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 Annonce sur la porte du Temple de Snotra

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Spectre
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MessageSujet: Annonce sur la porte du Temple de Snotra   Dim 9 Mar 2008 - 16:17


Peuple Libre des Ombres,


Notre Roi, Edin Terinfiel, est tombé.
Ses funérailles auront lieu
au crépuscule du sixième jour.

Le couronnement de notre nouveau Seigneur,
Morzan Terinfiel, aura lieu après la cérémonie.




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MessageSujet: Re: Annonce sur la porte du Temple de Snotra   Mar 25 Mar 2008 - 15:09

Quelques heures avant la cérémonie
Sixième jour de la 8ème semaine
Année 835


Il était tôt ce matin là, le soleil n’avait pas encore salué de ses rayons le sommet du Mont Eray, sur lequel la forteresse avait une vue imprenable. Si tôt… mais il était toujours trop tôt lorsqu’on perdait un être cher. On voudrait qu’il reste toujours quelques secondes, quelques minutes, quelques heures qui pourtant nous sont dérobés à jamais. Toujours trop tôt…

Morzan, prince des Ombres, et bientôt futur Roi, contemplait sans mot dire la puissante montagne, dont il devinait les contours enneigés. Des neiges éternelles, qui resteront là sans faillir, tandis que plus bas la Race des ombres voyait s’éteindre son monarques. Des neiges éternelles, que le passage du temps n’altérait pas, au contraire du jeune homme qui les contemplait.


L’éternité, ici-bas, ne dure jamais longtemps

Murmura le Prince pour lui-même. Le jeune page qui furetait dans la chambre lui jeta un regard interrogateur, mais Morzan le congédia d’un geste de la main. Il avait besoin d’être seul, seul avec son chagrin, une dernière fois. Car c’était la dernière fois qu’il pouvait se montrer faible, la dernière fois. Bientôt, dans quelques heures à peine, il deviendrait le souverain des Ombres, les guiderait, les soutiendrait. Et qui le soutiendrais, lui ? Personne… tel était le destin de ceux qui gouvernaient, tel avait été le destin de celui que son Peuple pleurait aujourd’hui, Morzan en tête. Si entouré, et pourtant si seul…

Le jeune homme s’accorda encore quelques minutes de songeries mélancoliques, quelques minutes qui, il le savait, serait sans doute les dernières. Les cernes sous ses yeux étaient sombres, aussi sombres que ses pensées, et comme ses pensées, risquaient de demeurer sombres bien longtemps. Mais l’heure n’était plus aux jérémiades, le Prince en était conscient. Se détournant de sa contemplation, il traversa la pièce d’un pas rapide, prenant à peine le temps de s’incliner devant une représentation de la déesse pour lui murmurer une prière. Puis il se pencha sur le lit, où reposait un ceinturon neuf, auquel pendait un glaive étincelant. Celui-là même qui devait se lever pour protéger le Peuple des Ombres, celui du Roi Erin Terinfiel. Celui que Morzan, dorénavant, considérerait comme sien. On lui remettrait après la cérémonie de la mise en terre, aussi le laissa-t-il sur place. Un des prêtres viendrait le chercher tout à l’heure.

Adressant une prière muette à Snotra, pour qu’elle lui accorde la force dont il aurait besoin, il sortit de la chambre à grandes enjambées.

___



Le Temple était plein à craquer, car le Peuple tout entier était venu rendre un dernier hommage à son Roi, avant que celui-ci ne rejoigne pour toujours sa dernière demeure, le caveau des Terinfiel, creusé à même le roc sous la Forteresse. Un champ de granit et de marbre, uniquement peuplé de silence et de fantômes. Le caveau des Terinfiel, Morzan le connaissait par cœur. Il allait souvent y jouer avec les autres enfants, jouant au brave mais pétrifié de terreur devant ces visages endormis. Mais jusqu’à maintenant, les statues de pierre n’avaient jamais eu pour visage celui d’un proche. Son père avait été enterré dans le caveau, lui aussi, mais Morzan n’avait pas ressenti la même douleur poignante, l’impression qu’une dague de feu s’enfonçant dans son cœur tandis que, le dernier hommage des prêtres achevé, le dernier cœur s’étant tu, lentement, on glissait ce corps sans vie dans son tombeau de pierre, dans cette statue si semblable par ses traits, mais si froide, si froide…

