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 Partons en guerre !

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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Partons en guerre !   Lun 16 Fév 2009 - 14:42

Année 835
Semaine 11 - Jour 2
Début d'après-midi


Un morne silence était la seule chose que l'on pouvait entendre dans les couloirs de la demeure. L'obscurité elle-même semblait avoir envahit chaque recoin de chaque pièce, ne laissant rien à l'abri. Aucun courant d'air ne venait relever les rideau qui masquait le soleil, les murs nus ne faisaient que renforcer cette impression de mort.

La porte s'ouvrit en silence, sans grincement et deux formes entrèrent à petit pas. L'une se dirigea vers la fenêtre tandis que la seconde s'approchait de l'unique table et de l'unique fauteuil qu'il restait dans le salon. Les épais rideaux furent tirés sans ménagement pour laisser entrer les rayons solaires. Aucune des formes ne fut surprise de découvrir Elianä assise, dans la pénombre.

La plus âgée des deux femmes posa un plateau sur la table à côté de la jeune Ombre, puis s'inclina pour sortir de la pièce suivit par la plus jeune des deux servantes.

Elianä contempla un instant la collation qui lui était apportée, se demandant pendant un instant s'il valait mieux manger ou envoyer valser le plateau dans un excès de colère. Elle préféra apaiser son emportement. Personne ne méritait un surcroit de travail, même minime, parce qu'elle ne savait pas se contrôler.

Elle se redressa donc sur son séant pour prendre la fourchette dans sa main, s'amusa un instant à pousser sur le bord la nourriture avant d'en manger une bouchée. Elle repoussa assiette et plateau aussi sec pour se lever. On aurait pu croire qu'après avoir cavaler plusieurs jours en compagnie d'un mercenaire elfe, elle n'aurait plus eu envie de marcher, mais Elianä n'avait pour l'instant trouver que cette façon pour se calmer, marcher, bouger, même si c'était en rond et dans un espace réduit. Elle n'avait pas d'autre choix, consignée qu'elle était dans sa propre demeure.

Rien ne se passait décidément sans accroc. La jeune fille avait cru que les problèmes seraient terminés dès qu'elle aurait retrouvé la liberté, qu'elle pourrait retrouver enfin son père. Sauf que son père avait été emprisonné et ce, sans aucune explication, un émissaire noble et humain se chargeant simplement de la prévenir de ce fait.

Son insolence vis à vis d'elle avait donné des envies de meurtre à Elianä qu'elle aurait très bien pu oublier sa noble éducation pour ôter son sourire narquois à ce trublion qui ne faisait aucun cas du rang de la jeune fille, ni des épreuves qu'elle avait traversé si peu de temps auparavant.

Puis impossible ensuite d'obtenir une quelconque audience avait quelqu'un qui en valait la peine pour décharger sa juste colère.

Et depuis, Elianä rongeait son frein, sans savoir quoi faire.
Elle ne voulait pas partir en laissant son père dans une geôle, malgré l'insistance d'Aldarik pour la faire retourner à Eray. D'après lui, il était beaucoup trop dangereux pour elle de rester en terre humaine. Si Kadarin Aziel'Da avait été emprisonné sans un minimum de considération, elle pouvait tout aussi bien être la prochaine sur la liste. Et si Elianä comprenait très bien ces arguments, en plus de cette impression réelle que rester sur place n'avancerait à rien, elle n'arrivait pas à se faire à cette idée.

Elianä s'arrêta finalement devant la fenêtre, un début de migraine aux tempes. Une main s'égara sur son front, repoussant une mèche ébène. Pour chaque visite qu'elle faisait à la Tour Sombre, elle avait opté pour une tenue à chaque fois dans les couleurs de son pays ou de sa famille. Mais aujourd'hui, comme un pied de nez à sa mauvaise humeur, elle avait laissé de côté le noir pour une robe d'un blanc immaculé... qui n'avait pas joué parfaitement son rôle.

La porte s'ouvrit une seconde fois mais sur Aldarik cette fois. Elianä l'observa en silence, notant la poussière et ses traits fatigués.


- La maison a été vendue. Elle reste à votre entière jouissance jusqu'à ce que vous souhaitiez la quitter.
- Très bien.
- Il faut partir Elianä.
- Pas sans mon père.
- Ils ne le libèreront pas, même si vous restez ici et allez frapper à leur porte tous les jours, toutes les heures.
- Je ne partirais pas.
- Aussi têtue que lui.

Aldarik se détourna pour la quitter, excédé par son entêtement qui, elle en convenait, était un leg de son père. Elle ne s'avouerait jamais vaincu, jamais devant des humains. Mais avant que le soldat Ombre n'atteigne la porte, celle-ci s'ouvrit et une servante rabatit en grand les deux battants tandis qu'un Ombre d'âge mûr annonçait le noble visiteur.

- Sa majesté le roi Morzan Terinfiel, lady Elianä.

