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 Discussion mortuaire [Asandir *]

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MessageSujet: Discussion mortuaire [Asandir *]   Lun 14 Juin 2010 - 12:25




Niarus Faldor, Conseiller de sa Majesté

Quatorzième semaine,
Deuxième jour,
Soirée

Assurément, c’était la pire chose qui pouvait arriver au royaume druidique. Niarus passa une main sur son visage creusé et fatigué, comme pour éliminer les soucis qui s’attardaient sur sa figure vieillie. Installé dans un fauteuil luxueux aux teintes vermeilles, devant une cheminée où flambait un feu ardent, le conseiller du roi porta à ses lèvres un verre au contenu subtilement alcoolisé, pour la énième fois. Après la reine Faldora, c’était au tour de son jeune neveu de partir dans des circonstances tragiques, laissant encore une fois un peuple meurtri et une patrie sans souverain. Bien sûr, il n’était pas encore mort mais qui aurait eu la folie de croire que le roi allait s'en sortir ? Il n’y avait plus aucun espoir, c’était évident. Le liquide se déversa lentement dans la gorge du vieil homme, lui procurant une sensation de chaleur insoupçonnée. Niarus n’était pas un habitué des boissons alcoolisées, préférant garder intactes sa lucidité et sa capacité de réflexion. Il n’avait toutefois pas le courage de résister à la tentation de l’oubli temporaire des tourments qui l’accablaient. Il était homme après tout, fils de Mani. Pourquoi le dieu père oubliait-il ses enfants ? Avaient-ils donc autant pêché pour mériter pareil châtiment ? Le regard vide, Niarus observait la flamme danser dans l’âtre avec nonchalance. Il se sentait épuisé et particulièrement vieux ce soir. Et à dire vrai, c’était le chagrin et le dégoût qui paralysaient son esprit. Pareille injustice le révoltait. Galdor était jeune, et il était bon. C’était un souverain exemplaire, qui ne méritait pas de partir sans avoir pu goûter les joies d’une vie remplie ! Pourquoi les dieux n’avaient-ils pas choisi de prendre sa vieille carcasse, plutôt que d’ôter la vie à un avenir si prometteur ? Niarus soupira et avala d’une traite le restant de son verre.

Soudain, on frappa à la porte de ses appartements. A nouveau, le vieux noble se massa le visage avec vigueur avant de se lever de son fauteuil, en prenant appui sur les accoudoirs, et d’inviter l’inconnu à entrer. Dans l’embrasure de la porte apparut un visage familier qui réconforta quelque peu le conseiller du roi. En temps de trouble, il était toujours rassurant de partager sa peine avec une connaissance que l’on appréciait. Et le Chef des Armées était de ceux là.

« Ah, c’est vous, Général Noctariam. Entrez-donc, je vous en prie. Pendant un instant, j’ai cru… Qu’importe après tout ! Puis-je vous offrir quelque chose à boire mon ami ? »

Niarus savait pourquoi le général était là. L’état du souverain se dégradait d’heures en heures, et il souhaitait sûrement en savoir davantage. Peu d’informations étaient délivrées par les médecins, de peur de provoquer une panique sans précédent. Non seulement le souverain allait mourir, mais combien d’autres personnes allaient contracter la maladie ? C’était une catastrophe. Une véritable catastrophe.
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MessageSujet: Re: Discussion mortuaire [Asandir *]   Lun 14 Juin 2010 - 22:10

L'homme faisait les cent pas. Arpentant le couloir de long en large, un masque d'inquiétude peint sur ses traits. A en juger par ses riches atours, sa coiffure impeccable et ses ongles manucurés, ce devait être un noble comme il en passait des dizaines depuis ce matin. A chacune de leur tentative de visite, Asandir doutait fortement que ce ne soit pas tant l'état de santé du monarque qui les préoccupait, mais plutôt la perspective de ramener quelques informations croustillantes à la cour. Aussi ce manège prit des tournures passablement insultantes pour le Chef des Armées. Quand il se rendit compte que le général ne cessait de le fixer, l'homme s'arrêta enfin... Pour se remettre à triturer un ruban de son magnifique manteau dans les secondes qui suivirent. Asandir poussa un soupir d'exaspération. C'était le quatrième qui avait ce genre de comportement. En toute autre occasion, la similitude de leurs agissements l'aurait fait sourire, voir même rire, mais en cette situation cela créait un dilemme nouveau chez le druide; Dégainer ou ne pas dégainer? Telle était la question en cet instant. Réalisant que la colère montait en lui sans qu'il ne l'eusse invitée, Asandir s'obligea à fixer la porte des appartements royaux, solidement gardée par deux soldats d'élites qu'il avait personnellement choisi.

