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 A la recherche d'informations [libre]

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Loran Kellac
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MessageSujet: A la recherche d'informations [libre]   Mar 11 Mar 2008 - 19:36

Premier jour de la 8ème semaine de l'an 835, 7h30


Glad était agité, ce matin : il n’arrêtait pas de s’ébrouer dans l’air frais, renâclent à grand bruit. Son cavalier posa sur la nuque de l’étalon une main apaisante, sans pour autant le faire s’avancer. Immobile, surplombant le marché d’Yswllyra qui commençait à devenir plus qu’animé, Loran observait la foule sans mot dire, se contentant de calmer son fougueux compagnon de sa main gantée. Voilà près d’une semaine que le règne du seigneur Ardosis avait pris un nouveau tournant, et le jeune homme avait été contraint de rester dans la cité pour veiller à ce que les troubles n’éclatent pas, alors que d’autres soldats étaient envoyés aux quatre coins du pays.

A dire vrai, Loran avait pris cet ordre pour une punition. Rester cloîtré dans la cité, alors qu’il se passait tant de choses dehors ! Depuis qu’il avait reçu son ordre de mission, le capitaine était d’une humeur noire, remâchant sa rancœur. Qu’avait-il fait pour mériter un tel sort ? Il ne s’était rien passé de particulier pourtant, ces dernières semaines, rien du moins qui ne justifie une pareille punition. Mais enfin, c’était les ordres, et il avait obéi sans rechigner.

Sentant un mouvement derrière lui, il laissa Glad faire un écart avant de se retourner. Quatre de ses hommes l’accompagnaient ce matin, tous aussi maussades que lui. Décidément, protéger la cité impériale n’était pas le boulot le plus intéressant du monde, mais il fallait bien faire la sale besogne. Adressant un léger sourire à ses compagnons, Loran sentait son humeur s’éclairer petit à petit. Enfin, il n’était pas tous seul, et certains étaient encore plus mal lotis que lui. D’une pression des rênes, il fit avancer l’étalon vers les gardes réunis, avant de sauter souplement à terre et de tendre les guides à l’un de ses subordonnés.

Je descends en ville, et je passerais plus inaperçu tout seul. Vous pouvez rentrer, notre patrouille est terminée.

Il leva la main pour interrompre la protestation d’un des soldats, avant de rabattre le capuchon de sa cape sur sa tête, masquant par la même occasion son tabard de soldat et ses cheveux blonds.

Marcher un peu me fera du bien, et Glad est bien trop énervé pour rester encore longtemps ici. Ramenez-le à l’écurie, un des lads s’occupera de lui.

Loran se détourna sans plus attendre, certain d’être obéi. Ses hommes, même s’ils n’étaient ses hommes que depuis un mois tout au plus, respectait leur chef, le respectait, et ne discuteraient pas. L’étalon devait sûrement être transi de froid pour s’agiter ainsi, à moins qu’il ait senti l’odeur d’une jument dans le vent tempétueux. Quoiqu’il en soit, les hommes aussi devaient être frigorifiés, et ça ne leur ferait pas de mal de boire un verre de vin chaud dans les cuisines royales. Quand à lui, il avait encore à faire ici, et il pourrait toujours se détendre plus tard.

Sifflotant un air à la mode, ses mains gantées de cuir fourrées dans ses poches, le jeune homme descendit de son poste d’observation et entra dans le quartier commerçant. Il aimait bien se mêler à la foule, caché par sa capuche, et observer les réactions et les idées du peuple. Les gens disaient des milliers de choses compromettantes quand ils se croyaient en sécurité, et ainsi accoutré, le jeune homme ne risquait pas d’être découvert. Son visage ne devait rien dire à la majorité des gens, et la seule façon de le reconnaître était d’entrevoir son uniforme sous sa cape.

Un moment, Loran songea à aller se réchauffer dans l’une des tavernes qui bordaient le marché, mais son attention fut attirée par un petit groupe de personnes qui semblaient discuter ardemment. S’approchant discrètement, le capitaine constata bien vite qu’ils ne faisaient que disputer d’une affaire sur les cours du grain d’orge. Rien de bien intéressant pour lui, en somme.

Continuant son petit tour au hasard des ruelles, le jeune humain se déplaçait sans but aucun, laissant traîner ses oreilles sans avoir l’air d’y toucher. Arrêté près d’un marchand d’étoffe, ses yeux bruns saisirent soudain quelque chose d’un peu plus intéressant que l’évolution monétaire du cours de l’orge.
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Telak Firdor
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Sam 15 Mar 2008 - 18:42

Telak dormait d’un sommeil léger, confortablement installé dans un fauteuil moelleux et doux. Il se trouvait au dernier étage de la Tour Sombre, nommé l’Observatoire, réservé au Roi et à quelques élus. Il s’était assoupi alors qu’il lisait un manuscrit que le Seigneur Nordique lui avait demandé de consulter, et qu’il trouvait particulièrement ennuyeux. Un long croassement, grave et puissant, le tira de sa rêverie. Telak ouvrit un oeil et vit Hugin, le corbeau qui le suivait désormais partout, perché sur la table qui faisait face au fauteuil où il se reposait. L’oiseau le fixait de ses yeux brillants. Le jeune page s’étira longuement et glissa hors de son siège, bras droit en avant, pour que Hugin vienne s’y poser. Une fois posé sur le membre de Telak, l’animal croassa une nouvelle fois et la main frêle du garçon vint lui caresser le sommet du crâne. Le jeune page se dirigea vers une des fenêtres de la pièce pour observer l’extérieur. Hugin quitta son bras pour son épaule et Telak en profita pour poser ses coudes sur le rebord de la fenêtre et pour glisser son menton dans ses mains, ses longs doigts s’enfonçant dans ses joues. Au dehors, le brouillard matinal se dissipait et la ville commençait à s’éveiller. Le quartier commerçant voyait déjà ses places occupées par des marchands venus de tout le Gwendir pour vendre leurs produits. Telak soupira. Encore une journée ennuyeuse s’annonçait. Hugin quitta son épaule et se mit à voler en cercles dans la pièce, croassant de plus en plus fort. Le jeune homme détourna son attention de la fenêtre, et traversa la pièce en direction de la sortie. Il ouvrit la porte, s’engouffra dans le couloir et verrouilla l’entrée une fois que le corbeau eut quitté l’Observatoire. Puis il descendit les interminables escaliers, pour sortir de la Tour Sombre, toujours suivi par Hugin.

L’air vivifiant du petit matin fouetta son maigre visage, ce qui finit de le réveiller. Il releva sa capuche, et décida d’aller faire un tour en ville, pour voir ce que racontait la population. Hugin vint se poser à nouveau sur son épaule, et lorsque Telak passa devant la caserne, l’animal poussa un cri strident. Telak tourna la tête en direction du lieu d’habitation des Soldats impériaux, puis les yeux brillants de malice, ordonna à Hugin de se taire, en posant un doigt sur ses lèvres. « Chssst » Le corbeau se tut et les deux complices repartirent. Telak déambula le long des rues de la basse ville, et se trouva bientôt au coeur de la cité impériale : le quartier commerçant. La plupart des personnes qui s’y trouvaient, étaient là pour marchander et ne remarquèrent donc pas la présence du jeune garçon. Mais les rares citoyens qui le virent, affichèrent des mines sombres et inquiètes. Poigne Dure, comme ils le surnommaient, n’était pas très aimé par ici. Indifférent, il continuait d’errer dans les rues commerçantes, quand son regard se posa sur un homme encapuchonné, d’assez grande taille, lui tournant le dos. Il semblait observer un groupe de citoyens posés un peu plus loin. Les yeux pétillants, Telak chuchota à son corbeau :

On dirait que le Capitaine a décidé de faire une petite promenade matinale, pas vrai Hugin? Et si nous allions voir ce qui l’amène ici?

Le corbeau croassa et Telak s’avança vers le Capitaine, et se posa à quelques mètres de lui. Il adopta la même posture et regarda dans la même direction. Et le jeune page se doutait que le sixième sens du soldat le ferait tourner la tête dans sa direction. En attendant, il observa ce qui intriguait le Capitaine.
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Sam 15 Mar 2008 - 20:15

Loran furetait sans trop avoir l’air d’y toucher, mais pourtant, ses yeux et ses oreilles étaient bien ouverts. Il observait avec attention un groupe de jeunes gens, regroupé autour d’une demoiselle qui semblait rire aux éclats, en réponse certainement à la plaisanterie de l’un d’entre eux. Le capitaine observait avec un demi-sourire les minauderies de la demoiselle, se demandant s’il devait intervenir ou non.

