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 Discussion au réfectoire [Libre]

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MessageSujet: Discussion au réfectoire [Libre]   Lun 21 Avr 2008 - 2:40

[À noter que j'ai inscrit libre, mais que la première réplique va à Loran Kellac. C'est juste que si quelqu'un désire s'incruster, il le peut, à condition d'avoir une bonne raison d'être dans les casernes, évidemment x)]

Huitième semaine de l'an 835
Deuxième journée, 13h47


"Vivement une pause" fut la première pensée qui traversa l'esprit de Charon Weir Cronus lorsqu'on lui signifia qu'il avait mérité son congé pour deux heures, à une heure de l'après-midi. La matinée, il l'avait passée à fouiller à mille et une places pour retrouver les quelques personnes qui s'étaient échappées de la prison, le jour précédent. Les recherches s'étaient même vues couronnées de succès lorsque, contre toute attente, l'orthodoxe avait cru reconnaître du coin de l'oeil une personne dans un établissement louche, une taverne peu recommandable répondant au nom de "L'Antre du porc". Qui donc avait eu la très brillante idée de baptiser l'établissement ainsi, le soldat ne le savait pas, mais ce ne devait certainement pas être une lumière. Ou bien, il cherchait à éloigner les gens qui pourraient être intéressés à entrer dans une taverne quelconque, afin de n'accueillir que ceux qui avaient affaire à être là. Voilà qui aurait été très brillant, en effet.

Quoiqu'il en soit, si Charon avait une qualité, autre que l'obéissance, qui faisait de lui une recrue de choix, c'était bien sa capacité d'observer les détails et de s'en souvenir. Ainsi, lorsqu'il avait cru voir un visage familier dans l'Antre du porc -franchement, quel nom ignoble-, le soldat n'avait pas pris de chance : il avait demandé des renforts et, à cinq, ils avaient procédé à l'interrogation de l'homme. Et, par un coup de chance assez énorme, il ne s'agissait de nul autre que l'un des trois évadés de prison, qui s'était vu menacé, dès que son identité ne fit plus un doute, par quatre épées. Voilà qui donnait de quoi à réfléchir, avoir quelques morceaux de métal bien affutés pointés sur son torse et sa tête...

Il avait bien évidemment tenté sa chance pour s'échapper lorsqu'était venu le temps de lui passer des menottes, mais c'était alors que Charon avait mérité sa pause du midi. Puisqu'il n'était pas du genre à se vanter, il ne raconterait pas sa version des faits, et bien assez vite, des rumeurs courraient sur comment un éclair aveuglant avait jailli de ses yeux et avait catapulté l'évadé dans le mur -une exaggération assez énorme. S'il était vrai que le prisonnier avait été catapulté sur le mur, ça avait été par une onde bleutée jaillie de la couronne que portait parfois l'orthodoxe. Pfff, un éclair qui jaillit des yeux, c'était vraiment altérer la vérité, et pas qu'un peu... Parlant de cette couronne, il ne s'agissait que d'un morceau de métal cabossé, par très élégant, qui servait de catalyste aux pouvoirs du soldat. Et ça lui donnait un air un peu étrange, qui plus est. Quoiqu'il en soit, après qu'un de ses collègues eut passé les menottes au récalcitrant prisonnier, qui était bien assommé, merci, Charon avait eu droit aux félicitations de son supérieur direct, un homme un peu réservé, mais qui avait le don d'inspirer la loyauté, le sergent Meinard Ordo. Après avoir été accompagner le malheureux évadé au palais de justice, où ce dernier aurait probablement droit à un procès qui se terminerait par son arrêt de mort, l'orthodoxe s'était vu féliciter une fois de plus -à la longue, ça devenait embarrassant-, et il avait eu droit à un après-midi de congé. Bien évidemment, il avait refusé, et exigé qu'on ne lui donne qu'une heure de dîner, ou enfin... d'accord, peut-être deux. Eh oui, il aimait son métier, le Charon, et il n'était pas question qu'on l'écarte de ce qu'il aimait.

Quoiqu'il en soit, accompagné de la promesse que son geste atteindrait les oreilles des haut-placés de l'armée impériale, l'orthodoxe était rentré aux casernes, arborant un sourire discret. À présent, il était assis seul à une des grandes tables du réfectoire, qui n'était pas si bondé à cette heure, et mâchonnait distraitement un morceau de pain, tout en regardant à travers de son ragoût, revoyant la scène du matin. Peut-être que s'il s'était contenté d'une jambette, il n'aurait pas été si remarqué. Enfin, tout le monde savait qu'il était un mage, et pas un guerrier, et éventuellement ils cesseraient d'en parler. Ce n'était peut-être pas de sitôt. Après avoir avalé sa bouchée, son attention fut attirée par l'homme qui entrait à son tour dans le réfectoire. "Tiens donc, le capitaine Loran Kellac", songea-t-il distraitement, avant de d'arracher une autre bouchée à son bout de pain, sans trop prêter d'importance à son supérieur, qui ne devait de toute façon pas s'intéresser à lui. Enfin, qu'est-ce qu'il pourrait bien vouloir à un simple soldat? Rien qui vaudrait la peine de perdre son temps... Après tout, ça devait bien être important, le temps d'un capitaine, alors autant ne pas le perdre à parler à un soldat isolé. Un discours inspirant à tout un régiment était plus efficace, pour un ratio qualité/temps...
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: Discussion au réfectoire [Libre]   Lun 21 Avr 2008 - 11:11

Loran en avait sa claque de la paperasse. Il s’était levé à l’aube ce matin, et jusqu’à maintenant, n’avait cessé d’écrire, d’écrire ou bien de signer, quelle aventure palpitante ! Franchement, s’il s’était engagé dans l’armée, s’il s’était battu pour enfin obtenir ce poste de Capitaine des Armées impériales, ce n’était pas pour écrire ! C’était pour l’aventure, le sang, le fracas des batailles… et tout ce à quoi il avait droit, c’était le crissement d’une plume sur un parchemin.
Oui, il n’avait toujours pas réussi à ravaler sa rancœur d’être resté à la capitale alors que d’autres partaient pour encadrer les armées des peuples dont la loyauté n’était pas sûre. C4est sûr, il n’y aurait peut-être pas beaucoup d’action, mais tout valait mieux que ça ! Les rapports, il n’avait rien contre, il fallait bien tenir la hiérarchie informée, mais rédiger et signer en quatre exemplaires le récit d’un vol à l’étalage, sérieusement, ça ressemblait fort à une punition !

