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 Rencontre à la frontière [PV Elea]

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Loran Kellac
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MessageSujet: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Mer 12 Mar 2008 - 13:12

Cinquième jour de la huitième semaine, an 835, aux environs de 15h


Loran se pencha sur sa selle, glissa sa main dans les bâts et saisi une gourde pleine d’eau. Enfin, pleine, elle ne le serait plus tellement quand il en aurait fini avec elle. Le vent froid qui ne semblait jamais cesser sur ces plaines lui desséchait la gorge, piquant ses yeux et giflant violement son visage. Il porta la gourde à ses lèvres, savourant la douceur du liquide qui rafraichissait sa gorge. Ca avait beau n’être que de l’eau, cela lui paru un mets des plus délicats. Il vida la moitié de la gourde avant de la ranger précautionneusement, puis il se leva sur ses étriers, les yeux plissés.

A le voir, nul doute qu’il était à la recherche de quelque chose… ou de quelqu’un qui aurait fui précipitamment. Le jeune homme n’était pas habillé pour affronter le vent des vastes plaines de Fazor, et il n’était pas non plus spécialement armé pour une rencontre avec les Amazones, surtout maintenant que leurs deux peuples étaient en guerre. Un arc pendait à l’arrière de la selle, et le jeune homme avait gardé son surcot aux couleurs de son Roi. Son épée, attachée à sa ceinture, battait en mesure les flancs de sa monture harassée. En plus, il était seul, jamais une bonne idée lorsqu’on se lance sur un territoire inconnu. Alors, que faisait-il là ?

Le jeune capitaine rongeait son frein, d’être de garde dans la cité impériale. Il prévenait les escarmouches, arrêtait deux-trois rebelles, mais rien de comparable aux aventures de ceux qui étaient parti prévenir les peuples du Gwendir. Pourquoi ne lui faisait-on pas confiance, pourquoi ne l’envoyait-on pas combattre ? Il se morfondait ici, alors, il s’était décidé pour un peu d’action. Un criminel, activement recherché par la Garde d’Yswllyra, avait été aperçu près des portes, et Loran s’était, de bonne grâce, proposé pour cette chasse à l’homme. Il était en repos aujourd’hui, il n’avait donc rien de spécial à faire. Quelques soldats étaient partis à la recherche du fugitif, mais il avait quitté la ville. Les soldats s’étaient donc déployés, et c’est comme ça que loran se retrouvait, seul, sur la route des plaines de Fazor.

Il n’était pas non plus stupide, il n’avait pas l’intention de cheminer jusqu’au royaume des amazones. De plus, il n’avait rien aperçu de suspect, et il lui fallu se rendre à l’évidence : le fugitif n’était pas là. Espérant que l’un des autres l’avait rattrapé, le capitaine tira sur les rênes de Glad, stoppant l’étalon qui tourna vers lui un regard interrogateur. Quelque peu déridé, Loran lui sourit et jeta joyeusement :

Eh oui vieux frère, on rentre !

Il tourna la tête de l’étalon vers l’Ouest, et sa monture reprit le chemin, en sens inverse, sans se presser. Depuis la matinée ils chevauchaient, et Loran jugea plus prudent de ne pas le presser. Sans même l’arrêter, Loran glissa de sa selle, ses bottes résonnant avec un bruit sourd quand il heurta le sol. Il avait envie de marcher, aussi arrima-t-il son épée sur la selle, déposant sa cape par la même occasion. Le vent froid s’infiltrait sous son tabard, mais le jeune homme songea qu’un peu de marche le réchaufferait un peu. Et sa cape, volant dans tous les sens, gênait ses mouvements. Il attacha donc les rênes au pommeau de la selle, et marcha calmement auprès de l’étalon, le vent soulevant de concert la blanche crinière de l’un, et la blonde chevelure de l’autre.

Qu’est-ce que Loran n’aurait pas donné pour tirer un lapin, ou un oiseau. Malgré le vent qui soufflait violement, il aurait sans doute touché sa cible. Tout enfant, il avait rapidement appris à compenser le vent pour pouvoir quand même touché au but. Mais sur ces plaines désolées, il n’y avait pas âme qui vive, seulement un jeune homme et sa monture. Enfin, ça, c’est ce que croyait le jeune homme. Il était loin de se douter qu’une ombre l’observait, une ombre qui, peut-être, se demandait pourquoi un homme seul risquait sa vie sur ces plaines. La frontière du territoire des Humains, et de celui des Amazones, était toute proche, et les deux peuples étaient en guerre. Etait-il suicidaire, fou, ou tout simplement un espion ?

En tout cas, les vêtements qu’il portait, la richesse du harnachement de sa monture, n’aurait pas semé le doute dans l’esprit d’un quelconque observateur. Il était un soldat, un soldat à la solde du Roi Ardiosis Bennefoy, et un gradé, en plus. Alors, qu’est-ce qu’il fichait ici ?
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Elyon
Gwendirien
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Mer 12 Mar 2008 - 15:08

Afin de protéger leur territoire en ces temps de guerre, les Amazones nordiques avaient maintenu une surveillance presque sans interruption de leurs frontières. L'idée émanait de la commandante des armées, Elea Faldor qui se devant de montrer l'exemple participait elle aussi à cette surveillance. Sauf que bien évidemment, la jeune femme ne s'embarassait pas de plusieurs personnes qui auraient été superflues. Aucun des peuples frontaliers n'aurait osé une attaque directe au moyen de son armé. Elle pouvait croiser des éclaireurs isolés, mais quoi qu'il advienne elle pourrait gérer la situation seule. De toute manière, elle avait exigé de faire cette patrouille seule. C'était encore le meilleur moyen de se retrouver seule à cheval. D'avoir par conséquent la possiblité de réfléchir au nouveau tournant que prenait son existence.

Elle chevauchait depuis sans doute plus d'une heure désormais, le temps passait plus vite lorsqu'elle était à cheval. Ayant auparavant informé Idril, son amie de toujours et la future souverraine qu'elle rentrerait sans doute au crépuscule, Elea était bien décidée à s'offrir le luxe de prendre une pause dans ses obligations quotidiennes. Ce que Cisco, son destrier, acceptait volontiers. Parcourir les plaines de Fazor était une promenade de santé pour l'équidé habitué aux violentes bourrasques de ce territoire. Sa cavalière l'était bien autant. Vêtue d'un pantalon de toile brune surmonté d'une tunique de lin pourpre. Elle portait également des mitaines beiges remontant jusqu'aux coudes et des bottes de la nuance de couleur. Elea paraissait ne pas sentir le froid mordant accentué par le vent glacé des plaines nordiques.

La jeune femme fit bifurquer son cheval qui s'apprêtait à prendre le chemin du retour. Finalement, elle comptait bien prolonger leur petite chevauchée. Combien de mois s'était il écoulés depuis qu'elle n'avait pu parcourir les plaines en compagnie de son père comme ils avaient jusque là l'habitude de le faire annuellement. En ces temps de guerre elle doutait pouvoir le revoir rapidement. Elle serait sans doute obligée de trouver un autre moyen de le contacter. Peut-être qu'elle pourrait s'arranger pour qu'ils se trouvent près du territoire des nymphes, assez loin mais puisque ces êtres restaient neutres, c'était sans doute le seul pays où elle pourrait retrouver l'homme qui était sa seule famille sans craindre qu'il ne se retrouve écartelé entre sa famille et son devoir. Il avait sans doute sûrement assez de peine de se retrouver contre le pays dont sa femme était originaire. Elea songea qu'elle devrait trouver un moyen de le revoir, peut-être lui faire passer un message grâce à un oiseau, restait à trouver l'oiseau. L'idée lui trottait dans la tête depuis plusieurs jours et elle regrettait de n'y avoir pensé avant.

Bien sûr, une telle idée impliquait qu'elle parle aec un volatile, s'en remettant de nouveau à ce curieux don hérité de son père qui lui permettait de comprendre les animaux à défaut de pouvoir se métamorphoser en l'un d'eux. Son inquiétude, ou sa rêverie tout du moins devaient être capable car son cheval s'arrêta brusquement. Depuis qu'il avait été offert à la jeune métisse, il avait appris à la connaître. Il s'adressa à elle, en prenant soin d'articuler. Malgré tout, Elea n'avait pas encore un excellent niveau en langues animales. L'équidé se demanda de nouveau si elle avait plus de sang amazone que druide ou si c'était l'inverse.

*Elea, que t'arrive-t'il? Ne me fais pas croire que tu n'es pas troublée, tu peux tromper tes troupes et peut-être un peu la princesse, mais pas moi.*

Surprise, la jeune femme marqua un temps d'arrêt. Etait-il si facile à un cheval de la comprendre? Dans ce cas, arrivait-elle à préserver les apparences auprès de ses soldats? Si un équidé avait percé à jour son humeur, les gens qui l'entouraient en était capable. En dépit de son grand sens de la stratégie militaire, Elea avait tendance à oublier que l'on pouvait lire sur son visage comme en un livre ouvert. Elle renonca à l'idée de formuler une réponse en langue animale, elle préférait parler humain.

-Cesse donc un peu tes jérémiades, tout va pour le mieux, tu n'as pas à t'en faire pour moi. Il est vrai que je suis d'ordinaire plus joyeuses, mais ma mauvaise humeur passera sans doute dès demain. Lors du courronnement de la princesse et que je pourrais enfin me détendre, même si je devrais sans doute l'aider à administrer un peu la contrée durant quelques jours. Ce qui me parait tout à fait normal vu mon rôle

Puis, elle fit galoper un peu le cheval en direction d'une colline qui présentait l'avantage non négligeable d'avoir une vue imprenable sur une bonne partie des plaines. Ce qui lui permettrait de contempler les plaines et s'assurer qu'il n'y ait aucun intru dans les terres amazones. Une fois en hauteur, le vent lui parut un rien plus violent qu'il ne l'était en amont de la colline. Elle rejetta les quelques cheveux blonds qui revenaient devant son visage et lorsqu'elle parcourut du regard les plaines, elle aperçut soudain un intru. Il était là, bien visible. A cheval et portant les couleurs du roi des humains. Ce qui ne signifiait qu'une chose pour la jeune femme. Ce n'était certainement pas un voyageur innoçent égaré dans ces contrées. Ne sachant s'il était hostile ou simplement messager, elle ne bougea pas, attendant qu'il fasse le premier pas afin de voir s'il était ou non hostile, donc nuisible. Si besoin était, elle chercherait le combat frontl pour le mettre hors d'état de nuire, après tout, elle avait sur elle son épée et sa lance, un arsenal largement suffisant pour faire chuter quelqu'un de cheval.
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Mer 12 Mar 2008 - 17:11

Loran marchait tranquillement aux côtés de son cheval et, une fois réchauffé, joua les acrobates pour remonter sur le dos de sa monture. Il faillit basculer en avant quand Glad s’arrêta subitement, tournant ses oreilles vers là d’où ils venaient. L’étalon devait avoir entendu quelque chose, et le jeune homme ne douta pas que cela devait être important. Son cheval n’était pas du genre poltron, et il ne s’effrayait pas d’un bruit quelconque.

