AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Affres de la colère [PV]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Telak Firdor
Poigne Dure
avatar


Masculin Nombre de messages : 98
Age : 17 ans
Clan : Terreur ?
Fonction : Page du Seigneur Nordique
Date d'inscription : 09/03/2008

MessageSujet: Affres de la colère [PV]   Dim 15 Fév 2009 - 21:27


Crépuscule du sixième jour



Il avait désiré voyager toute sa vie, ou du moins, pendant toute la durée de sa captivité à la Tour Sombre. Fouler les terres gwendiriennes et découvrir avec émerveillement la somptuosité des décors aussi diversifiés qu’enchanteurs avaient souvent animé ses rêves. Envie d’évasion et volonté de découvrir de ses propres yeux les paysages qu’il connaissait à travers les manuscrits. Pourtant, à l’heure actuelle, Telak était indifférent à la beauté du décor environnant. Juché sur le dos du Sleipnir qu’il avait « emprunté » aux écuries du Seigneur Nordique – et nommé Bourrasque – le jeune homme avalait les distances sans prendre le temps de se délecter de tout ce qui avait toujours suscité un vif intérêt dans son esprit. Où allait-il ? Il ne le savait pas précisément. Mais il savait qui il devait retrouver et cela lui suffisait pour guider sa monture. Pousser par un pressentiment d’une puissance inouïe, presque divine, il menait son destrier vers les bois d’Ellendwraï … Il le trouverait là-bas. Il en était persuadé. Il en était certain.

Il fit une courte escale au village d’Amirisha dans la nuit du second jour, pour se restaurer et acheter de quoi poursuivre ses pérégrinations sans devoir penser à une autre escale. Mieux valait éviter de se montrer trop ouvertement quand on attirait inévitablement les regards en raison d’une aura aussi obscure que mystérieuse. Heureusement, Telak était pourvu d’une apparence des plus banales et personne n’irait imaginer qu’il était la pupille du Roi des Hommes. Il reprit son périple à l’aube du troisième jour et un lien fort se tissa entre le cavalier et la monture. Telak, s’il était haï de ses semblables, avait toujours eu une sorte de communion avec les animaux qu’il côtoyait. Si bien qu’il s’était parfois demandé s’il ne possédait pas des origines druidiques … Mais l’entente avec son destrier ne parvint pas à lui faire oublier son compagnon ailé, Hugin, qu’il avait semé dès le premier jour. Poigne Dure avait senti son cœur se serrer dans sa poitrine quand il avait constaté que le sombre volatile n’était plus avec lui, même si jamais il n’aurait pensé s’attacher à cet affreux rapace. Sans doute était ce son seul lien avec son passé et il venait de le perdre.

A l’aube du sixième jour, l’adolescent arriva en territoire nymphe et il sut qu’il n’était plus très loin de sa destination finale. Au crépuscule, il atteignit la ville d’Elvunia et il comprit que son destin se scellerait en ces lieux. Il huma l’air et ses yeux brillèrent d’un éclat terrifiant. Il était là. Tout près. Telak mena Bourrasque chez un Maréchal pour qu’il y reste le temps qu’il règle son affaire. Il sentait la puissance de son maître affluer dans ses veines, signe qu’il ne s’était sûrement pas trompé. Il arpenta les allées de la cité sans prêter attention à la beauté des constructions, à la recherche de celui qu’il cherchait. Il n’erra que peu de temps, son instinct le menant le plus directement possible à l’endroit où se tenait l’objet de sa quête. Devisant avec une Nymphe – certainement une commerçante en vue de sa tenue – l’homme ne remarqua l’ombre furtive qui se glissa derrière eux. Telak attendit dans l’obscurité d’une maison que l’échange prenne fin, et quand cela arriva et que l’homme voulut repartir, l’adolescent sortit de sa cachette. Leurs regards se croisèrent, et l’incrédulité mêlée à la stupéfaction, à la colère et à l’effroi figea les traits de l’homme. Les pupilles noires de Telak flamboyèrent comme si une flamme s’était allumée au fond de son âme. Il avança d’un pas et d’une voix nonchalante il annonça :

« Je suis venu pour vous, prince Siran. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/humain-telak-firdor-a-
Siran B.
Gwendirien
avatar


Masculin Nombre de messages : 59
Age : 22
Clan : Résistance
Fonction : Prince fugitif
Date d'inscription : 17/06/2008

MessageSujet: Re: Affres de la colère [PV]   Mer 18 Fév 2009 - 4:33

Les journées se succédaient pour Siran à une vitesse qu’il comprenait mal. Son séjour chez les Elfes se fit plus court qu’il ne l’aurait voulu, mais il se devait de quitter le confort et la beauté de ce territoire pour revenir à la vie cruelle et froid qu’il devait mener à partir de se moment. Son séjour, bien que peu agréable dans les limites du possible, lui avait apporter un peu de confiance mais il avait trouvé une allier certes discrète mais puissante aussi. Le prince humain avait prit cette occasion pour se reposer mais aussi pour refaire ses plans. Mais il quitta la Tour Céleste avec le lever du soleil du cinquième jour de cette nouvelle semaine.

