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 Pleurs et Regrets [PV Eleade]

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Telak Firdor
Poigne Dure
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MessageSujet: Pleurs et Regrets [PV Eleade]   Lun 15 Sep 2008 - 16:08

Matin du premier jour,
Vers 03 heures ...



La foule, dense et immobile, se tenait devant l'autel funéraire dressé pour un hommage militaire. Le jeune orphelin se dressait, coi et perdu, parmi les visages graves tournés vers le bûcher. Les pleurs des femmes étaient moins troublants que les larmes retenues des hommes. Telak se dressa sur la pointe des pieds pour tenter de voir qui était la personne dont on célébrait les funérailles, mais il ne put distinguer qu'une masse compacte de crânes plus ou moins chevelus. Étrange. Qui était mort ? Il ne se souvenait plus ... Décidé à élucider ce mystère, il chercha à jouer des coudes pour se frayer un chemin. Difficilement, il se mut (du verbe mouvoir XD) parmi la foule compacte, pour enfin arriver au devant de la scène. La première chose qui l'interpella fut la présence de la Reine Eleade, dont le visage était inondé de larmes. Le jeune page fronça un sourcil et balaya le reste de la scène du regard. Ardiosis se tenait aux côtés de son épouse, une expression grave peinte sur ses traits. Intrigué, il continua son observation jusqu'à ce que ses yeux se posent sur le lit funéraire. Un instant, il crut reconnaître Siran, le fils unique du couple Bennefoy. Mais en quelques secondes, son faciès se déforma en une grimace douloureuse. Ce n'était pas le prince héritier qui étendu là, c'était le capitaine Kellac ... Telak crut pousser un cri d'effroi, mais aucun son ne sortit. Le silence fut uniquement interrompu par le piaillement strident de Hugin qui était perché sur l'épaule de son jeune maître. Ce dernier avança jusqu'à l'autel où il put contempler Loran. Son teint était grisâtre, son expression sérieuse. Ses paupières étaient closes, et il ne ressemblait en rien au soldat joyeux que l'adolescent appréciait. Soudain, il crut voir un sourire naître sur les lèvres du capitaine ... Alors qu'il se penchait pour examiner de plus près le cadavre, il vit des Novices munis de torches enflammer l'autel. Il voulut leur ordonner d'arrêter, mais une fois de plus, il ne put rien dire, sa voix restant prisonnière de sa gorge, tandis que Hugin reprenait une mélopée stridente de piaillements. Les flammes dévorant rapidement le lit funéraire, Telak recula de quelques pas, en se protégeant le visage de la chaleur. Il posa ensuite à nouveau son regard sur le cadavre et son expression se transforma sous l'effet de l'horreur. Le capitaine s'était redressé et hurlait à la mort. Terrifié, l'adolescent chercha un quelconque soutien vers les époux Bennefoy. Il vit Ardiosis se tordre de rire, dans une position plus que grotesque, tandis qu'Eleade se laissait aller à la folie, pleurant, criant, s'arrachant les cheveux ... Il se tourna de nouveau vers le bûcher et vit que Loran était debout et se dirigeait sur lui. Telak était paralysé par la peur, ne pouvant rien faire d'autre que contempler l'horrible cadavre chancelant, entouré de flammes. Hugin quitta son épaule et rejoignit une multitude de corbeaux, corneilles et autres rapaces qui volaient au dessus de la foule, avant qu'ils ne fondent sur le capitaine pour le dévorer ...


Telak se redressa vivement, trempé par la sueur qui coulait le long de son front, son cou et son dos. Uniquement vêtu de braies, torse nu, l'orphelin était assis sur son lit, par dessus les couvertures. Hugin était perché sur l'armoire, recroquevillé sur lui même en boule. Il ne réagit même pas quand son maître pivota pour mettre ses pieds à terre, mais gardant une position assise. L'oiseau était dans un état de léthargie intense depuis l'annonce de la mort du capitaine Kellac, ne sortant même plus pour se nourrir. Il semblait refléter l'état d'esprit dans lequel se trouvait l'adolescent, qui n'avait rien fait paraître de son trouble, même si chaque phase de sommeil se soldait par un cauchemar similaire à celui qu'il venait de faire ... Il n'arrivait plus à dormir la nuit, se contentant de s'assoupir quelques temps la journée. Il avait était profondément affecté par le décès du soldat, ce qui avait fait resurgir de sombres pensées qu'il avait alors occulté jusque là. Nul ne pourrait dire si ce fut la fatigue, le chagrin ou autre chose, mais le jeune homme prit son visage entre ses mains et les larmes affluèrent naturellement, baignant son visage juvénile et maigre d'eau salée ... Comme délivré par enchantement, Hugin s'ébroua et battit des ailes, en poussant un léger cri. Il tourna sa tête dans tous les sens, comme pour observer la pièce. Elle était froide et austère, sans artifices aucun. Les murs étaient de pierres et aucune tenture ou tapisserie ne venait les rendre plus chaleureux. Elle était uniquement meublée d'un lit, d'une armoire et d'un meuble pour la toilette. Les petits yeux noirs du corbeau se posèrent sur le dos de Telak, secoué par les sanglots. Puis son regard se porta sur la porte qui était restée entrebâillée. Ainsi, il put voir qu'une personne semblait hésiter à s'introduire dans la chambre de l'orphelin ... Il claqua son bec à trois reprises et attendit de voir la suite, avec un semblant de curiosité dans le regard. Enfin, c'est ce que l'on aurait pu croire ... Après tout, il ne s'agissait que d'un oiseau, non ?
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Eleade-Bennefoy
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MessageSujet: Re: Pleurs et Regrets [PV Eleade]   Mer 1 Oct 2008 - 18:30

