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 Poésie, cuisine et dérapage

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Alphaïde
Gwendirien
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MessageSujet: Poésie, cuisine et dérapage   Mer 2 Juil 2008 - 14:53

An 835
4e jour de la 9e semaine
Fin de la matinée



Certaines histoires nécessitent une explication, une analepse.
En ce quatrième jour de la neuvième semaine, dans la grande salle des fêtes de son palais, Alphaïde Elwing marchait de long en large, enthousiaste, impatiente. Elle l’attendait depuis le début de la semaine et son arrivée était prévue pour aujourd’hui. Pour ce midi même. Et, cerise sur le gâteau, le porteur était connu de tout le Gwendir, au moins en réputation. Et quelle réputation !
Mais qu’est-ce qui mettait la nymphe dans ces états ? Et qui était le mystérieux porteur, vous demandez-vous ? Et bien c’est justement tout cela qui justifie un rapide retour en arrière.



An 835
1er jour de la 9e semaine
A l’aube


Comme il lui arrivait souvent de le faire, Alphaïde s’était levée entre chien et loup pour profiter du jour naissant. Certes, il faisait frais en ce début de semaine : le ciel était bas et les nuages couleur de pluie occupaient toute la voute céleste. Il devait surement neiger quelque part sur le Gwendir.
La jeune reine n’en ouvrit pas moins la fenêtre de sa chambre : un vent frais vint frapper son visage, lui faisant certainement monter le rouge aux joues. Les fins rideaux se mirent à dessiner des arabesques, dans l’indifférence la plus totale. Alphaïde avait le regard fixé sur l’horizon, guettant le pâle soleil hivernal. Jamais il ne réussit à percer la chape de plomb des nuages mais la nature s’éveilla doucement, marquant le début du jour.
Un vague souvenir lui revint en tête alors que passait lentement un oiseau solitaire. Un souvenir peuplait de pluie, de calme et de mélancolie. Un vieux poème.
Et aux couleurs du temps, - mes souvenirs pèsent - comme une pluie d’argent - sur mon âme ... sur mon âme... Sur mon âme quoi ?
Un large pli barra le front de la reine. “Aux couleurs du temps” était un magnifique souvenir. Souvenir visiblement trop évanescent.

Laissant la nature à son réveil, elle referma prestement la fenêtre, s’habilla en vitesse et se dirigea vers le salon. La bibliothèque devait à coup sûr renfermait l’objet de sa quête. Et bien même pas ! Ce n’était pourtant pas faute d’avoir cherché, d’avoir demandé, d’avoir fait cherché : “Aux couleurs du temps” ne figurait pas parmi les ouvrages dès lors inutilement rangés sur les rayonnages. La stupeur le disputait à la déception dans le cœur d’Alphaïde. Elle voulait relire ce livre, et stupidité des êtres mortels, elle le voulait plus encore maintenant qu’elle savait qu’elle ne l’avait pas.

Elle ne l’avait pas, certes, mais d’autres l’avaient. Sans aucun doute. On disait que le peuple de Thor possédait un exemplaire de chaque livre imprimé sur les terres gwendiriennes. Ni une, ni deux, Alphaïde regagna ses appartements, prit une plume et de sa plus belle écriture, exposa son problème au responsable de la bibliothèque du mont Erild.
Message auquel il lui fut répondu le lendemain soir que, chose impensable, la bibliothèque impériale n’était pas en mesure de satisfaire à la requête de la reine Alphaïde. Et pour cause : ladite bibliothèque ne possédait pas l’ouvrage ! Mais enfin, le bibliothécaire impérial ne serait pas digne de ce statut si il ne savait pas exactement où se procurait un titre : et le livre en question se trouvait au Bastion de Sudorna. La missive précisait qu’un message avait été envoyé chez les Druides, et qu’à moins de conflits diplomatiques qui n’étaient pas de son ressort, le livre serait bientôt chez Alphaïde. Bien évidemment, le bibliothécaire s’excusait et une formule de politesse bien tournée terminait la réponse.



Voilà pourquoi, à mille lieues des préoccupations politiques qui agitaient le continent et qui n’épargnaient pas le Bois sombre, Alphaïde attendait si peu calmement. La perspective de relire ce livre était doublé par la curiosité de connaitre cet érudit connu de tous. Peut-être aussi la tension de ces derniers jours pour un moment relâchée exacerbait cet état de fait.


[Mon principal interlocuteur est Alastair mais tout le monde peut venir si il s'en sent le courage ^^]
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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Mer 2 Juil 2008 - 20:48

Pasiphae ouvrit péniblement les yeux. Ida se tenait près d'elle, un sourire gracieux et discret illuminant son visage de Poupée.

D'une voix douce, celle-ci l'invita à se lever, une nouvelle journée attendait notre jeune Nymphe, et un invité de marque était attendu. En somme d'approbation, la jeune fille émit un son gutural peu élégant. Toujours souriante, la servante ouvrit les lourds rideaux de velours or. Une douce lumière envahit la chambre Royale, qui baignait désormais dans atmosphère féerique. La princesse soupira d'aise, prenant un malin plaisir à sentir la tendre chaleur caresser son visage.

Rapidement, elle se leva, fit sa toilette, enfila une tenue de soie parme, et après un déjeuner qu'elle prenait toujours très léger (une simple infusion de vervaine et quelques biscuits elfiques), rejoignit sa cousine Alphaïde, dans la salle des fêtes.


*Elle semble bien nerveuse*

Les deux Nymphes se saluèrent. Pasiphae avait toujours eu beaucoup de respect pour sa cousine, et admirait la manière avec laquelle celle-ci rêgnait sur le trône. Elle savait qu'elle même serait bien incapable d'assumer un tel rôle.


Chère Alphaïde, n'aurais-tu point vu le conseiller Epsilon ? Cela fait plusieurs jours qu'il n'est plus dans le palais. Une affaire à l'étranger peut-être ?


