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 Où l'on vole Elyndë, le livre de la connaissance.

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MessageSujet: Où l'on vole Elyndë, le livre de la connaissance.   Dim 22 Fév 2009 - 22:27

La nuit,
Du troisième jour,
De la onzième semaine.


La soirée était encore fraiche sur le mont Eray, dans la cité d'Isandil. Au coeur du royaume des Ombres, la ville se remettait à peine de la veille, pendant laquelle s'était déroulée l'Erastide et tout ce qu'elle entraînait. On retrouvait des détritus partout, des hommes qui erraient sans but, encore peu remis des agapes de la veille. La ville sommeillait donc déjà, laissant partir au loin l'astre sanglant du Soleil, qui s'engouffrait dans les montagnes de l'Ouest, vers les terres d'Iboa.

Le jeune Ogmios avait profité de façon on ne peut plus modérée des festivités. Il était allé rejoindre d'anciennes connaissances, ce que l'on appelait les matous, ces voleurs et ces proxénètes qui vivaient sur la cité une fois endormis Soleil et milice. Moins que dans d'autres contrées, la pègre locale agissait peu, ou du moins de façon moins manifeste et en entraînant des conséquences moins lourdes que dans certaines cités du Sud. Les Ombres, que l'on connaissait pour se mêler des affaires troubles et des chemins sinueux, semblaient s'être mis d'accord pour observer un certain honneur dans leurs actions. Ainsi la pègre locale, bénéficiant d'une bonne image au sein de la population et d'une réputation d'honnêtes assassins chez la noblesse, avait beaucoup plus à perdre que les matous d'autres régions, à qui on ne réservait pas les mêmes égards et qui agissaient en conséquence.

Ainsi il avait, la nuit de l'Erastide, profité de la société de quelques chats (entendre forbans) des bas-quartiers et de l'assistance bienveillante de Munin, ce corbeau qui le suivait depuis son départ de Chyrash, pour subtiliser aux bourgeois des grandes maisons quelque objet ostentatoire, inutile et fort profitable une fois mis sur le marché noir. Les marchands et autres richards de la cité, traînassant dans les fêtes organisés par la noblesse et le rest de la bourgeoisie, avaient déserté leur demeure, laissant seulement quelques serviteurs ivres ou facilement assomables, au grand bonheur d'Oc'.

La nuit avait été courte mais bénéfique pour son petit équipage. Ils dérobèrent beaucoup en peu de temps, et les acolytes louèrent la maîtrise dont faisait montre Ogmios dans l'art de l'effraction, de l'acrobatie et du larcin. Une fois les poches et les sacs pleins, on retourna à la planque, on prit du repos, attendant demain avec le sourire au lèvre.

Dans la matinée, il avait rejoint un de ces ensorceleurs si réputés dans la cité des Ombres et, contre une grande partie du butin de la veille, il lui commanda un livre sans lettre et ensorcelé, qu'il enterra dans l'une de ces fosses populaires non loin des bas-fonds. Oc' avait ensuite vaqué dans la ville pendant la matinée et l'après-midi, attendant avec une impatience bouillonnante la nuit prochaine.

Lorsque le soleil tomba enfin, suivant sa course sempiternelle, un frisson le parcourut même. Tandis que l'obscurité recouvrait la ville, allongeant les ombres jusqu'à ce qu'elles capturent chaque pan de la cité, le jeune druide faisait les cent pas, excité comme une puce. Lorsqu'il considéra que le temps était venu, que les rues étaient assez désertes et la vigilance des gardes assez lâche pour que son larcin soit un succès, il souffla longuement, se dévêtit du haut de ses habits, se contentant de garder quelques pantalons amples qui lui assuraient une grande souplesse et une certaine discrétion.

Sortant de sa planque, rejoignant les toits en bondissant sur chacun d'eux, il ne tarda pas à parvenir jusqu'au château, qu'il contempla un moment. Munin, le corbeau blanc, l'avait suivi jusque là. Il lâcha un croassement qui fendit l'âme de la ville silencieuse. Le corbeau voleta jusqu'à son épaule, où il se maintint en faisant sentir ses serres dans les chaires du jeune voleur. Celui-ci sourit, à présent habitué à cette attitude inoffensive, et susurra au grand oiseau blanc.
"Tu sais ce que tu as à faire ?" l'interrogea-t-il en tendant au charognard ailé un étrange petit instrument. Le corbeau croassa de nouveau, mit dans son bec l'objet qu'on lui tendait et prit son envol vers le sommet de la grande tour de la forteresse royale.
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MessageSujet: Re: Où l'on vole Elyndë, le livre de la connaissance.   Dim 22 Fév 2009 - 22:28

