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 Fête de l'Erastide [Libre*]

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Melindaë Gordonian
Fille de la Lune



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MessageSujet: Fête de l'Erastide [Libre*]   Dim 15 Fév 2009 - 14:47

*[HRP : RP ouvert à tous les Druides et personnes susceptibles d'y participer =)]


Troisième jour,
Onzième semaine, An 835,
En soirée...



Malgré les troubles dont étaient victime la cité d’Unae ces derniers temps, l’excitation était tout de même au rendez-vous à l’approche de la fête de l’Erastide. En effet, c’était une parfaite occasion pour oublier tous ces tracas et les difficultés à venir. Ainsi, promettait-on que cette célébration du Printemps serait la plus magnifique que la contrée de Sudorna n’eut jamais connue. Afin d’éviter tout débordement potentiel, on avait décidé que la fête se déroulerait exceptionnellement à la Serre, à l’ouest de la cité d’Unae. Ainsi, espérait-on pouvoir éviter les émeutes d’ivrognes ou encore les contestations face à la présence des troupes humaines sur les terres druidiques.

Les préparatifs durèrent toute la dixième semaine de l’an 835. Chacun voulait participer, se vantant ainsi de connaître en avance le déroulement de la fête. La Serre avait donc été décorée en l’honneur du Printemps : au milieu des plantes curatives, légumes et fruits étaient disposées de grandes tablées nappées de lin, des bancs d’une longueur incalculable et un immense buffet où l’on entreposait un tas de vaisselles prêtes à recevoir les victuailles. Des tonneaux de bières avaient même été empilés dans un coin. Le toit de la Serre avait été orné de grandes guirlandes de lierre ainsi que des milliers de pétales. A l’intérieur et extérieur, on avait suspendu un tas de bougies.
Sous le vénérable orme qui abritait une partie de la Serre, on avait installé un orchestre qui surplombait la piste de danse : une dizaine de musiciens égaieraient la soirée de leurs chants et de leurs instruments délicats. La musique des Druides était réputée sur le continent et s’accompagnait en général d’une danse traditionnelle : les danseurs se mettaient en couple bras dessus dessous et dansaient en formant un grand cercle ; au centre, un ou plusieurs danseurs pouvaient venir faire des cabrioles et autres sauts périlleux tandis qu’autour les couples s’évertuaient à faire des petits pas de danse.

Les fêtes des Druides n’étaient pas seulement particulières de part leur danse. L’ambiance et les accoutrements de chacun étaient aussi très originaux. En effet, lors de ces célébrations, on aimait se déguiser : chacun portait un costume et était masqué en rapport avec le thème de la fête. Aussi, certains aimaient se transformer en leur totem et en particulier lors de l’Erastide car on disait que les sens bestiaux permettaient de ressentir encore mieux l’arrivée du Printemps et que ceux-ci offraient à l’esprit un sentiment de bonheur intense. Ainsi, durant la fête de l’Erastide, on pouvait apercevoir toutes sortes d’animaux se promener au milieu des danseurs…

Quand le soleil se leva et annonça le début du troisième jour de la onzième semaine, Melindaë sut qu’une longue journée l’attendait. En effet, sa matinée débuta par une messe d’une heure. Une fois parée de sa robe en velours vermeils attribuée aux sacrifices, elle fit plusieurs offrandes à Mani pour le remercier de l’année passée et l’honorer afin que le Printemps fusse clément aux terres agraires du royaume. Ensuite, en chœur avec les novices, elle récita les textes sacrés dans le but de rappeler aux fidèles les dogmes qui régissaient le culte de Mani et d’Odin, le père de tous les peuples. Puis, après avoir changé de robe et opté pour celle attribuée aux cérémonies sacrées, ce fut parée d’ivoire qu’elle distribua ses paroles sacramentelles aux jeunes fidèles. En effet, les jeunes druides profitaient de la fête de l’Erastide pour accomplir tous leurs sacrements : bénédictions et mariages étaient les principaux rituels de la journée de la Grande Prêtresse. Mais ce n’était pas les seules actions des Druides.
Si le temple de Mani fourmillait d’allers et venues, à l’extérieur, il y en avait autant. Et pour cause, la fête de l’Erastide comportait un rituel important : puisque les Druides passaient à une nouvelle saison, ils devaient récurer à fond toute leur demeure afin d’effacer les traces de l’hiver précédent. Toute la cité s’activait, attendant patiemment que le soleil laissât place à son jumeau de glace.

Lorsque vint le soir et que la nuit tomba sur la cité d’Unae, les festivités à la Serre purent commencer. Melindaë, ayant terminé la dernière cérémonie, se rendit dans ses appartements afin de se préparer pour la fabuleuse fête de l’Erastide. Elle s’était faite confectionner une somptueuse robe anis-doré (ici) : au bord du décolleté, des petites pâquerettes étaient cousues ; au niveau de la taille, des fleurs dorées étaient accrochées ; le tissu fluide de la robe lui descendait jusqu’aux pieds et était fendu juste au-dessus du genou ; un magnifique papillon en tissu était posée sur la bretelle fine de son épaule droite ; sa chevelure sombre était parsemée de fleurs aux couleurs chaudes et chatoyantes. Mais le plus magnifique restait ce masque vert-doré, doté d’une sorte de bec et de longues cornes fines et pointues, qui lui cachait la moitié du visage. Elle l’avait reçu des Elfes lorsqu’elle était devenue prêtresse.

Une fois parée, elle se rendit à la Serre. Les festivités avaient déjà commencé avec le repas traditionnel. La jeune femme aperçut quelques novices au bout d’une des tablées et les rejoignit. Elle lança alors un rapide coup d’œil circulaire afin d’apercevoir le Roi des Druides mais elle ne le vit point. Elle espérait tout même qu’il se joindrait au reste de son peuple. Après tout, s’il souhaitait que son peuple se joignît à lui, il était plutôt bénéfique pour lui d’apparaître à la fête de l’Erastide…
Le repas était succulent et la Grande Prêtresse fut bien vite rassasiée. Les écuelles et les chopes se vidèrent rapidement et la musique débuta. Melindaë alla s’installer sur un fauteuil confortable adossé à la Serre. De là, elle avait vue sur toute la piste de danse et se délectait d’admirer les danseurs.

