AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ardiosis
Gwendirien
avatar


Nombre de messages : 98
Date d'inscription : 24/04/2008

MessageSujet: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Jeu 1 Mai 2008 - 13:28

6ème jour de la 8ème semaine, au crépuscule
an 835


Le roi entra dans le jardin aux senteurs parfumées, et s'assit sur un muret de pierres, tournant le dos à la cité en contrebas, et aux lueurs mordorées du soleil couchant qui ornait plantes et murs d'un drap d'or, en des tons chauds et presque irréels.

Il avait interpelé une des dames de compagnie d'Eleade, la priant de dire à sa maîtresse qu'il désirait lui parler, en privé, dans le jardin d'hiver.
Il n'avait rien de vital ni de particulièrement urgent à lui dire qui ne puisse attendre l'heure du coucher, mais vu que le sommeil le fuyait et qu'il ne courrait pas vraiment pour le rattrapper, il avait peur d'en rater l'heure et de trouver Eleade, profondément endormie. Non pas qu'il fuya pour autant son devoir conjugal, mais il ne cessait de s'étonner de l'attitude d'Eleade à son égard, et préférait ne pas se montrer trop pressant, plutôt qu'elle lui opposa une rancune tenace pour les mille ans à venir, qu'il aurait certainement mérité.
Il aurait pu arpenter la tour en quête de son épouse, mais cette idée le fatigait à l'avance. Il n'était pas épuisé, loin de là, mais avait le sentiment qu'il aurait du être fatigué, et la même attitude honteuse que l'on a lorsque l'on ne cesse de repousser au lendemain une tâche qui n'aurait pas du attendre. il n'avait pas dormi depuis qu'il avait défait le curieux maléfice, à peine fermé les yeux quelques instants tout au plus, le temps que s'empare de son esprit le rêve à deux fins. Inlassablement il se réveillait, soit en sursaut et trempé de sueur, glacé d'une terreur qu'il n'avait jamais ressenti auparavant, lui qui ne craignait pas même la mort, soit en proie à un malaise profond, comme s'il venait d'assister à une scène qu'il n'aurait pas du voir, pas même en songe. Les deux rêves si semblables et si différents, étaient tout deux de mauvais augure. Et il finissait même par penser que c'était eux qui l'arrachaient au sommeil. Au détail près qu'auparavant, il se réveillait fatigué et n'avait qu'une hâte celle de se rendormir, alors que là, il se relevait comme si de rien était. Il avait dormi une heure dans la journée, en plusieurs fois, et avait l'impression d'avoir accompli là, un travail épuisant.

Il attendait donc Eleade, sans trop savoir si elle viendrait. En d'autres temps il ne se serait pas privé de la convoquer dans la grande salle du conseil, et son honneur l'aurait obligée à venir. Mais quel sort honteux que celui de se voir convier de force, sous le regard des nobles et des curieux, comme une vulgaire invité, elle qui était reine?
Eleade n'était pas aussi fière que lui. Mais c'était une raison de plus pour ne pas agir de la sorte, en élevant Eleade au dessus des autres femmes des hommes, il n'en paraissait pas moins prestigieux, lui qui pouvait se targuer d'avoir une telle épouse.

Il n'avait pas insisté sur l'urgence de sa requête, et même si sa formulation pourrait paraître incongrue, il cherchait juste à se défaire de courtisans caquetants et de dames trop serviables. Il n'avait jamais trop aimé l'idée de dépendre des gens. L'idée inverse le gênait bien moins. Et même si sa fierté souffrait qu'il s'en remette à Eleade, sans trop de mauvaise volonté, il n'était pas question qu'il le fasse devant témoin.
Aux yeux de beaucoup, Eleade était une jolie femme, et une mère comblée -Eleade ayant bonne réputation, ceux qui ne connaissaient Telak que de nom, se plaisait à penser que la jeune reine l'ait élevé comme son fils- et c'était là tout ce qu'une femme de bonne famille pouvait réclamer au destin.
Ardiosis n'avait d'égards que pour les us qui l'arrangeait. Et si lui, avait décidé que sa femme présentait un entendement certain aux affaires du royaume, il n'admettait pas que l'on puisse critiquer ce choix.

Munin osa se présenter, volant paresseusement entre des plantes luxuriante. Le jardin n'était pas entretenu véritablement, n'avait poussé que ce qui pouvait se contenter d'un abri contre le vent, d'eau et d'un soleil abondant, et survivre aux vents mordants qui rasaient les murs. Un éclat blafard éclairait les lieux désormais. Et Munin vint, d'un vol hasardeux, à la fois piteux et hardi, se blottir sur l'épaule de son maître pour y fermer les yeux.

°Ingrat volatile!°

Ce jardin était un caprice d'Ardiosis, qui n'avait jamais existé du temps de ses pères, et était à peine plus grand qu'une chambre. Un repaire secret, où la nature se pliait elle aussi à son désir, en cédant à la tentation de croître entre les murs du château, et non plus au dehors, là où les sentiers sont trompeurs, et égarent les hommes, que leur coeur soit pur ou sombre...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/ardiosis-bennefoy-t154
Eleade-Bennefoy
Gwendirien
avatar


Féminin Nombre de messages : 71
Age : 24
Age : 38 ans
Fonction : Femme du roi Nordique
Date d'inscription : 19/04/2008

MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Sam 3 Mai 2008 - 19:15

Eleade, assise sur le siège confortable situé juste en face de sa coiffeuse dotée d'un immense miroir royal, brossait tranquillement ses longs cheveux bruns. Elle leur consacrait toujours énormément de temps le soir, prenant un malin plaisir à les soigner. Elle aimait les voir tomber souplement dans son dos, les voir briller grâce aux soins qu'elle leur prodigeait. Mais elle n'abusait guère non plus du physique et savait pertinamment qu'il y avait tant de choses bien plus importantes dans la vie. Accompagnée uniquement de sa femme de chambre qui l'aidait, elle sourit, épanouie. Bien qu'il n'y ait point son mari dans la chambre et qu'elle aurait bien souhaité qu'il soit là, elle se sentait bien, à l'aise comme elle ne l'avait plus été depuis bien longtemps. Ses pensées virevoletaient dans sa tête, songeant à son fils, grand beau fort et bien bâti qu'elle avait eu le plaisir de pouvoir revoir avant qu'il ne parte. Ses pensées se déposèrent juste un instant sur le souvenir de sa rencontre avec Ardiosis, à leur union. A leur promesse. En songeant à la promesse, son visage s'assombrit. A quoi bon promettre si c'était pour ne pas tenir sa parole? En voyant le visage interrogateur de sa femme de chambre, elle devina alors qu'elle avait pensé à voix haute. Embarrassée, mais ne le montrant bien sûr point, elle posa sa brosse sur la table et se leva.

