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 Sentiments et péché [PV Galdor Fenril *]

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Melindaë Gordonian
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MessageSujet: Sentiments et péché [PV Galdor Fenril *]   Mar 26 Jan 2010 - 21:20

Dans la nuit, Septième jour,
Treizième semaine,
An 835


Vêtue de sa traditionnelle robe noire, Melindaë terminait sa longue journée par une cérémonie funeste. Isadora Gasedël, la centenaire de la ville d’Unae, avait rendu son dernier souffle il y a quelques jours. Bien que la cérémonie fût tardive, environ une cinquantaine de fidèles était venue à son enterrement. Cette femme avait gardé une beauté singulière même lorsque le temps avait marqué son doux visage. Réputée et aimée, elle eut bon nombre de courtisans mais jamais d’époux. Personne ne savait véritablement si c’était un choix de la défunte ou si elle n’avait jamais rencontré son véritable amour. Quoiqu’il en soit, bien que malheureuse en amour, Isadora pouvait se conforter d’être heureuse en amitié. Femme juste et généreuse, ses nombreuses donations aux hospices lui avaient permis de nouer des liens très forts avec la communauté d’Unae. N’ayant aucun héritier, elle avait décidé de faire don de son grand héritage au temple de la cité, espérant que celui-ci l’utiliserait pour bâtir un nouveau temple dans les terres reculées de la contrée de Sudorna.

Cette femme remarquable mérite une place aux côtés du tout-puissant Mani. Ainsi Isadora, soit heureuse aux côtés de notre père créateur et dote-nous de ta clairvoyance et de ta générosité. A tout jamais nous te porterons dans notre cœur…

Son discours terminé, Melindaë éteignit les cierges autour du corps qu’elle recouvrit ensuite d’un drap de fine dentelle blanche. Un a un, les fidèles déposèrent un rameau d’olivier sur le corps, ce qui devait porter chance à la défunte pour trouver son chemin jusqu’à Mani. Le dernier fidèle ayant quitté les lieux, Melindaë, accompagnée des novices et de l’embaumeur de la cité, emmena le corps au cimetière. Là, un trou creusé attendait la dépouille d’Isadora qui semblait dormir d’un sommeil éternel. Installée dans son cercueil d’ébène, Isadora disparut sous le monceau de terre. Plantée au-dessus, une masse de granit en forme d’hibou - son totem - décorait la tombe. Ton chemin vers les cieux débute à cet instant… pensa la grande prêtresse.

Tournant alors les talons, Melindaë rentra au temple. Frigorifiée par la nuit noire et fraîche, elle enfila sa cape et prit une lanterne avec elle. Lorsqu’elle traversa la nef principale, elle vit quelques novices prier et rallumer des cierges et de l’encens. Elle leur conseilla de ne point trop tarder aux vues de la longue journée qui les attendait demain. Puis la prêtresse passa les grandes portes en bois et se retrouva seule à l’extérieur. Le froid l’enveloppa de son manteau glacial et ses pupilles se dilatèrent, tentant de s’acclimater à l’obscurité des environs. Rapidement, Melindaë alluma sa lanterne. Un rond de lumière se dessina dans la pénombre. Cette nuit du septième jour semblait inquiétante : le ciel était habillé de nuages sombres, cachant le visage de la Lune éclatante. Ne souhaitant pas s’attarder, la jeune femme marcha d’un pas décidé vers le Bastion. Heureusement pour elle, le palais n’était trop loin du temple.

Arrivant en toute hâte dans le Bastion, Melindaë prit la direction de ses Appartements. Habituellement, elle empruntait un raccourci : l’escalier des serviteurs qui serpentaient chaque étage. Mais malheureusement, celui-ci était fermé et personne ne semblait être dans les environs. En effet, une fois leur service terminé, le personnel du château fermaient les entrées de service… Question de sécurité disait-on. Pestant et grommelant, Melindaë dut parcourir plusieurs étages et passer devant tous les Appartements étant donné que le sien était tout au fond. Marchant doucement pour ne faire aucun bruit, Melindaë avançait tranquillement dans les dédales de couloir. C’est alors qu’elle se remit à penser aux obsèques d’Isadora. Cette femme qui avait tout pour être heureuse ne put jamais combler un manque : celui d’être épouse et mère. La jeune femme pensa alors qu’avec son statut, le même destin l’attendait sûrement. Malgré son attirance réciproque pour le Roi des Druides, elle voyait mal comment tous deux pourraient se fréquenter à l’avenir. Un amour secret pouvait-il tenir toute une vie ?

