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 Nouvelles Fâcheuses *

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Ectoplasme
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MessageSujet: Nouvelles Fâcheuses *   Lun 25 Jan 2010 - 17:38


|Nouvelles Fâcheuses|

Matinée du sixième jour


Sont cordialement invités à participer à ce post :

Galdor Fenril (PNJ), Nillviem Fenril, Lawena Morrigan, Niarus Faldor (PNJ)
Toute personne susceptible d'être présente au Conseil


Malrick était tendu et sa nervosité était palpable. On lui avait ordonné de se tenir tranquille et d'attendre les nouvelles de sa requête dans l'antichambre où on l'avait placé depuis plus d'une demi-heure. Parfois, les larmes montaient et se mettaient à couler le long de ses joues. Il n'avait pas dormi depuis trois jours et il se sentait épuisé, tant physiquement que nerveusement. Le vieux paysan venait de perdre son unique fils dans d'atroces souffrances et les cris d'agonie de son enfant venaient le hanter quand il décidait de s'allonger et de fermer les yeux. Cela lui était insupportable. Dans son malheur, il avait eu tout de même la chance de rencontrer une jeune femme, aussi belle que le jour qui se lève. Une étrangère, à la chevelure flamboyante et accompagnée d'un minuscule phoenix. C'était elle qui l'avait aidé à s'occuper de son fils mourant pendant plusieurs jours, qui l'avait aidé à creuser sa tombe et qui lui avait conseillé de se rendre immédiatement au Palais, pour prévenir les autorités supérieures. Pour éviter d'autres drames similaires, lui avait-elle expliqué. De nouvelles larmes coulèrent avec abondance le long de ses joues creusées. Il n'avait même pas pris le temps de la remercier, ni même de lui demander son nom. Il finit par s'endormir sur le fauteuil où il était installé, trop épuisé pour tenir davantage ...

Lorsqu'il se réveilla, un domestique se tenait au dessus de lui, la mine compatissante. Il lui indiqua que le Conseil avait approuvé sa requête et que le Roi l'attendait pour qu'il puisse raconter son histoire. Malrick se leva, réajusta sa veste, se peigna les cheveux avec ses doigts et suivit le domestique dans les couloirs du Palais. Il l'introduisit dans la salle du trône et le vieux paysan crut défaillir. Le Roi était là, tout prêt, et il y avait tout un tas de beaux gens ... Il se sentit ridiculement misérable. Après deux ou trois salutations maladroites, on l'invita à expliquer les raisons de sa venue. En fixant ses pieds, il raconta :

Il y a quelques jours, après que mes deux vaches aient été abattues par la maladie, mon fils s'est senti bien mal en point. Il était si malade qu'il ne pouvait plus bouger et nous avons dû l'aliter. Le docteur est venu et il n'y comprenait rien à ce qu'il avait mon fils ! Pour lui, c'était la même maladie que celle qui avait tué le bétail du village. Mon fils perdait ses poils, avait de grosses marques rouges sur son dos et ses jambes et il tremblait très fort ! Pis, il avait une fièvre qui ne baissait point ... Il est mort trois jours après.

Il se mit à sangloter, sans pouvoir retenir ses larmes et se montrer digne devant les nobles qui le regardaient avec une expression d'horreur sur le visage. Beaucoup avaient compris ce que cela signifiait : l'épidémie qui sévissait sur leurs terres leur était contagieuse...

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MessageSujet: Re: Nouvelles Fâcheuses *   Mar 26 Jan 2010 - 17:40


Assis droitement en face du paysan en pleur, Galdor Fenril, monarque Druide, sentait que son cœur pleurait en même temps que le pauvre homme qui venait de leur raconter son histoire, sa sanglante histoire. Un père ne devrait jamais avoir à supporter la mort de son fils, c'était une chose contre nature que d'enterrer sa chair et son sang avant d'avoir soi même retrouvé Mani depuis bien des années. Il, ainsi que tout le Conseil, l'avait écouté sans l'interrompre et comme un coup de massue, la nouvelle les foudroya.

La maladie pouvait être contagieuse, elle ne touchait plus dorénavant que les animaux, les Hommes aussi étaient en danger.

Les mains de Galdor se serrèrent sur l'accoudoir de son siège. La perte du bétail, la propagation du mal, tout cela, personne encore n'avait trouvé le remède, malgré tous les savants les plus renommés qui s'activaient depuis des jours. Si aucune solution n'était trouvée, le souverain préférait ne pas penser à ce qu'il se passerait. Il s'empêchait de croire qu'il ne pouvait rien faire pour son peuple, sa sécurité et sa survie. Il faillirait à son devoir si il se laissait gagner par le pessimisme et en ces temps troubles, personne et moins encore lui ne pouvait se le permettre.

Il s'obligea à desserrer sa prise et à lever la main pour obtenir des nobles présents le silence. Les chuchotements paniqués avaient envahis la salle du Conseil, venant alimenter d'une autre façon la détresse visible du paysan. Les paumes des mains toujours sur les accoudoirs, une poussée sur ceux ci le mit en position verticale, sous les regards interloqués autour de lui. Sans s'expliquer, Galdor fit le tour de la large table autour de laquelle les nobles étaient placés, pour rejoindre le vieil homme secoué par les sanglots. Le monarque posa sa main sur son épaule, en un geste rassurant.