Faisant tourner sur place sa monture, le capitaine observa du regard les plaines désolées. Qu’est-ce que Glad avait pu entendre ? Un bruit, porté par le vent ? Mais il n’y avait rien, enfin, il y a quelques secondes du moins, il n’y avait rien. Car un soudain mouvement attira l’attention du cavalier, qui porta son regard au sommet d’une colline balayée par les vents. Une silhouette solitaire se tenait là, à cheval comme lui, l’observant sans faire de mouvement. Ce devait être le vent, jouant dans les cheveux de l’inconnu, qui avait révélé à Loran sa position.

Toute personne sensée aurait aussitôt pensé à une amazone. On était tout près de leur terre, et les cavaliers monté ne devaient pas courir les plaines. Toute personne sensée aurait tourné la bride de son cheval et fuit, en espérant ne pas recevoir une flèche dans le dos. Toute personne sensée, donc, aurait éprouvé une certaine peur devant un danger inconnu et aurait fui. Oui, mais tout le problème, c’est que Loran n’était pas une personne sensée. Oh, il était intelligent, il savait réfléchir, mais il n’avait vraiment pas le sens du danger. Mais alors là, vraiment pas. Autant il se montrait prudent avec ses hommes, réfléchissant plutôt deux fois qu’une, autant, avec sa propre vie, il faisait preuve d’une témérité inconsciente. Une personne sensée aurait tourné bride… Loran, lui fit exactement le contraire : il se dirigea droit sur la silhouette solitaire.

Il était curieux de nature, et surtout, il avait un sens du devoir exacerbé. Lui, il ne pensa pas aux amazones, il ne pensa pas à cette guerre, non, il pensa uniquement à ce qui l’amenait ici, à savoir, un fugitif. Un fugitif qui avait, il ne savait pas trop comment, déniché une monture et qui le narguait, là, au sommet de cette colline. Et Loran n’était pas du genre a abandonner, donc, il se dirigea lentement vers cette personne. S’il s’était tout de même attardé à réfléchir un peu, il aurait ans doute constaté que l’inconnu n’était pas brun, comme son fugitif, mais blond. Et qu’il était fort peu probable que ledit fugitif est trouvé une monture dans les environs.

Mais bien résolu à éclaircir le mystère, Loran fit avancer Glad vers la colline. Il reboucla son ceinturon et son épée, qu’il avait déposé lors de sa petite marche, mais laissa son arc là où il était. Avec ce vent, il y avait quand même une toute petite chance –infime, vraiment- qu’il loupe sa cible. Et disons qu’il n’avait pas envie de voir se fugitif s’échapper de nouveau. Glad était fourbu, et il renâcla en commençant son ascension. Son cavalier gronda entre ses dents : si le nouveau venu avait une monture plus fraîche que la sienne, ce dernier n’aurait aucun mal à le distancer. Alors, comment l’attirer ? Enfin, puisqu’il s’était montré, il n’avait peut-être pas l’intention de fuir, mais de clamer son innocence, ou une autre fadaise du genre.

Loran stoppa son étalon au sommet de la colline. L’inconnu se tenait à quelques dizaines de mètres devant lui, droit et plein de fierté, avec, apparemment, nulle intention de fuir. Le capitaine esquissa un sourire : enfin, un peu d’action, une mission beaucoup plus prometteuse qu’il ne l’avait cru. Glissant à bas de sa monture, sans pour autant saisir son épée, Loran laissa tomber les rênes de son cheval sur le sol et s’avança à pied. Il ne soupçonnait aucunement que le dessein de l’inconnue était de le faire tomber de cheval, en tout cas maintenant, ça ne pourrais plus marcher [Ca, c’est ma vengeance pour m’avoir obligé à faire le premier pas, na !]. S’avançant encore de quelques mètres, jusqu’à se retrouver à portée de flèches, sauf qu’il n’avait pas son arc, et de voix de l’inconnu, le jeune capitaine s’arrêta, mettant ses mains en porte-voix pour crier.

Justice a été rendue ! Tu es coupable, il faut payer maintenant !
Tu n’as aucune chance de t’enfuir, si tu entres sur leur territoire, les amazones te tailleront en petits morceaux. Nous sommes entre hommes civilisés, ici, alors rends toi, et je te promets que tu seras bien traité.


Disons que si jamais Loran avait eu conscience d’être devant une amazone, quasiment désarmé, il n’aurait sans doute pas choisi exactement les mots là. Oui mais voilà, comment l’aurait-il su ? Il était soldat, pas devin, ce qui d’ailleurs est bien dommage pour la suite des évenements^^
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Elyon
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Mer 12 Mar 2008 - 18:20

Elea aperçut bientôt une silhouette se diriger vers elle. L'inconnu l'avait repérée. Pas trop tôt, elle avait eu de le temps de songer àfaire le premier puisqu'il lambinait trop. Il gravit la colline à cheval, ne se rendant pas compte qu'il l'abordait pas le flanc le plus difficile à franchir. Mais il semblait bon cavalier. Elea ne le sous-estima donc pas, contrairement à ce que le comportement de l'inconnu lui aurait dicté. On pouvait être un parfait crétin mais un habile cavalier. De plus, il lui semblerait injuste de blesser le cheval qui n'avait certainement pas choisit son cavalier. A moins que ce curieux personnage ne soit un druide. Non, la métisse était allée suffisamment rendre visite à son père pour savoir que les hommes de ce peuple avaient plus de prestance et de logique que celui qui s'approchait. Ceci dit, on trouvait des idiots dans toutes les familles. Elea resta passive, attendant que l'autre soit à portée de voix. Au milieu du bruit du vent, elle entendit le cliquetis métallique d'une épée. Ainsi, elle aurait affaire à un naïf armé portant les couleurs du roi humain? Tentative de suciide désespérée? L'espace d'un instant, elle regretta de ne pas avoir relégué cette patrouille à des subordonnées. Faire un prisonnier, si stupide soit-il, aurait permis à quelques sous-gradés de monter en grade, ou d'acquérir un peu de cofniance en eux.

Mais non, il avait fallu qu'elle aille faire cette patrouille et qu'elle se retrouve là à attendre un naïf qui permettrait dans ces terres sans même penser à emprunter le chemin le plus rapide pour accéder aux premières habitations et montrer ses intentions pacifiques en attendant une audience avec la future reine (peu probable) ou elle (probable). Enfin, elle pouvait toujours se consoler en se disant que son cheval aurait une bonne occasion d'être amusée des bipèdes. Et puis qu'elle avait pris un grand bol d'air frais. Dommage qu'une trouble-fête soit venue interrompre sa ballade. S'il était sur ces terres, il avait sans doute une bonne occasion d'y être. Peut-être était-ce un messager au sens de l'orientation défaillant. Ou un parfait abruti, ce qui restait une hypothèse plus qu'envisageable.

Intriguée, Elea observa l'inconnu descendre sans ses armes. Les messagers humains portaient-ils des armes? Sans doute pas. L'hypothèse d'un naïf s'imposait donc avec plus de conviction. Sans bouger d'un millitère, la commandante des armées amazones observa cet inconnu à une dizaine de mètres d'elle. Une distance qu'il aurait très bien pour parcourir à cheval. Il était donc descendu parce qu'il se croyait supérieur à un cavalier à cheval ou parce qu'il montrait qu'il était pacifique en n'apportant aucune arme. Dans le doute, Elea se demanda s'il n'était pas tout simplement inconscient pour vouloir attaquer de front une amazone. Tiens, non. Il mettait ses mains en porte-voix pour l'accuser. Un comportement bien puéril. D'autant plus qu'elle n'en comprenait pas le motif. Rendre justice? Cet individu malpoli parlait de rendre justice? De qui se moquait-il? S'il avait eu une quelconque influence sur la justice, il venait toutefois de franchir la frontière d'un territoire où la personne qu'il insultait était l'une des plus à mêmes de rendre justice. Elle le laissa débiter sa petite tirade, puisque cela lui plaisait tant.

Le passage des hommes puis des hommes civilisés fit s'évanouir le petit sourire sur le visage d'Elea. Elle supportait très mal que l'on dénigre son peuple. En fait, elle ne supportait pas du tout cela. Une fois qu'elle fut sûre qu'il avait fini de débiter des stupidités, elle hésita sur la marche à prendre. Devait l'assommer et laisser sa dépouille là? Ou se contenter de tourner le dos et ne pas prêter attention aux élucubrations d'un aliéné? La seconde solution était plus tentante. Mais il pouvait s'agir d'un espion particulièrement doué pour se faire passer pour un imbécile. Il valait mieux s'occuper de son cas et perdre du temps plutôt que de faillir à son devoir. Elea ordonna tacitement à Cisco de se rapprocher un peu de l'inconnu. Une fois qu'elle fut à portée de voix suffisante pour se contenter d'hausser la voix afin d'être entendue plutôt que de crier, elle s'adressa à l'inconnu d'un ton formel et assez autoritaire.

-Vous êtes bien mal placé pour parler de justice en ces terres, vous venez de franchir la frontière du territoire amazone. Je doute franchement qu'on me fasse le moindre mal, cependant il est très gentil de votre part de vous occuper de mon bien-être, même si le vôtre me semblerait plus préoccupant si je me retrouvais en train d'adresser un haut gradé ennemi par temps de guerre sur un territoire om vous n'aureiz du pénétrer. Du reste, il n'est pas dans les habitudes de mon peuple de tailler les gens en petits morceaux. J'ignore à quel pays vous appartenez mais si on y rend justice de cette façon vous feriez mieux de changer de contrée. Maintenant, si vous vouliez bien me dire qui vous êtes, vous faciliteriez ma patrouille. Sans vouloir vous offenser, j'ai mieux à faire que perdre mon temps avec de simples subordonnés humains qui pourchassent on ne sait qui. Vous êtes bien humain, n'est-ce pas?
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Mer 12 Mar 2008 - 19:37

[Au fait, tant que j’y pense : « parfait petit crétin », j’adore XD]

Loran était plutôt satisfait de son petit discours. Il préférait éviter les effusions de sang inutiles, en temps normal, et ce qu’il avait dit était assez convainquant pour sonner vrai. Après tout, l’homme avait avoué être un assassin, non ? La justice du Roi, à défaut de la justice divine, devait donc se charger de lui. Et le jeune homme ne voyait pas l’intérêt de le mener en prison en pièces détachées. Il voulait que cet homme soit conscient lorsque les portes de la prison se refermeraient sur lui, conscient du crime qu’il avait commis, et du remords qu’il éprouverait… ou non. Là, ce n’était plus du ressort de la justice, mais des Dieux.

