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 Au bout du chemin

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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Au bout du chemin   Mar 22 Avr 2008 - 15:20

Suite d’Une rencontre nocturne

Huitième semaine de l’an 835, Jour 6, 6h du matin.



Les premières lueurs du jour pointaient à l’horizon lorsque Cirath et Silva atteignirent les abords du petit village de Chyrash. Epuisé, le barde se laissa tomber sur l’un des nombreux rochers jouxtant le bord de la route, et poussa un long et profond soupir. Voilà trois jours que sa garde du corps et lui marchaient à une allure plus que soutenue pour s’éloigner au plus vite d’Yswllyra, dont la prison avait perdu une locataire… et comble de malchance, ladite locataire se trouvait avec lui. Ils avaient donc fui la capitale humaine, par chance sans se faire intercepter jusqu’ici, et avancé sans relâche vers une direction inconnue. Cirath lui-même ignorait où ils se rendaient, mais mettait un point d’honneur à partir le plus loin possible de la ville. Prudent, tous deux ne voyageaient que de nuit, se reposant le jour, pour réduire au maximum les chances d’être rattrapés.
Bien qu’il y ait peu de chance que quiconque les poursuive jusqu’ici, objecta la partie rationnelle de son esprit. Quand bien même les gardes de la ville tiendraient à tout prix à retrouver la fugitive, comment connaîtraient-ils la direction à prendre ?
Le druide jeta un regard navré à ses souliers, totalement ruinés par le sévère régime de marche soutenue qu’il leur avait fait subir. Irrécupérables… mais après tout, il s’y attendait. De simples chaussures de ville ne pouvaient décemment pas résister à trois jours de boue et d’escalade.
Lassé de s’apitoyer sur son sort, il se tourna vers sa compagne, un sourire fatigué sur le visage.

« Je pense qu’il serait raisonnable de nous arrêter ici pour aujourd’hui. Je ne pourrais faire un mile de plus, et je doute que vous soyez en meilleur état. »

Une fois de plus, il entrouvrit son sac et y fouilla longuement, pour en sortir deux pommes et quelques lambeaux de viande séchée. Il avait récupéré ces denrées sur l’étalage d’un marchand qui ne savait visiblement qu’en faire, dans le dernier village qu’ils avaient traversé. Cirath était assez fier de son coup : ni le marchand ni, plus important, Silva ne s’étaient rendus compte de rien. Ses anciens réflexes lui revenaient à toute vitesse et, s’il devait bien avouer que cela déclenchait en lui une vague pointe de culpabilité, ce petit talent leur était bien pratique.
Il offrit la moitié de ces denrées à sa garde du corps, et tous deux se mirent à manger en contemplant d’un air épuisé le soleil se lever sur les habitations proches. Le barde rompit finalement le silence.

« Peut-être pourrons-nous trouver ici une arme qui vous convienne…malheureusement, nous sommes confrontés à un problème de taille : je n’ai plus un sou sur moi. »


C’était un mensonge, d’une certaine manière. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait plus d’argent. A vrai dire, il était à sec depuis près d’un mois, soit bien avant leur rencontre. Mais il n’avait d’autre choix désormais que de l’avouer. Il reprit néanmoins, un optimisme à toute épreuve perçant dans sa voix.

« Mais nous pourrions peut-être travailler ici ? Mes talents de ménestrel son très appréciés, en temps normal. Et vous avez sans doute repris assez de force pour effectuer quelques travaux physiques. Qu’en pensez-vous ? »

Et pour démonstration, Cirath empoigna son luth, en pinça quelques cordes et commença à chanter d’une voix douce.

"Laissez-moi vous conter l’histoire
D’une belle et douce jeune fille
Une conte qu’on entend le soir
D’une magicienne gentille.

Elle qui était habile et adroite
Décida qu’il était enfin temps
De partir pour une quête
Dangereuse et pleine de contretemps

Vint un beau jour d’été
Elle prit ses bagages et ses broutilles
Et partit sur les chemins trottiner
Vers Ellendwraï pleine de chenilles

Elle embarqua… »


Le ménestrel interrompit son chant lorsqu’il surprit le regard mi-consterné mi-stupéfait que lui renvoyait Silva.

