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 Prince et princesse [Pasiphae]

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MessageSujet: Prince et princesse [Pasiphae]   Lun 4 Aoû 2008 - 18:10

An 835, neuvième semaine.
Jour 1, matin.


À Amil-Gadia, sur la place royale, tout juste au pied de la Tour Céleste, on parlait bon train, on s'animait, la journée en était à ses débuts. Une femme s'informait de la santé d'une autre, un homme vantait les mérites de son fils dans l'Ordre des Elfes, les enfants jouaient, la cité prenait vie après une longue nuit de sommeil.

-Vous pensez vraiment qu'il y aura la guerre?
-C'est une option, vous savez. Mieux vaut la considérer, pour éviter les mauvaises surprises.
-Mais, la guerre, cela me semble si... Primitif! N'y a-t-il pas d'autres moyens?

C'était une elfe, grande, belle, blonde aux yeux verts qui, dans sa longue robe de soie, se tenait les bras croisés et paraissait inquiète. Elle s'adressait à un homme, un membre de l'Ordre qui, rien qu'à en voir la stature, semblait être un solide combattant. Son air était sérieux, grave même. Quelques autres s'étaient regroupés autour d'eux, acquiesçant tantôt aux dires de l'homme, tantôt à ceux de la femme. Parmi eux, un elfe que tous ils dépassaient de quelques centimètres écoutait également, l'air agacé. C'était clair, il désirait intervenir et s'en mordait la langue.

-Eh bien, cela dépend des autres peuples, nous ne sommes pas seuls sur le contient du Gwendir. La diplomatie ne convient pas toujours à toutes les races, madame.
-Hmm... Si seulement! Ces humains sont si... Primitifs!

Aux mots de la femme, plusieurs autres acquiescèrent vivement.

-Oui mais, il ne s'agit pas uniquement des humains...

Et évidemment, d’autres (quelques mêmes…) acquiescèrent aux dires du guerrier.

-Mais tout de même, je crois qu'il vaut mieux agir avec rationalité et prudence et ne pas s'engager dans une guerre prématurément, risquant la mort de nos hommes.

Alors, celui qui jusqu'ici s'était contenté d'écouter en frappant impatiemment du pied, fit entendre son opinion haut et fort, exécutant de grands gestes et s'appropriant le centre du regroupement.

-Ne jamais rien risquer! Ne jamais rien tenter! Demeurer caché dans cette satanée forêt à maudire les humains et tous ceux qui ne sont pas aussi parfaits que vous! C'est bien cela, que vous désirez, non!?!

Personne n'osa répondre. C'est que le petit monsieur, là, n'était pas n'importe qu'elle jeune elfe impertinent. En plus d'être bavard et frénétique, il était leur prince. Maintenant que son père était mort et qu'il dépassait d'une tête les plus jeunes, il était devenu une véritable plaie. Enfin, façon de parler mais, tout de même, c'est ce que pensaient secrètement quelques uns subissant son discours en ce beau matin ensoleillé, ombragé par le jeune Haziel…

-Votre silence vous trahit! Au fond c'est la peur, qui retient les elfes dans la forêt. Moi je dis qu'il faut se montrer courageux et oser! Oser sortir d'ici et leur faire face, à tous les autres!!! Comment voulez-vous vivre avec eux sans même les connaître! Mon père!... Mon père lui il a...

Voilà qu'il faisait usage de son argument "Ledinborn" qui, évidemment, était censé les laisser sans réponse valable. D'ailleurs, ils baissèrent tous les yeux vers le sol, embarrassés, attendant la chute finale.

-IL A OSÉ!

Et voilà. En coup de vent, il sortit du cercle sans difficulté puisqu'on s'écarta vivement de son chemin. Fulminant, Haziel marcha, poings serrés se balançant de chaque côté de son corps, jusqu'à ce qu'il s'éloigne définitivement de la cité et rejoigne la forêt et son silence, qu'il brisa, en pestant contre ses aînés "paresseux et inconscients". Tout en s'acharnant contre un muet et invisible ennemi avec son révolté discours, Haziel marcha d'un pas rapide et agressif jusqu'à ce que loin derrière lui ne se trouva la cité. Alors seulement, il s'arrêta. Le silence retomba un court instant dans le bois, Haziel avait presque épuisé ses ressources politico-révolutionnaires.

