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 Le hall ; La visite d'un roi

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MessageSujet: Le hall ; La visite d'un roi   Dim 1 Mar 2009 - 20:34

Deuxième jour, onzième semaine
L'an de grâce 835
Début d'après-midi

Cassya s'était levée peu après le soleil, tirée du lit par les servantes. Son père avait jugé préférable qu'elle dorme dans les appartements qui leur étaient réservés au palais. Ainsi, elle serait plus près du temple où elle devait donné une représentation en l'honneur de l'Erastide à la forte demande non seulement des nobles, mais des prêtres de Loki qui appréciaient tout particulièrement la facilité de la jeune fille à rajouter des accents sinistres aux mélodies les plus merveilleuses. Elle avait prit un bain brûlant et parfumée, mais n'avait pu en profiter, pressée par le temps. Son ancienne nourrisse, devenue sa servante attitrée, Bérénice, l'avait coiffé et habillé d'une robe blanche faite de la mousseline la plus douce. Le détail du corsage était fin et délicat tout comme les broderies sur la petite traîne d'un mètre. La servante releva les cheveux de sa maîtresse, y piquetant de petites fleurs blanches semblables à celle qui fleurissaient sur la bague à son doigt. Elle lui mit le médaillon que lui avait offert son père à son cou puis enfila de belles chaussures.

La jouvencelle enfila ensuite une cape et descendit pour rejoindre la diligence qui l'attendait pour l'emmener au temple de Loki. La route se fit sans encombre. Les rues étaient encore pratiquement vide à cette heure-là.


¤°¤°¤°¤°¤


La représentation venait de prendre fin. Cassya revenait au palais en diligence, mangeant sans grand appétit le repas que lui avait préparé Bérénice. La servante l'observait d'un oeil sévère. Elle avait tant souffert du départ de son seul ami, le Prince Siran. Cette épreuve avait toutefois fait réalisé à la domestique que sa petite protégée n'était plus une enfant, mais une femme qui, bientôt, épouserait un homme à la mesure des ambitions de son père. S'il en existait bien un, néanmoins.

Cassya ne vit pas la longue route passée. Les passants s'ébahissaient devant la riche diligence du Marquis, cherchant à voir au-delà des voiles qui faisait office de voiles qui se cachaient à l'intérieur. Bien sûr, les armoiries de La Karmille, le plus puissant Marquisat, derrière la diligence signalait qu'il s'agissait du Marquis ou de sa précieuse et unique enfant.

Toujours est-il que Cassya arriva enfin au palais. Le cocher vint lui ouvrit la portière et la jouvencelle put sortir au grand air. Une bourrasque de vent vint caresser sa peau en même temps que les rayons ardents du soleil. La jouvencelle souleva délicatement sa robe pour éviter de marcher dessus avant de s'avancer vers les quelques marches pour entrer dans la tour. Or, un bruit de sabots l'arrêta au milieu de l'escalier. Son geste fut si brusque que Bérénice failli entrer en collision avec elle. La nymphe, et fille du Marquis, se retourna pour contempler ce qui arrivait, mais la servante la poussa doucement dans le dos.


" La curiosité est un vilain défaut mon enfant. "
" Je me demandais seulement si c'était mon père qui daignait enfin venir me rejoindre. Il est parti depuis si longtemps que j'ai l'impression que je ne le reverrai jamais. "
" Allons, il n'est parti que depuis une semaine. Vous vous languissez bien vite! "

Cassya se détourna doucement, continuant de gravir les escaliers avec précaution, Bérénice sur ses talons. La servante passa devant elle à la dernière marche et pressa le bas pour entrer à l'intérieur. La jouvencelle se retourna de nouveau, à moitié, pour observer quel visiteur arrivait à la tour sombre. Elle n'arrivait pas à distinguer aucune bannière que ce soit. Cassya entra à l'intérieur. Bérénice l'a regarda entrer.

