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 L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]

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MessageSujet: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Dim 25 Oct 2009 - 18:51

Quatrième jour
Douzième semaine
Début d'après-midi




Naomeïra Garish'tar

Yswllyra. Capitale humaine. Les odeurs et les couleurs se mêlaient dans les rues bondées. Naomeïra avait laissé ses sacoches aux bons soins de ses gardes, de même que leurs précieux prisonniers. Elle avait ordonné à ce qu'il soit ligotés en sous-vêtement sur une chaise et sous étroite surveillance en permanence. Ils ne devaient pas l'abîmer ni le tuer sauf si cela se révélait absolument nécessaire. Les gardes devaient lui donner un peu d'eau et de nourriture, question qu'il soit assez fort pour rester conscient, mais pas assez pour s'opposer. Son esprit affaibli serait plus facile à broyer. Naomeïra se surprit à avoir un sourire satisfait. Erendil la croyait juste bonne à nuire et à lui être désagréable tant son visage ressemblait à celui de la défunte reine. Il aurait bientôt la preuve qu'elle savait se rendre utile. Cependant, la courtisane ne se faisait pas d'illusion ; il trouverait à redire et il serait bien incapable de la remercier ou même de la féliciter pour cette capture plutôt étonnante. Un prince! Elle avait un prince en sa possession. Un frisson parcourut son échine. Dans ses rêves de petite fille, lorsqu'elle croyait encore que sa vie serait un éternel paradis d'affection, les princes étaient les héros... ceux qui sauvaient la jouvencelle de son calvaire, pas celui qui s'inclinait face à la force de cette dernière. Quel désenchantement! Heureusement, plus aucune chute ne s'avérait aussi vertigineuse que celle qu'elle avait fait en tombant de l'innocence, un poignard planté en pleine poitrine, la poigne ferme de son père enserrant le manche. Naomeïra descendit de selle pour mener son cheval par la bride à travers la petite foule. La densité de la population n'était pas si mal, mais elle se félicitait de n'avoir rien gardé qui soit de valeur. Les petites mains étaient parfois si agiles!

La sorcière déambulait tranquillement, consciente qu'on ne la laisserait pas entrer dans la salle d'audience tant que la séance ne serait pas levée. Naomeïra n'était pourtant pas particulièrement enthousiaste à l'idée d'être ainsi seule au milieu de la foule. Elle savait qu'elle était plus en sécurité à Iboa que partout ailleurs. Son père avait été exilé des terres orthodoxes, mais il pouvait bien être n'importe où d'autre. Et c'était sans doute la raison pour laquelle sa tante l'avait gardé si longtemps cloîtrer dans leur domaine si ce n'était pas dans les appartements qu'elles avaient au palais d'Iboa. Sarconie comptait sur sa nièce pour devenir la prochaine comtesse d'Ardagie puisqu'elle était sans postérité et qu'elle n'avait jamais voulu épouser d'homme. Elle les haïssait, c'était de notoriété publique. Naomeïra sourit distraitement en songeant que Sarconie aurait voulu qu'elle les déteste tout autant. Pourtant, malgré les mauvais traitements du roi et la violence de sa dernière rencontre avec son géniteur, la jeune fille restait optimiste. Ils ne pouvaient quand même pas être tous les mêmes... n'est-ce pas?

La jouvencelle déboucha sur une petite place publique et en profita pour s'arrêter un moment. Elle jeta un coup d'oeil aux alentours puis reprit sa progression. C'est non loin du palais de justice qu'elle s'arrêta net. Un frisson étreignit son corps en entier. Ses yeux azurés s'étaient posés sur Bogrin... Le garde du corps d'Erendil de même que le chef de son armée. Il était à quelques mètres à peine. Naomeïra ne s'était jamais adressée à lui. On lui en avait murmuré quelques mots à l'oreille, mais se fier aux paroles d'une misandre lorsqu'elle parle d'homme n'était pas bien sage. Il n'en demeurait pas moins que ses longs doigts griffus lui donnaient froid dans le dos. Son esprit replongea dans le passé. Elle ressentit alors la vie qui s'échappait de son corps inerte et baignant dans son sang mêlé à celui de sa mère sur ce lit où elle avait été conçu. Sa vision se brouillant. Du bout des doigts, elle effleura la cicatrice qu'elle cachait sous son corsage. Sa monture lui donna un petit coup de museau sur l'épaule. Naomeïra secoua doucement la tête en serrant la seule sacoche qu'elle avait contre elle. Son regard d'un bleu aussi clair qu'un ciel de printemps se darda sur son cheval qu'elle rassura d'une simple caresse avec un faible sourire.
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Bogrin Gilad
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Dim 25 Oct 2009 - 19:36

An 835, Douzième Semaine.
Pendant le Procès, début d'après-midi.



  • Les procès, la justice et tout ce petit ramassis d’inutilités n’intéressaient pas Bogrin. Oh que non ! Fidèle compagnon du souverain, il n’évoquait cependant jamais son aversion pour les discours ennuyants des juges et autres personnes susceptibles de manier un tant soit peu le vocabulaire complexe et rébarbatif de la justice et du droit. Il se contentait de suivre le roi, de lui assurer protection et soutien. En revanche, à la porte du palais de justice, Bogrin s’arrêtait. Il préférait laisser Sa Majesté et ses suivants s’occuper des affaires de droit, lui gérait l’armée et la sécurité.
    C’était plongé dans ce genre de pensées, assit sur les marches du palais, que Bogrin occupait le temps interminable et assommant qui s’écoulait pendant le procès. Il était toujours encagé dans son armure légère, une grande cape aux couleurs des Orthodoxes traînant sur les marches poussiéreuses et le regard de givre glissant sur les passants. Un vent frais vint secouer sa chevelure blonde, et il écrasa une joue contre sa main, l’air las et profondément ennuyé.
    Un index griffu vint gratter sa tempe doucement et il poussa un profond soupir d’harassement…

    Que la vie des politiciens était soporifique ! C’était à peine croyable ! Heureusement qu’il n’était pas rentré à l’intérieur, parce qu’une soudaine envie de se défouler l’aurait saisit brusquement, il en était sûr ! Etre assit à écouter une multitude de sentences toutes les plus semblables les unes que les autres ! Qui donc pouvait aimer cela ? Fouiller partout... Utiliser le moindre petit accrochage pour condamner l'adversaire... C'était déloyal au possible ! Bogrin, lui, préférait encore & toujours la guerre, c'était tellement plus simple...

    Un petit air frais vint lui caresser le visage. Il en inspira quelques bouffées, alliées aux odeurs de la place et décolla son visage de sa main crochu.

    C’est là qu’il déposa son regard froid et perçant sur quelque chose d’enfin un tant soit peu enthousiasmant. Une jeune fille, dont Bogrin ne se rappela pas immédiatement le beau prénom, Naomeïra, se tenait immobile face à lui, à quelques pas, précédé de son magnifique destrier. Elle avait tourné la tête lorsque sa monture avait percuté son épaule, mais l’instant d’avant, il en était presque sûr, elle l’avait dévisagé.

    Un sourire charmant se dessina sur son visage sombre et deux lueurs brasillèrent dans son regard. Il se redressa de toute sa hauteur et glissa, d’une façon pour le moins élégante et raffinée, vers la jeune femme. Sa démarche féminine et gracile, semblable à celle d’un elfe, contrastait sûrement avec ce qu’avait pût entendre la jeune fille, puisque le regard qu’elle avait jeté ne semblait pas extrêmement agréable.