Il chevaucha, le soleil perçant à peine le manteau de feuilles qui recouvrait cette forêt. Il avait fait ses adieux au prince car il n’avait pas grand espoir d revoir cet endroit prochainement et qui sait ce que ferait le prince elfique. Il avait été surpris de sa maturité, mais il se devait de quitter au plus vite. Ainsi Siran était parti avec sa monture au petit matin pour chevaucher dans les feuilles qui se trouvait sur le sol, elles s’envolaient dans les aires sous le trot rapide de son cheval blanc.

Le prince voulait arriver à sa destination le plus tôt possible mais il savait qu’il devrait camper au moins une nuit dans la fraîcheur de la forêt. Il s’était heureusement muni d’une tente qui s’aéra d’un grand secours lorsque se leva le vent. Il faisait froid mais Siran dormait à poing fermé, comme un enfant. Son destrier était attelé à un arbre près de son petit campement pendant la nuit.

Il reprit son chemin le lendemain et la journée d’après lorsqu’il vit enfin une ville au loin. C’était peut-être plus un village et Siran dû plisser les yeux pour regarder au loin. Il fut soulager de voir ce village dont il ignorait le nom, mais il savait pertinemment qu’il se trouvait à la frontière du bois sombre et du bois blanc. C’était certes un bon signe alors il ne put s’empêcher de sourire. Il ne reconnaissait pas l’architecture, mais il savait que ce village serait habité par des nymphes.

Siran entra dans le village vers la fin de l’après midi. Il trouva une petite auberge où il pourrait se reposer et profita de cette escale pour refaire le plein de vivres et racheter quelques matériaux dont il aurait besoin pour sa course folle. Il délaissa son destrier avec une certaine tristesse mais il passa ses doigts sur son nez avant de frotter sa joue contre celle de l’animal. Il fut plus qu’heureux de se diriger entre les rues et les ruelles afin de trouver le marché le plus près. Le prince ne passait pas inaperçu mais il avait à tout le moins enfiler ses vêtements d’aventuriers.

Ses yeux se posèrent sur de la nourriture qui lui semblait fraîche mais aussi facile à conserver alors il sourit doucement à la nymphe qui s’occupait de ce petit kiosque. Son sourire et son visage d’ange attiraient facilement la confiance, même si le vent et les soucis des dernières semaines avaient grugés ses pommettes et son front. Il marchanda avec celle-ci pendant un instant mais il prit quelques sac et les mis dans sa sacoche de voyage mais lorsqu’il se détourna pour s’en aller il vit cette figure si… familière, cet être si sombre. Il prit un pas de recul, sans pouvoir parler, et dans ses yeux verts se mélangeaient la surprise à la colère et à tant d’autre chose mais surtout tout le stress de sa vie au château venait de s’écraser sur lui.

La voix de Telak lui glaça le sang comme toutes les autres fois, mais cette fois, il soutint son regard froid, comme sa voix. Il ne comprenait pas ce qu’il faisait là mais ses paroles se détachaient une à une jusqu’à ce que Siran s’interroge sur leur sens. Cela pouvait être une bonne chose mais une tout autre mauvaise aussi. Il le regarda, son regard généralement si chaud et accueillant était devenu froid et sterne, lui aussi taillé par ce voyage.


- « Qu’est-ce que tu me veux Telak? » Il ne parlait pas avec condescendance, il parlait presque trop doucement. Bien entendu, il ne voulait pas se faire d’ennemi en cet endroit, mais présentement ce jeune homme l’inquiétait, sa présence l’inquiétait. Il n’était probablement pas venu pour le chercher, il était plus faible que le prince physiquement et il le savait, mais s’il avait été suivit?

