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 Entrevue singulière et Confidences inattendues [Alphaïde *]

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Telak Firdor
Poigne Dure
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MessageSujet: Entrevue singulière et Confidences inattendues [Alphaïde *]   Sam 5 Déc 2009 - 23:00

Douzième Semaine

L’atmosphère lourde et pesante qui régnait chaque nuit dans la Tour Sombre, demeure sinistre de la famille impériale, s’était comme à son habitude imposée d’elle-même après le coucher du soleil. Les habitants du palais avaient revêtu leurs masques lugubres et leurs langues s’étaient liées, comme si la moindre parole proférée pouvait être lourde de conséquences. Les déplacements futiles se faisaient rares. Lentement, la Tour s’endormit et les lumières s’éteignirent peu à peu. Mais au beau milieu de la nuit, à l’étage réservé à la Cour du Seigneur Nordique, dans la plus petite chambre, une bougie fut rallumée. A l’intérieur de la pièce, Telak, le garçon aux origines mystérieuses, était assis en tailleur sur son lit, fixant le volatile au plumage sombre qui était posé sur le rebord. Ses croassements mornes et inquiétants avaient fini par avoir raison de la fatigue de l’orphelin qui s’était réveillé, après plusieurs tentatives pour faire taire l’oiseau. Hugin avait donc fini par cesser son vacarme et observait à présent d’un œil critique le garçon. Les pupilles de ce dernier prirent une teinte étrange et une flamme sembla venir danser dans son regard, tandis qu’il scrutait un point fixe quelconque. Comme en transe, il était hermétique à ce qui l’entourait et aux sons qu’émit à nouveau le corbeau. Finalement, la flamme s’éteignit comme elle était apparue et Telak se leva, ramassa quelques affaires et les fourra dans une espèce de baluchon. Le même que celui qui lui avait servi lorsqu’il était parti rejoindre Siran. Il se rhabilla promptement et se dirigea ensuite vers la porte qu’il ouvrit doucement, après avoir sifflé son compagnon volant pour qu’il vienne le rejoindre. Celui-ci voleta jusqu’au sommet de son crâne où il se posa. Telak sortit dans le couloir, ferma la porte de sa chambre et se dirigea sans hésitations au travers des couloirs. Il ne chercha même pas à cacher sa présence, sachant qu’ « Il » veillerait au bon déroulement de son escapade. « Il » lui avait à nouveau parlé, tout aussi sommairement que la première fois. « Sa » voix avait résonné dans sa tête et ce fut comme la délivrance que Telak avait attendu depuis son retour. Il n’aurait pu en expliquer la raison, mais il avait attendu un signe de « Sa » part depuis des jours. Il avait besoin de l’entendre, de savoir qu’ « Il » était là.
L’orphelin atteignit l’entrée sans rencontrer aucune difficulté. Il gagna la cour intérieure et se rendit dans les écuries, en évitant soigneusement les gardes postés. Il se dirigea jusqu’à un box où semblait l’attendre un puissant Sleipnir, Bourrasque, la monture qui l’avait déjà emmené à l’Ouest du continent. Ce dernier paraissait réjoui et piaffait d’impatience. Telak le fit sortir de son enclos et l’harnacha convenablement. Il conduisit sa monture jusqu’à l’extérieur, évita à nouveau les soldats, parvint à quitter le château, sous le regard insoupçonné du Seigneur Nordique qui l’observait du haut de sa Tour. Telak gagna rapidement les portes de la ville qui, étrangement, n’étaient pas surveillées … Il eut un petit sourire ironique. « Il » veillait effectivement sur lui. Une fois l’entrée dépassée, l’orphelin talonna son destrier qui s’élança au triple galop, suivi de loin par le corbeau qui s’était envolé. Ils parcoururent des kilomètres et des kilomètres, sans jamais s’apercevoir que le Seigneur Nordique avait réussi à faire suivre sa pupille par ses plus redoutables espions …


Treizième Semaine
Premier Jour
Matinée

Le temps était clément en cette matinée du premier jour. Le soleil brillait déjà de son plus bel éclat et parvenait à réchauffer peu à peu les terres encore gelées du Gwendir. C’était une magnifique journée qui s’annonçait et Telak était confiant. « Son maître » avait dû s’arranger pour que les conditions soient les plus favorables possibles. Il avait réussi à atteindre sa destination rapidement, et dans quelques heures tout au plus, il serait sûrement arrivé au Palais des Nymphes. Car là était précisément son objectif : le cœur de la douce Alphaïde. L’adolescent n’avait pas encore réfléchi au moyen qu’il emploierait pour s’approcher de la Reine, mais il était confiant. Extrêmement confiant. Le curieux cortège parvint sans encombre à destination et Telak ne put que s’émerveiller en visualisant le château. Il était tellement différent de la triste et sinistre Tour d’Yswllyra, gracieux et raffiné, à l’image de la suzeraine qui y habitait. Lorsqu’il fut dans la cour intérieure, une jeune nymphe vint à sa rencontre et lui proposa de prendre soin de sa monture tant qu’il visiterait les lieux. A la fois étonné et satisfait, l’orphelin concéda à abandonner Bourrasque aux bons soins de l’enfant de Jord et se mit en quête de trouver la Reine. Il fut surpris de ne pas voir de gardes comme il y en avait à Yswllyra. Il y avait certes des Nymphes qui semblaient surveiller le château, mais elles ne ressemblaient en rien à l’idée qu’on pouvait se faire de soldats. Telak se réjouit de cette nouvelle, estimant qu’il en serait d’autant plus facile d’approcher la Reine.

