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 Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]

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MessageSujet: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Dim 16 Mar 2008 - 16:07

Post précédent: Evasion mouvementée

Huitième semaine de l’an 835, Jour 2, vers 4h du matin.



La nuit embrassait la ville dans sa globalité. Cela faisait plusieurs heures que Silva s’était échappée de prison. Après sa rencontre avec le garde, elle avait suivi la direction de la salle des gardes. Celle-ci était quasiment déserte, la plupart des soldats sûrement à la recherche des évadés et réprimant les dernières traces de révolte. Comme prévu la sortie était située non loin de là. Elle parvint à passer devant les quelques gardes qui restaient dans la pièce sans se faire remarquer. En effet, elle était plutôt légère et de ce fait, elle réussit facilement à masquer sa présence. Elle se dissimula dans les ombres que les torches ne parvenaient pas à chasser, et sortit enfin de la prison.

Le jour déclinait alors, mais Silva était encore bien trop voyante. Se faisant aussi petite que possible, elle se perdit dans les dédales de la capitale. Ses pas la menèrent dans la basse ville, où elle se trouvait actuellement depuis un certain temps. Elle avait choisi de se reposer dans une ruelle rabougrie, où les passants étaient rares. La faim commençait à lui torturer l’estomac et maintenant, elle frissonnait face à la fraîcheur de la nuit. Elle fit une liste des choses qu’elle avait à faire.

Tout d’abord, il lui fallait trouver des habits, quelque chose qui pourrait éviter d’attirer les regards. Sa tenue de prisonnière faisait d’elle une cible trop facile pour les gardes qui la cherchaient. Elle en avait croisé plusieurs depuis sa fuite, ils parcouraient les villes en plus grands effectifs que d’habitude recherchant les fugitifs. A moins qu’elle ne fut la seule. Peu lui importait à cet instant. Elle devait se procurer de la nourriture si elle voulait reprendre des forces. L’idée d’un bain lui était agréable, la crasse s’étant accumulée sur elle au cours de la journée, traces de sang et de poussière, mais elle dut reléguer cette perspective en arrière-plan afin de remplir certaines priorités. Elle devait aussi se débarrasser de son collier où était inscrit son matricule de prisonnière, un signe distinctif de son statut dont elle avait hâte de se défaire. Elle avait tenté de l’arracher de force, en vain, il semblait que le bijou disposait d’un mécanisme particulier. Un autre stratagème était nécessaire, mais elle y réfléchirait un peu plus tard. Elle voulait aussi dénicher une autre arme que l’épée du garde qui ne lui servait que provisoirement pour l’instant. En effet, l’arme était légèrement trop grande pour sa taille et la poignée était taillée pour un homme. Si elle voulait être vraiment efficace en cas d’attaque, une arme plus adaptée serait appréciée.

Pour accomplir toutes ces tâches primordiales, elle avait pensée à retourner dans la maison que possédaient ses parents dans le quartier commerçant. Le problème était qu’il n’était sûrement pas judicieux d’y aller dès le lendemain de son évasion. On avait sûrement imposé une étroite surveillance à cet endroit. Elle espérait que d’ici quelques jours les évènements se tasseraient un peu, et que les gardes auraient de meilleures activités à faire plutôt que de rechercher des prisonniers. Quoique…elle était quand même condamnée à mort.

Silva poussa un soupir de dépit. Elle s’attendait à ce que la conservation de sa liberté serait une tâche ardue, mais franchement, elle ne savait pas si elle y arriverait. A présent, plus que la faim, elle ressentait une profonde fatigue. Bien qu’endurante habituellement, elle avait mal aux pieds puisqu’elle n’avait pas de chaussures, et manquait certainement d’entraînement. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas eu à utiliser ses capacités. De plus, elle trouvait que ses mois d’emprisonnement l’avaient amaigrie. Ses poignets étaient plus fins, ses jambes plus frêles. Elle aurait bien voulu voir son visage. Il ne devait pas être très flatteur.

Elle ferma les yeux, tentant d’obtenir une ou deux heures de sommeil, avant le lever du jour, où elle allait de nouveau être en déplacement. Cependant, elle continuait à tenir l’épée dans sa main, parée à toute éventualité. Mais elle ne pensait pas qu’elle serait dérangée. Elle avait tort. Alors qu’elle tombait dans les bras de Morphée, un léger bruit l’empêcha de s’endormir. Ses sens à nouveau en éveil, elle attendit.


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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Re: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Dim 16 Mar 2008 - 17:22

Cela faisait près de quatre heures que Cirath rôdait dans la ville, sous sa forme de renard, à la recherche de nourriture. Il avait réussi, quelques minutes plus tôt, à chiper quelques miches de pain qu’un boulanger imprudent avait mis à refroidir sur le bord de sa fenêtre pour le matin, mais son estomac criait toujours famine. Il n’aimait guère recourir à ce genre de procédés, mais les temps étaient durs… ses talents de musicien ne lui rapportaient guère, ces temps-ci. Les passants n’étaient plus si disposés qu’autrefois à l’écouter, et encore moins à lui laisser une petite pièce…
Cirath soupira –ou du moins souffla brutalement, ce qui se rapprochait le plus d’un soupir pour un renard. Il pourrait toujours essayer d’attraper un rat, si le besoin s’en faisait sentir, mais cette idée ne l’enchantait pas outre mesure. Les rats étaient difficiles à capturer, et laissaient toujours un arrière-goût amer et désagréable. Sans compter qu’il était dégradant d’en être réduit à cette extrémité…
Son estomac protesta bruyamment. Lui ne se souciait pas le moins du monde de ces questions éthiques, et le faisait clairement savoir à son propriétaire.
Le jeune druide arriva à un compromis avec lui-même. Il chercherait encore une heure de la nourriture plus…décente, puis, s’il restait bredouille, se rabattrait sur les rongeurs.
C’est donc avec une attention redoublée qu’il se remit en marche, examinant soigneusement chaque rebord de fenêtre, chaque étalage dans l’espoir qu’un marchand malavisé aurait oublié quelque marchandise… des tourtes à la viande, des jambons, des saucissons, des viandes en sauce –des navets, même, et pourtant Mani savait à quel point il détestait ce légume –lui tournaient inlassablement devant les yeux.
Cirath lorgna sa patte avant d’un air dubitatif. Et s’il en croquait juste un petit bout ? Il lui en resterait encore trois, ce serait amplement suffisant…n’est-ce pas ?
Une silhouette adossée au mur à l’autre bout de la ruelle attira soudain son attention, le tirant de ses pensées ironiques. Il s’immobilisa aussitôt, retenant son souffle, et attendit. L’absence de réaction de la forme lui apprit qu’il n’avait pas été repéré, et le poussa à s’avancer de nouveau. Il stoppa une fois de plus sa marche prudente à quelques mètres de celle-ci, et l’observa plus attentivement à la faveur d’un rayon de lune.
Il s’agissait d’une femme humaine, plutôt jeune pour autant qu’il puisse en juger. Elle était certainement jolie, mais la saleté qui la recouvrait altérait sérieusement ses traits fins. Et ses vêtements ne paraissaient pas en meilleur état qu’elle… d’où pouvait-elle donc venir ? Cirath huma l’air, et eut un semblant de moue déçue en réalisant que l’inconnue ne transportait rien à manger.
Il s’apprêta à faire demi tour, puis hésita. Tout de même…elle semblait mal en point et était peut-être blessée. Et qui sait, peut-être cachait-elle quelque aliment inodore ? Indécis, il piétina sur place quelques secondes, et heurta malencontreusement de la patte un caillou qui alla rouler quelques mètres plus loin.
Un léger tressaillement de la jeune femme lui apprit qu’il avait été repéré. Eh bien, après tout, pourquoi pas ? Cela réglait le problème.
Cirath reprit en silence forme humaine, en prenant bien soin de s’être tout d’abord dissimulé dans un coin d’ombre, puis sortit de sa cachette. Mieux valait sans doute se faire passer pour humain, les druides n’étaient que moyennement appréciés ces derniers temps. Il s’avança alors tranquillement vers elle, sans chercher à étouffer ses pas outre mesure, puis s’accroupit à distance raisonnable, prêt à bondir au moindre danger. Il tendit prudemment la main et l’agita devant le visage qu’il savait faussement endormi.

