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 Un départ raté [Terminé]

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MessageSujet: Un départ raté [Terminé]   Jeu 26 Juin 2008 - 22:06

An 835, neuvième semaine.
Jour 6, matin.


Tout s’était déroulé comme prévu, ou presque. Les deux elfes accompagnant Haziel étaient parvenus à reprendre la route sans encombres. « Nous nous rejoindrons à la lisière de la forêt d’Ellendwraï, à l’extrême sud du village d’Amirisha. Là, nous poursuivrons en longeant les terres des Druides jusqu’à Eralo. Les trois autres y seront également. »
Hélas, ce ne sont pas tous les hommes qui aiment le spectacle, et de ceux-là, un en particulier n’aimait pas les elfes et, quelle surprise eut-il lorsqu’il distingua de sa ferme, en selle sur une belle bête au trot, non loin, un petit homme aux oreilles trois fois longues comme les siennes, s’efforçant de faire tenir sur ses longs cheveux d’argent une bien inutile capuche, avec tout ce vent. « Berla! Beugla l’ogre, j’vais chasser! » Il cracha parterre une fraction du mal qui le rongeait, empoigna sa hache de bûcheron et bondit sur son percheron noir jais avant de déguerpir, le cheval au grand galop, à la suite de l’elfe.

Devant Haziel, des fermes. La majorité des hommes désormais debout, ils étaient à la tâche dans leurs champs. Ils ne lui portaient pas attention, heureusement. Un voyageur parmi bien d’autres, c’est tout ce qu’il était. Et alors qu’il encourageait vivement de ses talons Williwan à maintenir son allure, Haziel espérait que ses deux compagnons faisaient bonne route également. Ils avaient insisté pour qu’il n’emprunte cette voie, qu’ils jugeaient la plus sûre, pour sa distance avec le centre du village, et donc sa distance avec de trop nombreux regards. Éviter d’attirer l’attention, c’était la principale intention des elfes en ce milieu humain. Raison pour laquelle ils s’étaient séparé.

-YA!

Un fou. Tournant la tête pour voir derrière lui, le prince vit en effet nul autre qu’un fou qui le poursuivait, dressé sur son monstre de cheval, brandissant sa hache en la faisant tournoyer au-dessus de sa grosse tête chauve, il se rapprochait. Des coups de talons répétés et insistants indiquèrent à Williwan que Haziel faisait appel à toutes ses forces et, fidèle malgré ses tendances têtues, le cheval s’élança droit devant. Seulement, sur la route longiligne qui semblait s’étirer éternellement devant eux, nulle échappatoire n’apparaissait. La seule issue possible se situait à la droite de Haziel, dans la forêt. Mais retourner à la forêt, c’était retourner à la case départ. Dans l’obscurité d’Ellendwraï, le prince devinait quelques sourires moqueurs. Il se refusa à cette alternative, malgré le diable à sa poursuite et malgré le souffle de Williwan.

Son sourire assassin dévoilait une dentition partielle et répugnante. Dans son regard, la même troublante absence que dans celui de son cheval. Ils étaient deux automates au service de leur instinct. Et l’instinct de l’homme lui dictait la chasse pour gagner le trophée. Il attraperait cet elfe et se mériterait non seulement la faveur de ses pairs, mais plus encore, la faveur d’un peuple et la richesse. Qu’il le vende ou le rende, il était assuré que cette créature lui rapporterait. Il cracha avec hargne parterre.

Les elfes… Quel fléau.

Williwan n’en pouvait plus. Ses naseaux étaient dilatés, il aspirait et expirait l’air avec difficulté, ses pattes, enflammées, galopaient avec difficulté et il était trempé de sueur. Haziel jeta un coup d’œil derrière lui. Il pouvait à présent sentir l’homme, sa transpiration, son haleine, l’ordure ambulante qu’il était, et ce, malgré le vent. Il était bien trop près. À cette distance, il pourrait lui envoyer sa hache en plein crâne. Haziel préféra éviter un tel accident et, fermant les yeux, il intima à Williwan de changer de direction, droit vers la forêt. Le cheval s’y élança sans hésitation et poursuivit son avancée entre les arbres avec autant, sinon plus, d’aisance que sur le chemin. L’homme les suivit, déterminé plus que tout à venir à bout du gamin.
Haziel ne rouvrit les yeux que lorsque la route se trouva plusieurs mètres derrière lui déjà. Il devait mettre un terme à cette chasse. Déterminé à ne pas finir gibier, avec agilité, il retira ses pieds des étriers, se retourna sur le dos du cheval et tira hors d’une ceinture fixée à la selle l’arbalète de son père. Flèche fixée à l’arme, il visa le chasseur et tira en plein cœur. L’homme s’effondra sur le sol de la forêt, le regard vide, puis son cheval s’arrêta, et Haziel disparut parmi les arbres. Épuisé, Williwan s’arrêta rapidement près d’un ruisseau afin d’y boire, libre de tout mouvement. En effet, toujours assis à l’envers, le prince demeura ainsi installé, figé, le regard aussi vide que celui qu’il venait d’abattre, l’arbalète pendant le long de son corps tel le prolongement de son bras. Haziel était sourd, aveugle, privé de tout contact avec cette forêt, là où le bois blanc flirtait avec le sombre, qui chantait son retour dans le murmure des feuilles. C’était la première fois qu’il tuait un homme.