- Mani prend dorénavant soin de ton fils et ton courage, ce que tu as raconté devant le Conseil ici réunit, sauvera d'autres vies... et pour cela, nous t'en remercions tous.

L'homme releva la tête vers son roi et Galdor put lire dans son regard, outre la douleur qu'il ressentait à la mort de son enfant, ce qui devait être du remerciement. Il n'était maintenant plus seul à porter le poids de cette nouvelle, de cette tragédie, et mû par un sentiment indéfinissable, il attrapa la main du souverain et tête baissée, se perdit en paroles sans queue ni tête, du moins pour son ouïe. Peau contre peau.

Gêné par cette dévotion soudaine, Galdor lui demanda simplement de stopper là, il ne méritait pas tant. Il se tourna finalement vers le reste de l'assemblée, plus grave, plus déterminé.

- L'heure est grave et il est plus que jamais nécessaire de trouver un remède au mal qui ronge les enfants de Mani.
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Nillviem
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MessageSujet: Re: Nouvelles Fâcheuses *   Sam 30 Jan 2010 - 20:08

Chaque jour était une même mélodie. Elle semblait infinie et se révélait davantage agaçante au fil des heures. Elle défilait avec indifférence devant Nillviem. Mais fermer les yeux n’avaient aucun effet car elle exerçait également son emprise au sein de son esprit impuissant. Envahissant chacune de ses pensées tel un torrent dévastateur, il n’y avait plus de place pour toute réflexion clairvoyante. Sa vision était emplie de notes trompeuses et inconstantes. Son comportement fuyant suscitait de vives réactions auprès de ses pairs, et le silence qui l’habitait n’en inspirait pas moins. Qu’avait donc le prince ? Il ne descendait plus en ville, il ne demeurait que peu de temps à l’Académie et ne sortait quasiment plus du Bastion. Mais peu s’en préoccupaient réellement. N’avait-il pas toujours été distant ? Le peuple avait déjà bien assez d’inquiétudes. Le roi était probablement débordé, entre les affres du virus et tout autre problème requérant son attention, que représentait son cousin dans cet emploi du temps déjà bien rempli ? Et qu’en était-il de sa cousine ? C’est vrai, son absence n’était pratiquement jamais évoquée au sein de la Cour, et cela valait sans doute pour le peuple, qui, passé les deux semaines suivant son départ, était passé outre. Pourtant elle était princesse, n’était-elle donc pas assez importante pour que l’on puisse se soucier de sa situation ? Nillviem, lui, ne pouvait s’empêcher d’y songer. Et même d’un point de vue purement politique. La royauté étant un symbole, sa présence ne pouvait être que bénéfique pour tous. Le peuple avait besoin d’un tel soutien, ne serait-ce qu’emblématique. Il avait besoin d’elle. Il avait besoin de savoir comment elle allait, ce qu’elle avait décidé parmi toutes ces circonstances, ce qu’elle pensait de lui après cette séparation. Et s’il partait à sa recherche ? Non, il ne pouvait pas. Néanmoins l’idée lui était venue bien des fois, et chaque lendemain s’avérait plus tentante encore. Du haut de son balcon, dans les appartements royaux, le jeune prince expira longuement.
Son regard couvrait la majeure partie d’Unae. C’était vraiment une belle cité, grouillante de vie et d’ordinaire de bonne humeur. L’horizon se dessinait nettement en cette fraîche matinée où le ciel s’offrait clairement aux citadins. Même vêtu d’une simple chemise crème, le froid semblait glisser sur la peau du druide, insensible. Sans doute refusait-il d’accabler le garçon d’une autre sensation désagréable. Le vent s’était levé, diffusant au travers de la ville les effluves en tout genre du marché, situé en contrebas. Quelques touches parfumées d’exotisme flottaient aux narines du prince. Probablement des fruits, lui transmettait son odorat félin. Malgré l’attirante odeur, l’appétit ne se manifestait pas. Voilà déjà presque une journée qu’il n’avait pas mangé. Le cœur n’y était pas. En cet instant il se promenait aux côtés des rares marchands qui tenaient leurs étalages. Ses balades au cœur de la place agitée lui manquaient. Avec une insouciance apparente, les cheveux du jeune homme valsaient au gré de la brise. Ils n’étaient pas encore remis de son court sommeil… Le prince songea enfin à y remédier et à entamer cette nouvelle journée. C’est alors qu’on vint frapper à sa porte, mettant ainsi un terme à ses réflexions. Suite à l’invitation de Nillviem, un héraut pénétra dans la pièce. Il déclara qu’une réunion du Conseil était prévue dans deux heures, et qu’il était prié de s’y rendre. Sans demander plus d’explications, le capitaine le congédia avec de brefs remerciements. Il ne comptait plus les réunions auxquelles il était supposé assister cette semaine. A chaque fois, le déroulement était le même. On venait le prévenir peu de temps avant l’échéance, et il était présent. Mais les sujets abordés étant pour la plupart anodins, autant que les propos échangés étaient futiles, tout ce cirque l’agaçait rapidement. On pouvait se passer de lui puisque son avis était rarement entendu. Il ne venait plus que lorsque le thème était l’épidémie. Et encore, il s’emportait facilement devant le manque de directives, ainsi, officieusement sa présence n’était pas forcément désirée.

