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 Reception à la Tour Sombre

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Ectoplasme
¤ Incarnation du Destin ¤
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MessageSujet: Reception à la Tour Sombre   Dim 28 Sep 2008 - 15:10


Reception donnée par le Seigneur Nordique

Cinquième jour de la dixième semaine

Soirée




Sont cordialement invités à participer à ce post :
Erendil San'Veck, Alphaïde Elwing, Galdor Fenril, Ardiosis Bennefoy
Et toute personne susceptible d'être présente à la soirée

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Je suis votre passé, votre présent, votre futur.
Je suis le seul maître de votre Destin.
Vous ne pourrez pas m'échapper ...
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Ardiosis
Gwendirien
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Jeu 2 Oct 2008 - 20:28

[HJ/ Désolé pour le retard ^^"]

Un ciel constellé d'étoiles de givre.
Au détail près qu'il était au dedans et non au dehors, où le firmament était d'encre, et les étoiles voilées par d'encombrants nuages de neige.
Malgré les énormes portes de fer et de bois de la tour, malgré les flambées gigantesques qui flambaient dans les âtres, de furieux courants d'air glacial ne se lassaient jamais de filer le long des murs et de vous glacer l'échine.
Des lustres de cristal pendaient au plafond, étincelant majestueusement, évoquant à la fois, l'éclat mat du métal, et des flammes mourantes, gelées en dedans. D'un bout à l'autre de la grande salle s'étirait une table interminable drapée d'une nappe d'un blanc nacré, parée de la plus fine argenterie d'Yswllyra, orné de temps à autres des armoires bleutés des Hommes. Disposées impeccablement, s'alignait de part et d'autre deux impressionnantes rangées de sièges ornées de velours bleu nuit.

Ardiosis n'était pas directement responsable de l'excessive sobriété apparente de la salle des banquets. Du temps de son père, la salle aurait brillé de l'éclat flamboyant de l'or et des rubis, et non de l'âpre blancheur aveuglante des neiges éternelles et de la froideur acérée de l'argent. Mais en laissant carte blanche à son intendant, il était aisément prévisible que l'homme ne se risquerait pas à évoquer le moindre souvenir du temps des pères d'Ardiosis, par crainte qu'il y voit un reproche inavoué. Ardiosis ne fit aucune remontrance au vieil homme pour l'agencement de la salle, elle était si terriblement assortie à son humeur qu'il s'y trouvait à son aise.
Et en un sens, le faste déployé ici, était déjà une insulte de trop. Mais au lendemain du deuil, il n'était pas vraiment nécessaire de boire dans des verres en or sur des nappes de satin.

Marchant d'un pas royal sur le sombre sol de bois vernis, qui en d'autres temps avait résonné des pas des danseurs. Cette salle verrait-elle jamais de nouveau les robes des courtisanes virevolter au son des flûtes et des violons? Peut-être. Mais il n'y croyait guère. Eut-il juré à Eleade que le sang ne serait pas versé, qu'il n'en aurait pas moins craint de voir la soirée se finir au mieux dans de mornes appartés.

Voyant les convives se presser à l'entrée de la salle, s'écartant devant les monarques et leur suite, il réalisa combien la vie de cour qui l'émerveillait jadis, le lassait désormais. Tant de pitreries et de coups fourrés dans ces simulacres d'affabilité et de courtoisies. Par chance tout cela lui était épargné. Ses humeurs parfois massacrantes n'étaient plus un secret pour personne, et même les seigneurs les plus puissants de sa cour, se contentaient de le saluer avec simplicité et déférence, avant de s'effacer poliment.
Des marionnettes habiles, jouant à merveille le rôle qu'il avait tissé pour elles. D'autant plus que sans lui, les Hommes auraient-ils jamais gardé si longtemps main mise sur le Gwendir?

Il se retint de chercher Eleade des yeux. De réputation, il la tolérait à ses côtés tout au plus, et l'on murmurait parfois dans sa propre cour qu'il n'attendait que l'occasion de la répudier. Bien que rien qu'il ne puisse faire ne suffirait à anéantir les ragots, il ne tenait pas à se mettre lui même des bâtons dans les roues, plus il montrait qu'il ne gardait Eleade à ses côtés que par respect des convenances, moins ses jours étaient en danger.

"Bienvenue à Yswllyra." déclara-t-il sur un ton étrangement mielleux, que sa voix n'avait pas eu depuis des lustres. Il n'avait que peu élevé la voix, mais un silence respectueux s'installa parmi ses sujets.

"C'est toujours un honneur pour moi, et pour le Gwendir tout entier, de recevoir dans l'illustre citadelle des Hommes, mes amis, alliés et sujets de l'Empire. Mais je ne vous retiendrais pas dans d'interminables et inutiles palabres. Le voyage a du être rude pour nombre d'entre vous. Je ne manquerais pas à la noble réputation des mes aïeux, pas plus que mes devoirs d'hôtes, venez donc vous restaurez à ma table."

Et déjà des cuisines émergeaient des plats impressionnants, cygnes rôtis et lièvres appétissants, dindes et porcelets cuisinés avec habileté, nappés de sauce et accompagné de légumes et de pommes cuites, carafes de vins à foison.

Bien qu'il détestât réellements la pompeuse hypocrisie qui accomapgnait inévitablement ce genre d'occasion, Ardiosis accélérait néanmoins les présentations à dessein. Il n'éprouvait nul besoin de s'entretenir avec d'autres que ceux qu'il avait invité, mais n'en savait pas moins que les tenir en retrait serait un affront. Les inviter à sa table était un moyen poli, de se rapprocher de ses hôtes véritables et de se débarasser de leurs cours respectives, du moins pour un temps.

Ardiosis se tenait prêt à les escorter à leur place. Non pas qu'il connaisse le plan de table prévu, il était simplement certain que tous s'accorderaient pour dire que les places qu'ils désigneraient seraient forcément les bonnes.
Les cheveux d'encre du monarque, coiffés par une fine couronne d'argent, glissaient avec fluidité dans son dos, se fondant dans les tons d'un imposant manteau de velours noir, bordé de foururre, recouvrant avec une opulence de tissu une chemise sombre brodée de fil d'argent. Ses yeux de glace, teintée par la paleur d'une aube maladive, évoquaient la patience languissante des oiseaux de proie repus.
Il aurait été délicat d'affirmer, que le roi portait ou non un deuil quelconque, et quelque chose, dans sa gravité implacable, incitait à trouver malséant de le questionner à ce sujet.
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Aelalia-Fenril
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Sam 4 Oct 2008 - 21:00

Bien qu'elle avait toujours aimée la neige Aelalia trouvé qu'elle rajoutait une touche de mélancolie au déprimant tableau qu'elle voyait. Lentement et plus légère que l'air elle tombait moullement sur le sol défiant les lois de l'apesanteur. Après s'être disputé longuement avec son cousin elle avait dû battre en retraite. Elle qui avait pensé qu'il ferait un bon roi qu'elle énorme erreur. Au lieu de prendre les armes comme elle l'espérait il s'était allié avec l'assassin de sa tante. La haine qu'Aelalia ressentait pour son cousin à cet instant précis était innommable. Elle se sentait à la fois déçut et stupide d'avoir pu croire qu'il pouvait prendre les armes contre le seigneur nordique. Elle se demanda pourquoi sa mère l'avait choisi lui, plutôt que de prendre son propre fils. Aelalia bouillonner intérieurement. Elle poussa un gros soupire et sortant de ses pensées elle suivie son cousin à l'intérieur en lui lançant des regards haineux. La longue suite de servantes et de soldats la faisaient sourire, si Ardiosis décidait de les tuer il ne le ferait pas en public et tous ses pantins ne serviraient à rien.

Le long voyage pour arriver en Terre humaine fut long et pénible. Tout avait commencé lorsque le messager d'Ardiosis était arrivé au palais. Jamais auparavant elle ne c'était disputé avec son cousin, mais là cela avait été plus fort qu'elle. Elle avait dit ses quatre vérités à son cousin qui s'était lui aussi énervé en lui rappellent que c'était lui le roi. Elle était alors partie en furie pour s'enfermer dans ses appartements. Elle n'avait rien mangé pendant 2 jours trop furieuse et trop affligée par la trahison de son cousin. Pourtant, deux jours plus tard lorsqu'il lui avait demandé de l'accompagnai à la réception du seigneur nordique elle n'avait pas refusé, voyant dans cet évènement une occasion d'espionner elle s'était dépêché de se préparer. Après 1 jour entier de préparatifs ils étaient partis avec toutes la cour et une grosse escorte qu'Aelalia avait trouvée ridicule, bien sûr elle n'en avait rien dit. Depuis leur affrontement elle ne parlait presque plus à Galdor et le projet de s'enfuir comme le prince des hommes avait germé dans son esprit. Le voyage avait duré deux jours et demi alors qu'en étant seule elle aurait pu le faire en 1 jour. La neige les avaient surpris en plein milieu et il avait fallu faire une halte pour réchauffer les hommes. Les druides ne voyage jamais à cheval ni en convoi, qu'elle intérêt, mais sous leur forme animale. C'est ainsi qu'au bout de 2jours et demi, Aelalia entouré de ses gardes loups noirs c'était présenté aux portes de la cité d'Yswllyra. Leur arrivée avait fait un grand bruit, car les druides n'était pas très rependus en territoires hommes encore moins sous leur forme animale.