Les oiseaux ne chantaient guère en cette fraîche matinée. Le soleil ne s'était quant à lui pas encore non plus décidé à se lever. Sur les feuilles reposaient quelques gouttes de pluie. Ces dernières, d'ailleurs, ne cessaient de se battre au-dessus du palais des Bennefoy. Bien enfouie dans son duvet, Eleade ne manqua pas de se réveiller. Elle jeta un regard à son mari, se laissa aller à un sourire attendri, puis se dégagea de sa couverture. Lentement, elle enfouit ses pieds nus dans les chaussons chauds et confortables qu'elle possédait. La reine usa alors d'un long moment pour se décider à se lever. Elle ne savait pourquoi elle s'était éveillée en cette froide nuit de pluie. Il est vrai que les derniers évènements pourraient être une cause parmis tant d'autres. Quoi qu'il en soit, elle se sentait attirée par un lien invisible. Et pour rien au monde elle ne l'aurait ignoré pour se replonger dans un sommeil de plomb. D'ailleurs, elle n'aurait réussi à y sombrer tout en sachant pertinemment qu'elle manquait, peut-être, de découvrir un fait auquel elle ne s'attendait pas. Elle préférait de loin affronter son destin plutôt que de le fuir. Et son instinct, qui l'avertissait d'un fait, eut raison d'elle: Eleade Bennefoy alluma une bougie et sortit de sa chambre. Vêtue en une longue chemise de nuit royale, elle n'avait certes point la si noble allure dont elle était dotée une fois vêtue de ses magnifiques et longues robes se faisant plus amples vers la fin. Cependant, elle restait une reine. Et, le vêtement ne faisant guère l'allure, elle se faisait toujours aussi légère et gracieuse. Ses cheveux détachés retombaient souplement dans son dos ... La reine Bennefoy tenta de se montrer la plus discrète possible. Loin de là l'envie de se faire prendre en chemise de nuit. Quelles seraient alors les pensées des domestiques? Il est vrai qu'elle aurait, avant de sortir de la chambre à coucher, se vêtir un peu plus. Mais cette force qui l'avait poussée à se réveiller s'était emparée de sa pensée et elle n'avait pensé à autre chose que dénicher ce qu'elle cherchait.

La faible lumière qu'elle portait avec elle ne l'éclairait que très peu. Mais confiante, elle se dirigeait sans peine dans le palais. Subitement, elle s'arrêta devant la porte d'une chambre. La vibration de cette force d'origine inconnue se faisait plus intense. Elle se tenait alors devant l’entrée de la chambre de ce cher Telak ...! Comment était-elle arrivée jusque-là ? Elle n’aurait su le dire. Cette force, si puissante, qu’elle avait suivi avec tant de conviction lui avait ôté tout sens de l’environnement. Elle ne ressentait aucune fatigue malgré l’heure. Et ce n’est que lorsqu’elle observa attentivement les couloirs et la porte – d’ailleurs bien sobre pour un si beau palais – devant laquelle elle se tenait qu’elle put se repérer. Mais pourquoi Telak ? Le destin avait-il donc subitement décidé qu’il fallait qu’elle se mette à jour avec ce jeune homme ? A moins qu’elle allait découvrir un fait ou encore la présence d’un objet dont elle ignorait l’existence. Et si, finalement, ses nombreux doutes obscurs se dirigeaient vers leur fin ? Qu’enfin, elle saisirait ce si étrange garçon en plein délit – si vraiment il usait de cette affreuse magie … ? Si, vraiment, il s’était aventuré dans cet horrible chemin que tout homme maîtrisant la magie noir empruntait, elle ne ressentirait plus aucune pitié à son égard. Et, cette fois sans peine, l’accuserait du changement de comportement d’Ardiosis, son tendre époux.

C’est alors qu’elle se rendit enfin compte d’un fait qui se déroulait depuis bien quelques minutes maintenant : des sanglots se faisaient entendre d’où elle était. La personne, dont un torrent de larmes devait sûrement se verser sur ses joues, mettait tant de cœur dans sa peine qu’Eleade ne put s’empêcher d’éprouver une grande compassion. Elle devait simplement vérifier si cet élan de tristesse émanait de la pièce séparée d’elle que par un mur très fin et la porte en plus de cela entrebâillée. Prenant son courage à deux mains, elle s’approcha silencieusement de l’ouverture, sa bougie toujours faiblement allumée. Et le spectacle qui s’offrit à elle l’horrifia. Immédiatement, elle regretta ses lâches pensées envers ce pauvre garçon qui ne pouvait compter que sur lui-même. Elle devait absolument se promettre de faire un effort. Non seulement se le promettre, mais aussi réagir et faire de ses pensées une réalité. N’écoutant que son cœur, elle pénétra dans la chambre sans bruit, se dirigeant droit vers l’orphelin empli de chagrin. Quel évènement avait-il pu le mettre dans un tel état ? Toutes mauvaises pensées avaient été chassées de l’être féminin qu’était la reine : il n’y avait pas assez de place pour de tels sentiments négatifs. Elle s’en voulu d’ailleurs encore plus en voyant l’état de la chambre dans laquelle séjournait le jeune Telak. Souhaitant mettre fin à ce qui s’avérait être un supplice pour ses yeux, elle se précipita vers le corps de l’orphelin et le prit dans ses bras … S’il la rejetait, elle comprendrait parfaitement. Quelle devait être sa surprise que de se rendre compte tout soudainement que la femme du Seigneur Nordique, cette femme qui ne lui avait auparavant jamais témoigné d’amour, le prenne dans ses bras pour le consoler.