Il hésita un long moment puis se résigna. Deux heures plus tard sa tenue était soignée comme il se devait, et il se dirigeait vers la Salle du Conseil. Il n’était ni le premier ni le dernier arrivé, seul quelques nobles renommés manquaient encore à l’appel. Contrairement à l’usage, il ne s’installa pas à la gauche du roi, mais quelques sièges plus loin, aux côtés de Lawena, sa seconde, qu’il avait aperçue en entrant. Ayant pris place il lui adressa un regard profond accompagné d’un maigre sourire, quelque peu forcé. Il était conscient de l’avoir délaissé récemment, mais il savait sa propre compagnie négative en ce moment, et ne voyait aucun moyen d’y remédier. Un autre point sur lequel il était peu fier de lui. Jambes et bras croisés il patienta plongé dans un parfait mutisme. Lorsque le Conseil fut au complet la séance put commencer. Le paysan entra sans tarder et le récit qu’il tint eut alors bien plus de conséquences et d’échos qu’on ne l’envisageait. Nillviem n’eut aucune peine à imaginer le garçon mourir dans d’horribles souffrances. Il avait vu de ses propres yeux les ravages de la maladie sur le bétail, alors sur un enfant… Il ne pouvait deviner la peine du berger. Il déglutit péniblement et refoula difficilement la souffrance que propageait cette atroce nouvelle. Ecœuré, l’envie de vomir ne devait pas être étrangère aux plus émotifs de la salle. Mais le maintien de certains masqua bien vite ces sentiments, pour le prince, ce fut également sa main qui s’en chargea. Le silence fut rétabli et Galdor apporta directement son soutien au pauvre paysan. Nillviem reporta son regard sur ce dernier, et acquiesça légèrement aux propos, plus pour lui-même. Il ferma les yeux face aux paroles suivantes et retint un commentaire. Content que le roi partage enfin cette optique…

Le paysan fut raccompagné par un serviteur hors de la salle, permettant ainsi à la discussion de poursuivre librement. Le jeune homme lança un regard en biais à sa voisine en se levant, et intervint d’une voix maîtrisée, en s’adressant non seulement à son cousin mais aussi à toutes les personnes présentes.

« Et que proposez-vous donc afin d'enrayer ce fléau qui tue même notre peuple ? »

_________________

Puissiez-vous me comprendre et me pardonner un jour
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MessageSujet: Re: Nouvelles Fâcheuses *   Dim 31 Jan 2010 - 17:30



Lawena Morrigan

La course sans fin du temps ne souffre aucun arrêt, aucune pause bienfaitrice et surtout pas sur demande. Cette ligne temporelle continue ne peut se briser et offrir aux âmes perdues un chaleureux arrêt de leur existence, un moment de réflexion que rien ne peut venir perturber. Philosophant sur cette pensée la jeune guerrière remonta en silence les interminables couloirs du palais pour se rendre à la salle du conseil. Légèrement contrariée la jeune femme ne prêtait aucune attention aux coups d'œils admiratifs, envieux ou étonnés qui se dressaient sur son passage. A vrai dire cela ne faisait que renforcer son mal-être déjà fort bien accentué par la longue et splendide robe qu'on avait dû la forcer à revêtir. Bien que celle-ci soit une merveille de conception druidique Lawena ne pouvait se sentir parfaitement libre alors que le corset sans bretelles en satin crème lassé de ruban légèrement plus clair lui compressait la taille et la poitrine pour affiner la première et rehausser la seconde. Une multitudes de jupons de tulles, chiffons et taffetas descendaient en une cascade de tissus allant du vert feuille au lime en passant par un vert sinople et pistache, à la fin de ceux-ci disposés en dégradés des fils marrons dorés soulignaient la fin de la robe en reflétant le moindre rayon de lumière. Des gants du même crème clair que le corsage parfaisaient l'ensemble rendant le tout assez saisissant. De son côté la jeune femme ne trouvait pas du tout cela pratique et ces mouvements entravés par les montages de tissus l'enfermaient dans un mécontentement muet. Il était rare de voir Lawena Morrigan la guerrière toujours en uniforme et prête à défendre sa patrie en robe de bal avec ces cheveux noirs de jais rassemblés en une coiffure compliquée d'où seul sortait une longue mèche torsadée qui finissait en un élégant ballet de bouche dans le creux du cou de la demoiselle. Ainsi vêtue la jeune femme reflétait sa véritable naissance celle d'une noble rattachée à la famille royale et malgré sa fonction elle se devait de paraitre resplendissante lors des cérémonies officielles ou des audiences. Mais ce n'était pas vers l'une de ces deux occasions que se dirigeait en trainant les pieds la druide qui pestait intérieurement maudissant ces parents qui l'avait prise par surprise.

