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 Ultime Tragédie *

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Ectoplasme
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MessageSujet: Ultime Tragédie *   Dim 14 Mar 2010 - 20:54


|Ultime Tragédie|

Matinée du quatrième jour


Sont cordialement invités à participer à ce post :

Eluthiel Gil’Rea, Helvëa Daline, L’inconnu (PNJ), Eowyr Gilmandel (PNJ)
Toute personne susceptible d'être présente à l’audience
(Elanna O'wen, Rhaëg Gil'Rea, Sora Arod Alagos ...)


Comme si un grand malheur devait s’abattre sur le royaume des Enfants de Baldr, aucun chant d’oiseau ne s’était fait entendre ce matin là. Peu nombreux étaient ceux qui avaient prêté attention aux présages, car le soleil brillait avec une ardeur nouvelle, réchauffant le cœur meurtri des citoyens elfiques. Pourtant, deux ombres silencieuses s’aventurèrent jusqu’aux portes de la demeure royale pour entacher cette radieuse matinée d’une funeste nouvelle… L’insistance avec laquelle ces deux âmes affligées demandèrent à voir la Reine, sans pourtant pouvoir évoquer la raison de leur venue devant une autre personne, intrigua le plus proche conseiller de sa Majesté, Eowyr Gilmandel, qui s’arrangea pour leur arranger une audience. Le Conseil, rapidement constitué, se réunit dans la salle du trône, attendant avec impatience l’arrivée de la Reine. Les deux étrangers furent introduits et les nobles purent les observer à loisir. Une jeune fille, accompagnée de ce qui semblait être un petit phoenix, si belle et si fragile qu’on aurait eu dit qu’elle était touchée par la grâce de Baldr. Derrière elle, en retrait, une silhouette fantomatique, courbée et encapuchonnée dans une immense cape de tissu brun. L’individu semblait si misérable que personne ne chercha à lui demander de retirer son masque. Le conseiller Eowyr revint dans la salle à son tour et annonça :

« Notre bien-aimée souveraine arrive. »

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Je suis votre passé, votre présent, votre futur.
Je suis le seul maître de votre Destin.
Vous ne pourrez pas m'échapper ...
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Eluthiel GilRea
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Lun 15 Mar 2010 - 12:24

Jamais Eluthiel n’avait imaginé revivre un tel moment, une telle tristesse, une telle douleur… Ce mal si fulgurant qui vous transperçait les entrailles et coupait votre souffle, cette colère qui montait dans votre gorge comme une boule en feu et qui explosait en cri d’agonie, priant le ciel de ramener à la vie le défunt. La Reine des Elfes ne se doutait pas que bientôt, sa vie serait à nouveau anéantie…



En cette matinée du quatrième jour, Eluthiel se réveilla de bonne humeur au lever du soleil. Les rayons éclairaient à peine les contrées du Bois blanc. Elle sortit de son lit et se dirigea vers sa salle d’eau. Après avoir pris une toilette, Eluthiel s’habilla dans une tenue confortable. Elle comptait prendre une rapide collation et aller galoper quelques heures avec Alcarinquë, sa jument blanche. Quand elle sortit dans les couloirs de la Tour Céleste, ceux-ci étaient bien vides. Quelques gardes patrouillaient par-ci par-là mais aucun courtisan ni noble n’était en vu. Soulagée de ne pas avoir affaire de si bonne heure à ce genre d’individus, la Reine se dirigea en catimini vers les cuisines. Une délicieuse odeur de pain chaud voguait dans l’air rendant l’espace chaleureux. Eluthiel salua gentiment les domestiques qui étaient habitués à voir la Reine venir de temps en temps prendre un repas tranquillement…

Sitôt rassasiée, la Reine partit en direction des écuries. Alcarinquë, mastiquant son foin, dressa les oreilles à la venue de sa cavalière. Elle vint coller son nez contre celui d’Eluthiel. Les yeux de chacune brillaient d’un éclat particulier. Toutes deux avaient grand besoin de se défouler. Aidée d’un jeune palefrenier, Eluthiel pansa, sella et brida son cheval. Sitôt prête, elle enfourcha sa monture et partit dans un trot léger en direction de la lisière du Bois blanc. La forêt était calme et paisible. Les gouttes de la rosée du matin perlaient encore la flore environnante. Eluthiel huma l’air humide de la forêt, cette senteur si particulière et propre à la Nature…

Cela faisait bien des semaines que la Reine n’avait eu de moment à elle comme celui-ci. La dernière ballade qu’elle avait faite était avec sa jeune nièce Serindë. Quelques jours après, la jeune fille avait disparu sans donner signe de vie. Le frère d’Eluthiel était bien malheureux. Rien n’était pire que de n’avoir aucune idée de l’état dans lequel se trouvait son enfant. D’ailleurs, Eluthiel pouvait en témoigner. Son fils, Haziel, avait disparu maintenant depuis quelques semaines. Elle n’avait aucune idée du lieu où il pouvait se trouver. Mais au fond d’elle-même, elle sentait que l’âme de son fils était paisible. La Reine avait toujours associé la fuite de son fils à la mort de Ledinborn. Haziel restait un enfant fragile et son père demeurait pour lui un exemple. Sa mort l’avait totalement bouleversé et renfermé sur lui-même. Peu de temps avant son départ, il avait promis à sa mère qu’il trouverait les assassins de son père. Si seulement Eluthiel l’avait pris au mot, peut-être aurait-elle pu le dissuader et il serait toujours auprès d’elle ?

La Reine des Elfes expira longuement comme pour chasser ses douloureuses pensées. Elle enfonça les talons dans les flancs d’Alcarinquë qui partit au galop immédiatement. Dans une course effrénée, elle traversa les carrières alentours puis revint en direction de la Tour céleste. Eluthiel aurait aimé se balader plus longtemps mais de nombreuses choses l’attendaient. Elle ramena sa jument aux écuries et rejoint ses appartements. Après un bain chaud agrémenté d’huiles essentielles, Eluthiel décida de se rendre aux jardins du palais avant de s’affairer à ses tâches royales. D’un pas lent mais assuré, sa route n’avait qu’une seule destination : la tombe de Ledinborn. Après avoir cueilli sur son passage quelques fleurs blanches, elle s’agenouilla devant la tombe de son défunt mari et posa délicatement les fleurs sur la pierre tombale. Tu me manques tellement, pensa-t-elle. Son regard s’attarda alors sur les fleurs déposées, se laissant vagabonder dans ses pensées intimes…

Un léger raclement de gorge la fit revenir à elle. Eowyr Gilmandel était posté derrière elle. Il l’informa que sa présence était prestement demandée dans la Salle du Conseil. Intriguée et surprise, la Reine fit de grande enjambée jusqu’au dernier étage de la Tour céleste. Après avoir été annoncée par son conseiller, la Reine des Elfes pénétra dans la pièce et alla s’installer à sa place habituelle. Son regard se posa dès lors sur la jeune fille et son petit oiseau qui semblait être un phénix. Aussitôt, la mémoire infaillible de la Reine lui rappela sa conversation avec Alphaïde Elwing, la Reine des Nymphes. Se pouvait-il que ce soit une coïncidence ? Après tout, il n’est pas rare d’avoir un phénix pour compagnon… D’une voix peu cordiale, Eluthiel invita les nobles, conseillers et ministres à s’asseoir. Puis, son regard glacial se posa sur la jeune fille, source de cette réunion imprévue. D’une voix peu amicale, Eluthiel s’exprima sans plus tarder.

Et bien Eowyr, quelle est la raison de ce conseil précipité ? J’espère pour vous qu’elle est urgente et importante car de nombreuses affaires m’attendent et mon temps est précieux !

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Elanna O'wen
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Ven 19 Mar 2010 - 15:35

Une matinée paisible. Une séance d’entraînement.

Levée au soleil. Le palais encore endormi était un lieu qu’elle appréciait par-dessus tout. Elle goûtait peu au plaisir du brouhaha incessant, du ballet effréné des domestiques et des piaillements des nobles de la cour. Aussi, elle aimait cet instant de la journée ou peu étaient encore levés. Elle se dirigea donc à la caserne, où elle gagna une salle de tir. Le soleil était doux et chaud, venant caresser sa peau de suaves caresses.

Répéter inlassablement les mêmes gestes. L’arc entre l’arc de son pouce et de son indexe, à la fois doux et dur. Saisir une flèche par l’empennage dans son dos, la placer, rapidement. Aujourd’hui elle travaillait son tir rapide. Tirer vite et juste. Bander l’arc. Inspirer. Bloquer sa respiration un instant, viser. Tirer. Expirer. Saisir une flèche. Inspirer. Bander l’arc puissant et robuste encore vibrant. Viser. Le temps s’étirer. Tirer. Expirer. Prendre une autre flèche. Inspirer. Bander l’arc. Viser. Instant magique. A cet instant, tout était en sa décision, en son pouvoir. Celui d’ôter une vie. Celui de décider de la blessure. Dominer. Tirer. Expirer.

Elle fut globalement satisfaite. Quoique dans sa dernière volée, deux de ses flèches manquèrent le centre de quelques centimètres. Ce qui la mit de mauvaise humeur.

Elle rentra à son bureau. Prendre connaissance des missives, lire, envoyer des réponses. Prendre des décisions. Sa domestique lui apporta son déjeuner. Trois tranches de pain avec confiture d’abricot qu’elle engloutit. Sa mauvaise humeur ne voulait pas passer. Mais n’étant pas colérique, elle ne la passa pas sur la pauvre Leawï qui renversa sa carafe de jus de fruits et qui dû en chercher une autre. Elle se contenta d’afficher une façade maussade qui dissuadait en général les moins vindicatifs de ses visiteurs de l’ennuyer.

Un héraut vint lui annoncer la réunion d’un conseil. A l’improviste, deux visiteurs mystérieux.
La mauvaise humeur d’Elanna s’accentua en constatant qu’elle n’en saurait pas plus. Elle détestait ne pas savoir à l’avance et pourvoir planifier et organiser, analyser et réfléchir ne serait-ce que quelques instant au calme relatif de son bureau.

Elle arriva légèrement avant sa Majesté. Revêtue de sa traditionnelle et très stricte tenue. Elle observait les individus, un masque calme et neutre au visage. Avait salué les conseillers, échanger une ou deux banalités. Elle savait que tous ici appréciait son esprit vif et acéré. Et son apparence guerrière, lui donnait une prestance indéniable. Un roc sur lequel on peut s’appuyer sans qu’il ne fléchisse jamais, un profil volontaire et un visage qui savait pourtant être doux. La journée avait mal commencé… serait-ce un présage ? Peuh.

Elle s’inclina comme il le convient lorsque sa Souveraine fit son entrée. Et s’assit lorsqu'elle les y invita, à ses côtés. Bien que depuis peu en fonction, Elanna prenait très à cœur la politique et les responsabilités qu’elle avait. Présider et officier le Conseil faisait partie de ses attributions en général. Elle avait également très à cœur le rôle de conseillère qu’elle pouvait avoir auprès de sa Majesté si elle le désirait. La souveraine ne la connaissait sans doute encore trop peu. Mais Elanna était là.

Elle sourit à sa Majesté. Un salut discret et pâle. Une marque innocente et amicale. Elanna avait encore par instant un visage en lequel il brillait quelque chose de sensible et enfantin. Chose qu’elle ne laissait voir qu’à peu de personnes. Mais elle se voulait honnête envers sa Majesté et amicale. Aussi, elle perdait parfois en s’adressant à elle, de ce masque frigide et martial qui figeait ses traits délicats.
Elle nota que l’humeur de sa Majesté n’était pas bonne.

Elanna se leva suite à son intervention, devançant les autres intervenants potentiels de vitesse. Sa voix calme et placide claqua dans la salle. Il convenait de commencer cette audience de manière conventionnelle.


- Salutations enfants de Baldr.
- Salutations à ceux qui ont demandé cette audience.


Un silence un court instant.


- Veuillez-vous présenter, décliner vos identités et nous exposer, comme notre bien-aimée Souveraine vous l’a demandé, la raison de cette demande.

Elle se rassit. Et porta son attention sur la salle globale. A présent, elle observait, chaque réaction, et paroles. Son esprit concentré et attentif.