« Là, c’est fini … » Lâcha-t-elle maternellement comme s’il eut s’agit de son propre fils.

[Désolée, la fin est plutôt nulle ... la fatigue me joue des tours! XD ]
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Telak Firdor
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MessageSujet: Re: Pleurs et Regrets [PV Eleade]   Mar 7 Oct 2008 - 14:08

Les larmes coulaient à grands flots entre les doigts longs et fins de Telak sans même qu’il ne prenne la peine d’essayer de les retenir. De petites gouttes tombaient jusqu’au plancher, laissant quelques ronds humides sur les lames de bois. Son visage, enfoui entre ses mains, était à présent inondé d'eau salée. Mais le jeune homme n'en avait que faire, son esprit s'était comme détaché de son enveloppe corporelle et flottait à des lieux de là. Tant d'interrogations nécessitaient des éclaircissements, et pourtant, la plupart de ses questions restaient sans réponse. Pourquoi Ardiosis le gardait-il enfermé dans cette cage doré ? Pourquoi chaque fois qu'il essayait de se souvenir d'un passé antérieur à leur rencontre, un violent choc mental l'en dissuadait ? Pourquoi effrayait-il tous ceux qui croisaient son regard ? Pourquoi ... Pourquoi ... Pourquoi ? Les larmes redoublèrent, cette fois-ci plus liées à la colère qu'au véritable chagrin qu'avaient déclenché les récents évènements. Ses doigts se crispèrent et ses ongles pénétrèrent la chair de son visage, provoquant une légère effusion de sang. Son esprit torturé continuait de se perdre dans les dédalles sombres d'un labyrinthe complexe ... jusqu'à ce qu'il entr'aperçoive un halo de lumière loin devant lui, mais qui se rapprochait inexorablement à grande vitesse. Son âme regagna son corps quand ses narines reconnurent les effluves d'un parfum connu, quand ses oreilles discernèrent le bruit d'un pas familier, quand des bras d'une douceur incomparable vinrent enserrer ses épaules. Il n'eut pas besoin de se découvrir le visage pour savoir que la Reine était à ses côtés, le berçant doucement. Sa voix cristalline mais douce chuchota des paroles rassurantes, tandis que ses petites mains froides se perdaient sur la peau brûlante du torse de l'orphelin. Il resta prostré quelques minutes, le visage toujours dissimulé entre ses longs doigts, avant de s'abandonner à l'étreinte protectrice et maternelle d'Eleade. Ses grandes mains trouvèrent rapidement le chemin de son dos et de sa nuque, sous sa longue chevelure d'ébène qui glissait naturellement sous ses doigts. Sans réelle retenue, il enfouit sa figure dans la gorge voluptueuse de la Reine, baignant négligemment sa poitrine de ses larmes.

Nul n'aurait pu dire combien de temps ils restèrent ainsi enchevêtrés dans leur étreinte, mais le temps ne parut jamais si court pour le jeune orphelin. Pour la première fois, il se sentait en sécurité, ainsi entouré par les membres protecteurs de l'objet de ses passions. Bien qu'il ne la regarda pas une seule fois, il sut qu'Eleade ne lui paraîtrait jamais plus belle qu'en cette nuit. Son charme fleurissant ne laissait aucun homme indifférent. Comme lors de leur rencontre dans les jardins, Telak se prit à désirer la Reine, sentant les affres de la jalousie s'immisçaient en lui comme le venin en pensant qu'elle n'aimait qu'un seul homme, celui que lui détestait. Mais l'orphelin ne désirait pas Eleade comme un homme désirait une femme. Non, il souhaitait la garder auprès de lui, bénéficier de sa présence et de sa tendresse tout simplement. Ni plus, ni moins. Et il savait que cela était impossible. Alors, ses mains quittèrent son dos, sa tête, son épaule. Doucement, il repoussa la Reine, tandis que ses larmes cessèrent de couler. Son masque d'indifférence revenait petit à petit; il n'avait que trop laisser paraître ses émotions. Il se leva sans adresser un regard à celle qui était encore assise sur son lit, et se dirigea vers l'armoire où était encore perché Hugin. Il tira une tunique des cintres et l'enfila prestement. Puis, il tendit un bras vers son domestique pour celui vienne s'y percher, ce qu'il fit aussitôt. Tout en flattant le sommet de son crâne plumeux, Telak s'adressa à la Reine d'un ton quelque peu abrupt, sans se retourner pour la regarder.

Allez vous-en.

Après un silence gênant qui dura à peine quelques secondes, il reprit d'une voix plus douce :

Vous n'êtes pas en sécurité en ma présence.
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Eleade-Bennefoy
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MessageSujet: Re: Pleurs et Regrets [PV Eleade]   Dim 12 Oct 2008 - 18:19