Poussé par un sixième sens pointu, Poigne Dure se dirigea au cœur du Palais et finit par gagner les Jardins, fierté emblématique du peuple de Jord. Il resta quelques secondes, prostré, à contempler le paysage qui s’offrait à ses yeux. Il avait lu de nombreux articles sur ces célèbres jardins et avait pu obtenir quelques gravures, mais jamais il n’avait pu imaginer la somptuosité des lieux, tant elle était invraisemblable. Au centre, il pouvait voir un immense arbre aux couleurs singulières, et un peu en retrait, un bâtiment imposant qu’il devina être le Temple. Il décida de marcher dans la direction de l’édifice, intimement convaincu qu’il pourrait trouver ce qu’il cherchait. Après une trentaine de pas, il vit la personne pour laquelle il était venu, assise sur un banc en compagnie d’autres Nymphes. Il s’approcha et attendit à quelques mètres. Quelques unes des dames de compagnie de la souveraine se tournèrent vers lui et furent prises d’un malaise certain. Hugin, qui s’était laissé distancé un peu plus tôt choisit ce moment pour venir retrouver son maître et se poser sur sa tête. Il poussa un croassement sonore, intimant à toutes les Nymphes de se retourner. Le regard de la Reine se posa sur l’orphelin à l’aura sombre et celui-ci s’inclina doucement, sachant pertinemment qu’elle l’avait reconnu :

« Votre Majesté, il est agréable de vous surprendre de si bon matin dans un cadre idyllique comme celui-ci. »
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Alphaïde
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MessageSujet: Re: Entrevue singulière et Confidences inattendues [Alphaïde *]   Lun 21 Déc 2009 - 17:00

Bientôt, il lui faudrait partir. Ce voyage en terre amazone qui ne pouvait être repousser. Bientôt. Mais pour encore quelques jours, elle pourrait profiter du soleil se levant sur ses jardins, de cette douce lumière qui irisait l'eau sur les pétales, de la frêle chaleur qui tentait de vaincre le froid.

Peu après s'être levée, la reine avait entrainé ses dames au temple de Jord. Puis elles avaient marché dans les jardins alentours, profitant des fleurs, s'asseyant, se relevant pour quelques pas... Les coloris de leurs épaisses étoffes, le babillage léger de leurs conversations les faisaient ressembler à un bouquet de papillons voletant dans le froid.
La reine, sans y participer, écoutait d'une oreille rieuse ces discussions futiles. Sans que l'on sache vraiment pourquoi, l'ambiance était détendue, légère, pour ne pas dire joyeuse ce matin sur ce banc. Peut-être les Nymphes en avaient-elles assez d'avoir peur, tout simplement. Peut-être leurs nerfs, si peu habitués à être aussi tendus, avaient-ils préférés se détendre plutôt que de craquer. Peu importe. Il semblait que le redoux amené par cette nouvelle semaine avait libéré quelque peu l'esprit des enfants de Jord et c'est avec plaisir qu'Alphaïde le constatait.

Elle-même était plus calme. La visite d'Eluthiel avait joué un grand rôle dans cet apaisement, elle le savait. Elle se sentait moins tendue, moins perdue. Le précipice vers lequel elle avait l'impression de s'acheminer avait reculé. Cette neige qui tombait, cette interminable chute qui occupaient ces rêves de temps à autre, elle ne les voyait plus depuis quelques jours. Même si elle savait que les problèmes du monde ne tarderaient pas à l'assaillir de nouveau, pour cet adoucissement de l'âme, elle avait voulu se rendre au temple ce matin, remercier Jord la Bienveillante.


Alors qu'elle souriait de voir une jeune Nymphe de sa suite s'extasier devant les ailes bleu velours d'un papillon, une onde de malaise passa, suivi instantanément d'un croassement impérieux. La reine, comme toutes les Nymphes, se retourna.
Ses yeux ne pouvaient oublier la frêle silhouette sombre surmontée d'un corbeau qu'ils rencontrèrent. Des images d'Yswllyra lui revinrent en tête : la Tour sombre d'Ardiosis, le bleu sépulcral de ses yeux, les paroles incongrues d'un adolescent, ... Il avait disparu sur un balcon et elle ne l'avait plus revu de la soirée. Elle ne l'avait pas cherché d'ailleurs, le Seigneur nordique l'ayant prise par la taille pour l'enlever dans un coin de la pièce. Elle revoyait les détails, elle entendait les sons : cette soirée qui semblait si lointaine lui revint avec force à la vue de cette ombre.

