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 Entretien royal (Ne pas archiver)

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MessageSujet: Entretien royal (Ne pas archiver)   Mar 24 Mar 2009 - 21:41

Semaine 11, Jour 2
An 835
Milieu d'après-midi

Après avoir prit congé de la noble humaine Cassya Fin'lay, Erendil avait réinvestit pour un temps ses appartements. Si ses vêtements de voyage étaient on ne peut plus suffisant pour un temps mort en compagnie d'une femme, il n'en était pas de même quand il s'agissait d'un monarque. La négligence était acceptable et excusable en certaines occasions, comme elle était répréhensible et impardonnable en d'autres.

Pendant qu'il troquait tenue d'équitation avec tenue de ville, proche de l'apparat sans la richesse propre aux grandes réceptions, ses pensées avaient vogué vers d'autres limbes.

D'abord vers Erild, laissé à la seule charge de ses ministres et conseillers.
Les problèmes internes à son royaume étaient bien la chose qui accaparait le plus ses pensés, la seule chose le détournant même de ses autres devoirs envers son peuple et sa sécurité. La politique demandait doigté et finesse et supportait mal les contre-temps comme celui qu'Erendil avait connu.

Mais la réflexion aidant, il avait tout repoussé pour s'y plonger corps et cœur tout entier. Le risque encouru de froisser Ardiosis Bennefoy n'avait que peu de poids en comparaison aux Ailes Noires, avec ses conséquences plus proches que tout autre. La royauté, jeu de dupes avec ses rois qui changeaient d'avis suivant les événements et la nécessité devant laquelle ils butaient. Erendil avait suivit cette nécessité quand était venu le temps de choisir sa voie : entrer dans les rangs de celui qu'on appelait le Parjure ou mettre ses mages et toute la puissance magique de son peuple au service d'une résistance balbutiante et qui n'avait pour l'instant que peu de poids face à Bennefoy ? La nécessité avait parlé pour les humains et Erendil avait suivit ce qu'elle lui édictait de faire.

Pourtant, les choix n'étaient jamais totalement arrêtés. L'imbécile seul ne change jamais d'avis. Viendra peut-être le temps où les choix que j'ai prit devront changer du tout au tout. Je suis et resterais le seul maître de ma conscience et de mes actes. Je choisirais à jamais le chemin qui sera le mieux pour les miens, même si rien ne se choisit sans conséquence. Erendil suivait une idée, un besoin, pas un homme et c'était pour cela que froisser Ardiosis ne lui semblait pas être une raison suffisante de s'en vouloir d'avoir dû envoyer un représentant officiel à sa place. Le monde va comme il veut, rarement comme on voudrait qu'il aille. Vieil adage que l'Orthodoxe avait appris à ne plus remettre en doute. Peut-être même serait-ce le roi humain qui réfléchirait à deux fois avant de s'emporter. Voir les rangs de la résistance naissante grossirent du peuple des mages ne ferait pas pencher la balance du bon côté pour lui.

Erendil réajusta une dernière fois sa tunique propre, ses nouveaux atours libérés de la poussière du voyage. L'homme avait conservé des teintes foncées pour l'occasion, non adepte des tenues bigarrées dont sa cour raffolait. Il n'était pas rare, chez lui, de voir ressortir des greniers des couleurs dépassées depuis belle lurette et que l'on n'aurait jamais cru voir réapparaître de sitôt. L'éternelle flamme était toujours largement visible sur le tissu noble qui lui drapait le buste et les bras.

D'un geste, Erendil indiqua au nouveau guide qui lui avait été envoyé qu'il était prêt à honorer le temps que lui accordait Bennefoy en entretien. Plus droit et moins nonchalant que le chambellan qui l'avait accueillit, le trajet se passa en un silence presque religieux qui convenait parfaitement à l'Orthodoxe. Celui-ci ouvrit finalement largement une porte tout en l'annonçant tandis qu'Erendil pénétrait dans l'antre du seigneur Nordique...
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Ardiosis
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MessageSujet: Re: Entretien royal (Ne pas archiver)   Mer 25 Mar 2009 - 12:38

Aussi figé et glacial que les murs aux pierres noires dénudés de la salle du conseil, attendait Ardiosis Bennefoy, monarque et empereur du Gwendir. Il avait pour l'heure délaissé les fenêtres exiguës qui perçaient les murs de la tour, baignant la pièce d'une lumière éblouissante, comme seuls savent l'être les rayons du soleil reflétés par la neige. Le spectacle même de sa cité l'ennuyait. Avec tout le remue-ménage engendré par la réception, les rues grouillaient encore de curieux ou de maraudeurs, n'ayant rien trouvé de mieux à faire que prendre part aux escortes royales pour hanter les murs de l'antique cité. Non, tant que cela durerait Yswllyra demeurerait par bien trop d'aspect étrangère à ses yeux, telle une femme mariée revêtant sans vergogne les parures d'un amant.

Les pensées du roi divaguaient, l'attirant malgré lui à s'enquérir d'Eleade. Il n'y avait plus eu entre eux que de brefs échanges, emplis de sécheresse méprisante et de reproches tus. Trouverait-il jamais le temps de lui parler et le courage de mendier son pardon? Une part de lui, certainement la plus lucide et la plus pragmatique, en doutait fortement. Peut-être aurait-il dû la convier à cette entrevue, plutôt qu'exiger qu'elle se déroula en huis clos, mais il ne désirait rien moins que de donner en spectacle les querelles stériles qui déchiraient son couple, ou pire encore, l'affection réciproque qui sous-tendait encore dans leurs regards fuyants.