//hrp : Si j'ai fait une boulette du fait de ma connaissance encore imparfaite du background de ce rpg, je vous prierais de me le signaler afin que je corriger le tir. Merci de votre compréhension. //

_________________

Harmonie. Fluidité. Rapidité.


Dernière édition par Elanna O'wen le Sam 20 Mar 2010 - 14:19, édité 1 fois
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Helveä Daline
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Ven 19 Mar 2010 - 17:17

L’attente était insupportable. Les personnes de haute naissance ne cessèrent de défiler devant les yeux cernés de la jeune femme qui les détaillait avec une mine peu réjouie, sans montrer nulle impatience. La nouvelle qu’elle apportait était monstrueuse, abjecte et elle n’était pas spécialement pressée de délivrer son message, car bon nombre de choses allaient changer. Un poids difficile à porter pour ses frêles épaules. Son compagnon, dissimulé par de larges vêtements, ne lui serait d’aucun secours, préférant se terrer dans le silence plutôt que d’affronter les regards, préférant se dissimuler aux yeux de ceux qui le jugeraient misérable. Il incombait à elle seule cette responsabilité désormais. Le Conseiller qui les avait accueilli s’était montré indulgent, presque compatissant, comme s’il avait eu vent de la nouvelle que les deux étrangers étaient venus annoncer. Pourtant, il ne pouvait pas en être ainsi. Personne ne savait, personne n’oserait avertir la monarchie elfique et beaucoup avaient cherché à les empêcher de venir jusqu’à la Reine. Car l’affaire déclencherait certainement la fureur des Elfes, et la rage de la souveraine. Helvëa se sentit soudain défaillir sous le poids de la responsabilité. Et si on ne la croyait pas ?

Un visage familier aux yeux de la jeune femme apparut parmi cette foule compacte. Le Conseiller était revenu et il annonçait la venue imminente de la Reine. Tous se contractèrent, avant de prendre place dans une démarche formelle impressionnante. Helvëa jeta un coup d’œil furtif à son compagnon qui se tenait en retrait, recroquevillé dans la pénombre de la pièce comme s’il avait eu craint qu’on le reconnaisse. Comme s’il avait eu peur du traitement qu’on puisse lui infliger. Puis, elle apparut. Majestueuse et impressionnante. La Reine Eluthiel. La fille au Phoenix sentit ses genoux trembler. Derrière elle, son compagnon tentait d’échapper encore plus au regard des Elfes, se recroquevillant encore. Le Destin les avait mené jusqu’ici, ils ne pouvaient plus reculer.

L’impatience de la Reine fit sursauter la jeune femme à la chevelure flamboyante, dont le regard se posa irrémédiablement sur le sol. Il paraissait soudain si rassurant, si réconfortant, qu’elle refusait de cesser de l’observer. Une voix féminine, plus neutre, capta l’attention de ceux qui étaient présents. Helvëa releva timidement la tête, et vit celle qui avait parlé. Elle ne semblait pas plus avenante que la Reine, au contraire, mais sa voix semblait plus douce, moins fiévreuse, si bien que la jeune femme décida de se concentrer sur elle pour ne plus être paralysée par la peur que lui inspirait désormais la souveraine. Lorsqu’elle les invita à parler, Helvëa prit une profonde inspiration et se lança, consciente que tous les regards étaient braqués sur elle.

« Je remercie sa Majesté et son Conseil de nous accorder de leur temps. Je me nomme Helvëa Daline, enfant de Baldr comme vous tous. Cet homme se nomme Thraël, et il semble que les récents évènements lui ont fait perdre la raison. Néanmoins, il est le seul témoin de l’histoire que je viens vous conter. Ce que je vais vous raconter n’est pas facile à entendre, et Votre Majesté est personnellement impliquée dans mon témoignage.

Helvëa se mordit nerveusement la lèvre, ne sachant quels mots employer pour annoncer ce qu’elle avait à annoncer. Les mots lui manquaient. Elle hésita, puis reprit la parole d’une voix peu assurée.

- Il est arrivé un grand malheur. Le prince Haziel … il a été assassiné. »
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Sam 20 Mar 2010 - 10:28


  • La matinée du quatrième jour fut brève aux yeux du conseiller de la reine. Occupé à diverse tâches du royaume, il combattait l’ennui en se tenant perpétuellement au courant de tout ce qui allait et venait, affaires ou personnes, dans le royaume. Travailleur, Eowyr avait donc pris la matinée pour finir quelques rapports et surveiller diverses transactions qui semblaient prioritaires. Il travailla ainsi toute la matinée sans être dérangé jusqu’à ce qu’un héraut vienne l’informer que deux personnes souhaitaient voir la reine, et ce le plus rapidement possible.

    Quittant aussitôt ses tâches, l’elfe aux cheveux d’argent s’était précipité pour rencontrer ces deux individus qui désiraient absolument s’entretenir avec la reine, sans évoquer le trouble à personne d’autre. Bien qu’outré par cette hâte quelque peu insolente, il avait immédiatement changé d’avis lorsqu’il avait aperçu la jeune femme aux yeux fatigués et son Phoenix au plumage reluisant. Derrière elle, un autre individu, complètement encapuchonné, à la silhouette courbée et au visage baigné d’ombre semblait attendre dans un silence de plomb. Eowyr sembla capter dans le regard de la jeune fille une détresse et une nostalgie indéfinissable et prit très au sérieux la demande d’entrevue express entre les deux inconnus et la douce Reine Eluthiel. Les pressant d’un geste vif, et obéissant à la pitié que lui inspiraient ses deux individus tristes, il leur promis une audience. Il les mena dans la salle du Conseil et les invita à patienter pendant qu’il repartait chercher la reine.

    Alors que d’un pas rapide il rejoignait le lieu où il était certain que la reine serait, ses cheveux d’argent se mouvaient dans le vent lourd qui soufflait entre les feuilles des arbres de la forêt et son cœur semblait faire autant de bruit qu’un tambour de guerre. Si les deux individus étaient si pressés, c’était que la raison en était des plus graves. Appréhendant ce qu’il allait suivre, il trouva enfin la reine, et sortit de ses pensées.

    Elle était courbée près de la tombe de Ledinborn et y déposait des fleurs. Eowyr détestait déranger sa reine lorsqu’elle était dans des endroits intimes et surtout lorsqu’elle semblait préférer être seule. Gêné, mais pressé, le conseiller entreprit donc de l’interpeller doucement.
    Il racla sa gorge discrètement.

    « Pardonnez-moi Votre Majesté, mais il faut absolument que vous me suiviez, je viens d’arranger un Conseil de dernière minute…»

    Il n’y eut plus aucun mot d’échanger, il guida la reine jusqu’à la salle du Conseil et l’annonça devant les nobles rassemblés. Elle entra alors et invita les membres du conseil à s’assoir.
    Le Général O’wen, une femme de haute stature et au visage musclé, entra à sa suite et s’installa près de la Souveraine.

    Une fois que la reine avait parlé, Eowyr se pencha dans sa direction et lui souffla quelques mots.

    « Votre Éminence, j’ai arrangé cette entrevue avec ces deux individus car ils semblent porteurs d’une nouvelle très importante. Je vous dis cela de cette façon car je n’ai pu obtenir d’eux une explication plus claire, ils refusent de délivrer leur nouvelle à personne d’autre qu’à vous, Reine Eluthiel. Milles excuses pour le dérangement, mais ils semblent que ce soit très important… »

    Elanna O’wen, général des Armées Elfes, s’exprima ensuite. Elle invita les deux inconnus à se présenter. Helvëa Daline, la jeune elfe au Phoenix se présenta, ainsi que Thraël, l’individu tapit dans l’ombre derrière elle. La voix de la femme était grave, et son visage semblait creusé par la fatigue. Le discours fut bref, mais les conséquences sur l’esprit d’Eowyr furent considérables. Il retint ses quelques mots, qui résonnèrent dans sa tête comme de violents coups de marteau.

    « Le prince Haziel … il a été assassiné. »

    Le choc fut se rude que le conseiller se tint le cœur lorsqu’il comprit le sens des mots prononcés. Une violente douleur lui tira la poitrine et son souffle se coupa. Il tenait ses yeux ouverts alors qu’une envie inébranlable lui ordonnait de les fermer. Haletant, le souffle court et bruyant, il accusa le coup avec difficulté. Il se raidit et ses jambes cédèrent sous son poids. Il glissa sur son siège, dans un tourbillon d’étoffes et de beaux cheveux gris. Son visage avait perdu ses couleurs et son teint blafard était terrifiant. Il se reprit quelque peu, la gorge remplit de ronces imaginaires qui lui lacéraient l’œsophage.

    Aucune larme ne perla de ses yeux. Ces derniers restaient d’ailleurs incroyablement secs, et même qu’il dû cligner des paupières plusieurs fois pour enlever cette pénible impression qu’ils étaient devenus semblables à de la roche râpeuse et dure. Le visage blême de la jeune femme était terriblement triste et Eowyr se souvint alors de la triste mine qu’il avait pris en pitié lorsqu’elle s’était présentée à lui. La salle du Conseil avait plongée dans un silence de mort et c’était comme si tout le monde avait cessé de respirer…
    Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son ne sortit. Il déglutit difficilement, s’aida du dossier de son siège pour se redresser et tenta de reprendre.


    « Comment… Comment est-ce possible… ? »
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Eluthiel GilRea
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Mer 24 Mar 2010 - 18:32

Aux questions d’Eluthiel, son conseiller répondit que les personnes ici présentes avaient un message de la plus haute importance à lui délivrer personnellement. Intriguée, la Reine des Elfes tourna le regard vers la jeune fille. L’allure étrange de celle-ci semblait fasciner le conseil. La rouquine paraissait intimidée au vue de son visage fixée vers le sol. Eluthiel se rappela alors qu’Eowyr avait parlé de deux individus. Elle chercha alors du regard le second personnage, coupable de cette assemblée si soudaine. C’est alors qu’elle vit dans un coin un individu recroquevillé sur lui-même dont le visage était caché. Elle s’apprêta à lui demander de s’avancer et de découvrir son visage mais sa chef des armées, Elanna O’wen, se leva soudainement et demanda aux deux inconnus de décliner leur identité et autres informations nécessaires comme le voulait la coutume.

Une petite voix s’éleva alors dans les airs. Tous étaient accrochés à aux lèvres de la jeune rouquine, attendant chaque parole comme un trésor béni. Lorsqu’elle déclina son identité, le sang d’Eluthiel ne fit qu’un tour. C’était bien la jeune personne qui s’était présentée chez les Nymphes quelques semaines plus tôt et qui avait honteusement accusé son alliée amazone du meurtre de l’Erastide. Le sang d’Eluthiel commençait à bouillir légèrement. Malgré les recherches qu’elle avait lancées, personne n’avait retrouvé cette Helveä. Et voilà que maintenant, elle apparaissait comme une fleur auprès de la couronne des Elfes. Un soupçon de méfiance passa dans le regard de la Reine des Elfes. Il était certain qu’elle ne faisait absolument pas confiance à cette jeune fille. De plus, sa présence commençait réellement à irriter la Reine. Si elle souhaitait installer la pagaille chez les Elfes, Helveä n’en sortirait pas indemne songea la Reine…

Ramenant sa concentration sur la rouquine et son petit phénix, Eluthiel apprit que l’homme qui l’accompagnait se nommait Thraël et qu’il était devenu fou suite à de récents évènements. Lorsqu’Helveä annonça la couleur sombre de ses futurs propos, le cœur d’Eluthiel battait à la chamade. La pause que marqua la rouquine sembla durer une éternité pour la Reine des Elfes… C’est alors qu’Helveä prononça des paroles bien funestes qui tambourinèrent l’esprit d’Eluthiel comme un marteau sur l’enclume. « Le prince Haziel a été assassiné » résonna comme le son d’une cloche sans fin. Les mains de la Reine des Elfes se crispèrent sur les accoudoirs et ses lèvres se pincèrent. Impossible, c’est impossible…, se répétait-elle. Ces paroles ne pouvaient être que fausses, destinées à faire mal au peuple mais aussi à elle. Une colère noire s’empara d’Eluthiel déformant son visage devenu écarlate.

