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 Brasier Mortel *

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Ectoplasme
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MessageSujet: Brasier Mortel *   Mar 6 Avr 2010 - 21:29


|Brasier Mortel|

Matinée du cinquième jour


Sont cordialement invités à participer à ce post :

Morzan Terinfiel, Lenhar Embral'Denh, Mazarroc Dranor, Sayel Narvath
Toute personne susceptible d'être présente aux abords du drame
(Elianä Aziel'Da, Elönia Aziel'Da, Lyhanna Mortetwal ...)


La matinée ensoleillée du cinquième jour aurait pu être parfaite. Ou du moins, ordinaire. Rien ne laissait présager qu'un drame surviendrait en ce paisible début de journée, où les citoyens ombres s'affairaient dans tous les coins de la capitale du royaume de Snotra. Et tandis qu'un épais nuage noir recouvre la riche cité, des hurlements parviennent de son centre. Les flammes jaillissent du coeur de la ville alors que la population, prise de panique, se rut dans tous les sens.

« A l'aide ! A l'aide ! La Forge est en train de brûler ! »

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Je suis votre passé, votre présent, votre futur.
Je suis le seul maître de votre Destin.
Vous ne pourrez pas m'échapper ...
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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Mer 7 Avr 2010 - 20:17

- Répète moi un peu pourquoi j'ai accepté de te suivre..?

Sa voix était dangereusement basse, pour que la gérante du magasin dans lequel se trouvait les deux sœurs Aziel'Da n'entende pas l'une d'elle -la cadette- se plaindre auprès de l'autre -l'ainée- de la futilité de ce qu'elles faisaient. Et dangereusement basse car de cette manière, Elianä espérait bien paraître plus dangereuse, justement. Elle ne louerait jamais assez l'habitude qu'avait les petites mains pour leurs riches clients de les chouchouter et qui lui permettait, dans ce cas précis, de rester assise dans que l'on y trouve rien à redire. Enfin, assise, c'était la position dans laquelle elle s'était trouvée une bonne partie de la matinée. En cet instant précis, la plus jeune des filles était debout, derrière sa sœur qui s'admirait devant un miroir à pied, dans une nouvelle robe qui allait ruiner leur parent et rendre riche la couturière.

Cette robe n'était que la première des 'petites' choses qu'Elönia avait jugé indispensable de s'acheter tout au long de la matinée. Heureusement aussi qu'il existait des coursiers qui se chargeraient de ramener à demeure tous ses achats. Si il n'avait existé, Elianä se voyait déjà enseveli sous les sacs à n'en plus savoir sortir la tête. Mourir étouffée sous des robes, chapeaux, accessoires et bijoux... Elle frémit à cette pensée, se détournant du reflet de sa sœur dans le miroir pour aller retrouver son siège. Elle connaissait Elönia et savait pertinemment qu'elle se fichait bien de ses menaces voilées. Elianä n'avait jamais été douée pour faire peur de cette manière, si elle n'avait jamais su faire peur tout court jusqu'à maintenant ! Elles se trouvaient dans l'élément de l'ainée, elle n'arriverait jamais à la mettre de mauvaise humeur ici. Sauf si la robe ne lui plaisait pas, pensa-t-elle en relevant la tête et observant la dite robe.

- Elle te plaît ?

La réponse en soi ne l'intéressait aucunement, mais si il y avait une occasion d'embêter un peu sa sœur... Elianä haussa mentalement les épaules, repoussant la voix de la conscience qui lui disait que c'était bas et mesquin que de penser à une telle éventualité. Dans cette histoire, la seule personne mesquine et basse était bien Elönia ! Jamais elle n'aurait dû la croire. Croire qu'il n'y avait que l'envie de s'élever intellectuellement qui avait poussé sa sœur à se lever tôt avait été stupide. Qu'elle le lui fasse croire encore plus, malheureusement pour elle. Cela méritait bien une petite vengeance à la hauteur de ce qu'elle lui avait fait subir non ? Et qu'Elianä se soit elle-même achetée une tenue d'équitation lors de cette virée shopping ne serait pas une excuse suffisante pour l'amadouer.

A son grand soulagement, l'habillage ne dura plus longtemps. Forçant la bonne humeur, Elianä remercia la couturière attitrée de sa sœur et sortie avec un soulagement indicible dans la rue. Les gardes qui les accompagnaient se redressèrent vite et la jeune fille eut une pensée pour ces pauvres hommes, obligés de suivre une acheteuse compulsive et sa petite sœur, tout ça à travers un nombre d'artères commerçantes dont elle avait perdu le nombre, à force. Rester à savoir si leur calvaire allait prendre fin dès maintenant ou si ils allaient tous être obligés de suivre une nouvelle fois Elönia dans un autre magasin (combien en connaissait-elle donc, par la divine Snotra ?!).

Et l'héritière de la famille ne s'embarrassa pas de questions, repartant avec entrain, suivie de près par Elianä, qui soupirait à qui mieux mieux et les gardes, qui faisaient l'effort de ne pas faire la même chose que la cadette. Cadette qui avait abandonné l'idée de raisonner. Elle allait se dire que la mort serait plus douce que cette matinée infernale, quand un quelque chose attira son attention. Une odeur âcre lui fit plisser le nez et elle porta la main devant sa bouche en un geste sans équivoque : ça ne sentait réellement pas bon, comme... un feu.

« A l'aide ! A l'aide ! La Forge est en train de brûler ! »

Le cri retentit avant même qu'Elianä eut l'idée de lever les yeux au ciel pour voir la colonne de fumée s'élever de la forge, se trouvant au centre de la capitale. Un long frisson remonta le long de la colonne vertébrale de la jeune fille, alors qu'elle rattrapait sa sœur et s'accrochait à son bras pour l'arrêter.

- Stop ! Tu as entendu ? Qu'est-ce qui... Vous, dit-elle en se tournant subitement vers les gardes. Allez voir ce qu'il se passe et si il y a besoin d'aide, proposez vous.
- Mais...
- Ne discutez pas ! Que croyez-vous que nous risquions, si tout cela est... vrai ?

Les gardes se regardèrent et une nouvelle injonction pressée de la cadette suffit à les décider. Elle se tourna finalement vers Elönia, sans un regard vers les hommes qui couraient en direction de la Forge.

- Suivons les. Si c'est vrai...

Elianä n'osa pas terminer sa phrase, elle ne voulait même pas penser à tout ce que cela voudrait dire, elle n'y arrivait tout simplement pas.
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Jeu 8 Avr 2010 - 17:20

Devant le miroir, Elönia restait persuadée que le bleu de cette nouvelle robe était beaucoup trop pâle pour ne pas paraître délavé. Seulement, il n'y avait rien à faire, la gérante du magasin semblait décidée à lui vendre cette horreur dont personne ne devait vouloir. La jeune femme avait assez de robes dans ses placards, mais également dans les nombreuses boites qui s'empilaient depuis le début de la journée, pour ne pas prendre celle-ci en plus. Résignée, la gérante s'en alla tenter de la vendre à une autre cliente, tandis qu'Elianä apparut pour plaider sa cause et faire culpabiliser sa grande sœur.

« Tu es venue car nous devions passer à la librairie. Après, ce n'est pas ma faute si elle est fermée... »

Elönia aurait dû préciser qu'elle ne pouvait savoir à l'avance les horaires d'ouvertures de la librairie, car sa petite sœur avait assez d'imagination pour croire qu'elle avait fait exprès de l'emmener le jour de fermeture de son magasin préféré. Pourtant, Elönia n'en savait rien.

Choisissant une nouvelle robe avant de l'essayer, elle trouvait que celle-ci allait beaucoup plus avec son teint et les beaux jours qui arrivaient. Elle était plus légère que la moyenne et la jeune femme pouvait bouger amplement avec. Elle serait donc parfaite pour les sorties ou réceptions de plein air.

Consternée par l'attitude de sa cadette qui semblait vraiment s'ennuyer, Elönia ne savait que faire. Elle avait essayé, au cours de la matinée, de lui faire acheter une robe ou deux, histoire de changer un peu de ses indémodables vêtements qui étaient d'un banal ! Mais il n'y avait rien à faire, la petite Elianä était hermétique à toute forme de modernisme. La cadette s'était quand même achetée une tenue de cavalière, mais rien de bien fascinant. Pourquoi ne trouvait-elle pas de plaisir à se faire belle ? Elönia savait pertinemment, que sa sœur n'allait pas dévaliser les magasins du jour au lendemain, mais elle pouvait bien faire un effort pour s'acheter une jolie chose ou deux. Elle avait du goût alors pourquoi ne pas l'exploiter ? Elle aurait vraiment dû essayer, car faire les boutiques était le meilleur moyen de se libérer l'esprit (Elönia étant convaincue que cette activité pouvait avoir le même effet sur tout le monde !). Dans un lieu comme celui-ci, l'Ombre pouvait se vider la tête et ne penser qu'à elle. Plus qu'une fille sans cervelle qui aimait se faire belle, la jeune femme appréciait ce moment où elle n'avait qu'à s'occuper d'elle, où il n'existait rien d'autre que le plaisir d'être. Drôle conception du bien-être, mais elle comblait l'aînée des Aziel'Da, ne voulant penser à rien qui puisse nuire à cette radieuse journée.


« Oui elle me plait. Je la prend aussi ! »

Mettant ses nouvelles trouvailles sur la note de sa famille, que son père réglait à chaque fin de mois, Elönia repartit de plus belle, sans vraiment savoir où aller. Le prochain magasin, où elle comptait mettre les pieds, était en travaux et par conséquent fermé. Il lui en restait un au bout de la rue, mais la dernière fois qu'elle y avait acheté un vêtement, Elönia avait eu la désagréable surprise d'avoir entre ses mains une robe qui se dessertissait de ses bijoux.

« A l'aide ! A l'aide ! La Forge est en train de brûler ! »

La jeune ombre ne saisit pas tout de suite le sens de ces paroles. Une forge qui brulait... Il lui fallut un moment avant de comprendre qu'il ne s'agissait certainement pas d'une forge banale mais de LA Forge, centre de la majorité des activités de ce Royaume dont la réputation n'était plus à faire. La masse noire de fumée qui s'élevait dans le ciel confirma cette pensée, car elle semblait bel et bien venir du centre de la ville.

Sa sœur, beaucoup plus vive d'esprit qu'elle, ordonna à leur escorte de partir prêter assistance si besoin, mais elle semblait ne pas vouloir s'arrêter là, préférant vérifier par elle-même l'origine de cette fumée.
Elönia se contenta d'acquiescer d'un signe de tête avant de suivre sa cadette qui visiblement savait où aller. Marchand rapidement, elles durent faire face, à l'approche du lieu du drame, à une foule hystérique. Une partie fuyait, l'autre, comme elles, tentait de s'approcher de la Forge. Une femme affolée cherchait son enfant dans ce chaos, une paire de soldat tentait de mettre les habitants en lieu sûr pendant que d'autres cherchaient désespérément de l'eau...

« Je ne sais pas si nous allons pouvoir nous approcher encore... Ce peut-être dangereux. »

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« Avec une femme, l'amitié ne peut être que le clair de lune de l'amour. »
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Dim 11 Avr 2010 - 14:54

    Lenhar, ce matin-là, s'entraînait avec les gardes dans la cour. Ses fantassins se battaient bien, le servaient loyalement. Il leur fit faire quelques exercices d'assouplissement, puis de musculation. Ils détestaient tous ce genre d'exercices, comptant par exemple des pompes et des haltères, mais voyant que leur Capitaine effectuait lui aussi chacun de ces mouvements, ils ne se plaignaient jamais. Lors des entraînements, Lenhar se mettait toujours à leur niveau, faisant les mêmes choses qu'eux, autorisant les plus faibles à moins faire de répétitions, encourageant les plus forts et flattant leur orgueil pour les motiver. Et tous désiraient lui faire plaisir, conscients qu'il était obligé de les entraîner aussi durement, vu les temps à venir. Un deux, trois séries de cinquante pompes. Allez hop, assouplissements de quinze secondes par mouvements. Exercices de rapidité. Combien de fois peux-tu répéter ce mouvement en une minute? Bien toi, bravo, continue.

    En plus de bien s'occuper de ses soldats, Lenhar les avait séparé en groupes qui tournaient chaque matin, avec à leur tête un chef qui menait le groupe quand Lenhar n'était pas là. Lenhar jeta un coup d'oeil au chef du groupe de ce matin. Mazarroc, se nommait-il. Un guerrier rodé aux combats, plutôt réservé quant à son engagement dans la guerre, mais sérieux et serviable. Il s'occupait bien de ses soldats, observant chacun quand Lenhar s'en occupait d'autres. C'était un des meilleurs chefs de groupe, et même un des meilleurs soldats qu'il avait actuellement dans l'armée. Il l'observa un instant, plongé dans ses pensées. Il replaça le mouvement de deux jeunes soldats, rappela à l'ordre cinq autres qui se complaisaient à regarder les ravissantes nobles qui ne manquaient pas d'assister aux entraînements matinaux, et évita l'épée de bois d'un autre qui avait fait un faux mouvement et l'avait laissée s'échapper. Soudain, un cri perça le ville entière.


    « A l'aide ! A l'aide ! La Forge est en train de brûler ! »

    Un instant, Lenhar se sentit flotter. La forge? LA Forge? La fierté du pays, sa puissance, sa richesse, son moyen de transaction le plus valorisant? La Forge et ses grands ateliers, la Forge et ses arrivées de routes provenant des nombreuses carrières des montages Infernales, la Forge et ses artisans de talent? Il eu soudain un hoquet, tentant de réprimer la terreur qui s'emparait de lui. Sa mère. Sa mère, artisante au plein coeur des forges. Sa mère et ses souvenirs, sa belle boutique et son sourire... Il défaillit un très court instant, puis se reprit bien vite. Il ne fallait pas affoler ses hommes. Il grimpa sur une petite estrade qu'il utilisait pour donner les ordres, et cria d'une voix puissante:

    "Soldats!! Il est de votre devoir, de notre devoir, de secourir le plus de choses possibles!! Les installations de la grande Forge ne brûleront pas, mais nous devons sauver un maximum d'ateliers!! Soldat Jehan, soldat Ansen, allez prévenir les deux autres groupes de fantassins, ordonnez à tous de se rendre aux Forges immédiatement! Soldats Rennac et Pavel, tentez de trouver les deux autres Capitaines! Soldat Mazarroc, avec moi! Nous nous rendons immédiatement aux lieux de l'incendie! Surtout, gardez votre calme un maximum! Rappelez-vous que vous êtes l'armée, vous devez protéger les citoyens, et leur prouver votre valeur! Si vous paniquez, qui restera calme? Organisez vous avec la population, munissez-vous de seaux et tentez de couvrir les flammes! Un groupe ira chercher de la terre, si l'entrepôt n'a pas été touché par l'incendie; cela fonctionne mieux que l'eau pour étouffer les flammes. Rompez!"