« Eh bien quoi ? Ce chant a été composé pour moi par l’une de mes amies d’enfance… »
Il soupira et reposa son instrument. « C’est pour cela que je hais la plèbe…aucun n’est capable de reconnaître le véritable art. »

Le druide s’installa plus confortablement sur son rocher, et scruta la route, bien qu’il ne sache pas vraiment ce qu’il attendait. Un marchand ambulant, peut-être ? Leur réserve de nourriture diminuait fortement…

[hrp: rendons à César ce qui est à César, cette splendide poésie a été composée, à quelques mots près, par As'Yara silva, il y a bien longtemps...]
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MessageSujet: Re: Au bout du chemin   Mar 22 Avr 2008 - 16:49

Quelques jours plus tôt, Silva et Cirath avaient quitté la capitale après que ce dernier lui ait refait un visage de manière plus ou moins efficace. Elle reconnaissait cependant son talent, il est vrai son visage avait changé, même si elle reconnaissait toujours quelques traits caractéristiques qui lui appartenaient. Mais bon, elle ne pouvait pas non plus demander un miracle. L’inconvénient est qu’il fallait le refaire sans cesse. Avec le temps, elle apprendrait peut-être à le faire elle-même, mais pour l’instant, elle n’en voyait pas l’utilité puisqu’elle était affectée à la protection du musicien pour une durée indéterminée.

Elle se rappelle aussi s’être débarrassé de son collier de prisonnière. Elle n’en avait laissé aucune trace, l’ayant écrasé autant que possible avec son pied, et ensuite dispersé quelque part dans une rivière. Pas la peine de garder des preuves de sa culpabilité.

Les habits qu’il lui avait procuré étaient confortables et elle pouvait bouger aisément. Elle aimait la cape qui lui permettait de se cacher aux yeux de la foule, si besoin était. Il va sans dire qu’elle préférait ceux-ci aux vêtements qu’elle avait porté en prison. Il lui avait aussi déniché des petites bottes avec lesquelles elle n’avait aucune difficulté à supporter le voyage. Ses cheveux étaient à présents attachés, ce qui ne déplaisait pas à Silva car ils la gênaient moins.

Cela faisait maintenant trois jours qu’ils marchaient sans relâche. L’endurance n’était pas ce qui faisait défaut à Silva, au contraire. Par contre ce qu’elle avait eu du mal à supporter fut la personnalité pour le moins extravagante du ménestrel. Celui-ci ne pouvait s’empêcher de faire des remarques à tout va. La jeune femme restait silencieuse la plupart du temps.

Alors que celui-ci venait de décider monter un camp (qui n’en était pas vraiment un, les deux jeunes gens se contentant de dormir à la belle étoile et non dans une tente) et lui tendit la nourriture qu’il avait acquis au dernier village où ils avaient fait halte. Il ne lui offrait pas un festin, mais Silva s’en contentait. Elle était habituée à la nourriture juste comestible. Alors qu’elle dégustait et que le soleil montait dans le ciel, Cirath aborda le sujet de son épée. Il est vrai qu’il n’en avait pas encore trouvé. Il lui fit part de son indigence et déclara avec optimisme qu’ils pourraient effectuer quelques menus travaux qui rempliraient à nouveau leurs poches.

Silva allait répondre quand le ménestrel empoigna son luth et se mit à chanter une ballade pour le moins risible. Il n’avait pourtant pas une mauvaise voix, elle dirait même qu’il était plutôt agréable de l’entendre, de même qu’il n’était pas mauvais instrumentiste. Mais les paroles laissaient fortement à désirer et on pouvait facilement remettre en question ses talents de compositeur. Elle devait sans aucun doute faire une tête qui trahissait ses pensées, car Cirath interrompit sa ritournelle. Apparemment, c’était une amie d’enfance qui l’avait composé. La spectatrice ne put s’empêcher d’ajouter :

« Vous devriez changer d’amis. Si cela est « le véritable art », dans ce cas, je préfère ne pas y avoir affaire. »

Elle avait peut-être été un peu rude à exposer son avis de cette manière. La présence du ménestrel commençait probablement à l’étouffer. Mais après tout, il fallait bien que quelqu’un lui dise la vérité. Dommage. Lorsqu’elle était jeune, elle affectionnait les récits épiques que racontaient les ménestrels en voyage. Ne lui laissant pas le temps de répliquer, elle reprit :

« Quand à votre idée de travailler pour gagner de quoi remplir nos estomacs, je dois avouer qu’elle n’est pas si mauvaise. Je pense que mon statut ne constitue pas un risque pour moi dans cette région. La nouvelle de l’évasion a du parvenir aux habitants, mais ils ne sauraient probablement pas me reconnaître sous l’aspect que vous m’avez crée. Lorsque je vous avais dit que j’étais herboriste quand nous nous sommes rencontrés, je ne mentais pas. Je peux confectionner certains breuvages, pour peu que je trouve les ingrédients nécessaires dans ce recoin du pays. Mais je crois que cela ne devrait pas poser trop de problèmes. »

Elle jeta un coup d’œil aux alentours et repéra déjà plusieurs herbes qui pourraient lui servir à concocter quelques potions utiles.