A côté d’elle, Eluthiel vit son conseiller Eowyr en piteux état. Pâle, il s’était laissé glisser dans son siège. Quelques sons sortirent difficilement de sa bouche mais aussitôt, Eluthiel posa sa main délicatement sur l’avant bras de celui-ci. Eluthiel fixait son conseiller d’un regard neutre et inexpressif. Elle souhaitait le réconforter mais aucun sentiment ne venait à la surface de son cœur. Elle se pencha vers lui et glissa discrètement quelques mots à son attention.

Eowyr, reprenez-vous par Baldr ! Il est évident que cette jeune fille cherche à nous déstabiliser ! Vous êtes le parrain d’Haziel, ayez foi en lui !

Eluthiel tourna alors doucement le visage vers la cause de ce grand silence de plomb qui envahissait la Salle du Conseil. Raide, elle se leva de son fauteuil. Elle dominait le reste du conseil par sa hauteur. C’est alors que sa colère se transforma en sarcasme. Si cette jeune fille voulait jouer avec le feu, elle serait servie.

Cessez votre pitoyable comédie demoiselle Daline. Me prenez-vous pour une sotte ? L’ouïe des Elfes est très fine et j’ai eu vent de votre visite chez les Nymphes. Comment osez-vous accuser l’un de nos précieux alliés et ensuite venir proférer de telles abominations sur mon fils ! Sachez jeune fille qu’il vous faudra bien plus qu’un bout d’étoffe pour convaincre la cour des Elfes ! Vous êtes la honte de notre peuple et vous m’écœurez au plus au point… Ne pensez-vous pas que la mort de mon époux m’a déjà faite assez souffrir ?

Il suffit ! Je n’ai déjà que trop gaspillé de mon temps avec vous. Repartez avec votre ami et ne remettez plus jamais les pieds ici… je vous le conseille très fortement. Dame O’Wen, raccompagnez-les je vous pris.


Eluthiel se rassit et croisa les bras. Pas une seconde elle ne croyait les paroles d’Helveä. D’ailleurs, qui pouvait croire une telle nouvelle sans preuve ?

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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Jeu 25 Mar 2010 - 21:55




Sora Arod Alagos, Conseiller de sa Majesté

La matinée avait été plus que paisible pour l'elfe. Il s'était levé à une heure assez tardive et avait profité du temps radieux qui éclairait le Bois blanc. La veille fut assez éprouvante. En compagnie de Revio, son Sleipnir, Sora avait parcouru le Bois blanc à la recherche d'une aura magique toute particulière qui lui aurait permi d'entrer dans une profonde méditation, mais il ne trouva aucun endroit qui lui aurait convenu. Il en avait pourtant bien besoin ces derniers temps. Voir son amie d'enfance, la reine Eluthiel, dans cette profonde tristesse n'arrangeait pas ses quelques tourments. Mais que pouvait-il faire pour l'aider ? C'était un grand mage, mais jamais il n'aurait pu faire revenir quiconque à la vie, sans compter que le principe était toujours porté disparu.

L'on frappa à sa porte. Quittant sa chambre pour rejoindre le hall de ses appartements privés d'un luxe incomparable, Sora ouvrit la porte et une de ses domestiques se tenait là. Elle venait l'avertir qu'il était attendu vivement par le Conseil des Anciens qui s'était réuni en toute hâte. Que pouvait-il bien se passer ? Apparement, il ne fallait pas prendre cette réunion à la légère étant donné la précipitation de ce rassemblement. Se hâtant de vêtir une longue cape grise par dessus ses vêtements d'une grande richesse, l'elfe se précipita au trône du Conseil, son bâton à la main, poursuivit par un souffle de vent qui l'accompagnait souvent, symbôle de son harmonie avec les airs. Les nobles d'Ellendwraï semblaient attendre la venue de la reine.

Cette dernière n'arriva qu'une poignée de secondes après l'arrivée de Sora. Eowyr annonca l'arrivée de la régente, qui, comme à chacune de ses entrées, reflétait toute la grâce et la beauté des elfes. A chaque fois que Sora voyait sa Souverraine, des images du passé défilaient devant ses yeux. Il revoyait deux enfants gambader côte à côte dans le Bois blanc, à la recherche de quelques trésors à rapporter, à la recherche de quelques créatures magiques à admirer. Mais pour le moment, l'heure n'était pas à la rêverie. Qui étaient cette demoiselle et cet homme capuchonné ? La générale des Armées pria les deux inconnus à se présenter. La jeune fille ayant pris la parole commenca un petit monologue empli de respect et de paix. Apparement, l'homme qui l'accompagnait avait assisté à un évenement qui semblait être de la plus haute importance. Et Sora ne tarda pas à comprendrer quel était cet évenement...

Assassiné ? Le prince Haziel, assassiné ? Non, cela ne se pouvait ! Contrairement à la majorité des elfes ici présents dont les visages reflétaient déjà le désespoir, Sora resta de marbre, le regard dur, et ne dégageait aucune émotion, pas même de la surprise. Il ne pouvait croire une inconnue accompagnée d'un homme dépourvu de raison. Quelques murmures vinrent perturber le silence de mort qui s'était imposé. La reine fut dans son droit quand elle s'en prit violemment à la jeune fille. Qui était-elle pour venir ici troubler le deuil d'Eluthiel ? Sora était trop attaché au bien être de son amie qu'il ne supportait pas qu'un évenement vienne la troubler. La noble reine des elfes ordonna à Elenna O'Wen que l'on chasse ces individus de la Tour Céleste.


" Hâtez-vous, Dame O'Wen ", ajouta Sora.

L'elfe aux cheveux gris préférait voir les deux inconnus disparaître assez rapidement. Eluthiel était au plus mal et c'était une bien mauvaise chose que de les laisser devant ses yeux déjà tant rempli de tristesse. Afin de la soutenir, comme ami précieux qu'il était, Sora se détacha du groupe et vint aux côtés de la Souverraine, serrant sa main avec douceur et lui adressant un sourire aussi amical que réconfortant, un sourire qu'il aimait user pour tenter de chasser les peines du coeur des gens.
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Elanna O'wen
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Jeu 25 Mar 2010 - 23:00

Elle regarda Sora Arod Alagos.

Un regard neutre et pourtant si la situation était autre, elle lui aurait aimablement répliqué qu’elle savait ce qu’elle avait à faire, parce que la chef des Armées c’était elle. Et que ce conseiller n’avait pas d’ordre à lui donner. Mais l’atmosphère n’était pas à la discussion. Elle se leva et se déplaça. N’accorda pas un regard à la souveraine. Crétin de Sora. Elle était plus agacée par son impudence que par l’émotion qui avait gagné le conseil. Enfin, il devait être plus concerné par l’état de sa souveraine que de se soucier de son impolitesse. Et son aversion pour se personnage était uniquement due à son ton trop autoritaire et non au geste tendre qu’il avait eu pour la Souveraine. Uniquement ! Qu'on se le dise.
Elle se détourna de l’elfe à la chevelure d’argent. Il importait peu. Évidement qu’il importait peu. Elle ne le connaissait pas et ne voulait pas le connaitre. Point.

Elle avança d’une démarche chaloupée et digne.

La guerrière se mit face à la rouquine. Sa chevelure à elle ondoyant, elle-même, en reflets cuivré soyeux.

Elle posa la main sur la garde de son épée campée elle toise la femme. Son visage délicat n’était pas aimable, ni spécialement haineux ou dur. Neutre et lisse. La grande elfe, mit fin au silence un instant. Elle se tourna légèrement vers sa Souveraine. Sa voix posée et assurée ne reflétait aucune agitation.


- Majesté, je préfèrerai inviter ces personnes à me suivre dans mon bureau afin de les interroger et faire toute la lumière sur cette plaisanterie de très mauvais goût.

Le terme inviter n’ayant certainement pas une connotation très cordiale.

- Je ne saurai les laisser partir sans avoir estimer la vérifier de la menace potentielle qu’ils représentent. Et les réels but d'une telle chose...

La main caresse la garde de l’épée.

Que cela plaise ou non à la souveraine, elle s’arrangerait pour avoir le fin mot de cette histoire.
Qu’elle croit ou pas les propos au final cela importait peu. Mais elle ne voulait pas laisser libre de tels individus sans s’être personnellement assurée qu’ils ne représentaient aucune menace. Elanna aimait le travail bien fait.

Elle fit signe de tête à deux gardes de s’avancer afin d’encadrer leurs hôtes et se tourna vers le conseil.


- Si quelqu’un a un commentaire ou une question avant que je n’évacue ces individus et n’impose leur présence déplaisante un instant de plus à notre bien aimée Souveraine qu’il parle à présent.


Ses yeux passèrent un instant sur Sora. Sans trop s'y attarder en apparence.

- Je vous ferais parvenir mes conclusions.


Elle devait connaître plus d’élément avant hasarder des conjectures. La situation était trop confuse. Les sentiments de la Souveraine ne lui permettraient pas d’interroger à tête froide et objective. Non, il valait sans doute mieux qu’elle s’en charge plutôt qu’une nuée de conseiller offusqué, abattu en colère et que sais-je. Elle avait du respect pour ces elfes. Mais parfois, ils manquaient de sang-froid. Peu de personne ont les capacités de ne jamais flancher. Un guerrier doit pouvoir rester sur ses pieds sans jamais ciller.
Et même si ces propos étaient vrais. Qu’importe. Elle ferait son travail.
Elle ne pleurait pas. Elle avait oublié le goût des larmes et de la faiblesse.

Je ne suis pas. Constata-t-elle. Je ne suis plus. Je ne suis que le Chef des Armées. Je me suis oubliée.
Si elle resta impassible, intérieurement elle soupira. Elle était fâchée contre elle-même. De s’être laissée distraire par cet elfe sans importance.

Lorsque l’on est au pouvoir on est seul. Seul.

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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Ven 26 Mar 2010 - 18:07

Pourquoi la situation avait-elle dégénéré de la sorte ? Il était évident que la déraison de la Reine était la cause de ce malheureux contretemps. Qu’importe, sa réaction était inespérée. Les Elfes se montaient les uns contre les autres devant ses petits yeux emplis de haine. Imperceptiblement, ils se déliaient face à la réaction de la souveraine. Cette femme n’accordait aucun crédit aux propos de son interlocutrice, certaine de connaître le vaste monde dont elle faisait partie. Ouïe fine, mais vue peu aiguisée. Son fils avait été tué non loin de son royaume, et elle n’en savait rien. Pire, elle refusait de croire la véracité des propos de la jeune femme. Sa réaction était démesurée, excessive et certains de ses conseillers affichèrent des mines contrariées. Le trouble au sein de sa Cour serait d’autant plus grand, et ce serait bien fait pour cette grande Dame. La haine était montée crescendo dans l’esprit d’Helvëa qui aurait volontiers corrigé l’impolitesse de cette souveraine colérique. Qui était-elle pour se permettre de l’insulter ? Elle regretterait amèrement. Lorsqu’un Elfe aux cheveux argentés prit la parole, Helvëa lui lança un regard noir, empli de dégoût et de mépris. La femme qu’elle avait observée au début de la séance se leva et des gardes se rapprochèrent des deux étrangers. Elle s’approcha d’eux et toisa la fille au phoenix, qui lui rendit la froideur de son regard. La guerrière n’était pas hostile, mais elle était dans le camp de l’ennemi. Ce qui suffisait à alimenter la haine d’Helvëa. La Chef des Armées montra quelque peu d’intérêt pour ce qu’ils avaient à dire, sous une montagne d’artifices verbaux. La jeune fille jubila intérieurement, mais n’en montra rien. C’était le moment opportun pour continuer. Ignorant la Chef des Armées, elle fit un pas de côté tandis que les soldats se rapprochaient davantage pour prévenir tout éventuel danger. Déversant son mépris, elle toisa la Reine sans se soucier de l’étiquette. Sa voix était incroyablement maitrisée, calme et posée, contrairement à ses propos virulents :

« Votre Peuple vous prétend avisée, je constate qu’en réalité il ne vous connaît pas personnellement. Vous me chassez sans me donner l’occasion de m’expliquer. Très bien. Laissez donc impunis les responsables de la mort de notre Prince. Vous voulez des preuves ? Faudra-t-il que je dépose la dépouille de votre fils au pied de votre Tour pour que vous daigniez m’écouter ? Vous regretterez bientôt de ne pas m’avoir laissé la possibilité de m’exprimer. Les meurtriers s’en réjouiront !