Pour Aelalia la capitale Humaine n'était pas aussi grandiose que ce qu'elle avait entendus dire ni imaginer. Avec la nuit d'encre et sans lune les hautes maisons lui paraissaient sombres et replies de mystères. Le palais était imposant avec une architecture qui laissait Aelalia indifférente. La magnifique once qu'elle était se fondit dans le décor blanc de cette soirée glaciale d'hiver. Le fait qu'il n'y est pas de lune était pour elle un présage, Mani n'était pas d'accord il allait même être furieux et en silence elle adressa une simple prière pour le peuple druide. Elle avança sans bruit silence ombre dans la nuit. Elle franchit le hall où des serviteurs les accompagnèrent jusqu'à la salle du Banquet. Toujours sous sa forme animale Aelalia suivie sans brocher la jeune servante à la peau mate qui lui indiquait le chemin
avec sur le visage une crainte respectueuse. Arrivé à la grande salle qui aurait pu servir pour un bal elle fut stupéfaite de la sobriété de la pièce. Sur toute la longueur de la salle une longue table couverte avec une nappe blanche éclatante prenait presque toute la place. Un grand feu brulé dans l'âtre près d'une grande fenêtre qui laissait voir la course ininterrompu des flocons à l'extérieur. Seuls les magnifiques lustres de cristal ouvragés pendus au plafond impressionnèrent Aelalia, la lumière reflétée créait des couleurs sublimes. Les couverts en argent étaient tous exactement pareil et tout cela déprimé sérieusement la princesse.


C'est alors qu'elle le vit, Lui. Ardosis en costume sombre se tenait là accueillant les invités pour leur désigner leur place. La fureur d'Aelalia devant le monarque fut tel que la jeune fille du déployer toutes ses forces pour ne pas aller l'étrangler. Elle prie une grande inspiration et repris sa forme humaine. Assister à une transformation druide est rare, car les druides montrent rarement l'animal qui caractérise leur totem. Cela ne dura qu'un instant, mais en cela contenait toute la magnificence et l'étrangeté de cette particularité de son peuple. Pour cette occasion Aelalia c'était paré de ça plus belle toilette. Sa longue robe était noire et argent ce qui l'a mis en fureur lorsqu'elle s'aperçut que le seigneur nordique et elle était parfaitement accordée sur les couleurs. Les bretelles tissées de fils d'argent et de velours noir entrelacés sur ses épaules, la robe de velours était parsemé de petite perle blanche ce qui donnait l'illusion comme ce soir de la même nuit sans lune avec des étoiles brillants à travers les nuages. Sa coiffure remontée en chignon laissait quelques mèches frisés sortir de la construction vers le bas pour un effet qui dans l'ensemble était splendide. Elle portait deux gants noir qui lui montaient jusqu'au coude et des chaussures à talons sur lesquelles elle faisait de gros efforts pour garder l'équilibre. Un léger maquillage terminé l'ensemble. Plusieurs hommes présent se retournèrent lorsqu'elle fit ses premiers pas dans la salle, mais elle les ignora merveilleusement.

Ardiosis lui, invité ses invités à passer à table, mais personne ne connaissant pas le plan de table aucune des personnalités présentes ne sut que faire. Aelalia elle avait levé les yeux à se discours très bref. Elle chercha des yeux l'endroit le plus éloigné de la place d'honneur et elle souhaita très fort y être envoyée. Elle attendit patiemment son tour pour saluer le monarque. Sa rage contenue était plus forte que jamais, il portait un costume de deuil et elle se trouvait offensé de voir qu'il pouvait se moquer du chagrin et du désespoir qu'il infligeait autour de lui. Enfin elle arriva devant le seigneur nordique. Avec une grâce féline elle exécuta une révérence protocolaire et refoulant les milliers de sentiments qui se bousculaient en elle, elle réussit à afficher un air neutre presque serein.

- Mon seigneur, je suis honoré de votre invitation et je vous adresse mes humble respect. Malheureusement je n'ai aucune connaissance du plan de table et je serais honoré si votre magnificence pouvait me l'indiquer.

Bien qu'elle eue répété ses mots mainte et mainte voix elle ne réussit pas à leur donner suffisamment de respect et de douceur, elle espérait qu'Ardiosis prendrait cela pour de l'inexpérience et de l'angoisse. Pourtant, la rage intense se reflétait dans ses yeux rivières avec un éclat sauvage.

_________________


Oserait tu me défier ? Prend garde je mors !
Spoiler:
 


Dernière édition par Aelalia Fenril le Sam 11 Oct 2008 - 12:40, édité 6 fois
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Telak Firdor
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Dim 5 Oct 2008 - 12:09

La Tour Sombre, illustre surnom donné au Palais humain depuis que les fêtes en son sein s'étaient raréfiées, se trouvait dans un état de surexcitation générale depuis quelques jours. La grande réception organisée par le Seigneur Bennefoy était prévue pour la soirée du cinquième jour mais les préparatifs avaient été commencés bien avant. Chaque salle fut nettoyée de fond en comble, chaque parquet fut astiqué plusieurs fois, chaque dalle lavée et relavée ... Les domestiques s'étaient afférés en chaque coin de la demeure royale avec une énergie qui semblait inépuisable. Et pour cause, les invités attendus n'étaient pas n'importe qui : il s'agissait des nouveaux monarques et de leur suite. Telak avait cherché à savoir quels souverains seraient présents, mais l'information n'était pas parvenue jusqu'à ses oreilles. Pourtant, il avait fouiné un peu partout. En vain ...

Jusqu'à ce que les premiers convives arrivent à Yswllyra. Il avait aperçu la suite orthodoxe tôt le matin dans la cour intérieure du domaine royal. Poigne Dure n'avait alors eu plus qu'une envie : celle de rencontrer les dits monarques. Mais il se gardait bien d'aller les importuner, le regard de glace d'Ardiosis flottant toujours dans sa direction. Enfin, c'est ce que Telak supposait. Le roi des Humains ne devait pas être tranquille de le savoir si près de convives si estimables. Qu'importe, l'adolescent était aux anges de voir toute cette effervescence autour de lui, bien qu'il ait repris son perpétuel masque d'indifférence. A présent, l'heure était à la réception.

La Salle du Banquet était magnifiquement décorée. Même en cherchant dans les limbes de sa mémoire torturée, Telak ne se souvenait pas avoir déjà vu la pièce aussi lumineuse, aussi resplendissante. Il se contenta pendant quelques minutes d'observer les somptueux attributs de la salle, se délectant de toute cette opulence. Puis, son regard se déplaça sur les quelques personnes déjà présentes. Ardiosis était là, bien sûr. Majestueux. Si Telak ne le détestait pas autant, il aurait sans doute trouvé son souverain magnifique. Son regard balaya à nouveau la foule et il trouva en majorité des domestiques. Quelques nobles étaient également présents, mais ils n'intéressaient guère le jeune homme. Celui-ci se faufila furtivement jusqu'à Ardiosis, mais veilla à rester quelque peu en retrait. Ainsi, il pourrait observer de plus près les monarques sans que ces derniers ne le remarquent. Enfin, c'est ce qu'il souhaitait. Après tout, il ne voulait pas faire ombrage à son illustre seigneur. Mais Telak avait le don pour se faire remarquer involontairement. En l'occurrence, il était vêtu d'une bien étrange façon. Il portait des habits ordinaires, à savoir une tunique brune par dessus un pantalon de toile noire enfoncé dans des bottes épaisses. De plus, il avait relevé le capuchon de son vêtement, de telle sorte qu'il semblait très mystérieux. En rien, il ne ressemblait à un noble. Et encore moins à un domestique. Ses petits yeux pétillaient de curiosité, ce qui, ajouté à l'ombre projetait sur son faciès à cause de la capuche, faisait planer une drôle d'aura autour de lui. Celle qui faisait que les gens se sentaient oppressée en sa présence, celle qui lui avait sans doute valu le dénominatif d'enfant-démon ... Telak était effrayant. Et il ne s'en rendait pas compte.

Les monarques, accompagnés de leur suite, commencèrent à arriver. Poigne Dure put ainsi reconnaître l'imposant Seigneur San'Veck, la douce et fragile Dame Elwing et le valeureux Sir Fenril. Il les avait déjà croisés auparavant, lors de rencontres entre les anciens souverains et le Seigneur Nordique. Ils étaient alors tous de simples princes accompagnant leurs monarques. Désormais, ils été accueillis comme les véritables représentants de chaque peuple. Telak chercha du regard la Reine Calafas, cette jeune femme impétueuse et indomptable. Il se souvenait l'avoir vu à de nombreuses reprises, quand elle venait avec sa mère à la Capitale humaine. Mais il ne la trouva pas. Pas plus que Dame Gil'Rea et Sir Terinfiel. Et en cet instant, il sut que plus rien ne serait comme avant ...

Les convives vinrent présenter leurs hommages à Ardiosis et celui-ci s'acquittait de sa tâche avec une lassitude habilement dissimulée. Telak en profita pour observer chacune des personnes, s'imprégnant de leurs émotions et de leurs sentiments refoulés. Une jeune Druide ressemblant étrangement à l'ancienne Reine Faldora se présenta à son tour. Elle semblait mal contenir son ressentiment. Un petit sourire narquois se dessina sur les lèvres de Telak ...
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Eleade-Bennefoy
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Mer 8 Oct 2008 - 17:22

La reine se parfumait devant sa glace tandis qu'une jeune femme de chambre lui proposait diverses robes. Au bout de quelques propositions, la reine, finit par perdre patience et se dirigea elle-même vers son armoire. C'est alors que son regard s'arrêta sur une robe dotée de ces suivantes sublimes couleurs: L'argent et le blanc. Faite toute en harmonie, elle correspondait parfaitement aux attentes d'Eleade. Mais que faisait-elle donc là? Elle ne se souvenait l'avoir portée un jour ou l'autre! Un air curieux remplaça celui mélancolique qu'elle arborait avant de la découvrir.

" Sais-tu d'où vient ce sublime vêtement de fête? ", demanda-t-elle sans quitter l'habit du regard. Elle la sortit de l'armoire et la posa contre elle. Puis, sans attendre la réponse à sa première question, elle renchérit avec une autre en levant cette fois son regard:


" Que penses-tu de celle-ci?
-Elle vous va à ravir, très chère reine. "

Satisfaite, elle la à côté de sa couronne elle aussi en argent. Elle ne manqua pas de mettre un sublime collier que lui avait auparavant offert Ardiosis. Quelques bagues décoraient ses doigts longilignes...

