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 Sous l'aile du dragon. [Asandir *]

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Marcus Graybach
Chef des Armées incompris
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MessageSujet: Sous l'aile du dragon. [Asandir *]   Sam 12 Juin 2010 - 11:13

Sixième jour, Quatorzième semaine.
Tard le soir.

Ses mains frappèrent son torse, il s'agissait là plus d'un mouvement de protestation que la réelle intention de lui faire du mal. Même si ce coup rebondit sur son corps sans lui nuire, il sentit au travers de ces poings fermés une souffrance, un mal-être. La femme cramponnait ses mains sur la cuirasse dorée qui ornait le buste du général, une longue complainte perçant au travers de la capuche noire qui recouvrait son visage baissé, même s'il ne le voyait, Marcus savait que le lourdes larmes glissaient le long de ses joues. Il la maîtrisa d'abord, puis vint le moment où il l'entoura de ses bras et la rassura plus qu'il ne la retenait de le frapper, sa voix appaisant, aussi peu soit-il, le chagrin de Faël, complétement évanouïe de désespoir contre Marcus.
Jamais il ne l'avait vu dans un tel état, ou si, une fois, mais il y avait de cela des années. Il avait cru pendant longtemps que l'apparence froide et le caractère impénétrable de Faël en faisait quelqu'un de réellement insensible, mais elle était en réalité ravagée de l'intérieur, complétement détruite. Elle craquait pour la première fois, et Marcus n'était pas loin des larmes lui non plus, il posa sa tête contre le capuchon noir qui tremblait contre son torse, ses paupières fermées avec force... après tout, ils étaient chacun ce qu'il restait à l'autre de son passé.
Ils avaient l'air ridicule, plantés debout au milieu de la salle du conseil, avec pour seuls compagnons sanglots étouffés et tristesse, l'une évacuant toute sa douleur, l'autre la serrant dans ses bras tout en la rassurant alors que lui-même sentait les larmes monter. Il pensait à ce qu'aurait pu être leur vie sans tout cela, sans tout ce malheur et cette haine, cette violence et cette guerre. Faël n'aurait pas été une tueuse, elle aurait peut être eu un mari, des enfants elle aussi, elle aurait même pu connaitre un bonheur qu'avait touché Marcus, autrefois. Mais c'était il y a bien longtemps.

-Tu ne peux pas continuer ainsi, Faël. C'est trop.


Ses doigt griffèrent le métal de l'armure, elle leva son visage, pâle mais triste, enfin il décrivait une émotion.

-Tous les jours, je les voie. Elles crient, elles meurent devant moi, Marcus. Tu les vois aussi, je le sais.

Marcus ferma les yeux, la vérité les piquait. Oui, il les voyait! Mais voulait-il encore les voir? Son coeur criait de vouloir les rejoindre mais son esprit lui dictait que non, il ne pouvait pas, c'était impossible! Sa prise se renforça autour de Faël, qui sanglota de plus belle.

-Elle me sourient... Mais c'est fini, Faël, c'est le passé! Tu dois oublier tout ça.


Les yeux de la brune crachèrent son indignation mais également son chagrin.

-Oublier? Comment? De quelle façon pourrais-je oublier? Je les ai vu tomber, j'ai vu la cause de tout cela, Marcus! Regarde-moi! Que veux-tu que je fasse aujourd'hui? Que j'oublie tout? C'est impossible, et tu le sais!

-Promets-moi de rester à l'écart quelques temps, je pars demain à Unae et je ne veux pas que tu t'attires des ennuis. Promets-le moi.


Faël baissa les yeux, encore un plan foireux.

-Tu vas envore finir dans un tribunal...


-Les druides sont nos alliés. Je ne prend aucun risque. Mais toi, tu en as déjà trop pris, tu devrais te reposer.

-Ah! Me reposer... si seulement je pouvais... Fais nous gagner cette guerre, Marcus. Creve-les tous!

Elle avait transmis dans son regard toute la haine et la hargne dont elle était capable, même ainsi, le visage trempé de son chagrin, elle continuait à détester chaque race. Combien de temps cela allait-il durer? Viendrait un jour où Faël ne se mettrai plus à pleurer, mais bel et bien à accomplir ses envies meutrières. Une magicienne comme elle serait difficilement arretable...
~ ~ ~
Septième jour.

Le général et son escorte avaient quitté Yswllyra à l'aube, leurs montures fraîches étaient partis avec enthousiasme alors que le soleil avait éclairé leur chemin. Sur son Sleipnir d'un noir terrifiant, Marcus remuait de sombres pensées, sa discussion de la veille avec Faël lui avait prouvé dans quel état son aide était, et cela l'inquiétait. Mais d'autres choses plus importantes obligeaient le général, un mort surtout, et pas n'importe lequel ; le Roi des Druides lui-même! Une aubaine, si l'on pouvait dire, mais avec le retard qu'il avait sur la nouvelle, il ne faisait aucun doute que plusieurs rapaces des peuples ennemis s'étaient jetés sur l'héritier du trône pour lui lécher les bottes, ou s'en faire un allié. Marcus, lui, n'y allait que pour s'assurer que les Druides restaient bien du côté où on les attendait, c'est-à-dire près d'Ardiosis.

Il y avait également quelque chose d'autre, cette maladie était apparemment la cause du décès de ce souverain et on disait qu'elle faisait ravage chez les Amazones également. Si Marcus pouvait mettre des médecins sur le coup et garantir une maîtrise de la maladie, il pourrait retenir les femmes de Fazor à distance et éviter le conflit ou, cas contraire, s'en servir contre elles, même si cette idée le terrifiait.

"A la guerre comme à la guerre" se plaisait à dire son père lors des entraînements quotidiens du jeune Marcus. A quinze ans, l'écuyer qu'il était avait déjà subi le lavage de cerveau que son géniteur orquestrait avec une main de maître. A cette époque, on parlait déjà de Marcus comme un soldat très prometteur, et pas question que le fils d'un ancien militaire comme Sir Graybach s'en aille de nouveau chez les Amazones, ç'aurait été terrible! Son nom aurait été taché! Quand il y repensait, Marcus était convaincu qu'il était le simple produit d'un amour brusque et irréfléchi, quand on voyait l'opinion qu'avait son père des autres peuples, on ne pouvait résonner autrement. Mais ce conditionnement avait-il fait de Marcus le parfait soldat Humain? Impitoyable et plein de gloire, comme l'aurait souhaité son père? En partie. Seul le souvenir de sa mère, celle qui restera pour lui la plus belle des Amazones, avait fait tenir le Général tout au long de sa carrière, jusqu'a l'arrivée d'une autre femme, mais cette fois-ci bien Humaine.
~ ~ ~
Dans l'après-midi.