Elle était furibonde, mais seule la dernière phrase avait été scandée avec la colère de ceux qui étaient piqués au vif. Le reste du discours avait été prononcé avec un calme relatif, où la rage était sous-jacente. Elle jaugea cette fois la guerrière et l’interpella avec davantage de respect, car cette dernière était visiblement la seule dans cette pièce à garder la tête sur les épaules.

- Inutile de perdre votre temps. Je ne suis pas disposée à coopérer. La Reine a refusé l’audience, je n’ai donc rien à déclarer. »


Elle sursauta quand elle sentit des doigts glacés comme la Mort s’enrouler autour de son bras. Thraël était sorti de sa torpeur et s’était rapproché d’elle sans qu’elle ne s’en aperçoive, insidieux comme une ombre. Elle le dévisagea, consciente qu’elle ne pouvait distinguer ses traits à cause de sa capuche. Personne ici ne le pouvait d’ailleurs. Pourquoi diable avait-Il insisté pour que cet homme l’accompagne ? Il n’était qu’un fardeau ! Elle voulut se dégager de son emprise mais sa poigne était dure et vigoureuse. Que lui voulait-il soudain ?
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Sam 27 Mar 2010 - 8:24

La Reine des Elfes était entrée dans la salle du Conseil, telle une apparition majestueuse et divine. Elle semblait si lumineuse, si radieuse malgré le poids des responsabilités que l’homme qui accompagnait la jeune femme et son phoenix, recula davantage, se recroquevillant sur lui-même pour ne pas être ébloui. Il avait peur de ces gens, il avait peur des sentiments qu’ils faisaient naître en lui. Il aurait aimé être loin de ce Palais, pour que ces gens n’aient pas à souffrir de sa présence. Il était si misérable. Il se sentait si coupable. Malheureusement, il devait jouer son rôle comme il le pouvait. Sans blesser ceux qui le regardaient. Sans montrer signe de faiblesse. L’obscurité offerte par l’ombre d’un pilier, presqu’inexistante, était réconfortante et apaisante. On le verrait moins s’il se fondait à cette absence de lumière. La pièce irradiait de luminosité, c’était trop pour l’âme de ce pauvre hère.

Il était étranger à la scène qui se déroulait devant lui, comme si son esprit ne pouvait dépasser les pans de son large vêtement. Les voix étaient stridentes, et l’une en particulier le faisait souffrir atrocement. Il devina la voix de la souveraine. Rien ne se passait comme prévu. C’était impossible, il fallait qu’ils écoutent. Qu’ils comprennent la douleur. Qu’ils réalisent ce qui s’était passé. Ils avaient tellement souffert, ils ne pouvaient pas repartir sans la certitude d’avoir été entendus. La colère gronda au plus profond de l’homme d’ombre, inconscient de ce qui s’était réellement passé. Comme aveugle et sourd. Mais il savait que les choses avaient mal tourné. Non, ce n’était pas tolérable. Il s’avança alors pour la première fois, affrontant l’irradiante lumière et les regards de l’assemblée. Sa peau pourtant couverte brûlait au contact de cette luminescence. C’était insupportable, il souffrait le martyre d’être au devant de la scène. Il glissa furtivement jusqu’à sa compagne, et ses doigts vinrent enserrer le bras blanc de la jeune fille, avec une vigueur qu’il n’aurait lui-même pas soupçonné.

« Tais-toi immédiatement. »

La voix était étouffée, comme camouflée, dissimulée. Mais les intonations étaient claires. La menace était réelle. Le regard que la jeune femme lui lança l’indifférait. Il n’était pas venu pour voir la Reine insultée, outragée. Il lui en coûtait de la voir malmenée. Helvëa allait trop loin. Avec une force insoupçonnée, il l’obligea à fléchir le genou, si bien qu’elle se retrouva par terre en un instant. Il se détourna et fit face à l’assemblée, de manière relative toutefois. Son buste était tourné vers le conseil, mais il était toujours dissimulé par ses vêtements, dans une position misérable. Sa tête était penchée vers le sol. Ses intonations étaient étouffées à nouveau.

« Pardonnez l’impudence de cette jeune fille, Nobles Esprits. Nous ne sommes pas venus dans l’intention de troubler le repos de vos âmes. La nouvelle est terrible, mais il faut nous écouter, je vous en conjure. Je vous en supplie. »

Sa voix se brisa et il se mit à pleurer, amenant ses mains vers son visage dissimulé. Les larmes étaient silencieuses, et personne ne remarquerait la peine qui lui broyait les entrailles.

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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Dim 28 Mar 2010 - 19:34




Sora Arod Alagos, Conseiller de sa Majesté

La chef des armées venait de proposer à la Souverraine d'écouter les deux nouveaux arrivants en dehors du Conseil. Sage idée que celle-çi. Cependant, la jeune fille au phénix déclina cette "offre", prête à partir du royaume. Elle entra dans une profonde indignation laissant place à de la colère. D'un côté, Sora la comprenait, lui qui ne pouvait se laisser marcher sur les pieds. Mais sa réaction n'était pas appropriée à la situation et sa colère ne ferait qu'envenimer les choses.

L'homme à l'aspect sinistre semblait avoir compris et il força celle qui venait de prendre la parole au silence avec une certaine violence dont il semblait être habitué. L'elfe aux cheveux d'argent s'était attendu à un vieil homme dépourvu de raison, comme l'avait indiquée la jeune femme. Pourtant, il parlait avec une grande éloquence et un respect digne d'un homme de bonne famille. Ce même homme laissa l'échapper quelques larmes, comme si le prince elfique eût été un de ses plus proches amis. Sora le sentait, l'homme capuchonné était en profonde détresse...

Et si ces révélations s'avéraient exactes ? Après tout, y'aurait-il eu une telle réaction si tout ceci n'était que mensonge ? Sora se devait d'écouter ces deux inconnus, mais il fallait le faire en l'absence de la reine, déjà trop accablée par le chagrin. L'elfe serra davantage la main de son amie, pour la soutenir comme il savait si bien le faire, puis fit face à l'auditoire, se tenant droit comme à son habitude, avec toute sa grâce légendaire. Il n'avait pas encore prononcé le moindre mort qu'un souffle de vent vint s'engombrer dans la salle du Conseil, souffle qui suivait presque constament Sora, maître des airs. Sa voix était toujours aussi calme, aussi neutre, comme si aucun sentiment ne se dégageait du corps de cet homme étrange que personne ne comprennait.

" Conformement à la proposition de notre chef des armées, je propose d'entendre ces étranges dires dans un cadre privé. La reine n'éprouve nul besoin d'éprouver un chagrin plus intense qu'il ne l'est déjà. "

Puis, se retournant à nouveau vers son amie, il s'approcha de son oreille pour lui murmurer quelques mots de sa voix calme. Il était d'une rare difficulté de voir un visage aussi attristé que celui d'Eluthiel, un visage qu'il avait si souvent vu radieux mais qui était toujours porteur de souffrance depuis la mort du régent... Et si le prince était réellement mort, qu'allait-il advenir de la reine ? De son état ? Et qu'allait-il advenir du royaume ? La perte du roi avait été une épreuve bien difficile à surmonter et la peine du peuple elfique n'était pas encore effacée... et la perte du prince serait insurmontable.

" Je vous transmettrai tout ce qui devra être transmis, mon amie, soyez sans crainte. Allez prendre du repos et je viendrai vous trouver quand cet entretien sera achevé. "
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Sam 10 Avr 2010 - 10:34


  • Bien sûr ! Comment diable Eowyr avait-il été assez stupide pour croire une seule seconde ce que venait de proclamé l’inconnu aux cheveux de feu. C’était tout bonnement ridicule ! Humilié et honteux, la colère gagna alors l’esprit habituellement serein du Conseiller, qui se retrouvait face à une situation embarrassante qui lui déplaisait au plus haut point.

    « Pardonnez mon emportement ma reine. » souffla t-il, honteux, à la splendide reine.

    Se redressant, après avoir attentivement écouté les interventions de chacun, après avoir vu la chef des armées prendre un peu de liberté quant à sa fonction et après que le conseiller de la reine se soit mis à acquiescer l’attitude quelque peu revêche de la chef des Armées, il entreprit de calmer un peu tout le monde, étant donné que l’ambiance devenait sérieusement tendue.

    « Il suffit, Générale, emmenez ces deux intrus hors du palais ! »

    C’est alors que l’individu camouflé s’était avancé, avait imposé le silence à la jeune fille au phénix et s’était avancé à la lumière. Il s’était alors confondu en excuses et désirait à tout prix être entendu. Derrière ce qui devait être une grande couche de tissu, le visage de l’individu était toujours plongé dans l’ombre. Il semblait sangloter et une terrible détresse émanait du son de sa voix.

    Le conseiller de la reine fit une remarque astucieuse. Il valait mieux éloigner les deux intrus pour le moment pour ne pas importuner la reine, il était hors de question de croire des idioties pareilles ! Mais en revanche, si ce qu’ils avançaient s’avérait vrai… Eowyr chassa ces pensées aussi vite qu’elles étaient venues, il ne fallait pas croire cela, il avait foi en lui.
    Un voile blême passa sur son visage fin et un courant d’air brassa sa chevelure d’argent.
    L’idée de Sora et d’Elena était finalement la meilleure option. Il interpella cependant l’inconnu camouflé avant qu’ils ne l’emmènent. Il désirait en savoir plus, qui était-il ? Pourquoi pleurait-il à l’annonce de cette funeste - et peut-être vraie – nouvelle ? Il devait sans doute avoir un lien avec le Prince pour prendre la nouvelle de cette façon. Eowyr était particulièrement troublé par la tournure que prenaient les choses, quelque chose, visiblement, lui échappait… Il ne parvenait pas à se persuader que le prince était toujours en vie. Peut être ne voyait-il pas l’intérêt de venir troubler la cour pour annoncer cela de façon aussi brutal. Il vieillissait probablement…

    « Pourquoi venir ici faire outrage ainsi vêtu, étranger ? Pourquoi ne nous dévoiles-tu pas ton visage, ou de déclines-tu pas ton identité ? Sa Majesté a le droit de savoir qui vient l’importuner en sa demeure… »

    Sa question, sans doute que toute l’assemblée se la posait. Mais il devait savoir, et la reine aussi, bien qu’indignée et outrée par cette annonce sauvage...


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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Sam 10 Avr 2010 - 12:41

Ce fut comme si une lame empoisonnée venait de s’immiscer jusqu’à son cœur. L’homme au visage dissimulé se raidit avec violence quand les paroles du noble conseiller se diffusèrent dans la salle. Son visage ? Non ! L’homme recula d’un pas, comme s’il avait été menacé d’une quelconque façon, amenant son bras devant son visage camouflé par les larges pans de tissus. La honte et le dégoût n’avaient jamais été aussi violents chez une créature mortelle, et tout son être lui inspirait le mépris, la disgrâce. Il ne pouvait infliger pareille torture à ceux qui l’observaient, ils devaient rester dans l’ignorance et ne pas s’attarder sur son identité. Il jeta un coup d’œil à la souveraine, comme si elle eut été la clé de cette bataille qu’il se livrait intérieurement. Ses yeux captèrent l’éclat profond de ses prunelles bleues et il crut devenir fou en se perdant dans la contemplation de ces merveilleux saphirs. Il tomba à genoux devant l’assemblée qui devait se demander si la jeune femme aux cheveux de feu n’avait pas eu raison de mentionner l’aliénation mentale de ce pauvre hère. Son visage était toujours dissimulé aux yeux de tous. L’homme fixait avec une intensité effroyable la Gardienne du Peuple de Baldr, ne sachant que faire. Son être le révulsait tellement, il ne pouvait tolérer l’idée de blesser ceux qui se trouvaient là. Son visage était une insulte, un outrage à la Cour et à cette femme resplendissante, imprégnée de la grâce divine. Comment un être aussi vil pourrait survivre si les magnifiques prunelles de la Reine se posaient sur ses traits ? Les larmes affluèrent sur ses joues, silencieuses mais réelles. Que devait-il faire ? Il ne s’adressa cette fois-ci qu’à la souveraine.