En évoquant le nom d'Epsilon, la Nymphe sentit son coeur chavirer, et ses pomettes se teinter de rose. Sa cousine ignorait tout de ses sentiments, du moins, le pensait-elle et elle ne souhaitait nullement se mettre à nu.


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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Jeu 3 Juil 2008 - 11:36

[J’ai résumé à mort mon texte, parce qu’a l’origine il fait douze pages. Désolée, il n'est pas génial.]

Quelques jours plus tôt, dans la Bibliothèque de quartier « Librius » un messager du Bastion donna une dépêche au propriétaire des lieux. Alastair la lut, sauta et hurla de joie. Il avait dans ses mains, sa première commande royale. Pour la première fois de sa vie, il allait enfin voir des nymphes. Un rêve qui devenait réalité ! Et cerise sur le gâteau, il allait avec un peu de chance, apercevoir la reine des nymphes. Comment ne pas être heureux ?

En vérité, la personne la plus excitée fut sa toute petite sœur Helenia, assise sur une chaise de l’arrière-boutique. Ainsi, la demi-elfe le rejoignit dans sa danse et tous deux chantèrent : « On va voir des Nymphes ! On va voir des Nymphes ! ». Puis, l’esprit du grand frère tilta et arrêta tout net la scène de bonheur :

- Tu ne viens pas. C’est dangereux, surtout en ce moment.
- J’veux les voir ! Ch’s’rai sage, toute mimi. Promis
- Non ! Et puis, papa et maman ne seraient pas d’accord.
- Quand t’veux, ils veux.
- Ils veulent, Helenia. Ils veulent.
- J’veux les voir, Stair. J’veux les voir !
- Alastair, Helenia. Alastair. Et non, c’est trop dangereux.
- Pourquoi t’y va ? T’aime p’l’danger.
- Ouaif.
- Pi’ on a jamais fait un truc com’ça !
- Ouaif. Et ! J’ai dis non !
- Mais, j’vais vivre plus qu’toi. J’besoin d’avoir d’bon souv’nir avec toi ! S’t’plait, pour nous deux. J’t’aime tu sais. Termina-t-elle avec une mine déçue et la larme à l’œil.
- La culpabilité. C’est vilain, c’est bas. Je ne serais pas fier, à ta place.
- Oui, mais c’vrai ! J’vais vivre plusse qu’toi. Ma grand’tragédie s’ra d’t’voir mourir, t’l’sais bien. Alors, faut profiter d’temps qu’on a. S’t’plait ! S’t’plait !
- Remarque, dans la missive. Je serais accompagné de deux émissaires et avec un peu d’organisation, on peut voyager en nef jusqu'à…. Et, petite ! J’ai dis non !
- J’vais l’dire à maman. Elle m’comprend, elle !
- Je vais même aller avec toi.
- T’dur en affaire. Pfff !
- Oui, j’ai même de l’expérience avec tes frères et sœurs.

Parlons un peu d’Helenia, afin que vous puissiez mieux comprendre la suite de l’histoire :
Dernière de la famille, âgée de quatre ans, elle avait bien plus l’esprit vif et curieux que les enfants de son âge. Son plus grand héros était Alastair. Elle adorait le suivre dans ses déplacements dans la capitale. Son frère étant un tendre, un doux qui avait un cœur gros comme ça, il n’avait toujours des difficultés à lui dire non. Heureusement que Helenia était une petite fille sage qui écoutait tous ses conseils !
Elle avait appris à lire très tôt, comme son frère. Elle attendait avec impatience la première transformation du bibliothécaire, pour pouvoir acheter un animal tout comme lui. Et quand celui-ci avait le dos tourné, elle fouillait dans ses armoires pour s’habiller tout comme lui.

Helenia avait hérité la majeure partie de ses dons, chez sa mère elfique. En vérité, sa plus grande tragédie et d’avoir eu très tôt conscience, de la perte au courant de son premier siècle, la moitié de sa famille mortelle. Alors, elle décida de le suivre son aîné partout, d’apprendre de lui le plus possible, de le taquiner quand le besoin se faisait sentir. Mais, je peux vous assurer qu’elle aura, malgré tous les troubles de ce monde, une vie merveilleuse.

Bref, maintenant nos deux personnages sont dans la maison familiale et cette dernière vient de réussir à convaincre ses parents, à grand renfort de bisous et de culpabilité. Ils partirent la journée même, dans une nef qui les conduisit à l’orée des Bois sombres.

Deux émissaires furent envoyés pour accompagner l’érudit et Helenia dans le Bois Sombre. Les envoyés firent visiter quelques villes et villages. Expliquant ainsi, la durée du trajet (au total) : deux jours. Hélas, tout devait se faire en Sleipnir, le moyen de transport le plus détesté d’Alastair. D’ailleurs, il provoqua souvent le rire toute la compagnie, par ses chutes incroyables et ses plaintes.
Helenia reçut beaucoup de cadeaux et ne n’avait jamais été plus heureuse. Le plus amusant était de la voir fière en portant une des belles robes dorées des nymphes, en essayant d’imiter la grâce de ces femmes évanescentes. De plus, elle exigea qu’Alastair la nomme « Dame Helenia » et non « P’tit Bout ». Surtout devant la reine, il fallait garder un certain standing.

Aujourd’hui, habillée et coiffée comme une nymphe. « La petite Dame » avait réussi à avoir la plus importante mission qui soit – et ce, dans l’univers entier, et dans toute l’histoire du Gwendir - : elle allait donner la commande à Alphaïde Elwing. Nous pouvons dire qu’elle trépignait d’impatience, ce qui fit pousser à bout les montures. Les émissaires étaient plus joyeux que jamais. Le bibliothécaire, lui, passa un mauvais moment.

Le palais était magnifique, plus splendide que celui des druides.
Une fois le pied posé à terre, l’enfant prit le paquet de la sacoche et questionna Lysandre –un des envoyés donc- sur l’emplacement des appartements du monarque. Il lui indiqua le chemin du doigt. Puis, elle lui redemanda comment on devait atteler un Sleipnir correctement. Les trois hommes lui montrèrent la bonne manière. Mais toute leur attention fut accaparée par l’animal. L’instant idéal pour fausser compagnie. Ainsi, la petite courue de toutes ses forces et d’aller directement dans la pièce décrite par Lysandre. Vide ! Toute vide ! Ni une, ni deux, elle décida de demander à une servante de l’accompagner parce que c’était une affaire de toute urgence. Riante et attendrie, la nymphe la conduisit dans la salle des fêtes.