Les fiers remparts du bastion faisaient face aux cinq humains retroupés derrière Marcus Graybach. C'était donc là que résidait le gratin druidique? Bien! Entrons!
Arrivant face aux gardes d'extérieur, Marcus s'exprima du haut de son fidèle et resplendissant animal, ses chevaliers aux armures étincelantes et étendards bleu roi et blanc placés derrière lui, chacun sur une monture blanche, contrastant avec la noirceur de celle où reposait le général.

-Je suis Marcus Graybach, j'ai envoyé une missive il y a peu à votre général.

On sentait dans la voix de l'Humain qu'il réclamait, en quelque sorte, d'entrer. Mais il n'exigeait pas plus que de voir le chef des Armées de ce peuple.

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MessageSujet: Re: Sous l'aile du dragon. [Asandir *]   Dim 13 Juin 2010 - 16:26

Une goûte de sueur perla de sa nuque, allant jusqu'à glisser lentement sur la peau déjà humide de son dos. Les doigts de sa main jouèrent sur le manche de son cimeterre, déjà impatient du sublime échange qui les attendait. Son souffle se fit tranquille et son esprit vide de toute préoccupation. Immobile, Asandir s'abandonna tout entier à ses sens. Écoutant, la douce mélodie alternant inspiration et expiration de ses adversaires. Visualisant chacun de leurs gestes, analysant chaque mouvement à la recherche de l'élément déclencheur. Un plissement de paupière, un haussement d'épaule subreptice, tant de signes qu'un guerrier ne pouvait s'empêcher d'émettre avant chacune de ses offensives. Les secondes s'égrainèrent et le silence devint de plus en plus pesant pour les soldats, jusqu'à ce que l'un d'eux finisse par craquer.
Resserrant sa prise sur la garde de son arme, le premier adversaire fit vibrer l'air en un coup d'estoc admirablement bien porté. Un mouvement du torse pour esquiver, agrippant le poignet de son opposant de la main gauche, Asandir lui asséna un coup de pommeau entre les côtes. Dans la continuité de son geste, le général para un coup de taille, donna un coup d'épaule dans le coude et tira le bras du soldat. Celui-ci, forcé de se déplacer pour ne pas que son membre soit brisé, fut placé en bouclier humain pour protéger les arrières du combattant. D'un coup de pied arrière Asandir le projeta sur l'antagoniste dans son dos et se protégea tout de suite après d'un coup porté par le haut. Il engagea alors l'échange avec le troisième guerrier, tournant autour de lui pour ne plus avoir d'ennemi en angle mort. Dans un premier temps son jeune adversaire paraît chacun de ses coups, essayant même d'attaquer. Mais lorsqu'Asandir décida d'accélérer la cadence pour le tester, le jeune druide fut très vite débordé, et finalement désarmé. C'est alors que le porteur du coup de taille un peu plus tôt revint à la charge, hurlant et gesticulant. Le général se contenta d'un mouvement de côté et balaya simplement l'imbécile qui s'étala de tout son long.
Le silence retomba alors sur le terrain d'entraînement, chacun ayant cessé ses exercices pour assister au « spectacle ». Lentement, le Chef des Armées se dirigea vers le soldat. Arrivé à sa hauteur, le guerrier plaça la lame de son cimeterre au niveau des yeux de la jeune recrue gisant à ses pieds. Asandir le détailla longuement avant de prendre la parole, le ton neutre.


« Ce que tu viens de faire porte un nom bien précis; « Trahison caractérisée ». Tu offres une vie à mon ennemi, et je ne peux tolérer cela. Rapidité, précision et coordination, acquière ces qualités ou déserte l'armée. »

Rengainant son arme, le général aida le jeune druide à se relever. Ce dernier, suivi de ses deux comparses, le salua et s'empressa de rejoindre le reste des troupes. Asandir se dirigea alors vers le puits, un peu à l'écart. Une fois l'euphorie du combat passée, la réalité réussit là où les trois soldats avaient échoué: elle le frappa de plein fouet. Le faisant tanguer puis s'écrouler dans la fange qu'était la situation actuelle du Royaume. Son souverain, l'homme qui l'avait nommé à la tête de son armée, ce même homme destiné à devenir l'un des plus grand monarque que Sudorna ait connu, était mort et enterré. Le pays, empêtré dans une épidémie que tous croyaient incontrôlable, la population désespérée un peu plus chaque jour de voir la situation s'améliorer. Cependant, si Mani avait une quelconque affaire céleste qui l'empêchait de prêter oreilles aux suppliques de son peuple, Asandir ne pouvait tout simplement plus rester les bras croisés. Mettant ses humbles contributions au service du conseil. Ainsi, il avait mis en avant une approche toute militaire de l'épidémie. Premièrement, la chose la plus stupide à ne pas faire était de céder à la panique. Et cela avait été accompli sans même que la plupart des personnes autour de cette affaire ne s'en rendent compte...
En effet, tout était traité en même temps, sans aucune organisation. On essayait de guérir les malades tout en voulant à tout prix endiguer l'épidémie et comprendre cette nouvelle maladie encore jamais vue. En partant de là, Asandir avait soumis ses suggestions au conseil. Premièrement, il fallait créer trois départements médicaux qui travailleraient à temps pleins sur cette affaire. Chacune des trois sections ayant à sa tête un médecin-mage Royal. Le Chef des armées avait temporairement confiés à ses derniers quelques soldats et l'autorité d'un Sergent. Le premier département était voué à l'étude de la maladie, examinant son mode de transmission. Pour se faire, l'on avait mis à leur disposition plusieurs bêtes saines et infectées. Leurs consignes de sécurité était très claire; tout contact avec les animaux, qu'ils soient normaux ou malades, était formellement interdit. Ils ne devaient pas non plus s'approcher des animaux malades à moins de cinq pas. Pour finir, chacun des médecins avaient l'obligation de porter un tissu assez épais devant le nez et la bouche et de se laver tout de suite après une étude. L'objectif principal de ce secteur était de déterminer le mode de transmission de la maladie. La réflexion d'Asandir l'avait également mené vers une nouvelle hypothèse: Rien n'était jamais entièrement nouveau. Une stratégie pouvait paraître extrêmement novatrice et originale, mais en y regardant de plus près, il s'agissait en fait d'une version améliorée d'un stratagème mis au point depuis longtemps déjà. En conséquence, le deuxième département avait été crée. Celui ci avait pour but de lister les symptômes et de les mettre en parallèle avec des maladies particulièrement virulente dans un premier temps, plus bénigne dans un second temps. Ceci afin de proposer et de mettre au point des traitements adaptés eux aussi. Et enfin, la troisième branche, la plus militarisée, était destinée au contrôle de la contamination, plaçant certaines zones en quarantaine et inspectant les bergers nomades. Les trois secteurs travaillaient en étroite collaboration, l'un nécessitant bien souvent l'autre.
Asandir avait aussi mis en application une Loi obligeant tous les citoyens, chaque matin, à se poster devant leur fenêtre et à répondre à l'appel de la garde du quartier. Si un citoyen ne répondait pas, il était aussitôt considéré comme alité, donc malade. Si le médecin lui rendant visite le décrétait comme atteint de l'épidémie, l'homme ou la femme était déplacé vers une des zones mise en quarantaine. La seule exception était faite pour les enfants. Si les parents assuraient qu'ils ne le toucheraient pas, qu'ils porteraient un bout de tissu sur le visage et que leur habitation serait suffisamment aéré, alors le mineur pouvait rester chez lui.
Toutes ces propositions avaient été adoptées, amère consolation puisqu'il fallut la mort de Galdor Fenril pour que les choses commencent à évoluer. Mais le chef des armées s'était longuement questionner sur les raisons de son infection. Pourquoi lui et non toutes les autres personnes présentes au conseil? N'ayant pas pu y assister, Asandir s'était néanmoins fait raconter la scène par le biais d'un de ses capitaines. Poussé par un élan de gratitude, le paysan avait pris les mains de son Roi entre les siennes et s'était répandu en paroles incompréhensibles. Autrement dit, il l'avait touché. Cet homme était peut-être la clef... S'il était mort, alors il y aurait au moins un élément de propagation connu : Le toucher. Et s'il était vivant, le questionner sur les derniers agissements de son fils avant l'infection pourrait apporter de précieux indices. De plus, analyser pourquoi lui n'avait pas été infecté serait très précieux. En clair, il fallait absolument retrouver ce paysan, et pour le coup, Asandir avait mis tous ses hommes du service de renseignement sur l'affaire. Il attendait leur rapport dans la soirée.


