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 Rencontre nocturne [Ne pas archiver]

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Melindaë Gordonian
Fille de la Lune



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MessageSujet: Rencontre nocturne [Ne pas archiver]   Sam 20 Déc 2008 - 17:02

Deuxième jour,
Dixième semaine, An 835
Tard dans la nuit...


Cette nuit là, le visage de Mani était rond et pâle. De fines brumes grisâtres voguaient dans le ciel, perturbant la clarté lunatique qui s’étendait sur la cité d’Unae. Il était bien tard, et les seuls bruits que l’on pouvait entendre étaient le cliquetis des serrures des auberges, qui après avoir chassé les derniers clients saouls, fermaient leurs portes jusqu’au lendemain matin. A présent, le silence régnait dans les rues.

Le temple de Mani semblait aussi vide que les ruelles de la cité. Néanmoins, à travers les vitraux colorés des façades de pierre, l’on pouvait apercevoir une masse sombre qui se déplaçait dans l’immense nef de la cathédrale. Bien que tous les novices et les fidèles aient quitté le temple pour rejoindre les bras de Morphée, Melindaë avait préféré s’attarder dans l’enceinte sacrée, lieu de repos et de prière. En effet, depuis la matinée, elle se sentait mélancolique. Etant de nature mystérieuse, personne ne fut choqué de la voir dans cet état de profond mutisme. D’ailleurs, l’unique personne qui pouvait comprendre ses moindres sentiments était morte…
La terrible douleur de cette fatalité obligea Melindaë à s’asseoir quelques instants. Elle pensait que sa peine était terminée, que Mani ne lui en voulait plus, et pourtant… Elle revit alors sa cavalcade de l’autre matin, l’orage au bord de la falaise, et cette bague… cadeau de son unique amour. Melindaë ne pouvait plus nier : la douleur était toujours là, présente au fond de son cœur. Une banale illusion de bonheur s’était emparée de celui-ci, laissant la prêtresse croire au repos de son âme torturé. Mais ce mirage s’était envolé et laissait place à la dure réalité de son existence : jamais Mani ne lui pardonnera.

Le cœur lourd, la jeune femme ôta sa bague et la replaça à son emplacement d’origine, son annulaire droit, couronne vers l’intérieur. Des larmes perlèrent sur ses joues pâles, creusées et rongées par la souffrance et les pleurs éternels. En temps normal, elle aurait tenté de les essuyer, trop pudique pour dévoiler sa peine. Mais cette nuit là, elle ne le désirait pas. Laisser échapper ses sanglots l’apaisait. Telle un automate, elle se leva et se dirigea vers la pièce du temple qui était attribuée aux Grands Prêtres.
Cette pièce était assez étroite, mais son haut plafond lui donnait l’impression de s’étendre dans l’infini céleste. Au centre du plafond, une magnifique gravure représentait la Lune, symbole de Mani. Les murs comportaient de nombreuses fresques, représentant la Nature et divers animaux. Les portraits des Grands Prêtres ayant précédé à Melindaë étaient accrochés au mur, dans un alignement parfait. Leurs regards, tournés vers le centre de la pièce, donnaient l’impression à la prêtresse d’être épiée et encerclée de toutes parts. De nombreux objets étaient entassés le long des murs. La poussière et les toiles d’araignées s’étaient accumulées dessus, témoins de leur long passage à travers les siècles. Il y a avait de tout : aussi bien des objets ayant rapport à la religion, à l’astronomie, à la littérature… Mais le regard de Melindaë, toujours empli de larmes, cherchait un objet ou plutôt un instrument particulier…

Au bout de quelques minutes, la prêtresse avait enfin trouvé sa relique tant désirée : un piano. Celui-ci, contrairement au reste des objets n’était point poussiéreux et faisait preuve d’un usage régulier. Melindaë s’assit sur le petit banc moelleux installé face à l’instrument. Ses doigts fins et pâles effleurèrent doucement les touches. Un son doux s’échappa du piano, résonnant dans la pièce, à travers les couleurs sombres et même dans la nef vide. La jeune femme crut entendre la porte du temple grincer. Mais un silence de plomb suivit, et elle pensa que c’était son imagination qui se jouait d’elle. Ses doigts effleurèrent à nouveau les touches, mais cette fois-ci Melindaë ne s’arrêta pas. Une douce mélodie à présent s’installait dans l’atmosphère de la pièce.

Pour toi, mon Amandil…



L’esprit de Melindaë et tout son corps semblaient vibrer à chaque note qu’émettait le piano. La prêtresse ne sut combien de temps elle joua… Soudain, ses doigts se crispèrent et elle s’arrêta net. Sa conscience l’alertait : quelqu’un l’observait. Elle n’osa ni bouger ni prononcer un mot, attendant la suite avec une frayeur insoutenable…


[HRP : Crédit musique > Trois Gnossiennes : Gnossienne No. 1, par Erik Satie]
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Galdor Fenril
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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne [Ne pas archiver]   Lun 29 Déc 2008 - 21:49


Le Bastion était plongé dans un silence pesant que seul les rares allés et venus des membres de la cour étaient capable de rompre. Dans le bureau du roi, une vague lueur blanche brillait sensiblement au travers des épais vitraux qui ornaient le mur de part et d'autres des portes d'entrée. Assit derrière son bureau, le monarque druidique consultait les derniers dossiers de la journée à la simple lumière d'une lampe pour le moins étrange. Celle-ci ressemblait vaguement à une cloche en cristal à l'intérieur de laquelle une lueur blanchâtre vacillait sensiblement au moindre mouvement du maître des lieux. L'objet aurait put intriguer bon nombre de regards égarés mais non celui qui l'avait tant côtoyé.

La solitude du roi était à l'image de son tempérament : solitaire et distant par nature. Les préparatifs pour le long voyage qui le conduirait à la capitale des Hommes étaient arrivés à leur terme, le laissant à présent seul en compagnie de ses pensées les plus enfouies. Sa main droite avait beau aller de parchemin en parchemin pour griffonner quelques mots ou signatures, son esprit demeurait ailleurs, bien loin de toute cette paperasse d'usage.

