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 Annonce sur la porte du Temple de Jord

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Spectre
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MessageSujet: Annonce sur la porte du Temple de Jord   Dim 9 Mar 2008 - 16:21


Peuple des Nymphes,

C’est dans une tristesse infinie que nous procéderons
aux obsèques de notre Reine, Nereya Elwing,
à l’aube du sixième jour.

Nous couronnerons notre nouvelle souveraine,
Alphaïde Elwing, après la cérémonie.




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Alphaïde
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MessageSujet: Re: Annonce sur la porte du Temple de Jord   Lun 5 Mai 2008 - 19:07

6e jour de la 8e semaine
An 835
Aux aurores



Une demie-heure ? Une heure ? Combien de temps Alphaïde était resté là, face à la statue de Jord, à psalmodier ses prières à la déesse ? Elle n'aurait pu le dire et qu'importe. Le rythme lent de ses paroles avaient peu à peu ensorceler son esprit, minute après minute. Peut-être était-ce là le but inavoué de ces incantations : emmener la raison en ballade, la retenir loin de nous dans quelque endroit merveilleux, comme on prendrait par le bras un importun le temps que se conclue une affaire sérieuse.

Car, sans être prêtresse, ce tête-à-tête matinal avec la déesse n'était pas pour Alphaïde simple formalité protocolaire. Des trois Nornes, Urd lui avait souri, Verdandi lui tendait la main, Skuld ne se prononçait pas. Skuld, dont la volonté est inexorable et ne peut être changé. Cette fatalité la rendait plus sensible encore à prière.

La veille, sa soeur en qualité de prêtresse de Jord, lui avait rappelé les règles en vigueur dans l'enceinte sacrée. Enceinte de laquelle elle ne sortait guère ces derniers temps et Alphaïde pu constater à quel point Lliane avait été affectée par les évènements. La joie qui pétillait auparavant dans ses yeux bleus s'était retiré sans pour autant que son regard ne s'éteigne tout à fait. Et cette nouvelle étincelle qui luisait désormais ne portait en elle rien de bénéfique : à l'énoncé de certaines choses, Lliane s'empourprait et cette flamme semblait devoir la consumer toute entière. Se pouvait-il que la colère qui saisissait alors sa sœur soit l'œuvre de Jord ?
Alphaïde avait changé de sujet et sa sœur reprit la contenance seyant à une prêtresse. Elle lui avait alors expliqué le rituel en détail : après les incantations d'usage, la future reine devait passer une partie de la nuit en prière devant la grande statue de Jord. La déesse lui tiendrait en quelque sorte la main pour ses premiers pas de reine. Puis à l'aube, viendrait le moment des funérailles. On couronnera la nouvelle reine une fois cette cérémonie finie. Le reste de la journée serait libre.



Pourquoi à ce moment, et pas un peu avant, un peu après ?
Doucement, le murmure qui s'échappait des lèvres de la jeune fille s'effilocha et Alphaïde reprit conscience d'elle-même et du monde. Sa raison avait achevé sa promenade enchantée et rentrait dans ses pénates. L'obscurité, brisée auparavant que par l'éclat de la lune sur la statue, se diluait ; au loin, un oiseau commençait à gazouiller ; l'atmosphère s'allégeait et se rafraichissait ; le silence froissé de la nature qui s'ébrouait frappa les oreilles de la reine plus doucement qu'un autre matin ; plus que tout autre jour, le temps semblait avoir suspendu un instant son souffle. Ces petits riens ne trompaient pourtant pas : l'aube s'installait.

Une angoisse sans fin étreignit son cœur et elle ferma les yeux : l'annonce avait été portée dans tout le Bois sombre et surement au-delà : sixième jour de la huitième semaine, aux aurores, on enterrerait Nereya (et avec elle tout une époque heureuse) et on couronnerait Alphaïde. Or sixième jour de la huitième semaine nous étions et les aurores se faisaient annoncer.