"Bonsoir Erendil San'Veck."
le salua Ardiosis d'un ton neutre, sans pour autant s'épargner la peine de darder sur un regard inquisiteur.

L'entretien se fut-il produit en tout autre lieu, au milieu d'une place bondée plutôt que dans l'insolente forteresse des Hommes, qu'on eut très bien pu les prendre pour des gens du commun, ou tout au plus pour des marchands en voyage. Leurs vêtures sobres et élégantes, pêchaient par leur sobriété pour qu'on leur consentisse un raffinement royal. La peau d'une pâleur d'os d'Ardiosis se détachait avec férocité du large manteau d'un noir de corbeau qu'arborait le monarque, et ses doigts effilés esquissaient des serres menaçantes, là où son visage n'évoquait plus qu'un masque d'impassibilité, incrusté de terribles iris d'un bleu clair dérangeant.

"Pardonnez-moi d'être las en ce jour, de ces palabres interminables dont s'enorgueillissent nos pairs. Jouons cartes sur table, voulez-vous?"


Un rictus apparut sur les lèvres d'Ardiosis, sans que l'on puisse déceler s'il s'agissait pour lui d'un sourire engageant envers son hôte, ou de l'amusement qu'il trouvait à railler un travers dont il se délectait d'aventures.

"Je ne sais ce que vous escomptez de moi, roi des Orthodoxes. Votre absence à ma réception a été plus que remarquée, mais n'espérez pas que je puisse accepter dans mes rangs des lâches qui se complaisent à jouer double jeu."


Il s'abstint de davantage de commentaires, il avait promis franchise et se tenait à ses mots, la désertion de son héritier parlait pour lui. Il avait une vague idée des motivations d'Erendil, mais la politesse élémentaire et ce qui lui tenaient d'honneur, lui interdisait de porter des accusations en dépit des convenances. Au lieu de quoi, il invita le roi à prendre place sur un des fauteuils drapés de velours qui ceignaient la table de bois ouvragé. Sur cette dernière, dans un plateau d'argent, patientait une carafe de vin et des verres de cristal, ainsi que des amuses-gueules sommaires. Ardiosis, s'assit à son tour et remplit deux des verres, sans pour autant n'en proposer un à Erendil autrement que par un accord tacite. Le seigneur du Nord n'ignorait pas l'envergure que pouvait prendre sa piètre réputation dans les royaumes, et son orgueil n'aurait su souffrir de se voir suspecté par avance d'un acte aussi vil et lâche qu'un empoisonnement.


Dernière édition par Ardiosis Bennefoy le Sam 2 Mai 2009 - 14:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Entretien royal (Ne pas archiver)   Jeu 9 Avr 2009 - 19:04

La lâcheté pouvait prendre bien des formes et apparaître chez bien des hommes, mais plus souvent chez ceux dont on s'était fait une idée préconçue sans les connaître. Le grand problème des relations d'Homme à Homme. Les à priori étaient monnaie courante, si ce n'était obligatoire. Quand l'on avait de la chance, ces fausses idées étaient vite démentit. Dans le cas contraire...

Erendil avait rendu un salut protocolaire de sa belle voix grave au Seigneur Nordique. Il ne s'offusqua pas des paroles d'Ardiosis même si s'entendre traiter de lâche tira des pensées fort peu protocolaire cette fois à Erendil. Les situations étaient rarement les mêmes d'une journée à l'autre, d'un mois à l'autre, d'une année à l'autre. Dans un autre lieu, une autre vie, le roi aurait tiré orbes et bâtons comme d'autres tiraient l'épée, pour laver un honneur mis à mal. Il avait été orgueilleux pendant ses jeunes années. Mais la vie lui avait vite apprit que laver un honneur importer moins que de veiller sur des milliers de vie.

- Cartes sur table donc ? Un lâche ne se tiendrait pas devant vous, seigneur, et aurait encore moins envoyé d'émissaire à sa place pour honorer une promesse... Changer de roi ne gèle pas les problèmes qu'un royaume rencontre.

La remarque pouvait être désobligeante mais n'en contenait pas moins une parcelle de vérité. Passer les festivités du couronnement, la vie avait reprit ses droits sur la cité d'Iboa et sur le palais royal. Erendil avait même été étonné que le groupuscule qui lui causait autant de soucis ne se soit pas manifesté pendant les fêtes. Cela aurait eu le mérite de déstabilisé le nouveau pouvoir, en plus de toucher l'image qu'Erendil s'était évertué à faire passer à son peuple.

Il n'était pas invincible mais un monarque blessé valait moins qu'un roi en pleine possession de ses moyens. Sa position était trop fragile encore pour qu'il prenne un risque quelconque qui l'affaiblirait, quelle que soit la façon.

Sans paraitre craindre quoi que ce soit, Erendil accepta le verre, sans pour autant avoir dans l'idée d'y faire honneur. Quand l'on assassinait sans vergogne six souverains, un septième ne devait pas faire peur, même en s'abaissant à verser quelque mixture avec des propriétés radicales. Mais l'alcool n'était pas dans ses habitudes et ce n'était pas le risque d'empoisonnement qui retenait son bras d'amenait le verre à ses lèvres.