« Pardonnez-moi, je vous en conjure. Mon visage est une abomination et vous souffririez de sa contemplation. Laissez votre âme en paix et ne troublez pas sa quiétude par de vils objets. La Folie ne vous épargnerez pas. »

Il plongea à nouveau ses mains dans son vêtement, pour se couvrir le visage. La honte le dévorait. Il n’aurait jamais dû venir ici. Son destin était désormais entre les mains de la souveraine et si elle souhaitait connaître son identité, il la lui dévoilerait malgré la répulsion qu’il éprouvait à cette idée. Elle était la seule qui pourrait le contraindre.

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Eluthiel GilRea
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Sam 10 Avr 2010 - 14:08

Ses paroles revinrent en écho dans sa tête. Elle avait été dure avec Helveä mais la jeune fille ne lui attirait aucune sympathie. Eluthiel venait à peine de guérir de la mort de son époux que cette rouquine venait à présent lui ôter son fils. Quelle ingratitude, pensa-t-elle au fond elle-même. Ses yeux bleus fixaient intensément la jeune fille. Si Baldr lui en avait donnée la force et le courage, elle lui aurait sûrement tordue le cou mais la violence ne résolvait pas les conflits. Ledinborn le lui avait souvent répété : « Il n’est qu’un remède contre la violence : paix et sagesse ». Assise dans son fauteuil, une larme perla au coin de l’œil d’Eluthiel… Tout cela était trop pour elle.

Alors qu’elle ordonna à sa Chef des Armées de reconduire à la sortie les deux visiteurs, elle sentit la présence de son meilleur ami d’enfance à ses côtés. Son soutien était réconfortant pour elle. Elle lui fit un léger sourire reconnaissant et reporta son attention sur la scène qui se déroulait face à elle. Elanna, calme et posée, proposa à la Reine de mener les deux protagonistes dans son bureau afin de les interroger. La Chef des Armées semblait prendre cette affaire au sérieux. Si cette histoire était une quelconque plaisanterie, Elanna le saurait. En effet, Eluthiel appréciait le franc parlé et la grande compétence de sa Chef des Armées. Même si elle ne connaissait pas la jeune femme depuis longtemps, elle savait au fond elle-même qu’elle pouvait lui faire confiance. Peu certaine de ce qu’elle souhaitait vraiment, la Reine des Elfes hocha légèrement la tête aux propos d’Elanna. Sauf que la jeune Helveä ne partageait pas du tout l’avis de la Reine et ne se laissa pas faire.

La rouquine fit soudainement un pas sur le côté alors que les soldats s’approchaient de plus en plus. Elle déversa des paroles acerbes contre la Reine en qui la rage et la frustration ne faisaient que s’accumuler. Le regard noir, Eluthiel était prête à la faire décapiter sur le champ. Outrée et salie devant ses sujets, sa raison et sa sagesse s’étaient envolées au loin ne laissant place qu’à la colère et la vengeance. Totalement aux antipodes de sa reconnue sagesse et bienveillance, Eluthiel semblait se transformer en harpie diabolique au contact de la jeune Helveä. Néanmoins, cette colère n’était que sous-jacente car la Reine restait étrangement silencieuse et calme. Eluthiel en avait déjà trop dit tout à l’heure, elle ne pouvait à nouveau s’exprimer avec des propos agressifs. Prenant fortement sur elle et resserrant encore plus les poings et les dents, elle tenta de digérer cette rage qui lui brûlait les entrailles.

Soudain, l’étrange inconnu attrapa Helveä par le bras et la somma de se taire. Eluthiel était perdue. A quel jeu jouent-ils ? se questionna-t-elle. Son attention se porta alors sur l’homme encapuchonné. Il était impossible de discerner son visage. Il dégageait une aura mystérieuse qui intrigua fortement Eluthiel au point d’en oublier sa rage. Ses yeux grands ouverts laissaient exprimer la curiosité. C’est alors que l’homme s’excusa du comportement de sa compagne et pria fortement la Reine de l’écouter. Bien qu’elle restât suspicieuse, Eluthiel était tout à fait prête à écouter l’étranger qui avait enfoui son visage dans ses mains. Sur le point de l’inviter à s’exprimer, la suite des évènements donna plus l’impression à Eluthiel d’être spectatrice que souveraine. Tout d’abord, ce fut Sora Arod Alagos qui semblât parler en son nom. Même si cela partait d’un bon sentiment, Eluthiel en était persuadée, elle n’apprécia pas trop sa décision. Certes ils étaient amis de longue date mais dans cette pièce, elle était sa souveraine et non plus son amie. D’ailleurs, elle n’hésiterait pas à lui en toucher quelques mots par la suite. Ensuite, ce fut au tour d’Eowyr qui questionna l’homme sur son identité avant même qu’Eluthiel n’ait pu poser de questions. Mais cela, elle ne pouvait le lui reprocher. En effet, sûrement toute l’assemblée devait se demander qui était cet homme mystérieux.

Eluthiel pencha légèrement la tête sur le côté et plissa les yeux comme pour mieux observer l’étranger. Lorsqu’Eowyr lui demanda de dévoiler son identité, Eluthiel vit dans les yeux de l’homme la frayeur la plus grande qu’il soit. Tous deux se fixaient intensément comme s’ils lisaient l’un en l’autre. Plus Eluthiel regardait l’homme dans les yeux, plus un sentiment de pitié et de compassion naissaient en elle. Les dernières paroles de l’homme ne firent qu’accentuer les deux sentiments. Envahie par l’émotion, Eluthiel se leva de son siège. Elle contourna la grande table et tous les membres du conseil. Sa robe de velours violet et son châle en soie mauve flottaient dans l’air sans un bruit. Elle vint se poster face à l’homme qu’elle dominait de toute sa grandeur et s’agenouilla. Retirant doucement son châle, elle le posa sur les épaules de l’homme et le noua délicatement.

Peu m’importe ton visage, étranger. J’ai su lire en ton cœur et c’est ce qui me convient. L’apparence n’a guère de valeur. Elle ne peut cacher la personne qui vit en toi. Je sens une grande sagesse et un respect profond émanent de toi… Parles nous je te prie.

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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Dim 11 Avr 2010 - 11:03




Sora Arod Alagos, Conseiller de sa Majesté

Tout devenait excessivement flou. Alors qu'Eowyr se repentait d'avoir cru un seul instant aux dires d'Helvea, l'étrange et sinistre personne au capuchon se lamentait de son triste sort, et la reine commençait à éprouver de la pitié pour lui. Mais qui était-il ? Qui était cet homme dont le seul acte de montrer son visage était tout à fait impossible ? Son visage, une abomination ? Comment pouvait-il se qualifier ainsi ? Une chose était certaine : Eluthiel était parvenue à lire en lui. Après tout, peut-être n'était-il pas aussi fou que l'avait suggeré la jeune fille rousse. Une souffrance indescriptible semblait avoir prit possession de lui et Sora, contrairement à son habitude, éprouvait presque, lui aussi, une certaine pitié à son égard. Cela en ressemblait cependant en rien à Sora, lui qui se méfiait toujours des gens. Mais il savait déceler le fond d'une personne et il était intimement persuadé d'avoir en face de lui un homme d'une grande sincérité, dont la vie s'était acharnée sur lui. De plus, si Eluthiel lui accordait sa confiance, Sora aurait bien tord de se méfier.

La noble reine des elfes s'était avancée vers l'individu dont le visage était dissimulé derrière ses larges vêtements, comme un enfant honteux. Mais honteux de quoi ? Cet homme suggérait bon nombre de question sur lui-même, mais des questions auxquelles il était dur de répondre. Eluthiel lui adressa la parole. Son ton avait totalement changé, elle était passé de la plus haute indignation à la compassion.

" Peu m’importe ton visage, étranger. J’ai su lire en ton cœur et c’est ce qui me convient. L’apparence n’a guère de valeur. Elle ne peut cacher la personne qui vit en toi. Je sens une grande sagesse et un respect profond émanent de toi… Parles nous je te prie. "

Un silence de mort régnait sur le Conseil, personne n'osait bouger, tout le monde attendait une réponse de l'étranger. Seul le souffle de vent accompagnant Sora suggérait un peu de mouvement. L'elfe se sentait extrêmement mal à l'aise et serait probablement parti si la possibilité s'était offerte à lui. Par respect et par devoir, il se devait de rester et de suivre le cours des évenements. Mais il était affreusement désagréable d'envisager une future détresse de la reine si ce qui avait été dit à propos du prince s'avérait être exact, ainsi qu'être en présence d'un individu aussi tragique. Il aurait été certainement préférable d'emmener l'étranger dans un endroit isolé où il pourrait se livrer en paix mais dans la salle du Conseil, Sora comprenait tout à fait son mal être. Mais l'elfe aux cheveux argentés ne pouvait rien dire et se devait de rester à sa place. Mais comment un homme aussi perdu, aussi honteux de sa propre personne pouvait se livrer face à des êtres aussi respectables que les elfes ?
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Elanna O'wen
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Mar 13 Avr 2010 - 20:27

Elanna n’avait pas pitié.

Elanna en avait juste plein le dos.

Elanna n’en a rien à faire des abominations. Elanna est un soldat. Point.

Elanna se méfiait.

Reine ou pas, ce n’est pas parce qu’elle avait arrêté son jugement qu’elle devait faire de même. C’était même son devoir que de ne pas suivre aveuglément ce que faisait et disait sa Majesté. Elle devait pouvoir être totalement lucide pour mieux la soutenir.

Non pas qu’elle ne faisait pas confiance à son jugement. Mais par simple précaution et aussi parce qu’Elanna ne souffrait qu’on pense pour elle. Sa Majesté était convaincue, très bien. Il allait aussi devoir la convaincre elle.

Elanna bougea. Rompant le silence pesant d’un bruit de botte mate. Elle se rapprocha de sa souveraine. Juste un pas. La main sur la garde de son épée.

Elle n’était pas menaçante, neutre. Pourtant son calme tranquille et son assurance était une mortelle promesse pour celui qui oserait tenter un geste contre la Reine. Elle ne faisait qu’assurer son rôle, elle ne pouvait négliger l’hypothèse que ces deux individus étaient des assassins qui cherchaient à endormir leur méfiance avec cette mise en scène.

Elle ne se posait pas trop de questions. Non, elle ne s’en posait aucune.

Elle avait la simplement la certitude que cette Helveä Daline payerait d’une sanction lourde son irrespect envers sa Majesté. L’insulter devant le conseil. Quelle chose honteuse, inconcevable et qu’on ne pouvait tolérer. Jamais.

Non décidément, depuis quelques temps c’était le monde à l’envers. Déjà qu’ils avaient accordé un privilège immense à ces deux individu que d’avoir une audience, se permettre d’injurier la Reine ?

Aussi longtemps qu’elle vivrait, pareil affront ne sera laissé impuni.

Mais pour l’instant, elle restait coite, si elle signifiait à la demoiselle ses intentions, l’homme pourrait se taire, il avait plutôt cherché à la protéger. Les hommes font parfois des choses si stupides pour protéger une femme.
Sa Souveraine voulait l’entendre parler. Alors elle attendait à ses côtés. La grande elfe gardait un visage neutre et calme. Impassible.

Un air détaché et d’assurance inébranlable.

Elanna O’wen. Chef des Armées elfiques.

Ses flèches étaient réputées pour toujours atteindre la cible (ce qui était un peu exagéré, malheureusement) et son intelligence était aussi affutée que la lame qui pensait à son flanc.

Je serais là pour vous, à jamais, Majesté. Je serais un roc. Je serais une présence qui même ignorée sera présente. Constante. Satisfaite Elanna coula un instant un regard à la Reine. Une si jolie femme, qu’elle protègerait corps et âme.

Elle n’avait pas même noté l’ordre du conseiller Eowyr. Et puis générale ? il n’y avait pas de général ici. Un chef des Armées peut-être aussi ne prit-elle pas immédiatement l’ordre comme lui étant adressé. Ces conseillers… ils étaient un peu trop émotifs et cela leur embuait le cerveau au point qu’ils en oubliaient les convenances. Elanna, chef des Armées et de ce fait du Conseil, ne recevait d’ordre que de sa Majesté.
Bien sûr, elle écoutait toujours les conseillers, les respectait. Mais elle trouvait qu’ils prenaient définitivement trop de liberté avec elle. Il faudrait qu’elle mette cela au clair.

