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 L'Ombre

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MessageSujet: L'Ombre   Lun 16 Fév 2009 - 21:00

[Ceci est un message plus spécialement destiné à Eleade, Ardiosis, Telak et Erendil (qui est soi-disant de passage). Libre à vous d'y répondre où non. Néanmoins, j'aimerais qu'un moins un des deux rois me fassent l'honneur de sa présence.]

La nuit
Troisième jour
Onzième semaine
Année 835


La tour était silencieuse. Calme. Paisible. Les gens s'apprêtaient à dormir pour la plupart. La quiétude s'installait dans les vagues relents de la fumée des chandelles à peine mouchées. Un bref moment d'immobilité. Puis, un petit rire moqueur. Un peu ironique. Un rire d'enfant qui se répercutait en écho dans les couloirs. Un rire provocateur, mutin. Un rire qui guidait doucement vers le salon. Un rire irrésistible, qui appelait, qui invitait. Un rire dont les intentions étaient claires. Les gardes ne semblaient pas l'entendre, mais eux oui. Comme s'il était murmuré à leurs oreilles. Le rire les provoquait sans exagération, les taquinait. Il voulait jouer avec eux. Le salon était plongé dans une semi-pénombre que seul la lueur de la lune et l'éclat rougeoyant des braises perçaient.

Ils s'y retrouvèrent sans même savoir comment ils avaient été réunis là. Un long soupir se fit entendre. Un soupir typiquement féminin. Un soupir associé au plaisir ou au soulagement, personne n'aurait su le dire exactement. C'était différent pour tous. Là, dans le coin de la pièce, deux yeux s'ouvrirent doucement. Cette simple manifestation aurait affolé n'importe qui. Le commun des hommes auraient fui en hurlant au maléfice. Ces deux yeux presque félins. Deux yeux d'un bleu pâle vif et glacial. Deux yeux qui fixaient avec fascination. Ils se refermèrent doucement et se rouvrit dans l'autre coin de la pièce. Pourtant il n'y avait eut aucun mouvement. Aucun son. Et le déplacement avait été presque instantanné.


" Bonsoir " soupira une voix suave et douce. " Je vous attendais. Asseyez-vous... "

La voix était persuasive, emplie de mysticisme. Le ton traînait un peu, mais pas comme celui des vieillards. Non. C'était une voix qui semblait venir du fond des âges. Une voix qui jaillissait d'un livre d'histoire passée... La voix d'une créature qui dépassait l'entendement. Les yeux clignèrent doucement et se tournèrent vers la chandelle qui s'éteignit. Il ne restait plus que l'éclat rouge des braises qui se consumaient et celui bleu métallique des yeux.

" J'ai entendu chacun de vos noms. Je suis venue à vous... Pour vous."

Les yeux changèrent d'emplacement. Ils s'étaient avancés vers eux, sans même que le mouvement soit perçu, et pourtant il n'y avait aucune silhouette qui les accompagnait, comme si le reste du corps était invisible. Il y eût un nouveau soupir, long et langoureux. Les yeux regardaient chacun d'eux sans douceur, presque cruellement. Des yeux tels que ceux-ci n'inspiraient rien d'humain. Ce regard avait vu à coup sûr le sang couler, avait vu la guerre, la rage et la folie. Ces yeux n'avaient de pur que la couleur.
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MessageSujet: Re: L'Ombre   Mar 17 Fév 2009 - 19:18

On avait escorté le roi dans les couloirs infinis de la demeure impériale de Yswllyra, le faisant aprenter des centaines de mètres de pierre brute, passer sous les arches, les fourures et les bannières d'un autre temps, dans ce château de malheur. Pour des raisons qu'il ne maîtrisait qu'à moitié, son séjour avait dû se prolonger. Il avait donc dû rester un peu plus à la cour des Hommes, malgré des objectifs nombreux, malgré des tribus en proie à la division, malgré la guerre qui se profilait. Fréquenter la noblesse des Hommes n'avait rien de compliqué, certes, mais les affaires de l'Etat ne se règleraient pas sans lui.

Et maintenant, cela. Accompagné de deux de ces gardes du corps les plus dévoués et les plus imposants, il avait de nouveau parcourut les couloirs labyrinthiques du palais du seigneur du Nord, le roi des Hommes Ardiosis Bennefoy, se rendant dans un boudoir obscur dans l'une des ailes de la demeure impériale, allant rencontrer quelqu'un dont il ignorait tout. Cette perspective l'agaçait déjà.