Les gardes qui faisaient leur ronde sur le côté sud de la forteresse ne vinrent rien de toute leur patrouille, sinon le vol d'un grand oiseau. Ils n'avaient même pas aperçu le petit gecko qui avait grimpé toute la muraille de pierre en une poignée de seconde, avait poursuivi ses reptations en dépassant le champ d'entraînement de la caserne, où dormaient les soldats du royaume, et continué sa quête en escaladant avec l'agilité qui caractéristique le gecko le donjon de la forteresse, ne tardant pas à arriver au sommet de la tour.

Une fois si haut, le petit lézard se planta sur le rebord d'une fenêtre qui éclairé des rayons lunaires l'obscur salle de la Connaissance, où la légende prétendait que se trouvait le livre du savoir, ce bien précieux offert par Snotra à ses enfants, les Ombres. Sous le regard exclusif de la lune et de Munin, le corbeau blanc, le lézard se métamorphosa en un jeune homme au teint brun et au corps entièrement nu. Ce dernier se maintenait difficilement sur le rebord de la fenêtre. Le corbeau blanc quant à lui se contentait de le fixer silencieusement, l'outil qu'Oc' lui avait donné planté dans son bec.

Le jeune voleur fit un geste de la main, et le corbeau, se trouvant au sommet de la tour, lâcha l'objet, qu'Oc' saisit dans sa chute avec une précaution extrême. C'était une dague à la lame très fine. Elle ne brillait pas, au contraire, elle semblait aspirer la lumière sans la réflechir. C'était l'outil de travail principal du vagabond, qui commença avec entrain mais doigté à dévérouiller la fenêtre qui lui empêchait d'accéder à la salle du trésor. Avec une douceur infinie et une maestria que de longues années de larcins et d'errance lui avaient offerte, le petit acrobate fit tomber les défenses de la fenêtre, qui s'ouvrit en un déclic léger, comme le murmure du vaincu venant mourir dans les oreilles du triomphateur.

Le sourire aux lèvres, le voleur poussa légèrement la fenêtre et s'introduisit dans la pièce circulaire. Rien ne venait éclairer cette pièce à l'aspect sinistre, bien que toutes les fenêtres projetaient les rayons de l'astre mort vers le centre de cette bibliothèque fantôme, vers un piedestal fait du marbre le plus pur. Planté là, entouré d'étagères désertées par tous livres, ce trône de pierre blanche irradiait doucement dans la pénombre. Une lumière semblait émaner de lui. Le petit voleur s'approcha à pas de loup. Son corps était parcouru par les frissons d'une victoire présomptueuse, hypnotisé par le trésor qui s'offrait à ses yeux. Le grand livre de la connaissance, comme l'avait informé son employeur, remplissait ses yeux d'étoiles.

Ogmios tendit son bras vers ce butin, la bouche bée, les yeux exorbités. Une terreur sacrée le traversa, suivie par un soupir de joie. Il avait pour habitude de tenter les coups les plus fous, de convoiter les trésors légendaires, mais il faut dire que cette fois-ci, ce livre divin était l'apothéose de sa jeune carrière. Se saisissant avec délicatesse de l'ouvrage, il le souleva un instant, subjugué par la joie amibiteuse qui l'avait mené jusqu'ici. N'arrivant pas à prendre conscience de ce qu'il tenait entre ses mains, il resta ainsi encore quelques secondes puis secoua la tête, plaqua le livre contre son torse nu et se dirigea d'un pas preste vers la fenêtre.

Rejoignant le rebord de la fenêtre, il tendit le livre de la connaissance vers le vide. Munin, son corbeau, le saisit de ses serres et s'envola, fuyant la forteresse en emportant la relique de Snotra, Elyndë.

[Si jamais il y avait des réclamations ou autre chose à propos de ce vol, je suis ouvert à la discussion !]
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MessageSujet: Re: Où l'on vole Elyndë, le livre de la connaissance.   Mar 24 Fév 2009 - 0:33

A l'instant même où Awemon avait posé la main sur Elyndë, les sortilèges entourant le légendaire livre s'étaient activés, attirant l'attention des mages sur la bibliothèque. Aucun bruit ne vint troubler la fuite du voleur, mais déjà des fils invisibles se mettaient en branle, alertant du danger les quatre coins de la Forteresse royale.