Ils ne s'étaient parlés qu'une seule fois, et encore, il lui avait glissé un mot plus qu'autre chose. Et pourtant, elle l'avait immédiatement reconnue et il le savait. Comme si de rien n'était, sans paraître comprendre le malaise qu'il provoquait, il la salua. Le corbeau qui l'accompagnait battit des ailes sans s'envoler. Alphaïde pensa l'espace d'un instant à cette autre personne étrange qui était venue la voir. A cette dame Daline, qui lui avait révélé de biens troublantes choses et qui elle aussi était accompagnée d'un oiseau.
Mais le corbeau qui accompagnait le jeune homme était aussi sombre que lui, aussi ténébreux que le phénix d'Helvea était flamboyant.

Une bourrasque glaciale enserra le cœur d'Alphaïde. Sous ses fourrures bleutés, la reine frissonna. Ce garçon qu'elle ne connaissait pas dégageait quelque chose d'inquiétant. Elle avait parlé à peu de monde pendant son séjour à Yswllyra, d'ailleurs peu de monde parlait à la Cour des Hommes, mais elle avait très bien compris l'importance qu'attachait Ardiosis à cet être. La façon qu'il avait de le suivre du regard, la façon que les autres avaient de fuir sa présence et de se mettre à chuchoter comme des comploteurs dès qu'il partait. Jamais elle n'avait entendu prononcer son nom. Pourtant on disait tout et n'importe quoi sur lui,des choses inquiétantes, toujours.
Que venait-il faire ici ? Que lui voulait-on encore ? Quels problèmes cette venue annonçait-elle ?

Pourtant, comme souvent lorsqu'il s'agissait des Hommes, Alphaïde se sentait pousser par une grande curiosité. Peut-être devrait-elle tourner les talons et partir donner l'alerte, chasser ce visiteur trop gênant. Mais au travers son angoisse, elle lui gardait sa curiosité. Ce qu'il avait à dire, elle l'écouterait.
Alphaïde se leva et tendit les mains vers le visiteur, l'invitant à se relever. Autour d'elles, ses dames avaient fait cercle malgré la peur qui avait brisé net leurs rires et leurs babils.

Je suis bien aise que vous trouviez mes jardins à votre goût. Il est certain que le Bois sombre est considérablement différent d'Yswllyra.
Quant à la surprise, elle est certaine... néanmoins, soyez le bienvenu sur les terres de Jord.


Elle se retourna vers la plus âgée des nymphes, la moins impressionnable aussi.
Haoïda, rentrez donc au Palais. Prenez ces dames avec vous et commencez donc à voir ce qu'il me faudra pour le voyage.
a nymphe s'inclina, aussitôt imitée par les autres. Bien que réticente à laisser leur reine en si lugubre compagnie, elles ne discutèrent pas l'ordre. Elles allaient partir quand Alphaïde retint l'une d'elles par la manche et lui glissa doucement :
Inutile d'alerter tout le palais pour cela, Haoïda.

La pauvre Nymphe acquiesça, tremblante à l'idée de ce qui pourrait arriver. Elle n'alerterait pas le Palais certes, mais elle irait en toucher un mot à quelqu'un, un Conseiller, un ministre, pourquoi pas la Grande Prêtresse. Hors de question de porter cette responsabilité seule.


Alphaïde attendit d'être seule avec le voyageur pour se rassoir. Elle le regardait avec curiosité, intérêt et sans savoir pourquoi, une pointe de malaise et d'angoisse. Et ce n'est qu'après quelques minutes qu'elle reprit :Soyez le bienvenu sur les terres de Jord, vous qui revenait de si loin dans ma mémoire et dont je ne sait rien, même pas le nom.
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Telak Firdor
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MessageSujet: Re: Entrevue singulière et Confidences inattendues [Alphaïde *]   Sam 2 Jan 2010 - 17:00