La sute n'avait rien pour lui réjouir. Une femme bien étrange, ou plutôt une paire d'yeux, s'était présentée. Enfin... présentation. Parlons plutôt d'introduction. Une introduction absconse qui, sans répondre à aucune des questions que se posait le roi, allongeait la liste de ces dernières. De plus, le petit jeu auquel elle jouait exaspérait plus qu'il inquiétait Erendil, qui, accompagné de ses deux hommes, interrogea les yeux en une question sèche et laconique.

"Qui êtes-vous ?"
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MessageSujet: Re: L'Ombre   Mar 17 Fév 2009 - 19:45

[Ne nous avançons pas trop dans le RP. Ardiosis nous rejoindra sans doute ce week-end. Pour Eleade, cela reste à confirmer. Je réitère ; si vous pensez avoir une bonne raison de vous trouvez à la tour sombre, vous pouvez vous joindre au sujet.
Edit : Eleade a confirmé sa présence pour ce week-end, elle aussi. Tu peux donc répondre à la demande de l'Ombre et je garderai le RP en standby jusqu'à ce que nos deux compagnons aient postés.]

La paire d'yeux s'approcha plus encore, tout près de son visage. Il pouvait sentir une présence partout autour de lui, sans toutefois distinguer une silhouette. Son regard était implacable, imberturbable. Elle scrutait son regard avec sévérité. Un nouveau soupir. Les yeux s'éloignèrent, regagnèrent leur coin initial en un battement de cils.

" Roi de la foudre, vous devriez savoir que la patience est une vertue qui se cultive. Il faut vous montrez plus patient. Votre grand savoir ne vous l'a-t-il pas déjà appris? Tout viendra à point à qui sait attendre. "

Cette fois une silhouette se matérialisa doucement en avançant d'un pas. Elle était d'un noir d'encre, sauf pour ses yeux qui restaient toujours aussi vif et lumineux dans le noir. C'était comme si elle avait été taillée dans le marbre le noir qui soit. L'Ombre disparut à nouveau et ses yeux se tournèrent vers les gardes. Elle semblait les poignarder du regard. Le silence se prolongea quelques secondes.

" Je n'apprécie pas que l'on manque de confiance envers moi. Faites sortir ces hommes d'ici. Je viens vous parler d'affaires d'État, Roi de la foudre. Je serai navrée de devoir les éliminer parce qu'ils auraient entendu quelque chose de trop. Tiens, faisons un compromis. Je n'en fais pas habituellement, mais puisque vous ne m'avez pas encore connue je veux bien en faire un. Je me montrerai si vous les faites sortir immédiatement. Vous acceptez cette entente? "

Sans trop savoir comment, il était possible de percevoir ce qui semblait être un haussement de sourcil dans ses paroles. Sa voix, qui ressemblait au murmure du vent, ou a un soupir, était calme, apaisante. Elle ne laissait transparaître aucune émotion. Juste ce qui semblait être une profonde indifférence. Ce que le roi ignorait, c'est qu'il avait tout intérêt à accepter sinon elle ne se gênerait pas pour égorger les gardes qui ne la verraient même pas arriver. Elle se tendit, prête à bondir sur les gardes si elle avait droit à un refus.

Nymora n'avait rien à faire des faux pas diplomatiques. Elle ne savait même pas ce que c'était. Sa façon de voir les choses était un peu plus primitive. C'était la survie du plus fort, la domination du plus fort. Tuer ou être mangé.
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Ardiosis
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MessageSujet: Re: L'Ombre   Jeu 26 Fév 2009 - 9:11

[HRP/ Absolument désolé de vous avoir tant fait attendre, je suis surbooké en ce moment ^^"
Eleade va bientôt répondre, elle attendait que je poste je crois. /HRP]

Si Ardiosis avait jadis sombré sans trop d'efforts dans un sommeil sans rêve pour peu qu'il se donna la peine de choir dans son lit paré tant de tissus satinés que de chaudes couvertures, et d'ignorer les yeux plein de reproches ou de questions que dardaient sur lui Eleade, voilà deux semaines qu'il n'était plus vraiment familier du fait.
Ses relations tendues avec la reine s'étaient améliorées et dégradées autant de fois en deux semaines que dans les dix ans précédants, mais trop lentement revenait le sommeil aux nuits du roi, sans que le refus ou l'acceptation de la reine à partager ses étreintes n'y soient pour rien.