    Arrivé à sa hauteur, il fit une courbette aimable avant de se redresser, dominant la jeune femme d’une tête et demie. L’orthodoxe planta son regard d’ambre dans celui de Naomeïra et murmura d’une voix froide, jurant avec son air enjoué et efféminé :

    « Mademoiselle Garish’tar je présume ? »
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Dim 25 Oct 2009 - 23:21

Naomeïra attendit que son coeur affolé par les mauvais souvenirs s'apaisent tout en caressa l'encolure de sa monture sombre comme la nuit, contrastant avec sa main blanche et pure. Cette même main qui avait lancé, plus tôt dans la semaine, des orbes électriques meurtrières contre le prince elfique. Ce fut un léger crissement sur le sol qui la figea un moment. Elle retint son souffle sans même s'en rendre compte. Son cheval protesta doucement et se déroba sous sa main. Son bras retomba lentement le long de son flanc et elle se retourna dans un geste presque inquiet de découvrir quelle personne pouvait la faire frissonner ainsi. Son regard bleuté cilla en voyant Bogrin si près d'elle, mais son visage demeura impassible. Ses cheveux d'or légèrement emmêlés et le rose sur ses joues trahissaient la course effrénée qu'avait effectué son destrier peu de temps auparavant. Une brise vint écarter une mèche de cheveux qui longeait le côté de son visage. Pendant cette fraction de seconde, son coeur se glaça d'effroi alors que l'image de son père brandissant son couteau se superposa à celle du Chef de l'armée. Son cauchemar se brisa avec sa voix froide :

« Mademoiselle Garish’tar je présume ? »

Son regard azuré le détailla un moment, ses sourcils très légèrement froncés sous le poids de son interrogation. Naomeïra ne comprenait pas. Cet homme associait-il si mal son expression à son ton? Auquel des deux devait-elle se fier? La jeune fille détourna le regard, gênée de l'avoir dévisagé pendant ces cinq secondes interminables. Elle eût un sourire amusé et contrit tandis que ses yeux scrutaient le pavée. Elle redressa la tête pour répondre :

"Oui, c'est cela. J'ose à peine imaginer quels qualificatifs accompagnent mon nom d'ordinaire dans la bouche de Sa Majesté Erendil. Serais-je en état d'arrestation pour l'avoir outré une fois de trop de ce visage dont je ne peux, hélas, me départir? Ou puis-je être assurée d'un sursis de temps?"

Sa voix malgré sa douceur, était parfaitement audible. Ses accents chantants se mêlaient à l'air sec de la capitale, comme si le vent la soulevait jusqu'aux cieux afin que les Dieux puissent se délecter des variations mélodiques de ses paroles. Naomeïra eût un petit rire. Court, mais amusé apparemment. Pour ses seize ans, elle ne manquait pas d'audace. Avec une mère et une tante comme les siennes, comment faire autrement que d'être une insolente intrépide évitant agilement le fouet à neuf queues en des mouvements de danse gracieux et par des traits d'esprits? Si Naomeïra était premièrement reconnue comme était pratiquement le parfait sosie de la magnifique Reine feu Elessa, on en arrivait bien assez rapidement à sa mère... Cette écervelée qui avait refusé d'épouser Erendil autrefois et qui avait fini avec un homme qu'elle n'aima jamais et qui, pour bien se venger, l'avait tué avant de s'en prendre à leur adorable et innocente enfant. Laquelle avait vaillamment bataillé pour sa survie.

Aujourd'hui, la jouvencelle semblait une source intarissable de joie de vivre sauf lorsque l'ombre d'Erendil se profilait dans ce tableau redevenu beau et vivace. Bien des mauvaises langues s'étaient emparés de la fameuse anecdote racontant la première rencontre entre la jeune fille tout juste introduite au monde de la nubilité et le souverain misogyne. La violente déconfiture de la courtisane avait fait le tour des salons, mais également sa fierté et sa maîtrise. Bien sûr, souvent l'histoire était déformée et racontée à la sauce de son conteur. Mais c'était bien cela le danger avec les rumeurs à la cour.

Naomeïra sentie son regard bleuté inquiet descendre brièvement vers les lames acérées qui tenaient lieu de d'ongles à Bogrin. Aussitôt, ses yeux se relevèrent aussi vivement que si elle était une enfant prise à faire un mauvais tour. Ses épaules furent secoués d'un léger frisson. Pourtant, il faisait plus froid à Iboa. À moins que ce ne soit la présence imposante et écrasante de Bogrin qui ne l'oppressa? La sorcière glissa un index pensif sur l'un des doux arabesques ornant le côté de son oeil, symbole de sa magie. La plupart des gens croyaient qu'elle n'avait que peu de pouvoir en voyant ce petit tatouage à peine digne de mention dans leur culture. Cependant, ces gens n'avaient jamais vu son dos ou ses côtes. Ils se seraient sans doute tût rapidement. Naomeïra se ressaisit et reprit son splendide sourire habituel.


"Vous êtes sire Bogrin, Chef des Armées et garde-du-corps personnel de Sa Majesté. Nul besoin de vous présentez, tous vous connaissent de la plèbe à la noblesse la plus haute. Je dois avouer être assez surprise de vous voir ici plutôt qu'à l'intérieur. N'y a-t-il pas des ennemis partout?
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Bogrin Gilad
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Lun 26 Oct 2009 - 0:04

  • Le ton arrogant et l’audace incontestable de la jeune fille surprirent Bogrin, malgré le sourire de rapace qu’il lui offrit lorsqu’elle présenta l’éventualité que son prénom puisse être mal vu auprès de Sa Majesté. Ce n’était pas Bogrin qui aurait dit le contraire, il savait pertinemment que la jeune fille n’était pas sotte et que de toutes façons leur souverain détestait à peu près toutes les femmes.

    Face à elle, Bogrin ressemblait à un géant d’acier sympathisant avec un petit ange blond. La réalité n’était pas des moindres, sauf que l’ange en question n’était pas si douce, et était même connue pour quelques petites mésaventures d’ordre privé, dont il valait mieux ne plus parler. Il ravala son sourire aussi vite qu’il était arrivé et offrit son habituel visage froid et dur à observer. Ce devait être terrifiant, ou alors vraiment magnifique, il semblait à Bogrin que Naomeïra était partit dans une contemplation méticuleuse de chaque coin du visage sévère du Chef des Armées.

    Il cligna des yeux, elle baissa les siens.

    L’atmosphère sèche de la cour, mêlée au bruit de la foule et à la tension glissant entre eux deux n’arrangeait rien. Bogrin restait désespérément l’éternel demi-elfe orthodoxe terrifiant, que tout le monde pensait l’unique pantin du Roi.

    Naturellement, il était un pantin. Mais son cerveau ne lui faisait pas défaut. Il était même du genre rusé, et s’avérait être un exceptionnel stratège de guerre. Mais en tant que proche du roi, il était aussi capable d’opposer son opinion à celui de son Monarque. Même si cela restait rare, Bogrin savait conseiller sagement Sa Majesté avec autant de finesse que de machiavélisme et donc de se défaire de ces affreuses chaînes de la fidélité que tout le continent pense perpétuellement attachées autour de son cou.