Mademoiselle ? Est-ce que ça va ?
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MessageSujet: Re: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Lun 17 Mar 2008 - 18:52

Silva n’eut pas à attendre longtemps avant que quelque chose ne se passe, une dizaine de secondes tout au plus. Des pas se firent entendre et ceux-ci se rapprochaient doucement d’elle. L’individu ne devait se tenir qu’à quelques mètres d’elle quand il interrompit sa marche. Elle sentit un mouvement d’air devant son visage avant que l’étranger ne lui demande d’une voix neutre comment elle allait.

De toute évidence, son sommeil simulé ne l’avait pas leurré. N’ayant pas d’autre alternative, la jeune femme souleva ses paupières tout en resserrant sa prise sur l’épée. Malgré l’obscurité, elle réussissait tout de même à distinguer l’homme, car c’en était un, dont le visage était éclairé par la lueur spectrale de la lune.

Son apparence possédait quelque chose d’étrange qu’elle n’aurait su définir. Pourtant, il semblait tout à fait normal malgré ses cheveux d’un roux singulier, sa peau plutôt pâle (ou peut-être était-ce la luminosité qui lui conférait cette teinte ?) et sa carrure plutôt fine. Et pourtant, il était diffèrent. Un sang-mêlé ? Peut-être se faisait-elle des idées. Les derniers évènements de la journée l’avait peut être un peu trop éprouvé.

Quoiqu’il en soit, plutôt que de répondre à la question qu’il lui avait posée, Silva demanda d’un ton dur :
« Qui êtes-vous ? Que faites vous ici ? »

Ce n’est pas qu’il lui paraissait agressif, au contraire il n’y avait aucune hostilité dans son attitude, mais sa présence n’arrangeait pas ses affaires. Déjà, elle avait besoin d’un peu de tranquillité, de plus, si jamais il reconnaissait en elle une prisonnière, elle aurait des ennuis. Cependant, cette hypothèse était peu probable car il aurait fallu que son portrait soit diffusé dans toute la capitale en moins d’une journée. Elle doutait sérieusement que cette démarche ait pu être aussi rapide. Elle supposait qu’elle aurait quelques jours devant elle avant que cela n’arrive, à moins que son existence ne sombre dans l’oubli. Cette dernière possibilité était largement préférable.

Par mesure de sécurité, elle notait tout de même les différentes manières qui lui étaient présentées pour s’enfuir en cas de combat. Elle n’aurait qu’à courir et emprunter les unes après les autres les nombreuses rues qui constituaient la basse ville. Quoique… l’inconnu était désarmé donc s’il y avait confrontation, elle ne devrait pas avoir trop de mal à le mettre hors d’état de nuire. Mais il ne fallait pas se fier aux apparences, ainsi, elle ne considérait pas comme acquis l’apparente insignifiance de l’homme. La meilleure des solutions, plutôt que de se torturer l’esprit à tenter de déchiffrer les intentions de l’individu, était d’observer ses réactions futures tout en restant sur ses gardes. Silva se leva avec douceur, avec des gestes les moins menaçants possibles malgré l’arme qu’elle avait en main, et regarda l’étranger dans les yeux.


Dernière édition par As'Yara Silva le Lun 24 Mar 2008 - 12:39, édité 1 fois
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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Re: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Dim 23 Mar 2008 - 19:13

Si Cirath sursauta légèrement, et se recula imperceptiblement lorsque la jeune femme ouvrit les yeux -il s’y attendait, bien sûr, mais le regard qu’elle lui lança était légèrement plus belliqueux que ce qu’il avait escompté -, il se reprit très vite. Se redressant en même temps qu’elle, il en profita pour la détailler plus avant, et nota qu’elle était plus petite que lui. Un bon point. Même si la taille ne faisait pas tout, elle apportait un avantage en cas de confrontation qui n’était pas à mépriser.
…ou, le cas échéant, lui permettrait avec un peu de chance de semer sans trop de problèmes la demoiselle.
La méfiance du druide s’accentua encore lorsqu’il remarqua l’arme qu’elle tenait à la main. Même si elle ne semblait pas avoir l’intention de s’en servir, mieux valait ne pas trop la provoquer. Il ne put néanmoins s’empêcher de lever un sourcil vaguement moqueur lorsque la demoiselle lui ordonna de décliner son identité. Il se fendit d’une parodie de révérence, soulevant un chapeau invisible.


« Cirath Stigrun, barde, pour vous servir, chère Demoiselle. »


Cirath afficha un sourire avenant, et observa son interlocutrice avec un intérêt poli, dans l’espoir d’une réponse.
Peut-être était-ce trop espérer. Un lourd silence s’installa, qui dura près d’une minute, avant d’être rompu par un soupir du ménestrel. C’était bien sa chance, l’inconnue dégageait à peu près autant de chaleur qu’un boa mort…
Celle-ci l’observait d’ailleurs avec un peu trop d’insistance, et un doute le saisit. Quelque chose dans son apparence laissait-il deviner ses origines ? Si c’était le cas… Cirath décida qu’il était grand temps de détourner la conversation.