-De toute façon, je m'en vais bientôt. Conclut-il sèchement en poursuivant sa route, dos courbé, épaules rentrées vers l'avant et bras fermement croisés sur sa tunique blanche.

-Oui. Je m'en vais loin. Plus loin que tous ils n'auront jamais osé! Un jour même, je vais partir en mer! Je serai capitaine d'un navire d'Elfes et je ferai la rencontre de tas de peuples et on sera alliés! On sera alliés et on écrasera tous les imbéciles qui veulent le mal et tous ceux qui tenteront de nous empêcher de le faire et tous ceux qui aideront ceux qui tenteront de nous en empêcher et... tous... tous les autres tient. Il baissa la tête, marmonna entre ses dents. Puis je m'en fiche hein d'abord moi je fais ce que je veux...!

Et bam! Il tomba parterre, sans raison apparente. Un dieu lui avait fait la jambette! Sourcils froncés, visiblement mécontent, Haziel se releva et essuya ses mains salies de terre sur sa tunique. Il secoua son pantalon et regarda autour de lui. Il avait marché plus longtemps et plus rapidement qu'il ne l'avait cru. Elvunia se dressait devant lui, il pouvait très bien la voir, à travers les quelques arbres qui l'en séparaient. Il hésita. S’aventurer là-bas ? … Pourquoi… Retourner chez lui, à la Tour ? Bof…
Faire ce qu’on veut, faire ce qu’on veut… Pas toujours facile, hein…
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Pasiphae-Elwing
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MessageSujet: Re: Prince et princesse [Pasiphae]   Lun 4 Aoû 2008 - 19:56

Pasiphae ruminait sa colère. Mais plus que son courroux, c'était surtout la peur qui emplissait son esprit à cet instant précis. Se refusant à perdre quelques secondes dans de trop longues réflexions sur son idiotie, la jeune Nymphe poursuivit activement ses recherches. Arrachant littéralement la couette de son immense lit, tirant les tiroirs de sa commode, fouillant de fond en comble son armoire, regardant dans les moindres recoins et interstices de sa chambre, l’adolescente, dont le front était barré par une profonde ride de contrariété, se remémorait mentalement tous les lieux où elle était allée et avait pu ôter, ou perdre son médaillon. Au bord des larmes, elle interrompit soudain son geste : la forêt ! Mais bien sûr ! Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt…

Elle rappelait parfaitement à présent, avoir quitté la mince chaîne où pendait un discret médaillon en or blanc, et l’avoir posé sur un rocher avant de se baigner dans le lac en forme de demi-lune, à l’orée de la forêt. Elle l’avait abandonné la veille, lors d’une de ses escapades – pourtant interdites - dans les profondeurs du bois sombre. Le lac, elle pensait être la seule Nymphe a en connaître l’emplacement, et par conséquent, faisait l’hypothèse que le médaillon se trouvait toujours au même endroit. Pourtant, elle ne pouvait empêcher son cœur de cogner dans sa poitrine, tandis qu’elle se mettait en route, d’un pas pressé, pour retrouver son bien. Elle tenait à ce bijou comme à la prunelle de ses yeux, d’une part car elle l’avait hérité de sa bien aimée grand-mère, mais surtout car il renfermait une mèche de cheveu appartenant à une personne pour qui les sentiments qu’elle éprouvait étaient très forts, et un peu confus ces temps-ci…

Pasiphae marchait d’un pas déterminé, et tandis qu’elle entendait non loin le rugissement de la cascade, elle se sentit un peu soulagée d’être bientôt arrivée. Elle était essoufflée de sa course. Il s’agissait de l’une des rares fois où elle marchait dans la forêt sans prendre le temps d’admirer la beauté luxuriante qui l’entourait. Elle marchait, tête baissée, sourcils froncés, prenant garde à ne pas se prendre les pieds dans sa robe – elle n’avait pas pris le temps de se changer, et portait la même tenue que pour le déjeuner, qui, bien que magnifique, n’était pas du tout adaptée à ce genre de situation-. Mais elle sentit son cœur se serrer et son poul s’accélérer lorsqu’elle entendit une voix forte retentir non loin d’elle. Elle s’interrompit, et entreprit de se cacher derrière un bel arbre centenaire au tronc imposant, observant de ses yeux ambrés la scène qui se déroulait quelques mètres plus loin. La silhouette d’une jeune homme, - un elfe, semblait-il- se découpa d’entre les arbres. Il était seul, de dos, et parlait en agitant ses mains… et se dirigeait droit vers le lac !! Il ne tarderait sûrement pas à découvrir le médaillon ! A ce moment là, il serait beaucoup plus difficile de le récupérer. La jeune Nymphe se maudit intérieurement. Dans quel galère s’était-elle fourrée..