    Il prit ses soldats restants et, accompagné de Mazzaroc en tête, prit le chemin de la Forge au pas de course. Ils s'arrêtèrent à l'entrepôt, où ils prirent des seaux, certains les remplissant de sable, les autres s'en chargeant de deux ou trois pour en donner à la population. Ils continuèrent de courir, et passèrent en rangs serrés dans les rues. Soudain, à la sortie d'un magasin, il avisa les soeurs Aziel'Da. Son coeur se serra à la vue des deux graciles jeunes filles qui ne semblaient pas savoir quoi faire. Il grommela à Mazarroc de continuer, qu'il les rejoindrait dans deux minutes. Il alla au devant des deux Lady, et après une légère révérence, il leur souffla, essoufflé:

    "Lady Elönia, Lady Elianä, retournez en sécurité le plus rapidement possible je vous en prie! Il pourrait vous arriver n'importe quoi. Nous essaierons de secourir le plus de monde possible, mais ne vous mettez pas en danger sans considération. Je vous en prie.

    Il ne savait pas laquelle des soeurs désirait le plus se rendre à la Forge, aussi les considéra-t-il tous les deux gravement. Puis, il les salua à nouveau, et se mis à courir pour rattraper ses hommes, cent mètres plus loin. Il bénit le fait d'avoir une besantine, et non pas une armure de mailles ou de plaques. Il se retourna une dernière fois, et croisa le regard d'Elönia. Il serra les dents, et continua sa course.
    Il arriva enfin aux Forges, et pâlit. Tout brûlait, des cris, de la mort, de l'angoisse saturaient l'atmosphère, et les soldats se démenaient pour réussir à contenir les flammes, aidés par quelques habitants robustes. De nombreux militaires sortaient parfois des flammes accompagnés de corps sans vie ou de victimes sauvées au dernier moment, encore en vie. Le quartier brûlait. Une boule se forma dans la gorge de Lenhar. Pris d'un vertige, il tomba à genoux. Cela lui rappelait trop le soir de la mort de son père, toutes ces flammes que son épée avait crachées pour les ssauver, lui et le jeune noble, avant de mourir. Ses yeux n'étaient pas mouillés, au dû de la chaleur suffocante qui reignait. Il tentait de se reprendre, de se relever et de donner des ordres pour aider ses hommes, mais il resta la, devant les flammes, chuchotant un faible!


    "Mère..."

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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Lun 12 Avr 2010 - 13:42

Dommage que cette robe lui plaise tant, son petit plaisir s'enfuyait à tire d'ailes, pour le plus grand malheur d'Elianä qui voyait disparaître une occasion de se faire plaisir, de se vider la tête et de remplir correctement cette journée d'un futile qui la rendrait presque malade si elle n'y prenait pas garde. Elle allait surement passer son après-midi à dormir, pour rattraper cette matinée cauchemardesque.

Cauchemardesque du début à la fin. Un sentiment collectif de folie frappait les habitants de la cité. Des cris fusaient, des pleurs se faisaient entendre aux oreilles de la jeune fille, des gens courraient à gauche ou à droite avec une seule idée en tête : sauver la forge. L'odeur âcre de la fumée et du feu était plus fort de leur point d'observation, piquant les yeux à mesure qu'elles s'étaient avancées jusqu'au lieu du drame. Elianä avait voulu un peu plus d'action que de donner inlassablement son avis sans intérêt sur les achats de sa sœur, mais elle se serait bien passée ce genre là d'action. Ce n'était finalement pas qu'une illusion, la Forge était bien en flamme.

Elönia fit une remarque pleine de bon sens et Elianä réprima son envie subite de continuer à avancer. Bizarrement, le feu et les flammes agissaient comme un aimant pour la noble, qui se sentait attirer, en même temps qu'elle sentait un tiraillement douloureux dans la poitrine. Elle n'eut pas à chercher longtemps la raison de cette douleur infime qu'elle ressentait. La Forge représentait beaucoup pour les Ombres, comme allait-il bien pouvoir s'en relever ? On leur avait déjà pris un Roi bon et bienveillant, pourquoi fallait-il alors que la fatalité leur enlève en plus ce qui faisait la fierté et la renommée de leur Capitale ? Cette incendie (due à une erreur ? Un acte criminel ?) allait faire se poser beaucoup de questions, dont la principale serait bien de savoir qui était assez malintentionné pour agir de la sorte. Ce ne pouvait pas être un ou des Ombres, le peuple dans son entier connaissait l'importance de la Forge pour le royaume et y tenait comme on chérissait un symbole. Quelqu'un alors qui avait tout intérêt à les affaiblir en s'en prenant au cœur du commerce de la monarchie. Humain ou Orthodoxe peut-être, Elianä éliminait d'office les Druides, trop occupés à enrayer l'épidémie qui frappait leurs terres.

Réfléchir de manière sensée et méthodique aidait Elianä à vivre cet événement avec détachement et ne pas se sentir touchée plus que nécessaire par ce qui survenait. Une façon de se protéger contre le malheur et les sentiments que pouvaient bien dégager tous ceux qu'elle croisait. Elianä regardait sans voir, entendait sans retenir, sentait sans s'en émouvoir autrement que par des réactions physiques et normales dans un cas comme celui-là. Si Snotra les abandonnait plus encore, l'air allait bientôt s'emplir de l'odeur de chairs calcinées, mêlée à celle du métal fondu, un duo pour le moins désagréable. Autant donc commencer tout de suite à ne pas attacher trop d'importance, pour le moment, à ce qui se passait.

Un militaire passa et tira la jeune fille de sa torpeur. Il leur parla même, mais Elianä était incapable de mettre un nom sur le visage, contrairement à lui. Il devait donc connaître sa sœur et en déduire qui elle était. Elianä frémit et ne put s'empêcher de se raidir. Même quand leurs concitoyens étaient en danger, on arrivait à faire passer leur misérable sécurité avant celle des Forgerons ou des habitants vivants aux abords de la Forge.

- Merci de votre considération, messire, mais nous savons ce que nous faisons, répondit-elle, cassante.

Connu ou inconnu de sa sœur, Elianä n'était pas en état d'être civilisée. Chaque minute était précieuse et elle acceptait difficilement qu'un soldat perde du temps à s'enquérir d'elles au lieu de faire son travail. Elle avait finalement repris pied avec la réalité et la jeune fille s'approcha de la mère inquiète d'avoir perdu son enfant.

- Ne vous inquiétez pas tant, je suis sûre que votre enfant est en sécurité. Nous allons vous aider à le retrouver, n'est-ce pas ? demanda-t-elle à sa sœur. Est-ce un garçon ou une fille, madame ?
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Lun 12 Avr 2010 - 15:10

Les cauchemars qui hantaient le sommeil du monarque ces dernières semaines n’auraient su être plus réalistes qu’en cette funeste matinée du cinquième jour, lorsque le destin avait décidé de porter atteinte au cœur du royaume des fils de Snotra.

C’était donc le cinquième jour de la quatorzième semaine de cette sinistre année. La matinée était déjà bien entamée, et le souverain des Ombres, déjà assidu à la tâche. Entouré de quelques conseillers, il s’occupait de régler quelques affaires criminelles attendant son jugement pour être déclarées terminées. Paperasses et signatures étaient donc au rendez-vous, quand un soldat pénétra à la hâte dans la salle de réunion. Morzan releva la tête un court instant pour jauger le nouvel arrivant, sans doute une relève pour les gardes actuellement postés aux portes de la salle. Son air était grave, presque trop sérieux. Tous les regards se tournèrent alors vers cet intrus qu’observait le monarque avec insistance, curieux de voir ce qui accaparait l’attention de ce dernier. Avec un calme relatif, l’homme annonça gravement la nouvelle. Des cris d’interrogations fusèrent, malgré le faible nombre de personnes présentes en ces lieux. Le souverain se leva promptement et demanda d’une voix pressante s’il était certain de ce qu’il avançait. Le soldat acquiesça et expliqua que les fumées noires qui s’élevaient de la ville confirmeraient ses propos. Le sang du jeune homme ne fit qu’un tour et d’une voix autoritaire qui ne lui ressemblait guère, il ordonna qu’on aille lui préparer son cheval et l’un des gardes se précipita hors de la salle. Le visage de Morzan était devenu aussi grave que celui du soldat qui était venu l’informer. Etait-il possible que Snotra ait décidé d’abandonner ses enfants ? La Forge était en train de brûler ! C’était la pire catastrophe qui pouvait actuellement arrivée ! Le souverain contourna la table où il était installé. Malgré son agitation intérieure, repérable par les reflets qu’avait soudainement pris sa chevelure de jais, il paraissait calme et distant de l’extérieur. Il devait organiser et planifier rapidement ce qu’il convenait de faire. Après quelques minutes de réflexion, durant lesquelles personne n’osa le déranger, il se mit soudainement en marche et tous accoururent derrière lui, conseillers et soldats.

« Soldat, allez immédiatement quérir mon frère et informez-le de la situation. Qu’il considère les options s’ouvrant à nous et qu’il choisisse en son âme et conscience la voie à suivre. Vous, allez chercher le capitaine Embral'Denh. Ses fantassins sont notre meilleure chance !

- Il est déjà sur la route, mon Roi, le prévint l’homme qui était venu l’avertir.

- Parfait, très bonne initiative. Lord Aziel’Da, je vous somme de réunir le Conseil en attendant mon retour, pour que nous puissions rapidement estimer les fonds que nous pourrons débloquer pour la reconstruction.

- Votre Grâce, je vous en prie, il n’est pas prudent que votre personne aille sur les lieux. Vous pourriez être blessé !

- Le peuple a besoin de moi. Je ne saurais rester ici.

- Vos sujets ont besoin d’un roi en bonne santé, pas d’un roi blessé ou pire !

- J’apprécie votre sollicitude, Lord Aziel’Da. Mais ma décision est prise.

Ils étaient d’ailleurs déjà arrivés à la cour intérieure de la Forteresse, où Intrépide attendait en piaffant d’impatience, sellé et prêt pour la « promenade ». Cinq soldats étaient juchés sur leurs propres montures, attendant également le souverain. Celui-ci ne se fit pas presser, et enjamba son destrier avec une agilité redoutable. On lui donna une épée qu’il ceintura à sa taille et avant de partir pour la ville, il adressa ses dernières recommandations à son ministre.

- Faîtes le nécessaire pour accueillir nos concitoyens dans les meilleures conditions. Si l’incendie se propage, il est possible que certains de nos sujets se retrouvent sans toit. Les blessés seront transportés ici. Je vous fais confiance.

Sur ces dernières paroles, il talonna fiévreusement sa monture qui partit au triple galop, suive par cinq fougueux étalons. La ville n’était pas loin, ils arrivèrent en quelques minutes à peine au cœur du carnage. Morzan s’efforçait de penser à ce qu’il devrait faire, plutôt que de contempler l’ampleur du désastre. Les bâtiments étaient noirs de poussières et de cendres, l’air était irrespirable et les cris de la population donnaient une dimension surréaliste à la scène. Comment les dieux avaient-ils pu les abandonner à ce point ? Se frayer un chemin parmi la foule angoissée était périlleux, mais descendre de sa monture l’était encore plus. Comme l’avait judicieusement remarqué son ministre, il était inutile de prendre des risques inconsidérés. Une tragédie à la fois, c’était bien assez. Il vit rapidement le capitaine qui semblait impuissant face à l’horreur du spectacle. Morzan hurla par-dessus le brouhaha incessant des lamentations :

- Capitaine ! Reprenez-vous ! Amenez vos hommes à former un cercle autour du brasier, pour éviter qu’il ne se propage ! Des renforts arrivent, il faut contenir les flammes ! Pas d’imprudence, je ne veux pas davantage de morts !

Il jeta un coup d’œil circulaire. La foule était paniquée, désorganisée et dangereuse. Elle ne savait pas où aller, ni que faire. Il fallait à tout prix amener les gens à s’orienter dans la même direction, si on voulait avoir une chance d’organiser efficacement les secours. L’armée serait entravée par les civils et ne pourrait nullement accomplir sa tâche.

- Peuple d’Isandil, dirigez-vous vers la Forteresse immédiatement ! Et que ceux qui sont valides prennent en charge les blessés ! Dirigez-vous vers la Forteresse !

Le souverain avait beau s’époumoner, le bruit était trop infernal, la panique trop grande pour qu’on l’écoute réellement. Il ordonna aux soldats qui le suivaient de disperser la foule, de la diriger vers le château. L’enfer n’était rien en comparaison de ce que les prunelles d’ambre du souverain observaient : son royaume se disloquait, en même temps que les baraquements de la Forge… Mais il n’était pas l’heure de se lamenter, il fallait agir. Et vite !
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Mar 13 Avr 2010 - 16:59

"Non, non, non et non! Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas voir d'occasion gâché, il faut riposter directement après avoir paré la feinte de l'ennemi!"
Le Roi avait congédié Ibieldan pour la matinée pensant qu'il ne serait pas très utile pour régler les quelques affaires criminelles qui attendaient sa signature pour être déclarés closes. Ibieldan pouvait donc consacrer sa matinée à entrainer ces dragons à l'escrime dans la caserne de la forteresse. Ses dragons étaient très expérimentés en ce qui concerne le combat monté mais pour ce qui était du combat à terre, ils n'étaient pas très doués. Ayant une grande expérience de duelliste, Ibieldan était entrain de leur enseigner la riposte après la parade. Les dragon étaient tous deux par deux dans la pièce d'entrainement de la caserne et s'exerçaient à partir du modèle que leur avait précédemment donné leur capitaine. C'était une grande salle circulaire baignée de lumière en cette fin de matinée. Les dragons faisaient des progrès considérables d'heures en heures. Cela ravissait Ibieldan mais il n'en soufflait mot, il voulait toujours les pousser au delà de leur propres limites. Il aimait particulièrement ces moments ou il se retrouvait avec ses soldats. Il aimait beaucoup leur enseigner de nouvelles techniques de combat. Ibieldan essayait au maximum d'être un capitaine intransigeant et autoritaire pour se faire respecter de ces soldats. Il leur enseignait aussi un certain sens de l'honneur envers leur pays ce qui lui semblait être important.
Il savait que ses hommes l'aimaient car c'était un très bon capitaine qui aimait son métier et ça se voyait.
Alors qu'il montrait à un de ses protégés comment parer efficacement tout en déplaçant ces appuis au sol pour être dans une position permettant la riposte, la porte de la salle d'entrainement s'ouvrit en claquant violemment contre le mur de pierre. Le bruit fit sursauter Ibieldan qui se retourna brusquement et regarda quel idiot avait pu interrompre sa session d'entrainement avec ses dragons. Se tenait en face de lui un fantassin aucunement gradé, le visage en sueur figé dans une expression qui ne pouvait exprimer qu'une seule émotion: la terreur. Ce fut Ibieldan qui entama le dialogue:
"J'espère pour toi que ce que tu as à me dire vaut le dérangement occasionné par ton entrée impolie."
Il parlait d'un ton froid dénué de toute émotion.
Le garde le regarda dans les yeux et articula en balbutiant d'une voie tremblante:
"Mon ca...capitaine, la for...la for...la forge est en feu!"
Pendant une poignée de secondes Ibieldan n'en croyait pas ses oreilles. Ça semblait impossible! Le symbole de la puissance du peuple des Ombres en proie aux flammes. Qu'allait-il advenir de l'économie du pays si il perdait un de ses atouts majeur. Il se reprit et hurla d'une voie forte qui n'admettait aucune contestation:
"Dragons! Direction la forge. Sergent Jun vous et votre escouade êtes chargés d'aller prévenir les autres capitaines et toutes les unités mobiles que vous croiserez. Tous les autres avec moi au haras de la forteresse, nous allons chercher nos destriers. Nous encerclerons la forge pour empêcher le feu de se propager. Il faut agir vite, je compte sur vous!"
Tous sortirent prestement de la caserne. Ils formaient dans la forteresse une masse informe et désordonnée se dirigeant vers le haras. A peine arrivé au haras tout les cavaliers montèrent sur leur chevaux respectifs. La crainte se lisait sur leurs visages. Ils attendirent que le capitaine soit sur sa monture pour bouger. Ibieldan se trouvait à la tête de la troupe et partit au galop en direction des volutes de fumée noire qui obstruaient le ciel. Tout les dragons le suivirent au galop eux aussi. Les rues étaient vides et quand ils arrivèrent à l'entrepôt, beaucoup de sceaux n'étaient plus là. Ibieldan se sentit rassuré quelque part en se disant qu'ils ne seraient pas les premiers à entamer le combat contre les flammes. Il prit un sceau ainsi que la plupart de ses soldats et repartit au grand galop en direction de la forge.
Quand il arriva aux forges avec sa troupe, il n'en croyait pas ses yeux. C'était un désastre, des hurlements provenaient des forges, il y avait du sang parterre. C'était le chaos, il était désemparé devant l'étendu de cet incendie mais il fallait agir et vite. Il ordonna d'une voie chargée d'émotion:
"Encerclez la zone"
Des sergents répercutèrent ces ordres aux soldats qui se trouvaient à l'arrière du régiment.
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Mer 14 Avr 2010 - 15:41