Mais il se passait quelque chose de bizarre, Loran le ressentit. Puis le cavalier, la cavalière plutôt, s’avança de quelques pas. Là, toute personne normale aurait défailli. Toute personne normale aurait vu sa vie défiler devant ses yeux, aurait songé qu’il était fini. Parce qu’une jeune femme montée, ici, ne pouvait signifier qu’une chose : une amazone. Et une patrouille amazone, qui plus est, car une cavalière n’aurait eu aucune autre raison d’être ici. Cependant, Loran n’était pas une personne normale. Il n’était pas une personne stupide, contrairement à ce que pouvait penser la jeune cavalière devant lui, il était même intelligent, mais il était si sûr de son fait !

Bon, il s’était trompé. Ce n’était pas la première fois, mais sans doute la dernière, s’il ne trouvait pas une idée rapidement. Loran avait du mal à déchiffrer l’expression de la jeune femme, mais de toute façon, ce n’était pas la peine. Il était sûr qu’elle n’avait pas apprécié ces quelques paroles. En même temps, il ne pouvait pas vraiment la blâmer, hein ? Il n’avait pas été très prudent sur ce coup là, mais de toute façon, la prudence, ce n’était pas son fort. Il leva la tête vers la jeune femme qui s’était arrêté à quelques mètres de lui, la dévisageant calmement. Elle était plutôt belle, enfin, ce qu’il voyait d’elle était plutôt attrayant. Puis elle prit la parole, arrachant un sourire au jeune capitaine.

Pourquoi souriait-il, alors que ses paroles n’avaient pas vraiment un sens humoristique ? La voix autoritaire de la jeune femme n’invitait pas non plus à l’amusement, d’ailleurs. C’était plutôt le sens de ses paroles qui amusait Loran : apparemment, la demoiselle n’était pas dépourvu d’une certaine ironie. Et malgré sa tirade quelque peu menaçante, une seule chose intriguait le jeune homme : avait-il réellement franchi les frontières du territoire amazone ? Il était plutôt difficile de se repérer dans le coin, c’était vrai. Peut-être avait-il poussé un peu plus qu’il ne l’aurait du, mais si c’était le cas, c’était en toute innocence. Il ne mettait pas en doute la parole de son interlocutrice, non, elle était sans doute mieux placée que lui pour connaître les frontières. Ces plaines, c’était son territoire après tout, pas le sien.

Un ennemi haut gradé ? Cette fille serait donc un officier ennemi ? Le sourire de Loran s’élargit : décidément, quand il faisait des erreurs, il ne les faisait pas à moitié ! IL dévisagea ouvertement la jeune femme, ses yeux bruns pétillants d’amusement. Il fallait reconnaître que le danger, il n’y avait que ça qui pouvait lui procurer une bonne dose d’adrénaline, et il adorait ça. Mais il songea que l’amazone pourrait le prendre mal aussi, quand elle eut terminé sa tirade, il prit la parole. Son ton était calme, mais pas le moins du monde implorant, ni même désolé. Pourquoi le serait-il ? Il avait fait une erreur, certes, mais il n’était pas là pour déclencher un incident. La Justice l’amenait ici, et même si la guerre avait éclaté entre leurs deux peuples, c’étaient une chose qu’il voulait mettre au clair. Il n’avait pas d’intention mauvaise, en entrant ici, et ça, il avait à cœur de le préciser.

Je me targue d’être toujours prévenant envers les jolies demoiselles. Mais croyez-moi, je n’avais pas l’intention de pénétrer sur votre territoire, en aucun cas. Ma poursuite m’a sans doute amené trop loin, et dans ce cas, je vous dois des excuses, c’est vrai.

Le « simple subordonné humain » avait paru retentir comme une insulte, mais le jeune capitaine ne s’en offusqua pas. Après tout, il avait peu de temps auparavant insulté le peuple des amazones, aussi n’était-il pas en droit de protester. En tout cas, la jeune fille n’avait pas reconnu, ou peut-être pas vu, les insignes de son grade. Et Loran n’avait pas l’intention d’insister sur ce point. D’ailleurs, il ne releva pas la remarque sur son bien-être qui devenait problématique, ici. A quoi servirait-il de se défendre ? Il devait bien le reconnaître, il était à la merci de la cavalière, même si son épée était attachée à son côté. Seul, sans son arc, il n’avait aucune chance en combat singulier. Même téméraire, Loran n’allait pas tenter de se jeter sur elle, ça aurait été du suicide.

Je me nomme Loran, et je suis humain, c’est vrai. Mais je ne mentais pas : c’est bien la justice qui m’amène ici. Un assassin est en fuite, et un informateur nous a indiqué qu’il avait franchi les portes de la cité. Il est de mon devoir de le poursuivre… tout comme le vôtre était de m’arrêter.

Il leva les yeux vers l’amazone, puis haussa les épaules. Le bruit de Glad, qui s’ébrouait bruyamment, lui fit tourner la tête un instant, avant qu’il ne rattache son regard sur la jeune femme. Il esquissa un léger sourire, avant d’esquisser une petite révérence.

Maintenant que ce point est réglé, gente dame, je pense que vous ne verrez pas d’inconvénient à ce que je m’éclipse. Le sort de cet assassin est entre les mains de votre peuple, désormais, plus entre les miennes. Ce fut un plaisir.

Il recula de quelques pas, curieux de voir si son stratagème fonctionnait… ou jusqu’où pourrait-il aller. On ne pourrait pas lui reprocher de se livrer sans broncher, tout du moins, et les paroles étaient bien la seule arme qui lui restait.
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Sam 15 Mar 2008 - 18:50

Le sourire de l'inconnu ne plut pas du tout à Elea. Elle n'aimait pas qu'on se moque d'elle, et si ouvertement qui plus est. Il n'aurait pas été en ennemi en temps de guerre, elle l'aurait provoqué en duel. Cependant, ce serait perdre son temps dans le cas présent. Pour commettre l'erreur de franchir la frontière d'un peuple et le dénigrer en quelques secondes à peine, cet homme ne devait avoir aucune valeur aux yeux d'Ardiosis. Le duel aurait certainement été peu distrayant et elle aurait perdu son temps. Oui, quelqu'un qui commettait de telles erreurs ne pouvait être qu'un parfait abruti, sans aucun talent au combat. Malgré tout, son uniforme disait le contraire, ce qui ne manqua pas d'étonner Elea. Aurait-il une fonction si importante que sa tenue le laissait suggérer? Et si peu de tact? Non, impossible. Patiente, et prête saisir son épée au moindre ennui, l'amazone attendit que l'étrange visiteur des plaines de Fazor s'explique. Il ne tarda d'ailleurs pas à se justifier.

Elea l'écouta avec toute la patience dont elle pouvait faire preuve. Il employait tout d'abord la flatterie, banal, il cherchait à atténuer la colère qu'elle ressentait. Initiative totalement inutile. Mais bon, qu'il continue. Il n'aurait pas eu l'intention de pénétrer sur le territoire. Mais bien sûr, cela justifiait entièrement qu'il connaisse si mal ses frontières. A d'autres, même un humain de bas pouvait savoir qu'il pénétrait en territoire inconnu lorsque les routes s'arrêtaient brusquement et continuaient quelques mètres plus tard. Mais il n'aurait pas su, ben voyons. Il faillit se racheter en disant qu'il lui devait des excuses. Excuses qu'Elea attendit avant de constater que les humains manquaient de convenances, ou juste celui-là. Il semblait normal, quand on disait vouloir présenter des excuses, de les présenter juste après, et non se contenter d'expliquer ses bonnes intentions. Mais non, pas pour cet humain.

Elea attendit patiemment les excuses, cependant rien ne vint. Il se présenta, elle retenu qu'il s'appelait Loran. Il prétendait rechercher un assassin. La jeune femme n'avait vu personne, et quiconque d'étranger à son peuple se serait perdu sans guide. Ce furent ces légers détails qui attisèrent un peu plus la méfiance d'Elea. Loran se contredisait presque, il était sans doute loin d'être sincère. Et puis, serait-il à la poursuite d'un fugitif seul en temps de guerre près d'un territoire hostile? Ainsi, Ardiosis Bennefoy ne se contentait pas d'assassiner ses rivaux politiques, il envoyait à la mort ses soldats? Bel exemple pour le peuple humain. Elea eut presque de la pitié pour son interlocuteur. Son peuple avait au moins la chance d'avoir des monarques bienveillants, pas les humains visiblement. Une phrase de Loran retint son attention. La petite phrase sur le devoir. Elle le laissait finir sa tirade, sachant qu'il ne pourrait pas s'enfuir immédiatement après. Pas avec un cheval dans cet état de fatigue. Elle n'avait rien à craindre en l'écoutant, sinon de s'ennuyer.

-Très bien, je vois que vous respectez vos devoirs. Mais je respectes moi aussi les miens. Mon devoir n'était pas de vous arrêter. Il l'est toujours.

Elle le regarda reculer de quelques pas. Prévisible. D'un petit claquement de langue, elle ordonna à son cheval d'avancer, conservant la distance qu'il y avait auparavant entre eux et son interlocuteur. Ce geste démontrait bien qu'elle était fermement décidée à ne pas le laisser partir. S'il tentait de s'éloigner encore, elle emploierait une autre stratégie : l'attaque frontale. Elle arait l'embarras du choix, la lance ou l'épée mais elle utiliserait d'abord la lance pour faire tomber à terre son adversaire sans le blesser. Et s'il voulait se battre et bien elle s'adapterait à l'arme qu'il aurait choisit en veillant à rester trop près pour qu'il puisse décocher une flèche. La faiblesse d'Elea était son manque de portée, si elle voulait avoir le dessus il lui fallait un combat frontal, sur de petites distances. Lorsqu'elle était confrontée à des archers, la jeune femme avait difficilement le dessus si elle les laissait s'écarter. Aussi fallait-il qu'elle veille à ne pas laisser s'éloigner Loran.