- Le Baron Adwoer vous aurait-il offensé d'une quelconque manière ? demanda Erendil, en reposant définitivement son verre.

Pure question rhétorique car le souverain était déjà quasiment certain qu'Ardiosis n'avait en rien soupçonné la seule hypothèse qu'un événement imprévisible ait pu l'empêcher d'en être personnellement, au lieu d'envoyer un noble à sa place. Erendil avait confiance en son émissaire, habitué à ces missions protocolaires, les exécutant déjà du temps où son propre père régnait sur Erild. Il avait toute latitude pour parler en son nom et avait toujours faire preuve de la plus grande réserve avec ce pouvoir.

Non, l'idée est ailleurs et en toute logique, j'aurais nourrit pareils soupçons si j'avais été dans cette situation. Se connaître est un atout non négligeable, mais connaître les autres une nécessité autrement plus importante. La connaissance est une force aussi puissante que la magie l'est pour moi.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Entretien royal (Ne pas archiver)   Sam 2 Mai 2009 - 14:50

[HRP/ Mea culpa, mea culpa. Désolé pour cet odieux délai de réponse... /HRP]

A mesure que le monarque s'exprimait, d'une voix claire et posée, ressurgissait dans l'esprit d'Ardiosis des souvenirs du passé. Il avait dû connaître ce prince là, bien avant que ne germât l'idée malheureuse d'expédier dans l'autre monde son prédécesseur au titre de roi. Il avait été élevé dans le respect des us des cours, certainement, sans pour autant s'y plier naïvement, et un infime instant, le seigneur du nord regretta qu'il dût faire les frais de sa sombre humeur.

°Un lâche peut-être pas, un opportuniste, sûrement.°


"Vous n'avez pas idée de ce que peut faire un lâche. Il y a plusieurs formes de courage en ce bas monde." lui répondit Ardiosis avec une légèreté amusée, comme s'il se lassait lui même de s'exprimer sur le ton de qui jongle avec sentences et maximes de sagesse.

"Si le loisir m'en est donné, je rendrai honneur à votre loyauté, Erendil. Car malgré les bruits odieux qui courent sur mon compte et que je serais sot de taire, mes sujets n'ont jamais eu ni à se plaindre de mon sens de l'honneur, ni de mes largesses."

Que nombre des dits sujets se couperait un membre plutôt que d'élever un mot contre le roi des Hommes fut un point qu'il omit volontairement de signaler, certain qu'un tel détail n'aiderait en rien le rapprochement de leur deux peuples. Et après tout, si les frayeurs populaires allaient bon train, le roi n'en avait court, il suivait un autre chemin.

"Vous me voyez affligé des tourments qui vous accable, mais comprenez qu'en ces temps, les silences et les absences puissent être plus éloquents que les mots."
rétorqua le roi avec une neutralité appuyée, ses yeux azurés ne laissant rien filtrer qu'une étrange lueur maligne, sans qu'on put en accuser davantage le regard pénétrant du roi que les caprices du soleil hivernal. Peut-être aurait-il dû compatir davantage, mais bien qu'il ait exécuté une sentence méritée, il n'en restait pas moins celui qui avait fait passé de vie à trépas l'ancien monarque et ne voyait pas nécessité de laisser affleurer ce détail dans la conversation. Il nota néanmoins que si ce monarque là ne le satisfaisait pas, il pourrait en surgir un autre à loisir, car rien n'était plus prolifique en couronnes qu'un royaume instable.

Un rictus irrépressible gagna les lèvres du souverain nordique devant la lenteur avec laquelle se servait le roi orthodoxe, qu'il camoufla en laissant ses lèvres effleurer son verre pour boire à son verre. Il riait intérieurement, sans savoir quelle idée le distrayait le plus : celle que tous tremblent encore devant la menace qu'il représentait, ou celle que ses sujets le croient, en dépit de toute raison, plus puissant que la mort, invincible aux duperies et aux poisons pernicieux.

"J'ai bien peur que votre bien-aimé baron n'ait brillé que par son absence."
lâcha Ardiosis sur un ton circonspect, peu désireux de s'étendre sur un sujet qui les éloignerait inévitablement de leurs préoccupations véritables.
Il tenait rigueur à Erendil pour avoir manqué la réception, mais si son dessein s'était limité au désir de le lui faire regretter, il aurait tout simplement délégué le premier valet venu pour lui signifier son mépris, plutôt que de se déplacer en personne.

Vu la déférence craintive qu'adoptait sa propre cour en sa présence, Ardiosis aurait volontiers parié, que si l'ambassadeur désigné par Erendil s'était véritablement rendu à la réception, il s'était mêlé aux autres nobles sans faire de vagues. L'empereur du Gwendir n'ayant que peu coutume de gaspiller son temps en public avec qui n'était pas de haut rang, il se put que la prudence ait scellé les lèvres du pauvre homme.

"Loin de moins l'idée d'abuser de votre temps... qui je n'en doute pas doit vous être aussi précieux qu'il l'est pour moi. Reconnaissez-vous le règne d'Yswllyra, tant le mien que celui de mes descendants, sa main-mise sans condition sur le Gwendir, selon les termes par lesquels les Rois m'ont désigné, Seigneur des Terres Nordiques? Si oui, vous vous verrez confirmé dans vos droits et vos prétentions, et l'appui de l'Empire vous sera acquis. Dans le cas contraire, il se peut que j'ai encore assez de condescendance pour vous indiquer la porte."