    L’instant de cette réflexion parut très long, mais seulement quelques secondes de « dévisagement » s’étaient écoulées. Bogrin se pencha légèrement pour s’approcher de la jeune fille. Il répondit à la petite mesquinerie de la demoiselle avec une douceur infinie, tout en restant sur un ton étrangement ferme :

    « Sa Majesté n’a que faire de vous mon enfant. Vous le savez aussi bien que moi. Je ne suis pas ici pour vous arrêter, même si votre perpétuelle insolence m’y invite… »

    D’un sourire enfin à peu près normal, il finit sa phrase en se redressant et fit craquer ses doigts acérés. Il n’avait aucune envie de la provoquer ou de l’importuner. D’humeur lasse, il souhaitait seulement un peu de distraction pendant qu’il patientait. Le procès était long de toute façon, et s’il avait du temps à perdre, autant que ce soit en compagnie d’une compatriote.

    « J’attend Sa Majesté, qui assiste au procès. Je ne suis pas très intéressé par ce genre d’affaires, pas plus que par ces babillages de politiciens corrompus. Ce me semble donc bien plus agréable de profiter du retour du soleil sur la région que d’aller s’enfermer à l’intérieur de cet hideux palais. »

    Il avait reculé quelque peu, comme pour laisser un peu d’air passer entre eux et laisser un peu d’espace à son interlocutrice. Soudain, d’un geste agile et sans quitter Naomeïra du regard, il repoussa le villageois qui allait passer entre eux deux. Ce dernier fit demi-tour rapidement, l’air un peu déconcerté.
    Ce n’était pas que Bogrin n’aimait pas les humains, c’était simplement qu’il concentrait désormais toute son attention sur sa nouvelle distraction, et rien, rien ne devait le perturber…

    « Et vous donc, Demoiselle ? Que nous vaut votre venue à Iswllyra ? Je suppose que vous n'êtes pas venu soutenir Sa Majesté. . . »
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Lun 26 Oct 2009 - 0:44

Naomeïra tressaillit, toute pucelle pudique qu'elle était, lorsqu'il se pencha vers elle... mettant trop peu de distance entre eux. Même si la jouvencelle n'était pas tellement une fille de cour, l'étiquette était tout de même ancrée dans son éducation et cette proximité avec un homme avait de quoi faire rosirent ses joues déjà colorés par le vent. hocha doucement la tête, faisant jouer le pâle soleil dans sa chevelure. Elle porta son regard au loin comme si elle admirait quelque chose que seule elle pouvait voir. Une ombre du passée? Une pensées secrète qu'elle ne pouvait que garder au plus profond de son esprit? En fait, la jouvencelle réfléchissait seulement à la meilleure réponse à offrir à cet homme qui s'adressait à elle en jonglant avec les expressions et les intonations comme s'il abritait plusieurs personnes à la fois en lui. Naomeïra sourit vaguement et répondit en plissant légèrement ses yeux bleu pâle ;

"Je comprends parfaitement l'opinion que vous avez de ce genre d'endroit. Moi-même je ne m'y plais pas. À quoi bon s'affubler d'un masque de mensonges pour aller en observer d'autres? Toutes ces mondanités ne servent-elles qu'à entretenir l'image que les autres ont de nous ou alors, celle que l'on voudrait avoir? Personnellement, et cela ne vous intéresse sûrement guère, je préfère de loin l'honnêteté. Nous ne sommes pas toujours fier de ce que nous sommes, mais pense-t-on vraiment pouvoir le changer en se voilant la face? Non, je vous le dis. Il faut être capable de se regarder dans un miroir et de se dire que nous sommes ce que nous sommes. Assumer notre nature est sans doute l'étape la plus difficile, mais quelle libération ensuite! La vie est trop courte pour s'évertuer à nous mentir à nous-même, ne pensez-vous pas?"

Elle fronçait les sourcils, son regard scrutant le sien comme si elle cherchait son approbation. Puis elle fut distraite par son mouvement. L'homme qui allait passer entre eux deux jeta un regard au chef d'armée avec un air qui se voulait outré, mais que la peur rendait presque comique. Naomeïra posa les doigts sur ses lèvres, un léger rire lui échappant tandis qu'elle regardait l'individu s'éloigner tranquillement en feignant que rien ne s'était produit. La question de Bogrin lui fit reporter son regard sur lui. Sa monture hennit doucement d'impatience et elle la caressa derrière l'oreille en murmurant quelques paroles rassurantes.

"Non, certes, je ne suis pas ici pour soutenir Sa Majesté puisque ce dernier n'en a pas besoin et que, de toute façon, comme vous l'avez mentionné je n'ai aucune valeur quel qu'elle soit à ses yeux. Je suis venue sur invitation de dame Calidra. Elle souhaitait me faire voir un peu du monde. Ma tante n'a confiance qu'en elle, alors elle a accepté que je fasse le voyage jusqu'ici. J'étais sensée assister à l'audience, mais, j'ai reçu son message trop tard et j'ai eu un petit contre-temps en cours de route. Alors... Tant pis. De toute manière, il y a bien assez d'occasion d'aller s'ennuyer... oh! je voulais s'instruire sur les bancs d'un tribunal."


Naomeïra soupira doucement, non pas d'ennui, mais plutôt d'un soulagement apparent. La jeune fille indiqua du regard les marches du tribunal et fit avancer sa monture jusque-là où un homme se précipita à son service avec grande déférence afin de lui proposer de mener son cheval aux écuries. La jeune fille acquiesça, mais l'avertie ;

"Soyez doux, il est capricieux."

L'homme acquiesça à son tour, fit une courbette avec un large sourire puis s'éclipsa non sans jeter un regard par-dessus son épaule pour contempler la jouvencelle qui darda un regard soudain si glacial sur lui qu'il émit un couinement de stupeur avant de regarder droit devant lui sans plus se détourner. Naomeïra fronça les sourcils. L'intérêt de la gent masculine à son endroit était un véritable mystère pour la jouvencelle. Bien sûr, son titre avait de quoi allécher plus d'un prétendant, mais parfois les choses allaient plus loin que l'appât du gain. La jeune fille songea soudainement à ce noble... Obastère. Elle avait entendu à travers les portes closes que cet homme, à qui elle était promis du temps que son père était encore son père, comptait obtenir sa main coûte que coûte, même si le contrat avait été résilié légalement. L'idée du mariage la fit grimacer. Naomeïra ne savait que trop bien que les contes de fées n'existaient pas et qu'elle risquait de finir ses jours auprès de quelqu'un pour qui elle n'aurait jamais de véritables sentiments.

"Dites-moi..." murmura-t-elle après s'être gracieusement assise sur les marches. "...quelque chose. Je dois avouée être en grand trouble. Vous ne semblez pas vous-même savoir ce que vous pensez de cette situation ou de moi? Il semble y avoir une grande part de contradiction en vous. À moins que je me sois trompée..."
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Bogrin Gilad
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Lun 26 Oct 2009 - 1:16

  • Ah que la jeune courtisane était fine et perspicace ! C’était incroyable, même à son âge elle abordait les choses et les analysaient comme un sage ! Bogrin, dubitatif, écouta attentivement le discours lancé par la courtisane, c’était drôle mais visiblement, elle semblait soulagée et prête à échanger quelques mots, aussi terrifiants et mystérieux soit Bogrin.
    Il l’a suivit tranquillement, d’un pas fluide et avenant. Et vint s’assoir à ses côtés, après avoir veillé à ce que l’homme de l’écurie est emmené la monture par la bonne ruelle. Il prit place, de façon à n’être ni trop près, ni trop loin et tourna son regard vers son interlocutrice.

    Elle était divinement jolie, et paraissait tellement innocente qu’il semblait émaner d’elle une lueur d’espoir et de paix. Ceci dit, malgré sa beauté, Bogrin resta de marbre. Il sentait en elle tellement d’habilité à saisir le sens caché des choses qu’il s’avouait un peu déconcerté.
    A un si jeune âge, et avec autant d’audace, visiblement la sénile Sarconie n’avait pas perdu de son talent à l’éducation.

