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 Discussion aux écuries [PV Loran]

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Telak Firdor
Poigne Dure
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MessageSujet: Discussion aux écuries [PV Loran]   Mar 3 Juin 2008 - 8:30

Premier jour, Neuvième semaine
Après la discussion entre la Reine et Loran
(6h50?)


Il régnait une telle agitation dans le château qu'il était impossible de ne pas savoir que quelque chose se préparait. Telak était allongé sur son lit, les yeux grands ouverts, fixant le plafond. Hugin, quant à lui, était perché à sa place habituelle, à savoir sur l'armoire du jeune homme. Pour une fois, il était incroyablement silencieux et calme, ce qui inquiéta quelque peu Poigne Dure. En entendant des gens passer devant sa porte de chambre en courant, il soupira avant de se redresser pour adopter une position assise. Que pouvait-il bien se passer ? Il se leva et appela son corbeau en tendant son avant bras pour qu'il vienne s'y poser. L'animal sembla hésiter avant de décider de répondre à l'appel de son maître. Une fois posé sur le membre de ce dernier, Hugin poussa un petit croassement plaintif. Telak lui caressa le dessous de son bec.

Eh bien, Hugin ? Que t'arrive-t-il ?

Le corbeau regarda intensivement le jeune homme et on aurait presque cru qu'il voulait lui répondre. Telak le plaça sur son épaule et se dirigea vers la porte de sa chambre. Il était décidé à aller s'informer sur les raisons d'une telle agitation. Et puis, une petite promenade lui ferait du bien. A Hugin aussi, pensa-t-il.

Il arpenta les couloirs et put voir de nombreux pages courir dans tous les sens, portant de nombreuses affaires qui semblaient destinées à préparer un voyage : des vivres, des équipements pour des chevaux, des armes ... Telak se faufila jusqu'à l'entrée de la Tour Sombre, évitant de se faire voir. Arrivé sur l'immense seuil du palais, il se tint dans l'ombre pour observer la scène. Plusieurs hommes s'afféraient autour de chevaux. Ainsi, le jeune homme avait vu juste : il s'agissait bien d'un voyage. Il avança de quelques pas et descendit quelques marches de l'escalier. Il s'installa sur une marche, à mi chemin entre le seuil de la grande porte et la fin des escaliers. Il posa ses coudes sur ses genoux et enfonçant son menton dans ses mains, comme il avait l'habitude de le faire quand il voulait observer quelque chose.

L'air était glacial. Telak ne s'en était pas aperçu avant, trop absorbé par la scène qui se déroulait devant ses yeux. Mais maintenant qu'il était assis, il sentit le froid l'engourdir quelque peu. Il leva a tête pour observer le ciel. Ce dernier était couvert et Telak pensa qu'il allait peut être neiger. Il voulut remonter le capuchon de sa tunique noire mais percuta Hugin avec ses bras. Le corbeau poussa un croassement de mécontentement, avant de s'envoler pour se poser quelques marches plus bas. Telak mit sa capuche sans faire attention à son domestique qui revint se placer sur lui, mais cette fois-ci, en se posant sur sa tête, ce qui rendait le jeune homme encore plus inquiétant qu'à l'ordinaire.

Puis soudain, l'attention du jeune homme se porta sur un homme qui donnait des directives et qui semblait plus nerveux que le reste de la troupe. Le Capitaine Kellac. Un petit sourire étrange se dessina sur les lèvres de Telak quand le Capitaine croisa son regard. Le jeune page héla Loran en ces termes :

Vous partez en mission, Capitaine ?


Ce dernier n'eut pas le temps de répondre à la question de Poigne Dure. Une femme descendit les escaliers avec légèreté, passant à côté de Telak sans le voir (ou du moins sans le reconnaître, à cause de son capuchon) et accapara toute l'attention de Loran. La Reine Eleade venait à sa rencontre pour lui demander si tout était prêt. Elle était venue de manière très simple et Telak comprit en la voyant qu'elle devait être du voyage. Son sourire se crispa avant de disparaître sous l'expression d'indifférence qu'avait l'habitude d'afficher l'orphelin. Il ressentait comme une impression d'abandon, bien que la Reine n'ait aucun compte à lui rendre. Il détourna le regard de l'Impératrice et de Loran, pour regarder ailleurs. Il leva les yeux vers la tour où se trouvait la chambre des époux Bennefoy. Il ne vit aucune silhouette à la fenêtre et se demanda si Ardiosis ne voulait pas voir partir sa Reine ou s'il se fichait bien qu'elle s'éloigne de lui ...

Telak se leva, sans que Hugin ne décide à s’enfuir de son perchoir. Il descendit le reste des marches et se faufila discrètement vers les écuries, sans que personne ne le remarque. D’ailleurs qui pouvait bien se soucier de ce qu’il faisait ? Les premiers boxs étaient pratiquement tous vides, mais en s'enfonçant dans le batiment, le jeune homme put découvrir une multitude de montures, de toutes tailles et de toutes races. Telak n'en avait pas et d'ailleurs, il n'aurait pas su monter à cheval. Mais en voyant toutes ces belles bêtes, il eut une soudaine envie d'en avoir une à lui. Un étalon blanc comme la neige attira le regard de Poigne Dure. Ce dernier s'avança jusqu'à son box et s'adossa au pilier gauche. Il jeta un coup d'oeil sur la petit pancarte fixée sur la porte et qui indiquait le nom du cheval : Glad. En caressant le front de l'étalon, Telak déclara :

Ravi de te rencontrer, Glad. Moi, c'est Telak surnommé Poigne Dure.