Les garçons devaient avoir 16 ou 17 ans, guère plus. Fils de petits nobliaux, Loran les avait déjà croisé assez de fois pour savoir qu’ils ne représentaient en aucun cas une menace pour la sûreté de la cité. Ces petits imbéciles prétentieux… non, pour s’essayer à trahir, il fallait être bien plus intelligents que tout ce petit groupe réuni. La fille, elle l’inquiétait d’avantage.

Car il la connaissait, parfaitement bien même. Une fort jolie demoiselle, si pleine d’énergie… disons que la seule menace qu’elle représentait, c’était la ruine de ces gentilshommes. Le capitaine observa donc son manège, caché sous sa cape, admirant au passage avec quel charme elle savait manipuler les gamins qui se trouvaient avec elle. Enfin, il n’était pas là pour ça.

Le marché commençait à s’animer, et bientôt, on aurait du mal à se déplacer dans les rues. Parfait, c’est ce qu’il recherchait. Mais il doutait d’apprendre grand-chose : les ragots du jour n’étaient pas vraiment de grandes nouvelles. La populace parlait beaucoup, certes, mais les nouvelles avaient vite tendance à être épuisées, question nouveauté. Loran allait donc tourner les talons quand il sentit sa nuque le démanger. S’il y a une chose que les soldats apprennent dès qu’ils sont en âge de tenir une épée, c’est bien qu’il faut se fier à ses intuitions. Le jeune homme, pourtant, ne se tourna pas tout de suite : glissant la main dans sa cape, il vérifia la présence de son épée, ainsi que sa capacité à la sortir immédiatement en cas de danger. Puis il pivota lentement, cherchant dans la foule la cause de son malaise.

Et il le vit, là, à quelques pas de lui, observant le même groupe de jeunes gens qu’il observait quelques secondes auparavant. Telak. Le protégé du Roi, son fils adoptif, d’ailleurs. Le capitaine hésita sur la conduite à tenir : le garçon n’était guère aimé, tant des habitants que des soldats, d’ailleurs. Il avait quelque chose dans les yeux, quelque chose dans son expression, qui mettait les gens mal à l’aise en sa présence. Nul n’ignorait les nombreuses rumeurs qui courraient à son sujet, ainsi que le vilain surnom qu’on lui avait donné.

Quand à lui, il ne savait trop quelle attitude adopter. Heureusement, en tant qu’officier subalterne, il avait rarement l’occasion d’être introduit en présence du Roi et de son protégé. Ca ne lui déplaisait pas, car il sentait quelque chose de bizarre chez Telak. Son indifférence continuelle, son habitude de ne parler qu’à mots comptés… aucun doute, il était bien trop différent de lui pour l’apprécier. Il avait peut-être tort, ça, mais il ne pouvait se défendre d’un sentiment de défiance à l’égard de l’adolescent. Qui n’en était sûrement pas dupe, d’ailleurs, il devait bien savoir les sentiments qu’il provoquait chez les gens.

Enfin, l’adolescent l’avait vu, c’était évident, et il attendait sûrement un geste de sa part. D’un pas nonchalant, Loran se rapprocha et se pencha vers lui, laissant glisser sa capuche. Il prit la parole, murmurant toutefois assez bas pour que nul autre que le destinataire n’entende ses paroles.

Messire, vous ne devriez pas traîner seul sur le marché. Quelques âmes mal intentionnées pourraient venir interrompre votre promenade.

La voix de Loran était polie, assez froide sans doute, mais il ne pouvait cacher son irritation. Le Roi avait une très étrange façon de traiter le garçon. Etant à peu près du même âge que le prince Siran, le jeune homme avait vu comment le Roi traitait son fils. Mais cet orphelin… Ardiosis s’en était entiché, au point même de vouloir l’avoir toujours à ses côtés. Il ne pouvait guère lui ordonner de rentrer, pourtant… les jeunes nobles n’obéissent pas à un capitaine des armées, les fils de Roi, encore moins.

Pourtant, Loran avait du mal à donner au jeune homme le titre de Prince. Etant le fils adoptif du Roi, il ignorait quel titre de noblesse lui donner. Ce garçon n’avait pas la carrure d’un prince, n’avait pas la noblesse qui caractérisait Ardiosis et son fils unique. Il n’était pas… Loran se débattait avec des principes politiques qui le dépassaient, mais en aucun cas, il n’aurait voulu donner du «Prince » à cet orphelin.

Leur bref échange n’avait pas suscité l’intérêt des passants, mais pourtant, Loran se méfiait. Les gens dangereux étaient capables de beaucoup de choses, et l’attachement de l’Empereur à ce garçon en faisait une cible de choix. Et même si Poigne Dure, ainsi que les petites gens le surnommaient, était sans doute capable de se défendre tout seul, le capitaine ne pouvait prendre ce risque. Même s’il aurait mille fois préféré ne pas être à proximité de cet étrange gamin.
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Telak Firdor
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Sam 15 Mar 2008 - 21:19

Avec un air faussement narquois, Telak observa le petit groupe de jeunes gens qui riaient et s’amusaient. En apparence, ils ne semblaient guère plus vieux que le page du Roi. Une jeune femme, au centre du groupe, s’esclaffait, jouant de ses charmes pour ravir les hommes qui l’entouraient. Ce spectacle captivait Telak qui caressait machinalement le bec de son oiseau. Tant d’impudeur et de désinvolture émanait de la demoiselle que le jeune page ne put cesser son observation, se délectant chaque fois qu’il pouvait évaluer la diversité humaine ... Comme il l’avait prévu, le Soldat au haut grade sentit rapidement sa présence derrière lui, et il fit un mouvement furtif, à peine décelable, pour mettre sa main dans son manteau. Telak comprit qu’il vérifiait si son arme était bien accessible en cas de dérapage. Après tout, il ne s’était pas encore retourné et ne pouvait jauger son adversaire. Mieux valait être prudent. Puis, il se tourna lentement et il vit Telak qui regardait toujours le petit groupe de jeunes gens, avec son perpétuel air d’indifférence. Le jeune page se détourna du spectacle et plongea ses yeux dans ceux du Capitaine, et sans un sourire, il lança un « Bonjour Capitaine ». Ce dernier s’approcha du jeune homme et lui glissa quelques mots, avec un soupçon d’irritation dans le timbre de la voix. Apparemment, être en présence de Telak ne l’enchantait guère, comme la plupart des gens. Le jeune homme était l’objet de nombreuses rumeurs, toutes plus étranges les unes que les autres, ce qui alimentait le mystère qui planait autour de lui. Mais il ne pouvait en vouloir au Capitaine. Après tout, il était normal de ne pas apprécier un garçon qui avait volé la place du prince légitime, en accaparant toute l’attention de son père, le Roi. Cependant, Telak aurait donné beaucoup pour ne pas être le sujet de tant de convoitise de la part du Seigneur Nordique. Au ton que prit Telak, on ne pouvait savoir s’il se moquait du Capitaine ou s’il le remerciait véritablement, ce qui n’atténua pas le malaise que pouvait ressentir le soldat en sa présence :

Vous vous préoccupez de ma sécurité, sir Kellac ? Je dois bien avouer qu’à part le Seigneur Bennefoy, personne ne s’occupe guère de ce qui peut m’arriver. Mais pour tout vous avouer, Capitaine, les gens ne m’aiment pas. Pis encore, ils ne craignent et me fuient. Alors n’ayez aucune crainte pour moi.


Comme pour confirmer les dires du page, Hugin croassa longuement. Telak lui donna quelques petits coups sur le bec, pour qu’il cesse son vacarme. En guise de réponse, le corbeau claqua son bec à plusieurs reprises et s’envola pour disparaître du champ de vision des deux hommes qui le regardait partir. Telak haussa les épaules et regarda à nouveau de Capitaine, sans rien dire, sans expression aucune. Cette observation qui s’éternisait, mettait généralement les individus mal à l‘aise, et c’était aisément compréhensible. Puis comme mettre fin à un supplice, la voix de Telak se fit à nouveau entendre :

Eh bien, Capitaine, que diriez vous de me raccompagner, du moins jusqu’à la Basse Ville, si vous craignez pour ma sécurité?
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Dim 16 Mar 2008 - 16:40

Le regard avec lequel le jeune homme observait le petit groupe… un regard indifférent, scrutateur pourtant, comme s’il se nourrissait des émotions de ces gens. Comme s’il les enviait aussi, en un sens. Loran sentit un frisson lui parcourir l’échine devant ce regard si étrange, avant de se raisonner. Lui, un soldat, qu’avait-il à craindre d’un jeune homme, si étrange soit-il ? Il avait vu mourir des êtres humains, il en avait lui-même tué quelques uns, et le regard d’un adolescent le ferait défaillir ?