Le général était là depuis l'aube mais il n'avait eu droit à aucune visite. Seuls étaient tolérés la famille royale, Niarus Faldor et les légions de médecins qui allaient et venaient sans un mot. Cependant, Asandir ne désespérait pas qu'on lui accorde une rapide audience, même quelques minutes pour s'enquérir du devenir de son souverain. Le chef des armées refusait de songer à ce qui se passerait si Galdor Fenril venait à décéder. La tragédie, couplée à l'épidémie, risquait de porter un coup fatal au royaume de Sudorna. Se massant les tempes, Asandir mit de côté cette sombre réflexion. Tant que son Roi respirait encore, il y avait de l'espoir. Et tant qu'il y aurait de l'espoir, le chef des armées ne bougerait pas d'ici.
Soudain, le grincement de la porte en bois renforcé résonna dans le couloir. Une femme en sortit, suivit par un homme et une autre femme qui devait être un peu plus vieille que lui. Les médecins-mages royaux. Asandir se leva pour aller à leur rencontre mais, n'ayant même pas parcouru quelques mètres, ils se firent intercepter par un groupe de nobliaux, très vite rejoint par l'homme qui faisait les cent pas quelques minutes plus tôt. Ces derniers caquetèrent en posant mille et une questions en même, rendant de ce fait le tout parfaitement incompréhensible. Au bord de la perte de sang froid, le général s'astreignit tout de même au calme en inspirant et expirant profondément. Les secondes s'écoulèrent sans que le groupe ne parvienne à saisir qu'il ne tirerait absolument rien des docteurs du roi. Dans cette cacophonie, il sembla à Asandir -à moins que ce ne soit le fait de son esprit- qu'un « A-t-il désigné son successeur? » fut prononcé. C'en était plus qu'il ne pouvait en supporter.


« Silence! Taisez vous! La paix! LA PAIX ! » Le chef des armées avait littéralement explosé sur cette dernier injonction.

On le fixa d'abord longuement. Puis, les médecins qui l'avaient reconnus, se dirigèrent aussitôt vers lui, trop content d'échapper à ce raz-de-marée de stupidités. Les trois docteurs et le général se mirent alors un peu à l'écart, laissant le groupe complètement estomaqué. Mais Asandir n'avait pas encore ouvert la bouche, qu'une voix s'éleva parmi les nobles de l'attroupement.

« Qui es-tu roturier pour hurler ainsi? » le ton était moqueur, quoi qu'un peu trop aigüe.

Le Chef des armées laissa glisser l'insulte et entama son dialogue avec les mages-médecins.

« Réponds lorsqu'on te pose une question! Et retourne toi! » décidément, la voix était trop aigüe. A moins que ce ne fut l'effet de l'humiliation.

Asandir crispa les poings et prit la parole d'une voix d'où perçait une sourde menace.

« Si je me retourne, vous n'apprécierez surement pas. Alors je me répète, taisez vous. »

Mouché, car il n'y avait aucune insulte dans sa réplique mais une menace bel et bien réelle, le général n'eut que des bruits de pas de plus en plus distant pour réponse. Reprenant l'échange avec les médecins, Asandir n'obtint que la certitude que son monarque avait besoin de repos et qu'il ne pouvait pas le visiter pour l'instant. Les soigneurs royaux lui firent également comprendre que rien ne servait de camper devant la chambre du souverain, cela ne faisait que l'énerver un peu plus à chacune de ses rencontres avec les nobles. Asandir leur concéda volontiers ce dernier point, ayant failli craquer quelques secondes auparavant. Il remercia les deux druidesses et le druide pour tout le soin qu'ils apportaient à son Roi, ordonna à un des gardes d'aller chercher la relève, et ne partit qu'une heure à peu près après qu'elle fut arrivée. Le chef des armées se dirigea directement vers ses appartements et s'écroula sur son lit.
Un minute passa, un quart d'heure, puis une heure complète sans qu'Asandir ne parvienne à trouver le sommeil. Malgré la fatigue, ses yeux albâtre restèrent fixés sur le bouclier, la lance et le casque à crinière noire qui trônaient à l'autre bout de la pièce. Chef des armées... Non, décidément, il ne s'endormirait pas sans être fixé.
Se relevant d'un bond, le druide enfila ses bottes, rattacha son fourreau et mit un simple manteau long. Calmement, il prit la direction des quartiers de Niarus Faldor, le seul homme qui accepterait de lui ouvrir sa porte à cette heure. Les couloirs silencieux, habituellement si agréable, l'obligèrent cette fois à se terrer dans ses sombres pensées. Un nœud sembla se former au creux de son estomac lorsqu'Asandir arriva devant la porte de l'éminent conseiller. Un long moment il resta simplement planté devant, ne sachant plus trop s'il désirait ou non connaître la vérité. Son bras finit par agir indépendamment de sa volonté. Le chef des armées entendit toquer plus qu'il ne sentit réellement le bois sous ses phalanges, et quelques secondes plus tard, le visage de Niarus apparut pour lui ouvrir.