_________________



Siran Bennefoy. The softer side of anger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Telak Firdor
Poigne Dure
avatar


Masculin Nombre de messages : 98
Age : 17 ans
Clan : Terreur ?
Fonction : Page du Seigneur Nordique
Date d'inscription : 09/03/2008

MessageSujet: Re: Affres de la colère [PV]   Ven 20 Fév 2009 - 18:56

Le temps se figea lorsque les regards des deux hommes se croisèrent. Frères par obligation depuis qu’Ardiosis avait décrété que Telak était désormais comme un prince en la Tour Sombre, les deux humains ne s’étaient jamais réellement appréciés. Du moins, ni l’un, ni l’autre n’avait tenté l’effort de faire un pas envers ce frère imposé. Nul doute qu’ils se seraient mutuellement agacés, mais ils auraient au moins essayé. A présent, Poigne Dure avait franchi ce gouffre qui les avait séparé autrefois pour se trouver aux côtés du prince légitime. Ce dernier n’en croyait pas ses yeux, en vue de sa mine stupéfaite et incrédule. Telak le jaugea et put remarquer instantanément qu’il avait maigri et que ses traits s’étaient durcis sous l’effet de la fatigue et d’un voyage harassant. Mais en rien ils ne perdaient de leur noblesse d’antan, quand il résidait encore à la demeure royale. Ses pupilles en revanche s’étaient altérées et leur éclat avait sensiblement mué pour revêtir celui de la détermination et de la force brute. Telak délivra son message, tandis que Siran s’obstinait à soutenir son regard sombre, chose qu’il faisait rarement. D’ordinaire, il préférait éviter l’adolescent et ses propos énigmatiques. Mais aujourd’hui, il semblait bien décider à ne pas fuir cette ombre. Aussi, il lui répondit d’un ton quelque peu nonchalant alors que ses iris brillaient d’une froideur sans pareille. Telak en aurait presque été étonné, mais le garçon s’étonnait rarement. Il laissa planer un silence pesant, se contentant de fixer le prince sans ciller. Enfin, quand il jugea que ce temps avait assez duré, ses lèvres remuèrent à nouveau. Sa voix, monocorde et lugubre, se fit entendre et ses propos furent plus brusques que d’habitude.

« Je suis venu vous parler de votre destin. Certaines choses doivent être accomplies et il se trouve que vous êtes le seul à pouvoir les réaliser. »

Le jeune page détourna son attention volontairement de son interlocuteur, pour détailler les constructions qui les entouraient. Comme si les paroles qu’il venait d’énoncer étaient de vulgaires propos, comme s’il évoquait la pluie et le beau temps avec un inconnu, comme s’il ne s’était pas pris pour le messager des Nornes. Les habitations étaient toutes construites sur le même schéma, pourtant, Telak ne vit jamais deux fois la même maison. Elles étaient toutes uniques, possédant chacune un petit quelque chose qui la différenciait de ses voisines. Elles étaient très éloignées du type de construction qu’il avait eu l’habitude de voir par les fenêtres de la Tour Sombre. Après quelques instants, faisant mine de rien, il s’intéressa à nouveau au prince qui ne semblait pas bien comprendre ce qu’il lui chantait. Telak fronça un sourcil et reprit d’une voix toute aussi nonchalante :

« J’ignore cependant si ces choses-là peuvent être énoncées dans un tel endroit. Les fervents de votre paternel sont rusés et les adorateurs de Tiwaz sont partout. Une oreille indiscrète pourrait vendre l’information que je souhaite vous délivrer … »

Telak jeta un coup d’œil circulaire comme pour renforcer ses dires, cherchant des yeux à montrer qu’ils étaient loin d’être seuls. De nombreuses nymphes et quelques étrangers circulaient encore à cette heure dans les rues de la cité.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/humain-telak-firdor-a-
Siran B.
Gwendirien
avatar


Masculin Nombre de messages : 59
Age : 22
Clan : Résistance
Fonction : Prince fugitif
Date d'inscription : 17/06/2008

MessageSujet: Re: Affres de la colère [PV]   Mar 24 Fév 2009 - 17:51

D’ordinaire, Siran Bennefoy n’aurait que poussé un soupire découragé et continuer son chemin sans prononcer mot, sans regarder ce jeune homme, mais les temps étaient durs et ils étaient loin d’être ordinaires, du moins à ses yeux. Un soupire lui échappa néanmoins mais il ne bougea pas de l’endroit ù il se trouvait, solide sur ses pieds. Étonnamment, son regard s’assoupit un peu et son visage devint plus calme, moins agressif. Il y avait un certain réconfort dans l’idée de sa vie qui le retrouvait après ces quelques dures semaines lui enlevait un certain poids de sur ses épaules. Bien entendu, il aurait préféré voir sa mère ou encore Cassya, mais même Telak lui amenait un certain sens du réconfort. Il écouta ses paroles sans vraiment comprendre leur sens profond mais c’était peut-être le but de la chose,d e toute façon Telak n’était pas toujours compréhensibles et ses propos étaient frustrant par leur énigmes et leurs tournures.