-Maintenant, veuillez me suivre sans faire d'histoires, à cheval car nous avons un petit trajet à parcourir. Vous ne me semblez pas stupide, alors vous devriez comprendre qu'il ne vous sert à rien de chercher à me fausser compagnie. Votre monture est épuisée et j'ai l'avantage du terrain. Je vais vous emmener dans un poste de relais des environs. Vous y indiquerez le nom de votre fugitif et deux ou trois petites choses sur votre chasse à l'homme. Cette petite formalité nous permettra de vérifier d'ici deux ou trois jours, tandis que vous serez rentré chez vous, si vous avez menti ou non. Puisque vous êtes vous aussi militaire vous devez bien vous douter qu'un homme seul, amée, et portant les couleurs d'un royaume voisin en guerre avec nous aurait tendance à ressembler à un espion. Alors j'aimerais bien avoir une chance de vérifier vos dires, Loran. Je serais tentée de vous faire confiance si nos royaumes n'étaient pas en guerre. Malheureusement, c'est le cas et je ne peux vous laisser repartir comme si de rien n'était.
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Sam 15 Mar 2008 - 21:12

Bon, c’est vrai. S’il voulait être tout à fait honnête, Loran devait bien s’avouer qu’il se doutait avoir été un peu trop loin. Mais sur le reste, il n’avait pas menti. Ce fugitif échappé de prison, c’était bien lui qu’il recherchait. Pourquoi avoir poussé aussi loin dans le territoire des Amazones ? Encore une fois, s’il voulait être tout à fait honnête envers lui-même, Loran devait admettre que sa tentative était délibérée. Il était tellement furieux d’être restreint à garder la paix dans la cité qu’il n’avait vu dans cette chasse à l’homme une façon de s’amuser un peu. Mais Loki l’avait puni, une chose que ses supérieurs ne manqueraient pas de faire, d’ailleurs, si cette rencontre venait à leurs oreilles. Les chances qu’ils l’apprennent d’une Amazone étaient minimes, certes, mais s’il était capturé, il aurait de sérieux problèmes. Tout ce pour quoi il avait travaillé si dur, tout ce en quoi il croyait, évanoui pour avoir simplement voulu se procurer plus d’adrénaline que n’en fournit la surveillance de la cité ?

Non, certainement pas. Mais alors, que faire ? Loran resta immobile, observant les possibilités qui s’offraient à lui. Et elles étaient de moins en moins nombreuses au fur et à mesure que le temps passait. Son petit discours n’avait guère eut d’effet, sinon celui d’irriter encore plus la cavalière, ce qui, dans sa situation, n’était pas une idée des plus brillantes. L’idée de se sortir de là par quelques phrases, il pouvait faire une croix dessus. Bon, restait quoi d’autre ? Le combat ? Fallait pas y compter non plus, et son arc était hors d’atteinte. L’amazone n’en portait pas, il l’avait remarqué, ça aurait donc été sa seule chance de la tenir à distance. Malheureusement, le temps de saisir son arme et d’y encocher une flèche, il serait certainement mort, la gorge tranchée. Le combat aussi, c’était exclu. Restait la fuite… pas vraiment honorable, mais parfois, quand la situation l’exige, il faut oublier son honneur et sauver sa vie. Son maître d’arme, mort maintenant, le lui répétait souvent : l’honneur se rachète. La vie, elle n’a pas de prix.

La jeune femme prit la parole, arrachant une grimace à Loran. Il était piégé, n’est-ce pas ? Elle avait raison, de toute façon : le laisser repartir était une erreur. Il ne l’aurait pas fait, pourquoi le devrait-elle ? Le jeune homme tenta pourtant d’abattre sa dernière carte, et prit congé avec insolence, reculant de quelques pas. Une distance qu’Elea raccourcit aussitôt en faisant avancer sa monture. Elle ne laisserait pas partir, le message était clair. Loran la fixa de ses yeux bruns, sans mot dire, avant de tourner son regard vers son destrier. Il se fichait que l’amazone comprenne qu’il hésitait à s’enfuir, de toute façon, il ne le pourrait pas, et ils le savaient tous les deux. Mais il ne laisserait pas la jeune femme lui prouver qu’elle était bien meilleure que lui en combat singulier, ou celle de pouvoir se dire qu’elle l’avait capturé.

Loran rattacha donc ses yeux sur l’amazone, n’esquissant pas un seul mouvement durant son petit discours. Elle avait raison, et au fond de lui, Loran enrageait. Il savait que son père l’aurait tué d’avoir ainsi malmené sa monture, et encore, la mort aurait sans doute été douce en comparaison à ce qu’il lui aurait fait s’il avait vu l’étalon dans cet état. C’est vrai que sur le coup là, Loran aurait mérité son sort : Glad était couvert d’écume, et il semblait inconcevable qu’il puisse échapper à la monture de la jeune femme. Les amazones étaient réputées pour être un peuple de cavalier, et le jeune homme ne doutait en aucune façon que cela soit vrai. Le cheval en face de lui était une bête splendide, dont sa propriétaire semblant prendre grand soin.

La demoiselle lui indiqua qu’elle allait l’emmener dans un poste de garde, vérifier si ce qu’il disait était vrai. Puis qu’elle le laisserait partir. Disons que Loran doutait de la véracité de ce point là, mais que même s’il avait de sérieux doutes, il n’avait pas le choix. Elle lui aurait annoncé qu’elle allait l’exécuter, il n’aurait pas agi autrement. Il ne pouvait pas faire grand-chose d’autre que la suivre, n’est-ce pas ?
Le jeune homme haussa donc les épaules, écartant les mains pour montrer à la jeune femme qu’il n’opposerait pas de résistance, du moins, pour l’instant. Car il n’était guère dans les habitudes du jeune homme de se laisser mener à l’abattoir tel du bétail, sans protester une seconde. Pourtant, son caractère habituel reprit le dessus tandis qu’il s’approchait de son étalon, toujours escorté par la demoiselle.

Je n’ai guère le choix, n’est-ce pas ? Mais je ne suis pas un menteur, même si je ne vois pas vraiment comment vous convaincre.
Nos deux peuples sont peut-être en guerre, mais ce n’est pas une raison suffisante pour manquer à ma parole. Je vous accompagne sans faire d’histoire, n’ayez crainte.


Loran rassembla les rênes et grimpa en selle, jetant un regard amusé vers l’amazone. Veillant à ne pas faire de gestes brusques, il rapprocha Glad de la monture de la jeune femme et lui demanda avec un sourire ironique.

Ma bonne foi vous suffit-elle, ou vous préférez prendre mes armes ?

Ses yeux bruns, une étincelle de défi dans les yeux, s’attachèrent à ceux de l’amazone. Il n’avait pas encore eu l’occasion de la contempler en face, et malgré la cape qui masquait ses traits, il la trouvait charmante. Son inspection, sans doute un brin irrespectueuse, allait-elle être ressentie comme une injure. Sans doute, et pourtant, Loran ne se départit pas de son sourire.
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Dim 16 Mar 2008 - 17:44

La passivité de son interlocuteur étonna Elea. Il acceptait de se laisser mener au prochain poste de garde, lieu sans doute rempli d'amazones qui n'auraient aucune envie de voir arriver en humain, surtout la veille de l'enterrement de leur défunte et bien aimée reine. Mais bon, si Loran avait décidé de se montrer plein de bonne volonté pour l'administration, Elea n'allait pas le lui reprocher. Plus vite elle aurait reglée cette histoire, plus vite elle pourrait reprendre sa patrouille et faire galoper un peu Cisco. Car l'étalon ne pouvait pas galoper tant qu'ils étaient en compagnie de Loran. Malgré toute la méfiance qu'elle avait envers lui, la métisse avait bien compris que l'humain ne laisserait pas son cheval s'épuiser un peu plus. Aucun cavalier digne de ce nom n'aurait demandé à sa monture de galoper lorsqu'elle était dans l'état de celle de Loran. D'ailleurs, Elea se demanda comment il pouvait supporter de voir son cheval si fatigué, elle aurait continué à pied dans la situation où il était. Mais toutes les races n'avaient pas cette même affection des animaux. En tant que mi-duide, mi-amazone, Elea tenait énormément à son destrier, quoi de plus normal puisqu'il s'agissait du dernier cadeau de son père?

Passant distraitement une main dans la crinière de Cisco, Elea ne détacha pas son regard de Loran. Non pas qu'elle le trouve particulièrement, enfin si, mais là n'était pas la question, mais elle devenait l'emmenait vers le poste de garde le plus proche. Et s'il lui faussait compagnie et franchissait de nouveau la frontière elle ne pourrait plus intervenir. Or, il avait pénétré sur le territoire amazone. Cependant, puisqu'il ne savait pas où était la frontière et qu'il avait bien l'air décidé à coopérer, elle le regarda se remettre en salle sans intervenir. Les humains semblaient moins habitués à effectuer ces gestes simples. Ou peut-être Loran avait-il décidé de ne plus brusquer son cheval. Si l'animal était cardiaque, il devait être prêt de l'arrêt du même nom. La jeune femme ne put s'empêcher de déplorer son impuissance face à ce destrier en si mauvais point, d'autant plus qu'elle allait le forcer à faire un détour. Une fois que le jeune homme fut remis en selle, Elea tourna doucement les rênes de Cisco. L'animal savait parfaitement où aller. A quelques centaines de mètres d'ici se trouvait un poste de frontière qui surveillait une route commerciale.

Tandis qu'elle s'apprêtait à lui montrer le chemin du poste de garde, et le laisser passer devant pour être certaine qu'il n'entreprenne aucune tentative de fuite, l'amazone remarqua le regard insistant de Loran. Regard qu'elle n'apprécia pas du tout. Peut-être était-ce du aux bonnes manières de la Cour où dévisager les gens était une faute grave, mais elle n'était pas habituée à ce qu'on la regarde avec une telle insistance. Elle soutint quelques secondes le regard de Loran pour lui montrer qu'elle en avait assez et qu'il ferait bien d'arrêter de la fixer de la sorte. Peine perdue, il sembla ne pas comprendre le message. Alors, la jeune femme fit appel aux avantages des sang-mêlés qui comme elle avaient du sang de druide. Si elle n'éavait hélas pas le pouvoir de se transformer en animal, elle pouvait néanmoins communiquer avec les animaux. C'est ce qu'elle fit avec le cheval de Loran. Elle lui demanda de ne pas bouger, et de rester calme car lui n'avait aucune raison d'avoir peur. Son cavalier, s'était une autre histoire.