    Il se perdit longuement dans ses pensées pendant qu’elle s’expliquait quant à la façon d’être du Chef de Guerre. Il contempla les pavés de la place et daigna enfin ouvrir sa bouche pour en sortir une réponse :

    « Ah, Mon Enfant ! Tant de réflexions et de questions pour une si innocente fille… N’est-ce pas triste ? Ne pouvez-vous pas seulement apprécier la valeur de la chose avant d’en chercher les défauts ? N’est-ce pas plus simple de s’émerveiller de la beauté de la rose avant de s’apercevoir qu’elle est envahit de moucherons ? »

    Il marqua une courte pause, son regard toujours fixé vers l’avant, les cheveux brassés de temps à autre par une légère brise.

    « Soit. Vous préférez comprendre la vérité plutôt que de vous extasier devant la sensualité du mensonge. C’est tout à fait louable, et quelque peu dangereux… »

    Il tourna alors son regard de fauve dans celui de Naomeïra. Si le scénario avait été totu autre, au aurait pu croire qu’il allait la dévorer, ou la frapper. Mais en réalité, le regard brut et glacé se radoucit peu à peu, avant de détendre enfin les traits du visage du Général Gilad, et d’inscrire une toute autre émotion sur son visage.
    Il semblait beaucoup moins froid, et même bien moins impressionnant. Si son regard n’était resté aussi droit, il aurait même semblé sympathique.

    « Vous croyez réellement que je n’ai d’avis sur rien ? Et que je ne suis bon qu’à tuer ? »

    Il lui fit un sourire aimable et glissa ses longs doigts effilés le long de son visage fatigué.

    « Je ne vous donnerai pas tort, je suis quelque part une marionnette de Sa Majesté. N’est-ce point là le terme employé par le reste de vos acolytes qui ont peu de reconnaissance envers notre Roi? Ceux qui sont persuadés que je mange les enfants et que je suis un dément ? »

    Il pencha la tête vers Naomeïra et continua :

    « J’ai un avis sur chaque chose qui m’entoure…commença t-il, et particulièrement sur ce qui concerne Sa Majesté. Je suis un fidèle avant d’être un général, et un soutient autant qu’un garde du corps. Je suis un être de contradictions, Naomeïra, vous voyez juste… »

    Il se retourna alors et déposa une main fine et délicate sur la joue de la jeune femme, qui semblait rougir à vue d’œil. Un sourire carnassier fendit son visage et la dureté reprit forme sur son visage.

    « Mais n’allez pas croire que parce que vous avez fait mouche, je vais m’étaler à vos pieds… »

    Il recula enfin, laissant à nouveau de l’air entre lui et la courtisane. Il s'était un peu dénnoncé tout seul, et faire part de ce qu'il pensait à une ennmie de Sa Majesté relevait d'une folie inconsidérée. Il fallait freiner la curiosité de la jeune femme autant que faire se peut. Par ailleurs, la discussion semblait inaccoutumée pour elle, mais, étonnamment, elle l’était encore plus pour Bogrin.
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Lun 26 Oct 2009 - 1:50

[HRP : À couper le souffle mon ami]

Naomeïra ouvrit de grands yeux presque apeurés lorsqu'il posa ses doigts sur sa joue. Jamais personne ne s'était permis pareil geste à son égard. Une seconde de plus et elle aurait chasser cette main inopportune sur sa peau délicate. Troublée, elle effleura sa peau comme pour s'assurer qu'elle n'était pas blessée. Avec de telles griffes effilées, elle devait se méfier de tout geste en ce genre. La jouvencelle se tut un moment, pensant à nouveau à tout ce qu'il avait dit. Étrangement, elle sentait que ce terrain était glissant pour l'un comme pour l'autre et pourtant, l'excentricité de la situation semblait la seule façon qui puisse être entre ces deux individus si différents. Naomeïra savait qu'elle devait commencer bien bas dans l'estime de Bogrin puisqu'elle était la femme la plus haït du Roi entre toutes, cependant, elle entrevoyait quelque chose en lui qui lui permettait d'espérer qu'il puisse au moins supporter respirer le même air qu'elle. La jouvencelle lissa tranquillement sa robe, tentant de reprendre le dessus sur le grand trouble qu'il avait laissé de son contact.

"J'aime chercher ce qui est beau partout, je préfère m'arrêter le moins souvent auprès de ce qui est obscurs et corrompu. Je profite de ce que la vie veut bien me donner et parfois même j'en réclame davantage. Je ne me crois pas assez forte pour sauver ce qu'il y a encore de bon en ce monde. Si cette rose dont vous parlez est infestée et viciée jusqu'au plus profond de sa matière, il ne sert à rien de s'évertuer à la sauver ; elle est déjà perdue. Il y a fort longtemps que je ne crois plus en toutes ces futilités qui aveuglent les jeune filles de mon âge. Les contes de fées n'existent pas, l'amour est un espoir vain et la justice n'existe que dans le coeur de ceux qui peuvent encore y croire. Je n'en fais pas partie. Certains croient qu'il est triste pour une jeune fille de mon âge d'être aussi désillusionnée, mais vous savez sans doute comme la plupart des gens que certains obstacles et périls nous obligent à vieillir plus rapidement qu'il ne le faudrait. Nous avons tous un fardeau et le mien... "


Naomeïra descendit les yeux et effleura son corsage, à la naissance de sa poitrine, tout juste à côté de son coeur. Elle savait que la cicatrice s'y trouvait. Qu'elle y serait toujours. La jeune fille se mordit la lèvre inférieure, l'éclat de ses yeux s'amenuisant un bref instant.

"Je peux le contempler tous les jours, mais je préfère le dérober aux regards des autres. Pour ce qui est de la sensualité du mensonge, sachez seulement qu'elle fini par se ternir et qu'à la fin, elle a un goût de fiel infecte et insupportable. "


La jeune femme se retourna vers lui, l'air tout à fait sérieuse même si ses yeux bleus pétillaient d'un plaisir évident, ne serait-ce que d'être en vie.

"Je serais bien sotte de vous prétendre pion puisque je ne suis pas mieux. Même pire encore. La gente féminine ne sert-elle pas dans la noblesse à conclure des pactes militaires ou politiques? Même si ma tante s'est révoltée contre cette idée et est restée célibataire toute sa vie, je ne pense pas pouvoir faire de même. S'il y a bien un pantin ici, il s'agit bien de moi."


Naomeïra débuta sa prochaine tirade par un long soupire et des yeux levés au ciel ;

"Et pourquoi diantre! voudrais-je que vous vous étaliez honteusement à mes pieds? Je dirais que c'est vous qui me jugez à ce moment en m'affublant de vos suppositions sur ma soi-disant attitude narcissique et hautaine."


La jeune femme claqua la langue négativement puis se détourna à nouveau. Elle sentait que Bogrin souhaitait lui échapper, que sa personnalité lui glisse entre les doigts. Il n'était pas très à l'aise et pour une raison quelconque, il ne voulait pas qu'elle puisse le saisir. Étrange.
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Bogrin Gilad
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Lun 26 Oct 2009 - 12:14

  • [ HJ: Merci. Super équipe qu’on fait, hm ? ]

    La petite allusion à l’obscur et au corrompu, Bogrin l’avait pris pour lui. Cependant, dans tout ce qu’elle disait, il semblait y avoir une lucidité et une compréhension des faits incroyablement juste. A un si jeune âge, c’est assez impressionnant et Bogrin sentit bientôt qu’en vérité cette simple courtisane avait peut être plus de cervelle que de poitrine. Lui vint à l’esprit que c’était peut être ça, le vrai danger : la femme.
    Il observa sa poitrine galbée par le corset qu’elle portait et il vit ses doigts effleurer quelque chose, près du cœur. Le petit fardeau qui s’y trouvait devait être une vieille blessure, ou peut être une brûlure rappelant de vieux souvenirs.
    Elle pouvait bien continuer de parler et d’évoquer que le mensonge avait un goût affreux, Bogrin savait déjà beaucoup de ces choses. Elle planta son regard bleu dans celui du Général.