Depuis toujours, Elfes et Nymphes, bien que voisins, n’entretenaient que très peu de relations, et évitaient de se côtoyer pour des raisons autres que purement diplomatiques ou commerciales. Les deux peuples se respectaient, certes, mais ne s’adoraient pas outre mesure… D’ailleurs, c’était la 3° fois seulement que Pasiphae en voyait un. Mais l’heure était grave pour la jeune Nymphe. Et elle était prête à enfreindre de vieilles coutûmes, qu’elle jugeait bien ridicules…

Aussi, elle se décida à sortir de son trou, et lança d’une voix puissante, légèrement moqueuse :

Ah oui ? Et j’aimerais bien voir comment tu t’y prendrais pour tuer tout ce joli monde. Se jeter sur eux et frapper chaque centimètre carrs de leurs grands corps avec tes petits poings, je le regrette, me semble bien insuffisant.

L’inconnu se retourna d’un coup. Il était plus vieux que ne le pensait la Nymphe surtout qu’elle le reconnaissait. Ses yeux étaient reconnaissables entre mille. Elle reprit la parole avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche :

Je sais qui tu es. Tu es Haziel Gil’Rea. Le « Petit Prince ». J’ai étudié toute l’histoire de ton Royaume, je connais le shéma de ta famille par cœur. Mais je suis déçue.

Elle ajouta d’un air narquois en observant la musculature peu avantageuse du jeune elfe :
Les portraits que j’ai vus de toi ne te présentaient pas aussi… chétif.

Elle essayait de gagner du temps pour devancer l'elfe, mais à présent qu'elle avait reconnu le statut Royal de l'elfe, il l'intrigait réellement.
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MessageSujet: Re: Prince et princesse [Pasiphae]   Mar 5 Aoû 2008 - 21:37

Le cri strident et affreux d’un oiseau vint troubler le silence qui venait à peine de s’installer dans la forêt. Silence que Haziel s’était finalement résout à laisser régner. Pas de chance. Parce qu’en plus, il n’était pas d’humeur. Il lui enverrait une flèche dans le gosier, tient, à cet oiseau de malheur! Vivement, il se tourna vers la provenance du bruit.
Quoi!? Une fille!?? Et en plus, elle n’arrêtait pas de parler. Et de dire des choses stupides… Haziel ne prit pas vraiment conscience de la moquerie qu’elle lui envoya d’abord. Oui, d’abord, parce que d’autres viendraient ensuite. Il n’eut que le temps de serrer ses dits petits poings et de prendre un air renfrogné que la pie se remettait à jacasser frénétiquement.

Non mais, songea le prince, elle peut pas se la fermer, deux secondes!?!

Tient, tient, tient… Cette verve abondante, ne nous rappelle-t-elle pas quelqu’un?
Agacé, le prince finit par se croiser les bras tout en tapant impatiemment du pied. De quoi se mêlait-elle, l’impertinente!?! Non mais, quel accueil, franchement! Tout ce qu’il attendait, c’était son tour pour la remettre bien à sa place, la petite demoiselle à grande bouche. Au commentaire sur sa constitution, Haziel resserra son étreinte sur ses bras, sentant la frustration lui sortir par les oreilles. Ces dernières, sensibles aux sentiments de leur maître, se dressaient, écarlates, de chaque côtés de la tête de Haziel. Quant à lui, en se prenant ainsi les membres, il prit conscience, sans le vouloir, de la petitesse de ses bras. Enfin, disons de sa carence en muscle… Raison de plus pour détester la naine sans même la connaître, elle visait juste!

-Eh ben dit donc, moi je sais même pas t’es qui! Pas que ça m’intéresse… fit-il en roulant les yeux vers le ciel avant d’en revenir à la bouille de sa charmante interlocutrice, Cependant, tu n’as pas si bien appris tes leçons parce que, si c’était le cas, tu saurais que je suis pas aussi… chétif que j’en ai l’air.

