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 Périple dans l'ombre [libre]

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MessageSujet: Périple dans l'ombre [libre]   Mer 18 Juin 2008 - 19:24

An 835, neuvième semaine.
Jour 5, tombée de la nuit.



-Les humains.

Un souvenir, dès que le mot lui venait aux lèvres, jaillissait en sa mémoire. Un humain abandonné au désespoir, mourant, apeuré et haineux, l’épave d’un homme, le corps d’un homme, dont l’âme, déchiquetée en milles miettes, n’était plus digne de rien, et n’aspirait à rien, devenue elle-même désespoir et lâcheté.
Un homme, dehors, s’arrêta sur le chemin, portant sa main en visière sur son front en élevant les yeux vers le deuxième étage de l’auberge. Le prince fit volte-face et se dégagea de la fenêtre de la chambre. L’homme poursuivit son chemin, Haziel prit place sur une chaise derrière une petite table de bois. La chambre était illuminée d’une unique chandelle posée sur l’unique table, près d’un lit. Une voix grave et terne s’éleva tout près.

-Les humains sont vils.

Incertain, le prince haussa les épaules sans regarder son compagnon, se concentrant plutôt sur un parchemin qu’il tenait ouvert devant lui.

Ils sont humains. Songeait-il en silence. Comment savoir ce que cela fait que d’être aussi vulnérable que ces êtres à la vie si courte? Sans doute ne prennent-il pas le temps… Ne prennent-ils pas le temps…

-Nous arriverons d’ici 4 jours, si tout va bien.
-Trois jours. En trois jours, nous y serons. Nous reprendrons la route demain dès l’aube. Gardez vos capes sur vos têtes, je tiens à l’anonymat. Nous longerons les terres des Druides et arriverons par les Plaines de Fazor à Eralo.
-Ne devriez-vous pas annoncer votre arrivée, mon prince?
-Peut-être… Je… Le prince roula le parchemin qu’il avait tenu ouvert devant lui juste avant et le repoussa sur la table. J’y songe. Il se leva, fit face à l’elfe, un grand archer aux cheveux d’ébène et aux traits sévères. Vous pouvez disposer.

Après s’être incliné légèrement, l’archer prit le chemin de la sortie et referma la porte derrière lui, laissant le prince à ses cogitations. Il rejoignit son compagnon de chambre, un autre elfe qui prenait part à l’expédition du jeune prince Haziel. Ils étaient trois à loger dans l’auberge, le prince et les deux archers. Les quatre autres cavaliers avaient trouvé refuge ailleurs dans le village. Mieux valait éviter les attroupements, s’était dit Haziel.

Désormais seul, debout dans cette pièce aussi anonyme que lui espérait l’être ici, il songea à sa mère, baissa la tête et fixa son regard sur ses bottes sales. Toussotant, il se dit qu’il aurait peut-être dût lui dire qu’il avait décidé de partir seul avec quelques hommes. Il renifla, passant le revers de sa cape sous son nez, puis redressa sa nuque et regarda dehors par la fenêtre ouverte. Il avait toujours désiré voir le continent de ses propres yeux, et surtout, voir ce qu’il en était du trouble que connaissait Gwendir depuis quelques temps mais, plus encore, visiter les Amazones. Haziel portait à ce peuple une grande admiration et était convaincu qu’il serait bon de s’en faire des amis.

Il retourna vers la table, mais la chaise demeura rangée derrière. Debout, le prince déroula de nouveau le parchemin et cette fois, trempant une plume blanche dans l’encrier qui reposait tout près, il y ajouta quelques mots.

Citation :
Je suis parti pour voir de mes yeux propres ce monde qui vint à bout de Ledinborn. Je reviendrai, mais je ne saurais dire quand. Inutile d’envoyer à ma suite des hommes, je n’écourterai pas mon séjour.

Toute mon affection,

H.G.

C’était ces trois derniers mots qu’il manquait peut-être bien à cette courte missive pour qu’elle ne cesse d’obséder ses pensées. Il les ajouta donc de sa fine écriture et, finalement, roula le parchemin et noua autour un mince ruban de cuir. Cela fait, le prince soupira de soulagement et quitta promptement la chambre, refermant à clef derrière lui. Le sommeil ne lui venait pas. Marcher un peu l’aiderait à se vider l’esprit.

L’air était frais. La morsure du froid incita Haziel à resserrer sa cape autour de ses frêles épaules, capuche rabattue sur sa tête. Ainsi s’aventura-t-il dans les rues du village. D’une taverne, les rires fusèrent alors que la porte s’ouvrait sur un bonhomme titubant qui s’étala de tout son long dans la poussière tout juste devant le prince. Haziel haussa un sourcil et enjamba, indifférent, le corps ivre. Errant sans destination, il se retrouva dans un cul de sac. L’ombre couvrait tout autour de lui et, constatant son imprudence, le prince fit demi-tour et prit le chemin du retour à l’auberge sans tarder. Les rues étaient désormais vides et silencieuses, si ce n’est…

Il s’arrêta. Tendant l’oreille, Haziel se fit immobile au milieu de la route, au milieu des demeures endormies, du silence, cherchant des yeux d’où le bruit était provenu. Nerveux? Pas trop. Seulement, le sentiment d’être épié sans savoir d’où le regard qu’il devinait dans la nuit noire provenait le dérangeait. Mais il ne dit rien, et attendit plutôt, les sens aux aguets, avant de reprendre, d’un pas mesuré et à peine audible, sa lente avancée vers l’auberge, encore à une vingtaine de mètres plus loin devant.


Dernière édition par Haziel Gil'Rea le Lun 23 Juin 2008 - 13:58, édité 1 fois
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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Lun 23 Juin 2008 - 13:37

[hrp] mince, j'avais dit que je posterais hier...honte à moi. Par contre, pour des raisons de cohérence de mon propre rp, est-ce que tu voudrais bien décaler ta date d'environ deux jours, comme tu l'avais dit?[/hrp]

Cirath atterrit lourdement sur le sol avec un choc sourd. La porte de la petite taverne miteuse dont il avait été expulsé sans douceur claqua derrière lui, le rendant au silence de la rue nocturne. Le druide se releva douloureusement, épousseta ses vêtements crottés et s’éloigna du bâtiment après un dernier regard courroucé à celui-ci. Plusieurs minutes durant, le ménestrel erra sans but, plongé dans de sombres pensées.

Sa séparation avec sa garde du corps ne s’était pas faite de la meilleure des manières. Lorsque cette dernière avait découvert, bien contre son gré, son appartenance à la race des druides, il n’avait pensé qu’à fuir, sans même chercher à s’expliquer. Expliquer quoi, de toute façon ?
Toujours est-il que pendant un temps qui lui avait paru une éternité, le druide avait marché, couru, trotté afin de s’éloigner au maximum du bourg de Chyrash, et de Silva. Il avait même durant quelques heures subtilisé le cheval d’un voyageur imprudent qui s’était éloigné pour satisfaire ses besoins naturels. L’animal lui avait permis de parcourir une distance qu’il se serait cru incapable de couvrir en si peu de temps.
Il était finalement arrivé dans ce village si semblable à celui qu’il avait quitté moins de trois jours plus tôt, épuisé mais certain, au moins, de ne pas avoir été suivi. Il s’était alors dirigé vers la première taverne rencontrée, afin d’y exercer son métier et gagner de quoi se nourrir.

C’était une erreur, visiblement. Que ce soit parce que les habitants du coin n’étaient pas mélomanes, à moins qu’il n’ait joué de manière particulièrement mauvaise, il avait été très mal reçu, et finalement expulsé sans autre forme de procès.