Soudain, Melindaë fut tiraillée de ses pensées par des cris stridents. Il semblait qu’une personne criait des « non ! ». Peut-être était-elle attaquée par des voleurs ! Ne sachant si elle devait prévenir les gardes, la jeune femme s’approcha paniquée de la porte d’où venaient les cris. C’est alors qu’elle s’aperçut qu’il s’agissait des appartements royaux. Sans perdre un instant, Melindaë ouvrit la porte, étonnée qu’aucun garde ne fasse le piquet devant. Ils sont sûrement partis faire leur ronde… se dit-elle. Dans l’entrebâillement de la porte, elle passa son visage et tendit la lanterne devant elle. Personne. Son regard se posa alors sur l’être qui dormait dans le somptueux lit surmonté d’un baldaquin. Se tordant dans tous les sens, le Roi des Druides semblait avoir le sommeil agité. Refermant la porte et posant la lanterne sur une commode, Melindaë s’approcha du monarque et s’assit au bord lit. Elle prit alors le visage du souverain entre ses mains glacées. Celui-ci était brûlant et transpirant. Elle tenta de l’apaiser d’une voix de velours.

Seigneur Fenril, réveillez-vous, vous faites un cauchemar. Seigneur Fenril…


Dernière édition par Melindaë Gordonian le Lun 22 Fév 2010 - 16:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sentiments et péché [PV Galdor Fenril *]   Mar 26 Jan 2010 - 22:36


Les rayons opalescents de l’astre lunaire traversaient les épais vitraux qui ornaient les murs du Bastion, irradiant d’une clarté singulière la pièce où s’était endormi le souverain des Druides et venant caresser le visage qui sortait à peine des draps où il s’était caché. Depuis plusieurs heures déjà, l’amante du Soleil s’évertuait à éclairer les âmes qui ne parvenaient pas à trouver le sommeil et elle avait accompagné peu de temps le monarque épuisé qui n’avait pu lutter contre l’harassante envie de dormir qui avait alourdi ses paupières, engourdi sa réflexion. En début de soirée, il s’était senti fébrile, comme proie à une lassitude soudaine et implacable qui ne lui avait laissé aucune liberté de réaction. Il s’était alors glissé dans son lit, convaincu que la douceur d’un repos mérité viendrait à bout de ces maux indésirables, non conscient que d’autres tourments l’attendraient une fois endormi. Son inconscient amena des rêves troublés, agités qui perturbèrent son sommeil, des cauchemars effrayants dont il ne pouvait se débarrasser, causant fièvre et douleur. Des bêtes et des hommes mourraient dans d’atroces souffrances, hurlant, agonisant, s’accrochant à lui pour le supplier de mettre un terme à leur calvaire. Et il se sentait si impuissant face à tant de peine, tant de malheur. Il reconnut des visages familiers, celui de son cousin, de sa cousine et de sa défunte tante, qui se déformèrent sous l’effet de la douleur, les rendant méconnaissables. Ses paupières, tremblantes, ne pouvaient s’ouvrir et le ramener à la réalité. Il cria plusieurs fois, gémit et soupira davantage. Son corps convulsait et était proie à des spasmes douloureux et incontrôlables. Il ne pouvait vraisemblablement pas se réveiller et les visions horrifiques se poursuivirent, sans qu’il ne put faire quoique ce soit pour les en empêcher. Il se vit alors face à un miroir, seul et abandonné. Il passa une main dans sa chevelure de jais et constata avec effroi que ses cheveux étaient restés entre ses doigts. Par touffes, il se les arracha, une expression horrifiée sur le visage. Une écume blanchâtre s’échappa de ses lèvres et il suffoqua, incapable de respirer …

- Non !

Ses paupières s’ouvrirent à la volée et ses prunelles agitées mirent plusieurs secondes à comprendre la situation dans laquelle il se trouvait. Ses doigts crispés s’étaient enroulés autour de bras menus et frais, deux pupilles sombres et élégantes l’observaient avec prévenance et un souffle chaud mais contenu lui caressait le visage mouillé. Ses cheveux étaient collés contre sa nuque et contre son front. Il frissonna. Ses doigts relâchèrent les membres paralysés qu’ils avaient retenus avec force et il se redressa, se reculant de la Grande Prêtresse qui l’observait en silence.

- Pardonnez-moi…

Il n’osait poser son regard d’ambre sur la femme qui était assise au bord de son lit, honteux qu’elle l’ait vu dans cet état et intimidé par sa présence. Il ferma les yeux et passa une main sur son visage, comme pour chasser les dernières traces de ces mauvais rêves. Il frissonna de nouveau et son corps, brûlant pourtant, trembla légèrement. Il croisa les bras contre sa poitrine et leva enfin son regard vers celle qui restait là à ses côtés, rassurante et protectrice. Ses prunelles étaient fascinantes et envoutantes, aussi sombres que le plumage d’un corbeau. Il reformula ses excuses d’une voix plus assurée que précédemment :

- Pardonnez-moi, honorable Grande Prêtresse. Je ne voulais pas vous effrayer.