Il s’était efforcé, jusque là, d’adopter une attitude moqueuse et peu concernée mais, à sa mention du mot « chétif », la frustration commença à se faire sentir. Mâchoire serrée, mains crispées… Le Petit Prince n’aimait pas que l’on lui rappelle le principal attribut qui lui avait été prêté. Il s’efforça tout de même de garder son calme et de retrouver sa feinte indifférence, tout en poursuivant son chemin. Chemin qui avait pris un nouveau tournant. Haziel avait opté pour l’attitude « je sais où je vais » alors qu’en vérité, il ignorait to-ta-le-ment qu’il fonçait droit vers le lac, dont il ignorait par ailleurs l’existence.

-Tu m’excuseras mais j’ai à faire. On a pas tous le loisir de perdre notre temps à apprendre les schémas de famille des autres… conclut-il en jetant sur la jeune fille un regard hautain.

Quoi c’est vrai, après tout, qui c’est qui allait être le capitaine de tous ces hommes qui prendraient la mer à la recherche de terres et d’autres! Menton relevé, bras se balançant désormais de chaque de son corps, Haziel, d’un pas ferme, entreprit de s’enfoncer davantage dans le bois sombre.
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Pasiphae-Elwing
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MessageSujet: Re: Prince et princesse [Pasiphae]   Mer 6 Aoû 2008 - 10:19

La jeune Nymphe haussait les sourcils au fur et à mesure que l'elfe débitait ses paroles, son agitation tournant peu à peu au ridicule.
Ses mots étaient hachés, et la manière dont dont il balançait les poings témoignaient de son état de frustration et d'agacement, déroutant Pasiphae.

Elle ne put s'empêcher de penser : "Et dire que cet idiot est destiné un jour à rêgner..."

L'elfe tenta ensuite de répondre à l'adolescente d'une manière désinvolte et peu concernée, mais ses paroles sonnaient creux... Le jeune homme brassait des mots et de l'air pour rien, se donnant plus en spectacle, que rabattant le caquet de la Nymphe. "Pourquoi est-il si mal à l'aise ?"
Tandis que son interlocuteur se mettait à scruter les bois dans l'espoir de faire une sortie digne, Pasiphae détailla le Prince des pieds à la tête.
Bien qu'apparemment petit pour sa race, l'elfe dépassait la Nymphe d'une petite vingtaine de centimètres. Mince, longiligne, la faible stature et musculature de l'adolescent étaient compensés par l'élégance naturelle et le charisme qui se dégageaient de lui. Ses incroyables yeux bleus réhaussaient la pâleur de ses traits aux courbes régulières. Enfin, ses cheveux qui reflétaient la lumière par de purs reflets or-argentés achevèrent de convaincre la jeune Nymphe que l'elfe qui lui faisait face représentait en personne la beauté légendaire de son peuple.

Beau, certes, mais un peu gauche pour l'instant. Perdue dans ses contemplations, Pasiphae sursauta lorsqu'elle vit Haziel s'éloigner d'elle, d'un pas déterminé, vers le lac ! Un éclair vint soudain à l'esprit de la Nymphe: l'elfe savait que son médaillon était là-bas, et il comptait lui voler, et pour éviter tout soupçon avait pris l'allure d'un simplet.

Elle poussa un rugissement, courut à la suite de l'elfe -qui ne semblait avoir remarqué qu'une lionne était à ses trousses- s'élança, et se jeta sur lui. Ils roulèrent au sol en un formidable mic-mac durant quelques secondes de lutte. Pasiphae martelaient avec une détermination sans nom de ses petits poings le torse de l'elfe stupéfait.

Rends-le moi ! Rends le moi, sale voleur !

Mais leur affrontement ridicule tourna bien vite court, lorsque Haziel, las et agacé se décida à réagir, et avec une force que la Nymphe ne lui soupçonnait pas, la plaqua au sol, lui empêchant tout moindre mouvement, si ce n'était qu'accroître sa colère impuissante.

Lâche-moi ! Lâche moi ! Tu ne sais pas à qui tu as affaire ! rugit-elle en un souffle, haletante.

Elle ne pouvait désormais plus faire grand chose à part le fusiller du regard, se risquant à plonger ses yeux embrasés dans un océan calme et serein. Pasiphae était d'humeur massacrante.