Son Roi était condamné. Asandir le sut dès que ses yeux se posèrent sur le faciès du druide qui lui proposait déjà à boire. Le général accepta machinalement, un masque d'impassibilité peint sur ses traits. S'abîmant dans la contemplation du feu, le druide finit tout de même par briser le silence, la voix grave.

« Où avons-nous fauté? Quel acte abominable avons-nous commis pour que les choses dégénèrent ainsi? »

Asandir promena son regard dans toute la pièce avant de le fixer sur celui du noble.

« Une nouvelle ère s'annonce. Mais cette fois ci, j'ai l'impression que nous devrons nous battre pour y avoir notre place... »

Le Général vida son verre.

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"L'apanage du Chef de Guerre n'est pas de faire le bon choix, c'est de faire un choix lorsqu'il n'y en a aucun de bon."
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MessageSujet: Re: Discussion mortuaire [Asandir *]   Ven 18 Juin 2010 - 12:24




Niarus Faldor, Conseiller de sa Majesté


Le général devait être le seul homme à partager réellement la peine de Niarus, concernant l’état du souverain. Beaucoup s’inquiétaient du devenir du royaume, voire de l’avenir du monarque lui-même, mais combien étaient-ils à pleurer la perte d’un ami ? Galdor était un homme bon, mais solitaire et renfermé. Qui pouvait se targuer de connaître réellement l’homme qui portait la couronne ? Sa propre famille ne l’appréciait guère à sa juste valeur, même si quelque part Niarus essayait de se convaincre que Nillviem et Aelalia aimaient quand même leur cousin. Le vieux noble invita le soldat à entrer dans ses appartements, et lui proposa un verre, ce qu’il accepta du bout des lèvres. Il alla chercher un verre en cristal, dans lequel il versa le contenu vermillon d’une bouteille. Il se servit ensuite lui-même, et apporta le tout à son hôte. Celui-ci brisa le silence, d’une voix qui sonnait étrangement désespérée. L’incompréhension n’avait pas seulement fait des ravages dans l’esprit du conseiller, mais également dans celui du militaire. Et quoi de plus légitime ? Niarus vint tapoter amicalement son épaule avant d’aller rejoindre le fauteuil qu’il avait préalablement quitté. Rien n’était juste dans ce monde. Voilà les conclusions qu’il fallait en tirer après quarante sept ans d’existence.

« J’ignore quelle a été notre faute, mais c’est notre bon roi qui en paye le prix. Pareille tragédie ne peut être une coïncidence. Les dieux nous mettent en garde, j’en suis persuadé.

Son regard fatigué croisa celui d’Asandir, avant que celui-ci ne vide son verre. Le conseiller l’imita, plus modérément toutefois. Il indiqua d’un signe du bras la bouteille, son hôte pouvait en faire bon usage.

- Le royaume sera ébranlé par la nouvelle. Il lança un regard compatissant à son interlocuteur. Il faut vous y préparer, mon ami, notre souverain ne passera pas la nuit. Il a fait le nécessaire dans la journée, pour préparer son départ. Je crois qu’il a senti que son heure était venue. La Grande Prêtresse est d’ailleurs passée pour apaiser son âme et recueillir ses confessions. »

Niarus se remémora la venue de la jeune femme et fronça quelque peu les sourcils. Sur l’instant, il n’avait pas remarqué à quel point elle semblait tourmentée. Mais maintenant qu’il y repensait, Dame Gordonian avait paru étonnamment affligée par l’état du souverain. Il haussa les épaules, et finit son verre d’une traite.

« Il nous faudra assurer la protection du royaume dans les jours à venir… J’ai bien peur que vous ayez raison, Général. De funestes journées sont à présagées pour l’avenir et nous devrons nous montrer combattifs pour la pérennité de notre royaume. »

Les choses auraient sans doute pu être plus faciles. Le royaume aurait pu être confié aux mains d’un successeur digne de confiance, habile et sensé, qui aurait repris le flambeau laissé par Galdor. Mais pouvait-on réellement espéré que les évènements allaient s’enclencher avec fluidité ? Le vieux conseiller était certain que le souverain avait désigné son cousin pour lui succéder, mais il était tout aussi certain que le jeune Nillviem refuserait une telle responsabilité, surtout après l’affront provoqué par le testament de sa défunte mère. La reine Faldora n’avait pas jugé son enfant prêt pour le port de la couronne et le prince s’en était alors lui-même convaincu. Qu’est-ce qui le ferait changer d’avis à présent ?
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