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 Petit détour

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MessageSujet: Petit détour   Mer 7 Jan 2009 - 13:57

An 835
Semaine 11, Jour 1
Début d’après-midi


Une nouvelle fois, les pas de Fidicy l’avaient poussée jusqu’à Vebrindil, une grande cité du royaume des ombres assez proche de la frontière du territoire des Orthodoxes. Au matin, quand la jeune femme avait quitté Iboa, elle n’avait pas pensé un seul instant à se rendre dans cette ville. Cependant, certaines idées, ou envies, vous parviennent sans qu’auparavant vous n’ayez envisagé à les réaliser.
Fidicy devait à l’origine se rendre à Himiria, pour s’adresser à un certain Noan Alir, qu’elle n’avait rencontré que très brièvement par une fois lors de ses études, quelques années déjà auparavant. Il s’agissait d’une rencontre professionnelle, qui avait donc été fixé pour dans la matinée. Cependant lorsque Fidicy était arrivée chez son hôte, celui-ci était absent, on lui avait dit qu’un évènement inattendu mais très important avait appelé M.Alir dans un petit village environnant pour un délai incertain. Fidicy avait donc attendu, une heure, puis deux, on lui avait proposé le déjeuner qu’elle avait accepté mais quand elle vit que le maître de maison ne revenait pas, elle décida de prendre congé en demandant à ce Noan la recontacte pour un autre rendez-vous.

C’était donc en quittant la demeure de son hôte absent, que la jeune femme eut l’idée de pousser son chemin jusqu’à Vebrindil. Elle prit son temps pour peser le pour et le contre. Elle n’était pas attendue à Iboa avant la nuit et il ne faudrait que quelques heures pour se rendre dans l’autre ville. La seule chose qui la faisait douté était certainement le fait que Vebrindil était en territoire ombre, quoique son apparence se rapprochait plus de celle d’un ombre que de celle d’un orthodoxe, elle passerait aisément inaperçu. Mais pourquoi allé jusque là bas. Ce n’était pas dans cette ville qu’elle voulait aller, mais à Eloniel. Et Eloniel était bien trop loin…
Finalement elle opta pour Vebrindil, cela lui éviterait au moins, de maudire son hôte pour son absence. Et puis qui sait ce qu’il pouvait arriver. Sunra apparaîtrait peut-être à un coin de rue. Fidicy savait bien que cela était faux, mais enfin qu’elle importance.

La jeune femme avait eu la chance de profiter d’une longue éclaircie parmi ces jours pluvieux, mais le sol boueux et le temps un peu frais, avait fait que les petites routes étaient assez peu parcourues. Fidicy avait donc pu voyager dans le calme et la tranquillité qui lui faisait quelques peu défaut ces derniers jours.

Cependant, maintenant qu’elle se trouvait à Vebrindil, elle ne savait pas vraiment comment s’occuper. Elle avait laissé son cheval à une auberge et parcourait maintenant les rues de la ville. Les quartiers étaient assez animés, beaucoup de bruits et de gens s’y retrouvés. Fidicy se dit que finalement cet extra sur son itinéraire précédant, ne faisait que l’ennuyer plus qu’autre chose.

*C'était une idée stupide.* pensa t-elle.

En effet s'arrêter à Vebrindil n'avait aucun intérêt pour elle. Il faudrait qu'un jour, elle prépare son voyage pour Eloniel, mais elle savait que ce se serait difficile, son poste réclamait sa présence et ce voyage demanderait plusieurs jours d'absence. Mais elle le ferait, ça elle se l'était juré. Mais en attendant, c'était la seconde fois qu'elle se retrouvait dans cette ville sans raison, alors qu'à l'origine, elle n'avait pas prévu de s'y arrêter.

Et si il ne se passait pas quelque chose rapidement, la jeune femme risquait de rentrer chez elle de plus mauvaise humeur encore qu'elle ne l'était en quittant Himiria.


Dernière édition par Fidicy Donistra le Mer 7 Jan 2009 - 15:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petit détour   Mer 7 Jan 2009 - 14:44

L’horizon infini des toits semblait une invitation permanente. Debout au sommet de la bâtisse, dont la façade accidentée oubliée n’avait plus aucun secret pour lui, Zec simplement vêtu de son éternelle chemise de lin et d’un pantalon de toile le laissant libre de ses mouvements, embrassait sa liberté. La lune opalescente, fidèle compagne, s’apprêtait à accueillir quelques nuages néant, annonciateurs d’orage. Qu’est ce qu’un Ombre pouvait demander de plus ?
Arborant son éternel sourire énigmatique qui en faisait sortir plus d’un de ses gonds, lueur espiègle au fond des yeux, il s’élança sur les pentes humides…Tuiles ou ardoises, rien ne pouvait ralentir sa course fluide et silencieuse. Mue par une grâce animale, il se demandait de quoi se constituerait cette nuit. Chaque crépuscule était une fête, et chaque Aube représentait l’espoir du crépuscule. Ses journées se révélaient bien morne et semblables en ce moment. Cloîtré qu’il était dans la chambre exiguë qu’on lui avait attribué chez les Aziel’Da, il s’efforçait de trouver quelques distractions. Histoire d’échapper à la présence de son oncle toujours plus oppressant, Ezechiel avait prit l’habitude de partir chaque fin de semaine l’équivalent de deux ou trois jours, afin s’enivrer de nouveaux horizons. Et pourquoi pas de nouveaux visages. Ses sens développés lui permettaient de s’orienter aisément, et il aurait pu rejoindre directement le domaine royal…mais il décida subitement de faire un détour par la ville basse. Agir sur un coup de tête. Jouissance de mon trésor le plus cher. Liberté.