Dernière édition par Haziel Gil'Rea le Jeu 17 Juil 2008 - 14:29, édité 1 fois
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Siran B.
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Ven 27 Juin 2008 - 4:13

Siran Bennefoy n’était pas un homme qui lâchait prise facilement. Il ne se croyait ni lâche, ni perdant et même s’il était pourchassé par les foudres de Loki lui-même, il continuerait à vivre. Il avait voyagé une semaine complète sous le soleil tapant des plaines, ne murmurant pas le moindre mot, ses yeux verts fixés sur un seul objectif. Une semaine longue et sans fin pour arriver finalement à Amirisha, une ville qu’il savait plus tranquille, plus recluse. Ce n’était pas vraiment une ville non plus, simplement un petit village reclus, se tenant bien solidement face aux forêts elfiques.

Lorsque le sixième soleil de la semaine se leva finalement, il traversait les portes d’un village qu’il n’avait jamais visité. Il n’en avait jamais même entendu parlé avant de quitter le havre familial, chaud et sécuritaire. Il sentait le soleil chaud sur son crâne, la faim dans son ventre, le tourment dans son âme. De la sueur coulait le long de son front, témoin du soleil et de sa chaleur, des longues heures passées à cheval, pour se rendre simplement d’un point A à un point B tout en s’éloignant le plus possible de tout ce qu’il avait connu, se refusant à mourir, ou à abandonner car il n’était pas de cette espèce. Il connaissait la fierté et la force.

Les sabots de son cheval faisaient lever la poussière en petits nuages derrières lui. Lui aussi était fatigué, ce fier destrier n’avait pas connu le calme non plus depuis le départ de Siran, mais il ne devrait plus en être ainsi. Enfin, il voyait la forêt d’Ellendwraï comme un but non seulement atteignable mais proches.

Si quelques gens pensèrent l’avoir reconnus lors de son passage furtif sur une route de campagne, ces paysans retournèrent bien assez tôt à leur champs sans se poser de question, mais des racontars ne s’en priveraient certainement pas plus tard. Mais rien de tout cela n’importait aux yeux de Siran, il savait que s’il ne se dépêchait pas, il passerait de fugitif à réfugier à traître en très peu de temps. Les nouvelles devaient déjà s’être rendues à son père et il savait que son espérance de vie ne dépendait que de la distance qu’il mettrait entre eux. C’est sur ses pensées que le prince et son destrier s’enfoncèrent dans la forêt entre les arbres.

Le cheval s’arrêta net devant quelque chose qui n’aurait pas dû se trouver en cet endroit. Siran démonta de son cheval pour aller observer de pus près ce cadavre transpercé d’un carreau. Ce n’était pas l’œuvre de la nature, et selon sa chaleur, il n’était pas mort depuis très longtemps. Il y avait donc du danger dans les parages. Il prit les rênes de son cheval et se mis à avancer dans la forêt, sur ses gardes, épée à la main.

Ses pas le guidèrent instinctivement sur la rive d’un petit ruisseau. Il n’était pas très gros mais il serait suffisant pour se rafraîchir un instant. Et il vit la menace. Un être aux oreilles pointues, de longs cheveux platine… il ne semblait plus méchant, les traces dans la forêt montraient bien la poursuite.

Mais cette ‘menace’ ne semblait pas l’avoir remarqué, l’elfe se trouvait quelques mètres plus loin. Siran, sans faire attention, s’accroupit et le son de ses vêtements se fit entendre, de toute façon, sa monture avait déjà décidé de piétiner dans l’eau. Quelle subtilité!


[hrp]Et moi qui craignait ne pas atteindre le 15 lignes XD[/hrp]
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Sam 28 Juin 2008 - 15:48

Dans son mutisme, dans son immobilisme, des images surgissaient en la mémoire de Haziel, un souvenir en particulier mettant en scène son père, près de lui, face à une cible sur un arbre. Il tournait la tête vers lui afin de lui expliquer quelque chose mais, aucun son ne s’échappait de la bouche de Ledinborn. C’était un souvenir muet. Ensuite, le roi des elfes élevait son bras devant lui, sourcils froncés, air déterminé sur le visage, et tirait, sans la moindre hésitation, au centre de la cible. Puis il souriait, baissant une fois encore les yeux vers son fils. De sa bouche muette, l’on pouvait clairement deviner les mots : « À toi, maintenant. » Et, tendant son arbalète à son fils, Ledinborn s’écarta. Haziel pointa la flèche sur la cible. « Imagine-toi que c’est un homme. » Lui dictaient les lèvres de son père sans un son. Hésitant, nerveux, le prince tira et, manqua sa cible.