Allons, il n’avait plus l’âge de Tomin pour croire encore aux légendes et aux rumeurs. Il était un homme maintenant, plus un gamin apeuré. Même s’il ne pouvait se défendre d’une certaine défiance envers le fils adoptif du Roi, il ne devait pas être intimidé par ce gamin qui, par certains côtés, faisait beaucoup plus âgé que lui. Mais parfois, le cerveau peut bien dicter une chose, l’inconscient, lui, n’est pas forcément d’accord. Loran n’avait pas répondu au salut du jeune homme, et la note froide qu’il distinguait dans sa propre voix l’énerva un peu. S’il n’était pas capable de dissimuler ses sentiments à l’égard de ce jeune homme, cela finirait par lui jouer des tours.

Telak répondit finalement, sans que le capitaine ne puisse déterminer si l’adolescent se moquait de lui ou non. Enfin, au moins, il était conscient des réactions qu’il provoquait. Mais être le témoin privilégié de cette constatation n’enchanta pas Loran, loin de là. Repensant à nouveau qu’il aurait mille fois préféré se retrouver n’importe où ailleurs, le jeune homme répondit pourtant.

Oui, Messire. Il est de mon devoir de veiller à ce qu’il ne vous arrive rien.

Sa voix était indifférente, mais on ne pouvait ignorer le sous-entendu. Son devoir. Ni un plaisir, ni un honneur, non, rien que le devoir. Si sa loyauté n’allait pas au Roi, nul doute que Loran n’aurait pas adressé la parole à cet orphelin. Mais il était le fils adoptif d’Ardiosis, et donc, un membre de la famille royale. Le premier devoir d’un soldat était de veiller à défendre son souverain, et ses descendants… les sentiments n’entraient pas en ligne de compte.

Pourtant, Loran s’était crispé à l’écoute des paroles du jeune homme. Nul ne se souciait de sa sécurité, sinon le Roi. Telak avait-il utilisé le nom du souverain pour lui rappeler quelles étaient leurs places respectives ? Peut-être pas, peut-être que Loran cherchait un peu trop une quelconque ironie dans les paroles de l’adolescent. Et puis cette tirade sur le fait que les gens ne l’aimaient pas… était-elle là pour démontrer au capitaine qu’il savait qu’il ne l’aimait pas ?

En même temps, Loran n’avait rien d’un courtisan. Lécher les bottes, faire des flatteries, ça n’avait jamais été son truc. Il était trop honnête, trop naïf aussi sans doute, pour agir de cette façon. Et jamais il n’avait fait mine de vouloir entrer dans les bonnes grâces de l’orphelin. Autant il admirait Siran, autant Telak ne lui inspirait que le rejet. Mais le devoir est le devoir, et qu’il soit agréable ou non, Loran le ferait sans broncher.

Le corbeau, perché sur l’épaule du jeune homme, émit quelques croassements lugubres avant de prendre son envol, suivi du regard par le jeune homme et l’adolescent. Loran le regarda un moment prendre son essor, s’élevant rapidement dans le ciel qui s’éclaircissait Encore. Sûrement qu’une bonne journée s’annonçait, une journée ensoleillée. Dommage pour le capitaine, d’ailleurs, car il avait patrouillé toute la nuit, et ne profiterait guère du soleil, s’il dormait à poings fermés dans les quartiers de la garnison.

Puis Telak tourna son regard vers lui. Loran resta quelques secondes encore à observer le ciel, mais maintenant que le corbeau avait disparu, il n’avait aucune raison valable de ne pas croiser le regard de son jeune seigneur, dont il sentait l’étrange regard posé sur lui. Sans mot dire, le capitaine tourna ses yeux bruns sur l’adolescent, croisant quelques secondes son regard avant de baisser les yeux, observant avec une grande attention le bout de ses bottes. Elles étaient poussiéreuses, avec cette nuit passée à cheval, il devrait penser à les cirer en rentrant. Il n’osa pas relever les yeux, cependant, inquiet que son attitude défiante ne soit transmise aux oreilles de ses supérieurs. Après tout, Telak était le fils adoptif du Roi, et ce n’était pas un homme à défier.

Le jeune homme reprit la parole, abrégeant ainsi le supplice du capitaine. Qu’est-ce qu’il pouvait détester ces moments ! Il se sentait mieux à la caserne, parmi ses hommes, plutôt que de se tenir à la disposition d’un membre de la cour. L’adolescent lui proposer de le raccompagner, s’il craignait temps pour sa sécurité. C’était une proposition, certes… Mais Loran ne pouvait la décliner. Une demande du fils adoptif du Roi était un ordre, et le capitaine ne l’entendit pas autrement. Son lit devrait attendre un peu, sa faim aussi. Il releva la tête avant de répondre :

Bien Messire.

Il n’ajouta rien, cependant, il était curieux. Qu’avait à faire le Prince dans la Basse Ville ? Il lui aurait bien posé la question, mais… il ne se serrait pas permit un tel manque de respect.
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Lun 17 Mar 2008 - 7:58

Le regard du Capitaine se faisait fuyant, évitant soigneusement de plonger ses yeux dans ceux de Telak plus de quelques secondes. Le jeune page se demanda s'il n'intimidait pas le soldat. Bien sûr que non, le Capitaine n'avait aucune crainte concernant le jeune homme. Il était simplement mal à l'aise en le regardant. Beaucoup de personnes l'étaient face à Telak. Sans doute à cause de son indifférence, de son regard malveillant et de son statut de fils adopté. Mais l'adolescent refusé ce titre que les gens semblaient lui donner facilement, sans pour autant le considérer digne de l'être. Ah ! Ce petit peuple était décidément bien sot ! La moindre rumeur était aspirée, puis disséquée et enfin transformée. Aspirée parce qu'elle se propageait à une vitesse incroyable, disséquée parce qu'elle était retournée sous toutes les coutures, et enfin transformée car la première version n'était pas jugée assez terrifiante. Telak avait d'abord été la source des pouvoirs du Seigneur Bennefoy, puis rapidement, il devint le messager de Loki pour devenir l'incarnation du dieu lui même ! Ah ! Les petites gens avaient une imagination débordante ! Avec un soupçon d'irritation dans le timbre de la voix, le Capitaine répondit que c'était son devoir de protéger la famille royale, et donc de veiller à sa sécurité. Telak lança un regard froid et blasé, avec cette expression particulièrement neutre qui le rendait si étrange, au soldat, tout en expliquant :

Votre devoir, bien sûr ... quoi d'autre ?


L'adolescent détourna son regard de Loran pour observer à nouveau le petit groupe de jeunes gens. La demoiselle était désormais aussi impudique qu'une fille de joie : elle avait passé ses bras autour du cou d'un des jeunes nobles, et se pavanait à outrance avec une espèce de rire niais. Puis, le page du roi ramena son attention au soldat. Il lui proposa de l'accompagner, et plus par devoir et par politesse que par réelle envie, ce dernier répondit par l'affirmatif. Telak soupira comme s'il regrettait déjà sa proposition, ce qui n'échappa pas au regard de Loran. En réalité, l'adolescent trouvait désormais que le capitaine serait un boulet qu'il devrait traîner puisque celui-ci n'avait pas l'air d'apprécier sa compagnie. Telak aurait préféré une réponse plus franche, mais il se doutait que le capitaine ne voulait pas s'attirer d'ennuis en laissant partir seul le nouveau protégé du Roi, dans les dédales de la Basse Ville. Telak détestait cette espèce d'hypocrisie mal cachée, sachant pertinemment que le capitaine Loran préférait être loin de lui. C'est d'un pas rapide que Telak commença à marcher, en direction de la Basse Ville, suivi de près par Loran.

Je suggère que nous ne traînions pas : plus vite je serai arrivé à la basse ville, moins vous aurez à souffrir de ma compagnie.