La douce Reine, fragile comme le roseau qui vacille face au vent mais courageuse comme l’oiseau qui s’attarde un matin d’hiver, avait reconnu l’orphelin qui s’était invité dans son jardin, telle une ombre malfaisante, un intrus indésirable qui annonce l’orage et le tonnerre. Le jeune garçon s’était incliné docilement, complimentant la suzeraine entourée à présent de Nymphes soucieuses et apeurées. Un voile de glace avait enserré l’esprit rieur des enfants de Jord, leur intimant de cesser leurs babillages insouciants, mais la Reine s’était levé. Malgré la crainte que lui inspirait l’enfant ténébreux, elle l’invitait à se relever, les bras ouverts avec bienveillance et compassion. Il était le bienvenu en ces terres et la surprise engendrée par sa venue n’entravait nullement la confiance et l’assurance d’Alphaïde Elwing, la deuxième plus jeune monarque du Gwendir. Au lieu de se relever, Telak s’inclina davantage, profondément et respectueusement, un sourire s’étirant sur ses lèvres bleuies. Un sourire presque carnassier, penserait certainement la suite de la souveraine. Lorsqu’il concéda à se redresser, ce fut pour apercevoir la jeune femme chuchoter à l’oreille d’une de ses dames de compagnie, la dernière restée à ses côtés après qu’elle les eut toutes congédiées. Après avoir lancé un regard mêlant mille émotions, à la fois suppliant, menaçant et provocateur, à l’étrange garçon, cette dernière quitta à regret sa reine, jetant longuement des coups d’œil par-dessus son épaule tandis qu’elle regagnait le chemin de la civilisation. Alphaïde, si elle était effrayée ou impressionnée, ne le montra nullement et réitéra son accueil à l’égard de son visiteur, tout en regagnant le banc précipitamment abandonné. Telak, lorsqu’il fut assuré que le regard de la reine portait dans sa direction, attrapa le volatile perché sur sa tête et l’envoya en l’air. Mécontent, ce dernier s’envola loin, jusqu’à ce qu’il ne soit plus visible pour les deux individus qui le regardaient partir.

« Puisque vous congédiez les vôtres, j’en fais de même. Nous serons ainsi plus tranquilles.

Les yeux pétillant de malice, il s’approcha doucement de l’endroit où la Nymphe s’était assise, sans se montrer trop audacieux dans sa démarche. Curieux, il pencha la tête pour observer la jeune femme. Elle était belle à sa façon, délicate et fraîche comme la fleur qui s’épanouit dans la lumière du matin. Ses yeux sombres contrastaient avec sa peau de nacre et son teint opalescent, leur donnant force et éclat. Perdu dans sa contemplation, l’orphelin mit un temps avant de répondre à la question de son hôte. Sa voix, joueuse et insidieuse, brisa le silence qui venait de s’installer :

- Peu importe le nom. L’érudit ne disait-il pas que ce que nous appelons rose, sous un autre nom, sentirait aussi bon ? Néanmoins, vous pouvez m’appeler comme vous le souhaiter. Les gens ont pris l’habitude de me nommer comme bon leur semble : l’orphelin, l’enfant démon, Poigne Dure ou Telak. Choisissez ce qui vous convient, ma Reine.

Il porta à nouveau son regard sur la jeune femme qui le regardait avec un intérêt grandissant, le même intérêt que celui qu’elle avait manifesté durant la réception organisée par Ardiosis. Elle n’était pas comme les autres souverains, elle était différente. Elle n’était pas non plus comme les autres enfants de Jord, elle était insaisissable aux yeux de l’enfant.

- Vous vous interrogez certainement sur les raisons de ma présence ici. Et il est vrai que ma venue est des plus précipitées, pardonnez-moi. J’ai entendu votre voix dans mon sommeil. Vous doutez, ma Dame. Vous ne devriez pas vous laisser berner par les ombres qui vous entourent.

Malicieux, l’adolescent s’inclina une nouvelle fois, avant de préciser :

- Avec tout le respect que je vous dois, votre Majesté. »
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Alphaïde
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MessageSujet: Re: Entrevue singulière et Confidences inattendues [Alphaïde *]   Dim 10 Jan 2010 - 15:53

Entre eux, le silence se posa. La reine ne pouvait qu'être intriguée par ce fils de Loki : agissant comme si tout ce qu'il faisait coulait de source, il n'était nullement impressionné. Il faisait ce que bon lui plaisait quand il lui plaisait, traversait la moitié du continent pour débarquer à la cour et s'arranger un entretien avec la reine, prenait son temps pour répondre à ses questions.
Non qu'Alphaïde s'en offusqua, elle le remarquait seulement et ce comportement piquait sa curiosité. Qu'elle avait à fleur de peau, d'ailleurs.

Son intérêt augmenta d'un cran quand enfin il consentit à répondre. Son angoisse aussi car enfin, quel garçon de tout au plus 20 ans vous répond calmement, d'un ton détaché et en citant les meilleurs livres que les gens de son peuple le prénomment l'enfant démon ?
Alphaïde le regarda un peu plus intensément : il n'était pas qu'un page à la cour d'Ardiosis, il n'était pas qu'un sujet de l'Empereur. Cet enfant semblait réfléchir trop : trop vite, trop loin ; et en savoir trop : beaucoup trop. Décidément, les Hommes étaient enveloppés d'un mystère qui avec le temps s'épaississait comme un ciel d'orage.