Il soutint son regard, sentant sa vigueur revenir.

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Melindaë Gordonian
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MessageSujet: Re: Sentiments et péché [PV Galdor Fenril *]   Mer 27 Jan 2010 - 22:23

Après un énième cri de terreur, le Roi des Druides ouvrit enfin les yeux. Semblant ne point savoir ce qui lui arrivait, Melindaë se rapprocha de son regard, cherchant à capter ses yeux d’ambre. Si le monarque ne reprenait pas rapidement conscience de l’environnement qui l’entourait, il pourrait croire à une agression et se montrer violent à son insu. Heureusement, ses doigts fins enserrant les poignets de la grande prêtresse, il prit conscience de ce qui se passait. Toujours suant et brûlant, ses magnifiques cheveux étaient collés à sa peau pâle, si douce au toucher. Lâchant prise, il se redressa et pris soin de reculer, comme si il avait peur de Melindaë. La jeune femme crut alors l’avoir dérangé ou même épié dans son intimité. En effet, le sommeil nous plongeait dans notre inconscient et pour y parvenir, nous devions baisser tous les remparts de notre âme. Le roi qui s’excusa d’une voix balbutiante devait se sentir bien nu face au regard ténébreux de la Grande Prêtresse qui l’avait surprise dans son sommeil agité…

Peut-être aurait-elle du partir à cet instant et s’excuser d’avoir réveillé le monarque ? Après tout, elle n’avait rien à faire dans cette chambre si luxueuse. Mais une force mystérieuse l’en empêchait. Et plus elle contemplait le regard doré du monarque, plus elle se sentait envoûtée. Face à elle, elle avait l’impression de trouver un enfant perdu et apeuré qui venait de faire un cauchemar. De part son caractère protecteur et son grand attachement à Galdor, elle aurait aimé le prendre dans ses bras pour le réconforter. Néanmoins, l’éthique l’interdisait et on n’allait pas contre l’éthique. Reprenant possession de ses bras, Melindaë croisa les mains sur ses genoux qu’elle contempla d’un air intimidé. Jamais elle n’avait vu Galdor aussi intimement. Elle laissa le monarque reprendre tranquillement ses esprits et se frotter le visage avec lassitude.

Ramenant ses prunelles dans celles du monarque, elle ne put s’empêcher d’esquisser un sourire béat. Jamais elle n’avait pensé pouvoir tomber amoureuse une nouvelle fois. Après la mort de son Amandil, elle s’était juré de ne plus aimer aucun homme de sa vie. La perte de l’être aimé était d’une telle souffrance que plus jamais elle ne voulait vivre ça. Et pourtant, Mani avait détourné son destin et embelli son avenir. Cet homme si doux et généreux lui rendait son amour avec une troublante intensité. L’homme le plus improbable convoitait son cœur et elle le sien…

Toujours assise auprès de Galdor, celui-ci s’excusa une nouvelle fois d’une voix plus forte. Il paraissait retrouver des couleurs. Pensant avoir effrayé la jeune femme, celle-ci le rassura immédiatement. Elle posa délicatement son index sur la bouche du monarque pour le faire taire. Il était inutile de le faire culpabiliser davantage alors qu’il sortait d’un cauchemar sans doute terrifiant. Tout en écartant les mèches collées sur le visage de Galdor, Melindaë tenta de lui expliquer sa présence auprès lui.

N’ayez crainte, Seigneur Fenril, je n’ai pas été effrayée… du moins plus une fois à vos côtés. En réalité, je venais de rentrer du temple à la suite d’obsèques lorsque j’ai entendu des cris. C’est en m’apercevant que les cris venaient de votre chambre que j’ai accouru. J’ai d’abord cru à des voleurs mais ensuite je vous ai vu vous agiter dans votre lit… Quand je me suis approchée, vous étiez transpirant et brûlant. Vous faisiez un cauchemar, je vous ai donc réveillé… J’espère que vous ne m’en voudrez pas.

Sa main glissant légèrement sur la joue du souverain, elle la ramena sur ses genoux. Un léger silence s’instaura dans la pièce, faisant transparaître sa gêne après ce geste déplacé. La lanterne s’était éteinte depuis quelques instants. La chambre était à présent éclairée par la luminosité de la Lune qui rayonnait de tout son zèle. Poussée par la curiosité, Melindaë s’adressa au monarque d’une voix douce et fragile.

Souhaitez-vous me raconter votre cauchemar ou préférez-vous que je vous laisse vous reposer ?

Les yeux rivés sur les lèvres du Roi des Druides, elle attendait impatient tout son qui en sortirait.