Vint un moment où il relâcha l'étreinte qu'il exerçait sur sa plume aussi blanche que l'écume de mer, et se laissa aller au confort du dossier matelassé de son fauteuil. Son regard mielleux quitta le papier nervuré pour le vide tourbillonnant de la pièce. Le brasier de ses pupilles perdit un peu de son éclat envoûteur, l'espace d'un instant, avant de se raviver brusquement alors que résonnaient deux coups aux portes de son bureau. Revenant à cette amer réalité, le roi quitta son fauteuil, laissant traîné derrière chacun de ses pas la longue cape d'un vert sombre qu'il gardait attaché à son épaule droite par une tête de loup en argent. Arrivé aux portes, il les ouvrit et se laissa surprendre par le visage intimidé d'une servante - probablement nouvelle - aux longs cheveux d'un bleu nuit reluisant et aux yeux d'un vert émeraude.

La jeune femme d'une vingtaine d'années tout au plus, tenait entre ses mains un plateau en argent au milieu duquel une tasse légèrement fumante laissait échapper quelques délicates effluves de plantes aromatiques. Le souverain comprit alors aisément qu'il avait été très certainement demandé à cette demoiselle de lui apporter son infusion préférée ; celle qu'il avait toujours l'habitude de déguster au cours de ses plus longues nuits de travail. C'est donc avec un léger sourire qu'il saisit la tasse entre ses deux mains délicates et avec autant de délicatesse qu'il s'adressa à la jeune servante.
    - Merci infiniment pour cette attention.
L'intéressée prit une teinte pivoine, se courba poliment, puis s'éclipsa sans rien dire, disparaissant dans un couloir adjacent. Galdor réprima un petit rire avant d'avaler une gorgée du délicieux breuvage. Enivré par son goût délectable, il ferma momentanément ses paupières et les rouvrit en s'aventurant dans le couloir qui menait à son office. Son regard remarqua alors les faisceaux argentés qui perçaient les vitres donnant sur l'extérieur. La lune était pleine. Mani souriait à ses enfants.

En temps que roi, Galdor sut que l'instant présent semblait le mieux choisit pour adresser une prière au dieu de la Lune et de la Nuit. Ainsi, il avala les dernières gorgées de sa précieuse infusion, abandonna la tasse vide à l'une des servantes qu'il trouva sur son chemin, puis s'engouffra, seul, dans le dédale du Bastion pour rejoindre le Temple de Mani qui siégeait en son juste milieu tel un monument au centre d'une gigantesque place. Quelque chose attira son oreille aux abords de l'édifice : une mélodie lente, harmonieuse, sensible et accablante à la fois. Cette symphonie crispa son coeur et réveilla bon nombre de sentiments dont la nostalgie du passé. Hésitant, il se glissa à l'intérieur du temple d'un pas traînant jusqu'à cette porte, situé à l'autre bout de la nef, d'où un faisceau de lumière s'échappait en même temps que la musique qu'il n'avait qu'effleurer de l'oreille jusqu'à maintenant.

Le roi s'arrêta dans ce faisceau, tout juste dans l'embrasure de la porte. Son regard d'une chaleureuse couleur ambre se déposa alors sur la silhouette d'une jeune femme assise devant un piano en parfait état, en comparaison des antiquités qui pouvaient embrumés le restant de la pièce. Le chant de l'instrument s'arrêta brusquement et il sut alors que sa présence n'était pas passée inaperçu. Gêné, il laissa s'échapper quelques notes de sa voix mélancolique.
    - C'était une mélodie somptueuse ..
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Melindaë Gordonian
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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne [Ne pas archiver]   Dim 4 Jan 2009 - 14:26

La grande prêtresse sentit un mal-être naître en elle. Jamais elle n’avait joué d’un instrument en compagnie d’une personne. Pour elle, la musique était une échappatoire secrète, une part d’elle-même qu’elle gardait cacher à quiconque, même à son Amandil. Elle offrait ainsi ses talents de musicienne uniquement à sa propre âme mais aussi à Mani qui, semblait-il, écoutait sa prêtresse d’une oreille attentive et reposée, éblouissant ainsi d’une lumière lunatique éclatante les contrées de ses enfants. Tel était le lien qui pouvait unir une prêtresse à son dieu…

Une légère fragrance de plantes aromatiques se diffusa la pièce, affirmant ainsi les craintes de Melindaë. Une personne se trouvait bien là, au seuil des appartements des grands ecclésiastiques. A présent irritée par cette présence indésirable, la jeune prêtresse décida de rompre le silence. Sans même un regard pour l’inconnu et avec tout le dédain qu’elle put, elle prit un ton désagréable, espérant ainsi faire fuir l’intrus.

Je ne sais quelle âme se trouve au seuil de cette pièce sacrée… Mais qui que vous soyez, veuillez vous en aller. Le temple est fermé et cet endroit est strictement réservé aux ecclésiastiques. Or, vous n’êtes pas un ecclésiastique car vous auriez su qu’il ne faut point déranger la prêtresse Gordonian dans son repos. Alors, avant de vous attirer mon courroux et les foudres du tout-puissant Mani, votre dieu, je vous somme à nouveau de quitter le temple immédiatement !