Le druide frappa violemment un caillou à ses pieds d’un air rageur, avant de se laisser tomber sur le sol. Dos au mur, il jeta la tête en arrière en soupirant. Contre quoi était-il en colère, au juste ? Contre ces villageois, incapables de comprendre quoi que ce soit à l’art subtil de la musique ? Bah, ce n’était pas la première fois qu’il était reçu ainsi. Contre Silva ? Son ancienne garde du corps n’avait pourtant rien fait de mal. Non, il devait se l’avouer, il était tout simplement furieux contre lui-même. Furieux d’avoir trahi aussi bêtement son secret, furieux de n’avoir su que fuir et surtout, surtout, furieux de se tracasser à ce point pour ce qui n’était, après tout, qu’un petit incident sans importance.
Cirath secoua violemment la tête, dans l’espoir de faire disparaître ces pensées futiles. Mieux valait se concentrer sur des problèmes plus immédiats... comme par exemple, le vide criant de son estomac. Il ne devrait pas être trop difficile de chiper discrètement de quoi se nourrir quelque part, à condition de ne pas rester immobile ici à attendre que le jour se lève.
Le ménestrel se redressa douloureusement et reprit sa marche, prenant soin cette fois-ci d’être le plus discret possible. Il repassa devant la taverne d’où il avait été expulsé quelques instants plus tôt, et devant laquelle gisait un homme visiblement ivre mort. Il l’enjamba d’un air dégoûté, et se retint de lui donner un coup de pied au passage en reconnaissant l’un des soûlards qui l’avaient expulsé de l’établissement. Celui-ci, s’il s’en souvenait bien, l’avait même traité de gringalet.

Il continua son chemin jusqu’à ce que le silence se fasse particulièrement intense. Seul le bruit de ses pas troublait le calme de la petite ville. Amusant, ils provoquaient même un écho…
Un écho dont le rythme était différent. Cirath s’immobilisa, tendant l’oreille. Il y avait bien quelqu’un d’autre près d’ici. Et pourquoi pas ? Bien des gens auraient une bonne raison de se promener seuls la nuit. Le problème était que ces raisons n’étaient pas toujours très louables.
Il reprit sa marche presque parfaitement silencieuse pour s’approcher de l’inconnu. Débouchant sur une nouvelle ruelle, il l’aperçut devant lui, à moins d’une dizaine de mètres. Le druide s’arrêta de nouveau, indécis sur la conduite à tenir. Visiblement, il n’avait pas été aussi discret qu’il le pensait, car l’autre se figea à son tour.
Cirath jaugea du regard le dos de la silhouette encapuchonnée. Celle-ci dégageait une impression de fragilité, couplée à sa petite taille…un gosse ? Que ferait un enfant seul à cette heure-ci ? A moins qu’il ne s’agisse d’une jeune femme ?
Quoi qu’il en soit, l’inconnu ne paraissait pas bien dangereux.
Si Cirath avait été raisonnable, il aurait haussé les épaules, marmonné que cela ne le concernait pas et fait demi-tour en vitesse, juste au cas où. Malheureusement, il n’avait jamais été raisonnable. Aussi s’avança-t-il d’un air dégagé vers l’autre, jusqu’à le doubler et se ficher devant lui, un petit sourire amusé sur le visage. Il dévisagea un instant son vis-à-vis, en prenant soin de garder son habituel air narquois.
Un gamin, hein… il avait vu juste. Son regard se porta alors sur les étranges oreilles du garçon, et ses yeux s’ouvrirent tout grands. Mince…un elfe ? Et d’après ses vêtements, de haut rang, encore.
Le druide se reprit toutefois rapidement, et c’est avec un sourire calme qu’il interpella joyeusement le jeune homme.

« Eh bien, messire, ce n’est pas tous les jours que l’on a l’honneur de croiser quelqu’un de votre race dans les environs… et seul, qui plus est. Ce comportement serait considéré comme suicidaire par la plupart des gens, savez-vous ? »


Dernière édition par Cirath Stigrún le Lun 23 Juin 2008 - 17:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Lun 23 Juin 2008 - 16:24

Regagner l’auberge, monter à sa chambre, s’y enfermer et tenter de dormir. Une tentative de plus valait le coup, surtout quand on savait que dès le lendemain, la journée entière serait destinée au long voyage, aux possibles altercations et aux rencontres, selon les probabilités, peut-être bien indésirables.
Oui voilà, le sommeil était de mise, c’était indéniable, alors mieux valait oublier ce village, oublier ces gens, ce bruit, ces-
Sursautant légèrement, Haziel fit un pas vers l’arrière lorsqu’un homme se planta devant lui, portant d’un geste irréfléchi sa main à une petite dague qu’il portait à la ceinture, dont il savait, soi-disant passant, absolument pas se servir. Trop préoccupé, ou plutôt, trop occupé à se préoccuper les esprits, il ne l’avait pas senti venir, cet… étrange individu. Aussi s’était-il bien ancré dans la tête comment les événements prochains se dérouleraient et, ainsi, s’était-il fait prendre au jeu du hasard, ou encore du destin, puisqu’il n’avait pas le sentiment d’en être le maître (du destin…). Surtout pas maintenant.

Sourcils froncés, Haziel jaugea de ses grands yeux l’étranger qui souriait devant lui, arborant cependant, de son côté, un air méfiant. De haut en bas, il examina rapidement celui à qui il avait à faire.
Bien tient, c’est qu’il n’avait pas l’air très très méchant, le bonhomme, se dit finalement Haziel en se décrispant un peu. Et puis il n’était pas très imposant non plus… songea-t-il cette fois en dégageant sa main de sa ceinture d’un geste lent. On aurait dit un de ces poètes, un de ces artistes que les humains semblaient apprécier pour leur dit-talent. En fait, c’est bien là un métier idéal pour un homme aussi peu corpulent…

Cependant, les mots de l’inconnu firent sourciller le prince de plus bel. Qu’est-ce que c’était, cette façon de lui parler? Il était clair qu’il ne voyait pas en Haziel l’insignifiant gamin qu’il avait espéré incarner. Il baissa les yeux un instant, soupirant, maudissant par le fait même ses maudites oreilles, et songeant, le temps d’une demi-seconde, qu’il pourrait se les tailler. Mais rien que l’image qui lui vint alors en tête le fit frissonner d’horreur et le força à relever la tête et à assumer son vrai visage. Ce n’est par contre non pas sans une pointe d’arrogance dans la voix qu’il répondit.

-Ce ne sont pas tous les gens de ma race, monsieur, qui se cachent indéfiniment dans leur forêt. À ces mots, il songea à sa mère et se sentit mal, sentant monter en lui la tristesse, mais chassa de ses pensées le visage d’Eluthiel afin de reprendre d’un ton assuré. Et ce que vous dites « suicidaire », moi je le qualifie plutôt de nécessaire et d’engagé.

À ces mots Haziel entreprit de contourner le jeune homme et de regagner l’auberge sans plus attendre mais, s’arrêta à sa hauteur, pris soudainement d’un violent éternuement. Il renifla et, gêné, tourna la tête vers l’homme.

-Pardon. Lâcha-t-il avant de poursuivre son chemin, mais point longtemps, puisqu’une idée lui vint à l’esprit.

Faisant vivement volte-face au rouquin, Haziel, sérieux mais, cette fois, la voix dénuée de toute prétention, reprit la parole.

