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 Affres d'incertitude

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Ardiosis
Gwendirien
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MessageSujet: Affres d'incertitude   Mer 3 Sep 2008 - 21:08

An 835, 9ème semaine, A l'aube du jour 3

[HJ/ Je suis de retour, hiarf hiarf hiarf /HJ]

Appuyé contre le rebord de la fenêtre de sa chambre, dans une posture fort peu royale, Ardiosis avait perdu le compte des heures qu'il avait passé à attendre. Lentement les premières lueurs de l'aube détachaient d'interminables pans d'ombre de la noirceur uniforme de la nuit.
Une fois de plus le sommeil s'était refusé à lui, et pour la première fois, il éprouvait du soulagement à l'idée que la sombre magie qu'il avait employé en soit la cause, plutôt que l'inquiétude qui lui rongeait le coeur et lui embrumait l'esprit.

°De simples rumeurs. Qui suis-je, si les boniments et les commérages m'effraient?°

Sa fierté ne suffisait pas à le protéger. Ces rumeurs là, avaient la véracité des menaces effroyables, dont on parle à mi-mot, sans broderies alambiquées, un danger sobre et austère. Des bandits! Comment pouvait-il avoir fourni à Eleade une si maigre escorte? Comment avait-il pu laisser passer la fierté impie des Orthodoxes avant la sûreté de sa reine?
Amèrement, il songea que si cette fois on se risquait à le condamner pour avoir expédier Eleade à la mort, il ne pourrait pas nier.

°Peut-être...°

Ce qui le dérangeait le plus, ce n'était pas tant l'issue effroyable qu'il redoutait, mais de ne pouvoir se résoudre à pleurer ou attendre Eleade. Sigrid était partie se coucher, et il n'osait pas la déranger une deuxième fois, surtout qu'il était à la fois impensable qu'il lui confia ses craintes et qu'il lui laissa entendre que, l'esprit torturé, il n'avait pas dormi de la nuit.
D'autant plus que les mots n'auraient su l'apaiser.
Tant qu'il n'aurait pas revu Eleade, morte ou vive, elle resterait, l'amante tendre et fidèle de toutes ces années, la mère de son fils, le soleil de ses jours et de ses nuits. Et rien de ce qu'on aurait pu lui dire pour lui faire accréditer l'une ou l'autre des éventualités aurait été peine perdue.

Et par dessus tout cela suintait, telle un venin brûlant, la tentation de monter dans la tour, de plonger les yeux dans la pierre, pour y chercher Eleade. Mais le roi se défiait bien trop de Loki pour se fier à l'un de ses outils. Il craignait d'aperçevoir quelque funeste augure trompeur, qui, à la manière de ces tristes contes sordides, l'amènerait à croire la perte de celle qu'il aimait, qui éperdue, souffrante mais bien vivante, se verrait contrainte de souffrir son mépris involontaire.

Yswllyra s'éveillait, mais pour une fois, cette image là ne trouva nul écho dans son coeur. La cité lui parut morne et languissante, dame opulente et oisive, vautrée dans un luxe obséquieux, se complaisant dans sa narcissique contemplation.


Dernière édition par Ardiosis Bennefoy le Jeu 4 Sep 2008 - 16:42, édité 1 fois
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Eleade-Bennefoy
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MessageSujet: Re: Affres d'incertitude   Jeu 4 Sep 2008 - 15:21

Eleade, assise sur Laylé, avançait lentement, bravant le froid. Ses cheveux bruns volaient gracieusement au vent. Et, bien qu'elle ne soit guère coiffée, elle possédait un charme provenant de sa profonde mélancolie. Jamais encore elle n'avait affiché une telle expression, jamais encore elle ne s'était présentée ainsi devant qui que ce soit. Mais elle ne pensait même pas à imaginer la prochaine réaction de son époux en la voyant, lors de sa rentrée toute proche. Cela bien sûr si le destin continuait à leur épargner une mort certainement abominable. Car c'est ainsi qu'elle jugeait leur perte... Il n'y avait guère beaucoup d'hommes qui avaient laissé leur vie à quelques kilomètres à peine de là. Mais parmi eux se trouvait être le vaillant Loran Kellac, le plus fidèle et le plus compétant capitaine qu'avait eu la chance de connaître la jeune reine. Les images de la bataille défilait encore en elle, la pourchassant sans daigner lui laisser une seconde de répit. Et, vu leur rythme actuel, ils n'étaient pas près de rentrer chez eux...! Les soldats, d'ailleurs, se concertèrent et se mirent d'accord pour prendre, oui bien un détour, mais un chemin plus prudent, où les bandits ne se faisaient point trop nombreux.

Eleade Bennefoy aurait presque pu devenir méconnaissable. Car malgré les nombreux évènements qu'elle avait dû subir avec son mari qui l'avait trompée et, par la suite, pris ses distances avec elle, elle ne s'était guère montrée aussi attentée. Cette mort lui avait brisé le coeur. Parce que, non pas qu'elle était lâchement tombée amoureuse du capitaine, mais elle lui témoignait bien de l'affection et cette homme séjournerait toujours dans son estime, même après ce tragique combat qui l'avait mené au-delà de la vie. Durant la bataille, elle n'avait pas lâché des yeux le jeune Loran qui avait décidé de la protéger, de ne pas faillir à son devoir. Il était mort pour la sauver... Et cela s'avérait être un fait qu'elle ne supportait guère volontiers. Aucune larme n'avait encore été versée. Mais cela n'allait sûrement pas tarder. Les combattants qui se trouvaient encore à ses côtés se contentèrent de lui montrer la route et de faire leur devoir: la protection. Ils ne daignèrent lui parler, préférant la laisser tranquille. Et elle leur en était reconnaissante, bien qu'il n'y ait aucune raison valable pour qu'ils se mettent à converser avec elle.

Cette mort les affectait, eux aussi, beaucoup. Cela sautait aux yeux. Elle compatissait d'ailleurs à leur douleur, même si elle la ressentait elle-même. Elle pinça les lèvres pour retenir un élan de fatigue extrême accompagné de tristesse. Non, elle ne devait en aucun cas démontrer sa faiblesse devant ses hommes. Ils lui accordaient de bien courtes pauses, c'est vrai. Mais elle leur pardonnait ce petit relâchement. La raison était bien compréhensible. Malgré que ce périple n'ait guère duré des semaines et des semaines, des cernes profonds pouvaient déjà se voir sur le doux visage de la reine. Elle souhaitait tellement rentrer chez elle, retrouver la chaleur des bras de son époux qu'elle aimait tant. En ce moment, elle avait tant besoin de lui...