Eleade entra dans la salle du banquet alors qu'Aelalia Fenril profitait de sa présentation pour jeter ses premières piques à son homme, le Seigneur Nordique. Elle ne perdait rien pour attendre. Car Eleade, qui prouverait avec plaisir que les apparences s'avéraient trompeuses, sentait la colère remonter en elle. Qu'elle touchât ne serait-ce que d'un doigt son tendre amant : elle n'hésiterait guère à s'emparer de ses dagues, bien installée contre sa jambe pour l'une, et, pour l'autre, dans un des nombreux élégants plis de sa robe. Les yeux étincelants, elle se dirigea fièrement en direction d'Ardiosis Bennefoy, traversant la salle sans jeter un regard aux invités. Elle usait de sa démarche la plus gracieuse pour se diriger vers l'organisateur de la soirée. Mais ce n'était guère lui qu'elle fixait avec tant d'instance, mais le jeune Telak qui se trouvait non loin de là. Elle ressentit un léger pincement au coeur en le voyant vêtu si sobrement. Pourquoi n'avait-elle donc pas pensé à lui trouver des habits qu'elle jugeait convenables? Caché sous sa capuche, il reflétait la tristesse et l'obscurité. Et, comme s'il avait besoin d'elle pour se sentir rassuré, elle se donna le devoir de l'accompagner durant la soirée, quel que fut les remarques et les regards qu'elle risquait d'être gratifiée de la part de son très cher époux. De toute manière, cela ne changerait rien à la situation extrêmement tendue dans laquelle ils s'étaient engouffrés. Voilà déjà près d'une semaine qu'ils n'échangeaient que de brèves paroles, leur dernière discussion les ayant froissé. A cette pensée, Eleade Bennefoy ne put empêcher un élan de tristesse l'envahir... Ses cheveux, uniquement coiffés par sa couronne royale, retombait souplement dans son dos et se balançaient au rythme de ses pas. Elle portait sa robe sans manche et dotée d'un décolleté, malgré les efforts de sa femme de chambre pour l'atténuer, que l'on pourrait juger plongeant, soit, mais exempt de provocation. Resserrée à sa taille enserrée d'un ruban s'accordant parfaitement à son ensemble, Et c'est une expression mélancolique figurant sur son visage qu'elle parvint aux côtés du grand Seigneur Nordique: Ardiosis Bennefoy. Elle se tourna alors vers l'assemblée et déclara sur son ton habituellement posé et calme:


" Je vous prie d'excuser mon retard. Je n'ai pu vous rejoindre avant. "

Elle venait d'interrompre Ardiosis et Aelalia dans leur conversation. Et elle ne se priva pas de lancer un regard on ne peut plus noir envers cette dernière. Puis, s'efforçant à garder une expression impassible malgré que sa colère pût se ressentir à des kilomètres à la ronde, elle ne la quitta plus de yeux, surveillant tout de même Telak du coin de l'oeil. Si ce dernier décidait de s'en aller, Eleade n'hésiterait pas à le suivre pour le réconforter. Car la dernière fois, lorsqu'elle l'avait retrouvé dans un affreux état de chagrin en larmes sur son lit et qu'elle l'avait consolé, elle s'était sentie bien plus proche de lui. Et jamais, non plus jamais, elle ne l'abandonnerait. Malgré elle, s'était attaché à ce jeune homme. Et elle ne souhaitait guère le voir quitter le palais. Ardiosis n'était bien sûr au courant de rien. La reine préférait attendre encore un peu avant de lui en parler, si elle s'y résignait, bien évidemment.
Elle reporta davantage son attention sur une femme qui devait, à coup sûr, les détester. Dire qu'elle avait demandé à son mari de ne point faire couler le sang... S'il le fallait, elle n'hésiterait guère à utiliser les nombreux entraînements qu'elle avait eus avec Rekhôr, son talentueux mentor. Car quiconque s'opposait à Ardiosis Bennefoy devenait aussi l'ennemi de la reine ...

Tout en espérant que Telak prendrait, malgré tout, du plaisir à assister à une réunion aussi importante, elle attendait patiemment la suite des évènements. Elle voulait tant déclarer au jeune garçon qu'elle était là pour le protéger durant toute la réunion, quoi qu'il arrive, qu'il pouvait en profiter pleinement sans se soucier de quoi que ce soit. Mais elle ne voyait comment le faire sans susciter d'Ardiosis et encore attirer l'attention des invités ...
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Ardiosis
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Mer 8 Oct 2008 - 18:50

Ardiosis, bien qu'habitué à respecter scrupuleusement les protocoles, s'étonna de voir s'avancer devant lui, la splendide créature qu'était Aelalia Fenril. Peu certain qu'il était de ne l'avoir pas revu depuis qu'elle avait quitté son berceau, il ne pouvait guère se tromper pour autant, tant la druide à la peau diaphane et aux yeux de lagons ressemblaient au souvenir qu'il se gardait de la défunte reine druide. Il la salua à son tour, après avoir néanmoins pris le temps de l'embrasser d'un regard inquisiteur.

De votre respect, je suis assuré, sinon vous n'auriez sûrement pas pris la peine de répondre à mon invitation. J'ai appris pour votre mère, vous m'en voyez désolé.

Le roi se fit violence pour réprimer le sourire narquois qui manqua de peu de poindre à ses lèvres. Il avait bien trop vu de regards haineux et de fureur contenue pour s'y méprendre. Et la princesse l'amusait terriblement, drapée dans sa fierté altière, irritée au plus haut point mais feignant l'indifférence. Elle était comme ces chats énervés, remuant la queue, agacés, menaçant d'une attaque imminente. Elle gardait sa grâce féline, mais s'inclinait malgré elle, en niant sa rage, en courbant sa propre volonté.

°Ne crois pas que j'oublierai de me méfier de toi, petite princesse.°

Et Eleade surgit, étincelante étoile dans ce morne ciel d'hiver. Un flocon de neige, pur et brillant. Bien qu'il lui en coûtat, il ne lui adressa pas un regard, car tel était le rôle qu'il s'était donné à jouer. Et le cruel monarque du Nord avait un coeur de glace, et ne pouvait aimer une si délicate épouse, dont, telle un champ de neige sous le soleil de midi, la simple vue lui blessait les yeux.

Pardonnez mon épouse, continua-t-il en coulant finalement vers elle un regard de surprise, plaidant de ne pas comprendre d'où pouvait bien provenir cette folle lueur qui brillait dans ses yeux. Elle ne saurait souffrir de n'être que la deuxième plus jolie femme de cette assistance sans s'en outrager.

Ardiosis, bien qu'il ne fut pas complètement insensible aux charmes de celle qui se voulait son reflet en cette nuit, vêtue de noir et d'argent, n'en préférait pas moins son parfait opposé. Il s'autorisa un sourire moqueur, feignant l'affabilité qui sied aux compliments. Si Eleade avait la sottise de croire qu'il pouvait lui préférer quelqu'un d'autre, alors elle méritait presque qu'il la trompât. C'était là un raisonnement injuste et cruel, mais également la vengeance insidieuse qu'il fomentait contre l'indifférence de la reine devant sa propre jalousie.
Et par dessus cela, ce qu'il lui restait d'honneur s'offusquait qu'Eleade se permit de poser un regard si furieux sur l'une de leurs invitées. Ardiosis, contrairement à son épouse, se comportait en suivant les protocoles à la lettre, et en s'insinuant dans les failles, laissant au bon vouloir de ses hôtes le soin de trouver ses manières inconvenantes.
Et puis, n'avait-elle pas fait tout un flan sur le fait qu'elle voulait absolument qu'il se comportât bien? Ne comprendrait-elle pas qu'il jugeait aussi impoli, l'épée tirée qu'un mot cruel, ou un regard mauvais?

Offrant son bras à sa charmante invitée, avec le même tact déplacé qu'arbore un chat qui préfère toujours se frotter dans les jambes de celui qui exècre les félins, il se proposa de nouveau de les conduire à leur place, laissant le soin à son intendant de placer leurs autres invités. Ce faisant, il aperçut Telak, soupirant intérieurement que ce dernier n'ait pas cru bon de s'habiller de manière convenable. D'humeur espiègle autant que cynique, il se serait alors empressé de le présenter à tous comme son enfant légitime, pour jouir du regard médusé d'Eleade.
Il chassa Telak de son esprit. Les convives auraient bien assez à médire sur lui lorsqu'ils auraient regagné la chaleur de leurs âtres, peut-être suffisamment pour en oublier l'enfant, don du dieu-démon.

Avec diligence, il céda la place d'honneur à Aelalia, à sa droite, et la place à sa gauche à sa radieuse épouse, tout en évitant consciencieusement son regard. Il arrêta un valet d'un geste, lui murmura d'indiquer la place à la gauche de la reine à Telak, et le jeune garçon, livide s'éxécuta. Ardiosis sourit, se demandant malgré lui ce qui effrayait le plus le valet en cet instant, le refus de Telak et le courroux du roi, ou le simple fait d'adresser la parole au prince ?
Ardiosis chassa aussitôt Telak de son esprit, si près de la reine, peut-être lui se rappelerait-il de faire bonne figure et de se comporter comme son rang l'exigeait, si Eleade, elle, ne s'en avérait pas capable?

Se redressant, reprenant ses manières hautaines de prince d'Yswllyra, comme lorsque jadis il siégeait aux banquets donnés par son père, il attendit que le silence se fit, avant d'énoncer d'une voix claire et presque chantante :
Mes amis, c'est une joie pour moi de vous avoir à ma table. Et de voir que, malgré les tourments du destin, nous avons su nous redresser et oublier nos différents, pour relever le Gwendir et convaincre dame fortune de nous présenter un plus riant visage. Mais je ne noierais pas davantage vos ventres affamés sous des flots de paroles, nous aurons bien assez vite le loisir de régler nos divergeances.