La surprise s'imprégna au même instant sur les traits de la jeune femme et d'Aldarik, surprise bien mieux dissimulée pour le vétéran. Il s'inclina face à son souverain, pendant qu'Elianä s'abîmer dans sa propre révérence face à Morzan.

Quand elle se redressa finalement, Aldarik n'était plus là et les portes avaient été refermées.


- Majesté.

Réservé.


Dernière édition par Elianä Aziel'Da le Lun 16 Fév 2009 - 22:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Partons en guerre !   Lun 16 Fév 2009 - 21:12

La nouvelle avait ébranlé la Cour des Ombres et le cœur de son Roi : Elianä Aziel’Da, la fille cadette de la plus influente des familles nobles du royaume avait été enlevée. Pire encore, son père, ministre de renom, avait été fait prisonnier par le Seigneur Nordique. Sa femme éplorée s’était jetée aux pieds de Morzan quand la nouvelle s’était répandue sur la capitale du territoire ombre pour l’implorer de sauver sa chère enfant et de libérer son tendre époux. Mais le jeune monarque avait depuis longtemps prévu de se rendre lui-même en terres humaines pour éviter une guerre ouverte précipitée par des circonstances exceptionnelles. Et peut être aussi pour apaiser son âme tourmentée par une quelconque mélancolie …

La princesse druidique Aelalia Fenril était arrivée deux jours plus tôt en sa demeure pour lui faire part de la terrible nouvelle. Le jeune roi avait alors entreprit de faire envoyer une missive à ses alliées – Idril et Eluthiel – pour les informer de son intention de se rendre à Yswllyra où il chercherait à éviter l’incident diplomatique. Ou du moins, à le minimiser. Au crépuscule du premier jour, soit vingt quatre heures après l’envoi des émissaires en territoires amazone et elfique, le monarque quitta la Forteresse, accompagné par une dizaine de ses meilleurs soldats et espions. Lorsqu’ils furent hors des Montagnes Infernales, la troupe se dispersa et seulement deux hommes restèrent à chevaucher aux côtés de leur souverain. Morzan voyageait dans l’anonymat absolu, évitant ainsi la propagation d’une rumeur folle qui lui aurait coûté cher. Néanmoins, il s’était assuré d’envoyer un représentant en avance pour informer le Seigneur Nordique de sa venue imminente, espérant ainsi ne pas froisser outre mesure Ardiosis Bennefoy par une visite importune et inattendue. Le trajet fut long et pénible. Mais cela n’empêcha pas Morzan d’être révulsé lorsque les hautes murailles de la cité impériale se dessinèrent à l’horizon. Par-dessus tout, c’était en cet endroit qu’il n’aurait jamais voulu remettre les pieds. Un des cavaliers qui s’était éloigné vint à sa rencontre pour lui indiquer qu’Elianä était sauve et qu’elle demeurait dans une maison de la ville, avant de repartir comme il était venu, s’éclipsant pour que personne ne le soupçonne de suivre les trois hommes, bien qu’il demeura à une distance raisonnable pour ne pas les perdre des yeux. Morzan fut soulagé.

Les trois hommes passèrent sans difficulté les immenses portes de la cité et le jeune monarque s’en étonna. Les trois cavaliers mirent pieds à terre, et se faufilèrent dans les artères de la rue pour gagner le quartier que leur avait indiqué leur compère. Ils trouvèrent aisément, en suivant les informations des citoyens qui étaient disposés à les guider. Une fois arrivés à la maison supposée, l’un des soldats frappa avec vigueur à la lourde porte de la demeure. Une femme d’un certain âge vint ouvrir et demanda ce qu’ils voulaient. Le soldat exigea de voir Dame Aziel’Da et au regard de la mine suspicieuse qu’elle fit, Morzan comprit instantanément qu’ils ne s’étaient pas trompés de maison. Avec l’approbation d’un signe de tête de son monarque, l’homme d’armes chuchota à la vieille femme l’identité du jeune homme qui se tenait derrière lui. La vieille femme se confondit en excuses et en révérences, avant de faire entrer les trois seigneurs. Elle les mena à l’étage et alpagua l’un des domestiques – un Ombre d’âge mûr – pour qu’il les accompagne. Morzan précisa qu’il voulait s’entretenir en privé avec leur maîtresse. La vieille Ombre ouvrit les portes d’une chambre au fond du couloir à la volée, tandis que l’homme annonçait la présence du roi. La surprise se lut sur le visage de la jeune femme qui se tenait à l’autre bout de la pièce, vêtue d’une magnifique robe blanche. Par Snotra, quelle était belle ! Elle chercha à masquer son trouble et s’inclina respectueusement. Un garde – le même que celui que Morzan avait rencontré au Temple – le salua également, avant de se retirer. Les portes se refermèrent et les deux jeunes gens se retrouvèrent seuls. Morzan abaissa la capuche qui avait dissimulé ses traits durant tout le voyage. Il semblait las et inquiet. Il traversa la pièce en quelques enjambées et se trouva rapidement à la hauteur de la jeune femme. Sa voix trahissait mal son trouble :