" On jurerait que mademoiselle attend son prince charmant. "
" Non point. " répondit Cassya avec un doux sourire.

Un valet se précipita à leur rencontre, tendant à la jouvencelle une lettre cachetée. Cassya l'interrogea du regard puis se dirigea vers une fenêtre pour lire au soleil.


" Bérénice, vous pouvez disposé. Vous aussi... "

Les deux domestiques s'en furent sans poser une seule question. La jouvencelle se mit à lire la lettre de son père avec attention.
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MessageSujet: Re: Le hall ; La visite d'un roi   Dim 1 Mar 2009 - 21:28

Les Ailes Noires étaient le nom que l'on donnait à un groupe très bien organisé qui sévissait depuis de nombreuses années déjà à Erild, le pays du peuple Orthodoxe. Attentat, assassinat, protestation bruyante et dangereuse, fomenter des troubles étaient leurs principales manières de montrer qu'ils existaient à la face du monde mais bien plus surement à la face de leur monarque, Erendil San'Veck. Les Ailes Noires avaient toujours été un épineux problème, aussi loin que s'en souvenait Erendil, un fléau que ni lui, ni son père avant lui, n'avait réussit à éliminer. Les assassins de sa mère, Elessa, et principale motivation d'Erendil à les retrouver, à démanteler leur organisation et à leur faire payer au centuple leurs exactions.

Ce problème l'avait plus d'une fois retenu en son palais alors qu'il aurait dû se trouver à un lieu bien différent. La sécurité des Orthodoxes primant sur tout, même sur les relations diplomatiques et sur quelconque allégeance, Erendil avait à chaque fois différé. Comme cette fois. Il lui faudrait bien sûr en discuter plus tard avec Ardiosis Bennefoy mais le monarque était maintenant présent. En retard mais présent.

Lui-même et son escorte avait passé les portes de la cité impériale au trot, pour laisser aux chevaux l'occasion de récupérer de leur course folle. Erendil commençait à ressentir la fatigue dans ses jambes et son dos, mais il gardait malgré tout une posture droite et fière alors qu'il traversait la ville en direction de la Tour Sombre qui se découpait dans le ciel, comme un phare dans la nuit. Un messager avait été envoyé en avant pour prévenir de l'arrivée du roi et de son escorte, aussi Erendil n'était-il pas pressé de rejoindre la Tour, ou du moins pas assez pour faire mourir un cheval sous lui.

La journée de l'Erastide et les fêtes qui étaient l'habitude de cette journée se ressentaient comme partout dans le monde. Les couleurs de fêtes avaient été sorties des greniers et coloraient maintenant les façades des maisons et commerces qu'il croisait. Banderoles et lampions se tendaient entre chaque côté des rues et dispenseraient bientôt leur douce lumière. Musiques et boissons couleraient à flot le lendemain. Et cela serait la première fois qu'Iboa ne verrait pas son monarque à l'occasion de cette journée particulière. Je profiterais de la cité humaine à la place.

Son père avant lui, et son grand-père avant, tous avaient été présents pour rendre hommage à la venue du printemps en compagnie de leur peuple. Une cérémonie rapide était chaque année organisée, les tables et les bancs étaient montés dans les prairies qui entouraient la cité et chaque habitant contribuait à la grande fête en apportant victuailles ou boissons suivant leur ressources, les plus démunis pouvant quand à eux profiter des largesses de leur concitoyens. Des jeux étaient aussi organisés, courses de chevaux pour les adultes, représentation de magie pour la joie des plus jeunes mais aussi de leurs parents, chants et danses pour les couples.

Les nobles ne se mêlaient pas de ces rencontres provinciales mais c'était chaque année un honneur pour les souverains en place d'en être et de profiter de la joie simple de ces gens du commun. De se sentir plus proche d'eux, d'être au plus près pour entendre leurs doléances. Et pour sa première année en tant que roi, Erendil n'y serait pas. Mais certains impératifs politiques ne peuvent pas attendre malheureusement.