-Vous avez faim? C’est que… Je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre. Fit-il, un sourire amusé au coin des lèvres, avant de poursuivre, sérieux. Et en échange de vos services de poète… Vous êtes poète, non? Vous en avez l'air, du moins... En échange de votre aide donc, je vous offrirais de quoi satisfaire votre estomac.
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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Mar 24 Juin 2008 - 17:41

Cirath s’était tendu en voyant la main de l’elfe se porter à son arme, mais son interlocuteur ne semblait pas avoir l’intention de l’attaquer pour le moment, aussi resta-t-il parfaitement immobile, sans esquisser le moindre geste pour fuir. De toute façon, en cas de combat, il pourrait toujours se changer en renard et fuir en profitant de l’effet de surprise. Après tout, songea-t-il amèrement, ce n’était pas une personne de plus ou de moins au courant de sa race qui ferait une grande différence… ou peut-être que si, après tout. Si le garçon était bien un elfe, comme il le supposait, alors la situation risquait d’être plus compliquée que prévu. Même si, à sa connaissance, aucun conflit direct n’avait encore eu lieu entre les elfes et les druides, il ne faisait aucun doute que cela serait le cas dans un avenir proche. Et si, encore une fois, il avait raison en supposant que son interlocuteur était un noble, donc parfaitement impliqué dans la lutte qui se profilait, la situation n’en serait que pire.
Le druide haussa mentalement les épaules. Bah, avec des "si", on mettrait Unae en bouteille… il reporta pleinement son attention sur l’elfe, et éclata d’un rire joyeux à ses paroles.

« Est-il réellement "nécessaire et engagé" de vous faire trancher la gorge ? Sauf votre respect, je vois mal en quoi cela pourrait rendre service à qui que ce soit. »

Ou peut-être que si… un membre de la noblesse elfique en moins, voilà qui pourrait plaire à certains dirigeants…mais Cirath ne formula pas cette pensée. Pas avant de savoir exactement à qui il avait à faire.

Son ventre, qui grondait depuis plusieurs minutes déjà, émit à cet instant un gargouillis sonore du plus bel effet, dont le ménestrel se serait bien passé. Son interlocuteur parut l’entendre –pas étonnant, se surprit-il à penser acerbement, avec des oreilles pareilles…-, et lui fit une offre des plus alléchantes.
Une lueur à la fois avide et amusée s’alluma dans le regard grenat du druide, qui se plia en un salut grandiloquent et irrévérencieux.

« Des chansons contre un repas ? C’est plus que ce que peut espérer un barde en temps normal. Je vous suis, si c’est ce que vous souhaitez.»


Cirath emboîta le pas au jeune (ou vieux, après tout, qui pouvait savoir avec ces êtres là?) elfe, tout en déblatérant une foule de paroles sans grand intérêt.

« …mais, si je voulais jouer sur les mots, je vous signalerais que poète n’est pas le terme exact pour qualifier ma profession. Je suis musicien, chansonnier, ménestrel. Conteur, à la rigueur… »…et accessoirement, voleur, ajouta-t-il intérieurement. « …mais un poète, ça non. Les poètes sont ces gens de cour, grassement rémunérés pour réciter de piètres ballades devant une assemblée de nobles qui se moquent pour la plupart de toute forme de vers. Si c’est cela que vous cherchez, j’en suis navré, mais je ne ferai pas l’affaire. »

Il fit soudain un bond de côté, qui se termina en salto, pour atterrir deux pas devant son interlocuteur.

« Mais si vous souhaitez entendre quelque chanson futile, une épopée quelconque ou voir un peu d’acrobatie, je suis votre homme. »


Cirath effectua une nouvelle révérence grotesque, et lui lança un sourire radieux.

« Je suis Cirath Stigrùn, pour vous servir, très cher employeur. »
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Jeu 26 Juin 2008 - 1:30

Il osait! Haziel détestait qu’on le juge selon les apparences. Non il n’était pas très impressionnant de sa stature, non il n’était pas très âgé, oui il était un elfe, oui il était de sang noble, et plus encore… Mais ce n’était pas une raison pour le sous-estimer! Enfin, là ça en fait quatre, mais tout de même! ... Le prince n’est pas du genre à se laisser insulter de la sorte sans mot dire. Car oui, se dit-il en entendant les paroles du jeune homme avant de reprendre son chemin, c’était là l’insulter que de lui laisser entendre plus ou moins directement qu’en plus d’agir sottement, il était inoffensif. Il lui aurait bien fait voir, à l’effronté, combien il était inoffensif. « Essaie-donc de me la trancher, la gorge, pour voir! » Mais il s’en garda. Haziel le fougueux garda sa colère pour lui-même, la laissant bouillir dans ses veines en s’efforçant de l’oublier et de garder son sang-froid. C’est donc d’une voix posée, du moins retenue, qu’il répondit, regard dirigé vers le sol.

-Vous ne me connaissez pas. Si personne ne tente jamais rien, aussi bien s’avouer vaincu d’avance. Levant les yeux vers son interlocuteur, il poursuivit. Et puis, y’en a marre de vivre loin du monde. Je voulais voir, c’est tout. Tant pis si ça me coûte la vie, je saurai que j’aurai vécu, au moins un peu, pour vrai, et que j'aurai essayé d'être... quelqu'un.

Et c’est à ces paroles qu’il décida de retourner à l’auberge, avant que sa fameuse idée ne lui tombe dessus.
L’homme à ses côtés, Haziel continuait son avancée vers l’auberge, nuque légèrement courbée vers l’avant, épaule vers l’intérieur. Il marchait d’un pas rapide et n’écoutait que d’une oreille distraite les dires du… ménestrel.

Ah ben oui, ménestrel… songea le jeune elfe en arborant un discret sourire, son attention retournée à l’homme tout près. Évidemment, qu’il était ménestrel. Il pouvait très bien se l’imaginer avec un instrument, avec ses habits trop grands, ses cheveux trop roux, ses yeux… Haziel s’arrêta brusquement, son sourire tantôt réservé était désormais élargi. L’artiste venait d’atterrir sur le sol après un saut assez impressionnant. Il en manqua de peu pour que le prince n’applaudisse.

-Wow! Vous êtes doué! S’exclama-t-il vivement dans un instant d’oubli. Oubli du danger imminent, du voyage à venir, de ses préoccupations… Vous êtes l’homme qu’il me faut, monsieur… Stigrùn. Je me présente, je suis Haziel Gil’Rea, et je sens que nous allons tous deux clore une ragoûtante entente. Reprit Haziel en continuant son chemin.

Arrivé à destination, Haziel ouvrit la porte de l’auberge et s’y engagea, prenant tôt l’escalier menant à l’étage supérieur tout en continuant de s’adresser à Cirath.

-En fait, j’ai besoin de vous pour faire ce que vous savez sans doute faire le mieux, distraire. Demain, mes-

-Mon prince, je partais à votre recherche…

C’était un elfe, grand, sombre, aux yeux aussi noirs que sa longue chevelure qui retombait sur ses larges épaules. Il posa sur Cirath un regard méfiant, le détaillant de haut en bas, puis c’est sur Haziel que ses yeux, interrogateurs cette fois, se rivèrent.

-Je vous présente Cirath Stigrùn, un ménestrel. Il va nous aider, pour demain. Maintenant vous nous excuserez, je dois expliquer à monsieur sa tâche. Retournez donc dormir, Fëanàro.

-Voilà exactement ce que j’allais vous conseiller…

-Vous en faites pas pour moi.