« Elianä, j’étais si inquiet à votre sujet. Comment vous portez-vous ? Vous a-t-on bien traité ? »

Sans réellement se préoccuper de l’étiquette, il avait attrapé les mains délicates de son interlocutrice et les avait ramené contre sa poitrine. Ses iris se muèrent en une teinte pourpre, signe de son agitation. Il avait réellement été troublé par la disparition de la jeune femme, sans réussir à expliquer pourquoi. Il reprit d’une voix mal assurée :

« Je voulais être présent à vos côtés, mais les circonstances n’ont pas joué en ma faveur et j’ai été retardé à la Forteresse. Pardonnez moi belle Elianä. »
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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Re: Partons en guerre !   Mar 17 Fév 2009 - 20:08

C'était la première fois depuis longtemps il lui semblait qu'elle voyait quelqu'un qui n'était ni l'un de ses stupides humains, ni Aldarik, ni un serviteur Ombre. Ce n'était pas encore la maison mais ça en avait de plus en plus le goût.

Elianä resta un instant à regarder ses mains recouvertes par celles de son souverain, absente.
Pas la maison mais elle ressentait puissamment son envie d'y galoper à bride abattue, quitter enfin cette maudite cité, ces problèmes et ne plus avoir à voir les sourires supérieurs de tous ceux qu'elle croisait. La fierté elle-même avait ses limites qui arrivaient à leurs points de rupture. Elle préféra de même occuper ses pensées à répondre qu'à sentir Morzan si proche.


- Je suis désolée de vous avoir inquiété et de vous avoir obligé à vous déplacez. La seule fautive reste ma curiosité... ou ma trop grande stupidité vous direz certains.

Elianä avait rarement éprouvé un tel dégoût d'elle-même. Elle comprenait maintenant trop tard toutes les raisons qui poussaient son père ou même Aldarik à assurer sa sécurité, quitte à brider sa liberté. Ce n'était pas juste un moyen pour l'ennuyer ou lui faire sentir qu'elle ne savait pas même se protéger toute seule. Elle avait eu la parfaite preuve qu'elle ne savait pas se protéger seule. Enlever comme un vulgaire fétu de paille, on ne faisait pas mieux.

La jeune femme rompit le contact pour reprendre sa marche, insensible à la royale présence et ponctuée par quelques hésitations qu'un œil avisé aurait tôt fait de remarquer et d'imputer ça à une blessure pas encore passée.
Un autre problème était soulevé maintenant et qui ne faisait qu'empirer sa migraine royale. Elle ne savait pas par quel bout commencer ses explications, comment traduire la détresse dans laquelle elle se trouvait depuis qu'elle avait retrouvé la 'civilisation'. Gérer les affaires courantes était vraiment une partie de plaisir comparer au fait d'avouer que l'enchainement des événements avait été précipité par sa faute.


- J'ai eu le malheur de croire que je saurais rentrer indemne d'une sortie trop peu... conventionnelle. Un mercenaire elfe a réduit mes espérances à néant quand il a fait de moi son trophée en espérant obtenir une rançon de mon père.
La suite, je l'ai apprise après avoir été retrouvée par des soldats humains envoyés par Ardiosis Bennefoy.


Elianä avait prudemment évité de paraître insultante envers le Parjure. Elle lui devait bien cela, même si il restait sourd à ses demandes de plus en plus pressantes vis à vis de Kadarin.

La suite de son récit se fit pourtant plus dur et intransigeant. Si elle devait remercier le seigneur nordique pour avoir accédé à la demande de lord Aziel'Da de dépêcher des soldats pour la retrouver, elle acceptait moins de le voir emprisonné son père. C'est le sang qui parla à travers sa bouche, déversant ce qu'elle se répétait comme un litanie sans fin. Snotra pouvait être témoin de la dévotion de sa fille à laver l'affront dont les siens étaient tâchés.


- Non comptant d'être sourd et aveugle à mes demandes d'entretien, il a de plus laisser le soin à un émissaire irrespectueux de m'annoncer que...

Elianä avait finit par se poster derrière la chaise vide, dont elle tenait le dossier. Ses jointures étaient blanches à force de serrer.

- ... m'annoncer que mon père avait été fait prisonnier. Et je ne peux m'empêche de craindre, maintenant que je sais que votre majesté est ici, qu'elle puisse être la prochaine à subir la folie sans fin du Parjure.

