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 Uns soirée chez les Treillian

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MessageSujet: Uns soirée chez les Treillian   Lun 9 Juin 2008 - 21:52

1er jour de la neuvième semaine
Début de soirée


[Chose promise, chose due : j'ai commencé le sujet^^. C'est court, désolé, mais je sais jamais quoi dire au début
Je te laisse jouer le père de Lerith. J'suis gentil hein?]


Morzan était devant son miroir, se laissant docilement habillé par ses pages, tout en relisant avec attention l’un des rapports qui avait atterri sur son bureau un peu plus tôt. Il avait fini par prendre son parti des gens qui ne semblait vivre que pour l’aider à s’habiller, se laver, ou bien d’autres choses qu’il était habitué à faire seul, quoique parfois, il se rebellait contre les vêtements qu’on voulait lui faire endosser. Mais ce soir, son esprit était occupé à autre chose, et le jeune Roi se contentait de hocher la tête pour accepter les vêtements qu’on lui présentait.
Une fois vêtu, le monarque des Ombres jeta un rapide coup d’œil à son reflet, et le jugea satisfaisant. Ce soir, il se rendait à la soirée organisée par les Treillian, et il se devait d’être royalement vêtu, ne serait-ce parce qu’il avait besoin d’un soupçon d’autorité et de charisme. Car il avait besoin de la noblesse de la coté, de son argent, mais aussi de son soutien. Et son reflet le satisfaisait pleinement, des habits riches et à la dernière mode, cousus d’or et d’argent, mais sans pour autant être trop ostentatoire. Pour compléter sa tenue, le Roi ceignit son épée, sa propre épée, depuis sa dernière discussion avec la Reine des amazone, et choisit une cape noire à doublet argent, agrafée avec une broche représentant un quart de lune, symbole des armées ombres.
Le Roi prit sa couronne, qui reposait sur un coussin d’hermine, et la posa d’un geste vif sur ses cheveux noirs qui, pour une fois, semblaient à peu près disciplinés. IL admira à nouveau son reflet, avant de vérifié d’un coup d’œil que le cadeau du maître de maison, un splendide poignard orné de joyaux, qu’il avait fait faire en urgence par un des forgerons de la grande Forge. Le résultat était magnifique, malgré le manque de temps, et il espéra que son cadeau plairait au Seigneur Treillian.

Il était temps de se mettre en route. Après avoir longuement hésité, Morzan avait décidé de monter Broussaille. Se présenter en carrosse aurait sans doute plus collé au protocole, mais le jeune Roi désirait marquer les esprits : il était un Roi, certes, mais avant tout, il était un guerrier. Est-ce que son arrivée le démontrerait ? Il espérait que oui, mais aussi, que cela ne choquerait pas trop ses hôtes, habitués sans doute à plus de respect des convenances. Une petite escorte l’accompagnait, une dizaine d’hommes issus de sa garde personnelle, vêtus de noir : seul le quart de lune argenté ressortait sur leur poitrine, petit point dans lequel la lune se reflétait.
Le trajet fut court, et silencieux : Morzan était plongé dans ses pensées, et les soldats n’avaient guère envie de déranger leur Roi. Ce fut donc un équipage silencieux qui se présenta devant les portes de la demeure des Treillian, à Isandil. Le Roi fut rapidement reconnu, et après avoir laissé sa monture aux bons soins des écuyers, se présenta dans la grande salle endimanchée.

La fête avait déjà commencée, mais Morzan esquissa un sourire : il était Roi, et les convenances voulaient qu’il ne soit pas le premier à se présenter. Lorsqu’il le voulait, il savait se plier aux règles de bienséances. Le silence se fit petit à petit, tandis qu’on s’apercevait de la présence du jeune monarque, et Morzan se sentit soudain comme lorsqu’il était enfin, rougissant devant les yeux qui se tournaient vers lui. Il fit un violent effort sur lui-même pour ne pas paraître intimidé, et chercha du regard le maître de maison. Mais c’est sur sa cadette, et accessoirement sa conseillère, Lerith, que le regard du Roi se posa en premier. Il esquissa un sourire, une sorte de : je vous avez bien dit que je viendrais, avant de s’avancer dans la salle, point de mire de tous les regards.
Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: Uns soirée chez les Treillian   Mar 10 Juin 2008 - 12:27