Et Ardiosis s'assit, amusé, et les serviteurs déposèrent les abondants plateaux de victuailles sur les tables immaculées. Alors seulement il s'autorisa à lancer un regard en biais à son épouse, ne trahissant rien de plus que l'ironie splendide qu'il trouvait à la scène.
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Aelalia-Fenril
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Sam 11 Oct 2008 - 17:31

Surprise elle vit arrivé une jolie femme plus toute jeune, mais cependant d'une merveilleuse beauté. Le blanc et l'argent de ses vêtements lui donner un charme divin. Baissant les yeux Aelalia compris que la reine venait de faire son apparition. La fureur qui avait enflammé l'âme de la princesse s'évanouit presque aussi subitement qu'elle était apparue. Respirant un grand coup elle chassa tous ses sentiments inconvenant dans les tréfonds de son âme. Aelalia releva les yeux et croisa le regard furieux de la reine, ce qui n'était pas étonnant vue la comportement de l'invité. Honteuse Aelalia la salua brièvement, mais avec un certain respect dans la voix bien différent de celui craintif destiné à Ardiosis. Bien qu'elle n'ait pas peur d'elle, la reine produisait à la princesse une sorte de baume apaisant même si les yeux furieux de celle-ci la fixer avec la même intensité. Elle replaça son attention sur le monarque, grand majestueux il lui semblait invulnérable. Un petit sourire satisfait relevait les coins de sa bouche. Si elle ne l'avait pas haï autant Aelalia aurait pu le trouver beau. Elle écouta le monarque compatir pour sa peine, bien qu'elle ni crut pas une seconde elle le remercia pour cette attention Calme et digne à présent elle ne réagit pas à cette épine qui pourtant lui causa une grande souffrance. La douleur de la perte de sa mère se rouvrit en une fraction de seconde. Elle eut l'impression qu'un grand poignard s'enfonçait dans son coeur et elle faillit hurler. Heureusement elle n'en laissa rien paraitre et prenant sur elle, elle fit un charmant sourire à son hôte. Aelalia s'étonna du peu de considération de cet homme par apport à la splendeur de sa femme, depuis qu'elle se tenait devant eux il ne lui avait même jeté un petit coup d'oeil.

Lorsqu'il daigna enfin la regardé c'est avec une sorte d'expression étrange. De la compassion et un peu de peine pour cette femme naquit en Aelalia. Elle détestait voir des femmes maltraité, mais là c'était carrément de l'indifférence et une certaine dévalorisation. La princesse ne répondit rien et continua de fixer son regard dans les yeux du monarque. La flatterie ne marchait pas avec elle. Elle se contenta de hocher la tête dignement. Ardiosis lui souriait.

Bien qu'il soit subtilement offensant Ardiosis observait le protocole à la lettre et il ne commettait aucune erreur contrairement à la princesse druide qui se laissant entraîner par ses émotions avaient commis la bêtise d'exposer sa faiblesse en plein jour. La difficulté à contrôler sa colère pouvait facilement la mettre en danger, mais elle s'était ressaisie juste à du face temps pour s'en sortir. Maintenant Aelalia affichait un air serein et décontracté. Elle remarqua avec étonnement que la reine semblait tendus voir jalouse. Pourtant, celle-ci n'avait rien à envier à la jeune fille. La belle robe blanche et argent parfaitement opposée au costume de son mari la rendait merveilleusement belle. Cessant ses interrogations sur la vie du couple qui ne la regardait absolument pas la jeune fille parcourus d'un rapide coup d'oeil l'immense salle. Les différentes personnalités de marques étaient éparpillés dans la salle et discutait à voix basse
à face entre le monarque et la princesse. Au fond de la pièce Aelalia remarqua Galdor qui l'observait avec un air contrarié. Elle envoya au diable son traitre de cousin et porta son regard sur un jeune homme qui se tenait non loin d'elle. Curieuse elle se demanda qui était cet homme qu'elle ne connaissait en rien. Il n'était pas richement vêtu, mais ses vêtements ne laissaient en rien deviner sa position. La jeune fille le trouva en même temps mystérieux et effrayant. Quelque chose en elle l'attirait vers cette âme.

"Est-ce la volonté de Mani où juste une coïncidence ?"pensa-t-elle.

Elle se souvenait du rêve étrange qui l'avait poussé à aller voir la prêtresse de Mani. Un rêve effrayant. Elle n'eut pas beaucoup le loisir d'y penser, car elle se rendit compte que le jeune homme en question l'observait. Elle soutint son regard, il était assez séduisant bien que manifestement plus jeune qu'elle d'un an où deux. Malheureusement elle dut détourné le regard lorsque Ardiosis lui présenta son bras pour la conduire à table. Elle se laissa dignement accompagner par le seigneur nordique avec grâce et légèreté. Avec surprise elle se vit attribuée la place d'honneur à la droite du souverain, gênée elle s'assit en silence. Elle découvrit la reine en face d'elle, toujours aussi froide à son égard. Baissant la tête elle examina les couverts en argents ciselé de motifs magnifiques. Relevant les yeux après le discours d'entrée d'Ardiosis elle découvrit le garçon mystérieux juste à la gauche de la reine. Pourtant, on lui avait raconté que le fils du roi c'était enfuit. Aelalia en déduit immédiatement qu'il devait être un autre fil de la reine et d'Ardiosis, mais malgré de nombreux efforts elle ne parvint pas ni a détesté la reine ni celui-ci. Toute sa colère ne concerner que le roi. Elle fit un chaleureux sourire au garçon, le lustre de cristal renvoya sur elle un éclat d'argent qui fit luire les fils d'argents de sa robe. Dehors les flocons tombaient toujours et malgré l'immense feu dans la cheminée centrale des courants d'air venaient vous glacer le corps. Habitué à des températures peut élever Aelalia ne réagit même pas.

Enfermée voilà ce qu'elle était à présent, retenue prisonnière à cette table maudite. Le roi lui semblait-il guettait chacun de ses mouvements en attendant une erreur fatale. Malgré la pression ambiante la jeune fille laissa son esprit dérivé. L'être qui se trouvait à la gauche de la reine n'était pas normale. La jeune fille entendait une sorte d'appel à l'aide émanant de lui. Il lui semblait maudit, la princesse en avait le coeur en miette. L'attirance qu'elle avait pour lui l'inquiéter au plus haut point, mais silencieuse et discrète comme une ombre elle réfléchissait. Des plats plus merveilleux les uns que les autres défilairent devant elle. Malgré cela la jeune fille ne mangea pas beaucoup. A la fin du repas les convives furent autorisés à se lever. Discrètement Aelalia s'éloigna du monarque et elle se dirigea sur un balcon de la salle. Trop occupé par cette étrange attirance Aelalia ne fit pas attention à l'extrême température du dehors. La nuit maudite était d'une mélancolie extrême. Elle entendit alors une personne se rapprocher d'elle, elle identifia un pas masculin, mais elle ne prie pas la peine de se retourner.

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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Dim 12 Oct 2008 - 21:22

Impressionnante, la salle de réception était réellement impressionnante. Toute entière parée de sombre et d’argent, elle donnait à la fois un sentiment de féérie et de sobriété. Etait-ce ce contraste qui distillait insidieusement une poignante mélancolie ?
Alphaïde était arrivé à Yswllyra dans la journée et avait été touché par la capitale humaine, si différente de Kalye. Cité puissante où l’architecture imposante des bâtiments officiels rappelait qui commandait au Gwendir, elle n’en semblait pas moins superficielle. Oui, les gens ici vivaient dans le superficiel et l’artificiel. Et entrant dans la salle de réception où on avait constellé le plafond d’étoiles, Alphaïde ressentit ce même mélange puissant de fascination et de condescendance qu’elle éprouvait depuis qu’elle avait côtoyé les humains. Au milieu de cette foule courtisane, au milieu de ce luxe illusoire, seul semblait véritable Ardiosis Bennefoy.

Le maitre d’Yswllyra, habits sombres et couronne d’argent en tête, était en totale harmonie avec la pièce, si lumineuse, et avec l’idée qu’elle se faisait de lui, si glacée.
Royal, souverain, il en imposait par sa présence. Mais quelque chose n’allait pas à la cour des Hommes : une reine absente, un roi dont on évitait la compagnie. Et puis, il y avait cet enfant dont la tenue se détachait du reste, encapuchonné qu’il était. Mauvais présage dans une cour au faîte de sa puissance ou espoir de raison dans cette période de folie ? Et Eleade Bennefoy : reine proche de la répudiation, comme cela se murmurait, ou femme coquette comme le dirait plus tard son mari ?
Que se passait-il réellement à la cour des Hommes ? Qui était en vérité le Seigneur nordique ?


Alphaïde tenta de se concentrer sur l’essentiel, sur la raison de sa venue ici mais l’étrange ambiance qui régnait dans cette salle de banquet l’interpellait. Les hommes ne regardait pas celui qui leur avait apporté puissance et renom avec adoration, ni même avec admiration. Bien au contraire, il le saluait et repartait vite s’enthousiasmaient sur les différents cortèges royaux, ou murmuraient dans un coin. Alphaïde avait pensé qu’ils seraient autour de leur maitre, montrant une cour unie et triomphante mais il n’en était rien. L’eut-elle voulu, elle n’eut pas le loisir d’observer longtemps ceux qui l’entouraient, le maitre des lieux prenant la parole.

De banales paroles de bienvenue - mais qu’aurait-il pu dire d’autre -, suivie d’une entrée des moins banale pour la reine Eléade. Entre temps, celle qui devait être la princesse Aelalia se permettant habilement de faire remarquer que nul plan de table n’était connu. Pour une réception de haute volée, la jeune reine trouvait cela bien léger. Ce qu’on lui avait dit de Bennefoy ne lui avait pas laissé imaginer qu’il était homme à tolérer ce genre de comportement. Ou tout cela n’était-il que stratagème pour décontenancer ses convives avant des discussions plus sérieuses ?