Triomphante des plus grands, la demi-elfe traversa la salle. Souriante, elle tira par petits coups sur la robe d’Alphaïde. Puis, elle lui tendit le paquet en disant :

-B’jour D’me la reine. Helenia à vot’service. Voici vot’commande.

Alastair et les émissaires arrivèrent essoufflés quelques secondes plus tard. Voyant la scène, ils éclatèrent de rire et oublièrent le protocole. Car les plus grands esprits furent dupés par une simple petite fille.


Dernière édition par Alastair Librius le Mer 9 Juil 2008 - 8:52, édité 1 fois
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Alphaïde
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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Jeu 3 Juil 2008 - 13:44

Des pas. On entendait clairement des pas dans le couloir. Ce devait être lui. Alastair Librius, en chair et en os. A quoi ressemblait-il ? Un vieux hibou embaumé prématurément desséché par la compagnie de livres ? Ou un beau jeune homme qu’on désespérait de voir la bague au doigt ? On disait tant de choses sur lui qu’Alphaïde avait hâte de le voir de ses propres yeux.
Les pas se rapprochèrent et bientôt la silhouette s’encadra dans la porte. Et nom d’une fleur de Jord ! Alastair Librius ressemblait à s’y méprendre à sa cousine Pasiphae. Qui l’aurait cru ! A moins que...
L’explication la plus probable à cet étrange phénomène... oui, à y regarder de plus près... Alphaïde dût se rendre à l’évidence : c’était bel et bien sa cousine et non l’érudit tant attendu. Evidemment. Quelle idée saugrenue avait pu passer par sa tête.
Mais déjà sa cousine la saluait et, chose étonnante, s’interrogea de l’absence du conseiller Dulce. Non pas qu’ils avaient des projets ensemble, ce qui serait déjà étrange, non : Pasiphae s’inquiétait juste de savoir où était passer Epsilon L. Dulce.

Non cousine, je n’ai point vu le conseiller Dulce ces derniers jours. Nous nous sommes vu assez longuement en privé au début de cette semaine. Mais n’ayant pas spécialement besoin de lui depuis, et comme il est libre de gérer sa vie sans me donner au préalable son emploi du temps, j’ignore parfaitement où il se trouve.
Mais dis-moi cousine, en quoi la présence ou l’absence au palais de mes conseillers te préoccupe-t-elle ?


Tout ceci était fort intriguant. Pasiphae était têtue et passionnée : quelque soit la raison pour laquelle elle cherchait L. Dulce, et cette raison devait être assez violente pour lui faire monter le rose aux joues, elle n’en démordrait pas. Mais Alphaïde doutait fortement que sa jeune cousine lui avoue son secret.

Quand bien même Pasiphae serait passer aux aveux, elle n’en eut pas le loisir. A cet instant, un bruit de cavalcade retentit dans le couloir. A peine Alphaïde eut le temps de lever les yeux, et de voir dans le chambranle de la porte une nymphe à l’air attendrie - mais pourquoi donc ? -, qu’elle sentit qu’on tirait sur sa robe.

Effectivement, on tirait sur sa robe. “On” qualifiant ici une petite créature mi-elfe mi-druide habillée et coiffée comme une vraie nymphe. Curieux spectacle. Helenia avait eu la gentillesse d’apporter à D’me la reine sa commande. A ce stade, Alphaïde aurait pu se poser des questions, mais non, il était écrit quelque part sur les tablettes d’Odin le père que les évènements devaient s’enchainer sans répit.
Alphaïde ne pu donc pas s’interroger ni même s’attendrir comme la jeune nymphe, toujours dans l’encadrement de la porte d’ailleurs, sur cette charmante elfiote. Déjà arrivèrent sur le seuil de la salle des fêtes trios hommes, essoufflés mais vite hilares. Alphaïde reconnut à leurs tenues les deux émissaires qu’elle avait dépêché à la rencontre de maître Librius. Le troisième homme devait donc en toute logique, si tant est que la logique devait tenir une place dans cette journée, être Alastair Librius.

Helena ne semblait pas comprendre ce qu’il y avait de si drôle mais elle ne se départissait pas de cet air fier que donne le sentiment du devoir accompli. Et de cette lueur espiègle que donne le fait d’avoir déjoué la surveillance des adultes. Bref, elle semblait être particulièrement heureuse.
Gagnée par la bonne humeur générale, Alphaide se prit à rire également. C’est donc avec un large sourire qu’elle prit le paquet des mains de la fillette.

Merci Helena. C’est très gentil à toi de t’être donné tout ce mal pour m’apporter ce paquet. Mais ma chérie, sois gentille, ne tire pas si fort sur ma robe. C’est de l’organdi et c’est fragile.
Alors, dis-moi : as-tu fait bon voyage ? Oh et, tu me présenterais ce jeune homme qui t’accompagne ?


De l’orée des bois au palais, le voyage avait été fait en Sleipnir. Si la fillette semblait être particulièrement enchantée, l’érudit avait du subir quelques aléas. La tenue qui avait certainement du être magnifique à sa sortie du tailleur, et même encore lorsqu’elle eut été portée, accusait les turpitudes d’un voyage mouvementé. La poussière qui la recouvrait et de nombreuses égratignures témoignaient de toute la bravoure et du dévouement à la diffusion de la culture dont faisaient preuve les savants de ce continent.
Maitre Librius aurait besoin d’un bon bain, d’une nouvelle tenue et certainement d’une bonne collation. Les émissaires furent envoyés préparer une suite pour l’invité de marque qu’était le Druide et sa petite compagne. Petite compagne dont la servante, qui s’était maintenant avancée d’un pas dans la pièce, serait surement ravie d’occuper.
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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Jeu 3 Juil 2008 - 15:17

—L’dévouement, c’dans l’famille ! En plus, les reines c’est toujours occupé, alors faut pas perdre leur temps. C’qu’dit toujours papa. Oh ! L’voyage est génial. Stair et moi, on révait d’voir des Nymphes ! J’ai vu plein d’belles choses, et j’ai eu plein d’cadeaux ! Lysandre m’a dit qu’c’était l’plus beau pays d’monde. C’est ben vrai. J’voudrais toujours vivre ici ! Même si m’man et p’pa me manquent.