« Oui. La zone est plutôt abondante. Je peux également effectuer d’autres taches, aider dans les cuisines, faire le ménage, ou renforcer l’effectif d’une taverne pour une courte durée. Juste le temps d’amasser une petite somme. »

Elle fit une pause et laissa le temps au musicien de répondre. Elle crut entendre un bruit de sabots au loin, et après quelques secondes, elle se dit que son imagination lui jouait des tours. Par prudence, elle resta attentive.

[J'ai honte... C'est bien moi qui ai "composé" ce morceau.. Pour ma défense, je ne me prenais pas au sérieux.]
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MessageSujet: Re: Au bout du chemin   Jeu 1 Mai 2008 - 15:31

[ Suite d'Exil forcé

Avancer, sans jamais s'arrêter. Ignorer ceux que l'on croise et continuer d'avancer. Voila l'état d'esprit dans lequel était Siran, fugitif perturbé, ne sachant pas que faire pour s'en sortir. Sa quête de recherche des Résistants humains semblait vouée à l'échec, comme tout ce qu'avait entreprit le prince depuis son échappée hasardeuse.

S'arrêtant la nuit dans des endroits peu exposés, Siran faisait tout pour ne pas échouer, ne pas revenir défaitiste auprès de son père qui le jugerait comme un traitre, chose qui nuirait fortement aux chances de la Résistance humaine d'un jour naitre, à part si bien sûr un autre fou décidait de se lancer dans cette course impitoyable, inconscient lui aussi des risques engendrés par une pareille décision.

Fatigué et physiquement affaibli depuis la rencontre avec Loran, à la fin plus qu'étrange, qui avait poussé le fils du Seigneur Nordique à ne plus s'exposer trop près de la civilisation, quitte à être affamé et fatigué, et ce constamment. Azgan, la monture de Siran, subissait le choix de son propriétaire, et était également soumise à un régime strict. N'ayant pas mangé depuis sa fuite d'Amirisha, Siran pensa que malgré tout, il était temps de se rassasier, être à l'agonie n'aidant généralement pas les autres à se rallier à sa cause.

Un vulgaire panneau de bois indiquait que près de la position du prince se trouvait le bourg de Chyrash, proche de la frontière séparant Yswllyra du peuple orthodoxe. Siran décida donc logiquement de suivre cette route, pensant pouvoir là-bas trouver homme qui ignorait son délit et qui accepterait d'offrir à un prince quelques maigres vivres ...

Après plusieurs minutes, il aperçut au loin quelques lumières qui indiquaient clairement la position du village, le jour ne s'étant pas encore totalement levé. Mais alors que son attention était portée vers le village proche, des bruits de voix l'interpelèrent. Hmm, il était armé d'une épée, et bien qu'incapable de tuer de sang-froid, menacer quelques vas-nu-pieds pour récupérer leurs butins restaient faisables.

Descendant de sa monture qui comprit à son regard qu'elle devait attendre, Siran dégaina son arme et avança à pas rapides mais légers, son habileté l'aidant, vers le lieu duquel semblait surgir les voix.
Une femme, un homme, à en juger par la tonalité des voix ... Il n'était plus temps d'attendre, non, mais d'agir.

D'une démarche assurée, il s'avança vers les deux personnes assises, et les menaçant de son épée richement ornée, leur adressa la parole d'une voix qu'il voulait emplie de sa noblesse, comme pour effrayer ces manants horriblement vêtus, sans doute bêtes et pauvres, mais bien en possession de nourriture.


" Ménestrels, il n'est pas temps à la négoce. De sang-royal je suis, et aiguisée ma lame est. Levez-vous, tout deux, et fuyez, en laissant cependant de quoi me rassasier. "

S'essayant même à la poésie, Siran espérait que ses propos avaient suffit à effrayer ceux qu'ils ne jugeaient être que de vulgaires hommes ...
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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Re: Au bout du chemin   Jeu 8 Mai 2008 - 18:19