D'un geste évasif, il désigna les imposants montants de bois sombre qui lorsqu'ils béaient, laissaient entrevoir les couloirs surprenant de la tour, forteresse effilée gagnant l'assaut du ciel.
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MessageSujet: Re: Entretien royal (Ne pas archiver)   Jeu 7 Mai 2009 - 15:12

Une semaine plus tôt, c’était la tour lumineuse du peuple de Baldr qui s’était dressée devant les yeux émerveillés du nouveau roi des ombres. La somptueuse demeure, Tour Céleste de son appellation officielle, reflétait l’espoir et la bienveillance que les Peuples Libres avait décidé de voir en les Elfes. Confiance et apaisement avaient été les maîtres sentiments insufflés dans le cœur d’un jeune roi lorsque ses prunelles s’étaient perdues dans la contemplation de l’édifice. Aujourd’hui, c’était l’appréhension et le désespoir qui s’offraient à la vue du monarque. La Tour Sombre ; effroyable, gigantesque, tyrannique, elle surplombait la ville et son œil mauvais surveillait ses habitants. Un frisson parcourut l’échine du trop jeune roi qui réajusta le col de la cape qui cachait aux yeux des badauds une belle étoffe de qualité remarquable et de couleur noire, brodée de fils d’argent ; expression du pouvoir de l’homme. Pour le moment, rien ne laissait entrevoir sa condition de monarque et lui et ses hommes se dirigeaient le cœur lourd vers la demeure du roi des Hommes, Ardiosis Bennefoy. Les paroles amères de la douce Elianä résonnaient encore dans son esprit tourmenté quand il franchit l’immense entrée de la cour humaine. Des gardes les arrêtèrent pour leur demander s’ils avaient une bonne raison de se rendre au château et s’ils avaient reçu l’autorisation de passer. Lorsque le plus âgé des soldats qui accompagnaient Morzan lui expliqua à qui ils avaient à faire, le monarque sortit un coffret d’une des sacoches accrochées à la selle de sa monture et lui déroba son trésor dissimulé, le Joyau de Snotra, diadème d’argent lui servant de couronne, ce qui finit de convaincre les gardes. Ils furent menés à l’intérieur de la cour et leurs chevaux furent emmenés dans les écuries, tandis que plusieurs domestiques de hauts rangs venaient accueillir les visiteurs. Les trois Ombres furent introduits dans l’enceinte du palais et menés jusque devant la Salle du Conseil, au prix de maints détours dans les sombres couloirs de la Tour. Le cœur de Morzan, s’il s’était accéléré inexplicablement devant la porte de la chambre d’Elianä, battait à un rythme régulier et aucune trace d’appréhension n’était perceptible dans ses traits ou son regard. Tout sentiment négatif avait disparu lorsqu’il avait mis un pied dans le hall du palais et seule la détermination guidait à présent ses actes et ses pensées. Le majordome qui avait disparu revint annoncer au jeune monarque que le Seigneur Nordique était disposé à le rencontrer sur le champs et qu’il devait pénétrer la salle que cachaient les immenses portes qu’il avait observées en attendant le retour de son interlocuteur. D’un signe de tête, il acquiesça et remercia l’homme avant de préciser à ses soldats qu’ils l’attendraient ici. Serein et confiant, Morzan demanda à être introduit dans la Salle du Conseil. Les portes s’ouvrirent et l’Ombre entra …

Un héraut clama son nom et son ascendance, tandis qu’il avançait d’un pas léger mais prudent. Ni trop vif, ni trop lent. La surprise qu’il eut en apercevant non pas un roi, mais deux, fut contenue admirablement et un léger haussement du sourcil droit fut le seul indice de son trouble passager. Le jeune roi, encore innocent et candide, se retrouvait face à deux monarques imposants, tant par leur âge avancé que par leur prestance. Erendil San’Veck et Ardiosis Bennefoy, deux loups rusés et affamés, ici réunis pour dévorer l’agneau qui venait de s’introduire dans la salle au moindre faux pas. Le regard de Morzan s’attarda sur l’Orthodoxe. Un allié qui aurait pu être de taille. Il fera un ennemi remarquable. Ses prunelles se dirigèrent vers le maître des lieux, l’ombre parmi les ombres, le Seigneur Bennefoy. Enigmatique personne au regard froid et à la prestance terrifiante. D’un ton assuré mais aussi doux qu’à l’accoutumée, Morzan salua les deux monarques :

« Je venais rencontrer un Roi, et voilà que les Nornes m’en accordent deux. Salutations à vous Puissants Seigneurs. »

Morzan avança encore quelque peu et se planta devant les deux monarques, les observant chacun leur tour à intervalles temporels réguliers, attendant une quelconque réaction de leur part. D’une voix toute aussi assurée que précédemment, il annonça simplement :

« J’espère que ma venue ne perturbe point vos arrangements. »
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MessageSujet: Re: Entretien royal (Ne pas archiver)   Sam 9 Mai 2009 - 20:51

Erendil tiqua à la mention dudit Baron. Il n'en montra certes rien, mais il réfléchissait déjà aux raisons d'un tel désistement qui aurait pu se révéler fâcheux pour les Orthodoxes tout entier. Le roi excluait d'ores et déjà l'hypothèse d'une fuite quelconque. C'était strictement impossible et quoi que pourrait bien en penser Ardiosis, Erendil avait confiance en son émissaire. Il n'y avait pas beaucoup de personnes en ce bas monde digne d'une telle marque d'attention de sa part mais cet homme en faisait partie.