    La tactique de la jeune fille, si s’en était une, restait quelque peu mystérieuse pour Bogrin. Il lui semblait qu’elle détournait toutes les petites barrières qu’il avait réussis à glisser dans la discussion pour réattaquer un côté de la conversation qui n’avait pas été abordé. Elle avait suffisamment d’esprit pour remarquer que Bogrin avait évité certaines questions en répondant le plus vaguement possible.

    Elle progressait dans son monologue et bientôt elle vint à transformer ce que Bogrin venait de dire. Il n’était plus question que ce soit lui le pantin, mais elle qui devenait le pion. Bien que le jeu du chat et de la souris fût amusant, il y avait toujours un moment où la souris échappait au chat. Le problème ici, c’est que tour à tour, chacun jouait les deux rôles.

    Le sarcasme dont faisait preuve la jeune courtisane était très courageux, bien qu’un peu trop prétentieux. Elle en était sans doute consciente, et Bogrin y voyait par là un moyen de prouver qu’elle savait très bien jouer avec le feu et qu’il ne lui faisait pas si peur.
    Dommage, ici, Bogrin était un volcan.

    Il planta son regard de vautour dans le sien lorsqu’elle daigna relever les yeux et y glissa autant de noirceur qu’il le put, malgré le fait qu’il n’avait aucune animosité envers elle et qu’il la trouvait tout à fait distrayante. Il fallait montrer que c’était lui qui décidait de l’issue de la conversation, et non elle.

    « Quelle audace… Siffla t-il. Vous êtes sans doutes la plus entreprenante de toutes les courtisanes qu’il m’a été donné de rencontrer… Mais il y a une limite à ne pas franchir. Vous pensez toujours maîtriser le feu avec le quel vous courtiser, n’est-ce pas ? »

    Il se redressa et quitta le fauteuil dur des marches. Il se retourna vers elle et reprit :

    « Votre arrogance m’agace… mentit-il. Quel petit jeu jouez-vous exactement Mademoiselle Garish’tar ? Je suis le Général Gilad, Chef des Armées du Royaume de Sa Majesté le Monarque des Orthodoxes, je ne crois pas vous avoir autorisé à emprunter un tel vocabulaire ! »

    Il savait pertinemment qu’elle s’en contre-fichait, il cherchait juste un moyen de calmer ses ardeurs de femme noble. C’est là qu’il se rendit compte que tout ce qu’il disait n’avait pas vraiment de sens, dans la mesure où il avait perdu le fil de la conversation et qu’il n’était plus très sûr de ce qu’il allait répondre aux prochaines interrogations indiscrètes de la jeune Naomeïra.
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Lun 26 Oct 2009 - 13:24

Naomeïra se redressa légèrement. Il lui semblait que peu à peu, au fil de son discours, l'expression du Chef des armées s'était décomposé quelque peu. La jeune fille n'avait pas relevé puisqu'il lui semblait inutile d'aller le piquer là où la douleur serait la plus cuisante. Elle préférait la méthode douce. Lorsqu'il planta son regard noir dans le sien, la jouvencelle eût un léger mouvement de recul, ses yeux descendant furtivement vers les longues griffes qui ornaient chacun des doigts de Bogrin. Elle s'interrogea un petit moment à savoir à quel point elles étaient tranchantes puis écouta attentivement les paroles de Bogrin, ainsi que le ton qu'il employait. Parfois, le simple choix du vocabulaire parlait beaucoup sur l'interlocuteur.

Le feu avec lequel elle courtisait? Mais de quoi pouvait-il bien parler? Pensait-il qu'elle était en train de lui faire du charme? Impossible. Naomeïra n'avait d'une courtisane que le titre. Bien sûr, elle distrayait les nobles lors des soirées mondaines... mais jamais elle n'avait joué cette petite comédie de celle qui fait mine d'être intéressée. Sa vive réaction ainsi que sa question à savoir à quel jeu elle jouait mirent ses sens en alerte. Ces dernières paroles témoignaient d'une certaine insécurité. S'il se sentait obligé de décliner ses titres avec fierté et de la houspiller comme une enfant, peut-être s'était-elle approchée trop près de la vérité?


"Je me dois donc de vous exprimez mes plus plates excuses. Il me semblait que le ton de la conversation s'y prêtait bien, mais sans doute me suis-je trompée sur vos intentions. Pour ce qui est de courtiser... Je vous demande doublement pardon si j'ai pu vous donné l'impression de vouloir jouer à ce petit jeu avec vous. Il n'en est rien, rassurez-vous. Ne vous en offusquez pas. Cela n'a rien de personnel. Disons que je pensais seulement que nous avions une conversation intellectuelle dénuée de quelques intentions belliqueuses bien dissimulées derrières des mots mielleux. Je ne joue pas. Peut-être est-ce là le véritable enjeu?"


*Ou danger...* songea-t-elle en son for intérieur.

Naomeïra haussa les épaules, l'air désinvolte. Elle sentait très bien la tension en Bogrin sans parvenir à mettre le doigt sur ce qui pouvait le mettre ainsi à vif. Était-ce cette conversation qui, apparemment, brisait toutes les fausses remarques d'idioties à son sujet? Se sentait-il menacé d'une quelconque façon? La jouvencelle ne savait plus que penser. Elle semblait l'avoir vraiment offusqué sans le vouloir, mais ne parvenait pas à ressentir des remords pour cela. Au contraire, elle jubilait intérieurement de lentement mener le chef des armées dans ses derniers retranchements. Sa seule crainte restait le risque qu'il soit vraiment en colère et lui fasse quelques violences pour bien se venger. Oserait-il? En pleine rue? À moins qu'il connaisse un moyen détourner de lui faire goûter l'amertume de ses paroles comme l'arrêter et l'enfermer dans une cellule. Bogrin était-il prêt à aller jusque-là pour une écorchure à son amour-propre? Naomeïra ne savait pas trop. Elle ne le connaissait pas vraiment.

La jouvencelle se leva d'un geste fluide. Elle remit un peu d'ordre dans sa tenue et sortie un ruban blanc de sa manche. Elle glissa ses doigts fins dans ses cheveux puis les noua à l'aide du petit ruban. Elle était plus présentable ainsi. Naomeïra hésita puis ajouta sur un ton un peu plus hésitant ;


"M'avez-vous fait de véritables reproches ou vous répugnez simplement à répondre à mes questions? Vous savez que vous n'avez aucun obligation à satisfaire mon insatiable curiosité... Si la conversation vous cause une gêne quelconque, vous n'avez qu'à le dire plutôt qu'à manoeuvrer pour me mener sur les pentes glissantes de l'incertitude."