Lançant un regard en coin au Capitaine, Telak vit l'air incrédule qu'il affichait, ce qui ne manqua pas de faire sourire à moitié le jeune garçon. Sacré capitaine ! Tant de clairvoyance de la part du petit orphelin devait l'agacer au plus haut point. Au fond, il n'était pas méchant. Telak l'aimait bien d'ailleurs, même si on ne pouvait en dire autant pour le soldat. Il parlerait peut être favorablement de lui au Roi ... ou peut être pas. Qui sait ?
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Lun 17 Mar 2008 - 13:53

Loran ignorait si l’adolescent s’amusait de son attitude, ou s’il en prenait ombrage. Il faut dire que les expressions de Telak n’étaient pas des plus faciles à déchiffrer : son visage neutre était presque continuellement fermé, et bien savait dire ce qui l’amusait ou pas. Mais le capitaine ne savait absolument pas comment se comporter en sa présence, et bien que ses réponses ne soient un brin hypocrite, il ne voulait pas aller plus loin. Après tout, ce jeune homme devait bien souffrir d’être ainsi rejeté par le peuple, craint par tous… non ?

Pourtant, sa phrase sonnait comme un dépit, malgré le ton neutre que l’adolescent avait adopté. Plus dans les termes que dans le ton, aussi, Loran n’osa pas répondre. Qu’aurait-il pu dire, de toute façon ? Nier qu’il l’accompagnait uniquement parce qu’il le devait ? Ca n’aurait plus été une hypocrisie, mais un mensonge, et on ne ment pas au fils du Roi, qu’il soit adopté ou pas, qu’il soit étrange ou pas. Le capitaine tourna ses yeux vers le jeune homme, qui observait le petit groupe de jeunes gens. Loran réprima un sourire : la jeune femme était passé à l’attaque, ses bras fins passés autour du cou d’un des jeunes nobles. Il s’était fait avoir, lui aussi, sous le charme de ses magnifiques atouts… avant de se faire dépouiller. Mais il n’allait pas intervenir, après tout, une bonne leçon ne ferait certainement pas de mal à ces imbéciles.

Loran avait répondu par l’affirmative à la question de Telak, qui reporta ses yeux sur lui en soupirant, de façon à ce que cela n’échappe pas au soldat. S’il avait fait ça dans le but de le mettre encore plus mal à l’aise, et bien, c’était réussi. Loran n’appréciait guère cette petite séance de torture morale, mais laisser le jeune homme seul n’aurait pas été une brillante idée. Il se demanda pourtant pourquoi il lui avait fait cette proposition : Aucun d’eux ne s’appréciaient, du moins, Loran ne pensait pas avoir assez fréquenté le jeune homme pour que celui-ci puisse dire qu’il l’appréciait. Alors, pourquoi avoir demandé ? Par obligation, tout comme Loran avait été obligé d’accepter ?

Telak tourna les talons, et le capitaine lui emboîta le pas. Il était toujours curieux de leur destination, mais si l’adolescent n’abordait pas le sujet, Loran ne voyait pas trop comment le faire à sa place. C’est le moment que choisi le jeune homme pour prendre la parole, surprenant le soldat qui lui lança un regard incrédule. S’il savait, pourquoi, alors, demeurait-il en sa compagnie ? Il aurait été si facile pour le fils adoptif du roi de se débarrasser de sa compagnie, ou du moins, d’ordonner au capitaine de rester quelques pas derrière. S’il savait les sentiments qu’éprouvait Loran, pourquoi accepter de faire le trajet avec lui ?

Les méandres des manières de la cour et de leur hypocrisie à peine voilée commençaient à taper sur les nerfs du jeune capitaine. Mais que pouvait-il répondre ? Entre le mensonge et l’hypocrisie, il avait à faire un choix, car Telak attendait sûrement une réponse. A moins que non, allez savoir. Le soldat pressa un peu le pas, de façon à se rapprocher de Telak, et répondit d’une voix qu’il espérait neutre :

Monseigneur, je… Pardonnez moi si vous avez eu l’impression que votre compagnie m’était pesante. Je viens de rentrer de patrouille, et je dois avouer que l’idée de manger quelque chose de chaud est une perspective plus attrayante que celle de vous accompagner dans la Basse Ville.
Cependant, ce n’est pas pour autant que votre compagnie me déplait, je vous l’assure.


Finalement, il avait opté pour déguiser une partie de la vérité. C’est vrai qu’un plat chaud était pour l’instant sa plus grande préoccupation. Celle de dormir aussi, d’ailleurs. Il ne mentait pas vraiment non plus en disant que la compagnie de Telak ne lui déplaisait pas. Bon, c’est vrai que l’étrange attitude du jeune homme le mettait mal à l’aise, et qu'il n'était pas sur de l'apprécier, mais il y avait une question qu’il voulait lui poser, depuis un moment déjà.

Les deux jeunes hommes ne se fréquentaient guère, aussi cette longue marche jusqu’aux quartiers des habitations étaient l’occasion pour Loran de poser sa question. Enfin, à dire vrai, il en avait beaucoup qui lui trottaient dans la tête, du genre qui était-il, et d’où venait-il. Les rumeurs racontaient qu’il avait perdu la mémoire avant qu’Ardiosis ne le découvre. Les rumeurs… elles étaient si nombreuses au sujet de Telak que le capitaine avait du mal à en tenir le compte. Pourtant, sa question ne portait en rien sur un sujet aussi sensible, du moins, il l’espérait.
Les yeux baissés, Loran finit par les poser sur Telak, reprenant la parole.

Messire, il y a une question que je voudrais vous posez. Pardonnez ma franchise, mais…

Il attendit un signe montrant que Telak l’autorisait à continuer avant d’aborder le vif du sujet

J’ai été quelques temps l’apprenti de Sir Byron, qui s’occupe des messages du Roi. C’est un passionné d’oisellerie, qui me faisait partager quelques fois son savoir. Il m’a raconté que les corbeaux étaient des animaux vifs et intelligents, plus fidèles à son maître qu’un chien. Seulement, en raison même de cette intelligence, ils sont très durs à apprivoiser. Plus difficile même que les faucons, me certifiait-il.

J’ai pu constater que votre corbeau avait l’air très attaché à vous. J’aimerais savoir comment vous vous y êtes pris, si vous n’y voyez pas d’inconvénient, toutefois.


L’adolescent serait sans doute surpris de cette requête, mais il tenait à cœur à Loran de le savoir. Depuis qu’il avait emmené Tomin, son jeune frère, chasser au faucon, le petit s’était pris d’affection pour les oiseaux. Les bourgeois ne pouvaient posséder d’oiseau de proie, ceux-ci étant réservé aux seigneurs, mais Loran caressait l’idée de lui offrir un corbeau, ou peut-être un pigeon. Seulement, il s’y connaissait trop peu en oisellerie pour pouvoir mettre son projet à exécution, et il espérait que la réponse de Telak l’aiderait à y voir plus clair.
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Lun 17 Mar 2008 - 18:44

Alors que le jeune page, Poigne Dure, avait commencé à se faufiler dans la foule, pour rejoindre la Basse Ville d’Yswllyra, il suggéra de se dépêcher pour éviter que le Capitaine n’ait à souffrir de sa présence. Non pas que le sort du Soldat et sa condition préoccupa Telak, mais plutôt parce que ce dernier détestait devoir être en compagnie de gens qui ne l’aimait pas beaucoup ou qui le trouvait étrange, voire sournois. A dire vrai, c’était pour ça qu’il était quasiment toujours seul : parce que les gens le détestaient. Cela ne lui causait pas beaucoup d’ennui, mais cela devenait gênant s’il devait supporter leur présence hypocrite. Quand enfin le Capitaine lui apporta une réponse assez franche dans l’ensemble, Telak fut enchanté et esquissa un demi-sourire. Il préférait nettement ce genre de comportement à l’hypocrisie de la Cour. Lorsque le soldat lui indiqua qu’il était fatigué et affamé, Telak ne put s’empêcher de s’exclamer, en faisant un clin d‘oeil :

Voilà une autre raison nous suggérant d’en finir au plus vite, Capitaine.