Assis sur son cheval, Haziel, tête basse, se revoyait, lui, tirant sur l’homme gisant non loin. Il n’avait pas hésité une seconde, il n’avait pas songé à la portée de son geste, et l’avait fait. En plein cœur. Impossible de survivre à un tel coup. Le troublant sentiment qu’il n’était pas l’auteur de ce tir le prenait depuis qu’il était là, près du ruisseau. C’était comme si son bras avait agit contre son gré. Et pourtant, sur le coup, tout parut normal. Personne ne l’avait obligé à le faire, si ce n’était que lui, puisqu’il était seul… Malgré cela, Haziel n’arrivait pas à croire qu’il était non seulement capable de tirer aussi bien, mais en plus, capable d’autant de sang froid. Sang froid qui, par ailleurs, le laissait maintenant complètement fébrile par sa disparition.

Il redressa sa tête vivement. Quelque chose tout près avait bougé. D’un élan, il se retourna sur le dos de Williwan, ce dernier ayant le museau toujours fixé au ruisseau, et se retrouva alors face à face avec un homme à cheval, comme lui. En un coup de vent, l’arbalète fut de nouveau chargée et le bras de Haziel, dans un geste tout aussi vif, s’éleva dans les airs, droit devant, flèche pointée sur le cœur de l’inconnu.

-Qui êtes-vous? Demanda le prince d’une voix essoufflée.

La respiration du jeune elfe avait accéléré et, plutôt que d’afficher la menace ou la colère, c’est la peur et la douleur, qu’exprimait son visage défait. Bras tremblant, respiration sifflante, des perles de sueur commencèrent tôt à glisser sur les traits crispés de Haziel. Il céda presque aussitôt, forcé par la quinte de toux qui le prit, à rendre l’arme, qu’il laissa d’ailleurs mollement et involontairement tomber parterre. Le mécanisme de l’arbalète fut enclenché par la chute et la flèche décocha droit au pied du tronc d’un arbre après avoir frôlé le sol et fait lever quelques feuilles mortes sur son passage. Williwan avait redressé sa tête et tendait désormais ses naseaux vers l’autre animal qui lui faisait face afin de le sentir. Essoufflé, ses poings refermés sur le bas de la crinière de sa monture, Haziel portait sur le jeune homme un regard méfiant. Faible, il se servait de la nuque de son cheval pour appui et, de son mieux, s’efforçait de ne pas dévoiler son malaise. Cela faisait plusieurs jours qu’il n’était pas au mieux de sa forme, sans savoir pourquoi. Ça passera, se répétait-il. Et aussi fut-ce ces mots qui lui revinrent en tête au moment où il reprenait la parole, s’obligeant à l’oubli de son trouble.

-Qu’est-ce que vous faites ici? Parvint-il à articuler en toussant.

Lui qui jadis s’était crut en sécurité, ici dans la forêt d’Ellendwraï, commençait à croire que la sécurité tout entière commençait à perdre son sens sur le continent. Qu’est-ce qu’un homme seul venait faire par ici? Il avait tout le centre du continent à sa disposition, pourquoi empiéter sur la forêt des elfes et des nymphes? Et pourtant, malgré l’impression qu’on empiétait chez lui, d’une certaine manière, Haziel ne pouvait s’empêcher d’éprouver de la curiosité envers ce cavalier aux allures… étrangement, princières.
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Siran B.
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Sam 28 Juin 2008 - 16:26

Après avoir mis pied à terre, le prince fut surpris d’un tel accueil, mais une partie de lui ne pouvait blâmer celui qui semblait être un enfant. Il se doutait bien que cet elfe avait plusieurs années de plus que lui, mais ils e contenta de ne pas en parler. On ne l’avait pas élevé dans la peur des autres races. Il considérait chaque être pensant comme égal, et il se refusait de se dire que les elfes, qui vivaient dans les forêts, valaient moins que les humains dans les villes ou que les ombres… peu importe où elles vivaient. On ne l’avait pas éduqué de cette façon, du moins pas avant que son père ne se mette à changer, mais lorsque cela arriva, son éducation formelle était déjà terminée et il du se replier sur son ‘frère’.

Siran leva les bras d’un coup sec, dès qu’il sentit une arme pointée vers lui, dès qu’il entendit le déclic de l’arbalète. Il regarda l’homme plus petit dans les yeux, il n’avait pas l’air bien méchant, mais évidemment qu’après avoir subit une attaque comme ça l’inconnu serait plus méfiant. Et le jeune prince ne tenu pas cela contre l’elfe. Il se contenta d’attendre patiemment qu’il baisse son arme.

La toux le laissa plutôt perplexe mais il ne baissa les mains que lorsque l’arme fut baisser. Délicatement, il posa son épée longue par terre. Il n’était pas hostile, il était plutôt inquiet pour son état de santé. C’était dans sa nature, mais il n’en dit rien, lorsque son épée longue fut par terre, il s’approcha lentement en posant un genou par terre.


- « Mon nom est Siran. »

Il n’avait jamais eu besoin d’en dire plus que cela, mais au fond il ne tenait vraiment à ce que quiconque sache qui il était. Il ne voulait plus rien savoir de son père, de ses origines, et du régime que… qui était imposé sur des gens bons. Une partie de lui savait que son père était honnête et que le pouvoir lui était monté à la tête, mais une autre espérait encore qu’il soit contrôlé par quelqu’un d’autre, que l’homme qui l’avait tenu lorsqu’il était encore un bébé. L’espoir faisait vivre, disait-on.