Il y avait peut-être eu un retard, mais d'une semaine... Là encore, cela semblait difficile à croire pour Erendil. Il avait bien sûr demandé au Baron et son escorte de rejoindre la capitale humaine par le chemin le plus court, celui là même qu'Erendil avait emprunté quand il avait pu déléguer le pouvoir sur ses terres en toute sécurité. Dans tous les cas, soit son escorte et lui auraient croisé l'émissaire, soit ils en auraient entendu parler, d'une quelconque manière.

Si l'on suivait cette logique et s'il était arrivé quelque chose à l'émissaire, il en aurait été informé. Et si Erendil avait eu l'habitude de suivre ce que lui disait sa logique, il ne serait pas là où il se trouvait en cet instant. Autant dire que la raison de cette disparition soudaine et sans trace n'avait en cet instant aucun dénouement qui le satisfaisait. S'il ne s'était pas trouvé devant un pair, Erendil aurait surement déjà quitté les lieux pour avoir le fin mot de cette histoire qui venait s'ajouter à la pile de désagréments qui rendaient l'exercice du pouvoir si...

Sans terminer sa pensée, l'attention d'Erendil fut de nouveau tournée vers Ardiosis. Un serment. La parole royale ne pouvait être remise en cause et répondre favorablement et irrévocablement à ce serment scellerait pour une période indéterminée le destin de son royaume. Le silence continuait à s'éterniser sans qu'Erendil ne prononce un mot. Ce n'était pas de l'hésitation, mais autre chose d'inqualifiable. Une rétrospection des raisons qui l'avaient poussé à s'allier au seigneur nordique et non à une Résistance à ce jour branlante.

Alors quand l'un des piliers de cette Résistance fut annoncé en fanfare par un majordome zélé, un sourire neutre étira les lèvres d'Erendil. Quand on parle du loup. Par politesse, le monarque se leva, seul salut que Morzan recevrait d'Erendil. Si l'homme était la froideur même avec la gente féminine, il ne faisait pas plus de cas d'un ennemi.

- Les dieux sont joueurs seigneur Terinfiel, se borna simplement à dire Erendil, de sa voix basse et grave.

Il tourna finalement légèrement la tête vers Ardiosis pour observer sa réaction. Voila qu'un entretien à priori privé se retrouvait infester de vermines résistantes. Manque de considération ou fait du hasard, il n'en restait pas moins que le seigneur Ombre devait avoir une bonne raison pour venir tout seul se jeter dans la gueule de son ennemi et Erendil était, à défaut d'impatient, curieux d'en connaître la raison.
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MessageSujet: Re: Entretien royal (Ne pas archiver)   Mar 12 Mai 2009 - 17:48

Ardiosis s'étonna du trouble dans lequel l'annonce de la déloyauté du baron plongea Erendil. Nombreux étaient ceux qui se ravisaient lorsque venait l'instant de s'adresser au seigneur nordique. Ce n'était pas forcément par terreur irrépressible ou ferveur respectueuse, mais simplement parce que le sens commun voulait qu'il soit plus prudent de ne pas croiser son chemin, de ne s'attacher aucun de ses regards et aucun de ses mots.

La conversation mourut entre les deux monarques, alors que les dés étaient jetés sur le plateau des dieux. Il ne s'agissait du calme indésirable qui s'impose entre deux vieux amis qui n'ont plus rien à se dire, mais d'un silence trouble électrique, empli de non-dits et de tensions presque palpables. Ardiosis jubilait intérieurement, bien que ses yeux glacés ne laissaient présager que du danger que l'on courait à jouer avec la patience d'un empereur. Contrairement à ce que nombre de ses détracteurs racontaient à son encontre, le seigneur du Nord attachait encore assez de valeur aux serments pour rire sous cape du dilemme dans lequel pareille exigence plongeait le roi des Orthodoxes.

Lorsque l'annonce retentit, le roi condescendit un regard en direction de la porte, mais pas davantage. Il n'avait pas banni la bienséance de son royaume, mais celle-ci ne tolérait pas que l'on interrompît sans vergogne un entretien privé.

"Bonsoir à vous, Morzan."


°Plus que joueurs, ils sont tricheurs.° songea le roi des Humains, qui ne s'employait jamais à présager des desseins des dieux.

"Votre arrivée subite ne m'étonne que peu. J'ai eu loisir d'apprendre en ces lieux combien votre engeance se plaît à se donner en spectacle, Morzan." déclara Ardiosis avec une désinvolture désagréable.

"Si vous n'avez pas, je l'espère, le désir de m'importuner plus longtemps que nécessaire, puis-je savoir quel vent malin amène un traître par delà les murs de ma somptueuse cité?"
s'enquit poliment le roi, sans que son attitude n'ait trahi son impatience à voir cette risible mascarade s'achever.