Tenant dans ses bras le corps frêle et secoué de sanglots du jeune Telak, Eleade se détendit et caressa son dos avec douceur. Qu'il l'accepta l'empli d'une joie surprenante. La reine se rendait bien évidemment compte que l'attachement qu'elle éprouvait à l'égard de ce jeune garçon était très fort, qu'elle ne souhaitait le voir s'en aller. Et que si l'idée de le renvoyer dans les rues traversait les pensées obscures du Seigneur Nordique, elle n'hésiterait pas à défendre sa cause. Et elle devait aussi faire quelque chose pour qu'une meilleure chambre lui soit attribuée, qu’il puisse s’épanouir dans de meilleures conditions. Celle dans laquelle il dormait actuellement n'était que pitoyable. Il ne pouvait oser user de mots positifs pour la qualifier. A part peut-être pour un être sadique tel qu'Ardiosis Bennefoy. Car, oui, il ne pouvait qu'être surnommé ainsi puisqu'il osait traiter un humain comme cela. Pourquoi l'avait-il recueilli? Cette question avait obsédé Eleade durant de longues années. Depuis l'arrivée du jeune homme mystérieux, très exactement. Mais, désormais, elle pouvait se sentir sereine à ses côtés, ressentir de l’affection à son égard…jusqu’à ce reconnaître qu’elle s’était terriblement attaché à la personne qu’était ce jeune homme, à Telak, tout simplement. Voilà deux années entières qu'il avait été recueilli dans son palais, qu'il y vivait. Elle ne pouvait continuer à le mépriser ainsi, à l’ignorer. Elle ne le voulait guère plus. Il méritait de la tendresse, de l’amour… Tant de souvenirs demeuraient cachés en lui sans qu’il ne puisse les découvrir. Sa vie n’avait point été des plus faciles. Et, pour qu’il ne sombre encore davantage dans la solitude, la tristesse, la mélancolie, il se devait de l’aider, de lui apporter ce qui lui manquait.

Eleade resserra davantage encore son étreinte, désormais silencieuse. Parler ne servirait à rien. Elle eut une pensée pour son fils qui les avait quittés si subitement. La reine souhaitait le revoir… Il était resté neuf mois en elle, elle l’avait porté durant tout ce temps. Il était le fils de l’être qu’elle aimait le plus au monde, l’homme avec qui elle partageait sa vie. Et bien que tout ne soit guère toujours rose, elle aimait sa vie et ne l’aurait échangée pour rien au monde. La douce femme, ayant perdu la notion du temps, trouva que le temps passa à une vitesse fulgurante. Puis, lorsque l’orphelin quitta ses bras, elle ne le lâcha pas du regard. Il se dirigeait vers le corbeau qui détenait toujours cette lueur malicieuse à la surface de son regard. Quelques minutes passèrent avant que Telak daigne prendre la parole. La femme du Seigneur Nordique reçut une douleur qui égalait celle d’un poignard s’enfonçant dans la chair d’un être humain… Non, elle ne s’en irait pas. Elle ne voulait pas le quitter. Surtout pas maintenant qu’il était si mal, maintenant qu’il avait besoin de quelqu’un pour le consoler. A son tour, elle se leva pour se diriger vers lui. Sa main droite se posa sur son épaule, puis elle le força à se retourner. Posant son autre main sur la joue de l’orphelin, elle déclara, un regard tendre à son égard :

-Je resterai là, car je l’ai décidé. Peu importe le danger, je ne veux pas t’abandonner. Sache que tu pourras, à partir de ce jour, toujours compter sur moi. Je ne te laisserai jamais tomber. Non, plus jamais …

Elle se permit une pause, comme pour laisser le temps à Telak d’enregistrer calmement ses paroles sincères.

-Et sache que je suis me trouve en toute sécurité en ta présence. Ne crois pas que le danger émane de ta personne.

Puis, l’épouse du roi soupira tristement, tout en relâchant son étreinte. Après quelques longues secondes de silence, elle releva son regard pour fixer le jeune homme droit dans les yeux.

-Mais je ne vais t’imposer ma présence si tu ne la désires point. Il te suffit de me déclarer que tu veux que je m’en aille pour que je t’épargne ce qui, donc, t’agacerait. Je ne veux jouer le rôle d’un poids supplémentaire dans ta vie. Tout ce que je désire, c’est t’aider, t’alléger de tes soucis. Et non pas le contraire. Ne l’oublie pas, Telak… Je te laisse le choix.

La reine ne savait si elle devait s’attendre à une réponse directe. Mais elle se montrerait patiente. Et, s’il le lui demandait, attendrait des heures voire des jours entiers. Car il n’y avait que la patience qui apportait de bons fruits. Elle l’avait appris tout le long de sa vie …

Tout en attendant sa réponse, elle l’observa attentivement. Il avait bien grandi depuis qu’il était arrivé dans le palais… Mûri aussi. Ses traits s'étaient affermis... Mais cette éternelle tristesse perdurait dans son regard pour quiconque savait se servir de ses yeux avec détail et précision. Mis à part son regard, il détenait une silhouette fragile, maigre, témoignant de la médiocrité de sa condition de vie. Comme elle s’en voulait de ne pas avoir réagi avant, de l’avoir laissé vivre dans un tel taudis. Qualifier cette pièce de chambre serait une grande erreur. L’orphelin ne méritait pas cela. Il ne méritait rien de ce qui lui était arrivé. On lui avait tout imposé, tout… Il n’avait pas choisi de vivre dans la demeure du roi Nordique… Elle continua son observation qui découlait plus ses caractéristiques physiques comme ses yeux qu’elle trouvait magnifiques, ses cheveux aussi noirs que ceux de son mari … !