Un mot d'un soldat le fit revenir sur terre, l'entrée de la Tour Sombre se présentant maintenant devant les yeux sombres d'Erendil. Il dut attendre qu'un carrosse qui obstruait l'entrée finisse par quitter le parvis pour pouvoir s'approcher et descendre de sa monture. L'Orthodoxe fit quelques pas pour se dégourdir les jambes tout en tendant les rênes à l'un de ses gardes.

Un chambellan se précipita vers lui alors qu'il avait finit de monter les marches jusqu'au hall de la Tour.

- Bienvenue à la Tour Sombre Seigneur Erendil. Des appartements ont été mis à votre disposition, si vous voulez bien me suivre.
- Je vous remercie.

Erendil emboita le pas au chambellan zélé mais son regard fut attiré une fraction de seconde par une forme humaine, sur sa gauche. Le monarque apprécia du regard les courbes du juvénile corps, regard qui n'échappa point à l'humain qui présenta la demoiselle à Erendil sans que celui ne demande rien.

- Cassya Fin'lay, fille unique du marquis de La Karmille, un proche de notre roi...
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MessageSujet: Re: Le hall ; La visite d'un roi   Dim 1 Mar 2009 - 22:09

La lettre n'augurait rien de bon. Habituellement, son père ne lui en envoyait que très peu et souvent, c'était pas qu'elle porte un message au roi. Elle décacheta la cire nerveusement et déplia délicatement le papier. Elle reconnu l'écriture droite et sévère de son père. Doucement, Cassya se mit à lire la missive :

" Cassya,
J'ai une fort mauvaise nouvelle à t'annoncer. Nous inspectons les frontières du royaume et en profitons toujours pour écouter les nouvelles rumeurs et les histoires. Cela nous permet de connaître plus ou moins les mouvements des ennemis ou du moins, de repérer des opposants à la couronne. Or, cette fois la nouvelle est terrible et elle ne te plaira guère.

Nous avons entendu maints rumeurs affirmant que le prince aurait été vu en compagnie d'ennemi de la couronne. "

Cassya cessa sa lecture, levant les yeux pour observer l'extérieur. Elle inspira à fond, sentant son coeur qui craquelait sous le marteau de la nouvelle. Elle poursuivit néanmoins.

" Je veux que tu te taises. N'en souffle mot à quiconque. J'en parlerai au roi dès mon retour, dans quelques semaines. Sois sage, droite et fière. Fait honneur à mon nom! "

" Cassya Fin'lay, fille unique du marquis de La Karmille, un proche de notre roi..."

La jouvencelle se retourna en entendant son nom, soudainement aspirée par le monde réel. Son regard doré se posa sur le souverain avec un peu d'étonnement, puis elle réalisa d'un coup d'oeil quelle était la situation. Elle battit les paupières pour chasser les lambeaux de rêverie qui subsistaient encore. Doucement, elle s'approcha, comme si elle glissait littéralement sur le sol. Elle sourit au chambellan en froissant légèrenement la lettre d'une main. La jeune noble s'inclina gracieusement devant le roi.

" Votre Majesté.... "

Cassya lui offrit un sourire doux puis posa son regard ocre sur le chambellan avec une pointe de reproche feint.


" Un proche? Oh! Mais prenez garde à ce qu'il n'y est point d'ambiguïté. Le Marquis est conseillé du roi, ainsi que Capitaine de sa cavalerie lourde. Il ne faudrait pas nous inventer un lien de sang quelconque avec la famille royale... ce serait trop d'honneur que de prétendre avoir ne serait qu'une once de sang bleu dans mes veines. " déclara la jeune fille avec un sourire. " J'avais entendu parler de la venue d'un Roi, mais je n'aurais jamais cru que les rumeurs de couloir étaient vraies pour une fois et non pas de simples divagations et mensonges éhontés propagés à tout vent par les servantes. "

Cassya rit doucement et son rire se répercuta en doux échos dans les couloirs de la tour. Elle replia soigneusement la lettre de son père et la glissa dans sa manche. Elle la détruirait bien plus tard.