- « Je comprends. »

Il n’en dit pas plus. Il ne chercha pas à répondre. C’était bien vrai qu’il y avait certains humains dans la ville, et les nymphes de cette ville en particulier ne montraient jamais leur côté le plus sympathique à ce genre de cause. Il y avait toujours quelque oreille atetntive peu importe où il s’en allait mais dans sa chambre ils seraient bien seul pour discuter de tout ce que ces deux étrangers pouvaient bien avoir à se raconter. Il pensa un moment et finit par hocher de la tête et commença à marcher vers la direction d’où venait Telak.

- « Suis-moi. J’ai pris une chambre pour la nuit dans une petite auberge en retrait de la ville. Je ne crois pas que l’on nous y dérange, et tu n’auras qu’à murmurer. »

Le sourire sur les lèvres de Siran était doux et compatissant, il n’avait aucune méchanceté envers le jeune page du palais. Il semblait que sa présence le réconfortait véritablement pour que le prince accepte de l’amener dans sa chambre. Elle était petite mais ils seraient seuls.

Il lui fit un signe de la main avant de mettre le sac avec ses achats sur son épaule et il continua à marcher sans lui adresser la parole ou le moindre regard. Siran restait sur ses gardes, on voyait bien qu’il était encore tendu, ses muscles étaient contractés, comme s’il était prêt à bondir, ou à partir à la course, c’était difficile à dire, mais on aurait vraiment dit un animal traqué. C’était un prince traqué après tout, ce n’était pas si différent que cela même s’il n’aimait pas la comparaison. En marchant, Siran n’adressa de regard à qui que ce soit, ses yeux verts fixaient directement devant lui, comme s’il était concentré ou perdu dans des pensées presque trop amères. Il ne regarda Telak qu’une seule fois pour s’assurer qu’il ne le suivait.

- « Je ne suis pas certain de tes intentions Telak, mais je ne crois pas que je me monterai doux si tu es venu ici pour me mettre un couteau dans le dos, physiquement ou métaphoriquement. »

_________________



Siran Bennefoy. The softer side of anger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Telak Firdor
Poigne Dure
avatar


Masculin Nombre de messages : 98
Age : 17 ans
Clan : Terreur ?
Fonction : Page du Seigneur Nordique
Date d'inscription : 09/03/2008

MessageSujet: Re: Affres de la colère [PV]   Sam 28 Fév 2009 - 12:48

La voix du prince légitime se fit plus douce. Moins brusque. Son regard devint plus serein. Moins tendu. Son attitude se radoucit. Moins agressif. Telak jaugea son interlocuteur d’un œil circonspect, n’étant pas habitué à le voir arborer ce genre de comportement. Lors de sa course à dos de Sleipnir, le jeune garçon avait eu le temps de réfléchir à la situation qui allait se produire quand il serait en face du prince Siran. Poigne Dure avait estimé qu’il serait méfiant, sceptique et contrariant. Mais au lieu de ça, il semblait enclin à l’écouter et son visage ne montrait nulle trace d’agacement. Visiblement, ces quelques semaines hors du château avaient réussi à faire changer le prince d’une manière ou d’une autre. Peut être n’avait il pas eu la vie facile ou peut être n’avait il pas jugé la tache aussi ardue avant de se mettre en route. Telak représentait peut être un soutien ou un espoir pour le jeune homme, aussi infime soit-il. Aux paroles de ce dernier, l’adolescent hocha la tête de manière approbative. Le sourire de Siran avait quelque chose de mystérieux. Jamais il ne lui avait souri comme ça. Il fit ensuite un signe de la main pour indiquer la direction qu’ils allaient prendre et se mit en route, son sac de commissions sur les épaules. Telak lui emboîta le pas sans prononcer un mot. Il aurait tout le temps de le faire une fois arrivé à l’auberge désignée par son « frère ». Ils marchèrent peu avant que Siran ne mette en garde Poigne Dure, se retournant brièvement pour lui jeter un coup d’œil. Son visage était à nouveau tendu, ses muscles, contractés. C’était compréhensible. Telak ne soutint pas son regard et leva le nez en l’air. Après quelques instants, il prononça d’une voix monocorde :