Dernière édition par Melindaë Gordonian le Lun 1 Fév 2010 - 22:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sentiments et péché [PV Galdor Fenril *]   Jeu 28 Jan 2010 - 17:22


Le doigt de la Grande Prêtresse s’était posé sur les lèvres du monarque druidique, lui intimant de ne pas en dire davantage. En silence, il contempla la beauté de cette femme inaccessible qui pourtant, un jour, lui avait fait la promesse d’une union sincère et éternelle. Son regard d’or croisa les prunelles sombres de la Dame et cette dernière lui offrit un sourire radieux. Ses doigts fins quittèrent ses lèvres pour parcourir son visage, caresser sa joue et écarter les mèches de cheveux qui s’étaient collées contre sa peau encore ruisselante, tandis que sa voix charmeuse venait le bercer de sa plus belle mélodie. Galdor retint son souffle, écoutant avec une attention toute particulière les propos de la religieuse, bercé par les rythmes chantants de son timbre de voix. Il avait donc hurlé dans son sommeil, provoquant l’effroi de la prêtresse qui l’observait avec un intérêt grandissant. Cela raviva sa mémoire et le ramena à son cauchemar, terrifiant. Il avait été bouleversé par l’intervention du paysan, la veille, et les propos qui en avaient découlé. Cette pandémie l’effrayait, comme elle terrorisait ses sujets et ses conseillers. Il voulait préserver son peuple, protéger les siens et en terminer avec cette effroyable « maladie du bétail ». La voix de velours de la femme qui était assise sur le bord de son lit le ramena auprès d’elle, et son regard devenu vague l’ombre d’un instant soutint à nouveau le sien. Sa main délicate avait rejoint ses genoux, signe d’une certaine pudeur. Galdor baissa les yeux et observa ces mains blanches, fines et entretenues. Avec douceur, il se pencha vers la prêtresse et attrapa ses mains qu’il ramena contre son visage pour les caresser de sa joue, fermant les yeux, lui aussi, par pudeur. Elles étaient douces et sentaient bon.

- Ne me laissez pas seul avec mes peurs enfantines, ma Dame. Restez, je vous prie. Restez si cela ne vous est inconfortable.

Il rouvrit les yeux et redécouvrit les superbes prunelles noires qui n’avaient pas cessé de l’observer, qui ne s’étaient pas dérobées comme d’autres chimères. Il chérissait ce regard noble, puissant et pourtant si doux. Sans libérer les mains de la religieuse, il glissa hors de ses draps et vint se camper devant elle. Il s’inclina, baisa les menottes gracieuses qu’il consentit enfin à rendre à leur propriétaire, puis se redressa.

- Permettez que je vous abandonne quelques secondes, bien que l’idée de m’éloigner m’insupporte, le temps que je puisse me rafraîchir.

Il s’inclina une nouvelle fois, sembla hésiter à quitter la Grande Prêtresse, puis partit au petit trot vers une autre pièce des appartements. Il fit couler de l’eau dans une vasque et s’en aspergea le visage, pour effacer les derniers résidus de transpiration. Il se peigna rapidement la chevelure, puis finit par l’attacher et déposa trois gouttes d’un parfum musqué dans son cou, avant d’enfiler une sorte de peignoir en fourrure. Tout cela ne lui prit qu’une minute ou deux et il regagna rapidement la chambre où il avait laissé seule la prêtresse. Il alluma ce qu’on aurait pu prendre pour une lampe à huile en forme de cloche en cristal, à l’intérieur de laquelle se forma une lueur blanchâtre, apportant une clarté relative à la pièce, tout en lui conférant une ambiance intime. Il rejoignit la religieuse et s’installa à ses côtés. Il la regarda, ou plutôt, la contempla, à nouveau. Il écarta sa chevelure soyeuse d’un revers de la main, pour qu’il puisse la voir davantage et laissa sa main glisser le long de son dos. Ce fut à peine un frôlement, mais le bout de ses doigts s’électrisa, une sensation de chaleur se propageant dans tout son membre. Il ramena sa main sur ses genoux, sans quitter des yeux la religieuse.

- Pourriez-vous m’accorder la faveur de prier pour mon salut, ma Dame ? Je pense que Mani tente de me mettre en garde, mais seule vous êtes capable de comprendre les signes de notre Père. J’ai rêvé que la maladie me rongeait et que la vie me quittait, que les nôtres souffraient et que notre royaume était ruiné.

Son ton était posé, maintenu. Pourtant, ses prunelles étaient agitées. Le monarque était bouleversé par le cauchemar qui avait troublé son repos, annonciateur de sinistres présages. Il se sentait épuisé, harassé et surtout inquiet. Inquiet de ne pouvoir promettre à son peuple une amélioration de la situation ; harassé de chercher des solutions, en vain ; épuisé de ne pouvoir confier ses doutes à quelqu’un. Quelqu’un qui le considérerait d’abord comme un homme, et non comme un souverain.