« Général, vous m'avez fait mander? »

Le chef des armées se retourna d'un bloc, la main sur le pommeau de son cimeterre. Ce n'était que le sergent instructeur. Tiré brutalement de ses réflexions, Asandir mit plusieurs secondes avant de se souvenir pourquoi il avait demander à voir cet homme. La lumière lui revint, perçant les brumes entourant sa mémoire.

« Est ce que tout va bien général? S'inquiéta le sergent.
-Oui oui, hum. Asandir s'éclaircit la gorge avant de poursuivre. Sergent, les méthodes standard d'entraînement des troupes sont dorénavant considérées comme obsolètes.
-Je crains de ne pas saisir général...
-C'est simple pourtant, avez vous assisté à notre échange de tout à l'heure? Demanda le chef des armées tout en faisant monter un saut d'eau du puits.
-Oui général. Du grand art. Le ton modéré mais dépourvu d'ironie fit sourire Asandir.
-Depuis combien de temps ses hommes sont dans l'armée?
-Un peu moins d'un mois.
-Je leur ai laissé le choix des armes, moi même ne m'équipant pas de mon bouclier, afin de les tester. Ils ont tous choisi l'épée. De plus, ces jeunes gens ne m'ont pas attaqué ensemble mais ont préféré une série de combat à un contre un. Je n'ai pas besoin d'une cohorte de bagarreurs de tavernes sergent, il me faut une infanterie efficace. Le ton tranquille, Asandir mit sa main en coupe et bu.
-Et que proposez vous mon général? »

Asandir sortit un parchemin soigneusement enroulé et le tendit au sergent instructeur. Ce dernier le déplia et le parcouru des yeux avant de se mettre au garde-à-vous.

« Ce sera fait selon vos ordres Général! S'écria-t-il avec zèle.
-J'espère bien... Mais j'attends des progrès fulgurants, je viendrai chaque jour vous rendre visite à partir de maintenant.
-Sauf votre respect général, vous n'avez rien à craindre. Cette nouvelle génération est très prometteuse, peut-être même que votre successeur se trouve ici! Se permit-il d'ajouter.
-Eh bien... Faites en sorte de les former très rapidement si c'est le cas. »

Sur ce, Asandir reprit le chemin de ses appartements, ayant gravement besoin d'une toilette. Refusant qu'un serviteur porte de l'eau jusque dans ses quartiers, le chef des armées alla lui même puiser puis chauffer le liquide destiné à remplir la cuve de son bain. Quand il fut à mi chemin, un corbeau vint se poser devant lui. Celui-ci se changea en un homme d'une vingtaine d'années quelques secondes plus tard.

« Un petit contingent de cavalier humain se dirige vers Unae. Ils portent les couleurs du Seigneur Nordique. »

Le jeune druide marqua une pause. Il était nouveau lui aussi à en juger par la façon dont il s'appliquait à éviter le regard d'Asandir.

« Marcus Graybach est à leur tête général. »

Le chef des armées laissa tomber ses sauts d'eau. Graybach! Sa missive lui était complètement sortie de la tête. Nom de... La rencontre était donc pour aujourd'hui?

« Combien de temps leur faudra t-il pour gagner Unae? Demanda-t-il.
-Une heure. Peut-être un peu plus s'ils conservent la même allure. Cette fois-ci le jeune homme l'avait regardé dans les yeux
-Très bien, vous pouvez disposer. »

Une heure... Plus de temps pour un bain donc. Au pas de course, Asandir gagna les thermes réservés aux simples soldats. Le général se nettoya rapidement de fond en comble puis se dirigea vers ses appartements. Là, il enfila un simple uniforme vert et blanc et natta ses cheveux en une queue de guerrier. Enfin présentable, Asandir se rendit à l'entrée du bastion. Plusieurs minutes passèrent avant que la voix du général haut en couleur ne se fasse entendre. D'un signe de tête, le druide ordonna aux gardes d'ouvrir les portes. Asandir s'avança lorsque Marcus Graybach descendit de cheval.

« Je suis le général Noctariam, c'est un honneur de vous rencontrer. »

Pour casser un peu la formalité de cette phrase, le chef des armées esquissa un léger sourire en lui tendant l'avant bras, salut répandu parmi les guerriers.

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"L'apanage du Chef de Guerre n'est pas de faire le bon choix, c'est de faire un choix lorsqu'il n'y en a aucun de bon."
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Marcus Graybach
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MessageSujet: Re: Sous l'aile du dragon. [Asandir *]   Lun 14 Juin 2010 - 16:15

Marcus n'eut pas à attendre longtemps, on lui ouvrit les portes rapidement. Il descendit de sa monture en même temps que ses hommes, on distinguait très nettement la différence de taille entre les soldats et leur supérieur, Marcus les dominant d'une dizaine de centimètres, voire d'une vingtaine.
La silhouette du chef des armées druidiques surgit de l'encadrure de la porte, c'était un homme de taille respectable, formé par le combat et possédant une aura animale caractéristique aux Druides. On sentait à travers le regard étrange de ce dernier celui d'une bête, ses instincts bestiaux à fleur de peau. Même son sourire semblait sauvage, c'était celui d'un loup qui se faisait passer pour agneau. Marcus avait déjà cotoyé quelques temps les Druides, des années auparavant, et savait le salut du général inadapté, mais il traduisait là la volonté de ce dernier d'établir un rapport cordial. Le général humain le lui rendit.

"Il en est de même pour moi, général."