[Trop gentil, maintenant je vais devoir être méchant :] ]

Bien entendu, dans ce silence, personne n'osait trop s'avancer. Aussi le maître de la demeure décida-t-il de rompre ce petit embarras, bien normal au vu de la différence de rang entre un monarque et ses sujets, même pour les plus riches d'entre eux. Cela était particulièrement vrai chez les Ombres, en tout cas chez les amis des Treillian, qui observaient une certaine déférence en ce moment. Iberar Treillian, père de la célèbre conseillère du roi et possesseur des lieux, planta son regard franc, posé au milieu d'un visage avenant, dans les yeux de son Roi. Il ne semblait pas gêné, pour sa part. L'habitude de traiter avec les puissants, sans doute. D'une très courte révérence - bien assez pour être poli, mais pas assez pour s'humilier en public sans raison -, il salua le monarque. Sa voix grave et intense, aux sonorités parfois légèrement chantantes, s'éleva dans la salle, afin que tous puissent entendre.

Sire, c'est un immense honneur pour ma famille et pour moi-même de vous accueillir ici. Je n'osais espérer que ma fille vous aie transmis mon message...Elle peut parfois avoir sa propre vision des choses.

D'un sourire bienveillant, il sembla rejeter tout sous-entendu possible à sa phrase. C'était juste un petit jeu entre un père et sa fille, en fin de compte. Un petit jeu fort prenant, du reste. Iberar mena le Roi à sa famille, et les présenta en commençant par sa femme, ravissante dans une robe très complexe. Lerith, quant à elle, n'était pas loin, et semblait pensive. Quand Iberar en arriva à elle, son sourire s'élargit très légèrement.

Et ma fille cadette, que vous connaissez fort bien. Lerith, si tu veux bien quitter cet air sombre...

A ces mots, la conseillère du Roi sembla sortir de sa réflexion, et adressa un sourire à son père et à Morzan. Elle s'approcha, fit une révérence plus appuyée que celle de son père - ce qui arracha à Iberar un haussement de sourcil -, et garda son sourire alors qu'elle élevait légèrement le ton, se faisant entendre des groupes les plus proches.

Ravie de voir que vous avez accepté mon invitation, Sire. J'espère que la petite soirée de mon père vous plaira.

Son sourire s'élargit, à la limite de la caricature, puis revint à la normale. Morzan n'avait pu manquer le coup d'œil rapide de la cadette des Treillian à son père, qui pour sa part affichait une expression mitigée. Il hocha la tête, et le sourire lui revint. Iberar était de ces personnes chez qui le sourire est un état naturel, inné. Le Roi put même entendre un peu d'hilarité dans la voix de son hôte.

Plutôt bien amené. Mais continuer ce jeu avec notre hôte sans l'informer serait à la limite de la discourtoisie, ne crois-tu pas ?
Si fait, père. Je mène, ce soir. Vous me semblez peu en forme...Je vais m'occuper du Roi pour vous, dans ce cas.

Un moment durant, Iberar hésita, semblant se demander s'il avait vraiment le choix. Puis il haussa les épaules, un peu grognon, et marmonna quelque chose qui ressemblait à "Puisque tu as gagné...", avant de rejoindre son épouse, et d'expliquer aux invités que le Roi était là pour se divertir, pas pour qu'on l'ennuie avec des affaires personnelles. Une chose était sûre, Morzan n'aurait pas besoin de rejeter les plaignants, Iberar Treillian tenait à ce que ses invités puissent être au calme, quel que soit leur rang. Pendant ce temps, Lerith emmenait Morzan vers le buffet, lui désignant les différents plats sophistiqués préparés par les cuisiniers de la maison. Quand elle se fut assurée que personne n'entendrait, elle se décida à expliquer le jeu à Morzan.

Je vais vous expliquer ce qui s'est passé, Sire. Mon père et moi, nous essayons constamment de manœuvrer pour "gagner", c'est-à-dire s'assurer que les invités nous admirent. C'est un jeu fort distrayant, et cela pimente nos soirées. Je vous mets au courant car vous êtes le Roi, et puis vous avez bien dû comprendre l'idée du jeu, mais n'en parlez pas aux invités...Cela en gâcherait tout l'intérêt.