Elianä resta figée et pendant un instant, Elönia pensa qu'elle venait d'entendre et d'écouter ce qu'elle lui disait. Si elles tentaient de s'approcher plus, elles risquaient d'être blessées ou pire, de gêner les secours en s'exposant inutilement. Malheureusement pour elles, les deux jeunes femmes ne pouvaient absolument rien faire contre le brasier qui se déchaînait quelques rues plus loin. Elles ne seraient qu'un fardeau de plus.

L'odeur de fumée devenait de plus en plus pesante, l'empêchant de respirer normalement et lui brulant les narines. Une autre odeur s'était mélangée à celle du bois en train de se consumer, une odeur écœurante, peut-être une odeur de chaire brulée... Cette idée lui donna la nausée et elle réussit, tant bien que mal, à oublier cette hypothèse. Elle se berça alors de douces pensées : l'incendie ne devait pas être si grave que cela et les populations avaient certainement réussi à s'échapper de ce piège. Elle se mentait, elle le savait, car il fallait vraiment s'enfermer dans une bulle pour ne pas comprendre que cette fumée qui ne cessait de s'élever et cette odeur oppressante étaient les fruits d'une catastrophe sans précédent.

Soudain, le Capitaine Embral'Denh apparut devant elles, sorti de nulle part, comme par enchantement. Elle émit un cri de surprise tandis qu'il les supplia de ne rien faire de stupide et de se mettre à l'abri. Elianä lui répondit sèchement, avec un ton et une réplique qu'Elönia croyait être la seule à maîtriser aussi parfaitement.


« Soyez pru... »

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase que le Capitaine tourna les talons pour partir en toute hâte en direction de l'incendie. Dans sa course, il se retourna et leurs regards se croisèrent. Elönia y lut le doute et la peur. Son cœur se serra avant qu'il ne disparaisse de son champ de vision. Elle espérait de tout son être qu'il n'allait rien lui arriver. De toute manière, il était formé pour ce genre d'éventualité et elle n'avait, par conséquent, aucune leçon à lui prodiguer.


« Ne vous inquiétez pas tant, je suis sûre que votre enfant est en sécurité. Nous allons vous aider à le retrouver, n'est-ce pas ? Est-ce un garçon ou une fille, madame ? »

Fidèle à elle-même, Elianä avait décidé de ne pas rester sans rien faire. Il fallait avouer qu'elle venait de trouver un moyen de se rendre utile. Retrouver un enfant, même dans ce chaos, était une mission tout à fait faisable pour une courtisane orgueilleuse et une érudite timide. Elönia répondit à sa sœur d'un hochement de tête, avant de s'approcher de la mère paniquée pour tenter de la rassurer, mais elle laissa finalement cette lourde tâche à sa cadette beaucoup plus intuitive lorsqu'il s'agissait de consoler les êtres dans le besoin.


« C'est un garçon. Articula t-elle entre deux sanglots. Il s'appelle Malvergh... Il a quatre ans... Il.. Il... »

Regardant autour d'elle, la jeune femme ne vit pas de petit garçon... Par où devaient-elles commencer à chercher bon sang ? Elles feraient mieux de se mettre à l'abri plutôt que de vouloir jouer aux héroïnes... Seulement, Elönia était bien consciente que si elle partait maintenant, elle risquait de s'en vouloir pendant un long moment... Et Elianä la détesterait certainement.

« Je vais par là, on se retrouve ici dans peu de temps ! Peu importe le résultat !  »

Elle n'avait pas envie de se faire du souci, inutilement, à attendre sa cadette si elle voulait continuer indéfiniment à chercher cet enfant sans résultat...

S'engageant dans une rue adjacente, la jeune femme dut faire face, une nouvelle fois, aux bousculades et aux cris. Des habitants, paniqués par la peur que le feu se propage chez eux, étaient en train de sauver leurs biens les plus précieux qui se résumaient souvent à presque rien.

«  Malvergh.... Malvergh... »

Pour le moment ses appels restaient sans réponses.

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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Ven 23 Avr 2010 - 18:10

    Tout était noir. La vision de Lenhar était troublé, et il ne pensait plus qu'à une chose: sa mère était-elle encore en vie? Il ne parvenait pas à se convaincre qu'elle pouvait avoir trépassé, qu'elle aurait pu ainsi l'abandonner. Certes, il pouvait aujourd'hui se débrouiller seul, et il le faisait très bien. Mais sa mère était un soutien depuis toujours, et ce soutien détruit, c'était comme si les fondations de Lenhar s'écroulaient. Une partie de son subconscient lui hurlait de retourner à la réalité, et de se lever, de s'occuper de ses hommes qui se démenaient comme des diables pour aider à éteindre l'incendie, mais c'était comme s'il était au-dessus de tout cela. Il ne pensait plus à rien. Ses rencontres précédentes, la guerre, les soldats, tout avait disparu.

    Soudain, comme une pâle lumière dans ses ténèbres, la voix de son souverain vrilla à ses oreilles. Se reprendre. Il fallait se reprendre. Il fallait sauver des vies, il fallait aider le peuple. Oui, encercler les flammes, il avait raison. Alors que Morzan s'époumonait afin que le peuple puisse l'entendre, sans vraiment y arriver vu la terreur ambiante, Lenhar fabriquait intérieurement une marche à suivre, et commençait à y voir de nouveau clair. Il fallait déplacer dix hommes par ici, augmenter les effectifs là-bas... Empêcher le feu de se répandre dans toute la ville.

    Il finit par réussir à se relever, et épongea son front perlé de sueur. Il s'approcha près de son souverain qui, bien que plus jeune que lui, avait alors fait preuve de beaucoup plus de force. Il plia son poing contre sa poitrine, et s'inclina brièvement devant Morzan, avant de se tourner vers ses hommes, et de crier d'une voix puissante qui résonna sur la place:


    "Groupe 1!! Augmentez les effectifs de cinq, et allez aider les habitants!! Faîtes passer le mot, le souverain désire que tous se réfugient dans la forteresse!! Ses murs épais arrêteront les flammes! Groupe deux, groupe trois, réunissez vous vers le flanc Ouest, où l'incendie est plus violent!! Groupe quatre, le flanc Est est moins enflammé, concentrez-vous vers le Nord!! Les autres, restez au Sud!! Vite, vite!

    Il se mit à courir à droite et à gauche, aidant çà et là ses soldats, sortant des citoyens des décombres, et regardant souvent derrière lui si le roi était toujours sauf. Un de ses soldats trébucha, sous la fatigue, le stress et la chaleur. Lenhar le rattrapa de justesse.

    "Allons allons, Kreig, reprenez courage! Nous y arriverons!"

    "Ma femme...Ma fille...

    "Je vous promets que nous nous mettrons à leur recherche. Maintenant, il faut être fort. Pour tous les citoyens. Croyez-moi, je comprend votre douleur, et je partage la même. Mais il faut aller au-dessus. Prenez exemple sur notre roi, imaginez sa douleur actuelle."

    Le soldat le considéra gravement, et se remit debout. Puis, il le salua et partit en courant vers ses compagnons. Lenhar regarda autour de lui, et tout d'un coup, parmi ses fantassins, il cru apercevoir... Mais oui, c'étaient bien des Dragons!! Ainsi, Ibieldan Syn avait lui aussi fait dépêcher ses forces. Le Capitaine courut aussi vite qu'il le put vers le roi, et trouva Ibieldan qui arrivait à leur niveau. Il posa gravement une main sur l'épaule de son compagnon, et souffla avec soulagement:

    "Vos forces étaient plus que désirées. En fait, elles étaient indispensables... Nous aurions aussi besoin des arbalétriers, mais ils doivent être en train de contenir les flammes vers les murailles... Vous vous rendez compte, et si jamais on en profitait pour nous attaquer?? Non, les arbalétriers sont très bien sur les remparts. Bon, il faut y retourner!! Merci encore d'être là. Roi, prenez-garde à vous!" continua-t-il en se tournant vers son suzerain.
    "Il est vrai que votre présence apporte énormément de courage aux hommes, mais ne mettez pas votre vie en danger!!"

    Su ce, il reprit la route et se dirigea vers le flanc Ouest, où les flammes étaient les plus puissantes. Il aida quelques habitant à chercher de la terre pour les étouffer, tandis que d'autres se procuraient de l'eau. Les magiciens avaient été dépêchés, et usaient de magie d'eau, de terre et de feu, pour le tarir, l'étouffer ou le faire disparaître. Quelques soldats entouraient de près les magiciens pour éviter toute perte; leur savoir et leur puissance étaient trop grands pour n'en perdre ne serait-ce qu'un seul, même le plus jeune.

    Lenhar se tourna pour aller vers d'autres citoyens en difficultés, quand soudain il sentit quelque chose se catapulter sur ses jambes. Il fut surpris, baissa les yeux et vit un petit bonhomme en larmes qui s'accrochait désespérément à ses bottes. Il le prit dans ses bras, et lui demanda, scrutant autour de lui:


    "Et alors petit gars, où est ta maman? Et comment tu t'appelles?"

    "Ze sais pas où elle est maman... Ze, beuhhh... Z'ai peur, et z'ai couru et plus maman...Sais pas où est maman... Z'm'appelle...z'm'appelle Malvergh... Beuuuh...Snifff..."

    L'enfant reniflait bruyamment et ne pouvait s'arrêter de pleurer. Mince, il allait falloir retrouver la mère à présent. Lenhar pria de tout son coeur qu'elle ne soit pas prisonnière des flammes.



Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Dim 25 Avr 2010 - 19:29

- Ne vous inquiétez pas, répéta Elianä à la mère éplorée, c'est toujours dans les instants critiques que nous retrouvons le chemin de la maison, continua-t-elle, pour tenter de réconforter la femme.

En tout cas, si elle était perdue alors qu'un incendie faisait rage à quelques distances de là, il était certain qu'elle courrait se cacher dans le giron de sa mère en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, surtout si elle avait été âgée de 4 ans comme le fils de la dame. Elönia fut prise d'ardeur à la tâche et la plus jeune acquiesça aux directives de son ainée, bien décidée à y passer la journée si il le fallait pour retrouver l'enfant. Ainsi, elle avait l'impression d'œuvrer pour une bonne cause, au lieu de retourner en sécurité derrière les remparts de la Forteresse, alors que tant d'autres personnes se trouvait aux prises avec l'incendie. Elle s'en serait voulue longtemps si elle n'avait rien fait d'autre que se tourner les mains de désespoir.

Alors qu'Elönia se dirigeait vers l'est, Elianä indiqua une autre direction à la mère, pour diviser leur force et couvrir le maximum de superficie et ainsi gagner en efficacité. Ragaillardie par la présence des deux sœurs et par leur bonne volonté, la mère de Malvergh hocha la tête et se précipita dans la rue que lui avait indiqué la jeune fille, elle-même se dirigeant vers l'ouest, où elle espérait bien trouvait le petit garçon et apaiser sa conscience.

Ses jupes relevées pour ne pas être gênée, jouant parfois des coudes pour ne pas finir éjecter sur le bas côté par des habitants pris de panique à cause des flammes qui se propageaient aux habitations alentours à la Forge, Elianä appelait l'enfant assez fort pour couvrir les cris et les ordres qui fusaient d'un peu partout. De temps à autres, la cadette croisait des soldats qui se précipitaient au cœur de l'incendie, suivant les consignes données, les uns allant combattre le feu, les autres canalisant la foule pour les diriger autant que faire ce peut vers des lieux sûrs, dans le calme. Elianä nageait à contre-courant de tous ces gens, désespérant de trouver Malvergh ou que celui-ci entende ses appels malgré toute l'application qu'elle mettait à la tâche.

Plus elle avançait, plus l'odeur âcre des flammes léchant les bâtiments et les corps des piégés dans ceux-ci lui prenait à la gorge, menaçant de briser sa ténacité. C'était insoutenable et des images de membres calcinés se plaquaient devant ses yeux sans qu'elle ne puisse rien y faire. Elle aurait tourné les talons, à un moment ou un autre si, soudain, elle n'avait entendu ce qu'elle n'aurait jamais cru entendre de si tôt. Elianä laissa passer un couple qui regardait avec effarement derrière leur épaule en même temps qu'ils fuyaient et son cœur fit un bond dans sa poitrine quand elle attrapa au vol les derniers mots de l'enfant qui se tenait désespérément aux jambes d'un homme.

Elianä s'y précipita, parce que les pleurs de Malvergh lui broyaient le cœur et qu'elle avait la chance de pouvoir le consoler et le rassurer. Ce n'est qu'en faisant cela qu'elle remarqua que les jambes qu'elle contemplait auparavant appartenaient au soldat qui les avait apostrophé, sa sœur et elle. Elle passa outre le risque de se prendre un sermon du soldat et se mit à hauteur de l'enfant, un gentil sourire sur les lèvres, malgré l'horreur autour d'eux :

- Ne pleure plus, je sais où est ta maman. On va la retrouver, tu veux ? lui demanda-t-elle en effleurant sa joue de sa main.