Il continua de caresser le cheval qui se laissait docilement faire. Visiblement, Hugin n'appréciait pas que son maître s'occupe d'un autre que lui et poussa un croassement mécontent tout en sautillant nerveusement sur la tête de Poigne Dure. Celui-ci leva les yeux au ciel comme pour regarder son domestique, avant de lui demander, un petit sourire narquois dessiné sur les lèvres :

Tu m'as l'air plus en forme que tout à l'heure, Hugin!

La scène était plutôt étrange (tout comme l'était Telak en réalité) : un jeune prince parlant aux animaux avec plus d'entrain et de gaieté que lorsqu'il parlait aux humains ... Telak était-il en réalité un Druide ? Il ne se souvenait absolument pas de son passé et ignorait s'il appartenait réellement au peuple humain. Cette éventualité expliquerait bien des choses en réalité ...
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: Discussion aux écuries [PV Loran]   Mar 3 Juin 2008 - 21:34

L’arrivée de la Reine avait coupé court à la question que Telak lui avait posé, et Loran s’était promis de lui parler avant de partir vers les terres Orthodoxes. Il ne fallait pas se leurrer, leur voyage devait être court, mais vu la mauvaise réputation des humains à travers le Gwendir, il fallait s’attendre à tout, et même à demeurer plus longtemps que prévu. Le jeune capitaine n’avait pas l’intention de faire courir le moindre risque à la Reine, et si, en plus, la neige qui menaçait se décidait à tomber, Eleade et son escorte profiteraient de l’hospitalité orthodoxe un peu plus longtemps.
La soudaine nervosité de l’étalon, lorsque la jument de la Reine s’était avancée, fournissait au jeune homme un prétexte en or pour passer voir Telak, qu’il avait vu se diriger vers les écuries. Loran n’avait guère eu l’occasion de le voir depuis leur discussion sur la place du marché, et il avait des remerciements à lui présenter : quoi qu’il en dise, le faucon que lui avait offert un mystérieux bienfaiteur était sûrement son œuvre.

Laissant la Reine Eleade houspiller ses suivantes, Loran s’éclipsa vers les écuries. Ses bottes, cirées de neuf, résonnaient sur le dallage de la cour, mais le son s’atténua lorsqu’il pénétra dans le bâtiment. Il connaissait cet endroit par cœur, et aurait pu s’y rendre les yeux fermés. Tout jeune soldat, il aurait pu passer des heures ici, pendant ses heures de loisir, à observer l’agitation sans fin des palefreniers, et le dressage des chevaux. Cela lui évoquait le souvenir des vacances, qu’il passait à aider son père au haras, et encore maintenant, alors qu’il pénétrait dans le bâtiment, l’odeur de foin fraîchement posé et du cuir des équipements lui rappelaient de bons souvenirs. Certes, c’était plus calme, en raison de l’heure matinale, mais Loran se sentit presque détendu. Presque.
Les premiers boxes étaient vides, et le capitaine se souvint que les chevaux étaient aux prés. Ils n’allaient guère tarder à rentrer, avec le temps qu’il faisait… Il avança et finit par découvrir, un peu plus loin, une sombre silhouette flattant l’encolure d’un étalon d’un blanc neigeux. Loran ignorait si son arrivée étaient passé inaperçue, mais il entendit les dernières paroles de l’adolescent, et sourit : nul doute, c’était bien Telak.

Le soldat hésita. Il ne voulait pas interrompre le moment, car le jeune adolescent semblait presque heureux ici, ou du moins, sa voix était bien plus enjouée que la normale. Glad hennit doucement à l’arrivée de son cavalier, et ledit cavalier haussa les épaules : il avait peu de temps devant lui, et il n’avait pas envie de le passer à observer la scène comme un espion, ce qu’il n’était pas.
Manifestant sa présence en laissant librement teinter la cotte de maille qu’il portait sous son pourpoint aux couleurs de l’armée humaine, Loran s’avança avec un sourire, répondant à la question que Telak lui avait précédemment posée.

Vous avez bien deviné, Messire : nous partons en mission en territoire Orthodoxe. Quoique la Reine appelle plutôt ça un voyage.

Ajouta-t-il avec une grimace comique. Il n’avait pas jugé utile de cacher à l’adolescent le but de ce voyage : il l’apprendrait sûrement, et cela lui éviterait de devoir fouiner partout.
Loran se rapprocha, jetant un coup d’œil amusé au corbeau qui, juché sur la tête de son propriétaire, n’était visiblement pas ravi que l’attention de celui-ci soit occupée par un autre que lui. Le capitaine posa sa main sur le chanfrein de l’étalon, tout en constatant qu’il avait été dessellé et débridé. Tant pis, il aurait le plaisir de le refaire lui-même. C’était un plaisir simple qu’il n’avait pourtant guère le loisir de faire depuis sa nomination à ce poste : malgré ses plaintes ou ses menaces, les palefreniers s’obstinaient à lui présenter un étalon déjà harnaché.
Loran glissa sa main dans la crinière, elle aussi d’un blanc de neige, démêlant quelques crins sans y penser tout en observant Telak. L’adolescent semblait à l’aise en compagnie des chevaux, et des animaux en général. Loran se rendit soudain compte qu’il fixait l’adolescent d’un air pensif, et détourna les yeux avant de prendre la parole.