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MessageSujet: Re: Sentiments et péché [PV Galdor Fenril *]   Lun 1 Fév 2010 - 21:59

Presque aussitôt, la main de la grande prêtresse soutenue par celle de Galdor retrouva la douceur candide de la joue du souverain. Cette peau si blanche et intacte ne semblait abîmée par aucune impureté ni blessure. Le monarque avait clôt ses yeux, joyaux d’ambre et de lumière, dans lesquels Melindaë semblaient découvrir de nouvelles facettes de Galdor au fil du temps qui s’écoulait. Petit à petit, depuis l’instant où il était venu la voir, l’homme semblait s’ouvrir à elle. La jeune femme avait l’impression qu’elle était l’unique personne à pouvoir contempler l’âme véritable de Galdor. Privilège unique ou folie interdite, seul Mani connaissait la réponse. Lorsque Melindaë fixait le regard du monarque, elle avait l’impression de perdre pieds et de s’éloigner du chemin de la raison. Mais lorsqu’elle quittait ce regard, alors une tristesse incommensurable s’emparait de tout son être et elle revenait immédiatement se blottir dans ces iris ambrés…

Le monarque druide lui demanda de rester. Melindaë, dont la voix voluptueuse refusait de sortir, hocha de la tête pour affirmer les dires du Roi. Délaissant les draps dans lesquels il était enfoui, Galdor se leva et s’inclina. Et dans un élan de formalité, il baisa tendrement les mains de la jeune femme avant de les lui rendre. Un fourmillement la parcourut, comme si la galanterie de cet homme était électrisante. S’excusant de tout son gré, il s’absenta quelques instants afin d’aller se rafraîchir. Melindaë pouvait entendre l’eau couler dans un récipient et des bruits de flacons entrechoqués. Elle imagina alors son roi se faire beau pour sa promise, les yeux brillants telle une petite fille attendant son prince charmant.

Durant ce cours laps de temps, la grande prêtresse parcourut du regard la pièce sombre. Le mobilier, bien que luxueux, restait simple et sans fioriture. A l’image de son possesseur, pensa la jeune femme. C’est alors qu’elle posa son regard sur une peinture qui représentait une femme au regard sévère. Il s’agissait de Faldora Fenril, ancienne reine du royaume mais aussi tante de Galdor. Cette femme à la chevelure rousse était magnifique. Son regard ambré, le même que l’actuel monarque, reflétait le caractère d’acier que possédait Faldora. Le tableau la montrait dans toute sa puissance et sa fierté. Elle était grandiose et le resterait à jamais. Une légère fragrance la ramena à la réalité. Le Roi des Druides était revenu à ses côtés. Peigné et vêtu d’un superbe peignoir, elle avait maintenant en face d’elle un souverain plus sûr de lui dont toutes les peurs semblaient avoir disparu.

Contemplant Melindaë, il passa sa main dans la chevelure de la jeune femme, dégageant ainsi son visage ovale et pâle. Ses doigts glissèrent ensuite le long de son échine, lui conférant ainsi un sentiment d’intimité profond. Ce geste eut pour effet de paralyser le corps entier de la prêtresse et de rosir ses joues. Une bouffée de chaleur se propagea sur le haut de son corps avant d’esquisser un frisson, qui la fit entièrement trembloter. Les sens de Melindaë se brouillèrent ainsi que sa vision. Les paroles de Galdor la ramenèrent à la réalité, juste à temps, avant qu’elle ne commette l’irréparable… Le roi lui demanda de prier pour lui et pour son Salut. Il décrivit ensuite à la jeune femme son rêve troublant, pensant que Mani le mettait en garde. Mais en garde de quoi ? Etait-il possible que ceci ait un rapport avec leur relation ?

Votre Majesté, je prierai nuits et jours s’il le faut pour sauver votre Salut n’ayant de repos ni de faim jusqu’à ce que ma tâche soit accomplie…

Mais ses doutes en ce qui concernait les motifs de ce rêve la souciaient au plus haut point. Rester auprès de Galdor l’empêchait de réfléchir et de trouver une réponse à toutes les questions qui lui taraudaient l’esprit. Elle se leva alors, abandonnant le monarque, et contourna le lit. Elle se posta alors devant la fenêtre, contemplant la Lune, si ronde et lumineuse. Les appartements du Roi offrait une vue splendide sur Unae. La Lune miroitait sur les toits procurant ainsi un océan de scintillements. Cette vue était magique et unique. Se serrant dans sa cape pour se réchauffer, elle décida enfin à parler, après ce court silence.