Elanna est un soldat qui aime que la hiérarchie soit claire et respectée.

Non en fin de compte, elle était agacée, mais pas pour les raisons qu’on pouvait penser.
Futile peut-être, mais Elanna est une femme de principes.



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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Mer 14 Avr 2010 - 12:05

C’était un rêve, un mirage, une chimère. La Reine Eluthiel était venue jusqu’à lui, pauvre créature maudite par les dieux. Elle s’était agenouillée pour se mettre à sa hauteur et montrer de la bienveillance à son égard. Le feu de la honte lui brûlait atrocement les entrailles, maintenant qu’elle était si proche de lui, qu’il pouvait humer son délicat parfum et observer son propre reflet dans l’éclat de ses pupilles. Les hommes et les femmes qui peuplaient cette pièce n’étaient plus que de lointaines illusions et seule la souveraine accaparait son attention désormais. L’étranger aurait voulu mourir sur le champ, tant le regard de cette si belle femme était insoutenable pour lui. Sa honte était complète, comment pouvait-il lui cacher ce qu’il était alors qu’elle se tenait si près de lui ? Il avait envie de lui crier l’horrible vérité, de la toucher, de lui épargner les souffrances à venir, de l’étreindre mais elle ne devait pas savoir. Elle ne devait pas voir son visage, la folie l’emporterait sûrement comme il l’avait annoncé. Il devait se dépêcher de délivrer son message, pour repartir de cet endroit qui le renvoyait à sa condition de misérable traître et pour enfin se laisser mourir. Car tel était le sort réservé à ceux de son espèce. Il ne méritait pas de vivre après ce qu’il avait fait.

« Vous êtes si bonne avec moi. Je ne mérite pas votre indulgence car j’apporte dans ma traînée les relents putrides de la mort. Un cri rauque sortit du plus profond de sa gorge, comme s’il s’étouffait dans ses propres larmes. L’enfant que vous avez porté en votre sein a été tué par les suppôts de la Terreur. Les Orthodoxes, ces chiens galeux ont tué notre prince ! Et c’est ma faute ! Ma faute ! »

Un nouveau cri déchira le silence morbide qui accompagnait les propos de l’étranger, et ses pleurs se firent nettement plus bruyants. Il ramena une nouvelle fois ses mains dans son large vêtement pour attraper son visage baigné de larmes. Il se laissa aller quelques instants à son chagrin, avant de reprendre subitement contenance. Ses lamentations cessèrent mais il fut secoué toutefois par un violent hoquet. Il jaugea la Reine et pencha la tête de coté comme pour mieux la regarder. Comment avait-il pu lui infliger cela ? Elle irradiait de beauté, et de magnificence. Mais il la savait fragile et vulnérable. Sa main gauche se fraya un passage jusqu’à son visage qu’il effleura à peine du bout des doigts.

« Pardonne-moi de ne pouvoir … »

Ce fut un chuchotement, une caresse indiscrète et audacieuse qui laissa l’homme interdit, privé de ses réflexes et de sa volonté. Il avait osé franchir le seuil qui lui était interdit, bravant alors la volonté des dieux. Il s’était approché de l’esprit de la Reine et en avait saisi toutes les subtilités. Il ne pouvait plus résister à la tentation suprême de se l’approprier. Elle était sienne, toute entière. Si bien qu’il remarqua avec une seconde de retard que le destin avait décidé de frapper sa misérable condition, à l’aide d’un autre imprévu. Son sort était scellé.

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Helveä Daline
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Mer 14 Avr 2010 - 19:02

Spoiler:
 
La scène était surréaliste. En un instant, Helveä s’était retrouvée genou au sol, dans une position profondément humiliante et déplacée. Elle fusilla du regard l’homme qui l’accompagnait et une fureur noire prit possession d’elle. N’était-il pas là pour la soutenir et l’aider dans sa tâche, comme Il lui avait promis ? La jeune femme détestait devoir supporter la présence d’un potentiel gêneur, mais Il avait insisté, car cet homme là était la clé d’une intrigue nouvelle, qui ferait basculer les restes de l’ordre subsistant sur le continent. Elle-même ne savait rien de son accompagnateur, et s’était simplement évertuée à faire ce qu’on attendait d’elle, c'est-à-dire obéir. Se pouvait-il qu’il soit si important parce qu’Il avait anticipé que seul cet homme serait écouté au sein de la royauté elfique ? Elle l’ignorait. Mais de toute évidence, ce Thraël avait un rôle à jouer dans cette scène, mise en place par les desseins des dieux. Et on ne pouvait désobéir aux puissances supérieures. Néanmoins, la rage qui gonflait les poumons de la jeune femme qui s’était redressée, lui interdisait de réfléchir correctement. C’était la première fois qu’elle se sentait submergée par ses émotions, elle qui était habituellement si calme. C’était la première fois qu’elle se sentait dictée par sa propre conscience, et non par les ordres qu’on lui imposait. Cet homme allait payer l’affront qu’il venait de lui faire subir, et le désir de vengeance s’insinuait au travers de son corps, entravant sa raison et son bon sens. Il n’avait pas le droit de l’abandonner pour flirter avec les délices chimériques provoqués par l’enivrante présence de la souveraine, au sein de son esprit malade et torturé. Elle provoquerait sûrement l’échec de sa mission, et ce fût la première fois qu’elle se ficha éperdument de la punition qu’elle encourait. Ce dément lui avait fait outrage, et le sang bouillait dans ses veines d’une fureur dévastatrice.

Son plan se mit rapidement en place, lorsque la Reine vint s’agenouiller à ses côtés. Plus aucun des Elfes présents n’osaient donner son avis, puisque la souveraine n’avait fait qu’aller à leur encontre depuis le début de l’audience. Ou peut être était-ce simplement parce que la curiosité les rongeait insidieusement. Seule la « Générale », titre concédé par l’un des hommes de la Reine, semblait rester vigilante, prête à faire face à n’importe quelle situation. Helveä jaugea d’un coup d’œil discret les gardes qui l’encadraient. Elle aurait le temps de mettre sa volonté en exécution, et d'infliger à son compagnon le plus cruel des traitements. Depuis quelques instants, elle était focalisée sur ses pensées et ne faisait plus attention à ce qui se disait dans la pièce. Elle avait entendu deux ou trois râles, mais n’avait pas attardé son esprit sur la teneur de ces gémissements. Tout bonnement, c’était ce pauvre diable qui entrait dans une crise de folie comme il en avait l’habitude. Pourquoi la Reine l’écoutait-elle lui, et pas elle ? Lorsqu’elle saisit l’intégralité d’une nouvelle sentence proférée à demi-mots par l’étranger, elle bondit sur lui. « Pardonne-moi… » avait-il chuchoté. Non pas à l’intention de la jeune fille à la chevelure de feu, mais ce fut un déclic. Elle ne lui pardonnerait pas ! Telle une véritable furie, imprévisible et dangereuse, elle se rua sur son compagnon.

« Ose affronter le regard de ceux que tu as trahi, Thraël ! Et meurs de honte devant celle dont tu as tué l’enfant ! »

Quatre puissantes mains l’amenèrent en arrière, et la ligotèrent instantanément. Les gardes avaient été rapides et l’avaient saisi quasiment immédiatement, pour protéger leur souveraine. Mais pas assez vite pour empêcher l’irréparable. Le vêtement était tombé. Des cris fusèrent au travers de la salle. Le visage de l’étranger était à présent découvert et tous contemplaient avec horreur et incompréhension les traits de l’éclatante beauté qui s’était cachée sous le voile. Tous le reconnurent. Tous, sans exception.





Ledinborn Gil’Rea, le feu souverain.



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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Mer 21 Avr 2010 - 16:56


  • Personne ne fit un seul geste tandis que la reine s’avançait vers l’individu au visage dissimulé. Eowyr sentait son cœur palpiter avec force, mais il se sentait incapable d’agir ou d’en appeler à la raison d’Eluthiel, qui avait décidé de ne pas écouter ce que disais les membres de l’Assemblée. Elle s’était agenouillée auprès du misérable qui avait imposé le silence à la jeune Helveä, humiliée et particulièrement blessée par l’intervention du soit disant Thraël. Eowyr saisissait mal ce qu’il se passait et chacun semblait faire ce qu’il lui semblait agréable. La Reine avait pris en pitié l’inconnu au visage d’ombre et la jeune émissaire tentait par tous les moyens de s’imposer pour reprendre ce qu’elle avait dire. Quant à Elena Owen, elle était farouchement décidée à tenir ses positions. Elle semblait avoir soigneusement évité d’entendre ce qu’Eowyr avait dit et elle s’était postée aux côtés de la reine, la main sur l’épée, l’air encore plus menaçant qu’une tempête en approche. Le côté impulsif des Chefs d’Armée était quelques fois difficilement cernables, surtout pour des politiciens fatigués à force d’années de service.
    Eowyr sentait son souffle lent et son dos raide. Son regard glissa sur ses mains ridées, posées sur les accoudoirs de son fauteuil. Il se sentait, après bien des années à veiller sur la cour, après avoir connu tant de déboires et de situations, incroyablement las. Il n’était pas d’un âge particulièrement avancé, mais il avait toujours été très impliqué dans ses fonctions, aussi sentait-il qu’il fallait, sûrement, bientôt laisser place à un autre dans la force de l’âge qui saurait reprendre le flambeau. L’idée lui traversait l’esprit, l’espace d’un instant, tandis que la Reine, qu’il avait longtemps servit, s’entretenait à voix mi- haute avec l’individu au visage masqué.
    Il cligna des yeux lorsqu’il saisit enfin les propos de Thraël. Les Orthodoxes étaient, selon ses dires, les responsables de la mort du prince. Remis de ses émotions, Eowyr écoutait sans ciller ce que disait l’étranger, il n’était plus choqué ou interloqué par les dires des deux inconnus. Il avait d’ailleurs toute confiance en la reine si elle lui indiquait qu’il lui fallait croire encore en la survie du prince.
    Il plissa les yeux et tendit les oreilles lorsqu’il vit que quelque chose bougeait. Helveä s’était jetée sur Thraël avec fureur et elle hurlait de rage. Interloqué, Eowyr se surprit à la dévisagé avec incrédulité. Elle injuria littéralement l’individu courbé. Avant qu’Eowyr ne puisse se lever pour intervenir, deux soldats s’étaient emparés solidement de la furie et l’avait solidement maintenu au sol avant de la ligoter.
    Mais là, alors qu’il avait suivit des yeux la furie, il se retourna vers l’autre individu lorsqu’il entendit les clameurs et l’épais silence qui suivirent. Le capuchon qui dissimulait le visage de Thraël avait été arraché et une incroyable beauté familière percuta les yeux du Conseiller avec force. Le Souverain se tenait parmi eux, dans la salle. Ledinborn Gil’Rea.

    Une violente douleur écrasa le cœur du Conseiller qui cessa complètement de bouger. Ses yeux se séchèrent à cette vision si incertaine et son souffle se coupa. Il resta figé, les yeux écartelés, la bouche entrouverte cachée par sa main. Son cœur n’avait de cesse de lui infliger une violente douleur qui semblait s’immiscer dans tout son corps endoloris. Choqué, incrédule. Incapable du moindre mouvement.

    « Que…. »
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Eluthiel GilRea
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Jeu 22 Avr 2010 - 16:41

Agenouillée devant l’homme, Eluthiel savait qu’elle avait pris des risques. Ecouter sa conscience était une chose et l’imprudence en était une autre. Toutefois, son attitude les avait liés. La Reine des Elfes était la dernière souveraine vivante du Bois blanc et elle savait que son attitude serait inexcusable. Elle avait fait le choix de prendre le risque d’écouter et de s’approcher de cet inconnu, passant outre les conseils de son entourage politique. Oui, mais voilà : cet individu étrange ne représentait pour elle aucune menace. Elle le sentait au fond elle-même, aucune once de méchanceté n’habitait ce corps voilé. Par contre, lorsqu’Eluthiel portait son regard sur la rouquine, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver un certain malaise et une méfiance. Elle préférait alors porter toute son attention sur l’homme mystérieux.