Je n’ai pas eu l’occasion de vous remercier, pour votre présent. Il est vraiment magnifique, et je vous suis redevable, mon Prince. Lorsque je serai de retour, j’espère avoir l’occasion de payer ma dette. Vous montez ?


Demanda-t-il, changeant complètement de sujet. Il n’avait pu s’empêcher de saisir la lueur dans les yeux du jeune homme, admiration, ou autre chose, il n’aurait su le dire. Après tout, il en savait si peu sur cet enfant… Même si leur discussion lui en avait certainement appris davantage.

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Telak Firdor
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MessageSujet: Re: Discussion aux écuries [PV Loran]   Sam 7 Juin 2008 - 12:38

Telak tourna la tête en entendant les cliquetis d'une armure et les pas d'un homme qui avançait dans sa direction. Il reconnut immédiatement le Capitaine Kellac, portant les couleurs et les armoiries humaines. S'il était ainsi vêtu, c'est qu'il devait s'agir d'un voyage officiel. Surtout si la Reine partait avec lui ... Il affichait un sourire plutôt encourageant et Telak lui sourit à son tour, tout en continuant de flatter l'étalon. Le Capitaine expliqua au jeune homme qui avait cessé de le regarder qu'il partait effectivement en mission, en terres orthodoxes. Puis s'avançant vers lui, il le remercia pour son présent : un rapace que lui avait fait envoyé l'orphelin. N'étant pas habitué à ce qu'on le remercie, Telak préféra nier qu'il était à l'origine du présent. Avec une petite grimace, il répondit d'une voix faussement surprise :

Je ne vois pas de quoi vous parlez, Capitaine !

Puis, le jeune homme changea d'expression soudainement, tout comme le ton de sa voix. Ils se firent plus graves, plus sérieux tout en se mêlant à une espèce d'indifférence.

La Reine part avec vous ? Elle ne m'a pas prévenu pourtant ... Après tout, je ne suis rien pour elle ... Elle n'a pas de compte à me rendre ...

Telak détourna son regard de celui de l'étalon pour plonger ses yeux dans ceux du Capitaine. Son sourire en cet instant était très différent de celui qu'il affichait parfois. Il était empli d'une certaine mélancolie mal dissimulée. Il reporta son attention sur Glad et recommença à flatter son encolure, sans adresser un nouveau regard à Loran. Son sourire triste avait disparu pour laisser place à son habituelle expression d'indifférence. Le Capitaine était à côté de lui et peignait machinalement de ses doigts la crinière de l'étalon nommé Glad. Il demanda à l'adolescent s'il montait à cheval. Telak tourna à nouveau son regard vers celui du Capitaine, tout en cessant de s'occuper de Glad pour s'adosser au pilier droit du box. Il croisa les bras et Hugin vint se poser sur son épaule. Les yeux du jeune homme semblaient briller à nouveau de malice et de curiosité.

Non, malheureusement, je ne sais pas monter à cheval. Glad est-il votre étalon ? Il a l'air docile ! Il n'a pas montré signe d'agressivité quand je me suis approché de lui. Cela doit être vraiment agréable de chevaucher et de sentir le vent fouetter son visage ...

Comme lors de leur première rencontre, Telak montra un intérêt poussé pour les activités de son interlocuteur, même si cette fois l'orphelin le fit plus indirectement. Il aimait écouter les autres parler de ce qu'ils aimaient car la passion était quelque chose d'étranger pour lui. Et de plus, le Capitaine se montrait incroyablement bavard une fois lancé dans une conversation, ce qu'aimait beaucoup Telak. En général, les gens ne lui parlaient pas avec beaucoup d'entrain, ce qu'avait fait d'ailleurs Loran la toute première fois. Mais contrairement à la majorité, il avait su passer outre son malaise et avait bavarder un peu avec l'adolescent. De tout et de rien. Mais c'était justement ce dont Telak n'avait pas l'habitude. Qu'on lui parle de tout et de rien ... Il murmura quelque chose tout doucement, sans se soucier de savoir si Loran l'avait entendu :

Et dire que je suis coincé dans cette Tour ...
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: Discussion aux écuries [PV Loran]   Mar 10 Juin 2008 - 11:23

La dénégation de Telak ne surprit pas vraiment le capitaine, qui s’y attendait un peu. S’il avait vraiment voulu être remercié, son présent aurait été signé. Quoi qu’il en soit, il s’agissait forcément de lui, car l’adolescent était le seul à qui, dernièrement, Loran avait confié sa passion de la chasse aux rapaces. Quand à un cadeau d’anniversaire en retard, il n’y croyait pas, pas plus qu’un présent du seigneur Ardiosis, de toute façon, aucune raison ne justifiait ce cadeau magnifique. Aucune, donc, si ce n’est la discussion qu’il avait eu avec Telak. Quoi qu’il en soit, Loran se contenta de hocher la tête et de répliquer doucement.

Si vous le dites, Monseigneur.