Aussi Ardiosis Bennefoy ne dormait-il pas. Au plus était-il plongé dans une torpeur suffocante, dont il aurait pu s'extraire en clignant des yeux ou en se retournant, et n'avoir plus qu'à contempler des heures durant le sombre plafond, ou la silhouette délicate de la reine assoupie, dont les soucis envolés pour le temps d'une nuit apaisait son visage, la rendant presque plus nymphe que femme des hommes. L'avis d'Ardiosis Bennefoy en la matière s'avérait aussi subjectif qu'on peut l'imaginer, aussi se retenait-il, de faire courir avec tendresse un doigt sur le corps de la reine, redoutant autant de la réveiller que de lui apprendre que lui-même ne dormait pas.

Le rire le fit sursauter. Il n'y vit pas les grelots aux accents cristallins, ni la naïveté dont découle l'innocence. De cet éclat enfantin, il ne retint que la raillerie et la magie effrontée qui s'osait à troubler ce qui lui tenait lieu de sommeil. Yeux grands ouverts, le roi se leva lentement, aussi silencieux que la nuit qui baignait le palais de ses pâles rayons de lune. Ce n'était pas en se dérobant à un appel qu'il échapperait à un nouveau maléfice.

***


Ardiosis aurait voulu que le rire n'éveilla pas Eleade. Il avait omis de lui poser la question, mais trop souvent s'était-il sauvé en pleine nuit sans que la respiration régulière de son épouse endormie ne se modifiât en rien, pour parvenir à une autre conclusion. Il s'en voulait du silence dont il l'accablait, arpentant d'un pas vif les froids couloirs de la tour, sans même lancer un regard pour savoir si elle le suivait toujours ou non. Exposer la reine à un danger inconnu l'horripilait tout autant que d'imaginer que s'y rendre seul, eut pu n'être qu'une vulgaire diversion pour l'écarter d'elle. Un réconfort aussi malsain que puéril s'emparait de lui, à l'idée que s'il sombrait sous cette étrange magie, Eleade saurait tout ce qui s'était déroulé, sans qu'il n'y ait jamais cette fois besoin de mensonges entre eux.

Ardiosis planta un regard sombre sur les yeux qui eraient dans la pièce, glace se heurtant à la glace. Cette demeure était sienne et tant qu'il régnerait, la neige et les vents froids à vous ronger les os l'emporteraient sur les flammèches vacillantes qui brûlaient dans les âtres et sur les mèches des bougies. Pourtant, ce regard là lui semblait subtilement différent du sien, comme si la magie qui les nimbait en avait altéré l'éclat, pour les éloigner un tant soit peu des iris effroyables du roi, d'un bleu éthéré, presque spectral. A moins que le roi ne parvint à cette conclusion pour nier s'être jamais mêlé de magie...

"Bonsoir."
répondit le roi, saluant davantage le monarque orthodoxe que l'apparition flottante.
Aucune froideur excessive n'effleura dans ses mots, ils se fondirent simplement tant la fraîcheur nocturne, comme si la tour toute entière se faisait reflet fidèle de l'humeur du monarque.
L'empereur du Gwendir ne s'inclina pas, pas davantage qu'il se serait assis si l'apparition l'y avait également invité. Régner n'était pas aussi simple que les bonnes gens le pensaient, mais cela incluait de ne pas obéir aveuglément aux ordres de toutes les apparitions mystiques du royaume, sous peine de ployer le genou devant le premier saltimbanque venu.

Un telle douceur envenimée de savoir rappelait au roi les jeux cruels du dieu-démon, et il prit bien vite le parti de chasser de son esprit toutes les paroles que pourraient proférer la créature pour n'en garder que l'écho de ses mots prononcé mentalement et froidement par sa propre voix. Cela ne suffirait sans doute pas à le protéger de Loki, mais il ne pouvait céder Eleade sans se battre avec toutes les armes dont il disposait.
S'il avait eu vent du bref échange entre Erendil et l'apparition, sans doute le roi des Hommes aurait-il pris un malin plaisir à rappeler la garde. Heureusement pour les hommes de sa maison, pareille fantaisie ne germa pas dans l'esprit du souverain, que cette situation des plus étranges n'inquiétait pas outre mesure, pourvu qu'Eleade demeurât à quelques pas de lui.