" J'imagine que vous reconduisiez Sa Majesté jusqu'à ses appartements. Cela tombe bien j'allais justement aux miens. Je pourrais vous relevez de votre tâche et guidez Sa Majesté jusqu'à sa chambre, qu'en pensez-vous, chambellan? "

La fille du Marquis lui offrait un sourire désarmant, rempli de ce mystérieux charme dont seules les nymphes ont le secret.
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MessageSujet: Re: Le hall ; La visite d'un roi   Lun 2 Mar 2009 - 0:55

- Les conseillers sont souvent plus proches d'un roi que sa propre famille, mademoiselle. Tout est dans le contexte.

Erendil avait incliné le buste à la suite de la jeune fille quand celle-ci s'était approchée. Aussi ennuyant et barbant que cela soit, connaître l'arbre généalogique des familles royales était un devoir presque sacré et le nom de la jeune humaine n'avait rencontré aucun écho en Erendil et il en était donc venu à se dire exactement ce que Cassya lui expliquait. Cela n'enlevait pourtant pas la vérité de ses paroles.

La famille était quelque chose de très secondaire quand on avait à charge tout un royaume. L'on restait plus souvent en compagnie de ministres et de conseillers qu'avec sa propre épouse ou ses enfants, quand l'on possédait l'un ou l'autre. Pire encore était cette constatation en temps de guerre, comme cela risquait de le devenir.

Il n'en montra rien mais la suite fit sourire intérieurement Erendil, se demandant jusqu'où était allé les ragots et autres rumeurs de couloir. Sa venue était certes prévue mais sans date précise et son messager était un habitué, pour qui le silence était une part importante, comme sa misogynie déclarée était une part intégrée à sa personne. Ne restait donc que la possibilité que les fuites soient venues du côté humain, et cette hypothèse lui semblait la plus plausible. Plus que celle de croire que cela puisse être la faute des mes gens.

- Toute rumeur contient une part de vérité, le plus dur est de savoir la trouver dans les couches de mensonges que les servantes tissent autour.

Une leçon de la vie : ne jamais sous-estimer le pouvoir d'un serviteur, qui en avait bien plus qu'on le pensait. Ils avaient des yeux et des oreilles partout et étaient les plus à même de détruire la plus solide et irréprochable en apparence des réputations.

Vaguement amusé, Erendil observa avec un froid détachement le déploiement de charmes de l'humaine pour réussir à obtenir ce qu'elle souhaitait du malheureux chambellan. Les inflexions de sa voix quand elle riait ou quand elle expliqua à l'homme qu'elle se dirigeait elle aussi vers ses appartements, sa façon de sourire pour parfaire le rôle qu'elle jouait.

Même si Erendil se lassait aussi vite d'une femme qu'un chien d'un os, il les trouvait fascinante dans leur manière d'approcher leur victime. Comme les araignées qui tissaient leur toile autour du malheureux insecte et quand la proie s'en rendait compte, il était déjà trop tard, l'araignée suçait déjà jusqu'à leur dernière goutte de vie. Une approche toute scientifique du phénomène. Elles étaient tellement différentes des hommes dans ce domaine. Quand leur homologue masculin fonçait tête baissée pour obtenir l'objet de leur désir, ces dames étaient toute en nuance, aussi irisée qu'un arc-en-ciel, possédant une palette d'atout qu'aucun homme ne désavouerait. Ce qui en faisait des adversaires beaucoup plus à craindre que le plus entrainé des mages.