« Je n’ai pas l’intention de vous assassiner dans votre sommeil. »

Ce fut à peu près le seul échange du trajet. Chacun semblait plongé dans ses propres pensées. Telak avait adopté l’attitude du flâneur, souvent le nez en l’air. Il avait remarqué qu’un étrange volatile sombre s’amusait à les suivre, voletant de toit en toit. Pas de doute pour l’orphelin ; Hugin l’avait retrouvé. Les maisons se firent plus espacées, signe qu’ils s’éloignaient du cœur de la cité. Après quelques temps, ils arrivèrent à une petite auberge que Telak avait identifiée grâce à son enseigne : « L’aigle rieur ». Etrange nom pour une auberge, mais l’endroit avait l’air tranquille. Lorsqu’ils entrèrent, les deux ou trois étrangers attablés au comptoir les saluèrent et reprirent leurs conversations sans autres formalités. L’aubergiste, une nymphe d’âge prononcé, leur demanda s’ils souhaitaient se restaurer et ils préférèrent décliner l’invitation pour le moment. Siran emmena Telak au premier étage et le conduisit jusqu’au fond du couloir. Il s’arrêta devant une porte sculptée grossièrement, mais tout de même charmante, et sortit une clé pour la déverrouiller. Il s’engouffra dans la pièce et le jeune garçon en fit de même. Elle paraissait agréable au premier coup d’œil, bien que très simplement meublée. Au moins, elle ne grouille pas de cafards, pensa l’adolescent. Il passa quelques instants à observer l’agencement de la chambre, les objets qui s’y trouvaient, la vue qu’elle offrait … Sentant le regard insistant du prince dans son dos, il se tourna finalement vers lui et entama d’une manière non détournée. Telak n’était pas venu pour parler de la pluie et du beau temps. Il avait un message à délivrer et il n’était pas du genre à éviter les sujets épineux. Au contraire. C’est d’un ton un peu brusque qu’il entama son discours, mais à demi mots pour que les éventuels voisins n’entendent rien des paroles qu’il allait proférer.

« Comme je le disais un peu plus tôt, je suis venu pour vous, Prince Siran. Inutile de me demander comment je vous ai retrouvé, je ne vous répondrais pas parce que vous seriez sceptique. Je savais que je vous retrouverais car il devait en être ainsi. Vous êtes un élément majeur dans l’Histoire du Gwendir, celle qui est actuellement réécrite par les évènements récents. Et vous êtes celui qui fera basculé l’ordre des choses. Tout dépendra de vos choix et de vos actes. Cependant, votre destin est scellé depuis votre naissance et il est lié à … »

Il s’arrêta un court instant et fixa de ses yeux brillants le prince qui l’écoutait attentivement. La lueur flamboyante s’était rallumée au fond de son regard.

« … Evelonia ».

Le mot avait été plus soufflé que prononcé, comme une incantation interdite, une formule taboue. L’île aux brumes était sources de bien des légendes. Mais Telak savait que Siran devait s’y rendre. Coûte que coûte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/humain-telak-firdor-a-
Siran B.
Gwendirien
avatar


Masculin Nombre de messages : 59
Age : 22
Clan : Résistance
Fonction : Prince fugitif
Date d'inscription : 17/06/2008

MessageSujet: Re: Affres de la colère [PV]   Mar 24 Mar 2009 - 21:48

Evelonia.

L’île brumeuse.

Un endroit interdit.

Siran connaissait les rumeurs, Siran écoutait lorsque les gens parlaient car c’était son devoir, certes, mais il essayait toujours de se rappeler de ce genre d’information. Une île, une île inhabitée. Comment son destin pouvait il être lié à elle s’il ne pouvait même pas y mettre les pieds, qui pouvait mettre les pieds à cet endroit.

Le visage de Siran montra sa surprise, mais sa surprise était facile à comprendre, seulement il la cachait si bien en temps normal, il faisait toujours semblant. Cela faisait partie des choses qu’il devait faire pour garder la face en public mais son frère ne l’avait jamais vu ainsi. Enfin, il ne pensait pas que ce garçon était son frère, mais ils avaient grandit ensemble, en quelque sorte, et il pouvait s’empêcher de le croire lorsqu’il parlait de choses mystérieuses ainsi.