« Je ne vous veux aucun mal, si c’est ce que vous craignez. Je vous serais donc particulièrement reconnaissant si vous daigniez déposer cette épée, afin que nous puissions discuter entre personnes bien éduquées… »

Et, afin d’être bien sûr d’être compris, il écarta largement les mains pour montrer qu’il n’était pas armé.
Ce mouvement, malheureusement, souleva légèrement sa chemise et dévoila la petite dague d’argent qu’il portait à la ceinture. Cirath jura tout bas. Il n’aurait pas pu obtenir un effet plus opposé à ce qu’il souhaitait…eh bien, il n’avait pas le choix.
Il tendit lentement la main vers son arme, en prenant soin de ne pas faire de mouvements brusques, et la détacha soigneusement, sans quitter des yeux la jeune femme. Tout aussi lentement, il déposa la dague sur le sol à ses pieds –assez près, toutefois, pour pouvoir la récupérer sans trop de difficulté si la situation tournait mal.
Le druide haussa alors les épaules, et lança d’un ton qu’il espérait désinvolte :

«Je suis navré. Elle prend si peu de place que j’en oublie que je la porte…»

Puis, constatant qu’il était toujours en vie et, pour autant qu’il puisse en juger, en un seul morceau, il se risqua à reprendre.

« Me serait-il permis de vous demander votre nom ? »
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MessageSujet: Re: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Jeu 27 Mar 2008 - 11:22

Le regard que l’homme avait déposé sur son épée n’échappa pas à Silva. Au moins savait-il à quoi s’attendre. Levant un sourcil, il se présenta sans se départir de son attitude moqueuse. Cirath Stigrun ? Elle n’avait jamais entendu parler de lui. De toute façon, elle avait été coupée du monde depuis un certain temps déjà, donc s’il avait de la renommée, elle ne le savait pas et de toute façon, elle n’en avait cure. Apparemment, il était barde. Ceci explique cela, notamment son sens du spectacle et la mise en scène quelle que peu ridicule qu’il lui avait offerte en guise de présentation.

Silva réfléchit sur l’attitude à adopter devant un tel personnage. En tout cas, il ne semblait vraiment pas lui vouloir du mal. Rompant le silence qui s’était installé, il essaya de la convaincre de reposer son arme. Bien sûr, il n’en était pas question. Silva fronça légèrement les sourcils en guise de réponse. Ne voyant aucun changement, le bienheureux écarta les mains dans une tentative de montrer ses bonnes intentions. Cependant, la fugitive aperçut la lueur argentée placée au niveau de la ceinture. Aucun doute, il s’agissait d’une petite arme. Elle se crispa et sa méfiance s’en trouva renforcée.

Mais contre toute attente, Cirath détacha sa dague et la posa délicatement sur le sol sans la quitter du regard. Avec nonchalance, il s’excusa tout en affirmant qu’il avait oublié son existence. Quelques secondes s’écoulèrent, puis, finalement Silva écarta la petite dague d’un coup rapide du pied, la faisant glisser à quelques mètres d’eux. Elle ne savait pas vraiment si elle pouvait accorder du crédit à ses paroles, notant tout de même qu’il n’avait rien fait pour lui faire du mal. Rassemblant les connaissances qu’elle avait pu obtenir de lui en l’observant, elle en déduit qu’il ne passait là que par hasard, et qu’il avait vraisemblablement voulu s’enquérir de son état de santé la première fois qu’il lui parlait. La jeune femme se détendit imperceptiblement et son regard devint moins belliqueux.

Finalement, le musicien lui demanda son nom. Jugeant que le moyen le plus rapide de le faire partir, afin qu’elle puis enfin se reposer, était d’engager une discussion brève et ainsi, de manière à satisfaire sa curiosité. Néanmoins, elle n’envisageait pas de lui révéler sa véritable identité, du moins, pas entièrement.

« Je m’appelle Silva. Je suis herboriste. Ou plutôt devrais-je dire, j’étais. Mon atelier a été pillé durant mon absence due à un voyage qui devait servir à m’approvisionner. Comme vous avez du le constater, mon apparence est quelque peu … négligée. Cela fait quelques semaines que je suis rentrée à Yswllyra, et que je suis dans une telle situation. J’ai épuisé tout mon argent, et je n’ai plus de famille ou d’amis sur lesquels me reposer. Je m’excuse si je vous ai paru agressive, il est possible que la faim, la saleté ou la fatigue m’ait rendue associable. Il y a bien longtemps que je n’avais pas croisé un visage bienveillant et j’ai du oublier comment me comporter face à cela. »

Silva avait prononcé ce discours avec calme et employé le ton le plus sincère possible. Tellement sincère qu’elle se demandait si elle n’en avait pas un peu trop fait. Dans le genre larmoyant et pitoyable, c’était parfait. Par contre, son histoire manquait de cohérence par endroits. Le fait qu’elle possédait une épée et semblait pouvoir s’en servir par exemple. Et s’il était très perspicace, il trouverait sûrement d’autres éléments douteux. Mais elle en doutait, pourquoi chercher la petite bête devant les dires d’une femme déshéritée ?

Par prudence, elle ne lui permit pas de spéculer ou non sur son honnêteté et reprit :
« Et vous ? Quel est le hasard qui vous a amené dans cette sombre ruelle ? Il n’est pas commun de rencontrer des âmes à une heure aussi tardive. »

Elle espérait que le barde n’était pas d’une nature bavarde, auquel cas la situation risquait de s’éterniser.
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MessageSujet: Re: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Ven 4 Avr 2008 - 16:40

Son cher sourire moqueur toujours à la bouche, Cirath leva de nouveau son sourcil. Eh bien, après ce lourd silence, il s’avérait que la demoiselle savait parler… voilà qui faciliterait grandement la discussion. Il se dirigea tranquillement vers le coin où Silva avait envoyé sa dague, la ramassa et la glissa prestement à sa ceinture, puis se laissa tomber sur une caisse proche, non sans avoir préalablement vérifié que celle-ci n’était couverte de rien de coupant. On s’habituait vite à la vie en ville…
Il releva alors la tête, et gratifia la jeune femme d’un sourire radieux, qu’elle ne lui rendit pas. Bah, il s’y attendait. Il soupira.

« Ce que je fais ici ? Cela me parait évident. Je parcours chaque ruelle de cette ville depuis… » Il leva brièvement la tête pour observer les étoiles. « …eh bien, depuis près de cinq heures maintenant, dans l’espoir de rencontrer de jolies demoiselles en mauvais état, épuisées et -sauf votre respect- encrassées, afin de les faire bénéficier de mon auguste présence. N’est-ce pas le cas de tout le monde ?»

Cirath s’étira longuement, puis considérant qu’il avait parfaitement répondu à la question posée, se mit à observer les alentours d’un œil intéressé. Cette ruelle lui disait quelque chose…ah, mais oui ! Il était passé par ici, quelques heures plus tôt. Et s’il ne se trompait pas…
Le druide se leva lestement, lança un rapide « je reviens » à son interlocutrice et partit en trottinant. Il s’engouffra dans la rue mitoyenne, s’approcha d’un tas d’ordures traînant là et se mit à y fouiller tout en tentant d’être le moins possible en contact avec les détritus. Il finit par en extirper, avec un léger glapissement de satisfaction, un sac de toile visiblement bien rempli. Un sourire satisfait aux lèvres, il revint tranquillement à son point de départ, et se rassit.