Cirath s’était enfermé dans un silence boudeur, et comptait bien y rester un moment, lorsqu’il entendit la voix qui les hélait. Peut-être était-ce parce qu’il était vexé par la remarque de sa compagne, mais le familier sentiment d’anxiété qui l’assaillait habituellement lorsqu’on l’abordait de cette manière ne fit pas même mine de se montrer. Il jeta un regard courroucé au nouveau venu, prêt à répliquer sèchement, mais referma la bouche en apercevant la mise de son interlocuteur. Une armure de bonne facture, une épée visiblement aiguisée… mmh, autant ne pas tenter le diable.
Néanmoins, le druide ne voyait guère de raison de s’inquiéter. Il faudrait être particulièrement idiot pour commettre un double meurtre aussi près de tant d’habitations, sans compter que Silva était, selon ses dires, parfaitement capable de les défendre. Le cas échéant, ce serait une excellente occasion pour elle de le prouver.
Son air interdit devint moqueur, et il partit dans un grand éclat de rire. Il se leva d’un bond, et gratifia l’homme d’une révérence emphatique, accompagnée de larges moulinets du bras, volontairement ridicules.

« Vous êtes de sang royal ? C’est également mon cas. Je me nomme Mynia, princesse Nymphe, et voici Fanchon, ma domestique. Croyez bien que nous sommes toutes deux ravies de vous rencontrer. »


Il fit quelques pas en avant, prenant tout de même garde à ne pas trop s’approcher du cheval –un coup de sabot malencontreux était si vite arrivé- et se jucha sur un rocher afin de se trouver au même niveau que le cavalier. Cirath en profita pour détailler ce dernier plus en détail. La première chose qui lui sauta aux yeux fut sa musculature. C’était désormais une certitude, il n’aurait pas la moindre chance dans un affrontement physique, qu’il comptait de toute façon dès le départ éviter. De plus, tout dans l’allure de l’homme criait son appartenance à la noblesse, et un doute s’immisça discrètement dans l’esprit retors du druide. Et s’il disait vrai ? Soit, on ne croisait pas tous les jours des membres de la famille royale en pleine campagne, mais après tout, le monde était si étrange ces temps-ci…

« Quoi qu’il en soit, je ne trouve pas très élégant de vouloir détrousser ainsi d’humbles voyageurs, à plus forte raison si vous êtres réellement, ce dont vous me permettrez de douter, d’origine aussi noble que vous le prétendez. »


Il salua une seconde fois et désigna leur campement de fortune de la même manière qu’il aurait présenté un palace.

« Comme vous pouvez le constater, nous ne sommes guère riches, néanmoins nous ne refusons jamais de venir en aide à un miséreux qui implore notre aide de manière aussi humble. Installez vous, je vous en prie, et partagez notre somptueux repas. »


D’un bond, le barde retourna à son point de départ et s’assit à même le sol, près de son sac. Quelques secondes de fouille acharnée dans ce dernier lui permirent d’exhiber d’un air ravi une pomme desséchée et un vieux quignon de pain qui, visiblement, avaient connu des jours meilleurs, et les lança adroitement à l’homme. Il se tourna ensuite vers Silva, et lui lança quelques mots d’un air faussement inquiet.

« J’espère, Fanchon, que tout cela ne vous dérange pas trop ?»


Il baissa la voix, et reprit du même ton badin, prenant soin de ne pas être entendu du cavalier.

« J’espère également que votre petit séjour en prison n’a pas trop altéré vos réflexes… sait-on jamais, notre hôte a peut-être un sens de l’humour encore plus restreint que le vôtre… »
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MessageSujet: Re: Au bout du chemin   Sam 10 Mai 2008 - 11:36

Lorsqu’elle vit un jeune homme s’approcher de leur pseudo-campement, Silva se félicita intérieurement de n’avoir pas baissé sa garde. Son instinct, ou plutôt son ouïe, ne l’avait pas trompé quelques secondes plus tôt lorsqu’il lui signala une présence. Elle l’observa s’approcher avec une démarche assurée avant d’exiger quelque collation. Il s’exprima d’une manière élégante qui trahissait une certaine éducation. Il disait être de sang-royal, ce qui ne manquait pas de laisser Silva sceptique.

Elle vit un cheval à la robe noire comme l’ébène, posé en retrait, qui veillait calmement sur son maître. L’homme lui, possédait sans aucun doute une armure finement travaillée, et une épée incrustée de quelque ornement qui ne manquait pas d’éclat. Il avait une certaine prestance, et même s’il n’était pas de sang royal, il avait probablement été élevé dans un milieu fort aisé. Son visage et le timbre de sa voix, n’étaient qu’indices criant de sa jeunesse. Il ne devait pas être plus vieux qu’elle.