Néanmoins une certaine impatience pointait en elle. Elle aimait danser et espérait bien qu’un homme au sang royal le lui proposerait…
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MessageSujet: Re: Fête de l'Erastide [Libre*]   Ven 27 Fév 2009 - 12:50

"Bon, on va commencer à ranger la maison et on se mettra en route pour Sudorna." dit-il en pliant des peaux de bêtes qui servaient de mur. Elles étaient d'une teinte marron, teintées d'une couleur proche de la végétation pour le camouflage.

"D'accord" lui répondit Zoreld qui était entrain de défaire le toit de la maison. Cela faisait quelques jours qu'ils s'était installés là et Fergal parlait depuis quelques temps d'aller à la Serre lors de l'Erastide.

"Tu ne m'accompagneras que jusqu'à la lisière de la forêt des nymphes, ensuite je préfère que tu ailles à la cascade des deux arbres où tu seras en sécurité. C'est assez tranquille là-bas, il arrive juste qu'il y ait des nymphes qui soient de passage mais je les connais pour la plupart, elles sont gentilles, avec un peu de chance elles te donneront à manger." dit Fergal en riant.

"J'étais sûr que je ne pourrais pas venir, comme ça je ne risque rien et tu peux t'enfuir en phoenix c'est ça ?" lui répondit Zoreld feignant de bouder.

"Tout à fait, et arrêtes de jouer la comédie, j'ai l'intention d'y arriver tôt histoire d'observer les lieux..."

**

Du temps passa, ils avaient "rangés" la maison, Zoreld s'en était allé à la cascade des deux arbres après avoir accompagné Fergal jusqu'à la lisière de la forêt des nymphes et Fergal se trouvait à présent très proche de la Serre. Il s'approcha sans se faire remarquer de la Serre et y pénétra...

Au milieu de toute cette agitation, un inconnu pouvait aisément s’infiltrer et participer à la fête. C’est ce qu’était entrain de faire Fergal. Il était vêtu de ses vêtements les plus soyeux et les plus beaux. Il portait un pantalon marron avec autour de la taille un sac prolongé de tissus cachant toute la partie supérieure du genou de sa jambe droite et légèrement sa jambe gauche. Il avait ensuite une veste blanche avec de solides épaulières en cuir et des protections en bois autour des poignés. Puis, il avait une longue cape bleu foncé avec une capuche bleu foncée se reflétant à la lumière avec un contour doré. Autrement il portait des sandales de cuir et son masque d’ivoire blanc.

Quand il était jeune, il adorait cette fête mais n’avait jamais osé y revenir par peur d’être reconnu et mit aux cachots. Mais aujourd’hui, il avait suffisamment changé et savait suffisamment que faire en cas de danger pour pouvoir se rendre à la fête de l’Erastide. Ne voulant pas attirer l’attention il hésitait à se transformer en phœnix. Pour le moment il devait cueillir autant que possible des plantes qu’il ne possédait pas à la forêt d’Ellendwraï. La forêt avait beau être immense, elle ne possédait pas toutes les plantes de Gwendir alors que Sudorna les possédait presque toute. Dans la forêt Fergal en avait découverte de nouvelles, avec des propriétés différentes. Il avait d’ailleurs concocté une fiole qui, une fois éclatée au sol, produisait un nuage de fumée grâce à la réaction d’une plante.

Pendant que les gens dansaient joyeusement, Fergal cueillait joyeusement et discrètement en faisant attention à ce que personne ne regarde vers lui. Il avait récolté tout ce qui lui fallait et prit un supplément lorsqu’il se retrouva, une plante à la main, à côté d’une chaise qu’il n’avait pas vue et où se trouvait une femme magnifiquement parée. Il lui semblait l’avoir déjà vue, lorsqu’il était plus jeune, oui, peut-être une prêtresse. Malheureusement il avait bousculé la chaise et il n’y avait pas d’échappatoire qui ne pourrait paraître suspect à présent. Il prit la parole timidement.


« Excusez-moi gente dame, loin de moi l’idée de vous bousculer. »

Tout en faisant la révérence il reculait petit à petit, discrètement. Il ne souhaitait pas engager une discussion avec une prêtresse ou qui que ce soit de Sudorna au risque d’être démasqué. Autrefois il faisait quand même partie d’une famille de noble et sa disparition avait fait scandale, surtout quand ils ont appris, par la description qu’avait fait un dresseur de sleipnir, qu’il avait volé un sleipnir. Cependant c’était faux, il ne l’avait pas volé mais sauvé. Zoreld était d’ailleurs en sécurité dans la forêt d’Elledwraï, là où personne n’ira le chercher.

Heureusement son masque cachait en partie l’air surprit et horrifié qu’il avait. Il ne s’était pas attendu à se retrouver né à né avec quelqu’un qui avait en plus l’air d’être importante. Elle le rejetterait surement comme elle doit rejeter des hommes sans logis de la cité. D’ailleurs après réflexion, il n’était pas si loin d’eux que ça. Il vivait en nomade dans la forêt et changeait régulièrement pour éviter d’être retrouvé si on le cherchait encore. Ils doivent surement penser qu’il est mort. Tant mieux.

La fête bâtait son plein mais Fergal paniquait. Au pire des cas, il jettera sa fiole et s’enfuira en phœnix. Avec un peu de chance, personne ne se souviendra de Fergal Bereg, jeune fils de la noble famille des Bereg car il n’y avait pas beaucoup de phoenix chez les druides.
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Melindaë Gordonian
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MessageSujet: Re: Fête de l'Erastide [Libre*]   Dim 8 Mar 2009 - 14:03

Melindaë attendait à présent depuis plusieurs heures mais il n’y avait pas l’once d’une présence royale. A force de regarder les danseurs voltiger de parts et d’autres de la piste, sa tête commençait à tourner. Elle ferma les yeux quelques secondes et se massa les tempes. Un des novices passant par là se demanda si la prêtresse se sentait mal. Il tenta de la forcer à rentrer au Bastion pour qu’elle se reposât, mais la jeune femme refusa catégoriquement.

Mon cher, je vous remercie de toute votre attention. Mais par la grâce de Mani, je vous en pris, croyez moi : je vais bien.