« Pardonnez cette fuite soudaine, mais je me suis rappelé que j’avais oublié quelques affaires personnelles non loin d'ici… »


Il lança un clin d’œil à la jeune femme, espérant tailler une brèche, si mince fût-elle, dans son masque impassible, sans succès. Cirath poussa un nouveau soupir. Elle ne lui faisait pas confiance. Et pourquoi l’aurait-elle dû, d’ailleurs ? Il se demanda depuis combien de temps il ne s’était pas vu dans un miroir. Peut-être avait-il l’air plus louche qu’il ne l’était ? Bah, peu importait, après tout. Il haussa les épaules, et glissa la main dans son sac, pour en sortir un petit luth, qu’il se mit à gratter distraitement tout en observant ouvertement Silva. Il réfléchit à ce que celle-ci venait de lui raconter, puis à la suite d’une brève lutte intérieure –au terme de laquelle sa facette impertinente vainquit la raisonnable par deux sets à zéro- , laissa germer sur son visage un grand sourire. Il se rejeta en arrière, sans cesser de jouer, et toisa son interlocutrice d’un air narquois.

« Vous êtes donc herboriste… C’est un splendide métier, pour autant que j’en sache. Ce qui vous arrive est en effet bien tragique.»


Le barde plaqua un nouvel accord sur son instrument, et reprit.

« C’est un bien beau collier que vous avez-là, mademoiselle. Je n’en avais pas vu de tel depuis ma visite des prisons de la ville, il y a quelques mois… une sombre histoire de vol à l’étalage, dans laquelle j’étais bien évidemment innocent. »

Il poursuivit sa mélodie, se concentrant pour empêcher ses doigts de trembler. Il jouait à un jeu dangereux, et il le savait…mais c’était le genre de jeu qu’il préférait.

« Vous aurez sans doute remarqué, si vous avez par hasard tenté de l’ôter, l’amusante propriété de ce singulier bijou ? Je dois avouer que ses concepteurs étaient particulièrement habiles… les gardes eux-mêmes sont parfois incapables de les ôter lors d’une libération. C’est un système ennuyeux, mais je doute que quiconque revienne s’en plaindre. De toute façon, il existe quelques personnes assez habiles en ville pour les défaire. Je suis de ceux-là.»

Cirath acheva son morceau, puis se leva et salua avec emphase un public invisible, avant de se réinstaller sur sa caisse, son luth toujours à la main.

« Oh, une dernière chose…si je puis me permettre, je n’ai jamais entendu dire que les gardes offraient une de leurs armes à ceux qu’ils libèrent. Ils y tiennent beaucoup, voyez-vous ? »

Il marqua un temps.

« Mais après tout, je me fais peut-être des idées. Ce collier ressemble à n’importe quel autre collier, quand on y réfléchit, et rien n’est plus semblable à une épée qu’une autre épée. N’est-ce pas ? »


Le musicien pencha la tête et reprit son petit sourire railleur, qu’il savait particulièrement irritant, tout en croisant les jambes. Les dés étaient jetés.

[hrp: prénom édité.]


Dernière édition par Cirath Stigrún le Sam 5 Avr 2008 - 13:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Sam 5 Avr 2008 - 10:29

[Au fait… mon prénom c’est Silva et pas As’Yara...]

En réponse à ses questions, le barde alla tranquillement ramasser sa dague. Silva se sentit presque offensée qu’il aille à l’encontre de sa petite manœuvre, néanmoins, elle n’en montra aucun signe. Puis il s’assit sur une caisse et manifesta à nouveau une tentative de sourire. Les précautions qu’il avait employé pour s’installer sur son séant et sa connaissance des constellations semblaient démontrer qu’il n’était sûrement pas aussi ignorant que ses apparences et son attitude le laissait croire.

Plus il parlait, et plus Silva avait le sentiment que l’homme se moquait d’elle, et à vrai dire, elle ne l’appréciait déjà pas. Elle le vit partir ramasser un gros sac de toile qu’il avait judicieusement caché dans un tas d’ordure. Et réitéra tout aussitôt une tentative de la départir de son attitude glaciale avec un stupide clin d’œil. Cet homme commençait à l’agacer avec toutes ses petites manies. Devant l’insuccès qu’il rencontra, il soupira. Il se mit ensuite à jouer quelques accords sur le luth qu’il venait d’extirper de son bagage tout en parlant. La jeune femme avait l’impression d’assister à une saynète et il ne quittait pas son air subtilement narquois.

Elle serra les dents lorsqu’il mentionna son collier. De toute évidence, il n’avait pas cru un seul mot de l’histoire qu’elle lui avait livrée pour justifier son état. La mélodie sonnait sinistrement dans sa tête bien que le musicien utilisait plutôt des accords harmonieux. Sa voix, malgré son ton détaché pesait comme une menace pour la fugitive. Tout son corps se contractait au fur et à mesure qu’il débitait ses paroles les unes après les autres. Il poursuivait sa lugubre litanie.

Elle envisagea très sérieusement la possibilité de l’éliminer sur le champ. Il faisait nuit et ils se trouvaient tous deux dans une sombre ruelle où il n’y aurait aucun témoin. Toutes les chances étaient de son côté. Elle devait agir rapidement. Cependant, elle se sentait étrangement réticente à l’idée d’exécuter un meurtre, car c’en était bien un, de sang froid sur quelqu’un qui n’avait rien de malfaisant. L’individu s’amusait dangereusement avec elle, pourquoi ? Voulait-il la faire chanter ? Quand bien même, tuer quelqu’un pour sa propre sécurité ne lui semblait pas juste, elle, qui ne jurait que par ce mot. Le monde avait certes besoin d’être purifié (comme elle se le répétait intérieurement depuis des années), il n’avait besoin d’être nettoyé que des éléments qui le souillait. Lui, il n’était un petit ménestrel. Elle pourrait se contenter de l’assommer, mais il irait alors dès son réveil signaler sa présence dans la basse ville et sa fuite n’en serait que plus difficile. Plus tard, une fois qu’elle aurait acquis certaines fournitures, il faudrait peut-être songer à quitter la capitale. Mais telle qu’elle était à l’heure actuelle, elle était trop vulnérable pour s’aventurer dans un monde inconnu. De plus, accoutrée comme elle était, elle se serait fait capturer directement aux frontières.

C’était bien la première fois de sa vie qu’elle était confrontée à un tel dilemme. Tout en réfléchissant, elle continuait d’écouter le barde. Et sur son visage, son masque d’impassibilité se fissura. Une certaine confusion était à présent nettement perceptible sur sa figure crasseuse. Elle l’avait sous-estimé sa clairvoyance malgré toute la circonspection qu’elle avait témoigné à son égard. Il avait énoncé son collier, puis avait reconnu une épée de la garde malgré la sombre obscurité. L’homme était intelligent.

Un court silence s’établit durant lequel le trouble de la jeune femme ne s’affaiblit pas. Que faire ? Elle sursauta lorsqu’un chat traversa la rue. C’était mauvais, elle commençait à perdre ses moyens. Devrait-elle subir ce genre de situation continuellement désormais ? Toujours traquée, toujours sur le qui-vive, retrouverait-elle jamais la sécurité ? Il est vrai qu’elle était habituée à la solitude, et ne préférait compter que sur elle-même, mais fuir incessamment n’était tout de même pas un avenir très réjouissant.