Et ils arrivèrent à bon port sans incident. Quelle ne fut pas son soulagement de pouvoir confier sa jument à des écuyers compétents et aboutir leur voyage à l'aide d'un court discours dépourvus de longs mots... Elle congédia alors les soldats, leur donnant une semaine, ce qui s'avérait un minimum, de repos pour se remettre des évènements. Quant à elle, alors que la nuit était déjà bien tombée, elle put se détacher à ses obligations et pénétrer dans son palais. Lentement, elle traversa les couloirs. L'obscurité faisait encore partie du lieu où elle se trouvait. De sa demeure...! Elle ne prit point la peine d'ôter sa capuche. Elle gardait ses vêtements normalement réservés aux hommes, son allure discrète. Tout en sa démarche démontrait qu'elle était bien féminine. Enfin, presque. Son entraînement avec Rekhôr atténuait un peu cela. Elle atteignit enfin les appartements. Une boule se serra dans sa gorge... Elle avait tant hâte de retrouver son homme. Elle avait questionné, au passage, un domestique qui s'était chargé de lui rapporter où se trouvait actuellement son homme. Et maintenant, elle se trouvait devant la porte de la pièce...


Il n'avait sûrement pas dû être mis au courant de sa venue: elle avait été faite très discrètement. Sa surprise ne serait donc pas anormale... Elle ouvrit lentement la porte, tremblant légèrement. Puis, après être entrée, la referma derrière elle. Eleade attendit alors que son mari se retourne. Puis elle ôta sa capuche et murmura, les larmes aux yeux:

" Je suis de retour, mon amour. "

Puis, après s'être tenu immobile quelques secondes, voire minutes, devant lui pour bien pouvoir l'observer, elle se hâta de se réfugier dans ses bras pour éclater en sanglots... La reine s'agrippait à son mari comme si elle craignait qu'il ne disparaisse, lui aussi.
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MessageSujet: Re: Affres d'incertitude   Jeu 4 Sep 2008 - 17:54

Ruminant de mornes pensées, qui sans cesse le ramenaient à son épouse, le seigneur du nord n'en observait pas moins la cité d'un oeil distrait. Attendre un signe, épier un retour, si tôt, c'était admettre l'innénarrable, et il s'y refusait. La ville s'éveillait, les domestiques s'agitaient s'affairant à leurs tâches quotidiennes, et c'est à peine s'ils voyaient les murs de pierre sombres suintant d'une froide humidité.

Lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir, il se retourna aussitôt, et resta pétrifié. Si son plus cher désir en cet instant, avait du porté un nom, cela aurait certainement été celui d'Eleade. Sa stupéfaction, ainsi que l'étrange mise de son épouse renforcèrent ses doutes, et il la dévisagea longuement avant de s'autoriser avec soulagement que ce ne pouvait être qu'elle.
Avant même qu'il se soit permis de songer à ce que son retour précipité pouvait signifier, Eleade s'était jetée dans ses bras. Sanglotante elle se cramponait à lui, dans une étreinte qui n'avait de douceur que la faiblesse des forces qui lui restaient après cet épuisant voyage.

Saisi par cette vision, il resta coi. Voilà bien longtemps qu'il n'avait pas vu les yeux de la reine s'emplir de larmes. Tout ce qu'elle avait du subir par sa faute elle l'avait affronté la tête haute, le regard dur, les yeux secs. Sa détresse soudaine lui broyait le coeur. A la fois parce qu'elle était aussi soudaine qu'innattendue, et parce qu'il ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'elle pleurait comme jamais elle ne l'avait fait pour lui.
Non sans qu'une pointe de jalousie lui vrille le coeur, il finit par se resaisir. Refermant ses bras sur sa tremblante épouse, une fois assurée qu'elle ne souffrait d'aucune blessure physique, il essaya tant bien que mal de la rassurer :
Eleade... Calme-toi voyons... Tout va bien...

Ses mots lui parurent vains et maladroits. Non pas que le roi des Hommes soit un rustre, mais il avait perdu depuis si longtemps l'occasion et l'envie de proférer des paroles rassurantes à quiconque, que cela lui était encore moins naturel, qu'à l'époque lointaine où il s'efforçait de séduire la jeune fille aux yeux verts, qu'il ignorait être déjà conquise.

Et bien vite ses pensées rationnelles l'emportèrent sur ses sentiments. Si Eleade était ici, ils n'avaient donc jamais atteint les terres orthodoxes à peine deux jours s'étaient écoulé depuis son départ. Il sourit pour lui même en déposant un baiser sur le front de la reine, balayé de cheveux en bataille, en songeant à l'éternité que lui avait paru duré ces maigres jours. Aussitôt lui revint en mémoire le mensonge dont il avait usé à l'encontre de Sigrid, mais le moment était plus que malvenu pour accabler la reine de scabreux mensonges et de rêves funestes. Une fois de plus désireux de ne pas noyer la reine sous des questions inutiles, il mit ses étranges habits -aussi peu à son goût qu'on peut l'imaginer- sur le fait qu'ils avaient du rentrer en urgence et sans attirer l'attention.

Que s'est-il passé? demanda-t-il avec douceur et résignation, certain de ne pas pouvoir se passer de cette réponse là.

Il avait renonçé à accabler Eleade de remords. A quoi bon lui rappeler qu'il lui avait déconseillé formellement de prendre part à cette expédition?
Il n'en était pas moins curieux de savoir ce qui pouvait bien l'attrister à ce point, et attendait la réponse avec une étrange amertume.


Dernière édition par Ardiosis Bennefoy le Ven 5 Sep 2008 - 21:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Affres d'incertitude   Ven 5 Sep 2008 - 21:00

Se calmer? Eleade s'en sentait incapable. Prise dans un élan de tristesse, elle ne pouvait s'empêcher de verser toutes ces larmes sur son homme. Elle pleurait, emportée par un poids lourd qui lui pesait depuis des années. Toutes les émotions accumulées durant tout ce temps ressortait, en cette soirée de fatigue extrême. Son chagrin l'emportait, elle ne pouvait le maîtriser. Cependant, contrairement à ce que l'on pouvait croire, ce n'était guère la mort de Loran Kellac qui la faisait tant souffrir. Cela avait simplement, si l'on peut utiliser ce terme pour un tel évènement, été la grosse goûte, car la mort d'un être apprécié s'avérait bien affreuse, qui avait fait débordé l'énorme vase qu'elle avait bâti. Elle n'en avait pas fini de se vider de ses larmes...Loin de là! La jeune reine ne pouvait placer un mot, elle en était carrément incapable. Une pluie torrentielle s'écoulait le long de ses joues creuses. Et lorsqu'Ardiosis lui déclara que tout allait bien, ses pleures redoublèrent. Si son époux ne possédait pas de vêtement lui couvrant bien le corps, ce dernier se trouvant être d'ailleurs tant mouillé que l'on pouvait l'essorer, il aurait ressenti les griffes de sa femme s'enfoncer dans sa chair.