Les larmes continuaient à couler sur les joues du petit garçon, mais comme par magie, la simple idée de retrouver la chaleur réconfortante des bras de sa mère avait réussi à le calmer. Elianä tendit les bras pour qu'il s'y blottisse, ce qu'il fit, et la jeune fille se regarda Lenhar, son précieux fardeau contre elle.

- Merci de l'avoir retrouvé, capitaine.

Les événements ne faisaient pas oublier à Elianä ces bonnes manières, c'était déjà cela.
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Mar 4 Mai 2010 - 8:16

«  Malvergh ! »

Elönia avait beau s'égosiller sa quête restait veine. Elle avait bien croisé des petits garçons, mais n'avait malheureusement pas trouvé le bon. Empruntant ruelles après ruelles, courant à en perdre haleine, la jeune femme se demandait si cette entreprise servait à quelque chose. Les abords de la forge étaient beaucoup trop importants pour deux jeunes femmes et le chaos qui régnait trop insupportable pour pouvoir se concentrer suffisamment sur la tâche à accomplir.

Se faisant bousculer par une femme du peuple à l'angle d'une rue, Elönia tomba lourdement sur le sol. Elle ne peina pas trop à se relever, mais ne put s'empêcher de maudire cette pauvre femme qui ne s'était même pas excusée ou retournée pour voir si elle allait bien. La noble ne pouvait pas l'en blâmer dans une telle situation de panique... Seulement, sa robe adorée qui était maintenant fichue lui donnait une raison suffisante pour finalement lui en vouloir.

Sale et fatiguée, elle reprit les recherches, décidant de se rapprocher du lieu du drame plutôt que de s'en éloigner. Il y avait beaucoup plus de chances que le petit garçon soit dans ce secteur, cherchant désespérément sa mère au lieu de l'abandonner. Les Ombres étaient bien connus pour être un peuple solidaire et courageux après tout. Seulement, l'aînée des Aziel'Da dut, une nouvelle fois, affronter la foule qui se hâtait de s'enfuir en sens inverse. Bravant cette horde qui tentait de l'engloutir, elle perdit un de ses souliers. Ne réussissant pas à le récupérer, elle poursuivit sa route, le pied écorché, les yeux commençant à lui piquer affreusement et la gorge de plus en plus irritée par la fumée.


Réussissant à s'extraire de la foule et à travers le chaos, la fumée et la mort, Elönia distingua une silhouette qu'elle était capable de reconnaître entre mille : celle du Roi. S'efforçant d'organiser les secours, le Monarque sur son destrier paraissait désespéré. La jeune femme pria alors pour qu'il ne lui arrive rien. Après une catastrophe de cette ampleur, qui continuait à faire des ravages, perdre un Roi serait un événement impossible à supporter. La jeune femme, oubliant sa tenue, aurait aimé courir vers lui, lui dire de faire attention, lui dire qu'il était trop précieux pour être ici... Mais elle ne serait qu'un boulet. Il n'avait pas besoin d'avoir dans ses pattes l'une de ses prétendantes... D'autant plus qu'il informerait son père de sa présence ici... Et son géniteur serait certainement furieux.

« Bon sang ! Mais où est donc ce gamin ? ! »

Toussant à plusieurs reprises, Elönia porta un mouchoir à son visage pour rendre sa respiration moins difficile. En rentrant à la résidence, la première chose qu'elle ferait serait de prendre un bon bain, même plusieurs, pour se débarrasser de cette odeur de bois, de flamme et de fumée qui s'incrustait dans ses vêtements et dans sa chaire.

Penser à cela dans une telle situation confirmait cet l'égoïsme qui la caractérisait si bien. En réalité, elle tentait d'oublier, de se persuader que cette vision d'horreur n'était qu'un mauvais rêve. Mais ce rêve paraissait tellement réel : le feu se propageait toujours sans que les soldats, qui avaient maintenant entourés l'incendie, ne réussissent à faire quoi que ce soit. Depuis tout à l'heure les flammes n'avaient pas faibli et les efforts communs des Ombres présents semblaient tellement vains... Et cette chaleur... Une vraie fournaise, digne des journées les plus chaudes des étés brulants... Combien d'Ombres n'auraient plus la chance d'entendre les oiseaux chanter ? De se promener avec l'être aimé ? Combien ? !

Cette journée, sous le signe de la mort, risquait de rester dans les mémoires des Ombres et cela sur plusieurs générations.

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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Ven 28 Mai 2010 - 10:01

Nuran Terinfiel, Chef des Armées, se grattait la tête en un geste nettement moins aristocratique qu'à son habitude. Il fallait dire qu'il était attablé depuis les premières lueurs de l'aurore dans la Bibliothèque de la Forteresse, entouré de tout un tas de parchemins et notes sur les territoires ennemis et ce que ses sources de renseignements avaient bien pu lui dénicher. Contrairement à ce que sa réputation laissait croire, Nuran ne passait pas tout son temps sous les robes des demoiselles. Il était également un excellent stratège et un travailleur acharné. Et il avait fort à faire. Avec la position de leur Seigneur Nordique, l'Ombre se devait de préparer cette guerre qui finirait bien un jour par se déclarer officiellement. A l'heure actuelle, il ne s'agissait pour les différents peuples que de prendre position ou non autour d'Ardiosis Bennfoy.
Et Nuran en était là : étudier le terrain et les ressources des potentiels ennemis des habitants du Mont Eray.

Soudain la porte de la salle s'ouvrit à la volée et un garde s'engouffra en hâte dans le lieu. Il gagna un « Silence ! » autoritaire de la bibliothécaire mais il n'en eut cure. Le jeune homme avait sa cible en vue. Essoufflé, il déboula auprès de son chef.

« Mon Général ! » s'écria-t-il, presque à cours de souffles.
« Quoi ? » grogna Nuran, le regard toujours plongé sur une carte et une liste à côté.
« La... La forge, monseigneur... Elle... »
« Et bien quoi ? Reprenez votre souffle, que diable ! » s'impatienta le noble alors qu'il daignait lever la tête.

Là, Nuran vit l'état lamentable de son soldat : il était couvert de suie et de boue, en sueur et l'air totalement terrorisé malgré la détermination qui perçait dans sa voix chevrotante.

« Elle est en feu. » conclut le garçon.

Nuran se leva aussi sec, bousculant son siège qui s'étala dans un grand fracas dans le silence de la pièce.

« Comment... ? » fut tout ce que put dire le Général.

Vif, il se dirigea vers la fenêtre la plus proche, écarta un manant de son chemin et écarquilla les yeux d'horreur à la vue de l'épaisse fumée noire qui s'élevait tel un odieux étendard au-dessus de la ville. Comment n'avait-il pas pu voir cette horreur ?

« Suis-je le dernier informé ? »demanda-t-il glacialement à son subordonné.

Car osé penser qu'il fut le premier aurait été une hérésie. L'état de son soldat faisant office de preuve. Il n'avait pas du passer inaperçu et le désir d'avertir leur maitre à tous avait du être sa préoccupation première.

« Non monseigneur ! Euh je... » bégaya le pauvre garçon.
« Suffit. Inutile. » cingla la voix de Nuran.

D'un pas vif, il quitta les lieux, son subalterne à ses trousses. Ils parcoururent rapidement les couloirs de la Forteresse et durant ce temps, Nuran eut le temps d'apprendre que Morzan s'était précipité sur les lieux après avoir confiné le Conseil et déclarer l'état d'urgence. Son ordre pour lui fut de considérer les options qui se présentait à lui et de choisir la voie à suivre. Facile quand son Roi prenait la poudre d'escampette et filait droit vers le danger ! Bordel !
Il apprit également que Lenhar Embral'Denh et Ibieldan Syn, deux de ses capitaines étaient également sur place et tentait de circoncire l'incendie avec leurs hommes.

Nuran déboula dans la Cour qui accueillait déjà son lot de réfugiés. Son cheval se tenait prêt, ses rênes tenus par Vallyn. Il enfourcha Turbulence avec agilité. Avant de s'élancer à son tour, suivie par ses hommes de mains, Nuran fit envoyer un écuyer au dernier Capitaine resté à la Forteresse afin qu'il se prépare à assurer la sécurité des citoyens paniqués qui allaient débouler d'un instant à l'autre. Les gardes seuls ne sauraient contenir une telle foule.
Sur ces derniers entre-faits, le Chef des Armées s'élança à son tour vers Isandil.

La route fut laborieuse. Le chemin était entravé par la foule compacte qui fuyait la catastrophe. Nuran et ses hommes eurent du mal à avancer mais à force de cris et de souffles dans la trompe de son écuyer, ils réussirent à se faufiler au plus près. Là, Nuran put avoir une bonne vue sur la situation : Ibieldan et ses dragons encerclaient la zone sinistrée et, seaux en mains, tentaient d'éteindre les flammes ; les hommes de Lenhar en faisaient de même, avec du sable aussi. Certains des soldats faisaient office de cordon directeur et dirigeaient la population vers la forteresse, rattrapant les retardataires, sauvant ce qui pouvait l'être des décombres. Les magiciens étaient également à l'œuvre mais apparemment peu coordonnés : chacun y allait de sa magie dans un désordre chaotique. Nuran pesta. Ca puait la panique dans ses rangs et il avait ça en horreur. Et surtout, il avait le sentiment qu'il était en retard et en voyait les conséquences. D'un geste vigoureux, il attrapa la trompe de Vallyn et souffla fortement dedans, attirant l'attention sur lui.

« Magiciens ! Rassemblez-vos forces ! Formez les rangs : deux lignes ! La première : utilisez votre magie de vent pour soulever un nuage de poussière. Le sable étouffe mieux le coeur des flammes que quelques jets d'eaux lancés au hasard. La seconde ligne ! Utilisez la Terre et la Pluie de rocs ! Relayez-vous pour tenir ! » cria Nuran Terinfiel

Un mouvement et un même cri salua ces ordres et les magiciens obéirent sur le champ.

« Soldats ! Persévérez dans vos efforts ! Protégez les magiciens ! Relayez-vous au plus près des flammes ! Couvrez votre visage ! Nous vaincrons ! » exhorta-t-il ses hommes.

D'un mouvement de bride, il s'écarta pour les laisser travailler. Avec deux de ses hommes de mains, il longea la ligne de front, observant sa tactique à l'oeuvre. Cela fonctionnait plutôt bien. Mais le rythmes intense risquait d'affaiblir rapidement ses troupes. Il allait falloir trouver autre chose et vite ! Soudain, au détour de décombres, il aperçut une haute silhouette qui s'agitait, tentant de se faire entendre.

« Morzan. » grinça Nuran entre ses dents. D'un claquement de rêne sur la croupe de son cheval, il accéléra pour se retrouver bientôt à la hauteur de son Roi.

« Morzan ! Mais qu'est-ce que tu fais ici ? »l'engueula-t-il en attrapant la bride du cheval de son seigneur, afin de coller leurs chevaux et que son cadet ne s'échappe pas entre temps. Sa voix était suffisamment forte pour qu'ils l'entendent tous deux, mais pas plus forte pour que les autres ne les comprennent réellement. « C'était une idée stupide que de te rendre ici ! On n'a pas besoin d'un Roi flambé en plus de ce carnage ! »

Nuran était en colère et faisait peu cas de la politesse due à un supérieur hiérarchique. Et puis, il s'agissait de Morzan. Nuran mélangeait allégrement toutes les formes d'appelation avec son frère. Passant de la politesse la plus révérencieuse à la vulgarité crue d'une fratrie.

« Je me charge de cet incendie. Toi, tu retournes à la Forteresse ! »

« Tu as fait ton travail, tu t'es montré, mais maintenant tu vas être leur étendard pour leur salut et allez te mettre à l'abri ! Je ne peux pas gérer ça en plus de ta sécurité. N'importe quoi peut t'arriver à cet instant ! Un attentat, une chute de cheval. N'importe quoi ! »

La mâchoire de Nuran était crispée et ses yeux flamboyaient dans une couleur d'ambre chaude, rappelant le coeur d'un brasier. Bien évidemment qu'il s'inquiétait pour la sécurité de son Roi ! Il n'avait cependant pas la délicatesse d'un travail de dentelles.

Pendant ce temps, les flammes baissaient d'intensité. La tactique de Nuran portait ses fruits. L'incendie ne se propageait plus. Il était même en train de se réduire.

« Va-t-en ! »ordonna le Chef des Armées à son Seigneur, avant de relâcher d'un geste d'humeur la bride d'Intrépide.
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Jeu 10 Juin 2010 - 19:53

Morzan s’évertuait à accompagner les mouvements de la population, pour que les citoyens affolés forment des rangs ordonnés se dirigeant en masse vers la Forteresse. Il fallait laisser le champ libre à l’armée, pour que la lutte soit la plus rapide et la plus efficace possible. Et pour cela, il fallait rassurer la population d’Isandil. Ce qui n’était évidemment pas une mince affaire. Ramener l’ordre n’était pas chose aisée dans un tel contexte et le souverain tentait de faire ce qu’il pouvait pour se rendre utile. Au bout de quelques instants, alors que son visage commençait à se recouvrir de poussière et de sueur, que ses narines ne sentaient plus rien d’autre que la fumée nocive, que ses yeux et sa gorge le démangeaient férocement, il vit son frère ainé débouler d’une artère et venir à sa rencontre. La première pensée de Morzan, lorsque que Nuran était encore à bonne distance, fut le soulagement. Son Chef des Armées saurait mieux que lui prendre la situation en mains. Mais lorsqu’il entendit le son de sa voix et les reproches fuser, le souverain commença à regretter d’avoir été repéré par son aîné. Ses sourcils se froncèrent violemment, manie qu’il avait empruntée à son amie Idril, et Nuran pouvait remercier la gravité de la situation de lui épargner une dispute avec son cadet. Le temps pressait, et Morzan n’avait nullement le désir de retarder son frère dans l’exercice de ses fonctions. Que cela pouvait être agaçant ! Snotra ne l’avait pas fait en sucre, mais elle lui avait bien donné des bras et des jambes pour qu’il s’en serve ! Ce n’était pas le moment de se chamailler et de perdre du temps, temps pendant lequel les flammes continuaient de se propager, même si elles semblaient perdre de leur intensité. Lorsque le jeune homme répondit au Chef des armées, sa voix était inhabituellement cassante.