Ses agiles pieds nus le menèrent à une cheminée surplombant une place discrète. En quelques mouvements surs, il se laissa glisser jusqu’à une ruelle attenante. Les couleurs des ruelles. Jamais vives ou vivantes. Certains murs étaient repeints assez fréquemment mais on avait toujours l’impression qu’ils étaient sales, sûrement la peinture était elle même sale. Ce qui devait constituer la nouvelle jeunesse de certains bâtiment se trouvait avoir la vocation de la morosité, avant même de subir l’épreuve du temps. Et tous ces manants muent par leurs propres desseins, peu recommandables, peu ambitieux…Ces nombreuses âmes qui à défaut de savoir ou se poser voletteraient partout, agaçantes, inutiles. Cherchant le cadavre. Multitude de réflexions dédiées à l’archipel de l’insomnie.
Ce coin de la ville se constituait de plusieurs boutiques « fourre tout », emplie d’objets plus hétéroclites les uns que les autres. Autant dire que la rue n’était pas des plus fréquentables. Malgrès l’heure tardive qui aurait pu laisser penser que l’activité serait des plus réduite, la réalité était toue autre. Nombre de bons vivants ou d’encapuchonnés à la recherche d’un contrat aux nombreux profits arpentaient les lieux. Peut être le jeune homme dénicherais quelque chose à l’intention d’ … Sur qu’il tomberait sur un vieil ouvrage dont la couverture dégageait des flagrances mystérieuses et accueillantes. Comme une invitation à se plonger entre ses pages.

C’est dans cette perspective que notre Ombre discret dont l’appartenance à une lignée aristocratique n’aurait pu être soupçonnée par son apparence s’enfonça dans les entrailles de la basse ville. Il ne s’était encore jamais aventuré dans ce village et mit un certain temps avant de trouver une vieille boutique à la devanture poussiéreuse. Le verre abîmé gardait secret l’intérieur de ce qui semblait être un amas de vieux bouquins. Eze tenta de pousser la lourde porte aux gonds rouillés, mais celle ci resta close. Certes l’heure n’était point aux achats, mais il avait espérer un instant qu’un néophyte soit resté derrière son bureau et n’aurait pu refuser l’accès à ses reliures à un client intéressé. Chose qui devait être des plus rares. Délaissant la ruelle qui se révélait être une impasse, encombrée en son extrémité de vieux tonneau inutilisés dont les cerclages subissaient l’épreuve du temps, le jeune ombre revint sur ses pas.

Finalement, il poussa la porte d’une taverne enfumée et bruyante. Quoi de mieux que de fréquenter l’âme même d’une ville pour en connaître rapidement les secrets ? L’ambiance chaleureuse de la taverne qui semblait répondre aux attentes de son enseigne « Les Bons vivants » incita le jeune homme à s’assoire au fond afin de commander une peinte. Aucun regard ne sembla faire attention à cette silhouette sommaire, et le jeune homme se délecta de ce manque d’attention. Il avait toujours aimé se montrer discret et inexistant aux yeux des autres pour ensuite les surprendre là ou personne ne l’attendait.
Plus tard, bien plus tard, un être vêtu d’une cape et encapuchonné afin de masquer son regard vint prendre place sans préavis à sa table. A son tour il commanda une peinte. Eze quelque peut surprit se montra bien vite intéressés par cet homme inconnu dont on ne pouvait deviner grand chose et qui semblait être un éternel voyageur. En tout cas il s’agissait d’un très bon conteur. Peut être cela aurait il du attiser la méfiance d’Eze habituellement toujours sur ses gardes. Mais peut être était ce la boisson qui embaumait son esprit, en tout cas il ne montra aucune prudence. Finalement, ce ne fut que lorsque le personnage eut quitté les lieux que notre jeune ami se rendit compte que le carnet qu’il gardait toujours sur lui avait disparut. Tout effet de l’alcool disparut aussi tôt. Sans émettre de doute sur l’identité du voleur, il se précipita dehors.
Sans préavis, une masse lourde s’abattit sur son crâne. Son corps soudainement lourd chu lamentablement contre le pavé humide. Ses yeux comateux agressés par les quelques gouttelettes qui en annonçaient quantité d’autre se décidèrent à se clorent.

La journée était bien avancée lorsque de pâles rayons lumineux éveillèrent Ezechiel. Ce dernier affalé entre deux bâtiments avait la tête bien lourde. Grommelant dans ses vêtements détrempés, il se leva pantelant. Les souvenirs de la veille ( à dire vrai il n’était même pas sur que cela se soit passé la veille ) s’imposèrent de plein fouet. Ignorant la bosse de son crane qui l’élançait et les égratignures aux coins de ses yeux d’un rouge pourpre devenu opaque sous l’effet de la colère, il se mit en marche d’un pas déterminé. Ou il allait ? Il était bien le premier à l’ignorer, mais une chose était sur, il lui fallait retrouver son carnet. Les quelques pages renfermait les informations qu’il avait pu collecter aux hasard des bibliothèques en ce qui concernait ses ancêtres et bien d’autres choses… Et quelques poèmes aussi…
Obnubilé par ses pensées, enfermé dans sa propre bulle, il percuta de plein fouet une jeune fille. Classique mais inévitable. Sans un mot il fixa intensément l’inconnue. Un de ses regards qui vous mette à nu. Un regard certe involontaire, mais typique du gamin sauvage qu’il était.
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MessageSujet: Re: Petit détour   Mer 7 Jan 2009 - 15:45