Après quelques secondes passés à fixer la monture de l'humain qui la dévisageait, tout se passa très vite. D'un geste rapide de la main droite, Elea attrapa la lance attachée à la selle de Cisco, elle la fit passer dans son autre main et effectua un grand geste circulaire. Ce geste eut pour effet de donner un coup de lance, du plat de l'arme, dans les abdominaux de Loran et le faire chuter à terre. Le geste avait été rapide, et il y avait peu de chances pour que l'humain se soit attendu à cela. Avec beaucoup de calme, Elea rangea la lance à sa place, jetta un regard vers le cheval de Loran qui n'avait effectivement pas bougé et donc n'avait pas été touché, en revanche, il s'était un peu affolé lorsqu'elle avait porté le coup, la lance passant près de lui dans un sifflement. Il avait commencé avancer un peu. Elea fit avancer Cisco et reprit les rênes de la monture de Loran, dès fois que le cheval décide d'aller un peu plus loin la première émotion passée. Pour toute explication envers l'infortuné cavalier, Elea se contenta de lui dire ceci :

-Apprennez que pour mon peuple, regarder ainsi quelqu'un est un manque de respect. Pour répondre à votre précédente quetion, il est inutile que je prennes vos armes. Les miennes suffisent amplement à vous désarçonner.

Elle lâcha les rennes du cheval du jeune homme, devinant qu'il était intuile qu'elle les tienne plus longtemps, l'animal semblait dévoué à son cavalier. Les animaux s'attachaient vraiment à n'importe qui... Elea commença à trouver que le jeune homme mettait bien du temps pour se remettre à cheval. Elle stoppa Cisco qui avait commencé à se diriger vers le poste de garde et se retourna vers Loran.

-Et bien, Messire, auriez-vous besoin de mon aide pour vous remettre en selle? Je vous pensais meilleur cavalier.

Bien sûr, il s'agissait à d'une question purement réthorique. La jeune femme savait pertinnement qu'il allait refuser son aide. Comme elle aurait refusé la sienne... quoique, elle aurait peut-être accepter qu'il l'aide à se relever, mais seulement s'il était étranger à sa chute. Et qu'elle soit tombée de cheval, ce qui avait fort peur de chances d'arriver. Il n'empêche qu'auquel cas elle aurait apprécié son aide. Contrairement à certaines personnes, Elea avait conservé une part de naïveté qui la faisait croire que les humains étaient aussi capables que n'importe quelle race de Gwendir. Et que celui-là valait mieux qu'une grande partie de ses congénères. La jeune femme avait croisé peu d'humains dans sa vie. Beaucoup de marchands très sociable et quelques soldats qui lui avaient laissé un mauvais souvenir. Loran semblait en revanche ne pas être une outre à vin comme la grosse majorité d'entre eux. Il avait le sens de la répartie, ce qui amusait Elea, la jeune femme appréciant qu'il reste de bonne humeur malgré la situation.

Une fois qu'elle entendit Loran se remettre en selle grâce au bruit reconnaissable des éperons lorsqu'on y pose ses pieds, elle désigna du doigt la petite structure qu'ils pouvaient apercevoir au loin depuis l'endroit où ils étaient. Le poste de garde était une petite bâtisse perdue dans l'immensité des plaines de Fazor. A l'heure qu'il était seules quelques amazones devaient y monter la garde. L'endroit n'était là que pour quelques démarches administratives, principalement pour receuillir les voyageurs demandant l'asile politique en attendant que la reine accepte ou non cette requête et pour indiquer la plus proche ville aux marchands, ou leur fournir un endroit quand le vent soufflait trop vite pour un petit convoi. D'ailleurs, Elea se souvint que désormais, il lui serait plus difficile de croiser un convoi depuis que la guerre avait commencée. Certains pays refuseraient d'échanger leurs vivres avec le peuple amazone. Elles devraient sans doute compter sur les marchands ambulants qui feraient de plus gros bénéfices. Une perspective qui ne plaisait pas à Elea. Si cela continuait ainsi, elle serait obligée de se rendre dans la cité commerciale humaine ou les marchands se souciaient peu des acheteurs du moment qu'ils y mettaient le prix. Ce qui arrangeait bien la jeune femme dont les bottes avaient besoin d'être remplacées. Si elle s'occupait elle-même de la selle de son cheval, elle laissait les artisans se charger du cuir des ses chaussures.

-Le poste de garde est là-bas. Je vous laisse passer devant.
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Dim 16 Mar 2008 - 20:31

Son étalon tout près de la monture de la jeune femme, Loran avait plongé son regard insolent dans les beaux yeux de l’amazone. Qui lui rendit d’ailleurs son regard sans ciller, espérant qu’il détourne les yeux. Peine perdu, Le jeune homme ne baisserait pas les yeux le premier. Et même s’il savait pertinemment que l’amazone prendrait cela comme un signe d’irrespect, il ne détourna pas le regard. Elea, par contre, posa les yeux sur Glad, faisant naître un sourire de triomphe sur le visage du jeune homme.

Un sourire de triomphe qui, d’ailleurs, ne tarda pas à s’effacer. D’un geste bien trop rapide pour que l’humain puisse l’anticiper, s’il avait eu la moindre idée de ce que mijotait la jeune femme, ce qui d’ailleurs n’était pas le cas, l’amazone fit tournoyer sa lance, frappant Loran dans les abdominaux. Le capitaine, sous la violence du choc, vida les étriers, se recevant sur le sol avec un bruit sourd tandis que sa monture, effrayé, s’avançait de quelques pas.

Il faut être honnête, le jeune homme ne s’aperçut pas que l’amazone rattrapait son cheval. A genoux sur le sol, il s’efforçait en vain de reprendre son souffle, les poumons en feu. La violence du choc, ainsi que la chute, avait vidé d’un coup l’air de ses poumons et Loran toussa longuement. Il était toujours à genoux quand Elea se rapprocha, déclarant que sa lance suffisait amplement à le désarçonner, Loran releva ses yeux vers elle, une lueur amusée dans le regard. Un autre que lui se serait fâché, mais il se remit debout avec un petit rire, avant de répondre gaiement à la jeune femme.

Voilà qui m’apprendra à dévisager les jolies filles. C'est de bonne guerre, hein ? Je n’ai eu que ce que je méritais !

Sans perdre sa bonne humeur, il s’approcha de Glad, époussetant auparavant ses vêtements pleins de poussière. Si le coup d’Elea lui avait fait mal, il veilla pourtant à ne pas le montrer. Saisissant les rênes de sa monture, il ne se mit pourtant pas en selle tout de suite, attirant la tête du cheval vers lui avant de murmurer d’un ton amusé.

Espèce de traître, va.

Bien sur, il ignorait totalement que la jeune femme avait glissé quelques mots à sa monture avant de le faire chuter. Mais l'attitude plutôt calme de Glad ne lui avait pas rendu service, loin s'en faut.

Il releva la tête en entendant les paroles de la jeune femme. Son cheval avait avancé un peu, et elle se tenait à quelques mètres de lui, attendant qu’il se mette en selle. Le regard du capitaine se porta sur sa dague, glissée sous la selle de Glad. Il aurait pu s’en saisir et le lancer. Encocher une flèche, alors qu’Elea n’était qu’à quelques mètres, aurait sûrement été difficile, mais lancer un couteau… Cela devait être faisable. Loran fixa quelques instants la jeune femme qui l’attendait, impatiente, à quelques mètres, lui demandant s’il voulait de l’aide pour se mettre en selle. Il fixa une dernière fois le manche de la dague qui disparaissait presque dans les replis de cuir, avant de rabattre le cuir sur l’arme, la laissant ainsi hors de sa portée.

Loran, tu es vraiment un imbécile.

Murmura-t-il avant de grimper en selle, sans relever les propos de la jeune femme. Il aurait pu la toucher, il le savait. Sans doute pas la tuer, non, mais la blesser suffisamment pour, peut-être, pouvoir s’enfuir. Pourquoi ne l’avait-il pas fait, alors ? Parce qu’il avait confiance en elle ? Parce qu’il lui avait donné sa parole ? Ou un peu des deux à la fois ?
Il fit volter l’étalon en direction de la jeune femme, se demandant s’il faisait le bon choix. Une fois à ses côtés, elle serait trop sur ses gardes pour qu’il puisse tenter quoi que ce soit, et une telle ouverture risquait de ne pas se représenter de sitôt. Alors pourquoi ne pas avoir tenté le coup ?

Parce que ses parents l’avaient élevé comme un honnête homme, qui ne revient pas sur une parole donnée. Même s’il n’avait pas confiance en elle, trahir une parole donnée relevait du sacrilège, et le jeune homme était bien trop pieux pour commettre un tel acte. IL n’y avait pas que son honneur en jeu, il y avait aussi celui de la race humaine, et en aucun cas il ne porterait un tel fardeau sur ses épaules. Il n’était pas dans ses habitudes de se laisser mener docilement à la mort, mais ça, il ne pouvait pas le faire. Il rejoignit donc l’amazone sans faire d’histoire, passant sa main gantée sur le cou de sa monture qui semblait encore un peu effrayé de la scène qui venait de se passer.

Il observa ce que montrait l’amazone, à savoir une bâtisse perdue en plein désert. Un poste de garde, disait-elle. En observant le bâtiment, Loran songea que s’il était tombé dessus, il aurait sûrement eu davantage de problèmes que maintenant. Franchir un poste de garde n’était pas vraiment la même chose que passer par erreur la frontière, n’est-ce pas ?
Loran se retourna sur sa selle pour observer la jeune cavalière, d’une façon bien plus correcte cette fois. Une seule remontrance lui avait suffit, il n’en avait pas besoin d’une deuxième. D’un claquement de rênes, il indiqua à Glad de se remettre en route, avant de demander à son accompagnatrice

Dites, je sais que je suis assez mal placé pour vous demander ça, mais… quel est votre nom ? D’ordinaire, quand je reçois une correction, j’aime autant savoir qui me l’administre.

Il lui décocha un sourire espiègle, avant de ramener son regard vers le bâtiment au loin, se demandant ce qui l’attendait. Loran avait choisi de lui faire confiance, il espérait toutefois qu’il avait eu raison. Après tout, comme elle l’avait si bien dit, nous étions en temps de guerre, et un ennemi n’est jamais bien accueilli dans ces cas là.
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Mar 18 Mar 2008 - 20:15

Elea commença à s'irriter du regard insistant du jeune homme. D'ailleurs, elle avait aperçu du coin de l'œil en saisissant sa lance que le sourire de Loran s'était élargit lorsqu'elle avait reporté son regard sur son cheval. Ce n'est qu'une fois qu'elle l'eût mis à terre qu'elle crut qu'il perdrait enfin son sourire. Le bruit sourd qui retentit lorsqu'il tomba confirmait cette supposition. ne put s'empêcher de se dire que si Loran avait eu mal de par son coup, qui avouons-le, était assez fort. Elle n'y avait pas été de main morte, il aurait été préférable qu'elle se contente de le faire basculer au moyen de son centre de gravité, mais il aurait sans doute eu le temps de comprendre. Elle éprouva une pointe de culpabilité lorsqu'il toussa, hésitant à descendre de cheval pour venir l'aide, mais elle savait pertinemment qu'il aurait mal accepté ce geste. Après tout, elle venait de le faire tomber, l'aider laisserait supposer que non seulement elle était capable de le faire chuter de cheval mais qu'en plus il ne pouvait se relever seul.