[Voilà la réponse! =D J'espère ne pas avoir laissé trop de fautes... ]
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Telak Firdor
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MessageSujet: Re: Pleurs et Regrets [PV Eleade]   Sam 18 Oct 2008 - 15:15

Un silence pesant avait envahi la pièce, après que les dernières paroles de l’orphelin eurent retenti contre les murs blancs de la chambre. Il tournait toujours le dos à la Reine qui semblait s’étouffer dans son mutisme, flattant son volatile du bout de ses long doigts décharnés. L’animal semblait savourer les caresses que lui offrait le jeune homme qui le fixait intensément. Quel étrange rapace que ce corbeau. Il était intiment persuadé que Hugin était un indice sur son passé, bien que sa raison le rappelait sans cesse à l’ordre en lui répétant qu’il s’agissait d’un vulgaire oiseau comme les autres. Et pourtant, il ne pouvait s’empêcher de croire que l’oiseau était le lien qui l’unissait à son passé. Tôt ou tard, il réussirait à comprendre la curieuse relation qui poussait l’animal à le suivre coûte que coûte, à réagir en fonction de ses émotions et de ses pensées … Hugin s’ébroua et voleta jusqu’au lit quand, derrière eux, la Reine se leva. Elle se dirigea vers Telak, posa une main sur son épaule, l’obligeant à lui faire face et lui caressant la joue avec sa main libre. Geste de tendresse anodin, qui ne l’était pas tant que ça pour Telak. La Reine l’avait toujours méprisé, ou au mieux, ignoré. Et aujourd’hui, pour une raison inconnue de l’adolescent, elle voulait s’occuper de lui, peu importe les dangers. Ses petits yeux noirs s’écarquillèrent de surprise, avant de reprendre leur attitude blasée quand Eleade affirma qu’elle se sentait en sécurité avec lui. Se moquait-elle de lui ? Qui pouvait oser prétendre se sentir en confiance en sa présence ? Même les plus courageux soldats ressentaient une sensation oppressante les envahir quand il se tenait à leur proximité ? Il était constamment entouré d’une aura sombre et mystérieuse, et elle se sentait en sécurité avec lui ? Cela était impossible, elle mentait. Telak détourna le regard et n’entendit que quelques bribes du petit discours qu’elle entama, visiblement soucieuse de son bien être. Elle n’était pas un poids pour lui, au contraire. Elle le fascinait, l’obsédait et jamais il ne pourrait la considérer comme un fardeau. Et ce fut justement pour cela que son orgueil de jeune homme fut piqué à vif. Il était incapable de garantir sécurité et protection à celle qu'il chérissait le plus. Il se déroba une nouvelle fois de son étreinte et s’éloigna d’elle. Il contourna le lit pour aller chercher Hugin qui les observait d’une déconcertante manière. Le rapace ne se fit pas prier et vint se nicher sur l’épaule de Poigne Dure. Puis en même temps, comme s’ils n’avaient formé qu’une seule et même personne, leurs yeux se braquèrent sur Eleade. Un nouvel éclat brillait dans les iris sombres du garçon, dont les yeux étaient encore rougis par les larmes. Ce fut avec une voix monocorde et dénuée de tous sentiments qu’il interpella son interlocutrice :

Cessez de vous conter des chimères, Eleade. Qui croyez vous convaincre ? Nul ne sait qui je suis, ni pourquoi je suis. Les rumeurs courent, vous ne pouvez ne pas les avoir entendues. D’où pensez-vous que je vienne ? Vous l’ignorez. Mais en votre âme et conscience, vous êtes celle qui espère le plus que je sois celui que l’on soupçonne…

Hugin et Telak détournèrent leur attention de la reine juste un instant pour échanger un bref regard. Puis le jeune homme reprit de la même voix monotone :

… l’enfant démon de Loki, envoyé pour empoisonner l’esprit de votre tendre époux.

Il se tut et un nouveau silence s’installa entre les deux interlocuteurs, plus pesant et plus oppressant que la première fois.




[un peu court, mais c'est plus percutant comme ça, je pense =p]
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MessageSujet: Re: Pleurs et Regrets [PV Eleade]   Dim 2 Nov 2008 - 20:07

Encore une fois, Telak se dégagea de son étreinte. Eleade s’en voulut alors vraiment énormément … S’il se comportait ainsi, c’était à cause d’elle, elle en était désormais persuadée. Et, étrangement, elle ne le suivit guère une seconde fois, debout où il l’avait laissée. Avait-elle aggravé la situation en lui affirmant qu’elle ne se sentait pas en danger à ses côtés ? Il est vrai qu’elle ne l’avait pas vraiment prouvé les années où il avait séjourné dans son palais.
Odieuse.
Le seul mot qui pouvait la définir.

Subitement, le regard dur, elle se retourna d’un bond et se récria :

-Ca suffit, tais-toi. Comment oses-tu proférer des paroles aussi horribles ainsi sans aucune … sans …

Perdant ses mots, elle ne put continuer ce qu’elle avait commencé. Elle marcha lentement vers une chaise qui figurait dans la chambre de Telak, s’assit une main sur son front, ce qui démontrait sa faiblesse. Oui, sans Ardiosis, elle n’était rien. Il la soutenait, était à ses côtés depuis la révélation de leur amour. Et depuis leur dispute, plus aucune parole. Cela la blessait bien plus qu’elle ne le laissait paraître. Elle se sentait vide, meurtrie. Elle avait besoin de lui, de sa présence, de lui, tout simplement. Elle se promit de lui parler au plus vite, bien qu’elle risquât encore de changer ses pensées une fois reposée. Car tout cela l’épuisait … énormément. Elle reprit d’une voix fatiguée :

-Telak…j’ai beaucoup réfléchi. Et je sais pertinemment que, depuis que tu es arrivé, je me suis montrée … affreuse. Je ne sais exactement quel mot employer. Mais, pour qualifier mon comportement, on ne peut user que d’adjectifs négatifs. Ne nie rien, je le sais. Je m’excuse Telak, de tout mon cœur. Je comprendrais parfaitement si tu m’en voulais, si tu n’acceptais guère mes excuses. Je serais d’ailleurs surprise du contraire.