« Attelle-toi donc à la tâche la plus urgente, Nuran. Tu seras beaucoup plus utile à guider tes hommes qu’à brasser du vent sous mon nez. »

Son aîné lâcha la bride de sa monture, avant de lui ordonner une nouvelle fois de partir. Morzan talonna Intrépide et s’esquiva en vitesse. Nuran n’avait pas tellement tort, il serait beaucoup plus judicieux qu’il reparte vers la Forteresse, pour guider le peuple en amont. Son aîné ne serait pas rassuré s’il restait sur les lieux et s’assurerait en permanence de sa sûreté, ce qui freinerait son travail. Maintenant qu’il était présent, la tâche du souverain était de rentrer au palais. Sain et Sauf. Il remonta alors les allées, tout en continuant de faire entendre sa voix par-dessus le vacarme insupportable pour que les citoyens ombres se dirigent vers la Forteresse. Lorsque soudain, il aperçut une silhouette familière. Chevelure de jais, silhouette gracieuse et féminine, apparats fastueux. Pendant une fraction de seconde, son cœur s’arrêta dans sa poitrine, mais il reprit rapidement le dessus sur ses émotions et se dirigea le plus rapidement possible vers la jeune femme qu’il avait reconnue. Arrivé à sa hauteur, il la héla d’une voix puissante :

« Dame Elönia, Dame Elönia ! Il faut que vous remontiez avec moi jusqu’au château, pour vous mettre en sécurité ! Montez, dépêchez-vous ! »

Il lui tendit son bras pour qu’elle l’attrape, et se hisse derrière lui, sur le dos de sa monture, le regard implorant. S’il arrivait un malheur à la fille de son ministre, à cette jeune femme qu’il connaissait à peine, il s’en voudrait énormément.
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Sam 12 Juin 2010 - 12:30

    Lenhar sursauta violemment quand il entendit la voix de la sœur cadette des Aziel'Da. Les deux jeunes femmes avaient une voix similaire. Il ne l'avait pas vue venir. Et elle était là, devant lui, à tenter de sécher les pleurs de l'enfant qu'il tenait dans ses bras, avec précautions. Le petit se calma bien plus face à cette présence féminine et douce, avec une jolie robe colorée et un parfum qui sentait bon. C'était compréhensible, la jeune femme avait une aura bien plus apaisante, malgré l'inquiétude qui perçait sous ses traits tirés. Délicatement, il desserra son étreinte, et laissa la lady prendre le petit garçon dans ses bras. L'enfant s'y blottit en poussant de gros sanglots, enfouissant sa petite tête dans la chevelure soyeuse de la jeune femme. Lenhar fut soulagé de voir l'enfant ainsi serein. Pour l'heure, tant que sa mère n'était pas retrouvée, la présence d'Elianä était nécessaire pour l'intégrité de l'enfant.
    Il réfléchit. Puisque la jeune femme cherchait l'enfant, cela voulait très certainement dire qu'elle avait été envoyée par la-dite mère de l'enfant!! Et donc qu'ils pourraient lui rendre le petit sain et sauf. Ouf!
    Il salua la jeune noble avec respect, puisque celle-ci l'avait courtoisement remercié.


    "Il n'y a pas de quoi, Lady Aziel'Da. Cet enfant avait juste foncé sur moi, et si vous n'étiez pas arrivée je dois vous avouer que je n'aurais su que faire."

    Il lui adressa un sourire, puis lui intima de commencer à retourner vers le palais, et la mère du petit. Il commençait en effet à faire très chaud dans cette partie du brasier. Il lui sembla entendre une voix percer le vacarme, et de nombreux soldats commencèrent à s'agiter. Un regain d'espoir serra son cœur; le Chef des Armées devait être arrivé. Il reconnaissait son organisation et sa stratégie. Bien, très bien.

    "Ma Lady,"reprit-il,"nous allons nous diriger vers le Palais, où je vous laisserai alors quand les flammes ne vous seront plus environnantes. Votre père, et nos deux frères souverains me tueraient si jamais il vous arrivait quelque malheur...Et ce serait fort regrettable, n'est-ce pas."

    Il n'avait certes pas l'humeur à plaisanter, mais retenait en lui ses soucis pour ne pas en rajouter à la jeune femme qui serrait l'enfant dans ses bras, de toutes ses forces. Lenhar allait reprendre la parole, quand soudain il vit une poutre tomber, droit vers la jeune femme. Il la prit dans ses bras et l'écarta violemment, manquant de la faire tomber, la voyant s'accrocher à l'enfant, et la lourde poutre ne tomba pas sur eux. Lenhar soupira. Heureusement qu'il avait des réflexes. Il marmonna une excuse envers la noble, qui devait avoir compris qu'il venait de lui sauver la vie, et qu'il valait mieux une petite acrobatie plutôt qu'être coupé en deux par une poutre incandescente.
    Il l'aida courtoisement à bien se remettre sur pieds. Le gosse le regarda avec des yeux ahuris.


    "T'as fait quoi monsieur?"
    "Je t'ai sauvé, petite bouille. Et la gentille dame aussi. T'as vu la poutre? Elle allait vous écraser."
    "Merci monsieur. Mais fais attention à ne pas trop pousser la dame, elle est belle."

    La logique enfantine était vraiment déconcertante. Non mais vraiment. Réussir à s'inquiéter de tels détails alors que leurs vies étaient en danger. Il secoua la tête, et pris délicatement Elianä par l'épaule pour l'inciter à avancer. Il cherchait les passages où le foyer était moins ardent. Heureusement, les soldats continuaient leur travail. De temps à autres, Lenhar intimait à la jeune femme de continuer, le temps qu'il donne quelques ordres à une équipe qui passait par là. Plus de sable, quelques mages, vérifier si le Chef des Armées aurait besoin de plus d'effectifs... Puis il retournait bien vite rejoindre ses protégés. Surtout, ils ne devaient pas mourir. Ils étaient actuellement sous sa protection.

    Soudain, alors qu'ils marchaient d'un pas vif, ils passèrent devant le magasin en flammes de sa mère. Son coeur se comprima violemment dans sa poitrine. Et alors, un cri déchirant sortit du bâtiment.


    "Lenhar, LENHAR!!!!!"

    L'Ombre s'excusa envers Elianä, et se précipita dans le bâtiment. Sa mère était à la fenêtre, ainsi elle avait pu l'apercevoir. Mais une de ses jambes semblait mal en point, raison pour laquelle elle ne pouvait plus bouger. Lenhar dégagea le passage, poussa les poutres et morceaux de métal qui étaient tombés, et atteignit sa mère. La femme, épuisée, s'évanouit alors qu'il arrivait à sa hauteur. Le jeune homme serra les dents, et prenant son courage à deux mains, priant pour que son endurance ne l'abandonne pas, chargea sa mère sur son dos. Il ressortit rapidement, suffoquant, le visage noirci par la fumée. Elianä l'attendait toujours. Elle le regarda avec étonnement, lui et son fardeau.

    "Ma mère."souffla-t-il. Il lui demanda de presser le pas, et quelques temps plus tard ils purent sortir du brasier. Ils passèrent devant le front des magiciens, et Lenhar aperçut Nuran qui beuglait des ordres précis à droite et à gauche. Une magnifique organisation face au désordre. Il l'interpella.

    "Chef, je ramène Lady Aziel'Da et ma mère vers le Palais, je reviens aussi vite que possible! Il faut absolument que j'emmène ma mère à l'infirmerie, ou tout du moins dans le camp des blessés. Ne vous en faîtes pas, je ferai vite, et j'ai laissé des instructions aux chefs d'équipes des fantassins! Si vous avez besoin, donnez-leur les nouveaux ordres!!"

    Il se retourna et vit qu'Elianä commençait à fatiguer, l'enfant s'accrochant à elle comme un homme à la mer s'accroche à un morceau de bois isolé. Il ralentit sa course, retourna au niveau de la jeune femme, et la pris par la main. De son autre bras, il s'assura que sa mère restait en équilibre sur son dos, puis ils reprirent leur course vers le Palais.



[HJ]J'ai trouvé un peu de temps pour répondre -^^- en espérant que la réponse convienne à tous![/HJ]

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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Dim 13 Juin 2010 - 9:15


La stratégie du Chef des Armées porte ses fruits,
L'intensité des flammes s'amenuise, l'incendie recule.
Le brasier dévorant les bâtiments autour de la Forge est maîtrisé.


Cependant, alors que l'espoir revient parmi les soldats et les volontaires,
Une violente explosion survient au cœur de la Forge.
Les soldats de première ligne sont tués pour grande majorité.


Consignes :

  • Des débris sont projetés aux alentours de la Forge.
    Au choix, votre personnage pourra se faire blesser ou s'en sortir indemne.

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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Dim 13 Juin 2010 - 13:39

Surveillant le point de rendez-vous du coin de l'œil, Elianä ne semblait toujours pas vouloir revenir. Les abords de la forge se vidaient peu à peu de la populace qui cherchait refuge en direction de la forteresse. Dès que sa sœur aurait mis la main sur ce maudit garnement, elles mettraient, elles aussi, les voiles vers un lieu plus paisible. Si jamais elle réussissait à le retrouver... Elle l'espérait, car Elönia n'avait déjà plus la force de le chercher, son pied nu ne pouvait plus courir, si ce n'était pour se mettre à l'abri.

Ne détournant pas les yeux de son Roi, elle fut soulagée de voir arriver Nuran, sorti de nulle part. Le frère du Monarque avait peut-être des problèmes concernant les bonnes manières de temps à autre, mais il faisait bien son travail. Du moins, c'étaient les échos qu'elle avait eus à la cour concernant sa petite personne. Elle ne savait ce qu'ils se racontaient, mais cela ressemblait plus à une dispute qu'à autre chose... Détournant son regard de la scène, elle le perdit une nouvelle fois autour d'elle, à la recherche de la silhouette de sa soeur qui n'apparaissait toujours pas. Mais bon sang où était-elle ? ! L'aînée aurait dû lui donner une heure butoir au lieu de rester évasive... Elles n'auraient peut-être pas dû se séparer, simplement... Cela avait été une mauvaise idée...

Alertée par la symphonie des sabots battant la route, la jeune femme fit face à l'imposante monture qui arrivait à toute vitesse dans sa direction. Elle ne savait si le Roi l'avait remarqué de loin où s'il était venu dans sa direction par simple hasard. Son visage était marqué par l'inquiétude et sa voix, qui ne cessait de donner des consignes à ses hommes et à ses sujets, commençait à défaillir. Il lui demanda de l'accompagner pour rentrer et se mettre à l'abri. Il quémandait presque... À cet instant, Elönia réalisa à quel point elle avait de la chance d'être née Ombre... Combien de Roi aurait pris la peine de venir dans ce chaos, mettre sa vie en danger pour aider ses sujets ? Pas beaucoup, certainement.

La jeune femme allait prendre son bras, espérant qu'il ne lui tienne pas rigueur de sa tenue légèrement déplacée, lorsque le visage d'Elianä lui revint à l'esprit comme une gifle en plein figure. Elle n'allait, tout de même pas, abandonner sa sœur ici, quand bien même l'offre du Roi ne pouvait se refuser !

« Mince ! Mince ! »

Son regard s'arrêta alors sur Nuran qui venait d'attraper un petit groupe de soldat pour certainement donner de nouvelles consignes. Contrairement à elle, Elianä était assez proche de lui, on pouvait même dire qu'ils étaient amis, chose que l'aînée avait du mal à comprendre. Enfin, le Nuran, derrière son aspect de macho avait peut-être des bons côtés qu'elle ne connaissait pas encore...

« Pardonnez-moi Majesté ! J'arrive tout de suite ! »

S'élançant en direction de Nuran, grimaçant à chacun de ses pas sous l'effet des cailloux, elle agrippa le jeune homme, qui ne l'avait pas encore remarqué, par la jambe.

« Elianä ! Elianä est là quelque part, nous nous sommes séparées... Elle va arriver bientôt, on s'est donnée rendez-vous ici... Faites la rentrer, de gré ou de force ! Je pars devant !»

La jeune noble n'attendit pas la réponse, se demandant si elle avait été claire en formulant sa demande. Peu importe, Nuran avait certainement compris et elle espérait de tout cœur qu'il réussirait à mettre sa sœur sur un cheval et à la faire rentrer au triple galop en direction de la forteresse. La demoiselle n'étant pas du genre à être docile...


Tournant les talons pour revenir auprès de son Roi, elle prit place à l'arrière de son cheval, avec son aide, avant que sa Majesté ne l'élance en direction de la forteresse, s'évertuant toujours à guider le peuple. Elönia ne vit pas le Capitaine débarquer, quelques mètres derrière elle pour rejoindre Nuran, témoin que sa sœur allait parfaitement bien. Cette scène aurait réconforté l'aînée sur le sort de sa cadette, mais pour le moment, elle restait soucieuse quant à son sort...

Elönia n'osait pas parler. Le Roi était déjà assez aimable de la reconduire, alors elle n'allait pas s'amuser à lui faire la discussion dans un moment aussi critique. Elle se contenta donc de souffler son désarroi dans une simple phrase...


« Qu'avons-nous donc fait pour mériter une telle tragédie ?... »

Elle se tut et son sang ne fit qu'un tour lorsqu'une explosion s'éleva dans leurs dos. Elle ne put contenir un hurlement... Les flammes avaient perdu en intensité, mais crier victoire trop vite avait été une erreur. Le cœur de la forge venait certainement d'être réduit en poussière, comme en témoignaient les éclats de métaux et de bois en feu qui s'abattaient tout autour d'eux. Le Roi réussit à maîtriser son cheval, heureusement pour eux, et ils passèrent au travers de cette pluie meurtrière. Mais tous n'eurent pas cette chance...

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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Mar 15 Juin 2010 - 9:26

Elianä accueillit avec soulagement Malvergh entre ses bras et posa son menton sur le sommet du crâne de l’enfant, lui caressant le dos du plat de la main pour le consoler. Ses pleurs avaient repris et cela avait le don de déchirer le cœur de la jeune fille. Ce n’était que peu de choses, mais elle se sentait responsable et utile avec le garçon avec elle, risquant à chaque instant de finir carbonisée par la chaleur qui se dégageait des bâtiments en flamme. Mais elle avait finit par le retrouver et il y avait de quoi se réjouir. Elianä afficha un sourire de circonstance et sans commenter la réponse du capitaine Embral’Denh, elle n’en pensait pas moins. Ce ne devait pas être pour rien si c’était les femmes et non les hommes qui avaient à charge de porter en leur sein les enfants, puis de s’en occuper quand il rejoignait enfin le monde des Hommes. Chacun avait des prédispositions naturelles : aux hommes la guerre, aux femmes l’éducation des enfants.

Mais le jeune homme la ramena à des considérations plus importantes que la place de telle ou telle personne dans le monde. Elianä fronça les sourcils d’inquiétude et hocha la tête, se doutant déjà de l’état dans lequel devait se trouvait sa mère. Celle-ci savait parfaitement où ses deux filles devaient se rendre et même si Marelie Aziel’Da ne pouvait pas deviner que leur escorte avait été envoyée au front du feu, elle devait malgré tout se ronger les sangs et tourner tel un lion en cage en attendant leur retour. La noble n’eut aucune réaction intempestive quand Lenhar mentionna dans le même temps Morzan et Nuran :

- Je vous suis, capitaine. Il nous faut aussi trouver la mère de ce courageux jeune homme, si vous le permettez. Elle doit encore être en train de le chercher.