Ne vous est-il pas venu à l’esprit que la mise en garde de Mani pouvait avoir une relation avec les sentiments que l’on éprouve l’un pour l’autre ? Je ne saurais vous cacher mon émoi plus longtemps, Seigneur Fenril… Néanmoins, cet émoi attise autant ma crainte que mon amour. Je suis perdue…

Soudain, la voix de Melindaë se brisa. Elle s’agenouilla au sol, recroquevillée sur elle-même, sanglotant. Le visage aux creux de ses mains, la jeune femme était terrifiée par le courroux divin. Toute sa vie vouée au culte de Mani semblait lui faire à présent défaut. A cet instant, elle aurait aimé être une simple femme et non la grande prêtresse des Druides.
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MessageSujet: Re: Sentiments et péché [PV Galdor Fenril *]   Mer 3 Fév 2010 - 21:32


La voix sensuelle de la Prêtresse résonna pour répondre aux interrogations du monarque, charmant ses sens et enivrant sa raison. C’était un murmure, une caresse qui venait amplifier son désir et accroître son attachement. Le son qui se détachait des lèvres voluptueuses de la religieuse était un supplice, autant qu’un ravissement. Galdor ferma les yeux, bercé par la mélodie des paroles énoncée par cette voix de velours, peu désireux de s’attarder sur leur contenance, leur importance. La dévotion de la jeune femme était un trésor inestimable, et la ferveur de ses sentiments ravirent l’esprit du souverain. Il aurait voulu que la jeune femme parle toujours, sans jamais s’arrêter, afin qu’il puisse décrypter chaque intonation, chaque sonorité, les apprendre par cœur pour se les remémorer quand elle ne se tiendrait plus près de lui. Mais le silence s’imposa de lui-même, sans qu’il fût convié et le souverain découvrit cette fois le plaisir de n’entendre que le souffle régulier, rythmé de la prêtresse. Il n’aurait su dire où allait sa préférence, entre le timbre chantant de sa voix ou le souffle caressant de sa respiration ? Tout semblait amplifié, comme si le temps avait ralenti sa course pour qu’il puisse profiter de chaque seconde, de chaque instant que Mani lui offrait auprès de cette femme aussi désirable qu’inaccessible. Aussi belle qu’un pâle soir d’hiver, terrifiant et envoutant. Il rouvrit les yeux quand les fragrances du parfum de son hôte s’agitèrent, signe caractéristique d’un mouvement précipité, pour découvrir que la Prêtresse s’était levée et s’éloignait à pas mesurés vers la fenêtre. Lorsqu’elle se perdit dans la contemplation de la vue offerte par les appartements royaux, le monarque, lui, ne put détacher ses prunelles d’ambre du spectacle qui se présentait à lui. Les rayons opalescents de la Lune vinrent se nicher dans les cheveux sombres de la religieuse, accordant mille reflets somptueux à sa magnifique chevelure. A son tour, Galdor se leva. Il ne put cependant s’autoriser à faire un pas dans la direction de la jeune femme, ne voulant pas troubler sa quiétude. Elle était si proche, et pourtant si éloignée de lui. Tout s’enchaîna très vite. Trop vite.

Les éclats de la voix de la religieuse se brisèrent contre un mur invisible, le rempart qui séparait leurs cœurs et leurs âmes. En un instant, elle fut à terre, recroquevillée sur elle-même, sur ses sentiments, ses émotions qu’elle semblait vouloir enfouir. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, le souverain était agenouillé à ses côtés, ses bras protecteur entourant son dos menu, ses mains ramenant sa tête sur son épaule. Il resta silencieux, écoutant les sanglots étouffés de la femme qu’il tenait dans ses bras. Il avait espéré ce moment depuis de nombreuses lunes, mais pas au prix des larmes de celle qu’il aimait. Après plusieurs longues minutes, il écarta la religieuse pour pouvoir la contempler. Son visage creusé par les larmes n’en perdait nullement sa majesté, sa beauté. Il repoussa de son doigt recourbé les dernières larmes qui s’attardèrent sur ce regard puissant et enchanteur, un sourire bienveillant dessiné sur les lèvres.

« Mani n’a-t-il jamais interdit à ses enfants d’aimer ? »

Un susurrement, un murmure. Les paroles furent prononcées à demi-mots, comme si personne d’autre que la Prêtresse ne devait entendre ce qu’il avait à dire. Sa main s’attarda sur son visage, caressant de son revers la peau de nacre de la jeune femme. Puis ses doigts glissèrent jusqu’à son menton. Le monarque le releva, redressant ainsi la tête de la Prêtresse. Il se pencha vers elle et ses lèvres se posèrent contre les siennes, goûtant ainsi au plaisir d’un premier baiser, tandis que son autre main venait se faufiler derrière sa nuque, protectrice et aimante. Tel était son choix, celui d'aimer la Grande Prêtresse.