Elle jeta un coup d’œil rapide à son compagnon qui semblait être sorti de son silence boudeur, et avait quitté son air renfrogné, et qui reprenait alors son rôle habituel. Elle l’écoutait déblatérer des propos loufoques sans émettre aucun commentaire (elle avait compris que le peu de paroles qu’elle pouvait lui délivrer, le lançait plus encore dans ses tirades et l’encourageait à poursuivre ses récits) et prenait note des réactions de l’inconnu qui venait de débarquer. Cela, même si ses sourcils s’arquèrent subtilement, témoignant ainsi de son irritation devant l’emploi du dénominatif « Fanchon ».

Elle profita de ce que Cirath fasse connaissance avec la nouvelle victime de son excentricité, pour empoigner sa lame posée à côté d’elle et se levant, elle se posa un pas en arrière du ménestrel, prévenant ainsi toute agression. Elle vérifia qu’il n’y avait personne qui les guettait tapi à l’abri d’un buisson ou de quelques ombres sournoises. Elle ne remarqua rien qui ne put éveiller sa méfiance. A moins que le jeune cavalier ne possède des complices entraînés à la dissimulation, les risques d’embuscade était minimes. Enfin, de toute façon, pour les quelques effets personnels délabrés qu’elle et Cirath possédaient…

Ce dernier avait d’ailleurs arrêté de parler pour adresser quelques paroles à l’apparence anodines à sa protectrice, mais qui, d’un discret murmure, lui enjoignait de surveiller le nouveau venu. La jeune femme hocha la tête, montrant ainsi son consentement. Elle se tourna ensuite vers l’intéressé.

« Pour quelqu’un qui se déclare noble, vous adoptez une attitude assez déshonorante. Etes-vous désespéré au point de vous abaisser, vous, gentilhomme à l’air princier, à détrousser de pauvres voyageurs ? » demanda t-elle avec ironie.

« Enfin, mettons cela sur votre possible fatigue due à un long voyage. Puisque mon cher… ami, a décidé de vous offrir le peu d’hospitalité dont nous disposons, prenez donc place à côté de ce feu et réchauffez-vous à la chaleur des flammes. Profitez de la compagnie d’un ménestrel itinérant et peut-être pourrez-vous vous détendre à l’écoute d’une ballade moderne. »

Elle ne pût empêcher une légère grimace de déformer son visage lorsqu’elle repensa à la démonstration de ces talents. Néanmoins, elle se tourna vers le musicien.

« Cela ne me dérange nullement. » dit-elle en réponse à la question que lui avait posé Cirath tout à l’heure. « Après tout, un bout de pain rassis et un morceau d’une pomme à l’air suspect en moins ne changera pas grand-chose à notre nutrition. L’idée de vous sustenter avec nous vous serait-elle agréable, messire ? A moins que vos intentions ne soient autres que le simple apaisement de votre estomac mécontent ? »

Elle le fixa comme pour le mettre au défi de tenter quoique ce soit d’inconsidéré, sans pour autant paraître hostile.
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MessageSujet: Re: Au bout du chemin   Mer 21 Mai 2008 - 18:03

[ Retard monstre, désolé :S ]

La technique qu'avait choisi Siran dans le but de se rassasier était tout bonnement stupide, et il s'en rendit compte lorsqu'il commença un discours qu'il voulait intimidant, tout en prenant le soin d'exhiber fièrement la richesse de son équipement. Certes, il était amateur de belles paroles, mais cela ne sembla pas suffisant en cet instant. A en juger par les éclats de rires du rouquin bien maigrichon qui n'avait rien d'impressionnant, les deux gueux mal fringués n'étaient peut-être pas aussi stupides que l'aurait souhaité Siran. A n'en pas douter, cela allait discréditer des dires qui auraient pu être impressionnants face à un ennemi n'ayant reçu aucune éducation digne de ce nom. Un prince désabusé, épuisé et affamé méritait-il d'être pareillement humilié ?

A priori, oui. Du moins, c'est ce que Siran finit par conclure lorsque le frêle homme commença à caricaturer un salut bien protocolaire. Dans le fond, s'il n'était pas en train de les menacer, le fugitif aurait surement rit à ce qui, bien qu'exagérer, montrait à quel point la noblesse s'était armée de rituels juvéniles et stériles d'intérêts. Quoi qu'il en soit, le prince préféra ne pas trop critiquer ce monde dont il garderait des habitudes de vie.

Et vint le moment où, en plus de se moquer de par ses cabrioles du salut noble, la crevette répondit. Bien, Siran s'impatientait et était confus. Comment agir ? Rire maintenant d'une chose qu'il appréciait pourtant n'aurait aucun sens lorsque l'on sait qu'il y a quelques secondes, il menaçait encore de sa lame richement ornée ceux qu'ils croyaient être bêtes. Enfin, pour le moment, seul le rouquin prouvait qu'il ne fallait se fier à son apparence médiocre. Et bien, en temps normal, le prince aurait même salué le courage de celui qui malgré la volonté de Loki arrivait à ne pas vouloir se distinguer de par son apparence mais bien grâce à son éloquence. Une éloquence naturelle et presque inhumaine ...