Mais la personne ne sembla point bouger. Une voix s’éleva dans l’atmosphère lourde et lancinante de la pièce. Elle complimenta Melindaë sur sa prestation musicale. La prêtresse prit alors une teinte livide. N’importe qui aurait pu croire que cette pâleur était due au compliment de l’inconnu. Mais la raison était tout autre. La jeune femme aurait pu reconnaître cette voix parmi tant d’autre. Cette voix si singulière et pénétrante telle des griffes de smilodons était celle de Galdor Fenril, le roi des Druides. Que faisait-il là ? Etait-il ici depuis longtemps ? Que lui voulait-il ? Savait-il tout simplement… Une foule de questions défila dans l’esprit de Melindaë. Son pouls avait soudainement accéléré, son teint avait viré au rouge écarlate et une vague de chaleur s’empara de toute son âme. Durant quelques instants, elle n’osa point bouger, pensant que le roi disparaitrait ainsi. Mais elle sentait toujours l’odeur des plantes aromatiques et en déduisit qu’il se trouvait toujours sur le seuil…

La Grande Prêtresse pivota lentement sur son siège en direction de l’entrée de l’appartement et croisa le regard du roi. En effet, Galdor Fenril se tenait bien là, debout, dans l’embrasure de la porte. Il était vêtu d’une longue cape verte qui trainait au sol, ornée sur son épaule d’une magnifique tête de loup argentée. Sa longue chevelure était légèrement éclairée par un rai de lumière venant de l’extérieur, faisant apparaître de légers reflets bleutés. Ses yeux, de couleur ambre, semblaient constellés d’une poussière d’or. Ce visage, si fin, apparaissait si épuisé qu’on eut dit que le roi dormait debout. Néanmoins, son regard restait troublant et pénétrant à tel point que Melindaë crut que le roi pouvait lire au fond de ses pensées. Elle détourna un instant le regard, puis, craignant qu’il ne le prenne pour une insulte, replongea son regard ténébreux dans celui du roi. Elle se leva doucement, s’avança de quelques pas vers le roi et lui fit une révérence. Bien qu’elle fût l’ecclésiastique le plus haut gradé, elle se devait de respecter le protocole royal. Néanmoins, la prêtresse considérait qu’elle aussi détenait un certain rang et qu’on lui devait un certain égard critiqué tout de même par quelques nobles. Ainsi, elle tendit le dos de sa main au roi, attendant de celui-ci qu’il la salue à son tour.

Je remercie sa Majesté pour ses généreux compliments et souhaite qu’elle m’excuse pour mes paroles disgracieuses. Je ne pensais pas que son Altesse pourrait se trouver au Temple de Sudorna à cette heure si tardive. Que Mani accepte de m’épargner de son courroux et bénisse son plus grand fidèle et premier fils, le souverain Galdor Fenril… Après ces maintes supplications, puis-je connaître à présent le motif de votre visite, Seigneur Fenril ?
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Galdor Fenril
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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne [Ne pas archiver]   Mar 6 Jan 2009 - 16:04


Bien que la remontrance fût vive, le souverain druidique resta de marbre. Son rang avait beau être le plus élevé de la hiérarchie, le respect qui lui était normalement dû aussi grand, il n'était pas exempt de remarques. Ses yeux fixaient donc les épaules de la jeune femme avec une tranquillité proverbiale, doutant même qu'elle l'eut aperçut du regard depuis son arrivée. Il était d'ailleurs probable qu'elle l'eut prit pour un errant dénué d'éthique. Peu importait dans le fond, elle était déjà toute pardonnée pour son ignorance car n'était-il pas le seul fautif de cette histoire ? Après tout, il avait eu tout le loisir de lui faire parvenir une missive pour l'informer de son arrivé, mais au lieu de cela, il avait décidé de se hâter jusqu'au temple sans prendre le temps d'en prévenir la protectrice. Il ne récoltait donc là que le fruit de son choix.

Probablement étonnée par le silence qu'il continuait cependant de nourrir, la Grande Prêtresse fini par se tourner dans sa direction. Son visage était fin, sculpté d'une délicatesse incomparable et encadré par de longs cheveux d'un noir de jais. Sa peau était pâle et certainement aussi douce et froide qu'elle ne le laissait imaginer. Son regard, sombre, ténébreux, mais si lumineux pourtant, était braqué sur lui, et lui laissa l'impression de se faire transpercer par une lame fine et tiède à la fois. Étrange sensation que celle de se sentir épier par une femme d'une si grande beauté. Tout aussi étrange que ne le fut son regard fuyant. Le craignait-elle ? Galdor n'aurait su le dire mais s'en sentit peut-être tout aussi gêné que si s'en fût le cas. Abaissant lui-même ses propres yeux, le temps d'un court instant, il eut une pensée furtive pour toutes les personnes qui lui vouaient un certain mépris, voir haine, suite à la décision qu'il avait prise de rejoindre le camp des Impériaux.

Finalement, les regards des deux protagonistes se croisèrent à nouveau et la Grande Prêtresse prit l'initiative de se rapprocher. Le roi accueillit sa révérence d'un sensible hochement de tête puis se courba à son tour, saisit délicatement sa main, et y déposa un doux baiser. Ceci fait, il se redressa et dessina les premières esquisses d'un sourire sincère aux coins de ses lèvres avant de s'excuser à son tour.
    - Vous êtes toute excusée, honorable Grande Prêtresse. Il est de mon propre tort d'être venu sans vous prévenir au préalable. Acceptez donc mes propres excuses.
Il lui fallait désormais exposer la raison de sa venue, bien que son esprit était encore embrumé par la mélodie que la jeune femme avait joué. Quelques poignées de secondes à peine, le temps de se recentrer, et le monarque s'exprima sur un ton plus solennel et détaché.
    - Mani étend son sourire au royaume tout entier, cette nuit. Quel genre de souverain serais-je si je n'étais pas venu louer sa grâce et sa bienveillance. J'aimerai en plus de cela, adresser une prière pour le peuple. Depuis que je suis monté sur le trône, le trouble parcourt les ruelles du royaume comme un murmure empoisonné. Le vœu de ma défunte tante, notre reine, ma prise de position ; aujourd'hui les druides doutent et n'entrevoient les raisons de tels choix.
Le souverain parut absent l'espace d'un court instant, avant de reprendre doucement.
    - Je ne sais comment formuler mes voeux mais j'aimerai grandement qu'il soit demandé à notre déité de bien vouloir écarter le doute, la peur, ou encore la crainte, qui envahissent chaque jour un peu plus le coeur de nos sujets. Sauriez-vous m'aider ?
La demande était simple. Le regard du roi plus perçant que jamais et sa mine plus sérieuse, comme s'il s'agissait là d'une affaire des plus importantes.