Son sourire enfantin arrivait presque à faire oublier qu'elle portait des vêtements qu'aucune fillette Ombre ne porterait, et que son corps n'avait rien non plus de celui d'une jeune fille. Mais dans ces moments-là, Lerith se sentait un peu comme une gamine, tant la confrontation avec son père avait quelque chose de profondément rafraîchissant. Penchant la tête de côté, elle vit arriver plusieurs notables Ombres, qui voulaient se présenter. Un sourire mutin passa sur son visage, et elle baissa la voix d'un ton pour ne se faire entendre que de Morzan.

Mais vous pouvez jouer aussi, si vous le désirez. Voilà des cibles de choix qui arrivent pour vous.

Difficile de dire si elle était sérieuse ou pas. En tout cas, elle se composa un masque tout-à-fait respectable, et introduisit les notables auprès de Morzan. Quelques regards indiquèrent au Roi en quoi Lerith avait gagné : elle avait ramené à elle-même le "mérite" d'avoir fait venir le Roi. Ce qui faisait que les notables lui accordaient un pouvoir bien plus grand qu'elle n'avait. Le "jeu" de Lerith et de son père n'était pas d'avoir le pouvoir, mais de faire semblant aussi bien que possible.
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MessageSujet: Re: Uns soirée chez les Treillian   Jeu 12 Juin 2008 - 13:13

Comme l’avait supposé Morzan avant d’arriver, ici, il n’était pas en terrain conquis. Son visage, ses sentiments, et surtout ses actions à venir n’étaient pas encore connus, et semblaient susciter, sinon quelques inquiétudes, du moins, une légère méfiance. Le silence qui s’était fait dans la salle embarrassa le Roi plus qu’il ne le montra, et quand le maître des lieux s’avança vers lui, le jeune monarque se retint de pousser un soupir soulagé. Mais, comme le lui rappela allégrement la petite révérence de son hôte, il allait devoir lutter pour conquérir ce qu’il était venu chercher ici : du soutien, mais surtout de l’argent. Certes, il était le Roi, mais encore, bel et bien un inconnu.
Iberar Treillian lui présenta sa famille, et Morzan se comporta en un hôte parfait, complimentant la charmante dame qu’on lui présenta, ainsi que le reste de la famille. Puis les deux hommes arrivèrent devant Lerith, et ce fut à cet instant que le Roi comprit qu’il existait entre eux un jeu dont il était bien loin de comprendre le sens. Subtil, mais que les deux semblaient prendre à cœur : leurs phrases comportaient trop de sous-entendus pour n’être qu’un simple petit amusement passager. Bien entendu, Morzan ne fut pas long à se demander si ce n’était pas une moquerie qui lui était destiné, et dont il serait la dupe sans s’en rendre compte. Mais il n’arrivait pas à soupçonner sincèrement le vieil homme, et, de toute manière, son hôte se chargea bien vite de le rassurer.

Le regard du Roi s’était fait curieux, et il avait assisté à l’échange entre le père et sa fille sans mot dire, se laisse docilement entrainé par la conseillère qui lui présenta le buffet, se plaisant à lui expliquer les subtilités des plats. Un autre que le jeune homme se fut offusqué, s’écriant qu’il refusait d’être tenu dans l’ignorance, mais le jeune Roi se montra confiant : Lerith, pour ce qu’il en savait, était une femme de parole, et elle lui expliquerait en temps voulu. Ce qui ne tarda pas, d’ailleurs, alors qu’ils se retrouvaient seuls. Morzan, qui dégustait une viande dont il n’avait pas la moindre idée de la provenance, joua le jeu et se pencha vers la jeune femme, qui semblait tenir au secret de son information.
Le sourire du jeune monarque s’élargit au fur et à mesure des paroles de la conseillère, pour finir par éclater de rire, malgré les regards étonnés qui se tournèrent vers lui. Il se pencha ensuite vers la jeune femme et répliqua d’une voix joyeuse.