En effet lorsque les rayons du soleil avait percés par la fenêtre en ce sixième jour de la treizième semaine de l'an 835 Lawena ne s'attendait pas à ce que l'heure soit aussi avancée, ainsi elle avait dû repasser par les quartiers familiaux situés dans un coin du Bastion. N'ayant plus vraiment de contact avec sa famille depuis son entrée dans l'armée la jeune femme ne s'était pas attendue à un tel accueil, ou plutôt à ce qu'on lui saute littéralement dessus. Prise au dépourvue et ne pouvant pas se défendre contre les quatre ou cinq domestiques qui s'étaient emparés de son corps frêle Lawena avait tenté des protestations à grand renfort de cris mais sa mère un sourire mesquin sur le visage ne lui avait rien répondu si ce n'est qu'elle désirait voir sa fille présentable au moins les seules fois où elle venait la voir. Ilsifaël Morrigan n'était pas femme à qui on tient tête mais même si sa fille avait l'audace de lui résister elle comptait bien la rendre irrésistible pour le conseil qu'elle savait prévu un peu plus tard pour avoir reçu avec étonnement un messager qui cherchait sa fille. Donc après quelques heures la jeune druide muette de colère c'était retrouvée à parcourir les couloirs avec cet accoutrement digne des plus grandes reines. Mais le pire dans son malheur était l'absence du poids rassurant de son épée et de la dague qui généralement ne la quittait jamais. N'étant pas autorisée à porter une arme dans l'enceinte de la salle du conseil elle avait dû abandonner avec regret sa fidèle alliée dans la salle d'arme de la caserne. Croisant au détour d'un couloir quelques membres de sa compagnie chargés des tours de garde dans le palais elle répondit à leurs railleries et remarques déplacées par un coup d'oeil glacial qui rompit tout de suite l'engouement stupide de ces hommes avides et rétablit une ambiance de calme dont elle avait cruellement besoin pour se préparer à cette éprouvante entrevue. En effet la jeune femme plus habituée à être sur le terrain redoutait et exécrait ces réunions plus protocolaire et soucieuse de montrer richesses et puissances que de débattre réellement de solutions pour le bien être du peuple. Revenue depuis peu de son périple chez les Orthodoxes la jeune femme n'avait pas encore pu informer ces supérieurs de la raison de son départ et redoutait que cette absence ai concordé avec des évènements tragiques qui aurait pu se dérouler durant celle-ci. Poussant un soupire d'exaspération elle arriva finalement devant la porte de la salle du conseil. Sur le bois sombre était gravé en filigrane d'argent une allégorie de la sagesse et un astre lunaire en phase pleine. Souriant face à cette représentation de Mani protecteur elle poussa la porte et sans s'attarder sur les personnes présentes prit place sur le siège qui lui était réservé. En effet les codes de bonnes manières et d'éthiques disposent chaqu'une des personnes en fonction de son sang et de sa fonction ainsi Lawena placée non loin du roi mais tout de même à distance raisonnable jouissait d'une influence plus grande et sa parole comptait un peu plus dans la balance. Mais tout cela était dérisoire aux yeux de la sauvage druide qui aspirait à repartir rapidement dans des milieux plus familiers. L'attente ne fut pas longue mais augmenta la contrariété de la demoiselle qui en avait assez des coups d'œils furtifs en sa direction et des murmures sur sa présence.

Enfin la réunion fut ouverte précédée de quelques minutes par l'arrivée du Prince Nillviem, sa présence en ces lieux avait le mérite de rassurer un peu la demoiselle qui n'était décidément pas dans son élément. Depuis quelques temps déjà une assez grande distance s'était installée entre les deux êtres mais cela n'entachait en rien la complicité et les devoirs qui pouvaient les unir, répondant au regard de son capitaine par un abaissement de la tête en signe de salut et de respect Lawena ne s'attarda pas à le détailler comme les autres membres du conseil. Ne sachant si s'était par envie de rébellion ou par simple envie le prince ne s'était pas installé comme prévu à la gauche du souverain qui ne semblait pas s'en préoccuper. Une légère rancœur était apparue dans le cœur de la demoiselle et se sentait un peu abandonné par son confident qui prit par d'autres soucis ne prenait plus la peine de converser avec elle. Malgré tout la compassion empêchait à se sentiment de se répandre car la demoiselle compatissait à la douleur de Nillviem qui s'était vu laissé en arrière par une sœur désireuse de voyages et d'aventures et qui depuis ce temps là n'était pas réapparue. Lawena s'était souvent demandée si la jeune princesse était partie par pure pulsion de liberté ou par soucis d'échapper au contrôle qu'Ardiosis exerçait à présent sur les royaumes qui avaient choisi de s'unir à lui. Ne s'attardant pas sur cette question la jeune femme reporta son attention sur l'assemblée et sur un paysan qui venait d'entrer. Le vieil homme transpirait le désespoir et la confusion, son regard vide indiquait la douleur que son âme avait à supporter et malgré l'expression neutre des traits fins de la demoiselle on pouvait voir dans ces iris émeraude une peine immense pour l'affliction de cet être. Écoutant avec émotion le récit du décès de son fils l'horreur de la situation toucha Lawena en plein cœur qui ne pus que fermer les yeux pour tenter de ne pas imaginer la scène tragique du fils mourant dans les bras de son père désespéré. Peine perdue car les images se succédaient et malgré le contrôle extérieur qu'elle affichait la demoiselle en demeura bouleversée. Elle sentait parfaitement palpable l'atmosphère de tension qui s'était installée sur le conseil. A ces côtés le Prince tout aussi pris au cœur par cette histoire faisait de son mieux pour cacher son dégout et sa peine, Lawena ne put cependant rien dire pour améliorer son état car les mots restaient coincé dans sa gorge et parfaitement immobile elle fit tourner ces méninges à pleins régime. Le roi de son côté se montra étrangement démonstratif et si Lawena se montra réservée sur cette action elle n'en était pas moins d'accord avec lui.

