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 Quand l'inquiétude s'immisce... [PV Bogrin * Ne pas archiver]

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Unader-Ocilag
Gwendirien


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MessageSujet: Quand l'inquiétude s'immisce... [PV Bogrin * Ne pas archiver]   Dim 7 Fév 2010 - 17:48

Cinquième jour de la Treizième semaine,
An 835,
Tard dans la soirée.



    • Et les griffes d'un noir brillant tournèrent les pages du manuscrit. La nef était baignée d'une lumière ocre venant du dehors et par les halos pâles des myriades de petites flammèches des bougies. Des voix monocordes s'élevèrent à l'unisson et entamèrent des psaumes dédiés à Thor, le tout-puissant Père des Orthodoxes. Le Grand Prêtre récita les dernières prières qui annonçaient la fin de la cérémonie.

    « Et par cette marque ton esprit s'ouvrira. Ainsi est ce qui guidera ton âme, sous l'éternel protection de Thor, notre Père Sacré. »

    Le livre se referma dans une fine gerbe de poussière. Ce fut le signal qu'interpréta la famille pour venir entourer l'enfant nouvellement tatoué, vêtu d'une tunique grise, comme le souhaitait la tradition, afin de représenter l'élément d'où naquit de la main de Thor le premier des Orthodoxes. Unader Ocilag prenait toujours beaucoup plaisir à orchestrer la cérémonie du premier tatouage, encore fidèlement encastrée dans les moeurs et perçue comme le premier échelon conduisant à la spiritualité, cependant il y avait mis moins de coeur qu'à l'ordinaire. Alors que le soleil déclinait pour laisser place à son jumeau d'opale et pendant que Temple se vidait peu à peu de ses fidèles, Unader laissa aux Initiés le soin de ranger les affaires sacrées avant de s'éclipser sans mot dire. La journée avait semblé s'étendre sur un temps infiniment long, rythmée par les prières et les obligations religieuses. Plusieurs fois il s'était laissé distraire par ses pensées et plusieurs fois il lui était arrivé d'omettre une phrase ou une prière. Toutefois, aucun des religieux ne lui en avait demandé la raison, sachant quelquefois l'esprit du prêtre bien vagabond.

    Unader savoura l'air du soir, souffle frais venant apaiser son âme, qui circulait dans les couloirs. Quelques heures auparavant on était venu lui apprendre qu'un attentat avait été perpétré dans la salle du conseil, au sein même du palais royal, alors que Le Roi et quelques-uns des plus éminents personnages du royaume y étaient réunis. La première vague d'inquiétude le submergea quand il sut que son frère était parmi eux... Même en ayant éperdument reconnu les talents magique et guerrier de son cadet- probablement l'un des plus redoutables soldats du royaume- le religieux ne pouvait s'empêcher de penser autrement. Parfois, il se disait combien une vie spirituelle aurait bénéficié au guerrier à l'humeur versatile, à jurer autrement que par le combat. Mais à chaque fois ce concept se chassait de lui-même, étant ô combien dérisoire de croire qu'une vie de cloître aurait convenu à l'ardeur qui habitait Bogrin. En tous les cas, le Grand Prêtre n'avait pas manqué de remercier Thor pour avoir écarté le funeste malheur qui aurait pu s'abattre dans l'assemblée lors de cette sombre matinée.

    En passant devant une haute fenêtre qui donnait sur le Nord de la cité, la vision du palais bercé dans l'ombre s'imposa aux yeux de l'orthodoxe. Soudain, il eut la folle envie d'aller voir de plus près le lieu de tout ce remue-ménage, là où la vue était parfois plus simple que les mots. Il faisait encore assez clair, les premières étoiles venaient juste de poindre dans le ciel alors qu'Unader se hâtait de rejoindre le palais. Des patrouilles effectuaient déjà leurs rondes tout autour de la résidence du monarque. Mais, les pas du clerc le guidaient à l'opposé, vers la Bibliothèque où des milliers d'ouvrages dormaient chaque jour sous l'oeil attentif des érudits. Il prit la direction de la Salle du Conseil. Les couloirs encore relativement déserts paraissaient aussi ordinaires que possible et rien ne laissait envisager qu'un drame soit survenu plus tôt. Mais, au fil de son avancé, l'air apporta au prêtre un effluve âcre qui devenait de plus en plus insistant.
    Alors que le couloir était plus ou moins plongé dans la pénombre, de la lumière en éclairait le fond. Un soldat chargé de surveiller les trésors dévastés ? Un garde désoeuvré qui manifestait la même curiosité que lui et qui désirait voir par ses yeux la réalité ? Mais plutôt que de faire rebrousser chemin au serviteur de Thor, cela aguicha d'autant plus son intérêt.