Sans plus tarder, Haziel ouvrit la porte à sa gauche à l’aide d’une clef sortie d’une poche de sa cape et s’engagea dans la pièce, invitant Cirath à le suivre d’un signe de main. C’est vers un sac de cuir que le jeune prince se dirigea et une fois empoigné, il le porta jusqu’au lit et en versa le contenu sur la couverture. Pains, fromages, fruits et légumes variés et, cerise sur le sommet, ou plutôt raisin, une bouteille dans laquelle mijotait un liquide rouge, familier sans doute…

-Servez-vous...

Haziel, quant à lui, prit place sur la chaise de la petite table de bois, la retournant face au lit.
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Lun 30 Juin 2008 - 17:15

Eh bien, le moins que l’on puisse dire était que son employeur n’était pas radin, songea Cirath en détaillant d’un air affamé les denrées disposées sur la table. Voilà un festin tel qu’il n’en avait plus vu depuis des lustres… néanmoins, le ménestrel resta immobile quelques secondes, à fixer sans la voir la nourriture d’un air songeur.

Son employeur était à n’en point douter quelqu’un d’étrange, qu’il ne parvenait pas, malgré tous ses efforts, à cerner. L’elfe changeait si rapidement qu’il était difficile de croire avoir affaire à la même personne. Il alternait, avec une aisance évidente, entre une innocence toute enfantine et la gravité profonde que n’acquièrent que les plus anciens. En cela, il ne lui plaisait guère. Cirath se flattait de bien comprendre les gens qu’il croisait, ce qui lui permettait bien souvent de les embobiner sans problème, mais cet homme-ci était aussi impénétrable qu’un mur de brique.

Sans compter qu’il n’était pas seul. Le druide n’était pas sûr de beaucoup apprécier le regard que lui avait lancé l’elfe qu’ils avaient croisé précédemment.

Cirath soupira silencieusement. Très bien, changement de programme. Puisqu’il ne lui vaudrait visiblement rien de tenter une confrontation –purement intellectuelle, cela allait de soi- directe, il était temps de reprendre le rôle du joyeux ménestrel.
Il laissa un nouveau grand sourire s’épanouir sur ses lèvres, et tendit la main vers un quignon de pain et un morceau de fromage, qu’il engloutit résolument. Il préleva ensuite trois, quatre puis cinq pommes avec lesquelles il jongla un instant avant de dévorer deux d’entre elles. Enfin repus, il se laissa tomber au sol d’un air ravi.

« Grand merci monseigneur. Je suis désormais votre débiteur pour un bon moment. »


Le druide attira à lui son sac de toile, dont il tira son luth. Il gratta quelques instants les cordes de son instrument d’un air distrait, sans en tirer une mélodie particulière, en dévisageant d’un air interrogateur son employeur, dans l’attente d’une demande particulière. Rien ne venant, Cirath entama les premières notes d’une chanson, qu’il accompagna rapidement de son chant.

« Rossignolet du bois, Rossignolet sauvage,
apprends-moi le langage, apprends-moi à parler,
apprends-moi la manière, comment il faut aimer,
comment il faut aimer

Comment il faut aimer, je m'en vais te le dire,
Faut embrasser les filles, les cajoler souvent,
en leur disant: "La belle, je serai votre amant,
je serai votre amant

La belle on dit partout que vous avez des pommes,
des pommes de reinette qui sont dans votre jardin,
Permettez-moi, la belle, que j'y porte la main,
que j'y porte la main.

Non, je ne permets pas que l'on touche à mes pommes.
Apportez-moi la lune, le soleil à la main,
alors vous toucherez les pommes de mon jardin,
les pommes de mon jardin.

Le beau galant s'en va là-haut sur la montagne,
croyant prendre la lune, le soleil à la main,
La chose fut impossible, la belle le savait bien,
la belle le savait bien. »


Ces derniers vers prononcés, le ménestrel se tut, laissant le silence s’installer dans la pièce. Incapable de se taire bien longtemps, néanmoins, il reprit rapidement la parole.

« Ce genre de chant vous plait-il, messire ? Ou préféreriez-vous que je vous raconte une histoire ? A moins que vous ne souhaitiez assister à quelques acrobaties ? »

Il gratifia son interlocuteur d’un sourire joyeux.

« Qu’est-ce qui pourrait bien vous faire plaisir ? »


[hrp]La chanson n'est pas de moi (faut pas rêver), et elle risque de comporter plusieurs erreurs, car je l'ai retranscrite de mémoire.[/hrp]
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Mar 1 Juil 2008 - 14:45

Accoudé contre la table, bas du visage appuyé dans sa main, Haziel sentait s’envoler ses soucis alors que le ménestrel s’était mis à chanter. Il l’avait regardé manger d’un air content, content qu’il soit content, en fait, mais lui n’avait touché à rien. Petit appétit de fourmi que celui du prince. Maintenant il soupirait d’aise, assis sur sa chaise comme on s’assoit sur un fauteuil. Mmm… Un fauteuil… Il y aurait bien dormi, si seulement par chance il en avait eu un à sa disposition, là, maintenant.

Évidemment, l’amour était au centre du sujet de la chansonnette de monsieur Cirath. D’abord Haziel ne connaissait absolument pas grand chose à l’amour. Embrasser? Encore moins. Et puis la chanson, rendu à ce mot bien précis, le fit rigoler un peu. Un peu bêtement, aussi, il faut l’avouer. Pour ce qui est du truc avec les pommes, il n’y comprit franchement rien, mais bon, en grand spécialiste qu’il était en ce domaine, et conscient de sa déficience, et bien il se dit que ce devait être un langage codé de gens amoureux.
L’instant de silence qui suivit le chant suffit à déclencher une dernière et toute petite fois encore le rire de Haziel.

Embrasser!

Mais il ne s’éternisa pas longtemps. De toute manière, l’autre s’activait la mâchoire à nouveau. Haziel se redressa sur sa chaise –avant de carrément n’en tomber de mollesse- et, souriant, il retrouva son ardeur.

-Des acrobaties! Des trucs avec les pommes, comme vous avez fait! C’est ça qu’il nous faut!

Se penchant vers Cirath il poursuivit, ses yeux rivés aux siens.

-Ce matin, mes hommes et moi repartons et, je veux que vous vous donniez en spectacle dans la rue, tout près. Je veux qu’en vous voyant, les gens soient obligés de rester là à vous regarder parce que vous êtes trop génial! Pendant ce temps-là, nous allons partir, et ils ne porteront pas attention à nos grandes oreilles. Termina-t-il d’un air certain avant de se lever et de remettre la nourriture dans le sac.

Haziel tendit le sac à Cirath, indifférent.

-Tenez. J’en veux pas.

Sur ce, son regard alla vers l’unique fenêtre de la chambre. L’aube venait. Le temps de partir viendrait avec.

-Mais avant! Fit soudainement le prince en faisant face à Cirath. Dites-moi, c’est quoi le truc avec les pommes? Pourquoi il veut tant la pomme et pourquoi elle ne lui en donne tout simplement pas une? C’est bête, c’est que des pommes

Visiblement, la question des pommes l’avait chicotée depuis qu’elle avait été chantée. Il faut dire également que, les rayons du soleil commençaient à se faire lumière et chaleur et que, franchement, Haziel était un peu nerveux. Il repartait vers l’inconnu, retournait à cette grave réalité dont il faisait parti… Bref, un petit détour par le pommier, juste avant de reprendre les rennes de l'incertain, avait été irrésistible.