Puis elle leva la tête, bien plus forte soudainement. Et elle le fixa sans plus le quitter :

-Mais je ne le ferai qu’une fois. Car je ne souhaite point prendre pour habitude de me répéter.

Elle laissa le silence reprendre place, souhaitant que Telak retienne ses paroles. Car, comme elle l’avait dit, elle ne se répèterait plus. Une reine se devait de ne guère montré sa faiblesse. Ce qui ne voulait pas non plus dire qu’elle ne devait pas admettre lorsqu’elle avait tort. Mais il avait été si difficile pour Eleade de ne pas soupçonner Poigne Dure parce que depuis qu’il était arrivé, le changement avait débuté son ascension en Ardiosis, son époux. La jeune reine se tut jusqu’à ce que l’orphelin reprenne parole. Plus il parlait, plus elle souhaitait le faire taire. Ses yeux devinrent de plus en plus grands, une expression de surprise se plaqua sur son fin visage. Et, rapidement, la colère refit place à tous ces sentiments qui se bousculaient en elle.

-Mes chimères ? Les rumeurs ? Pourquoi me baserais-je sur de simples rumeurs ? Je ne fais qu’exposer le fond de ma pensée, jeune homme. Me crois-tu assez stupide pour me baser sur de simples rumeurs ?

Les yeux étincelants de colère, Eleade n’avait plus du tout l’air de la gentille femme d’Ardiosis, douce et silencieuse. Non, sa colère éclatait, son sang-froid, sans se briser, s’amenuisait. Elle ne l’avait pas perdu, elle le maîtrisait encore. Mais il manquait de peu pour qu’elle balançât tout. Elle ne ferait aucun mal à Telak, loin d’elle une idée pareille. Mais elle pourrait se montrer … effrayante. Surtout, effectivement, parce que personne ne connaissait cette image d’elle. L’image d’Eleade Bennefoy sortie de ses gonds. Elle se sentit quelque peu déstabilisée par les derniers propos de l’adolescent. L’enfant démon ? Impossible ! Elle n’y croyait plus. Et sa colère s’apaisa, gentiment. Elle cessa de froncer les sourcils et un pâle sourire s’étira sur ses lèvres. C’est d’une voix douce qu’elle continua :

-Telak, je ne sais de qui tu es le fils, qui sont tes parents, pourquoi tu es arrivé ici. Mais ce que je sais, c’est que … tu n’es pas l’orphelin maléfique que tout le monde croit connaître. Et non, loin de moi l’idée d’espérer que tu es cet être-là, bien au contraire, Telak. Maintenant, si tu veux que je quitte cette chambre, dis-le-moi, simplement. Si, au contraire, tu voudrais parler … me parler, n’aie pas peur, avale cette si grande fierté dont hérite les hommes à leur naissance. Cette fierté qui ne fait que grandir si on ne freine pas sa course.

[HRP Un peu spéciale Eleade, je l’avoue ! XD Elle et se sautes d’humeur. Être en colère avec Ardiosis n’est pas bon pour elle … oh que non, pas du tout bon ! lol]


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Telak Firdor
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MessageSujet: Re: Pleurs et Regrets [PV Eleade]   Lun 17 Nov 2008 - 18:17

[ Je suis en retard dans mes RPs ... T-T ]



Eleade fascinait le jeune Telak qui ne laissait rien paraître de son intérêt. En cette étrange nuit, elle semblait tantôt désespérée, accablée, tantôt furieuse, effroyable. Le jeune homme voulait la blesser profondément. Que son âme soit soumise à un terrible tourment et qu'elle conserve une rancoeur meurtrière à son égard. Non pas qu'il souhaita se venger d'elle pour l'attitude méprisante qu'elle avait pu avoir par le passé - car au fond, Telak ne lui en tiendrait jamais rigueur - mais bien pour qu'elle se détourne de lui. Sous le masque impassible dont il recouvrait presque toujours son visage maigre, son esprit se tordait d'une peur effroyable : celle de nuire à la douce reine. Il ne pouvait supporter l'idée de lui faire du mal, même involontairement. Et pourtant ... il savait en son âme et conscience qu'il serait celui qui ferait tomber Ardiosis. Il avait commencé à entr'apercevoir cette vision des choses peu de temps après l'annonce de la mort du Capitaine Kellac. Elle lui été apparue naturellement, comme si le voile qui dissimulait cette vérité était tout à coup tombé. Ce soir, voir Eleade confirmait l'impression qu'il avait eue quelques jours plus tôt. Il serait celui qui brisera son bonheur ... celui qui fera tomber Ardiosis. Alors, dès à présent, il valait mieux qu'Eleade apprenne à le détester, à le haïr, à le mépriser comme elle ne l'avait jamais fait. Quand l'heure de vérité aura sonné, sa tourmente sera nettement moins grande. Il est toujours plus aisé de vouloir se venger de quelqu'un que l'on déteste que de quelqu'un que l'on aime. Le pardon est bien moins facile à accorder ...