Sans attendre une réaction de la reine, il continua. Pourquoi était-il venu ? Parce qu'il avait entendu sa voix. La reine voulut sourire : ainsi, on entendait sa voix dans les nuits d'Yswllyra. Mais le sourire n'eu pas le temps d'éclore sur ses lèvres et aussitôt mourut dans son esprit.
Elle doutait, lui disait-il. Des ombres l'entouraient. Qu'est-ce que cela signifiait ?
Elle ne le regardait plus, elle scrutait le gouffre sans fond de ses prunelles sombres. Sa dernière phrase, malicieuse, presque moqueuse auraient dit certains, elle ne l'entendit pas.

Puis soudain, ses yeux lâchèrent Telak pour aller se perdre sur le tapis de fleurs devant elle. Elle entrouvrit les lèvres, prête à parler, mais s'abstint. Elle ne savait que penser et ne savait que lui dire. De nouveau le silence en profita pour les isoler du reste de la vie.
Ce n'est qu'après un long moment que la reine répondit, d'une voix basse qui semblait un souffle, comme si elle ne se parlait qu'à elle-même.

Je doute ? Evidemment que je doute. Comme chaque être sur ce continent. Comme chaque être sauf vous peut-être qui semblait si sûr de ce que vous faites et dites, comme si votre dieu lui-même vous souffler dans l'oreille les actes de votre journée. Tout le monde doute, parce que personne ne sait.
L'esprit d'Ardiosis aussi, j'en suis certaine, malgré le poids de la couronne, parfois, ne sait pas où aller.
Tout le monde doute. En ces temps que nous vivons, c'est même le meilleur moyen de savoir que l'on vit.




Elle s'arrêta et ne savait plus très bien si ces mots étaient sortis ou non de son esprit. Peu importe, au fond. Cette conversation étrange dans le froid de la matinée, avec ce garçon : demain, elle ne serait pas sûre de l'avoir réellement vécue tant la situation lui paraitrait irréelle.

Doucement, elle reposa ses yeux sur lui. Cette silhouette sombre qui venait lui dire qu'elle était entourait d'ombre la regardait toujours, à la fois grave et malicieuse.

Je suppose que vous ne courrez pas le continent à la poursuite des gens pour ainsi les conseiller : pourquoi moi alors ?
Ca fait deux fois que vous venez me dire, d'une manière bien sibylline, de ne pas me perdre. A la Tour sombre, je ne devais pas me laisser impressionner ; et maintenant, les ombres qui m'entourent me bernent ?
Mais il me semble que quand je reste chez moi et que personne ne vient y tuer mes sujettes, ma Cour est exempte d'ombres.
A moins que ce ne soit mon esprit qui soit voilé de noir. Et que je me perds dans les limbes de mon imagination.


Un curieux sentiment d'appréhension, de curiosité, d'un je-ne-sais-quoi d'indéfinissable se mélangeait en elle. Et elle n'aurait su dire lequel de ces sentiments l'emportait. Elle était perdue, elle le savait, mais s'efforçait de ne rien en laisser paraître. La reine sourit et se pencha vers Telak.

Ou est la vérité, si elle existe ? Eclairez-moi ? Qui, où sont ces ombres desquelles je dois me défier ?
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Telak Firdor
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MessageSujet: Re: Entrevue singulière et Confidences inattendues [Alphaïde *]   Sam 16 Jan 2010 - 18:40

Les premières paroles de la suzeraine retentirent comme un coup de tonnerre, se brisant contre les parois du silence et apportant avec elles les sonorités du désespoir et de la confusion. Sa voix, parfaitement contenue, semblait néanmoins se briser en mille morceaux. Un voile de tristesse figea les traits de l’orphelin, qui baissa quelque peu les yeux, renforçant par là même la noirceur de l’aura qu’il dégageait. Qui pouvait prétendre qu’il ne doutait pas, alors qu’il ignorait tout de ses origines, alors qu’il semblait osciller entre folie et déraison ? Qui pouvait comprendre ? Il s’était longuement questionné après avoir entendu des voix raisonner dans sa tête, qui ne l’aurait pas fait ? Il était sûrement fou à lié, un de ces souffrants qu’on enfermait pour les guérir. Quelle autre explication pourrait être recevable ? Tout n’était que chimère autour de lui et rien ne semblait réaliste lorsqu’il assemblait les quelques pièces du puzzle que constituait sa vie. Alors, oui, il avait entrepris de ne plus douter et de faire confiance aux dieux qu’on lui avait décrits. Comme il était venu, le voile disparut subitement, laissant place à l’habituel regard sournois et malicieux. La Reine se pencha vers lui et il vint s’installer à ses côtés, ne se souciant guère de l’étiquette. Elle sentait bon mais cela ne l’étonna pas. Les fragrances de son parfum étaient florales, boisées, comme il l’avait imaginé. Ou du moins, comme il s’en souvenait. Il l’observa droit dans les yeux pendant quelques secondes, y cherchant des éléments de réponse. Elle avait peur, mais il crut comprendre dans l’éclat de ses prunelles que ce n’était pas de lui. Non, Poigne Dure pressentait qu’elle appréhendait de connaître la vérité qu’elle réclamait à cœur et à cri. Comme si sa propre curiosité l’entraînait dans un monde sombre dont elle craignait tout, sans pouvoir résister à la tentation, à la fascination qu’exerçaient ces nouvelles possibilités. Toujours en la scrutant de ses yeux noirs, il reprit la parole avec un calme déconcertant.