Décidemment ce détour était vraiment sans aucun intérêt. Certes quand Fidicy s’était rendue dans la ville au lieu de s’en retourner chez elle comme prévu, elle se doutait bien que rien de ce qu’elle espérait ne se réaliserait. Et cela l’énervait. Rien ne changeait, tout se passait toujours comme elle s’y attendait, et il n’y avait rien qui ne l’insupportais plus. Pourtant la jeune femme était patiente. Cela faisait bien plus d’une heure qu’elle était arrivée en ville et pourtant, elle s’ennuyait plus encore au milieu des foules que seule sur la route qu’elle avait arpentée pour venir. Cela pouvait paraître illogique dans un sens, quand on est seul, on ne peut rien faire, surtout au milieu d’une route déserte par un temps froid et gris alors qu’entouré de monde, il y a toujours moyens de faire connaissance, de rencontrer quelqu’un, même si ce n’est que pour échanger quelques mots et s’en aller sans même connaître le nom de son interlocuteur. Echanger une petite conversation, courte et banale, sans intention particulières, cela plaît à beaucoup. C’est un moyen au fond de se sentir comme tout le monde, sentir que l’on peut s’intégrer, après tout quand on vous répond et surtout si c’est de façon aimable, on se sent à sa place, même si les paroles échangées sont sans intérêts. On repart tout simplement un peu plus content que quelques minutes auparavant.
Mais pour Fidicy, parler avec des gens de choses banales ne lui donnait guère envie. Elle préférait encore évoquer des sujets sérieux, moins agréables, qui au moins lui apporteraient quelque chose de censé, même si ce n’était qu’une opinion, qu’elle soit différente de la sienne ou au contraire qu’elle l’appui, tant que la conversation était bien menée, cela lui convenait. Quel intérêt y avait-il à parler du temps ? On voyait bien que l’on était proche de la pluie, inutile de le faire remarquer. De simples choses qui l’énervaient. Alors elle ne parlait pas et se contenter d’observer.
Mais c’était cette observation qui l’ennuyait tant. Encore, elle aurait assisté à quelque chose d’inhabituel, vu des comportements différents d’ailleurs, entendu des mots étrangers. Cela aurait pu l’intéresser, mais ce qui se déroulait sous les yeux de la jeune femme était la même chose qu’elle aurait vu en regardant dans sa rue par la fenêtre de sa chambre. Himiria, Vebrindil, quelles différences ? Au peu qu’avez pu voir Fidicy, aucune. Partout, les mêmes femmes faisant les courses, les mêmes enfants courants dans les rues, les mêmes ivrognes sortant des tavernes. De ci de là, des animaux de compagnie se promenant gaiment dans les rues alors qu’on entendait crier « au pied » un peu plus loin. Et tout cela dans le vacarme des conversations inutiles.
Les paroles, les gestes des gens n’étaient pas différents de chez elle. Il y avait bien quelques différences physiques qu’elle put remarquer. En moyenne, les hommes et les femmes étaient certes de plus petites tailles, rare étaient ceux aux oreilles pointues où autres signes distinctifs et peu de gens n’avaient de tatouage au visage. Mais ces différences là, elle les connaissait déjà. Qui ne les connaissaient pas ? Fidicy voulaient voir des choses différentes. Pourquoi ? Certainement à cause d’Allen. Ce vieil homme…encore aujourd’hui, il réussissait à surprendre son ancienne élève par ses connaissances. Pour lui il y avait des différences partout, il suffisait de savoir où regarder et Fidicy savait parfaitement que si elle revoyait Allen et lui parlait de Vebrindil, il lui demanderait si elle vu toutes les différences. Et encore une fois, elle se sentirait idiote.
Pourtant, pour une fois, Fidicy s’était attendu à autre chose. Après les évènements de ces dernières semaines, des choses se murmuraient. Impériaux, résistants, revenaient souvent dans les conversations et pourtant, elle n’avait encore rien vu ou entendu qui puisse lui faire penser à ces histoires là. Pourtant ne disait-on pas, que la plupart des ombres se penchait plus du côté de la résistance, qu’il s’entendrait bien avec les amazones aussi. Mais apparemment rien de tout cela ne transparaissait dans leur vie de tous les jours. C’était dommage car cela aurait promis d’être intéressant.
Enfin bon. C’est avec un haussement d’épaule, que la jeune femme quitta son poste d’observation, à savoir un petit muret de pierres grises, où elle s’était assise avec un livre dans les mains, qui n’avait d’autre utilité que de faire croire qu’elle lisait, à ceux qui pourrait se demander ce qu’elle faisait là depuis si longtemps. Il fit disparaître le livre dans son manteau. Que faire maintenant ? Elle songeait à se promener encore un peu. Qui sait si elle prêtait plus d’attention à quelques bâtiments, peut être verrait-elle des différences architecturales. Et si vraiment elle ne trouvait rien, elle passerait par une librairie, elle trouverait bien un livre intéressant, parlant un peu de la région, elle n’aurait au moins pas l’impression de perdre son temps.
Elle se mit donc en marche regardant autour d’elle, de façon naturelle, à la fois à la recherche d’un petit libraire où même de l’église de la ville, mais elle n’eut pas le temps de trouver l’un ou l’autre qu’on la percuta.


« Non mais vous ne pouvez … »
La suite de sa phrase se perdit dans son esprit face au regard surprenant que lui lança le jeune garçon qui venait de la percuter.


Cependant, le silence, fût court, même si elle avait été surprise, Fidicy se reprit rapidement, adoptant un air neutre, elle dit :


« Vous pourriez faire attention….Bien que moi aussi je dois être en partie responsable. »

Après tout elle n’avait pas non plus regardé où elle allait, sinon elle aurait pu éviter la collision. Elle observa le jeune homme face à elle, il semblait bien plus jeune qu’elle, mais ce qu’elle vit ce fût surtout l’aspect trempé des vêtements du jeune homme et la bosse situé sur sa tête qui laissait deviner un mauvais coup. De son air toujours aussi neutre elle demanda :


« Vous allez bien ? »

Ca ne la regardait certainement pas, c’est certain, cependant, il était normal qu’elle s’occupe un temps soit peu de la santé des autres vu son poste non ?
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MessageSujet: Re: Petit détour   Sam 10 Jan 2009 - 11:24