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Melindaë Gordonian
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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne [Ne pas archiver]   Sam 10 Jan 2009 - 18:50

Lorsque les lèvres de Galdor Fenril se déposèrent sur la peau douce de Melindaë, une étrange sensation qu'elle n'avait plus ressentie depuis très longtemps lui parcourut l'échine. Un frisson réveilla son âme endormi depuis très longtemps. Son esprit se troubla et ses pommettes s'empourprèrent d'une légère teinte rosée. Elle espéra au fond d'elle-même que le roi des Druides n'aurait rien remarqué mais elle savait que le roi était un fin observateur. D'ailleurs, il devait tenir cela de sa tante, l'ancienne souveraine du royaume des Druides, Faldora Fenril. Aussi loin que remontent les souvenirs de Melindaë, la reine sut toujours lire en elle comme dans un livre ouvert. La grande prêtresse se demanda toujours si Mani n'avait pas doté la défunte reine d'un quelconque don de télépathie. Néanmoins, la reine fut beaucoup plus distante ces dernières années et elle ne fut jamais au courant pour l'amant de Melindaë. Et bien que cela l'attristait, cette situation l’arrangeait tout de même...

En repensant à ce détail, son esprit fut aussitôt attiré par la bague à sa main droite, la dite main qui avait reçu le baiser du roi. Melindaë espéra au fond d'elle-même que le roi ne l'avait point remarquée. Mais si c'était le cas, la prêtresse craignait le pire : lui demandera-t-il l'origine de son bijou ou aura-t-il la délicatesse de ne pas s'aventurer sur ce sujet délicat ? Melindaë esquissa une rapide prière en direction de Mani et reporta son attention sur Galdor Fenril. Celui-ci la fixait toujours et écoutait les plates excuses de sa prêtresse. Sans grande surprise, le roi l’excusa avec une grande galanterie. Il semblait reconnaître la véritable nature de Melindaë et il savait de sa grande prêtresse qu'elle était tout sauf agressive. Le roi des Druides avait pour réputation d'être juste et bon avec les siens. Il le prouva encore cette nuit là...

Puis suite à la question de Melindaë, le roi dut se justifier de sa présence dans l'enceinte du temple de Mani. D'une manière très poétique, il expliqua à la grande prêtresse les motifs de sa visite. Et Melindaë ne put lui vouloir. La Lune, visage de Mani, était tellement merveilleuse cette nuit-là que n'importe qui sachant l'admirer aurait été tenté de venir remercier Mani pour tous ces instants qu'il offrait à ces enfants. Mais le roi avait aussi un autre motif de visite. Il souhaitait que Melindaë l'aide dans sa prière pensant sûrement que Mani serait plus indulgent avec lui si la prêtresse était à ses côtés...

Melindaë aurait pu accepter sans problème si le roi n'avait pas réveillé en elle la flamme emplie de colère qui sommeillait en elle depuis plusieurs semaines. En effet, le roi avait fait allusion aux difficultés que traversait le royaume des Druides et Melindaë en était une témoin principale. Depuis quelques temps maintenant, les prières et les confessions des fidèles n'avaient que pour sujet la guerre et l'avenir du royaume des Druides. Melindaë avait beau les rassurer, la peur s'était installée dans leurs coeurs... La prêtresse sentit qu'il était temps qu'elle fasse part au roi de ses craintes et de celles de ses fidèles.

Mon Seigneur, votre demande m'honore pleinement mais avant toute chose, je me dois d'être franche avec vous. La Lune est influente cette nuit et me pousse à vous dévoiler les sombres pensées qui emplissent mon coeur et celui de vos sujets...

Elle proposa au Seigneur Fenril de s'installer dans les fauteuils qui étaient placés auprès du feu. Au dessus de la cheminée, un immense vitrail leur faisait face. Les rayons de la Lune le traversant déversait dans la pièce une lumière multicolore. Sans attendre la réponse du roi, Melindaë alla s'asseoir dans un des fauteuils usés et poussiéreux. En réalité, elle ne donnait pas le choix au roi que de l'écouter. Son coeur semblait battre aussi vite que celui d'un cheval au galop. Quand elle commença à parler, elle eut l'impression de se jeter du haut des tours du temple d'Unae...

Je dois vous faire part de la peur qui réside en chacun de nous suite à votre décision... J'ai bien compris que vous même étiez au courant, mais avez-vous vraiment conscience de ce que cela implique ? Chaque jour, sans repos, des offrandes et des prières sont faites à notre dieu Mani... Et vous n'êtes pas sans savoir que les membres de l'Ordre du Temple n'ont toujours pas adhérer au clan de la Terreur ni à celui de la Résistance. Les fidèles craignent une rupture entre l'Ordre et la royauté, et j'espérais obtenir votre promesse que ceci n'arrivera pas...

Etant la plus haute dirigeante de l'Ordre du Temple, je dois aussi vous transmettre ce message : tant qu'aucun mal ne sera fait à tout être vivant dans ce royaume quelque soit son camp, l'Ordre restera neutre. Si nous apprenons un quelconque acte de votre part contre une personne résistante ou neutre, nous n'aurons d'autres choix que de basculer du côté de la Résistance. Le mal est la volonté de Loki, le dieu des Humains, et Mani n'accorde aucune confiance à ce fils d'Odin. Nous nous devons de suivre notre dieu, quelque soit le prix...


Dernière édition par Melindaë Gordonian le Mer 21 Jan 2009 - 20:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne [Ne pas archiver]   Dim 11 Jan 2009 - 0:38


Le roi des druides avait bien évidemment remarqué les joues empourprées de la maîtresse des lieux. Autant qu'il avait dénoté la présence d'une bague à son annulaire droit. Rien d'étonnant à constater qu'une aussi belle femme était très probablement marié. Si cela n'avait été le cas, c'est que les hommes de ce royaume avaient grandement perdu en acuité visuelle. Étrangement, et sans que cela ne trouve véritablement de fondements, cela lui laissa une profonde sensation de regret. Il n'était évidemment pas homme à faire la cour à la première femme qu'il trouvait d'une beauté rarissime, mais il s'agissait là de choses qu'un homme solitaire, dont la vie avait été continuellement entachée de morts douloureuses, ne pouvait aisément comprendre.