Le jeune garçon changea rapidement de sujet et, à nouveau, Loran fut frappé par cette sorte de mélancolie qui semblait l’habiter. Certes, rien dans son ton ne semblait triste, c’était plutôt le détachement qu’on y ressentait, mais la question de Telak impliquait tellement de choses pour que Loran puisse réellement croire qu’il s’en fichait. Il semblait reprocher son silence à la Reine, rappelant, que ce soit pour lui-même ou pour son interlocuteur, qu’après tout, il n’était pas grand-chose.
Le capitaine, désemparé par cette phrase qui, s’il ne connaissait pas le jeune homme aurait paru anodine, ne réfléchit pas avant de répondre. Le sourire de Telak lui rappela un autre, celui de son frère, et ce fut l’instinct, et non la raison, qui guidèrent ses paroles.

Notre voyage s’est décidé bien rapidement, Monseigneur, et la Reine n’a peut-être pas eu le temps de vous avertir. Après tout, nous ne partons que quelques jours, et elle doit penser être rapidement de retour. Il faut… laissez lui au moins le bénéfice du doute.

Acheva Loran dans un souffle. Pourquoi avait-il dit ça ? De quoi il se mêlait, bon sang ? Il ne pouvait pas apprendre à tenir sa langue ? Furieux contre lui-même, et un peu anxieux d’avoir parlé aussi ouvertement au fils de son seigneur, Loran détourna le regard, se reportant lui aussi sur l’étalon. Machinalement, il passa ses doigts dans la crinière de sa monture qui se laissa docilement faire, pressant de temps en temps son nez froid sur la main du capitaine pour réclamer le morceau de fruit qu’il savait dissimulé dans les poches de son cavalier. S’exécutant, Loran lui donna la friandise avant de se tourner vers Telak, lui demandant s’il montait à cheval. A le voir si proche de sa monture, il aurait parié que oui, portant, le jeune homme était trop complexe pour qu’on puisse réellement l’analyser.
Et il n’avait pas eu tort : l’adolescent ne savait pas monter à cheval. Loran lui lança un regard curieux : même si nul ne savait les origines de sa naissance, il était étrange que personne ne lui ai appris à monter. En tant que page du Roi, ne devait-il pas avoir une certaine connaissance de la monte, et des chevaux. Après tout, en déplacement, Ardiosis devait pouvoir compter sur ses serviteurs, et, qui plus est Telak était son fils adoptif. Cela semblait bizarre à Loran, mais celui-ci n’eut guère le loisir de répondre, car Telak avait enchaîné sur une question, à savoir si Glad était sa monture.

Avec un sourire, Loran hocha la tête. La phrase de l’adolescent aurait presque pu passer inaperçue tant il la dit doucement, mais il était habitué à prêter attention aux détails, aussi le remarqua-t-il. C’est vrai qu’il ne devait pas être marrant d’être coincé, chaque jour, dans cette tour. Loran, lui-même, était bien content de partir en mission, afin de quitter un peu la capitale.
A vrai dire, il s’était attaché à Telak. Malgré sa bizarrerie, et aussi son statut de fils adoptif de son Roi, il rappelait à Loran son petit frère, par certains cotés. Effacé, discret, mais curieux de tout, Telak semblait mal dans sa peau, et le capitaine ne pouvait résister longtemps à un tel appel à sa générosité. Peut être cela serait considéré comme une camaraderie un peu déplacée, mais quoi qu’il en soit, il se jeta à l’eau.

Oui, Glad m’appartient. Un présent de mon père, qui m’avait promis que je recevrais le premier poulain de Firola, sa propre jument. Il est toujours d’humeur égale, et il n’est pas farouche. C’est plus simple, lorsqu’il s’agit de faire à peu près n’importe quoi sur son dos : il se montre indifférent à tout, pourvu qu’on le nourrisse et qu’on lui apporte quelques caresses.
C’est vrai qu’il est agréable de monter, de sentir le sol défiler sous les sabots, le vent siffler dans ses oreilles.


Loran hésita avant de continuer.

J’ai une dette envers vous, même si vous le niez. Si vous le désirez, je pourrais peut-être vous apprendre à monter. Je ne suis peut-être pas le plus doué des cavaliers du Roi, mais je dois avouer que je me défends. Mais je ne veux pas vous y obliger, et je ne demanderais la permission au Roi qu’après que vous ayez accepté ou non. Alors, qu’en pensez-vous ? Cela permettrait de voir autre chose que les murs du château, croyez moi.

Loran lui décocha un sourire encourageant, et quelque peu crispé. Il ignorait s’il avait eu raison de proposer cela, et espérait ne pas s’en mordre les doigts.

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MessageSujet: Re: Discussion aux écuries [PV Loran]   Jeu 12 Juin 2008 - 21:42

Loran n'était pas convaincu et Telak s'en serait douté. Le Capitaine avait l'air d'être futé et il ne devait pas se laisser berner facilement. Ainsi, quand le jeune homme nia qu'il était à l'origine du présent, Loran secoua doucement la tête. Telak esquissa un rapide sourire, avant de reprendre une expression neutre. Puis, il dévia le sujet de leur conversation sur le départ de la Reine. Certes, il savait qu'il n'était rien de plus qu'un orphelin indésirable au sein du couple Bennefoy, mais il ne pouvait s'empêcher d'être attiré par la Reine Eleade. Douce. Calme. Protectrice. Il ne la considérait pas vraiment comme une mère, mais elle avait les meilleurs traits pour se faire aimer comme telle. Telak se trouvait comme un petit garçon jaloux qu'on lui retire sa maman. Mais contrairement à un enfant, il ne boudait pas celui qui lui ôtait l'objet de ses passions, mais bien l'objet en question. Dans le fond, il était un peu piqué dans son amour propre.