    Ladite Salle du Conseil était dans un désordre inimaginable. On sentait encore l'odeur du sang séché, même après que leur hôte ait disparu du sol. Pourtant, ce fut moins les précieux objets brisés et le remugle peu ragoûtant qui émanait de la pièce, que l'homme qui se tenait dedans qui surprit le plus Unader. Ou plutôt qui le prit au dépourvu. Bogrin Gilad semblait perdu dans ses pensées. Le Grand Prêtre ne pouvait croire que Thor lui offre la chance de trouver celui qu'il croyait devenir le plus inaccessible après cet évènement. Il se promit de remercier une fois encore leur Père bien-aimé pour cette fortuite rencontre, malgré tout fruit de la curiosité.
    Sans plus attendre, le clerc se fraya un chemin vers son vieil ami en évitant soigneusement les débris jonchés sans autre ménagement sur le sol.

    « Bogrin... Mon frère. Thor soit loué, si je n'avais été aussi inquiet j'aurais certainement été tenté de plaisanter sur ce défaut qu'est la curiosité. »


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- Unader Ocilag -
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Dernière édition par Unader Ocilag le Mer 11 Aoû 2010 - 16:58, édité 3 fois
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Bogrin Gilad
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MessageSujet: Re: Quand l'inquiétude s'immisce... [PV Bogrin * Ne pas archiver]   Mar 16 Mar 2010 - 19:44

  • Le regard vague, Bogrin s’était appuyé sur un banc détruit et contemplait la salle dévastée avec un air las. L’attentat survenu plus tôt l’avait quelque part légèrement bouleversé, mais surtout particulièrement énervé et sa colère ne cessait de croître lorsqu’il repensait aux ingrats qui avaient osé s’en prendre aux plus éminentes personnalités du Royaume. Peut être l’incompréhension de ce qu’il n’avait pas su contrôler, s’ajoutant à la fatigue, le menait à mal.
    Sous ses yeux de fauves, des traces rouges étaient apparues et Bogrin avait le visage quelque peu blafard. Il était assommé par la fatigue. Il ne l’aurait jamais reconnu, mais intérieurement, il se sentait complètement vidé et ses yeux irrités trahissaient plus que bien son état second.

    Heureusement, la journée avait touché à sa fin quelques heures plus tôt. Malgré l’heure tardive, Bogrin était libre pour la nuit, après avoir laissé la chambre du Monarque sous le jouc d’une patrouille de soldats et de magiciens armés jusqu’aux dents. C’était la première fois que Bogrin se sentait las. Il avait envie de répandre sa rage sur quiconque avait osé braver les lois Orthodoxes et attenter à la vie du souverain. Serrant dans ses griffes un morceau de bois, il ferma le poing si fort que le bois craqua avant de glisser sous forme de minuscules morceaux entre les griffes effilées du Général.

    Ce qui énervait le prétentieux Général Orthodoxe, c’était avant tout l’idée qu’il ait pu laisser faire un tel débordement. Il ne comprenait pas comment les traîtres avaient su usurper la garde et pénétrer dans la salle du Conseil.
    Naturellement, après un tel outrage, Bogrin était devenu le Général le plus cinglant et le plus dangereux de tout le continent. Même si cela devait prendre du temps, il était hors de question de laisser la Main Blanche s’en tirer. Ils paieraient tous, et Bogrin fit le serment qu’il s’occuperait personnellement de les torturer. Après l’incident, la sécurité était devenue maximale. Bogrin avait fait poster magiciens et initiés partout dans l’enceinte du château et augmenté le nombre de gardes par garnisons. Les rondes étaient relevées toutes les heures par d’autres soldats et il était interdit de quitter ou d’entrer dans la ville. De temps à autre, le Général Gilad allait et venait dans les murs du château, promenant son regard assassin sur tous ceux qu’il croisait. Après une telle trahison, la confiance était réduite au néant et sans doute que toute la ville allait subir les affres du terrible Général, premier homme de main du Seigneur Erendil.