Il s'autorisa un sourire amusé lorsqu'il sentit les regards converger vers lui. Tels des rapaces désirant la part du lion, tous autant qu'ils étaient, les monarques du Gwendir n'étaient pourtant pas encore prêt à choisir d'eux-mêmes la proie à abattre, et, inconsciemment ou non, ils s'en remettaient encore à lui. Qu'espérait obtenir Morzan, voilà qui l'intriguait bien davantage. Un roi avisé ne se serait pas risqué en ces lieux par crainte de subir le même sort que lord Aziel'Da et d'aliéner son royaume par sa capture. S'il avait changé d'avis quant à son allégeance, les choses pouvaient devenir intéressantes, même si Ardiosis avait toujours méprisé les traîtres, ceux là mêmes qui changent de fanions aussi souvent que tourne le vent. S'il n'était là que pour assurer à son trépas un élégant bouquet, il risquerait d'être déçu, Ardiosis se donnait rarement le luxe de torturer ses ennemis.


Dernière édition par Ardiosis Bennefoy le Lun 1 Juin 2009 - 17:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Entretien royal (Ne pas archiver)   Mer 13 Mai 2009 - 15:06

Si Erendil se leva pour saluer le jeune monarque qui venait d’entrer, Ardiosis n’en fit rien, se contentant d’une distraite salutation. Morzan n’en fit rien, estimant simplement que l’Empereur ne s’était pas simplement fait dérober la raison par son dieu fourbe, comme on le prétendait, mais également sa politesse. Ou peut être n’avaient-ils pas les mêmes attentes vis-à-vis de la bienséance. Erendil, poli mais attentif, semblait jouir intérieurement de la venue du roi des Ombres et Morzan fut intimement persuadé que la discussion entre les deux rois qu’il avait visiblement interrompue ne concernait pas le temps de la journée. Puis les regards se tournèrent vers le maître des lieux. Impassible, celui-ci avait adopté une attitude distante, voire nonchalante. Outrageante. Fidèle à sa réputation, le Roi des Hommes était méprisable. Une aura glaciale se dégageait de sa personne et Morzan comprit pourquoi tant d’histoires racontaient qu’il était terrifiant. Néanmoins, le jeune roi n’avait pas peur. Il n’était guère impressionnable, surtout quand le dit roi l’attaqua sans ménagement. Il trouvait cela grotesque, presque pitoyable. Prévisible surtout. Qu’attendait le roi des Hommes en le malmenant d’entrée de jeu ? Qu’il reparte dans son royaume, terrifié comme un enfant ? Morzan se focalisa sur la raison de sa venue, il n’était guère recommandable d’attiser le brasier qu’Ardiosis commençait à former. Pourtant, lorsque le monarque qualifia son interlocuteur de traître, Morzan ne put réprimer un haussement du sourcil droit. La mimique ne dura pas plus de deux secondes, mais tous la virent. Le jeune homme aurait pu répondre qu’à Ordre dissout, point de traître mais il n’était pas là pour tergiverser sur une question qui ne trouverait pas de réponse en ce jour. Plus courtois que son hôte, il se contenta de répondre en tachant d’articuler le plus soigneusement du monde, détachant chaque syllabe avec soin :

« N’ayez crainte, votre temps vous est aussi précieux que m’est le mien et je ne désire pas m’attarder entre les murs de votre cité, aussi somptueuse fût-elle. » déclara t-il sans que son sourire timide ne quitte son visage délicat. Son regard s’attarda à nouveau sur Erendil. A peine quelques secondes. Avant de revenir vers le roi des Hommes. Ses prunelles changèrent de teinte presque imperceptiblement, signe qu’il allait entamer une conversation qui ne le laissait pas indifférent. Toujours d’une voix posée, il reprit son discours.

« Ma venue en votre demeure n’a pas pour autre origine que l’emprisonnement du Lord Aziel’Da. Assurément, son comportement vous a déplu pour que vous daigniez prendre ce temps qui vous est si précieux afin de l’envoyer dans vos geôles. Je ne suis pas venu débattre l’innocence de mon ministre mais bien m’enquérir des motifs de son incarcération. »

Morzan tourna son regard vers Erendil une nouvelle fois et secoua la tête poliment.

« Le Seigneur San’Veck n’a cependant pas à souffrir de cette histoire. Aussi, si votre grâce le concède, j’attendrai que ces majestés aient fini leur entretien. »

Premier arrivé, premier servi. Comme l’exigeait la politesse, Morzan suggérait de revenir plus tard afin de ne pas perturber la discussion première des deux monarques et afin de ne pas troubler de sa présence le seigneur Erendil qui en définitive, n’avait rien à voir avec cette histoire d’emprisonnement.
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MessageSujet: Re: Entretien royal (Ne pas archiver)   Jeu 21 Mai 2009 - 13:42

Spoiler:
 

Plus par politesse que par réelle envie qu'Erendil avait tourné son attention vers Ardiosis. Il ne s'étonna pas du manque de respect, même minime, d'Ardiosis envers Morzan. C'était un fait, aussi empereur soit-il, il n'avait en rien emporté tous les suffrages et quoi qu'il se passait, ce jeune Ombre était roi, son égal ou presque. Tout dépendait des personnes à qui vous posiez la question. Et malgré leur divergence d'opinion présente, Erendil n'oubliait pas que le futur n'était pas encore écrit et qu'il ne savait pas de quoi serait fait demain. Il fallait se garder autant de ses alliés que de ses ennemis et ne jamais leur donner matière à trop se méfier d'eux.