L’inconnue était d’une apparence peu commune en ces lieux. Nul doute que si elle décidait par la suite de s’avancer plus loin dans le village, que désigner de cité aurait été bien prétentieux, elle ne manquerait pas d’attiser la curiosité des ombres arpentant les rues. D’autant plus qu’en ces temps incertains, nombreux étaient ceux qui guettait de l’œil tout nouveaux venu dans la région. Le fait que des noyaux de résistance soit disséminés dans le territoire Ombre n’était pas un secret. Et pourtant nul n’avait jamais pu prouver leur existence. Mais Ezechiel dont la présence passait généralement inaperçue avait prit l’habitude de laisser traîner son ouie fine, à la recherche des moindres propos murmurés. Ainsi avait il apprit que la résistance avait des yeux partout, afin de garder un point de vue général sur l’activité impériale. Comportement compréhensible. Non vraiment, la jeune femme ne ferait qu’attirer les regards interloqués se voulant fugaces.
Telles étaient les pensées qui parcouraient à toute vitesse l’esprit du jeune homme tandis que son regard pourpre indéchiffrable détaillait le visage aux traits élégamment dessinés de son interlocutrice. De loin on aurait pu jurer avoir affaire à une Ombre en devenir. Mais cette certitude se serait rapidement effacée à son approche. Les longues oreilles qui pointaient parmis une longue chevelure d’encre ainsi que les arabesques qui se devinaient incrustées à la base de ses joues, ne laissaient pas de place au doute. Mais plus que cette apparence externe, élément que Zec avait prit l’habitude de ne prendre qu’accessoirement en compte, jugeant l’extérieur d’un être le plus souvent bien trompeur, ce fut son instinct qui lui souffla la nature de l’inconnue. Après une aura familière qui l’envahit, ce fut un sentiment brut de méfiance qui s’empara de ses entrailles. Elle venait de s’adresser à lui d’un ton neutre.

A sa manière elle ne laissait pas non plus paraître ses intentions. Mais le jeune homme, ignorant toute règle de bonne conduite (comportement chez lui habituel) , fixait les alentours avec attention, cherchant en vain une quelconque trace de son voleur qu’un pressentiment lui glissait qu’il s’agissait bien plus qu’un simple chapardeur… Comme si la jeune femme n’avait même pas existé. Attitude à la limite de l’impudence, il daigna enfin reporter son attention sur l’inconnue. S’étant résolu au fait qu’il était bien trop tard pour espérer obtenir quoi que ce soit sur cet encapuchonné, ses yeux soudainement pétillant d’une lueur énigmatique soutint sans ciller celui ambré de la silhouette qui lui faisait face. Déjà les paroles de cette dernière se faisaient lointaine. Quelqu’un d’autre aurait sûrement passé son chemin en haussant les épaules devant l’impassibilité du gamin qui demeurait figé. Ou pas… Quiconque portait plus longuement attention sur lui n’aurait pas manqué de remarquer ses muscles finement dessinés frémissant. Prêts à rentrer en action au moindre mouvement imperceptible. Et Finalement, ce n’était pas sa beauté qui continuait d’interloquer un éventuel spectateur, bien que celle ci soit indéniable, mais plutôt l’aura d’élégance qui suintait de lui. Une posture innée qui perdurait malgré sa condition d’intrus chez les Aziel’Da et malgré son apparence décrépie de l’instant. Alors enfin sa voix qui s’était faite longuement attendre s’éleva, comme teintée de milles sous entendus inaccessibles… Venant d’un autre monde… Insaisissable.

« Si l’on commence à chercher un responsable, mieux vaut accuser directement le hasard, sous peine de devoir auparavant trouver nombre d’arguments à atténuer notre inattention respective. »

Car techniquement, leur présence en ces lieux résultait d’une succession d’événement qui ne trouvaient leur origine nulle part ailleurs que le jour de leur venue au monde. Si l’on s’arrêtait à eux même. Mais cela était ignorer la moitié de ces résultantes. Qu’importait. Zec était en tout cas toujours amusé par des excuses futiles et protocolaires. Mais bon, chacun avait ses propres perceptions qui pour la plupart ne dépassaient pas leur personnes. Et le jeune Ombre n’avait pas prétention à attirer l’attention et à étendre sur tous les toits ses pensées. Il n’aimait pas vraiment parler pour ne rien dire, sauf en certaines circonstances ou il y trouvait des intérêts personnels. Aussi louait il les silences qui pour lui n’était jamais pesants, mais qui avaient le don de déstabiliser ses interlocuteurs, peut habitués à un tel comportement. Avec une pointe d’ironie, il lança par la suite ;

« Le mieux du monde ! »

Après tout, il avait une migraine douloureuse, sa joue qui devait être égratinée l’élançait, et son corps restait lourd. Pourtant son état ne l’inquiétait guère, voir même ne le préoccupait que secondairement. Une nouvelle fois ses pupilles alertes sondèrent les alentours. Il fallait vraiment qu’il retrouve son carnet… Il poussa un soupir. Il fallait qu’il se change les idées. Il s’obligeât à repousser son coté tête brûlée qui lui dictait de s’élancer aveuglément à la poursuite de ce voleur et darda ses yeux sur la jeune fille.

« Accepteriez vous un verre ? »

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il était direct. Loin de ce perdre en blablatage et en mondanités, il fixait la silhouette en face de lui, ses yeux étranges pétillants.
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MessageSujet: Re: Petit détour   Sam 10 Jan 2009 - 14:48

Durant un long moment, le jeune homme face à elle, ne sembla guère lui apportait d’attention, bien trop occupé à chercher des yeux quelque chose ou quelqu’un.