Telak reprit vite son expression d’indifférence, et ne cessa de regarder un peu partout tandis qu’il marchait d’un pas rapide et déterminé, le Capitaine à ses côtés. Il était encore tôt, et les gens se pressaient déjà pour faire des affaires, pour marchander. Telak considéra qu’il n’aimerait pas être dans les quartiers commerçants dans une petite heure : ils seraient noir de monde, marchands et acheteurs confondus. Puis il reporta son attention sur le Capitaine qui s’excusa pour son comportement : la compagnie du garçon ne lui déplaisait pas, selon ses dires. Toujours avec cette expression neutre dans le visage, l’adolescent fixa le Capitaine tout en continuant d’avancer, pour lui demander :

Vraiment, Capitaine ? En êtes vous sûr ?


Puis il détourna son regard, n’infligeant pas au soldat le supplice de la réponse. Telak ne voulait pas savoir ce que le Capitaine pensait de lui, ce qui aurait pu le mettre dans une fâcheuse posture s’il était réellement franc. Quoique non, en y réfléchissant bien car Telak n’irait certainement pas pleurnicher chez le Roi en prétextant que le méchant Capitaine l’avait déshonoré. Il avait des choses bien plus intéressantes à faire. Lorsque le Capitaine tenta d’engager la conversation, le page parut ravi, l’invitant à poser toutes les questions qui lui passaient par la tête. Confiant, Loran demanda comment Telak avait pu s’y prendre pour dresser un Corbeau. Grande question !

Eh bien Capitaine, comme vous l’avez dit, les corbeaux sont des oiseaux fascinants, tant par leur intelligence que par leur caractère imprévisible. Comment ai-je réussi à apprivoiser Hugin? C’est une excellente question, car je n’ai rien fait de particulier. Il est apparu un jour sur le balcon de ma fenêtre, je l’ai laissé entrer dans ma chambre et depuis il ne me quitte plus, sauf quand je le vexe, comme tout à l‘heure. Mais il reviendra ... Allez savoir pourquoi! On dirait qu’il me surveille, et qu’il n’a pas envie de me laisser longtemps tout seul. Vous chasser au faucon, n’est-ce pas? Les faucons, comme les corbeaux, ne sont-ils pas orgueilleux? Cela doit être difficile de dresser ces animaux pour qu’ils vous obéissent, non?
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Mar 18 Mar 2008 - 15:17

Plus que sa réponse, ce fut l’expression de l’adolescent qui surprit le capitaine. Il n’avait jamais vu Telak autrement que ombre et indifférent, et ce clin d’œil, suivi d’une expression quelque peu amusée étaient tout à fait inconnu de Loran. Il lui jeta un regard interrogateur, avant de se rappeler sa place et de détourner les yeux. Cette indifférence étudiée était-elle un masque de façade ? Sa solitude lui pesait-elle, finalement ?

A vrai dire, étant donné sa réputation, et l’attitude négative qu’il abordait, bien peu de gens devait rester auprès de lui assez longtemps pour discuter un peu. Bien difficile de l’apprécier, dans ces cas là. Mais bien qu’il fut entraîné dans cette conversation contraint et forcé, le soldat dut s’avouer qu’il avait sans doute jugé l’adolescent un peu rapidement. Mais, étant donné le mystère et la haine qui planai autour de lui, c’était plutôt difficile de se faire sa propre opinion. D’habitude, Loran était plutôt bon en ce qui concernait le fait de juger les gens, si bien qu’il avait tendance à accorder un peu trop vite sa confiance. On le qualifiait de naïf, ce qui était peut-être vrai, après tout. Il n’avait pas eu d’enfance torturée, il ne se réveillait pas au milieu de la nuit en proie aux cauchemars les plus atroces. De sa vie, il avait toujours obtenu ce qu’il désirait, à plus ou moins long terme, et cet état de fait n’incitait pas à la prudence, c’est vrai. Mais Telak était un être difficile à cerner, qui parfois, tel un rayon de soleil apparaissant entre les nuages gris pour disparaître ensuite comme il était venu, dévoilait une infime part de lumière, avant que l’ombre qui l’entourait ne revienne à sa place.

La question de l’adolescent le prit soudain au dépourvu. Que pouvait-il répondre à ça ? S’il se montrait un tant soit peu honnêtes, il risquait des ennuis. Même si Telak n’avait pas l’air d’avoir de mauvaises dispositions envers lui, un mot de l’adolescent pourrait ruiner tout ce qu’il avait mis tant de temps à construire. Il ne serait pas hypocrite, pas autant du moins que les gens qui faisait de ce défaut leur gagne-pain, mais sa réponse ne pouvait pas être honnête. Erre fils de Roi, noble ou haut gradé, signifiait que les gens n’étaient plus à même de vous donner des réponses objectives, et Telak devait le savoir aussi bien que lui.
Mais apparemment, la question n’attendait pas de réponse. L’adolescent avait détourné le regard, et Loran se sentit soulagé. Il se fichait que son soulagement n’échappe pas à l’œil avisé du jeune homme, il le remarquerait sûrement, d’ailleurs. La question n’avait-elle était posé que dans le but de le rendre mal à l’aise ? Il glissa un regard en quoi vers le protégé du Roi, mais ce dernier avait repris son apparence indifférente, ce qui n’aidait pas beaucoup Loran. Malheureux, il songea au repas qui l’attendait là-haut, à la table des gardes, ne lui demandant rien d’autre que de l’apprécier. Son repas… qui se rappelait de plus en plus au jeune capitaine, tandis que les marchands faisaient étalage de pains, de fruits ou autres jambons, mettant son estomac au supplice.

Il détourna résolument les yeux, avant de changer de sujet : les oiseaux. A son grand étonnement, Telak parut ravi d’avoir trouvé un sujet de conversation, et s’empressa de lui répondre. Ainsi donc, il n’avait rien fait, l’étrange oiseau l’accompagnait sans qu’il n’eut rien à faire, comme s’il veillait sur lui. On disait souvent que le corbeau était le messager des yeux… l’analogie n’était pas difficile à faire, mais Loran se refusa de céder aussi facilement devant une rumeur. Cela pouvait être une coïncidence, rien de plus. Cet enfant avait peut-être été béni par Loki, disposant avec les oiseaux du même don que Loran pour le tir à l’arc. Les ragots avaient ensuite fait le reste.

L’adolescent dévia ensuite sa conversation sur la chasse au faucon, surprenant quelque peu le jeune capitaine. Bien sur, ce n’était pas un secret, mais il n’empêche, comme l’avait-il apprit ? Il dissimula cependant sa stupeur pour répondre le plus honnêtement possible.

Oui Messire. Mais quand à votre question, je dois bien avouer que je n’en sais rien. Voyez vous, la chasse au faucon me passionne, seulement, je ne dispose pas en propre d’un tel animal. La possession d’oiseaux de proie est réservée à la noblesse, et mes parents sont éleveurs de chevaux.

Je n’en ai donc jamais dressé, si ce n’est un coup de main au Maître fauconnier, de temps en temps. Ce sont vraiment des animaux pleins d’intelligence, ils n’ont pas besoin d’ordres pour vous comprendre, un signe et ils savent d’instinct ce qu’ils ont à faire. Et leur façon de chasser… si propre, si rapide. Aucun animal ne pourra jamais mettre à mort avec une telle précision, seul un arbalétrier le peut, et encore, dans certaines conditions. Le faucon, lui, ne s’embarrasse pas de ça : il a la mort dans le sang.

Loran se rendit soudain compte qu’il se laissait emporter et se tut, murmurant presque.

Veuillez pardonner mon emphase, Monseigneur.