La jeune fille avait finit par avouer les craintes qu'elle nourrissait. Elle avait sur la conscience déjà l'état dans lequel se trouvait son père pour en plus devoir craindre pour la liberté de Morzan. Surement ne serait-elle rassurée que quand il serait loin déjà d'Yswllyra, mais en aveu de faiblesse, elle voulait qu'il apaise sa vindicte par quelques paroles avant qu'elle ne s'emploie à le renvoyer à Eray.
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MessageSujet: Re: Partons en guerre !   Sam 21 Fév 2009 - 20:47

La jeune femme était absente, sans doute absorbée par des pensées bien trop houleuses pour réaliser la proximité qui s’était installée entre elle et son monarque. D’ailleurs, en cet instant, Morzan se demanda si elle voyait toujours en lui ce roi qu’elle avait rencontré quelques jours plus tôt au temple de la déesse Snotra ou bien si elle le percevait comme une âme amicale venue lui porter son soutien. Peu de gens auraient eu ce comportement, l’Ombre en était certain. Elianä possédait une candeur et une fraîcheur inestimables. Sa spontanéité et son naturel charmèrent le jeune homme qui depuis longtemps n’avait eu l’occasion de se sentir plus Ombre que souverain, si l’on exceptait ses relations avec sa confidente Idril. Quoique dernièrement, ces dernières avaient pris des allures officielles en raison de leurs nouveaux statuts respectifs … La culpabilité et le remord teintaient les propos d’Elianä d’une amertume compréhensible. Elle se détacha de l’étreinte de Morzan et ce dernier rougit quelque peu, croyant avoir été maladroit et trop entreprenant. Son regard s’attarda sur la silhouette fine de la jeune femme qui semblait souffrir d’une blessure à la jambe, provoquant quelques hésitations dans ses déplacements …

« Vous êtes blessée ? » s’enquit le monarque. Cependant, la noble ne répondit pas, se contentant de continuer son monologue sensiblement empli d’aigreur et de peine. Morzan se tut et l’écouta attentivement, convaincu alors que la jeune femme avait besoin de mettre des mots sur ce qui lui était arrivé. Elle lui raconta ses mésaventures, non consciente que Morzan en avait déjà eu vent, avec une voix tendue. Finalement, elle se posta derrière une chaise et ses doigts se crispèrent sur le dossier, si fort que ses doigts blanchirent à vue d’œil. Sa dernière phrase fut débitée comme on annonce une sentence. Elle semblait si peinée, si tourmentée que le jeune homme en eut une pointe au cœur. Il s’approcha à nouveau d’elle, mais laissa cette fois-ci une distance raisonnable entre elle et lui pour ne pas l’importuner. Sa voix, douce et rassurante se fit entendre à nouveau :

« Ne soyez pas trop dure avec vous-même. Vous n’êtes pas responsable du jeu de dupes qui se trame en ce moment et votre volonté de découvrir le monde qui nous entoure est légitime. Vous ne devriez pas vous blâmer trop hâtivement Elianä. »

Le seul responsable était ce chasseur de tête elfique et peut être aussi le ténébreux Seigneur Nordique. L’enlèvement tombait réellement à un moment critique et il était difficile d’imaginer une sortie favorable, mais Morzan n’en dit mot à son interlocutrice. Elle était bien trop bouleversée et elle voulait certainement entendre des mots rassurants plutôt que des vérités effrayantes.

« Je suis venu demander audience au Seigneur Bennefoy, rien de plus. Mes intentions sont claires et pacifistes, il ne peut rien m’arriver. Soyez rassurée, douce Elianä. L’empereur est plus malin que Loki lui-même et il sait qu’il ne peut me toucher sans conséquences. Les Peuples Libres ont déjà commencé à se concerter et il serait malvenu de sa part de déclencher dès à présent une guerre ouverte. »

Morzan avait tâché de se montrer optimiste et encourageant, pour apaiser la jeune femme. Néanmoins, en son for intérieur, il savait que la tâche ne serait pas aisée. Si Ardiosis avait pris le risque de se mettre à dos les six peuples gwendiriens une fois, qu’est-ce qui l’empêchait de recommencer ? Néanmoins, le monarque était serein. Il avait pris toute les dispositions nécessaires en cas d’un éventuel non retour. Les Amazones et les Elfes avaient reçu ses missives à l’heure qu’il était et ils devaient se préparer au pire. A la forteresse, Morzan s’était longuement entretenu avec son frère Nuran. Tout se passerait bien, même s’il ne revenait pas. Il sourit timidement à la jeune femme mais celle-ci ne semblait guère apaisée. Elle était inquiète et tout son être traduisait son agitation. Morzan s’approcha encore un peu d’elle et reprit d’une voix bienveillante :

« Je ferai tout ce qui est en mon possible pour libérer votre père. Soyez sans crainte. »
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MessageSujet: Re: Partons en guerre !   Lun 2 Mar 2009 - 14:24

Incertaine, Elianä jeta un œil sur le bas de sa jambe. Elle s'était tellement habituée à sa blessure qu'elle n'y faisait plus guère attention. Elle avait prit le pli de faire basculer sur sa jambe valide le maximum de poids, ce qui faisait qu'elle avait une démarche assez chaloupée qui ne trompait pas beaucoup de monde, malgré l'application qu'elle mettait à le cacher.