Mais Telak fut troublé à son tour par la vision de cette reine en proie à la détresse qui ne savait comment réagir, à la fois prise par une colère noire et par une compassion violente. Il la chérissait tant sans qu'elle n'en sache rien. Il l'avait tant de fois observée, dissimulé à son regard pour qu'elle ne soupçonne rien. Comment pouvait-il supporter l'idée de la blesser pour qu'elle se détourne de lui ? Quoiqu'on en dise, il était un Homme et il ne pouvait se faire haïr aussi aisément par l'objet de ses passions. Il en souffrirait cruellement. Eleade continuait de lui faire comprendre qu'elle voulait lui montrer qu'elle avait changé, qu'elle voulait s'occuper de lui, qu'elle voulait, en définitive, cesser d'ignorer son existence. Quand elle indiqua à nouveau qu'elle partirait s'il le désirait - il n'avait qu'un mot à dire et elle s'exécuterait - Telak fut pris d'un spasme fulgurant, signe de son agitation intérieure. Sans se rendre compte de se qu'il faisait, il se précipita sur la reine, tandis qu'Hugin quittait son épaule où il était niché en poussant un croassement de surprise. Il lui enserra les épaules et blottit sa tête dans son cou, tout en prenant délicatement une mèche de ses cheveux entre ses doigts. Il joua avec, tout en murmurant d'une voix prononcée à demi-mot :

- Non, non, ne partez pas douce Eleade. Restez avec moi, ne m'abandonnez pas, s'il vous plaît ...

Il huma le parfum de celle qu'il enserrait, sans cesser d'enrouler autour de son index la mèche de cheveux qu'il avait pris entre ses doigts. Elle sentait tellement bon ... “ une fragrance florale, boisée, lumineuse où scintillaient la violette, l’iris et la rose ”. Toujours d’une voix feutrée, il continua son monologue au creux de l’oreille de la reine :

- Ne comprenez vous pas que jamais je ne pourrais vous en vouloir ? Vous m’êtes si précieuse, belle Eleade. Vous êtes loin d’être stupide, bien au contraire. Ne me quittez pas ... Mais pourtant j’ai si peur de ce que je pourrais vous faire. Vous êtes si fragile ... et je suis si ...

... monstrueux fut le seul mot qui résonna dans son esprit. Sa voix se tut et il enserra un peu plus fort Eleade, son visage toujours enfoui dans son cou, comme s’il avait eu peur qu’elle le repousse ou bien qu’elle s’en aille finalement.
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MessageSujet: Re: Pleurs et Regrets [PV Eleade]   Mar 30 Déc 2008 - 10:58



[Je te réponds ... enfin. -_-'']

Eleade se posait des questions sur son instinct maternel. N'était-il pas inné chez les femmes? Son amour et sa douceur n’avait suffit à retenir le fils qu’elle avait avec l’homme qui régnait dans son cœur. Elle en venait à se demander si elle n'avait pas complètement raté l'éducation de son fils de sang, Siran Bennefoy. N'était-il pas parti? N’allait-il pas trahir ? Bien que la jeune reine ait déjà quelques années d'expériences en ce bas monde empli de souffrance et de malheur, elle savait pertinemment que son savoir était moindre. Elle avait encore tant de choses à apprendre... Les bien que longues années de vie qui lui restait ne suffirait pour qu’elle assimilât tout ce savoir…
Sa situation familiale était, actuellement, extrêmement tendue. Non seulement son fils s'était révolté et avait décidé de fuir le lieu de sa naissance, mais en plus elle était en froid avec son cher mari, Ardiosis Bennefoy. Que serait-elle sans lui? Elle se réjouissait de le revoir pour s’excuser. Ainsi lui accorderait-il à nouveau son regard amoureux lui étant dédié qui la faisait fondre. La reine s'en voulait terriblement de s’être ainsi emportée.
Lorsque Telak la supplia de rester, elle ne se fit pas prier. Elle referma ses bras autour de son protégé qui s'était blotti contre elle. Elle ne se sentait capable de continuer de l'ignorer comme elle l’avait fait depuis son arrivée au palais, ce pauvre orphelin qui ne faisait que subir ce qu'il ne méritait guère. Qu'avait-il fait pour être ainsi méprisé? Il n'était qu'un pauvre enfant qui avait perdu ses parents. Un, à ce jour, charmant jeune homme quoi qu’un peu trop maigre égaré qui manquait cruellement de cet amour que son père adoptif ne lui eût jamais donné.

-Telak ... mon cher Telak. N'aie pas peur de me faire de mal. Je sais que tes paroles ne sont que vérités. Et je suis en admiration devant ta force et ton courage ; devant ton pardon aussi. Malgré que je t’aie toujours rejeté, tu m'acceptes encore sans rancœur. Tu subis tant d'injustice sans broncher. Je me demande d'où te viens cette force qui te permet de passer par-dessus tout cela.

D'une main, elle caressa le dos de son protégé. Elle se permit un regard pour son humble chambre. Elle demanderait à son cher et tendre époux de la meubler correctement. Ou alors d'attribuer une autre chambre à cet enfant qu'il avait décidé d'héberger. Il se devait de se soucier de son confort. Il ne pouvait l'accueillir, puis le laisser se débrouiller seul. En même temps qu'il avait décidé que Telak séjournerait dans sa demeure, il s'était acquitté d'une responsabilité envers ce jeune garçon. Et Eleade se chargerait de le lui rappeler aussi vite que possible. Même si cela devait engendrer une nouvelle dispute. L’orphelin méritait qu’elle se batte pour qu’il puisse avoir une vie meilleure. Une vie digne d’un prince, puisque l’adoption d’Ardiosis lui octroyait ce titre. D’ailleurs, l’unique fils du couple royal ayant, en même temps qu’il était parti, perdu son titre d’héritier, ce dernier venait à Telak.

-Je suis persuadée que tu feras un bon roi.