Vous faites bien de me tenir au courant, il aurait été passablement étrange que le Roi n’est pas la moindre idée de ce qui se trame dans les soirées où il arrive, je le rappelle, sur votre invitation. Mais je vais déclinez votre offre, Dame Treillian. Il ne serait pas très juste de me servir de mon statut de Roi, et je pense que vous avez une certaine expérience de ce petit jeu.
Il serait malséant que je perde, n’est-ce pas ? Alors, je préfère m’abstenir, mais je suis un excellent élève, alors méfiez-vous : la prochaine fois que j’accepterais de jouer, vous risquez fort de ne pas être la meilleure !


Morzan avait adouci sa petite menace d’un sourire espiègle, ne pouvant s’empêcher de penser que Lerith était véritablement une conseillère d’exception, parlant avec un sourire innocent d’un jeu qui, après tout, reposait sur la crédulité de ses invités. Erin n’avait jamais eu tort dans le choix des personnes qui l’entouraient, et la jeune Ombre était une vraie perle. Il garda néanmoins cette remarque pour lui, reprenant à son tour un visage plus digne d’un Roi. Un regard en coin à la jeune fille le renseigna sur son triomphe silencieux, et le jeune monarque s’efforça de se concentrer sur les présentations des notables plutôt que sur le petit jeu de Lerith. Il comprenait fort bien en quoi elle avait gagné, et comprenait aussi qu’il n’était pas totalement étranger à cette victoire.
Mais s’il aurait du s’offusquer qu’elle se serve de lui de cette façon, il n’en fut rien. Après tout, il n’était pas là, lui non plus, seulement par amitié envers les Treillian, et si leur petit jeu innocent pouvait lui servir, grand bien leur fasse. La jeune femme était demeurée près de lui et Morzan, après s’être plié aux exigences du protocole, lui demanda doucement.


Dites, vous avez d’autres jeux comme celui-là ? Si cela ne vous fait rien, j’aimerais en être informé, avant d’en être la dupe.

Son sourire démentait le ton de commandement qu’il avait utilisé, mais il n’empêche, il était bien curieux de connaître la réponse
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MessageSujet: Re: Uns soirée chez les Treillian   Dim 15 Juin 2008 - 21:51

[Ouaps petit coup d'inattention j'avais même pas vu que tu m'avais répondu ! Désolé -_-]

Lerith souriait naturellement. C'était même un peu troublant, puisque Morzan ne pouvait savoir si elle souriait parce qu'elle était joyeuse, ou parce qu'il le fallait pour la soirée, ou encore pour dissimuler il ne savait pas trop quel plan. Mais après tout, là était toute son habileté de conseillère : maintenir les autres en déséquilibre. Bon, d'accord, pour le Roi, elle devait peut-être faire exception. Rejetant ses cheveux en arrière, Lerith l'amena vers un groupe de nobles, et lui chuchota le fin mot de l'histoire.

Disons que ce jeu est le seul auquel nous nous livrons en public. Pour le reste, ce sont juste des jeux de l'esprit...Père et moi jouons beaucoup aux échecs, par exemple. Mais pour revenir à votre refus, sachez que votre statut de Roi est tout-à-fait légal. J'utilise bien les armes d'une femme, et mon père son influence sur les invités ! C'est la base de ce jeu, chacun doit savoir utiliser au mieux ses atouts pour faire encore mieux que l'autre. Mon père adore les choses très stimulantes, comme la compétition. Enfin, notez, je suis la seule avec laquelle il joue à ce jeu. Ses autres enfants manquent de...Combativité.

Le sourire de la Ministre s'élargit. Oh, elle n'était pas forcément adepte de la médisance, mais il lui fallait bien admettre que de rabaisser ses frères et sœurs de temps en temps lui faisait le plus grand bien. Pendant de longues années, ils s'étaient moqués d'elle, qui ne se choisissait pas un mari à qui elle servirait de potiche. Aujourd'hui, alors qu'elle disposait d'un pouvoir qu'ils n'auraient jamais, qu'ils n'avaient jamais soupçonné pouvoir atteindre, Lerith appréciait toute cette liberté qu'elle avait de leur casser gentiment du sucre sur le dos.