Wirand, le Premier Mage en charge de la protection d'Elyndë fut brutalement tiré de son sommeil par l'un de ses confrères magiciens, qui l'avertit du vol et de la disparition de la relique. De méchante humeur, il enfila par dessus ses vêtements de nuit sa cape qui le désignait pour tous comme un mage. Dans les couloirs, il conversa à voix basse avec son camarade :

- Comment cela est-il possible ?
- Les gardes n'ont rien vu, ni entendu quoi que ce soit. Il ou elle a été tellement discret qu'il n'a pas éveillé une seule seconde les soupçons. Nous avons été avertit grâce aux sortilèges que nous avons tissés autour d'Elyndë.
- Snotra me pardonne, mais je remercie le ciel que le roi ne soit pas là. Il faut retrouver le Livre.


Ils rejoignirent rapidement les remparts où se tenaient des archers, armes en main. Quelques soldats semblaient en avoir fait usage il y a peu. Un autre se rapprocha de Wirand et de son acolyte. Un capitaine à première vue.

- Nous avons touché un oiseau qui tenait le livre en ses serres. Quelqu'un a été le chercher là où il était tombé.
- Vous rendez-vous compte de la valeur de ce livre capitaine ?
- Nous ne pouvions pas faire mieux si nous voulions le récupérer.
- Je suppose... Quand est-il du voleur ? Je doute qu'un quelconque oiseau ait pu entrer seul dans la Salle de la Connaissance.
- Une unité a été dépêchée pour le rechercher.
- Parfait. Ramenez le livre à la bibliothèque le plus rapidement possible.


Wirand se détourna des remparts pour rejoindre lui même ladite bibliothèque. Quand il y fut, un simple sortilège suffit à faire miroiter les fils magiques.

Ça avait la forme d'un parfait enchevêtrement sans logique, qui entourait le piédestal en marbre sur lequel devait normalement reposer Elyndë. Un rapide examen lui montra le trou béant dans la protection magique, preuve s'il en fallait que quelqu'un s'était emparé de la relique de Snotra.

Des talons claquant sur le sol fit détourner l'attention de Wirand du marbre vers la source du bruit. Elyndë. Le mage réceptionna le précieux ouvrage, désactiva en un mot le sortilège et replaça précautionneusement le saint objet à l'endroit duquel il n'aurait jamais dû bouger. Entre-temps, trois autres mages avaient entouré le piédestal.

Les concentrations se bandèrent et l'air s'électrisa alors que les fils de magie se cicatrisèrent comme par enchantement, sous les yeux des quelques soldats encore présents. Le lien qui reliait la Salle de la Connaissance à une énorme pierre bleutée dans une pièce annexe fut renforcée et aussi vite que les flux de magie s'étaient formés, ils disparurent pour laisser les mages haletant après l'effort.

Après une dernière vérification satisfaisante, Wirand regagna le couloir prêt à reprendre sa nuit là où il l'avait laissé.

- Verrouiller correctement la porte et vérifier les fenêtres avant de partir.

Sur ses dernières recommandations qu'un soldat s'empressa d'exécuter, Wirand les laissa à leur besogne non sans avoir encore dans un coin de sa tête cet épineux problème.



HJ : Tu peux commenter si tu le souhaites, le sujet sera verrouillé ensuite.

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MessageSujet: Re: Où l'on vole Elyndë, le livre de la connaissance.   Sam 28 Fév 2009 - 21:16

Lorsque l'oiseau blanc tomba, touché par le trait mortel d'un archer de la garde, Oc' était encore dans la salle de la connaissance, contemplant la course du corbeau. Absorbé par le spectacle de la chute de son compagnon de fortune, le jeune voleur n'entendit que trop tard les maîtres des ombres qui avaient envahi la salle dans un silence inouï. Alerté par ses sens affutés, il para avec difficulté la première dague qui vint droit sur lui. Et reçut sans esquiver les trois autres lames qui piquaient déjà sa chair nue. Paniqué, l'adolescent se jeta par la fenêtre, tenta de s'accrocher aux moellons de la tour, glissa et tomba. Son corps alla se fracasser sur le sol de la forteresse, et le jeune homme, en épousant la terre avide de ses os si fragiles, expectora un cri à émouvoir le plus froid des coeurs. Et pourtant les dieux ne l'épargnèrent point ; son cadavre ne se releva pas, ne reprit pas vie. Ainsi termina la jeune existence d'Awemon Ogmios Celtchar.
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