C'était le dernier coup qu'elle lui assénait. Naomeïra s'éloigna légèrement, de crainte de le voir exploser de fureur et déverser sa hargne sur elle. Ses yeux bleus le fixaient non sans crainte.
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Lun 26 Oct 2009 - 18:30

  • Puisque les sautes d’humeur de Bogrin commençaient à devenir un peu inappropriées, il perçut enfin qu’il s’était trahit depuis le début. Elle avait beau présenter ses plus « plates » excuses, bien qu’elle n’en pensait certainement aucun mot, Bogrin comprenait enfin à comprendre pourquoi il était hors sujet depuis le début. Au lieu de réagir en l’envoyant férocement promener, comme l’aurait fait une personne de son rang en temps normal, il avait engagé une discussion.

    Voilà où était l’erreur, il ne pouvait reprocher à Naomeïra d’être un peu trop curieuse puisqu’il avait lancé cette petite distraction. C’était un peu ça aussi Bogrin. Il était un peu trop lunatique et impulsif. Il part dans un dialogue et ne s’en dépêtre jamais, parce qu’il attire la méfiance et la curiosité de son interlocuteur du fait de son attitude pour le moins étrange.
    En fait, il aurait dû dès le début garder son statut de « sadique mangeur de bébés » et Naomeïra aurait été un peu moins gourmande. Elle avait quelque peu dévoré la répartie du Général, et il se retrouvait penaud devant une courtisane bien plus jeune que lui.
    Ah ! Si la discussion avait porté sur la guerre, il aurait été intarissable et surtout beaucoup plus cohérent. Là, plus rien n’avait vraiment de sens dans ce qu’il disait.
    En plus, s’il changeait d’attitude et prenait un ton trop poli, elle aurait pu croire qu’il était désorienté. Il était naturellement hors de question qu’il se taise face à une petite gens.

    Il reprit un peu contenance et hocha la tête d’un air orgueilleux, il fallait relancer deux trois regards glacés à la courtisane et la faire taire. Il n’allait bien sûr pas l’agresser, même si le faire en pleine rue ne l’aurait pas une seule fois déranger. Il savait que les Humains n’avaient déjà pas énormément d’estime pour les siens, il n’allait pas poignarder dans le dos de Sa Majesté en créant une panique en pleine ville. Il ne voulait de toute façon pas faire de mal à Naomeïra, maintenant qu’il était sûr qu’il s’était fait avoir tout seul !

    Il chercha ses mots quelques instants en fixant froidement son interlocutrice. Elle avait fini de s’excuser et lorsqu’il allait parler, elle reprit la parole, se redressant sur les marches et nouant avec délicatesse ses longs cheveux.

    Elle nota avec une petite pic qu’il ne l’avait pas envoyé promener et qu’il n’avait pas réagit comme une personne de son rang. Piégé, Bogrin parcourut de la tête aux pieds la jeune fille et remonta brusquement dans ses iris. Il eut un long silence et doucement, son visage se fendit d’un sourire radieux, découvrant ses dents blanches. Et là soudain…

    Il explosa d’un grand rire jovial. Se redressa en arrière et secouant les mains d’un air très efféminé. Ce dût être un spectacle complètement anormal, puisque Naomeïra ne devait certainement pas s’attendre à une telle réaction. Mais après tout, Bogrin était aussi instable qu’excentrique. Il apaisa son fou-rire peu à peu et reprit contenance. A nouveau il jeta tout son regard dans celui de Naomeïra.

    « C’est vrai. Je pourrais tout à fait vous congédier en prétextant que vous m’importunez. Ceci dit, vous êtes distrayante. Tant qu’à faire je préfère m’ennuyer avec vous que seul, même si Sa Majesté trouverait mon geste très stupide. Sur certains points, d’ailleurs, j’ai retrouvé quelques petits aspects irritants de votre personnalité, que Monseigneur San’Veck avait évoqué auparavant. »

    La remarque était facile, mais elle lui semblait tout à fait justifiée. Remettre un peu d’ordre dans ses idées en raillant la jeune femme était pour le moment la meilleure chose à faire.
    Une fois cela fait, il pouvait à nouveau reprendre la discussion de départ et changea alors complètement de sujet.

    « Bien. Sur ce, revenons à notre principal sujet. Continua t-il. J’ai ouïe dire que la Conseillère Calidra plaçait beaucoup d’espoir en vous pour suivre son parcours pour le moins…courageux. N’êtes-vous point un peu trop jeune ? J’entends par là que malgré votre évidente maturité d’esprit, la simple courtisane que vous êtes a-t-elle vraiment sa place auprès de Sa Majesté ? Surtout sachant qu’en vous coule le même venin de femme que dans celui de Dame Van’Gil… »

    Bogrin savait pertinemment qu’il reprenait exactement les mêmes termes misogynes du Seigneur San’Veck. C’était en réalité un peu inconscient, puisqu’il avait trop longtemps été le bras droit du monarque, il adoptait désormais une attitude plus dure envers la gente féminine.
    Si son Roi avait été près de lui, il lui aurait adressé l’une des rares phrase de félicitation qu’il eut jamais entendu.
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Lun 26 Oct 2009 - 21:54

Naomeïra s'était préparée à toutes éventualités ; qu'il bondisse sur elle pour l'étrangler, qu'il la gifle, qu'il parte sans plus rien dire, qu'il soit aussi cruel et enfantin que le Roi, mais au lieu de cela il partie d'un grand rire qui la fit d'abord sursauter avant de totalement la déstabiliser. Elle le regardait, le regard remplie d'incompréhension, mais un sourire tout de même amusé sur les lèvres. Elle ne voyait pas vraiment ce qu'elle avait dit qui pouvait l'avoir mis dans un tel état. Une chose était sûre ; un aspect souvent évoqué de sa personnalité se révélait. Il était instable et imprévisible. La jouvencelle attendit patiemment qu'il se calme avant qu'il entreprenne de lui répondre par autre chose qu'un rire aussi tonitruant qu'incompréhensible.

Naomeïra ne savait pas si elle devait être touchée ou non qu'il veuille bien "s'ennuyer avec elle". Il enchaîna en lui mentionnant qu'il lui avait aussi trouvé quelques côtés irritants. La jouvencelle ne fit qu'hausser les épaules. Depuis bien longtemps elle avait cessé de vouloir plaire à tous. Les gens trouvaient qu'elle était de bonne conversation en privée et dans les petits salons, mais qu'elle n'avait aucun talent pour les mondanités, la superficialité et les courbettes bien exécutées. Naomeïra n'y pouvait rien. C'était plus fort qu'elle ; tout ce qui se rapportait aux petits jeux de cours lui mettait l'estomac à l'envers et lui nouait la gorge. Cette sensation désagréable était d'autant plus vrai lorsque le Roi était concerné. Naomeïra n'avait, en fait, rien contre le Roi, mais l'attitude de ce dernier à son égard avait créé une sorte de rivalité et de haine qui n'aurait, normalement, jamais existé.

Sarconie lui avait raconté mille histoires sur la magnifique Reine Elessa et le vide qu'elle avait décédé, ce jour-là en mourant sans les coups de l'ennemi. Naomeïra savait qu'avoir le nom de "Elessa" comme deuxième prénom serait un fardeau toute sa vie, car elle devrait toujours se montrer à la hauteur sinon plus haut que les attentes que les gens avaient. Le temps n'avait rien arrangé, au contraire. Elle avait été maudite d'un visage presque identique à celui de la défunte souveraine bienaimée. Cela avait grandement contribué à la haine d'Erendil contre elle. Selon les dires de sa tante Sarconie, Erendil n'avait guère d'admiration pour la gente féminine... sauf une personne ; sa mère. Naomeïra avait alors compris toute la hargne que pouvait avoir le souverain. Elle-même qui avait perdu sa mère comprenait à quel point il était douloureux d'en être séparée. Elle avait même songé à se voiler en permanence afin de ne plus affliger Erendil du fantôme de sa mère chaque fois que leurs routes se croisaient, mais elle n'en trouva pas la force. Ce n'était pas de sa faute à elle non plus et si elle avait fait l'effort de comprendre la situation d'Erendil pourquoi ne pourrait-il pas en faire autant de son côté? Il était peut-être Roi, mais cela lui donnait-il réellement le droit de la traiter ainsi comme la dernière des catins de bas étages?