Un soupire doux lui échappa alors qu’il faisait le tour de la pièce pensivement. Il ne savait pas quoi lui dire, peut-être qu’il avait raison mais il y avait quelque chose de louche, peut-être parce que personne ne pouvait aller là-bas et revenir du moins, peut-être parce que c’était Telak qui lui en parlait, peut-être pour tant de raisons mais il n’avait pas beaucoup de choix en ce moment. Il devait vivre avec l’idée qu’il devait faire quelque chose pour son peuple, il ne pouvait pas rester stagnant très longtemps, parce que l’échiquier qu’était le monde ne l’attendrait pas pour jouer. Il prit une inspiration avant de s’asseoir sur son lit, croisant les jambes, l’air pensif. Il regarda Telak dans les yeux et se demanda pendant un instant ce qu’il devrait faire, ce qu’il devait faire.


- « Je ne comprends pas trop, Telak. Pourquoi as-tu parcourut la moitié du continent pour venir me parler en énigme. Dis-moi ce que tu penses au lieu de tourner autour. »

Siran ne savait quoi lui dire parce que ce moment était très étrange entre eux. Parce que ces deux hommes ne s’aimaient pas, parce qu’il y avait une tension entre eux, une tension qui existait depuis très longtemps. Il croisa les bras et soupira, pensif et incertain.


- « J’aurais bien douté que tu viennes jusqu’ici, seul pour m’assassiner mais c’était plus une question d’habitude, je ne peux faire confiance à beaucoup de gens et je ne suis pas non plus certain que je puisse te faire confiance, mais je ne peux pas faire autrement. Alors dis-moi ce que tu sais, ce sera plus simple. » Il ne montrait pas de patience mais ses nerfs étaient à vif avec tout ce qui s’était passé depuis son départ.

_________________



Siran Bennefoy. The softer side of anger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Telak Firdor
Poigne Dure
avatar


Masculin Nombre de messages : 98
Age : 17 ans
Clan : Terreur ?
Fonction : Page du Seigneur Nordique
Date d'inscription : 09/03/2008

MessageSujet: Re: Affres de la colère [PV]   Sam 11 Avr 2009 - 9:04

La surprise déforma les traits du prince qui ne chercha pas à cacher ses émotions. C’était en cela que Siran était noble, Telak l’avait toujours pensé. Il n’était pas supérieur aux autres, du moins, il ne le pensait pas, et il n’hésitait pas à dévoiler aux autres une part de son humanité à travers ses émotions. Bien que ce ne fut pas toujours le cas bien évidemment, un prince doit savoir dissimuler les informations qui peuvent le faire chuter. Alors que Telak se perdait dans ces réflexions au sujet de son interlocuteur, ce dernier se mit à arpenter pensivement la pièce. Il devait réfléchir aux propos énoncés, car ils étaient lourds de conséquences. Non seulement, Evelonia avait la réputation d’être l’endroit le plus dangereux du continent, mais en plus, en tentant de s’y rendre, il montrait ouvertement qu’il acceptait de faire confiance à l’enfant démon, pupille du Roi des Hommes. Après tout, il ne devait pas être certain des intentions de Telak qui pouvait très bien être envoyé par Ardiosis pour le piéger. C’était compréhensible. Et s’il jugeait que ce n’était pas le cas et qu’il pouvait se remettre à lui, plus tard, d’autres pourraient lui refuser leur soutien à cause de cette amitié peu recommandable en temps de crise. Bref, Telak ne lui facilitait visiblement pas la tâche … Finalement, il s’arrêta, prit une grande bouffée d’air et vint s’asseoir sur le lit. Il chercha le regard de l’adolescent et le soutint pendant quelques secondes, avant de lui demander des explications. Après un soupir, il croisa les bras et continua son discours, dans lequel l’impatience transparaissait nettement. Normal, pensa Telak. N’importe qui aurait réagi comme le prince face à une telle situation. Telak, adossé nonchalamment contre un mur, ouvrit la bouche pour répondre aux questions du prince mais fut interrompu par un bruit sourd, provenant de la fenêtre. Il se tourna vers cette dernière et put apercevoir une masse sombre perchée sur son rebord et cognant frénétiquement contre la vitre. Un sourire se dessina sur les lèvres de l’orphelin qui se glissa vers la fenêtre, l’ouvrit et fit entrer le volatile qui sautilla jusqu’à lui, puis s’envola pour se poster sur le sommet de son crâne en émettant un croassement lugubre. Telak referma soigneusement la fenêtre et porta son attention à nouveau sur le prince. D’un ton jovial qui ne lui était guère habituel, il expliqua :

« Hugin a l’art d’interrompre les conversations les plus importantes, ne trouvez-vous pas ? »