[hrp]ni vu ni connu, je connaissais pas alors... jolie adaptation. =P[/hrp]
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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Dim 6 Juil 2008 - 15:28

Cirath avait froncé les sourcils en entendant les projets de son jeune employeur, mais ce dernier ne lui laissa pas le temps de s’y attarder. Le druide, refoulant ses interrogations pour plus tard, éclata de rire en entendant ses questions candides. Lui qui était habitué à la compagnie de voyageurs bien moins innocents, voilà qui apportait un grand changement !

« Ah, voilà une interrogation des plus intéressantes… de nombreuses personnes se sont penchées sur la question, savez-vous ? »
Il s’interrompit, un petit sourire aux lèvres. « Le plus souvent à la taverne, après quelques verres, il faut bien l’avouer. »

Tout en s’étirant longuement, le ménestrel se demanda distraitement s’il devait réellement expliquer le sens des paroles à Haziel. Il était probable que ce dernier les comprenne parfaitement et ne fasse que jouer le rôle d’un gamin naïf, mais si ce n’était pas le cas, Cirath répugnait à détruire une telle candeur. Il avait toujours trouvé plus amusant de discuter avec des enfants innocents (ce qui était relativement rare, car contrairement à ce que semblaient penser les adultes, la plupart étaient loin de l’être), qui formaient un bien meilleur public que tous les autres.
Le druide soupira d’aise. Voilà le plus gros souci auquel un ménestrel devrait avoir à faire face… peut-être serait-ce son cas un jour.
Il secoua la tête, chassant ce genre de pensée de son esprit. Pour le moment, il lui fallait simplement trouver quoi répondre à la dérangeante question de son employeur. Il se gratta le crâne quelques instants, avant de reprendre d’une voix lente, au fur et à mesure que les idées s’ordonnaient sous son crâne.

« Eh bien, vous l’avez deviné, cette chanson n’est pas si… chaste qu’elle n’y parait. Les pommes sont une sorte de métaphore pour désigner les…enfin… »


Cirath fronça les sourcils. Voilà qu’il bafouillait, maintenant ! Lui qui se targuait d’être un bon orateur ne trouvait pas les mots pour expliquer quelque chose d’aussi élémentaire que ces choses là… Dire qu’il avait toujours ri de ses parents lorsqu’ils tentaient maladroitement de répondre aux "comment on fait les bébés ?" de ses frères et sœurs…

« Bref. De mon point de vue, les paroles font référence à une petite religion d’une région reculée –religion qui n’a jamais connu un grand succès, d’ailleurs- selon laquelle une femme aurait apporté le péché sur le monde, simplement en mangeant une pomme. » Il eut un petit rire. « Voilà une idée bien étrange, n’est-ce pas ? Toujours est-il que du coup, par je ne sais quel lien logique, les pommes représentent entre autre les… » Cirath chercha ses mots quelques secondes. « …les attraits de la chair. Oui, je pense qu’on peut le dire comme ça. »

Le druide se tut, conscient que ses paroles étaient plus que décousues, et se remit à gratter les cordes de son luth, presque sans y penser. Lorsqu’il releva la tête, son expression était plus grave.

« Mais je crois qu’il y a plus important. Si je vous ai bien entendu tout à l’heure, vous souhaitiez que je vous aide à vous éclipser discrètement. Que je fasse diversion, en somme. Mais qu’y gagnerais-je ? Je vous suis reconnaissant de m’avoir nourri, mais même une chose aussi banale que me faire remarquer sur la place publique pourrait être dangereuse par les temps qui courent.»

A peine ces mots prononcés, Cirath réalisa qu’ils devaient n’avoir aucun sens pour son interlocuteur. Un seul moyen de se faire comprendre lui restait, mais oserait-il le mettre en œuvre ? Après tout, il ne savait rien de son employeur, et surtout pas quelles étaient ses intentions à l’égard des druides.
D’un autre côté…la frustration que le ménestrel avait subie quelques jours plus tôt en étant découvert lui revint à l’esprit, le poussant à négliger toute prudence.
Il allait faire quelque chose de stupide. Il le savait, tout comme il savait qu’il le ferait quoi qu’il arrive.
Un sourire aigre se dessina sur son visage.

« Vous n’avez aucune idée de ce dont je parle, n’est-ce pas ? »
Il haussa les épaules. « Vous savez sans doute que les relations inter-races sont bien souvent houleuses, depuis quelques temps. C’est pour cela que vous ne souhaitez pas être remarqué en tant qu’elfe. Vous vous êtes donc dit que si j’attirais l’attention sur moi, tout se passerait bien. Je me trompe ? »

Le druide rangea soigneusement son instrument dans son sac, avant de se relever tranquillement.

« C’est une bonne idée, mais visiblement vous avez négligé un détail. »


Cirath prit une profonde inspiration, ferma les yeux alors que les dernières parcelles raisonnables de son cerveau luttaient pour l’empêcher de mettre en œuvre son idée, et… c’est un renard qui se tint soudain devant Haziel, émergeant d’un tas de vêtements.
Le druide reprit néanmoins immédiatement forme humaine. Il avait pris soin de ne pas bouger, aussi se retrouva-t-il presque parfaitement habillé. Il jaugea l’elfe du regard tout en réajustant sa chemise.

« Je pense que vous comprenez un peu mieux mon problème, maintenant. Je ressemble sûrement beaucoup à un humain » il prononça ce dernier mot d’un air dédaigneux « mais un examen approfondi dévoilerait bien vite ma condition. »

Cirath désigna d’un geste résigné ses yeux et sa chevelure, mais retrouva bien vite de sa superbe et reprit du même ton léger que s’il parlait de la météo ou de ses chansons :

« Soyons clairs, j’accepte de vous aider…à condition d'être rétribué à la hauteur du risque encouru. »


[hrp] j'ai mis pas mal de temps, pardon...mais tu m'as donné du fil à retordre, avec ces questions embarrassantes! >.< [/hrp]
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Mar 8 Juil 2008 - 20:02

Mains jointes sur ses jambes, dos droit; parfaite position du parfait petit écolier qu’adopta Haziel en écoutant avec la plus grande attention la réponse du ménestrel au sujet de ces fameuses et curieuses pommes. Cependant, le prince haussa un sourcil en premier temps.

Taverne? Mais qu’est-ce que des hommes ivres peuvent bien trouver à des pommes?

La réponse lui vint naturellement. Bien entendu, ces pommes devaient être spéciales, vraiment, pour que même dans une telle situation, l’on se penche sur la question. Des pommes magiques peut-être? Mais bon, laissons l’expert parler, se dit Haziel en retrouvant un air plus intéressé, tout en patientant pour la suite.

Chaste!?

Dans la tête de Haziel, un innocent gamin, yeux exorbités, bras en l’air, courait en rond dans une vierge prairie, écrasant tout sur son passage. Hmm… Était-ce là le prélude à l’efflorescence du jeune prince?
Alors que Cirath Stigrùn s’efforçait de trouver les mots justes, en précautionneux précepteur improvisé qu’il se faisait, le jeune elfe, oreilles dressées, était figé dans le mutisme que lui imposaient ses préoccupées méninges. Quelle charnelle révélation de la bouche du musicien allait-elle révolutionner sa périmée enfance?

Et voilà, ce fut dit. « Attraits de la chair. » Habilement formulé, tout de même. Aussitôt cela affirmé, les oreilles tantôt blêmes de l’elfe virèrent sur-le-champ rouge écarlate. Mais quel idiot! Quel idiot! Hurlait l’enfant débile de ses pensées avant de s’écrouler au milieu son champ piétiné. Comment ne pas savoir ces choses-là, après tout ce temps? Peut-être le fait d’avoir jouer la sourde oreille et l’aveugle en temps dangereux y était possiblement pour quelque chose…
Il y eut le silence. Un peu gênant, quand même. Mais lorsqu’il fut brisé, Haziel se vit grandement soulagé d’être ainsi sauvé de sa propre bêtise. Revenons-en aux choses sérieuses. Bien… différemment sérieuses… Ou plutôt… tirons le rideau sur ce proche passé trop dérangeant et concentrons-nous sur le présent.