Marcus avançait en même temps que son pair, entouré de ses soldats et des gardes du bastion, un bâtiment qu'appréciait l'Humain pour son architecture, idéalle dans le cas d'un siège. Les hommes se succédaient sur les remparts, l'oeil attiré par la carrure des Humains et du général qui déambulaient à présent dans le bastion, faisant rouler sur eux les plaques de leurs armures étincelantes, la main posée avec décontraction sur le pommeau de leurs épes bâtardes. Malgrè la chaleur de l'accueil du général Noctariam, on sentait, en s'y appliquant, le soupçon d'un sentiment de malaise parmi les Humains, en position de faiblesse face aux druides. Rien n'était plus normal de la part de ces guerriers qui avaient déjà subi au moins une embuscade dans leur carrière, et les tensions récentes n'amélioraient certainement pas l'image qu'entretenait un peuple de l'autre. Marcus souhaitait avant tout rassurer tout le monde, que le climat s'adoucisse.

"Je sais qu'il n'est pas évident pour vous de me recevoir en ces temps troublés, mais je tenais absolument à venir m'informer de la situation de votre peuple. Il est pour moi primordial de s'intéresser aux problèmes de ses alliés, car ils sont également les notres.

Marcus en imposait, mais c'était nécessaire. Chacun devait l'entendre, même les archers postés en haut des murailles.

-Vous êtes surement au fait de mon arrestation en territoire Amazone, il y a de cela plus d'une semaine maintenant, puisque c'en est une de votre peuple qui était chargée de me juger. Voyez-moi donc désolé de n'avoir appris que récemment la mort de votre souverain, c'est un malheur qui m'affecte autant que chacun ici présent.

Les gardes situés derrière Marcus baissèrent la tête, par respect pour le Roi Fenril.

-Il est également temps que nous établissions une armée puissante. Les Amazones sont clairement devenues nos ennemis, mais mes craintes se portent également sur les Elfs qui semblent bien silencieux et les Ombres dont je n'ai pas eu vent depuis longtemps maintenant. Votre avis me sera d'un grand secours, nous devons absolument unir nos forces, Général Noctariam!"

Marcus avait levé sa voix, son charisme fou lui permettait de se faire voir de tout le monde, de faire passer le message. Chaque Druide devait comprendre qu'il devait faire de l'Humain son ami, un frère d'arme sur lequel il pouvait compter durant la bataille. Si l'alliance tenait toujours et qu'à sa sortie du territoire druidique Marcus était satisfait de son entrevue avec le général, il inculquerait à chacun de ses soldats ces valeurs de camaraderie qui faisaient la force d'une armée. Baissant la voix soudainement mais d'une façon tellement brutale que personne ne s'en apperçut, le général Graybach laissa glisser jusqu'aux oreilles de son interlocuteur quelques raisons supplémentaires à sa présence.

"Il faudra que nous discutions également de cette maladie, Général. Comprenez qu'elle est votre fardeau, mais qu'elle peut devenir une arme d'une redoutable efficacité."

Laissant à Noctariam le temps de comprendre ces paroles, Marcus continua de suivre la marche de son pair dans les allés étroites du Bastion, entouré de ses fidèles soldats. Leurs bêtes avaient été attelées, mais ils restaient toujours impressionants, flanqués de leurs armures et de leur couleurs dont ils étaient fiers.


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MessageSujet: Re: Sous l'aile du dragon. [Asandir *]   Jeu 17 Juin 2010 - 0:01

Ce général humain intriguait Asandir. Imposant et pour le moins charismatique, chaque pair d'yeux du Bastion était fixée sur lui. Sa garde avait également fière allure, portant haut les couleurs d'Ardiosis Bennefoy. Ces hommes cependant, étaient tous plus petits que Graybach, si bien qu'Asandir se demanda si cela n'avait pas été fait exprès pour mettre en valeur le Chef des Armées humaine. Ne disposant pas de réponse, le druide laissa bien vite tomber cette question, plutôt comique à vrai dire. Les formalités passées, le général entama une marche à travers le bastion, prenant soin de ne pas entrer dans un quelconque bâtiment pour laisser à Marcus Graybach le temps de discourir devant chacun de ses soldats. Cet homme était un grand leader. Asandir ne savait pas si sa sollicitude n'était qu'un masque destiné à manipuler les foules ou si ses intentions étaient réellement de s'enquérir du peuple de Mani, mais peu importait, l'effet était réussi et nombres des gardes du bastion lui adressèrent un hochement de tête.

Le chef des armées druidiques conserva cependant sa réserve. Rien n'était jamais tout blanc dans ce monde gouverné par les intérêts. De plus, Graybach aurait pu se contenter d'une missive si son seul but était de prendre des nouvelles, les druides et les hommes avait un pacte d'alliance, une lettre n'aurait en rien été anormale. Asandir observa du coin de l'œil ce général humain. Son ton était autoritaire et caractérisé du franc parlé militaire. Un homme malhonnête était un homme sans aucune utilité sur le champs de bataille. Qui irait confier sa vie à un menteur? Cette manière de discourir -particulièrement adaptée lorsque l'on s'adressait à des soldats- n'avait pas dû jouer en sa faveur lorsqu'il s'était fait ambassadeurs des Humains à la cour amazone. Asandir crut capter une pointe d'amertume dans la voix du général Graybach à l'évocation de son procès. Ceci fut tout de suite rattrapé par le fait qu'il évoqua la mort de son monarque... La blessure, encore fraîche, menacée de se rouvrir, mais le chef des armées domina ses émotions, arborant un visage courtois mais sans plus.
Nombres d'hommes avaient baissé les yeux lorsque Marcus Graybach leur rappela la disparition de Galdor fenril. Jusqu'à présent, ils avaient feint de l'oublier. Ce n'était pas de leur faute si le Roi était décédé, mais nul ne pouvait s'empêcher de ressentir cela comme une profonde humiliation. L'armée devait protéger son Monarque, mais comment se battre quand l'adversaire n'était pas fait d'os et de chair? En s'adaptant à l'ennemi. Voilà quelle avait été sa conclusion sur cette question. Mais hélas, Asandir avait attendu la mort de Galdor pour prendre les armes. Aussi, il prenait cela comme le premier lourd échec de sa nouvelle carrière.

La suite du discours de Graybach le sortit de ses idées noires. Ainsi donc les hostilités n'allaient plus tarder... Le général druidique n'était pas vraiment surpris d'apprendre cette nouvelle. L'épidémie avait fait des ravages parmi les amazones aussi, s'attaquant à leur bétail et à la population. Mais à ce fléau, était venu s'ajouter l'incendie de leur Haras, le cœur même de la culture Amazone. Ceci amenait à une conclusion accablante; c'était le moment propice pour réduire leur résistance en miette. Asandir comprenait parfaitement cette logique, après tout, un loup s'attaquait en priorité aux proies en mauvaise santé. C'était triste, mais plus vite cette guerre serait finie, plus vite les peuples pourraient recommencer à s'entraider et à prospérer. Le chef des armées n'oubliaient pas ce que les médecins amazones avait fait pour son peuple. Et ce même s'il ne leur devait rien, étant donné leur collaboration. La paix revenue, le général conseillerait à son nouveau souverain de renouer de solides liens d'amitié avec les fières cavalières.
Concernant les ombres, Asandir savait juste que le Roi Morzan était intiment lié à Idril Calafas. Y avait-il risque qu'un mariage unifie leur deux royaumes? Le druide n'en savait rien pour le moment, mais c'était un point à éclaircir. Les elfes quant à eux, seraient résistant à n'en pas douter. Mais quel genre de relation entretenaient-ils avec les Ombres et les Amazones? C'était une énigme qui ne tarderait pas à être élucidée.