Prévu ou non, la jeune druide se retrouva à la place d’honneur, et ce jeune homme étrange qu’on aurait dit sorti de la rue à la gauche de la reine Eleade. Alphaïde ne pu s’empêcher de sourire : Aelalia portait exactement les mêmes couleurs que le roi des Hommes et cela ne semblait pas lui convenir. Quelque chose brillait trop fort dans ses yeux, et ce n’était pas le plaisir d’être là qui lui incendiait ainsi les pupilles. Alphaïde elle portait une ample robe serrée sous la poitrine par un fin ruban. Les larges pans d’un rose si pale qu’on aurait pu les croire blancs cascadaient autour d’elle dans un vaporeux tourbillon. Ses dames avaient voulu la coiffer en chignon mais les habituelles mèches qui s’échappaient de la coiffure furent jugées trop peu présentables pour une réception. On décida donc de les laisser relativement libres, juste agrémentés d’un turban rosé fixé par un minuscule diadème à tête de cygne. Ses longs cheveux lui retombant dans le dos, de larges boucles aux oreilles et de fins bracelets s‘entremêlant autour de ses poignets jusqu‘à mi-bras, la reine des Nymphes rappelait fortement certaines images de leur déesse Jord.


Les autres convives furent rapidement placés par une escouade de majordomes, de sorte qu’aucun des monarques ne se trouva loin d’Ardiosis. Alphaïde essaya de croiser le regard de Bennefoy, curieuse de voir ce qui y vibrait mais il était insaisissable. Seules les prunelles de la reine Eleade se laissèrent saisir, un instant, court. Et en ce bref instant, quelque chose qu’elle n’aurait su décrire gêna Alphaïde. Songeuse, elle se demanda ce qui faisait vibrer Eleade Bennefoy.
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Mar 18 Nov 2008 - 17:31

Le jeune orphelin fut émerveillé quand la reine Eleade se présenta enfin à la réception. Tous les regards se braquèrent sur sa personne. Vêtue dans les couleurs opposées à celles du Seigneur Nordique, elle était éblouissante, lumineuse. Pourtant, ce ne fut pas l’avis de son époux qui s’amusa à l’humilier une nouvelle fois devant l’assemblée. Telak avait pu constater que l’empereur avait pris cette fâcheuse habitude lorsqu’il se trouvait aux côtés de son épouse, en public. Bien qu’il détesta fortement le procédé, il ne pouvait que l’approuver. Même s’il haïssait cordialement Ardiosis, il devait bien reconnaître que ce dernier avait l’art et la manière de protéger subtilement sa tendre moitié. Qui oserait s’en prendre à une épouse effacée que le Seigneur humain semble mépriser ? Peu de ses opposants. Et leur nombre allait sans doute croître dans un futur proche. Très proche.

Telak fut surpris quand le monarque humain attribua la place d’honneur, à sa droite, à la princesse druidique. Et il le fut d’autant plus quand un domestique, le visage blême, vint l’informer d’une voix hésitante qu’il devait se placer au côté gauche de la reine Eleade. Une fois l’ordre d’Ardiosis révélé, le majordome ne demanda pas son reste et s’éloigna rapidement de Poigne Dure qui s’avançait déjà vers la grande table, en abaissant sa capuche. L’aura obscure qui l’entourait sembla, après ce geste, diminuer. Néanmoins, le sentiment de bizarrerie qu’il dégageait n’en fut point amoindri car sous la lumière des chandelles n’étaient plus dissimulés la maigreur de son visage et le désordre de sa chevelure de jais. Il s’installa sans autre forme de procès à la place qu’on lui avait attribué, tout près d’Eleade. Il sentit une vague d’allégresse déferler dans son esprit quand la reine vint s’asseoir à son tour. En face de lui se trouvait la suzeraine du peuple de Jord, Alphaïde Elwing. Bien que d’un style différent de la reine humaine et de la princesse druidique, elle était d’une beauté naturelle et fraîche qui plût tout de suite à Telak. Il avait lu dans certains ouvrages archaïques que les Nymphes étaient des sorcières qui charmaient les hommes afin de se reproduire. Elles étaient décrites comme viles, sournoises et maléfiques. Assurément, ces manuscrits étaient le fruit d’auteurs mal renseignés, sauf sur le fait que les Nymphes dégageaient une aura charmeuse, et ce, bien malgré elles. A la droite de la jeune souveraine était installé le nouveau monarque druidique : Galdor Fenril. Tous avaient été étonnés lorsque la nouvelle s’était répandue que ce n’était pas Nillviem, le fils de Faldora, qui était monté sur le trône, mais son cousin. Cette décision avait, dit-on, divisé quelque peu l’opinion publique des descendants de Mani … A la gauche de l’orphelin fut placé l’imposant Erendil San’Veck, représentant des Orthodoxes. Telak fut ravi de ce choix, tant il était fasciné par le monarque magicien…

Le repas se déroula dans une ambiance festive – Telak aurait aisément dit « hypocrite » - et aucun incident, aucune parole malheureuse ne vint interrompre la réception. Les discussions s’articulèrent toute la première partie du repas sur des banalités affligeantes, et l’intérêt de l’orphelin disparut à grande vitesse. Il s’ennuyait à mourir. Profitant de cette occasion, il détailla minutieusement ses voisins, sans gêne aucune. Puis une petite interruption eut lieu pour permettre à chacun de digérer les mets délicieux que l’on venait d’ingurgiter. Sans se préoccuper de l’étiquette, Telak, lorsqu’il eut quitté la table après que l’on eut annoncé l’heure de reposer les estomacs pour un temps, vint à la rencontre d’Alphaïde vers laquelle il se pencha pour lui susurrer au creux de l’oreille des paroles bien étranges … Il s’adressa en ces termes à la jeune reine des Nymphes :

- La beauté est éphémère. Le poète disait que « chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ». Dans ce jardin, pourtant, vous êtes la plus belle des boutures. Ne vous laissez pas impressionner.

Il se redressa et quitta les lieux sans laisser le temps à la souveraine de répliquer. Il marcha vers l’un des balcons de la salle vers lequel il avait vu la princesse druidique se diriger. Elle était là, ses avant-bras appuyés sur la balustrade, humant l’air de la nuit. La brise légère jouait avec les quelques mèches qui descendaient en cascade de son chignon. La température extérieure était incroyablement douce pour cette saison. A l’approche de l’orphelin, Aelalia ne prit pas la peine de se retourner. Telak s’adossa à un mur et la détailla des pieds à la tête. Sa robe lui seyait admirablement, épousant ses formes et ses courbes généreuses avec perfection. Peu d’hommes devaient être indifférents au charme sauvage de la jeune fille. L’orphelin détourna son regard pour contempler le ciel étoilé qui baignait Yswllyra d’une atmosphère lugubre.

- Tumultueux orage …

La nuit était douce. Nul raison de prédire un orage ou une tempête quelconque. Les dires de Telak étaient toujours énoncés d’une bien étrange manière …
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Sam 29 Nov 2008 - 22:39

Comme à son habitude, son très cher mari avait eu l'amabilité de l'abaisser devant toute cette petite poignée de personnes reliées à la royauté. Jamais il n'avait voulu lui donner une raison valable lorsque, dépassée, sa femme lui avait demandé des explications. Cette dernière avait, tout de même, sa petite idée là-dessus, ce qui l'empêchait de se laisser emporter par la colère. Et, de toute manière, son caractère calme et doux suffisait à empêcher cela. Heureusement, d'ailleurs, pour Ardiosis Bennefoy, qu'elle n'était guère de nature explosive. Dans le cas contraire, quelques problèmes auraient sûrement déjà fait surface.
En public, Ardiosis se montrait toujours méprisant à son égard. Elle commençait à s'y habituer. Bien qu'elle n'appréciât point le ton qu'il employait pour lui parler. Il se montrait, par contre, positivement doux et lui témoignait davantage son amour lorsqu'ils n'étaient que les deux. Eleade se savait chanceuse de pouvoir vivre avec un homme qui l'aimait et qu'elle aimait tout autant ... Ils s'étaient rencontrés il y a bien des années. Et leur amour ne tarissait guère, malgré qu'elle se montrât parfois quelque peu différemment qu’au début. Car ils avaient et affrontaient toujours de nombreuses épreuves éprouvantes pour leur couple. Malgré tout, jamais l'idée de se quitter ne les avait effleurés. Jamais ce sujet n'était intervenu dans leur conversation. En tout cas pas dans les souvenirs de la femme fatiguée de tous des antagonismes et qui n’aurait gardé un souvenir aussi ridicule et inutile dans sa mémoire.

La reine Nordique décida d'ignorer la remarque de son mari. Mis à part le regard de travers qu'elle lui lança, rien ne prouvait qu'elle eût réellement écouté ses paroles. "
Elle ne saurait souffrir de n'être que la deuxième plus jolie femme de cette assistance sans s'en outrager.
". Et puis quoi encore? Qu'il parle, qu'il parle, elle se ferait un joyeux plaisir de lui balancer toutes ces paroles lorsqu'ils se retrouveraient tous les deux sans oreilles indiscrètes. Il est vrai qu'ils étaient en conflit depuis bien une semaine déjà. Beaucoup trop pour la femme du souverain qui peinait à rester de marbre lorsqu'elle le regardait. Cette dispute la faisait tant souffrir. Mais elle préférait ne rien en laisser paraître.
Elle aimait tout en son homme ... Oui, vraiment tout. Elle ne pourrait, désormais, se passer de lui. Le destin les avait réunis. Elle ne comptait guère détruire la chance qu'elle possédait. Non pas la chance d'avoir épousé le roi Nordique, mais celle d'avoir épousé Ardiosis, l'élu de son coeur.