-Où est placée ma robe de nuit, Astanya?

La femme de chambre s'apprêta à répondre lorsque l'on frappa trois coups à la porte de la chambre.

-Entrez, déclara théâtralement Eleade. Elle fut suprise de voir l'une de ses dames de compagnie entrer et s'incliner respectueusement devant elle. Pourquoi venait-elle la déranger avant son sommeil? Y avait-il quelque chose d'important qui aurait pu se passer à son inssu?

-Parle, lui intima-t-elle, curieuse malgré elle de savoir ce qui se tramait. Elle fut bien soulagée, bien que davantage surprise encore, d'entendre son heureuse réponse.

-Sire Ardiosis Bennefoy souhaiterait vous voir, Altesse.

Tout sourire, Eleade la congédia en la grafiant d'un pourboire et, aidée d'Astanya, enfila rapidement une robe noire convenable et une cape tout aussi noire qui lui donnait, non seulement, un air plus royale et plus intimidant, mais lui procurait aussi plus de chaleur. Elle accepta la présence de sa femme de la femme avec qui elle échangeait tant de choses jusqu'à ce qu'elles arrivent dehors. Puis elle la remercia de l'avoir accompagnée et lui demanda gentiment de s'en aller faire ce qu'elle voulait. Elle était la femme avec qui elle était la plus proche. Celle-ci connaissait d'ailleurs la situation difficle dans laquelle elle vivait avec son amant. Mais elle ne savait pas encore ce qu'il s'était passé le 2me jour de cette 8ème semaine. Elle ne l'avait plus vraiment informé des dernières nouvelles, les trouvant trop intimes pour être relatées. Elle s'en voulait de ne plus rien lui dire du jour au lendemain. Bien sûr, elle lui racontait encore des banalité, mais comme son nom l'indiquait, cela restait des banalités. Et cela changeait bien sûr aux longs secrets de la reine. Elle esquissa alors un sourire rassurant à la jeune femme qui s'inquiétait. Légèrement plus rassurée, elle s'inclina et disparut à l'intérieur, bien au chaud. Eleade ne put s'empêcher de frissonner. Cette soirée était un peu frisquette [ça existe? XD] et ses habits, bien que de grande taille, ne lui tenait pas assez chaud.

Elle se dirigea alors immédiatement vers le petit jardin qu'elle aimait tant. Elle avait passé énormément de temps en amoureux avec Ardiosis. Combien de temps avaient-ils passé à se câliner à ce magnifique endroit? La reine n'osait pas compter. Elle avait arrêté de la faire dès la première heure, ne connaissant plus la notion de temps une fois dans les bras du Seigneur Nordique. Elle arriva alors devant l'entrée et déclara d'un ton grave et doux:

-Bonsoir, mon amour.

Elle se glissa alors auprès de lui, prenant une petite place dans ses bras musclés. Il semblait songeur, mais elle ne souleva pas ce comportement puisqu'il lui paraissait habituel. Sa fatigue l'inquiéta un peu, mais elle continua tout de même:

-Tu m'as fait chercher?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ardiosis
Gwendirien
avatar


Nombre de messages : 98
Date d'inscription : 24/04/2008

MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Sam 3 Mai 2008 - 21:57

Quelques importantes pensées que le roi put avoir à l'esprit lorsque la reine entra, il les oublia aussitôt.

Bonsoir, soleil de mes nuits.

Faut-il que se cache le soleil à mesure que le jour se couche? N'est-il pas assez regrettable d'être privé de soleil?

La question d'Ardiosis était purement rhétorique, et se rapportait au fait que la reine qui se glissa dans ses bras, était vêtue de noir, le même noir qu'arboraient perpétuellement les ailes de Munin.
Mais noire aussi était la chevelure du roi, et ses habits dans la pénombre de la nuit naissante était d'une teinte proche.
Ardiosis reserra tendrement son étreinte, et captura les lèvres d'Eleade dans un doux baiser.

Munin s'envola, sans un cri, sans un bruit, préférant le refuge d'un arbrisseau à l'épaule de son maître, sans que rien ne laisse entendre s'il voulait ainsi préserver l'intimité des deux amants, ou s'il craignait simplement les foudres de la reine. La blessure n'était plus qu'un lointain souvenir dans l'esprit d'Ardiosis, mais la reine, moins fière, était beaucoup plus encline à s'émouvoir, et n'appréciait sans doute pas que l'on étripe son époux.
Vêtus de sombre, avec la nuit pour seule alliée et témoins, au milieu de friches et de pierres, ils avaient bien davantage l'allure d'amants fugitifs que des monarques qu'ils étaient. Et si un oeil avisé avait reconnu la richesse de leurs parures, il aurait cru que leur rencontre se faisait à la faveur du secret.
Ce qui n'était pas si faux. Car quiconque aurait eu une nouvelle urgente à communiquer au roi se serait trouvé bien embêté. Les drames se jouaient ailleurs. Le temps à défaut de s'arrêter, suivaient en ces lieux son propre chemin.

Oui, je t'ai mandé. J'étais las d'attendre en vain que la cruelle fortune daigne me sourire et te suggère de venir me trouver en ces lieux., répondit le roi en caressant dustraitement la taille d'Eleade.

Ardiosis avait encore à l'esprit qu'Eleade devait, car il ne pouvait en être autrement, être furieuse contre lui, sans quoi il aurait joué les victimes et lui aurait rétorqué sur un théâtral : "Oui, car sinon jamais l'idée de me rejoindre ne t'aurait traversé l'esprit". Mais Eleade aurait eu toutes les raisons du monde de le prendre mal, et de se demander si un seul jour de sa vie, son époux s'était conduit de manière correcte -c'était bien sûr le cas, mais la colère fait dire aux femmes de cruelles paroles-.
Aussi le roi des Hommes tenait-il sa langue autant qu'il lui était possible, ce qui signifiait, à dire vrai, assez peu.
Une autre raison à la retenue d'Ardiosis était qu'il craignait qu'une parole mal interprétée lui vaille l'arrachage d'un autre lambeau de peau de la part de Munin. C'est une chose d'avoir le courage de rire au nez de ses ennemis, une autre que de plonger sciemment la main dans le feu.

En dépit de la promesse qu'il s'était fait de voir Eleade en tout bien tout honneur, il se surprit à chercher à glisser les doigts sous sa robe.
Et si la nuit n'était pas venu à son secours, cachant les traits son obscur habit, la reine l'aurait vu rougir de sa maladresse, digne de l'adolescent qu'il n'était plus depuis longtemps. Il retira sa main, frôlant comme à regret la cuisse d'Eleade, et l'embrassa, en partie pour atténuer le sourire moqueur qui lui venait aux lèvres. Il posa sur elle un regard à la fois féroce, et attentionné, celui du prédateur qui couve sa proie des yeux, en sachant que tôt ou tard sa patience sera récompensée.