Elle joua avec sa tenue et continua :

— Moi aussi, j’ai une bel’robe ! Com’toi. J’comprends, j’serai toute triste si ma robe s’rait toute cassée. Ch’s’rai sage, toute mimi. Promis.

Puis, elle courut dans les bras de son frère qui n’avait pas eu le temps de reprendre son souffle. Ce dernier fut contraint d’avancer vers Alphaïde, en laissant le protocole de côté. Il en était gêné.

— Lui ! D’me la reine, c’est mon frérot Stair. J’vais m'marier avec lui, un jour ! N’y’ en a pas deux com’lui. Il sait même des trucs, qu’même p’pa, il connaît pas. Mais s’t’veux, j’peux t’l’donner. L’est tout seul, et j’vais mettre d’temps pour grandir…
— Helenia. Doucement, n’oublie pas tes bonnes manières. Même si tu as quatre ans, si tu vois ce que je veux dire.
— Pour qu’il dise oui, faut lui faire d’bisous.
— Helenia, je t’en prie, tais-toi.
— Tout plein ! T’y penseras, hein ?

Alastair, terriblement gêné, mit la main dans ses cheveux. Il s’excusa de l’attitude de sa petite sœur dans une langue ancienne du Bois Sombre. Ne serait-ce que pour éviter de blesser le cœur d’Helenia.
La petite décida de quitter les bras de son frère, pour rejoindre ceux plus confortables de la servante. Toutes deux quittèrent la salle et ainsi commencèrent les aventures d’Helenia dans le Palais des Nymphes. Mais cela est une autre histoire.

Le bibliothécaire poussa un « ouf ! » de soulagement, bien malgré lui.
Si sa sœur avait été plus druide que elfe, elle serait peut-être un Sleipnir. Elle en avait les qualités et les défauts. Rapide avec une énergie débordante et une capacité certaine pour le mettre dans l’embarras. Dans un sens, il avait la définition de la sœur idéale et épuisante. Car, n’oubliez pas que l’énergie d’un adulte de vingt-huit ans, n’est pas la même qu’un enfant de quatre ans. Voyez-vous quand un petit être dit « Je suis fatigué, je vais me reposer », l’expérience vous indique que vous ne pourrez pas souffler cinq minutes, mais que quelques secondes. C’est à croire que la longueur du temps de repos, va de pair, avec l’âge. Plus il est important, plus il faut du temps.

À cet instant, Alastair comprenait les recommandations de sa mère, sur l’importance d’avoir des enfants jeunes. Avec ce voyage, il se voyait mal en éduquer un à cinquante ans. Là, il était épuisé, il n’avait pas l’habitude de bouger ainsi. La vie dans une bibliothèque vous rouille le corps, c’était certain.
Mais, il avait sa fierté toute masculine, flattée par des années d’honneurs et de récompenses en tout genre. Il avait peut-être une apparence sale avec une barbe de trois jours, mais jamais il ne se montrerait au bout du rouleau. Ainsi, de presque pliée en deux pour reprendre son souffle, il devint droit comme un érudit respirant comme un boeuf. Tenter la bonne fortune avec une grise mine, donc.

Pas de chance, il n’avait pas eu le temps d’apercevoir l’accident diplomatique. Il avait oublié de saluer la cousine de la reine. En vérité, il n’en eut pas le temps, grâce aux élucubrations de sa sœur. Ah ! Les sœurs. Toute une histoire.


Dernière édition par Alastair Librius le Ven 4 Juil 2008 - 12:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Ven 4 Juil 2008 - 11:16

Pasiphae observait la scène avec un agacement non dissimulé, et commençait franchement à s'embêter.
Si sa cousine avait répondu avec diplomatie à sa question, elle ne semblait plus se rappeler de l'existence de la jeune princesse, plus occupée à s'amadouer devant une gamine morveuse, qu'à inviter la Nymphe à la conversation. Pasiphae lui jeta un regard noir, qu'elle ne perçut pourtant pas.

*Son éternel sourire de sainte commence à m'enerver sérieusement*

Si Pasiphae était fière d'appartenir au Peuple des Nymphes, c'était en grande partie car elle se félicitait de la fraîcheur, et la joie de vivre de ses habitantes, bien à l'opposée de la mièvrerie des Elfes, par exemple, qui derrière leurs airs mielleux de sagesse et leur phrases pédantes, cela se gâtait sérieusement avec leur ego.
(Je ne vais pas me faire des amis^^)


Voilà ce qui déplaisait fortement à la jeune femme, qui craignait que sa cousine ne tombe dans cet excès d'hypocrisie... Aussi, fit-elle rappeler sa présence, par un raclement de gorge peu discret. L'étranger, le druide, se tourna vers elle et leva un sourcil étonné, son regard allant d'Alphaïde à la jeune Nymphe. Celle-ci lui répondit par un sourire presque insolent.

Ce personnage insolite ne lui inspirait pas particulièrement d'antipathie, mais le fait qu'il ait omis de la saluer la vexait fortement. Pasiphae n'avait jamais prétendu à une attention particulière: son simple rang de "petite princesse" ne l'autorisait à apparaître aux côtés de la Reine lors de cérémonies officielles, mais la jeune Nymphe estimait avoir droit à un certain respect.

Toisant l'inconnu, à la barbe incertaine, quelques branchages perdus dans ses cheveux, elle se permit de prendre la parole.