Des nobles arrivèrent, se présentèrent à Morzan, et une discussion s'engagea. Ils étaient extrêmement polis, comme il sied à ce genre d'occasions, et le Roi ne put que constater que les regards qu'ils jetaient à la fille des Treillian étaient mitigés. Bien sûr, ils appréciaient sa beauté. Bien sûr, ils respectaient sa famille. Mais derrière cela, une certaine rancœur était latente. Sans doute à cause de sa prise de position contre une opposition directe, qui avait été relayée de manière très efficace par ses détracteurs. Lerith ne semblait pas vraiment s'en faire à ce propos, leur adressant de grands sourires éclatants et des regards charmants, ce qui ajouta au trouble des nobles.

Après que la discussion fut terminée, Lerith vit qu'elle avait présenté tous les invités importants à Morzan. Se tournant vers le Roi, elle prit une attitude presque maternelle - ce qui était étrange au vu de leur faible différence d'âge.


Bien, Sire, je crois que tous nos invités ont pu vous voir. Soyez certain que la plupart d'entre eux s'en souviendront toute leur vie. Ils vous ont vu, personnellement, et si peu de temps après votre couronnement...Un souvenir inoubliable, vraiment.

Elle était restée vague, et pendant un court instant, son regard se fit moins précis, se perdant dans l'observation de la foule qui bruissait dans le salon de la demeure. Se reprenant, Lerith retrouva par la même occasion son sourire normal.

Mais vous devez vous en douter, bien sûr. J'ai un petit message de mon père à vous transmettre, Sire. Il désire simplement vous dire que si vous désirez lui parler, comme je le pense, il souhaiterait que cela se passe un peu plus tard dans la soirée. Si tel est votre bon plaisir, bien sûr.

Lerith adressa un court signe de la main en face d'elle, et Morzan put voir qu'elle l'adressait à son père. En fait, il avait dû lui communiquer son message par signes, d'où l'impression du regard perdu. Et cela pouvait rappeler au Roi que les Treillian étaient connus pour leurs codes très développés, que ce soit dans le langage ou dans les signes. Visiblement, Iberar avait continué la tradition sur ce point.

Alors que Lerith terminait ses gestes et se retournait vers Morzan, l'orchestre commença à jouer dans la salle.
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MessageSujet: Re: Uns soirée chez les Treillian   Sam 21 Juin 2008 - 15:16

[Pardonnes moi du temps de réponse, je suis un peu en manque de temps cette semaine… heureusement que lundi c’est férié^^]

Lerith lui glissa avec le sourire que s’il voulait jouer, être Roi n’était pas forcement un statut qui l’en empêcherait, tout en avouant se servir volontiers de ses atouts féminins. Rien d’étonnant dans ce cas qu’elle se montre douée à ce petit jeu car, malgré l’influence exercée par son père, Morzan se doutait que bien des hommes devaient succomber au charme de la jeune femme. Elle était particulièrement attirante, surtout lorsqu’elle souriait…et qu’elle n’essayait pas de vous convaincre, songea le Roi en se remémorant leur conversation dans sa propre salle du trône.
La conseillère enchaîna en disant qu’elle était la seule à s’adonner à ce genre de compétition avec son père, ses frères et sœurs étant peu aptes à s’y essayer. Le jeune Roi esquissa un sourire devant l’espèce de fierté qu’il percevait dans la voix de son interlocutrice. Il ignorait ses histoires de famille, mais il n’y avait pas besoin d’être devin pour comprendre qu’étant la cadette, Lerith avait du subir quelques moqueries. Enfin, Morzan le supposait, étant enfant unique, il ne s’y connaissait pas trop en relations frères sœurs. Certes, il y avait Idril, mais ce n’était pas pareil. Quand à Nuran… leurs statuts, leurs rencontres, rien ne les laissait disposer d’un semblant de fraternité, alors, ne parlons pas des chamailleries entre frères.