Oui. Melindaë se sentait bien, du moins physiquement. Son corps demandait à se dépenser au travers de la danse, dont le tempo faisait vibrer les cordes de cœur. Pouvoir bouger, se mouvoir avec les autres personnes de sa race pourrait hydrater son corps, assoiffé de tant de mouvements. Mais l’envie n’était pas présente. La jeune femme avait perdu tout désir de se joindre à ces semblables et partager avec eux cette ivresse d’une nuit… Au plus profond d’elle-même, elle chercha en vain une réponse à ce mystère. Comment pouvait-on passer de l’impatience à l’ennui ?

Le visage de Melindaë avait un ton sérieux et pensif lorsqu’elle reprit sa place sur son fauteuil après avoir congédié le jeune novice. Cette soirée, pour laquelle elle s’était tant parée et embellie ne lui apparaissait maintenant que comme une longue attente infinie jusqu’au lever du jumeau de Mani. L’impatience délectable d’une rencontre laissait place à l’ennui latent, obscurcissant les pensées de la jeune femme. En effet, depuis quelques temps maintenant, Melindaë avait trouvé une parade pour lutter contre la mélancolie : être occupée constamment et ne penser qu’à son poste de Grande Prêtresse. Mais l’entretien avec le roi Galdor Fenril avait fait rejaillir en elle un artifice de sentiments qui s’étaient déjà éteints depuis quelques années. Le Seigneur Fenril lui donnait l’impression d’être une chose unique au monde et d’être, même en tant que Grande Prêtresse, une femme charmante et plaisante au regard. Elle avait vite appris à aimer sa présence et même à la désirer…

Tout en méditant sur elle-même, elle ne s’aperçut pas que la fête avait atteint son apogée. En effet, par quelques magies druidiques, les mages du royaume produisirent un fabuleux artifice. Le bruit tonitruant et les milliers de couleurs éblouissants le ciel ramena Melindaë à la réalité. Elle partit rejoindre le petit attroupement qui s’était formé au centre de la piste de danse. Le spectacle était magnifique. Plusieurs druides s’étaient transformés en leurs totems et déambulaient entre les spectateurs dont le visage était tourné vers le ciel multicolore. Une fois le feu d’artifices terminé, tous repartir soit danser ou alors à leur tablée. Melindaë quant à elle préféra retourner à son siège et repartir dans les abîmes les plus profondes de son esprit.

Mais tout un coup, un nouvel évènement l’en empêcha. En effet, elle venait de se faire bousculer un homme. Prête à râler autant qu’elle put, elle se leva furibonde et se retourna vers l’auteur de cette bousculade. Mais au moment où elle fut sur le point de le damner, une étrange sensation s’empara d’elle. Elle sentit une sorte de malaise émaner du druide qui lui faisait face. Celui-ci ayant le visage caché, Melindaë tenta de scruter son regard à travers les deux petits orifices de son masque. L’homme dut sentir qu’on l’observait car il s’excusa, fit une petite révérence et recula peu à peu. La jeune pensa que l’homme avait pris peur et tentait d’échapper au courroux de la prêtresse. Se sentant coupable, Melindaë esquissa un léger sourire et prit une voix rassurante.

N’ayez crainte mon ami, le courroux divin n’est point à l’honneur en cette nuit si festive.

C’est alors qu’elle posa les yeux sur la sacoche de l’homme. Elle vit plusieurs plantes dépasser du sac ainsi qu’une autre se trouvant dans la main de celui-ci. Immédiatement, la jeune sut que cet homme n’était pas là pour participer à l’Erastide. Ses sens se mirent en alerte. En effet, la prudence était mère de sûreté ces temps-ci. Reportant son attention sur l’homme, elle le questionna d’une voix froide.

Qui êtes-vous et que faites-vous ici étranger ?
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MessageSujet: Re: Fête de l'Erastide [Libre*]   Dim 8 Mar 2009 - 15:19

La fête de l'Erastide battait son plein dans la Serre. Les gens discutaient à leur tablée, dansaient, se transformaient en leur totem, regardaient les feux d'artifices magiques. La joie régnait et le trouble que subit le Gwendir était invisible pour le moment. Peut-être des humains viendraient-ils à la fête, enfreignant les coutumes d'antan. Il espérait que cela n'arriverait pas, car cette fête était réservée aux druides. Il avait toujours vu la fête ainsi et ne souhaitait pas que cela change. Elle était splendide tel qu'elle était, elle n'avait pas besoin d'avoir le portrait gâché par de la vermine perturbante. Au loin, il voyait une majestueux phoenix. Il était d'un plumage à prédominance rouge. Sa splendeur était poussée au maximum et il faisait ouïr de son cri majestueux. Triste sort du destin, il aurait pu voler la vedette à ce phoenix en d'autres circonstances.

La jeune femme qu'il avait bousculé avait l'air d'avoir était sortit d'une méditation intérieure. Peut-être songeait-elle, elle aussi, aux mêmes choses que lui. Il y avait peu de chances que cela le soit. Curieusement, il ne subit pas le courroux de la femme qui était de bonne humeur grâce à la fête. Pour elle, le courroux divin n'est pas à l'honneur pendant les festivités. Qu'en serait-il lorsque cela sera fini? Subira-t-il une malédiction de la, à priori, prêtresse? Il espérait ne pas être déshonoré face au divin Mani qui devait être entrain d'observer l'Erastide.

Comble du malheur, elle repéra les multiples plantes qu'il avait cueillit et qui sortaient de son sac de façon assez visible. Et pour en rajouter, il se rendit compte qu'il en avait une en main. Qu'avait-il dans la tête pour avoir été étourdi comme cela? La nature était-elle si enjôleuse dans cette Serre? Peut-être un piège magique pour attraper les voleurs, bien qu'ils ne doivent pas être très nombreux. Voler des plantes devaient paraitre stupide, mais il le faisait. L'était-il? Il n'avait pas envie de connaître la réponse.

Les éléments en entrainant d'autres, la femme lui demanda de façon formelle qui il était et que faisait-il ici. La raison lui criait aux oreilles de mentir, tandis que son honneur et son honnêteté lui suppliait de décliner son identité ou du moins, de ne pas mentir. Il réfléchit un instant après les paroles de son interlocutrice, le temps de reprendre ses esprits. Puis, il sut ce qu'il devait répondre en cette situation bien désagréable pour lui.