Déclara alors Eleade, loin de se douter que, quelques instants plus tôt, les pensées de l’orphelin étaient, elles-aussi, tournées vers ce fait délicat. Elle continua :

-Ardiosis devra, tôt ou tard, te laisser sa place en tant que Seigneur Nordique. Je sais que cela sera difficile pour lui, que cette situation risque même de t’importuner. Je ne te demande pas d’essayer de le comprendre. Il faudra qu’il le fasse, de toute façon. Et cela, je doute qu’il l’ignore. Il sait juste comment éviter le sujet. Il ne me connait que trop bien, ce cher souverain.

Alors qu’elle prononçait ces paroles véridiques, elle serrait toujours Telak contre elle. Elle ne pouvait qu’être heureuse de savoir qu’il n’éprouvait aucune colère envers elle. La reine lui était reconnaissante de ne pas se montrer rancunier. Car il y avait maintes raisons pour qu’il le fût. Et pourtant…

-Je n’ai pas su lui donner le fils qui prendrait sa place. Bien heureusement, le ciel a eu pitié de moi et t’a envoyé. Mais comme je regrette que cela t’ait autant fait souffrir.

[Je suis désolée … cela doit sûrement se sentir que je suis peu inspirée. J’espère que je pourrai ma rattraper prochainement.]





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MessageSujet: Re: Pleurs et Regrets [PV Eleade]   Mar 6 Jan 2009 - 13:05

Les bras réconfortants de la reine Eleade se refermèrent sur le jeune garçon qui s’était blotti tout contre elle. De ses mots, elle chercha à le bercer pour effacer sa peine. Telak fermait les yeux, entortillant toujours la mèche de cheveux bruns autour de son doigt décharné. Il avait toujours craint ce moment d’intimité, même si son cœur l’espérait ardemment. Dans sa tête se profilait le spectre de la trahison, aussi se voyait-il dans les bras de l’objet de ses passions et sans qu’elle n’y prêta attention, cherchant à le rassurer et à lui montrer l’amour dont elle pouvait être capable, il sortit un poignard et lui planta entre les omoplates. Tout ceci n’était qu’une vision cauchemardesque, car il ne pourrait jamais blesser la souveraine physiquement. Mais tôt ou tard, il serait la cause de ses plus grands tourments. Il le pressentait. Il n’aurait su dire pourquoi il était sujet à de tels sentiments, mais il l’était. Et c’était tout ce qui lui importait. La main d’Eleade passa dans son dos et il frissonna de plaisir, de froid ou de peur. Ou peut être les trois à la fois. Et ses nouvelles paroles achevèrent l’orphelin.

Il sentit ses jambes fléchir sous lui. « Tu feras un bon roi. » L’impératrice continua à déverser son flot de paroles, mais Telak n’écoutait presque plus. « Tu feras un bon roi. » Les mots résonnaient dans son esprit, se répercutant sur les parois caverneuses de son crâne. « Tu feras un bon roi. » Il se sentit nauséeux.

La reine termina son discours en évoquant son fils, traître aux siens. Siran était parti depuis combien de temps au juste ? Une semaine ? Deux semaines ? Poigne Dure l’ignorait. Le prince véritable n’avait jamais porté dans son cœur ce frère qu’on lui avait imposé et ce dernier lui rendait bien en le laissant tranquille. Telak ne le blâmait pas, au contraire. D’ailleurs, personne n’avait réellement pris la peine de l’accepter. C’était un fait dont le jeune garçon s’accommodait très bien. Il desserra l’étreinte dans laquelle il tenait Eleade prisonnière et il se recula d’un pas, pour lui faire face à nouveau. Son teint était livide, étant encore sous le choc des propos de la reine. Il plongea ses petits yeux sombres dans les pupilles éclatantes de son interlocutrice, comme s’il voulut sonder son âme. L’échange intense dura à peine quelques secondes, mais ce fut comme une éternité pour l’orphelin. Il sentait le souffle de la reine sur son visage. Il ressentait les vibrations de son cœur qui s’accélérait. Ses lèvres se descellèrent, sa langue se délia et il put prononcer d’une voix mélancolique ce qu’il avait à dire à la Reine.

« Le Ciel ne m’a pas envoyé pour devenir Roi. Mon destin est tout autre. Votre époux le sait aussi bien que moi, chère Eleade. Je ne serai jamais Roi. »


Il s’approcha à nouveau de la reine, prit son visage entre ses longues mains et l’amena à lui. Il la regarda quelques secondes dans les yeux, avant de déposer un baiser sur son front duquel il avait dégagé les quelques mèches de cheveux qui s’étaient tenues là quelques instants auparavant. Il la contempla à nouveau droit dans les yeux, caressant son front en un geste bienveillant. Il lui sourit tendrement et prononça ses dernières paroles comme si c’eut été un adieu :

« Quoiqu’il advienne, n’oubliez jamais ma douce Eleade que je vous aurais aimé du plus profond de mon être. Quoiqu’il advienne, gardez en tête que jamais je n’aurais souhaité votre malheur. »

Promptement, il se retourna, claqua sa langue pour que Hugin quitta son perchoir et le rejoigne, prit sa veste et s’enfuit de la petite chambre. Il s’enfuit promptement pour que la reine ne réussisse pas à le rattraper. Il ne voulait pas poursuivre cette conversation. Les jeux étaient faits. Son maître attendait à présent …



(je pense qu'on peut considérer le sujet fini, à moins que tu veuilles terminer ?)
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MessageSujet: Re: Pleurs et Regrets [PV Eleade]   Mer 7 Jan 2009 - 19:23

[Roh maintenant je suis encore plus curieuse de savoir qui est réellement Telak! XD Je n'ai rien à ajouter! ^^ On peut clore le sujet. Et tu pourras effacer mon message après l'avoir lu! Wink]
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