Ne vous fatiguez pas, dit - elle lorsqu'il s'apprêta à la saluer, j'ai l'habitude de servir de porte manteau lors des apparitions publiques de ma chère Cousine. Continuez votre conversation sans vous soucier de ma présence, il paraît que ma robe s'accorde parfaitement avec les rideaux de cette pièce.

Il y eut un silence géné, durant lequel Pasiphae eut le temps d'apercevoir le regard glacial que lui lançait Alphaïde. Elle regretta ses paroles et se mordit la lèvre en baissant les yeux. Elle avait honte de son attitude. Pourquoi ne cessait-elle jamais d'attirer l'attention et de faire l'idiote ? A 15 ans, elle se rendait bien compte de son imaturité...



(PS: Mademoiselle se la joue ado rebelle xD)

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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Ven 4 Juil 2008 - 16:40

Un jour, au milieu des innombrables leçons qu’elle recevait, une pause d’évasion s’offrit à la jeune princesse Alphaïde. Fini pour un temps la géographie gwendirienne ou l’histoire des Orthodoxes, on vint lui parler d’Evelonia. Enfin, on vint lui parler des phénomènes météorologiques naissant au large des côtes mais le maitre avait su captiver son auditoire en évoquant la mystérieuse île. Mais le même maitre s’était retrouvé bien embarrassé devant le même auditoire quand Alphaïde lui avait demandé pourquoi les cyclones étaient toujours baptisés d’un prénom féminin.

Aujourd’hui, dans cette salle, dans son propre palais, Alphaïde avait compris. Helenia, après un tourbillon de paroles que son frère tenta en vain d’interrompre - et d’excuser-, sortit joyeuse avec la servante.

Pourvu que le palais tienne le choc...

Dans tous systèmes dépressionaires, il faut un élément déclencheur. La toute petite chose qui fera de cette situation instable une véritable force incontrôlable. Dans la situation à haut risque que vivaient les trois personnes de la salle des fêtes, ce ne fut pas une petite chose, mais une absence de petite chose. En fait, ce fut un ensemble : qu’Alphaïde s’occupa de ses invités plutôt que de son auguste personne ; qu’Alastair eut certainement voulu se transformer en souris, ou transformer sa soeur en n’importe quoi de muet, au point d’en oublier la princesse ; bref que le monde ne gravitait plus autour d’elle. Cet ensemble déclencha le second cyclone de la journée, et il fut évident qu’il resterait dans les esprits comme la tempête “Pasiphae”.

Pasiphae. 15 ans. Ah ! le bel âge. Capricieuse, parfois insupportable, avec cette idée que le monde entier la rejetait, elle ne daignait être agréable en tout temps qu’avec Ida et Lliane, toutes trois ayant sensiblement le même âge. Mais Pasiphae était de loin la plus peste des trois.
Alors qu’elle lui souriait ostensiblement avec l’air de lui dire “cousine, ma chère cousine, ne commence pas à faire ta Pasiphae, pas maintenant”, Alphaïde sentit une légère vague de remord monter en elle : Pasiphae n’avait pas eu la même enfance heureuse, insouciante et comblée d’amour qu’elle-même ou Lliane avait connu. Cette attitude stupide et irresponsable était un forme de protection. Pouvait-on vraiment en vouloir à une enfant qui se cherchait ?

Mais cette vaguelette de compassion fut emportée, balayée par l’onde de choc qui déferla. Le système dépressionnaire “Pasiphae” venait d’aborder les côtes, avec des vents déjà très violents. La totalité de la pièce était placée en alerte rouge. Il était encore trop tôt pour dresser la liste des éventuelles victimes.


Le blizzard au plus fort d’une tempête ne saurait être plus glacial que le regard que lança la reine à sa cousine. Mais au nom de Jord et de tous les dieux, où avait-elle la tête ? si tant est qu’elle eut une tête. Cette attitude exaspérait Alphaïde tant par sa stupidité que par ses conséquences : mais enfin, Pasiphae ne se rendait-elle pas de l’image qu’elle donnait d’elle ?
La reine harponna du regard la rebelle :

Ma chèère cousine, il y a d’autres rideaux avec lesquels votre robe irait à merveille : ceux de votre chambre. Mais si toutefois, vous tenez à tenir compagnie aux tentures de cette pièce : je vous en prie, les voilages de cette fenêtre doivent mourir d’envie de voir bouder votre princière personne. A moins que vous ne préfériez pister le conseiller Dulce, activité que vous avez apparemment à coeur.
Quoiqu’il en soit, nous réflechirons ensemble sur votre fonction de porte manteau et du pourquoi de la chose.


Le ton de la voix était aussi chaleureux qu’un glaçon à la dérive dans une coupe d’hypocras et les lèvres pincées d’Alphaïde faisaient penser que cette réflexion en duo allait necessiter une pièce insonorisée.
Alphaïde détourna son regard et sa personne de sa cousine. Quand la tension serait retomber, elle se sentirait mal de lui avoir parler ainsi, mais pour l’instant, elle n’avait pas le temps de réfléchir sur les états d’âme d’une adolescente tourmentée.

Se tournant vers Alastair, elle s’approcha de l’érudit pour lui souhaiter la bienvenue. Une fois assez proche de lui, et assez loin de Pasiphae, elle lui glissa dans l’oreille, dans cette même langue sortie de la profondeur des âges du Bois sombre qu’il avait utilisée à l’instant :

Si vous oubliez ma cousine, j’oublie les projets matrimoniaux de votre soeur.
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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Lun 7 Juil 2008 - 9:54

Nous avons deux magnifiques exemples avec des âges différents, et nous pouvons vous certifier que la vie familiale n’a jamais été de tout repos. Nous pouvons le qualifier facilement de sport physique et intellectuel, avec une tendance fâcheuse à se voir vieillir prématurément. Parent, je vous salue ! Merci pour votre courage et sachez que nous ferons de même plus tard. Ah ! Vous vous verrez vengés. De plus, que de mieux d’être grands-parents ? C’est bel et bien, avoir des enfants sans les inconvénients ?