Continuant son numéro, tout en scandant des idioties qui firent céder les vaines tentatives de garder son sérieux de Siran. Un rictus sincère effaçant la cruauté qu'il avait tenté de transmettre, le démunissant de toutes ses capacités à intimider, et trahissant sa jeunesse et son inexpérience. Le maigrichon, lui, continuait à se dandiner piètrement, jaugeant discrètement un adversaire quelque peu déstabilisé.
Tentant de reprendre ses esprits et de ne plus être perturbé par le talent de ce digne orateur, Siran répondit d'une voix provocatrice.


" Excusez-moi, frêle orateur, mais j'ai déjà rencontré la princesse des nymphes, et insinuer qu'elle puisse vous ressembler l'humilierait plus que tout ce qu'il nous est libre d'imaginer.
Cependant, ne croyez pas que mes éclats de rires rendent compte d'une quelconque joie suite à cette rencontre. Il est juste que je ne peux nier vos talents, et que vous avez compris que le rire sert avant tout à dénoncer. "


Captivé par le numéro du ménestrel, Siran ne fit guère attention à l'humaine qui saisit une lame, et ne la remarqua même pas lorsqu'elle se posta à proximité de son ami. Il aurait d'ailleurs probablement tenté de l'arrêter s'il s'était rendu compte qu'elle était désormais armée. Cependant, il restait l'un des meilleurs combattants que les humains n'aient jamais eu dans leurs rangs, il était stupide de le nier.

C'est alors que l'attention fut à nouveau monopolisée par la mascarade du rouquin. Il maniait l'ironie à la perfection, et jamais le prince n'avait vu un personnage si intelligent et drôle à la cour de son père, qui pourtant prétendait s'entourer des meilleurs. A priori, cette nouvelle liberté allait prouver au fugitif que le monde extérieur était empli d'êtres plus respectables que les courtisans d'un Seigneur cruel ...
Et dans les paroles du minus, Siran reconnut qu'il agissait mal, qu'il agissait comme son père, menaçant les innocents pour obtenir gain de cause. La Résistance humaine ne serait pas composée de vils roublards, non, mais de gens courageux et dignes de confiance. Certes, il paraitrait bien honteux, mais lorsque la femme qu'il remarqua enfin affirma les paroles du roux, Siran rendit à son fourreau celle qui l'habitait.
De plus, il ne pouvait rester insensible à la générosité dont ils faisaient preuve. Ne répondant pas à la menace, ils se montrèrent tout deux simplement courtois ... Siran n'avait jamais eu affaire à ce genre de gens. Depuis sa plus tendre enfance, il avait reçu tout ce qu'il désirait, et n'avait jamais côtoyé le bas-peuple ... Et pourtant, s'il avait su ...


" Hmm ... Au risque de paraitre ridicule, je m'excuse. Je ne vais pas m'apitoyer sur mon sort, mais sachez qu'Iswllyra a perdu son prince, et qu'un changement radical m'aura troublé ces derniers jours.
Vous ne comprenez sans doute pas grand-chose à ce que je raconte, mais si vous me permettez d'user de votre hospitalité, je ne saurai que m'assoir à vos côtés. "


Avançant d'un pas prudent, il s'abaissa pour ramasser sa pauvre collation. Bien qu'elle soit maigre, il ne pouvait s'empêcher de bénir les cieux de lui offrir des vivres, lui qui affamé aurait même avalé le plus répugnant des insectes. Remarquant désormais que la jeune femme au physique sauvage et mystique était armée, il reprit la parole.

" Je ne représente plus un danger, je vous le jure, que Loki m'exécute si je vous mens.
Je me présente à vous, de par ma réelle identité, Siran Bennefoy, fugitif surement recherché ... "


[ Fiiniiiii !! Et je suis assez fier de moi ^^' ]
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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Re: Au bout du chemin   Ven 23 Mai 2008 - 16:44

[hrp: "rouquin bien maigrichon", "la crevette", "Le maigrichon"...eh bien, Cirath en prend pour son grade :p ]

Une pointe de déception assaillit Cirath lorsque l’homme se présenta sous ce qu’il disait être sa véritable identité. Eh bien quoi ? Abandonnait-il déjà une joute verbale qui s’annonçait pourtant comme des plus intéressantes ? Le soi-disant prince avait de l’esprit, et le druide aurait été ravi d’échanger quelques répliques avec lui. Bah, après tout, peut-être en aurait-il l’occasion un peu plus tard… -il se promit d’ailleurs de ne pas oublier, à ce moment là, du qualificatif de "frêle orateur" dont il avait été affublé.