Lorsqu'Eleade prit place aux côtés de Telak, elle se força à dissimuler sa colère. Quelle idée que de s'emporter ainsi devant tous ces monarques. En voilà une bonne méthode pour irriter son époux et, ainsi, attiser encore plus d'arrogance de sa part. Se retenant de lâcher un soupire qui ne lui donnerait guère de bons points vis à vis de leurs invités, elle se força à arborer une expression soumise, calme et rassurante. Durant tout le long du repas, la reine évita de croiser le regard de son mari et s’interdit toute parole déplacée. Bien heureusement, aucun incident n’eut sa place en ce laps de temps. Souhaitant se distraire autrement qu’en discutant avec tous ces monarques peut-être pour certains voire la plupart ennemis de l’homme qu’elle aimait donc, par conséquent, les siens aussi, elle observa Telak. Le jeune garçon parut vite se désintéresser du déroulement de la soirée. Elle ne broncha guère lorsqu’il saisit l’occasion de pouvoir quitter la table. Ne sachant désormais que faire, elle se leva à son tour et, relevant humblement, cette fois-ci, la tête, prit soin de ne point faire traîner sa robe sur le sol et sortit un instant prendre l’air. La femme mélancolique opta pour un autre balcon que celui sur lequel se trouvait l’orphelin et la, certes, ravissante Aelalia, mais tout autant ennemie. Vu son hypocrisie apparente, elle ne devait guère porter le Seigneur Nordique dans son cœur.




Seule, dehors, la reine Bennefoy laissait le froid lui mordre les joues, puis le vent lui caresser le visage. Bien vite, elle se sentit mieux : la chaleur qui s’était installée à l’intérieur s’avérait étouffante … A nouveau, la dispute surgit dans son esprit. Celle qui la confrontait elle et son bien-aimé. Comme elle regrettait de s’être ainsi emportée. Elle aurait dû se taire, voilà tout. Rester en conflit ainsi durant tant de temps était tout simplement insoutenable pour elle. Leur réconciliation lui enlèverait un poids tellement lourd de ses épaules … Une promesse germa en elle : celle de demander à parler seul à seul avec Ardiosis. Celle de, en cas de nécessité, s’excuser pour son comportement. Celle qui les unirait à nouveau non plus seulement par un amour abstrait, mais bien comme celui concret dont ils faisaient témoignage en secret, loin de toutes ces personnes qui peuplaient ce monde.



[La qualité de mon texte me fait peur.. mais, voyez-vous, je suis bien plus que fatiguée. Je le relirai lorsque je serai plus reposée.]
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Mar 2 Déc 2008 - 20:15

La réception battait son plein, simplement plus morne, plus retenue, que de coutume. Et seul le roi des Hommes semblait s'amuser de cette vaste pantomime, comme si, de cette farce qu'il avait lui même mis en scène, il était seul à goûter l'humour à sa juste valeur.
Scrutant ses convives avec un désintérêt poli, il les aurait profondément déçus s'il s'était attendu à le voir se pavaner au milieu de sa cours dans des effusions de dorures et de joyaux. Pour sûr, le banquet, tant par sa décoration que par ses mets, s'avérait raffiné, mais sans présenter aucune des vicissitudes de l'opulence ou de la vanité.

Son seul acte répréhensible de la soirée avait été d'inviter Aelalia à sa droite, mais la jeune druide aux aguets, retranchées derrière une retenue polie, ne lui laissa que peu d'occasion de compromettre sa réputation. Et bien que la rage qui couvait dans les yeux d'émeraude de sa douce épouse ait cédé place à la complaisance, le roi ne s'y trompa pas. La reine, si elle était bien aise du mépris d'Aelalia à l'égard du roi, ne lui en tiendrait pas moins rigueur, c'était une certitude. Malgré le rictus ironique figé sur ses lèvres, Ardiosis retint un soupir à l'idée de la querelle qui le confronterait à Eleade, tel un bateau certain d'essuyer la tempête pour rentrer à bon port.

Plus que la tristesse ou la colère, c'était la frustration qui lui vrillait le cœur. Eleade seule, sinon qui, pouvait voir dans son jeu méprisable, la douleur serrer ses traits sous son masque de superbe et d'indifférence. Dans la noirceur qui le vêtait, et le rendait plus sombre qu'il n'était, ne se savait-elle pas seule reine immaculé capable de le faire fléchir sur l'échiquier du monde ? Croyait-elle décemment que la jouvencelle, princesse insolente de surcroît, pouvait être davantage qu'une pièce de sa couleur dans cet instant étrange où se mêlaient les puissances?
Peut-être était-il roi, et la suffisance l'un des innombrables joyaux de sa couronne d'argent. Mais si tel était réellement le cas, le métal lui en pesait, plus froid et austère que le vent du blizzard. Qu'avait-il donc fait pour s'attirer tant de rancoeur, et mener à sa cour tant de vilenie? Facétieux certes, il l'avait toujours été, mais avait-il réellement instruit ses gens dans la convoitise et l'appât du gain, les avait-il conduit à cette impasse tapissée de mépris et d'ignorance?

Ne se mêlant que peu aux conversations, picorant distraitement dans son assiette, il fut l'un des premiers surpris lorsque les derniers plats furent emportés. Il prononça quelques mots de circonstance, rompant la tension qui habitaient les indécis, qui craignaient de déguerpir par peur de l'offenser, ou de s'appesantir... pour les mêmes raisons.

Sans un regard à celle à qui allait pourtant ses vœux et ses regards dans la solitude des murs glacés de leurs appartements, Ardiosis se leva à son tour, d'un mouvement fluide, sa chevelure se coulant dans le velours noir de son sombre manteau, vêtement de nuit emprunté au corbeau. Se glissant jusqu'à Alphaïde, délicate fleur aux pétales blancs et crèmes, comme une iris rosée aux jours de pâmoison, il s'empara de sa taille mais d'un geste plus protecteur que possesseur. Tel un père écartant son enfant de funeste compagnie, il l'attira à quelques pas de là où la foule se faisait moins dense et moins curieuse. Ce n'était à vrai dire que pure politesse, car où le roi s'attardait, les conversations faiblissaient et filaient se poursuivre plus loin.
La reine libérée de son encombrante étreinte, il dévisagea la merveilleuse créature d'un oeil appréciateur, mais sans rien perdre ni de sa froideur d'acier, ni de sa superbe.
"Ainsi étaient les nymphes? Alors elles étaient plus marquantes dans ses souvenirs d'enfance!" C'était ce que semblaient murmurer ses lèvres figées sur un sourire insolent.

"Votre présence me ravit, Alphaïde. J'avais crainte que les événements ne vous permettent de venir, non pas que la route soit longue à vos yeux éternels, mais l'on dit vos peines ineffaçables."

Il n'acheva pas sa phrase, ne voulant davantage remuer le couteau dans la plaie, et se contenta d'incliner brièvement mais humblement la tête.

Mais le roi, s'il était poli, ne l'était jamais à outrance, et fort peu enclin à se perdre en d'interminable simagrées s'il n'y voyait rien de plaisant.

"Allons Alphaïde, me confieriez-vous un secret? Car voyez-vous, si vous étiez dame à croire aux rumeurs vous ne seriez pas ici. Et si vous ne leur accordiez pas foi, mon existence même vous indifférerait peut-être, par sa simple fugacité."


"Aussi, avouez moi douce reine."

Les yeux du roi brillaient de curiosité, mais cela ne suffisait pas à leur ôter leur pâleur spectrale, cela leur donnait simplement l'éclat de la glace.

Et se penchant, feignant de rajuster le cygne immaculé sur la sombre chevelure d'encre, il lui susurra à l'oreille :
"Que faites-vous donc ici?"

Car sur le froid échiquier de marbre où se jouait leur destin, il ne pouvait y avoir de pièce arborant deux couleurs. Comment alors expliquer qu'elle se soit risquée à y poser les pieds?
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Mer 3 Déc 2008 - 19:26

La nuit s'était éteinte sur le monde. Le ciel couleur encre ne luisait plus que d'un fin trait turquoise au-dessus de l'horizon en direction de l'ouest. Sous la splendeur des étoiles réunies en constellations aussi étincelantes que des éclats de diamant suspendus à la voûte céleste, la Cité Impériale dormait paisiblement comme un ramassis d'ombres et de ténèbres. D'elle, il n'émanait presque plus rien. La main de Loki semblait planer sur ses toitures, prête à la faire imploser au moindre faux pas des Hommes à son égard. Une malveillance sans nom dormait en ces lieux, les rendant presque trop sinistres pour espérer les caresser du regard. Yswllyra ne ressemblait définitivement plus aux récits qui ornaient les étagères des bibliothèques du monde entier comme si elle avait perdu une partie de son âme en cours de route.

Le ciel se voila progressivement à l'approche d'une masse nuageuse tendant vers un ton gris clair. Un murmure s'éveilla parmi la garde à l'apparition d'une masse plus sombre encore aux frontières de leur acuité visuelle. Mené par un lion majestueux au poil reluisant et à la crinière épaisse et dorée, un véritable cortège d'animaux accourait et voletait vers les portes de la cité. La stupeur et la surprise s'insinuèrent dans l'esprit des Hommes car jamais ils n'avaient assistés à pareille vision de toute leur existence. Certains se souvinrent partiellement des contes de leur enfance où une race était capable de prendre une forme animale, d'autres réalisèrent dans un éclair de génie que la Cour du roi des Druides approchait.

A son entrée dans la cité, le cortège éveilla une certaine hébétude parmi la population. Des rumeurs se répandirent jusque dans la Tour Sombre, véritable croc dressé vers le ciel pour le défier. Arrivé aux portes de bois et d'acier marquant l'entrée de la Tour, le cortège s'arrêta et se changea sous le regard émerveillé des passants et des gardes. Le lion majestueux se métamorphosa en un homme tout aussi grand et noble. Ses cheveux étaient aussi sombres que la nuit - ce qui contrastait avec la couronne de cristal nichée sur sa tête - et tombaient gracieusement sur ses épaules ; son regard était perçant à souhait sous une fine couche mielleuse d'une magnifique couleur ambre ; ses lèvres étaient quant à elles minces et son teint opalin. Un long manteau en velours assorti à la couleur de ses cheveux tombait en cascade de ses épaules jusqu'au sol. Son col orné de fourrure blanche encadrait idéalement son cou et la vue plongeante qui donnait sur ses clavicules. Le souverain druidique resplendissait par sa prestance et sa grandeur. Pourtant, quelque chose semblait voiler son visage.