Le père détruit par cette catastrophe avait cependant jouer un grand rôle en cette matinée ensoleillée et les paroles du roi n'était que pure véracité car grâce à ce témoignage il revenait maintenant au conseil de faire d'importants choix pour faire en sorte que cela ne se reproduise pas. Malheureusement un curieux pressentiment affirmait à la jeune noble que ce cas ne serait pas le dernier. Le peuple était toujours le plus touché et sa souffrance peut écoutée ces derniers temps avait empirée par négligence de la part de Galdor. Se gardant bien d'exprimer ces pensées Lawena sortit de ces dernières lorsque le léger ténor pourtant puissant de Nillviem perça l'ambiance torturée de la salle. Inclinant la tête sur le côté elle fixa un instant le bois de la table, tournant et retournant les possibilités. La prise de parole de Nillviem sur sa personne lui fit l'effet d'une décharge électrique et la demoiselle se redressa à son tour, les chuchotements qui avait précédés la question du prince se turent devant cette fascinante créature à l'aura sauvage, à l'odeur de fleur et au regard droit et ferme. Le son cristallin de sa voix sonnait comme une évidence et si la demoiselle pesait chaqu'un de ces mots elle attendait de ce conseil des décisions rapide et unanime qui pourrait rétablir la situation et au pire la contenir.

-
Quoi que nous décidions nous devons faire vite. La rapidité avec laquelle ce virus s'est propagé n'égale rien de connut et bien que nous n'ayons pour le moment aucun remède il faut commencer à isoler les cas et à placer des quarantaine dans les élevages déjà touchés par cette maladie ainsi qu'envers le peuple. Nous ne savons pas comment le virus se propage si c'est par l'eau, le vent ou la terre mais ce qui est sûr c'est qu'il faut le découvrir au plus vite. Voici donc mes propositions que je soumet à ce conseil. Placer les êtres à risque loin des individus sains, si possible éviter au maximum les contacts entre eux et surtout travailler en étroite et totale collaboration avec les Amazones que nous devons informer de cette mutation du virus.

Lorsque la douce mais ferme voix de Lady Morrigan s'éteignit les chuchotements et autres bruits s'élevèrent tel un torrent et emplirent le silence respectueux qui jusqu'alors régnait. Reprenant place sur sa chaise Lawena lissa un plis d'un de ces jupons avant de ce tourner vers Nillviem en quête d'un éventuel soutient. Lui adressant un petit sourire elle le contemplait d'un air grave et étrangement solennel.

- J'espère que cette réunion servira à quelque chose cette fois car nous craignons un réel danger supérieur à une probable famine dorénavant et une crise de cette ampleur ne permet pas de bavardage inutile.

Risquant un regard au roi Lawena sentit le regard de fer de se dernier sur sa personne et se sentit quelque peu intimidée par ce dernier. Détournant le regard Lawena aurait voulu pouvoir lire dans l'esprit des personnes rassemblées dans l'assemblée. Repensant à sa mère Lawena imaginait la jeune femme savait parfaitement ce qui se serait passé si celle-ci sa était debout dans un coin reculé de la salle. Le visage illuminé par la joie de voir sa fille source de tant de regard avides, envieux et admiratif elle se répandrait certainement en sourire illusoire et jubilerait intérieurement en concoctant d'innombrables plans aussi osés les uns que les autres pour trouver à sa fille un mari de haute naissance et d'un pouvoir incommensurable. Cela énervait magnifiquement la principale concernée que se résolue en fermant ses traits dans un masque de neutralité et de fragilité de que les fins traits harmonieux de son visage permettaient. Concentrant ces pensées sur le débat à venir elle chassa définitivement sa génitrice de ces pensées.

[Edit Lawena: J'ai modifié, merci pour ces remarques et pardon pour mes petits écarts >.< ]


Dernière édition par Lawena Morrigan le Lun 8 Fév 2010 - 17:21, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Nouvelles Fâcheuses *   Lun 1 Fév 2010 - 17:30



Assis à coté du Roi des Druides, Narius attendait la venue du paysan dans la Salle du Conseil. A la vue de son air absent, quiconque pouvait deviner que son esprit était ailleurs. En effet, cette épidémie pesait beaucoup sur le royaume druide mais aussi amazone. Soucieux, il ne savait pas quand cette terrible contagion allait se stopper. Courroux divin ou caprice de la nature, peu importait : ce désastre devait se terminer et il comptait bien sur cette réunion pour trouver la solution adéquate. Néanmoins, le conseiller ne pouvait pas s’attendre à la fâcheuse nouvelle qui allait suivre…

Précédé d’un domestique, le paysan pénétra dans la Salle du Conseil. A la vue de son visage, on pouvait voir que celui-ci était véritablement surpris par tout ce monde. Niarus pouvait le comprendre : un simple paysan se retrouvant ainsi aux milieux de tous ces nobles à qui l’ensemble vestimentaire devait valoir plus cher que sa chaumière pouvait être surpris et impressionné. Mais au-delà de ça, la fatigue et la souffrance semblaient se lire sur son visage aux traits creusés. Depuis combien de temps cet homme n’avait pas dormi ? Quelles nouvelles aussi terribles pouvait-il apporter ? Ce flot de questions fut stoppé lorsque le paysan eut terminé ses salutations quelques peu maladroites. L’excusant intérieurement, Niarus se leva et sa voix s’éleva dans la Salle du Conseil, glissant en écho le long des magnifiques voûtes sculptées.

