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 Lettre à Idril [PV *]

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Arvaël Al'Nyr
Gwendirien
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Date d'inscription : 12/06/2009

MessageSujet: Lettre à Idril [PV *]   Jeu 7 Jan 2010 - 18:52

Premier Jour de la Treizième Semaine,
An 835,
Dans la Nuit.



La lune, ronde et pleine, déversait ses pâles rayons à travers la fenêtre, éclairant discrètement la feuille de parchemin et conférant de subtiles nuances à la rose rouge nouvellement éclose posée sur le bureau. Les faibles grattements de la plume résonnaient étrangement dans la vaste chambre, où le seul autre bruit perceptible était la respiration lente et régulière d’Arvaël, qui, les sourcils froncés, se concentrait sur les mots qu’il traçait avec énergie. Après tout, une reine allait lire ces quelques lignes, et chaque terme, chaque formulation était pensée, pesée avec un soin tout particulier.

Cela ne faisait que quelques jours que le jeune homme était revenu de son périple en terres amazones, mais il n’avait pas oublié la promesse faite à Idril de lui écrire, et il n’avait guère attendu longtemps pour démarrer une correspondance qu’il espérait bientôt fructueuse. Une légère pensée pour les risques encourus à correspondre avec l’ennemie déclarée de l’Empereur Nordique l’avait bien effleurée, mais il l’avait rejetée avec toute la fougue et l’insouciance de la jeunesse.

Finalement, au bout de quelques minutes, il reposa sa plume et relut sa lettre, les sourcils légèrement froncés en tentant d’y déceler les éventuelles imperfections :

« Reine Idril,

Ainsi, que je vous l’ai promis, me voilà de nouveau près de vous si ce n’est physiquement, du moins par l’intermédiaire de ces quelques lignes qui, j’espère, sauront prolonger cette si délicieuse journée où les dieux m’ont fait l’honneur de croiser votre chemin.

J’espère que cette fin de semaine s’est déroulée de façon satisfaisante en votre Palais des Plaines de Fazor ; pour ma part, je dois confesser que le voyage de retour me parut aussi morne et triste que l’aller m’avait enthousiasmé et enchanté. Ce trop bref séjour sur vos terres reste encore à présent vivace en mes souvenirs et je me plais à parcourir les vertes prairies entourant Yswllyra en compagnie de cet étalon grâce à qui j’ai eu l’opportunité de vous approcher.

Sa vue m’enchante et me rappelle sans cesse sa patrie d’origine que j’aurais aimé visiter plus amplement. Ainsi que vous me l’aviez assuré, jamais je n’ai eu l’occasion de monter un tel coursier. Son galop est véritablement splendide, et j’ai été immédiatement séduit. Je ne lui ai pas encore donné de nom, aucun ne me semblant refléter suffisamment sa nature profonde. On aurait dit que le vent en personne s’est fait chair en s’incarnant dans cet animal !

Ah si vous saviez combien je rêve de partager tout cela avec vous ! A chaque sentier que je foule, chaque temple que je passe, chaque ruisseau que je traverse avec cette superbe monture, je ne peux m’empêcher de penser ‘Si seulement elle était là à mes côtés, si seulement je pouvais lui faire partager tout cela tandis que nous savourerions ensemble la joie de cette simple promenade …’ Et alors que ces mots frôlent mon esprit, je prends soudain conscience de toutes ces différences qui transforment le probable en l’impossible, le projet en vaine rêverie.

Et je ne peux m’empêcher de m’interroger … Si vous aviez vu ces regards qui ont accompagné mon retour ; un tel mélange de crainte, de soulagement et d’envie dans les yeux de mes proches : la crainte à cause de la nature de mon voyage et de la qualité de mes hôtes, le soulagement de me voir revenir en un seul morceau comme s’ils s’attendaient à tout moment à recevoir je ne sais quelle demande de rançon, l’envie face à cet étalon que j’ai ramené avec moi …

Je dois avouer que jusqu’à présent je n’avais pas pleinement pris conscience de la distance qui séparait nos peuples. Jamais je n’aurais cru voir un jour dans les yeux de mon père un tel réconfort alors que mon hôte en votre royaume était l’un de ses anciens amis !