Soudain le général Graybach baissa d'un ton afin de ne se faire entendre que d'Asandir. Ce qu'il dit alors lui glaça le sang. Ce servir de ce fléau comme une arme? Les rumeurs sur les humains étaient donc vraies? Jusqu'où pouvaient-ils aller pour contrôler le Gwendir? Quel genre de monstre serait prêt à mettre en application cette idée? Asandir considéra longuement l'homme dont on disait qu'il était le meilleur général des contrées du nord. Le chef des armées druidique partit du principe que cette affirmation était vraie, aussi mit-il sa suggestion sur le compte de l'ignorance. Cependant, il incombait au druide de mettre tout de suite les choses au clair.
Ainsi, en silence, le petit contingent fut guidé au pied de l'une des grande tour. Après une longue et plus ou moins pénible ascension, Asandir se posta devant les deux grandes portes et prit la parole, s'adressant à un soldat humain.


« Vous, soldat, quelle est la chose auquel vous tenez le plus au monde? »

La question était stupide et le ton de la voix détaché, cela sembla mettre mal à l'aise le militaire qui regarda un instant Graybach avant de répondre.

« Ma femme, général. »

Asandir hocha la tête puis pointa un autre soldat du doigt.

« Et vous ?
-Mon fils, général. »


Une nouvelle fois, le chef des armées acquiesça et s'adressa à un autre cavalier humain.

« Et vous?
-Mes trois filles, général. »


Le druide sourit, fixa Marcus Graybach, puis reprit la parole, le ton ironique.

« Messieurs, toutes mes excuses, il me semble que j'ai oublié une chose... Bienvenue à Unae! »

Se retournant, le général flanqua un puissant coup de pied aux portes qui s'ouvrirent à la volée. Les hommes qui étaient déjà présents sur la tour mirent instinctivement leurs boucliers en protection, la lance prêtent à partir en un coup d'estoc meurtrier. Quand ils reconnurent leur général, les soldats le saluèrent et reprirent leurs postes. Au prix d'un petit saut, Asandir se plaça devant un créneau. La tour donnait vue sur des kilomètres, mais un point attirait tout de suite l'attention. Une gigantesque flambée, située suffisamment loin pour que les effluves n'indisposent pas les habitants. Les flammes dévoraient les corps de centaines d'animaux qui avaient péri à cause de la maladie. Aux côtés de cette fournaise, étaient disposés des dizaines de bûchers qui semblaient minuscules à cette distance. Enterrer les morts, c'était prendre le risque de contaminer la terre. Ou, pire encore, de donner à la maladie un siège par lequel elle pourrait revenir plusieurs années après. Le druide conserva une mine réservée face à ce spectacle, priant mentalement Mani d'accueillir ses fils comme il se devait.
Le contingent d'hommes n'avait pas dû comprendre pourquoi le général leur montrait cela... Mais ceci était le premier message adressé à Marcus Graybach.
Asandir revint se placer devant les humains puis émit une série de sifflement distinctifs. Il eut pour réponse le cris strident d'un aigle et, quelques secondes plus tard, cinq rapaces vinrent se poser derrière le chef des armées. Les oiseaux prirent rapidement la forme de soldats au garde à vous. Le fils de Mani prit alors la parole d'une voix neutre.


« Général Graybach, pourquoi ne pas libérer vos hommes le temps d'un après-midi ? Je sais combien les voyages peuvent être fatigants. »

C'était une invitation qui ne pouvait se refuser. Asandir partait du principe que son homologue aurait fini par lui demander un entretien seul à seul, autant prendre les devants. Aussi, à la sortie de la tour, le groupe se sépara. Les cavaliers humains partirent avec les druides tandis qu'Asandir guida Marcus Graybach jusque dans son bureau.
La pièce était emplie de cartes et de livres en tout genre, mais tout était parfaitement rangé et en ordre. Sur un mur, une lance placée derrière un bouclier où une chimère était esquissée, dominait l'office du chef des armées. Le druide sortit une bouteille de vin et versa un peu de son contenu dans deux verres.
Avec toutes les affaires d'empoisonnement qu'il y avait eu, servir du vin à un haut représentant quand on était seul à seul était généralement considéré comme impoli. Cependant Asandir espérait que le général humain ne le considérait pas comme assez stupide pour l'assassiner. Fixant sa coupe quelques secondes, le militaire dégaina lentement son cimeterre pour ne pas surprendre Graybach. Il prit la parole tout en observant sa lame comme s'il ne l'avait encore jamais vue.


« Ceci est une arme général. »

Quelques secondes passèrent, puis Asandir pointa du bout de son sabre la lance fixée au mur.

« Ceci est également une arme. »

Le général rengaina, posa son regard d'albâtre sur celui de son pair, puis brisa le silence.

« Vous voulez une guerre? Au nom du serment qui liait mon monarque au votre, je serais à vos côtés sur le champ de bataille. Vous voulez un génocide? Alors au nom de tout ce qui est bon et sacré sur cette Terre je serais votre plus implacable ennemi. »

Le chef des armées marqua une pose pour laisser à son homologue le temps de comprendre ses dires.

« Si vous vous servez de cette épidémie comme d'une arme, vous ne tuerez pas que des soldats, vous exterminerez des civils. Nous sommes des militaires vous et moi, non des meurtriers, même si la plupart des gens aiment à le penser. Nous ne tuons que des personnes ayant également appris à tuer. Se servir de ce fléau contre nos ennemis serait faire preuve d'une cruauté jamais égalée. Réfléchissons, trouvons des stratégies de bataille, mais ne nous abaissons pas à cela. Et quand bien même vous aurez l'illusion de contrôler l'épidémie, la maladie finira par muter, s'adaptant aux remèdes et devenant plus meurtrière encore. »

Purement pour la forme, Asandir ajouta un argument stratégique.

« De plus, et à vos dépends je pense, Idril Calafas est devenue une Reine très charismatique, déjà aimée de son peuple. Or, vous savez tout comme moi qu'un drame peut avoir des conséquences inattendues sur une population. Si Idril sait gérer convenablement la situation, tout le peuple amazone se serrera les coudes et unira ses forces. Ne formant plus qu'un car poussé par une urgence tout simplement vitale. Vaincre et sortir la tête haute ou mourir. Vous aurez alors comme adversaire une armée entière de combattants guerroyant avec l'énergie du désespoir, prêt à tout pour survivre et vous arracher la tête. Perspective alléchante n'est ce pas? »

Il n'était plus question d'Amazones, d'Ombres ou d'Elfes. C'était des femmes, des enfants, des fermiers ou des artisans qui risquaient de périr. La folie humaine devait être étouffée dans cette pièce même.