« Le doute porte chacun de mes pas, mais l’inconscience m’empêche d’y céder. Ou peut être est-ce la folie que vous, habitants de ce monde, vous nommez la Foi ? Cela dit, vous avez raison de me blâmer. La plupart du temps, on me dicte ce que je dois faire.

Il ne s’attarda pas davantage sur le sujet, la raison de sa présence ici n’était sûrement pas de parler de sa personne. Son regard changea. Imperceptiblement sûrement, mais il changea. L’éclat de feu qui y brûlait se consuma pour finalement s’étouffer.

- La vérité est propre à chacun, ma Reine. Et mon rôle n’est pas de modifier votre propre réalité, mais seulement de vous faire prendre conscience de son existence. Les Ombres vous entourent et il vous convient de les discerner. Peut être ne suis-je que l’une d’entre elle après tout ? Seul votre jugement pourra en décider.

Il se leva, tourna le dos à la Nymphe et fit quelque pas, pensif. Pourquoi faisait-il tout ça ? Il n’avait rien à voir avec eux, ce n’était pas son monde. Il en était persuadé. Au fond de lui, et depuis son « éveil », il pressentait qu’il était étranger aux choses qui l’entouraient, n’ayant seulement que la conscience des choses. Il ne sentait pas leur essence, leur importance. Pour lui, tous les êtres, comme toutes les choses, étaient futiles. Il n’était qu’un corps qui s’était perdu. Son esprit était tourné en permanence vers quelque chose d’autre … Avec une lenteur exacerbée, il se tourna vers Alphaïde. C’était son « devoir », et c’était tout ce qui comptait.

- Néanmoins, laissez-moi vous éclairer sur un point. Vous êtes tout sauf insignifiante. Il insista lourdement sur le mot. Sa voix monta d’un cran, comme s’il voulait que ses paroles s’imprègnent dans l’esprit de la jeune femme. Ils vont vous manipuler, tenter de vous rallier à leur cause. Vous impressionner. Ne vous laissez jamais impressionner. Jamais !

Frénétique, l’adolescent avait presque crié le dernier mot. Il se sentait soudain porté par ses émotions, aussi diverses que confuses. Son visage, pour la première ouvert et déchiffrable, se referma aussitôt et reprit toute sa contenance. Il se rapprocha de la souveraine, croisa les bras et ajouta, comme pour conclure :

- Je vous l’ai déjà dit, vous êtes la plus belle des boutures de ce jardin de ronces. Et non la moindre. Vous êtes celle qui fera basculer l’équilibre.

Les derniers mots furent presque chuchotés à l’oreille de la jeune femme et l’éclat de feu se ralluma dans les prunelles du garçon.
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MessageSujet: Re: Entrevue singulière et Confidences inattendues [Alphaïde *]   Jeu 28 Jan 2010 - 22:03

Elle l'avait regardé se lever puis se tourner vers elle comme une poupée mécanique. Lentement. Degré par degré. Elle n'en fut que plus surprise de le voir s'animer.
Sans qu'elle put se l'expliquer, le masque parfait de l'automate des Dieux se fissurait sous ses yeux, en proie à des émotions trop fortes pour lui. Un très bref instant, l'âme de Telak se laissa deviner. Mais aussitôt, l'adolescent reprit contrôle de lui et redevint l'impassible messager.
Qu'importe. Il avait tomber le voile et la vision qu'en aurait Alphaïde ne serait jamais plus tout à fait la même.

Le page au corbeau était la dernière personne chez qui la reine s'attendait à voir un débordement d'émotions. Aussi en fut-elle surprise. Mais l'attitude du jeune homme n'était pas seule en cause dans la sidération d'Alphaïde. Le torrent de ses paroles devait rouler encore longtemps à sa mémoire.
Manipulation, séduction, intimidation. Ces trois mots résumaient parfaitement les relations internationales telles que les voyaient la reine. Elle savait que chacun allait vouloir la rallier sans comprendre réellement quel intérêt ils en tireraient. Ne pas se laisser impressionner... A quelques jours seulement de son voyage chez la reine Idril, nul doute que ces mots allaient revenir souvent à son esprit.