Bienvenue à toi, Malrick, fils de Mani. Parle à présent. Le Conseil et sa Majesté t’écoutent.

Après s’être rassis dans son confortable siège, Niarus croisa les bras et prit un air sérieux. Toute son attention était tournée vers Malrick et ses prochaines paroles. La tête baissée, la voix chevrotante, le paysan décrivit avec peine la terrible mort de son fils. En effet, il expliqua qu’à la suite de l’abattage de deux de ses vaches qui avaient contracté la maladie, son fils se sentit mal à tel point qu’il dut l’aliter. Les symptômes que celui-ci contractait étaient les même que ceux de l’épidémie. Aucun stade de la maladie n’épargna le garçon qui mourut inévitablement trois jours plus tard. Malrick était à présent en sanglot. De grosses larmes coulaient sur ses joues creuses. Une boule se forma dans la gorge de Niarus. Malgré tous ses efforts, il ne put retenir ses larmes. Ce chagrin qui lui brûlait les entrailles n’était pas seulement dû au fait que la maladie touchait à présent les hommes. Ce chagrin prenait aussi racine du fait qu’il était père. Narius pleurait la douleur d’un père mais aussi la sienne : si Elea, sa fille, venait à disparaître de cette manière elle aussi, jamais il ne s’en remettrait. Un sentiment mêlé de compassion et de pitié naquit en lui. Il aurait aimé aider ce père du mieux qu’il put. Mais des priorités s’imposaient avant tout.

Tentant de se contrôler, il essuya ses larmes et reporta son attention sur ce qui l’entourait. Il vit alors le Roi se lever et s’approcher du paysan. D’un ton reconnaissant, il le remercia pour ces utiles informations. Se tournant vers l’assemblée, il la pria de trouver rapidement une solution. S’interrogeant sur les solutions possibles, le prince Nillviem fut succédé par les propos de Lawena, sa seconde. Celle-ci proposa la mise en quarantaine la plus rapide possible des bêtes et personnes contaminées. C’était un début d’idée mais pas assez suffisant pour Narius. Elle évoqua aussi la collaboration avec les Amazones. A ce propos, le conseiller avait déjà pris les devants en envoyant Nillviem à leur rencontre. Toussotant et se levant, il se permit de prendre la parole, lançant un regard vers le roi pour chercher son approbation à son intervention.

Dame Lawena, vos propos sont forts intéressants et ils demandent à être étayés. J’ai une solution en quatre axes à vous proposer : quarantaine, recherche, information et collaboration. Tout d’abord, la quarantaine qui est en deux étapes : installer des camps à l’extérieur d’Unae (et y placer toutes les personnes ayant été en contact avec la maladie) et fermer nos frontières. Ensuite, la recherche : faire appel à tous les médecins et herboristes des contrées de Sudorna afin qu’ils travaillent ensemble à la recherche d’un antidote. Puis l’information : faire circuler des tracts à travers le royaume avec des mesures d’hygiène strictes mais nécessaires. Informer le peuple est capitale.

Il se tourna à présent vers Nillviem. Il avait déballé toutes les idées qui s’offraient à son esprit. Mais il manquait une information capitale pour clore son discours.

Et enfin la collaboration… Prince Nillviem, je vous ai envoyé il y a plusieurs jours de cela chez les Amazones. Qu’en est-il de votre visite ?
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MessageSujet: Re: Nouvelles Fâcheuses *   Lun 8 Fév 2010 - 21:30


Galdor pouvait comme suivre le fil des pensées des différentes personnes présentes et qui, comme lui, étaient touchées par la tragique nouvelle qui venait de leur être annoncée. Ce pouvait être un proche, un ami ou un parent le prochain, si personne n'y prenait garde et ne s'occupait à enrayer l'épidémie. Demain, ce pouvait être un Druide servant au Bastion, un soldat, un conseiller, son cousin ou lui... Personne n'était à l'abri, ni le peuple, ni la noblesse. La maladie frappait indistinctement, elle ne s'embarrassait pas de statut social, de richesse, même si elle restait pour le moment confinée aux bétails... et aux éleveurs ou agriculteurs dorénavant.

L'homme fut raccompagné jusqu'aux portes de la salle du Conseil, portes qui se refermèrent derrière lui et son regard hanté, son dos vouté. Galdor resta un instant à observer les battants avant que la voix de son cousin Nillviem ne le ramène à la réalité. Le monarque se détourna et passant derrière son conseiller Niarus Faldor, lui serra brièvement l'épaule avant de reprendre sa place à l'extrémité de la longue table, pour présider la discussion.

Il approuva d'un hochement de tête les propositions de dame Lawena, complétées par la suite par Niarus.

- Il nous faut préparer minutieusement ces différentes mesures pour empêcher les mouvements de foule qui ne manqueront pas de se créer à l'annonce de la mort d'un jeune homme de l'épidémie. Ces camps devront être étroitement surveillés pour empêcher quiconque de sain et de non autorisé à y pénétrer. Les guérisseurs devront être séparés en deux groupes : l'un pour soigner les malades dans les camps, l'autre pour rester à l'écoute du peuple, répondre à leurs interrogations et l'informer comme vous le proposez, en supplément des tracts.

