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 C'est une belle journée pour attaquer un bourg non ? [*]

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Ectoplasme
¤ Incarnation du Destin ¤
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MessageSujet: C'est une belle journée pour attaquer un bourg non ? [*]   Dim 11 Oct 2009 - 12:46

Troisième jour de la douzième semaine
Sont cordialement invités à participer à ce sujet :

Nillviem Fenril et Raknor Seylve


Le cœur en fête par leur précédent pillage, une troupe de mercenaire solidement armée chevauchait en direction du bourg de Trolin sans aucun but précis pour l'instant. Toutefois, nul doute que les idées allaient fuser dès que nos fiers hommes auraient cuvé l'alcool ingurgité la veille au soir. Car si ceux-ci étaient très doués dans leur domaine, ils avaient la mauvaise manie de se soûler sans complexe et ce jusqu'à se battre entre eux parfois, ou rouler sous les tables quand ils avaient prit leur quartier dans une auberge (après en avoir chassé les clients déjà présents, bien entendu). Ce qui faisait que le jour levé, ils avaient quelque mal à rester en selle, ci n'avait été leur chef. Leur cheffe même, devrait-on dire, car la tête pensante de ce groupe composé d'une vingtaine de personne n'était autre qu'une femme.

Arbella Gian était d'origine humaine mais avait très tôt quitté les jupons de sa mère pour partir vivre la grande aventure. Mais quand on était une fille, quand on était jeune, il pouvait nous arriver tout et n'importe quoi, et c'était rarement bénéfique pour ladite jeune fille. C'est comme cela qu'Arbella rencontra quelques hommes peu recommandables, qui ne furent que peu touchés par la jeunesse et la fragilité de l'adolescente d'alors. Ils avaient abusé d'elle, chacun leur tour, plusieurs fois même, la laissant pour morte dans le fossé.

C'était commun, cela arrivait souvent mais, ses filles ayant honte de retourner chez elle, ne trouvant que rarement du travail après cela, elle se tournait bien souvent vers la prostitution pour survivre. Il n'y avait pas beaucoup de solution pour vivre dans la rue, hormis les vols. Mais dans le cas d'Arbella, elle s'était battue pour se relever de la fange dans laquelle elle était. Ça n'a pas été simple, elle a prit des coups, n'a pas souvent mangé à sa faim, s'est bien sûr tournée vers le vol pour survivre, mais ce que la rue avait de bien, c'est qu'elle vous apprenait à vous battre, même pour un quignon de pain. Et à ce petit jeu, Arbella était douée. Naturellement menue, elle compensait son manque de force par une agilité que bien des hommes lui enviaient. Elle avait ensuite appris à utiliser un couteau pour trancher dans le lard, puis une dague, puis une épée, puis deux en même temps... Bref, elle savait se défendre comme personne.

Quelques années plus tard, elle s'était constituée un petit groupe, entièrement composé d'homme, comme si elle voulait assoir sa supériorité sur ces 'inférieurs', avec qui elle pillait et volait tout ce qui tombait sous leurs mains. Elle les laissait ensuite libre de vider les tonneaux de vin ou de bière qu'ils volaient car Arbella avait une philosophie : ivre, ils n'avaient pas idée de la détrôner, c'était aussi simple que cela. Si on ajoutait à cela l'aura qu'elle dégageait et qui en imposait à ces hommes, on avait la formule gagnante pour la gloire et la richesse. Avec le temps, la jeune femme avait amassé un petit pécule et avait bien l'intention de se retirer quelque part, un endroit où elle pourrait tranquillement panser les plaies du passé.

En attendant...

- Un bourg, droit devant !

Arbella leva la tête vers l'endroit qu'on lui indiquait et en effet, elle pouvait apercevoir les toits des maisons d'un bourg. Parfait, pensa-t-elle, tandis qu'un sourire carnassier faisait étirer ses lèvres. De l'action, après une nuit simplement rythmée par les beuveries de ses hommes. Se dressant sur ses étriers, signe qu'elle allait parler, le silence se fit, la course s'arrêta.