"Mon nom importe peu, sachez seulement que je suis pacifiste. Je souhaite seulement ravitailler mon stock de plantes car il y en a ici que je ne trouve pas dans la forêt des nymphes."

Il avait été à deux doigts de révéler son identité. Décidément, il était beaucoup trop sincère, et un voleur ne peut pas l'être. S'il l'est, c'est à ses risques et périls qu'il devra faire face. Il faisait donc face à cela. Sa langue fit deux tours, puis il ne pu la retenir.

"Pour tout vous dire, je me nomme Fergal Bereg. Je suis un herboriste des forêts. Et à y réfléchir, je répugne les impériaux, bien que je sois neutre." Il laissa un silence puis reprit: "Êtes vous satisfaite à présent ?" murmura-t-il d'une voix posée.

Il s'appuya sur son grand bâton et regardait la prêtresse d'un œil sûr. Personne ne remarquait ce qui se passait. La personne avait l'air de posséder une forte autorité religieuse. Il devait faire attention à ne pas la vexer ou il subirait son courroux divin et serait pourchassé par Mani, le dieu qu'il vénère le plus.

"Je me rappelle de vous, lorsque vous étiez petite... Je vous voyez assez souvent, en tant qu'initiée. Vous êtes prêtresse n'est-ce pas ? Je suis désolé, mais comme je parle peu avec des gens, je suis très bavard. Si vous ne vous souvenez pas de qui je suis, c'est un bon point pour vous."
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Melindaë Gordonian
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MessageSujet: Re: Fête de l'Erastide [Libre*]   Mer 6 Mai 2009 - 15:59

L’étranger mit du temps à répondre à la prêtresse. Sa curiosité ne s’en trouva que plus accentuée. Attendant que l’homme trouvât une explication concrète pouvant légitimer sa présence ici, elle scruta plus profondément les iris de l’homme. Son regard lui était totalement inconnu. Elle avait l’impression d’y lire la confusion. Celui-ci ne devait pas s’attendre à se faire prendre la main dans le sac. Et pourtant… Mani, dans sa grande justice, avait barré la route du voleur par la plus pieuse de ses filles, la Grande Prêtresse elle-même. Melindaë sentit qu’elle devait intervenir au plus vite. Cela lui rappela un court entretien qu’elle avait eu il y a quelques temps dans un bourg humain avec un jeune rouquin. Bien qu’elle avait tenté d’aider celui-ci, son discours s’était avéré sans succès… Peut-être Mani m’offre-t-il une seconde chance ?

Sur le point de questionner à nouveau l’homme, celui-ci prit enfin la parole. Il lui répondit qu’il était un herboriste des forêts. Cela n’étonna guère Melindaë. Le peuple druide est assez réputé pour ses grands talents en matière de plantes. D’ailleurs, avant la guerre, il entretenait un intense commerce avec les Nymphes, elles aussi - et tout à fait légitimement - connaisseuses. Néanmoins, l’homme s’apprêtait à commettre un acte impardonnable. Et bien qu’il fût herboriste ou toute autre chose, il ne pouvait voler les plantes de la Serre. L’homme tenta ensuite de justifier sa présence dans la Serre en prétendant qu’il souhaitait renouveler son stock d’herbes. Mais Melindaë ne tint pas compte de cet argument. Voler était voler, quelque en soit la raison.

Soit vous payez votre dû, soit vous reposez ces plantes et partez immédiatement. Je fermerai les yeux sur votre acte et prierai Mani pour qu’il vous pardonne votre égarement.

Mais l’homme ne semblait pas avoir entendu les paroles de la jeune femme. Peut-être était-il trop préoccupé du sort qui l’attendait ou du discours à tenir face à la prêtresse… Melindaë ne savait que penser mais une colère sourde grondait en elle… Une fureur inexplicable naissait en elle, comme si, toute la tension et la douleur accumulées durant ces dernières années ressortaient d’un coup de ses entrailles. Ses muscles chauffaient et sa mâchoire se crispait. Elle avait l’impression que toutes traces de sentiments avaient disparu en elle. Seul l’instinct animal résidait encore dans ce corps menu. Les yeux de Melindaë avaient pris une teinte bleu pâle. On aurait dit deux saphirs de glace prêts à transpercer quiconque les fixeraient de trop près.

L’homme n’avait pas dû remarquer le changement d’attitude de la prêtresse car il continuait à tenir la discussion. Il se présenta en tant que Fergal Bereg, herboriste et neutre en son état. Après un court silence, il demanda à la prêtresse si ses réponses lui convenaient. Mais Melindaë continua de fixer le malheureux. Poussée par un instinct mystérieux, elle se sentait prête à tout moment à attaquer l’homme, l’immobiliser et lui reprendre son butin. Néanmoins, la jeune femme ne bougea pas d’un cil écoutant toujours l’homme attentivement, qui avait repris la parole.

Le voleur nommé Fergal était un tantinet bavard, ce qui agaça encore plus la prêtresse. Il invoqua de vieux souvenirs, se vantant d’avoir déjà rencontré Melindaë lorsque celle-ci était une petite fille. Puis, pour conclure ce nouveau flot de paroles, il assura à la jeune femme que ce fut une chance pour elle de ne pas le connaître. A bout de nerf et sans raison valable, la jeune femme prit cette remarque comme un affront direct. Plantant son regard glacial dans celui de Fergal, elle réagit de façon brutale.

Est-ce une menace ?