Une angoisse étreignait la femme du seigneur nordique. Une terreur insupportable, insurmontable. Devant ses yeux défilaient des images... Les images d'une bataille pleine de vie et de mouvements. Plusieurs hommes tombaient. Mais ses pensées se cadraient sur l'un deux qu'elle connaissait que trop bien: son époux. La peur que la mort les sépare physiquement était apparue subitement, après le choc des derniers faits qui s'étaient déroulé bien trop récemment à son goût. Qu'Ardiosis disparaisse à jamais de ce monde qui deviendrait cauchemardesque sans lui, la laissant seule à la tête d'un royaume qu'elle ne désirait commander ne lui causait que de la crainte et du chagrin. L'homme qu'elle avait épousé, elle l'aimait d'un amour éternel qu'elle ne saurait éteindre même si elle le désirait au plus profond d'elle-même.

" Oh Ardiosis ... ne me laisse pas, je t'en prie. "

Pauvre homme qu'il était, l'interpelé ne devait pas vraiment comprendre grand chose à ses exclamations. Pourtant, elle ne cessait de répéter entre quelques sanglots:

" Je t'aime ... ne me quitte pas, ne me laisse pas seule dans ce monde cruel. "

Et peu à peu, la lassitude commençait à s'emparer de son être. Elle commença gentiment à se calmer, relâchant sa dure étreinte. Ses doigts troquèrent peu à peu leur couleur blanche pâle contre celle naturelle qu'ils possédaient en temps normal. Elle se rappela alors la question de son mari. Il voulait savoir, bien sûr. Et elle ne lui en voulait pas. Il avait le droit de connaître la raison de son retour précipité, le pourquoi du fait qu'elle ne se soit guère rendue chez les orthodoxes. Elle possédait le mauvais sentiment d'avoir failli à sa tâche en étant retournée. Mais de toute manière, elle n'aurait su placer un mot correct devant le souverain de ces êtres étranges après la mort tragique du capitaine Kellac.

Comme elle en avait bien l'habitude auparavant, elle se chargea de reprendre ses esprits rapidement, de se remettre de ses émotions le plus rapidement possible. Elle essuya ses larmes à l'aide sa fine main tremblante...

" Excuse mon comportement indigne de la femme du seigneur nordique. Tous ces évènements m'ont chamboulé. "

Et avant de se laisser aller à la narration, elle se permit un geste de tendresse, une sorte de salutation retardée. Elle joignit délicatement ses lèvres au sienne, laissa, de ce geste, résulter un long baiser tendre et amoureux ... puis elle reprit ses distances. Bien que ses forces l'abandonnaient petit à petit, elle recula d'un pas et se tint droite devant son mari, sans faillir. Les larmes passées, elle avait tenté de se construire une image présentable, bien qu'elle restât néanmoins extrêmement mélancolique.

" Des bandits nous ont attaqué. Et le capitaine Loran Kellac, qui n'avait en tête que ma propre sécurité, a payé cela de ma vie. Il nous a quitté bien tristement il y a de cela quelques heures, je crois. "

Elle baissa alors la tête, juste le temps de se remettre de ces paroles blessantes. Elle ne put s'empêcher alors de se réfugier, à nouveau, dans les bras d'Ardiosis. Eleade Bennefoy posa, cette fois, sa tête sur l'autre épaule et, en fermant les yeux, poussa un profond soupire.

" J'ai tellement peur d'être séparée de toi. Je ne supporterais cela, tu sais! Et, sache que même la mort ne pourra atténuer l'amour que j'éprouve pour toi. Que tu sois propriétaire d'actes ignobles ne pourrait que me peiner, mais point m'ôter ce terriblement puissant sentiment. Jamais je n'ai autant aimé, jamais avant ta rencontre... tu as illuminé ma vie, tu m'as sauvée des griffes de l'ennui mortel. Je t'aime et t'aimerai toujours. "

Elle-même n'aurait su dire pourquoi elle se mettait à toutes ces révélations ce soir-là. Peut-être était-ce parce qu'elle se sentait bien plus proche de son époux que lors des dernières années? Qu'elle se sentait comme réconciliée avec la mauvaise conscience qui l'avait habité pour cause de sa tromperie? Elle lui avait pardonné. Et même si oublier prenait toujours un peu plus de temps, elle se sentait prête à passer cette information sous silence dans son esprit. Prenant cette fois un ton plus posé, elle se permit une moquerie:

" Je ne t'ai guère trop manquée? "

Désormais, malgré la tristesse et la fatigue, une lueur malicieuse brillait dans ses yeux mouillés. Bien qu'il doive être habitué par son changement radical de comportement, cela déstabilisait toujours un peu. Elle espérait ne pas trop l'avoir fait ce soir-là, bien qu'elle en doutait...! Décidemment, elle ne pourrait se passer de cette idée qui lui faisait tant de mal: elle ne méritait point Ardiosis. Malgré tout l'amour qu'elle éprouvait pour lui, elle ne parvenait à se comporter en parfaite épouse. Quoi que ce dernier point ne plairait pas à tout homme avide de changements et d'aventures. Qu'y avait-il de pire, pour ces hommes, qu'une femme qui ne faisait qu'obéir à leur ordre, qui se montrait toujours de bonne humeur, qui résultait de la perfection même? Eleade Bennefoy soupira à ces pensées...

(HJ: Haha, un peu plus long que l'autre post. Pas sûr qu'il soit de meilleur qualité, par contre.)
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Ardiosis
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MessageSujet: Re: Affres d'incertitude   Ven 5 Sep 2008 - 22:48

Si Ardiosis pouvait encore, se raccrocher à l'image forte qu'il avait de son épouse, stoïque, capable de braver vents et marées sans fléchir, elle vola en éclats. Il tenta bien d'essuyer du revers de sa manche, les joues ruisselantes de son épouse, mais il n'y gagna qu'un vêtement trempé. Comme il le craignait, ses paroles rassurantes n'eurent pas l'effet escompté. Il eut même l'impression d'avoir remué le couteau dans la plaie, car loin d'endiguer le flot de larmes, ses encouragements l'avaient fait gagner en intensité.
D'ailleurs soit il était vraiment d'un piètre réconfort, soit Eleade devait avoir de bonnes raisons de le haïr -en fait, à bien y réfléchir elle pouvait en revendiquer des centaines-, car rien dans la détresse d'Eleade ne justifiait vraiment qu'elle lui lacéra la poitrine. Il faillit se défaire des serres acérées de la reine, mais songea que le simple fait qu'il se permit de telles pensées en cet instant, signifiait qu'une part de ce traitement cruel devait être mérité.