Le roi aurait sans doute pouffé, s'il avait entendu la créature se vanter de pouvoir nommer le roi des Orthodoxes, ainsi que le couple impérial.
"Donnez-nous donc votre nom, comme la politesse l'exige, ou je doute de trouver séant de gaspiller mon temps plus avant avec vous." suggéra le souverain nordique.
La voix d'Ardiosis trahissait une certaine lassitude, celle dans laquelle la magie la plus élémentaire le plongeait toujours, une fois passé l'ébahissement premier.

Un rictus amusé naquit aux lèvres du roi, s'amusant de ces yeux si semblables aux siens, et des remarques désobligeantes que lui valait ces derniers, bien qu'ils aient été au jour de sa naissance, des perles magnifiques léguées par sa mère.
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MessageSujet: Re: L'Ombre   Lun 2 Mar 2009 - 23:53

D'un vague signe de la main, Erendil congédia les soldats qui s'en allèrent sans poser de questions. La docilité et l'exécution instantannée de ses ordres étaient une seconde nature chez ceux qui le suivaient pas à pas. Que cette apparition sans nom ait autant d'aplomb ne finissait pas d'étonner Erendil, mais si elle était passée maitresse dans l'art d'assassiner sans bruit ceux qui la gênaient, le monarque était un maître dans son art : la magie. S'il devait craindre tous les fous qui le menaçaient, il devrait tout de suite commencer à creuser sa propre tombe.

- Dame, la politesse est une vertu que je me plais plus à cultiver que la patience, comme la modestie, lâcha-t-il avec détachement.

Il n'avait pas souvent connu des personnes qui avaient eu assez de courage pour lui dicter sa conduite et les seuls qui s'y étaient risqués n'avaient pas survécu assez longtemps pour fanfaronner. Servir son peuple ne souffrait pas de voir exister des opposants au pouvoir en place. Son père avait toute sa vie vécu avec cette épine dans le pied, poings liés par les revendications d'un groupe d'Orthodoxes. Erendil n'avait pas l'intention de se laisser ainsi mener par le bout du nez, encore moins par une femme.

Accéder à sa demande lui semblait être la solution la plus rapide pour dénouer cette situation pesante, inhabituelle et surtout ennuyante. Quoi qu'avait à dire cette personne, cela n'aurait rien changé d'en faire part le lendemain. A moins... à moins que cette obscurité ne soit plus propice à ces cachoteries.

L'entrée d'Ardiosis Bennefoy vint saluer cette dernière pensée d'Erendil. Le roi lui retourna poliment son salut, n'ajoutant rien de plus, détournant même la tête de l'invisible, énième marque d'un désintérêt profond.

La magie avait, comme les duels d'épées, son code d'honneur et ses procédés d'utilisation. La principale règle était l'utilisation de bâtons ou d'orbes pour pouvoir utiliser la magie. L'âge aidant, cette pratique tendait à disparaître, vite si le mage était doué. Des années auparavant, Erendil n'avait plus eu besoin d'aucun artefact magique, ses mains se substituant aisément à eux.

Plus intéressé par vérifier l'idée qui avait éclot en lui, Erendil commença doucement à tisser son sort.

Pendant que son esprit était occupé à rassembler, une partie restait toujours à l'affut de la conversation. Rien ne laissait montrer qu'un sort allait être lancé, sauf quand de minuscules flammèches firent leurs apparitions. D'abord quelques unes, puis leurs nombres grandirent, les flammèches devinrent flammes habilement contenues par Erendil, dispensant une lumière qui resta pourtant diffuse mais suffisante tout de même pour percer cette noirceur d'encre.

- Les discussions se font rarement dans l'ombre, expliqua-t-il, plus pour Ardiosis que pour l'inconnue à la voix suave. Il se doutait fortement que cette idée d'illuminer la pièce ne la ravirait pas.

La magie n'a comme principale source que le magicien, les sorts perdurant aussi longtemps que le mage avait la force de les maintenir actif et considéré comme l'un des mages les plus brillant de son temps (HJ : n'en déplaise à certaine, qui se reconnaîtra), Erendil ne risquait pas de se fatiguer avec se sort mineur que des années de pratique avaient rendu l'utilisation d'une simplicité enfantine, tout comme personne ne pourrait souffler ces flammes hormis lui.