Alphaïde songea soudain à l'image qu'à l'instant elle offrait : toute de blanc habillée, agenouillée sur les dalles du temple, l'esprit absorbé par la statue lui faisant face, petit être écrasé par le complexe du temple, .... Et son imagination s'emballa : elle se figura elle, le temple, le Bois, la forêt toute entière, le continent ... : perdue dans cette immensité, elle n'était rien ..., et l'image qui se mettait à tourner, vite, de plus en plus vite : comment pouvait-on lui demander à elle, comment pouvait-on attendre d'elle ...

Le calme. Elle avait ouvert les yeux comme un noyé respire une bouffée d'air et elle avait retrouvé le temple. Jord était toujours en face d'elle, calme et bienveillante. La lumière commençait à diffuser insensiblement à travers l'air frais. Le soleil, quelque part, se préparait en secret. Alphaïde avait retrouvé le calme après le tourbillon. Cette vertigineuse échappée lui avait laissé le souffle haletant et il lui fallu un moment pour imposer à son cœur un rythme plus posé.

Le monde s'éveillait peu à peu. Elle imaginait sa sœur et les novices préparant la cérémonie non loin de là, les nymphes des villages prenant leur déjeuner dans une auberge de Kalye, la foule se formant progressivement, ...
Ces pensée achevèrent de la calmer : elle était bien entourée et jamais, elle ne sera seule. Triste, elle l'était, mais c'est avec tout un peuple qu'elle partageait ce malheur. Angoissée, inquiète de l'avenir vers lequel ils s'acheminaient, elle l'était également, mais cela, elle le garderait pour elle, profond, très profondément dans son cœur. Jord seule sera au courant de ses doutes.

Elle fixa intensément la déesse, non pas avec les yeux qui implorent, mais avec un regard net et décidé : cette nuit, au milieu des prières et des demandes, c'est une alliance morale avec Jord qu'elle avait conclu. Puisqu'elle écoutait et continuerait d'écouter la voix de celle-ci, la déesse devait guider Alphaïde : tel était le pacte scellé.

Du bruit se fit soudain entendre dans la pièce attenante. Oh, trois fois rien : le froissement d'une étoffe, le bruissement d'une aile peut-être.
D'un instant à l'autre, on viendrait la chercher. Et alors pourra commencer le jour le plus long.
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MessageSujet: Re: Annonce sur la porte du Temple de Jord   Jeu 15 Mai 2008 - 22:23

Elles étaient toutes de noir drapées, et c'était comme la pénombre dans la clarté.
Le cortège des novices pénétrant lentement dans la pièce aux murs clairs ressemblait à une nuée de corbeaux dans un ciel de printemps. Cette intrusion de la mort dans le temple de la déesse ramena brutalement la jeune nymphe à ces obligations du moment : les funérailles de sa sœur.
Elle passa sur sa robe blanche le corsage noir qu'une nymphe lui tendait respectueusement et le laça doucement. Plusieurs fois, le léger tremblement qui agitait ses doigts l'obligea à reprendre le ruban. Ainsi prête pour la cérémonie, Alphaïde ne pouvait plus reculer : elle jeta un dernier regard à Jord et quitta la pièce, silencieusement suivie par les novices.


Au milieu des jardins du Palais se dressait la gracieuse silhouette du temple. Alphaïde avait décidé que le mausolée de sa sœur, vide (et cela lui trouait le cœur), serait placé sous un saule pleureur : les feuilles vertes recouvreraient à jamais la mémoire de la reine. Du perron du temple, on le devinait à travers les branches tombantes : il était simple mais élégant, discret mais présent. Il semblait que la nature entière et Jord elle-même pleurait Nereya.
Le choix avait été fait d'une cérémonie simple, sans grand bûcher, sans pleureuse, sans tout ce tapage morbide et ostentatoire que certains tenaient pour le protocole. Et puisque le sort n'avait laissé que la mémoire de Nereya à pleurer, dérobant son corps aux dernières attentions, la cérémonie se tiendrait sur le perron du temple. Personne ne serait obligé de poser un regard attristé sur la tombe, personne ne serait obligé de jetter une fleur par simple devoir : les jardins étaient ouverts à tous et nul ne se verrait refuser l'accès au saule. Chacun pleurerait sa reine comme il l'entendrait.