Les mains derrière le dos, il se balança doucement. Il mordit ses lèvres pour ne pas rire. En voyant la scène entre les deux cousines, Alastair ne put s’empêcher de penser à toutes les « disputes » avec les membres de sa fratrie. Une partie de sa vie qu’il aimait plus que tout, mais dont il se séparait trop souvent. En l’oubliant presque lorsqu’il franchissait le pas de son lieu de travail. Quel dommage ! L’ermite ignorait tant de choses sur la vie d’une famille nombreuse, une grande partie des inconvénients, mais surtout, les récompenses. Mais, nous ne vous en parlerons pas, car certaines personnes n’aiment pas lire des lignes positives. Nous ne voudrions pas qu’elles vomissent ce texte, par manque de compréhension. Merci.

Puis, un silence de l’adolescente. Le silence avant la grande tempête ? En tous les cas, la reine en profita pour souhaiter la bienvenue à son hôte. Alastair la remercia d’une manière plus protocolaire. Ensuite, en réponse à la proposition d’Alphaïde, le druide murmura dans cette même langue :

- Ne vous inquiétez pas, je sais ce que c’est. J’ai dix adolescents à la maison. Vous savez, pour que nous nous épousions, il faudra attendre plusieurs siècles. Si tout va bien. Parce qu’avant, il faut que toutes mes fiancées meurent. Helenia me donne à toutes les femmes qu’elle trouve jolies. Mais, c’est sa première tête couronnée.

Il termina sa tirade par un sourire…Oh ! Surprise ! Il avait un regard amusé. Deviendrait-il vivant ?
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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Mar 15 Juil 2008 - 9:14

Pasiphae marmonnait et grommelait dans son coin. Pour l'heure, elle hésitait entre sauter à la gorge de sa cousine, ou au contraire, avec calme et gaieté, répondre à Alphaïde, avec le risque non nul de n'être à la hauteur et se ridiculiser encore plus.
La situation lui échappait. Lui filait entre les doigts si vite, qu’elle n’avait pu la rattraper. Et cela la mettait d’une humeur massacrante.
Enfant, la Nymphe avait su s’écraser sous les remarques grinçantes de sa mère à son égard, et avait appris à se taire, et à se faire oublier. Mais, ayant grandi, Pasiphae avait ensuite ressenti le besoin irrépressible de prendre toujours les devants, se faire remarquer, quelque part, elle voulait qu’on la respecte, à la limite de la crainte. Et elle en avait fait voir de toutes les couleurs. Aux bonnes, à ses habilleuses, aux professeurs chargés de son éducation, voire même aux cuisinières. Seule Ida avait échappé à ses remarques, ses petites humeurs, ironiques, toujours à la pointe de l’insolence. Et personne ne s’était rebellé face à l’adolescence, qui aurait aimé parfois que quelqu'un la remette à sa place.
Ce jour là aussi la Nymphe pensait gagner. Toujours elle qui avait le dernier mot, aussi tranchant soit-il. Alphaïde avait déjà subit les remarques désagréables de l'adolescente sans tiquer, mais Pasiphae marchait sur des braies ardentes, et se savait à la limite de la patience de ses proches.
Seulement, cette fois-là, elle avait perdu. Et violemment. Aucune trace de blessures pourtant, mais son amour-propre était en miette.

Pasiphae serra les dents - sa machoire tressaillit -, et redressa fièrement la tête. Elle y rencontra le regard de sa cousine, aussi impénétrable que le bois sombre. Aussi tranchant qu’une serpe affutée. Aussi sec qu’un vent chaud des plaines Fazor en été. Son regard signifiait: "La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir." Vieux dicton qu'aimait à répéter Ida. Pasiphae elle, cherchait une manière plus poétique pour dire le fond de sa pensée: "tu as beau te croire belle et intelligente, mais tu ne seras jamais qu'une Reine cloîtrée dans son château par ses obligations, à recevoir des messagers, leur faire la conversation, écouter des sermons lors d'interminables conférences entre souverains.. Ma pauvre , je ne t'envie pas. Le poste suprême, est celui qui offre le moins de liberté."
Pourtant, Pasiphae ne semblait pas avoir totallement compris la leçon. Car, elle n'hésita pas à prendre la parole, et à répondre sèchement sur un ton arrogant:

Il ne suffit pas d'avoir de l'esprit. Il faut en avoir assez pour s'abstenir d'en avoir trop.

Puis, relevant le menton, et inspirant une gorgée d'air d'un ton méprisant, elle ajouta avec un sourire triste, d'une voix posée, mais lourde de menaces:

Je plains ceux qui ont l'air intelligent ; c'est une promesse qu'on ne peut tenir.

Elle semblait avoir oublié la présence du druide. L'adolescente n'appréciait guère qu'il parle d'elle en la comparant aux "dix adolescents" chez lui, et la regarde avec un amusement non dissimulé. Pour qui se prenait-il ?
Elle le héla:

Et vous là, avec vos grands airs de papi amusé donneur de leçon, vous feriez bien de retourner dans votre forêt en compagnie de vos amis les castors, d'accord ?

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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Jeu 17 Juil 2008 - 17:11

Alphaïde aurait aimé répondre au druide. Vraiment. Mais c’était sans compter avec sa tendre cousine.

La nature est parfois vicieuse. Alors que le cyclone est passé et que, de l’avis de tous, il va s’évaporer au cœur de l’océan, elle place parfois sur son chemin de croix un petit rien qui change tout : et voilà notre tempête revigorée rebroussant chemin vers des régions déjà dévastées.

La réponse de la reine avait eu sur la rebelle ce même effet vivifiant. C'est du moins ce qu'on aurait pu croire. Mais un petit détail, trois fois rien, montrait que, loin d'être repartie de plus belle, Pasiphae avait durement encaissé le choc : un petit tressaillement de la mâchoire, une tête fièrement relevée un peu vite.

Les deux cousines se mesurèrent un instant du regard, puis Pasiphae, droite et fière, rassembla toute l’arrogance dont elle était capable pour son coup d’esbrouffe. La tirade de l’adolescente claqua dans l’air tendu de la pièce avec l’énergie du désespoir.