Sans attendre de réelle réponse, il regagna le mur qu’il avait quitté quelques secondes plus tôt, tandis que le rapace battait des ailes nerveusement, non content que son perchoir eut décidé de se déplacer. Il s’adossa à nouveau contre la pierre et n’attendit pas davantage pour répondre aux interrogations précédentes de son interlocuteur :

« Je ne pense rien, Prince Siran. Je n’ai pas d’autre rôle que celui de messager dans cette histoire. Les énigmes vivent du voeu d’être percées et chacun a le droit de les résoudre à sa manière. En somme, il vous convient de dénouer mes paroles comme bon vous semble et je ne puis me permettre d’influencer votre réponse, car là n’est pas mon rôle. »

Il inspira profondément tandis que l’éclat rougeoyant de ses pupilles reprenait ses droits, faisant briller son regard d’une lueur mystérieuse. Hugin claqua son bec par deux fois et l’orphelin reprit la parole :

« Néanmoins, je peux vous éclairer ou essayer de le faire. Je disais donc que votre destin est lié à Evelonia, l’île aux brumes. Vous devez vous y rendre pour comprendre le sens de cette déclaration et je ne puis vous en dire plus car je n’en sais moi-même pas davantage. En revanche, je peux vous affirmer que jamais vous ne pourrez y arriver par la voie des mers. Votre cadavre serait dévoré par les montres marins avant que vous n’ayez pu apercevoir les abords de l’île … »

Voilà qui était dit. Telak leva le nez en l’air, comme pour se détacher du poids des paroles qu’il avait proférées, laissant le temps au prince Siran d’intégrer ces nouvelles informations.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/humain-telak-firdor-a-
Siran B.
Gwendirien
avatar


Masculin Nombre de messages : 59
Age : 22
Clan : Résistance
Fonction : Prince fugitif
Date d'inscription : 17/06/2008

MessageSujet: Re: Affres de la colère [PV]   Mar 21 Avr 2009 - 17:36

Siran fut interrompu dans son cours de pensée alors qu’il y eut un bruit sourd à sa fenêtre, quelque chose entre le croassement d’une grenouille et un crissement sourd. Si le prince était à cran ces temps-ci, il n’avait fait aucun geste brusque, seul sa main sur le pommeau de son épée montrait qu’il était prêt à toute éventualité. Il soupira et il ferma à demi les yeux, visiblement cette forme, quelle qu’elle soit n’était pas agressive. Le jeune blondinet ne put retenir un mince sourire lorsque le volatile se posa sur la tête de ‘son frère’. En quelque sorte, cela qualifiait tellement le personnage qu’il était, il ne pouvait s’empêcher de penser que c’était tout à fait Telak, malgré le sérieux de la situation, il y avait quelque chose de tellement particulier chez lui. Mais Siran repoussa ses pensées, il n’était pas là pour penser à sa relation avec le petit page, mais bien pour penser à son propre destin. Son sourire, cependant, ne partit pas sur le coup.

- « Oui, c’est vrai que ça semble être un don. » Il ne disait pas ça pour sembler méchant, mais il acquiesçait de la complicité qu’il partageait, du moins pendant cette courte rencontre, avec le sombre page. Son regard lourd ne quitta pas le garçon alors qu’il changea de position, il ne se faisait pas accusateur, mais il tentait du mieux possible de retenir son impatience.

Un simple soupire. Le prince ferma les yeux, comme pour mieux réfléchir, mais le manque de sommeil l’affectait. Il était si difficile de se reposer lorsque l’on se trouvait en fuite d’un royaume très puissant avec des alliés parsemés aux quatre vents. Il devait faire très attention et ses nuits étaient parfois écourtées par un bruit étrange ou une menace qui le faisait partir avant même la lueur matinale. Certes, chez les elfes il avait trouvé un peu de répit mais il savait très bien que c’était temporaire.