Le capitaine jeta un regard dégoûté sur ce qu’il lui restait à faire, puis décida de prendre une pause. Il avait faim, et l’idée d’un ragoût fumant, d’une tranche de pain dorée et d’une montagne de légumes ne le laissait pas indifférent. Il laissa donc en plan ses affaires, sachant pertinemment qu’elles ne bougeraient pas de son bureau parce que Loki aurait eu pitié de lui, et descendit les marches menant au réfectoire.

La salle était loin d’être pleine, peu étonnant vu l’heure assez tardive pour un repas… et vu le nombre de recrues parti en mission. Le jeune capitaine traversa la salle d’un pas vif, répondant aux saluts des quelques soldats qu’il croisa avant de s’installer à la table des officiers, chipant au passage le quignon de pain d’un des sergents présents, qui ne protesta que pour la forme.
Et puis, il avait des choses à raconter : c’est là que Loran entendit parler de l’incroyable exploit de Charon, qui avait soi-disant fait s’abattre la foudre dans une auberge, simplement en regardant un homme. Ben voyons^^

Le jeune homme connaissait bien les rumeurs, et savait que tout le monde à tendance à amplifier. Hors, la caserne foisonnait de rumeurs, entre les blagues des soldats, les ragots des femmes de chambres et les petits secrets des cuisinières. Dans ces cas-là, la meilleure façon de connaître la vérité était de s’adresser au principal intéressé. Le Capitaine le chercha brièvement avant de l’apercevoir, assis seul à une table.
Il prit congé d’un sourire, puis tourna les talons en direction du cuisinier qui lui offrit tout ce qui suffisait, pour l’instant, à son bonheur. Armé d’une assiettée de ragoût et d’une miche de pain encore chaude, Loran s’installa sans façon à la table du soldat qui, perdu dans ses pensées, semblaient un brin mélancolique. Le jeune homme ne pût s’empêcher d’essayer de le dérider avec humour.

Alors, c’est ainsi que se ressource le héros du jour, seul et abandonné ? Je viens remédier à ça.

Annonça-t-il en posant une carafe sur la table, remplie d’un liquide ambrée. Du vin de Chyrash, à la saveur corsée et pleine de piquant, sans doute l’un des meilleurs vins de la région. Ca avait du bon, d’être officier.
Loran ignorait si l’Orthodoxe buvait, mais sinon, tant pis pour lui, il ne savait pas ce qu’il perdait. Le capitaine l’observait avec intérêt : Charon Cronus était un être à part, et ce, depuis qu’il était entré au service du Roi. Très doué en magie, bien plus sûrement que la plupart des soldats de cette salle, voire même de l’armée toute entière, d’une loyauté à toute épreuve et pourtant, malgré ses talents, assez solitaire. Hors, au sein de l’armée, les solitaires n’étaient pas très bien vu et Charon, avec sa stature étrange et ses tatouages, l’était encore moins.

Charon, c’est ça ? Je suis désolé, je ne me flatte pas de connaître les noms de famille de chaque soldat, sauf ceux qui sont sous mes ordres directs, mais j’ai moins de mal avec les prénoms. Capitaine Loran Kellac.

Ajouta-t-il, sans doute inutilement, mais la politesse était une des valeurs que ses parents s’étaient efforcés de lui inculquer, et ils avaient plutôt bien réussi.
Puis il en vint au but de sa visite, tout en avalant une bonne portion de ragoût : chaud, avec une sauce juste assez relevée pour qu’elle en soit divine. En même temps, Loran n’avait guère connu autre chose que la nourriture des casernes, et ceux, depuis son plus jeune âge, ce qui expliquait qu’il n’était pas difficile.

J’ai entendu parler de ce qui s’est passé ce matin, mais j’aimerais avoir une explication un peu plus réaliste que celle que j’ai entendu. D’ailleurs, en passant, félicitations : c’était une jolie capture, et sans faire de perte.

Il indiqua la carafe de vin d’un geste de la main, faisant signe au soldat de se servir s’il en avait envie. Son intervention pouvait peut-être passé pour farfelue, mais Loran avait acquis une réputation de gai luron au cœur de la caserne, et il s’acharnait à ne pas la démentir.
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MessageSujet: Re: Discussion au réfectoire [Libre]   Lun 21 Avr 2008 - 13:02

La perspective de passer son dîner seul avait, depuis le départ, paru extrêmement invraisemblable à Charon. Il se trouverait bien quelqu'un pour venir lui donner une claque dans le dos et manquer lui faire rentrer la tête dans son bol de ragoût, ou pour venir rigoler un peu en parlant des rumeurs, voire même un novice qui s'extasierait en racontant un exploit relevant plus du fictif que du réel, avant de lui demander de lui donner des cours de magie, c'était certain. Ainsi, avec cette idée de nouvelle recrue extasiée en tête, l'orthodoxe se sentit presque soulagé que ce ne soit qu'un capitaine qui vint le voir. qui plus est, il s'agissait du même homme qui était entré un peu plus tôt et avait attiré son attention, avant de disparaître une minute ou deux, seulement pour mieux revenir avec un plateau de nourriture. Et quelques paroles en bouche, évidemment. Le capitaine était encore plus jovial que Charon ne s'en souvenait, et ne paraissait aucunement railleur, ce qui était déjà un très bon début pour engager une conversation. Comme tout être quelque peu normal, le soldat n'aimait pas trop qu'on se moque de lui, et il s'était attendu à infiniment pire qu'un capitaine avec une réputation de gaieté. C'est pourquoi il se permit un sourire léger, après avoir salué son interlocuteur d'un signe de tête, et même un brin d'humour. Pas de quoi se rouler par terre -loin, très loin de là, même-, mais quand même. C'était déjà exceptionnel de l'entendre parler sans être mortellement sérieux :

"Héros? Eh bien, mon ego vous remercie, capitaine, grâce à vous, il vient de prendre un peu plus de poids."

Et ce n'était pas entièrement faux. Bien que s'entendre appeler un héros le dérangeait un peu et lui faisait froncer les sourcils, il devait bien s'admettre qu'au fond de lui, son ego ronronnait de plaisir à chaque fois qu'on parlait de lui en ce genre de bons termes. À chaque fois, cependant, il mettait un point d'honneur à mettre un peu d'ordre dans ses pensées, prendre une grande respiration, et retrouver la neutralité d'esprit qui convenait. Sinon, il aurait commencé à lancer des sorts spectaculaires de façon inutile seulement pour faire parler de lui en bien, il le savait bien, et cette pensée l'horrifiait en même temps qu'elle l'attirait. Quelle horreur, l'ego, il poussait vraiment à faire n'improte quoi... Bref, alors que Charon observait le capitaine afin de déceler s'il y avait un autre motif à sa visite, il finit par se rendre à l'évidence : si Loran Kellac voulait autre chose que parler, il cachait très bien son jeu. Dès lors, mieux valait attendre et observer l'homme qui venait à l'instant de se présenter.