Je crains cependant d’avoir éprouvé une nouvelle fois le pauvre homme, lorsque dans le secret et la sécurité de son bureau, je lui ai avoué avoir rencontré votre noble personne. A peine ces quelques mots eurent-ils franchi mes lèvres qu’il est devenu plus blanc que la neige en hiver … Que l’ignorance peut être cruelle quand elle se propage ainsi parmi tout un peuple ! Et même après que je lui eu décrit la douceur de ces instants que nous avons passé ensemble, un voile de méfiance subsistait sur son visage, comme si je cherchais à lui cacher je ne sais quel horrible épisode …

Il me vient d’ailleurs à l’esprit une scène tout à fait cocasse qui s’est déroulée peu après mon retour à Yswllyra, au cours d’une de ces réceptions dont les nobles ont le secret et qui rassemble les meilleurs spécimens de notre cour. Savez vous que mon valet, un grand garçon dégingandé, y a été confondu avec moi ! Une vieille dame fort respectable mais myope comme une taupe s’est approché de lui alors que je me trouvais à moins de trois pas et s’est exclamée bien haut : « Mais mon pauvre ami ! Faut-il donc que ces satanés Amazones vous aient si fort maltraité pour que vous soyez aussi maigre et ayez l’air tellement égaré parmi vos semblables ! ».

Bref.

Et dire que je craignais de me lasser de ces soirées … Mes « semblables » ne cesseront jamais de m’étonner !

Mais voilà qu’encore une fois je me surprends à m’emballer et à épancher mes réflexions sur le papier, oubliant de vous demander de plus amples nouvelles. Comment se sont passé ces derniers jours de votre côté? Vos nobles sujets se sont-ils remis de l’émotion que semble avoir causé mon séjour ? Je crains de ne pas m’y être fait que des amis, lord Ezelmyr le premier … Mais je suis certes prêt à provoquer quelques apoplexies supplémentaires si cela me permet de reposer les yeux sur vous !

Ah mais comme toujours, bavard comme je suis, je me retrouve à remplir ma troisième feuille de parchemin ! Je m’en vais donc m’arrêter là, de peur de vous lasser dès ma première lettre. J’attendrai votre réponse avec impatience, et soyez assurée de mon amitié la plus sincère à votre égard.


Votre serviteur,
Arvaël Al’Nyr. »



Les sourcils du jeune homme se froncèrent un peu plus. Jamais encore il ne s’était confié aussi sincèrement à quelqu’un. Oh il lui arrivait bien quelquefois de noter ses pensées sur des petits calepins, l’acte d’écrire lui procurant un bien-être particulier, mais c’était la première fois qu’il livrait le fond de sa pensée à une tierce personne. Et les dieux avaient voulu que ce fût une souveraine …

Un léger sourire aux lèvres, il prit la rose, en ôta une poignée de pétales qu’il fit glisser entre les feuillets de son courrier. Puis il enroula le tout et le scella soigneusement. Satisfait de lui, il reposa le rouleau, qui partirait dès le lendemain aux aurores, confié à un fidèle domestique, puis alla se coucher l’âme en paix.
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Lettre à Idril [PV *]   Mar 12 Jan 2010 - 18:26

La jeune suzeraine amazone était accoudée à la balustrade d’un balcon, observant le soleil se coucher et l’horizon prendre des couleurs orangées. Les Plaines de Fazor, son royaume, semblaient être les contrées d’un monde imaginaire où les créatures les plus improbables se laissaient guider par leurs rêves et leurs émotions. Tout ceci était loin de sa propre réalité, où elle devait assumer le poids de ses responsabilités et endosser le rôle d’une Gardienne, celle qui devait guider son peuple. Pourtant, elle se sentait lasse et elle aurait aimé être elle aussi guidée, tenue par la main et emmenée vers des routes moins sinueuses que celles sur lesquelles elle essayait de se frayer un chemin. Depuis quelques jours, la mélancolie occupait l’esprit de la jeune femme plus que de raison et elle subissait en réalité le contrecoup de sa frustration. Depuis les funérailles de sa mère, elle n’avait pas eu le loisir de pleurer ou de se rendre sur son tombeau pour parfaire son deuil et enfouir son chagrin. Au lieu de ça, elle avait refoulé sa tristesse au profit de son devoir. Et on lui reprochait maintenant de ne pas avoir la maturité suffisante pour diriger le royaume que lui avait laissé sa défunte parente.