Fidicy ne se posa guère de questions sur ce qui pouvait autant intéresser l’inconnu, elle n’avait jamais cherché à savoir ce qui motivait réellement les gens. Elle ne s’y intéressait que si d’une façon ou d’une autre, cela pouvait lui être d’une quelconque utilité. Elle ne songeait même pas à demander. Cela ne la concernait pas, quand au fait de faire des suppositions, ce serait bien trop long et incertain. Un peu d’imagination ou un peu d’intelligence, suffiraient à envisager des centaines de possibilités tout aussi différentes des unes des autres qu’éloignées. De plus, ces idées ne seraient jamais confirmées ou démenties, chose qui ne conviendrait pas à la jeune femme. Le mystère c’est intéressant, mais c’est bien plus agréable quand il est résolu. Alors au lieu de se retrouver dans un cas sans réponse, la jeune femme ne divagua pas sur les raisons du désintérêt du jeune homme envers elle et se contenta de l’observer, sans pour autant changer sa façon d’être.
Sans aucun doute, elle aurait pu partir. Qu’est-ce que cela aurait changée ? Quelle importance cette rencontre aurait eu dans son avenir ? Aucune, à ne pas en douter. Si la jeune femme n’était pas partie, c’était uniquement parce qu’elle avait posée une question et qu’elle aurait souhaité avoir une réponse. Non parce qu’elle était inquiète pour le jeune homme, mais surtout parce que si il n’avait pas répondu et s’en allait, c’était qu’il l’ignorait simplement et elle n’aurait pas supporté ça.
Certes, si on se fiait à l’attitude du jeune homme, il était déjà en train de l’ignorer. Mais Fidicy faisait la part des choses. Il semblait occuper à penser à autre chose, tout en étant encore là. Il n’avait pas repris son chemin, c’est qu’il avait conscience qu’elle était là. Fidicy était patiente et pouvait attendre, alors c’était uniquement si il songer à s’en aller sans rien lui dire, qu’elle ferait le moindre geste.

D’un autre côté, elle espérait que le silence et les regards aux alentours du jeune homme ne s’attarderaient pas trop longtemps. Deux personnes qui se bousculent et qui ne font que rester face à face sans se parler, cela ne finirait pas attirer l’attention et Fidicy savait très bien, qu’il ne fallait pas qu’elle se fasse remarquer.
Le jeune homme sembla finalement reporter son attention sur elle. Elle l’écoutât parler tout en l’observant. Autant sa façon de parler que sa façon de se tenir pouvait laisser supposer une certaine éducation bien que cela aurait contrastée avec l’état actuel des vêtements du jeune homme. Il était certainement de la race des ombres, ses yeux rouges et la couleur prononcée de ses cheveux, ne laissait pas plus de choix à la réflexion que les tatouages sur les joues de Fidicy. Elle ne poussa pas sa réflexion plus loin, elle n’était pas là pour savoir d’où venait cet inconnu.
La jeune femme se contenta d’un hochement de tête aux paroles de son interlocuteur. Il n’avait pas tord, il était inutile de chercher des explications à ce qui s’était produit. Cependant aux yeux de Fidicy, le mot hasard n’avait pas sa place dans cette histoire, d’ailleurs pour elle, le hasard n’avait sa place à aucun endroit. Le hasard c’était un mot que l’on utilisait pour ne pas en utiliser un autre. Dans ce cas, pour elle, et comme l’avait dit le jeune homme, cet évènement ne résultait que de l’inattention réciproque des deux protagonistes. C’était tout.

Quand à la réponse sur son état de santé, il n’était pas très difficile d’entendre l’ironie dans la phrase, cependant il ne semblait pas aller vraiment mal. Il marchait, il parlait et ceux de façon sans avoir à chercher ses mots, ne semblait pas avoir de difficulté à voir ou entendre. Tout ce que l’on pouvait apercevoir était une bosse, une égratignure et des vêtements détrempés. Cela ne devait pas être bien grave.

La suite des évènements par contre allait contre toute attente. Un verre ? Pourquoi pas ? Cependant, Si Fidicy n’était pas contre l’idée, ce n’était pas une raison pour accepter. Elle était de nature méfiante et bien que, il faut l’admettre, elle ne se sentait pas vraiment menacée, ce n’était pas une raison pour accepter l’invitation d’un inconnu. Cependant repartir maintenant ne serait certainement pas plus intéressant qu’aller boire un verre.

Finalement dans un sourire, elle demanda :


« Invitez-vous souvent des inconnus à boire un verre ? Quoi qu'il en soit j'accepte votre invitation. »
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MessageSujet: Re: Petit détour   Dim 11 Jan 2009 - 12:03

Il s’agissait d’un pur coup de tête de sa part. Mais le jeune Ombre avait pour habitude de se laisser entièrement diriger par ses pulsions, sans jamais savoir ou cela le mènerait. La plupart du temps, seule la certitude d’aboutir à quelque chose d’inattendu l’habitait. Il prétendait que ce n’était que vantardise d’affirmer se connaître vraiment. En tout cas lui laissait il libre cours à son instinct sauvage, préférant largement s’aventurer sur des sentiers inconnus que de se contenter d’une vie morne et vouée à n’être que le reflet inéluctable de l’existence de ses contemporains. Tout en gardant à l’esprit les préceptes hérités de ses ancêtres qui avaient indéniablement une part de vérité, il ne se confortait pas non plus dans ce savoir au risque de ne pas discerner les nouveaux facteurs entrant en jeu au fil du temps.

Sans plus de cérémonie, Ezechiel tourna les talons, sans laisser le temps aux paroles de l’inconnue d’aller côtoyer les toits environnants. Pas un regard en arrière. A elle de décider si elle le suivrait ou pas. Elle avait fait un choix, à elle de l’assumer. Elle ne semblait pas être du genre à faire confiance au premier venu. Mais en vérité cela ne constituait pas quelque chose d’incongru en ces temps incertains. En revanche le fait qu’elle ose s’engager à sa suite dans ce dédale que Zec avait fait sien en quelques heures traduisait une certaine témérité. Que ce trait soit véritablement inscrit en elle ou pas, il ne put que faire sourire le grand gamin innocemment. Certaines attitudes bien plus que des propos pouvait rendre compte de l’identité d’une personne. A chacun de les provoquer pour savoir a qui il avait affaire.