Mais déjà il s'était approché, et murmurant à son oreille, il acheva de troubler la jeune reine. Elle qui s'imaginait à la tête d'un peuple sans histoire, sans intérêt dans les combinaisons savantes et belliqueuses des grands du continent, elle qui ne demandait rien d'autre que la paix pour les Nymphes se voyait destiner un rôle bien plus important par le murmure d'un sombre garçon. Pourquoi ? Pourquoi lui ? Pourquoi elle ?

Alphaïde ne prit même pas la peine d'analyser plus profondément ce qu'elle venait d'entendre. Son esprit abasourdi se contenta de ranger chaque mot, chaque intonation dans un coin, certain qu'il pourrait et qu'il devrait les ressortir un jour. Si bien que la reine resta immobile, assise sur son banc, regardant devant elle un long moment.
Elle était maintenant certaine que jamais il ne lui dévoilerait clairement les choses : untel vous manipule, untel se moque de vous... D'ailleurs, cela était-il aussi évident pour lui ? Non, son rôle n'était pas de l'informer. Son rôle était de l'éclairer, de piquer son esprit mais de le laisser cheminer seul. Il n'y avait qu'elle pour trouver sa vérité. Lui n'était que le passeur.


Elle releva les yeux pour les poser délicatement dans ceux de son interlocuteur avec aux lèvres, le sourire rieur de ceux qui ont découvert une évidence cachée.

Savez-vous que je pars dans quelques jours pour les terres des Amazones ? Je n'ai jamais vu la reine Idril, comme je n'avais jamais vu Ardiosis. Pour l'un comme pour l'autre, vous êtes venu me parler avant, me dire de ne pas me laisser impressionner. Seriez-vous mon bon génie ?

Quoi qu'il en soit, je prendrai garde. Vos paroles resteront dans mon esprit à l'avenir comme elles y sont restées par le passé. Je tacherai de conformer mes actes à mes idées, même si je ne vois pas en quoi l'un ou l'autre pourraient jouer sur le fragile équilibre du continent.


Elle ne voyait pas, n'empêche que ces paroles sentant bon la prophétie lui redonnèrent le frisson. Elle passa outre mais son sourire s'estompa. A sa place, un air sérieux et ouvert s'installa.Elle voulait le remercier d'être venu de si loin pour lui conter conseils mais ne savait comment le dire. Elle se mordit légèrement la lèvre inférieure, sentant que les mots ne reflèteraient pas son état d'esprit. Mais peut-être était-il lui même trop flou pour être dit.


Je crois que chez vous nul ne vous connait réellement. Je crois d'ailleurs que vous même, vous ne vous connaissez pas. Étrangement...


Ce n'était pas ce qu'elle avait prévu de dire. Mais au milieu des remerciements confus, seule la violence des sentiments imprévus de Telak s'était nettement détachée.
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Telak Firdor
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MessageSujet: Re: Entrevue singulière et Confidences inattendues [Alphaïde *]   Mar 2 Fév 2010 - 17:42

Pour la première fois depuis des semaines, l’adolescent eut envie de rire. Les paroles de la Reine l’amusèrent, bien qu’il n’eut l’audace de se moquer d’elle. L’idée de se jouer de la douce Alphaïde n’effleura même pas son esprit si prompt au cynisme et à l’espièglerie d’ordinaire, car ses propos étaient lourds de conséquences. Le masque de l’enfant était tombé et si rapide qu’il fût à le remettre, la fille de Jord l’avait percé au grand jour. Elle avait compris. Son sourire rieur et ses yeux pétillants le démontraient, elle avait réalisé quelque chose et son comportement s’en trouva altéré. Et pour la première fois, ses yeux virent Telak et non plus l’enfant-démon. Trop nombreux étaient ceux qui se laissaient berner par les bruits, les émotions confuses, les mots. Alphaïde entrevoyait la vérité et elle en avait conscience. Malicieux, l’adolescent répondit d’une voix joueuse et rieuse aux propos de la souveraine, complice de son Altesse.

« Il est rare que l’on me prenne pour un « bon génie », Majesté. Voyez comme il est aisé d’ignorer sa propre nature jusqu’à ce que quelqu’un vienne nous éclairer sur notre condition. Je vous le répète, ne vous croyez pas insipide, et ne croyez pas votre peuple inintéressant pour ceux dont les humeurs sont belliqueuses. Si les dieux ont voulu sept peuples, aucun ne doit être négligé. Tous ont leur importance dans cette harmonie préétablie.

Ne comprenait-elle donc pas que la force ne résidait pas dans la richesse et dans le pouvoir, dans la domination et l’intimidation ? Elle était l’une des Sept Gardiens, un poids pesant dans l’équilibre. Et si son peuple devait se cacher, n’était-ce pas là la volonté de Jord ? La volonté d’un peuple qui ne ferait jamais basculer l’équilibre ? Telak secoua la tête comme pour se débarrasser d’idées superflues, puis replongea son regard noir dans celui de la Reine. Il n’avait pas répondu à sa première question, mais il n’était pas certain que lui fournir une réponse l’éclairerait.