Avec une fougue mal contrôlée, le Capitaine chercha à excuser la Reine, prétextant que le voyage avait été planifié à la dernière minute. Telak afficha un sourire en coin. Il aimait cette espèce de naïveté chez son interlocuteur. Une naïveté touchante mêlée à une sincérité troublante. Il semblait ne voir le mal nul part. Pas même chez Poigne Dure, contrairement à la majorité des personnes. Et c'était sans doute ce trait de caractère que le jeune appréciait le plus chez le Capitaine. Mais Telak n'était pas plus convaincu que Loran lorsqu'il lui avait dit qu'il ne savait pas de quoi il parlait, concernant le présent. Il se tourna vers lui en adoptant la même attitude et la même expression. Il hocha la tête en murmurant d'une voix neutre :

Si vous le dites, Monseigneur.

Loran fuit rapidement son regard en cherchant à s'occuper de son étalon. Telak les observa et il put constater une véritable complicité entre l'animal et son maître. Loran demanda alors à son interlocuteur s'il savait monter à cheval. Telak répondit qu'il n'avait jamais monté et enchaîna tout un tas de remarques et de questions. Il demanda à Loran si Glad était son étalon. Ce dernier confirma et expliqua comment il se l'était procuré. Telak buvait ses paroles, avec une expression de curiosité et de satisfaction. Il remarqua tout de suite quand le ton du Capitaine se fit hésitant. Par ailleurs, il prenait de nombreuses précautions verbales. Mais la seule chose qui fit réagir Telak, ce fut cette phrase "je pourrais peut-être vous apprendre à monter". Ses yeux s'écarquillèrent et un large sourire vint illuminer son visage trop maigre. Personne ne lui avait jamais proposé de s'occuper de lui. Ardiosis, même s'il aimait clamer qu'il fallait considérer le jeune homme comme son fils, ne faisait que veiller à ce que ses besoins primaires -à savoir, le nourrir, le vêtir et lui offrir un toit- soient satisfaits. Mais jamais il n'avait pris la peine de le faire éduquer, de lui apprendre le maniement des armes ou de lui enseigner l'art de monter à cheval. Il lui donnait parfois quelques ouvrages à lire. D'ailleurs, Telak avait remarqué qu'il savait lire sans même qu'on ait eu besoin de lui apprendre. Il en avait déduit qu'il avait dû apprendre dans ce qu'il appelait "sa vie antérieure". Avec une voix enjouée, mais quelque peu incrédule -qui le surprit lui même-, il répondit :

Vraiment, Capitaine ? Vous m'apprendriez à monter à cheval ? Pour de vrai ?

Telak était comme un petit enfant à qui on faisait une promesse. Il ne semblait pas prêt à le croire, par peur d'être déçu. Puis son sourire se figea, et son expression redevint celle qu'il affichait d'habitude. Il se détourna du Capitaine pour avancer vers d'autres box où d'autres chevaux attendaient avec plus ou moins d'agitation qu'on vienne les chercher. Telak reprit alors d'une voix grave :

Je ne veux pas vous forcer à supporter ma compagnie parce que je vous ai offert un rapace. Vous ne me devez rien, Capitaine. Et puis, je ne voudrai pas que vous ayez des ennuis avec le Roi à cause de moi.

Puis il se retourna vivement et fixa le Capitaine avec ses petits yeux noirs, ceux que les petites gens trouvaient vicieux et malveillants. Sans détours, il lui posa une question véritablement incongrue :

Vous n'avez pas peur de moi, Capitaine?
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MessageSujet: Re: Discussion aux écuries [PV Loran]   Dim 15 Juin 2008 - 19:06

Loran ne put que s’incliner devant l’esprit de son interlocuteur, et un sourire amusé se dessina sur son visage. Décidément, ils avaient tous les deux un point commun : ils ne savaient pas mentir, ou du moins, pas sur les sujets dont ils venaient de parler. Ce n’était pas la première fois que l’on faisait cette remarque au capitaine, d’ailleurs. Il finit par incliner la tête devant l’adolescent, démontrant ainsi qu’il avait raison : ses vaines explications n’étaient pas plus convaincantes que quand Telak avait nié être à l’origine de son cadeau.
Un peu gêné d’être si transparent, quoique ses explications fussent franchement laborieuses, il l’avouait lui-même, Loran détourna le regard, se concentrant sur l’étalon, ravi d’être soudain devenu le centre d’attention. La conversation dériva sur Glad, et quand Telak lui avoua qu’il ne savait pas monté, Loran réagit sans penser aux conséquences de ce qu’il allait dire. On lui avait déjà reproché son caractère impulsif, qui l’empêcherait sans doute d’accéder à un grade plus élevé que celui de capitaine, et il ne risquait pas de démentir ce trait de personnalité de sitôt. Mais la phrase eut un impact certain sur l’adolescent, qui se mit à sourire bien plus que le capitaine ne l’avait jamais vu faire, pas même lorsqu’ils avaient eu leur petite conversation, près d’une semaine auparavant.