- Les femmes sont de petites choses fragiles, dédramatisa-t-elle en souriant. Son premier vrai sourire en fait depuis qu'elle avait réintégré sa demeure. J'ai effectué un voyage pour le moins étrange, entre les pattes du griffon qui appartenait au mercenaire. L'atterrissage a été rude et ma cheville en a le plus pâtit. Nous avons par la suite tellement marché que la cicatrisation n'a pas pas encore fait totalement son œuvre.

Ce qu'il lui demanda ensuite était le plus dur pour la jeune fille. Nombre de fois on lui avait répété qu'elle ne devait pas s'en vouloir, bla bla bla. Personne ne pouvait réellement comprendre le pourquoi de son ressentiment envers elle-même. Quand on était le mouton noir de la famille, Eze exclu, il était dur d'avoir sur la conscience l'emprisonnement de son père. Et l'envie de ne pas avoir pour seul horizon Eray et la Forteresse ne devait pas avoir de telle conséquence pour les siens. Sa famille était bien plus importante que ces petits désirs personnels, surtout quand c'était la liberté de l'un d'entre eux qui était en jeu.

Il ne lui était pas difficile maintenant de se faire une idée de l'état de sa mère, sans que Morzan n'ait besoin de le lui expliquer. Pauvre maman... Elle s'arrachait presque les cheveux quand Elianä disparaissait pendant des heures mais certaine pourtant qu'elle se cachait dans un quelconque coin de la maison familiale, perdue dans un recueil qu'elle aurait trouvé dans la bibliothèque ou dans celle de la Forteresse. Ce n'était pas la même chose quand cela se produisait à des centaines de kilomètre, dans un territoire qui n'avait pas les mêmes orientations politiques que le sien. Pauvre maman...


- J'appelle inconséquence ce que vous nommez ruse, majesté. Il n'est inconnu de personne le statut de mon père, en territoire humain aussi bien et même si je désire ardemment que les conséquences de l'acte irréfléchi du Parjure ne soient trop lourdes, elles existeront belles et biens. Comparer mon père à votre majesté est osé mais si le seigneur Bennefoy n'a pas sourcillé à le garder en otage lui, qui ou quoi pourrait l'empêcher d'en faire de même avec vous ?

Avoir un monarque sous son pouvoir était bien plus intéressant qu'un lord, aussi duc et puissant soit-il dans son royaume. Et même si Elianä n'avait pas encore le pouvoir de suivre le fil des pensées de Morzan, elle ne pouvait qu'acquiescer : Ardiosis ne semblait pas craindre le courroux des différents peuples du Gwendir, assassinant sans vergogne leurs précédents souverains, ce n'était alors pas le peuple Ombre, Amazone et Elfe qui lui feraient peur.

- Laissez-moi vous accompagner, demanda-t-elle finalement, la supplique perceptible dans sa voix.
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MessageSujet: Re: Partons en guerre !   Mer 4 Mar 2009 - 12:44

[elle va me détester ... T-T]



Le sourire de la jeune femme, aussi timide fut-il, fut reçu par le souverain comme une bénédiction. Malgré les difficiles épreuves qu’avait enduré Elianä, les larmes ne coulaient plus sur son visage et son sourire revenait peu à peu sur ses traits tirés par la fatigue et le chagrin. C’était certes une maigre victoire, mais une victoire quand même. Elle se décida à lui expliquer comment elle s’était blessée et en l’écoutant, Morzan fronça les sourcils. Cet enlèvement était des moins banals, et il n’était guère enchanté à l’idée de la souffrance qu’avait pu endurer cette jeune femme. Et qu’elle endurait encore. Ses ennuis étaient loin d’être terminés mais le monarque n’en dit mot. Elianä continua la conversation en revenant sur un sujet plus épineux, à savoir les agissements du Seigneur Nordique. L’aigreur et l’amertume perçaient aisément dans les propos de la noble et Morzan en frissonna. Il n’était guère encourageant d’entendre de tels propos de la part d’une jeune femme en fleur. Sur ce point, elle semblait avoir les mêmes opinions que la reine Idril, ce qui lui aurait tiré un sourire dans une situation bien moins tragique. Elianä était intelligente et vive d’esprit ; aussi, elle formula à haute voix ce que Morzan redoutait intérieurement. Néanmoins, il ne laissa rien paraître, habitué à dissimuler ses émotions. Il reprit la parole d’une voix apaisante.