(Tu croyais t'échapper comme ça ! xD )

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MessageSujet: Re: Prince et princesse [Pasiphae]   Ven 8 Aoû 2008 - 18:06

Ah ces gens, ces gens! Tous! Il en avait marre, de la forêt, qu’elle soit sombre ou claire, qu’importe, partout c’était pareil, les gens étaient là, toujours à l’attendre au prochain tournant. Haziel avait le sentiment que sa vie était une suite continuelle de petites guerres. Petite guerre contre tel idiot qui disait tel truc, contre l’autre qui racontait des histoires, contre lui, ou elle, qui disait n’importe quoi, ou encore contre une petite nymphe effrontée. Ouais en plus c’était elle qui avait commencé. À peine avait-elle entrouvert les lèvres qu’elle avait cherché la chicane. Qu’elle l’avait cherché, lui, plus précisément. Et puis franchement, à quoi elle s’attendait? Il n’était tout de même pas pour se laisser traiter de minus sans rien répondre! On lui disait qu’il était trop jeune, pas assez mature, pas assez expérimenté, et après on venait chialer parce qu’il exprimait ses idées, qu’il voulait vivre l’expérience, pour l’acquérir, logiquement. Alors quoi, il était censé faire quoi, le petit prince? Ne rien dire et apprendre en silence? Bêtes comme ils sont, tous, sans doute agirait-il ainsi et on le dirait peureux et simple d’esprit. Il en avait marre bref, et espérait vraiment trouver la paix quelque part devant lui, dans le bois, n’importe où. Un coin où la guerre, aussi petite et insignifiante soit-elle pour l’avenir du monde, n’existerait pas.

Ce serait pour une prochaine fois, parce que là, il se faisait sauter dessus. En entendant le rugissement de lionne derrière lui, il ne s’était pas retourné, ni arrêté. Il avait levé les yeux vers les cieux, espérant un miracle pour le sortir de là, mais rien. L’assaut fut violent et Haziel se laissa mollement tomber, puis rouler sur le sol, victime davantage de la gravité que de la folle. Oui, la folle. Elle n’était rien de moins à ses yeux. Pourquoi l’attaquait-elle ainsi? Il n’avait rien fait! Pire encore, il la laissait tranquille, il la débarrassait de sa présence qu’elle n’avait pas semblée apprécier. Alors quoi? Quoi?!?!

-QUOI!?!?! Rugit-il à son tour en portant sur l’assaillante un regard aussi ardent que le sien.

Alors seulement, il prit véritablement conscience de la situation présente. Il était littéralement écrasé contre le sol et se voyait martelé par l’autre. Tanné de jouer les victimes, sans délicatesse, il repoussa la jeune fille, prenant le dessus sur elle aisément. Ainsi positionné, il put mieux la regarder, mais toujours il ne comprenait pas.

-Quoi!?! Qu’est-ce que je t’ai fait!?! Je te connais même pas et tu m’accuses de voleur! J’AI RIEN VOLÉ! Cria-t-il, perdant le contrôle de sa voix, mais surtout de ses émotions, ET PUIS JE M’EN FICHE! TU SERAIS LA REINE DES NYMPHES QUE JE T’AURAIS JETÉE PARTERRE QUAND MÊME! T’ES QU’UNE SALE FILLE POURRITE QUI SE CROIT TOUT PERMIS!

Brusquement il se releva et s’éloigna de la jeune fille en faisant plusieurs pas de reculons. Méfiant, il la jaugea du regard sans plus rien dire. Ce qu’il avait dit, il le croyait sincèrement. Il le croyait mais n’avait pas prévu le dire ainsi, le lui hurler en pleine face, mais elle l’avait cherché. Mieux, elle l’avait voulu. À quoi s’attendait-elle, après tout, en lui sautant dessus comme une déchaînée? Haziel s’obligea à chasser de ses esprits les remords naissants, mais il n’y parvint pas complètement. Il baissa la tête, mais garda les poings serrés. Sa nature sensible, un peu trop, avait provoqué comme un raz de marée en lui et il ne pouvait rien contre. Aussi se sentit-il faiblir sous le poids de cet amalgame de colère, de remord et de douleur, comme si on lui empoignait le cœur à pleine main et qu’on l’écrasait. Il recula encore, encore et encore jusqu’à ce que son dos bute contre le tronc d’un arbre. Haziel s’y appuya et ferma les yeux, fronçant les sourcils.