Toutefois, en le voyant tousser longuement, elle éprouva une grande culpabilité. Elle y avait été trop fort, et l'avoir blessé ainsi, sans déclaration de duel était au fond assez lâche. La bonne humeur de Loran étonna l'amazone. Et la rassura plus qu'il n'aurait fallu. Elle s'autorisa même un petit soupir de soulagement. L'espace de quelques instants, elle s'était réellement inquiétée de la santé du lieutenant humain. Mais puisqu'il était désormais debout, elle pouvait être rassurée.

-Je vous aie frappé en peu trop fort, navrée.
Toutefois je doute que mon geste vous dissuade de dévisager les gens, tout au plus il vous apprendra à le faire dans plus de discrétion. Ce qui au fond n'est pas si mal.


Entendant quelques bribes de paroles, Elea se retourna vers Loran. Mais non, elle avait du rêver car il ne lui parlait pas. Peut-être glissait-il quelques mots à l'oreille de son destrier. Toujours est il qu'il ne lui répondit pas, laissant la dernière pique de la jeune femme se perdre dans le bruit du vent des plaines. Si Elea s'éloignait d'encore quelques mètres, ils seraient de nouveau obligés de crier pour se parler. Elle ne put s'empêcher de se demander de nouveau s'il lui en voulait de son geste. Il paraissait bien cacher sa colère. Mais peut-être n’était pas-il pas en colère. Après tout, si cela avait été le cas il lui aurait sans doute fait comprendre. D’autant plus qu’il aurait eu le temps de lui fausser compagnie s’il l’avait souhaité. Elle appréciait qu’il n’ait pas choisi d’œuvrer en traître, de l’attaquer dans le dos.

Après quelques secondes, elle le vit se rapprocher à cheval, dans un petit claquement de rênes. Elle remarqua qu’il semblait être un excellent cavalier, comme s’il avait depuis longtemps l’habitude de chevauchées. Sauf qu’il avait l’air de ne pas vraiment apprécier le vent des plaines. Elle s’apprêtait à descendre du promontoire sur lequel ils se trouvaient, mais Loran prit la parole avant qu’elle ne puisse diriger sa monture. C'est vrai qu'elle avait oublié de lui donner son nom. Mais en quoi cette information le concernait-elle? D'autant plus qu'elle n'avait pas envie qu'il fasse le raisonnement avec son père. Cela dit, elle pouvait toujours lui donner le nom de sa mère. Quoiqu'après tout, il comprendrait mieux à qui il avait à faire s'il faisait le rapprochement entre la hiérarchie amazone et son nom.

-Je me nomme Elea Faldor. Je pense que vous avez déjà entendu mon nom si vous connaissez un tant soit peu les personnes influentes des pays de Gwendir.

Son père était conseiller du roi des druides, et elle une amie intime de la princesse. Le nom Faldor n'était sans doute pas inconnu à Loran. Il était assez bien placé dans la hiérarchie militaire de son pays d'après ce que laissait supposer sa tenue. Restait à savoir s'il ferait le rapprochement entre le druide et l'amazone. S'il lui posait la question, elle confirmerait qu'en effet, elle avait bien des origines d'un autre peuple.

Désormais certaine qu'il ne trahirait plus sa parole, Elea distança un peu Loran en laissant Cisco galoper un peu vers le poste de garde. En n'entendant aucun bruit venant de l'endroit, Elea fit le tour du lieu après être descendue de cheval sans prendre la peine d'attacher sa monture car elle savait qu'il ne partirait. Lorsqu'elle arriva devant le petit enclos où les deux à trois chevaux stationnant parfois ici en attendant que leurs cavaliers ne prennent mutuellement la rélève du poste étaient généralement. Mais l'endroit était désert.

La jeune femme se souvint alors qu'elle avait laissé la recrue qui aurait du être de garde ne pas assurer cette fonction. Le courronement approchait et bon nombre de personnes souhaitaient s'arranger avec leurs familles pour se retrouver dans la foule qui s'agglutinerait sans doute près du temple où aurait lieu la cérémonie. Un poste de garde désert n'était pas le lieu adéquat pour donner l'impression que le peuple amazone supportait à merveille la perte de sa Reine, aussi bien du point de vue sentimental qu'au niveau de l'organisation du pays. Enfin, tant pis. De toute façon, Elea espérait que Loran ne rapporterait pas la nouvelle à ses supérieurs. Ils auraient d'autres soucis, et dire qu'il s'était en quelque sorte fait capturer était sûrement quelque chose qu'il voulait éviter. Elle poussa un soupir de lassitude et se rendit près de l'entrée du poste où Loran devait être arrivé en dépit de la fatigue de sa monture.

-Désolée mais le poste de garde est désert en ce moment. J'ai mal organisé la relève. Enfin, rentrez, expliquez-moi un peu à quoi ressemble physiquement votre prisonnier que nous puissions vérifier s'il est ou non sur nos terre et je vous laisserais repartir.
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Mer 19 Mar 2008 - 13:52

Loran n’avait aucune idée de la culpabilité qu’éprouvait la jeune femme en l’entendant tousser, et c’était peut-être mieux ainsi. Son côté provocateur et arrogant aurait pu reprendre le dessus, ce que l’amazone ne semblait pas trop apprécier. Il esquissa un geste de déni quand elle s’excusa de l’avoir frappé trop fort. Traduit en mots, cela voulait dire à peu près : ne vous en faites pas pour ça, mais Loran n’avait pas totalement recouvré son souffle et il craignait que sa voix ne trahisse qu’en fait, il trouvait qu’elle l’avait frappé un peu fort. Mais il n’allait pas non plus lui dire, hein ? Fierté, quand tu nous tient…

Il haussa les épaules avec un sourire amusé quand à la seconde partie de la phrase. Elle voyait clair en lui, le moins qu’on pouvait dire, c’est qu’elle était perspicace. Loran se comportait comme un gamin, parfois : il testait, testait et testait encore, jusqu’à être pleinement satisfait… ou s’être pris un bon coup de poing. Ce qui n’arrivait pas souvent, d’ailleurs, le jeune homme sachant s’arrêter la plupart du temps. La dernière fois qu’on l’avait frappé, c’était dans une taverne, lors d’un jeu de dé. Disons que les deux adversaires avaient triché, mais que sa façon était légèrement plus flagrante que celle de son concurrent : la preuve, il gagnait, et l’autre n’avait guère apprécié. Toujours est-il que ça avait dégénéré en bagarre…
Mais bon, ce n’était pas le moment de penser jusqu’à quel point Loran pouvait repousser les limites pour s’amuser un peu. Une fois à cheval, il se rapprocha de la cavalière sans mot dire, resserrant son surcot autour de lui. Il commençait à avoir froid, avec ce vent glacial qui s’infiltrait partout, et le renâclement de sa monture lui indiqua que lui non plus, il n’appréciait pas la bise nordique. Se penchant sur l’encolure, le jeune homme rassura son blanc destrier d’une petite tape amicale avant de reprendre la parole, demandant à son ennemie qui elle était.

Il la vit hésiter, et songea que si on avait inversé les positions, il en aurait sans doute fait de même. Avant de dire la vérité, car après tout, ce n’était qu’un nom, n’est-ce pas ? Ce n’était que de la curiosité, la jeune femme n’avait pas à chercher plus loin. De toute façon, Loran doutait bien de raconter un jour cette petite histoire, si ce n’est à ses enfants, dans un futur qu’il voyait plus que lointain. Si jamais il en avait d’ailleurs. Ce n’était jamais agréable d’être fait prisonnier, quoiqu’il se demandait encore si son statut était celui d’un prisonnier. Si la jeune femme tenait sa parole, elle le laisserait repartir : il était plutôt escorté poliment hors des frontières, plutôt que prisonnier.

Et tout ça en temps de guerre. Cela rassurait un peu, à vrai dire, de voir que, même patriote, les gens savaient encore faire confiance à d’autres peuples. Leurs deux races étaient en guerre, c’est vrai, par la faute du souverain de Loran, qui plus est. Une autre que l’amazone l’aurait sans doute abattu sur le champ, mais pas elle. Pourquoi ? La question restait un mystère, à défaut de connaître les motivations profondes de l’amazone. Mais quoi qu’il en soit, Loran songea qu’il avait une dette envers elle. Enfin, si elle n’avait pas menti, et si elle le laissait partir. Mai curieusement, le jeune capitaine ne pouvait s’empêcher de lui faire confiance. Pourquoi ? Parce qu’elle tenait sa vie entrez ses mains, et qu’elle ne faisait rien ? Quelque chose dans son regard, qu’il avait croisé avant d’être brusquement jeté à bas de sa selle ?

Il ne le savait pas lui-même, mais en tout cas, il avait choisi de lui faire confiance, sinon, il ne l’aurait pas suivi. Et le fait qu’elle soit une très jolie femme, doté d’une certaine repartie qui plus est, n’entrait pas en ligne de compte. Quoiqu’on soit plus porté à faire confiance à une beauté qu’à un laideron, mais Loran n’avait pas l’impression que cela jouait un rôle dans sa décision. Même si les quelques courbes qu’il avait aperçues, les quelques traits de son visage qu’elle lui avait laissé voir en feraient saliver plus d’un.

La réponse de la jeune femme le fit revenir sur terre, mais bien qu’il encaissa le choc, son sourire ne disparut pas. C’était une certaine consolation en soi, de s’être fait arrêter par elle. Elea Faldor, commandante en chef des armées amazones. Disons qu’il y avait pire sur un cv… Loran l’avait rencontré une fois, et de loin, lors d’une réunion des compagnons gwendiriens. Il n’était pas capitaine à l’époque, mais aide de camp d’un militaire assez haut gradé pour côtoyer le Roi et ses compagnons. Elle ne devait sûrement pas s’en rappeler, mais le jeune homme, lui, s’en souvenait parfaitement. Il se souvenait d’autres choses, aussi, des rumeurs qui circulaient….