Erendil ne savait encore ce qu'il se passait mais il pouvait remercier en cela Morzan, celui-ci ne se fit pas prier pour exposer ses griefs devant une tierce personne et qui prouvaient, s'il en fallait, qu'Erendil ne savait guère de choses sur les derniers événements qui avaient secoués les terres humaines. S'il en avait eu un aperçu par Cassya Fin'lay, cela restait peu de choses comme il le comprenait. Après un baron, voila que c'était un ministre Ombre qui faisait les frais d'Ardiosis. Non qu'il croyait que le seul fait d'avoir envoyé son émissaire à la cour humaine et près d'Ardiosis soit la raison de cette disparition inexpliquée, mais les faits étaient assez troublants pour qu'Erendil ne relie les deux événements au seul point commun qu'ils semblaient posséder : le seigneur nordique.

Au moins pouvait-il mettre une réputation sur le nom de l'outrageant. Si Erendil ne s'intéressait que peu à l'extérieur, les Aziel'Da rayonnaient bien au delà des frontières du royaume Ombre et cela suffisait pour qu'il connaisse la famille. Presque des princes chez eux même s'il le père n'avait de titre 'que' celui de duc, l'Orthodoxe en savait assez pour s'étonner -en lui même- de cette nouvelle. Quelle folie était passée à l'esprit, autant du lord que du monarque humain, pour se mettre dans une telle situation ? Et il comprenait encore mieux maintenant le pourquoi d'une arrivée catastrophe comme celle-ci, même s'il ne la cautionnait guère plus qu'auparavant.

La neutralité même, Erendil retourna la politesse à Morzan, hochant la tête même si ses paroles n'avaient pas la même onctuosité.

- Foin des politesses seigneur. Peut-être auriez-vous dû y penser avant et vous enquérir de ce qui se passait ici avant d'imposer à nous votre présence, répondit-il, sans s'embarrasser de gants en l'occasion.

Autant dire qu'Erendil ne pensait pas quitter cette pièce de sitôt mais se retirait gracieusement de la discussion au profit du problème de Morzan. Il ne comptait pas se sauver et esquiver son serment en l'instant. Il n'existait de demi-allié et cette histoire n'avait point besoin de se passer à huis clos, aussi Erendil se prit à écouter avec un intérêt poli l'échange entre Ardiosis et Morzan.
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MessageSujet: Re: Entretien royal (Ne pas archiver)   Lun 1 Juin 2009 - 18:43

[HRP/ Oui, Ardiosis parlait à Morzan, j'ai édité... Je suis vraiment à côté de la plaque en ce moment ^^" Désolé ! /HRP]

Le Seigneur du Nord dévisagea tour à tour ses deux hôtes forcés, se demandant malgré lui s'ils s'étaient passé le mot pour l'affliger de frivolités. S'imaginait-il que l'oisiveté lui pesait au point qu'il désirât leur présence plus que nécessaire ? Même si le royaume avait connu des jours plus paisibles et plus radieux, il n'aurait pas ressenti le besoin de se mêler à la société de ce monde-ci. Il avait toujours regardé de loin les rois du Gwendir, quand bien même il se devait de faire bonne figure en tant que fils de l'un d'entre eux, et s'il en avait par le passé admiré ou respecté certains, ceux-là n'étaient plus de ce monde, et avec eux s'étaient étiolés les sentiments les plus nobles qu'eux possédé le roi, corolles flétries dans le gant de glace de l'hiver qui ne s'épanouiraient plus jamais. L'eut-il voulu réellement, qu'il n'aurait sûrement pas pu considérer les deux monarques comme ses égaux véritables. Après tout, qu'étaient-ils sinon deux enfants grandis trop vite, alourdis du poids d'une couronne avant d'avoir assimilé pleinement les enjeux du pouvoir?

Les manières lisses et furtives du roi des Ombres agaçaient profondément Ardiosis. L'insistance subtile et éhontée avec laquelle il s'affirmait dans son bon droit par sa simple présence lui sortait par les yeux, lui rappelant que trop la fougue butée et plaintive d'un adolescent pénible. Entre le départ successif de Siran et de Telak, et la présence à sa cour de la princesse druide, le Seigneur du Nord considérait avoir payé bien assez de fois son dû aux extravagances de la jeunesse. Néanmoins, le roi des Humains concevait de tels épanchements de joie à l'idée de recevoir quiconque en sa demeure que son irritation n'était pas davantage perceptible que l'indifférence distante mêlée de mépris et d'impatience qu'il arborait perpétuellement.

"Votre... ministre a fait preuve d'un rare irrespect pour un homme de son rang, ma cour entière a été témoin de son affligeante démonstration. Je ne m'étendrai même pas sur le fait que le bon sens le plus élémentaire suggérerait de ne pas en recourir à la justice d'un homme dont on nie la suzeraineté."


Les yeux du roi, d'ordinaire si pâles et si limpides s'obscurcirent quelque peu, dénotant l'agacement que cette histoire éveillait en lui. Il s'était bien gardé de mander Aziel'Da à sa cour, et s'il pouvait donner crédit à la détresse dans laquelle le plongeait la perte de sa fille, rien ne justifiait à ses yeux la folie de ses exigences publiques. S'imaginait-il qu'Ardiosis n'était qu'un pantin balloté par ses ministres, ou que la sympathie du peuple lui vaudrait la miséricorde impériale? Il ne pouvait pas espérer un accueil en fanfare en battant pavillon ennemi, et cela, même le plus pouilleux des écuyers l'aurait compris.