°Qu'elle ose encore prétendre que je puisse en désirer une autre, et je me ferai un devoir de lui montrer qu'il n'en est rien!°

Il resta un instant, à contempler Eleade sous l'éclat de la lune. Elle le troublait, plus qu'il n'aurait pu le dire.
C'est à contrecoeur, qu'il se remémora les sujets qu'il voulait aborder avec Eleade. Entre son infidélité, les assassinats qu'il avait commandité, ses rêves funestes, la sombre magie qui lui avait volé le sommeil, et toutes les choses qui lui venaient à l'esprit, il s'empara du choix le plus aisé à exprimer, s'acquittant ainsi avec couardise de la mission qu'il s'était donné de parler à Eleade.

J'ai l'intention de convier les monarques du Gwendir sous peu, déclara le roi, se retenant de peu de dire "nouveaux monarques, il ne tenait pas vraiment à insister sur le renouvellement soudain des têtes couronnées sur ses terres. Sans parler du fait que l'idée de savoir que ceux qui avaient cru en lui et l'avait élu erraient désormais à l'état de spectres, n'était en soi que peu réjouissante.
Car un seigneur ne saurait régner sans l'appui de loyaux et avisés sujets.

Il n'en dit pas davantage, il avait le sentiment de s'aventurer sur un terrain houleux, et que tout ce qu'il dirait serait passé au crible.

Ardiosis n'était pas assez pour chercher à aborder quelque sujet futile pour dérober à Eleade le reste de sa nuit -vu que de toute manière le sommeil ne faisait plus partie de ses activité quotidiennes depuis quatre jours- mais pas assez fou pour risquer d'aborder un sujet qui risquerait d'agraver l'estime d'Eleade à son sujet, et lui ôterait toute raison d'espérer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/ardiosis-bennefoy-t154
Eleade-Bennefoy
Gwendirien
avatar


Féminin Nombre de messages : 71
Age : 24
Age : 38 ans
Fonction : Femme du roi Nordique
Date d'inscription : 19/04/2008

MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Jeu 15 Mai 2008 - 17:43

Eleade, apaisée dans les bras de son époux, si fort et autrefois si loyal, ne put que sourire à ses paroles. Ce soir-là, effectivement, elle avait opté pour le sombre de la nuit obscure, l'obscurité de la guerre et des pleures, le noir du monde ... Que porter d'autres en pareilles circonstances? Pas qu'elle ne se sente guère bien aux côtés de son mari, bien au contraire. Mais lui aussi, d'ailleurs portait des vêtements aux couleurs sombres comme l'ébène. Et Munin, le célèbre oiseau appartenant très certainement à l'horrible Telak, la tâche noire de la famille ou, plutôt, le noyau de leurs problèmes principaux, ne possédait point de plumage clair. En pensant à ce jeune orphelin, Eleade ne put s'empêcher de se crisper dans les bras de son homme. Sa tranquillité se voyait troublée à chaque fois qu'elle pensait à ce jeune homme. Plus il grandissait, plus sa beauté se marquait. Etait-ce le destin qui la testait? Car elle ne pouvait s'empêcher de s'attendrir à sa vue, éprouvant de la compassion pour celui qui avait détruit son Seigneur Nordique. Comme elle s'en voulait... Et elle ne le montrait guère, avec ça. Non, elle le cachait sous la colère et l'incompréhension, adoptant ce ton sarcastique et dure lorsqu'elle s'adressait au si jeune homme. Il l'était encore plus que son fils, celui qu'elle avait choyé et tant aimé mais qui, désormais, était parti.

La jeune reine s'arracha à ses horribles pensées qui mettrait, sans doute, Ardiosis dans l'embarra ou encore lui redonnerait le mauvais air qu'il avait adopté ses dernières années mais que, étrangement, il avait laissé de côté pour la soirée. Etait-ce pour la faire plaisir? Ou pour améliorer leur condition de couple peut-être? Dans tous les cas, cela lui procura une immense vague de chaleur. Elle se surprit, souriant de manière idiote, comme la jeune adolescente qu'elle était autrefois observant le jeune Ardiosis marchant devant elle d'un bon pas. Elle l'avait tant observé, tant aimé. Et à ce jour, elle l'aimait toujours autant. Son amour pour lui ne tarissait point. Et pourtant, tant de choses c'étaient passées ces dernières années. Elle n'y portait guère d'importance, même si certains événements l'avaient meurtrie à vie. Jamais elle ne commettrait l'erreur de le communiquer au Seigneur Nordique. Il avait déjà bien assez de peine avec la contrée Nordique à gérer...! Pourquoi lui ajouter du souci? Cela ne pouvait qu'empirer le cours des choses.

La cruelle fortune souhaiterait peut-être que je vienne te retrouver plus souvent?

Supposa-t-elle en posant sa tête contre sa poitrine et fermant les yeux, détendue. N'étant guère rancunière, Eleade Bennefoy ne pouvait ressentir de la colère contre Ardiosis, malgré ce qu'il avait fait. Il restait un homme, même si le temps avançait. Et cela se devait de rester ainsi. Il avait peut-être failli à son serment, mais Eleade avait bien pu y réfléchir ces derniers jours et s'était fait une raison pour pouvoir tout surpasser. Très sensible, elle se montrait aussi d'une douceur et d'un courage sans fin pour surmonter les événements difficiles. Elle aimait prendre aussi le rôle de la femme qui apaise autrui, particulièrement son mari... Et elle se souvint alors subitement des nuits qu'elle passait à bercer son fils qui avait pris peur à cause d'une quelconque gaffe. Elle passait tant de temps à caresser ses cheveux, à lui murmurer de douces paroles apaisantes puis à l'observer, endormie dans son lit, le sourire aux lèvres. Elle ne le quittait alors que très tard dans la nuit, lorsqu'elle était bien plus que sûre que tout allait pour le mieux. Elle revenait s'il cauchemardait, dormait parfois à ses côtés... Là aussi, elle s'obligea à térir les larmes qui se pointaient au coin de ses yeux d'amande.

Ardiosis lui prodigua alors de tendres caresses bien maladroites, Eleade ne put qu'en rire tranquillement, comme elle le faisait si souvent autrefois. Elle adorait le taquiner. Et la douceur avec lequel elle le faisait donnait toujours un résultat fort convaincant. Elle leva alors le regard vers son homme et accepta ses lèvres avec plaisir. Elle se surprit même à rallonger ce baiser si tendre et plein de promesses. Elle sentait l'impatience d'Ardiosis. Mais il restait calme, se contentant de la contempler voracement. Elle en ressentait d'ailleurs des frissons qui parcoururent tout son fin corps de femme. La reine le sentit alors se détourner de ses attentions amoureuses pour lui parler d'un sujet bien plus virile.