Les nobles se présentèrent à eux, et le Roi fit bonne figure, bien qu’il détestât ces obligations. Mais s’il voulait obtenir ce qu’il était venu chercher, c'est-à-dire du soutien, et une pleine et entière reconnaissance du fait que désormais, il était le nouveau Roi des ombres, il devait se plier aux exigences du protocole, et accepter avec un franc sourire de parler de la fille de Untel, des terres de Untel, sans oublier d’hocher la tête avec émerveillement devant l’affreux laideron qui sert de femme à tel autre. Et dire que certains pensent que le métier de Roi est tout à fait passionnant…
Mais Morzan garda sa réflexion pour lui, écoutant avec une attention profonde, sinon sincère, les doléances de chacun. Les regards appuyés qu’ils jetaient à Lerith ne passèrent pas inaperçus : le jeune Roi n’ignorait pas que, même si leur discussion était en théorie privée, les propos tenus par la conseillère avaient été rapportés… et désapprouvés par beaucoup. Certes, ils n’en avaient pas eu d’échos officiels, mais il était bien capable d’entendre les rumeurs de couloirs, et son écuyer se faisait souvent un plaisir de les lui rapporter fidèlement. Il ignorait pourtant ce qui, réellement, motivait ces regards : le fait qu’elle se trouve avec lui, et qu’il ne l’ai pas destitué comme certains l’auraient voulus, ou tout simplement le fait qu’elle semblait être contre la politique de leur Roi ?
Morzan penchait pour la première solution, il était assez malin pour savoir qu’il n’était pas encore assez important aux yeux des puissants pour que ceux-ci le défendent bec et ongles. Non, c’était sans doute plus personnel que politique : Lerith Treillian n’était pas la plus populaire de ses conseillers, loin s’en fallait.

Mais les nobles finirent par se lasser et par retourner à leurs occupations, et Morzan se retrouva seul avec la jeune conseillère, qui se tourna vers lui d’un air approbateur en disant que certains se souviendraient de cette rencontre toute leur vie. Le jeune Roi ne releva pas le fait qu’elle se comportait plus comme une mère fière de son rejeton que comme une conseillère dévouée, mais se promit de garder ce fait en mémoire : cela pouvait toujours être utile. De toute manière, personne n’avait entendu, alors le Roi jugea inutile de s’offusquer pour si peu, surtout qu’il avait besoin que la cadette des Treillian soit de son côté. Son père semblait fier d’elle, et donc prêt à écouter ses avis… un cas de figure fort utile.
Comme si elle savait ce à quoi il songeait, Lerith ajouta que son père désirait que leur conversation, dont tout le monde ou presque se doutait de la teneur, se fasse plus tard dans la soirée, du moins si le Roi le désirait. D’ailleurs, Morzan se demanda qui avait décidé de s’enquérir du fait qu’il était d’accord ou pas : Lerith, ou son père ?
Si la conseillère semblait parfois oublieuse du fait qu’il était, après tout, le seul à décider, Morzan se demandait si Iberar n’avait pas un peu de mal à se soumettre aux choix d’un Roi qui, après tout, restait jeune et inexpérimenté. Il avait parfois l’impression d’être pris pour une marionnette, un pantin jouant le rôle d’un Roi, à qui on disait oui mais sans s’exécuter. A moins que ce ne soit son côté paranoïaque qui reprenait le dessus… Quoi qu’il en soit, s’il avait deviné vrai, il devrait taper du poing sur la table, quitte à en remettre quelques uns à leur place… et perdre leur soutien par la même occasion. Mais heureusement, on n’en était pas encore là, et Morzan hocha la tête avant de faire remarquer d’une voix douce.

Je ne suis pas venu ici gâcher la soirée de Messire votre père, et j’attendrai que ses invités soient partis pour m’entretenir avec lui en privé. N’ayez crainte, je ne l’empêcherai pas de tenir le rôle du maître de maison… et je tiens à profiter de la fête, moi aussi.

Ajouta-t-il avec un sourire espiègle en direction de la conseillère, qui, apparemment, transmettait le message à son père, par signes. Bien des gens avaient essayé d’interpréter ce code, plutôt pratique pour communiquer rapidement et secrètement, mais seuls les membres de la famille Treillian en connaissait le secret. Aussi Morzan ne chercha-t-il pas à jouer les curieux, tandis que l’orchestre, finissant d’accorder ses instruments, se mit à jouer un air populaire parmi la noblesse Ombre. Sans rien perdre de son air espiègle, le Roi tendit la main à la jeune femme qui avait fini de communiquer son message, en demandant :

En parlant de fête, j’ai bien envie de faire honneur à cette orchestre, et à cette soirée. M’accorderez vous cette danse, Dame Treillian ?

Comme tout héritier, Morzan avait appris très tôt l’art de la danse, et il se doutait que l’éducation de Lerith n’avait pas non plus négligé ce point.
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