-Laisse-moi tranquille... murmura-t-il sans la regarder.
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MessageSujet: Re: Prince et princesse [Pasiphae]   Lun 11 Aoû 2008 - 13:21

Alors que la Nymphe était toujours maîtrisée au sol, elle perçut dans le regard de l'elfe un changement soudain. Son calme apparent avait fait place à une rage démesurée, et Pasiphae se recroquevilla et se protégea de ses bras lorsque Haziel se mit à hurler:

-Quoi!?! Qu’est-ce que je t’ai fait!?! Je te connais même pas et tu m’accuses de voleur! J’AI RIEN VOLÉ! Cria-t-il, perdant le contrôle de sa voix, mais surtout de ses émotions, ET PUIS JE M’EN FICHE! TU SERAIS LA REINE DES NYMPHES QUE JE T’AURAIS JETÉE PARTERRE QUAND MÊME! T’ES QU’UNE SALE FILLE POURRITE QUI SE CROIT TOUT PERMIS!

Elle avait à présent très peur. Elle avait bien entendu sous-estimé la force de l'elfe, et sans doute oublié qu'elle n'était qu'un simple Nymphe, dépourvue de force et de résistance. Jusqu'à ce moment de son assaut, elle avait comblé cette lacune par sa rage et sa volonté, mais à présent que l'elfe semblait réveillé, elle ne faisait pas le poids. Et loin de là. Elle étouffa un sanglot. Lorsqu'elle sentit que le jeune homme desserrait son étreinte, elle ne se fit pas prier pour se redresser et tituber jusqu'au premier arbre. L'elfe ne semblait pas fatigué ou essoufflé le moins du monde, alors que la Nymphe, la respiration haletante, grimaçait en se tenant une côte.
Sa colère était telle qu'elle se serait volontiers servie de ses pouvoirs magiques contre Haziel -bien qu'elle n'en avait le droit- mais elle était à présent trop fatiguée pour tenter quoique ce soit. Les Nymphes, en particulier Pasiphae, étaient dotés de remarquables et redoutables pouvoirs, mais ceux-ci exigeaient une parfaite forme physique, condition qu'elle remplissait pas en cet instant. Elle choisit donc d'opter pour le cesser-le-feu. Elle leva les mains en signe de résignation:

D'accord, c'est bon, ça va, ça va.. Je me rends, t'es content maintenant ?

Voyant qu'elle n'obtenait aucune réponse, et se risqua à lancer un regard dans la direction de l'elfe. Le jeune Homme était adossé contre un arbre, les yeux fermés, la mâchoire crispée. Il ne semblait pas lui non plus en pleine forme. Sa tête chancelait et dodelinait de droite à gauche, témoignant de son mal-être.

Haz...Haziel ? interrogea-t-elle d'une voix incertaine.

Pasiphae était loin de posséder les dons de sa cousine Lliane en terme de Guérison, mais elle n'était pas assez stupide et égoïste pour laisser l'elfe en pleine forêt dans un état pareil. Il fallait qu'ils aillent à la ville la plus proche. Evelunia devait être à environ 4 Kilomètres, elle apercevait la cime des plus hautes tours de la ville pointer à travers les arbres.

*Si on me voit là-bas, je suis fichue...* se dit-elle intérieurement.

Mais après tout, elle s'en moquait pas mal. Après toutes les leçons qu'elle avait reçues dans se vie, elle n'allait pas s'arrêter à ça. Les paroles d'Haziel l'avaient fortement ébranlée. Etait-ce ainsi que tous les gens la percevaient ? Telle une gamine capricieuse et autoritaire ? Pasiphae se savait si différente au plus profond d'elle. Elle regrettait amèrement son comportement stupide et juvénile. Aussi décida-t-elle de s'approcher de l'elfe:

Je.. crois qu'il vaudrait mieux t'emmener voir un médecin ou un herboriste. Evelunia n'est pas très loin. Nous pouvons faire la route ensemble.

Prenant une inspiration, elle lui offrit sa main droite, menue, fine et délicate, et attendit qu'il l'accepte, ce qui serait le symbole de leur amitié naissante. Mais les secondes défilaient et Haziel n'avait toujours pas bougé. La voix de la Nymphe se brisa tendit qu'elle reprit:

Haziel ?