Vaguement vexé par le fait que ce Siran Bennefoy, non content de menacer les pauvres voyageurs sans défense qu’ils étaient, se soit montré si sceptique envers ses mots –après tout, qu’est-ce que cette princesse nymphe pouvait bien avoir de plus que lui ?- , Cirath hésita un instant à bouder de la manière la plus puérile possible. Son naturel revint néanmoins au galop, et un nouveau sourire ravi s’épanouit sur son visage. Décidemment incapable de tenir en place, il sauta de nouveau sur ses pieds, et, attrapant au passage le luth qui gisait dans l’herbe, agrippa une branche basse de l’arbre au pied duquel Silva et lui avaient monté leur campement. Il s’y hissa rapidement, et s’installa confortablement contre le tronc, les jambes se balançant dans le vide.

Une vague de bien-être l’envahit, tandis qu’il observait les deux humains, une paire de mètres plus bas. Il avait toujours aimé prendre de la hauteur, et avait toujours regretté de n’être pas né sous le totem d’un quelconque oiseau. La situation paraissait toujours plus simple, pour peu qu’on s’en détache un peu. Sans compter qu’ici au moins, il était hors de portée d’un malencontreux coup d’épée. Oh, non pas qu’il craigne que le cavalier l’attaque –il semblait pour le moment plus affamé que belliqueux-, mais il ignorait si Silva, étant donné son caractère peu accommodant, ne finirait pas par craquer et essayer de le faire taire. Les humaines étaient dotées de si peu de patience !

Il gratta nonchalamment son instrument durant quelques secondes, puis reprit la parole.

« Quel brusque revirement, messire ! Je suis bien conscient d’être particulièrement impressionnant, mais jamais je n’aurais cru faire plier si facilement un homme de votre trempe. Vous comprendrez donc aisément, j’en suis persuadé, que j’émette quelques doutes sur vos paroles.»

Le druide s’interrompit un instant pour gratifier Siran d’un sourire narquois.

« Néanmoins, si votre histoire est vraie, il serait particulièrement impoli de ma part de continuer à usurper l’identité d’une autre, -bien que le rôle de princesse m’aille à merveille, à n’en point douter. Je me présente donc : Cirath Stigrùn, ménestrel, acrobate et orateur de génie, à votre service, majesté. Et voici… » Cirath se tut soudain, réfléchit un instant puis haussa les épaules, tout en désignant sa compagne de route d’un geste de la main. « …eh bien, je suppose qu’elle se présentera elle-même si le cœur lui en dit. Sachez simplement qu’elle est actuellement ma garde du corps. »

Il se pencha vers le prince d’un air de conspirateur, et lui fit un clin d’œil joyeux.

« Et entre nous, messire, je crois qu’elle est complètement folle de moi…enfin, vous savez ce que c’est, j’en suis persuadé. »


Cirath n’avait pas pris la peine de baisser la voix outre mesure, aussi vérifia-t-il discrètement et rapidement que la branche sur laquelle il était perché était suffisamment solide. Il assura légèrement sa prise sur l’écorce, et entama une nouvelle mélodie.

« Dites-moi, mon prince… aimez-vous la musique ? Quel genre de chanson aviez-vous, dans votre château ? »
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MessageSujet: Re: Au bout du chemin   Dim 25 Mai 2008 - 13:57

En fin de compte, l’étranger rengaina sa rapière et se délesta de toute attitude hostile. Il avait même l’air d’apprécier les fariboles de Cirath. Elle le vit quelque peu déstabilisé par les piques de son interlocuteur, ce qui ne l’empêcha pas de répliquer avec verve. Après avoir remarqué la présence de Silva, il s’excusa de son comportement précédent. Jugeant que le danger potentiel avait été écarté, elle abaissa son arme et se composa un visage plus avenant (du moins, elle faisait ce qu’elle pouvait). Elle ne lui faisait pas confiance, mais, apparemment il ne leur voulait aucun mal. Ce serait l’occasion de récolter quelques nouvelles du monde extérieur.