Une légère brise fraîche s’engouffra dans les ruelles qui ne cessaient de s’enrouler imperceptiblement vers le centre du village. Configuration ancestrale qui n’avait autre but que de faire faiblir les bourrasques en provenance des plaines. Celles ci frappaient de leur pleine puissance les premières chaumières avent de continuer leur chemin en s’adoucissant pour ne devenir qu’un doux Zéphyr à la caresse bienvenue. Inutile de vous dire que les bicoques à l’entrée des lieux n’étaient habitées que par des familles aux revenus insuffisant.
D’ailleurs quelques marmots qui étaient incontestablement les Rois, connaissant par cœur chaque impasses et le moindre interstice, se faufilèrent entre le Duo incongru et silencieux. Ezechiel nota dans un coin de mémoire cette bande de gamin, ils lui serait peut être d’une aide utile. Après tout rien ne devait leur échapper, et pour peu que Zec trouve quelque chose à échanger, sûrement acquerrait il des renseignements à propos de l’encapuchonné.
Ses pieds nus l’avaient mené devant une épaisse vitre fumée dont l’épaisse couche de crasse graisseuse interdisait tout regard à l’intérieur. Ainsi l’Ombre se retrouvait il dans la taverne ou il avait commencé la journée. Il n’avait pas l’intention de lacher son carnet si facilement, et pour autant il était capable de s’occuper d’autre chose, tout en réfléchissant à cette affaire dans un coin de son esprit.

Le tavernier tourna vers lui un œil torve. Certes son apparence avait été légèrement modifiée depuis la veille. Mais en vérité, même au milieu de la pièce peu remplie en raison de l’heure encore trop « matinale » il était loin de faire tache. Mais la clientèle ne correspondait pas encore à la population véritable qui hantait ces rues. A croire que toute chose perdait son masque avec la venue du crépuscule. Ignorant donc quelques coups d’œil désapprobateurs qui n’auraient pas eu lieu d’être si les tables avaient accueillies une clientèle certes moins fréquentable mais aussi moins difficile, Eze les conduisit au fond de la pièce. L’alcôve qui l’avait déjà accueillie était de loin l’une des plus accueillante. Loin des courants d’air de l’entrée, et surtout discrète, si bien qu’on aurait tôt fait de les oublier.
De nouveau après une longue période de mutisme, le jeune Ombre à la prestance innée dont lui même n’avait pas conscience reprit.

« Des inconnus non… Des inconnues oui. »


Son candide visage était des plus impassible et pourtant ses yeux pétillaient d’une lueur dont on aurait été bien en mal de déchiffrer. Espièglerie ? En tout cas le fréquenter incluait d’avoir bonne mémoire, histoire de ne pas se retrouver dépasser par son esprit similaire à celui d’un prédateur ; à l’affût de toute faiblesse.
En fait il n’avait jamais invité que sa cousine à boire quelque chose. Et encore, il n’avait pas souvenir que cela ce soit passé à l’extérieur du château. Bien pitoyable… Une boisson servie sur l’une des grandes tables des vastes cuisines, en revenant de la bibliothèque. Moui vraiment cette question n’était pas vraiment à son avantage. Cette pensée lui fit réprimer un éclat de rire. Ses pupilles ardentes restées rivées à la jeune femme.
De son identité il n’avait que peu à faire. Après tout il pouvait très bien être en face d’une princesse ou d’une tueuse à gage. Et cette instabilité, cette faille dans ces certitudes lui était particulièrement plaisir. Comme dans bien des cas, il préférait nettement vivre dans le désir de savoir plutôt que de se retrouver cloîtré dans une réalité morne et passive.

« Qu’est ce que vous lisiez ? »

Il avait en effet remarqué le relief d’une couverture sous la barrière de ses vêtements. Il n’était pas difficile d’attiser la curiosité du jeune Ombre, il suffisait de lui parler de littérature. Et il avait le don de s’approprier les moindres détails. Avant que l’inconnue ne lui réponde…Ou pas, il enchaîna courtoisement.

« Je vous doit donc un verre… Vous prendrez ? »

C’était de cette rencontre la première fois qu’il parlait autant en si peu de temps.
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MessageSujet: Re: Petit détour   Ven 16 Jan 2009 - 20:02

A peine sa question avait-elle été formulée que le jeune garçon avait tourné les talons, certainement dans le but de la guider dans le lieu où ils boiraient leur boisson. En silence et sans la moindre hésitation, elle lui emboîta le pas, un brin curieuse de savoir où l’invitation du garçon la mènerait.

Bien vite, ils se retrouvèrent dans de petites rues. Le genre d’endroit dans lequel on se perd bien vite si l’on ne sait pas déjà où l’on s’engage. Ces rues, il y en a dans toutes les villes et villages et habituellement elles n’abritent pas les classes les plus aisées. C’était aussi le cas ici. L’état des premières chaumières laissait à désirer et en les apercevant d’un coin du regard, au moment où elle passait devant, deux émotions contradictoires l’assaillirent. D’abord la répulsion comme peuvent le ressentir ceux qui ont été élevé dans la richesse et qui ont toujours pris soin de garder leur distance avec les autres classes. Bien que Fidicy soit née dans un petit village, elle a été élevée dans le domaine, dont elle n’est sortie que pour se rendre à la bibliothèque pour étudier et pour quitter son lieu de vie natale pour la grande ville. Elle se souvenait encore des paroles amères de sa mère lorsque le sujet de la pauvreté était abordé dans les conversations. Le père de cette dernière n’avait pas connu la famine, mais il avait toujours eu des problèmes d’argent et ça sa mère l’avait très mal vécu.
D’un autre côté Fidicy avait appris grâce à Allen à ne plus faire ou du moins à essayer de ne plus faire de différence entre les gens. Après tout, lorsqu’il s’agissait de santé, tout le monde y avait droit. Même si elle partageait l’avis d’Allen, on ne perd pas les anciennes habitudes et Fidicy avait du mal à accorder de l’intérêt aux gens si ceux-ci ne réussissaient pas à retenir leur attention. Cependant elle pouvait s’adresser à tout le monde de la même façon, mais pas s’y intéresser.