Ses pensées sur le sujet se dissipèrent promptement, lorsque résonna l'esquisse d'une réponse à sa requête. La Grande Prêtresse évoqua des sombres pensées qui semblaient habiter son coeur et ceux du peuple. Intrigué, il se contenta de lui adresser un regard interrogateur.

Finalement, Melindaë l'invita à s'assoire près du feu. Courtois, il accepta et se dirigea vers l'un des fauteuils légèrement abîmés et poussiéreux qui occupaient la devanture de la cheminée. Bien qu'en pitoyable état, l'assise et le dossier étaient restés d'un grand confort. Ce qui ne manqua pas de laisser un maigre sourire sur le visage du souverain druidique. Avec une grande compréhension, il écouta et pesa chaque mot, chaque crainte, chaque avertissement, qui découla de l'humble discourt qui lui fut fait. Ses pensées se mirent à tournoyer violemment dans son esprit. Il revit la clameur de son intronisation, la surprise suscitée par sa décision, les regards meurtriers de son cousin et sa cousine, le visage de son père alors qu'il n'était qu'un enfant, celui de sa mère, et enfin ... celui de sa tante, souriante, le jour de son départ du royaume. La Grande Prêtresse s'était exprimé avec beaucoup de courage et de noblesse d'esprit. C'est donc avec ce même respect qu'il s'exclama, son regard tourné vers le feu crépitant.
    - Savez-vous pourquoi ma défunte tante m'a choisi en lieu et place de son propre fils ?
Au terme de cette question volontairement laissée en suspend, le souverain druidique releva ses yeux lumineux vers le visage resplendissant de la grande prêtresse. L'espace de quelques fractions de secondes, il la fixa comme si elle était le plus bel être de ce monde. Puis, sur un ton en dessous de ce qu'il avait employé jusque là, il apporta la réponse à une question que très probablement chaque druide de ce royaume s'était un jour posé.
    - Parce qu'elle savait que faire un tel choix signifiait être seul. Seul à porter ce fardeau et seul à en assumer les conséquences.
Son regard quitta le visage de Melindaë pour le gouffre chaotique qui séparait son fauteuil de l'antre des flammes. Il le savait mieux que quiconque ; bien qu'il eut une estime toute prononcée pour son cousin Nillviem, il savait que ce dernier n'aurait put être l'investigateur d'une telle décision. Son coeur, mais surtout sa rancune et sa méfiance, l'aurait amené à conduire le peuple druidique dans une guerre ouverte contre le royaume des Hommes pour essuyer l'affront fait à sa famille. Le sang des druides aurait alors coulé et plus jamais leur royaume n'aurait brillé.
    - Elle savait que les temps à venir seraient annonciateurs de grands malheurs et que ses jours étaient comptés. Elle savait également que le pouvoir d'Ardiosis prendrait de l'ampleur et qu'il représenterait à lui seul, la source de tous ces malheurs.
La voix du roi résonnait avec une certaine noblesse, une certaine prestance, comme celle d'un conteur, mais il subsistait dans son discourt comme une note désenchantée. Le regard éteint, il appuya son coude contre les bras du fauteuil et laissa le bas de son visage s'appuyer contre le dos de sa main recourbée tandis que de nouvelles paroles s'éveillaient.
    - Je ne peux me résoudre à faire couler le sang d'un autre à la place du mien, croyez-le bien. Notre royaume couvre le sud du Gwendir, les Impériaux étendent leur influence au nord et au centre, nous étions donc des cibles toutes désignées pour subir leur colère. Conscient de cela, j'ai pris leur partie pour éviter que le sang des nôtres ne coule le premier. Yswllya est beaucoup trop proche de nous, les Résistants ne la craignent pas car leurs forteresses se trouvent proches des côtes, loin très loin, de ses murs obscurs, mais ce n'est pas notre cas ... Grande Prêtresse ... ce n'est nullement notre cas.
Pour appuyer sur ce qu'il venait de dire, le roi ramena son regard beaucoup moins lumineux, voir un semblant attristé, vers la jeune femme.
    - Faldora ne voulait pas partir avec l'idée que son peuple serait un jour décimé.
Une minute à peine d'un silence profond. Leur seul regard pour témoigner encore de leur présence, avant que le monarque ne détourne de nouveau ses yeux, cette fois-ci vers l'épais vitrail qui se dressait au-dessus de la cheminé.
    - Soit proche de tes amis, mon fils, mais soit-le davantage de tes ennemis ... ce sont les derniers mots qu'elle m'a adressé.
Il avait appliqué l'héritage qu'elle lui avait légué. Aujourd'hui, il surmontait seul cette épreuve, cela malgré toutes les contraintes qu'elle pouvait soulevé. Il en était de son devoir envers sa défunte reine, de son devoir envers son peuple. Que celui-ci comprenne ou non, n'importait que trop peu. La valeur de leur vie suffisait à justifier le prix de son combat. Irrésistiblement, sa main gauche glissa alors dans son cou jusqu'à la jointure de ses clavicules où il agrippa un objet de forme rectangulaire. D'un geste lent et délicat, il délivra aux yeux sombres de son hôtesse une amulette d'une beauté étourdissante. En sortant de la pénombre, l'objet illumina même la pièce, l'espace d'un instant. Façonné dans l'or blanc le plus pur, sertie d'un diamant brillant d'une vive lumière blanche, Tandil, l'amulette offerte par le tout puissant Mani irradiait comme jamais.
    - Si Mani n'avait pas conscience de la difficulté de ma tache, il aurait depuis longtemps brûlé la chair de mon cou pour me châtier, mais il me garde en vie car il sait qu'un espoir existe. Je vous implore d'y croire vous aussi ...
Galdor s'était exprimé solennellement en fixant la grande prêtresse. Ses yeux avaient reflétés toute sa force et sa détermination. Galdor savait précisément où il allait ; il ne demandait qu'à ceux à qui il attachait de l'importance de le suivre. Ses paupières se refermèrent lentement et un léger soupire s'échappa de ses lèvres.