"C'est un plaisir de vous rencontrer en personne, capitaine. Et déjà, vous connaissez mon prénom, quoique tout le monde dans l'armée semble savoir qui je suis."

Ce qui n'était pas très étonnant. Dans une armée composée en majeure partie d'humains, un sang-mêlé d'orthodoxe et de nymphe avait amplement de quoi être pointé du doigt. Et d'ailleurs, ce n'était certainement pas la première rumeur qui circulait à son sujet, si bien qu'à peu près chacun des soldats de l'armée, recrue ou vétéran, était capable de reconnaître Charon de vue. Cependant, ce même héritage qui le rendait différent des autres le mettait aussi à part, et les gens ne savaient pas trop s'ils devaient l'approcher, et vu que lui-même ne faisait pas beaucoup d'efforts en ce sens, il avait fini par acquérir une réputation que personne ne lui enviait. En fait, il s'agissait plutôt de plusieurs réputations, certaines étant très négatives, d'autres le représentant comme un être mystique, à part. Quoiqu'il en soit, Loran ne semblait pas se laisser arrêter par cette barrière d'inconnu qui flottait autour de l'orthodoxe, qui ne s'en formalisait pas. D'ailleurs, il venait de se faire proposer du vin, ce à quoi il répondit en prenant son gobelet et en le remplissant à peine au quart, plus par politesse que par envie spéciale de boire. Toujours ce souci de garder son esprit affuté, surtout qu'il avait à continuer les recherches un peu plus cet après-midi. Il trempa ses lèvres dans le vin, prenant le temps de goûter la boisson qui avait du mordant, puis se décida à répondre avec son souci de la modestie habituel. Il n'allait certainement pas commencer à décrire en détail quel genre de magie il utilisait, pour que tout le monde puisse élaborer une façon de le contrer...

"Vous devez savoir que je ne suis pas vraiment doué avec les armes, alors je me suis tourné vers la magie. Mais pour garder l'élément de surprise, je l'utilise aussi peu que possible, et quand je me vois forcé de lancer un projectile magique ou deux, vous avez pu entendre ce que ça donne, comme rumeurs..."
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MessageSujet: Re: Discussion au réfectoire [Libre]   Lun 21 Avr 2008 - 15:05

Au moins, Charon semblait être un homme assez simple. Les mages avaient la fâcheuse réputation d’être des gens à part, des gens mortellement sérieux qui, pour se dérider, tuaient deux ou trois poules. Ou alors, pendant leurs études, ils avaient oublié ce que c’était de rire un peu. Quoiqu’il en soit, le soldat assis en face de lui ne semblait pas appliquer à la lettre cette règle de sérieux, ce qui soulagea quelque peu le capitaine… disons qu’il n’y a rien de pire que de faire l’idiot face à quelqu’un qui n’a pas un brin d’humour.
Les paroles du soldat n’étaient pas dénuées d’un brin d’humour, et Loran répliqua joyeusement.

Si je peux rendre service, je le fais volontiers ! Et ne vous inquiétez pas, votre ego s’en remettra… sinon, je peux toujours lui donner un coup de main.

Sa phrase joyeuse impliquait diverses corvées qui n’avaient pas leur pareil pour rendre humble le plus prétentieux des soldats. Il ne destinait pas Charon à ça, non, son potentiel était bien trop précieux pour qu’on le gaspille en tâches inutiles, mais il voulait simplement indiquer qu’il en avait les moyens. Pas une façon d’imposer son autorité, non… disons plutôt un simple conseil.
Contrairement à quelques uns de ses collèges et subordonnées, Loran n’avait rien d’un sadique. Dans l’ensemble apprécié des soldats qu’il avait sous ses ordres [Et hop, lancement de fleurs XD], il passait pour quelqu’un de sévère, mais qui avait un grand sens de la justice. Loran était plus du genre à discuter qu’à imposer des corvées, mais il aimait bien se faire obéir. Cela, il fallait l’avouer, c’était parfois déstabilisent pour ceux qui étaient sous ses ordres : malgré ses plaisanteries, Loran ne supportait pas la désobéissance. Les échecs, cela pouvait arriver, mais échouer parce que les ordres n’étaient pas exécutait, cela relevait d’une trahison. Et Loki savait à quel point Loran tenait la trahison en horreur.
En tout cas, Charon était lucide sur lui-même et sur le regard que lui portait les autres, et le capitaine ne prit pas la peine de lui mentir.

Effectivement, le nom de Charon est bien connu dans les rangs, sans doute pour des raisons quelques peu exagérées. Pas que je mette en doute tes compétences, non, mais faire naître la foudre d’un claquement de doigts, ça, je n’y crois pas.

Loran l’avait involontairement tutoyé, mais c’était une habitude qu’il avait prise avec ses hommes, et il ne s’en aperçut même pas. Par contre, il avait sciemment omis de parler du côté sang-mêlé de Charon. Certes, on le reconnaissait facilement, et son ascendance différente, puisque la plupart des soldats étaient humains, voire métisses dans de rares cas, et cela faisait aussi partie de sa légende.
Sa légende… elle était bien étoffée, d’ailleurs. Passons sur les nouvelles recrues qui se voyaient terrifiés par son apparence, les rumeurs de bonnes femmes disant qu’il faisait des sacrifices humains…
L’orthodoxe avait une apparence différente, et des pouvoirs différents. Il n’en fallait pas plus pour le rendre étrange, voire terrifiant, aux yeux de certains. Mais, tout comme Telak, Charon ne semblait pas souffrir de sa réputation. Certes, il ne faisait rien pour l’entretenir mais, pour une raison inconnue, elle ne semblait pas lui peser.
Le jeune Capitaine vit le soldat se servir un peu de vin, et eut un léger sourire. Décidément, il l’aimait bien, même s’ils étaient extrêmement différents. Loran se servit à son tour, guère plus que son compagnon, avant de prendre la parole d’une voix un peu plus sérieuse.

Il y a peu de soldats qui refuseraient un tel cru, mais j’admire ton attitude. Beaucoup de gens, tant nobles que roturiers, ignorent que le vin se déguste, et qu’il ne faut pas plus d’un demi verre pour l’apprécier pleinement.