- « Avez-vous besoin d’aide…? Vous ne semblez vraiment pas bien… »

Malgré la saleté sur son visage, le jeune homme semblait sincère. Il ne s’était pas arrêter depuis quelques jours et il avait besoin de repos, mais si sa mère lui avait apprit quelque chose c’était bien de toujours faire passer les autres avant soit, surtout lorsqu’ils étaient dans le besoin. Malheureusement son père de son côté n’avait pas retenu la leçon ce qui était bien dommage. On pouvait voir ou cela l’avait mené.

Il replaça ses cheveux d’un mouvement presque habituel et il soupira, attendant une réponse mais décida que décliner son identité ne serait peut-être pas suffisant pour avoir sa confiance, en fait ça aurait eu plus l’effet inverse.


- « J’ai à faire à la Tour Céleste. »
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Mar 1 Juil 2008 - 13:58

Siran. Juste Siran. Haziel eut beau tenter de disséquer du mieux qu’il le pouvait sa mémoire, ce nom, ce prénom plutôt, ne lui rappelait rien. Pourtant, l’homme qui venait avec, lui, avait quelque chose de familier. Peut-être ne s’agissait-il seulement de ses manières, du ton de sa voix, de son visage même, malgré la saleté. Tout de Siran évoquait aux yeux de Haziel le familier, le connu, le royal, à bien y songer, ce monde qui l’avait vu naître et l’avait gardé de tout danger pendant de nombreuses, très nombreuses années.
Le prince des elfes par contre, ne répondit rien au jeune homme aussitôt. Il le regarda s’agenouiller, du haut de son cheval, les poumons au bord des lèvres, tout en se disant qu’il n’avait peut-être bien rien à craindre. Du moins, rien à craindre de Siran. Pour l’instant, c’est lui-même qui lui était dangereux. Son corps n’avait plus la force qu’il avait possédée au début de ce court voyage, au contraire, il dépérissait. Ni combats, ni poursuites trop nombreuses pourtant n’avaient perturbé sa route jusqu’à présent alors, pourquoi s’affliger ainsi?

D’un mouvement vif et étonnamment contrastant avec la lourdeur qu’avaient pris les membres de Haziel, il secoua la tête en signe de négation lorsque l’homme lui offrit son aide. Dans le même esprit, il éleva son bras droit, paume devant, comme pour arrêter Siran avant qu’il ne tente quoi que ce soit. Obstiné, Haziel se convainquait que sa toux n’était que passagère, sa faiblesse aussi, et que vite fait, il n’aurait guère souvenir de ce malaise. Pas question de subir les mauvaises humeurs de sa santé et se laisser aider par quiconque. Il viendrait à bout de lui-même seul. Ainsi demeura-t-il assis sur Williwan, jambes pendantes le long du ventre de l’animal, les pieds trop las pour se tenir dans les étriers. Cependant Haziel se redressa quelque peu, gardant son dos le plus droit possible que ses forces le lui permettaient.

L’affirmation qui suivit, de la part de Siran, anima vivement l’intérêt du prince. Ses deux mains de nouveau accrochées à la crinière de Williwan, il tourna la tête vers l’autre, un léger regain d’énergie dans le regard. Haziel tenta de fouiller la nature des intentions de Siran, le fixant intensément un moment. Ce qu’il vit dans son regard, ce ne fut ni crainte, ni méchanceté, ni mensonge. La gentillesse de cet homme était honnête, tout comme ses intentions.
Soudain, il vint à l’esprit de Haziel que l’homme se tenant devant lui était sans aucun doute l’un de ces humains qui se rangeaient contre leur roi. Ils n’étaient pas nombreux, avait-il put constater lors de son voyage, mais il en avait vaguement entendu parler. Voilà pourquoi s’adressa-t-il ainsi à Siran.

-Vous n’êtes pas comme les autres gens de votre race, n’est-ce pas?

Un peu comme moi au fond… se dit Haziel en baissant les yeux. Et cette pensée le fit sourire discrètement.

Reposant son regard sur l’homme, le prince afficha un air confiant. Il était fatigué. Fatigué tout court et, fatigué de se sentir menacé. La présence de Siran lui était, finalement, bénéfique.

-Je vous conduirai à la Tour Céleste, j’y suis… familier. Je suppose que vous désirez vous entretenir avec la reine…?

Cette fois Haziel détourna le regard, incitant Williwan à se remettre à la marche, oubliant son arbalète derrière lui. La reine… Il n’avait pas prévu la revoir sitôt et, ce sentiment le laissait perplexe. Il éprouvait à la fois la hâte et la honte. Il était parti, le voilà qui revenait, ayant échoué à la mission qu’il s’était lui-même imposée. Se moquerait-on de lui?

Bien, songea Haziel, ce ne serait pas une première…

Et puis en plus, il n’échouait pas complètement, à bien y penser. Il y avait bien un honnête homme de plus avec lui et, malgré le fait qu’il le connaissait très peu, le prince ne pouvait s’empêcher d’espérer qu’il partageait les mêmes idées que lui.