En entrant dans la salle de réception, Galdor Fenril n'apporta guère d'intérêts à la disposition du mobilier mais fixa ses pupilles sur le Seigneur Nordique. Ses pas, légers, le conduisirent au plus près de ce dernier. Il lui adressa ses respects d'un simplement hochement de tête lent et harmonieux puis laissa sa cousine en faire de même tandis qu'il se tournait vers les monarques Orthodoxe et Nymphe pour les saluer à leur tour.

Son regard aguerrit remarqua immédiatement la présence d'une obscure silhouette parmi la foule mais il ne s'attarda que peu sur elle, retenu par le discourt de l'hôte de ces lieux. Le plan de table n'étant visiblement pas de coutume, il prit place au hasard du destin et se retrouva à la droite d'Alphaïde Elwing, reine des Nymphes. Son silence était d'or et chaque regard qu'il porta à l'assemblée réunit autour du Seigneur Nordique le désola presque autant qu'il en avait été de sa dispute avec Aelalia. Le premier acte retentit à l'entrée de la somptueuse épouse du roi qui se vit essuyer le mépris difficilement dissimulé de son époux au profit d'Aelalia. Le second se joua justement au moment où celle-ci se vit offrir le siège situé à la droite d'Ardiosis. Quant au troisième acte, il prit fin lorsque la mystérieuse silhouette qu'il avait entrevu quelques instants plus tôt fut invitée à prendre place à leur table, tout juste en face de lui.

Galdor abaissa son regard sur la nappe aussi blanche que ne l'était la fourrure de son col. Rien n'émanait de lui si ce n'était un sentiment de calme et de plénitude. Apparence douteuse s'il en était, mais une apparence que nul ne pouvait déchiffrer. En son fort intérieur, le souverain druidique savait que tout pouvait éclater d'un moment à un autre autour de cette table. Pourtant, tout le monde semblait parfaitement se complaire dans ce jeu de faux-semblant si ce n'était peut-être sa cousine qui ne tarda guère longtemps à quitter la table comme un certain nombre d'autres invités.

Il l'aimait comme sa propre soeur et rien qu'à cette idée il sentit son coeur s'étreindre violemment sous le relent de leur dispute. Elle devait certainement le considérer comme un traître ou peut-être même pire encore. La fougue de sa jeunesse l'avait emporté sur son esprit rationnel, mais peut-être qu'un jour elle réaliserait qu'il n'avait pas agit par conviction profonde mais bien pour la survie de leur peuple. Pour l'heure, elle semblait encore bien loin de cette conclusion et bien que cela le navrait au plus haut point, Galdor n'en montra rien et préféra se lever, un verre à la main. Ses pas le conduisirent parmi la foule jusqu'à un mur proche des balcons sur lesquelles s'étaient arrêtés la reine Eleade, et plus loin sa cousine et le mystérieux Telak.

Le monde et ses règles avaient irrémédiablement changés ...
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Sam 6 Déc 2008 - 10:31

La princesse savoura avec délice la légère brise rafraichissante qui parcourait son visage tel une caresse. Elle ne prêta aucune attention a la présence pourtant dérangeante qu'elle sentait dans son dos. Non elle savoura seule et en paix l'unique petit moment de joie de cette soirée catastrophique. L'ambiance qui régnait dans cette salle était pesante et presque insupportable. Chaque personne attentaient l'instant de bavure qui ferait basculer la soirée en bain de sang. La jeune fille étouffait presque au milieu de ce tas de noble juste présent pour s'attirer les bonnes grâce d'Ardiosis tout en faisant des messes basses derrière son dos royal. Aelalia sentit un frisson la parcourir des pieds à la tête. Ses longs cheveux volaient librement dans la brise, la jeune fille savoura au maximum cette liberté éphémère et la sensation formidable et sauvage de bien-être. Tous ces sentiments elle les avait oublié car ils avaient été remplacé par les responsabilité, la peur, la douleur et tout le reste. Tout en vivant ce moment de pur extase elle repensa au moment de cette soirée désastreuse. Le dîner avait été calme et sans l'incident tant attendu, Aelalia ne s'était jamais autant ennuyée a un dîner. Il n'y avait que l'étrange présence du garçon à la droite de la reine qui l'avait un temps soit peu captivée et les nombreuses questions à sont sujet demeuraient encore sans réponse. Durant toute cette mascarade elle c'était réfugiée dans un mutisme respectueux, soucieuse de ne plus commettre de bavure en présence d'Ardiosis. Elle n'avait pas daigné regarder son cousin avec qui elle était toujours en froid. Les raisons de son choix et de leur présence ici demeuraient toujours inexplicables. La jeune fille avait fini par se dire que le manque de maturité l'empêchait de le comprendre. Pourtant la douleur de sa trahison était toujours bien présente. Comment avait-il pu trahir la reine, sa tante qui l'avait éduqué et aimé bien plus que ses propres enfants. En dépit de toute les apparences, Aelalia qui elle aussi avait crut au bon choix de sa mère avait du reconnaitre le pire. Malgré la rancœur un peu de remords restaient dans le cœur de la princesse car les paroles aussi tranchantes qu'elle lui avaient jeté à la figure n'était pas complètement sincères. Elle avait donc fuit dès qu'elle l'avait pu, elle ne supportait plus cette vie.

C'était à cet instant précis de totale désarrois que la jeune fille avait trouvé la seule solution capable de réparer tous cela. La fuite. Pas pour s'enfuir loin de ses responsabilités qui lui pesaient, non au contraire. Elle devait s'enfuir chez les opposants qui avaient aujourd'hui dévoilés leurs résistance par leurs absences. Les Ombres, les Elfes et les Amazones. Trois peuples puissants qu'elle semblait en mesure d'aider. En tout cas la princesse se refusait de voir Ardiosis abordait son sourire satisfait, qu'il avait d'ailleurs bien de mal à cacher, sans rien faire. Une incroyable détermination remplaça le désarrois et la mélancolie de son esprit. Sa décision était prise et rien ni personne ne l'empêcherait. Bien entendus ce choix n'était pas facile car elle aurait probablement énormément de difficulté à se faire entendre et surtout accepter puisqu'il était maintenant évident que les druides avaient rejoint la cause du tyran humain. Le cœur d'Aelalia se remplit de détermination et de courage et sur son merveilleux visage apparut un sourire tranquille. La légère brise finit par s'arrêter tout comme les nombreuses questions et autres recherches mentales d'Aelalia. Elle poussa un petit soupire satisfait. Maintenant plus besoin de se torturé l'esprit, elle savait se qu'elle devait faire. Elle tourna la tête en direction d'un autre balcon qui se trouvé juste à côté de celui-ci. Elle y reconnu avec un petit effort la reine des hommes et son cousin. Elle pensa alors à la peine que son départ allait lui causer, mais avant de s'apitoyer sur son sort elle se souvint d'une chose très importante: Il avait déjà choisit son camp. Le regard dur elle se détourna de lui et elle s'efforça de ne plus pensait à lui. Elle observa encore un peu les étoiles éclatantes accrochées à la toile d'un noir d'encre. Ces petites lueurs avaient toujours fascinées la jeune fille et même arrivé à l'âge adulte elle ne pouvait se défaire de la part de rêve que ces immenses boules de feu avaient toujours fait naître en elle. Elle se perdit un instant dans l'immensité du ciel lorsqu'elle se souvint de la présence dans son dos.

Depuis l'arrivé de l'inconnu elle avait sentit la désagréable sentation d'être observée. Elle sentait avec préscition les yeux de l'homme derrière elle qui lui brûlaient la peau. Elle s'était efforcée de ne pas y prêter attention mais la curiosité et une envie de sortir de l'ennuie indescriptible que lui inspirait cette fête la poussa à se retourner. Elle vit alors l'étrange jeune homme qui était assis près de la reine, adossé contre un mur l'air calme et pensif. Il avait le regard fixé sur les étoiles. La princesse planta son regard rivière sur lui en le détaillant. Il était habillé assez sobrement pour ce genre de soirée mais elle n'y accorda pas beaucoup d'importance. Ces cheveux en bataille lui donnait un air sauvage et négligé qui lui allait à merveille, mais se qui ébranla le plus la jeune fille était l'impression de mystère qui envelloppé cet être étrange. La même impression d'attraction se fit ressentir, exactement la même que celle présente pendant le repas. La princesse s'éfforça de ne pas montrer son trouble et elle afficha un visage neutre avec un petit sourire aimable. Pourtant en son fort intérieure la multitude de questions étaient revenus à l'assaut. Elle l'entendit lui parler d'un orage. Aelalia qui était une jeune femme d'esprit autant que de combat comprit immédiatement le sous-entendus. Il est vrai qu'aucun orage à proprement parlé ne s'évisait au dehors des murs de la puissante citadelle mais en dedans cela était une autre affaire. Ce que la princesse ne comprenait pas c'est le pourquoi de cette phrase. Avait-il remarqué la haine de la jeune fille envers le monarque des hommes ? "Enfin qui ne l'avait pas remarqué" se dit la jeune fille. Pour toute réponse elle secontenta de lui dire sur le même ton que son interlocuteur avait employé.

- Oui et je crois qu'il va ébranler tout les peuples sans exeptions. Nombres de destins viennent de se jouer en cet instant.

Puisqu'il avait commencé avec les phrase égnimatique elle avait décidé de joué le jeux. Elle lui fit un sourire conplice avant de détaillé son visage. Malgré ses efforts elle ne vit aucun traits entre se visage et le roi ou la reine. Il ne pouvait donc pas être le fils enfuit de ceux-ci. D'ailleur la raison de la fuite de l'héritier interloquer la princesse. Elle se demanda si lui aussi il avait choisi de rejoindre la résistance. Pour l'instant cette question ainsi que tant d'autre était sans importance. Aelalia curieuse de l'identité de son interlocuteur décida de se présenter pour la connaitre, elle lui dit donc avec un hochement de tête.