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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne [Ne pas archiver]   Mer 21 Jan 2009 - 20:17

Melindaë avait parlé avec toute son âme et la justesse nécessaire à ses propos. Après ce flot de paroles, elle se sentait tout simplement délivrée et apaisée. La jeune femme imagina son cœur s'ouvrir telle une fleur de nénuphar au petit matin. Elle n'aurait plus à paraître hésitante et encore moins invisible face à la Terreur qui parcourait les terres des Druides. La prêtresse avait acquis une confiance et une sérénité nécessaire à son poste d'ecclésiastique. Elle pourrait à présent s'avancer dans son devoir et rassurer les fidèles inquiets pour l'avenir de leurs terres et de leurs familles...

Mais comment allait réagir le Roi face à ces propos plutôt vifs et directes ? Une crainte passa tel un éclair dans le regard de la prêtresse. Non. Elle ne le craignait pas. Melindaë savait que le Roi était pieux et portait de l'estime à l'égard de son sujet le plus vertueux. Néanmoins, ne pouvait-il pas bafouer son honneur et la répudier du royaume de Sudorna ainsi que de l'Ordre ? Des doutes l'assaillirent mais la prêtresse des Druides préféra chasser définitivement cette idée de sa tête. Galdor Fenril était respectueux et respectable. Il ne ferait jamais une mauvaise action envers la religion de ses contrées. L'imaginer faire souffrir quiconque lui semblait impossible voir insupportable...
Et puis, Mani était là, veillant au bien être de sa première fille, la Grande Prêtresse...

La réaction du monarque druidique coupa la respiration lente et mesurée de Melindaë. Bien que le visage de la jeune femme fût pâle, il devint soudain diaphane. Le Roi lui avait posée une question à laquelle elle ne sut trouver de réponse. La voix du souverain avait la même tonalité que celle de Melindaë lorsqu’elle s'était exprimée. Il était sincère et sa question semblait si innocente. Décontenancée par le regard que lui lançait son interlocuteur - un regard empreint de charme et de sincérité -, la jeune femme s'immergea à son tour dans les iris dorés de Galdor Fenril...
N'importe quelle femme censée aurait tentée d'arracher un baiser au monarque mais Melindaë préféra se délecter de ce moment intense, ayant l'impression d'être, avec le Roi des Druides, les seuls êtres sur le continent gwendirien. Un doux silence imprégnait la pièce. La prêtresse sentit qu'il était temps qu'elle donne une réponse au monarque. Mais avant qu'elle ne puisse dire une parole, la voix du Roi s'éleva à nouveau dans la pièce. Melindaë jugea qu'il n'attendait point de réponse de sa part...

Son ton était bas et ses mots puissant. Les paroles du Roi semblaient envoûter l'esprit de Melindaë. Ainsi, Galdor sentait son devoir comme un fardeau... Et ceci ne pouvait être que compréhensible. Prendre en main un royaume au bord de la crise, entrer dans l'histoire du continent du Gwendir alors que celui-ci était en crise n'était pas une tâche aisée. La prêtresse ressentit alors non pas de la pitié mais une vive compassion pour lui. Après tout, il n'avait pas réellement choisi son destin. Celui-ci s'était présenté à lui soudainement. Et malheureusement pour lui, une lourde décision s'était imposée... Néanmoins, Melindaë fut tracassée par un infime détail dans la réponse du monarque : la solitude qu'il ressentait. La jeune femme sentit alors qu'elle devait intervenir.

Votre Majesté, je compatis avec vous sur la tâche qui vous incombe mais je ne peux vous laisser dire que vous êtes seul. L'âme de Faldora Fenril, votre tante, veille sur vous éternellement. Et cette âme est accompagnée de la bienveillance de Mani, notre dieu tout-puissant. Jamais il ne vous laissera tomber... Vous êtes son premier fidèle !

Mais le Roi ne sembla pas entendre les paroles réconfortantes de sa prêtresse. Il était plongé dans ses pensées les plus intimes, semblait-il. D'ailleurs, son visage était tourné vers le vide abstrait de l'âtre flamboyant. C'est alors que le souverain reprit son discours, le regard toujours plongé dans l'ailleurs... Melindaë eut l'impression qu'une intimité soudaine s'était installée entre eux. Le Roi semblait confier ses craintes et celles de l'ancienne reine que jamais personne ne connut, à part Galdor. Puis il changea de position et un nouveau flot de paroles vint étreindre le cœur de la prêtresse. Pourquoi lui disait-il tout cela ? Peut-être un besoin de se justifier, ou tout simplement de se confier...

Ces dernières paroles étaient empreintes de tristesse. Melindaë aurait tant aimé le prendre dans ses bras, le réconforter et le rassurer, telle une mère et son enfant. Mais elle ne pouvait pas. Son rang le lui interdisait, de même que celui de son interlocuteur. Un certain remord s'installa en elle quelques instants. Comment pouvait-elle penser à l'éthique de leur relation alors que le Roi venait de lui ouvrir son cœur et lui parlait du risque de perdre Sudorna ? Elle se concentra à nouveau sur sa tâche et les paroles du monarque.

Suivre la volonté d'un être cher et disparu est une noble cause, mais suivre son cœur l'est encore plus...

Seul le crépitement du bois rongés par le feu brisait le silence à nouveau installé dans la pièce. C'est alors que le monarque des Druides sortit un pendentif de sous ses vêtements. Le bijou était magnifique. Melindaë le reconnut immédiatement. C'est alors que Galdor posa une question des plus réfléchies à la prêtresse qui lui répondit dans souffle amère...