Elea avait accédé très jeune à ce poste, et le choix de la reine avait été critiqué par certains en raison, non seulement de son jeune âge, mais aussi de son métissage. Elle était la fille de… il ne se souvenait plus de son nom, mais de quelqu’un de haut placé dans la hiérarchie druidique. Le conseiller du Roi, ou un poste de ce genre. Loran devrait peut-être songer à réviser la liste des personnes influentes du Royaume, il en aurait sûrement besoin d’ici peu de temp. Bref, elle était quelqu’un d’important, à peine moins que la princesse Idril, ou feu la Reine Cadalfas. Il en éprouvait d’ailleurs une certaine fierté, au moins, il n’avait pas été arraisonné par n’importe qui. Et puis, étant donné son grade, il y avait très peu de chances qu’il la rencontre sur un champ de bataille, ce qui l’arrangeait bien. Ils étaient ennemis, mai après la faveur qu’elle lui avait faite, la tuer de ses mains aurait été un péché.
Si Loki était considéré par une majorité des peuples du Gwendir comme un Dieu malfaisant et sournois, Loran considérait pourtant que c’était un Dieu valeureux et guerrier, dont l’honneur n’avait dégal que le courage. Certes, il n’était pas considéré comme un Dieu plein de bonté&, mais la bonté ne rendait guère service en ce monde troublé… l’exemple des souverains assassinés n’en illustraient que trop ce fait.

Elea, donc, avait pris un peu d’avance, ce que le jeune soldat considéra comme une marque de confiance. En même temps, Glad ne serait pas à même de tenir un galop très longtemps, mais l’arc pendu à sa selle ne pouvait pas lui avoir échappé. Bien sur, elle ignorait que le capitaine faisait preuve dans cet art d’une adresse quasi divine, mais cela n’expliquait pas tout. Il la vit descendre de cheval et faire le tour du bâtiment qui semblait désert. Hypothèse qui se confirma quand la jeune femme revint bredouille, rejoignant Loran qui venait de déposer pied à terre. La chef des armées amazones lui avoua qu’elle avait mal organisé la relève, et qu’après une description de l’homme qu’il recherchait, elle le laisserait partir.
Le regard incrédule du capitaine ne dut pas lui échapper, et Loran s’en expliqua aussitôt.

C’est juste que… je ne devrais pas dire ça, mais… Vous me laissez repartir comme ça, avec ma parole comme seule preuve de ma bonne foi ? Enfin, je ne vais pas m’en plaindre, et je promets d’être digne de cette confiance. Je vais vous décrire le fugitif, par contre…

Il eut une grimace avant de plonger ses yeux bruns dans eux de l’amazone.

Je pense que vous allez trouver ma demande osée, mais… pourrais-je abreuver ma monture avant de repartir ? Quitter vos terres le plus rapidement possible sera plus simple si mon cheval peut parcourir quelques lieux sans pour autant tomber de fatigue.

Il ne baissa pas les yeux, fixant Elea d’un air interrogateur, tenant sa monture par la bride. Il avait conscience d’abuser un peu de la situation, mais la jeune femme devait bien savoir que son cheval était épuisé, et qu’un peu dos ne lui ferait pas de mal. Le seul risque était qu’elle refuse, après tout, non ?
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Dim 4 Mai 2008 - 19:33

[Je croyais pas arriver à te répondre. Il aura fallu que tu reviennes pour que je trouves l'inspiration! x_____x]


Le geste de déni du cavalier humain ne trompa pas Elea. Il n’encaissait toujours pas son coup, et durant quelques secondes il lui avait semblé plus mal en point que sa monture. D’ailleurs, elle ne put s’empêcher de regarder le cheval. En peuple amazone, le respect du destrier était une chose naturelle. Un cheval n’était pas une simple monture, c’était également un partenaire éventuel dans une bataille qui pouvait avoir plus d’intuition que vous. Et Cisco, le destrier d’Elea était un ami d’autant plus précieux qu’elle pouvait communiquer avec lui. Bien sûr, elle gardait ce don hérité de son père pour elle. Les rares personnes concernées qui elle avait confiance le savaient ou obtiendraient une réponse honnête s’ils lui posaient une question vis-à-vis du sang de druide qui coulait dans ses veines. Le reste du monde n’avait rien à savoir de tout ceci.

Lorsqu’une violente bourrasque de vent souffla sur les plaines de Fazor, elle resta impassible. Depuis bien des années, son entraînement sur un tel terrain l’avait habituée aux différents vents qui y soufflaient. Aussi bien les supporter que les connaître. Un peuple maîtrisant parfaitement son territoire avait de fortes chances de gagner en cas de combat sur son terrain. Accessoirement, Elea était perfectionniste. Elle aimait être capable de prévoir toute tentative de surprise pour avoir perpétuellement l'avantage. Jusqu'à preuve du contraire, elle se débrouillait bien à ce jeu-là. Sauf que Loran trouvait sans cesse le moyen de la prendre au dépourvu. Certes, elle se ressaisissait quelques secondes plus tard et tirait parti de la situation quand il fallait. Mais elle n'était pas haituée aux surprises et il lui semblait qu'elle avait déjà donné en ce qui concernait les émotions fortes. Après tout, n'était-elle pas en deuil de la personne qui l'avait acceuillie dans son peuple sans poser de questions et qui l'avait défendue en dépit de ses origines? Car si la mort de feu la mère d'Idril Calafas était lourde pour le peuple, elle l'était d'autaut plus pour son entourage proche. Du moins ce qui avaient été sincères avec la reine.

L'infante Idril aurait-elle la chance que son peuple la respecte tout autant que sa mère, même en d'aussi sombres temps? Car chaque décision de la princesse pouvait être contestée et provoquer des protestations parmi l'opinion publique. Sans compter qu'Idril semblait désirer du changement. Chaque pays comptait ses contestataires et ses conservateurs. Chacune de ces catégories étaient à craindre. Peut-être les seconds étaient-ils plus dangereux. Un peuple qui ne s'adapte pas était un peuple qui perdait déjà sa place dans ce monde. Encore une règle qu'elle avait eu le temps de connaître au vu de son éducation militaire. Cependant, rien de ce qu'elle avait appris ne lui permettrait d'apporter une aide digne de ce nom à la future reine du peuple amazone. La situation semblait déjà perdue. Peut-être aurait-elle mieux fait de ne pas faire carrière dans l'armée. Ou vivre en pays druide. Mais ne pouvant pas se transformer en animal, elle doutait d'avoir sa place dans ce peuple. Non, elle n'avait guère le choix. Il lui fallait assumer ses responsabilités, bien qu'une partie d'elle eût préféré les fuir.

Elle ne put s'empêcher de jeter un regard à Loran. Il semblait ne pas apprécier le vent glacé de cette partie des terres nordiques. Mais elle ne pouvait rien faire pour l'aider. La magie n'était pas son fort, elle n'avait donc aucun moyen de l'isoler magiquement pour qu'il ne ressente pas le froid ou quelque chose de ce genre. Ne serait-ce que pour le cheval du soldat qu'elle aurait bien voulu aider. D'un autre côté, elle doutait qu'il veuille être aidé. D'autant plus qu'une aide de sa part n'était sans doute pas ce qu'il souhaitait. Après tout, ce serait une marque de faiblesse. Surtout que d'après ce qu'elle savait, les hommes humains avaient tendance à chercher à protéger les femmes plutôt que de tolérer l'inverse. Tandis qu'elle revenait machinalement vers sa propre monture, Elea fut tirée de ses pensées par Loran. Un peu surprise, elle ne sut que dire durant quelques secondes. Et voilà qu'il la surprenait encore. Heureusement, elle finit par se ressaisir, plus rapidement que les autres fois. Elle s'habituait à ce petit jeu et s'en amusait presque.

-Merci, je ne pensais pas que vous coopériez. Quand à son arrestation, je pense que d'ici deux ou trois jours nous l'auront retrouvé. Si vous ne mentez pas, bien évidemment. Naturellement, il sera jugé selon nos lois en fonction des crimes commis et des circonstances. Je veillerais personnellement à ce qu'il soit en détention jusqu'au jour de son jugement. Nous ne voudrions pas qu'un fugitif se promène d'une contrée à une autre.

Par ces quelques mots, elle sous-entendait bien qu'il n'était pas dans son intérêt de mentir. Quoiqu'elle lui fasse étangement confiance, la justice restait la justice. Dura sed lex (spéciale dédicace pour Charon, notre fan de latin, dès fois qu'elle lise ce sujet). La loi est dure, mais c'est la loi. Par la même occasion, elle lui précisait avec tact qu'au cas où ce prétendu fugitif serait en fait un espion au service de l'infâme seigneur nordique, il ne risquerait pas de revenir de sitôt en terres humaines. Il ne serait pas découpé en petits morceaux, mais il n'aurait pas la possibilité de pouvoir aller et venir à sa guise. Mais du moment qu'il avait la vie sauve, c'était le principal, non?

Lorsque Loran renchérit en parlant de son cheval, elle acquiesca. Le destrier avait en effet l'air en piteux état. Trop de chevauchées pour une monture qui n'en avait pas l'endurance. Elea ne put s'empêcher de se remémorer avec tendresse le temps où Cisco n'avait pas encore l'habitude des terres nordiques et faisait son possible pour rester dans les écuries, allant au pas plutôt qu'au galop, montrant qu'il ne tenait guère à sortir. Elle flatta l'encolure de la monture du soldat. Une belle bête, pour un humain il avait plutôt de la chance pour ce qui concernait sa monture. Elle tint délicatement l'équidé par la bride pour le faire avancer. Sans tirer sur le mors, un cheval se traitait avec respect. Elle le mena jusqu'à l'un des abreuvoirs latéraux du poste de garde. Se doutant que Loran devait la suivre, tout comme Cisco dont elle entendait le pas derrière-elle, sans doute jaloux, elle engagea la conversation avec l'humain. Pour être honnête, elle le trouvait sympathique.

-C'est une bien belle monture que vous avez là, peu d'humains peuvent se vanter d'avoir votre chance. Mon peuple voue un grand respect aux équidés, mais je doute qu'un autre soldat que moi vous ait laissé abreuver votre cheval ou repartir. Les humains ne sont pas réellement le peuple que nous avons envie de voir ces jours-ci. Dans le meilleur des cas, vous auriez pu repartir, guidé sans ménagement vers la frontière, sans abreuver votre monture. Remarquez, vous auriez sans doute passé un petit séjour dans nos contrées et votre cheval aurait eu tout le temps de se reposer... Comment se nomme-t-il déjà?
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Loran Kellac
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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Lun 5 Mai 2008 - 21:08

Bien loin de se douter des pensées qui agitait la charmante petite tête de l’amazone, et à mille lieux de se douter qu’il était aussi destabilisant pour une jeune femme aimant l’ordre et vivant dans un monde plutôt bien ordonné, loran ne put s’empêcher de lui demander pourquoi elle lui faisait confiance. La jeune femme esquiva le sujet, et le capitaine se garda bien d’y refaire allusion. Elle ne voulait pas répondre, elle en avait le droit, et il n’allait pas insister pour connaître la réponse.
La jeune femme enchaîna sur le fugitif, glissant juste assez d’allusion dans sa phrase pour faire comprendre à son interlocuteur qu’il n’avait pas intérêt à mentir, et que si cet « assassin » avait quoi que ce soit à voir avec un espion, il ne fallait guère espérer le revoir un jour. Loran salua cette tirade d’un léger sourire, histoire de montrer qu’il avait bien compris, avant de hausser les épaules quand à la sentence qui était promise au fugitif.