Le chambellan regarda tour à tour Cassya, puis Erendil, ne sachant visiblement pas ce qu'il devait faire : laisser le monarque à la charge de la jeune fille pour profiter d'une pause dont il avait envie ou mener à bien sa mission, quitte à perdre du temps et à laisser échapper ses précieuses minutes de répit ? Erendil lui épargna ce dilemme insurmontable en prenant la parole :

- Vous avez surement mieux à faire chambellan, commença-t-il, aucune trace dans sa voix ne laissant entendre qu'il avait parfaitement compris ce qu'il voulait, et la demoiselle sera parfaitement capable de me montrer mes appartements avant de regagner les siens.
- Comme votre majesté le désire, répondit le chambellan, l'air un peu trop soulagé pour être honnête.

Il s'inclina face à Erendil puis se détourna pour quitter le hall par une petite porte, laissant Erendil et Cassya dans une solitude relative si l'on oubliait les allées et venues normales dans le hall d'un palais.
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MessageSujet: Re: Le hall ; La visite d'un roi   Lun 2 Mar 2009 - 4:40

Cassya observa longuement le chambellan qui s'éloignait, l'air un peu songeuse. Son regard doré suivit doucement sa trajectoire jusqu'à ce qu'il entre dans une pièce. À ce moment-là seulement elle semblait réaliser la présence de l'illustre personnage auprès d'elle. La jeune fille se para d'un sourire confiant et aimable. Elle joignit sagement les mains devant elle. La jouvencelle recula d'un pas puis indiqua de la main les escaliers.

" Si Sa Majesté veut bien me suivre... "

Elle se dirigea de son pas léger vers les escaliers. Juste au moment où elle posait le pied sur la première marche, Bérénice dévala les escaliers en trombe. Elle failli heurter Cassya qui l'évita agilement en lui jetant un regard courroucé.

" Oh! Mademoiselle! Je suis navrée! "
" Heureusement que ce n'était que moi, Bérénice. "
" Que vous? Mais juste vous, c'est déjà beaucoup. "

La jeune fille se déroba un peu indiqua d'un gracieux mouvement de la main le roi, en haussant un sourcil. Bérénice s'inclina brièvement, tout son visage exprimant à quel point elle était désolée. Puis Cassya poussa un court soupir.

" Oui? Alors? Quelque chose pressait? "
" En fait non... Je veux dire oui! Il y a un domestique qui a... qui a... "
" Dit-moi. "
" Qui a abîmé votre violoncelle en le sortant de la diligence. "
" Bérénice! C'est absolument atroce! "
" Oh, je sais, je sais! Je lui avais bien dit de faire attention... "
" Bérénice... "
" ... que Mademoiselle serait furieuse... "
" Bérénice! "

Cassya prit doucement les deux épaules de la servante et plongea son regard dans le sien. Aussitôt, les yeux de la domestique semblèrent hypnotisés par ceux de la jeune noble.

" Ce sont des objets. Ils sont remplaçables, d'accord? N'en fait pas un drame... Maintenant, je dois conduire Sa Majesté à ses appartements. La prochaine fois, veille à ne pas m'importuner avec de telles peccadilles, d'accord? "

Le ton de la jeune fille était doux, presque tendre, mais ne souffrait d'aucune réplique. L'autorité était sous-jacent dans sa façon de parler à la domestique qui s'inclinait d'ailleurs sans rien dire. Elle allait partir quand Cassya la retint d'une main sur son épaule. Elle sortie la lettre de sa manche.

" Tu sais quoi faire avec cela... Merci. "

La servante s'en alla et Cassya offrit un sourire timide au roi.

" Veuillez me pardonner pour ce petit échange impromptu. Vous connaissez ce genre de chose j'imagine. "

Le rire délicat et cristallin de la jeune noble prit écho de nouveau contre les murs froids, leur donnant momentanément un peu de chaleur. Cassya se mit à gravir les escaliers. Sa traîne glissait dans un doux froissement contre les marches. Une fois sur le premier palier, elle se mit à avancer tranquillement dans le couloir. Elle saluait d'un geste de la tête les autres nobles qui s'inclinaient sur son passage et encore plus bas lorsque le roi passait. Cassya se retourna vers le Roi des Orthodoxes au bout du couloir. Elle lui sourit, faisant preuve encore une fois de ce petit quelque chose d'unique aux nymphes... Quelque chose qui frôlait la sensualité en fait.