La porte du temple tourna sur ses gonds, légère et sans bruit. La lumière douce entra brutalement dans le corridor ; du coin de l'oeil, Alphaïde vit sa prêtresse de soeur lui sourire étrangement au détour d'un pilier ; puis elle entra dans le halo de lumière, toujours escortée, et se retrouva sur le perron. L'air était frais, et on aurait pu croire à une banale matinée si ce n'était ce silence assourdissant, pesant. Des centaines de personnes et pourtant, pas un mot, pas même un souffle ne vibrait dans l'air.

Tout le monde la regardait, elle en était consciente, et un instant pourtant, elle ne sut que faire. Ou plutôt elle ne put rien faire car le déroulement de la journée, elle le connaissait dans ses moindres minutes. Elle restait là, droite devant le temple, le regard survolant la foule, attiré par la tache claire du marbre sous l'arbre. Et tout à coup, elle reprit conscience du monde qui l'entourait, comme au moment où elle avait rouvert les yeux au creux du temple.
Alors elle ne regarda plus, elle vit la foule. Alphaïde fut surprise du calme qu'elle sentait se distiller en elle. Bien qu'elle avait penser laisser une partie d'elle et de sa vie dans le temple, les choses se déroulaient sans coupure : une pelote de ruban tombant et se déroulant sans encombre sur le sol.

Elle leva les bras à mi-taille et face au mutisme obstiné lui faisant face, elle commença un discours qu'elle espérait ne pas oublier. Sa sœur prendrait alors le relais et la cérémonie proprement dite débuterait.

A vous qui êtes venus jusqu'ici en ce jour de deuil, recevez la bénédiction de Jord.

Peuple des Nymphes, vous voir si nombreuses en cette triste occasion réchauffe mon coeur.


Aïe, ça partait mal : jamais cette phrase n'avait figuré au discours prévu.

Pour un moment, une matinée, oublions le monde et ses ordres, oublions nos peurs et nos angoisses. Seul n'a d'importance que le recueillement qui emplit tout le Bois sombre.
La reine Nereya était comme une mère pour vous, je le sais ; elle était pour moi aussi plus qu'une reine : elle était ma soeur. Mais comme la feuille qui tombe est emportée au loin par le souffle du vent, elle est partie, et tout l'amour que nous lui portions ne la fera pas revenir. Toutefois, prenons le temps d'honorer sa mémoire comme il se doit.

Que Jord allège notre peine si cela est possible.
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MessageSujet: Re: Annonce sur la porte du Temple de Jord   Ven 30 Mai 2008 - 12:24

L'aube du 6ème Jour,
8ème Semaine de l'An 835


L'éveil du jour avait toujours une connotation particulière pour l'être qui ne pouvait le voir de ses yeux. Comme une plante, il le percevait à la chaleur des premiers rayons. Doux et insistants à la fois, ils venaient s'échouer sur sa peau telle des caresses d'antan. Souvent, ces rayons de lumière étaient accompagnés d'une légère brise matinale. Brise qui réchauffait le coeur autant qu'elle éveillait les sens. Mais si toutes ces sensations laissaient habituellement une empreinte dans son coeur, il était aujourd'hui une chose qui le baignait de tristesse. En ce jour, le temps était venu de pleurer une seconde fois la mort de la reine Nereya. Les obsèques seraient célébrées dans le Temple de Jord à la demande de la famille royale. Comme tous les membres de la Cour, Epsilon se devait d'y assister. Aussi bien par respect de la défunte reine que par honneur pour sa successeuse. C'est donc aux prémisses du jour que le conseiller s'habilla dans des tons sombres pour marquer son propre deuil. Si les couleurs n'avaient aucune signification pour lui, Epsilon avait fait arranger ses effets dans sa penderie par une servante, des vêtements les plus claires sur la gauche pour allez vers les plus sombres vers la droite. Fraîchement vêtu, il s'approcha de son bureau et y prit son masque argenté. Un long instant, il en caressa les contours comme s'il s'imprégnait des propres courbes de son visage. Puis quand un nouveau rayon de soleil s'engouffra dans sa chambre pour chatouiller son visage, le Demi Nymphe se décida finalement et revêtit son masque.