Malvergh avait relevé le nez de son épaule pour observer autour de lui et Elianä s’apprêtait à tourner les talons à la suite du capitaine quand celui-ci aurait signalé le départ de leur étrange convoi, mais les événements en décidèrent autrement, sans trop faire de dégâts, heureusement. Surprise, la jeune femme n’eut le temps que de resserrer sa prise autour du corps qu’elle tenait contre elle. Pas un cri, pas une plainte, mais le choc était bien là. Elianä s’assura que Malvergh n’avait rien alors que la conversation s’engageait entre les deux hommes.

- Et toi, tu es un petit garçon très courageux, ajouta-t-elle après le compliment qui lui était destiné.

Ils n’étaient en tout cas pas près de rejoindre la mère du malheureux garçon. Elianä tentait désespérément d’avancer sans que la cohue ne les renvoie vers l’arrière, ce lieu même qu’ils cherchaient à quitter tous les trois. Mais le travail n’attendait pas dans ce genre de situation et la jeune fille se retrouvait souvent seule en compagnie de Malvergh qu’en présence du capitaine Lenhar et elle n’osait pas trop s’avancer sans lui, qui paraissait tant tenir à cœur sa sécurité, ainsi que celle du garçon.

La fin de la fournaise ambiante était toute proche, elle se sentait de plus en plus dépassée par les événements qui s’abattaient alentours, quand un cri, un autre retentit distinctement. Instinctivement, Elianä se retourna pour voir de quoi il en retournait, qu’elle voyait déjà Lenhar s’élançait en direction d’un énième bâtiment enflammé. La jeune fille regardait sans le voir le sauvetage d’une femme et entendit sans vraiment l’entendre les explications succinctes du soldat. Sa mère. Elianä comprenait mieux.

Ils repartirent sans plus de cérémonie et Elianä leva les yeux vers le Général quand elle comprit que c’était vers lui que se dirigeait en premier lieu Lenhar. Elle n’eut pas réellement l’occasion de placer une parole, mais elle rassura Nuran sur sa santé physique d’un regard et d’un sourire avant de suivre son garde du corps improvisé.

- J’espère que nous retrouverons facilement la mère de Malvergh… Elle le cherchait encore quand nous nous sommes séparées, avec Elönia, commenta-t-elle d’une voix fatiguée.
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Mar 15 Juin 2010 - 13:07

Son Roi finalement repartit en de lieux plus sûrs, Nuran put tourner sa bride de l'autre côté et s'élancer une dernière fois près de ses hommes. Il leur donnait courage et détermination dans cette épreuve, ainsi que des ordres à suivre dans ce chaos. Un peu de rigueur et de discipline pour concentrer les efforts étaient plus que souhaitable lorsque des temps troubles se vivaient. Et Nuran qualifiait allègrement la situation de catastrophique.
Tenant fermement les rênes du front, aussi bien que celles de Fulgence, le Chef des Armées Ombre excellait. Ses efforts et sa tactique portaient ses fruits. Il pouvait être fier de lui. Et de ses hommes. Malgré l'atmosphère d'apocalypse dans laquelle ils baignaient tous, Nuran gardait sa prestance. Il avait maintenant le nez noirci et des traces de traînées noirs sur le front et les joues, par la suie et la fumée noire. Ses vêtements avaient eux aussi ternis. Mais la force qui se dégageait de son corps était plus vibrante que jamais. Chacun pouvait y puiser son énergie.

D'une main ferme, il maintint Fulgence en place. Celui-ci piaffait d'impatience et d'inconfort. Criant un dernier ordre à ses troupes, Nuran décida d'atteindre un emplacement plus élevé pour avoir une meilleur vue de la situation. Il éperonna donc son cheval et s'élança dans les rues encombrées d'Isandil. En chemin – deux rues plus loin – il croisa un groupe de soldats éreintés mais toujours vaillants. Nuran s'enquit alors de la situation de ce côté là et donna par la suite des instructions. Ses hommes venaient à peine de partir, lorsque Nuran sentit quelque chose lui agripper la jambe. Serrant fermement la bride de Fulgence pour éviter tout écart, il baissa vivement la tête pour tomber nez-à-nez avec Elönia Aziel'Da ! Mais que faisait-elle là, au beau milieu de la tourmente ? Mais le Général n'eut pas le loisir de poursuivre sa réflexion tant l'information qu'elle lui donna l'accapara :
Elianä était elle aussi quelque part dans la fournaise ! Nuran n'eut même pas le temps de lui répondre que l'aînée repartit aussi sec. La suivant du regard, il put voir son frère lui tendre son bras et la prendre sur son cheval. S'il pouvait juste arrêter de trainer en route, l'aîné des Terinfiel s'en porterait mieux.

Nuran allait s'élancer à nouveau quand soudain surgit d'une autre artère, Lenhar Embral'Denh. Il portait une femme sur ses épaules et l'interpella. Ce n'était pas académique, mais Nuran s'en contrefichait sur l'instant. C'était surtout l'information concernant l'autre demoiselle Aziel'Da qui le préoccupa sur le coup : que faisait-elle ici, elle aussi ? Son regard se porta immédiatement sur elle, inquiet. Mais elle le rassura d'un sourire et d'un regard franc. Nuran n'aimait pas la savoir là, mais il ferait avec. Et puis qui était cet enfant qu'elle serrait contre elle ? Un gamin des rues ? Une pensée triste le traversa : ce soir là, il y aurait beaucoup d'orphelins à Isandil. Lenhar attrapa Elianä par la main et repartit en direction de la Forteresse.

Nuran s'apprêtait à les suivre un temps lorsque soudain une violente explosion retentit dans leur dos !

Ils furent tous les quatre projetés en avant.

Nuran fut désarçonné. Il ne vécut même pas la chute. Il se réveilla le nez dans le sable et la terre. Il était couché sur quelque chose. Un corps. Deux peut-être. Une chaleur étouffante le prenait à la gorge. Et soudain, comme ses sens s'éveillaient, une douleur fulgurante le prit à l'épaule gauche. Il hurla. Puis se crispa. Sa main droite se referma sur une poignée de terre, de sable. Il souffla. Chaque respiration le faisait souffrir. Il sentait chaque battement de son propre cœur au milieu de sa plaie brûlante. Il sentait également un mélange de terre, de sang, de parfum. Il tenta de se relever, mais sa main toucha un corps, un bras. Ne pouvant prendre appui sur son autre bras, il utilisa ses jambes pour se redresser. Instinctivement, Nuran porta sa main valide à son épaule blessée, et ce fut là qu'il vit le morceau de métal chaud qui traversait sa chair. Il sortait de part en part de sa blessure. Quelque chose lui coula dans l'œil. Il s'essuya d'un revers de main. Du sang. Il avait du se cogner la tête dans sa chute. Mais il avait autre chose en tête. Regardant juste devant lui, il vit le corps étendu d'Elianä et du petit garçon, encore dans ses bras. Plus loin, il vit Lenhar se relever et s'inquiéter pour sa mère. Nuran reporta son attention sur les deux corps à ses genoux.

« Elianä ! » appela-t-il.

Il posa sa main valide sur le bras de la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Jeu 24 Juin 2010 - 16:52

La jeune femme tendit le bras vers celui qui se proposait de l’aider, mais lorsque celui-ci voulut l’aider à monter sur la croupe de sa monture, elle se rétracta, le visage passablement horrifié. Le souverain lui retourna un regard où se mêlaient l’incompréhension et le désarroi, mais celle-ci filait déjà loin de lui, non pas sans lui avoir demandé de l’attendre quelques instants. Le jeune homme réalisa que la demoiselle devait être accompagnée et qu’elle cherchait sûrement à retrouver la personne qu’elle avait perdue. Elle n’était pas la seule à souffrir de l’absence d’un proche et lorsque le regard ambré du monarque se porta sur les alentours, il ne put que constater que les visages étaient emplis de chagrin ou d’effroi, ce qui lui enserra le cœur. Son peuple n’avait pas mérité pareille tragédie. Pas maintenant. Pas comme ça. Son cœur se serra un peu plus dans sa poitrine. Il avait mal pour eux, pour ces gens qui souffraient des évènements récents. Les dieux avaient-ils oublié de veiller sur eux ? Ou étaient-ils simplement lassés de voir leurs enfants se quereller ? Il ne vit que tardivement que Elönia revenait à lui, plongé dans l’horreur du moment. Il lui proposa à nouveau un bras secourable et la hissa près de lui. Avant de talonner son cheval, il aperçut Nuran qui se détournait, de l’autre côté de la rue, puis il en fit de même. Il n’avait plus rien à apporter ici et il devait désormais veiller sur celle qui l’accompagnait. En silence, ils cheminèrent vers la Forteresse, tant bien que mal, se frayant difficilement un chemin au travers de la population agitée. Dans son dos, la jeune femme semblait tétanisée. Elle était muette comme une tombe, jusqu’à qu’elle ne souffle sa détresse. Le visage de Morzan resta grave et solennel pendant plusieurs secondes, ne pouvant trouver une réponse convenable. Tout était si soudain, si précipité. Qui aurait pu prédire pareille tragédie ? C’était inconcevable. Et pourtant…

Alors qu’il s’apprêtait à rassurer la jeune femme, une violente détonation fracassa les environs. Elönia hurla d’effroi, ce qui glaça l’échine du monarque qui tâchait de maîtriser sa monture apeurée. Intrépide voulut se cabrer et Morzan n’eut que le temps d’ordonner à sa compagne de se cramponner à sa taille. Il sentit ses bras menus s’enrouler autour de son ventre, tandis qu’il faisait son possible pour éviter l’accident. Il pressa le flanc de sa monture pour se maintenir grâce à ses jambes et posa une main sur la peau de la jeune femme, comme pour la retenir ou la rassurer. La scène ne dura pas longtemps, mais assez toutefois pour donner des sueurs froides au jeune homme, qui réussit finalement à calmer son destrier. D’une voix mal maîtrisée, il s’inquiéta de l’état de la fille de son ministre.

« Vous n’avez-rien ? Vous n’êtes pas blessée ? »

La catastrophe avait été évitée de peu. Le souverain fit pivoter sa monture, pour faire face au spectacle qui s’était déroulé dans leurs dos. Ils ne pouvaient toutefois rien voir d’où ils étaient. Il eut un moment d’hésitation, pendant lequel sa monture piaffa d’inconfort. Devait-il continuer à avancer vers le château ou devait-il porter secours à ceux qui étaient restés ? Le dilemme était cruel. Morzan ne supportait pas de savoir que ses hommes pouvaient être en danger et il voulait partir au triple galop vers le centre, d’où semblait provenir l’explosion. Mais il ne pouvait s’y résoudre. S’il venait à être blessé, il serait un poids qui ralentirait l’armée et son frère. Nuran était l’homme de la situation, il parviendrait à s’en sortir sans lui. Et puis, son rôle était désormais de veiller sur la demoiselle qui se cramponnait dans son dos. Elle avait peur, le jeune homme le sentait. Il raffermit la prise de sa main sur ses bras, à défaut de pouvoir la consoler par une étreinte moins formelle. En pareilles circonstances, qui pouvait se soucier de l’étiquette ?

« Je vous ramène au Palais, où vous serez en sécurité. N’ayez plus peur, Elönia... »

Que pouvait-il dire d’autre ? Sans s’en rendre compte, il avait appelé la jeune femme par son unique prénom, marque de familiarité entre deux personnes. Les circonstances faisaient qu’il se sentait étrangement proche d’elle, comme s’il la voyait pour la première fois, non pas comme une courtisane qui briguait la couronne, mais comme une jeune femme sensible, délicate et accessible, qui avait besoin d’être rassurée. Au même titre que tous ceux qui les entouraient… Cette tragédie allait changer bien des choses.
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Mar 13 Juil 2010 - 12:36

La matinée avait pourtant bien commencée. Rien ne pouvait laisser présager, à l’aube de ce jour, que plus tard dans la matinée allait se dérouler un évènement des plus tragiques pour le peuple Ombre. Non, la journée s’apprêtait à être des plus communes. Au point, que lorsque Celywell s’était levée ce jour là, c’était avec la bonne humeur commune, à celle des autres jours. Et cette bonne humeur était elle sans doute, encore à cette heure, partagée par la plupart des habitants d’Isandil qui s’apprêtait à vivre une nouvelle journée. Y compris par les travailleurs de la forge, d’autant plus fiers, qu’ils étaient les ouvriers de la plus grande puissance économique du pays. Mais à ce moment là, personne ne se doutait de ce qui arriverait quelques heures plus tard au cœur même de la ville.

Les premières occupations de la journée avait été dans le temple les mêmes qu’habituellement. Celywell s’était levée, vêtue de la tenue argent et lapis-lazuli des religieux de Snotra et coiffée avec attention et sobriété. La grande prêtresse révélait une apparence soignée mais sans fioriture comme à son habitude. Elle avait ensuite quitté sa chambre pour se rendre dans la pièce principale du temple où se trouvaient l’autel et la statue de la déesse de la connaissance. Le temps d’y réaliser une prière journalière pour remercier la déesse de sa bienveillance suffit pour que Celywell soit rejointe par les Initiés. Les novices ne tardèrent guère plus longtemps. Quelques paroles de salutations et incitations à faire son travail avec application et dévouement, et tout le monde se mit au travail.

Les novices allumèrent les encens, changèrent les cierges et coupèrent les fleurs. Afin que tout dans le temple soit prêt pour l’accueil des premiers croyants. Les initiés guidaient et aidaient les plus jeunes dans leurs tâches, leur enseignant la façon de faire, les petites astuces pour gagner du temps tout en faisant les choses comme il faut. De son côté, Celywell avait regagné son bureau avec les haut initiés, afin de voir ensemble les cérémonies prévues pour la journée. Et ce jour semblait être un jour de bonheur. Car aujourd’hui le temple avait été sollicité pour une naissance en fin de matinée, et deux mariages dans l’après midi. Voilà qui ne promettait que des réjouissances. Celywell donna dons les indications à suivre. Les choses allaient vite, les haut initiés étaient rodés depuis déjà longtemps. Certains d’entre eux partirent donner la classe aux plus jeunes des novices, tandis que d’autre s’occupaient de faire la classe aux enfants de la ville. Les derniers enfin s’occuper des préparatifs avec la grande prêtresse et les novices restantes. Du monde viendrait pour célébrer la cérémonie de naissance d’un ou d’une nouvelle Ombre.

Celywell elle-même apporta son aide aux tâches quotidiennes du temple. C’était devenu une habitude pour elle, et un plaisir aussi, de passer une heure parmi les novices pour les aider. Cela lui rappelait le temps où elle-même était simple novice, et ce temps n’était pas si loin que ça. Neuf ans seulement s’était écoulés depuis. Cela fait, les portes du temple furent ouvertes. Celywell sortit sur les marches de l’entrée et regarda le ciel. Bleu. Sans nuage. Un temps frais mais pas froid, seulement matinal. Celywell respira l’air frais de dehors. Oui, tous laissait croire que cette journée serait comme les précédentes. Sans incidents majeurs, seulement une novice qui casserait une vase ou renverserait un sceau par maladresse. Ces petites choses qui font sourire les aînées alors que le fautif se sent embêté. Mais malheureusement ce ne serait pas le cas.