Pour l’effet que ça me fait, vous pouvez tout aussi bien le pendre ou le cribler de flèches, quoi qu’il ne mérite même pas la corde que l’on utilisera. Je ne vous ai pas menti, je vous en donne ma parole, bien que la parole d’un humain de doit pas compter pour grand-chose sur ces terres.
Vous voulez savoir à quoi il ressemble ? A un humain, grand, les cheveux noirs et les yeux bleus. La peau claire, une barbe qu’il aura peut-être fait tailler, s’il est intelligent… voyons voir, quoi d’autre ? C’est un assassin assez dangereux, alors, faites attention à vous. De toute manière, je dois avoir un avis de recherche.


Prenant soin de faire des gestes lents, il fouilla dans ses poches de selle avant de tendre un parchemin à la jeune femme, représentant un homme bien bâti. ( je le vois bien dans le genre Sirius Black Xd)

C’est assez ressemblant, sauf s’il a pris soin de se déguiser. En cas de problèmes, faites moi envoyer un oiseau. J’ai une dette envers vous, mais si vous avez besoin d’aide pour rattraper cet homme, je suis prêt à vous en offrir gratuitement !

Ajouta-t-il avec un sourire taquin, avant de retourner auprès de la jeune femme. Caressant distraitement le museau de l’étalon, il prit soin de ne pas relever la pique d’Elea sur le fait qu’un fugitif n’avait pas à se balader d’une frontière à une autre. Certes, il s’était échappé de la prison, mais ce n’était pas tout à fait volontaire. La prison d’Yswllyra était vantée parmi les territoires du Gwendir comme étant une véritable forteresse, mais malheureusement, quelques évasions étaient possibles. La malchance (ou Dieu, ou le narrateur Xd) avait voulu que ce soit maintenant, alors que les relations entrer les deux peuples étaient des plus tendues.
Loran prit la parole pour intercéder en faveur de son étalon et la jeune femme acquiesça, s’emparant de la bride du cheval pour le mener jusqu’à l’un des abreuvoirs. Le jeune capitaine la suivit, talonné de près par la propre monture de la jeune femme qui paraissait assez jaloux que sa cavalière le délaisse quelque peu. Laissant l’animal boire tout son soul, l’amazone se tourna vers lui et lui fit remarquer que bien peu d’amazones auraient agi comme elle, ou bien qu’un séjour sur les terres amazones aurait sans doute appris à Loran à mieux connaître ses frontières.
Le jeune capitaine baissa la tête, mais ses yeux pétillaient de joie quand il plongea son regard dans celui d’Elea.

Merci. Mon père possède un élevage, et il m’a donné un des poulains les plus prometteurs. Certes, il n’arrive pas à la cheville des vôtres, mais je me plaît à croire que c’est un bon compagnon. Il se nomme Glad, comme l’un des chevaux qui servent de montures aux dieux dans les légendes que racontent les prêtres.
Je n’ai pas la prétention d’être un Dieu… quoique.


Conclut-il avec un haussement d’épaules suivi d’un sourire enjôleur. Caressant doucement son étalon, Loran reprit d’une voix plus sérieuse.

Je vous dois beaucoup, je ne l’ignore pas. Bien que votre contrée semble tout à fait accueillante, un petit séjour ne m’aurait sans doute pas réussi. Quoi qu’il en soit, je vous remercie pour ce que vous venez de faire… et ne vous sentez pas obligée de me frapper pour ce que je vais vous dire, mais vous êtes non seulement sympathique, mais terriblement jolie.

Loran leva les mains comme pour se protéger, avant d’ajouter d’un ton joyeux.

On m’a toujours dit que la vérité était faite pour être dite, alors, surtout quand il s’agit d’un compliment, j’essaye de ne pas la cacher.
Je n’ai guère croisé d’amazones sur les champs de batailles, mais les rumeurs courrent sur leur implacabilité. Je suis heureux de constater que toutes les rumeurs ne sont pas fondées. En tout cas, Elea, sachez une chose. Je tiens toujours mes promesses, et je vous promets devant les dieux que j’honorerais la dette que j’ai envers vous. Reste à savoir comment.


Ajouta-t-il, légèrement pensif.

_________________

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MessageSujet: Re: Rencontre à la frontière [PV Elea]   Sam 31 Mai 2008 - 14:00

[Comme le délai est raccourci, je te laisse le choix si tu veux répondre ou non.]


Elea crut déceler une légère bouderie dans les paroles de Loran. La parole d'un humain? Effectivement, ici cela ne comptait pas beaucoup. Pourtant, la jeune femme était tentée de croire Loran, toujours cet excès de confiance ridicule qu'elle lui accordait. Il faudrait qu'elle y fasse attention, en présence de l'humain elle devenait bien plus crédule. Un autre lui aurait énoncé de tels dires qu'elle l'aurait sans doute conduit dans l'intérieur du poste de garde pour une visite guidée des geôles. Sans plus se méfier une seconde, elle le laissa parler. Oui, il était vraiment étrange qu'elle le croit si facilement. Les humains venaient de déclarer la guerre aux amazones et contraindre les druides à prendre part à leur folie destructrice, pour cette seule raison, Loran Kellac aurait du lui apparaître comme un être abject à qui elle ne pouvait accorder aucune once de confiance. Sans compter qu'il n'était pas un simple civil, mais l'un de ses chiens à la botte d'Ardiosys Bennefoy, qui lui apportaient des prisonniers pour qu'il leur tapote gentiment la tête et leur donne un peu d'argent. Curieusement, elle s'en voulut de penser cela. Ce n'était pas le genre de Loran.

-Vous avez tort. A mes yeux votre parole a de la valeur.

Elle regretta d'avoir dit ces mots. Mais qu'est-ce qui lui prenait? Elle préféra détourner le regard et faire semblant de se préoccuper d'un piaffement de sa monture. Brave Cisco qui venait lui donner un petit coup de main. Elle changea de sujet en terminant de répondre à Loran.

-Ne vous en faites pas pour moi, je sais me défendre seule.

Elle s'éloigna de Cisco et s'approcha du jeune homme pour recevoir le parchemin. Le cavalier n'avait pas menti, comme elle s'en était doutée. Après l'avoir regardé quelques secondes encore pour mémoriser le visage du fugitif, Elea replia le parchemin qu'elle rangea dans la selle de sa monture. Pour autant, elle ne perdit rien des paroles de Loran. Ainsi, il lui proposait galamment son aide. Elle évita bien de lui répondre sèchement que le peuple amazone n'avait pas besoin de l'aide d'un humain, qu'il lui offre ou non. Si cela ne tenait qu'à elle, elle n'aurait rien contre l'aide des autres peuples, étant elle même mal placée en tant que métisse pour critiquer l'aide des autres peuplades du continent.

Elle refit machinalement les liens de la selle de Cisco. Elle allait raccompagner Loran et mettre fin à cette étrange rencontre. Elle se tourna de nouveau vers lui . Curieusement, le regard pétillant du jeune homme lui fit un drôle d'effet... avant qu'elle ne se plonge de nouveau dans la contemplation de la selle de son destrier. Au bout de quelques instants, elle se tourna de nouveau vers Loran, et le sourire de celui-ci provoqua un léger sentiment de gêne chez l'amazone. Pour le cacher, elle se retoruna de nouveau vers Cisco. Mais qu'aurait-elle fait si le cheval n'avait pas été là? Le mieux pour se débarasser de la teinte colorée de ses joues _un joli rouge, très seyant mais qui s'accordait mal avec l'uniforme amazone_ fut encore de reprendre la parole.

-Il vaut bien certaines montures amazones. Glad n'est hélas pas adapté à ces plaines, toutefois s'il en était natif il aurait bien l'endurance de Cisco. Si votre père s'installait sur nos terres, il pourrait aisément faire fortune.

Etrangement, Elea n'avait soulevé aucune remarque sur la boutade de Loran comme quoi il aurait des origines divines. Elle était toujours retournée lorsqu'il glissa habilement un compliment dans sa phrase. L'amazone en resta bouche bée. Elle était loin de s'attendre à une telle réfexion et ne sut quoi dire. Le rouge qui lui était monté aux joues perdura. La jeune femme attendit plusieurs secondes avant de répondre. Elle était bien trop gênée pour prononcer un seul mot sans balbutier. Peu habituée aux compliements, principalement car il n'y avait personne pour lui en faire, Elea ne pouvait s'empêcher d'en rougir. Elle était bien plus habituée aux brimades et rélfexions désagréables sur ses origines, il était rare qu'on la félicite. Ses subordonnées ne se permettaient pas de tels écarts et du fait de son statut, l'infante Idril pouvait difficilement se permettre quelques compliments.

-Je... merci... Il est temps que je vous reconduises à la frontière.

En disant cela, Elea monta de nouveau sur la selle de Cisco et se saisit délicatement des rênes, non sans ébouriffer amicalement la crinière de ce dernier. Puis, sans se soucier que Loran la suive, car bien évidemment elle s'attendait à ce qu'il lui emboîte le pas. Elle lui faisait confiance et savait qu'il n'allait pas s'aventurer inutilement dans les terres amazones. Quel intérêt y aurait-il eu? Le fugitif n'était plus son problème, désormais. Elle revint au trot à la colline où Loran avait eu l'idée saugrenue de l'aborder. En contrebas du monticule , loin vers la gauche, se trouvaient d'autres collines, de plus petite taille toutefois, elles servaient de frontière naturelles entres les territoires amazones et ceux de l'Empire. Le vent s'était remis à souffler, plus froid encore qu'auparavant et cette fois-ci, même Elea en éprouvait une certaine gêne. Elle avait eu raison de raccourcir cette rencontre, toutefois Loran lui était bien sympathique et elle regrettait presque cette décision.

-Les collines entre contrebas forment la frontière naturelle entre nos deux royaumes, il suffit juste de mesurer approximativement la distance pour savoir dans quel territoire vous vous trouvez. En temps normal, une légère erreur dans l'appréciation de la distance ne vous aurez rien coûté toutefois il vous faudra faire attention à présent. Bien, je pense qu'il est l'heure de se quitter. Demain sera une dure journée pour mon peuple, et je ne puis échapper à mes responsabilités. Bon retour Loran, au plaisir de vous revoir en d'autres circonstances.
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