Cette fois, s’en était trop. Pasiphae se comportait certes comme un ouragan mais, à la différence des dépressions et autres joyeusetés qui ravageaient les côtes des océans, Pasiphae allait être mise sous clef. Au moins pour une grosse matinée : il était largement temps de lever l’alerte.
Elle s’en voudrait de lui avoir parlé ainsi, c’était certain. Et même, avant qu’elle ne les aient prononcés, elle regrettait déjà ses mots. Mais la jeune nymphe avait besoin qu’on la remette à sa place alors que tout le monde cédait à ses caprices.
Néanmoins, cette guerre larvée entre elle et sa cousine navrait la reine. Elle qui espérait que Pasiphae se transforme avec le temps en aimable princesse, présentable au monde, était obligée de la garder à discrétion au palais. Cet état de fait la décevait sincèrement.

C’est sur le même ton de blizzard qu’Alphaïde mit fin à cette conversation houleuse :

Ma cousine, nul ne doute ici que vous semblez fort intelligente. Malheureusement, mais c’est compréhensible vu votre jeune âge, vous n’avez pas encore assez d’esprit pour vous abstenir de le montrer. Aussi je ne doute pas que vous aurez l’intelligence de remédier à cette situation dans vos appartements pour le reste de la journée. Et vous aurez l’occasion de me montrer vos progrès en privé. Soyez-en sûre.
Les gardes peuvent vous accompagner si vous le désirez : ils sont juste à la porte, il suffit de les appeler.


Un instant, Alphaïde eut la vision effroyable de sa cousine, échevelée et hurlant, emportée par deux gardes à travers le palais sous l’oeil moqueur de l’érudit.

Pourvu qu’elle sorte plus ou moins dignement...

L’érudit. Comment le pauvre, planté comme un chien dans un jeu de quilles, avait-il pris le bucolique conseil de sa cousine ?


Pasiphae, je te laisse le soin de choisir ta sortie ^^
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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Jeu 17 Juil 2008 - 20:03

*Et comme toujours, je suis invitée à rejoindre le placard* se dit mentalement l'adolescente. Mais cette fois, curieusement, elle n'en voulait plus à sa cousine. Bien qu'elle éprouva au début une grande rage, la jeune nymphe appréciait désormais la réaction de la Nymphe.
Elle l'avait.. étonné. Oui s'était le mot, étonné. Pasiphae pensait souvent à sa cousine, et savait qu'elle ne pourrait jamais elle-même assumer un tel rôle en tant que Reine. Elle s'imaginait qu'Alphaïde avait perdu tout sens de la répartie et d'humour-la vie en tant que reine n'était pas toujours drôle-, mais cette fois ci, elle avait révélé son caractère franc, et Pasiphae aimait ça. Elle lui "résistait", et Pasiphae avait désormais beaucoup plus de respect pour elle, que pour toutes les autres personnes qui n'avaient jamais osées la regarder dans les yeux. L'adolescente savait son attitude indigne de son rang, mais cela, elle s'en fichait pas mal...
Elle décida de prendre avec humour la réponse d'Alphaïde, et lui répondit par un sourire tordu.

*Quitte à ridiculiser Alphaïde, autant le faire jusqu'au bout. Je vais la décoincer un peu. Sinon, elle va finir par ressembler à Maman...*

Elle observa attentivement la Nymphe qui lui faisait face. Elle se tenait très droite. Aussitôt, Pasiphae se redressa, et leva le menton comme le faisait la Reine.
Elle se tourna ensuite vers le Druide et, prenant un ton mielleux et pincée, prit la parole, accompagnant ses dires de gestes maniérés.

Bien, Sa Majesté ma chère cousine Alphaïde Elwing n'a pas l'air d'apprécier ma compagnie... Vous m'en voyez fort triste... Voilà pourquoi, je me dois de quitter ces lieux, pour m'en aller bouder dans mes appartement privés, il paraît que je fais ça très bien m'a-t-on dit... Entre nous, je vous souhaite bonne chance, il arrive que ma cousine prenne son rôle de Reine des Nymphe très au sérieux. Ma présence vous permettait de détendre l'atmosphère, et vous éviter d'avoir à subir un long discours, à mon goût très ennuyant sur les relations amicales et diplomatiques qu'entretiennent nos deux peuples, nous coopérons à leur bonne entente et bien entendu, vous allez connaître toute l'amitié et le respect que nous vous portons. Mais maintenant, me voilà chassée.. comme un vulgaire malpropre... Mais je crainds que vous ne puisssiez en réchapper à présent. Allez, courage mon ami, je compatis !

Effectuant une courbette, la jeune Nymphe se releva et s'en alla d'un air très digne. Mais, alors qu'elle s'apprêtait à passer sous l'arche, elle s'arrêta quelques secondes pour se retourner, et fit un clin d'oeil complice à sa cousine et coucou à l'érudit... Avant de faire les gros yeux à un garde qui lui tendait le bras.

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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Jeu 31 Juil 2008 - 12:41

Voilà. Il en serait désormais ainsi : par tout le Gwendir, on colporterait que sa cousine était folle. Ou simple d'esprit. Ou juste une adolescente insupportable. Voire les trois à la fois.
Après avoir aimablement conseillé à maitre Librius un prompt retour à Sudorna au milieu de ses compagnons castors, voilà qu'elle compatissait de le laisser seul et, chose étrange, qu'elle l'appelait « mon ami ». Se sentait-elle des affinités particulières avec ces rongeurs ?

Quoiqu'il en soit, la jeune nymphe tirait sa révérence (dans tous les sens du terme) d'une manière toute théâtrale, tenant son rôle jusqu'au bout. Et quand elle passa sous l'arche, se retournant pour la saluer d'un clin d'œil, Alphaïde ne put s'empêcher de sourire : Pasiphae semblait heureuse de la scène qu'elle avait jouée, comme si tout cela n'était qu'un jeu d'enfant.
Et finalement, que fait-elle d'autre, que faisons-nous d'autre, que de jouer un rôle qui nous échappe totalement ?