En tout cas, cela ne répondait pas à sa question, à savoir, comment apprivoisez un animal pour Tomin. Peut-être qu’il finirait par se lasser des oiseaux, après tout à son âge, un projet ne vous tenait pas à cœur bien longtemps. Peut-être lui achèterait-il un chien… Il avait entendu dire qu’un des bergers qui livraient la viande pour la table royale venait d’avoir une portée. Les chiens de troupeaux étaient d’excellents compagnons de jeux pour les enfants, et le fougueux Tomin ne se lasserait pas d’un compagnon à quatre pattes pour faire les quatre cents coups.
A la pensée de son frère, Loran eut un petit sourire, qui devait sembler bien étrange à son compagnon de marche.
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Ven 21 Mar 2008 - 18:54

Le soulagement de Loran n'échappa au regard de Telak qui s'était volontairement détourné du Capitaine, pour éviter que ce dernier ne se sente obligé de répondre. Après tout, Poigne Dure n'avait pas besoin de voir ses soupçons confirmés : il savait que n'importe quel homme se sentait mal à l'aise en sa présence. Il n'en voulait pas au Capitaine car après tout, son attitude n'était pas non plus des plus engageante. Qu'importe! Il n'était pas là pour être l'ami du Peuple ... Mais pour quoi alors? Telak lui même l'ignorait, et son amnésie n'arrangeait rien à ses interrogations intérieures. Il savait seulement qu'il se sentait bien que lorsque Hugin et lui était seuls, au dernier étage de la Tour Sombre, l'Observatoire. On racontait que cette pièce était le point de ralliement entre les Dieux et le commun des Mortels, était-ce pour ça que le jeune page s'y sentait en sécurité? Pourtant, il ne connaissait rien de la Religion et encore moins des dieux ... Il s'était réveillé un jour de pluie, dans une ruelle sombre de la Basse Ville, ignorant tout de lui même et des lieux qui l'entouraient. Même lorsqu'on lui parla des Montagnes Infernales, de Sudorna ou des Plaines de Fazor, rien ne sembla lui rappeler quelque chose. C'est comme s'il s'était réveillé dans un autre Monde dont il ignorait tout, de la géographie à la culture, en passant par l'Histoire et la religion ... Il avait dû lire de nombreux ouvrages pour se familiariser avec ce Monde, dans lequel il se sentait étranger ...

La question du Capitaine le sortit des limbes de son esprit, et il fut ravi de pouvoir lui répondre, même s'il se douta que sa petite expérience ne pourrait pas l'aider beaucoup, puisqu'il ne savait pas comment apprivoiser un oiseau. Lorsque Telak aborda le sujet de la chasse aux faucons (comment avait-il su que le Capitaine exerçait cette pratique?! le jeune page ne s'en souvenait pas, mais il le savait!), le Capitaine parut ravi de pouvoir partager son expérience, et expliqua avec une pointe de regrets dans le timbre de la voix qu'il ne possédait pas de Rapace. Plus pour lui même que pour le soldat, Telak murmura :

Eh bien, il faudra arranger ça ...

Le Capitaine sembla soudain joyeux et disposé à parler : il semblait particulièrement ravi de parler de sa grande passion, et son enthousiasme fit esquisser un sourire de la part de Telak qui le regardait toujours du coin de l'oeil. Se rendant compte qu'il n'était pas à sa place, il se tut en marmonnant quelques excuses. Telak émit un petit rire, avant de répliquer :

Non, non, ne vous excusez pas Capitaine. Je préfère cent fois vous entendre parler de vos passions plutôt que de votre soit disant devoir. Vous ne serez jamais plus sincère qu'à cet instant, alors je veux encore pouvoir en profiter.
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Dim 23 Mar 2008 - 19:34

Loran n’avait pas entendu la réflexion de son compagnon de route, et, d’un certain côté, c’était heureux. Qu’aurait-il pu en penser, et surtout, qu’aurait-il pu répondre ? L’esprit du capitaine avait été un instant détourné par un petit voleur qui s’approchait trop près d’un des étals, mais le marchand se hâta de le chasser, et le chapardeur en herbe s’en alla quérir sa pitance plus loin. Un de plus qui devait mourir de faim, songea Loran en regardant le soleil, histoire d’évaluer l’heure qu’il était. En tout cas, il espérait qu’un des palefreniers s’était occupé de Glad, vu qu’il n’avait pas pu le faire. Ses hommes l’avaient sûrement dessellé, mais quand à s’en occuper, c’était sans doute une autre histoire.
Puis Telak reprit la parole, et les deux jeunes gens continuèrent leur conversation. Loran dût s’avouer qu’il devrait peut-être réviser son jugement sur cet adolescent : lorsqu’il faisait tomber son masque d’indifférence, il semblait être un joyeux compagnon. Pas du tout froid et hautain comme certain le décrivait, même s’il fallait reconnaître que le malaise qui saisissait chacun en sa présence ne parlait pas en sa faveur. Sa conversation était intéressante, et encore, Loran se dit qu’il devait être bien plus intelligent qu’il devait le dévoiler. Les rumeurs l’avaient condamné sitôt son arrivée au côté de leur souverain, mais plus le temps avançait, plus le capitaine se disait qu’il l’avait sans doute jugé trop hâtivement. Bien qu’il resta un gamin bizarre qui avait pris, sinon dans les faits, la place de son propre fils dans le cœur d’Ardiosis, sa compagnie était plutôt agréable…. Du moment qu’il ne faisait pas de sous-entendu qui mettait le soldat particulièrement mal à l’aise. Mais de ce côté-là, leur conversation ne semblait pas dangereuse.

Une fois lancé sur la chasse au faucon, et sur la splendeur de ces animaux, Loran était capable de continuer des heures. Quiconque l’écoutait ne pouvait s’empêcher d’avoir un autre regard sur ces animaux magnifiques. Mais sa place, au sein de l’armée et dans ce bas monde, vint soudain se rappeler à Loran, qui s’excusa de son enthousiasme. Et, encore une fois, Telak le surprit par son attitude : il se mit à rire. Le capitaine faillit s’arrêter, un peu surpris, et dû allonger le pas pour continuer à coller aux basques de son protégé. Il n’avait jamais entendu le fils adoptif du Roi rire de la sorte, lui qui était si neutre, si indifférent. Où qu’il aille, chacun le décrivait comme froid et particulièrement insensible et, ici, Loran découvrait un autre visage de Telak, beaucoup plus humain.
Et curieusement, cela le rassurait un peu. Au sujet de son souverain, surtout. Les rumeurs enflaient, et même si le jeune homme était tout à fait loyal et refusait d’accorder foi aux rumeurs, il faut dire qu’elles étaient particulièrement pressantes. Découvrir cette autre facette de Telak lui donnait envie de le considérer d’un œil nouveau, et non plus comme un imposteur qui avait pris la place de Siran. D’ailleurs, le regard que lui jeta Loran ne dût pas passer inaperçu aux yeux acérés de l’adolescent.

Loran enchaîna bientôt, et on pouvait sentir dans sa voix une franchise, et une certaine chaleur qui n’y était pas quelques instants auparavant. Il eut un petit rire avant de préciser

Merci, Monseigneur. Vous prenez un risque, cependant : mon frère dit que je suis intarissable quand quelque chose me tient à cœur. J’étais parti chasser quand j’ai vu un faucon fondre sur sa proie pour la première fois, et depuis, la passion que j’éprouve ne m’a pas quitté. Ni celle des faucons, ni celle du tir à l’arc, d’ailleurs.

A vrai dire, malgré l’enthousiasme de Telak, Loran se demanda quel drôle de tournure prenait la conversation. Il n’aimait pas vraiment parler de lui, et c’est pourtant ce que le fils de son souverain lui demandait de faire. Bon, à choisir, Loran trouvait ça beaucoup moins dangereux que de parler politique, ou de la guerre qui se préparait, mais… que pouvait-il donc bien raconter qui puisse plaire à son compagnon de route ?
Puis il réfléchit. Telak semblait attaché à la sincérité, et tenir l’hypocrisie en piètre estime. Mais ce à quoi pensait Loran était peut-être quelque peu déplacé. Après tout, son rôle était de diriger ses hommes, pas de jouer les conseillers politiques auprès de cet adolescent. Mais… Poussant un soupir, le capitaine se tourna soudain vers lui.

Messire, je sais que… ce n’est pas mon rôle de vous dire ça. Je me ferais sûrement remonter les bretelles pour l’avoir fait, d’ailleurs, mais… puisque vous parlez depuis tout à l’heure de franchise et d’honnêteté, je dois vous dire quelque chose.

Vous n’êtes pas sans ignorer les rumeurs qui courent à votre sujet, tant parmi les petites gens que parmi les soldats, d’ailleurs. Et les hommes ne peuvent pas défendre un souverain qui leur cache quelque chose. Toute la caserne tient notre Roi, Ardiosis, en haute estime, et notre dévouement est total. Seulement, certains pensent que…vous… avez une drôle d’influence. Et, Messire, les soldats ne croient que ce qu’ils voient de leurs yeux. Il serait bon que vous vous montriez parmi les hommes, parfois. Cela ne relancera peut-être pas votre côte de popularité, mais… cela remontera le moral de ceux qui servent notre Roi, et qui veulent croire en notre victoire.

Vous pouvez me punir pour ma franchise, mais… je devais vous le dire. Ne serais-ce que par loyauté envers notre souverain.