Il n'a jamais été question que je te laisse! protesta vivement Ardiosis, en espérant que son empressement, et le peu de surprise que lui inspirait l'accusation n'inquièteraient pas davantage Eleade.
Elle ne pouvait pas avoir eu vent des mensonges éhontés dont il avait fait part à Sigrid, elle venait tout juste d'arriver. Il parvint donc sans peine à se rassurer sur ce point, Eleade n'avait pas de raison de virer brusquement des déclarations fièvreuses aux folles accusations.

°Ce n'est donc que pure coïncidence si mon sang perle sous ses doigts. Inquiétant réconfort...°

Il évita de lui jurer de ne plus jamais la quitter. Ardiosis haïssait trahir sa parole, et il jugea que, vu le peu de valeur qu'elle devait encore avoir aux yeux d'Eleade, elle ne lui en tiendrait pas trop rigueur.
Il ne pouvait pas lui jurer de lui tenir la main à chaque instant. Au sens métaphorique peut-être. Et quand bien même. Ses fonctions l'appelaient plus que de raison, surtout ces derniers temps, à suivre des chemins sur lesquels il ne désirait pour rien au monde voir Eleade s'engager.

Je suis là, murmura-t-il.

Ardiosis n'avait pas l'habitude de telles effusions de larmes, mais il avait celle des vagues banalités, qui lui évitaient à la fois, de ne pas entacher
son honneur et de ne pas s'abaisser à mentir.

Et alors qu'il commençait à se faire à l'idée que sa tendre épouse bien aimée était déterminer à répandre sur lui toutes les larmes de son corps et à le dépecer vivant, elle sembla se resaisir, ou plutôt défaillir, car ses doigts crispés reprirent leur douceur d'antan.

Il sourit pour lui même. S'excuser pour tout et surtout pour rien, et ce à tord et à travers, était bien plus typique de la femme qu'il avait épousé jadis. Eleade n'avait jamais possédé l'assurance exacerbée du roi, qui le poussait à ne jamais remettre en cause ses propres actes. Aurait-il commis une erreur, qu'avec le recul, il reconnaissait sa faute, mais n'admettait jamais qu'il aurait pu mieux faire en agissant autrement.

Cesse de te tourmenter...

"Tu es déjà pardonnée" aurait-il voulu dire, mais les mots moururent sur ses lèvres. Il aurait sans doute fini par lui pardonner toutes les erreurs qu'elle ait pu commise, mais il ne pouvait nier qu'il désirait entendre, que sa parfaite épouse, jamais ne pouvait faillir, et commettre un acte qu'il jugeât répréhensible.

Ses propos nébuleux et le baiser qui s'en suivit, teinté du goût salé des larmes versées, le laissa perplexe. Avait-elle vraiment quelque chose de si monstrueux à lui révéler, pour ressentir le besoin de l'amadouer et de gagner son pardon avant même de lui parler?

Plus dépitée que jamais, mais droite et solennelle, elle lui conta la mort du général. Ardiosis en fut à la fois profondément surpris et contrarié, mais ne s'osa pas à verser une larme. Car la chose qui l'attristait le plus en cela, était qu'il avait fondé une partie de ses espoirs de retrouver Siran sur Loran Kellac.

Eleade chercha de nouveau le soutien de ses bras qu'il ne lui refusa pas, et s'épancha en d'interminables déclarations. Etait-ce le choc récent qui lui déliait la langue, ou avait-elle jamais aimé Loran plus qu'elle n'aurait du, pour que la nouvelle la chamboula à ce point. Il réussit à chasser ces redoutables pensées de son esprit, non sans s'être au préalable promis de mener son enquête sur le sujet.

Avait-elle finalement, une requête à lui faire? A quoi rimait tout cela? Que s'était-il donc passé en si peu de temps? Pour qu'elle juge nécessaire de lui affirmer ce dont jamais il n'avait douté.
Ou presque. Car il évitait toujours scrupuleusement de lui mentionner ce qu'il jugeait qu'elle ne serait pas à même d'accréditer. (Ardiosis n'aurait jamais fait l'affront à Eleade de considérer qu'elle n'était pas en état de "comprendre" ses sombres manigances.)
Il préférait simplement son aval muet à ses regards inquiets noyés de reproches.

La pique qu'elle lui lança l'atteignit en plein coeur. Elle ressemblait tant alors, à la jeune femme d'avant, celle qu'il avait courtisé sous un faux nom -il en avait rougi par la suite des mois durant, de ce mensonge innocent- qu'il renonça à l'accuser de flatterie odieuse.
Il resta un instant perplexe, conscient qu'elle ne pouvait que se moquer, du fait qu'il resta silencieux comme une tombe, tandis qu'elle lui ouvrait son coeur!

Votre absence était interminable, soleil de mes jours. lui sussura-t-il avant de lui dérober un baiser.

Et un sourire narquois aux lèvres il ajouta, prenant le risque qu'elle ne goûta guère son humour :
Mais vous me trouvez ravi que vous vous soyez donnée la peine d'abréger votre voyage pour venir au plus vite palier à ma solitude...

Il serra contre son coeur son inestimable épouse, et un instant, un instant seulement, cessa de s'inquiéter sur ce que l'univers recelait de menaces, de mauvaises surprises et de coups bas.
L'instant suivant, mille pensées se pressaient dans son esprit. Il fallait qu'il dépêche un messager au plus vite chez les Orthodoxes, un homme isolé attirait moins la convoitise qu'un convoi royal...
Mais le sentiment diffus de hâte qu'il éprouvait à cette idée, ne suffit pas à lui faire abandonner Eleade.

Siran. Son rêve. La réception. Il soupira pour lui-même.