Le jeune homme sursauta presque quand commença la lamentation des cloches, suivis de celles des petites gens. Il se rendit compte qu’il n’avait pas écouté grand-chose de la cérémonie religieuse, s’efforçant de garder en mémoire son oncle tel qu’il l’était, et non pas tel qu’il était devenu. Un corps froid dans une statue de pierre, un ultime visage rejoignant le tombeau des ancêtres de la famille Terinfiel. Mais pour l’instant, le Roi Erin resterait dans le temple, permettant à chacun de contempler une dernière fois ses traits, de toucher une dernière fois cet auguste monarque. Ultime prière avant l’oubli, dernier cadeau de son Peuple.

Le Roi est mort, vive le Roi. Jamais proverbe ne s’étant tant vérifié : peu importe la peine, peu importe la mort, le royaume devait perdurer, et un Roi devait le gouverner. Et ce Roi, c’était Morzan. Les cloches entonnèrent une nouvelle symphonie, joyeuse et rythmée, presque indécente après leur funèbre plainte. Mais la vie devait reprendre le dessus, et la guerre était exigeante : il fallait couronner au plus tôt le nouveau monarque, et qu’importe la présence de la tombe de l’ancien Roi.

La prêtresse s’avança vers la foule de fidèle, qui se tenait religieusement silencieuse. Elle prononça les formules rituelles, ces mêmes formules que Morzan connaissait par cœur et qu’il n’écoutait pas (Où comment ne pas avoir d’idée en matière de cérémonie et passer outre^^). IL attendait son moment d’entrer en scène avec impatience. Comme sa peine, la peur s’était envolée, remplacé par le sentiment de l’honneur et du devoir. Un signe discret, et le jeune Prince s’avança fièrement, vêtu seulement d’une chemise blanche et d’un pantalon de même couleur, ainsi que l’exigeait le rituel.

Là, debout devant le Peuple, devant son peuple, se corrigea-t-il, il reçut la cape de fourrure et le mince cerceau d’or, qui signifiaient qu’il était, dorénavant, le gouverneur de ce royaume. Des mains de celui qui avait servi se fidèlement son oncle sur les champs de batailles, un ancien soldat couturé de cicatrices, il reçut le glaive d’Erin, et des mains de la prêtresse la chevalière d’or gravée au symbole de Snotra. Il lui fallut maintenant prononcer les paroles rituelles et, tel un enfant bien élevé, il s’avança de quelques pas, prenant la parole d’une voix puissante.


Moi, Morzan Terinfiel, Roi du peuple des Ombres, jure amour et fidélité à la déesse, honneur et dévotion à ma patrie. Que cet anneau m’insuffle la sagesse, que cette dague ruisselle du sang de nos ennemis.

Puis, ainsi que le rituel l’exigea,it, le jeune Roi tomba à genoux, le glaive tenu à deux mains, et le présenta à la foule amassée devant lui.

Peuple des Ombres, je jure de te protéger et de te servir, jusqu’à mon dernier souffle, jusqu’à ma dernière pensée. M’acceptes-tu comme ton Roi ?

Le silence bourdonna dans les oreilles du jeune homme agenouillé, un silence angoissant, terrifiant, soudain rompu par une clameur :

Vive le Roi !
Vive Terinfiel !
Pour l’honneur et la gloire !


Les vivats continuèrent, et Morzan se releva sous les cris joyeux de la foule. Le rituel était accompli, désormais, son destin était scellé. Brandissant le glaive d’Edin, qu’il lui faudrait désormais appeler le sien, il se tourna face à la foule, savourant ses cris et sa joie. Vent Gris, échappé sans doute de la pièce où son maître l’avait confiné durant la cérémonie, se faufila à ses côtés avec un jappement de joie, et Morzan passa la main dans la fourrure grise sans y penser.

De lourdes responsabilités l’attendaient, maintenant : il lui faudrait tout d’abord mener le cortège de soldats qui attendaient dehors, patientant afin de saluer leur nouveau Roi. Puis ce serait les réjouissances, qui, cependant, ne dureraient qu’un jour, ainsi l’avait ordonné Morzan. Il avait une guerre à mener, et la fête ne serait célébrée qu’une fois Ardiosis mort et enterré.
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