"Je salue votre prévenance à l'égard d'Erendil, mais je crains de n'avoir rien de plus à ajouter sur le sujet. Lord Aziel’Da, sera jugé à huis clos eut égard à son rang, et sera rendu aux siens par la suite."
poursuivit Ardiosis avec une implacable neutralité.

Ardiosis, malgré tout le mépris que ses propres nobles lui inspiraient, n'aurait jamais eu la sottise de mal traiter un être aussi bien né et bien nanti que pouvait l'être Aziel'Da. Sans même parler du fait que laisser passer l'occasion d'exiger rançon du duc sans même devoir s'encombrer d'accusations fallacieuses aurait tenu de la démence. Sûrement n'appréciait-il pas le confort de luxueux de sa cage dorée -plus vraisemblablement argentée si l'on s'en remettait aux goûts en matière de décoration du roi- mais les sautes d'humeurs des prisonniers n'entrait pas dans la liste des préoccupations du Roi des Humains.

"Aussi pouvez-vous nous laisser, à moins que vous ayez autre chose à ajouter. "

Il arqua un sourcil interrogateur à l'encontre de Morzan, la résignation ayant supplanté l'ennui et la colère dans le creuset de ses sombres ressentiments.
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MessageSujet: Re: Entretien royal (Ne pas archiver)   Jeu 11 Juin 2009 - 17:03

[Je crois qu'Erendil passe son tour]


Erendil, froid voire presque hautain, hocha la tête à son tour, se permettant au passage une remarque pleine de reproches à la limite de la courtoisie. Cependant, aucune animosité ne semblait venir s’attarder dans les propos du Roi des Orthodoxes. Seulement, il avait quelque chose à dire et il ne se privait pas de le faire savoir. Pour répondre à sa précédente remarque, sans se soucier un instant du Seigneur Nordique qui visiblement n’en avait que faire de ces politesses qu’il trouvaient sans doute exagérées :

« Un domestique zélé ne l’était peut être pas tant que ça. Pardonnez mes propos s’ils vous ont offensé, mon intention n’était pas de vous mettre à l’écart de cette conversation. »

Ardiosis s’exprima à son tour, avec cette légèreté et cette nonchalance qui le rendait méprisable, comme s’il s’amusait à renier l’importance de ses interlocuteurs. Morzan jeta un rapide coup d’œil à Erendil qui était stoïque, impassible. Il écoutait d’une oreille attentive ce qui se disait, peut être plus par politesse que par réel intérêt. Le monarque des Ombres se demanda un instant comment on pouvait accorder son allégeance à un homme qui de toute évidence, n’était pas fichu de respecter ses interlocuteurs. Enfin, il n’était pas là pour ça et il se contenta d’écouter poliment ce qu’énonçait le roi des Humains. Comme il le craignait, le ministre Aziel’Da était coupable de ne pas avoir su se méfier d’Ardiosis Bennefoy. Ou de ne pas avoir su tenir sa langue. Ses opinions politiques étaient parfois à double tranchant, et il en faisait les frais aujourd’hui. Morzan afficha une mine grave et sérieuse tout le long du discours de son hôte, réfléchissant à une manière de sortir le noble des griffes de son « geôlier ». Cependant, Ardiosis indiqua que Lord Aziel’Da serait jugé pour ses actes et congédia brusquement le jeune monarque qui lui faisait face. Morzan sut garder assez de contenance pour répondre habilement :

« Il est certes saugrenu de renier votre titre de monarque, Roi des Hommes. »

Avec toute la diplomatie dont il était capable, le neveu d’Edin réussit à dissimuler habilement le ton sarcastique qu’il aurait employé s’il n’avait pas été devant Ardiosis en personne. Et il aurait sans doute ajouté que ce n’était que son statut d’Empereur que les Peuples Libres remettaient en question. Mais l’affaire était bien trop importante pour qu’il n’attise le courroux du souverain humain, déjà installé dans de mauvaises dispositions à son égard. Cependant, Morzan n’allait certes pas dénier partir comme un enfant que l’on congédie. Les réponses d’Ardiosis ne lui suffisaient guère.

« Si je puis encore abuser de votre patience encore quelques instants, mon départ ne pourra se faire qu’après avoir obtenu la réponse à la question qui suit : à quelle date le procès aura-t-il lieu ? Je souhaite fortement dépêché certains membres de mon Conseil afin qu’ils puissent participer au jugement. Bien sûr, comme l’exige les lois fondamentales, je ne nommerai aucun proche du ministre Aziel’Da pour participer à cette affaire. Votre Excellence s’opposera t-elle à cette prérogative ? Ou préfère t-elle un tirage au sort pour les juges qui présideront ce procès ? »

Morzan n’avait guère l’intention de rester davantage en ces lieux austères, mais il lui fallait une réponse à cette dernière question. En définitive, il n’aurait presque pas eu besoin de se déplacer. La jeune princesse druidique avait amplifié les faits et l’urgence ne l’était pas tant que ça. Un procès était la meilleure issue possible pour le ministre qui avait courroucé le seigneur Bennefoy et ce dernier l’avait programmé de lui-même …
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