Je le reconnais, votre Majesté, vous m'avez dignement piégée grâce à ce trésor inestimable venu des cieux. Je ne puis à présent vous refuser mon soutien, puisque Mani vous l'a déjà offert...

Le visage de la jeune femme esquissa un léger sourire crispé. Elle n'aimait pas se sentir prisonnière mais les propos du Roi n'offraient aucune échappatoire. Elle se devait de le suivre. Mani le souhaitait ainsi. Afin de limiter sa défaite face au discours du monarque, elle reporta son attention sur l'amulette qui pendait autour du cou gracile du souverain.

Tandil est égale à sa réputation... Une amulette tout droit descendu des cieux... Elle est magnifique Seigneur Fenril. Puis-je la contempler de plus près ? Une telle occasion ne se représentera pas de si tôt...

Elle se pencha alors vers l'amulette et tendit sa main droite vers celle-ci. Sur le point de la saisir, sa bague glissa soudainement de son doigt et atterrit aux pieds du souverain. La prêtresse n'osait plus bouger. A présent, elle ne pouvait plus douter : le monarque avait vu sa bague, offerte il y avait quelques années par son amant, source d'une idylle interdite par les textes sacrés...
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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne [Ne pas archiver]   Jeu 7 Mai 2009 - 16:43


Les paupières toujours closes, le monarque druidique écouta les douces et réconfortantes paroles de son hôte comme on écoute la friction de l'eau contre les rives d'un ruisseau. Justes, ses mots l'étaient indéniablement. Quelque part, au plus éloigné de sa perception, Galdor ressentait bien que quelque chose ou quelqu'un veillait sur lui constamment. Était-ce bien l'âme de sa tante et celle de Mani comme le lui faisait remarquer la Grande Prêtresse ? Il ne pouvait le confirmer ni le réprouver. Sa confiance naturelle l'amena tout de même à prendre en grande considération cet aveu car qui mieux que Melindaë pouvait percer les mystères de la vie et de la mort. En l'écoutant, elle avait à elle seule montrer que la solitude était une notion dénuée de fondements pour un roi.

Et elle avait bien raison. Aussi insensé qu'il pouvait être désigné par certains, Galdor n'en restait pas moins lié à son peuple. Un peuple qui se tenait encore à ses côtés malgré l'ombre grandissante qui pesait sur le futur.

A cette pensée, Galdor sentit la paix étendre ses longs doigts chauds et protecteurs sur sa poitrine avant de fondre et de se déverser dans ses entrailles. Ses grands yeux nappés d'une nuance mielleuse se rouvrirent lentement. Ses paupières clignèrent puis il tourna son visage vers celui de la prêtresse au moment où elle lui avouait, en toute humilité, avoir été piégé par ses propos sur Tandil et le lien étroit qu'elle nourrissait avec Mani.
    - Mon souhait n'était nullement de vous piéger, mais au contraire de vous offrir le reflet d'un regard tourmenté.
La voix de Galdor résonna avec une sincérité presque stupéfiante tant elle venait de prendre une intonation jusque là méconnue. Mais cela n'était vraisemblablement pas aussi étonnant que la demande faîte par la Grande Prêtresse, quelques instants plus tard. Tandil, l'amulette sacrée du peuple druidique, son joyau le plus précieux, voila un objet qui aurait pu figurer dans n'importe quelle requête. Cela n'étonna donc pas Galdor qui, dans un geste soigné, porta ses mains à son cou sans la moindre hésitation. Si Melindaë n'était pas une personne de confiance, il valait fort mieux pour lui de quitter ces lieux voir le royaume.

Mais alors qu'il s'apprêtait à remonter le collier auquel était attaché l'amulette, un fait troublant se produisit. Un tintement résonna dans la pièce, un tintement presque trop lourd pour n'être la chute que d'une broutille sans intérêt. Les yeux du monarque s'abaissèrent sur le sol mais sa position ne lui permit pas de voir l'objet. Ce n'est que lorsqu'il releva son regard vers son hôte qu'il réalisa que quelque chose s'était produit. Quelque chose qui venait soudainement de la redire. Intrigué, Galdor se pencha légèrement en avant sans quitter la jeune femme du regard. C'est alors qu'une lueur s'insinua dans le coin inférieur de son champ de vision. Irrésistiblement attiré par cette lueur, il ne tarda guère à découvrir un anneau étendu sur le sol.

Sans même éprouver le moindre effort de réflexion, il associa presque naturellement ce qui semblait être une bague à celle qui lui avait ouvert les portes du temple par cette nuit de pleine lune. Délicatement, il se pencha encore un peu plus en avant et attrapa la bague entre ses doigts. Il l'analysa le temps d'un bref instant avant de la ramener autour de l'annulaire de sa propriétaire, comprenant à ses contours qu'il devait s'agir d'un objet d'une très grande valeur sentimentale et par conséquent que cela allait à l'encontre des lois établis pour quelqu'un de son rang. Ce qui expliquait ce soudain raidissement de sa part. Lui qui était allé à l'encontre de ses mêmes lois en se rangeant du côté des Impériaux ne la jugea pas, il se contenta au contraire de sourire en replaçant la bague sur sa main.
    - L'homme qui vous a offert cette oeuvre doit compter parmi les plus heureux de ce monde.
Même s'il savait cette possibilité interdite, Galdor avait toujours hautement considéré les nobles causes, surtout quand elles avaient attrait aux sentiments les plus profonds. Aussi ne s'arrêta-t-il qu'à cette seule pensée. Pensée qui lui dictait sans détour que l'homme qui avait réussi à dépasser les lois pour aimer cette femme merveilleuse, méritait bien tout le bonheur du monde auprès d'elle.

Si seulement il avait connu l'histoire de ces amants interdits ... alors probablement n'aurait-il pas prononcé les mêmes mots que ceux qu'il venait d'offrir à la jeune femme.