« Général Graybach, êtes vous venu réclamer mes conseils sur la meilleur façon d'aborder la guerre qui s'annonce, ou êtes vous seulement là pour prendre quelques cadavres afin d'étudier le fléau qui ravage mon peuple? »

La question était posée. Graybach ne s'adressait plus à des soldats qu'il devait convaincre. Il avait en face de lui un homme qui exerçait les mêmes fonctions.

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MessageSujet: Re: Sous l'aile du dragon. [Asandir *]   Jeu 17 Juin 2010 - 9:48

L'idée mise en évidence ne plut pas au général Noctariam, il emmena la troupe humaine et son chef aux pieds d'une tour. Il demanda à chaque Humain qu'il croisa du regard quelle était la chose à laquelle il tenait le plus, tous répondaient à peu près la même chose, leurs filles, leur femme, leur fils... c'est qu'ils en avaient encore. Le général Humain savait que la famille, les enfants, poussait un homme au devant du danger, prêt à tout sacrifier dans l'espoir de les revoir. L'Humain tourna son regard vers ses hommes, la plupart avaient des enfants, presque tous une femme, mais il savait que parmi eux chacun avait connu la perte d'un être cher. Le Druide lui lançait un message.

La porte s'ouvrit à la volée et un retroupement de guerriers armés de lances et boucliers se retourna comme un seul homme pour pointer le bout de leurs armes affutées sur les deux généraux. A la vue de leur chef, ils rompèrent leur formation défensive. Marcus aimait cette disposition, cette défense, durant une bataille ces guerriers auraient été efficaces, mais combien étaient-ils à savoir manier aussi bien leur lance?

Alors qu'il goûtait encore à la saveur de cette formation, Marcus fut attiré par le balais de flammes grandioses, qui léchaient les corps d'animaux morts. S'agissait-il des leurs? Cette reflexion amusa le général, malgrè son horreur. Ces pensées furent coupées par l'arrivée de plusieurs rapaces, qui se métamorphosèrent en soldats. Les Humains eurant un léger mouvement de recul, la main tirant de quelques centimètres leurs épées de leurs fourreaux. Se rappelant les capacités des Druides, les esprits se calmèrent, et la proposition du Druide attira plus d'un soldat, mais les plus fidèles reportèrent leur regard sur Marcus, fallait-il le laisser? D'un hochement de tête, le général Humain accorda ce repos aux Humains, comprenant le réel intérêt de tout cela.

Le bureau du général Druidique était des plus banals, seul le bouclier intéressa Marcus, surement un bien familiale, la chimère était-elle son totem? Mais le moment ne se prêtait pas à cela, Asandir Noctariam lui donnait une leçon de moral...

Ce discours amusa Marcus qui se voyait tel qu'il avait été des années auparavant, bien avant qu'on lui retire tout ce qu'il aimait. Lui aussi aurait refusé de s'en prendre à des civils, de lancer sur des innocents la Mort elle-même, mais après tant d'années de souffrances et de reflexions macabres, le général Humain savait qu'il n'existait aucune guerre sans horreurs, étant elles-même le fondement de cette dernière. Tout le long, Marcus avait laissé parler le Druide, jusqu'à ce qu'il finisse, et la question final l'amusa, prenant la coupe, même s'il ne buvait pas, et croisant les jambes, le général répondit.

-Vous êtes un homme plein de principes, général. Mais laissez-moi dire qu'ils vous seront inutiles face à la furie de nos ennemis. J'ai déjà prévenu Idril Calafas qu'elle mettait en danger son peuple, des innocents, elle ne m'a pas écouté, je juge que j'ai assez tenté de la dissuader de s'opposer à nous, maintenant, elle doit en subir les conséquences, même si cela me répugne, pour tout vous dire... j'aime le peuple Amazone, mais le peuple Humain encore plus! C'est pourquoi je suis prêt à faire le nécessaire!

Cela ne faisait aucun doute que ces paroles n'atteignaient pas le Druide, mais Marcus souhaitait que, si le général vive encore longtemps, il puisse repenser à ses erreurs où il avait laissé une occasion unique lui passer sous le nez.

-Si nous souhaitons vaincre le peuple Amazone, cette ruse est nécessaire. Les enfants que vous défendez, les femmes que vous défendez, tous deviennent des soldats avec une lance entre les mains, et une fois l'armée Amazone massacrée, il ne fait aucun doute que nous aurions à faire face à des soldats guidés par la seule haine. Que vous usiez de ce fléau ou non, général, le résultat sera le même, vous devrez abattre toute opposition! Que vous ayez eu ou non un élan de bienveillance envers un peuple, ce dernier se lévera contre vous et causera votre perte! Il n'est pas de trop grandes horreurs dans une guerre, car l'horreur est le fondement même de cette dernière.

Si Asandir Noctariam souhaitait faire la morale au général, il était mal parti. Les convictions de l'Humain, modelées au cours de plusieurs années, étaient trop fortes pour être bousculées. Qu'on s'y oppose n'y changeait rien, on trouvait toujours un fond de vérité dans ses paroles.

-Je comprend aisément que vous ayez du mal à concevoir tout cela, mais croyez-en mon expérience, rien n'est trop mauvais en temps de guerre, et les obligations morales sont à mettre de côté. J'ai moi même voulu être trop bon envers les Amazones en décidant de les mettre en garde et en tentant de les dissuader, voyez où cela m'a mené! Au fond d'un geôle, et j'ai de la chance d'être encore vivant. Mon ennemi m'a laissé la vie sauve, il a fait de moi son pire fléau. Idril Calafas aurait du me tuer tant qu'elle le pouvait.

Marcus but une gorgée, son interlocuteur devait être dégouté.

-Et pour vous répondre, général Noctariam. Non, je ne suis pas venu ici prélever quelques corps, mais m'intéresser à votre peuple. Je ne faisais qu'évoquer l'une des meilleurs solutions face à cette guerre, quoi que vous en pensiez. Je respecte vos convictions, j'avais les mêmes étant jeune, mais elles causeront votre perte, souvenez-vous en.

Une autre gorgée de vin et le général posa son verre sur le bureau du Druide en un bruit sec.

-Bien, après tant de belles paroles, que me proposez-vous donc?

Il était temps que le Druide mette en avant sa stratégie, même si Marcus avait compris qu'il s'agissait tout simplement d'envoyer sôtement son armée en avant, au risque de se faire prendre en tenaille par l'ennemi, qui, lui, n'aurait aucun scrupule. Soutenant les pupilles sauvages du Druide, Marcus attendait, savourant quelque part la confusion qu'il avait du créer dans l'esprit animal de son homologue.