- J’ai eu vent de votre désir d’ailleurs et de réponse, mais je ne crois pas que votre voyage ait été connu par d’autres esprits. La Reine Idril est autrement faîte que votre personne, votre Majesté. Prenez-garde à ne pas l’oublier. Cependant, j’ai ouïe dire qu’elle n’était pas rustre, ni même venimeuse. Elle ne représente peut être pas le plus grand danger de votre périple.

Le sérieux de la Reine l’interpella car il n’avait pas l’intention de voir son sourire s’affaisser et la mélancolie revenir ternir ses traits délicats. Aussi, il préféra être clair sur ce point et entama le vif du sujet de manière brutale :

- Je ne suis pas venu me faire plaindre, il est inutile de vous inquiéter pour moi. Même si vos égards embellissent mes pensées, confessa-t-il, un sourire naissant sur ses lèvres. Ma condition est supportable et le doute sur ma personne semble dérisoire, si cela me permet d’admirer votre sourire.

Sans autre forme de procès, il s’agenouilla devant la Reine et posa sa tête sur ses genoux, comme un enfant l’aurait fait avec sa mère. Il resta quelques secondes sans mots dire, puis il ajouta :

- L’heure semble être venue pour moi de regagner mes terres et de vous abandonner à vos réflexions. J’espère ne pas avoir été de mauvaise compagnie.

Il se redressa et regarda la souveraine, toujours agenouillé sur le sol. De près, elle était encore plus belle. Il lui adressa un sourire amical et se releva. Il siffla longuement et le corbeau qui l’avait précédemment quitté revint vers lui.

- Nous nous reverrons sûrement, ma Dame. »

Il s’inclina, entreprit de prendre la main de la jeune femme et y déposa un baisemain en guise d’au revoir.
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MessageSujet: Re: Entrevue singulière et Confidences inattendues [Alphaïde *]   Mer 3 Fév 2010 - 17:51

Alphaïde avait écouté Telak. La tête penchée, les lèvres légèrement entrouverte sur un demi-sourire, elle avait écouté la voix rieuse du page lui répéter si justement ses conseils sur le monde et mise en garde pour son voyage. Comment en avait-il eu connaissance, la question n'effleura même pas l'esprit de la reine. Trop de choses avaient été dites pour s'attarder à ce menu détail. Sans le clamer à travers le continent, Alphaïde n'avait jamais fait un secret d'Etat de sa visite à la reine Idril : elle restait confidentielle, certes, mais non secrète et la jeune reine concevait fort bien que certaines personnes bien renseignées en aient eu vent.

Le jeune homme changea brutalement de sujet, ne laissant pas le loisir à la reine de s'attarder sur sa dernière phrase. Les dangers faisaient partie intégrante de n'importe quel voyage, à fortiori quand il s'agissait de se rendre à l'autre bout du continent. Aussi Alphaïde avait-elle choisi de prendre le portail magique, moyen le plus sur et le plus rapide pour se rendre aux plaines de Fazor. Les dangers d'un séjour en terre tout au mieux neutre mais sous le coup d'une mystérieuse épidémie, sans compter ceux du retour n'avaient pas encore pris corps dans sa tête.

Elle suivit donc sans accroc le chemin du discours de Telak. Il n'avait en rien contredit la pensée si indélibérementt exprimée par la reine. Au contraire, ces paroles sonnaient pour Alphaïde comme une confirmation. Et le sourire naissant, la galanterie, le ton complice de la voix étaient autant de choses inattendues chez ce sombre adolescent qui confortait la Nymphe dans son opinion. Cependant, elle sentait que si elle avait vu juste, si quelque chose s'était modifié dans la trame de leur relation, il ne lui en dirait pas plus aujourd'hui. Comme elle avait besoin de réfléchir à ses propos, il avait besoin de se poser. Et comme ses paroles lui revenaient parfois en tête, elle espérait que ce matin lui reviendrait parfois en mémoire.

Aussi n'insista-t-elle pas et se contenta de lui sourire sans dire mot, sans protester quand il s'agenouilla devant elle. Elle le laissa se relever, rappeler son corbeau et lui baiser la main avant de lui dire :

Votre visite m'a prise de court mais m'a enchantée, croyez-le. Rentrez chez vous avec la protection de Jord Telak. Et soyez convaincu d'être le bienvenu sur ses terres.


Longtemps après son départ, la reine resta assise. Le soleil déjà haut maintenant remplissait l'air du léger parfum des végétaux d'hiver. Alphaïde croisa machinalement les pans de son manteau tout en se levant. Elle décida de rentrer au château, on devait s'inquiéter, mais doucement car le théatre de cette matinée était beau et la scène qui s'y était jouée plaisante.
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Entrevue singulière et Confidences inattendues [Alphaïde *]

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