" Voici vos appartements, Votre Majesté. "

Elle ouvrit la porte toute grande s'écartant du seuil pour le laisser entrer, ou à tout le moins jeter un coup d'oeil. Cassya lui donna quelques instants puis poursuivit :

" Le roi assiste avec sa reine aux festivités de l'Erastide, du moins à l'hommage, en ce moment. Néanmoins, si je peux faire quoique ce soit, n'hésitez pas. Mes appartements sont juste en face des vôtres. "

Elle indiqua la porte plus ou moins vis-à-vis de la sienne avec un sourire.

" Je m'apprêtais à prendre le thé dans le petit salon, vous pourriez vous joindre à moi... "
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MessageSujet: Re: Le hall ; La visite d'un roi   Lun 2 Mar 2009 - 21:13

Une nouvelle fois, Erendil rendit un salut poli à la vieille servante, se désintéressant de l'échange entre les deux femmes. Ces peccadilles de la vie courante étaient l'une de ses choses qui passait au dessus de sa tête, parce que cela n'avait aucun intérêt en lui même mais surtout parce qu'il n'avait pas l'habitude, à Erild, d'apprendre que tel ou tel objet avait dû subir l'inconséquence d'incapables. On ne pouvait pas demander à une femme de gérer quelque chose sans que l'on apprenne qu'elle avait faillit d'une quelconque manière

Erendil avait depuis longtemps appris que la meilleure place qu'elles puissent occuper était dans un lit, la bouche close ou occuper à un de ses travaux de broderies dont elles avaient le secret. Au moins ne risquait-elle pas de casser un objet précieux.

Le monarque suivit en silence l'humaine jusqu'à ce qu'ils rejoignent les appartements qui lui étaient dévolus. Quand elle ouvrit les portes, Erendil fut accueillit par son valet personnel, qui s'était déjà approprié les différentes pièces. Efficacité et célérité étaient les maitres mots de ce grand homme, presque aussi grand qu'Erendil lui-même, qui culminait pourtant déjà à presque deux mètres. Il portait la livrée traditionnelle Orthodoxe et se tenait prêt à pourvoir aux besoins de son maître.

Erendil mit un premier pied en avant pour rejoindre le valet qui l'aida à se défaire du surplus de vêtement qui ne servait plus à grand chose maintenant qu'il était protégé de l'extérieur par les épais murs de la Tour Sombre. Tour qui méritait amplement son nom, le manque criant de lumière venant agresser les pupilles d'Erendil. Enfant de Thor, maître de la foudre, c'était un habitué des grands espaces, des larges baies vitrées et du flot de soleil dont il ne profitait que rarement directement mais qui lui prouvait au moins que la vie continuait.

Il se débarrassait donc de ses vêtements de voyage, tout en gardant une oreille du côté de la jeune fille.

Elle avait des appartements en face des siens. Erendil remercia d'un signe de tête l'Orthodoxe puis se retourna vers son accompagnatrice. La riche cape de voyage avait laissé la place à un pourpoint rouge et noir, à forte dominante noire, avec la flamme caractéristique de son peuple broder dessus. Symbole de vie, la flamme avait depuis longtemps gagné sa place près du cœur sur les tenues royales ; cœur, organe entre tous qui permettait la vie.

- Vous êtes donc une invitée de marque mademoiselle ? demanda-t-il en réponse à ses explications et son invitation.

Il était étonnant pour Erendil d'apprendre qu'il était logé si proche d'une aussi jeune fille et dont le nom n'avait éveillé aucun souvenir en lui. Il fallait dire qu'il ne s'intéressait pas beaucoup aux familles mineures qui avaient gagné leurs galons en commandant des troupes. Tout au plus connaissait-il le nom des siennes, à Erild. Quel que soit finalement la raison, cette promiscuité pouvait avoir des avantages certains et même si l'idée de badiner avec une femme le révulsait quelque peu, attirées qu'elles étaient par les commérages, Erendil pourrait peut-être entendre les nouvelles fraiches de la Cour des Hommes et toutes ces choses que les affaires de son royaume l'avaient empêché de connaître avant cet instant.