Dernière édition par Ardiosis Bennefoy le Lun 8 Sep 2008 - 21:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Affres d'incertitude   Lun 8 Sep 2008 - 17:53

La jeune femme se savait anormale en cette levée de matinée. La fatigue, la tristesse que provoquait la mort 'une personne connue, les souvenirs qui refluaient à grands coups... Tout cela s'avérait trop pour une femme sachant tout de même son sang froid... voire glacial. Mais la question ne résidait guère là. Elle ne connaissait la date de la dernière fois qu'elle avait pleurée ainsi. Peut-être ne l'avait-elle encore jamais fait. Car elle avait eu la grande chance de n'avoir a subir un chagrin d'amour avec Ardiosis qui était resté à ses côtés depuis toutes ces années. Plus elle passait de temps avec lui, plus son amour pour lui se consolidait. Elle rêvait que l'infidélité n'ait place dans ce monde, qu'elle ne recourt au risque qu'il l'abandonne un jour. Mais il restait un homme, pourvu bien évidemment de pêcher et de doute. Ce qui, par conséquent, entraînait parfois au mal.

Elle savait pertinemment qu'il ne lui avait pas tout dit. Qu'il ne passe pas toutes ses nuits ne pouvait être normal, à proprement parler. Bien qu'elle ne soit pas totalement innocente pour autant. A la pensée qu'elle ne lui avait toujours pas parlé de ses virées nocturnes, elle rosit légèrement, ce qui redonna un peu de couleur à son teint pâle. Eleade fut, à plusieurs reprises, prise d'un léger vertige sûrement dû à son manque de sommeil profond. Qu'Ardiosis proteste aussi vivement lui apporta, malgré elle, un léger réconfort. Pourquoi toutes ces angoisses, ces peurs, cette tristesse et ces doutes le même jour? Tout venait de lui tomber dessus. Elle regrettait d'avoir infligé un aussi désastreux spectacle à son homme.

En tant que femme d'un homme aussi important, elle se devait de se montrer bien plus sobre, moins sentimentale. Bien qu'elle savait et qu'il devait le savoir lui aussi depuis le début qu'elle ne se montrerait guère comme toutes les reines. N'étant pas née dans une famille noble, elle n'avait acquis les mêmes qualités, les mêmes habitudes qu'eux.

" Je te remercie, homme de ma vie, de m'avoir accepté dans tes bras. Ce réconfort m'a, même si il ne le parait guère apparemment, d'un grand réconfort. Crois-moi, je n'aurais supporté un tel retour en arrière sans ton aide. Car des souvenirs bien malheureux m'ont submergé. Cela ajouté à la mort, le combat, un mauvaise voyage ... "

Elle fronça subitement les sourcils et se permit un premier reproche:

" Sans oublier le secret de ton infidélité durant toutes ces années. Vivre dans l'ignorance ne m'a pas laissé sans blessures profondes que j'ai pourvu d'un baume, malgré tout, grâce à l'amour que tu dis me porter. Et je te crois, ne t'en fais point pour cela. "

Lors de son excuse, il tenta de la rassurer. En lui infligeant, tout aussi naturellement car cela était ce dont il avait le plus pris pour habitude, un ordre. Doux, gentil, mais cela restait un ordre. Cela eut pour effet d'arracher un sourire coquin à la reine. Il ne changerait jamais et tant mieux. C'était ainsi qu'elle l'aimait.

Mais lorsqu'elle l'embrassa, elle ne put s'empêcher de ressentir les vibrations de questions sans réponse qui émanaient de son mari. Quand cesserait-il de se tourmenter ainsi? Car il se torturait bien plus qu'elle à chercher le pourquoi du comment. Et elle savait qu'il n'était pas des meilleurs pour éviter le danger et le combat. Elle accepta volontiers son baiser, tout naturellement. Elle se permit alors un large sourire. Leur complicité avait augmenté depuis cette "pause" où Ardiosis avait, apparemment, décidé de prendre ses distances, trop affecté par son acte défiant les promesses qu'il avait faites le jour de leur hymen. Une soudaine question lui apparut alors... Et, bien qu'elle put mettre son homme dans l'embarras, elle ne s'abstint de la lui poser:

" Dis-moi, Telak, ne serait-il pas le fruit de la passion soudaine pour ma rivale qui t'avait emporté lors d'une nuit? Dans le cas contraire, je ne vois guère pourquoi tu as adopté ce jeune homme devenu bien charmant bien que toujours aussi mystérieux et...effrayant! "

Elle en revint alors à sa dernière phrase. Humoristique à la manière d'Ardiosis Bennefoy. Eleade se laissa volontiers aller à son étreinte et, après lui avoir murmuré un "Coquin!" toujours aussi moqueur, elle déposa un léger baise dans son coup. Et, tout aussi subitement qu'elle en avait l'habitude, elle enchaîna:

" Tu ne peux me cacher le fait que quelque chose d'autre que mon état actuel préoccupe grandement ton esprit. Qu'en est-il, mon amour? "
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MessageSujet: Re: Affres d'incertitude   Ven 12 Sep 2008 - 22:14

Bien qu'Ardiosis fut perturbé de voir son épouse ébranlée de la sorte, il ne tarda pas à retrouver l'usage de sa langue.

Eleade... Je sais que tout cela t'a énormément affecté énormément. Mais n'y pense plus. Loran Kellac était un homme bon, loyal, mais il est mort en accomplissant son devoir. Nous le regretterons tous...

Son regard un instant se fit plus dur, teinté de doute et de menaces insidieuses. L'ancienne jalousie qui l'avait hanté toutes ces années, qui lui avait fait tenir Eleade à l'abri des regards, jamais ne le quittait tout à fait.
°Moi peut-être moins que toi...°
Il prit sur lui pour ravaler sa jalousie et ne pas teinter d'amertume ces retrouvailles déjà fort assombries par les circonstances.

Avec soulagement, il vit Eleade retrouver des couleurs, et avec la facilité avec laquelle on voit plus aisément ce que l'on désire voir, les doutes d'Eleade lui échappèrent, il ne vit que l'embarras de la reine à se voir surprise ruisselante de larmes. Et il s'efforça aussitôt de se convaincre, que si Eleade avait eu le moindre sentiment déloyal envers Loran, jamais elle ne se serait permis de venir le pleurer en sa présence.

Il accueillit les excuses d'Eleade avec un sourire, et lui assura une fois de plus que cet affreux périple était terminé.

Je suis désolé pour cela, répondit-il simplement.
Il n'aurait pas rechigné à lui expliquer, à lui parler de l'étrange sortilège, de cette nuit effroyable, de cette union impie qui fourvoyait ses voeux. Mais prononcer le moindre mot en ce sens, revenait par trop à ses yeux à se justifier, et Ardiosis avait horreur de se chercher des excuses. Il ne voulait pas admettre qu'en ce cruel instant, il n'avait pas été maître de sa destinée. Qu'Eleade puisse croire qu'il lui avait failli était paradoxalement plus tolérable pour lui, cela revenait à dire qu'il avait fait un choix qu'il regrettait, emporté par l'ivresse du moment, et non que les maléfices du dieu démon avaient eu raison de lui.