Sur le chemin, plusieurs enfants croisèrent leur route. Courant dans tous les sens, jouant à des jeux quelconques et sans prêter attention aux deux personnes traversant leur quartier. Enfin en supposant qu’ils vivaient là. Après tout, on dit que les enfants ont une bonne mémoire, et les labyrinthes ou du moins ce qui y ressemble sont souvent des terrains de jeu fort amusant. Fidicy aimait bien les labyrinthes, chercher et trouver. Cela l’amusait la plupart du temps. Pour elle les labyrinthes véhiculaient un certain mystère.

Finalement les pas du duo cessèrent face à une devanture qui aurait certainement besoin d’un bon nettoyage. Ce n’était pas vraiment le genre d’endroit que Fidicy fréquentaient. Quoiqu’elle ne fréquentait pas vraiment de lieux. Elle restait chez elle et les rares fois où elle sortait c’était quand elle été invité à un repas, plus ou moins important, qui pour la plupart concernaient son rôle de ministre ou alors ses quelques visites chez Allen et de façon encore plus rare ses sorties avec une amie. Quoiqu’il en fût, elle suivit le jeune inconnu dans le lieu comme si elle était entrée dans une simple librairie. Un rapide coup d’œil à l’intérieur de la pièce lui révéla une salle presque vide et assez calme. Fidicy croisant le regard du tavernier, mais ne lui fît aucune salutations, il n’avait pas l’air de vouloir saluer lui alors pourquoi s’en donner la peine. Elle se contentât d’un léger sourire. Elle pouvait comprendre que le garçon et elle pouvait surprendre. Après tout là sur le moment, ils n’avaient absolument rien en commun. Fidicy était aussi plus présentable que celui qui l’accompagnait. Elle suivie ce dernier dans une alcôve assez bien caché du reste de la salle. Un endroit bien agréable pour discuter sans attirer le regard des autres.

Une fois assise, elle retira son manteau à cause de la tiédeur de la salle et le déposa à côté d’elle. Elle était simplement vêtue d’une robe noire et argenté et n’arborait aucun bijou. Son allure était des plus sérieuses, mais à l’origine, elle s’était habillée pour un rendez-vous d’affaire et non pour s’amuser. Elle croisa ses mains devant elle et sourit à la première remarque du jeune homme qui daignait enfin répondre à sa question. Il savait prendre son temps, à croire qu’il voulait se faire désirer. Ou peut-être qu’il préférait faire les choses en leur temps, la conversation autour de la table et non dans les petites rues. Elle ne répondit rien, elle n’avait tout simplement rien à dire.

Les deux questions suivantes s’enchaînèrent rapidement, et Fidicy fût d’abord surprise, bien qu’elle n’en montrât rien, qu’il est remarqué le livre dans son manteau. Tout en l’attrapant d’une main, elle répondit à la seconde question du jeune homme.

« Un verre de cidre, s’il y a. »

Posant ensuite le livre sur la table, elle le poussa vers le jeune homme dans le sens où il pourrait en lire la couverture si cela lui chantait. Elle répondit alors à sa première question :

« C’est un livre de médecine. En fait cet ouvrage traite plus de la guérison par les plantes, c’est un ami qui me la prêtait. Il l’avait trouvé et acheté chez un herboriste. Je le trouve très intéressant. Vous vous intéressez à la littérature ? »
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MessageSujet: Re: Petit détour   Sam 17 Jan 2009 - 9:56

L’inconnue dévoila un appareil des plus simple, protocolaire. Le reste de la taverne avait déjà oublié ces deux nouveaux venus d’apparence bien antinomique. Les yeux pourpres du gamin détaillèrent sans gène cette silhouette qui avait du prévoir bien d’autres projets pour cette journée. Un sourire dont il était seul à connaître l’origine naquit sur ses traits involontairement charmeurs mais dont il avait apprit à tirer en bien des cas parti. L’existence de la jeune femme devait se refuser à se soumettre à un planning bien définit. Changements de dernières minutes, surprise une fois une porte poussée… Zec s’efforçait de cultiver le degrés d’imprévisibilité dans lequel il évoluait. Nécessité de ne pas se complaire dans une existence morne et d’être mue par une plénitude disciplinée. Partagé entre son envie de poser une multitude de questions et celle de rester habité par un ardent désir de savoir, il préférait garder le silence, fomentant les possibilités les plus folles à propos de cette jeune Orthodoxe. Ainsi gardait ne disait il mot, chose qui était loin de lui déplaire, et ainsi cultivait il le mystère qui enveloppait chacun de ses instants… La réalité était généralement bien décevante. A fixer ainsi dans une attitude qui aurait pu être jugée impudente mais qui se voulait juste minutieuse les membres gracieux de son interlocutrice, Zec aurait pu paraître absent. A des lieues de cet espace et de ce temps, pupilles perdues dans un ailleurs inaccessible à tout autre que sois même. Mais en vérité cette apparence était bien trompeuse. En témoignait ces mêmes yeux sur le qui vive, éternellement à l’affût du moindre mouvement d’autrui. En ce cas elles braquaient leur faisceau transcendant sur l’être en question, sans intention de le lâcher d’une semelle.