Sans même laisser le temps à son interlocuteur de répondre, Melindaë sentit une vague de froid traverser son corps de haut en bas. Et en un instant, la jeune femme laissa place à une louve d’un noir intense. Sur la gueule de l’animal, un croissant de lune turquoise était peint, faisant ainsi ressortir ses yeux bleus glaciales. Les crocs blancs de la louve scintillaient sous la lumière lunaire. Le corps de l’animal était fin et musclé. Ses pattes étaient fermement ancrées dans le sol, lui permettant de bondir à tout instant sur le voleur.
Melindaë ne savait pas comment Fergal allait réagir face à cette métamorphose inattendue. Soit il allait prendre la fuite soit il tenterait un affrontement direct. Mais dans ce second cas, oserait-elle à son tour s’engager dans une bataille qui, d’après les dogmes, lui était interdit…

L’altercation, au départ discrète, avait pris soudainement de l’ampleur. La musique s’était tue et tous les regards étaient braqués sur la louve et Fergal. En effet, personne n’avait encore pu admirer le totem de la prêtresse jamais dévoilé jusqu’à ce jour. Melindaë prit peu à peu conscience du cercle qui s’était formé autour d’elle et du voleur. D’ailleurs, son flair délicat de louve lui permit de distinguer une odeur familière qu’elle avait pu apprécier lors d’une entrevue nocturne dans le temple… celle de plantes aromatiques. Ce pouvait-il que le roi ait assisté à toute cette scène ?
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MessageSujet: Re: Fête de l'Erastide [Libre*]   Jeu 7 Mai 2009 - 13:37



Lowen

Pour tous les novices du culte de Mani, la célébration de l'Erastide avait toujours été synonye de fête et, surtout, de liberté. En effet, le reste de l'année le noviciat induisait une vie de prière et de renoncement à tous les plaisirs habituels de la jeunesse, mais en cette journée ils auraient quartier libre et pourraient festoyer et rire avec les autres druides, et tous s'en réjouissaient à l'avance. Tous, sauf un, qui cette année s'était bien fait avoir. Car si la fin de journée était libre, son commencement était dédié aux prières et aux récitations de textes sacrés, ce que Lowen avait en horreur. Aussi s'arrangeait-il habituellement pour disparaître discrètement avant le lever du jour, et ne revenir qu'une fois la fête vraiment commencée. Oui, mais voilà, cette année, quelqu'un avait eu la brillante idée de l'enfermer dans sa chambre, et c'est avec une Haute Initiée en personne qu'il se retrouva nez-à-nez alors qu'il tentait vainement de crocheter la serrure.

- Vous aviez l'intention d'aller quelque part, jeune homme ?
- Ben euh... Non ?


Il se savait pris en faute et sa voix fluette s'était faite plus hésitante qu'à l'accoutumée. Avec un sourire dépourvu de bonne humeur, la jeune femme lui tendit une chasuble noire ornée au niveau du coeur d'une étoile d'argent, vêtement consacré aux novices pour toutes les cérémonies officielles.

- Veuillez avoir l'obligeance d'enfiler ceci et de vous préparer pour la cérémonie. Et qu'il ne vous vienne pas à l'idée d'essayer de me fausser compagnie. Cette année, vous participerez à la célébration, dussé-je vous y amener ligoté. Est-ce bien clair ?
- Oui m'dame...


Il avait répondu d'un air bougon, et d'un ton fort peu approprié à une personne du rang de celle à qui il s'adressait, mais elle ne s'en formalisa pas et concentra son attention et son air critique sur la tignasse ébouriffée du garçon. Puis elle le repoussa dans la chambre et lança en refermant la porte :

- Et n'oubliez pas de vous coiffer.
- Oui m'dame...


Une fois la porte close, la prêtresse se permit un sourire plus franc et sincère. Il était évident qu'elle ne pouvait le montrer, mais ce gamin l'amusait. Cependant, il avait grand besoin d'apprendre la discipline, c'est pourquoi elle devait se montrer ferme envers lui. Mais malgré sa sévérité apparente, elle l'appréciait énormément.
Le dit gamin, quant à lui, était d'humeur nettement moins heureuse et continua de ronchonner tandis qu'il se changeait. Il s'observa dans le petit miroir de sa chambre et tenta fébrilement de mettre un peu d'ordre à ses cheveux. Le seul résultat auquel il parvint fut d'empirer les choses. Finalement il renonça et se résigna à sortir de sa chambre. L'étoffe, bien que légère, semblait peser lourd sur les épaules du garçon. Il voûtait les épaules et lança un regard bien piteux en direction de la haute initiée.

- V'là m'dame.

La jeune femme le scruta attentivement de la tête au pied d'un air peu satisfait mais décida finalement qu'il faudrait bien que ça aille comme ça.

- Bien. Dépêchons-nous, nous ne sommes pas en avance.
- Oui m'dame...


Elle le guida jusqu'à la Serre où devait avoir lieu la cérémonie, veillant à ce qu'il ne s'échappe pas. Ce n'est que lorsqu'il fut au milieu des autres novices, qu'elle chargea de le surveiller, qu'elle daigna enfin l'abandonner afin de rejoindre sa propre place, aux côtés de la Grande Prêtresse. La cérémonie fut belle, mais lui la trouva surtout longue... Très longue. Lorsque ce fut enfin terminé, il se précipita avec bonne humeur dans sa chambre afin de se changer, chose qu'il n'était absolument pas censé faire, les novices devant normalement conserver leur habit religieux tout au long de la journée. Mais déjà il avait participé, ils n'allaient tout de même pas l'ennuyer pour si peu, si ? Content d'avoir retrouvé des vêtements plus pratiques et confortable, il quitta le Bastion et rejoignit sa chère forêt où il retrouva Frère. Qui semblait d'assez mauvaise humeur.

- Tu es en retard...
- 'solé, pas pu faire autrement.


Finalement le loup pardonna au garçon et ils rôdèrent et s'amusèrent dans les bois tout l'après-midi. Le soir venant, ils regagnèrent la Serre afin d'assister à la fête. En temps normal, ils ne se sentaient guère à l'aise au milieu d'une foule, mais il y avait durant l'Erastide une telle atmosphère de joie de et bonne humeur que cela ne les gênait plus. Alors que le repas du soir allait commencer, une jeune novice surgit derrière Lowen et lui agrippa le bras fermement, l'entraînant en direction d'une table sans lui demander son avis.

- Viens, j't'ai gardé une place.
- Ah mais euh...
.