[hrp]Je m'excuse d'avoir tardé... Absence imprévue... =S [/hrp]
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Siran B.
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Mar 1 Juil 2008 - 14:31

Le prince humain sourit faiblement. Il n’aimait pas voir quelqu’un qui était mal en point se forcer pour faire des choses au-delà de leur état, mais il connaissait bien la fierté, et il savait qu’en pareille situation, il aurait fait la même chose. Mais il trouvait bien dommage de le voir souffrir ainsi sans pouvoir faire quoi que ce soit. Son regard émeraude était attendrissant mais il ne fit pas le moindre mouvement vers l’elfe, ne voulant pas le faire fuir même s’il le voyait se calmer un petit peu à chaque seconde. Cela le fit sourire doucement et il hocha de la tête, vaincu par l’entêtement de l’autre prince.

Il se retourna pour lui faire dos un instant, enlevant ses gants et relevant ses manches. Il s’accroupit devant la petite rivière question de se rafraîchir un petit peu, il en avait vraiment besoin, après une semaine de course folle, une course contre la montre qui n’était pas encore finie, mais pour l’instant il se croyait en sécurité à cet endroit, il croyait bien que son père ne le chasserait pas jusque là, en terre où il n’avait aucun allié… mais il ne fallait pas se fier à ce simple principe. Rien n’arrêtait le Seigneur du Nord. Rien du tout. Cependant une courte pause ne serait pas de refus, question de reprendre son souffle, et de manger un petit peu.

Il prit de l’eau fraîche entre ses mains en souriant faiblement, il commença par en boire quelques gorgées puis il se lava le visage en silence, repensant à cette rencontre.


- « Hum… je suis sûr que vous avez bien d’autres choses à faire que de m’aider, je me trompe? L’aide ne serait pas de refus, mais je ne veux pas vous retarder, vous vous étiez aventuré lui de chez vous sûrement avec raison… »

Siran leva ses yeux verts encore une fois vers Haziel. Il pensait pouvoir lui faire confiance, sinon il l’aurait déjà attaqué. Il se doutait bien que son nom n’était pas connu jusque dans les contrées elfiques et ce serait une bonne chose, il ne voulait pas être perçu comme ‘le fils à papa’ et tuer pour cette raison. Ardiosis était une mauvaise personne, il n’avait plus aucun droit d’être sur ce trône si c’était pour provoquer plus de douleurs à tous et chacun. Ce n’était pas une guerre personnelle. De ce qu’était devenu son père, Siran ne voulait ni respect ni attention.

- « Je ne suis pas comme les autres humains non… je ne vis pas dans la peur de me faire abattre pour mes opinions… mais tant de gens sont pris dans cette situation, les journées sont bien tristes parmi les humains comme moi. Enfin… C’et pour ça qu’il faut commencer à penser à agir, je pense. De toute façon… »

Il s’arrêta un instant en le regardant pensivement. Il avait déjà visité les contrées efiques, mais il n’était encore qu’un enfant, alors il ne se souvenait de rien, mais de penser que ces gens qui l’avaient vu enfant n’avaient pas vieillis durant son éphémère existence le faisait sourire et l’attristait à la fois. Comment justifier ses propres actions quand on ne verrait pas les conséquences, peut-être que les humains ne voyaient pas plus loin que leur bout de nez.

- « Je cherche bien à rencontrer la reine, si c’est possible… »

[hrp]Pas de problème Smile[/hrp]
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Mar 1 Juil 2008 - 19:31

-Vous aider fait partie des choses que j’ai à faire. D’ailleurs, il est temps pour moi de rentrer. C’est la décision la plus raisonnable que j’ai prise depuis longtemps. Répondit Haziel en tournant la tête vers Siran alors que Williwan s’était arrêté.

Esquissant un faible sourire, le prince songeait aux excuses qu’il devait à sa mère. Partir comme il l’avait fait, inopinément, sans avertir, c’était irraisonnable et irresponsable. Sa mère était une alliée, quelqu’un en qui il pouvait et devait avoir confiance et avec qui il serait possible de venir au bout de ses ambitions, de ses promesses, il en était certain, désormais. Il l’avait probablement toujours sut seulement, c’est à ce moment précis que tout lui apparut clairement en tête. Et surtout, qu’il agisse comme il l’avait fait n’était assurément pas ce que Ledinborn aurait espéré de son fils. Cette seule pensée renforcit le désir de retourner chez les elfes en Haziel. Il affronterait les regards, les paroles, tout. De plus, Ledinborn, c’était un peu lui, en un sens, du moins, une partie de lui.

Mon arbalète!

Sous le commandement du prince, Williwan revint vers le point de départ, puis se rapprocha de l’endroit où avait atterri l’arme de Ledinborn. Siran reprenait la parole à ce moment et, ses mots soulevèrent des questionnements en Haziel. Vivre dans la peur de se faire abattre pour ses opinions… Ce conflit qui se profilait au sein du continent en était un de liberté, au fond. Mais qu’est-ce que la liberté, lorsque deux grands idéaux se disputent la vérité? Liberté de croire? Liberté jusqu’à quel point? Jusqu’à celle des autres? La question était vaste, lourde et complexe, Haziel en prenait conscience. Lui croyait se battre, vivre tout simplement, pour un certain Bien, une certaine Vérité qu’il croyait absolue, indéniable, alors qu’au fond, il en était peut-être complètement autrement dans maints autres esprits. Plongé dans ses cogitations, le jeune elfe affichait une mine sérieuse et quelque peu troublée.