Prévenant un regard interrogateur, il précisa en haussant les épaules.

Mon oncle est viticulteur.

Pendant que Charon dégustait son vin, Loran se pencha sur son assiette. Il en avait déjà englouti une bonne partie, et entreprit de terminer son plat avant que le soldat ne réponde. Charon lui indiqua qu’il avait étudié la magie, mais qu’il s’en servait peu, pour préserver l’effet de surprise.
Le capitaine devait reconnaître une chose : Charon l’impressionnait. Il paraissait jeune, mais pourtant il émanait de lui un calme et une intelligence qui forçait l’admiration. Il semblait connaître son sujet sur le bout des doigts et pourtant, savait qu’il ne pouvait pas compter que sur ça. C’était réellement impressionnant, une telle clairvoyance, et Loran se surpris à le dévisager. Pas de façon agressive, non, mais plutôt avec une sorte de compréhension et d’intérêt.
Le capitaine esquissa un sourire à la dernière remarque du jeune mage, et confirma avec amusement.

Oui, c’est plutôt impressionnant. Si la moitié des rumeurs étaient vraies, nul doute que le Gwendir aurait déjà déclaré sa soumission à notre Empereur. La foudre qui s’abat d’un ciel sans nuage, des hommes qui lévitent à quelques mètres du sol, ça a de quoi faire peur à plus d’un homme.

Loran marqua une pause avant d’ajouter :

Vous êtes un homme plein de ressources, Charon, et je suis fier de vous compter parmi nos soldats.
Mais si je peux me permettre un conseil, un soldat a besoin de camarades, et un expatrié, d’autant plus.


Loran avait pris un air sérieux pour dire cela. Bien sur, il ignorait le passé de l’Orthodoxe, ignorait qu’il avait quitté sa patrie très jeune. Mais il n’empêche, ses paroles étaient sincères : la solitude n’était jamais un bienfait.
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MessageSujet: Re: Discussion au réfectoire [Libre]   Mar 22 Avr 2008 - 3:00

[Va falloir déterminer si Charon fait partie du régiment de Loran, un de ces jours XD]

Le capitaine Loran Kellac était définitivement quelqu'un de fascinant, songea Charon en lui rendant son regard observateur. Joyeux, énergique, mais sachant être sérieux et mener ses hommes d'une poigne de fer, tout en les inspirant. C'était là un ensemble de qualités très impressionnant, qui faisaient de cet homme un excellent capitaine, que la grande majorité des soldats aimaient servir. C'était cette étincelle dans son regard, cette assurance quand il marchait, qui lui donnaient un air de grand homme, destiné à d'aussi grandes choses. Certes, il n'irait jamais fendre des montagnes en deux, mais il avait suffisamment de charisme pour persuader quelqu'un d'aller le faire à sa place. Tout en lançant quelques plaisanteries, qui plus est. C'était un homme assez simple en apparence, mais il ne faisait aucun doute qu'il avait des motivations bien à lui, qui seraient fort intéressantes à apprendre, un de ces jours, songea l'orthodoxe en découvrant une infime cicatrice sous l'oeil gauche du capitaine. Un de ces jours, il lui poserait probablement quelques questions à propos de lui et de sa famille -un élément très important pour forger le caractère d'une personne, qui pourrait en révéler long sur lui-, mais pour l'instant, Loran avait sorti une phrase très intéressante, qui laissa Charon songeur. Il semblait plaisanter, mais en proposant de l'aider à faire diminuer son ego, il y avait quelques sous-entendus très intéressants, suffisamment pour que l'orthodoxe passe un moment à les décortiquer.

"Mon ego vous transmet le message que tout va bien, et qu'il n'a nullement besoin d'une diète, mais vous remercie de votre offre, tout en la déclinant poliment. Et certes, il n'y a pas un claquement de doigt qui saurait faire jaillir la foudre, pas plus qu'un regard ne pourrait repousser un homme comme s'il avait été chargé par un taureau. Cependant, ces deux gestes pourraient être les déclencheurs pour des sorts de ce genre."

Tout en parlant, Charon s'était amusé à semer un indice sur le type de magie qu'il utilisait, mais ce n'était pas pour se vanter, mais bien pour remarquer si le capitaine le remarquerait. Sous-entendre ainsi qu'il était possible de faire jaillir un éclair en claquant des doigts, c'était quand même un gros indice, quoique ce n'était pas entièrement vrai. Faire rugir le tonnerre d'un claquement de doigt et jaillir la foudre de la paume, voilà qui aurait été plus exact. Enfin, que de petits détails... Détails qui étaient néanmoins importants, aux yeux de Charon. Mais ce qui était un tantinet plus subtil que cet indice grossier, c'était la deuxième partie de sa phrase. Repousser un homme comme si une bête féroce lui avait rentré dedans, c'était précisément ce qu'il avait fait le matin-même, mais faire le lien devait certainement relever de l'exploit... Surtout que l'indice était complètement hors du contexte de l'incident du matin, ce qui le rendait d'autant plus difficile à repérer. Enfin, qui sait, peut-être Loran était-il vraiment très observateur. Mine de rien, afin de mieux le cerner, l'orthodoxe le testait, comme il avait la fâcheuse manie de le faire avec tout le monde lorsqu'il les rencontrait pour la première fois, et parfois même lors des rencontres ultérieures.

"Le vin ramollit l'esprit quand on en consomme trop, ce qui, pour un mage, est à éviter. Mais, bu avec prudence, il est source de grands délices. Votre oncle a du talent, s'il produit lui-même ce vin. Il semblerait que le succès soit dans le sang de votre famille, tout comme la magie est dans les veines de la mienne."

D'ailleurs, notez bien que Charon, occupé à détailler le capitaine, avait remarqu le passage au tutoiement, puis le retour au vouvoiement, même s'il n'y voyait pas là une grande source d'informations. Ce devait plus être une manie qu'autre chose. Et puis, il venait de lancer deux objets de rumeurs assez louches, qui étaient pourtant bien fondés : la foudre par un jour sans nuage, résultat d'un manque de calcul dans la puissance de sa magie, et la lévitation d'un homme au-dessus du sol, qui n'avait pas duré bien longtemps. Faire bouger les choses par la pensée, ce n'était pas le fort de Charon, il préférait imposer sa volonté dans le monde réel. Et bien évidemment, le résultat était, la majeure partie du temps, pour le moins spectaculaire...