Finalement, au terme d'un silence relatif, Galdor s'empara de l'amulette - jugeant que l'attente avait assez duré - puis il la déposa délicatement entre les mains de la prêtresse. Les yeux fixés sur ces dernières, il ajouta sur un ton plus voluptueux encore.
    - Tenez, contempler-la à votre guise, car n'aurait-elle pas put trônée autour de votre cou si vous n'étiez Grande Prêtresse et moi Roi ? Je le crois ... une grande Reine vous seriez si vous n'étiez pas tenue par vos présents engagements.
La sincérité dans ce qu'elle avait sans doute de plus surprenant ... l'audace d'un roi qui ne répondait à aucuns des noms que les plus réfractaires lui portaient.
    - Oui je le crois ...
Ajouta-t-il simplement en logeant son regard dans le sien.

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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne [Ne pas archiver]   Mar 26 Mai 2009 - 17:50

Le son de la bague fit un léger tintement sur sol froid de la pièce. Mais il fut assez audible pour que le Roi des Druides l’entende. Celui-ci tourna alors le visage vers la petite masse brillante qui traînait sur le sol. Il se pencha ensuite et la ramassa. L’objet semblait être un petit trésor entre ses doigts. Après l’avoir brièvement admiré, le Roi la tendit à la prêtresse. Celle-ci avança sa main. Lorsqu’il la lui prit et qu’il glissa la bague à son annulaire, un léger fourmillement s’empara de Melindaë au contact de la paume de Galdor… Une étrange sensation qu’elle n’avait plus eue depuis de nombreuses années.

La signification de cette bague n’échappa pas au regard fin et délicat du monarque. Dans toute sa bienveillance, il flatta la chance de celui qui avait su conquérir le cœur de la prêtresse. Hélas, ceci était un lointain souvenir pour la jeune femme. Cela faisait à présent trois ans que son Amandil avait disparu. Suite à la nomination de Melindaë au rang de Grande Prêtresse, le jeune amant, condamné par la maladie, s’était donné la mort en se jetant dans les eaux glacées de l’océan nordique qui bordaient le continent. Trois ans de deuil et de pénitence… Un temps bien trop long à présent. Le courroux de Mani s’était éteint comme la flamme qui animait le cœur de Melindaë pour son amant.

Hélas, Seigneur Fenril, cet homme a disparu depuis trois ans maintenant. Les entailles faites à mon cœur se sont ressoudées avec le temps et grâce au pardon de Mani. L’être humain est imparfait. Et même les plus hautes instances religieuses peuvent commettre le péché. Les erreurs du passé nous apprennent à avancer et à connaître nos faiblesses…

Le regard dans le vague, Melindaë reprit son lent monologue. Le monarque avait percé son secret. Il était le seul à savoir. La prêtresse ne vit donc plus aucune raison de se taire. Si elle devait se délivrer de certaines paroles, alors, le roi serait son confident.

Cette bague n’est plus qu’un souvenir. Plus aucun sentiment ne s’attache à elle… Mon cœur et mon esprit sont libres. A présent, je peux enfin me consacrer à ma tâche ultime : accompagner le peuple dans cette lutte et leur faire garder la foi en Mani, notre dieu tout-puissant.

La Grande Prêtresse avait parlé avec le cœur. Elle portait une grande estime au Roi. Et le fait qu’il garde le silence sur ces anciennes actions ne pouvait qu’attendrir Melindaë. Cet homme impassible, dont les lourdes responsabilités pesaient déjà sur ses frêles épaules, gardait en plus le plus grand secret de la plus fidèle fille de Mani… Une question troubla alors la jeune femme. Pourquoi un tel acte ? Après tout, elle n’avait pas eu de plus amples relations avec lui que les affaires religieuses du royaume. Ne sachant comment formuler ses vœux de remerciement, la jeune femme choisit le silence. Elle se renfonça dans son siège, fixant les flammes qui tournoyaient dans l’âtre d’un air pensif.

Au bout de quelques instants, le Roi retira son médaillon et le logea au creux des paumes pâles et douces de Melindaë. L’objet était lisse. Un or blanc si parfait ne pouvait venir que des cieux. Il brillait de mille feux, éclairant le regard émerveillé de la prêtresse. Le monarque prononça alors des paroles qui troublèrent instantanément l’esprit de la jeune femme. Une grande reine. Melindaë, sans son statut de prêtresse, aurait très certainement pu être aux côtés du monarque. Ces révélations l’éclairèrent alors sur les motivations qui poussaient le roi à garder son secret.

Lui… elle… était-ce possible ? Un brouillard épais s’était installé dans son esprit. Son cœur battait à tout rompre d’autant plus que le regard du monarque était plongé dans le sien. Comment réagir ? Que lui répondre ? Attendait-il une réponse ? Après quelques balbutiements, la prêtresse réussit à retrouver son calme. Le souffle profond, les joues empourprées, elle ne délogea pas son regard des yeux mielleux et intenses du roi.

Vous m’en voyez flatté, votre Majesté. Diriger un peuple si grand aux côtés d’un roi exceptionnel, n’est-ce pas le rêve de toute jeune femme… Mais je dois vous avouer, que mon plus grand honneur, est d’avoir atteint votre cœur… réputé intouchable. Mani se plait-il à corrompre deux cœurs impossibles à réunir à cause du rang de chacun d’entre eux ? A moins que…

D’un geste symbolique, Melindaë remit le pendentif autour du cou du Roi. Elle posa ensuite délicatement un baiser sur le front du monarque et se pencha à son oreille. D’une voix basse et douce, un flot poétique se déversa entre les deux âmes.

A l’aube du dernier jour
de ces fureurs belliqueuses,
mon cœur sera tiens
pour le reste de
l’éternité.


Et dans un léger froissement d’étoffe, la prêtresse fit une révérence et quitta la pièce en direction du Bastion de sa démarche gracieuse, laissant le Roi seul dans la pénombre de la pièce.
A l’extérieur, la Lune éclairait les contrées druidiques d’une lumière apaisante. On aurait dit que Mani souriait au monde…
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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne [Ne pas archiver]   Mer 27 Mai 2009 - 10:07

{Rp terminé}
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