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MessageSujet: Re: Prince et princesse [Pasiphae]   Lun 18 Aoû 2008 - 0:55

Le calme après la tempête, c’est ce qu’on dit. Et bien ce n’est pas faux. Haziel s’était emporté, comme rarement il le faisait, mais comme, hélas, trop souvent cela lui arrivait en tant qu’elfe. Mais cette fois, les émotions avaient prit le dessus sur lui et l’assourdissaient, l’aveuglaient, le rendait inapte à tout, bon à rien, en somme. Appuyé contre cet arbre, il concentrait toutes ses énergies sur le moment présent. Le moindre geste lui demandait un effort multiplié. Pourvu que ça passe, se disait-il, pourvu que ça passe rapidement.
Il s’attendait à ce qu’elle parte, qu’elle le laisse tranquille, tel qu’il l’avait demandé. Haziel se disait que, insultée, elle ficherait le camp sur-le-champ et le laisserait en paix retrouvé sa forme. En fait, il s’efforçait d’être alerte et d’écouter, certain d’entendre bientôt les pas de la jeune fille s’éloigner. Mais il n’en fut nullement ainsi. Plutôt que d’agir comme la gamine que le prince avait vue en elle, elle se montra étonnamment calme et patiente. Bon certes, au début, il y eut encore cette pointe d’arrogance dans ses paroles, mais ce n’était pas comparable à la scène qui avait précédée.
Elle l’appela par son prénom. Le prince n’était pas certain si la voix était réelle ou s’il l’avait rêvée. Il hésita, tentant de se sortir de cette brume qui l’avait envahi de l’intérieur. Et puis surprise. Lui qui s’attendait à l’entendre déguerpir l’entendit plutôt se rapprocher et, encore plus surprenant, lui offrir son aide.
Mais qu’est-ce que c’était que cette petite dame qui changeait de comportement comme on cligne des paupières!? Seulement, d’un autre côté, d’entendre la jeune fille lui parler ainsi avait quelque chose d’apaisant, de réconfortant, et il sembla à cet instant que la lumière commençait à disperser le brouillard qui forçait Haziel à demeurer ainsi appuyé, de glace, prisonnier de son corps qui ne le supportait plus que bien difficilement.

Finalement, Haziel rouvrit les yeux, dos courbé, et s’efforça de la regarder, ses sourcils toujours froncés, ne comprenant pas vraiment ce qui se passait, mais d’abord, ce fut sur une main, petite, gracieuse, que son regard se posa. Il y demeura accroché un moment. Et puis les yeux bleus de Haziel suivirent les doigts de cette main, puis le dessus de la main, et le poignet, et le bras, l’épaule et le cou, jusqu’à aboutir au visage qui, quelques minutes auparavant, lui avait semblé très peu invitant. Au contraire, cette fois, Haziel découvrait, entouré d’une crinière châtaigne où venaient se mêler les rayons du soleil en rehaussant des éclats blond, un visage amical, et beau. Cela lui parut une évidence, désormais. Ses yeux avaient ce même éclat particulier que ses cheveux, sa peau semblait aussi douce que la robe qu’elle portait, qui laissait deviner un corps menu mais, souple et gracieux. Elle était belle.

Le jeune elfe baissa les yeux, tentant du mieux qu’il le pouvait de masquer le trouble qui était né en lui en regardant ainsi, de si près, la jeune fille. Il prit sa main, doucement, sans s’y appuyer et, se redressa. Il n’aurait pas eut besoin de l’aide qu’on lui avait offert, mais il avait prit cette main tout de même, sans réfléchir. Une fois solide sur ses deux pieds, il lâcha la main de l’autre et leva les yeux vers elle.

-Merci.

Il respira un bon coup et ses esprits lui parurent dès lors plus clairs. Il reprenait du mieux.

-Et excuse-moi pour ce que j’ai dit… J’étais en colère et… Parfois, je dis des choses auxquelles je ne me laisse pas vraiment le temps de réfléchir.

Il tenta un mince sourire au coin de sa bouche.