Ne restez que la fermeture des frontières qui l'inquiétait. Galdor tapota du bout des doigts sur le rebord de l'accoudoir un instant, signe de réflexion. Leur royaume se trouvait déjà en difficulté pour subsister seul, mais si en plus ils fermaient les frontières, ils se condamnaient eux-même à une mort lente et douloureuse.

- Quant aux frontières... ne serait-il pas plus avisé d'en renforcer les contrôles plutôt que la fermeture pure et simple ? Il faudra que les denrées saines nécessaires à la subsistance du peuple circulent et passent nos frontières, étant donner que nous ne pouvons objectivement pas subvenir à nos besoins seuls...

Le souverain se tut, pour laisser à chacun l'occasion de donner son avis sur la question. Les questions. Galdor reporta son attention sur Lawena et sur, à ses côtés, Nillviem.

- Les Amazones seront bien entendues prévenues de cette évolution de l'épidémie. Nous vous écoutons mon cousin, conclut-il, laissant finalement la parole au prince.
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MessageSujet: Re: Nouvelles Fâcheuses *   Mar 16 Fév 2010 - 20:09

L’insouciance est véritablement très attachée au sommeil, mais aussi aux quelques instants de réveil qui le poursuivent. Lorsque les songes endorment l’esprit, il n’est plus de réflexion consciente qui tienne. Et lorsque que le corps s’éveille, comment pourrait-il un instant imaginer quel sera le déroulement exact de la journée ? Ainsi cette dernière l’accueille à bras ouverts, sans une once d’inquiétude. Malheureusement la mécanique de raison se relance immanquablement. Il demeure tout de même cette incapacité à imaginer quels évènements seraient susceptibles d’accroître tracas et peines déjà présents. Cependant, la raison n’est pas innocente dans ce manque défensif de projection. Pourquoi le paysan aurait-il dû entrevoir la possibilité que son fils soit atteint d’un fléau actuellement incurable ? Comment le Conseil aurait-il pu envisager que la situation chute ce jour-même ? N’est jamais préparé à une vérité celui qui ne la côtoie pas. Ce furent les pensées de Nillviem qui réalisait à quel point cette matinée s’avérait maintenant décisive.
Les paroles de sa jeune amie annoncèrent non seulement les mesures supplémentaires à adopter, mais ancrèrent aussi chaque personne présente dans le sujet, auquel nul ne pouvait désormais se dérober. La présence de Lawena rassurait le capitaine, elle était à ses côtés, encore une fois. Et elle était bien plus engagée que la plupart ne le pensait. Son énoncé achevé elle se rassit, et il put ainsi capter l’infime sourire qu’elle lui accorda. Il y répondit par un regard amusé où trônait une grande satisfaction. Il était rare qu’elle se manifeste de cette manière en présence d’autant de personnes, mais cela avait eu l’effet escompté.

La conversation défila ensuite au sein des propos du Conseiller royal. Certaines des idées abordées avaient été évoquées antérieurement à cette réunion, sans que grande conviction y soit. Ce qui était pour Nillviem, une des raisons pour lesquelles la situation n’avait pas avancé. Enfin il fallait qu’un incident davantage majeur survienne pour qu’elle évolue nettement. Niarus souleva alors une importante remarque. Informer le peuple. Certes, cela était primordial, mais comment les druides allaient-ils réagir en vue de cette terrible nouvelle ? Panique et débordement furent les premiers mots qui vinrent à l’esprit du prince, et il ne fut pas le seul à le voir ainsi. A nouveau il acquiesça quant aux paroles de son cousin. Il eut également une pensée pour la Grande Prêtresse. Son devoir était déjà assez conséquent pour qu’il s’y ajoute une nouvelle charge. Ce n’était sans doute pas pour autant qu’elle s’évincerait. Et il allait en faire de même. Voilà que la majorité des visages étaient dorénavant tournés vers lui. Le prince regarda successivement chacun d’entre eux avant de répondre. La plupart révélait une expression anxieuse, d’autres affichaient un calme aussi bien extérieur qu’intérieur, et la sérénité de certains n’étaient qu’un revêtement. Il se leva. Oui, il avait été envoyé en terres amazones quelques jours auparavant. A moins que ce fut deux semaines. Les jours apparaissaient si vagues et similaires qu’une éternité semblait s’être écoulée depuis cet étonnant voyage. Mais lorsqu’il rappela à lui les souvenirs de son arrivée dans la cité d’Eralo, et de son entrevue avec la souveraine Amazone, les sensations vécues envahirent une arrière partie de son esprit. Si l’occasion avait été propice, il se serait totalement immergé dans celles-ci. D’un geste invisible il les laissa en paix dans cette partie fermée.

« Suite à un entretien privé avec la Reine Calafas, nous sommes parvenus à un accord commun quant à la collaboration de nos deux peuples. Jamais ils n’ont connu d’épidémie aussi virulente. Le fléau ronge leurs terres tout autant que les nôtres, et il n’est pas impossible désormais que la contagion chez l’homme sévisse également de leur côté dans les jours à venir. Malheureusement leurs recherches ne sont pas plus avancées. Trois médecins Amazones ont rejoint nos propres effectifs au cours de cette semaine. Espérons qu’ils puissent apporter un regard nouveau sur notre situation. »


Ses rapports ayant déjà été faits au préalable, il avait exposé un résumé clair devant tous, et qui révélait l’état stagnant des deux partis. Cette épidémie semblait échapper à toute certitude. Elle se mouvait à son aise et glissait entre diverses hypothèses, n’infirmait les constats seulement pour confirmer le nombre de morts. Le prince attendit quelques instants avant de reprendre, puis se rattacha indirectement au problème qu’avait soulevé le Roi.