Je t'accompagnerai.

Se contenta-t-elle de répondre à sa première réplique. Eleade souhaitait rencontrer les monarques, qu'ils soient nouveaux ou pas.

Tu sais bien que je soutiendrai dans tes actes.

Murmura-t-elle, cette fois ses lèvres contres les siennes. Elle l'embrassa donc langoureusement et se détacha de son corps à contre coeur. La jeune femme savait que sa nuit ne serait pas de tout repos, puisqu'elle ne dormait pas encore et qu'elle partirait bientôt vers son visiteur nocturne. Elle en rougit de honte en pensant qu'Ardiosis ne le savait pas. Chaque chose en son temps, se dit-elle pour se déculpabiliser. Mais cela ne marcha pas comme elle le voulait. Elle ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir. Reculant d'un pas, elle laissa ainsi son visage à découvert. Le reflet de la lune se pointait sur sa face sereine. Bien plus sereine que son intérieur. Car elle bouillonnait. Pourquoi? Elle ne pouvait le dire. Mais la reine bouillonnait d'une lumière mauvaise. Elle sentait, depuis quelques jours ou plutôt depuis qu'elle et Ardiosis s’étaient mis d'accord après leur discussion périlleuse, un aura maléfique émaner de ce dernier. Elle fronça alors les sourcils et lui quémanda:

Avant de m'en dire plus sur cette "conférence", aurais-tu la gentillesse de m'expliquer cette obscurité maléfique qui te tourne autour depuis quelques jours?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ardiosis
Gwendirien
avatar


Nombre de messages : 98
Date d'inscription : 24/04/2008

MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Jeu 15 Mai 2008 - 20:47

Un instant, il lui parut que leurs tourments s'écartaient, pour les laisser savourer un instant hors du temps, ou plus exactement, dans un temps depuis longtemps révolu. Eleade était la femme de sa vie, et lui l'époux qu'il lui falait, et rien n'était plus simple ni plus complexe que cela.

Si tel était le cas, elle ne serait aucunement cruelle, répondit Ardiosis avec sincérité.

Eleade, apaisée, s’abandonnant à l’étreinte de ses bras… La scène lui paraissait presque irréelle. Ne l’avait-il pas trompé ? N’avait-il pas mérité de perdre sa confiance ? Mais il ne pouvait accuser Eleade de jouer un quelconque jeu. Et lui imposer ses soupçons était tout simplement impensable, sinon indécent.

J’y compte bien. Cela dit tu n’auras guère à aller bien loin. Car s’ils daignent tenir leurs allégeances, ils viendront et je n’ai nullement l’intention de quitter Yswllyra pour les contenter.

Par contre je suis surpris que tu puisses imaginer que je puisse survivre sans toi à leur ennuyeuse conversation. ajouta le roi, indigné, en haussant un sourcil éloquent.

Le ton de sa voix était railleur et ses yeux brillants de malice. Il pensait vraiment dépérir d’ennui sans elle à ses côtés, mais admettait aussi que la présence de la reine risquait de s'avérer gênante si tout cela devait finir dans un bain de sang. Mais il repoussa cette préoccupations avec les autres sujets contrariants qu’il avait déjà mis de côté, à la manière dont on entasse tout son bazar dans un grenier, en songeant qu'on le rangera quand la porte ne fermera plus.

Le roi ne releva pas l’embarras d’Eleade, pas plus qu’elle n’avait relever le sien. Même s’il aurait certainement été furieux s’il avait eu vent des escapades nocturnes d’Eleade. D’autant plus s’il s’était imaginé qu’elle puisse préférer la compagnie d’un autre à la sienne.

Surpris il vit Eleade s’écarter de lui et il ne lui vint pas à l’esprit de la retenir. Il était resté comme prostré, blessé de se voir arracher celle qui comblait sa vie.

Malgré la fierté qui était sienne, lui qui était fier de sa naissance et de son rang, de son peuple et de son sang, de son épouse et de son fils, Ardiosis détourna les yeux, avant de répondre sur un ton indéchiffrable :
Disons que Loki m’a pris sous son aile. Mais lutter contre le chemin qu’il m’impose est parfois trop cher payé.

A la même manière que l’enfant d’un grand seigneur peut être né du mauvais côté des draps, le roi ne se faisait que peu d’illusions sur son sort. Loki certainement s’intéressait à sa destinée, mais sûrement pas pour l’aider.

Il ne s'étonna qu'alors qu'Eleade ait remarqué la sombre magie qui l'entourait. Et quelque part terriblement blessé qu'elle n'ait jamais vu en lui la marque du maléfice. Mais, à l'abri sous une couche généreuse de mauvaise foi, il admettait qu'Eleade, avait certainement remarqué son affreuse humeur des jours passés, aussi sûrement qu'elle voyait l'ombre qui drapait ses jours désormais.
Si la remarque d'Eleade ne l'avait pas surpris de prime abord, c'était simplement qu'en d'autres temps, il avait l'habitude qu'elle déchiffra ses tourments et ses joies, et vu qu'elle l'avait eu temps de fois sous les yeux, elle était plus à même de remarquer le moindre changement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/ardiosis-bennefoy-t154
Eleade-Bennefoy
Gwendirien
avatar


Féminin Nombre de messages : 71
Age : 24
Age : 38 ans
Fonction : Femme du roi Nordique
Date d'inscription : 19/04/2008

MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Dim 18 Mai 2008 - 13:42

La sincérité avec laquelle il répondit à sa semi question la toucha profondément. Ainsi, il voulait la voir plus souvent? Il est vrai que les rares moments qu'ils passaient ensemble se réduisait encore, puisque c'était dans leur lit, en se couchant. Et qu'elle s'en allait dans ses folies nocturnes... Eleade s'en voulait de garder un tel secret auprès de son mari. Mais elle ne commettait aucun acte punissable et ne faillissait pas à ses promesses du mariage. Elle n'aurait donc rien à se reprocher, si ce n'était le fait qu'elle s'en allait sans qu'Ardiosis le sache. Elle commençait d'ailleurs à s'habituer à être fatiguée puisqu'elle ne dormait que très peu. Et sa discrétion s'accentuait de jours en jours. Elle possédait désormais un semblant de souplesse qu'elle exploitait donc chaque nuit. La jeune reine travaillait dur pour pouvoir, un jour, défier les ennemis. Car elle s'apprêtait à prendre les armes s'il le fallait. Toujours, la jeune femme se battrait aux côtés de son époux. Elle le suivrait toujours! Elle l'avait promis...!