Siran s’était interrompu. Haziel le regarda. Penser à agir, avait-il dit. Penser avant d’agir, en d’autres termes. C’était là une maxime très présente chez les elfes. Non seulement dans leur politique, mais également dans leur comportement naturel. Leur grâce, leur air mystérieux, distant parfois même, c’est de cette patience dans les gestes, dans leur être, que ça leur venait. C’est, du moins, c’est que Haziel se dit en y réfléchissant un peu. Mieux connaître les peuples, les races, c’est aussi mieux les comprendre. C’était important, ou plus encore, c’était essentiel, pour éviter de dangereux malentendus.

Silencieusement il soupira à l’énoncé de la reine par Siran. Et comment, que c’était possible…! Si seulement il savait. Il adressa à l’homme un sourire à travers lequel filtrait sa fatigue.

-Bien entendu, que c’est possible. Et sans doute sera-t-elle tout à fait encline à vous écouter et à vous soutenir dans votre dessein. … Quoi qu’il arrive, je le serai.

À ces mots, il entreprit de descendre de son cheval, passant une jambe par-dessus le dos de l’animal pour ensuite se laisser glisser du côté gauche jusqu’à atterrir par terre. Haziel sembla perdre un court instant l’équilibre mais se reprit rapidement, se penchant pour reprendre son arbalète, qu’il rangea à sa place sur la selle. Les deux mains agrippées au cuir de la selle, il tenta de se hisser avec peine sur le dos de Williwan une première fois, mais échoua. Il essaya de nouveau, mais ne fit que s’affaiblir. Tête baissée, le front contre le cuir, il soupira encore une fois.

-Mon père disait que la seule chose qui pouvait vaincre les elfes, c’est ce qui a de plus naturel et de vrai, le cœur. Il tourna la tête vers Siran, un petit sourire au coin des lèvres. Le mien est trop lourd. ... Vous pouvez… me donner un coup de main, s’il vous plaît?
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Siran B.
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Mar 1 Juil 2008 - 20:32

Siran ne comprit pas le sens des mots de l’elfe. La décision la plus raisonnable… Il se contenta de hausser des épaules sur le coup mais ses releva un instant plus tard en enfilant ses gants. Il le regarda faire en le trouvant plutôt bizarre mais ne se plaint pas. Si cet elfe pouvait l’amener où il désirait, il ne pouvait se plaindre de son rythme. Il s’adapterait, comme toujours, mais demanderait peut-être une petite pause, question de se reposer. Il avait fait presque une semaine de route sans s’arrêter, sans regarder derrière lui. Siran était las et fatigué mais il n’avait pas de temps à perdre, pas pour l’instant. Son père était plus dangereux chaque minute qui passait, mais bien sûr il préférait ne pas en parler.

Il regarda le jeune elfe et s’approcha de lui, mais avant de l’aider il soupira et secoua la tête. Non sans vouloir l’offenser, mais il avait besoin de vrai sommeil, il avait besoin de s’arrêter un court instant, si ce n’était qu’une heure ou deux… à moins que la Tour ne soit près, il ne savait pas vraiment combien de temps ils seraient encore à cheval, mais il deviendrait fou, sans manger et sans boire.


- « Je ne voudrais pas vous paraître insolent, mais je dois me reposer un peu… à moins que vraiment nous soyons tout proche, je ne pense pas pouvoir faire une autre journée de route effrénée comme toutes mes autres… Mais si je sais qu’au bout j’aurai le soutien que je cherche, que ce soit le vôtre ou celui de la reine… la route sera certainement plus aisée. »

Mais en gentilhomme qu’il était il aida Haziel à remonter sur son cheval avec une douceur surprenante. Lorsque ce fut fait il sourit et se dirigea vers son propre cheval afin de le monter. Il soupira un instant, se sentant encore une fois las, mais il ne voulait pas paraître pour lâche. Il ne voulait surtout pas s’arrêter maintenant qu’il était si près de son but.

- « Bah, finalement ça ne changerait pas grand-chose je pense… nous allons bien loin? » Il se demandait s’il serait correct pour survivre toute une autre semaine de cette façon. « Et si nous sommes pour faire un bout de chemin ensemble, seriez vous à même de dire votre nom? »
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Mer 2 Juil 2008 - 2:35

Haziel se sentit un peu mal. Il songea à retirer sa demande à l’adresse de Siran, à s’excuser d’être aussi faible, incapable et égoïste. Prenant conscience pour la première fois depuis leur rencontre que l’homme était lui aussi possiblement fatigué, étant apparemment lui-même voyageur. Il aurait dut comprendre, deviner, et ne pas se montrer aussi… prince. Il regretta mais, n’eut pas le temps de faire entendre ses regrets qu’il sentait les bras de Siran l’aider. Il y avait quelque chose de rassurant, en cet homme. Même ses gestes en témoignaient.

-Merci. Fit Haziel une fois le dos de sa monture retrouvé.

Rennes lousses en mains, il suffit de légers coups de talons pour que le cheval ne se remette en route, au pas.