« Sans vouloir offenser votre lignée douce Elianä, emprisonner un noble n’aura tout au plus comme conséquence que le déclenchement d’une guerre civile. Prendre pour otage un monarque est bien plus risqué, d’autant plus que notre Empereur a déjà commis l’irréparable. Certains de ses alliés pourraient ne pas apprécier qu’il recommence à s’en prendre à ses opposants. »

La voix suppliante de la jeune femme résonna à nouveau aux oreilles du souverain. Il se détourna d’elle pour ne pas avoir à soutenir son regard et il fit quelques pas dans la pièce. Il ne pouvait cette fois accéder à sa requête car il était dangereux qu’elle l’accompagne, et ce, pour plusieurs raisons. La première, bien qu’il ne doutait pas de la présence d’esprit de la part de son interlocutrice, était qu’Elianä pouvait proférer des paroles qui mettraient la vie de son père, la sienne ou celle de son monarque en péril. Elle était encore trop bouleversée pour parler davantage avec sa tête qu’avec son cœur. La deuxième était qu’elle pourrait servir d’otage à Ardiosis afin de tenir sous son joug le monarque. Et ça, Morzan refusait qu’une telle situation se produise. Enfin, la pièce de théâtre qui allait se dérouler devait se jouer entre monarques et l’affrontement verbal ne devait concerner personne d’autres … Il se décida finalement à répondre à Elianä, toujours en évitant son regard :

« C’est impossible. Vous ne pouvez pas m’accompagner. »

Sans la voir, il pressentit que son visage s’était décomposé sous l’effet de la déception. Ou peut être était-ce la colère qui la gagnait peu à peu ? Ou peut être encore le remord ? Morzan fit quelques pas dans la pièce pour extérioriser son agitation et il reprit d’une voix moins assurée, persuadé qu’il allait faire de la peine à la jeune femme :

« Vous êtes courageuse gente Dame. Peu de demoiselle aurait accepté de rester en territoire ennemi pour tenter de sauver leur père. Néanmoins, votre tâche s’arrête ici. Vous retournerez à la Forteresse Royale dès ce soir. »
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MessageSujet: Re: Partons en guerre !   Mer 4 Mar 2009 - 15:30

L'entrée de servantes la dispensa de répondre immédiatement. L'on déposa sur la table un plateau avec avec thé et pâtisseries qui retournèrent le cœur d'Elianä. L'on entendait que le cliquetis des tasses qu'une jeune fille de la demeure manipulées dans le silence de mort qui était tombé.

Comment pouvait-on parler aussi légèrement d'une guerre, même civile ? Tout au plus ? La guerre, quelle que soit sa forme, restait une guerre, représentait toujours des morts, des pleurs, de la tristesse, des êtres vivants qui se déchiraient, du sang qui venait souiller leur terre, qui laissaient des enfants orphelins, des épouses veuves, des familles brisées.

Bien sûr que prendre un monarque en otage était beaucoup plus intéressant qu'un noble. Mais c'était déjà trop, parce que ce noble n'était pas n'importe qui pour elle, c'était son père. Morzan croyait-il possible de la congédier comme une enfant sans qu'elle n'ait son mot à dire ?

De toute sa vie, la seule personne qu'elle avait craint de décevoir ou de contredire était Aldarik. Plus qu'un simple soldat chargé de sa sécurité, plus qu'un ami sur qui elle était sûre de pouvoir compter, c'était un second père toujours derrière elle pour la relever quand elle trébuchait. Elle n'avait pas prit le risque de lui tenir tête depuis qu'elle était libre pour plier le genoux face à Morzan, aussi roi soit-il.


- Non. Non, je ne pars pas.

C'était terminé. Elianä s'était à nouveau enfermée dans sa tour d'ivoire, inaccessible et ne désirant pas être atteinte, comme à chaque fois que la situation menaçait de déraper. Elle s'était drapée de son masque de reine des glaces que tous nobles à la Cour des Ombres connaissaient. La meilleure protection qu'elle avait pour contenir les sentiments conflictuels qui s'agitaient en elle et que la jeune fille ne voulait pas montrer. Un mélange d'abattement, de colère et de désespoir.

Le seul espoir qu'elle conservait venait de s'évaporer devant ses yeux sans qu'elle n'ait pu le retenir. Sa seule volonté serait-elle assez forte pour tenir contre les deux hommes - Aldarik et Morzan ? Snotra, en quoi t'ai-je déçu pour que Tu me tournes ainsi le dos ?

Sourde prière envers la Déesse, tandis qu'Elianä plantait son regard dans celui de son roi, droit et fier. Qu'elle cherche à couper court à l'entretien suite à sa décision ne pouvait être mieux traduit que maintenant :


- Peut-être désirez-vous vous reposez ? Je peux faire préparer une chambre si vous le souhaitez.