"Rassurez-vous, capitaine, j'ai beau sembler peu sociable, j'ai fait beaucoup de progrès depuis mon entrée dans l'armée. Je vous laisse le loisir de vous imaginer ce dont j'avais l'air lors de mon recrutement ; j'avais la gorge sèche à tous les jours, parce que je n'étais décidément pas habitué à parler. Le silence et la solitude ont été les deux facteurs-clé de mon entraînement magique, il est donc naturel que j'éprouve quelques difficultés à m'intégrer, mais vec le temps, j'apprendrai bien les bases de la camaraderie. Comprenez bien que, même si j'ai vécu toute mon enfance ici-même, à Yswllyra, toute mon éducation est différente de celle des hommes dans cette armée, ce qui fait en sorte que vous êtes tous un peu étranges, à mes yeux, tout comme je le suis aux vôtres. J'apprends, lentement mais sûrement, à m'intégrer dans une société d'humains, mais je crains que les nouveaux conflits de nos terres ne me facilite pas la tâche. Le climat est tendu et propice à la méfiance, mais il est bon de voir que des hommes comme vous parviennent à garder une attitude positive et agréable."
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MessageSujet: Re: Discussion au réfectoire [Libre]   Mar 22 Avr 2008 - 12:59

[Justement, je pensais faire comme s’il n’en faisait pas partie, et t’enrôler^^]

Loran eut un franc sourire à la réponse de Charon. Décidément, c’était un homme vraiment très intelligent et qui, qui plus est, ne le criais pas sur tous les toits. Sa réponse ne manquait pas d’humour, et s’il déclinait poliment l’invitation, au moins ne s’offusquait-il pas du sous entendu.
Puis le soldat parla de sa magie, rebondissant sur les propos de Loran. Le capitaine constata avec plaisir qu’il n’était pas le seul à jouer avec les mots, le jeune Orthodoxe semblait lui aussi être un maître en la matière. Bien que ses propos restent quelque peu nébuleux pour le soldat, qui n’y connaissait pas grand-chose en matière de mage et de magie.
Il resta un moment silencieux, ruminant les paroles de son interlocuteur. Si Charon voulait le tester, Loran ignorait en quoi cela lui serait utile. Pourtant, il reprit la parole d’une voix posée.

Je dois bien avouer que je ne m’y connais guère en matière de sorts et de magie. Mon adresse et mon arc me suffisent, en général. Mais je suis curieux… comment faites vous pour faire agir votre esprit sur ce qui vous entoure ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit, non ?

Le capitaine ignorait s’il avait satisfait au test de Charon, mais il ne fit pas mine de demander. Après tout, si l’Orthodoxe avait une façon un peu étrange de faire connaissance, grand bien lui fasse. Ce qui intéressais Loran, c’était bien plus son potentiel que son éventuelle façon de communiquer.
Le capitaine avait sous ses ordres nombre de jeunes recrues, car avec son jeune âge, il arrivait sans trop de problèmes à en faire des soldats d’élite. Peut-être que ses méthodes étaient mieux adaptées que celles de ses collègues plus âgés… Quoiqu’il en soit, il songea qu’il ferait bien de demander à ses supérieurs le transfert de l’Orthodoxe dans son unité. Non seulement cela pourrait encourager ses propres soldats à se former un peu sur la magie, mais en même temps, il appréciait les capacités du jeune homme, et ses capacités ne demandaient qu’à être développées.

Quoiqu’il en soit, Charon reprit la parole, complimentant le vin…et la famille de Loran. Ce dernier esquissa un sourire : si l’Orthodoxe le lançait sur ce terrain là. Le capitaine n’était pas avare en paroles, lorsqu’il s’agissait des siens : la moitié de la caserne devait connaître, en paroles sinon de vue, son petit frère, Tomin. Bien que les baraquements des soldats ne soient pas l’endroit idéal pour un enfant, son cadet adorait s’y promener. Perché sur la croupe de Glad, il se sentait le Roi du monde, et Loran était fier de le voir répondre d’un salut militaire qui, s’il était encore un peu maladroit, ne tarderait pas à être irréprochable.
Mais il ne prit pas tout de suite la parole, pourtant, conscient qu’il s’apprêtait à infliger au soldat une description en règle. Il se contenta d’un léger sourire et d’un hochement de tête.

Loki façonne chacun afin qu’il le serve au mieux… Je suis aux ordres de mon monarque, quand à vous, vous avez un talent particulier. S’il est vrai que le succès coule dans mes veines, j’ai bien peur qu’il n’y ait pas une once de magie.

Ajouta-t-il en riant. Il aurait voulu questionner Charon sur sa famille, mais se retint à nouveau. Ce n’était pas dans son habitude d’être aussi inquisiteur, mais la curiosité qu’il ressentait n’était pas non plus habituelle. Discuter avec Charon, un homme bien plus intelligent que Loran ne l’avait cru tout d’abord en raison de sa réputation de silencieux, était une expérience dont il s’efforçait de tirer le maximum de profit.
Puis l’Orthodoxe le rassura quand à sa capacité à se faire des amis, lui disait seulement qu’il fallait qu’il s’habitue au monde des humains, son entraînement de mage l’ayant contrait au silence et à la solitude.

Ce n’était pas une critique, mais j’avoue que j’aurais pu donner ce conseil d’une façon plus intelligente. J’imagine qu’il doit être bien difficile de s’intégrer dans une société dont on ne connaît pas grand-chose, et l’armée n’est pas un milieu simple à comprendre. Quoi qu’il en soit, malgré votre différence, nous sommes tous égaux ici, chacun déterminés à servir notre Roi du mieux possible.
C’est vrai que le conflit qui s’annonce risque de rendre les gens méfiants à l’égard des autres races… et même si l’idée de frères d’armes est bien présente ici, elle a encore du chemin à faire.


Il remercia Charon de son compliment par un sourire, avant d’enchaîner sur l’idée qui germait peu à peu dans son esprit.

J’ai une proposition à vous faire. Au sein de mon unité, j’ai besoin de soldats motivés et consciencieux, qui savent réfléchir et qui ne sont pas rebutés par le danger.
Vous avez du potentiel, Charon, et j’aimerais vous aider à le développer.