Le ménestrel brisa ses états d’âme en posant une question clairement rhétorique. Pour le coup, elle sentait piégée, acculée comme une proie. Elle tenta de se calmer, elle devait retrouver son sang-froid pour trouver une échappatoire. Elle se força à contrôler sa respiration et les battements de son cœur qui s’étaient accélérés reprirent un rythme plus normal. Maintenant qu’elle y repensait, Cirath n’avait-il pas dit que certaines habiles personnes étaient capables de la défaire de son collier ? Si… maintenant qu’elle se remémorait la scène, elle se rappelait qu’il l’avait mentionné. Elle regarda le jeune homme toujours assis sur la caisse. Puis soudainement, elle se souvint qu’il avait déclaré être de ceux qui pourraient ouvrir le mécanisme de son bijou. L’affolement qui l’avait agité durant les quelques minutes où il parlait, avait du l’aveugler. Elle se morigéna intérieurement d’avoir perdu la maîtrise de ses émotions aussi facilement.

Elle ne savait pas ce qu’il attendait d’elle, mais en tout cas, elle était maintenant déterminé à tirer avantage de sa désagréable position.

« Je suppose qu’il ne me sert plus à rien d’essayer de vous duper. Manifestement, ce genre de stratagème est inefficace contre une personne telle que vous. » dit-elle avec une once d’arrogance dans la voix.

« Oui, je suis une fugitive. Je me suis évadée de prison il n’y a pas si longtemps de cela. L’épée que je tiens en cette main appartenait effectivement à un garde. J’admire votre sens de l’observation ».

Peut-être la flatterie le rendrait moins vigilant. Enfin, elle ne comptait pas trop dessus.
Elle marqua un temps d’hésitation. Devait-elle lui révéler la cause de son incarcération ? Finalement, elle reprit :

« En fait, je vais vous dire la vérité. Après tout, vous n’êtes pas dépourvu de toute honnêteté alors je vais vous rendre la pareille. J’ai commis un meurtre. Je vous épargne les détails, cependant, sachez que je n’hésiterai pas à vous montrer mes petits talents. »

Elle secoua son épée tout en prononçant ces paroles. La peur s’emparera peut-être du jeune artiste.

« Mais… je ne suis quand même pas une si horrible personne donc... pourquoi ne ferions-nous pas un marché ? Vous me semblez être une personne pleine de ressources. Je voudrais que vous m’aidiez. » Désignant son collier de sa main libre, elle dit : « Cette petite chose me gène énormément. J’aurais bien besoin qu’on me l’ôte. Vous m’avez avoué tout à l’heure que vous en étiez capable. Très bien, l’occasion est venue pour vous de me montrer votre adresse en la matière. J’ai besoin de vêtements, de nourriture, d’un bon bain, d’une arme. Le problème est le suivant : je suis une fugitive, ma maison est sûrement étroitement surveillée en ce moment même, en fait, je ne suis pas sûre qu’elle soit encore sur pied vu que je ne m’y suis pas rendue depuis longtemps. C’est pourquoi votre aide me serait grandement utile. »

Elle marqua une pause. Elle en demandait peut-être un peu trop. Mais si elle ne pouvait obtenir ne serait-ce que la moitié de ce qu’elle avait demandé, elle en serait satisfaite. L’arme et les vêtements étaient sa priorité. Le reste, elle pouvait l’obtenir seule une fois les deux autres acquis. Lors d’une transaction, il fallait toujours exiger plus que ce que l’on voulait réellement. De cette manière, l’autre négociant tenterait de baisser la mise et lorsque l’affaire était conclue, il aurait le sentiment d’avoir réussi un bon arrangement. Du moins, c’est une technique qu’elle et son père employaient souvent pour obtenir des ingrédients à un prix largement raisonnable pour leur petit commerce.

« Bien sûr, je suis prête à vous offrir mes services en échange. Malgré votre discernement, l’aspect physique ne semble pas être votre fort. Je vous propose d’être votre garde du corps pour une certaine durée à déterminer. Evidemment, je serais toujours dans votre ombre. Enfin, cela ne pourrait se faire qu’une fois que je me serais fait une toute autre apparence afin de vous épauler en toute discrétion. Je pourrais même vous protéger pour des voyages. Toutefois, ce n’est qu’une proposition. Peut-être avez-vous une meilleure idée pour exploiter mes aptitudes ? »

[Finalement, j'vais utiliser des couleurs pour les dialogues. C'est zoulieeee^^]
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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Re: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Ven 18 Avr 2008 - 19:12

Pris dans son jeu, Cirath avait pendant un moment perdu toute inquiétude, mais celle-ci revint au galop et s’amusa à miroiter quelques secondes dans son regard lorsqu’il décela la légère crispation de la main de Silva sur son arme. Etait-il allé trop loin ? Il jeta un coup d’œil rapide derrière son épaule, et lâcha un léger sifflement désapprobateur. Il était dos au mur et ne s’en était même pas rendu compte. Une véritable erreur de débutant…même un pickpocket novice ne l’aurait pas commise. Si la demoiselle se décidait à l’attaquer, il n’aurait sans doute pas d’autre choix que de se transformer et fuir en profitant de l’effet de surprise, trahissant ainsi son appartenance à sa race. Le ménestrel eut une moue résignée. Après tout, quitte à prendre des risques, autant les prendre jusqu’au bout. Il reporta son regard sur son interlocutrice, prenant soin d’avoir l’air le plus tranquille possible.
Il s’autorisa même un air légèrement blasé, la tête appuyée sur son poing, lorsque celle-ci lui raconta sa véritable histoire. Il resta silencieux tout du long, haussant légèrement un sourcil lorsqu’elle tenta de le flatter. Se moquait-elle de lui, ou était-elle simplement stupide ? Elle n’espérait tout de même pas que ce stratagème éculé fonctionne avec lui ?
Ainsi donc, elle était une meurtrière…la nouvelle ne l’étonna pas. On ne s’évadait pas de prison si l’on avait la certitude d’en sortir dans un avenir relativement proche, il s’était donc douté que Silva avait été sévèrement condamnée. Cirath sourit. Après la flatterie, la demoiselle tentait de l’impressionner…elle perdait son temps. Impressionné, il l’était déjà. Et effrayé, aussi. Mais tout cela, il ne lui ferait pas le plaisir de le lui montrer.
C’est donc avec un visage parfaitement neutre qu’il accueillit la proposition de la fugitive. Intérieurement pourtant, le druide se réjouit : on passait aux négociations, un domaine qu’il maîtrisait déjà bien mieux que le combat.
Il esquissa un nouveau sourire, sincère celui-là. Les clauses du marché étaient très largement à son avantage, mais accepter trop vite lui donneraient le dessous dans d’éventuelles futures tractations.
Cirath se releva tranquillement, époussetant ses vêtements, plus pour la forme qu’autre chose, étant donné l’état de ces derniers. Espérer nettoyer ses habits de cette manière revenait à tenter de venir à bout d’un tigre affamé avec une brindille -et encore, pour peu que la brindille soit suffisamment pointue et que l’on vise les yeux …

« Eh bien, c’est une offre bien alléchante que vous me faites là, mademoiselle. Vous avez en effet remarqué que le combat rapproché n’était pas mon fort, je vous félicite. »


Il écarta les bras d’un air goguenard, afin de faire ressortir la minceur de ses membres.