-Je puis vous assurer que nous serons à Amil-Gadia cette nuit, considérant que nous ferons quelques arrêts au besoin et que la majorité du parcours se fera au pas. Mon cheval connaît la forêt aussi bien que moi, sinon plus, et il nous guidera. Vous n’avez qu’à laisser suivre le vôtre.

Haziel ne comptait plus les fois où il s’était aventuré à l’aveuglette dans la forêt. Ainsi en était-il venu à la connaître par cœur, tout comme son cheval qui, selon toute évidence, ne semblait nullement douter du chemin à emprunter, s’enfonçant dans le bois sans hésitation, sans crainte. Haziel le laissait aller et, bien vite, il lâcha complètement les rennes sur la nuque de Williwan.

-Excusez-moi, reprit le prince sans se retourner, je ne me suis pas présenté, vous avez raison. Il tourna la tête vers Siran. Je suis Haziel Gil’Rea.

Faisant de nouveau face au bois désormais bel et bien blanc, l’elfe n’ajouta rien pour le moment. Il n’avait absolument aucune idée de l’importance qui était accordée au nom de sa famille à l’extérieur, chez les autres peuples, mais ne s’en inquiéta nullement. Que Siran ai ou pas déjà entendu « Gil’Rea », cela importait peu à Haziel. Il avait décidé de faire confiance à cet homme et puis, de toute façon, il serait difficile de cacher son identité une fois à Amil-Gadia. Le simple fait de songer à son retour ne lui inspirait rien de bien agréable, si ce n’est la présence réconfortante d’Eluthiel. Cela dit, elle ne serait pas seule. Mais lui non plus, ne l’était pas. Il y avait Siran et, sans doute ses hommes qui l’avaient accompagné jusqu’au village des humains le rejoindraient-ils. Dès le matin du moins, Haziel était certain de les voir arriver à la Tour. Il l’espérait, en tous cas, car il était celui qui les avait entraînés dans cette expédition incertaine.

-Sentez vous libre de répondre ou pas, Siran, seulement je me demandais… Quel type de fonction occupez-vous? C’est que, vous n’avez pas l’air d’un paysan ou d’un soldat… Votre langage, vos manières… Une grandeur émane de vous. Vous êtes quelqu’un d’important chez les humains, non?

La voix du prince n’était pas forte, mais tout juste suffisamment portante pour être entendue par l’homme non loin. D’ailleurs, on aurait pu croire, à le voir de face, que Haziel se trouvait entre le sommeil et l’éveil, vu ses paupières closes. En vérité il profitait du voyage pour se reposer. Williwan était non seulement le transport du duo, mais également les yeux.
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Siran B.
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Jeu 3 Juil 2008 - 23:53

- « Aller, de rien…Haziel. »

Ce nom sonnait plutôt étrange à son oreille. Il n’arrivait pas à mettre d’histoire ou de sentiment sur ce nom mais il l’avait entendu dans le passé, mais il ne savait pas du tout de qui il s’agissait. Siran se contenta de lui sourire avant de s’essuyer les mains sur sa tunique. Il était plutôt heureux de cette rencontre fortuite qui lui simplifierait bien la vie. Alors il était bien heureux. Sauf que son nom de famille était vraiment connu mais il ne commenta pas. Il valait simplement mieux ne pas révéler le sien avant d’être rendu devant la reine, en expliquant la situation rapidement et succinctement, question de ne pas se faire faire de mal. Il savait que les elfes avaient les humains en horreur, mais peut-être pas tous les humains… c’était une chance à prendre.

Il soupira et se remit en selle. Il était bien content de se retrouver assis malgré le fait que le cuir de la selle lui semblait particulièrement inconfortable. Surtout après la semaine de cheval qu’il avait eu mais il ne voulait pas en parler de suite. Il s’était remplie une gourde d’eau et chercha dans son sac pour prendre ses derniers morceaux de pain.


- « Je… j’imagine que c’est une question de perspective. Tous les humains ne pensent pas de la même façon… alors si pour certains je suis importants, pour d’autres je suis un traître à pourchasser. C’est leur point de vue… chacun a ses opinions sur les autres. »

Le jeune homme se mordilla la lèvre, un peu mal à l’aise par cette rencontre. Mais il se dit que le plus tôt ils seraient partis, le plus tôt ils seraient arrivés et il aurait sûrement la chance de parler à la Reine des Elfes pour être mieux et avoir l’esprit plus tranquille… de savoir que quelque part certains gens partageaient ses opinions, et qu’ils étaient respectés.

- « Partons maintenant, je vais manger pendant que nous pouvons y aller à cheval. J’aimerais bien avoir un toit au-dessus de ma tête cette nuit… bon… on peut toujours rêvé hein! »
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Dim 6 Juil 2008 - 12:48

Rêver… Haziel y était presque. La voix de Siran lui parvenait très bien cependant, tout le reste était plongé dans une forme unique, une masse unique, c’était la forêt, dans toute sa variété et sa grandeur, elle ne faisait plus qu’une autour du prince. L’odeur du bois était rassurante. Le froissement des feuilles sous les pas des animaux était apaisant. Les quelques rayons du soleil, toujours les mêmes, qui parvenaient à se glisser entre les épais feuillages réchauffaient tout juste ce qu’il fallait le visage calme de Haziel Gil’Rea, prince de cette forêt, sa forêt, se plaisait-il souvent à dire, car elle aussi, il la protégerait contre quiconque manquerait de respect à son égard ou mettrait en péril sa vie.