Loran se tut, observant le soldat d’une œil pénétrant. Il devait s’avouer que son petit discours n’était pas très bien ficelé, mais la diplomatie, ce n ‘était décidément pas son truc.
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MessageSujet: Re: Discussion au réfectoire [Libre]   Jeu 24 Avr 2008 - 4:01

[Gurg, mes plus plates excuses pour ce délai, j'ai eu un peu de misère à trouver du temps pour moi, surtout en quantités suffisantes pour répondre ici ^^"]

Le capitaine Loran Kellac parvint à surprendre Charon suffisamment pour que celui-ci perde momentanément le fil de ses pensées. Il s'agissait là d'un sacré exploit, causé par une déduction à laquelle l'orthodoxe ne s'attendait pas. En effet, son supérieur hiérarchique avait deviné bien plus que le sang-mêlé ne l'avait laissé deviner : de fait, il avait posé le doigt exactement sur le fonctionnement de sa magie. L'esprit contrôle ma matière, voilà qui était le motto du cercle des télépathes, et Loran l'avait très bien deviné. La surprise de Charon parut un moment sur son visage, puis fut remplacée par un sourire : il commençait à voir qu'il n'y avait pas que le charisme qui avait valu au capitaine sa position, il était également plus que capable d'utiliser son esprit à bon escient. Un homme intelligent qui cachait bien son jeu derrière une apparence trompeuse de personne simple et sympathique. Certes, il était sympathique, mais pas si simple. Très intéressant...

"Voilà qui est une excellente question, à laquelle il n'existe pas de réponse claire. L'essence même de la magie est de pouvoir imposer sa volonté au monde qui nous entoure. Il existe plusieurs formes que prend cette magie, et l'une d'entre elles provient justement de la force d'un esprit bien aiguisé. Il faut à la fois beaucoup de temps et de talent pour apprendre à l'utiliser, en plus d'un maître pour apprendre correctement. Pour en revenir à votre question, pour influencer le monde avec son esprit, il faut avoir la magie dans le sang, et une grande concentration. Le reste est instinctif. Mais dites-vous bien que vous êtes probablement, sans le savoir, meilleur en magie que moi avec un arc ou, encore pire, une épée."

Évidemment, Charon avait largement exagéré à la baisse la concentration qu'il fallait pour utiliser des pouvoirs dits psychiques. Il fallait que l'esprit tout entier se mobilise et se focalise sur le seul objectif de concrétiser sa pensée. Avec cette concentration, cependant, il devenait très facile d'influencer le monde, d'y faire naître la foudre ou toute autre forme d'énergie, mais évidemment avec quelques -plusieurs, en fait- contraintes. Voilà qui était infiniment plus difficile à faire qu'à dire, car la moindre pensée parasite parvenait à mettre en péril tout l'effort magique, et les dieux savent que les pensées parasites embêtent à tout bout de champ l'esprit des mortels. Être capable de les filtrer, cependant, aurait suffi à toute personne pour devenir un surhomme, plus précis et plus rapide que ses confrères. Du moins, c'était ce que l'orthodoxe pensait, et quant à savoir s'il se trompait, mystère. Il se passerait beaucoup de temps avant qu'une personne affute son esprit à ce point, sans négliger son corps comme Charon l'avait fait. Quoiqu'il en soit, il resta silencieux, écoutant tranquillement Loran parler, tout en mâchonnant un nouveau bout de pain, qu'il avait trempé dans son bol ragoût, encore à moitié plein. Tant qu'à avoir deux heures pour dîner, autant en profiter pour manger lentement. Après avoir de nouveau pris une minuscule gorgée de vin, qu'il savoura pendant un long moment, il reporta instantanément toute son attention -ce qui n'était pas peu dire- sur le capitaine lorsque ce dernier parla d'une proposition. Voilà qui s'annonçait fort intéressant, songea-t-il avant même que son interlocuteur n'ait eu le temps de parler. L'orthodoxe n'eut même pas le temps de partir mille et une hypothèses qu'il avait déjà devant lui une offre fort intéressante, sur laquelle il avait bien envie de sauter. Il n'avait aucune loyauté spéciale envers son régiment -par contre, il en avait énormément pour l'armée d'Yswllyra en général-, dans lequel il ne s'était pas vraiment fait de camarades. Il y avait bien son supérieur immédiat, qui s'opposerait à son transfert, surtout à la lumière des événements du matin, mais... Probablement que son capitaine n'y verrait pas un bien gros problème. Après tout, il s'agissait d'une femme sèche, mais qu'il ne connaissait pas, pour ne lui avoir jamais parlé en personne. Mais qui sait, peut-être bien que..?

"Ce serait un honneur pour moi de faire partie de votre régiment. Cependant, il vous faudra convaincre mes supérieurs actuels, qui ne voudront probablement pas me laisser partir si facilement. Du moins, je l'espère, sans quoi mon ego va recevoir une belle volée. Il n'y a pas beaucoup de mages dans l'armée, alors tout le monde doit s'arranger pour les garder quand ils en ont un..."

Encore une fois, une blague d'ego. C'était assez amusant que quelqu'un comme Charon, qui s'efforçait toujours de se montrer modeste, fasse des blagues qui sous-entendaient qu'il était vantard. Peut-être ses interlocuteurs ne se rendaient-ils pas compte qu'il ne s'agissait que d'une tentative d'humour, et le croyaient véritablement vantard, mais c'était peu probable. Après tout, quelqu'un de vraiment vantard en aurait dit plus sur ses exploits, au lieu de faire de misérables petites blagues d'ego qui n'étaient pas vraiment drôles. Bref, l'orthodoxe prenait bien soin de regarder attentivement son interlocuteur, afin de voir comment il allait réagir. Il n'y avait nul doute qu'il serait content et le manifesterait. D'ailleurs, c'était là une des raisons pour lesquelles Charon se sentait attiré par la proposition de Loran : il était d'agréable compagnie, et il ne doutait pas une seconde d'apprécier de l'avoir comme capitaine. Cependant, un doute commença à le tirailler subitement, et il décida de s'en débarasser tout de suite, afin, justement, d'éviter qu'il ne devienne une pensée parasite. Lui-même avait mis trois ans complets, entièrement dévoués à son entraînement, avant de pouvoir commencer à voir des résultats. Si ça se trouvait, la guerre aurait eu le temps d'éclater et de finir avant que le moindre des hommes de Loran ait pu apprendre quoi que ce soit de Charon, alors autant l'avertir tout de suite :

"Mais je tiens à vous avertir que, malgré le talent que j'ai pour la magie, j'ai bien peur que l'enseigner me soit pratiquement impossible. Il m'aura fallu une dizaine d'années pour atteindre mon niveau actuel, et c'est bien parce que mes parents ont un potentiel magique exceptionnel et me l'ont légué. Si vous comptez sur moi pour apprendre les bases de la magie à vos soldats, vous serez déçu... Mais bien entendu, cela ne m'enlève pas toute utilité. Loin de là, ajoute mon ego."
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: Discussion au réfectoire [Libre]   Jeu 24 Avr 2008 - 11:20