Voilà, songea Loran, le mal était fait. IL n’aurait pas du parler comme ça, il n’aurait même pas du ouvrir la bouche, mais il était trop tard maintenant. Avec de la chance, Telak croirait que la faim le faisait délirer…et que les morts allaient se relever. Pourtant, même s’il risquait de détruire sa carrière et de passer le reste de sa vie dans des bastions isolés, Loran sentait qu’il allait de son devoir de dire ça au fils de son souverain. Fils adoptif, se corrigea-t-il. Comme si Loki lui avait ordonné de parler, contre son gré.
Il n’osa relever la tête, de crainte de croiser le regard de son seigneur. Comment allait-il réagir ? Plus les secondes passaient, plus le capitaine regrettait ses paroles. Il aurait donné n’importe quoi pour remonter le temps… mais il était trop tard, à présent.
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Telak Firdor
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Lun 24 Mar 2008 - 18:15

Lorsque Loran rit à son tour, comme s'il se sentait désormais plus en confiance, Telak ne put s'empêcher de sourire. La conversation avait plutôt tourné à la bonne humeur, et il en était mieux ainsi. Pour le Capitaine comme pour Poigne Dure. Le soldat blagua un peu, et on pouvait discerner une quelconque allégresse qui était soudainement apparue dans l'attitude et la voix du haut gradé. Telak continua de sourire en entendant la bonne humeur de son compagnon de route. Mais quand ce dernier mentionna qu'il avait un frère, le sourire du jeune page s'estompa quelque peu, et une lueur d'envie passa dans son regard, mais si rapidement qu'il était peu probable que le Capitaine s'en soit rendu compte. Sous ses airs distants, Telak souffrait de ne pas se souvenir de sa famille et de sa vie d'autrefois. Non pas que la solitude soit un fardeau difficile à porter pour le jeune page, mais plutôt parce qu'il aurait aimé en savoir davantage sur lui même ... Avait-il été aimé un jour pour ce qu'il était réellement ?

Parlez moi de votre frère, Capitaine. J'aimerais savoir ce que sont les relations fraternelles ...

La foule commençait à devenir moins compacte, moins bruyante également. Les deux hommes devaient approcher de la basse ville, toujours plus calme que le quartier commerçant, surtout le matin. Loran soupira, ce qui lui valut le regard interrogateur de Poigne Dure. Comme pour justifier cette soudaine lassitude, le Capitaine expliqua, tout en veillant à prendre de nombreuses précautions verbales, que le jeune page devrait essayer de rendre visite aux soldats dont le moral décroissait grandement ces derniers temps. S'ils étaient loyaux envers leurs souverains, rien n'empêchait les rumeurs de se propager au sein des troupes. Beaucoup semblaient considérer Telak comme un poison qui envenimait l'esprit du bon roi Bennefoy. Le jeune garçon n'était pas sans savoir ce que racontait le petit peuple après deux ou trois pintes de bières englouties. Il était toujours plus facile et plus réconfortant de croire en la perversion de son Roi par un Tiers. S'ils savaient ... L'adolescent s'arrêta et se tourna vers Loran, le fixant de ses petits yeux noirs que le commun des Hommes trouvait malveillants.

Cessez de me prendre pour ce que je ne suis pas, Capitaine. Je ne suis pas celui qui vous punirait parce que vos dires ne me plairaient pas ... Je ne suis pas un prince, je ne suis pas supérieur à vous !

Telak soupira, plus par lassitude que par exaspération. Il n'aimait pas qu'on le prenne pour un prince orgueilleux et méprisant. Cela ne le dérangeait pas qu'on le craigne parce que les rumeurs racontaient qu'il était la réincarnation de Loki, mais qu'on le craigne parce qu'on avait peur des représailles du Roi, il ne pouvait l'accepter. C'était se méprendre sur toute sa personnalité, sur tout ce qu'il était... Poigne Dure n'était pas issu de la Cour : il le savait parce qu'il ne s'y sentait pas à l'aise. Tous ces hypocrites discours et ses courbettes de politesse outrageante l'exaspéraient.

J'aimerais pouvoir vous aider, Sir Kellac. Mais ne croyez vous pas que le fait me voir alimenterait les soupçons de vos Hommes ? Je crains que tous ne soient pas comme vous, et que certains préfèrent se leurrer sur mon cas. Comment les blâmer ? Il vaut mieux qu'ils rejettent leur frustration sur moi que sur le Roi.

Telak garda le silence quelques instants. Il savait que la haine que les Humains lui vouaient était celle qu'ils n'accordaient pas à leur Souverain. Tant qu'un tiers était pris pour Bouc Émissaire, le Roi ne craignait rien de son peuple. Et Poigne Dure pensa qu'il en était mieux ainsi. L'unité du peuple de Loki en dépendait, et il se fichait de devoir endosser un rôle si peu attrayant. Puis brisant à nouveau le silence, il demanda :

N'êtes vous pas de mon avis ?
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Jeu 27 Mar 2008 - 12:00

Il est vrai que, maintenant, Loran se sentait plus détendu. Peut-être était-ce naïf de sa part, peut-être que cette confiance presque enfantine envers certains individus allait-elle constituer un frein à sa carrière. Et pourtant, on ne se refait pas : le jeune homme avait toujours été prompt à accorder sa confiance. Mais il n’était pas stupide pour autant, seulement un peu trop optimiste. Il fallait lui reconnaître que, souvent, il savait sentir les gens, déterminer à qui accorder une confiance aveugle, même si Telak était un cas très particulier. Le soldat avait du mal à le cerner, pris dans le tourbillon de ses deux attitudes qui semblaient parfois aux antithèses l’une de l’autre. Le jour et la nuit, l’ombre et la lumière.

L’adolescent avait vu juste, le jeune capitaine ne remarqua pas la lueur d’envie de son regard, ni même la mine sombre qu’il avait soudain adopté. La question le prenait au dépourvu : pourquoi s’intéressait-il à Tomin ? Pour le simple plaisir de bavarder avec Loran, de l’écouter se vanter des prouesses de son cadet ? Soudain, le jeune homme eu conscience d’une chose : il devait être l’un des rares, sinon le premier, à ne pas traiter Telak soit comme un prince de sang, soit comme un déchet à rejeter au caniveau le plus rapidement possible. Le premier à lui parler, sans être totalement hypocrite… Tournant ses yeux bruns vers l’adolescent, Loran resta silencieux quelques instants, jugeant de la validité de son hypothèse. Puis il prit la parole, conscient que son compagnon attendait sa réponse.

Que dire de Tomin ? Il a 6 ans, c’est un sale garnement, mais il m’idolâtre… comme tous les petits frères, je suppose, étant donné que je n’en ai qu’un. Mais pour tout vous dire, je l’adore moi aussi. Je l’emmène pêcher, chasser, je lui ai même appris à monter, et ma foi, il se débrouille assez bien pour un gosse de son âge. Il vient d’avoir, en cadeau d’anniversaire, son premier poney, et autant dire que j’en entends parler du matin au soir. Tomin est un incorrigible bavard… mais il est tellement attendrissant qu’au bout d’un moment, l’envie de l’étrangler passe.

Lança Loran en souriant, tout en songeant que question bavardages, le petit avait sans doute de qui tenir. Une fois lancé, il était rare qu’il se taise, lui aussi. Mais entendre son frère lui raconter ses journées et ses petits déboires d’enfants ne donnaient guère envie à Loran de parler, mais plutôt d’écouter le gamin pendant des heures.
Loran avait les yeux un peu perdus dans le vague, un océan de douceur se déplaçant nonchalamment dans ses prunelles. Tomin… comment décrire à quelqu’un les relations qu’il avait avec son frère ? C’était si compliqué, mais pourtant si simple : il suffisait de les voir penchés l’un vers l’autre, chevauchant la même monture, les cheveux blonds de Loran se mêlant à ceux, bien plus sombre, de son jeune frère, pour comprendre une partie de l’amour qui les unissait. Comment des mots auraient-ils pu évoquer cette complicité fraternelle, se sentiment si étrange, fait d’amour et d’amitié, de tendresse et, parfois aussi, de petites disputes ? Comment l’expliquer ?