Les pas s'éloignèrent et petit à petit, la Salle des Fêtes replongea dans le calme. Il était grand temps de s'occuper d'Alastair Librius.

Et bien Maitre Librius ! Que de péripéties arrivent avec vous !

La tension qui bandait son corps retombait doucement. Les mots lui venaient plus facilement à l'esprit. C'est tout en discutant qu'Alphaïde s'avança vers des fauteuils garnis de confortables coussins mauves et fit signe à son invité de s'asseoir.

Excuser ma cousine, mais vous savez les adolescentes... Enfin. J'espère qu'elle ne vous aura pas effrayer et que vous resterez un peu parmi nous.
Car si diplomatiquement, c'est bien entendu un plaisir de vous recevoir sur nos terres ; personnellement, ça n'en est pas moins vrai.
Oh rassurez-vous, je vous épargnerais le, comment dit-elle ?, ah oui : le « long discours très ennuyant sur les relations amicales et diplomatiques de nos deux peuples ». Soyons plus simples : je me contenterais de vous remercier d'avoir entrepris ce voyage pour satisfaire mon caprice de lecture.

A propos de voyage, en avez-vous fait un bon ? En tous cas, il a eu l'air d'enchanter votre jeune sœur : elle qui rêvait de voir des Nymphes n'a pas eu l'air déçue.



Alphaïde plongea son regard dans celui de son interlocuteur mais n'osa pas demander si lui, qui rêvait de voir des Nymphes, était déçu. Il ne devait certainement pas s'attendre à ce genre d'accueil mouvementé mais, même si elle avait cru déceler dans ses yeux un peu d'amusement, comment l'avait-il réellement pris ?

Ne pouvant décemment scruter ainsi plus longtemps Alastair, la reine laissa son regard courir un instant dans la pièce. Elle ne regardait rien en particulier pourtant elle le vit : un gros panier d'osier, posé sur une table. Qu'est-ce que ce panier faisait ici et maintenant ? La servante avait surement dû le poser puis l'oublier en sortant avec Helenia. Pourtant, quelque chose dans le tissage ou la décoration, elle n'aurait su le dire, n'était dans le style des Nymphes.

Elle a dû l'acheter à un étranger sur le marché. Après tout les marchandises circulent, enfin circulaient, librement sur tout le continent et nous ne vivons pas en totale autarcie.

Qu'importe le panier, d'où il venait et comment il était arrivé ici : Alastair Librius, l'érudit le plus célèbre de Sudorna, était assis en face d'elle. Et ça, ça n'arrivait pas tous les jours. Même à une reine.
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MessageSujet: Re: Poésie, cuisine et dérapage   Jeu 31 Juil 2008 - 14:28

Quand Alphaïde fit son trait d’humour, Alastair hocha la tête tout en souriant. Son esprit pensant : « A qui le dites-vous ? ». Puis, ce dernier suivit la jeune nymphe et s’assit quand elle lui en donna l’occasion. Aux excuses royales, il rassura :

- Ce n’est rien du tout, je vous assure. Renchérit-il d’une grimace qui en disait long sur le sujet.

La reine avait bel et bien une âme compatissante devant elle.
Dans un temps normal, il aurait eu dans l’arrière boutique, la compagnie de cinq adolescentes furieuses pour une raison incompréhensible, hurlant à qui voulait l’entendre que leur plus grand frère ne voulait jamais les départager. Parfois, une furie cassait quelques plumes, jetait les notes d’un futur livre dans toute la pièce ou encore tentait de mettre le feu à tout le bâtiment. Autant vous dire, que l’amulette magique d’Alastair était d’une grande aide. Mais à chaque fois, quand l’ouragan était passé, le bibliothécaire était heureux de ne jamais avoir prit le parti d’une sœur. Son instinct de survie lui indiquant que la situation serait mille fois pire.

La discussion continua et fut heureux de posséder une telle chance. Rester quelques jours en plus chez les nymphes ! Mais c’était plus que merveilleux ! Mais il attendit que la reine ait terminé son monologue, pour pouvoir répondre d’une joie peu retenue.

- Je vous remercie de votre hospitalité. J’accepte votre proposition avec plaisir. Enfin, nous acceptons avec plaisir, votre invitation.

Un peu plus sérieux, il déclara :

- Je comprends, mais je suis avant tout un érudit, bien avant d’être un druide.

Pour les néophytes, les érudits n’intervenaient jamais dans la résolution des conflits, quel qui soient. D’une part, pour se protéger et d’autre part, pour sauvegarder les trésors des temps anciens et présent. Par la présence d’une tradition. Parce qu’on ne tuait pas une personne qui ne prenait pas part aux disputes et ainsi, on ne pillait pas ses biens.

Enfin, pour réagir à la question fort conventionnelle mais sympathique sur le déroulement du voyage :

-En vérité, Helenia n’était pas la seule à rêver de voir des Nymphes. Je pense que beaucoup doivent m’envier, en ce moment même ! Hum, pardonnez moi.

Puis, en tentant d’être un peu plus protocolaire et un peu moins heureux :

-En effet, nous avons fait un très bon voyage. Mouvementé, mais fort instructif. Comme vous avez pu le constatez, je suis bien piètre cavalier. Il n’y a qu’une vielle mule qui m’accepte, c’est pour vous dire… Maître Lysandre et Léandre ont été des guides merveilleux qui ont su capter notre attention, et nous soigner quand nous avions besoin. Vos gens sont vraiment hospitaliers, c’est une qualité que nous apprécions beaucoup. Mais, je pense que j’ai un peu trop parlé. Termina-t-il en souriant.

Oui, on pouvait dire qu’il était rare de voir un ermite voyager, surtout pour satisfaire une demande royale. Il est encore plus exceptionnel de voir un tel solitaire être aussi loquace. N’ajoutons même pas la courtoisie suprême, d’avoir cette retenue, de ne pas assommer son interlocutrice d’un exposé fort long.
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