- « Je trouverai un autre moyen. Ça ne doit pas être sorcier. » Il y avait une détermination bien particulière au prince humain dans sa voix et il semblait très décidé. Si tel était son destin alors peu importe ses actions il s’y rendrait. Superstitieux le prince? Pas vraiment, seulement il y avait quelques choses dans cette vie qui étaient inévitables. Il serait à l’affût à partir de ce moment, il chercherait un moyen. « Merci de m’avoir fait le message, Telak. »

_________________



Siran Bennefoy. The softer side of anger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Telak Firdor
Poigne Dure
avatar


Masculin Nombre de messages : 98
Age : 17 ans
Clan : Terreur ?
Fonction : Page du Seigneur Nordique
Date d'inscription : 09/03/2008

MessageSujet: Re: Affres de la colère [PV]   Sam 16 Mai 2009 - 14:16

Après avoir écouté la déclaration plutôt particulière de l’orphelin, Siran ne sembla pas se montrer hostile ou même sceptique quant à l’idée de partir pour Evelonia. Pourtant, il aurait pu l’être de façon légitime. Comme par enchantement, Telak qui n’avait jamais quitté le château d’Yswllyra, réussissait à le retrouver alors que bien d’autres étaient à sa poursuite. Il venait lui parler par énigmes d’un voyage qui scellerait son destin ayant pour destination l’endroit réputé le plus dangereux du Gwendir. Tout cela semblait si irréaliste et si improbable que l’adolescent comprenait pourquoi Siran n’essayait pas de lutter. Au contraire, il semblait même déterminé et son regard flamboyait à nouveau de l’éclat du courage. Peut être que cette « mission » venait à point nommé et que le prince ne savait plus réellement quoi faire pour avancer. Telak songea cependant que c’était peut être plutôt l’œuvre de son maître. Il jugea également que son devoir était accompli et qu’il était temps de prendre congé du prince, mais avant qu’il n’ait esquissé le moindre mouvement, Siran le remercia courtoisement. Telak en fut presque troublé car il n’était guère habitué à ce genre de considération. Il afficha un sourire mitigé voire confus. Après tout, s’il était venu à la rencontre du prince, c’était uniquement parce que son maître le lui avait ordonné. Il se sentit soudain vacillé, réalisant à quel point il était dénué de réflexion. Toute sa vie semblait guidée par une puissance supérieure. N’était-il qu’un pantin ? Cette prise de conscience l’effraya et son angoisse se lut sur ses traits crispés. Cherchant à garder contenance, il songea à un moyen de mériter les remerciements de son soit disant frère. Une idée lui vint et il se dirigea de nouveau vers la fenêtre, tandis que Hugin s’agitait sur le sommet de sa tête. Il ouvrit la vitre et prit le volatile entre ses mains, l’amenant jusqu’à l’ouverture. Puis il le propulsa dans les airs et l’oiseau s’envola loin, en piaillant de mécontentement. Telak se tourna alors vers Siran et lui fit comprendre :

« Les cieux sont maîtres de nos destins. N’est-il pas fascinant de voir à quel point rien n’est impossible pour ceux qui empruntent la voie des airs ? »

L’adolescent ferma la fenêtre, puis se dirigea vers la porte, sans laisser le temps au prince de réagir. Sa précédente formulation avait pour but de l’éclairer sur la façon de se rendre à Evelonia, mais il en avait déjà trop dit. Il avait outrepassé son rôle de messager. Cependant, il était certain que le prince ferait bon usage de ses paroles. Avant qu’il n’ait pu lui répondre, Telak avait déjà ouvert la porte et s’était engagé dans le couloir. Sa présence aux côtés de Siran n’avait que trop duré, il craignait déjà d’avoir été la cause d’ennuis pour lui. Aussi, il s’inclina en prenant congé :

« Je vous ai remis les clés de votre destin. A vous de les utiliser à bon escient. Sachez cependant que votre tâche ne sera pas aisée. Mais vous pourrez bientôt compter sur des appuis solides. Au revoir prince. Mon devoir s’arrête ici, et il est temps pour moi de rentrer au Palais. »

Sans autre forme de procès, il referma la porte et s’avança dans le couloir, prêt à repartir pour Yswllyra. Néanmoins, il n’était pas contre le fait de visiter un peu les contrées avoisinantes. Après tout, qui pouvait bien être attristé par sa disparition ?



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gwendir.bbactif.com/imperiaux-f132/humain-telak-firdor-a-
Siran B.
Gwendirien
avatar


Masculin Nombre de messages : 59
Age : 22
Clan : Résistance
Fonction : Prince fugitif
Date d'inscription : 17/06/2008

MessageSujet: Re: Affres de la colère [PV]   Dim 31 Mai 2009 - 6:07

Topic terminé.

Merci Telak <3

_________________



Siran Bennefoy. The softer side of anger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Affres de la colère [PV]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Affres de la colère [PV]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» La colère.
» La colère d'un père
» La colère de Guy Boucher
» Noyer sa colère dans l'alcool est tout un art voyons.
» jusqu'ou peut vous entrainer la colère ?
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Prophétie Nordique  :: Chapitre 4-