Naomeïra écouta le Chef des armées qui revenaient à un sujet plus posé et sécuritaire. Elle ne put s'empêcher d'avoir un sourire en le voyant manoeuvrer maladroitement pour la mener à une autre discussion. Elle abandonna cependant l'idée de lui faire cracher des informations par simple respect pour les efforts qu'il faisait à tenir une conversation avec elle malgré l'aversion qu'avait leur Souverain à son égard. La jouvencelle ferma les yeux deux secondes avant de répondre :


"Vous partagez donc avec notre Roi cette animosité envers les femmes... Vous devez avoir vos raisons. Dame Calidra et ma tante placent beaucoup d'espoir en moi, mais je ne sais pas si ce chemin qu'elles dessinent pour moi me plaît vraiment. Elles détestent les hommes tout autant que notre Roi déteste les femmes. Je n'ai pas envie de vieillir et de devenir aigre et snob, sans considération quelconque pour le sexe opposé. Si les autres ont envie de vivre ainsi, soit. Tout ce que je désire pour mon destin c'est de vivre chaque seconde avec intensité... comme si la fin du monde était toujours à mes trousses. Il n'y a rien de plus enivrant que de vivre heureux."

Naomeïra eût un petit rire chantant avant de descendre les quelques escaliers qui la séparait de la terre ferme. Le vent jeta une mèche doré devant ses yeux et elle l'a chassa d'un geste gracieux. La jeune fille fit volte-face vers Bogrin, le regard pétillant de joie et son visage éclairé par son allégresse.

"N'y a-t-il rien au monde qui vous fasse sentir si bien que jamais vous ne voudriez que cela s'arrête? Moi j'ai l'impression de vivre ainsi en permanence... Ou presque. Mais le soleil ne peut pas toujours briller. Il y aura toujours quelques nuages pour venir le perturber dans son rayonnement chaleureux. Vous qui êtes militaire... Les combats ne vous fascinent-ils pas?"

Naomeïra fit quelques gestes gracieux des mains puis fit apparaître deux adversaires fantomatiques échangeant des coups avec hargne et puissance. L'un était armé d'une épée bâtarde et l'autre d'une hache. On entendait, comme dans le loin, leurs rugissements à chaque coups portés et reçus. L'un d'eux, celui avec la hache, prit son élan. La jouvencelle s'abaissa souplement juste au moment où l'arme allait la transpercer. Elle souffla ensuite doucement en leur direction et les deux formes s'évanouirent lentement. La jouvencelle joignit les mains derrière son dos, se retournant vers Bogrin avec un sourire radieux afin de constater si cela lui avait plu ou pas.
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Mar 27 Oct 2009 - 17:52

  • De l’animosité envers les femmes ? Des aprioris plutôt liés aux idéaux de son monarque et qui ont fini par quelque peu influencer Bogrin. C’est ce qu’il aurait répondu sèchement s’il avait ouvert la bouche, mais il s’était contenté d’écouter poliment ce que la courtisane racontait. Le constat lucide et avenant de la jeune femme était honorable. Malgré la haine dont elle faisait l’objet, notamment à cause de son physique qui était en vérité le principal problème, elle ne désirait pas reporter cette haine sur le sexe opposé. Elle désirait de pas reproduire l’attitude dure de Sa Majesté envers elle. Rien ne parut sur le visage de Bogrin, mais au fond de lui-même, il ne put s’empêcher de sentir naître une certaine sympathie pour la courtisane. Il fallait reconnaître qu’elle était incroyablement solide et forte, parce qu’elle subissait les foudres du roi sans trop broncher et ne cédait à aucun moment. Malgré tout cela, elle continuait d’éprouver de la joie, et manifestait une envie de vivre intacte.

    Son regard vif et lumineux lui caressait les joues, il sentait le vent saisir la chaleur et la vie de ce beau regard d’azur pour le jeté sur celui froid et dur de Bogrin. Il ferma les yeux l’espace d’un instant, inspirant doucement dans l’air. C’est vrai, il fallait reconnaître que la courtisane n’était finalement pas si bête, pas si ennuyante, au contraire même, elle était distrayante au possible. Bogrin s’était rassit sur les marches lorsqu’elle la jeune femme s’était relevée et qu’elle avait posé ses questions d’un ton joyeux. Il reconnaissait, oui, oui ! Même lui, le général des Armées Orthodoxes, reconnaissait officieusement que la jouvencelle n’était pas si bête, pour une femme. Naturellement, il était hors de question de le lui faire savoir, et encore moins d’en présenter la preuve à Sa Majesté. Il se contenta de rester, comme à l’accoutumée, de marbre face à tout, sauf ce qui l’amusait. Comment comprendre un être aussi complexe, déchiré entre deux races et incohérent dans ses humeurs ?

    Il observa le petit spectacle de magie de la sorcière avec un air las, mais en vérité il trouvait qu’elle maniait la mana avec dextérité. Naomeïra avait toujours eut un don pour la magie, Sa Majesté ne l’avait d’ailleurs jamais nié.

    Il s’avachit sur les marches, l’air désinvolte, pendant qu’il s’amusait intérieurement du petit théâtre de marionnettes fantomatiques. Il sortit de sous une de ses plaques d’armure, une longue et fine cigarette totalement blanche, et la posa entre ses lèvres. D’un geste gracieux de la main droite, qu’il ouvrit en éventail, il fit glisser une flamme dans sa paume jusqu’à son doigt effilé et embrasa la cigarette. La fumée du tabac se mit à danser dans l’air, devant son visage sévère et il tira une bouffée de cette dernière. Bogrin avait toujours fumé parce qu’il trouvait cela très chic, et en grand excentrique qu’il était, il aimait toujours se faire remarquer par ses habitudes quelque peu spéciales.

    Lorsqu’il cracha la fumée, il forma d’une légère concentration une épée qui se mit à tournoyer en direction de Naomeïra. L’épée partit filait tout droit sur la sorcière, mais au dernier moment, elle s’évapora aussi vite qu’elle était venue.