Bien, je resterai donc avec toi au palais. Dans quelle salle comptes-tu les convoquer? La plus grand que nous ayons? Ils seraient, ainsi, bien plus à l'aise pour parler, non?

Elle ne put retenir alors un rire plein de fraîcheur lorsqu'il lui signala le grand manque qu'il aurait si elle se trouvait être absente. Elle posa une main douce sur sa joue et caressa son arcade sourcilière d'un geste tendre et engageant.

Ne t'en fais pas, je ne t'abandonnerai jamais. Je te l'air promis, il y a quelques années de cela, non?

Finit-elle en mettant l'accent sur le dernier mot. Elle l'avait formulée comme une interrogation, bien sûr. Mais elle n'attendait pas vraiment de réponse de son époux. Eleade Bennefoy remarqua tout de même que quelque chose dans sa présence dans la salle d'audience le dérangeait. Quoi donc? Elle se promit de ne point le déranger sur ce point-là et adopta une expression on ne peut plus naturelle. Elle attendait la réponse à sa dernière question quand Ardiosis baissa les yeux. Surprise, elle s'attendit au pire... Qu'y avait-il donc pour qu'ainsi, même sa fierté ne le retienne point de la fixer comme il le faisait toujours? Patiemment, elle écouta sa réponse, tentant de déchiffrer ces paroles incompréhensible. Loki? Que faisait-il dans cette histoire?

Explique-toi!

Demanda-t-elle sur un ton toujours aussi doux, mais plutôt ferme. Elle ne souhaitait pas que son Seigneur Nordique lui cache encore des choses. Non, elle voulait tout savoir! Que cela lui fasse mal ou non. Et ces derniers temps avaient décidément été choisis pour les révélations. Elle s'accrochait toujours, ne perdant pas espoir. Son amour pour Ardiosis n'avait pas tari lorsqu'il lui avait annoncé qu'il l'avait bafouée... Et, surtout, trompée avec une autre femme. Heureusement, il ne l'avait jamais aimée. Mais tout de même, partager son lit avec quelqu'un d'autre que sa femme était bien honteux! Malgré tout, elle n'était pas rancunière et cette qualité-là l'avait bien aidée à surmonter le tout. Il restait tout de même quelques mystères qu'Eleade devait encore percer...mettre à jour l'obscurité ne s'avérait pas facile. Mais elle se battrait pour y arriver, elle se l'était promis, quand même!

Ne me dis pas que le simple fait que Loki te protège, s'il te protège vraiment, te donne des airs maléfiques?

La jeune reine savait qu'elle se montrait dure avec Ardiosis. Mais si telle était la seule façon de lui faire avouer ses faits, bons ou mauvais, elle se sentait prête à le faire souffrir un peu. C’est alors qu’elle entendit un léger bruit, au loin. Cela attira son attention et elle s’éloigna d’Ardiosis le temps de voir ce qui avait éveillé ses sens. Méfiante, elle sortit de leur petit jardin et observa les alentours, à la quête de leur enquiquineur. Etait-ce Telak qui venait les déranger en pleine conversation ? Ou simplement un animal qui venait leur rendre une petite visite ? Elle n’en avait aucune idée. Mais ce qu’elle savait allait bien plus loin : Son cœur battait la chamade, elle avait peur. Elle ne savait si son époux l’avait suivie, ce qu’elle aurait bien voulu. Mais…il y avait tout de même un inconvénient à cela. S’il la voyait se battre, au cas où il le faudrait, il se poserait des questions. Des questions bien embarrassantes pour Eleade qui lui avait caché sa progression dans les batails. Elle espérait, au fond d’elle-même, que ce n’était rien de bien méchant …
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ardiosis
Gwendirien
avatar


Nombre de messages : 98
Date d'inscription : 24/04/2008

MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Lun 19 Mai 2008 - 22:42

Voilà bien trop longtemps que la salle du banquet prend la poussière et ne voit défiler qu’ennui et lassitude. Même si cette invitation a d’autres intentions que celle d’entendre résonner rire et chant comme aux temps d’autrefois, nos sujets verraient d’un mauvais œil, je le crains, que nous ne les recevions pas dignement.

Que le temps révolu dont parlait le roi avait eu lieu au début de son règne, soit quelques années auparavant, n’effleura pas l’esprit du roi. De même qu’il n’évoqua pas la possibilité que la-dite soirée puisse s’achever sur des cris et des pleurs.
De même qu'il évitait soigneusement d'envisager que les monarques puissent décliner son invitation, ce qui l'aurait obligé à de fastidieuses justifications. Il n'avait pas encore perdu l'habitude tenace de ne présenter à Eleade que la facette de la vérité la plus brillante, celle qui attire l'autre au point de laisser bonne impression et d'en faire oublier les autres.

Il se saisit doucement de la main d’Eleade et y déposa un baiser.

Je connais la valeur de tes serments. Je n’ai jamais eu à me plaindre de toi, soleil de mes nuits. Et puisse le jour qui te verra briser une promesse ne se lever jamais.

Ardiosis n'avait pas à proprement parler une foi aveugle en Eleade. Il concevait qu'il ne voyait pas dans quelle situations elle oserait se détourner de lui, mais cela ne paraissait pas une explication suffisante pour jurer qu'elle ne le ferait jamais. Pas plus qu'elle n'était suffisante à ce qu'il se méfia d'elle.

Ardiosis tressaillit légèrement sous l’injonction de la reine. Il posa sur elle un regard furieux. Et si elle n’avait pas eu tant de raisons de se plaindre de lui, il se serait offusqué qu’elle osa lui donner des ordres, même sur un ton aussi calme. Son indignation passée, il se surprit à sourire qu'elle ne soit pas dupe de ses tentatives d'esquive.

°Comment peux-tu imaginer que l’on puisse ôter la vie aux six monarques du Gwendir sans aucun maléfice d’aucune sorte ?°

Mais il garda pour lui cette réponse détournée, qu’il jugeait à la fois trop crue et capable de lui attirer une foule encore plus compacte de questions gênantes.

Je pense que ce simple fait suffirait peut-être, mais je ne le saurai jamais, le dieu-démon ayant juré ma perte, ou de m’entraîner dans la sienne je ne
sais pas.

Mais quoi qu’il en soit, cela n’en est que le motif, et la sombre magie qui m’entoure est de mon propre fait,
ajouta-t-il en fuyant le regard de la reine.
Un autre aurait volontiers ajouté que tel n’était pas son intention première, mais Ardiosis n’était pas du genre à s’apitoyer sur son propre sort.