« De plus, il est vrai que les routes sont peu sûres, particulièrement en ce moment, avec les circonstances actuelles. Votre aide me serait très précieuse. Néanmoins… »

Il était temps d’entamer la partie intéressante de la discussion. Cirath s’étira, de plus en plus à l’aise au fur et à mesure qu’il approchait d’un sujet de conversation où il était presque sûr d’avoir l’avantage. Il se permit même de faire une légère pause, afin de faire languir son interlocutrice.

« Néanmoins, certains points restent obscurs. Vous me proposez de devenir ma garde du corps, mais pour combien de temps ? Dans quelles conditions ? Et jusqu’où iriez vous pour me protéger ? Vous comprendrez aisément, je l’espère, que je ne peux pas accepter un marché si vague… »

Le druide s’adossa au mur, après une dernière pensée navrée pour sa chemise qui de toute façon ne craignait plus grand-chose.

« De plus, je vais être sincère avec vous : je ne peux vous offrir tout ce que vous demandez. La nourriture ne devrait pas être un réel problème, si vous vous accommodez de peu. »

Cirath ressentit une très légère pointe de remord en prononçant ces mots. Le rat avait un goût qu’il n’aurait pas volontiers fait subir à ses ennemis.

« Des vêtements et des armes, cela aussi, je peux en trouver. Quant au bain… » Il écarta de nouveau les bras. « …si j’étais capable de vous en procurer un, voilà longtemps que j’en aurais moi-même profité. »

Il croisa les bras et toisa la jeune femme du regard.

« Je récapitule donc. Voilà ce que je vous offre : de la nourriture, une arme, des vêtements plus seyants, et… » Il hésita un instant puis reprit « …et je vous aide à quitter discrètement la ville, voire si vous le souhaitez à vous constituer une nouvelle identité. En échange, je vous demande votre protection physique jusqu’à ce que je n’aie plus besoin de vous. Le marché est équitable, non ? »

Le ménestrel fouilla un instant dans son sac, et en sortit finalement plusieurs tiges de fer, qu’il brandit devant lui.

« Si vous acceptez, je vous ôte immédiatement ce charmant collier. Sinon, eh bien…je vous souhaite bonne chance. Oh, une dernière chose…les gardes font régulièrement des rondes dans ce quartier, et traversent souvent cette ruelle… et étant donné l’heure, je pense qu’ils ne devraient plus tarder. Alors ? »
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MessageSujet: Re: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Dim 20 Avr 2008 - 17:44

Cirath reprit la parole avec un air blasé incrusté son visage, ce qui ne manqua d’agacer Silva. Apparemment, celui-ci prenait la situation plutôt calmement, peut-être trop, alors qu’il n’était pas en position de force. A l’heure actuelle, il n’avait que peu d’échappatoire. Mais sans tarder, il entama les négociations avec sérieux. Elle l’écouta avec calme jusqu’à la fin, imprimant profondément chaque condition qu’il proposait.

Il faut le dire, ce marché était la meilleure solution qu’elle avait. Les clauses du pacte avantageaient les deux protagonistes. Elle n’avait vraiment rien à perdre, au point où elle en était. Elle n’avait décelé aucune entourloupe et pensait que le ménestrel respecterait sa parole. Pas qu’elle lui faisait confiance, loin de là, mais il n’avait pas l’attitude d’un filou. De toute façon, c’était ça ou risquer d’entrer en confrontation avec la garde royale.

La seule chose qu’il ne pouvait lui offrir était un bain, mais de toute façon cette option n’était qu’à la fin de sa liste des priorités. En plus de ce qu’elle avait demandé, il lui avait même proposé de l’aider à gagner une nouvelle identité. S’il était capable de cela, c’est qu’il devait posséder certains contacts plutôt talentueux dans l’art de la falsification de papiers administratifs. A moins que ce ne fût lui-même qui possédait cette faculté. En tout cas, c’était une alternative qu’elle ne pouvait écarter. Une fois qu’elle aurait quitté la capitale, et qu’elle se serait éloignée des grandes villes humaines où elle risquait de se faire reconnaître, une nouvelle identité lui serait particulièrement utile. Si elle ne faisait pas parler d’elle pendant quelques temps, elle pouvait peut-être espérer trouver une réelle liberté, et non ce simulacre d’indépendance où elle devait sans cesse surveiller son dos. Grâce à ce barde, de nouvelles perspectives s’ouvraient à elle.

C’est pourquoi, elle déclara :

« Très bien. J’accepte. Mais j’ajoute une condition : je ne tue pas sauf si la situation m’y oblige, et si je le juge nécessaire. Vous devez trouvez cela paradoxal, étant donné les circonstances qui m’ont amenées en prison, mais mes raisons étaient justifiées. Néanmoins, cette histoire ne vous concerne pas. Je voulais juste vous apporter cette précision afin que vous ne croyiez pas que vous pouvez me déléguer certaines sordides besognes. Je vous protégerai, mais je ne suis pas un assassin au sang froid. Toutefois, ne doutez points de mes talents, ils sont bien réels, et si la situation où je devais vous défendre arrive, j’accomplirai ma part du marché sans forcément ôter la vie. Disons que cela dépendra des circonstances.»

Il est vrai que son discours était plutôt contradictoire, mais pour Silva, il découlait simplement des principes qu’elle s’était établi.

"Donc, êtes-vous toujours d’accord avec notre association ? Pour ma part, tout est réglé."

Elle tendit sa main libre en guise d’assentiment.

Puis, après la réaction de son interlocuteur, elle leva la tête au ciel, et remarqua que la nuit s’éclaircissait imperceptiblement. Dans une ou deux heures, le jour allait probablement inonder la cité. C’est pourquoi la jeune femme ajouta :

« Si vous pouviez m’enlever ce collier sur-le-champ, je vous en serais gré. Par contre, je pense qu’il serait judicieux que nous nous déplacions autre part, le jour se lèvera bientôt. Je ne sais de quelle manière vous comptez vous procurer le matériel que je vous ai demandé, mais j’espère qu’il ne se trouve pas à l’autre bout de la ville. J’aurais des exigeances spécifiques pour l’arme. Il faudra qu’elle soit adaptée à ma poigne, ma carrure afin que le poids ne soit pas un désavantage pour moi, et autres caractéristiques du même genre. Je vous les communiquerai plus tard.»