Rien qu’à cause de ce sourire, et du ravissement qui semblait se peindre sur les yeux du jeune Telak, Loran sut qu’il ne regretterait pas ses paroles. L’adolescent semblait comme transformé, surpris qu’on s’occupe de ce qu’il voulait faire. Le capitaine ne put d’ailleurs s’empêcher de l’observer, interrogateur. Il n’avait rien proposé de merveilleux, du moins, il ne pensait pas : il s’était lui-même chargé d’apprendre à son frère a monté à cheval, et il ne voyait pas en quoi cela semblait si extraordinaire. Les rumeurs disaient-elles vrai, que ce petit était livré complètement à lui-même et, qu’à part son rôle de page, nul ne s’occupait de son éducation, ou de lui donner un peu de tendresse ? Etait-ce pour ça que l’enfant paraissait si renfermé, si étrange ? Parce qu’il manquait simplement de quelqu’un qui se souciait de lui ?
Mais Loran interrompit là ses réflexions, amusé par le ton de la voix de Telak, qui semblait douter de la sincérité des paroles de son interlocuteur. L’adolescent semblait ne pas y croire, et, quelles qu’en soient les conséquences, Loran savait déjà qu’il n’aurait pas le cœur à lui refuser. Malgré lui, il ne pouvait s’empêcher de voir dans le jeune page royal un petit frère de substitution, qui, comme Tomin, semblait pendu à ses lèvres, et surtout, avide d’apprendre et de comprendre les choses. C’était sans doute une affection qui, si elle s’ébruitait, serait vu d’un très mauvais œil, mais, devant le sourire de l’enfant, Loran devait reconnaître qu’il s’en fichait un peu.

Mais son expression heureuse se changea vite en son habituel air maussade, telle une éclaircie vite balayée par le vent. L’adolescent s’éloigna de quelques pas, suivi du regard par le capitaine, surpris par ce changement d’attitude. Mais il comprit bien vite où voulait en venir Telak, et il s’apprêtait à répondre quand le jeune garçon l’interrompit en lui demandant s’il ne lui faisait pas peur.
Délaissant Glad, le capitaine se tourna vers son jeune seigneur qui le fixait d’un regard qu’autrefois, il avait pu prendre pour de la malveillance. Mais Loran ne lisait qu’une sorte de détresse silencieuse dans ces grands yeux noirs, et il s’avança silencieusement, s’agenouillant devant l’adolescent, le fils adoptif du Roi auquel il vouait une admiration sans bornes. Loran accroupi, Telak le dépassait d’une bonne tête, et le capitaine leva vers lui un regard sincère, à peine troublé par une lueur d’amusement. Mais sa voix était solennelle lorsqu’il prit la parole.

Quoi que les gens puissent dire, vous êtes désormais le fils d’Ardiosis Bennefoy. Certains chuchotent que vous représentez une entité maléfique qui a prit l’âme de notre Roi, mais moi, je ne vois qu’un enfant qui ne sait pas où est sa place. Donc, non, je ne vous crains pas. Le devrais-je ?

Demanda-t-il doucement, avant de se relever. Il détourna cependant le regard, pour répondre à l’autre question de l’adolescent. Il devait l’avouer, il n’avait pas pensé que le Roi pourrait désapprouver son initiative, et refuser à son fils adoptif le droit d’apprendre à monter. Il savait qu’il se trouvait plus ou moins en disgrâce et ce, jusqu’à ce qu’il retrouve Siran. Mais il ne pouvait pas se permettre de revenir sur ses paroles, et de décevoir l’adolescent : son sourire, puis son expression lorsqu’il avait compris que Loran ne tiendrait peut être pas parole… Non, le capitaine se faisait l’effet de ne pas mériter de vivre s’il trahissait ce qu’il venait de dire. Quand au courroux du Roi… après tout, ce n’était pas certain, et si les paroles de Telak s’avéraient juste, et bien, il entourerait le châtiment qu’il méritait. Mais il ne se donnait pas le droit de refuser ce petit plaisir au fils de son Roi.

Ce ne sera pas un fardeau que de vous apprendre à monter, pas plus que cela n’en sera un de supporter votre compagnie, comme vous dites. Je suis capable de faire mes propres choix, et même si je ne vous dois rien, je voudrais le faire. Un fils de Roi se doit d’apprendre le maniement des armes, et Siran… Bref, je n’aie pas la prétention de vous apprendre à manier une épée, mais monter, j’en suis capable. Après, c’est à vous d’accepter.
Quand au Roi, la reine Eleade saura sûrement le persuader, non ? Si vous êtes d’accord, je lui poserais la question quand nous serons en route vers le royaume Orthodoxe.


Lança Loran avec un sourire complice. Il avait volontairement passé sur le fait que le Roi, lui, ne serait peut etre pas d’accord. Après tout, chaque choses en son temps.