- J'accepte en tout cas votre aimable invitation.

D'un geste du bras, Erendil l'invita à prendre les devants. Le monarque la suivit en silence jusqu'à ce qu'ils arrivent finalement devant la porte close des appartements de la demoiselle.
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MessageSujet: Re: Le hall ; La visite d'un roi   Mar 3 Mar 2009 - 2:44

Cassya sourit gentiment au roi, heureuse qu'il accepte son invitation. Elle traversa le couloir, un peu en oblique puis sortie une clé de sa manche. Elle la glissa toute doucement dans la serrure tout en corrigeant le tir du souverain des Orthodoxes.

" Je ne suis pas une invitée. Je vis ici la plupart du temps puisque mon père refuse de me laisser seule au Marquisat lors de ses patrouilles. Et puis, tout noble qui se respecte à des appartements ici... Ne serait-ce que pour les bals et les soirées mondaines. "

La jeune fille poussa la porte sur une pièce inondée par la lumière. Les fenêtres n'avaient rien de semblables aux meurtrières du reste de la tour. D'abord, elles étaient un peu plus large et en plus, elles étaient orientées de façon à ce que le soleil entre dans la pièce à tout heure du jour. De légers rideaux de soie pendaient de chaque côté. La décoration du salon était somptueuse, mais relativement épurée. Il y avait quelques instruments çà et là ainsi qu'une grand bibliothèque qui faisait un mur en entier. L'âtre était profond et majestueux. Le tableau qui le surplombait représentait un homme dans ses habits d'apparats, une épée pendant à sa ceinture.


" C'est un portrait du Marquis, mon père. Irodarius Fin'lay. " spécifia-t-elle avant de s'approcher d'une cordelette.

Elle tira dessus puis se dirigea vers la porte pour la refermer en douceur. Cassya invita le roi à s'installer dans un fauteuil puis se dirigea vers une petite commode qu'elle ouvrit avec précaution. Il y avait deux cimeterres rangées côte à côte. La facture était excellente et leur délicatesse aurait davantage sied à une dame qu'à un homme. Cassya les caressa du bout des doigts, presque affectueusement puis se pencha un peu plus pour en tirer une bouteille translucide. Une servante entra dans le salon. La jeune noble se retourna.

" C'est l'heure. " dit-elle sur un ton qui ne dissimulait qu'à peine le reproche qu'elle sous-entendait.
" Oui, mademoiselle. Bérénice arrive. Vous désirez autre chose, mademoiselle? "

Cassya jeta un long regard vers le roi avec un sourire. Une étincelle indescriptible passa dans ses yeux dorés.

" Non. Ce sera tout. "

La servante s'inclina puis s'en alla tandis que Cassya s'approchait pour s'installer dans le fauteuil en face du souverain. Elle avait un sourire tranquille. Elle posa la bouteille sur la table. Il renfermait une liquide à la magnifique couleur ambrée. La jeune noble conserva le silence, préférant laisser le roi se reposer un peu dans le calme absolu. Ce n'était pas un de ses silences embarrassants et lourds. Non. Il était léger et serein. Ce n'est que cinq minutes plus tard que Bérénice entra dans la chambre, déposant le plateau sur la table entre Cassya et Erendil, juste à côté de la bouteille. La vieille servante attendit près de sa maîtresse, mais un seul regard de celle-ci la fit partir.

La jouvencelle servit le thé avec beaucoup de manières. Puis elle déboucha la bouteille d'alcool qu'elle avait posé sur la petite table. Elle en versa un doigt dans sa tasse.