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MessageSujet: Re: Sous l'aile du dragon. [Asandir *]   Dim 20 Juin 2010 - 18:44

Graybach réagissait comme si un enfant de huit ans était venu lui prodiguer des leçons sur l'Art de la guerre. Et cela semblait l'amuser quelque peu, à en juger par l'ironie de sa dernière question -à moins que ce ne fut une provocation. Quoi qu'il en fût, Asandir décida de jouer le jeu. Tout au long du discours que le général humain débita, le druide garda les sourcils froncés, écarquillant subrepticement des yeux de temps à autre. Mais si son faciès exprimait un certain dégoût aux paroles de Graybach, son intellect travaillait à plein régime. Analysant les propos du général, Asandir mit à part quelques points intéressants. Apparemment cet humain appréciait les Amazones. C'était amusant dans la mesure où quelques jours de prisons lui semblaient un motif suffisant pour déchaîner l'épidémie. Le chef des armées se sentit soudain incroyablement las. Las que ce général Graybach ait fait tout ce chemin pour venir se placer en victime du système... A l'écouter, il était un héros voulant préserver la paix et la justice, voulant seulement sauver les humains de la « Furie amazone ». Au bien sur, Asandir ne cautionnait pas le fait que l'on juge tout un peuple sur les agissements de son monarque. Mais que le peuple en vienne à ne pas assumer, et à considérer les conflits engendrés par leur Roi comme le fait de leurs ennemis... Cela frisait le pathétique. Trempant les lèvres dans sa coupe de vin, Asandir prit la parole.

« Peut-être Idril Calafas n'a-t-elle pas compris vos mises en gardes. Peut-être s'est elle dit qu'elle allait devoir affronter une armée, et non que son peuple était menacé d'extinction. Peut-être ne soupçonnait-elle pas qu'une lente agonie attendait les filles de Freyja. Peut-être reste t-il quelques gens de bons sens général. Et peut-être n'en faites vous plus parti. »

Se levant de son siège, Asandir alla se poster devant sa fenêtre. Celle ci offrait une vue magnifique sur Unae. Quelques secondes passèrent puis le druide se retourna vers Graybach.

« Vous avez raison sur un point: la guerre n'a pas de code moral. Ce sont les hommes d'honneurs qui en ont. Oh mais je vous l'accorde, ce type d'hommes est celui dont les chances de survies sont les plus faibles. Celui qui paraît si niais aux yeux de ceux ne visant que la victoire. Le type d'homme qui mourrait le sourire aux lèvres s'il savait que son ennemi était un enfant qu'il avait épargné quelques années plus tôt. Un imbécile, un sot comme vous les appelez. Mais quelque soit votre excuse sur la guerre et ses horreurs, quelque soit vos motivations de victoires. Ces hommes auront toujours infiniment plus de valeur qu'un monstre qui fend le crâne d'un nourrisson en se disant « Je fais le nécessaire pour protéger mon peuple! ». Alors, je vous en prie, ne me servez pas de « J'aime les Amazones mais je préfère les Humains c'est pourquoi je ferais le nécessaire ». Vous savez tout comme moi que les Amazones ne tueront jamais de civils humains, leurs lois sont très clairs sur les personnes ne sachant pas manier une arme. »


La colère perçait dans sa voix. Peut-être Asandir n'avait-il pas totalement feint le dégoût aux propos du chef des armées humaines.

« Dîtes moi général Graybach, quelle tragédie avez-vous vécu pour avoir si peu de respect pour la vie? »

Cette question pouvait paraître étrange dans la bouche d'un homme qui avait tué à plusieurs reprises et ce depuis l'âge de 15 ans, mais elle n'en était pas moins sérieuse. Un militaire ne tuait pas de civils, c'était aux assassins qu'échoyait cette sinistre tâche. Dans quel genre de monde vivrait-on si l'honneur passait après le besoin de victoire et de domination? Il y avait des alternatives à l'horreur, certes plus difficile à mettre en place, mais des alternatives quand même.

Tant bien que mal, Asandir parvint à contrôler suffisamment ses émotions pour laisser un masque d'impassibilité se peindre sur ses traits. Si le Roi Galdor avait eu connaissance de la suggestion que cette humain venait de faire, qu'aurait-il fait? Est ce qu'il aurait tout de même ordonné à ses hommes d'aller mourir aux côtés de tueurs d'innocents? Asandir n'en avait strictement aucune idée. Le général savait seulement que la population avait eu peur des humains et de leurs armées. Après tout... Si Ardiosis Bennefoy avait été capable de réduire à néant les monarques des autres peuples, qu'est ce qui l'empêcherait d'anéantir tout sur son passage?
Le chef des armées se mordit la langue. Son peuple se privait de raisonnement en laissant parler la peur à tort et à travers. C'était ridicule! Mais le pire c'est qu'il ne pouvait rien faire. Même si son armée ne doutait plus depuis longtemps de ses capacités, les nobles et la plupart des membres du conseil ne le connaissaient pas. Qu'importe les arguments qu'il trouverait, qu'importe les stratégies qu'il élaborerait, l'épidémie et la mort de Galdor les paralysait tous. Tous sauf Niarus Faldor. Cette pensée survint comme une lueur d'espoir pour Asandir, lui permettant d'éluder la question de Marcus Graybach. Personne ne mettait jamais en doute la parole de Niarus. Et le général druidique savait combien cet homme était sage et intelligent. C'était à lui de trancher.

« Veuillez m'excuser Général, je me suis quelque peu emporté. »
dit-il, la voix nettement plus calme.

Finissant son verre, Asandir décida de ne pas répondre à la question de stratégie que lui avait soumit Graybach.

« Cependant, cet entretien est terminé. Comme vous l'avez si judicieusement fait remarquer, je suis un homme « plein de principes ». Aussi je souhaiterai ne pas outrepasser mon humble fonction. »

Le chef des armées toqua à la porte et deux druides en arme pénétrèrent dans la pièce.

« Général Graybach, le grand conseiller Niarus Faldor sera très intéressé par votre point de vue. Il sera aussi le plus apte à vous répondre concernant la situation actuelle du peuple druidique. Ces deux hommes vous mèneront à son bureau, qu'importe ce qu'il peut faire en ce moment, un éminent représentant de nos chers alliés humains devrait être un motif suffisant pour qu'il s'interrompe et vous reçoive. »

Il fit un signe de la tête aux soldats afin qu'ils guident Graybach jusqu'aux appartements de Niarus puis, se rappelant des usages en vigueur concernant la politesse, Asandir ajouta:

« Ce fut un plaisir de converser avec vous. »

L'entretien avait été bref, mais suffisant pour qu'Asandir se forge une opinion sur celui que l'on nommait "le meilleur général du Gwendir". Il ne restait plus qu'à Niarus de trancher, et le chef des armées attendait avec impatience les résultats de leur entretien.