    « Très jolie petite démonstration, Mademoiselle Garish’tar, commença t-il, on m’avait toujours dit que vous étiez adroite dans ce domaine. Je peux croire ce que l’on m’a dit, maintenant. Pour ce qui est de la guerre… Bien sûr que j’aime, c’est pour quoi j’en ai fait mon métier. Chaque combat est pour moi tout un art. Je n’irai pas jusqu’à la fascination, le terme me paraît trop fort. En revanche, je parlerai de passion. La Stratégie de guerre et l’art de la bataille sont pour moi des activités hautement respectables, au même titre d’ailleurs que les activités dites intellectuelles. En cela oui, je crois pouvoir affirmer, que je vis un peu grâce à ces…quelques…distractions. »

    Un sourire bref se dessina sur ses joues. Il trouvait enfin un équilibre dans la conversation avec la courtisane, et pouvait se féliciter d’avoir reprit le contrôle de ce qu’il croyait contrôler au départ. Il valait mieux discuter tranquillement de guerre et de magie, que de repartir sur la pente glissante de la théorie du pantin.
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Mer 28 Oct 2009 - 3:34

Naomeïra fut plutôt ravie de voir son interlocuteur revenir à une attitude un peu plus avenante et moins glacée. Son sourire ne se défit pas une seconde, s'adoucissant au contraire en voyant Bogrin se détendre tranquillement. Ses mains se joignirent dans son dos puis elle vit l'épée de fumée approchée d'elle rapidement. La jeune fille plissa des yeux amusés et invoqua une variante du sort des Épées célestes. Elle pivota sur elle-même, les épées faisant de même puis joignit ses mains comme en prière, mais à l'horizontal. Elle fit un pas agile vers l'avant, séparant ses mains en des arabesques gracieux. Les deux lames fendirent l'air avec un petit souffle pour disperser l'épée alors qu'elle la touchait presque. La jouvencelle l'écouta attentivement, faisant quelques mouvements des doigts, ce qui faisait immédiatement réagir les lames qui dansaient en un sombre ballet autour d'elle. Lorsque Bogrin se tut, elle plaça les lames face à elle. L'un d'elle semblait être l'arme d'un ennemi invisible tandis que l'autre était la sienne. Un silence passa puis les deux lames se mirent à s'entrechoquer en de langoureux gémissements de l'air. Nul bruit de métal. Et pendant que les deux épées se battaient, agilement manipulées pas la jeune fille, cette dernière déclara :

"Aussi fou que cela puisse paraître, j'ai toujours voulu apprendre à me battre... Mais... Mon père disait que ce n'était pas digne d'une jeune fille de mon rang tandis que ma mère craignait que je ne me blesse. Ils disaient sans doute vrai, mais le désir n'écoute que rarement la raison. Surtout lorsqu'il est si vif."

Naomeïra parvenait à recréer de façon bien réaliste un combat singulier avec ses parades et ses esquives. Puis elle soupira en laissant ses bras retomber de chaque côté de son corps frêle. Les deux épées disparurent en s'entrechoquant pour une dernière fois. La jouvencelle monta les escaliers en relevant légèrement sa robe d'une main afin de ne pas marcher dessus. Elle s'assit une marche plus bas que son compatriote orthodoxe, en diagonal. Les jambes repliées ensemble, les mains posées sur ses cuisses, elle avait l'air d'une enfant sage qui attend avec impatience sa leçon. Puis elle lui dit, comme si elle n'avait pas parlé depuis qu'il s'était adressé à elle :

"Il me fait plaisir de voir que vous appréciez mes quelques talents en magie. Vous dites que la guerre vous passionne, mais ne vous fascine pas? Pourtant, il me semble que la passion entraîne la fascination. Ce qui nous enflamme ne devient-il pas l'objet de la plus grande partie de nos pensées? N'occupe-t-il pas une place plus importante? Cela représente donc une sorte de fixation. Rien de malsain, du moins pour la plupart d'entre nous."

La courtisane posa un coude juste au-dessus de son genou et posa sa joue au creux de sa paume, l'air contemplative malgré son regard qui s'enflammait de plaisir. Ses joues avaient conservé le rose dû au vent qui avait fouetté son visage lors de la course folle qui l'avait mené jusqu'à Yswllyra. Naomeïra sentie la brise se lever tranquillement pour venir glisser ses doigts froids le long de son visage et dans ses cheveux dorés. Elle inspira profondément, ses paupières se fermant tout doucement comme pour mieux goûter la caresse du vent pendant le bref moment où il souffla. Puis, sans relever son visage de sa main, elle tourna la tête vers Bogrin.

"Il y a-t-il jamais eu une seule chose que vous ayez brûlé de faire et pourtant de vous être retenu?"

La question était posée sur un ton tout à fait banal, près de l'innocence. Naomeïra le contemplait avec sincérité, détaillant ses traits. Il avait un petit quelque chose d'étranger. Elle avait entendu dire quelques fois que son géniteur était un elfe. Plutôt difficile à croire en voyant l'homme qu'il était devenu. Pourtant, ses traits étaient métissés. Il avait son charme. Peut-être était-ce tout ce mystère qui semblait le nimber en permanence ou bien sa façon de passer d'une expression à l'autre sans intermédiaire qui lui donnait ce charisme presque hypnotisant. Naomeïra se rendit soudainement compte de son regard un peu trop direct et scrutateur. Sans doute avait-il su lire quelques-unes de ses pensées par ses iris bleutés.

"Oh... euhm... Pardon. C'était peu discret de ma part."

La jeune fille se racla la gorge tout en détournant son visage qu'elle libéra de sa main.
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Bogrin Gilad
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MessageSujet: Re: L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]   Dim 22 Nov 2009 - 10:57

  • Sa petite démonstration magique et le faux duel à l’épée céleste était fort divertissant. Le roi avait beau l’a rabaisser et la haïr autant que faire se peut, restait clair que Naomeïra était une bonne magicienne, et qu’un jour ou l’autre, Sa Majesté en prendrait conscience. Il fut quelque peu surpris par le désir ardent d’apprendre à se battre venant d’une si jeune fille. C’était quelque peu étrange bien que possible. Il sourit en l’imaginant tenir une lourde épée et hurlant de rage à la manière des terribles amazones. Nan, cette jeune femme n’avait rien d’une guerrière, même si elle aspirait ardemment à l’être. De toute évidence, les misogynies du Seigneur Erendil rendaient les femmes avides de liberté et de dépendance. Un jour, se promit Bogrin à lui-même, il faudra en toucher mot au Roi, avant qu’il ne perde la partie féminine de son peuple. De toutes façons, c’était peut être déjà fait…

    - Bien sûr. Il m’arrive de désirer des choses et de me retenir, je suis humain quelque part, semblable au peuple.

    Bogrin sentit le regard lourd et analyseur de Naomeïra lui glisser dessus avec insistance. Il tourna son regard froid sur le sien. Elle semblait l’examiner, même si son air innocent aurait convaincu pas mal de monde. Bogrin, lui, ne se laissait pas avoir par ce doux regard, sachant parfaitement que la magicienne n’était pas si innocente que cela. Il mâcha sa réponse discrètement dans sa bouche, intrigué par le regard poussé de la jeune fille… Il marmonna froidement une réponse brève, ne lâchant plus Naomeïra des yeux.

    - Par exemple, si je m’étais écouté, je vous aurais giflée pour insolence envers un supérieur hiérarchique. Cependant, je ne vous ai pas encore touchée, et je n’ai donc pas satisfait mon désir.

    Un sourire carnassier se dessina sur le visage sombre et froid du Général. Il aimait bien joué sur les réactions des gens, la jeune sorcière le savait bien, puisque c’est ce qu’il faisait depuis le début de leur conversation. Il se redressa lorsque le vent balaya la cour doucement, secouant ses cheveux blonds d’une frêle bourrasque. Les beaux jours allaient revenir, c’est ce qu’il espérait malgré le froid.

    Les portes du palais de justice s’ouvrirent lourdement et en sortir quelques personnes vêtues de capes luxueuses. La séance devait être finie pour aujourd’hui. Il se retourna vers la sorcière et salua poliment. Il fit un sourire gracieux et mystérieux et murmura à l’attention de Naomeïra :

    - Mademoiselle Garish’Tar, merci pour cet agréable moment en votre compagnie. Je dois désormais retourner à mes affaires.
    Que le reste de la journée vous soit doux.


    D’un pas élégant et léger, il disparut à l’intérieur du bâtiment. Sans plus regarder la jeune sorcière aux cheveux de blés.
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L'ami du Roi et son ennemie [PV Bogrin *]

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