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MessageSujet: Re: Sentiments et péché [PV Galdor Fenril *]   Lun 22 Fév 2010 - 16:15

Melindaë culpabilisait. Qu’allait penser Galdor de cette attitude faible et déplacée. Sangloter ainsi devant le Roi ne devait pas faire parti du protocole autorisé. Et pourtant, la jeune femme ne pouvait plus se maîtriser. Ses angoisses et la peur de Mani étaient plus fortes que tout. Elle se rappelait amèrement la disparition de son Amandil et des évènements qui suivirent. Son père créateur l’avait déjà punie une fois pour son écart, qu’en serait-il la seconde fois ? Melindaë craignait plus que tout de perdre Galdor et d’en souffrir. Mais le mal était déjà fait : son cœur s’était attaché à lui et quoiqu’il arrivât à présent, elle en souffrirait forcément.

Perdue dans son mal, la grande prêtresse sentit alors des bras l’entourer. Relevant le visage, elle s’aperçut de la présence du Roi des Druides à ses côtés. Son corps dégageait une sorte de chaleur apaisante et bienveillante. Celle-ci faisait du bien à Melindaë qui se sentait déjà un peu mieux. Au creux de ces bras, elle se sentait en sécurité comme bercée par la grâce divine. Les rayons de la Lune qui effrayaient alors la jeune femme auparavant prirent une toute autre forme. Ceux-ci d’apparence glaciale avaient pris la douceur et la chaleur de ceux du Soleil. Blottie contre Galdor, la grande prêtresse n’avait plus peur de Mani. Au contraire, elle avait attribué ce geste si délicat et attentionné de Galdor comme un cadeau du dieu des Druides. Melindaë, qui ressentait la chaleur revenir dans son cœur et son corps, avait la tête posée sur l’épaule du souverain. Elle la glissa alors doucement contre son cou. Celui-ci avait une odeur subtile et agréable. La jeune femme en respira une bouffée comme pour marquer à jamais l’odeur de son bien-aimé dans son esprit.

C’est alors que tout bascula rapidement. Le souverain écarta Melindaë de son corps et la contempla. Puis il essuya les dernières larmes de la jeune femme. Leurs regards étaient plus intenses que jamais. La pièce semblait avoir disparu autour de Melindaë. Elle ne voyait plus Galdor en face d’elle qui lui caressait le visage. C’est alors que le Roi la redressa, murmura quelques paroles presque inaudibles et glissant ses doigts sous le menton nacré de celle-ci, il déposa un tendre baiser sur ses lèvres rosies. L’instant fut foudroyant et hypnotique. Jamais la jeune femme n’avait ressenti de pareils sentiments. Son esprit tournoyait et ses sens se brouillaient. Elle aurait aimé que cet instant ne se terminât jamais… Le baiser fut court mais aussi extrême et magique, comme si la destinée de deux êtres qui ne devaient jamais se croiser se percuta d’une violence inouïe. Enlacée dans les bras de son bien aimée, Melindaë ne les quitta plus de la nuit, ni ses lèvre des siennes…

Alors que la Lune commençait à disparaître du ciel pour laisser sa place à son jumeau de feu, la grande prêtresse se réveilla. Elle avait légèrement froid. Un frisson parcourut son corps nu, qu’elle glissa un peu plus sous les draps. Galdor semblait dormir à point fermé. Ne souhaitant le réveiller, elle se rapprocha doucement de lui. Son visage si doux et serein dessina un sourire sur celui de la grande prêtresse. Il n’était plus l’homme effrayé qu’elle avait surpris en pleine nuit. Elle caressa alors le visage de Galdor et déposa un tendre baiser sur son front. Puis, sans réelle explication, une ancienne légende lui revint à l’esprit. « Il s’agissait d’une jeune druide qui était tombée amoureuse du fils de la famille qui habitait des terres voisines. Or, sa famille et celle du jeune homme était en guerre perpétuelle. Un jour, alors qu’elle se baladait dans la forêt, elle s’endormit aux pieds d’un arbre qui était magique. Il renfermait un esprit sage. On le nommait « Nélunia ». Nélunia ressentit alors la tristesse et le désespoir de la jeune fille. Souhaitant lui venir en aide, l’arbre lui chanta une mélodie qui devait guider son esprit ». Se rappelant de cet air, Melindaë se pencha dans le creux de l’oreille de Galdor et le lui souffla.