    Alors qu’il allait retourner faire une ronde parmi les dédales de couloirs et de cours du château, il stoppa net tout mouvement en dévisageant celui qu’il n’aurait jamais cru surprendre ici. Unader Ocilag se tenait face à lui, et lui parla d’une voix qui lui sembla lui emplir les poumons d’air. S’il n’était pas aussi froid et aussi fier, Bogrin aurait serré son tendre ami dans ses bras et aurait croulé sous le poids de la fatigue et de la haine. Cependant, il n’en fit rien, il se contenta d’être aussi froid que d’habitude en lançant un beau sourire de carnassier à son frère, qu’il savait toujours enclin à lui remettre du baume au cœur. En lui, Bogrin sentait déjà le plaisir de revoir Unader, qui lui semblait être disparu depuis tant de temps, repoussait au fond de son âme l’incompréhension et la fatigue qui avaient poussé le Général à se poser quelques instants ici.

    « Le tout puissant foudroyant t’as donc bien guidé, Unader. Ta visite, bien que tardive, me ravie… »
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MessageSujet: Re: Quand l'inquiétude s'immisce... [PV Bogrin * Ne pas archiver]   Sam 20 Mar 2010 - 19:52


    • Pendant le bref, très bref moment, lorsque le Général le dévisageât, Unader entrevit tant de langueur et de colère dans ses yeux que les épaules du monde aurait été incapable d'en supporter le poids. Le Grand Prêtre laissa ce contact furtif se prolonger, partagé entre le bonheur de voir son frère en un seul morceau et la perplexité que lui inspirait le drôle d'état dans lequel il était plongé. La fatigue n'avait d'ailleurs pas attendu son reste pour venir meurtrir son regard, que l'orthodoxe sentait lourd mais révélateur.
    Cependant, l'inquiétude du prêtre avait baissé d'un cran. Il était enfin rassuré, et même s'il ne le disait pas ouvertement, il se doutait que ses yeux si singuliers, d'ordinaires insaisissables, le trahissaient en présence la seule personne à qui il n'avait jamais rien su cacher.

    L'attitude de tout temps distante qu'arborait son frère donnait un faux écho à sa voix lasse mais sincère. Unader rapprocha une main aux doigts acérés et releva le menton de son cadet. Il fit mine d'inspecter son visage d'un oeil professionnel avant d'adopter un faux air contrit.

    « Mon cher ami, tu as une tête à faire peur à un frhar. »

    Il avait envie de voir se dessiner sur ce visage un sourire autre que celui, fauve, que le Général lançait généralement à ces soldats et dont il ne se départissait jamais. Une seconde forme de sourire, sans cette provocation constante, comme lorsqu'ils étaient ensemble, gamins. Un sourire que le temps semblait avoir oublié, que les mondanités et les obligations piétinaient.

    La tête légèrement penchée, ses deux pupilles inquisitrices ne manquèrent pas de remarquer la marque qui tatouait le faciès du guerrier et qui, il se serait mis les griffes au feu, ne s'y trouvait pas la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Il arqua un sourcil, se rappelant l'enfant dont il avait présidé le baptême il y avait à peine quelques heures, et qui portait son premier tatouage au même endroit. Amusé, le prêtre retira son bras. Il se demanda si cela était la matérialisation de ces tâches qui grignotaient toujours un peu plus leur temps, l'empêchant de côtoyer plus souvent son vieil ami.

    « Aurais-je raté plus de choses que je ne le pensais ? »

    Accompagnant ses paroles, il tapota sa propre joue où se battaient de longues traînées noires. Il y avait dans sa voix un ton qui ressemblait à de l'excuse, du regret, un soupir qui s'était tu. Puis, de sa démarche si particulière, Unader recula pour se planter au milieu de la pièce où cohabitaient richesse et désordre, raison première de sa visite nocturne. Sauf qu'il hésitait à amener la conversation dessus sans alourdir ce désastre dont Bogrin s'attirait les torts. Il porta ses réflexions sur les tristes reflets que diffusait un lustre encore dignement accroché au plafond avant de se risquer :

    « J'ai cru entendre que des prisonniers croupissaient dans les entrailles du palais. Je suppose que tu sais comment et pourquoi ont-ils agis de la sorte. Du moins, le sais-tu mieux que moi, venu ici afin d'éclairer ma lanterne. »