[T’as pas à t’inquiéter d’avoir une vie en dehors du forum, t’en fais pas^^]

Si Loran avait deviné juste, ce n’était guère intentionnel : il n’avait pas menti, et les arcanes de la magie restaient un mystère pour lui. Cependant, on disait de lui qu’il savait se montrer observateur et perspicace, et cette réputation était amplement méritée. Pourtant, le capitaine ne s’en servait pas souvent, préférant agir avant de penser aux conséquences. Enfin, il agissait ainsi lorsqu’il était seul, car avec des hommes sous ses ordres, il agissait différemment. Quiconque observait le capitaine en manœuvre aurait pu jurer qu’il ne s’agissait pas du même homme, car Loran se montrait concentré, attentif et surtout veiller à la sécurité de ses soldats bien plus qu’à la sienne. Mais à bien y réfléchir, son comportement lorsqu’il était tout à fait détendu était semblable à celui qu’il adoptait lorsqu’il commandait ses hommes… on ne peut changer réellement ce qu’on est.
Quoi qu’il en soit, une mimique de surprise s’afficha sur le visage de son interlocuteur, avant que celui-ci ne reprenne son impassibilité, laissant tout de même flotter un sourire. Loran songea qu’il venait de passer le test avec succès… quel test exactement, là résidait le mystère. En tout cas, Charon s’appliqua à répondre à sa question du mieux possible, et il lui en fut gré : expliquer la magie à un néophyte était sans doute aussi compliquer que de la lui apprendre. Il s’agissait d’autres concepts, plutôt inhabituels à quelqu’un d’aussi cartésien que le jeune homme.

Mais la réponse du soldat, bien qu’impliquant quelques idées difficiles à comprendre, sembla assez claire à son supérieur, malgré ce qu’avait laissé entendre Charon. La magie était complexe et multiple, cela, Loran ne l’ignorait pas, mais par contre, il ne savait pas qu’un mage était capable, seulement avec la force de son esprit, de pratiquer la magie. Il avait toujours pensé qu’une incantation, ou quelque chose de ce genre, était nécessaire. Disons que les rares magiciens qu’il avait connu étaient sans doute des charlatans, ou des étudiants peu doués qui finissaient leur vie à faire la tournée des villages pour obtenir de quoi se nourrir en échange d’une potion, d’un sortilège ou de quelques plantes.
Charon précisa qu’il fallait une concentration exceptionnelle et bien des années de travail, même lorsque la magie coulait à flots dans vos veines, ce dont le capitaine ne doutait pas. Sinon, il y aurait eu bien plus de magiciens qu’il y en avait maintenant… Loran sourit à la fin de la phrase du soldat, prenant un air totalement défaitiste.

Ca, je ne pense pas. J’ai beau essayer d’apprendre, même les tours de passe-passe demeurent un mystère pour moi. Mon frère de 6 ans sait faire apparaître un foulard de sa manche, mais je n’ai jamais compris le truc. Ma mère a bien essayé de m’enseigner que l’illusion était en soi une forme de magie, mais je ne suis doué ni dans l’un, ni dans l’autre. Quand à vos lacunes en matière de maniements d’armes, n’ayez crainte, je me fais fort de vous apprendre quelques rudiments. Il paraît que je ne suis pas un si mauvais capitaine que ça.

Ajouta-t-il sur un ton de confidence. Bien sûr, sa réplique était chargée d’humour, car il n’ignorait pas ce que ses supérieurs pensaient de lui. Malgré son jeune âge, il s’était déjà acquis une réputation fort honorable, menant ses hommes avec poigne. Il formait les nouvelles recrues et pour l’instant, sa compagnie était l’une des plus méritantes. Une raison de plus pour que Loran considère comme une punition la décision du Roi de le laisser dans la capitale…
En tout cas, il espérait que Charon accepte sa proposition. Le faire transférer ne poserait pas de problèmes réels, car Loran se faisait fort de convaincre ses supérieurs qu’un mage manquait à son unité. Disposer de Charon serait un atout précieux, il n’en doutait pas, et qui plus est, le jeune capitaine ne manquait pas d’ambition. S’il parvenait à intégrer l’Orthodoxe dans son régiment, nul doute que ce serait un bénéfice, non seulement pour les soldats, mais aussi pour lui-même. Un peu de sang-neuf ne leur ferait pas de mal, et Charon ferait un formidable éclaireur… ainsi qu’un bon combattant, une fois que Loran en aurait fini avec lui.

Il sourit à la réponse du soldat. Une réponse assez neutre pour lui indiquer qu’il était d’accord, mais que ses supérieurs, eux, ne le seraient sans doute pas. Il se montrait prudent, ce qu’apprécia Loran, et pourtant ne négligeait pas une petite pointe d’humour. Ils étaient fait pour s’entendre, songea le capitaine, du moins jusqu’à ce qu’ils commencent l’entraînement. Loran avait la réputation d’un homme sympathique, mais lorsque la vie de ses soldats était en jeu, il avait tendance à se montrer dur et inflexible. Nombres de recrues avaient bien failli baisser les bras, mais quelque chose lui disait que l’Orthodoxe n’était pas du genre à agir ainsi. L’entrainement serait dur, certes, mais Loran n’était pas méchant.
Les yeux de Loran brillaient d’un nouvel éclat, signe indubitable qu’il venait d’obtenir ce qu’il voulait. Son cerveau se mettait déjà en marche, appréhendant déjà de quelle manière il parviendrait à faire intégrer Charon parmi ses hommes. Il allait prendre la parole quand le soldat le devança, l’avertissant qu’on ne devait pas compter sur lui pour enseigner la magie. Loran sentit son sourire s’éclairer un peu plus, et le rassura immédiatement.

Si vous avez cru que j’allais vous demandez d’enseigner la magie à mes hommes, je vous demande pardon. Ce n’était pas mon idée, mais vous en saurez plus en temps voulu. Quoi qu’il en soit, si je vous veux dans mon unité, ce n’est pas qu’à cause de vos capacités de mage… mais j’aime garder un peu de mystère, cela me permet d’avoir une certaine longueur d’avance.
Même si vous ne pensez pas avoir la moindre qualité en matière d’armes, vous deviendrez un bon bretteur, je vous en fais la promesse. De toute façon, vous n’êtes pas stupide : si je vous veux parmi mes hommes, c’est que j’ai déjà dans l’idée que vous me serez utile, plus qu’aux autres bataillons, vous vous en doutez. Notre collaboration sera bénéfique à tous, j’en suis certain… oh, et tant que j’y pense, j’attache une certaine importance aux liens entre soldats. Si vous voulez intégrer mon unité, je compte sur vous pour vous fondre parmi mes hommes. Mais vu ce que j’ai prévu, cela ne devrais pas être bien difficile.