Les premiers croyants arrivèrent tôt comme cela était chaque jour. Certains venait prier la déesse, d’autres venaient se confesser. Mais un messager de mauvais augure s’apprêtait à franchir le pas de la porte du temple. L’autel de la bâtisse était relativement vide. Deux novices vérifiant la propreté des bancs, deux trois croyants en prière, un en confessionnal avec un initié et la grande prêtresse avec une haute initiée revoyant les derniers détails de la cérémonie à venir. Voilà les résidents du lieu lorsqu’une femme entra dans le temple, visiblement essoufflée et paniquée. Elle s’appuya à l’une des portes. Tout le monde se retourna vers elle. Instinctivement Celywell et Salia la haute initié qui l’assistait se dirigèrent vers elle dans l’optique de la calmer, de faire cesser ses sanglots, pensant avoir à faire à une jeune femme venant d’apprendre un décès. Souvent, le temple se retrouvait avec des croyants qui venaient chercher réconfort et explication à la disparition rapide et souvent trop prématurée d’un proche. Mais là, la raison était bien différente.

« Au secours…La forge…elle brule.. »
« Quoi ?! » demanda Salia surprise, Celywell était resté muette sous l’étonnement. Lorsque les gens disait la forge, tout le monde pensait de suite LA forge, celle de centre ville, le cœur de l’activité du pays.
« En flamme…des flammes partout…Ca brule…les gens… » Les paroles de la jeune femme bien que très désorganisée, et coupés de sanglots était parfaitement compréhensible. Celywell bien que pessimiste voulait être sûre.
« Calmez vous, quand vous dites la forge, parlez vous de celle du centre ville ? »La femme ne répondit pas et se contenta de hocher la tête avant de s’effondrer sur le sol en pleurant.
« Mon père…mon frère…pourquoi ? »La nouvelle arrivante continua de murmurer des mots entre deux larmes.
« Snotra vient nous en aide. » murmura Salia debout à côté dont le visage laisser transparaître son inquiétude.

Les personnes présentes dans le temple avaient compris suffisamment de choses pour laisser eux aussi figurer leur terreur et inquiétude. Mais personne n’avait réellement conscience de l’ampleur de l’horreur. Rapidement Celywell sortir sur le perron. A l’est d’Isandil le temple était relativement éloigné de la ville. La grande prêtresse ne craignait donc pas pour le temple, mais chercher des traces de fumées dans le ciel, priant, malgré l’invraisemblance de la chose, pour qu’il n’y ait aucune traînée noire dans le ciel pour étayer les dires de la femme. Et pourtant la trainée était là. Noire, épaisse et sombre, s’élevant haut dans le ciel. Tout le monde dans la ville, où que l’on soit pourrait certainement la voir. Quels étaient les dégâts ? Que s’était-il passé ? Celywell avait été rejointe par deux trois personnes venue comme elle scrutait dans le ciel. Elle empêcha in extrémis une femme de s’élancer vers la ville.

« Où allez-vous ? » lui demanda t’elle. Des gens courant dans tous les sens ne feraient que provoquer la panique.
« A la forge, mon père y travaille, je dois y aller. » dit-elle en tenter de passer. Celywell la rattrapa par le poignet.
« Et que comptez vous faire ? » demanda t’elle sèchement. Sans laisser le temps de répondre à la jeune femme elle embraya. « Vous ne serez d’aucunes utilités là-bas. Les secours ont sûrement déjà pris les choses en main. Votre présence ne ferait que les gêner en leur imposant une sécurité en plus à assurer. Aidez-les en restant ici. Priez pour les travailleurs de la forge et ceux qui tente de les secourir. Priez pour que Snotra les protège des flammes. Restez ici. » Le ton de Celywell était dur, mais elle voulait être comprise, elle voulait éviter la panique.
« Mais… » Tenta une nouvelle fois la jeune femme visiblement désespérée.
« Je partage votre inquiétude, je vais moi-même me rendre sur place. Mais je vous prie, à tous, de rester ici. » Dit-elle à l’intention de la jeune femme et des quelques autres personnes qui étaient sortis.

Elle leur fit signe à tous de rentrer et eut le soulagement des les voir suivre ses conseils. Elle retrouva Salia agenouillée auprès de la messagère. D’autres membres du temple étaient arrivés alerté certainement par les jeunes novices visiblement effrayés. Certains d’entre eux avaient leurs parents là-bas à la forge. Beaucoup de personnes à Isandil connaissaient du monde à la Forge. Celywell fît part aux hauts initiés de son souhait de se rendre sur place. Certain protestèrent d’autres comprirent immédiatement. Elle laissa ses ordres. Que l’on commence une prière et que l’on s’occupe des éventuelles personnes qui viendraient chercher de l’aide. Par sécurité, elle fit envoyer un messager au palais, même si elle ne doutait pas que le Roi fût déjà au courant. Perché sur les hauteurs de la ville, la forteresse donné une vue incomparable sur toute la ville. Celywell se mit ensuite en route. Elle trouva rapidement un attelage pour la conduire sur place, que ce soit par inquiétude ou par curiosité que son chauffeur accepta elle ne posa pas de questions.

Durant le trajet, Celywell pria pour que cet évènement se termine sans trop de pertes humaines avant tout et sans trop de dégât pour la forge et les quartiers environnants. Elle fit arrêter l’attelage à deux rues de la forge par sécurité et continua à pied. Il ne lui fallut que peu de temps pour comprendre à quel point la situation était plus grave que ce qu’elle pensait. L’air était brulant et piquant, de la cendre s’envoler partout, des gens couraient dans tous les sens, d’autres hurlaient ou pleuraient immobile observant de loin la forge partir en fumée. Celywell ignorait tout des moyens mit en œuvre pour contenir le feu par le chef des armées et les capitaines présents. Aussi ne savait-elle pas que ce qu’elle voyait, ne serait-ce même de loin, était moins impressionnant et moins catastrophique qu’il y a à peine quelques minutes.

Regardant au devant d’elle, elle vit une monture approchée au galop. Deux personnes la montée. Plus la monture approchait, plus Celywell pouvait distinguer les cavaliers. Elle reconnut et en fût surprise de reconnaître avant tout le Roi en personne. Elle n’eut guère le temps de se poser de questions, elle ignorait même, si les cavaliers l’avaient vu, qu’un bruit sourd et fort retentit. Une explosion ? C’est ce que se demanda Celywell lorsque le souffle de cette dernière la fit tomber en arrière. Rien de grave pour elle. Simplement des égratignures sur les mains pour avoir tenté de se rattraper. Elle était couverte de poussière et avait le cœur qui battait à mille à l’heure. La peur, l’inquiétude et un début de panique grandissait en elle. D’où venait l’explosion ? Elle vit à l’intensité des flammes que c’était de la forge. Elle vit aussi et en fût soulager, que le cheval du monarque n’avait pas chuté. Les deux cavaliers continuait de se rapprocher. Une fois relevée Celywell observa les personnes approchant. Elle reconnu derrière le Roi, l’une des fille Aziel’Da. L’aînée lui sembla t’elle. Même si Celywell ne passait guère de temps à la cour, il lui était impossible de ne pas connaître au moins de vue la puissante famille Aziel’Da.

Lorsque les deux personnes furent à sa hauteur, elle demanda, parlant fort pour couvrir le vacarme environnant.

« Votre majesté ! Que se passe t-il ? »

Des explications, c’était ce que la grande prêtresse souhaitait. Etait-ce un accident ou pire encore. Grande déesse Snotra pourquoi ne pas avoir prévenu d’une telle catastrophe.
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Mar 13 Juil 2010 - 22:06

Il bougea sous elle et sentir ce corps étranger revenir à la vie après l'explosion tira la noble Elianä de la torpeur rougeâtre dans laquelle elle était plongée. La déflagration avait été violente et personne -surtout pas elle- n'avait pu la prédire et agir en conséquence. Comme tous ceux à ces côtés, la jeune fille avait été projetée comme un vulgaire fétu de pailles, comme pesant moins lourd qu'une plume ballotée par le vent. En plus douloureux. Sonnée à l'atterrissage, hébétée par le retour à la réalité.

Une sourde douleur battait ses tempes, mais la noble, faisant fi de la souffrance qui lui brouillait la vue, s'assura instinctivement que Malvergh était en bonne santé. L'enfant, recroquevillé sous elle, se cramponnait à ses bras, le yeux fermés, plissés. Il ne pleurait pas, n'avait pas crié avait-il semblé à la jeune fille, sans qu'elle ne puisse en jurer pourtant. Elle se redressa et offrit un semblant de sourire à l'enfant qui avait levé les yeux vers elle. Dans ces prunelles, Elianä pouvait y voir le reflet de la propre terreur qu'elle ressentait mais qu'elle gardait museler. Il n'était pas l'heure pour les crises d'hystérie. Un autre regard lui apprit que Lenhar aussi s'en était sortit indemne, au moins assez pour s'inquiéter de sa mère blessée.

Le petit Malvergh tira sur sa manche et Elianä lui offrit toute son attention :

- Ca fait mal ?

La jeune fille mit quelques instants à comprendre le sens de la question. Des débris avaient été projetés en même temps que les corps et à proximité de la Forge, tous ses débris n'étaient pas sans danger. Aucune blessure grave n'était à déplorer mais ses vêtements n'étaient plus dans l'état dans lequel il se trouvait ce matin quand elle s'était vêtue. Malvergh faisait plus précisément référence à une entaille assez profonde sur l'un de ses bras, d'où suintait le sang et qui ne la faisait véritablement pas souffrir. Peut-être parce qu'avant que le garçon ne lui en parle, elle n'avait pas conscience d'avoir été blessée d'une façon ou d'une autre, en dehors du mal de crâne qu'elle ressentait.

- Non, le rassura-t-elle d'un sourire.

Elle attira Malvergh entre ses bras où il se blottit. L'intermède entre l'après explosion, la découverte de sa blessure et l'étreinte avec l'enfant n'avait pas duré plus de deux minutes. Une autre source d'inquiétude se présenta à elle sous les traits de Nuran. Dans son esprit, le Général était ce genre d'homme immortel, toujours fringuant, toujours prêt à toutes les situations, sur lequel on pouvait s'appuyer en cas de coup dur. Un peu comme son cher Aldarik. Mais Elianä constata que ses illusions fleur bleue n'avaient pas cours dans le monde réel. Les hommes n'étaient pas immortels, que ce soit le dernier paysan ou le premier des rois. Était-ce le fin de tout ? Les choses pouvaient-elles encore s'améliorer après cela ?

L'horreur se peignit sur les traits de la noble quand elle prit conscience des multiples plaies que subissait Nuran. Elianä en relâcha Malvergh qui comprenant que la situation était grave se tenait sagement à côté de sa protectrice. La noble se redressa, tiraillée entre une forte envie de pleurer et celle de hurler. Elle ne laissa libre court à aucune de ses envies.

- Nuran, souffla-t-elle en couvrant de sa main celle du Général qui s'était posée sur son bras, l'autre hésitant à reconnaître l'étendue des dégâts sur le bras blessé de l'Ombre.

Mais Elianä n'était pas une petite nature, jusqu'à aujourd'hui. Elle pressentait que ce qu'elle allait voir serait à des années lumières de ce qu'elle avait connu pendant son enfance tumultueuse, elle ne pouvait malgré tout pas rester sans rien faire. Ce n'était pas un inconnu en face d'elle, c'était Nuran, par Snotra !

- Il faut vous asseoir pour qu'un guérisseur regarde votre blessure. Je vous en prie... je... asseyez-vous.

Retenant ses larmes, Elianä regarda sous toutes les coutures le bout de métal fichait dans la chair de l'homme. Si elle n'avait pas su que retirer immédiatement la matière première serait suicidaire, la jeune fille l'aurait empoigné à deux mains pour ne plus le voir. Elle se tenait prête à empêcher Nuran de faire cette erreur. Il leur fallait un mage, un mage guérisseur, il saurait quoi faire lui, il serait moins inutile que la noble, qui ne savait rien faire d'autre que pleurer dans les moments critiques.

- Il faut vous... vous faire soigner, hoqueta-t-elle sans pouvoir s'en empêcher. C'était plus fort qu'elle, elle s'inquiétait et pleurait à se vider le corps de toutes ses larmes. Je ne.. je ne sais pas quoi faire...! paniqua-t-elle, l'hystérie -finalement- au bord des lèvres.

Malvergh s'approcha timidement et comme il l'avait tant de fois fait, blottit sa tête dans le cou de la noble, les bras noués. Pour la consoler comme elle l'avait fait pour lui auparavant.
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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Jeu 15 Juil 2010 - 18:31

Spoiler:
 

    L'explosion vrilla à ses oreilles, et Lenhar sentit le sang taper à ses tympans. Un souffle puissant le projeta à terre, et il lâcha la main d'Elianä sous la force du choc. Il mit ses bras devant lui et s'étala de tout son long sur le ventre, épargnant ainsi à sa mère un nouveau choc. Il grogna en atterrissant, sa blessure de début de semaine n'étant pas parfaitement guérie. Elle se rouvrit même légèrement. Un instant, il fut sonné. Il eut l'impression de rester inconscient une éternité durant, cependant. Un voile coloré passa devant ses yeux. Douce Snostra, on n'y voyait plus rien. Il tenta de reprendre calmement sa respiration. Voyons. Que faire, que faire? Il ne fallait surtout pas que quelqu'un soit blessé. Lui compris. Il fallait se relever, vérifier que tout le monde allait bien. Mais il avait du mal. Il ressentait une violente crampe dans son dos, d'avoir porté sa mère si longtemps. Les Ombres n'étaient pas connus pour leur force. L'effort l'avait épuisé, mais il fallait se relever.
    Le Capitaine serra rageusement la terre noire sous son poing. Lenhar, relève-toi. Relève toi immédiatement. Vérifie que tout le monde va bien. Il faut, il faut que tout le monde aille bien. Allez! Il tenta de prendre appui sur ses bras, mais ceux-ci étaient flageolants. Sa mère était encore sur son dos, de toute évidence. Soudain, une petite main fripée se posa sur son gant de cuir. Il se retourna. Sa mère avait repris connaissance. Il se retourna vivement; la vieille femme paraissait placide, et à part sa jambe en mauvais état, elle n'avait pas souffert de l'explosion. Elle avait juste été un peu sonnée, elle aussi. Lenhar parvint à s'accroupir, et posa la tête de la vieille sur ses genoux.