Elle lui avait parlé d’une voix douce et calme comme quand on berce un enfant. La reine ne souhaitait paraître ni trop agressive ni trop curieuse. Elle voulait uniquement connaître la vérité, une bonne fois pour toute. Ses yeux bleus océan fixaient intensément l’homme assis par terre en face d’elle. Sentant la présence de sa Chef des Armées à ses côtés, Eluthiel se sentit plus en sécurité. Levant le visage vers elle, elle lui fit un signe de tête pour la rassurer : elle contrôlait la situation. Sur l’instant, elle craignit que la présence de la Chef des Armées n’effrayât l’homme. Néanmoins, les paroles de celui-ci rassurèrent la Reine, du moins pour quelques instants…

En effet, bien qu’il la remerciât pour sa bienveillance, sa voix torturée prononça des mots difficiles à entendre. Il confirma à nouveau la mort du prince Haziel Gil’Rea, accusant les Orthodoxes de l’avoir tué. Mais dans l’incompréhension la plus totale, l’homme cria que c’était sa faute. Eluthiel pensa que l’homme devenait fou et qu’il culpabilisait de n’avoir pu sauver Haziel. Petit à petit, mais difficilement, la Reine tentait de croire l’homme. Sauf qu’aucun corps ni preuve matérielle n’était là pour prouver la véracité des propos tenus par l’étranger. Le cœur d’Eluthiel souffrait mais sa raison lui dictait de ne croire que ce qu’elle voyait et non ce qu’elle entendait. Il était une philosophie qu’Eluthiel se complaisait à appliquer : celle de ne croire que ce qu’elle voyait. Et il était difficile pour elle d’aller à l’encontre de ses croyances même dans une situation urgente. Soupirant lourdement, la Reine hocha la tête négativement avant de s’adresser à l’homme d’une voix faible.

Je suis navrée Etranger, même munie de la meilleure intention qu’il soit, je ne peux croire tes paroles. Mon cœur me pousse à vouloir te croire mais ma raison me dicte le contraire. Je souffre déjà de pleurer sur la tombe vide de mon époux… pleurer aussi sur celle de mon fils est au-dessus de mes forces. Le peuple des Elfes est aussi meurtri que moi. Lui infliger à nouveau cette peine serait monstrueux de ma part…

Un murmure inaudible s’échappa de la bouche de l’inconnu. C’est alors que sa main se leva en direction du visage d’Eluthiel qu’il effleura à peine. Au toucher, il y eut comme une onde électrique qui perturba le regard d’Eluthiel. Un sentiment à la fois d’inquiétude et de curiosité s’éveilla en elle. Son instinct lui chatouillait le cœur et un frisson d’excitation lui parcourut l’échine. Un pressentiment, juste un pressentiment… Qui se cachait derrière ce costume ? Sitôt la question pensée, un évènement inattendu se produisit. Helveä, le visage décomposé par la colère, se jeta sur l’inconnu avant d’être attrapée et ligotée par quatre gardes robustes. Dans la précipitation et la surprise de la ruade, Eluthiel s’était reculée derrière sa Chef des Armées. Elle devait avant tout protéger sa vie et laisser les personnes compétentes s’occuper de cette furie.

Reprenant ses esprits, elle ramena son regard sur l’inconnu, craignant que la rouquine ne lui ait fait du mal. La surprise en fut tout autre. Là, devant elle, se tenait un fantôme, une apparition. Sur l’instant, Eluthiel crut rêver. Impossible, c’est impossible, je rêve… se répétait-elle tout bas. Néanmoins, au bout de quelques minutes, alors que la salle était animée par des cris de stupéfaction, la Reine comprit qu’elle n’était pas la seule à LE voir. Tous LE voyaient comme elle : en chair et en os. Son cœur s’emballait et les larmes montaient. Dans un sanglot étouffé, Eluthiel prononça le prénom de son bien aimé, qu’elle avait cru perdre pour toujours. Aussi rapide que le souffle du vent, elle se jeta dans ces bras et enfouit sa tête au creux de son épaule. Elle pouvait sentir son odeur, sentir la caresse de sa peau et de ces cheveux soyeux. C’était bien lui : Ledinborn Gil’Rea, son époux. Elle posa alors ses lèvres contre les siennes et ramena sa tête au creux de l’épaule de celui-ci. Elle le serrait fort, aussi fort qu’elle pouvait, comme si à chaque instant il pouvait disparaître.

Tu m’as tant manquée mon Amour… Ne me laisse plus jamais, je t’en supplie… Ne pars plus jamais… où j’en mourrai.

Cette scène aurait pu être émouvante et merveilleuse si la réalité n’avait pas été aussi monstrueuse pour la Reine. Car, au final, son triste sort obtenait toujours le même résultat : un de perdu, un de retrouvé.

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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Sam 24 Avr 2010 - 15:22




Sora Arod Alagos, Conseiller de sa Majesté

Quelle divinité avait décidé de rendre ce moment aussi éprouvant ? Alors que la présence de ces deux inconnus avait provoqué une véritable polémique, que la jeune fille rousse s'en était violement pris à la noble reine elfique, et que la reine avait décidé d'accorder toute sa confiance en l'homme capuchonné, un évenement des plus inatendus vint prendre place au sein du Conseil. L'homme capuchonné informa la reine, une nouvelle fois, avec toute sa détresse et son malheur qu'il semblait habitué de supporter, la mort du prince, ce que la reine ne pouvait croire, bien qu'au fond d'elle, elle le souhaitait. Mais que voulait-elle dire par " lui infliger à nouveau cette peine serait monstrueux de ma part ? ". Ainsi, décidait-elle de cacher la vérité ? Au fond d'elle, était-elle absolument certaine que le prince était en vie ? Sora ne savait plus où donner de la tête et il était bien difficile de savoir en qui il fallait croire. Même la reine, sa tendre amie, le laissait dans un état d'interrogation permanent. D'ailleurs, à propos d'Eluthiel, il n'arrivait pas à la comprendre en cet instant. Comment pouvait-elle se soumettre à cet inconnu ? Peut-être que la nature méfiante de Sora prenait le dessus, car il était inconcevable pour l'elfe aux cheveux argentés d'accorder autant de confiance à un homme aussi mystérieux et sinistre. Ce qui était étrange, cependant, c'était l'hésitation que dégageait cet individu. En temps normal, Sora se serait méfié de lui du début à la fin mais cet homme là, cet étrange homme, le laissait perplexe, comme si on le forçait à le croire, comme si cet inconnu ne l'était pas totalement...

Et quel était ce contact si incompréhensible entre la reine et son interlocuteur ? Le dénommé Thraël semblait ensorcelé par la présence de la reine. Cela pouvait se comprendre car la beauté légendaire d'Eluthiel Gil'Rea était des plus envoûtantes, mais jamais Sora n'avait vu un homme aussi pétrifié devant elle. Allant même jusqu'à la toucher, le sinistre individu lui murmura quelques paroles que l'elfe ne put entendre, l'esprit trop envahi par moult incompréhensions. Mais le destin réservait encore une surprise au Conseil, et une surprise de taille...

Sora fut chassé de ses pensées lorsque la jeune femme rousse, Helveä, se rua sur l'homme capuchonné. Tout s'enchaîna bien vite. Helveä fut immédiatement stoppée par les gardes. Mais le plus éprouvant fut le spectacle qui suivit cette aggression inattendue. Là, devant le Conseil, devant la reine elle-même, se tenait celui que l'on croyait disparût.

" Ledinborn ... ", murmura Sora de sa voix glaciale.

Bien que son visage restait aussi froid qu'habituellement, bien que ses membres restaient immobiles, bien que ses yeux n'avaient dégagé la moindre émotion, Sora était abasourdi. Comment cela était-il possible ? Il y avait eût tant de questions dans l'esprit de l'elfe depuis l'arrivée d'Helveä, elles avaient véritablement doublées à présent. Le roi des elfes se trouvait bien là, devant sa bien aimée qui se serrait déjà contre celui qu'elle avait tant pleuré, et l'état de cet homme était à présent des plus misérables. Que s'était-il passé ? Sora fit quelques pas, toujours aussi gracieux que froid, et lança un regard interrogateur à Eowyr, bien qu'il se doutait que ce dernier était aussi choqué que lui. Il y avait, de toute évidence, encore bien des questions auxquelles il fallait des réponses...
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Elanna O'wen
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Sam 24 Avr 2010 - 16:17

Les choses étaient devenues ridicules. Réellement. Totalement. Il aurait mieux valu s’occuper comme elle l’avait dit de ces deux individus tranquillement au lieu de les laisser au milieu du conseil et d’en arriver à ça.

Elanna avait anticipé la réaction de la Reine, et s’était avancée alors qu’elle reculait pour la protéger. Si l’inconscient avait envie de venir tâter de ses réflexes, il allait être servi. Le cerveau d’Elanna marchait à une vitesse prodigieuse, analysait, enregistrait. Chaque mouvement, la réaction des gardes un peu tardive qui laissa à la rousse le temps de se jeter sur l’autre avant d’être immobilisée. Elle nota tranquillement les circonstances aggravantes de rebellion sur la note déjà salée d’Helveä.

Il y eut un grand silence dans la salle. Et puis le brouhaha, les exclamations surprises. Et Elanna, à son grand regret, fut également très surprise. Solidement campée, ses lèvres se figèrent en une moue boudeuse caractéristique de l’agacement qu’elle avait devant la perte de maîtrise d’une situation, un léger tressaillement au niveau des épaules. Elle remit sa dague dans son fourreau avec un bruit sec.

Elle eut à peine le temps de penser à quoique ce soit ni de raisonner la Souveraine que cette dernière s'était jetée contre son époux retrouvé. On ne pouvait guère lui en vouloir. Elle était pour sa part absolument contrariée. Trop de données manquantes, trop de choses floues et incompréhensibles.

Et surtout ce brouhaha créé par des conseillers et sous le choc qui l’énervait. Réfléchis, une seconde.


- Silence. Silence !
Que ceux qui ne peuvent se tenir correctement quittent la salle, cessez de parler tous à la fois.

Elle tonna d’une voix autoritaire et puissante. De celle qu’elle usait sur les champs d’entraînement pour être entendue du maximum de soldat. Et qui ne souffrait d’être contestée. Non, il y avait quelque chose dans la voix, une volonté, une autorité, qui était faites pour être obéie, sans concession.

De la discipline bon sang ! Voilà ce qu’elle détestait chez les civils, leur manque de discipline !

Ce conseil tournait à l’anarchie la plus totale et en temps que présidente dudit conseil, elle avait la responsabilité d’y faire de l’ordre quand tout dégénérait. Comme par exemple l’extrême agitation causée par la réapparition de leur Roi cru mort.
Comme quoi, elle avait raison, sans corps, la mort n’est pas obligatoirement définitive.

Si la Reine avait reconnu cet homme comme étant son époux, comme tous ici d’ailleurs, eh bien, il n’y avait pas à douter. Elle faisait confiance en le jugement de la Souveraine de ce côté-là. Ses deux conseillers les plus proches eux aussi n’affichait aucun doute dans leur stupeur.
Elanna restait tout de même un peu méfiante vis-à-vis de cette apparition surprise.
Il fallait déterminer si tout était en ordre.

Ses explications lui permettraient de statuer sur son cas.
Surtout, elle ne voyait pas de raisons de se cacher de son épouse et de son peuple. C'est le détail qui la chiffonnait, pourquoi s'être caché ? Pourquoi avoir cherché à les tromper ?

Elle reprit la parole, d'une voix douce cette fois mais toujours assurée.

- Vos Royales Majestés désirent-elles remettre l’audience, la restreindre à un comité plus privé, ou bien la continuer ?

- Je crois que chacun de nous, et tout le peuple avec nous, a de nombreuses questions qui trouvent leur réponse en vous


Elle s’incline légèrement et brièvement, marque de respect.
Qui se veut pas trop longues pour pouvoir parer à un éventuel revirement de situation, après tout ce qu’il s’était passé, on en était plus à un de plus et les nerfs de la Chef des Armées avaient été émoustillé. Sa concentration aiguisée et ses sens aux aguets.

Elle était curieuse, oui, très curieuse de voir comment allait évoluer cette situation.