Queque natura, un jour tu verras. Ton cœur chantera et tu comprendras. Tu entendras sa voix comme un cri au fond de toi. Un jour tu verras, ton cœur comprendra.*

La jeune femme déposa un énième baiser sur le front du souverain. Reposant sa tête sur la poitrine de celui, elle tourna son regard vers l’horizon. Déjà les rayons du soleil annonçaient l’aube d’une nouvelle semaine. Bientôt, des nobles et des gardes parcourraient les couloirs du palais. Personne ne devait savoir qu’elle avait passé la nuit ici. Sinon, aussi bien Galdor qu’elle-même auraient des problèmes. Elle se glissa hors des draps, tentant de ne faire aucun bruit. Elle se rhabilla et enfila sa cape. Lançant un dernier regard au Roi des Druides, elle entrouvrit la porte. Personne à l’horizon. Tout doucement, elle referma la porte derrière elle et partit en direction de sa chambre. Sa servante n’était pas encore passée. Elle eut juste le temps de se glisser entre les draps qu’une personne toqua à la porte. Sa servante, Naelind, venait lui apporter son petit déjeuner. Sirotant son lait chaud, la Grande Prêtresse repensa à la nuit qu’elle venait de passer. C’est alors qu’elle manqua de s’étouffer.

Par la barde d’Odin, j’ai oublié ma lanterne !!!

Hésitant à retourner voir le Roi, elle se ravisa. Il valait mieux attendre un peu avant de retourner dans les Appartements Royaux. Et puis, cette lanterne pouvait rester tout le temps nécessaire chez le souverain. Cela lui servirait de prétexte pour le revoir d’ici une prochaine nuit…


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MessageSujet: Re: Sentiments et péché [PV Galdor Fenril *]   Sam 27 Fév 2010 - 13:36


La violence des sentiments qui gouvernaient les deux êtres ainsi agenouillés ne pouvait être contenue et ils s’abandonnèrent au plaisir d’un baiser aussi bref qu’inespéré. L’engourdissement de l’esprit du souverain n’était rien en comparaison de l’aiguisement de ses sens. La moindre parcelle de peau, la moindre fragrance du parfum de la grande prêtresse excitait son désir et annihilait sa raison. Il n’était plus maître de la situation, et son amour grandissant était le seul à contrôler ses gestes. Ses bras entourèrent à nouveau cette amante inattendue et ses lèvres revinrent vers celles qu’elles avaient précédemment embrassées, pour les dévorer à nouveau. Plus longuement, plus fiévreusement. Ses doigts fins parcoururent le corps si désirable de la religieuse avec dévotion, prodiguant caresses et tendresse. L’astre Lunaire observa discrètement les deux âmes sœur céder à la passion qui les dévoraient et s’unir amoureusement pour la première fois. Sa lumière les accompagna avec complicité, comme si Mani lui-même avait voulu apporter sa bénédiction. Les amants insoupçonnés s’endormirent enlacés et l’amante du Soleil continua de veiller sur eux jusqu’au petit matin…

Le Soleil n’était pas encore levé lorsque le souverain druidique cligna des yeux, émergeant d’un sommeil paisible et réparateur que les rêves sinistres n’étaient pas venu troubler cette fois. Sa main posé sur l’épaule de la femme qui dormait contre sa poitrine remonta jusqu’à son visage, pour en dégager les mèches sombres qui le voilait à son regard tendre. Elle était plus belle que jamais, tranquille et sereine, ignorant les peurs qui la tourmentaient la veille. Un sourire bienheureux vint se dessiner sur les lèvres de celui qui l’observait. Ses doigts caressèrent doucement sa peau de nacre, si douce. Il resta de longues minutes silencieux, ne cessant d’apprécier l’image de la femme qui faisait battre son cœur. Puis dans un souffle, il murmura plus à lui-même qu’à l’oreille de celle qui dormait :

« Vous feriez une grande Reine. Cela ne fait aucun doute. »

Ses prunelles ne se lassèrent pas du spectacle qui leur était donné de contempler, mais une fatigue soudaine alourdit ses paupières et il sombra à nouveau dans un sommeil profond. Ce ne fut que bien plus tard qu’il se réveilla, toujours aussi épuisé. Il constata avec regret que la religieuse n’était plus à ses côtés, et sans se rendre compte de son geste, il huma l’endroit où s’était endormie son amante, pour capter les dernières essences de son précieux parfum. Il resta prostré quelques instants, ses pensées vagabondant vers des souvenirs récents, mais ô combien inestimables. Un sourire illuminait ses traits lorsqu’il consentit à abandonner la chaleur de ses draps, pour la fraîcheur de son peignoir. Il alla se poster devant sa fenêtre et remarqua que le jour était déjà bien entamé. La lumière était éblouissante. C’était un jour qui s’annonçait sous les meilleurs hospices. Le regard du Roi s’attarda à l’extérieur du château, avant de revenir dans ses appartements. Il constata alors que la Grande Prêtresse avait oublié sa lampe. Un sourire radieux se dessina à nouveau sur les lèvres du souverain. Il pouvait assurément compter sur une visite prochaine de sa bien-aîmée…



{RP terminé}

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Sentiments et péché [PV Galdor Fenril *]

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