- Et si vous nous expliquiez les raisons de cette mise en scène abracadabrante, dame ? Le temps tourne et les patiences s'effritent.
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MessageSujet: Re: L'Ombre   Sam 14 Mar 2009 - 20:28

[Absolument pas du tout inspirée et je suis désolée pour mon retard ... impardonnable!]

En cet humble palais royal, tout le monde dormait paisiblement. Ou plutôt était sensé dormir. Car, bien sûr, quelques exceptions persistaient, comme toujours. En ce qui concernait le couple Bennefoy, ils se situaient dans leur chambre où le calme régnait. Seul l'un des deux s'était laissé aller au sommeil: l'épouse, bien évidemment. Le Seigneur Nordique, lui, semblait ne point pouvoir s'assoupir. Comme bien souvent depuis que Loki s'était incrusté dans sa vie, d'ailleurs. Et, heureusement pour lui, la reine n'en savait rien. Ou bien cela était-il mieux pour elle? Qu'elle ignorât ce que tentait de lui cacher son mari avec tant d'efforts ne pouvait qu'alléger le poids de ses soucis qui se verrait si elle apprenait ce qui se tramait avec le dangereux Loki. Parce que, et cela ne datait pas de la veille, elle se faisait toujours un sang d'encre lorsqu'il s'agissait d'une atteinte au bonheur de sa famille, d'une atteinte à leur personne, tout simplement. Aussi, quand Siran avait fui, elle s'était surtout inquiétée de son bien être, craignant plus pour sa santé que pour la colère qu'aurait son père envers lui, aussi grand fût-elle.

Et en cette nuit paisible, Eleade Bennefoy était calmement allongée dans son lit, plongée dans un sommeil parsemé de rêves, ces derniers incluant tantôt ce qu'elle vivait au quotidien, tantôt ses désirs ou encore ses craintes - ce dernier sentiment une fois présent, cette évasion devrait plutôt porter le nom de cauchemar. Quoi qu'il en soit, elle ne demandait qu'à s'évader dans un tout autre monde et ne pouvait que se réjouir lorsque son imagination lui permettait de ne plus penser ni au changement qui s'était produit en Ardiosis Bennefoy, cet homme qui représentait toute sa vie, ni à la lâcheté de son fils rebelle envers son père, ni de tout autre souci. Mais s'il lui fallait affronter cette dure vérité pour pouvoir vivre aux côtés de son amour, elle ne se ferait guère prier. Car il était ce qu'elle avait de plus cher au monde, avec son enfant Siran, bien évidemment. Mais ce dernier n'était plus à ses côtés. Et l'on ne peut comparer l'amour que l'on porte à un fils à l'amour que l'on porte à un mari. Tout en étant différent, il s'avère aussi fort.

C'est alors qu'un rire vint perturber le sommeil de la reine. Eleade n'eut que le temps d'ouvrir lentement les yeux, puis de se rendre compte que son époux quittait la chambre. Très certainement pour se diriger vers le son étrange qu'était ce rire. La reine Bennefoy, encore à moitié endormie, se leva avec lenteur. Puis, après s'être rapidement attaché les cheveux et s'être essuyé le visage pour se présenter, au cas où une rencontre s'imposerait, avec un minimum de grace, elle enfila la cape noire qu'elle avait déjà, auparavant, empruntée à son mari et emprunta le même chemin que ce dernier. Sur les traits tirés de la femme qui venait de quitter son lit, on pouvait lire une certaine fatigue. Mais la curiosité prenait le dessus sur le reste.

Elle ne tarda plus à rejoindre Ardiosis...qui se trouvait en compagnie du très cher roi des orthodoxes, Erendil San'Veck, et d'une jeune femme inconnue de la reine. Apparemment, les deux hommes présents dans la pièce ne la connaissaient pas plus qu'elle. Tout comme son époux, la femme Bennefoy ne s'assit pas. Elle se contentait d'écouter silencieusement, de suivre les échanges qui se déroulaient sous ses yeux avec son habituelle discrétion. Sa curiosité ne tarissait point. Au contraire, elle ne faisait que croitre. De nouvelles questions sans réponse germaient en son esprit. Qui était cette femme? Que faisait-elle là? Etait-elle dangereuse?

Malheureusement, personne ne pouvait lui répondre.
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