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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Lun 26 Avr 2010 - 18:06

La journée avait pourtant bien commencée.
Drayne s'était levée tôt, et sans manger ; l'heure matinale engourdissant son estomac, et le moindre fruit n'aurait psas était le bienvenue, d'autant plus que cette nuit encore elle avait cauchemardé.
Tout se déroulait normalement, elle était sortie un temps à l'écart de la ville, pour entretenir le maniement de son épée, quand un jeune soldat essouflé était arrivé, laprévenant d'un conseil de dernière minute, où sa présence était requise. Le soldat n'en avait pas dit plus, son savoir devait s'arrêter à ce simple message, ce qui intrigua la capitaine. Habituellement les messagers étaient mieux informés.
Ceci eu pour but de l'inquiéter, un conseil aussi vite organisé ? Quelque chose d'inhaituel était en train de se passer. Drayne s'était donc empressée de rejoindre la salle du trône du conseil, où déjà de nombreuses gens se pressaient autour de la reine, qui semblait à des lieux de là, comme perdue dans ses pensée.
A ses côté, Elanna O'wen la chef des armées affichait un air renfrogné ; ce conseil soudain ne devat pas réellement lui plaire.

Drayne s'était donc installée parmis les autres capitaines, attentive à tout ce qui se disait. C'est ainsi qu'elle aait posait la main sur le pommeau de son épée quand la jeune Helveä avait prononcé les douloureuses paroles du décès du prince. Chose à laquelle elle avait du mal à croire...
Pis encore, lorsque le dénommé Thraël s'était approché de la reine, avant que la jeune elfe rousse ne se jette sur lui, et qu'enfin son visage soit dévoilé, le capitaine s'était alors avancée déguénant son épée, avnt de la renguéner à la vue de leur bien aimé roi, Ledinborn Gil'Rea.

Malgré la surprise générale, Drayne n'avait pas dit un mot, trouvant déjà assez inspportable le brouhaha des exclamations. Elanna insita alors la salle à se taire, et tous obéirent. La chef des armées avait ce don de faire taire n'importe qui, de par sa voix puissante.

Drayne fit alors signe à deux de ses hommes présents de surveiller les portes de la salle ; après tout ces rebondissement, Baldr sait ce qui aurait encore put se passer, et même si le mystérieux éranger s'était avéré être le roi, et si Helveä était entravée par des gardes, elle préférait rester sur ses gardes, ses sens aux aguets, guettant le moindre mouvement suspect.
Par la suite, elle s'avança vers Elanna, lui faisant comprendre qu'elle était prête à obéir à un ordre si elle en donnait un.

Cette dernière demanda aux deux souverains s'ils souhaitaient écourter ou non la séance du conseil. La reine savait surement que nombreux étaient ceux dont les questions restaient sans réponses, et qui souhaitaient donc rester pour élucider le mystère du retour du roi.
Mais d'autres questions assaillaient l'esprit vif du jeune capitaine. Le roi n'avait-il pas dit qu'il avait tué le prince ? Que tout était de sa faute ? Ses dires étaient si confus... Et Helveä la jeune fille énigmatique, qui l'envoyait, si ce n'était l'ennemi, puisqu'elle était porteuse d'un si atroce message ? D'autant plus qu'elle avait mentionné le fait que le roi était le seul témoin de cette tragédie...
Oui, beaucoup de questions restaient sans réponses, et il lui semblait important que la jeune elfe rousse soit présente pour répondre à certaines interrogations. Le moinre indice pouvait être important dans l'incertitude et le doute qui planait.
C'est pourquoi elle s'avança vers les deux souverains toujours au sol, et s'inclina légèrement avant de prendre la parole :

- Excusez moi majestés, il me semble important, voire crucial, que la jeune Helveä assiste à la suite du conseil, son savoir pourait nous être utile quant à certaines informations dont nous avons besoin...

Elle se tut, et recula d'un pas, reprenant place parmis les capitaines. Décidémment, la journée risquait d'être longue.

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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Lun 26 Avr 2010 - 22:22

Nìniel s’était levée pour aller prier son dieu et rendre hommage à Odin, tôt, le ventre à jeun. Cette journée s’annonçait peu commode. Le soleil irradiait déjà à cette heure matinale de la journée faisant sécher les dernières gouttes de rosée. L’atmosphère pesait lourdement sur la jeune femme si fragile. Ses yeux admiraient un paysage trop paisible et narquoisement parfait. Les messagers de Baldr ne chantaient guère. Le vent était omniprésent dans un tumulte de vague aérienne et faisaient dansé l’air à travers les cheveux d’une nuance sombre de Quartz qui tombaient allègrement sur son dos. Elle était habillée d’un vêtement léger qui portait pourtant une marque d’un luxe arrogant, dans les tons prune, une robe qui se laisser tomber sur le sol et sa tête au trait fins était recouverte d’une capuche. Après avoir honoré la bonté suprême qui lui avait offert un jour de plus à vivre. Elle quitta le temple pour se hâter à la tâche dans ses quartiers, dans la fabuleuse tour céleste.

Plusieurs choses avaient attirés son attention dans les dossiers que lui avaient remis des éclaireurs malmenés de fatigue pour la majorité. Plusieurs cas d’entrave à la réglementation magique avaient été répertoriés un peu partout dans le Gwendir. Quelque chose se préparait et une chose était sur les mois à venir n’allaient pas être de tout repos. Mais ce qui intrigua le plus la jeune ministre fut les entraves commises dans le royaume des Orthodoxes. Elle les redoutait tant pour les avoir longtemps fréquentés, et une petite entrave qui peut sembler anodine chez ces magiciens redoutable devait être prise en considération la plus totale chez les autres races. D’autre part, les Amazones, la souveraine plus précisément, lui avait-on raconté avait eu des altercations avec un membre du parti Orthodoxes et là de nouveau des utilisations malsaines de la magie.

Nìniel se tenait dans la bibliothèque, dans la partie où étaient conservées les archives ancestrales quand on la convoqua prestement à une réunion de dernières minutes. La jeune femme délaissa le fichier sur les rapports qu’entretenaient jadis Orthodoxe et Amazones. Le conseil avait un allure désorganisée et prise au dépourvue. Elle semblait floue sans envergure, aucun détails, cela déplairait surement à sa Majesté d’être dérangée de la sorte. Toutefois, la ministre se devait d’assister à ce conseil et suivit les gardes qu’ils la menèrent dans la plus haute salle de la tour. La majorité des personnalités elfiques y étaient présentes.

- Aux dernières nouvelles nous ne savons toujours pas de quoi il s’agit ? s’enquit-elle auprès d’un garde.

- Non mademoiselle la ministre, répondis-un garde machinalement avec une rigueur militaire effrayante que l’elfe ne releva pas.

Nìniel était assise assez près de la souveraine pour entendre tous les propos sans difficultés surtout que son ouïe était d’une finesse mémorable. D’ailleurs cette proximité n’étaient pas superflues pour se rendre compte du trouble qui régnait. Elle se demandait encore comment deux personnages à l’allure peu emblématique s’étaient avérés protagonistes dans une affaire d’état. La jeune femme aux cheveux de jais se tenait à l’écart de toute conversation. La reine était prise d’une colère irréelle, une femme si posée et réfléchis s’en était intolérable. Mais elle le savait perdre quelqu’un encore. Elle connaissait cette sensation qui vous démolit, la haine insupportable qui vous noue la gorge à tel point que les seuls mots qu’on peut en extraire soient les insultes. Ledinborn vivant, Haziel décédé, la reine à genoux. Comment un chaos pareil pouvait-il régner dans un lieu si conventionnel de part l’habitude. Nìniel, une fois le silence fait essaya de mettre un minimum de bon sens dans cette affaire. Elle se leva à l’aide de ses accoudoirs, la force lui manquait mais elle prit une voix assurée et percutante, autant que son corps frêle le lui permit.

- Mes amis. Nobles honorables et conseillers ne nous laissons pas gouvernez par nos sentiments. L’heure et à la réflexion et nous ne pouvons laisser à l’ennemi la joie de troubler le peuple de Baldr connu pour sa sagesse de la sorte.

Après un court instant la jeune ministre reprit trop peureuse de perdre l’occasion de s’exprimer.

- Votre majesté il y a de récentes affaires qui me semblent être farouchement liées aux événements qui se déroulent en ce moment même. Il faudrait que je mette au courant de ces agissements toute personne toutes personnes susceptibles de se charger du dénouement final de cette intrigue. Avec votre permission.

Nìniel se rassit, attendant qu’on l’invite à continué sur sa lancé. Ici devant tous les conseillers ou ailleurs, mais il fallait mettre au courant et éclairée cette situation. Cette scène mélodramatique devait se terminer, nous étions au royaume tout de même, un minimum de retenue était exigée ce qui, apparemment, faisait bien défaut à ce conseil. La ministre expira longuement, en espérant s’être fait entendre de tous, mais surtout comprendre. Elle n’était pas sure de ce qu’elle avançait mais elle apporta au moins un élément vérifiable sous peu. Cela calmerait tout le monde, quelque chose à quoi se rattacher, une preuve, bien réelle. Drayne Stellaë avait souligné qu’il fallait que la jeune rousse assiste à la suite, et Nìniel lui confirma qu’elle était d’un avis semblable par un signe de tête. Enfin quelqu’un qui s’était reprit.
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MessageSujet: Re: Ultime Tragédie *   Ven 30 Avr 2010 - 20:43

Ainsi donc, tel avait été le secret dissimulé par ces larges pans de vêtements informes. Helveä, solidement entravée par des cordes et nerveusement surveillée par des colosses en armures, eut un ricanement amer, aussi inaudible que désespéré. Tout ceci s’enchaînait avec une fluidité déconcertante, si bien qu’elle avait cru aller contre son Destin en se jetant sur ce soi-disant Thraël, alors qu’aucune liberté n’avait été concédée en réalité. Elle n’avait fait que mettre en place les desseins que les dieux s’amusaient à se donner. Un pion sur ce vaste échiquier. Quoi d’autre, après tout ? Le monarque disparu était revenu à la vie. Et uniquement grâce à son intervention. Sans elle, personne n’aurait soupçonné que derrière cet étranger sinistre et fragile se cachait leur souverain, en chair et en os. Et pourtant, il était là, enserrant sa bien-aimée dans ses bras, comme si rien n’était arrivé. Cruelle ironie ! Helveä qui voulait punir la Reine lui avait rendu son époux ! La jeune fille à la chevelure de feu se maudit, pestant contre son emportement. Si elle s’était contentée de rester calme, au lieu de céder aux pulsions de la colère, elle aurait doublement châtié l’insolente souveraine, en lui ôtant son fils et son époux ! Mais on ne pouvait aller contre son Destin, et celui-ci voulait qu’elle soit la perdante de cette histoire.

Bien que la surprise fût grande pour tous, même pour la messagère d’infortune, elle n’eut pas le même impact sur cette dernière. Elle ne pouvait plus s’étonner de rien. Elle avait vu tant de choses malgré sa courte existence qu’elle n’était plus dans la capacité d’être ébranlée par un revirement de situation comme celui-ci. Toutefois, la réapparition du souverain ne la laissait pas insensible, curieuse de connaître les raisons qui l’avait ramené à la vie. Ou les raisons qui ne l’avaient pas conduit à la mort. Pauvre créature, quels tourments avait-il pu endurer ? Et quels secrets cachait-il encore ? Plusieurs personnes prirent la parole, pour tenter de ramener la paix dans la salle, ne faisant cela dit qu’envenimer la tournure des choses. Chacun voulait donner son avis, exprimer son émotion ou faire part de ses interrogations. La pauvre « Générale » ne parvenait pas à faire respecter le silence, bien qu’elle réussit à limiter le brouhaha infernal qui vrillait les tympans de la jeune femme aux cheveux de feu. Certains, notamment une femme qui semblait être une soldate gradée, évoquèrent la nécessité de l’interroger et si Helveä n’avait pas pris conscience de la fatalité qui entourait sa vie, elle aurait sûrement craché au sol pour exprimer son mécontentement. Sa tâche était désormais terminée, elle n’avait plus rien à leur apprendre. Le Roi saurait les renseigner. Mais s’y résoudrait-il ?
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