Mais Haziel rouvrit les paupières. Le monde du rêve attendrait. Il serait toujours là, de toute façon. Ce qu’avait dit Siran était signifiant. Ainsi en dévoilait-il amplement sur sa personne tout en demeurant imprécis. Le prince comprit pourquoi. Être jugé comme traître par les siens devait être terrible. Les idées, se disait parfois Haziel, existent à l’insu des êtres vivants, mais se font la guerre à travers eux. Siran était sans doute victime d’une idée divergente, mais pas moins vraie et porteuse de sens, de raison.

-Oui… Chacun ses opinions sur les autres. Fit Haziel en abaissant légèrement la tête.

Il se souvint l’opinion que semblaient lui porter certains elfes au royaume, opinion qui, malgré eux peut-être, transperçait à travers leurs yeux. Lui n’était pas considéré comme un traître, par contre…

Enfin, peut-être bien, qui sait maintenant…

Maintenant qu’il avait fui sans s’expliquer, qu’il revenait accompagné d’un étranger, d’un humain qui plus est. Les elfes auraient matière à préjugés, à opinions non-fondés…
Haziel redressa sa tête, déterminé. Non. Il ne fallait pas songer ainsi et donner raison, justement, aux opinions qui se basent sur des incertitudes. Il devait avoir foi en son peuple. Ils comprendraient.

-Rêver est ici recommandé, si vous voulez mon avis. Certains adressent des prières à leurs dieux, moi je rêve. J’ai le sentiment que cette forêt n’est pas tant le résultat de l’œuvre d’un dieu, mais plutôt de son rêve. Il haussa les épaules, sourit. Me voilà qui divague, justement… Haziel tourna la tête vers Siran. En tous cas, chose certaine, rêve ou pas, vous aurez un toit sur votre tête pour une partie de la nuit!

Son regard revint vers l’avant. Déjà les deux montures s’enfonçaient de plus en plus profondément dans la forêt qui semblait refermer ses bras sans fins autour d’eux. Haziel n’était pas pour le moins du monde inquiet, tout comme son cheval Williwan. Au contraire, tous deux retrouvaient leur élément, la nature.

[hrp]tu peux faire une ellipse si tu veux, et en venir à la nuit où je sais pas, quand et comme tu veux.[/hrp]
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Siran B.
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Lun 7 Juil 2008 - 23:44

Le jeune humain tourna les yeux lentment vers l’autre personne mais il se contenta de sourire tout doucement en le regardant. Si le jeune prince avait l’air tout à fait d’un enfant, son esprit avait grandit avant son temps. Peut-être que quelque part ils n’étaient pas si différents que cela… chaque nation avait ses problèmes, mais les problèmes de la sienne étaient rapidement devenu ceux de toutes les autres. Quelle poisse… il aurait beaucoup de difficulté à expliquer sa présence à la reine des elfes. Il passerait sûrement plus pour un traître ou un ennemi potentiel. Si pour le jeune elfe, le om n’évoquait rien, il doutait qu’il en soit de même pour sa mère. Il avait sûrement prit un risque plutôt stupide en venant à cet endroit mais il pensait que c’était une nécessité.

Ils passèrent une bonne partie de la nuit à marcher. C’était en fait quelques heures mais le temps semblait plus long pour l’homme qui avait eu un sommeil agité toute une semaine, et qui n’avait fait que voyager d’un point A à un point B sans même penser pourquoi il le faisait. C’était une constatation plutôt triste mais il devait savoir ce qu’il en était, il devait avoir des armes pour lutter contre son ère, des armes politiques et des alliés, pas simplement une volonté de changer le monde.

Ses yeux se promenaient partout aux alentours, comme s’il tentait de mémoriser le chemin pour revenir en terrain humain. Il ne voulait pas être perdu à cet endroit ad vitam eternam. Il n’attribuait pas de mauvaises intentions aux elfes, mais son père lui avait aprit à toujours être sur ses gardes et dans sa situation ce n’était pas du luxe que de penser à toutes les possibilités.

Lorsqu’il vit, au loin, une ville, le jeune homme sourit, ses yeux verts s’illuminèrent un peu. Il était bien content d’être enfin arriver, mais en mesure de précaution, il chercha dans ses sacs pour finalement sortir une longue cape blanche et noire, préférant laisser sa cape usuelle dans ses sacs.


- « Nous y voilà enfin. »

Il regarda le ciel pensivement au travers des nombreux arbres et il se contenta d’un soupire. Il était tard mais pas assez pour devoir faire une autre nuit blanche. Avec de la chance il trouverait rapidement un logis et pourrait un peu dormir.

- « J’espère ne pas trop attirer les regards, quoi qu’à cette heure… »

[hrp] On devrait bouger le sujet?[/hrp]
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MessageSujet: Re: Un départ raté [Terminé]   Mer 9 Juil 2008 - 0:27

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