HJ : Et na !
N'empêche que mon post à l'air tout petit, bouh.
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MessageSujet: Re: Partons en guerre !   Sam 7 Mar 2009 - 17:59

Un silence oppressant s’installa entre les deux jeunes gens quand une domestique vint déposer quelques mets et boissons chaudes dans la salle. Le monarque en profita pour jeter deux ou trois regards à la volée, vers la jeune femme qui s’était renfermée sur elle-même à la suite des paroles de son interlocuteur. Morzan n’aimait guère voir les gens malheureux, surtout quand ils lui étaient proches. Mais il se devait de rester impassible face aux supplications de la fille cadette des Aziel’Da, aussi douloureux fut-ce-t-il de la voir ainsi. Et tandis que la servante se retirait après maintes révérences, le jeune homme se détourna à nouveau de son interlocutrice. Il joua avec sa chevalière nerveusement, tandis que ses cheveux prenaient de nouvelles teintes pourpres. Sa voix, beaucoup moins douce et bien plus ferme qu’auparavant, claqua aux oreilles de Morzan. Face à n’importe quel autre souverain, une telle impudence aurait été sévèrement châtiée. On ne désobéissait pas à un roi. Mais Elianä se tenait face au neveu d’Erin, réputé pour sa douceur et sa bienveillance. Aussi, il ne s’offusqua pas. Sans doute l’aurait-il dû.

« A votre guise, douce Elianä. Je n’ai pas l’intention de vous contraindre. »

Un seul mot aurait suffi à la contraindre pourtant. Il était souverain et sa volonté pouvait être exécutée à n’importe quel moment. Sa voix faisait loi. Mais il n’était pas venu jusqu’ici pour ramener de force la plus jeune fille des Aziel’Da. Il ne voulait pas plus la brusquer et l’Ombre avait de la chance de ne pas être tombée sur un monarque colérique et capricieux. Ses derniers mots vinrent cependant percuter le jeune homme de plein fouet. Aussi habile fût la formulation, elle n’en restait pas moins une manière de le congédier courtoisement. Ce fût son ego d’homme qui en souffrit le plus. Il s’inclina et se dirigea vers la porte. Sans ouvrir la porte, mais en posant sa main sur la poignée pour bien indiquer son intention, il plongea son regard dans celui d’Elianä. La fierté et la détermination y luisaient. Que ses yeux étaient beaux !

« Je ne souhaite pas vous importuner davantage, gente Dame. Je réalise que ma présence vous accable. Votre invitation est certes bien aimable, mais je me vois dans l’obligation de la décliner. Je pars sans plus attendre à la demeure du Seigneur Nordique pour lui demander audience. Prenez soin de votre personne, belle Elianä. »

Son regard était troublé mais son visage ne laissait rien paraître de son tourment. Il tourna la poignée et ouvrit la porte, passant ensuite l’embrasure pour se retrouver dans le couloir. La confrontation avec Elianä n’avait pas tout à fait pris les airs qu’il avait espérés et il se sentait accablé par un poids lourd sur ses épaules. Au point où ça en était, il n’était plus à ça près … Il fit deux pas en arrière, revint dans la pièce et prévint la jeune femme de ses intentions.

« Seuls les dieux jugeront de l’issue de cet entretien. Néanmoins, si les choses ne devaient pas se dérouler comme prévu, mes soldats vous ramèneront à la Forteresse Royale. »

Morzan n’était pas stupide, Elianä encore moins. Il n’était pas tout à fait certain que l’issue de l’audience que l'Ombre avait demandé au Seigneur des Hommes leur soit favorable, à lui, comme au Lord Aziel’Da. Ils couraient tout deux un risque. Inutile d’en faire courir à la demoiselle. Il ajouta en refermant la porte doucement :

« De gré ou de force. »

Morzan voulait se sentir serein. Et pour cela, il devait savoir Elianä en sécurité s'il lui arrivait quelque chose ... Qu'elle le veuille ou non.
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MessageSujet: Re: Partons en guerre !   Mar 17 Mar 2009 - 22:32

Tout un tas de pensées assaillirent Elianä.
Oui, n'importe quel autre roi aurait sévit face à une telle façon de parler car on ne pouvait pas passer à côté de la rebellion qui grondait derrière ses paroles. Toute sa vie, on lui avait dicté sa conduite, sans aucune considération pour ses sentiments ou ses envies. Ses fautes étaient bien vite maquillées si faute il y avait, alors comment pourrait-il comprendre son désir de réparer la seule chose qui n'avait pas pu être cachée ? Comment pourrait-il comprendre qu'en tant qu'enfant, elle veuille se racheter d'avoir été la cause de la chute de sa famille ? Qui avait-il de pire que d'être forcée par un tiers de partir et d'abandonner son géniteur dans sa geôle ?

Elianä n'était pas idiote, oui, elle voyait très bien les raisons qui poussaient à une telle décision, mais le cœur avait ses raisons que la raison ne connaissait pas.

Puis elle pensa à Morzan, Morzan en tant qu'homme.
A Eray, elle ne se souvenait que de l'émoi (attention, passage nunuche en approche :p) qu'elle avait ressentit, au Temple de la Divine Snotra. Ce n'était pas la même chose que ce qu'elle avait ressentit en compagnie de Nuran Terinfiel, son demi-frère, lors du bal masqué qui les avait réunit le temps d'une soirée. Lucidement, elle convint que quand ses sentiments avaient été brefs mais puissants avec Nuran, ils avaient revêtu une douceur et une forme beaucoup plus déroutante avec Morzan. Beaucoup plus dangereux aussi. La force brute avait cette faculté de faire peur et de repousser les moins téméraires alors que la délicatesse attirait telle la lumière un papillon.