Voyant que ses récriminations ne servaient à rien, il suivit bon gré mal gré et s'installa à la place désignée. Alors qu'il avait commencé à dévorer le contenu de son assiette avec l'absence de manière qui le caractérise, la Grande Prêtresse rejoignit leur tablée ce qui eut pour effet de couper instantanément tout appétit au jeune garçon. Il avait toujours admiré Melindaë mais n'avais jamais osé l'approcher et fut très impressionné de la trouver subitement installée presque en face de lui. Il se figea, bouche bée et tenant encore un morceau de viande entre les mains. La jeune fille qui l'avait traîné là, remarquant son état, lui donna un coup de coude dans les côtes qui eut pour seul effet de lui faire refermer les mâchoires avec un claquement sec. Il passa le reste du repas à observer la prêtresse avec un regard fixe, chose que, heureusement pour lui, elle ne sembla pas remarquer. Une fois le dîner terminé la jeune femme prit congé et Lowen, enfin remit de ses émotions prit la forme de son totem, un jeune loup argenté pas encore tout à fait adulte, et parti s'amuser avec Frère et d'autres druides eux aussi transformés. Les jeux cessèrent pour le feu d'artifice puis reprirent, mais furent de nouveau interrompus de manière subite peu de temps après. Le jeune garçon s'était arrêté en remarquant non loin de lui la Grande Prêtresse, apparemment très en colère, en train de discuter avec un inconnu. Il ne lui semblait pas avoir jamais vu la jeune femme dans un tel état et, curieux, il s'était approché discrètement. Soudain, elle se transforma à son tour en une magnifique louve noire. Stupéfait, le garçon resta figé un moment, de même que toute l'assemblée qui observait maintenant ce qui se passait. Puis, craignant que la prêtresse ne se lance dans un affrontement qu'assurément Mani réprouverait, il suivit son instinct de loup et bondit entre les deux protagonistes, sans se soucier des convenances ou de ce qu'il risquait pour un tel comportement. Oreilles et queue basses, pattes avant fléchies, tout dans son attitude montrait la soumission lorsqu'il planta son regard doré dans les yeux de glace de la louve qui lui faisait face. Frère quant à lui, tendu, prêt à réagir en cas de nécessité, surveillait à distance l'étranger à qui son ami tournait imprudemment le dos.
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Galdor Fenril
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MessageSujet: Re: Fête de l'Erastide [Libre*]   Dim 24 Mai 2009 - 12:11


Toute la journée, le Bastion n'avait cessé de s'agiter pour répondre aux derniers préparatifs de la Fête de l'Erastide. L'annonce du printemps enchantait toujours la population druidique, au point que les rumeurs voulaient que la fête de l'Erastide fût plus grande et plus belle chez les Druides que chez n'importe quel autre peuple du Gwendir. Assit derrière son bureau depuis l'aube, Galdor Fenril avait répondu à diverses obligations politiques, non sans oublier de faciliter les préparatifs de la fête grâce à quelques signatures ordonnant la levé des tables du Bastion pour la Serre, mais aussi l'approvisionnement de la cité en tonneaux de bières et autres effets indispensables.

A l'approche du crépuscule, un conseiller se présenta discrètement devant Galdor. Ce dernier, trop occupé à lire des rapports fort inquiétant, ne le remarqua pas tout de suite. Ce n'est que lorsque le conseiller toussota légèrement que les yeux flamboyant du monarque druidique quittèrent ses feuillets pour le visage du vieil homme, puis vers les fleurs qu'il avait disséminé un peu partout dans sa chevelure grisonnante. Un léger sourire vint ponctuer ses lèvres.
    - Cela vous va à merveille.
Le conseiller se courba poliment pour remercier le roi.
    - Je remercie votre majesté pour son attention, mais si votre majesté me le permet, peut-être serait-il temps pour elle de se préparer également.
Bien qu'il ne raffolait pas des rassemblements, Galdor savait qu'il était d'une importance capitale d'apparaître lors de tels évènements. La Fête de l'Erastide avait de plus un avantage que les autres fêtes ne permettaient pas : les déguisements. Ses obligations avaient beau l'avoir grandement retenus au cours de ces derniers jours, Galdor avait déjà fait préparer un déguisement dont on se souviendrait pendant encore longtemps. Pour s'assurer que l'heure était déjà bien avancée, le roi quitta son bureau et se rendit dans le couloir qui jouxtait la pièce pour porter son regard vers les grandes vitres extérieures. Le ciel avait commencé à s'assombrir tandis qu'au loin, l'astre du jour glissait peu à peu vers l'horizon. Le conseiller avait dit vrai, il était temps pour lui de se préparer et de rejoindre son peuple.

Un hochement de tête en direction du conseiller pour lui faire comprendre qu'il était prêt, quelques mots aux gardes pour les relever et leur permettre exceptionnellement de quitter le Bastion pour profiter de la fête, et Galdor se dirigea vers ses appartements d'un pas serein. Là-bas, il se prépara avec l'aide de son costumier attitré : un homme d'une cinquantaine d'années de haute carrure et aux doigts de fée qui de son temps avait également servi la reine Faldora.

Pour être exceptionnel, le costume du roi l'était. Par un prodigieux coup de maître, l'habit du roi mêlait plusieurs pièces entièrement cousues de fils d'or et recouvertes, ici et là, des fleurs les plus somptueuses du printemps. C'est ainsi que, par exemple, une magnifique fleur aux innombrables pétales de couleur jaune orangée trônait en lieu et place de la broche qui retenait la cape du roi à hauteur du cou. Cette même cape empruntait les couleurs de l'aube dans un alliage d'or et de fleurs à quatre pétales rondes de couleur orange tendant vers le violet, et dont le bouquet de pistils au centre ressemblait à de minces baguettes noires terminées par des gouttes de pluie dorée. Aux jambes, le roi semblait porter des cuissardes constituées de fleurs rouge orangé et turquoise. Mais ce qui dans ce costume éblouissait le plus, c'était sans nul doute l'imposante couronne d'or et le masque du roi. La couronne de fleurs ressemblait vaguement à un large trident en or, dont les pointes de gauche et de droite partaient vers l'arrière. Là où les cheveux sombres de Galdor auraient du apparaître, un insaisissable bouquet de fleurs et de feuilles diverses et variées avaient été constitués à l'intérieur même du cercle de la couronne. Quant au masque, il s'agissait d'une tête de lion entièrement composée de fleurs bleu ciel et bleu nuit.