A défaut de la réconforter aussi bien qu'elle le disait, il parvint à lui arracher un sourire, et ce fut pour lui le premier rayon de soleil de cette journée morose, comme si l'astre solaire au dehors, n'avait été capable de produire que de pâles simulacres de lumière.

Alors que le roi se targuait d'avoir de nouveau sous les yeux son épouse d'antan, répondant à ses moqueries et à ses provocations, attisant sa convoitise autant que si elle n'avait jamais été sienne, la reine choisit cet instant pour raviver l'orage qui couvait si longtemps.

Bien que le froncement de sourcils d'Eleade ait pu lui mettre la puce à l'oreille, son accusation lui fit l'effet d'une douche froide subite, et il se dégagea brusquement, mettant fin à leur étreinte.

Telak, commença-t-il d'un ton circonspect, n'est qu'un présent que les dieux nous ont adressé. Comment oses-tu insinuer, que j'ai pu désirer engendrer un enfant de cette catin? Aurait-il été de mon sang, qu'il n'aurait que pu prétendre au rang de bâtard!

La voix d'Ardioisis était désormais froide et impitoyable, et bien qu'il se soit retenu de hurler, elle avait le fracas implacable du tonerre, et vibrait d'une colère contenue. Il ne pouvait s'empêcher d'épier Eleade du coin de l'oeil, craignant qu'elle ait compris, ou n'ait pas compris, -il ne parvenait pas à se décider sur ce point-, ce qu'était réellement Telak, ou un infime détail en ce sens.
Les interrogations d'Eleade se faisaient par bien trop d'aspects l'échos des siennes, bien des années plus tôt, et réveillaient la défiance qu'il éprouvait alors à son égard. S'il s'était agit de tout autre que lui, il aurait été ravi de conter ses doutes à Eleade, mais les implications de cette affaire là le dégoutaient trop, pour qu'il ravalât sa fierté et s'en ouvrit à la reine. Il ne savait pas si Telak était ou non la chair de sa chair, et il avait bien trop honte de l'avouer.

Il ne lui avait pas vraiment menti, mais ne s'en sentait pas moins coupable. Si l'étrange femme n'avait été que ce qu'elle paraissait être, si elle lui avait amené l'enfant... Il l'aurait certainement laissé sur son perron... Mais son attitude avait du être plutôt équivoque, tant ses doutes étaient grands, pour que la reine osa l'accuser d'élever son enfant d'un autre lit, au même rang que son fils... Il chassa aussitôt Siran de son esprit, craignant qu'un sujet tout aussi houleux ne remonte pas bientôt à la surface.

Il aurait pu prendre la perche que lui tendait Eleade pour changer de sujet, pour lui faire part de ses préoccupations. Mais la colère qu'il éprouvait contre lui même couvait toujours en lui, et telle la foudre qui frappe au hasard mais jamais sans toucher au coeur il rétorqua froidement :
Eleade, ma reine, dois-je vous rappeler que je règne sur le Gwendir, et qu'à ce titre il m'arrive de devoir me soucier de sujets plus importants que votre petite personne?
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MessageSujet: Re: Affres d'incertitude   Lun 22 Sep 2008 - 16:02

[HJ: *BIIIP* c'est pas normal j'avais écrit une énorme réponse et tout est parti! Shocked
Hier elle y était encore .. mais apparemment les derniers posts se sont effacés ... Permettez-moi: !CENSURED! Razz ..
Voilà, çA va mieux. Excusez-moi, je suis en colère
http://forum.forumactif.com/probleme-divers-f75/probleme-en-cours-resume-t207277.htm
Edit d'Eleade : Le grand stade de ma colère passée, j'ai décidé de vous épargner mes jurons...! Alors bon: censured! xD
J'l'écrirai petit à petit directement ici... vous aurez l'histoire par petits bouts d'abord avec les fautes! LOL

Bon bon, j'effacerai tout bientôt ce qu'il y a en haut! Juste pour dire que je n'ai pu me retenir d'écrire la réponse en une fois! XD D'ailleurs plus longue de 200 mot de la précédente! ^^]

Ardiosis tentait de la réconforter, bien que cela soit à sa manière. Et son épouse lui en était infiniment reconnaissante. Elle savait que, si elle avait été aussi heureuse tout le long de sa vie, c’était grâce à lui. Son cœur s’était illuminé depuis qu’elle l’avait rencontré. Le meilleur sentiment et le plus puissant aussi séjournait désormais en elle : celui de l’amour. Et celui qu’il vivait se montrait indestructible. Qu’aurait-elle pu désirer de mieux ? Il lui avait tout donné, il était le père de son fils, son mari, son âme sœur…Sans lui, la vie de la jeune reine n’avait plus aucun sens. Vivre sans lui ? Rien que cette pensée lui transmettait une vague d’angoisse, d’un énorme chagrin, d’une blessure que l’on ne pourrait guérir. Et malgré tout, son rôle de mère lui interdirait de couper sa vie. Elle devait veiller sur son fils, malgré qu’il soie déjà adulte. Elle le savait mieux que quiconque.

Toujours dans ses bras, Eleade ne put qu'approuver ses paroles. Il était vrai qu'elle avait montré bien trop de peine pour la mort d'un soldat. Mais comment lui expliquer qu'il n'y avait pas que cela? Qu’elle jugeait coupable de ce retour dans le passé une certaine magie noire s'était abattue sur elle? Quoi qu'Ardiosis, connaissant bien plus de choses qu'elle puisqu'il avait reçu un enseignement royal, pourrait peut-être répondre à ses nombreuses questions?. Elle décida, pour commencer, de bien lui démontrer que ce chevalier ne méritait point d'être effacé de leurs mémoires. Il les avait si bien servi, cet hommage n'était qu'un minimum qu'il se devait de lui offrir.

-Certes, cela m'a affecté. Et malgré qu'il n'y ait pas que cela, je me dois de te rappeler qu'il nous a toujours servi avec fidélité et courage. Nous lui devons le respect, bien sûr. Et il mérite de ne pas être oublié. Tu ne l'as guère nommé capitaine pour rien!!!