Au même instant, un bruit suspect les surprit, et la reine, s’éloignant, le roi savoura un cours instant de répit.
Scrutant les environs, il aperçut Munin perché sur une branche, qui lui rendit son regard, dans un silence de mort. Sûr que le bruit n’était pas de son fait, et indigné qu’on osa troubler leur tranquillité, il rattrapa donc Eleade.
La voyant agitée, il posa une main rassurante sur son bras, sans pour autant cesser de chercher une éventuelle présence en ces lieux isolés.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/ardiosis-bennefoy-t154
Eleade-Bennefoy
Gwendirien
avatar


Féminin Nombre de messages : 71
Age : 24
Age : 38 ans
Fonction : Femme du roi Nordique
Date d'inscription : 19/04/2008

MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Ven 23 Mai 2008 - 15:02

Je me trouve être tout à fait consentante à cette aimable réunion que tu as eu l'amabilité de préparer. Je me dois, tout de même, de faire une objection: le sang ne doit pas couler, quels que soient les circonstances. Je désire d'entendre promettre que tu n'attenteras pas à la vie des souverains, ou encore à ceux qui les accompagnent. En échange, ils feront le voeux de ne pas le faire, eux aussi.

Eleade soupira, malgré elle, en entendant parler du temps joyeux révolu. Cela ne faisait pas si longtemps qu'il s'était achevé. Peut-être depuis la soudaine apparition de Telak. N'était-ce qu'un simple hasard? La reine n'en avait aucune idée et refusait d'accuser un pauvre innocent. Or, elle pensait tout de même que l'orphelin possédait une part de mauvais en lui. N'était-ce pas le cas de tous les êtres humains? Un exemple bien concret: Son époux lui-même pouvait faire preuve de comportement sadique. Et la jeune femme ne cessait de se demander quel était le noyau de se ce simple fait.

Elle accepta le doux baiser d'Ardiosis avec un réel plaisir. Et ses paroles lui procurèrent un sentiment d'importance aux yeux d'Ardiosis qui ne pouvait que réjouir. Par contre, cela impliquait en elle un peu de peur, malgré tout. Car faillir à ses promesses relèverait de trahir Ardiosis et cela, elle ne le supporterait pas. Elle passait bien presque toutes les nuits hors de son lit à s'entraîner à la bataille et au tact comme à la souplesse et à l'agilité. Mais cela ne révélait pas du mensonge, puisqu'elle n'avait jamais nié ce fait. La culpabilité ne devait donc point la ronger. Elle s'obligea à sourire pour ainsi, donner bonne impression au Seigneur Nordique.

Elle ne put que rire quant à la réaction d'Ardisois Bennefoy. Lui, le Seigneur Nordique, recevoir des ordres de son épouse? Cela révélait du non convenable. Et pourtant... Elle ne craignait guère son mari, comme une certaine partie des femmes souveraines. Elle préférait de loin lui montrer ses sentiments, lui témoigner ses désirs et ses craintes tout comme ses peines. Et les ordres, qu'elle ne se permettait que rarement, sortait parfois de sa fine bouche bien dessinée. Quoi qu'elle ne la possédait pas que pour lui susurrer des mots doux... Elle pâlit tout de même à la réponse de son homme. Qu'un être aussi puissant que Loki veuille sa perte ne révélait rien de bon.

En es-tu sûr, mon amour?

Demanda-t-elle inquiète, en s'approchant à nouveau de son époux. La suite de sa phrase eut pour effet de plisser son front d'habitude si lisse et avide de perfection.

Ton propre fait? Tu veux me dire que tu pactises avec les mauvais sorts? Que tu aurais perdu l'esprit?

Son ton se fit sévère, comme si elle réprimandait un petit enfant de bas âge, en l'occurrence le sien. Elle ne tolérerait qu'il utilise la magie noire. Oh que non! Tout de même, il se devait de se montrer un minimum respectueux en vers elle. Et utiliser de la magie aussi sombre ne révélait que l'irrespect et la moquerie.

Lorsque le bruit plutôt sonore fit son apparition, Eleade devint donc inquiète. Mais fut bien vite rassurée par le contact chaud de la main de son mari. Ne percevant rien, elle se retourna et entraîna son homme à nouveau bien à l'intérieur du jardin. Elle s'assit tranquillement sur un banc, prête à lui parler de son prochain voyage... Elle respira un bon coup, comme si cela pouvait lui donner du courage, et expliqua d'un ton doux en croisant son regard brun à celui de son mari:

Mon cher homme, je m'en vais bientôt rendre visite à l'un des monarques de ce jour. Loran lui-même m'accompagnera, sois donc sans crainte quant à ma sécurité. Malheureusement, je sais que les nombreuses tâches qui t'accablent dans notre palais t'empêcheront de m'accompagner ... Nous passerons donc environ deux jours séparément, ce qui me chagrinera, n'en doute point. Mais il faut effectuer ce voyage. Peut-être cela adoucira le souverain lorsqu'il viendra chez nous, en voyage. ET peut-être que cela l'incitera à ne pas nous fausser compagnie...Je t'en prie, ne fais pas objection à ce choix bien réfléchi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ardiosis
Gwendirien
avatar


Nombre de messages : 98
Date d'inscription : 24/04/2008

MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Ven 23 Mai 2008 - 22:07

[Bon Ardiosis a déjà accepté en théorie mais c'était pour que le rp que je fais avec Loran qui se passe le lendemain soit cohérent ! xD]

Ardiosis posa un regard protecteur sur Eleade et répondit avec une douceur teintée d'amusement :
Je n'ai pas l'habitude de manquer à mes devoirs d'hôtes.

Qu'il n'en ait pas encore vraiment eu l'occasion était un détail qu'il ne préférait pas souligner.

°Eleade, Eleade, combien de serments me faudra-t-il briser pour toi?°

S'ils me faisaient pareil serment, néanmoins, je ne manquerais pas d'y répondre, ajouta-t-il sur une voix mielleuse et propice aux promesses.

Ardiosis en d'autres temps aurait pu se vanter de n'avoir qu'une parole, même si tel n'était désormais plus le cas -et Eleade ne le savait que trop bien- il évitait de promettre quoi que ce soit à quiconque, considérant que les serments vous liaient plus étroitement que les chaînes les plus lourdes.
Il se fendit cependant du sourire le plus sincère dont il était capable.

S'il ne cherche pas ma perte alors ce n'est que pure coïncidence, mais cela n'est pas plus rassurant.
Mais ne t'inquiète pas pour cela. Il ne se débarassera pas de moi si aisément.


Il rit d'un rire sans joie et rétorqua :
Non je n'ai pas perdu l'esprit, ce serait une trop grande faveur à faire à mes ennemis. Je ne l'emploie qu'en dernier recours.

Il n'avait pas vraiment conscience de l'aversion que la magie noire inspirait à Eleade mais ne désirait pas à s'étendre sur un sujet qui le dépassait encore.

Tiens donc, fit Ardiosis comme si la demande d'Eleade était la plus naturelle qui soit. D'où te vient cette lubie?

