intention de notre future reine, n'est-ce pas, ma dame?» |
|  | | Nombre de messages: 192Age: 22 ansClan: ImpériauxFonction: Promise du roiDate d'inscription: 28/10/2009
 | Sujet: Re: Comme un veau à l'abattoir [PV Unader & Linnel *] Dim 5 Juin - 22:13 | |
| Linnel ne s'était en aucun cas attendu à ce que le souverain se mit soudain à s'épancher sur les sentiments qu'il pourrait lui vouer, mais tout de même, ce qu'il avait dit n'avait pas été loin d'ébranler la jeune femme, et il lui avait fallu toute sa résignation pour ne pas laisser apparaître le mal-être que ces mots avaient soulevé en elle. Si seulement il pouvait savoir à quel point il lui importait peu d'obtenir une couronne, ou tout le reste. Elle ne souhaitait que fonder une famille, plus ou moins à l'image de celle où elle avait grandit, mais les seules armes qu'elle possédait désormais pour atteindre son objectif n'était finalement que patience et résignation. Le roi ne pourrait rester éternellement dans cette attitude qu'il semblait avoir décider d'adopter envers elle, et elle ne doutait pas du fait qu'il réaliserait un jour qu'elle était loin de l'idée générale qu'il semblait avoir des femmes.
La jeune femme ne remarqua l'absence d'Unader que lorsque sont futur époux le fit revenir à lui d'un raclement de gorge. Elle remercia intérieurement le grand prêtre, qui soutenait de ses paroles la promise. Elle n'osa pas parler, de peur qu'Erendil se sente assiéger par ces bonnes intentions. Elle se contenta donc d'acquiescer légèrement lorsqu'il demanda sa participation et lui adressa un imperceptible sourire de gratitude.
Elle tourna ensuite son regard vers Erendil, craignant les paroles qu'il pourrait prononcer par la suite. Elle ne fut capable d'imaginer qu'elle pourrait en être la teneur, mais elle n'était pas sure de pouvoir rester stoïque face aux mots blessant qu'il pourrait prononcer. Linnel essaya donc de ne pas dévisager son seigneur, ni même de laisser paraître le mélange d'appréhension et de légère crainte qu'elle ressentait à l'instant même. Elle ne doutait pas, qu'aussi bien le roi serait capable de la rendre parfaitement heureuse s'il s'en donnait la peine, il était capable d'écraser son optimisme en quelques mots. Si seulement il pouvait la voir telle qu'elle était, et non pas comme simplement une femme, les choses seraient probablement beaucoup plus simple pour eux. |
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