- Je n'ai pas le plaisir de vous connaitre. Je suis Aelalia Fenril, princesse des druides et cousine du roi. A qui ai je l'honneur ?

Bien qu'elle n'aimait en rien étaler ses titres de noblesses la princesse n'eu aucune difficulté à s'exprimer malgré son désarois. Sa voix de cristalle résonna dans le silence seulement troublé par les bruits de fond venant de la réception. Un rayon de pleine lune toucha alors sa peau blanche et on eut crut qu'elle resplendissait dans la nuit. Tel une déesse elle ferma ses beaux yeux qui luisaient d'un éclat bleu sauvage pour profité de la présence de Mani, le dieu de la lune, sur sa peau de satin.

_________________


Oserait tu me défier ? Prend garde je mors !
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Mar 23 Déc 2008 - 18:57

« Tumultueux orage … »

Les paroles résonnèrent doucement dans le silence de la nuit, seulement troublé par un fond sonore provenant de la grande salle où se déroulait la petite réception d’Ardiosis. Il devait être heureux en ces instants, drapé dans son manteau de pouvoir et de manigance. Nul ne saurait jamais pourquoi le si respectable Seigneur Nordique avait décidé de basculer du côté ténébreux. On supposerait certainement la folie. Cette dégénérescence mentale avait le don de pouvoir expliquer les choses les plus improbables et de pardonner les actes les plus atroces. Telak leva les yeux au ciel, observant l’éclat des étoiles et de leur amie la Lune. Tout ceci n’était qu’une mascarade qui prendrait bientôt fin. Il se sentait comme en état de transe. Il ignorait où il se trouvait et il avait comme la désagréable sensation d’être pris de vertige. Il ferma les yeux. A cet instant précis, il perçut plus qu’il ne vit le visage barbu d’un homme d’âge mûr et il eut l’envie de l’appeler maître … Les paroles de la princesse druidique le sortirent de sa torpeur et il rouvrit les yeux doucement. Il se souvenait à présent du visage de celui qui avait fondé ses espoirs en lui. Toute cette mascarade prendrait bientôt fin. Son maître lui ordonnait. Et il ne le décevrait pas …

Il sentit le poids du regard d’Aelalia pesait sur lui et il détourna ses pupilles de la voûte céleste pour les plonger dans ceux de son interlocutrice. Elle lui adressa un sourire complice, auquel il répondit par une mimique maladroite. Il n’était pas du genre à savoir comment se comporter en présence d’une Dame de haut rang. La seule qu’il côtoyait était la Reine Eleade et il se permettait un comportement indigne de toute autre femme. Sa familiarité avec la souveraine humaine était étrange et peut être malsaine. La jeune femme qui l’observait toujours reprit la parole pour se présenter, bien que Telak savait parfaitement qui elle était, et lui demanda en retour de décliner son identité. L’orphelin glissa ses longs doigts filiformes dans sa chevelure noire pour repousser les mèches qui lui barraient le champ de vision et plissa ses petits yeux sombres d’une manière lugubre. Inquiétante. Morbide. Puis, il reprit un air détaché, indifférent. Hugin, le volatile qui n’avait toujours pas quitté d’une semelle l’adolescent depuis le début de la réception, croassa rauquement, avant que son maître ne se décide à répondre à la demande de la princesse Faldor.

« Telak, Poigne Dure ou l’enfant démon, c’est ainsi que l’on me nomme. Choisissez l’appellation qui vous conviendra le mieux. »

Derrière eux, une clochette résonna, indiquant que le repas reprenait. Après avoir jeté un coup d’œil par-dessus son épaule, apercevant ainsi que les domestiques s’afféraient autour de la table pour installer à nouveau les convives à leurs places, Telak se retourna vers Aelalia. Sa mine semblait boudeuse et le jeune homme estima que la jeune femme ne devait guère apprécier la petite réception. Ardiosis allait se délecter du tourment infligé à cette pauvre créature si elle ne relevait pas suffisamment haut le menton … Telak fit un signe de la tête vers la salle et reprit d’une voix douce :

« Nous devrions rentrer à présent. Mais écoutez donc d’abord ce que je vais vous dire. Vous n’êtes qu’un pantin entre les mains de son marionnettiste, et Ardiosis jubile à l’idée de vous faire souffrir. Soyez plus forte que lui et ignorez ses sarcasmes. Ou il vous dévorera toute crue … »

Telak, sans accorder un autre regard à la princesse, se dirigea vers la sortie du balcon et s’engouffra dans la salle de réception où l’atmosphère était étouffante en comparaison de l’air frais dont il avait disposé sur la petite terrasse. Il vint s’installer à nouveau aux côtés de la Reine Eleade, oubliant déjà Aelalia et sa fouge animale, mais ne cessant de visionner mentalement le visage qu’il avait aperçu dans son esprit. Son maître attendait, il le pressentait nettement à présent. Ses yeux noirs pétillèrent d’un nouvel éclat ce soir-là …
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MessageSujet: Re: Reception à la Tour Sombre   Ven 26 Déc 2008 - 16:58

Les paroles qui lui avaient coulées à l’oreille étaient aussi sibyllines que lui. Il s’était approché, lui avait murmuré ces quelques mots et était reparti. La reine s’était retourné, étonnée, le suivant du regard jusqu’à un des balcons de la salle. Alors que chaque mot s’imprimait dans son esprit, le désir de discuter avec ce frêle garçon se fit jour.
Etrange comportement, étrange paroles. Elle en était encore à se demander ce qu’il avait voulu lui dire quand on s’empara fermement de sa taille. Stupéfaite, indignée, Alphaïde se retourna, le rouge aux joues, mais déjà le Seigneur nordique l’emmenait en retrait.

Il aurait pu engager la conversation. Il aurait dû. Au lieu de ça, Alphaïde se sentit jaugée, comme un acheteur hésitant jugeait les belles poteries du marché. Un sourire arrogant étirait ses minces lèvres, et enfin, la nymphe croisa l’impérial regard. Bleu glacier. C’est tout ce qu’elle s’en dit sur l’instant. Incapable de voir autre chose dans ces yeux que ces deux prunelles bleues, elle qui avait coutume de dire qu’ils étaient une fenêtre ouverte sur l’esprit. Elle qui sondait l’âme des autres au travers le lac de leur regard. Cachait-il la sienne trop profondément pour qu’elle se laisse deviner ? Ou involontairement, l’avait-il laissé sombrer, qu’elle soit si difficile à repêcher ?
Elle aurait pu profiter de ce temps pour lui apprendre qu’on ne l’avait guère habituée à être traitée ainsi, mais non. Elle le fixait, droite et la tête haute, ne lâchant pas son regard du sien, se demandant quelle magie agissait sur le roi des Hommes, quel dieu lui masquait la vérité au profit d’un si beau regard.

D’aussi loin dans ses pensées qu’elle se trouvait, la voix d’Ardiosis la ramena dans la salle de réception. Ses yeux éternels ? Oh oui, elle aurait pu passer l’éternité à observer les siens. Ses peines ineffaçables ? Mais se souvenait-il seulement qu’il était l’auteur de ces cauchemars ? Ardiosis baissa la tête, spectacle étrange aux courtisans qui les regardaient. Il la releva, les yeux brillants. Alphaïde aurait pu y voir de la curiosité, elle ne vit que l’image fantomatique de sa sœur.

Nereya. Elle était venue comme elle à Yswllyra. Elle avait voulu écarter Ardiosis. L’avait-elle jamais rencontrer avant ? Avait-elle réussi, elle, à voir en lui ? Devant l’échec de sa sœur, Alphaïde sentit son cœur ralentir : comment réussirait-elle là où d’autres avaient durement échoué ? Il lui semblait que la salle devenait démesurément grande, que les invités autour d’elle disparaissaient. Le monde se mettait à tourner pourtant, elle restait droite, impassible, elle le savait. Elle le voyait, comme si son esprit avait quitté ce corps en proie à trop d’émotions. C’était la même sensation qu’elle avait ressenti au temple le jour du couronnement. Elle était seule dans cette tour, seule face à l’envoutante présence d’Ardiosis, et elle ne savait que faire.
Il était détestable, à tous points de vue : il avait tué sa sœur, il était arrogant, imbu de lui-même, sous l’emprise d’un dieu vil et fourbe. Malgré tout ça, il émanait de lui une aura qui attirait la jeune reine. Lui, sa cour, sa ville, ses folies : les Hommes l’avaient toujours plus intéressés que les autres peuples. Une magie trop sombre les dirigeait, un esprit trop pervers les réunissait. Elle était fascinée. Fascinée comme devant un volcan en éruption, comme devant le vide du haut d’une falaise. Comme devant toute promesse de destruction ? Peut-être, elle n’avait jamais poussé l’introspection si loin.


C’est de manière bien étrange qu’elle reprit pied. Dans le flot d’émotions et de souvenirs qui la traversaient, se furent quelques mots qui rompirent le charme : “chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ; ne vous laissez pas impressionner”. Les paroles de l’ombre noire rééquilibrèrent ses idées et éloignèrent le spectre enchanteur d’Ardiosis.
Pour l’heure, penché sur son cygne, il lui susurrait d’une douce voix des paroles lourdes de sens. L’heure n’était plus aux discours de convenance. Que faisait-elle ici ?


Que fais-je ici ?
Comme vous le savez fort bien, il y a plus que des rumeurs pour parler d’une guerre à venir. Comme vous le savez fort bien, mon peuple ne se battra pas, ne peut se défendre et n‘aspire qu‘à rester en dehors des hostilités. Et comme vous le savez fort bien, vous êtes celui qui imposez ses volontés au monde. Alors je suis venue voir par moi-même quel sort vos volontés réservent-elles à mon peuple, qui ne prendra part à ce conflit ni sous vos bannières ni sous d’autres.



Elle avait murmuré d’une voix douce ces paroles succinctes. Pourquoi à cet instant où elle sentait peser sur elle le regard de plomb d’Ardiosis se sentait-elle aussi calme ?
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