Un instant, son regard se voila, ce qui démontrait qu'elle s'enfuyait vers ses pensées. Son absence ne dura pas longtemps. Elle finit alors par murmurer:

-Il ne méritait pas de mourir ...

Eleade ne remarqua même pas la jalousie qui habitait son mari. Heureusement, d'ailleurs, car elle n'aurait compris qu'il puisse ressentir un tel sentiment lorsqu'elle parlait d'un homme qui les avait servi, de Loran Kellac, le capitaine mort en se battant pour la sauver des griffes des ennemis. Et, comme si c'était pour remuer encore un peu le couteau dans la plaie, bien qu'inconsciemment, elle s'attaqua à un sujet qu'elle ignorait être délicat aux yeux de son époux...!

-Dis, en parlant de la souffrance que je ressens. Celle qui vient d'une mort qui m'a rappelée bien de mauvais souvenir ... Crois-tu qu'elle pourrait venir d'une force maléfique, d'une magie noire?

A ces paroles, soudainement, lui vint, à l’esprit, l’image de ce jeune homme qu’était devenu Telak. Elle s'en voulut immédiatement: il n'avait pas été là lors de leur excursion. Il ne pouvait être capable d'un tel fait. Et bien qu’elle l’ait, intérieurement, toujours accusé d’avoir eu une mauvaise influence sur son mari, elle ne croyait qu’il puisse commettre un tel acte. Quels que soit ce qui l’unissait à Loran Kellac. Cela pouvait-il l'innocenter ne serait-ce que pour une partie des faits obscurs dont elle le jugeait capable? Elle savait qu'il n'avait pu faire partie intégrante du voyage. Elle le sentait comme un garçon acceptant tout ce qu’on lui faisait subir sans résister. Et cela ne faisait de lui qu’une pauvre victime sans défense. Pourtant, elle refusait aussi de le voir sous cet angle-là. Car la pitié n’était guère un sentiment qu’elle souhait ressentir à l’égard des autres. De la compassion, oui, mais pas de la pitié.


Eleade Bennefoy leva les yeux vers Ardiosis, attendant sa réponse dotée de ce regard innocent qu’elle arborait bien souvent.

Mais son était d’esprit rechuta bien vite vers le pessimisme, le mal. Se gardant de réagir à certaines paroles du Seigneur Nordique, car sachant pertinemment que cela ne ferait que l’énerver, elle riposta :

-Un présent des dieux, dis-tu ? ricana-t-elle sur un ton mauvais. Ses longs cheveux bruns en bataille descendaient en cascade le long de son dos. Et le sourire qu’elle affichait désormais lui donnait un air cruel et sauvage, ses vêtements ne faisant qu’accentuer cet effet-là. Elle reprit sur un ton froid :

-Certains ne sont désirés. Et pourtant, ils naissent quand même. Ton envie de l’avoir ou pas n’est donc pas une excuse, Ardiosis.

Cela faisait si longtemps qu’elle ne lui avait plus parlé ainsi. Mais partie dans son élan de colère, elle ne pensait à s’arrêter. Elle se montrait tout de même toujours très calme, bien que ses poings fermés puissent la trahir. Apparemment, le roi de cette si sombre contrée Nordique devait déployer un effort surhumain pour se retenir de crier. Etait-il vexé ?

-Et pourquoi te fâches-tu si ce que tu dis est vrai ? N’y a-t-il pas que la vérité qui blesse ?

De la reine émanait un calme électrique, un calme que l’on qualifierait plutôt de dangereux. Et se tenait bien droite devant son mari, et non plus dans ses bras, elle croisa les bras en le bravant du regard. Les paroles qui sortirent de la bouche du roi la surprirent tout de même, jusqu’à la déstabiliser. Les yeux grands ouverts, elle gardait la bouche fermée, pétrifiée par ses paroles blessantes. Elle tenta de riposter, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Une nouvelle fois, ses yeux s’emplirent de larmes. Mais cette fois, elle ne souhaitait pleurer devant son mari. Non, elle ne pleurerait pas. Vivement, elle baissa la tête, ses poings à nouveau serrés se relâchèrent et portant cette fois ses mains ouvertes à son visage, elle tourna les talons et s’empressa de s’en aller. Aucune larme n’avait été versée. Car elle refusait au torrent bien qu’insistant l’accès à ses joues déjà, le jugeait-elle, assez mouillées précédemment. Elle se sentait vidée de toutes ses forces lorsqu’elle sortit de la pièce. Et elle n’alla pas bien loin. Que son mari vienne ou pas, cela lui importait peu. Elle s’arrêta pour s’asseoir contre le mur droit du couloir, la tête vers levée en vers le ciel, les yeux fermés.


Dernière édition par Eleade Bennefoy le Mer 24 Sep 2008 - 17:35, édité 9 fois
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Ardiosis
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MessageSujet: Re: Affres d'incertitude   Lun 22 Sep 2008 - 19:50

[HJ/ Et une réponse en double, une ^^ J'ai un peu baclé mais ça traînait depuis trop longtemps xD]

Tenir Eleade dans ses bras, si proche dans sa présence et si lointaine, dans sa douleur qu'il ne savait apaiser, si forte dans son inaltérable maintien, et si faible dans sa souffrance, le rassérénait malgré lui. Non pas qu'il trouva un quelconque réconfort dans la détresse de sa reine, mais ses larmes si pures et si candides le ramenaient à d'autres temps désormais lointains, où la franche confidence l'avait emporté sur le désir honteux de cacher ses faiblesses, et où il aurait pleuré de concert avec elle. Et non par hypocrisie, ni pour se faire le simple reflet du malheur de sa compagne, mais simplement, car l'aurait affecté la mort de Loran, de par ce qu'elle représentait pour elle, la perte d'un homme juste, fidèle, irremplaçable. Mais Ardiosis n'était plus depuis longtemps l'insouciant prince d'alors.

Les yeux résolument secs, il scrutait son épouse avec l'ombre d'un regret empreinte sur le visage.
"Personne ne mérite de mourir, Eleade", la rabroua-t-il gentiment.
"Mais nous ne pouvons nous permettre de nous répandre en lamentations sur le sort de tous ceux que Hel rappelle dans ses terribles demeures. Il ne sera pas oublié. Il est un exemple, pour tout ceux qui veillent sur Yswllyra. Sa mort, aussi tragique qu'elle soit, est le risque que prennent ceux qui lèvent leurs épées en faveur du Gwendir. Il y a de la gloire et de l'honneur à servir notre empire, mais les titres et le talent ne sont parfois pas suffisants pour tenir Hel à l'écart. Nous sommes déjà tenus de paraître affligés en public, je ne tiens à pas à me répandre outrageusement en lamentations inutiles, sur le sort d'un homme que je ne déplore pas."
Ardiosis soupira.