Les oreilles de Haziel reprenaient une couleur normale, l’expression de son visage se fit sérieuse. Il eut peine à comprendre, d’abord, où voulait en venir le jeune homme se tenant devant lui, et sans doute cela parut-il dans ses yeux car Cirath s’expliqua davantage. Il répondit d’ailleurs d’un signe de tête à l’interrogation du ménestrel. Non, il ne se trompait pas. Il était évident que le prince s’était efforcé de demeurer dans l’anonymat, malgré son échec avec Cirath. Baissant les yeux, Haziel commençait à croire qu’il devrait se trouver un plan autre pour sortir d’ici et poursuivre son voyage. Le ménestrel ne semblait pas particulièrement enclin à prendre des risques pour lui, mais l’elfe comprenait. Aussi ne chercha-t-il pas à convaincre Cirath aussi vite. Soupirant, il allait lui dire qu’il saisissait très bien pourquoi le musicien ne voulait pas l’aider, qu’ils ne se connaissaient pas, que c’était risqué, etc., mais ce qu’il vit lui cloua littéralement le bec.

Lèvres entre-ouvertes, Haziel afficha un air surpris en redressant la tête. Un renard avait apparu à l’endroit où s’était trouvé, l’instant d’avant, un homme.

-Un druide… fit sa bouche sans émettre un son.

C’était la première fois qu’il en voyait un se transformer. Jusqu’à présent, ces êtres étaient demeurés de l’ordre de l’imaginaire, pour lui. Il avait maintes fois tenté de s’imaginer une telle transformation –l’avait lui-même essayé étant plus jeune, en vain- mais n’avait jamais vu. Son expression tantôt figée, d’ailleurs, changea vite fait afin de laisser place à un mince sourire compréhensif.

-Votre prudence est tout à fait justifiée. Il reprit, plus grave, retrouvant l’aplomb dont il était capable, aussi capable, en outre, que de la naïveté… Mais je vous assure que vous serez dignement récompensé si vous acceptez de nous aider. Considérez que vous serez toujours le bienvenu chez les Elfes, peu importe la suite des événements dans ce conflit. Du reste, peut-être souhaiteriez-vous être récompensé de manière plus… matérielle? Il regarda autour de lui. Je n’ai, comme vous pouvez le voir, pas grand chose avec moi, cependant… il fouilla dans la poche de son pantalon, en ressortit ce qui ressemblait à une libellule, mais en or et qui avait pour yeux deux grosses pierres d’un vert émeraude. Vous pourriez en tirer une bonne somme.

Main ouverte sur sa paume dans laquelle était posée le brillant insecte, le regard de Haziel se dirigea plutôt vers la fenêtre, de laquelle la clarté du jour commençait à se faire voir. Il reporta son attention vers Cirath, avec le pressant espoir que ce dernier accepterait l’entente.

-Alors?

[hrp]tu t'es bien débrouillée en tous cas ^^[/hrp]
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Mer 9 Juil 2008 - 17:54

Plusieurs secondes s’écoulèrent avant que Cirath n’esquisse le moindre geste, durant lesquelles il contempla la petite libellule d’or en se mordillant les lèvres d’un air pensif. Le bijou, bien que splendide même à ses yeux d’amateur, n’était pas sa première préoccupation, loin de là.
Toujours sans dire un mot, il tira une chaise à sa portée et s’y assit, l’air songeur. Il y resta un long moment durant, les yeux dans le vague. Mais lorsqu’il releva la tête, ce fut le ménestrel et non pas le druide qui sourit tranquillement à Haziel.

« J’accepte. Mais je pense qu’il nous faudrait éclaircir quelques points… »


Sa voix était assurée et son regard clair, comme s’il n’avait pas hésité une seule seconde et que sa réponse allait de soi.

« …et j’aimerais particulièrement savoir qui vous êtes, exactement. On croise peu d’elfes dans les parages, ces temps-ci. » Cirath eut la bonne grâce de prendre un air gêné « Bon, on ne voit pas un grand nombre de druides non plus, c’est vrai. Je ne vous demanderai pas ce que vous faites ici, c’est votre affaire, et à partir du moment où cette affaire ne me menace pas directement, je m’en moque. »

C’était un beau mensonge, songea-t-il en prononçant ces mots. Pour être honnête, il aurait été difficile de trouver dans la région quelqu’un de plus intéressé par ce genre d’information que Cirath. Mais le druide savait pertinemment qu’il n’obtiendrait pas de réponse à cette question, alors pourquoi perdre son temps à la poser ?

« Mais vous me promettez l’amitié des elfes. Je doute que nombre d’entre vous soient habilités à cela. Si vous le permettez, j’aimerais vous faire part de mes reflexions.»

Il croisa les jambes et compta sur ses doigts au fur et à mesure qu’il parlait. « Récapitulons. Votre manière de parler et vos vêtements laissent entendre que vous êtes d’origine noble. Sans compter que votre…ami vous parlait de manière particulièrement respectueuse. Vous allez rire, mais j’ai même cru l’entendre vous appeler "prince"…amusant, non ? Oh, et bien entendu… » Cirath eut un petit rire amusé « …votre nom. Gil’Rea. Croyez moi si vous voulez, mais si je ne me trompe pas, c’est le nom de votre reine actuelle… »

Le druide darda un regard vif sur Haziel.

« Bien entendu, n’importe qui sauterait sur la conclusion la plus évidente avec autant d’ardeur qu’un homme réduit à l’abstinence sur une pucelle, mais en ce qui me concerne, je ne peux m’empêcher d’avoir quelques doutes. »

Il se leva et fit quelques pas dans la pièce, pour finalement s’adosser tranquillement –du moins en apparence- à la fenêtre.

«Voyez-vous, j’ai personnellement beaucoup de mal à croire que le fils unique de la non moins unique reine des elfes se promène presque seul en terrain ouvertement hostile et, qui plus est, dévoile son nom sans la moindre gêne. Deux hypothèses m’apparaissent alors : soit vous êtes stupide –ou disons, si vous préférez, particulièrement distrait et irresponsable-, soit vous êtes un imposteur. »

Cirath s’interrompit, sans quitter l’elfe des yeux. Encore une fois, il jouait à un jeu dangereux. Et savoir que cette attitude n’avait aucune chance de lui apporter quoi que ce soit de bénéfique, si elle ne lui causait pas au contraire de graves ennuis, n’était pas le moindre de ses soucis. Ce n’était pas là la première fois qu’il provoquait son interlocuteur pour son seul amusement, mais aujourd’hui, si l’enfant était réellement le prince des elfes, les dangers étaient bien plus grands que tout ce qu’il avait pu connaître jusque là.
…presque tout, rectifia-t-il après un instant de réflexion.