Un vent glacial lui rappela l’endroit où elle se trouvait et l’heure tardive qu’il était. L’horizon s’était obscurci, et s’obscurcissait encore. Idril se rendit compte à quel point elle se morfondait, obnubilée par de tristes pensées, oubliant alors le temps qui s’écoulait. Elle réajusta le châle qui couvrait ses épaules et décida de revenir à l’intérieur de ses appartements où une domestique s’afférait à alimenter le feu qui brûlait dans l’âtre. La chaleur de la pièce redonna le sourire à la souveraine. Il fallait parfois peu de chose pour se satisfaire de sa condition et Idril avait tendance à trouver du réconfort dans les détails les plus insignifiants ces temps-ci. Elle se dirigea vers un grand bureau où s’ordonnaient une multitude de papiers et accessoires dédiés à l’écriture. A l’avant, elle découvrit le courrier du jour, soigneusement empilé. Sans doute des remerciements ou des plaintes des nobliaux de sa Cour. Mieux valait y jeter un coup d’œil tout de même car parfois s’y cachaient des missives plus importantes ou plus intéressantes. L’une d’entre elles ne fit pas exception et Idril la retourna dans tous les sens. Le sceau présent sur la lettre ne lui rappelait aucune armoirie connue et la finesse de l’écriture, légèrement penchée, l’intrigua plus que de mesure. Elle décacheta le courrier et le déplia soigneusement. La jeune femme fut surprise de renifler les senteurs d’une fleur familière et de voir quelques pétales de rose s’échapper de leur prison de papier. Après avoir lu quelques lignes, un sourire amusé étira ses lèvres fines et rosées. Elle reconnut instantanément la fraîcheur de son interlocuteur et n’eut pas besoin d’aller vérifier son paraphe pour savoir qui lui écrivait. Elle s’installa dans son fauteuil et continua sa lecture, tantôt amusée, tantôt attendrie par les aventures de son cavalier d’un soir. Elle se remémora au fil des lignes la voix d’Arvaël, ses mimiques, son odeur, ses expressions, la force de son regard … La jeune reine se surprit à rougir en repensant aux instants qu’elle avait passés en sa compagnie et à la lecture des confessions de son correspondant. Elle jeta un coup d’œil furtif en direction de la domestique, mais celle-ci était trop afférée à sa tâche et n’avait rien remarqué du trouble de la suzeraine. Celle-ci replongea dans sa lecture et crut vivre toutes les péripéties de son interlocuteur. Ce fût presqu’avec déception qu’elle arriva à la fin du parchemin. Elle aurait encore aimé que le Seigneur Arvaël lui raconte d’autres histoires. Elle replia avec soin le courrier et se leva, quitta son bureau et se dirigea vers sa chambre. Elle ouvrit une petite commode où se nichait un coffret en bois d’ébène pur. Ce dernier renfermait la correspondance qu’elle avait avec Morzan, son confident, ainsi que divers objets associés à leur passé commun. Elle le souleva et glissa la lettre d’Arvaël en dessous, afin de la conserver à l’abri des regards indiscrets. Puis elle se releva et quitta sa chambre, puis ses appartements pour aller dîner en compagnie de sa Cour, le cœur léger et insouciant, l’esprit occupé par la réponse qu’elle écrirait bientôt à son nouveau correspondant …

_________________

Aucune arme ne devrait être baissée devant un ennemi

Thème musical
J'arracherai leurs coeurs

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