La foule s’était éclairci, et ce fut ce moment que choisi Loran pour se confier à l’adolescent, lui expliquant en quelques mots, dit presque à regret, qu’il serait bon de le voir se mêler aux soldats, de leur faire comprendre qu’il était, somme toute, un homme ordinaire. Mais Telak s’arrêta, le fixant de ses yeux si sombres que, presque malgré lui, le jeune capitaine sentit sa nuque se hérisser. Tel était le Telak haï des petites gens, tel était celui que les rumeurs décrivaient : froid, aussi implacable et dangereux qu’un serpent, un monstre caché sous une peau d’homme… Subitement, l’adolescent amusé qu’il était quelques secondes auparavant avait disparu sous le masque de cette froideur et de ces yeux malveillants.

Et, presque tout aussi soudainement qu’il était apparu, ce Telak-là aussi disparu, remplacé par un adolescent las et fatigué. Les deux jeunes gens étaient arrêtés au milieu de la rue, et loran se sentit un peu perdu. Comment réagir aux propos qu’il venait de tenir ? Car il avait tort : qu’il le veuille ou non, qu’il s’en défende ou nom, Telak était supérieur à lui. Pas forcément en valeur d’individu, si tant est qu’on puisse comparer deux être humains, mais… en importance. En grandeur. Il était fils adoptif du Roi, et lui, un simple soldat ayant bien réussi. Ils ne seraient jamais sur un pied d’égalité, jamais. Et peu importe que l’adolescent soit adopté, désormais, il était membre de la famille royale. Un être supérieur… mis sur un piédestal par des millénaires de traditions, de coutumes, d’honneur et de serments. Et personne ne pourrait rien y changer.

Loran comprenait la soudaine flambée de l’adolescent, mais il savait aussi qu’aucun d’entre eux n’avait le choix. Le monde était ainsi fait… craignant d’envenimer les choses, le capitaine resta coi, fixant d’un air distrait le bout de ses bottes. Qu’aurait-il pu dire, quand tout le monde connaissait la vérité ?
Puis l’adolescent reprit la parole, et sa clairvoyance choqua presque le capitaine qui releva les yeux, le fixant avec un regard nouveau, plus étonné, plus… respectueux, sans doute. Si Telak disait vrai, s’il pensait réellement ce qu’il pensait, Loki était témoin, ce n’était pas un démon maléfique, mais un envoyé des Dieux.

Un lourd silence s’installa, comme si chacun mesurait les paroles de l’autre. Telak éleva soudain la voix, lui demandant ce qu’il en pensait. Loran décida de se montrer le plus sincère possible, si vraiment Telak ne mentait pas et qu’il acceptait ce sacrifice pour l’avenir du Roi, le capitaine avait envers lui une dette bien difficile à combler [Elea, Telak… si ça continue, je vais contracter des dettes partout Xd]

Vous avez sans doute raison. Vous… vous vouliez que je vous parle de mon frère, tout à l’heure. S’il était là, il vous dirait que ce n’est pas juste. Tomin a un sens très personnel de la justice, mais en un sens, il a raison. Ce n’est pas juste pour vous. Mais si vous faire détester de tous est la condition nécessaire pour que la guerre ne décime pas notre race…

Loran haussa les épaules, puis reprit la parole. Ses mots auraient pu sonner comme un blasphème, il en était conscient, et pourtant, sa foi envers Loki restait inébranlable.

La vie n’est pas juste, et Loki, tout Dieu qu’il est, n’y peut pas grand-chose. Je parlais de devoir, tout à l’heure… mais votre fardeau est bien plus lourd que le mien. Vous êtes courageux, prince Telak, bien plus qu’aucun de nous ne le soupçonne.

Prince Telak… Loran n’y avait pas réfléchi, et le respect nouveau dans sa voix n’était en rien prémédité. Certes, Telak aurait pu être un menteur et certes, le jeune capitaine n’était pas assez naïf pour croire qu’il connaissait tous les tenants et aboutissants de l’affaire. L’adolescent cachait quelque chose, quelque chose de sombre et de mauvais, mais pourtant… Une part de Loran devait reconnaître qu’il mourrait d’envie de le croire, qu’il était là pour protéger le royaume, pour protéger son souverain, et pas des intérêts qui lui étaient propres.
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Sam 29 Mar 2008 - 13:27

Telak écouta, avec attention et amusement, le Capitaine parler de son petit frère. Le timbre de sa voix traduisait la puissance de son amour fraternel, et Telak se prit un peu à envier cette relation qui unissait deux êtres de la sorte. Loran était, en définitive, certainement plus heureux que lui, malgré son soit disant statut de « fils du roi ». Le haut gradé était visiblement heureux de pouvoir bavarder en toute simplicité, et il continua sur sa lancée en demandant à Telak de rendre visite aux soldats, tout en pesant ses mots et ses arguments, pour ne pas offenser l’adolescent. Ce dernier lui expliqua, avec une lassitude extrême, qu’il ne pouvait pas se le permettre, pour l’unité du peuple de Loki. L’expression de stupéfaction qu’afficha le Capitaine fit tiquer Telak. Ainsi donc, Loran était tel qu’on le décrivait : un homme ayant un sens de la justice et de la tolérance. Il semblait touché, ému par les paroles de Poigne Dure. Quand il répondit, son ton s’était adouci, et on y percevait une pointe d’amertume, de déception ... Il s’exprima en se cachant derrière son frère, comme pour dévoiler ses pensées sans réellement le faire en même temps. Telak regarda le Capitaine avec une expression si peu commune dans son regard (ou plutôt si peu connue du petit peuple), mêlant résignation et mélancolie et arbora un demi sourire forcé. Pour répondre au jeu inconscient du Capitaine, il complimenta son jeune frère, mais c’était en réalité à lui que les paroles de Telak étaient destinées.

Je suppose que c’est la volonté des Dieux ... Tomin est un petit garçon au coeur pur, et sa vaillance est noble. S’il était là, je le remercierai pour sa bienveillance à mon égard.

Les petits yeux de Telak brillaient de malice devant l’air dubitatif de Loran. Ce dernier ne put s’empêcher de soupirer, avant de murmurer que le fardeau du prince Telak était bien lourd à porter pour de si frêles épaules ... L’adolescent le fixa et sourit de la façon la plus sincère qu’il soit. Il affichait un petit sourire gêné, mais satisfait. Le Capitaine n’avait apparemment pas abandonné l’idée de le considérer comme un prince. Après tout, même si Telak s’évertuait à montrer le contraire, il faisait désormais parti de la famille royale, et il ne pouvait reprocher au soldat de le traiter comme son rang l’exigeait ... Cependant, cette fois, Telak sut que le dénominatif prince était dans la bouche de Loran plus un titre de respect qu’un titre de noblesse. Et en son for intérieur, il était heureux qu’on le traite avec respect pour ce qu’il était et non pour ce qu’on croyait qu’il était. Se détournant du soldat, pour ne pas montrer sa gêne, Poigne Dure avança de quelques pas et posa ses poings sur ses hanches. Il se retourna vers Loran et l’interpella en ces termes :

Eh bien Capitaine, je crois que notre route se sépare ici, car nous sommes arrivés à notre destination. Ce fut un plaisir de voyager en votre compagnie, et j’espère que je ne vous aurais pas trop fait attendre votre repos. Nous reverrons très certainement bientôt!

L’adolescent s’inclina pour saluer une dernière fois le Capitaine, puis se faufila dans la foule peu compacte. Loran put voir le jeune garçon regarder le ciel, en tendant son avant-bras comme pour accueillir un oiseau. Il vit alors le corbeau nommé Hugin s’envoler d’un toit et venir se poser sur le membre de Poigne Dure, qui disparaissait désormais dans les ruelles sombres de la Basse Ville.



--------------


Vers quinze heure
A la caserne


Un homme vint frapper à la Caserne des Soldats Impériaux, en prétextant qu’on lui avait demandé de livrer quelque chose pour un certain Loran Kellac. On lui demanda qui était l’expéditeur, mais il refusa de le nommer, ce dernier lui ayant interdit de le faire. On lui donna une pièce pour la commission et on plaça le paquet sur la table qui était réservé aux soldats hauts gradés. Lorsque Loran arriva dans la salle commune, il découvrit cet étrange paquet qui lui était destiné : une cage avec un faucon qui somnolait tranquillement, et une simple carte où le mot « merci » était inscrit, sans aucune autre explication ...



[RP fini ou tu conclus?]
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: A la recherche d'informations [libre]   Dim 30 Mar 2008 - 14:13

[Tu l'as terminé d'une biern joli façon, et je ne vois guère quoi ajouter^^
Mes remrciements seront pour notre prochain rp Very Happy ]
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