- Que dites-vous d'un peu d'amusement ?

Un concert de cris plus proches de l'animal que de l'être humain retentit mais cela ne fit que nourrir le sourire de la demoiselle. En quelques mots, elle donna ses ordres, traça dans l'air le plan rodé que le temps et la pratique avait consolidé et les lança à l'assaut. Les chevaux battirent le sol de leurs sabots, pour encercler le hameau. Cela fait ils avancèrent par les différentes artères principales de la ville, fauchant au passage, sans les tuer, les quelques paysans ou artisans passant à portée. Arbella fut la dernière à arriver sur la place du Bourg où quelques villageois avaient été rassemblés, tandis qu'au loin, on entendait les cris des autres, maltraités par les mercenaires. Mais sans jamais les tuer, Arbella y tenait.

- Qui est le chef de ce village ? demanda la jeune femme de sa voix mélodieuse, certaine que personne ne viendrait les sauver du destin qui les attendait, eux et leur village.

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Nillviem
Gwendirien
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MessageSujet: Re: C'est une belle journée pour attaquer un bourg non ? [*]   Dim 18 Oct 2009 - 14:30

« Dis-moi, ne t’es-tu jamais posée un instant afin d’observer le ciel et ses somptueuses étoiles ? Quoique, je ne peux que deviner la réponse, il est vrai que tu ne restes calme que peu de temps…»

Comme souvent, lorsque la fraîcheur qu’imposait la pleine nuit et ravivait la rosée matinale s’était installée, une ombre s’éveillait. Aussi transparente que sur un mur sombre pour les regards endormis, seule sa présence pouvait être ressentie. Vagabondant dans les ruelles noires, les éclats de lune jouaient sur son pelage. Tantôt l’éclairant brièvement, tantôt parcourant avec acharnement le moindre de ses mouvements. Cette simple silhouette brumeuse se rendait au sein des bois, seul lieu où la sérénité semblait lui être accordée. Parvenue à destination, elle errait calmement, dans un premier temps, emplissant ses poumons d’un air pur. Chaque créature que les songes n’avaient pas emporté passait sous ses yeux d’un jade nébuleux, s’attardait à la saluer sans crainte et dénonçait aux astres sa délicatesse. Enfin elle s’arrêtait, posait son regard sur le ciel dégagé et observait, puisant de ces instants une quiétude incomparable. Aucune autre émotion ne s’emparait de ses pensées, si ce n’était celle d’une mélancolie mesurée. Sans être synonyme de déprime, elle s’accordait au contraire avec un équilibre raisonnable de sentiments et découlait d’une harmonie profonde avec la nature qui l’entourait. Quelle sensation agréable de percevoir la plus infime parcelle de vie effleurer sa conscience et onduler avec son esprit. Rien n’était susceptible de troubler cet étrange lien. Le rongeur qui s’étendait paisiblement dans sa tanière, à quelques mètres de là, donnait une envie similaire à notre ombre demeurant assise, aussi immuable qu’une falaise. Nul autre que cette panthère ne pouvait se sentir aussi fusionnel en ce moment. Elle ne côtoyait pas la nature, elle en faisait entièrement partie. Pourtant sa place n’était pas ici.
Mais un jour, elle le serait.