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MessageSujet: Re: Discussion aux écuries [PV Loran]   Jeu 19 Juin 2008 - 17:41

Telak fixa le Capitaine qui ne semblait pas se laisser démonter par sa question pour le moins surprenante. Au contraire, c'est son comportement qui désarçonna, pour la première fois, l'adolescent. A l'ordinaire, il était le seul à tirer les ficelles. Il manipulait, involontairement, les sentiments des gens qui se trouvaient soudain en proie à un grand tourment lorsqu'ils se retrouvaient en face de Poigne Dure. Pour une raison encore inexpliquée et peut être même inexplicable. Mais aujourd'hui, ce fut au tour du jeune homme de se sentir mal à l'aise. Le Capitaine s'agenouilla devant lui et expliqua pourquoi il n'avait pas peur de le côtoyer. Telak détourna son regard, pour dissimuler sa gêne. Est-ce qu'en définitive, il n'était qu'un adolescent mal dans sa peau, comme semblait en être convaincu Loran. Au fond de lui même, le jeune homme était persuadé qu'il n'était pas un être normal. Beaucoup trop de choses étranges survenaient en sa présence. A commencer par sa force surhumaine ...

Les gens avaient peut être aussi commencé à le fuir comme la peste lorsqu'ils avaient entendu dire qu'il possédait une force herculéenne. Ce qui lui avait d'ailleurs valu l'adorable surnom de Poigne Dure. Bien sûr, Telak cherchait à dissimuler cette anomalie. Mais le surnom lui était resté ... Et puis, il y avait Hugin. Le corbeau qui semblait le surveiller. Ou le guider, comme le pensait Ardiosis. Et ces choses que le jeune homme savait, sans pourtant se rappeler la manière dont il les avait apprises. Comme lorsqu'il avait su que Loran aimait l'utilisation des rapaces pour la chasse. Non, il ne pouvait pas être qu'un simple adolescent ... Mais il savait également qu'il n'était pas une entité maléfique. Enfin, du moins, il l'espérait. Mais depuis que le Capitaine et lui avaient conversé, une semaine plus tôt, il n'avait pu s'empêcher de réfléchir à ce qu'il était (encore plus qu'à l'ordinaire) : et si son rôle était véritablement d'éviter que le peuple humain se divise ? Mais comment ? Et qui l'aurait envoyé là ? Est-ce que finalement, les dieux qu'adoraient les Hommes seraient à l'origine de sa présence en ces lieux ?

Relevez-vous, Loran ...

La voix de Telak était particulièrement douce. L'ordre avait été soufflé par l'adolescent, à demi-mot. Voir ainsi son interlocuteur se mettre à genoux devant lui rappelait qu'il était prince et qu'il n'avait jamais désiré cette situation. Il n'était pas un prince. Juste un orphelin recueilli par l'Empereur, pour des raisons bien trop obscures ... Le Capitaine se releva , tout en demandant s'il devrait avoir peur. Telak le regarda à nouveau droit dans les yeux. Que pouvait-il répondre à ça ? Il ne connaissait rien à son ancienne vie. Il ne se connaissait pas non plus. Il pouvait très bien être le suppôt de Loki, comme la rumeur le disait.

Que répondre, Capitaine, quand on ne connaît rien de soi ? Quand on ne connaît rien de sa vie, ni de ses objectifs ? Je suis entouré d'une brume mystérieuse, en permanence. Et personne ne semble pouvoir me dire précisément ce que je suis. Alors, je me fie aux impressions des gens. Et à dire vrai, elles ne sont pas vraiment élogieuses ... Mais ... je crois que vous n'avez rien à craindre de ma personne. Du moins, je l'espère pour vous.

Il avait ponctué sa phrase d'un sourire espiègle, presque terrifiant. Mais Telak souhaitait vraiment que Loran ne soit nullement pris par quelques tourments, par sa faute ... Le Capitaine expliqua que lui apprendre à monter ne serait pas un fardeau et que c'était son choix de le faire. Il n'avait apparemment pas peur des éventuelles représailles. Puis, il argumenta sur le fait que la Reine pourrait peut être persuader son époux. Telak hésita. Il n'aimait pas trop l'idée d'impliquer Eleade là-dedans. Ardiosis n'aimerait pas savoir que son épouse prenne le parti de son fils adoptif ...

Je pense qu'il est inutile de mêler notre Reine bien-aimée à nos histoires. Après tout ... Oui, c'est envisageable ... Si vous êtes disposé à vous occuper de mon apprentissage, alors je pense être capable de gérer, de mon côté, le point de vue du Roi.

Puis, réalisant qu'ils parlaient depuis un moment, Telak expliqua, un sourire malicieux se dessinant sur ses lèvres :

Je pense qu'il se fait tard, Capitaine ! Il ne faudrait pas faire attendre notre Reine.
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: Discussion aux écuries [PV Loran]   Lun 23 Juin 2008 - 16:07

Loran avait, comme à son habitude, agit sans trop tergiverser, et il ne lui était pas venu à l’idée que l’adolescent pourrait se trouver si mal à l’aise. Enfin, ce n’était qu’une impression diffuse, une idée qui n’avait guère de fondements, puisque Telak avait détourné les yeux, et le capitaine ne savait pas si c’était par gêne ou pour autre chose. Cependant, il avait la vague impression qu’entre Poigne Dure et lui, quelque chose venait de s’installer. Un respect mutuel, une affection, de la gratitude… Loran était bien incapable de mettre le moindre mot sur ce qui se passait, il savait juste être le protagoniste de quelque chose qu’il ne maîtrisait pas entièrement. Et curieusement, cela ne l’inquiétait pas plus que ça : s’il était vrai que Telak était un envoyé de Loki, de Mani ou peut-être même de tous les Dieux réunis, et bien, il fallait avouer que cela ne changeait guère du quotidien. Les Dieux manipulaient les hommes à leur guise et, s’il s’avérait que le jeune page royal était en réalité un serviteur des Dieux, quelle différence d’être manipulé par lui ou par son maître ? Et même si Telak n’était qu’un gamin ordinaire… eh bien, de toute façon, son devoir était de lui obéir. Alors, à quoi bon essayait de comprendre, de maîtriser quelque chose sur lequel il n’avait aucun pouvoir ? C’était perdre du temps en vain, et mieux valait garder son énergie pour des choses qu »il pouvait changer. Se battre contre une tempête n’avait jamais gardé personne en vie, alors que s’abriter et se laisser dominer par elle, oui.