Une fois sa chambre fermée à clé, Epsilon longea les couloirs du palais. Avec le temps, il en avait mémorisé les moindres parcelles, les moindres défauts et obstacles. Si bien qu'il n'était nul Nymphe qui pouvait prétendre connaître ce véritable dédale aussi bien que lui. Le pas léger, gracile, le Demi Nymphe se glissa au dehors du palais pour suivre un chemin de gravier qu'il savait être celui des Jardins Royaux. En s'approchant de ce lieu hautement symbolique, il put ressentir les premières effluves fleuris des jardins. A son sens, ils regorgeaient des essences le plus envoûtantes, les plus enivrantes. S'y promener ressemblait à un voyage dans le temps. Chaque pas était accompagné d'un nouveau parfum, toujours plus chatoyant que le précédent. Chaque inspiration accompagnait le frémissement des feuilles et le frisson des pétales. La végétation respirait à plein poumon; il suffisait simplement de savoir l'écouter pour sourire à ce prodige de la vie. Aujourd'hui pourtant, l'air semblait plus lourd que d'habitude. Les fleurs ne lâchaient que timidement leur parfum comme si elles entamaient aussi un deuil profond. Le vent soufflait très lentement, ne faisant frémir les feuilles des arbres que de rares fois. La symbiose inégalée entre le peuple Nymphe et la nature du royaume faisait qu'en ce jour, la végétation pleurait elle aussi la perte de sa souveraine.

Un brin attristé, Epsilon releva rapidement son visage quand une Nymphe au parfum d'hortensia lui adressa ses salutations. Cette voix douce et vive à la fois, ce parfum, il n'y avait aucun doute possible, cela ne pouvait être que Isilë, la Nymphe qui l'avait recueillit et soigné cette nuit où il avait été grièvement mutiler au visage. Elle même qui lui avait confectionné son premier masque. L'air dégagé mais toujours respectueux, Epsilon courba l'échine dans une salutation distinguée.

« Mes salutations Dame Isilë »

La voix du Demi Nymphe résonnait toujours comme un frisson. Beaucoup s'accordait d'ailleurs à dire que ce timbre de voix lui venait de sa mère. Un discourt toujours net et concis ponctué d'une voix légère et enchanteresse. La cérémonie allait bientôt débuter, Epsilon et Isilë se glissèrent côte à côte jusqu'au perron de l'imposant édifice puis bifurquèrent chacun dans une direction opposée. Epsilon prit l'aile droite de la foule et s'en détacha légèrement. La nuque légèrement abaissée, ses mains gantées enfoncées au plus profond de ses poches, il assista immobile à la cérémonie. Peu de sons lui parvinrent de cette dernière car bon nombre de Nymphes imbibaient l'air de leurs pleurs et de leurs gémissements étouffés. Ce ne fut qu'au discourt de la nouvelle souveraine, et soeur de la défunte reine, que le conseiller releva légèrement son visage pour écouter ses paroles avec un intérêt particulier. Il nota aussi bien son intonation de voix qu'il pesa le poids de chacun de ces mots. Derrière son masque, un sourire ravi se dessina. Le Bois Sombre avait trouvé une successeuse digne de sa grandeur ...
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