    Il essayait de comprendre. Avec des lambeaux de suppositions qui s'accrochaient l'un à l'autre pour former des hypothèses. Le comment, il pensait l'avoir trouvé : quelques pots-de-vin pouvaient aisément acheter la dignité d'un homme. Mais le pourquoi restait en suspension. Si leur but premier avait été d'attenter à la seule vie du souverain, pourquoi lors d'un conseil, regroupant de surcroît quelques-uns des hauts fonctionnaires du Royaume ? Dans le seul but de se faire entendre ? Le comment induisait une bonne dose de corruption, mais de là jusqu'à massacrer plusieurs vies oeuvrant pour le bien du pays... Ceci ne semblait être que l'obscure apparence de l'insensé des uns et de la folie des autres.

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MessageSujet: Re: Quand l'inquiétude s'immisce... [PV Bogrin * Ne pas archiver]   Dim 11 Avr 2010 - 18:11

  • La remarque sur le teint blême du Général fit mouche, car déjà Bogrin se sentait percé à jour par son fidèle compagnon. Tentant un sourire sincère, il du reconnaître que son regard lourd et fatigué devait fendre son masque d’apparat. Unader, le frère, avait un don particulier pour lire dans le regard de son cadet et rien n’échappait vraiment à son sens de l’observation. Le contact chaud contre le menton gelé du général avait fait frissonner Bogrin.
    Un sourire plus chaleureux, et qui, pour Unader, n’avait rien de choquant apparu alors sur le visage grisâtre du Général. Si un des soldats ou un des membres de la cour avait vu cela, sans doute ne serait-il pas resté de marbre face à une expression si peu connue sur le visage sévère du Général Gilad. La nouvelle marque n’échappa pas à l’œil aiguisé du prêtre qui l’interrogea d’un sourcil arqué.

    « Ah mon frère ! Voilà des lustres me semble t-il que nous ne nous sommes pas vus ! Puisse Thor être témoin de ma gratitude en t’envoyant par ces lieux t’enquérir de mon être. »

    Un second sourire, plus sincère que le premier fendit les joues de Bogrin, qui haussait les épaules en soupirant. La présence d’Unader, bien que tardive, était comme une véritable bouffée d’air et la fatigue semblait enfin s’estomper quelque peu pour permettre à Bogrin de reprendre un peu ses esprits. Il répondit alors, plus enclin à bavarder, à la requête de son ami.

    « Ils sont on ne plus revêches. Voilà bien des heures que je leur fais subir supplices et tortures ! L’un des deux est mort il y a quelques instants et l’autre n’a lâché que quelques mots. Je lui ai écrasé tous les doigts avant qu’il ne daigne murmurer un traître mot… »

    D’un air las, Bogrin poussa des débris du pied et trouva une place pour poser un pied. Il débuta alors une petite marche à travers les débris jonchant le sol, tout en continuant son récit.

    « Vois-tu, j’ai même pensé qu’ils s’étaient jeté des sorts entre eux afin de supporter la douleur. Mais il faut bien croire que j’ai fini par obtenir un premier lambeau de réponse… Comme je m’en doutais, les seuls mots que ce traître à pu articuler est … »

    Se taisant soudain, Bogrin planta son regard dans celui d’Unader et articula le mot de façon silencieuse : « M.a.i.n B.l.a.n.c.h.e. » Bien que le prêtre ne fût pas un traître, des oreilles indiscrètes pouvaient tout à fait les épier et Bogrin ne tolérerait pas deux échecs. Déjà que ne pas avoir pu prévenir l’attentat avait été suffisamment humiliant, il n’allait pas en plus compromettre la bonne marche de l’enquête…

    « Enfin, rien que nous ne sachions déjà. J’ai donc été doublement plus cruel, tu t’en doute. Le prisonnier n’a rien voulu lâcher, alors je l’ai occis. Sa Majesté risque d’être déçue, mais j’ai tout de même fait un premier pas…
    Bah ! Ecoutes-moi déblatérer comme un politicien à propos d’affaires et de trahisons ! Parles moi dont plutôt de toi, Unader, qu’en est-il du Grand Prêtre ces temps-ci ? »


    Un petit sourire taquin apparut aux coins des lèvres de Bogrin et ses canines aiguisées furent visibles l’espace d’un instant, tandis que Bogrin écoutait la réponse de son frère.