Ce qu’elle apprit ne la laissa pas de marbre. Le jeune homme employa une expression pour le peu intrigante, lorsqu’il annonça que Yswllyra avait perdu son prince. Que s’était-il passé depuis sa fuite ? Etait-il arrivé quelque chose à l’héritier ? Elle n’eut pas le temps de s’interroger plus sur la question. Après la mise en garde voilée de Silva, il jura de sa vertu avant de se présenter sous le nom de Siran Bennefoy.
Il avait entre temps saisi le peu de nourriture qu’on lui avait proposé, et elle avait pu lire sur son visage la faim qui le taraudait.

La nouvelle la prit de court, et elle ne savait si elle pouvait accorder du crédit à ses paroles. Que ferait un prince dans ces bourgs reculés ? Elle nota l’emploi du mot fugitif, ce qui lui rappela amèrement son statut, mais elle ne comprenait pas pourquoi il se désignait ainsi. D’ailleurs, elle espérait qu’il n’avait eu aucun vent des émois de la prison humaine, et qu’il ne reconnaîtrait pas en elle une prisonnière. Cependant, elle ne s’en inquiéta pas outre mesure, étant donné sa récente métamorphose. S’il était à la recherche des évadés, ce n’était pas avec elle qu’il remplirait son but. Mais Silva doutait sérieusement de cette possibilité, après tout, s’il était prince, ce n’était pas à lui d’accomplir ce genre de taches.

Elle se rendit compte que dans son esprit, son statut de prince était quasiment certifié. Peut-être son instinct lui soufflait-elle la vérité. Ou alors, ce n’étaient que ces somptueux atours qui témoignaient de sa position. Il était aussi possible qu’elle ait déjà aperçu son visage auparavant. En tout cas, elle avait l’impression qu’il disait la vérité, même s’il elle trouvait que révéler une telle identité de cette manière était peu brillant. Insouciance ou manœuvre calculée ?

Elle n’eut pas le temps d’y réfléchir que Cirath grimpa sur la branche d’un arbre après avoir empoigner son luth. Silva réprima un soupir. En tout cas, il avait l’air d’apprécier la hauteur. Un silence étrange s’installa, silence que seul perturbait les accords joués distraitement par le ménestrel. Finalement, il s’adressa à nouveau à Siran. Apparemment, lui aussi doutait de l’identité du « prince ». Sans y accorder plus d’importance, du moins en apparence, il se présenta et la désigna comme son garde du corps.

Avant que Silva ne décline son identité à son tour, elle le vit chuchoter quelque murmure au jeune homme dont le sens lui échappa. Enfin, elle n’imaginait que trop facilement ce qu’il avait pu lui dire. Elle l’ignora et se rassit près du feu en posant sa lame à ses côtés. Siran et Cirath n’étaient pas à plus de deux pas d’elle. Le noble lui faisait face et la jeune femme déclara :

« Je me nomme Silva. Comme vous l’avez entendu, je suis garde du corps de Cirath. Les temps sont troublés depuis quelques jours, et les routes ne sont plus aussi sûres qu’auparavant. Vous avez sûrement entendu parlé du funeste évènement qui a frappé le royaume récemment ? »

En prononçant ces paroles, elle prit conscience de la situation. S’il était vraiment le fils d’Ardiosis Bennefoy, sachant que c’était ce dernier qui avait déclenché la mort des Compagnons, quelle était sa position ? Il y avait de fortes chances pour qu’il agisse au nom de son père et le soutienne dans ses actions. Il est vrai que Silva avait eu peu de nouvelles du Gwendir depuis son évasion. Elle ne savait donc pas à quel point la situation avait pu se dégrader depuis qu’Ardiosis avait ébranlé le royaume. En fait, elle s’inquiétait plutôt pour sa propre personne. Pensée égoïste, certes, mais elle était quand même en fuite, et anciennement condamnée à mort. Inutile de spéculer sur le sort qu’on lui réservait si jamais Siran découvrait qui elle était.

Quelle imbécile ! Elle s’était laissée tromper par son éloquence et son charisme. En quelques jours, elle avait fait preuve de plusieurs « inattentions » de ce genre. A l’avenir, elle ne pouvait pas agir ainsi. Dorénavant, sa méfiance serait accrue envers les étrangers, et elle fixa cette idée en tête de manière à s’y tenir la prochaine fois qu’une telle situation se déroulera.

Toutefois, il les prenait pour de simples voyageurs. Il ne servait à rien de le démentir, et la possibilité qu’il la démasque était vraiment minime. Elle s’était affolée sans raison. Elle reprit la conversation :

« Mon camarade et moi sommes sur la route depuis quelques jours. Loin de la civilisation, nous aurions voulu savoir s’il s’était passé quelque chose de notable ? Avez-vous des nouvelles importantes à nous rapporter ? »
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