Le capitaine se leva, passant machinalement la main dans ses cheveux pour les remettre en place, et prit congé en quelques phrases.

J’ai été ravi de discuter avec vous, soldat. Vous vous imaginez bien que j’ai quelques personnes à rencontrer, et encore plus à convaincre, soit beaucoup de choses à faire et pas beaucoup de temps. Mais j’arrive toujours à obtenir ce que je veux… je vous attends dans quatre heures, au terrain d’entrainement, équipé. Ne soyez pas en retard.

Oui, Loran était sûr de son fait, et sur de convaincre le supérieur de Charon de le lui abandonner. Il devrait peut-être sacrifier quelques soldats, mais avait déjà une idée des noms de ceux qui nécessitait un transfert. Il pouvait se séparer de quelques soldats qui, il le savait, avait appris de lui de nombreuses choses, mais rêvait encore de grandeurs. Un échange assez équitable, si l’on y réfléchit bien : quelques soldats d’élite pour un bretteur qui ne valait pas grand-chose, mais qui excellait en magie. Du moins, c’est ce dont Loran essayerai de persuader ses interlocuteurs.

[Je te propose de poster un nouveau sujet où on se retrouve sur le terrain d’entraînement. Y’a pas de lieu prédéfini, mais tu peux toujours poster dans la Tour Sombre. J’espère qu’un entrainement sera aussi amusant que cette conversation que j’ai apprécié^^]
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MessageSujet: Re: Discussion au réfectoire [Libre]   Ven 25 Avr 2008 - 1:38

[Je commence pratiquement toujours à écrire mes réponses en faisant le premier dialogue, et je fais habituellement le premier paragraphe seulement à la fin. Voyons ce que ça donne si je n'en mets pas du tout x)]

"Faire apparaître un foulard n'est souvent qu'un tour de passe-passe qui n'a rien à voir avec la magie. Nombreux sont les charlatans qui, faute de pouvoir utiliser la magie, utilisent leurs doigts de fée pour faire quelques tours de prestidigitation. Mais la fausse magie des charlatans est très belle en soi, car on ne peut l'utiliser à vraiment mauvais escient. Il n'est pas une autre forme de magie qui ne puisse être utilisée pour prendre la vie des autres, et c'est pourquoi même les escrocs qui se livrent à ces tours de passe-passe méritent un certain respect. C'est quand même de la magie, mais au sens second du terme."

Il était rare de voir un vrai mage qui ne crachait pas sur les charlatans, mais ces derniers avaient des doigts aussi habiles que l'était l'esprit de Charon. Par conséquent, sa logique voulait qu'il les respecte autant qu'il aimerait être respecté, sans s'enfermer dans l'illusion que son art à lui était plus noble. Dans cette ligne de pensée, l'orthodoxe se dit qu'il aimerait bien voir le petit frère du capitaine, pour voir ce tour qui consistait à faire apparaître un foulard de nulle part. Il n'y avait pas un doute : le mage ne comprendrait pas le fonctionnement du tour de magie, mais au moins, ça vaudrait le divertissement. D'ailleurs, en y repensant, il avait déjà vu plusieurs fois un petit bonhomme se promener dans les casernes, et se souvenait d'avoir été intrigué par sa présence. Très probablement était-ce là le petit frère en question, dont le nom restait encore un mystère pour Charon. Il aurait probablement pu retourner dans ses souvenirs pour en apprendre plus sur le sujet, mais pas en plein milieu d'une conversation, ce qui aurait été inhumain... Si tant est que ce terme pouvait s'appliquer à quelqu'un comme lui. Quoiqu'il en soit, il ne put réprimer son envie de manifester l'enthousiasme qu'il ressentait à l'idée d'apprendre les bases du maniement des armes. Il en connaissait suffisamment sur la magie pour prendre un moment et se familiariser avec autre chose...

"Mais évidemment, quelques cours pour savoir me servir d'une arme blanche ou d'un arc me seraient fort utiles, et je serais honoré de vous avoir comme maître. Vous, ou un de vos soldats, peu importe, je suis certain que j'aurais beaucoup à apprendre de toute façon."

Le sang-mêlé ne put manquer la lueur, à mi-chemin entre le triomphe et la satisfaction, dans les yeux du capitaine. Les deux hommes, d'ailleurs, arboraient le même air satisfait, convaincus qu'ils avaient fait un excellent choix. Il n'y avait pas un doute, d'ailleurs, sur le fait que Charon ait bien fait d'accepter. Qui plus est, au cours de la dernière année et quelques passée dans l'armée, il avait appris les rudiments de la camaraderie humaine, et comptait bien appliquer ses nouvelles connaissances une fois qu'il ferait partie de l'unité de Loran. Il se sentirait d'ailleurs probablement plus chez lui parmi des soldats d'élite que dans la masse de l'infanterie. Le capitaine n'avait pas à s'en faire à ce propos :

"Vous voulez peut-être quelqu'un pour les relations avec les Orthodoxes, qui sait? Ou peut-être seulement quelqu'un qui ne soit pas humain, pour de l'infiltration. Quoiqu'il en soit, seul l'avenir me le dira. Et bien évidemment, je compte bien m'intégrer à vos hommes lorsque je ferai partie d'eux. Je ne saurais rester à l'écart, maintenant que je sais à quel point la compagnie des autres peut être agréable. C'est bien à vous que je dois cette leçon."

Charon regarda le capitaine se lever avec intérêt, et apprit qu'il devait être au terrain d'entraînement non pas le lendemain, mais bien le jour-même, quelques heures plus tard. Voilà qui était fort surprenant, mais il ne s'en plaindrait certainement pas. Et puisque se préparer ne lui prenait guère de temps, il aurait tout aussi bien pu commencer immédiatement. Auquel cas il aurait dû avaler son restant de ragoût en vitesse, et se serait retrouvé avec un hoquet fort gênant. En fin de compte, un peu de temps pour se préparer n'était pas de trop...

"J'y serai à temps, capitaine. Ravi d'avoir pu profiter de votre agréable compagnie."
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