« Enfin, n’allez pas croire que je vous demande une preuve. Je n’en retirerais que de sérieux ennuis, je le sais très bien. Je réfléchissais simplement tout haut. » termina-t-il avec un clin d’œil. « Alors voilà ce que je vais faire, avec votre permission. J’accepte votre marché, et je prends votre libellule. Néanmoins, c’est un bijou que peu de joailliers sauront reconnaître à sa juste valeur. Aussi la garderai-je le plus précieusement possible. Et si un jour, mes pas me mènent dans votre royaume, et que j’y suis comme vous me le promettez accueilli en ami, je vous le rendrai. En main propre si je le peux, pour vous remercier de votre remarquable tolérance envers l’impertinent que je suis. »

Il s’inclina une fois de plus, d’une manière presque correcte cette fois-ci, mais le sourire qui lui fendait le visage démentait la solennité du geste.

« Je suis donc prêt à me faire remarquer dès que vous me le demanderez. »


[hrp] aah, ce que j'aime faire des personnages aussi bavards...[/hrp]
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Dim 13 Juil 2008 - 1:48

D’abord soulagé, Haziel n’eut qu’à peine le temps d’esquisser un sourire que le ménestrel entonnait un hymne à la parole. Il parla. Parla et parla de choses, entre autres, qui ne réjouirent guère le prince, confiné dans son silence, que sa colère lui imposa d’abord.
Mais avant tout, les présentations. Ne dit-on pas, « l’école de la vie »? Et bien en ce jour naissant, le prince Haziel assistait à une importante leçon. Normal que l’on se pose des questions sur l’individu, lorsqu’il porte le nom d’un défunt roi et d’une reine. Et normal, également, que l’on s’interroge sur les motifs de ce même individu, lorsque de la royauté on le devine.
Peut-être le jeune elfe aurait-il dut se rire de son manque d’expérience, mais ce manque d’expérience, justement, il ne l’avait pas vu venir, ni même soupçonné, aussi s’avéra-t-il touché dans son orgueil en se sentant ainsi ridiculiser. Et oui, ridiculiser… N’était-il pas un stupide petit prince des elfes, à en croire les dires du ménestrel? N’était-il pas ce Haziel Gil’Rea qui, pour d’étranges motivations connues et comprises de lui seul, s’était aventuré en de dangereux terrains?

Assis sur sa petite chaise de bois, les orteils crispés dans ses bottes, son poing serré sur un pan de son vêtement, son autre main écrasant le mince parchemin qu’il avait abandonné sur la table à laquelle il était adossé, tête légèrement inclinée vers le bas, regard rivé à l’audacieux qui jacassait devant lui, Haziel se retenait. Il aurait tenté de réfléchir rationnellement qu’il n’y serait pas parvenu. Lui-même s’était en premier lieu efforcé de se remémorer les nobles raisons de son départ, de se les formuler en mots clairs, concrets. Mais ses réflexions n’avaient rien de cohérent ni de convaincant. Il se retenait donc, par manque de contenu à sa défense, de se lever et de taper du pied, en remettant bien à sa place le maudit poète, en clamant haut et fort que c’était parce qu’il le fallait, parce qu’il le devait, parce qu’il était nécessaire, absolument, il était…vital de… de…. Parce que son père, parce que Ledinborn….les Hommes… parce que la forêt d’Ellendwraï, et les Elfes, et Eluthiel… Et parce que la mort, la vie, la guerre… Parce que… parce que…

-D’ACCORD!

Le poing sur la table, le coup était venu ponctuer la phrase, résultat condensé de toute la frustration qu’avait éprouvée Haziel tout au long du discours du druide. La phrase donc, fut courte certes, mais ô combien plus efficace que la trame entrecoupée qui défilait dans la tête du gamin. Rouge, son visage, malgré les efforts, laissait transparaître le sentiment de Haziel en ce moment. Il baissa les yeux, inspira un bon coup et expira brusquement. Son regard ensuite alla vers la fenêtre, encore une fois, et cette dernière l’informa de la venue très prochaine du jour. Haziel risqua un regard vers Cirath. La vue du visage de ce dernier lui fit ouvrir la bouche et prendre la parole sans qu’un quelconque raisonnement ne l’en empêche d’abord. Aussi se leva-t-il énergiquement, poings serrés le long de son corps, air déterminé sur son visage dont les traits encore évoquaient une enfantine impudeur.

-Et OUI je suis le prince des Elfes! Et c’est VOUS qui êtes bête! À me parler comme à un imbécile… Je suis pas stupide et je suis pas irresponsable!!! Fit-il d’une voix forte incontrôlée. Il reprit cependant d’un ton plus calme, mais tout aussi instable, et baissa les yeux un instant. Et y’a mon… y’a mon… il est…il est… Yeux rivés à Cirath, il retrouva son ardeur. Et je veux savoir pourquoi!

Sur ce il tourna les talons et alla vers la porte, qu’il entrouvrît. Il se racla la gorge avant de reprendre, d’une voix adoucie mais dans laquelle l’on entendait encore le ressentiment.

-L’entente tient toujours. Je vais avertir mes hommes et… Faites ce que vous avez à faire dès que vous serez prêt. Nous le serons aussi.Et alors, entre ses dents, il fut possible de distinguer ces quelques mots à peine prononcés, marmonnés de manière très rapide... Merci pour votre aide je vous en serai toujours reconnaissant.

Avant que l’autre n’eut le temps d’ajouter quoi que ce soit –et même s’il l’avait fait…- Haziel sortit de la chambre et s’engouffra dans une autre bruyamment.

-NOUS PARTONS! Put-on l’entendre dire à travers la porte.
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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Dim 13 Juil 2008 - 15:39

Cirath étouffa un petit rire en observant la sortie du prince. Décidemment, celui-ci agissait vraiment comme un enfant…ce qui n’était pas pour lui déplaire. On sentait dans ses mots une telle sincérité, chose si rare…
A moins bien entendu qu’Haziel se soit révélé bien plus intelligent que lui en fin de compte. Peut-être se faisait-il depuis le début mener en bateau par cet étrange elfe. Il soupira. Eh bien, autant prendre le risque. Quitte à passer pour naïf, il préférait croire que son instinct ne le trompait pas, et qu’il était tombé, pour une fois, sur une personne véritablement honnête.
Dans tous les cas, le prince avait au moins confirmé son identité. Mentait-il ou non, Cirath le saurait bien un jour ou l’autre. Je crois que j’aime bien ce gosse… songea-t-il en rangeant soigneusement la libellule dans une poche de sa chemise.

Bien, se dit-il en craquant un à un ses longs doigts fins, les choses sérieuses allaient enfin pouvoir commencer…
Il s’assit sur le lit, et sortit de son sac une petite boite à maquillage dont il sortit divers pots de tailles et de formes diverses, ainsi qu’un petit miroir. En quelques secondes, ses cils furent allongés, ses joues et ses lèvres rougies, et ses yeux assombris.
Cirath brossa soigneusement ses longs cheveux roux, avant d’en tresser certaines mèches, qu’il fixa à l’aide d’une lanière de cuir. Il fouilla alors de nouveau dans son sac, et en sortit de nouveaux vêtements, plus fins et colorés, qu’il enfila avec un plaisir évident.
Il jeta un dernier coup d’œil dans son miroir. C’était désormais une jeune femme qui lui rendait son regard, pas particulièrement jolie d’ailleurs mais, se plaisait-il à penser, dotée d’un certain charme.

Le ménestrel –ou plutôt, désormais, la ménestrelle- rangea soigneusement son luth et ses divers accessoires dans sa sacoche, fit rapidement le tour de la pièce pour s’assurer de n’avoir rien oublié, puis s’étira longuement. Le moment était venu de s’amuser un peu.

Cirath sortit de la chambre et se dirigea vers la pièce voisine. Il frappa légèrement à la porte, et passa la tête dans l’entrebâillement.