-Ca va aller, maintenant. Je me sens mieux et puis, je dois pas m’aventurer trop loin, je vais devoir repartir bientôt, parce que je pars sur le continent demain. Pour un long voyage… Regardant la jeune fille, il reprit. Dis, comment tu t’appelles? T’es une nymphe, non?
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MessageSujet: Re: Prince et princesse [Pasiphae]   Sam 23 Aoû 2008 - 15:45

Pasiphae sentit un poids quitter sa poitrine; elle soupira d'aise. Elle avait cru un instant que l'elfe allait se détourner d'elle et refuser sa main tendue, ce qui aurait été des plus humiliants pour la jeune Nymphe. Mais lorsque celui-ci la regarda, avant de se saisir délicatement de ses doigts, elle ressentit alors une douce chaleur la gagner. Le temps sembla s'abstenir un instant, durant lequel Pasiphae n'eut de cesse de perdre son regard dans les méandres et profondeurs d'un océan serein. Il ne semblait y avoir plus que leur regard et ces mains unies; elle, fine et délicate, lui, tout en puissance et en finesse, qui comptaient à présent. Mais la magie qui opérait s'interrompit alors, laissant les deux protagonistes gênés quelques secondes. Pasiphae sentit une rougeur envahir soudain ses joues, et elle tourna la tête espérant que l'elfe n'avait remarqué son trouble. Quelques raclements de gorge plus tard, Haziel reprit le premier la parole, brisant le silence embarrassant qui subsistait entre eux:

-Et excuse-moi pour ce que j’ai dit… J’étais en colère et… Parfois, je dis des choses auxquelles je ne me laisse pas vraiment le temps de réfléchir.


Pasiphae se sentit brusquement bête. C'était à elle de présenter ses excuses, et non au Prince des Elfes. Elle s'apprêtait à formuler une tournure élégante pour lui exprimer ses regrets quand à son attitude juvénile, mais il poursuivit, expliquant qu'il devait rentrer chez lui, se préparant pour un voyage le lendemain. Il l'interrogea sur son identité. La Nymphe oublia toute phrase préconçue, pour lui répondre, le visage égayé d'un sourire:

Mon nom est Pasiphae. Pasiphae Elwing. Je suis bien une Nymphe.

Sentant que le visage de l'elfe s'était modifié au nom de Elwing, la Nymphe renchérit, devançant Haziel:

Je fais en effet partie de la famille Royale. En fait, Alphaïde est ma cousine. Tu as du déjà la rencontrer lors de cérémonies officielles très imporantes et tout le tralala. En tant que cousine, j'ai assez de libertés. Mais pas celle de m'aventurer dans la forêt... Du moins, pas jusqu'à Evelunia.

La Nymphe fit une courte pause, puis fronçant les sourcils, elle reprit, d'un air malicieux:

En fait, je n'aurais jamais cru que le prince des Elfes en eut le droit, lui. Quelle injustice !... Ou peut-être, n'en a-t-il justement pas l'autorisation...
Tu n'es pas un elfe ordinaire, cela ce voit tout de suite.



Pasiphae savait en effet que ce noble peuple avait un goût très prononcé pour le respect des règles. D'ailleurs, il n'y avait jamais eu de révoltes ou de mécontentement dans le Bois Blanc. Les elfes était des êtres droits, honnêtes, qui mettait à l'honneur la sagesse, et rabrouait l'indiscipline. La Nymphe s'amusa un instant du désespoir que devait causer l'elfe chez ses professeurs, tout comme le causait Pasiphae auprès de ses Maîtres qui renonçaient de la voir un jour aller sur le droit chemin.
Mais voilà que Haziel s'en allait pour parcourir le contient. Curieux. Lui aussi devait s'ennuyer dans son château. Ils avaient de nombreux points communs..

Je dois moi aussi m'en aller. Mon autre cousine Lliane, m'attend à l'aube pour prendre la route. Nous quittons quelques temps Ellendwraï, mais ceci, dans le plus grand secret. Si tu rencontres des Nymphes à notre recherche, promets-moi de ne pas nous livrer. J'espère de tout coeur que nos chemins se croiseront de nouveau sous peu.

Et Pasiphae pensait sincèrement cette dernière phrase. Elle eut un dernier sourire pour l'elfe, trouvant dans son regard une approbation sincère, avant de se détourner, et de regagner à pas lents le chemin vers le Palais. Elle eut alors une pensée pour le médaillon abandonné sur les rives du lac, qui était à l'origine de toute cette scène. Mais curieusement, elle ne fit pas demi-tour pour aller le récupérer. Jörd lui avait fait un signe, la Nymphe se devait d'écouter son coeur. Et celui-ci lui soufflait de laisser l'eau et le temps emporter le bijou, qui avait eu autrefois tant de valeur pour l'adolescente. Mais qui désormais, n'avait plus lieu d'être...

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Prince et princesse [Pasiphae]

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