Elle se demanda comment cette alliance évoluerait, mais elle espérait n’avoir pas à trop utiliser ses capacités combatives. Au vu de la discussion qu’ils avaient, elle pensait plutôt que la difficulté proviendrait de Cirath lui-même qui semblait être excessivement loquace.
Silva étouffa un bâillement. Voilà presque une journée qu’elle n’avait pas eu l’occasion de trouver le sommeil.

« Par contre, je ne suis pas au meilleur de ma forme, ainsi, quelques heures de sommeil ne serait pas de refus. Si vous connaissez un endroit calme, où l’on ne risque pas de me chercher, afin que je puisse récupérer, cette place serait la bienvenue. J’ai l’impression qu’un peu de repos vous serait également bénéfique. »

Elle espérait qu’il répondrait de manière positive à cette possibilité. La journée (et la nuit) avait été harassante.
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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Re: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Lun 21 Avr 2008 - 14:48

Cirath sourit, et serra la main de Silva.

« Ce marché me convient parfaitement. Je ne comptais de toute façon pas vous demander de tuer qui que ce soit. C’est d’un garde du corps que j’ai besoin, pas d’un assassin particulier. »


Il se redressa, toujours souriant, et ramassa ses affaires au sol, avant de se diriger vers la sortie de la rue.

« Si vous voulez bien me suivre, je connais un endroit où nous serons tranquilles un bon moment. Je crains qu’il ne nous faille attendre la nuit prochaine pour quitter la ville, mais soyez sans crainte, le lieu où je compte vous conduire est aussi sûr qu’on pourrait le souhaiter. »

Pendant près de deux heures, il conduisit la demoiselle à travers de nombreuses ruelles, à grand renforts de détours plus longs les uns que les autres.
L’aube pointait lorsque tous deux atteignirent une petite boutique miteuse, encastrée entre deux bâtiments en aussi mauvais état. Divers articles usés étaient présentés sur un étal poussiéreux, devant la porte. Derrière celui-ci, se trouvait un homme sans âge pauvrement vêtu et qui, d’après l’odeur qui s’en dégageait, n’avait pas pris de bain depuis plusieurs mois. Il hocha la tête à l’intention de Cirath, eut un rictus lubrique pour sa compagne, et s’écarta pour les laisser entrer dans la boutique.
Le barde le salua d’un joyeux signe de la main, et ouvrit la porte, entraînant Silva dans son sillage.
L’intérieur du bâtiment n’était pas en meilleur état que l’extérieur. La poussière régnait ici en maître, et de légers mouvements dans l’obscurité laissaient penser que les humains n’étaient pas les seuls habitants de ce lieu.
Cirath descendit les escaliers s’enfonçant derrière le comptoir crasseux, et lança par-dessus son épaule.

« Il héberge n’importe qui sans poser de question, pour peu qu’on le paye. Et, une chance pour nous car ma bourse est bien plate, il ne fait pas payer les…dames de compagnie.»


Il prononça ces derniers mots avec un sourire moqueur, puis ouvrit une porte vermoulue et s’effaça pour laisser entrer Silva.
La chambre, si elle était minuscule et aussi pauvrement meublée que le reste du bâtiment, avait au moins l’avantage d’être propre. Un unique lit et un vieux coffre en formaient le seul mobilier. Cirath posa son sac dans un coin de la pièce, et s’assit sur le lit, avant de se tourner vers sa garde du corps fraîchement nommée.

« Bien. Ici, je doute que quiconque nous trouve, je propose donc que vous passiez la journée ici, pendant que je pars vous trouver ce que vous avez demandé. Soyez sans crainte, le patron ne vous dénoncera pas, et moi non plus. » Il hésita un instant. « Tenez, je vous laisse mes instruments de musique. Ils sont ce que je possède de plus précieux, j’espère que cela vous servira de garantie de ma bonne foi. Mais avant tout… »

Cirath ouvrit son sac et en ressortit les tiges de fer qu’il avait montrées à Silva quelques temps plus tôt.

« Avant tout, je propose que nous nous occupions de ce collier. »


Il passa derrière l’ancienne prisonnière, dont il releva les cheveux pour atteindre plus aisément le mécanisme du bijou. Il passa plusieurs minutes à manipuler ce dernier, laissant de temps en temps échapper un petit sifflement désapprobateur ou un hoquet satisfait. Il finit par se redresser, brandissant le collier comme une prise de chasse particulièrement glorieuse.

« Et voilà ! Votre cou est tout de même bien plus joli comme cela… »


Le druide rangea rapidement son matériel, puis sortit une flûte de bois, uns cithare et un petit tambourin de peau de son sac, qu’il passa ensuite à son épaule. Il les déposa précautionneusement sur le lit, avant de se tourner vers Silva.

« Comme je vous l’avais dit, je laisse ici mes instruments. J’y tiens beaucoup, alors je compte sur vous pour en prendre soin le temps que je revienne. » Il se dirigea vers la porte. « Je vais vous chercher de quoi manger, vous habiller et vous créer une nouvelle apparence. Pour votre arme, je crains que ce ne soit pas si rapide mais rassurez-vous, je vous en trouverai une. Je serai de retour avant midi, profitez-en pour vous reposer un peu, vous m’avez l’air épuisée. Je crois avoir chassé toutes les puces de ce lit, vous ne risquez rien. »

Sur ces mots, Cirath sortit. Il repassa devant le patron, à qui il lança avec un clin d’oeil de connivence :

« La fille se repose…je l’ai épuisée, visiblement. Rends-moi service, laisse la dormir tranquillement. Elle est très timide, et j’aimerais aussi qu’elle soit en pleine forme à mon retour… »

L’homme éclata d’un rire gras et lui fit signe d’un air entendu.
Une fois hors de vue, le druide se transforma en renard et se dirigea au petit trot vers le quartier marchand. Il était temps de reprendre de vieilles habitudes.
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MessageSujet: Re: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Lun 21 Avr 2008 - 17:16

Silva suivit Cirath sans broncher à travers Ywsllyra. Il l’entraîna dans les coins et recoins de la ville, et il semblait qu’il connaissait bien son affaire. Ils finirent par arriver devant une petite boutique. Lorsqu’ils entrèrent, la jeune femme ne pouvait que constater l’état déplorable des lieux. Le ménage ne devait pas être le fort du propriétaire. Le regard insistant qu’il lui jeta n’échappa pas à Silva, mais elle l’ignora. De toute façon, elle était mal placée pour se plaindre. D’après Cirath, l’endroit était à plutôt sûr. Il lui apprit que l’aubergiste ne souhaitait que de l’argent de la part de ses clients, ne s’attardant pas sur l’identité de ceux qu’il hébergeait.

Sur ces mots, il lui désigna une petite pièce contiguë qui faisait office de chambre. Silva lui emboîta le pas et referma la porte en pénétrant dans la salle. Elle le vit déposer ses effets personnels là où il trouva la place. Il sortit ensuite le matériel qui lui servirait à enlever son collier. Alors qu’il travaillait sur le mécanisme, Silva lui donna certaines précisions quant aux objets que Cirath devait lui procurer. Elle lui décrit avec exactitude ce dont elle avait besoin accordant un soin tout particulier à l’épée qui lui faudrait. Au bout de quelques minutes, un cliquetis lui informa que la tâche était accomplie. Le barde brandit le collier comme s’il s’agissait d’un trophée, puis finalement, il le reposa sur le lit, laissant ainsi à la fugitive le soin de décider de son sort.