Une fois prêt, Galdor sortit du Bastion par une porte dérobée et rejoignit la Serre par l'artère principale de la cité, accompagné d'un cortège de conseillers et de serviteurs. Arrivé à la Serre, le cortège se brisa en mille morceaux, chacun partant dans sa direction. Seul, imposant, le roi créa la sensation à la vue du nombre de regards qui se tournèrent sur son passage. La rumeur grandit mais le roi n'ôta pas son masque. Ce n'est que lorsqu'il entendit la musique décroître et l'ambiance s'approcher progressivement des portes du silence que son attention se porta vers un petit cercle au loin.

En s'approchant, il trouva un homme masqué qui portait une sacoche bourrée à en craquer de plantes face à une louve au pelage noir et au regard menaçant. A cet instant, le roi ôta son masque et l'assemblée se tut encore un peu plus. Son regard perçant, ambré comme le meilleur miel de la région, s'arrêta à tour de rôle sur les deux individus. Selon toute vraisemblance, une tension palpable semblait voleter autour des deux protagonistes. Pourquoi ? La question demandait forcément une réponse.
    - Par quel malheur cette célébration se voit-elle interrompue ?
La question du roi s'éleva par dessus les rares murmures de la foule à l'attention des deux opposants.
    - Montrez-vous sous votre véritable visage ...
Ajouta-t-il un ton plus bas, le regard à présent tourné vers son masque qu’il tenait dans sa main droite.
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MessageSujet: Re: Fête de l'Erastide [Libre*]   Mer 10 Juin 2009 - 19:08

Une foule compacte s’amassait autour des deux individus. La curiosité avait laissé place à l’effroi. La fête tournerait-elle au désastre ? Les regards des Druides allaient de gauche à droite, tentant de capter le moindre mouvement des protagonistes. Certains avaient enlevé leurs masques, d’autres avaient la bouche béante tandis qu’encore d’autres murmuraient dans l’oreille de leurs voisins. Le silence était relatif. Au moindre sourcillement, les spectateurs exprimaient dans un chuchotement une série d’onomatopées diverses et variées.

La louve fixait toujours intensément le gredin. Malgré tous ces regards qui pointaient sur elle, Melindaë restait concentrée sur Fergal, les pattes enfoncées dans le sol, prêtes à la projeter sur l’individu qui lui faisait face. Elle n’aurait pu discerner le regard de Fergal à cet instant précis. En effet, l’homme avait toujours son masque sur son visage et semblait figé sur place. Pas un mouvement de muscles, pas un seul tressaillement visible… Il n’avait pas desserré sa poignée de la sacoche qui contenait les herbes. La louve s’impatientait. Le voleur allait-il tenir encore longtemps ou tenterait-il de fuir tel un lâche ?

Bien que ces sens fussent tous en alerte, l’attention de Melindaë commençait à être étrangement attirée par cette odeur familière qui enivrait son esprit. Une odeur de plante piquante et saisissante à la fois. Peu à peu, cette odeur ne devint que sa seule obsession. D’où venait-elle, où se trouvait celui qui la dégageait ? La louve noire tourna sensiblement le regard de côté, les oreilles dressées. Mais sous la crainte que son adversaire ne fasse une manœuvre malencontreuse, elle se ravisa et remit toute son attention sur Fergal. Néanmoins, Melindaë avait eu le temps d’apercevoir un bout de cape richement décorée traîner par terre non loin… Etait-ce lui ?

Tout à coup, la belle louve noire crut voir Fergal faire un geste. Alors qu’elle s’apprêtait à s’avancer d’une patte, un jeune loup bondit entre eux. Son pelage était d’une magnifique couleur argentée et ses yeux parsemés d’or. Au départ surprise, Melindaë ne sut comment réagir, de même que le voleur sûrement. Puis après avoir analysé la situation de plus près, elle s’aperçut que celui-ci ne lui souhaitait aucun mal et qu’il s’agissait d’un totem, cela se ressentait. En position de soumission, il ne semblait que lui barrer la route vers toute attaque potentielle contre l’ennemi. Qui pouvait-il être ? Savait-il à qui il avait à faire ? Les murmures avaient augmenté de volume ainsi que la foule qui se compressait autour. La fête avait été gâchée par sa faute. Elle aurait pu tout simplement appeler un garde et lui expliquer la situation… Sa réaction lui semblait à présent démesurée. Si son totem avait été celui d’une souris, elle serait certainement partie se cacher dans un trou.

Le jeune loup ne bougeait toujours pas. Son regard était planté dans celui de Melindaë et n’oscillait pas un seul instant. Soudain, une voix s’éleva à travers la foule devenue étrangement silencieuse. Cette voix sembla très familière à Melindaë. Le Roi était donc ici, participant à cette célébration interrompue pour le moment. Le monarque druide pria alors les protagonistes de la scène d’apparaître sous leur véritable forme. A la demande du Roi, Melindaë reprit immédiatement sa forme humaine. Elle quitta le regard doré du loup pour aller se loger dans celui du Roi. Son masque lui cachant le visage, elle ne sut si celui-ci l’avait reconnue. Elle s’avança un peu plus vers lui et se posta juste sous son nez. Après une petite révérence, elle ôta son masque. A présent elle était à découvert.

Je vous salue, Seigneur Fenril. Veuillez excuser cette légère altercation mais la fête accordée à Mani a été bafouée par cet individu que j’ai surpris à voler les plantes de la Serre. Sans l’intervention de ce jeune totem, je ne sais ce qui aurait pu se passer… Mani est si imprévisible que même ses enfants les plus pieux peuvent se laisser dépasser par la situation. J’espère sincèrement que vous m’accorderez votre pardon et que vous condamnerez ce gredin. Vous savez être juste, votre Majesté.

Quand à toi jeune totem, je salue ta bravoure. Mani saura te récompenser et j’accorderais plusieurs prières à ton égard. Quel est ton nom, jeune fidèle de Mani ?
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MessageSujet: Re: Fête de l'Erastide [Libre*]   Jeu 11 Juin 2009 - 21:27



Lowen

Le jeune ne quittait se tenait face à la louve majestueuse. Regard d'or contre regard d'opale. Il ne bougeait pas mais à mesure que les secondes s'écoulaient, il sentit la nervosité le gagner. Il était en train de tenir tête à la Grande Prêtresse Melindaë Gordonian elle-même. Mani tout-puissant, est-ce que ça ne pouvait pas être considéré comme un blasphème ça ? Subitement il regretta quelque peu de ne pas avoir suivi avec plus d'assiduité les cours de religion qu'on tenait absolument à lui donner. Mais il faisait ça pour rendre service, il ne se permettrait certes pas de vouloir du mal à la Prêtresse, et on n'était pas châtié pour avoir voulu rendre service... Pas vrai ?