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MessageSujet: Re: Quand l'inquiétude s'immisce... [PV Bogrin * Ne pas archiver]   Lun 12 Avr 2010 - 18:54



    • Unader était heureux de voir son vieil ami plus enjoué. En effet, il suffisait au prêtre de voir Bogrin joyeux pour qu'il le soit. Et lorsque ce n'était pas le cas, Unader pouvait se couper en quatre pour ramener sur le visage de Bogrin, ne serait-ce qu'un sourire. C'était parce qu'il savait pouvoir compter à tout moment sur son frère qu'il était capable de se démener autant. Leur amitié lui était un bien si infiniment précieux qu'il ne pourrait se résoudre à la perdre.

    Néanmoins, même en appréciant les qualités de son cadet, Unader désapprouvait ce qu'il était parfois amené à faire subir en tant que soldat. Il restait impassible face au récit détaillé du Général, mais il n'en éprouvait pas moins un certain malaise. En tant que Grand Prêtre, il officiait la plupart des évènements qui touchaient de loin ou de près la vie des Orthodoxes, du baptême à l'enterrement. Or, il était bien placé pour réprouver la torture. C'était une des nombreuses raisons qui l'avaient écarté du chemin des armes. Tuer des gens au nom de la patrie ou de la justice n'était décidément pas du ressort de l'orthodoxe. Le prêtre passa outre sa gaieté et adopta une pose plus sévère.

    « J'espère qu'après cela tu te rendras au Temple le plus tôt possible pour y demander le pardon à notre Vénérable Père Céleste, lui conseilla-t-il, porter la mort d'un homme et un châtiment céleste ne saurait t'être profitable. »

    Parler du triste sort de ce malheureux avait comme refroidi la pièce et les chandelles qui tenaient encore sur leur support peinaient à réchauffer l'atmosphère. Unader resserra sa cape autour de ses épaules et se concentrant, fit apparaître une sphère violette en suspension au-dessus de sa paume pour se réchauffer. Plusieurs langues de flammes s'échappaient de la boule, tentant de s'accrocher à l'air, déjà lourd et chargé de magie.

    La Main Blanche... Si l'enquête était certes peu avancée d'après ce qu'Unader pouvait en conclure des dires de son ami, voilà qui satisfaisait sa curiosité pour un moment. Qui sait si en ouvrant un peu plus les oreilles à l'avenir en apprendrait-il davantage. Même si toutefois, il ne se faisait pas d'illusions sur ses chances d'entendre inopinément quelque chose d'intéressant. Mais il ne pût se pencher plus sur la question car Bogrin lui renvoya la balle avec un petit sourire en coin. Qu'en est-il du Grand Prêtre ces temps-ci ?

    « Heu... »

    Unader était pris au dépourvu par la question de son frère. En fait, il ne trouvait pas de réponse passablement intéressante à lui donner. Il avait pensé que la conversation tournerait surtout autour de Bogrin et de l'attentat. Il s'était fourvoyé ; son vieil ami arriverait toujours à le surprendre !

    « Pour dire vrai... Rien qui ne soit bien palpitant. »

    Sourire gêné. Il se creusait vraiment les méninges, là. Il ne voyait pas que raconter de plus à son frère. Après tout, la vie de prêtre était loin d'être une aventure épique. En tant que Grand Prêtre, Unader devait surtout, outre le fait de passer son temps en compagnie des fidèles, s'occuper de la paperasse qui concernait le Temple.

    « J'ai surtout des affaires d'ordre ecclésiastique à régler, des cérémonies à orchestrer. Le nombre de fidèles restent stable, mais j'ai parfois l'impression d'être débordé. »

    Unader ne poursuivit pas plus loin, pas besoin d'en faire toute une litanie. La salle du conseil avait des allures de champs de bataille, aussi, Unader lança d'un ton qui se voulait plus guilleret :

    « Je pense qu'un peu d'air frais nous ferai du bien à tous les deux. Qu'en dis-tu ? »

    La boule de feu grésillait entre ses mains.