"Et ne me blâme pas pour cela. Car pour rien au monde je n'aurais échangé ta vie pour la sienne. Je n'ai simplement pas l'hypocrisie de voiler mes pensées, d'autant plus que sa mort même est un exemple. Il est mort en héros, nous ne pouvions rien lui souhaiter de plus."

Il n'ajouta rien de plus. Eleade, le coeur torturé, n'admettrait certainement pas que la mort de Loran Kellac puisse jamais avoir été utile à l'empire. Il était capitaine, il était mort héroïquement. Un autre prendrait sa place, affligé mais honoré par cette promotion. Si un capitaine pouvait mourir au combat, il n'était pas en cela au-dessus des soldats. Ils n'étaient pas de ceux qui donnent leurs ordres au loin et jouissent de leur grade. S'il n'avait pas eu besoin de Loran pour retrouver Siran, Ardiosis n'aurait pas été véritablement contrarié par sa fin tragique. Le Gwendir avait encore des hommes loyaux pour défendre ses routes et ses murailles, sans quoi il n'aurait pas eu le loisir de contempler tant de jours durant le spectacle du soleil miroitant s'éveillant sur la cité impériale.

Quant à la jalousie qui lui rongeait le coeur, tandis qu'Eleade s'apitoyait avec véhémence sur le sort du malheureux guerrier, il avait depuis trop longtemps pris l'habitude de se défier de la reine, pour s'en défaire si aisément. Eleade, n'avait, à sa connaissance, jamais rien fait qu'il ne jugea répréhensible, mais sa méfiance maladive se nourrissait de spéculations chimériques et se passait de mots. Il ne parvenait pas à la faire taire, et y puisait une excuse supplémentaire pour se laisser gagner par la rage que lui inspiraient les propos d'Eleade, qui sonnaient à ses oreilles comme de vulgaires provocations.
Il tressaillit malgré lui, et répondit d'un voix tranchante, sur la défensive :
"Eleade, je comprend que ce deuil t'afflige, mais je ne pense pas qu'il soit nécessaire de te tourmenter l'esprit et de chercher à y voir davantage qu'un événement tragique mais cruellement anodin. Des hommes meurent tous les jours sur nos routes. Si tel n'était pas le cas, nous nous passerions d'escorte."

Il jaugea Eleade d'un oeil songeur, elle était d'habitude moins encline que lui à craindre de funestes courroux. Avait-elle fait quelque chose, qui justifia, que le courroux divin jette son dévolu sur elle? Cela ne fit qu'envenimer ses soupçons, mais entre croire Eleade, et s'en remettre au jugement du dieu démon, sa reine lui paraissait de bien plus plaisant augure. Et les yeux qu'Eleade posait sur lui, d'un vert de feuilles tendres, achevèrent de le mener en ce sens.
Mais bien vite, leur douceur cristalline s'éclipsa, remplacée par l'inhabituel éclat de la rancoeur.

"Qui prétends-tu être pour te rire des desseins des dieux!" riposta Ardiosis, rivant sur la reine des yeux plus sombres que jamais, d'un bleu froid, abyssal, et sans vie.

"Comment oses-tu me parler de la sorte?" s'exclama Ardiosis, ses paroles évoquant le grondement du tonnerre d'un orage lointain. "Une excuse? Une excuse! Je n'ai que faire de justifier mes actes! L'aurais-je désiré, qu'il siègerait en tant que prince héritier, et que tu ne serais même plus là pour le couver du regard! Aurais-je voulu m'en débarasser, qu'il croupirait dans une bicoque moisie, où quelque âme généreuse l'aurait pris en pitié.
Qu'importe tes désirs et qu'importe les miens, aux yeux des dieux et du monde des Hommes, il demeure mon fils."


La colère qui faisait vibrer ses mots donnaient à sa bouche un rictus dédaigneux. Malgré la fureur qui les animaient, les deux monarques faisaient figure de statues de pierre, trahis simplement par la froideur métallique de leurs mots.

"Pourquoi voudrais-tu tant qu'il soit de mon sang? Te faudrait-il une excuse pour l'aimer comme mon fils ou pour le haïr comme preuve tangible de mon erreur?"

Le roi n'était pas tant exaspéré que son épouse exigea de lui des réponses -c'eut paru plutôt étrange étant donné qu'ils n'avaient jadis aucun secret l'un pour l'autre- qu'il était frustré de ne pouvoir lui en fournir de convaincante. Il avait été tenté un instant de revendiquer Telak comme sien, mais il craignait que l'agacement de la reine ait raison de ce piètre mensonge. Et il était encore moins crédible de plaider que Telak puisse être surgi de nulle part désormais. Mais à son grand dam, il n'en éprouvait aucun remord. Il avait toujours quelques scrupules à mentir à la reine, tant qu'il ne disait rien, en un sens ou dans l'autre, il n'y avait pas de mensonges entre eux.
Il lui avait bien assez fait de mal ainsi. Mais s'il lui avouait sa cruelle ignorance à ce sujet, cela revenait à s'avérer indigne de la confiance qu'elle avait toujours placé en lui. Il s'était toujours présenté comme un soutien inaltérable, un ami fidèle et fiable. Confesser son manquement à leur union les avait certes rapproché, mais n'avait en rien guéri la blessure discrète mais profonde au coeur de la reine.
Il craignait qu'à trop en dire, elle finisse par voir, combien les années l'avaient changé et éloigné de celui qu'elle avait connu et aimé, et qu'elle en vain à haïr ce funeste reflet déformé, tel un miroir brisé de celui qu'elle avait aimé.

La reine se détourna, les yeux brillants, et sortit fièrement de la pièce. Il ne fit pas un geste pour l'en empêcher. Il ne la rappela pas. Il ne put pour autant s'empêcher de suivre des yeux sa sortie.

°Eleade... N'y aura-t-il jamais pour nous d'autre paix que cellle de notre dernier sommeil?°

Car si même dans la souffrance et le doute, ils n'étaient pas unis, que leur resterait-il? Mais bien vite d'autres tourments accaparèrent l'esprit du roi. A moins qu'il n'ait préféré s'en saisir pour se défaire de cette épineux sujet et écarter de ses pensées la discussion houleuse qu'il avait eu avec la reine.


Dernière édition par Ardiosis Bennefoy le Ven 3 Oct 2008 - 20:11, édité 2 fois
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