    "Bonjour, mère."
    "Lenhar, mon petit, tu vas bien? Tu as bravé cet incendie pour venir secourir ta vieille mère? Si je n'étais pas si heureuse, je te sermonnerais d'avoir abandonné tes hommes pour venir m'aider."
    "Pour tout vous avouer, mère... J'espérais que vous alliez bien, mais je tournais dans le secteur... Je devais raccompagner une lady qui s'était égarée à la recherche d'un petit garçon. Passant devant notre forge, je vous ai entendue."
    "Ah, je n'espérais plus que l'on entende mes suppliques. Tu es un gentil garçon Lenhar. Tu grandis."
    "Mère, j'ai 27 ans, je ne suis plus un adolescent..."
    "Je le sais bien; mais tu verras, si tu es père, tu ne pourras jamais t'empêcher de continuer de considérer ta progéniture comme quelque chose de jeune à protéger... Mais aujourd'hui, c'est toi qui me protèges. Je te remercie."
    "C'est bien normal, mère. Je me dois de prendre soin de vous.
    "Ahlala, mon fils est devenu bien sérieux. Mais je m'égare, tu as toujours cette lueur dans les yeux héritée de ton père. Même dans les situations critiques il continuait de débiter de joyeux calembours.
    "Nous sommes en situation critique. Avez-vous déjà entendu la blague de l'elfe qui allait dans une taverne amazone?"
    "Pff, Lenhar, tu es irrécupérable. Allez, pose-moi là, je ne risque rien. Là-bas, près de ce commerce... Oui, ici je serai bien à l'abri. Puis retourne voir ton supérieur et la jeune Lady, ils ont sûrement besoin de ton aide.
    "Bien, mère. Accrochez-vous à mon cou."

    Le jeune homme souleva sa mère comme il put, tentant de paraître encore fringant à la vieille femme qui avait une telle confiance en lui. Il la porta jusqu'au point qu'elle lui avait indiqué, puis se précipita vers l'endroit où Lady Elianä, le petit garçon et le Général Nuran s'étaient écroulés. La situation semblait plus grave que la sienne.
    Arrivant à leur niveau, il eut un léger moment de blanc, le temps de bien comprendre la situation qui s'offrait à ses yeux. Le Général était allongé par terre, légèrement relevé vers Elianä, effondrée, semblant pleurer, serrant dans ses bras le petit Malvergh qui tentait vraisemblablement de la rassurer.
    Au début, Lenhar crut que c'était la noble qui était blessée. Puis, en se décalant et se rapprochant encore, il vit le grand morceau de métal qui transperçait l'épaule de son supérieur. Il déglutit. Finalement, le Général, c'était un peu comme l'ultime combattant des Ombres, une bête du champ de bataille qu'il n'avait jamais vu gravement blessé, seulement égratigné de temps en temps.
    Mais ses réflexes de soldat furent plus rapide que les sentiments de la pauvre Elianä, qui ne devait pas être habituée à voir une telle quantité de sang, surtout si c'était le sang d'un ami proche. Il poussa la noble de côté -avec cependant beaucoup de précautions pour ne pas la brusquer, elle ou l'enfant-, puis il passa son bras droit sous le côté gauche de son supérieur pour l'aider à soutenir son buste.


    "Serrez les dents, Général."

    Peu enclin à respecter l'étiquette dans ces moments critiques, il n'attendit pas que son supérieur se vide de son sang, et il arracha sa chemise ensanglantée sans plus de cérémonie, se servant des lambeaux pour faire un garrot à Nuran. Cependant, le tissu n'était pas en quantité suffisante. Lenhar enleva rapidement son grand manteau noir, et entreprit d'arracher de longs lambeaux à sa propre chemise afin de pouvoir stopper le flux de sang qui s'échappait de la plaie de Nuran, en évitant au maximum de bouger la ferraille.
    La chaleur ambiante était intenable, malgré les efforts des soldats pour étouffer les flammes. Certains jetaient même des regards affolés en direction de leur Général à terre. D'autre gémissaient par terre, aidés par des camarades. Lenhar se retourna vivement, et pris la main d'Elianä entre les siennes, la regardant droit dans les yeux.


    "Je vous le confie. Nous ne nous étions jamais rencontrés auparavant, mais si nous avons au moins une chose en commun, c'est de l'amitié pour cet homme. Alors prenez soin de lui pendant que je vais réorganiser les troupes.

    Il serra un peu plus la main de la noble.

    "Je vous en prie."

    Puis il se releva vivement, et courut au niveau des soldats, criant des ordres aux groupes dispersés. Tant qu'à faire, il se mit aussi à rechercher un mage guérisseur qui pourrait être un peu moins occupé. On était mal partis.

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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Mar 20 Juil 2010 - 19:07

Les muscles contractés, cramponnée à son Roi de toutes ses forces pour ne pas tomber, Elönia bloqua sa respiration, malgré elle, jusqu'à ce que la monture soit complètement immobilisée et que le danger semble écarté. Sur le point d'éclater en sanglot, la voix du Monarque la secoua et la rappela à l'ordre. Oui elle allait bien, elle n'avait rien et elle n'était pas blessée. Par conséquent, la jeune femme n'avait pas le droit de s'apitoyer sur son sort... Que penserait le Roi si elle se laissait submerger par ses émotions alors qu'elle n'était pas à plaindre ? La jeune femme avait un rang à tenir, mais surtout, elle ne voulait pas passer pour une pleurnicheuse inutile...

« Je vais parfaitement bien Majesté, ne vous inquiétez donc pas. Faites surtout attention à vous !»

Il lui avait certainement sauvé la vie en l'emmenant sur sa fougueuse monture ou du moins, il lui avait évité d'être blessée, ne serait-ce que superficiellement. Il fallait vite le dire, car tant qu'ils resteraient à proximité du lieu du drame de nouvelles explosions pouvaient survenir. Il fallait étouffer ce brasier avant que la liste des morts ne s'allonge...

Les deux jeunes gens faisaient maintenant face à la scène du drame. Une épaisse fumée s'élevait de nouveau, mélangée certainement à la poussière qu'avait soulevé l'explosion. Le Roi semblait hésité, voulant certainement retourner sur le lieu du drame pour se rendre utile, mais le pouvait-il réellement ? Non. Le mieux était de se mettre à l'abri et de diriger les opérations du haut de la forteresse. Maîtriser le brasier mortel était une chose, mais organiser les secours, trouver un lieu pour accueillir les blessés et la population, maintenant sans logement, étaient tout aussi important... et ces tâches paraissaient bien plus dans les cordes du Seigneur Terinfiel.

Mais malheureusement, il ne pouvait rien faire, si ce n'était la rassurer, elle, chose déjà difficile vu l'état de panique dans lequel elle se trouvait. Les battements de son cœur s'étaient peu à peu calmés, elle respira profondément et fut touchée lorsque le Roi lui assura qu'il la ramènerait saine et sauve à la forteresse. Avait-il peur lui aussi ? Moins égoïste qu'elle, c'était certainement plus pour le peuple et ses soldats qu'il se faisait du soucis que pour sa propre personne. Elle sourit lorsqu'il prononça son prénom. C'était tellement vrai que les évènements tragiques rapprochés les gens... bien plus que les moments de joies ou de bonheurs, les désastres soudaient les individus autour d'une même souffrance.


« Merci votre Majesté.... Je vous serais redevable, je vous le promets ! »

Relançant sa monture à vive allure, non sans remords, les deux jeunes gens furent de nouveaux interrompus dans leur élan par une jeune femme quelques mètres plus loin, sortit de nulle part en habit de religieuse correspondant à son rang : celui de la grande prêtresse de Snotra. La religieuse semblait, elle aussi, paniquée, mais elle n'avait pas l'air de revenir de cet enfer qu'était la forge en feu... Si maintenant les civils, qui n'avaient pas été confrontés au drame, venaient à la rencontre des flammes, cette tragédie ne finirait jamais. Néanmoins, Elönia n'allait pas à lui faire la leçon maintenant, préférant laisser le Roi répondre à ses interrogations. D'ailleurs, ne c'était-elle pas, elle aussi, approchée de la forge alors qu'elle était parfaitement consciente que cette entreprise était risquée ?... Enfin... Elianä avait voulu s'en approcher sans l'écouter ! L'aînée espérait qu'elle allait bien, ravalant son inquiétude en se disant que Nuran l'avait déjà certainement retrouvé et mise sur un cheval pour qu'elle puisse rentrer... Elle serait, elle aussi, saine et sauve.


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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Jeu 5 Aoû 2010 - 15:46

La jeune femme qui se cramponnait solidement à la taille de son monarque semblait sur le point de craquer, le son de sa voix se brisant affreusement dans le vacarme ambiant. Pourtant, elle ne faiblissait pas. Elle restait maîtresse de ses émotions, malgré la terreur qu’elle devait ressentir et qui transparaissait à chacune de ses paroles. Oui, Elönia avait peur et le souverain pouvait parfaitement ressentir ses tressaillements, ses tremblements et les saccades de sa respiration haletante. Elle était terrifiée par ce spectacle qui détonnait de son quotidien princier, sans pour autant s’abandonner aux sanglots ou aux lamentations ; et pour la première fois, Morzan sut voir la jeune femme qu’était vraiment la courtisane. Elle n’était pas seulement cette façade qu’elle s’évertuait à montrer à longueur de temps. Elle était courageuse, pleine de volonté et avait une force de caractère admirable. Jamais il n’aurait soupçonné découvrir le tempérament caché de la jeune femme. Et surtout pas comme ça. Emu par sa détermination, le monarque ne souhaitait que davantage la protéger et la ramener à ses parents, saine et sauve. Il se raccrochait à cette idée, comme pour justifier son retour prochain au château, se donner l’illusion qu’il n’était pas tout à fait inutile et qu’il sauverait au moins quelqu’un de cet enfer. Il raffermit sa prise sur les membres qui enserraient sa propre taille, avant de talonner Intrépide, pour se remettre en route vers la Forteresse.

Les deux jeunes gens avancèrent péniblement, se frayant difficilement un passage parmi la foule effrayée et désordonnée. Morzan avait naïvement espéré que sa présence rassurerait ses concitoyens, mais il n’en était rien. Les Ombres étaient dans un tel état de panique qu’ils n’écoutaient pas leur souverain. L’avaient-ils seulement reconnu ? Ils se précipitaient dans tous les sens, et l’armée avait bien des difficultés à maîtriser la population. Toutefois, un semblant d’ordre commença à s’établir au fur et à mesure que les deux cavaliers s’avançaient vers le palais. Ce n’était pas encore parfait, mais c’était déjà mieux. Alors qu’ils s’apprêtaient à prendre une nouvelle rue, ils furent interpellés par une voix féminine puissante, qui cherchait à se faire entendre malgré le brouhaha infernal. Le jeune roi tourna la tête et reconnut avec stupeur la Grande Prêtresse de Snotra, qui s’avançait vers eux pour leur demander des explications. L’incrédulité avait pris possession des traits du monarque, tandis qu’il essayait d’analyser la situation. Par bonheur, Dame Celywell Alife ne semblait pas blessée, ce qui apaisa les craintes du jeune homme. Il fallait à tout prix qu’elle retourne au Temple car si elle venait à être blessée, ce serait une tragédie. Morzan réalisa alors que son propre comportement avait été une erreur et qu’il aurait dû écouter ses conseillers. Comme la Grande Prêtresse, il se devait de rester en vie pour rassurer le peuple.

« La Forge est en feu ! Mais nous n’en savons pas plus pour le moment ! Je vous en conjure, ma Dame, retournez au temple le plus vite possible. Il faut vous mettre à l’abri et prendre en charge les blessés qui arriveront à la demeure de notre Déesse ! Le terrain est trop dangereux par ici ! »

Le souverain était nerveux. Il se retourna vivement et interpella un soldat qui passait à quelques centimètres de sa monture.

« Toi, Soldat ! Raccompagne Dame Alife au Temple et assure-toi que rien ne lui arrive ! C’est un ordre ! »


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MessageSujet: Re: Brasier Mortel *   Dim 15 Aoû 2010 - 15:40

Spoiler:
 

Elle allait bien. Elianä allait bien. C'était tout ce qui comptait. Le petit n'avait pas l'air amoché non plus. Voilà une autre nouvelle dont Nuran aurait pu se réjouir si la douleur lancinante de son épaule ne l'empêchait pas de faire autre chose que d'y penser. Sa main sur le bras de la demoiselle tremblait lorsqu'elle posa la sienne dessus.

- "Il faut vous asseoir pour qu'un guérisseur regarde votre blessure. Je vous en prie... je... asseyez-vous."

Le général tenta de sourire à cette remarque mais son effort se transforma en un horrible rictus. Il préféra alors souffler fortement, décrispant les traits de son visage. Assis, il l'était. Nuran aurait bien été incapable de se lever, ni même de bouger. Assis sur ses pieds, les genoux dans le sable, son bras gauche balant – complètement inutile – il se concentrait sur sa respiration pour ne pas défaillir.

- "Il faut vous... vous faire soigner, "hoqueta-t-elle avant de paniquer : "Je ne.. je ne sais pas quoi faire...!"

- "Ca va aller... " articula-t-il non sans mal.

Si la rassurer pouvait maintenir ses pensées loin de son propre sang qui fuyait le champ de bataille, alors il le ferait. Sa main valide tenait toujours fermement la sienne, tandis que l'enfant passait ses petits bras autour du cou d'Elianä dans une tentative de réconfort.
Nuran sentait ses forces s'amenuiser au fur et à mesure et il n'aimait pas ça. Il devait bouger. Ils devaient tous bouger. Le coin n'était toujours pas sûr. Même après une telle explosion.
Puis une ombre recouvra son champ de vision. C'était Lenhar Embral'Denh. Il vint se placer à ses côtés pour l'aider à ne pas s'effondrer.

"Serrez les dents, Général."

Il en avait de bonne ! Bien sûr qu'il serrait les dents ! Que pouvait-il faire d'autres pour ne pas crier ? Pour ne pas effrayer encore plus les civils devant lui ? Et ce fut d'autant plus difficile à faire lorsque le soldat entreprit de lui faire un garot avec des morceaux de tissus de ses vêtements. Nuran savait que Lenhar faisait bien ainsi. Mais cela n'empêchait pas le général Ombre de le maudire pour la douleur infligée. Ce n'était pas de sa faute. Il fallait bien que quelqu'un tente de stopper l'hémoragie. Mais quand même ! Sainte Snotra ! Cela faisait mal ! Si mal !

Perdu au coeur de ses propres pensées, Nuran ne s'aperçut pas du départ de son subalterne. Il essayait tant bien que mal de rester conscient. Il lui semblait entendre la voix d'Elianä derrière le bourdement continu dans ses oreilles, mais il n'en aurait pas juré. D'ailleurs tout devenait confus. Sa vision n'était qu'un étrange brouillard parmi lequel bougeait des formes indistinctes. Il cligna des yeux, mais ne parvint pas à faire revenir la netteté. Les sons, plus touffus encore, ne lui parvenait presque plus. C'était entre lui et la douleur maintenant. Il ne ressentait plus que ça. Des élancements dans son épaule. Il ne sentait même plus le toucher des doigts d'Elianä sur les siens. Il ne sentait plus... rien.

Nuran Terinfiel sombra dans l'inconscience.
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