L’ordre fut murmuré par l’adolescent, guère plus qu’un souffle prononcé d’une voix étonnamment douce, emplie de doutes et d’incertitudes. Le capitaine se releva pourtant, soutenant sans ciller le regard du petit prince, se demandant s’il allait répondre à sa question. Loran avait peut-être dépassé les bornes en la lui posant, mais il en avait ressenti le besoin. Comme s’il avait besoin de tester cet enfant, besoin de connaître sa réponse avant de lui accorder la même confiance que celle qu’il avait accordé au Prince Siran, avant que… avant que tout cela n’arrive. L’obéissance, la loyauté, l’adoration même, tout était une question de confiance. Pouvait-il placer la sienne en Telak ?
L’adolescent finit par répondre, avec sans doute plus de sincérité que Loran ne l’aurait fait si les rôles avaient été inversés. Ses mots étaient lourds de sens, emplis d’une certaine dose de désespoir, ou de quelque chose s’en approchant. Telak lui avoua qu’en l’absence de souvenirs, il ne pouvait se fier qu’en l’opinion des gens, et elle n’était pas particulièrement bonne. Il termina en ajoutant que malgré tout, il ne croyait pas être quelqu’un de mauvais… du moins, il l’espérait pour lui.

Le sourire malicieux de l’adolescent fit presque frissonner le soldat, qui s’efforça de vite dissiper cette impression étrange. Il avait voulu une réponse, il l’avait eu. En était-il satisfait ? Pour y répondre, il lui aurait fallu disposer de bien plus d’éléments que ceux qu’il avait en sa connaissance. Alors, en l’absence d’une réponse pleinement satisfaisante, il devait faire avec ce qu’il avait : des paroles honnêtes, sincères, certes plutôt étranges, mais cela l’étonnait-il ?
Malgré l’étrangeté de cet enfant, Loran se sentait curieusement attiré par lui, comme un vieux loup de mer qui prendrait sous son aile le plus jeune des mousses du capitaine. Pourtant, il ne voyait pas de raison particulière à cet état des choses, même en y réfléchissant bien. Quoi que ces derniers jours aient été plutôt mouvementés, et qu’il n’avait pas vraiment eu le loisir à se pencher sur autre chose que ses problèmes immédiats. Quoi qu’il en soit, Telak reprit la parole, refusant qu’il ne s’adresse à Eleade pour obtenir la permission de jouer les apprentis cavaliers. Le capitaine ne put que s’incliner devant sa décision, et eut un bref sourire quand l’adolescent expliqua que si Loran se chargeait de le former, lui pouvait très bien convaincre le Roi.

Se pouvait-il que ce petit drôle ait plus de pouvoir de persuasion que la Reine ? En tant normal, Loran en aurait douté, mais il soupçonnait Telak d’avoir bien plus de ressources que celles qu’il daignait lui montrer. Décidément, plus ils se côtoyaient, plus le soldat comprenait les rumeurs dont Telak faisait l’objet. La plupart étaient basée sur son étrangeté et, malgré tout le respect, voire l’affection que Loran lui portait, il devait reconnaître qu’il y avait un fond de vérité là-dedans : Telak était décidément bien étrange pour que Loran puisse un jour le comprendre tout à fait… ou que quiconque ne le puisse, d’ailleurs, y compris lui-même. Puis l’adolescent ajouta avec un nouveau sourire malicieux qu’il y avait déjà un certain temps qu’ils parlaient, et que la Reine devait se demander ce qu’il arrivait au capitaine de son escorte.
Loran fit la grimace en se frappant le front. Honnêtement, il avait quelque peu oublié la Reine, et les soldats qui l’attendaient dans le vent froid de l’aube. D’un air confus, il ouvrit la porte de la stalle où se trouvait Glad, se saisissant de la selle pour commencer à l’attacher sur le dos de l’étalon, ravi de ce regain d’attention. Otant ses gants pour mieux boucler les sangles, le capitaine tourna vers Telak un regard confus.

Je suis désolé de vous abandonner seul ici, Messire. Quand à notre projet… les derniers chevaux qui occupent ce bâtiment sont ceux au service des messagers. Ils sont plutôt dociles, et seraient sans doute les plus adaptés à votre première monte. Voyez si vous ne parvenez pas à en apprivoisez quelques uns, puisque vous semblez plutôt doué pour les rendre amicaux.

Ajouta-t-il en donnant une petite tape sur le nez de Glad, qui s’amusait à tendre l’encolure pour quémander une caresse à l’adolescent tandis que son cavalier essayait de lui enfiler sa bride.

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