« Pour l’instant leurs haras sont préservés de la maladie, ce qui maintient sans doute leur économie. Mais ce n’est pas notre cas. En ce point je rejoins notre monarque au sujet des frontières, une surveillance et une sévérité accrues valent mieux qu’un épuisement total de nos faibles réserves. »

L’économie étant déjà fortement réduite, un arrêt du commerce extérieur ne ferait qu’engluer la situation et le moral des druides. Il était nécessaire de maintenir une telle activité. C’était une occupation qui permettait quelque peu d’employer son esprit et son temps à un thème plus réjouissant. Ainsi les nouvelles circulaient des convois itinérants aux étals en plein cœur de la cité. Il était bon d’entendre quelques rumeurs frivoles et le récit de valeureux exploits, ou encore d’histoires burlesques. Même si la véracité des propos véhiculés était fortement mise à l’épreuve, l’engouement que dégageait cette propagation inoffensive était bénéfique pour tous, en général. Il ne fallait pas en abuser certes, mais en ces temps pénibles, peut-être n’était-il pas intolérable de laisser courir ces vents farfelus.
Enfin Nillviem revint sur un dernier point.

« Nous devons en effet informer les Amazones au plus vite, car comme chacun le sait, il en dépend d’une étroite collaboration. »

_________________

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MessageSujet: Re: Nouvelles Fâcheuses *   Mar 2 Mar 2010 - 15:26



Narius écouta attentivement le Roi des Druides qui était revenu s’asseoir à ses côtés. Celui-ci approuva les idées de son conseiller. Néanmoins, il ne partageait pas la même opinion quant aux frontières. En effet, le monarque druide proposa plutôt de renforcer le contrôle des frontières au lieu de les fermer. La situation de Sudorna l’empêchait de subsister seule, elle devait obligatoirement s’appuyer sur des aides et un marché extérieurs. Narius semblait perplexe. Bien qu’il eût pleinement conscience de la fragilité du royaume et du peu de denrées que celui-ci possédait, il lui paraissait certain que la fermeture était tout de même nécessaire. En effet, même si l’on renforçait les contrôles, comment pouvait-on empêcher l’épidémie de se répandre ? Après tout, personne n’avait soupçonné que le virus pouvait aussi contaminer l’homme. Comment pourrions-nous être sûrs que le virus n’infectera pas les autres royaumes du Gwendir, se questionna-t-il.

Tout en résonnant – sourcils froncés et index tapotant le bout du menton-, Narius écouta le cousin du Roi s’exprimer sur sa visite chez les Amazones. Il n’avait pas encore eut l’occasion de lui parler et de connaître l’avis du peuple guerrier. D’ailleurs, intérieurement une question lui brûlait les lèvres : le prince Nillviem avait-il vu sa fille ? Narius se raisonna alors en s’obligeant à garder cette question pour après le conseil. Pour l’heure, il reporta son attention sur le jeune capitaine qui décrivait alors son entretien avec la Reine des Amazones.

Le jeune prince informa le conseil qu’il avait réussi à obtenir la collaboration des Amazones avec le peuple Druide. Peut-être le début d’une paix entre nos deux peuples, pensa secrètement Narius… Nillviem rapporta aussi que jamais ce peuple n’avait connu une telle épidémie auparavant. Ce qui n’avait rien d’étonnant pour le conseiller : les royaumes étant voisins, si une épidémie sévissait chez l’un des deux, l’autre en serait forcément informé. Enfin, le jeune capitaine termina en déclarant que trois médecins avaient rejoint les herboristes druides. Nillviem conclut son discours en rejoignant l’avis du Roi : il pensait qu’un contrôle plus sévère était certainement la meilleure solution.

Narius sentit que c’était à son tour de s’exprimer. Avant de répondre aux deux hommes, il lança un regard à Lawena, cherchant à savoir si la seconde comptait s’exprimer elle aussi. Mais il n’en fut rien et le conseiller prit à son tour la parole. Après avoir remercié chaleureusement Nillviem pour son rapport et souligné l’envoi sous peu d’un messager chez les Amazones, Narius revint sur sa proposition de fermeture des frontières. Il devait défendre son idée auprès du Conseil.

Votre Majesté, Capitaine, permettez moi d’insister quant aux frontières. J’ai tout à fait conscience de la situation catastrophique du royaume mais croyez-vous réellement qu’un simple renforcement des contrôles permettra d’éviter de répandre l’épidémie à l’extérieur de Sudorna et entre les hommes ? Vous n’avez pu prévoir que la maladie infecterait l’homme. Comment pouvez-vous certifier qu’elle n’ira pas pulluler chez les Humains ou les Ombres ?

Mon intention n’est pas de mener à la ruine le royaume, Sire, mais de le sauvegarder et d'éviter la propagation du virus ailleurs. Nous manquerons sûrement de réserve en s’enfermant au reste du continent… mais après tout , nous sommes pourvus d’un instinct animal qui devrait nous permettre de survivre, non ?


Il regarda tour à tour les deux hommes, attendant une quelconque réaction de leurs parts.
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