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Dernière édition par Asandir Noctariam le Lun 21 Juin 2010 - 13:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Sous l'aile du dragon. [Asandir *]   Lun 21 Juin 2010 - 13:07

Peut-être...Peut-être... Trop d'incertitudes dans ces paroles! Idril Calafas savait face à qui elle s'était tenue! Elle-même avait reconnu Marcus comme le bras armé de l'homme qui avait assassiné sa mère, et elle n'aurait pas compris que les enfants de son peuple étaient en danger? Quelle idée ridicule! Elle le savait très bien, mais du haut de son trône et de son orgueil, elle avait refusé de voir, d'écouter, les mises en gardes de l'Humain. Ainsi Marcus ne faisait plus partie des gens de bon sens? Surement. Lui-même savait qu'il allait commettre des actes horribles qui marqueraient à jamais l'histoire du Gwendir, qu'il allait, plus tard, soit être décrit comme un chien enragé à la solde d'un Roi tyrannique qui avait voulu exterminer toutes les espèces autres qu'Humaines, ou alors comme le fier combattant d'une cause juste, tout cela dépendrait du vainqueur. Mais au fond, Marcus s'en fichait totalement! S'il était là aujourd'hui, c'est parce qu'il avait un engagement, auprès de son roi, oui, mais auprès des Dieux également. S'il désirait un jour revoir celles qui lui avaient été arrachées, il devait respecter son serment d'allégeance, afin de mourir en paix et d'avoir la reconnaissance des créateurs. Tant que cette guerre perdurerait, Marcus tenterait tout pour la gagner, quitte à passer pour un homme sans honneur, ou ne faisant plus partie des gens de bon sens, comme le général Noctariam le disait. Certes, son interlocuteur avait du vivre de choses, lui aussi, mais poursuivaient-ils tous les deux le même but? Marcus savait bien que non! Noctariam était le genre de militaire recherchant la gloire, peut-être, qui désirait laisser une trace de lui, et qui jugeait qu'il valait mieux qu'elle soit bonne, pour qu'on ne salisse pas sa personne dans l'avenir. Ces idées étaient rendues à l'état de poussières chez Marcus, autant que son amour...

Le général n'avait pas l'intention de vivre des années après cette guerre, s'il la gagnait... il ne vivait que pour la finir. Les arguments du Druide le laissèrent perplexe, à la fois tiraillé entre les soupçons de codes moraux qui lui restaient et sa détermination à en finir par tous les moyens. "Quand vous vous faites poignarder dans le dos par un gosse que vous aviez épargné, ce n'est pas un sourire niais qui s'étale sur votre visage, général, mais un long rictus de souffrance et de profond regret" voilà les paroles que voulut lâcher Marcus au visage de son interlocuteur dont il s'était à présent fait un ennemi. Un ennemi... l'était-il vraiment? Pas encore, mais il pourrait le devenir. Mais encore une fois, il se fichait de tout cela! Tous les arguments qu'il rabachait sans cesse à ses conseillers, qu'il mettait en avant face à ce Druide, tout n'était que des mots participant à l'effort de guerre. Parfois il les pensait, d'autre fois pas le moins du monde. C'était devenu un exercice quotidien et totalement inconscient, modeler l'image qu'on avait de lui par quelques paroles était tout simplement la routine, mais venait parfois s'y opposer la force de sa colère, toujours présente en lui, et qui le plaçait dans des situations difficiles... aux yeux des autres.

Un flot de paroles empreintes de dégoût à moitié dissimulé ou même totalement dévoilé, un Druide qui se faisait une bien piètre opinion d'un Humain qu'on jugeait comme le plus grand général du continent, autant de mots ou de pensées qui n'atteignaient pas Marcus, hormis les dernières, qui donnèrent lieu aux émotions les plus dangereuses chez un homme, la tornade naissante de la haine et le grondement de la colère éclatèrent en Marcus. Quelle tragédie? La pire qu'on puisse vivre! Un drame dont l'esprit ne se remettait pas! Le souvenir des corps ensanglantés et d'une journée tonitruante des pleurs de plusieurs victimes, un calvaire dont on se pensait, jusqu'à ce qu'il nous tienne, hors d'atteinte, l'envie de ne plus vivre. Pour cette question, juste pour ça, Marcus eut envie d'écouter la voix de la haine qui lui ordonnait de trancher la gorge du Druide devant lui, qui réclamait son sang comme la compensation d'un mal qu'il venait de réveiller. Mais l'objectif que le général suivait était plus fort que tout sentiment, seul son regard flambant de haine fut le preuve incontestable des pensées qui hurlaient en lui.

En effet, il s'était emporté, beaucoup trop d'ailleurs. Le général était malheureusement pour lui très rancunier, mais les évènements d'actualités obligeaient le chef des Armées Humaine à se tenir tranquille, les paroles de son souverain lui revinrent en pleine face au moment où l'envie de se lever fut la plus forte. Il fallait se contenir, changer cette haine grandissante en une force qui lui permettrait de traiter avec les Druides, même si c'était mal parti. Depuis un certain temps, Marcus ne se retrouvait qu'en compagnie de gens trouvant ses propositions tout à fait insuportables, les Amazones le considéraient déjà comme l'ennemi à abattre après Ardiosis, les Orthodoxes pensaient le tenir en laisse en ayant payé sa caution, et bientôt le général Noctariam allait répandre l'idée qu'il était un monstre prêt à fendre le crâne des nourissons. Que de réjouissances! Seuls les Humains le portaient encore dans leur coeur, c'était l'essentiel.

Marcus aimait ce général pour son franc-parler, il n'avait pas hésité à dire ce qu'il pensait, mais ses dernières paroles avaient presque scellé le destin des deux hommes. Désormais, l'Humain se méfierait de ce Druide autant que la peste que contractait son peuple, il n'y avait plus rien à faire de ce côté, restait à chercher l'appui d'un possible traître dans ce camp, il en existe toujours. Peut-être même plusieurs conseillers séniles craindraient la puissance que représentait Marcus et prendrait plus peur qu'autre chose devant ses propositions, il était temps de mettre en oeuvre la politique que souhaitait voir Ardiosis, et non pas celle qu'avait mené le général et qui lui avait coûté si cher.

Niarus Faldor... Cela ne lui disait vraiment rien, un grand conseiller? Il y avait de l'espoir de ce côté là. Très bien, allons-y!

-Moi de même. J'espère vous revoir prochainement.

On pouvait le dire. Ce Druide intriguait autant Marcus que lui le détestait. Il n'avait proposé aucune stratégie, rien, il s'était simplement contenté de critiquer l'Humain et n'avait rien avancé. Allez-y, foncez! Et faîtes vous broyer par vos ennemis, général Noctariam, hurla au fond de lui Marcus, qui s'éloignait de son pair le visage couvert de cette expression impassible qui le caractérisait tant. Bien! Allons donc rencontrer ce conseiller.

-Je vous suis, dit-il aux gardes.

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