Il me faut d'une seule traite, consentir à ton départ, confier ta vie à l'un de mes capitaines, te jetter entre les griffes de mes ennemis, et tout cela en renonçant à m'y rendre moi-même?
Une décision si soudaine m'étonne.
Est-ce donc Yswllyra qui t'effraie?


Et disant cela, n'ayant rien remarqué d'inquiétant il passa doucement les bras autour des épaules d'Eleade, sans pour autant se demander qui ou quoi avait osé les déranger dans ce havre de paix -étant donné que pour une fois Munin était hors de cause-.

Il savait qu'il avait bien trop de choses à se faire pardonner pour refuser sa requête, qui permettrait certainement que l'on accorda à ses invitations un bien meilleur oeil. Mais ce brusque revirement attisait sa curiosité, et Ardiosis se gênait rarement lorsqu'il s'agissait de questionner autrui.

Et puis-je savoir qui est l'heureux élu? demanda-t-il sur un ton railleur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/ardiosis-bennefoy-t154
Eleade-Bennefoy
Gwendirien
avatar


Féminin Nombre de messages : 71
Age : 24
Age : 38 ans
Fonction : Femme du roi Nordique
Date d'inscription : 19/04/2008

MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Sam 24 Mai 2008 - 14:55

Eleade accepta le regard on ne peut plus protecteur qu'Ardiosis porta sur elle. A ses côtés, elle se sentait plus en sécurité qu'enfermée même dans un château fort protégé par des centaines de soldats très expérimentés. Car l'amour rendait capable de choses impossibles pour de simples soldats. Et comme l'amour entre ces deux tourtereaux persistaient, aucun soucis ne devait se faire.

Très bien, tu m'en vois réjouie.

Finit-elle par dire d'un ton doux. Elle ponctua alors sa phase d'un léger sourire. Par contre, elle ne fut pas très rassurée par les gentilles paroles de son homme censées l'apaiser...

Loki est puissant, Ardiosis. Fais attentoin à toi!

Elle affichait désormais une expression inquiète, voire terrifiée à l'idée que son mari ne périsse à cause de Loki en personne. Elle aurait tant voulu pouvoir l'aider ... Mais même des entraînements intensifs donnés par le meilleur combattant du monde entier ne suffirait pas à l'abattre. Ensuite commença la difficulté ... ou plutôt l'incompréhension. Eleade s'attendait bien à une telle attitude de la part de son époux qui ne comprendrait sûrement pas cette soudaine décision. Elle joua sur la taquinerie:

Tu pourras, ainsi, observer les sublimes demoiselles qui séjournent proche de ton humble demeure sans craindre de te faire prendre, mon amour.

Tout dans son attitude démontrait de la plaisanterie, bien qu'elle savait pertinemment qu'Ardiosis n'avait pas le coeur à cela. Pourtant, elle préférait prendre les événements avec le sourire et non pas avec les pleurs et la colère. Pour le bien, elle deviendrait malade en sachant que, pour la plupart du temps, Ardiosis oeuvrait surtout pour le mal. Car l'on ne pouvait pas dire que réduire six humains à l'états de fantôme sortait du bien...!

Je ne puis te certifier qu'il puisse vraiment être qualifié comme heureux élu... Il se nomme très exactement Erendil San'Veck. Ce prénom te dit-il quelque chose?

Elle lui laissa un peu de temps, histoire de se remémorer ce prénom connu que récemment puisqu'il remplaçait l'un des six souverains réduits à l'état de spectre par le très cher Ardiosis. Heureusement, Eleade ne le savait pas encore. Mais elle allait très vite être fixée ...

Ce souverain gouverne les orthodoxe, mon très cher.

Elle ponctua sa phrase d'un sourire arrogant qui, d'habitude, ne faisait pas partie d'elle. Mais elle sentait le désir du côté d'Ardiosis de ne pas recevoir d'ordre de quelqu'un, mais plutôt d'en donner. Et le fait qu'elle l'ait ainsi pris au dépourvu lui procurait un semblant de joie: Cela prouvai qu'elle n'avait pas épousé un homme invincible, mais bien un humain fait de chair et d'os. Ses défauts, elle commençait à bien les connaître...mais elle ne restait pas fixée sur cela, préférant passer outre ses mauvais côtés et prendre les bons pour passer de bons moments.

[Désolée c'est affreusement mal écrit...j'ferai mieux la prochaine fois!]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ardiosis
Gwendirien
avatar


Nombre de messages : 98
Date d'inscription : 24/04/2008

MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Lun 26 Mai 2008 - 21:07

[Pas grave, mon dernier rp n'était pas terrible non plus xD]

La réponse sincère d'Eleade le blessa. Ainsi sa confiance en elle était telle qu'elle ne remettait pas en doute ses propos. Une crédulité aussi naïve l'effrayait, et il espéra qu'elle réagissait pas de la sorte avec d'autre que lui... avant de se souvenir qu'elle le croyait car elle l'avait toujours cru, et que son apparente naïveté, n'avait pour seule cause que sa fausse franchise à lui...

Pris de remord, il reprit aussitôt :

Mais il se pourrait...

Il s'arrêta aussitôt comment terminer une phrase pareille? "que je doive une fois de plus occire certaines personnes désireuses de me nuire?"
De deux choses l'une. Soit Eleade savait pour les six monarques et elle trouverait pareille idée odieuse. Soit Eleade ne savait pas, et elle trouverait pareille idée odieuse et inconcevable. Le silence lui parut donc plus judicieux que jamais.

...Que leurs intentions à mon égard ne soit pas si nobles, finit-il par ajouter, sur le ton le plus naturel du monde, désireux de ne pas attirer les soupçons d'Eleade.

J'ai déjà eu affaire à la cruauté du dieu démon, aussi ne crains pas pour moi. Je suis toujours vivant, et peut-être les dieux se désintéressent-ils finalement de mon sort...

Il chassa le souvenir de son rêve au plus profond de sa mémoire, espérant qu'Eleade n'en garde ainsi pas plus de souvenir que des monarques qu'il avait tué... Après tout de ses nombreux aveux, elle n'avait retenu que sa faute, ce dont il ne pouvait pas vraiment la blamer. A vrai dire, il aurait même été outré qu'il en fut autrement -si tant est que pareil sentiment put être convenable en pareilles circonstances.

A bien y réfléchir, tu es ma seule faiblesse, aussi prend soin de toi.

Même si Eleade ne comprendrait pas qu'il faisait référence au maléfice qui l'avait mené à se jouer d'elle, elle ne pouvait qu'y voir un compliment.

Mais ce n'était pas tout à fait vrai. De tous les menus tracas qu'avait pu connaître Ardiosis dans sa vie, son caractère impétueux en avait entraîné davantage, que la paisible reine Eleade.