Un jeune garçon à peine plus âgé que l’Ombre vint s’occuper des commandes. Ezechiel se chargea de lui demander un verre de cidre bien rempli et un sirop d’érable. Sucré et amer, oxymore de sensations, particulièrement apprécié par notre jeune ami.
Lorsqu’elle déposa le bouquin sur le bois charnu de la table qui avait du voir passer bien des chopes, il ne put s’empêcher de sauter sur l’invitation. De ses longs doigts fins débrouillards, il caressa la couverture dont l’empreinte du temps était visible. C’était bien plus fort que lui. Plus un livre se révélait ne pas dater de la veille, plus il était poussé à tourner les premières pages avant de se plonger dans son étude irrémédiablement complète. Ayant ainsi apprécié la robe de l’ouvrage, il se permit de l’entrouvrir et de remarquer quelques annotations bordant des schémas ou des paragraphes. La médecine par les plantes ? C’était un sujet qui méritait en effet d’être approfondit. Zec n’avait jamais prêté grande attention à cette science, mais tout principe qui avait le mérite d’être original l’invitait à plus ample connaissance. En tout cas ces pages renfermaient un savoir bien utile, et qui avait déjà vogué entre de nombreuses mains. Après avoir mené un examen approfondit, il sourit d’un air entendu à son interlocutrice.

J’avoue dévorer avec plaisir tout ouvrage qui à le loisir de se retrouver entre mes mains. De la poésie en passant par quelques traités scientifique… Vous envisagez vous même de vous lancer dans cette voie ou ce n’était que de la simple curiosité ?

De nouveau il était toute ouïe au corps élégamment cintré dans la robe noire, discrète mais qui ne manquait pas de souligner la beauté de la jeune femme.
Avant d’obtenir toute réponse, les commandes arrivèrent par le biais d’une jeune fille. La fille du tavernier à coup sur. Il devait s’agir d’une « entreprise » familiale… Cette dernière déposa les boissons et ne sembla préter attention que jeune Ombre énigmatique, chevelure encore humide. Celui ci la dévisagea posément de ses yeux pourpres en apparence inexpressifs. Pourtant la gamine saisit parfaitement le sens de cette attitude à l’échos glacial. Les enfants c’est dehors. Rose au joues elle tourna les talons tandis qu’Eze, comme si de rien n’était pu à nouveau se concentrer sur l’inconnue.
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MessageSujet: Re: Petit détour   Dim 18 Jan 2009 - 8:54

Un jeune homme était venu prendre les commandes que le jeune garçon lui passa. Le garçon de table s’en alla la commande prise sans porter guère d’attention à ses deux clients. Il semblait d’ailleurs que la jeune femme et l’inconnu passaient inaperçus à cet endroit de la taverne. Cette alcôve était une bonne idée.

L’inconnu avait pris le livre entre ces doigts et en feuilleta les pages. Fidicy le regarda faire en pensant aux nombreuses écritures qu’il y avait l’intérieur. Si on observait les formes avec lesquelles les notes avaient été rédigées, on pouvait se rendre compte qu’au moins deux personnes différentes avaient étudiés ce livre en profondeur. Allen était l’une des deux, l’herboriste chez qui il avait obtenu le livre après beaucoup d’effort devait être le second. En ce qui concernait Fidicy, elle ne notait que de très brèves remarques sur le livre en lui-même, mais les étudiés plus profondément sur un carnet à part, qu’elle avait aussi sur elle d’ailleurs. Elle n’avait pas voulu trop écrire sur le livre de peur que les marges de ce dernier finissent par devenir trop brouillon. De plus les remarques des deux autres personnes prenaient déjà beaucoup de places, il n’en restait guère à la jeune femme. Cependant les annotations étaient très intéressante et avait éclairée ou guidée Fidicy sur des pistes très intéressantes à son goût.

Il se passa quelques minutes pendant lesquelles le jeune garçon observa ou étudia le livre avec intérêt. Il avait l’air d’aimer les livres et si tel était bien le cas, cela ferait au moins un point commun entre les deux étrangers.

Une fois qu’il eut confirmé sa pensée, elle s’apprêta à lui répondre mais fût interrompu par l’arrivée d’une jeune fille avec un plateau, sûrement leur commande. La jeune fille posa les verres sur la table cela de façon plus lente qu’il n’était nécessaire. La jeune Orthodoxe observa le court et silencieux qu’il y eut entre les deux personnes face à elle. La jeune fille semblait ne remarquer que l’Ombre et celui-ci la regarda, sans pour autant que son expression soit déchiffrable. Ce jeune garçon savait parfaitement comment dissimuler ses expressions, mais il savait pourtant se faire comprendre, car la jeune fille s’en alla plus rapidement qu’elle ne l’aurait sûrement souhaitée.

Fidicy attendit que la jeune fille soit trop loin pour les entendre pour faire remarquer, dans un sourire amusée, au jeune garçon.

« Vous semblez avoir du charme auprès de la gente féminine. »

Du charme, il en avait c’était certain, mais Fidicy le trouvait plutôt intriguant. Elle reprit alors, songeant qu’il était tend qu’elle réponde à la question posée.

« J’aime beaucoup les livres moi aussi. Les ouvrages scientifiques, les mémoires et les romans sont ceux qui retiennent le plus mon attention. En poésie je suis plus difficile. La médecine quant à elle est mon domaine de prédilection. Il m’intéresse tout particulièrement. Et ceux quelque soit la façon dont l’ouvrage aborde la médecine, je m’intéresse à tous les regards que l’on pourrait poser sur elle. Cependant, je pense que médecin n’est pas un métier qui me conviendrait. Et vous ? Avez vous un projet d'avenir particulier ? »

La jeune fille s’arrêtât là. Elle porta sa main à son verre, elle le leva un peu et dit :

« Merci pour le verre. »

Puis elle le porta à ses lèvres pour goûter enfin à la boisson.
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