" Habituellement je ne bois pas, mais puisque vous me faites l'honneur de votre présence, je peux bien faire une exception. C'est un nectar sucré fabriqué à partir d'un ancestral secret des nymphes. Vous en voulez un peu? "

Cassya tenait la bouteille entre ses mains, attendant le refus ou l'acceptation du souverain pour bouger.
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MessageSujet: Re: Le hall ; La visite d'un roi   Dim 22 Mar 2009 - 20:05

Le souverain observa vaguement le décor des appartements de la noble. Il apprécia immédiatement la lumière certes, il accorda même un point positif au goût de Cassya, même s'il ne savait pas si il lui devait à elle le côté épuré, bien que loin d'être masculin. Les femmes avaient tellement l'habitude des fanfreluches à foison, jusqu'à faire disparaître l'âme même de meubles et tableaux d'excellentes factures qu'il avait craint de débarquer dans une bonbonnière rose pastelle, avec des nœuds accrochés dans tous les coins.

De quoi paraitre moins crispé que cinq minutes auparavant.

Seule la présence de l'immense tableau du marquis lui semblait déplacé dans ce décors. Les portraits étaient chose courante, Erendil lui-même devant s'y plier de temps en temps -bien que le moins souvent possible- pour ne pas être étonné, mais ce fameux marquis était-il tellement imbu de sa personne et de sa position pour trôner dans le salon, première pièce que l'on voyait en entrant dans les appartements ? Le souverain avait depuis longtemps relégué les siens dans une des pièces les moins utilisées du palais orthodoxe. Son égo et son estime de lui n'avaient pas besoin de se voir engoncé comme un coq pour se porter au mieux.

Erendil déclina finalement et poliment la proposition de la jeune humaine. Il n'avait pas l'habitude de boire, quel que soit l'événement. Mariage, cérémonie, anniversaire... Rien ne lui semblait requérir qu'il doive faire l'effort d'ingurgiter de l'alcool comme c'était de coutume. Il laissait à d'autres la joie de finir sous la table, complètement ivre. Il avait pour sa part eu son quota de beuverie quand il était jeune et l'âge aidant, avait appris qu'il y avait bien d'autre manière de finir une soirée que de se sentir nauséeux et incapable de lever un bras pendant plusieurs heures, de craindre la lumière du soleil ou les bruits trop stridents.

C'était maintenant courant de le voir plus volontiers accompagner d'une carafe d'eau que de vins et chacun avait prit note de son penchant pour les boissons non-alcoolisées. Cela faisait des années qu'il n'avait pas entendu quelqu'un lui proposait autre chose que de l'eau, aromatisé quand il était d'humeur à retomber en enfance.

Cela étant, il était dans la tradition de trouver un sujet de conversation pendant l'heure du thé, même Erendil le savait, ce qui pouvait prouver sa bonne foi dans la mesure où il s'intéressait un temps soit peu de ces choses sans intérêt comme le thé. Tout comme il valait mieux qu'il choisisse lui-même un sujet de conversation qui ne lui ferait pas perdre son temps si précieux, ni entendre des âneries que seules les femmes pouvaient sortir, ou de se voir obliger de parler chiffon, ce qui ne l'intéressait pas le moins du monde.

- Peut-être seriez-vous en mesure, damoiselle, de rafraichir mes nouvelles. Quels souverains ont accepté l'invitation du seigneur Bennefoy ?

Il savait bien sûr que les Ombres et les Amazones, tout comme les Elfes, l'avait décliné pour avoir dû renforcer ces défenses sur sa frontière commune avec les Ombres, près du village d'Himiria. Pour ce qui était de la reine Nymphe ou du roi druidique, Erendil n'en savait rien. Les nouvelles ne lui étaient pas parvenues, ou pas assez rapidement pour qu'il en prenne connaissance. Lui avait dû dépêcher un diplomate qui avait parlé en son nom à la cour Humaine, pour ne pas plus froisser Ardiosis Bennefoy par sa défection soudaine.
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Le hall ; La visite d'un roi

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