Tandis qu'il hésitait sur la conduite à tenir -camper sur ses positions où se mettre à courir le plus vite et surtout le plus loin possible- une voix puissante mais possédant toutefois une certaine douceur résonna, le faisant sursauter. Toujours figé, il bougea seulement suffisamment la tête pour examiner l'homme qui les avait interpellés. Il portait un costume somptueux, cousu d'or et de fleurs. Assurément un personnage important. Et son visage n'était pas totalement inconnu de l'adolescent, mais où pouvait-il bien l'avoir déjà vu ? Soudain tout lui revint dans un flash. L'enterrement de sans dépouille de Faldora, le couronnement auquel il n'avait pas réussi à échapper... Par Mani, cet homme était le roi ! Il avait dû faire de sacrés bêtises pour se retrouver dans une telle situation, sans aucun doute.

Pour le coup, Lowen obtempéra immédiatement. À la seconde où il eut reconnu Galdor, il avait quitté sa forme de loup pour retrouver son allure de gamin dépenaillé. En revanche, il n'avait pas osé bouger de sa position pour suivre la Prêtresse et se rapprocher du monarque. D'abord, il s'opposait à elle, et maintenant il prenait son temps pour lui obéir, à lui. Aucun doute qu'il allait avoir de sérieux problèmes. Peut-être le fait de n'être qu'un gamin sauvage pourrait être considéré comme une circonstance atténuante ?

Mais non. Contre toute attente, il était remercié et même félicité « pour sa bravoure ». Manifestement elle n'avait pas entendu claquer ses genoux depuis qu'il avait repris forme humaine, ce qui étonna passablement le garçon. Mais toujours moins que les remerciements. Il s'était un peu avancé en entendant que l'on parlait de lui, mais d'à peine quelques pas, préférant conserver une distance respectueuses -et surtout prudente-. Et au moment de répondre, il regretta amèrement un autre de ces ennuyeux cours qu'il avait hardiment évité. De quelle façon était-on censé s'adresser à la Grande Prêtresse ? Fallait-il lui donner un titre ? Et au Roi alors ? Il fut incapable trouver une réponse à ses questions, et pourtant il fallait bien dire quelque chose...

- Merci ma... votre... euh... M'dame. Je... Euh... M'appelle 'Wen, M'dame. 'Vot' service, M'dame.

Les joues empourprées, le visage baissé, n'osant regarder ni le roi ni la prêtresse, trop conscient du caractère piteux du petit discours qu'il venait de leur servir, il attendit la suite des évènements. En priant Mani de tout son coeur que la Grande Prêtresse n'ait pas eu vent de ses petites aventures et autres exactions diverses.
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MessageSujet: Re: Fête de l'Erastide [Libre*]   Mar 30 Juin 2009 - 16:42

Après les paroles de la Grande Prêtresse, le jeune garçon sembla intimidé. En effet, ses joues s’empourprèrent et son regard fut baissé. Melindaë compatissait à la gêne de l’enfant. Comment pouvait-on être à l’aise face à deux grandes personnalités du royaume druidique ? Dans un bredouillement presque inaudible pour la jeune femme, l’enfant remercia le monarque et la prêtresse et répondit qu’il s’appelait ‘Wen. Le peu de mots qu’il prononçât permit à Melindaë de prendre conscience qu’il ne faisait pas parti de l’élite du royaume. Qui pouvait-il être ? Dans tous les cas, la Grande Prêtresse était impressionnée par le courage et la vivacité du garçon à réagir face au danger.

Une fois que le garçon eut terminé ses présentations, Melindaë s’avança vers lui et s’agenouilla pour être à sa hauteur. Elle posa sa main frêle et pâle sur l’épaule gauche du jeune garçon et le fixa intensément de ses yeux sombres. De l’autre main, la jeune femme releva le menton de l’enfant afin de mieux voir son visage. Les yeux de celui-ci étaient d’un or étincelant, tels deux joyaux brillants de mille feux. En y regardant de plus près, le visage du petit ‘Wen n’était pas étranger à Melindaë. Peut-être l’avait-elle déjà aperçu aux cérémonies du Temple… En effet, bien que les fidèles de Mani étaient nombreux, certains druides venaient assez régulièrement au Temple pour que Melindaë les reconnaissent au milieu d’une foule.
Ne se rappelant pas finalement où elle l’avait déjà croisé, la Grande Prêtresse consentit à briser le silence qui s’était installé dans l’assemblée.

    Enfant ‘Wen, je te remercie pour ton courage, sincèrement. Tes parents peuvent être fiers d’avoir un enfant aussi volontaire et vif que toi. La Lune brillera de tout son éclat cette nuit en ton nom, fils de Mani.


Melindaë se releva et orienta son visage vers la Lune. Ce visage si rond et si pâle perçait le ciel obscur de la nuit. Le frère jumeau du Soleil était entier cette nuit et éveillait en la jeune femme une envie soudaine d’hurler ses maux… La prêtresse prit conscience que sa part animal pouvait avoir beaucoup plus d’influence sur elle qu’elle ne l’aurait imaginée. Ne pouvant résister à son instinct bestial, elle se tourna vers l’assemblée. Elle prétexta alors un besoin de sommeil pour se retirer. Arrivée face Roi, elle fit une légère révérence et prit la direction du Bastion. Lorsqu’elle atteignit les portes de la bâtisse royale, Melindaë jeta son masque à terre qu’elle tenait toujours à la main depuis l’instant où elle l’avait retiré sur demande du monarque. Elle se transforma alors en la magnifique louve noire qu’elle était peu de temps avant et prit la direction des falaises.

Les eaux étaient calmes et le pâle reflet de la Lune flottait à la surface de l’océan. La louve s’installa au bord des falaises, fixant le visage de Mani. Puis, elle commença à dévoiler ses peines d’un long hurlement doux et mélodieux qui se déversa sur les plaines tranquilles et silencieuses des alentours jusqu’à ce que le jumeau de Feu apparaisse à l’horizon…
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