« Je suis prête, monseigneur. »

Sa voix était parfaitement féminine, tant dans le timbre que dans les intonations. Mais c’est de sa voix habituelle, à peine plus basse en vérité, qu’il reprit avec un grand sourire avant de s’éloigner dans le couloir :

« Je suis ravi d’avoir fait votre connaissance, petit prince. J’espère bien que nous nous reverrons… »


Il sortit alors rapidement de l’établissement, son sac sur l’épaule, et s’arrêta une fois dehors. Le soleil pointait à peine à l’horizon, mais de l’activité se déclenchait déjà dans les rues. Paysans et marchands partaient vaquer à leurs occupations, lui jetant parfois au passage un regard intrigué. Le druide marcha quelques secondes, s’éloignant juste assez de l’auberge pour ne pas attirer l’attention sur celle-ci tout en restant suffisamment proche pour que ses occupants et les badauds à proximité l’entendent.
Avisant une caisse vide, il s’y percha et héla les passants d’une voix claire et gaie.

« Oyez oyez, braves seigneurs, gentes dames, venez donc écouter Esrie la ménestrelle ! Ecoutez la geste de sire Thorald, vainqueur des orthodoxes! Admirez moultes acrobaties et magies, dignes des plus grands sorciers du royaume ! Approchez demoiselles, approchez damoiseaux, entendre quelques chansons ! »

Tout en criant, Cirath scruta attentivement la foule qui commençait à se former autour de lui, à la recherche de regards hostiles ou d’attitudes menaçantes. Il s’interdit de regarder vers l’auberge pour vérifier qu’Haziel et ses compagnons en sortaient. Cela ne ferait qu’attirer l’attention sur eux et de toute façon, ce n’était plus son problème.
Un grand sourire s’afficha sur son visage, dévoilant brièvement des canines légèrement plus pointues que la moyenne, et le druide se lança dans une suite de sauts périlleux sans quitter l’étroite caisse.
Il fallait se faire remarquer ? Très bien. Il excellait dans ce domaine.
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MessageSujet: Re: Périple dans l'ombre [libre]   Mar 15 Juil 2008 - 19:47

-NOUS PARTONS, J'AI DIT!

Le pauvre elfe, Fëanàro, assis sur son lit, prit un moment pour comprendre ce qui se passait. D'abord il s'était allongé, se disant qu'il avait bien un peu de temps devant lui avant de partir, du temps pour relaxer, se reposer, peut-être bien fermer l'oeil un tout petit instant... Et donc, de pensif il passa à endormi en quelques minutes. Il connaissait Haziel depuis nombres d'années désormais, il l'avait vu venir au monde. Et donc il n'avait pas prit le risque de se laisser aller à un trop profond sommeil. Le prince et ses élans caractériels en faisait un individu pas particulièrement prévisible... Enfin, son imprévisibilité avait peut-être bien un petit quelque chose de prévisible mais... Cela dit, lorsque le jeune elfe pénétra en coup de vent dans sa chambre, il se redressa vite fait, yeux grands ouverts, esprits un peu flous.

-Maintenant? fit l'archer, étonné, en se levant.

-ÉVIDEMMENT! LE JOUR SE LÈVE! VOUS VOULEZ ATTENDRE ICI ET VOUS FAIRE ARRACHER LES OREILLES PAR DES HUMAINS FOUS, PEUT-ÊTRE!?!

-Non, biensur que non... Pardon mon prince.

Fëanàro se montrait poli, mais en vérité, à regarder Haziel tourner en rond dans la chambre, frappant de ses pieds le moindre meuble se trouvant sur son chemin, mains dans crispées dans son dos, il se disait que quelque chose avait piqué son chef, mais il ne dit rien. Avec les jeunes elfes en colère, mieux ne valait pas chercher à avoir des explications, elles viendraient toutes seules, lorsque la tempête s'apaiserait. Mais le truc c'est que, la tempête "Haziel" était particulièrement tenace.

-C'EST LE MÉNESTREL!

Là, vu le ton qu'avait employé le colérique, Fëanàro se dit qu'il devait être supposé connaître de quoi il s'agissait particulièrement. Il hocha donc la tête, signe qu'il comprenait. Évidemment, le ménestrel... Alors qu'en fait, il n'avait aucune idée de ce dont parlait le prince. Quoi, le ménestrel? Cet homme aux cheveux semblable à la fourrure du renard? Il le savait bien, qu'il ne ferait jamais l'affaire...

-IL A ACCEPTÉ DE NOUS AIDER! IL VA LE FAIRE MAINTENANT!

Il s'en prenait au lit, à présent, martelant de ses deux poings le matelas. L'archer s'écarta subtilement, pour ne pas le déranger... Ou malencontreusement se trouver sur son chemin.

-Oh... C'est une bonne nouvelle...!?

À ce moment, une femme passa sa tête dans l'entrebaîllement de la porte. Haziel cessa son attaque au matelas et Fëanàro se tourna vers la porte, dans l'espoir d'y voir son compagnon de voyage, l'autre archer. Hélas il ne s'agissait que d'une- Femme!? Homme?
Haziel quant à lui figea, sans mots dire, poings serrées, immobiles, au-dessus du lit. Une fois Cirath reparti, il se détendit tranquillement.

-Je suis fatigué.

Ah tient! Une bonne nouvelle! Songea Fëanàro en esquissant un quasi-invisible sourire.

-Nous faisons comme nous avons dit hier. Je pars par la campagne, vous vous faufilez dans la ville et nous rejoignons ensemble les autres avant le territoire des Amazones. Je vais préparer Williwan, rejoignons-nous dans l'écurie.

Sans plus s'attarder, Haziel quitta la pièce mais, à son tour, passa sa tête dans l'entrebaîllement de la porte mal refermée, ayant fait demi-tour avant de descendre l'escalier.

-Dites-moi franchement, Fëanàro, suis-je stupide?

Court silence gênant.

-Non, évidemment que non, prince Haziel... Vous êtes, au contraire, très... très...

-Merci ça ira. Coupa-t-il sèchement.

Et il quitta, claquant derrière lui, s'engouffrant dans l'escalier en manquant de le débouler. Haziel se retrouva rapidement dans l'écurire, alors que sur la rue, au même moment, débutait le spectacle de mademoiselle la ménestrelle. D'où il était, Haziel pouvait l'entendre, mais point le voir. Ses hommes le rejoignirent et préparèrent à leur tour leur monture. L'un des archers fut le premier à sortir de l'étable, à cheval, et à prendre la route par l'un des chemins de la ville, contournant la foule qui s'était formée autour de Cirath. Le prochain fut Haziel qui, dès que son cheval eut mis les sabots dehors, au trot, s'engagea vers une route qui menait à la campagne. Fëanàro fut le dernier à sortir. Le prince, de loin, jeta un coup d'oeil derrière lui, vers le ménestrel. Au fond, malgré tout, il n'était pas méchant, le druide... Même que, plutôt fier, Haziel sourit, songeant qu'il ferait des jaloux une fois de retour à la forêt, en racontant aux autres qu'il avait vu de ses yeux un homme devenir animal.

"Ouais je vous jure, c'était dégueulasse! On aurait dit une limace géante à un moment, c'était visqueux et mou... C'était vraiment effrayant... Et puis y'avait du poil partout, et la chose a prit forme... Mais c'était vraiment écoeurant j'ai faillis vomir! C'était pire qu'un vieil humain!" Ah oui... Il pouvait très bien s'imaginer les "ooooh" et les "aaaah" que provoquerait sa formidable et... fantastique... description un tout petit peu améliorée...
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Périple dans l'ombre [libre]

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