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MessageSujet: Re: Quand l'inquiétude s'immisce... [PV Bogrin * Ne pas archiver]   Lun 9 Aoû 2010 - 9:06

  • La proximité des deux orthodoxes n’était plus à faire et Bogrin se sentait s’assouplir face à son frère. Il n’avait pas son pareil pour percer à jour la moindre petite pointe de tristesse ou de fatigue sur le visage de Bogrin. Bien que souvent embarrassé par l’intuition redoutable d’Unader, le Général Gilad reconnaissait volontiers que la personne qui le comprenait le mieux se trouvait à ses côtés. Le ton plus guilleret du Grand prêtre fit sourire Bogrin. C’était toujours lui qui répandait gaieté et espoir en arrivant quelque part. Unader avait cette étrange façon de pouvoir transformer une atmosphère autour de lui, tout en restant froid et sobre, il était capable de réchauffer une atmosphère en parlant. Une voix chaude, douce, en un quasi-murmure, un quasi-écho.

    « J’irai demander pardon au Maître du Ciel, Unader, mais uniquement parce que c’est toi qui me le demande. Ces misérables ont mérité leur sort. »

    La sphère violette qui apparu dans sa main projeta une lumière douce sur la pièce dévastée. Immédiatement, l’air autour d’eux, chargée de magie, fit crépiter les flammes.
    Unader n’avait pas vraiment envie de parler de lui, ou du moins semblait-il ne rien trouver d’intéressant à raconter. Il avança deux ou trois mots sur l’ordre ecclésiastique et proposa de sortir. Bogrin n’insista pas, il préférait quitter la salle du Conseil ravagée et sombre pour aller respirer un peu d’air frais. L’idée de sentir le vent dans ses cheveux et de pouvoir se reposer un peu en bavardant simplement lui fit envie. Il hocha la tête et ouvrit une main effilée pour inviter Unader à choisir la destination.

    « Ah mon Frère, voila une merveilleuse idée, je ne sens plus le bout de mes oreilles et mes jambes me font souffrir atrocement. »

    Il suivait les plis de la robe de mage de son frère, dans le couloir, à la lumière blafarde des torches et de sa sphère lorsqu’il reprit la parole. Son visage était triste et ses yeux semblaient creusés par la fatigue. Le Général Gilad paraissait abattu comme jamais il ne l’avait été auparavant. Il profitait de la présence d’une personne de confiance, et de la nuit de tous les autres pour s’offrir en confidence. Dans la faible lumière, sa voix parut caverneuse et lointaine et il s’étonna de s’entendre ainsi. Il poussa un long soupir et fit :

    « Tu sais Unader, parfois je me sens las… »

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MessageSujet: Re: Quand l'inquiétude s'immisce... [PV Bogrin * Ne pas archiver]   Mer 11 Aoû 2010 - 9:39

    Le soldat fit quelques pas sur la droite pour laisser passer la garnison qui passait dans un grand fracas d’armures et de pas. Sa cape s’ouvrit derrière lui lorsqu’il reprit son mouvement dans les couloirs, à la recherche de son Général. Il devait lui faire part d’un message de la part d’un individu haut gradé, dont l’émissaire chargé de lui transmettre l’information n’avait pas jugé utile de nommer. Lorsque l’on est un simple soldat, et plus encore lorsque l’on est un émissaire, il est nécessaire de se taire et de faire ce que l’on nous demande sans sourciller.
    Aussi le soldat à la longue cape accéléra le pas et tourna au coin d’un croisement entre quatre couloirs. Le crépitement des torches et la lumière dansante projetaient des ombres inquiétantes sur les murs. Enfin, il distingua plus loin le Grand Prêtre Ocilag, accompagné du Général Gilad, qu’il cherchait depuis qu’on lui avait remis le message. Il s’avança vers eux, se racla la gorge pour être sûr qu’ils l’avaient bien vu et annonça d’une voix claire :

    « Mon Général, Lord Ocilag. »

    Il s’inclina correctement et reprit en se redressant :

    « Général, pardonnez mon intrusion impromptue mais on m’a chargé de vous avertir qu’un message vous attendait à la caserne. On m’a fait comprendre qu’il s’agissait d’une missive plutôt urgente. »

    « Très bien, je vous suis. A plus tard en ce cas, Unader. Puisse le Dieu Céleste veiller sur toi. »

    Le soldat pivota, suivit du Général Gilad qui lui emboita le pas. Ils disparurent à l’angle d’un couloir, un peu plus loin. Derrière eux, le silence se fit, épais dans la nuit d’encre, enveloppant Unader Ocilag comme un lourd manteau.

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MessageSujet: Re: Quand l'inquiétude s'immisce... [PV Bogrin * Ne pas archiver]   Mer 11 Aoû 2010 - 17:00


RP terminé

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