Le jeune homme partit en lui confiant ses instruments de musique, gage de confiance. Silva poussa un soupir de soulagement alors qu’il refermait la porte derrière lui. Au moins, il n’avait pas l’intention de commettre quelque traîtrise. Elle l’entendit murmurer quelque chose à l’aubergiste avant de quitter le gîte.

Malgré ce que lui avait affirmé Cirath, elle n’était pas très à l’aise dans un établissement public. C’est pourquoi elle garda l’épée qu’elle avait dérobée à proximité d’elle. Elle s’adonna à une observation plus poussée de la chambre, mais il n’y avait vraiment rien de particulier à son propos. A travers la petite fenêtre, elle apercevait le jour qui s’affirmait clairement. Baillant franchement, elle déplaça la flûte, la cithare, le tambourin, ainsi que son ancien bijou, et les déposa soigneusement dans le vieux coffre qui meublait maigrement la pièce. Elle s’affala ensuite sur le lit sans prendre la peine de se draper avec la couverture et s’endormit sitôt que sa tête entra en contact avec l’oreiller.

Un bruit la réveilla peu après. Cirath revenait. Encore l’esprit embrumé par le sommeil, elle jeta néanmoins un coup d’œil à l’extérieur, et constata que plusieurs heures s’étaient écoulées. Elle se sentait beaucoup mieux que tout à l’heure et prompte à réagir. Elle regarda le barde qui transportait un lourd sac de toile. Elle déclara simplement :

« Je vois que vous avez fait des courses. Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ? Ah, j’ai déposé vos instruments dans le coffre. »

Elle se mit en position assise.

« Montrez-moi ce que vous avez trouvé. Vous pourrez ensuite me dire, si cela vous sied, quelle sera la suite des évènements. Peut-être souhaiterez vous ensuite prendre un peu de repos. »
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Cirath Stigrún
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MessageSujet: Re: Une rencontre nocturne [Pv: Cirath Stigrun]   Lun 21 Avr 2008 - 18:23

Un sourire ravi et malicieux apparut sur le visage de Cirath. Il déposa à terre son lourd sac de toile, et s’assit à son tour sur le bord du lit avec un soupir de contentement.

« Eh bien, eh bien ! On croirait entendre une jeune épouse au retour de son mari… »

Il éclata de rire et prit soin de se mettre hors de portée de Silva avant de reprendre.

« Je suis rentré, ma chérie ! Ne vous êtes vous pas trop languie en mon absence ? Je vous ai ramené de somptueux cadeaux pour me faire pardonner, ma mie.»

Ignorant royalement le regard noir que lui lançait sa garde du corps, il reprit son sac dont il déversa le contenu sur le lit. Une quantité impressionnante d’objets hétéroclites se répandit sur les draps. Le druide y fouilla quelques secondes, en extirpant de temps à autre un en particulier, qu’il posait un peu plus loin sur le lit. Finalement, un tas d’une taille plus que respectable fut formé. Cirath rangea tout le reste dans sa besace, et fit l’inventaire de ce qu’il avait ramené à l’intention de Silva.

« Alors…pour commencer, je vous ai ramené quelques vêtements, plus discrets et en meilleur état que ceux que vous portez, sans vouloir vous offenser... »

Il brandit une cape grise, un chemisier et un pantalon de toile beige, ainsi qu’une paire de chaussures de marche, et les lança à la jeune femme. Les habits étaient de simple mais bonne facture, hormis la cape, légèrement plus travaillée.

« Je sortirai tout à l’heure pour que vous puissiez vous changer »
, lança-t-il d’un ton distrait, avant de reprendre. « Ensuite…vous vouliez à manger. J’espère que vous n’avez rien contre les tourtes ? Je sais que certaines rumeurs circulent comme quoi elles seraient faites à base de chair humaine, mais ce ne sont que des légendes urbaines… et ce genre de plat est toujours excellent quand on a faim. »

Il n’estima pas nécessaire de préciser que le marchand de tourte était en réalité le seul à être suffisamment distrait pour permettre à un renard de chiper sans problème une demi-douzaine de celles-ci. Après tout, Silva avait échappé aux rats, que demander de plus ? Le barde lui tendit une des tourtes encore tièdes, puis se remit à fouiller dans son tas.

« Enfin, voilà quelques outils qui vous permettront de changer assez facilement votre apparence. Rien qui ne résisterait à un examen approfondi, bien entendu, mais j’ose espérer que cela suffira. »


Une lanière de cuir et plusieurs pots de tailles et formes diverses apparurent dans ses mains. Il se rapprocha de Silva, et lui releva la tête d’une main assurée.

« Maintenant, ne bougez plus… »


Un silence s’abattit sur la pièce, tandis que Cirath tressa et attacha les cheveux de la jeune femme, s’ingéniant à créer une coiffure transformant au maximum le visage de cette dernière. Il s’installa ensuite devant elle, et ouvrit les récipients qui s’avérèrent contenir du fard basique. Plusieurs minutes s’écoulèrent, durant lesquelles le barde lui recouvrit le visage de maquillage.
Finalement, il rangea son matériel et recula un instant pour observer son œuvre. Il ne put retenir un petit hochement de tête approbateur. Son travail, en toute modestie, était impeccable. Les reliefs du visage de Silva étaient littéralement transformés par le maquillage. De loin, bien entendu, la différence n’apparaissait pas, mais si quelqu’un avait l’idée de venir voir de plus près, le camouflage serait presque irréprochable.
Cirath tendit un petit miroir à Silva pour lui permettre de se regarder.

« Je ne peux rien faire de plus. Il ne nous reste plus qu’à prier pour que tout cela soit suffisant. Mais je ne me fais pas trop de souci à ce sujet. Les gardes, s’ils vous cherchent, s’attendront à voir une pauvrette en haillons, et non une jeune femme soignée. »

Il ramassa son sac, récupéra ses instruments et les y rangea, et s’avança vers la sortie de la pièce.

« La nuit est presque complète désormais, je pense qu’il est temps de partir. Personne ne pensera à vous chercher au crépuscule. On pensera certainement que vous attendrez la nuit noire. Je vous attends dehors, changez vous et nous partons. »

Il referma la porte derrière lui et s’assit lourdement sur l’escalier. Dans quelle histoire s’était-il encore fourré S’ils étaient attrapés, il se mettrait la garde de la ville à dos, et cela ne faciliterait pas ses déplacements…
Silva le rejoignit bientôt, et tous deux sortirent de la boutique pour s’effacer dans l’obscurité, vers la sortie de la ville.
Une sortie si possible vide de gardes…

[hrp: fini pour ici. je posterai le lien vers le prochain post dès qu'il sera défini]
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