Que Snotra lui pardonne alors de nourrir de telles pensées envers le seul homme qui jamais ne pourrait être à elle (c'est beau T_T). C'était maintenant qu'elle devait se détacher de ses sentiments indésirables pour éviter de souffrir. Ne pas faire de pas vers lui quand il se décida à quitter le salon, peut-être blessé par sa froideur maintenant légendaire parmi sa caste.

Heureusement, ses propos la ramenèrent très vite sur terre, bien loin de ses pensées roses : il persistait encore et toujours avec ses menaces.


- Si l'entretien se passait mal, qu'est-ce qui serait plus important pour tous les soldats Ombre présents à Ysllwyra ? Ramener ma précieuse personne à Eray ou chercher à vous libérer ? Préfèrerais-je fuir plutôt que de réparer ma double faute ?

Au dernier moment, Elianä remarqua qu'elle avait pensé tout haut, dévoilant une fois de trop ses craintes. D'un geste incontrôlé, elle balaya l'air de la main, enjoignant par la même Morzan à ne pas prendre en considération ses paroles et à partir vaquer à sa tâche sans plus faire attention à elle. La jeune fille lui tourna même le dos, non comme marque d'impolitesse mais parce qu'elle ne supporterait de voir se concrétiser ses peurs, concrétiser par son départ pour la Tour Sombre, qui jetait son ombre sur la cité humaine.
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MessageSujet: Re: Partons en guerre !   Sam 21 Mar 2009 - 13:27

Une colère sourde et froide grondait dans les propos d’Elianä. Elle cherchait à justifier son comportement et ses intentions, mais Morzan n’en avait pas besoin pour la comprendre. Lui aussi aurait agi de la sorte si de son vivant, Erin avait été emprisonné par l’infâme Bennefoy. Lui aussi aurait tenu à faire tout ce qui était en son pouvoir pour libérer son oncle bien-aimé, son père de cœur. Lui aussi aurait méprisé ceux qui auraient tenté de l’enfermer dans la passivité. Mais à la différence de la situation d’Elianä, il était un homme. Dans la société Ombre, bien que non soumises ou méprisées comme elles pouvaient parfois l’être chez le peuple magicien, les femmes ne pouvaient certes pas tout entreprendre. De plus, et là était la véritable motivation du monarque, une promesse avait été énoncée à la Forteresse et il ne pouvait pas la briser. S’il ne pouvait ramener Lord Aziel’Da à son épouse, il comptait bien au moins accomplir la moitié de sa promesse et ramener une sœur et une fille à la demeure royale. Quelques secondes après avoir énoncé à haute voix ses pensées, Elianä chassa d’un revers de la main ses paroles et par la même, congédia le jeune homme d’une manière fort peu courtoise. De surcroît, elle lui tourna volontairement le dos et le cœur de Morzan se serra davantage dans sa poitrine. Ainsi donc, il partirait à la Tour Sombre en froid avec la jeune femme et supposer qu’elle lui en voulait ou qu’elle le détestait le déstabilisa. Pourquoi l’indifférence soudaine de la noble lui enserrer tellement le cœur ? Troublé, il ajouta d’une voix qui avait perdue toute son importance et sa contenance :

« Le plus important pour moi, c’est que vous soyez en sécurité. Ma propre sûreté m’indiffère si vous êtes hors de danger… »

Sa voix s’étouffa et ses derniers mots étaient presque inaudibles. La porte se referma, laissant Elianä seule dans sa prison de soie et Morzan désemparé derrière la porte, conscient qu’un véritable gouffre s’était creusé entre lui et la jeune femme. Ce qui le chagrinait davantage, c’était de savoir pourquoi il y attachait tant d’importance. Après tout, s’il réfléchissait quelques instants qui était Elianä pour lui ? Juste une noble de sa cour, rien de plus ! Alors pourquoi il se sentait à présent vidé de tout courage et de tout espoir ? Un soldat vint à sa rencontre et lui demanda si tout allait bien. Morzan se reprit, répondit courtoisement et quitta les lieux, accompagné par l’homme en armes. Ils redescendirent au rez-de-chaussée et en quelques instants, le départ fut préparé. Il fût convenu que les deux soldats présents accompagneraient le monarque à la Tour Sombre, alors que cinq autres viendraient à la maisonnée un peu plus tard, chacun leur tour pour ne pas éveiller les soupçons, et emmèneraient Elianä hors de la cité humaine si le souverain n’était pas rentré ou si aucun soldat n’était revenu pour confirmer que tout se passait sans danger. Les trois hommes sortirent de la maison et instinctivement , Morzan leva les yeux vers le premier étage espérant y voir un visage familier … mais personne ne se tenait à la fenêtre. Le cœur lourd, il entama son trajet, ses gardes lui emboîtant le pas.
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