Quel sort abominable... soupira Ardisosis. Si je n'ai que le droit de les observer, je crois que cette occupation va rapidement s'avérer d'un ennui colossal, répondit-il sur un ton narquois. Il ne se serait pas permis spontanément une telle remarque, conscient qu'Eleade n'avait pas une si piètre mémoire, mais vu que c'était elle qui avait lancé le sujet, il s'autorisait à entrer dans son jeu.

Fils du défunt Gweon, si je ne m'abuse. J'espère pour toi que bien des choses ont changé -en plus de leur roi- par chez eux. Car s'il est sorti du même moule que son père, pétri de protocoles et de solennité, alors je me réjouis de ne pas faire ce voyage à ta place.

Je suis par contre insulté qu'un personnage ausi ennuyeux reçoive l'honneur de ta visite, alors qu'il me faudra me contenter des charmes éphémères des dames d'Yswllyra, se lamenta Ardiosis.

Je passerais outre votre impertinence, reine des Hommes et soleil de mes jours, car il se pourrait que je m'en languisse avant votre retour.

Et il se pencha vers la reine pour l'embrasser et faire disparaître ce sourire provocateur de ses lèvres.

Et si le bruit qui les avait attiré quelques mètres plus loin dans les jardins s'avéraient justifié, ce n'était pas grave, c'était un bel instant pour mourir dans une fin sombre et tragique.
Et si Munin avait le mauvais goût de les prévenir le cas échéant, alors à contrecoeur il réfléchirait à la conduite à tenir, et aurait tout loisir plus tard de passer le corbeau à la broche.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/ardiosis-bennefoy-t154
Eleade-Bennefoy
Gwendirien
avatar


Féminin Nombre de messages : 71
Age : 24
Age : 38 ans
Fonction : Femme du roi Nordique
Date d'inscription : 19/04/2008

MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   Ven 30 Mai 2008 - 19:59

La jeune reine laissa un soupire s'échapper d'elle. Oui, son homme trouvait toujours quelque chose à redire. Et en l'occurrence, il ne paraissait pas vouloir faire un entretient sans en venir aux mains. Eleade posa son index sur son torse et lui déclara d'un ton sévère:

-Quand cesseras-tu de te comporter comme un adolescent en pleine puberté qui ne pense qu'à se battre? Ardiosis, mon amour, je t'en prie...fais cet effort pour moi.Elle esquissa une moue suppliante, le regard insistant. Car, pas du tout stupide, la reine avait bien compris ce que révélait la pause qu'avait faite Ardiosis. Non pas les paroles exacts, mais l'intention restait présente et elle n'aimait guère cela. Lorsqu'il parla encore du démon, elle baissa la tête, souhaitant cacher sa crainte et ses mauvaises pensées. Car ce dieu démon, Loki, se révélait très puissant et, bien qu'elle ne doutait pas une seule des capacités de son roi, elle le savait moins puissant que ce monstre sanguinaire. Sa magie noire l'avait toujours dégoûtée. Et la simple pensée que son époux ait pu l'utiliser ne serait-ce qu'une fois lui procurait un sentiment écoeurant.

-Il n'empêche que tu dois faire attention à toi.
Elle ne put empêcher un sourire de s'afficher sur ses lèvres lorsqu'elle les approcha de celles de son mari. Avant de l'embrasser, elle murmura tendrement:

-C'est un ordre ...
La jeune reine n'était pas encore au courant de son grand "exploit" qui révélait la réduction des six monarques en simple spectres ... ! Et heureusement, bien que tout aussi malheureusement, elle ne l'apprendrait point de la bouche du Seigneur Nordique lui-même. Il lui sera donc plus facile de lui cacher le fond de sa pensée et de s'en remettre avant d'aller le voir! Bien évidemment, Eleade vit un compliment à sa phrase suivante et décida de laisser tomber ces sombres songes pour un moment, ce qui lui permettrait de profiter un peu de la chaleureuse soirée qui s'offrait aux deux amoureux.

Eleade laissa ensuite un sourire malicieux s'étirer sur ses lèvres. Ses yeux pétillaient du même air, en parfaite harmonie avec son expression générale. Elle posa une main sur sa hanche droite, un peu plus sur le côté, puis elle plaça son fin doigt sur la bouche d'Ardiosis pour qu'il cesse de proférer ces bêtises.

-Tu devras t'en contenter, si tu ne désires pas être réduit à simplement devoir m'observer à mon retour ...! Quant à ce fils du monarque disparu si mystérieusement, bien que tu n'aies pas vraiment l'air de l'apprécier, je le jugerai en partant du point zéro. Cet à dire seulement avec ce que je verrai et non pas avec les propos des autres personnes l'ayant vu ou encore entraperçu. Ne t'en fais pas, mon amour. Il ne fera que profiter de ma présence et devra se contenter de me regarder, lui! Comme tu le feras si sagement avec les jeunes demoiselles d'Yswllyra qui n'attendre qu'une occasion pour occuper ton lit...! Et non pas pendant ton absence, oh que non.


Mon impertinence, dites-vous?

Elle fut alors coupée par un doux baiser de la part de son bien-aimé. Heureusement, le bruit de tout à l'heure en se manifestait plus. Elle passa ses bras autour du coup d'Ardiosis Bennefoy et susurra contre ses lèvres:

-Je vais te donner un si bon souvenir de moi avant mon départ que tu ne souhaiteras même plus rien qu'observer les demoiselles qui peuplent ce monde.
Elle prolongea alors le baiser, y mettant tout son coeur et son amour. Cela faisait tellement longtemps qu'ils n'avaient plus vraiment passé un moment entre amoureux ... Et cela lui avait manqué bien plus qu'elle ne le laissait paraître. Le sentir près d'elle, si confiant, la rassurait et lui procurait une immense joie. Etrangement, le corbeau les laissait tranquilles, et cela était mieux ainsi. Non seulement pour les tourtereaux, mais surtout pour la vie du pauvre corbeau. Il restait suspendu à une branche haute, sans bouger. Ainsi, ils pouvaient profiter de la soirée sans même être dérangés... Que demander de mieux? Elle partait bientôt...et à la simple pensée de quitter son homme durant plus de deux jours entiers l'attristait ... bien qu'elle ait passé bien des semaines sans vraiment être à ses côtés, ou encore contre lui, comme ce soir-là.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver   

Revenir en haut Aller en bas
 

Manigances nocturnes dans un jardin d'hiver

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Dans mon jardin en ce moment
» Dans le jardin, sur la belle pelouse
» DANS MON JARDIN IL Y A ...... ?
» Intru dans un jardin ouvert au public ?
» Regarde dans ton jardin avant de regarder dans celui des autres.
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Prophétie Nordique  :: Chapitre 1-