Depuis de nombreuses heures déjà, la lune avait laissé place à son indissociable compagnon. Néanmoins l’emprise que détenaient les rêves sinueux et audacieux n’avait pas encore décidé de quitter le druide. En effet, son sommeil avait débuté une nouvelle fois avec l’arrivée d’une aube chaleureuse. Et, par habitude, on ne venait le déranger que sur ordre d’une requête importante. Des bruits de pas, de cliquetis métalliques, de casseroles, de salutations et de conversations, un mélange de sons familiers, s’emparèrent des lieux un peu plus tardivement, signe que le quartier du Capitaine s’éveillait. Celui-ci, fuyant les derniers soupçons de sommeil qui s’agrippaient à lui, s’extirpa d’un repos bref mais suffisant, pour aller rejoindre sa compagnie. Les environs s’animaient peu à peu, et Nillviem se mêla à ses hommes qui prenaient leur repas dans une convivialité et une complicité usuelle. Il leur rendit respects et civilités, puis s’enquit de toutes sortes de nouvelles et écouta avec un plaisir enfantin les quelques ragots qui couraient sur les nobliaux. Ensuite, il s’isola pour régler divers papiers sur le recrutement qui s’intensifiait, le budget qui se minimisait et autres affaires du même genre. Le temps, jouant de ce travail nécessitant concentration et rigueur, défilait sans se faire remarquer. Ainsi, quand le jeune homme eut terminé, la douce matinée touchait à sa fin, et laissait entrevoir une journée quelque peu sèche. Ayant revu stratégies avec ses sergents, et participé aux entraînements des soldats, il décida d’aller voir personnellement comment se portaient les villages environnant Unae. Il savait par la Cour, que de nombreuses inquiétudes avaient été formulées au sujet d’une vive épidémie. Nillviem tenait à vérifier par lui-même de quoi il s’agissait. Il entendait les plaintes des habitants qui fusaient dans leurs conversations, et ceux qui venaient l’apostropher afin d’obtenir une prière pour leur cause. Il établit donc une petite troupe destinée à l’accompagner dans son excursion et se mit en route pour le village d’Elonia.

Les éleveurs l’accueillirent avec maintes exclamations et contentements, ils jugeaient déjà les mesures qui avaient été mises en application la veille insuffisantes. Le prince fut aussitôt conduit devant plusieurs troupeaux décimés par la maladie. Les soldats étouffèrent leurs cris d’effroi. L’état des bêtes mortes était indescriptible. Le jeune homme en avait la nausée. Il sentit un déchirement au plus profond de lui. La Nature était affligée d’une horrible calamité et les druides n’y étaient pas insensibles. Les propriétaires de ces pauvres animaux lui expliquèrent les constats qu’ils avaient faits quant à la propagation de l’épidémie, mais Nillviem, indépendamment de sa volonté, n’écoutait qu’à moitié. Ses pensées étaient restées accrochées au phénomène qu’il avait devant lui et aux interrogations qui l’assaillirent. Le compte-rendu achevé, il se pressa de quitter l’endroit. Néanmoins il devait aussi se rendre au bourg de Trolin pour établir ses propres constatations. La compagnie, à présent en chemin, était plongée dans un silence intense que nul n’osait déranger. Lorsqu’un piaillement aigu retentit au dessus d’eux. Un faucon crécerelle de moyenne envergure planait à quelques mètres du cortège. Le jeune homme fit arrêter ses hommes afin d’écouter ce que le druide, qui venait vers eux, avait à dire. En effet, les enfants de Mani possédant une forme de vol et appartenant au corps de l’armée étaient le plus souvent engagés à surveiller les villages contre un éventuel envahisseur. C’était une forme qui comptait parmi les plus utiles, comme les formes de voyage, capables de courir sur de longues distances, qui étaient surtout aptes à exercer la fonction de messager. Certains refusaient, car il était d’ordre général qu’une sorte de pudeur voyait les druides se montrer réticent à dévoiler une partie d’eux-mêmes, leur seconde apparence. D’autres n’hésitaient pas, promouvant la cause de leur peuple.

Comme si un seul problème ne suffisait pas, le patrouilleur annonça au jeune prince qu’il avait aperçu toute une troupe de brigands s'orienter vers le bourg. Nillviem le redirigea vers l’Académie à Unae, avec pour ordre d’envoyer des unités le rejoindre. Tandis que le faucon repartait, un soldat s’opposa au Capitaine en demandant s’il ne fallait pas attendre les renforts. Mais il était impossible pour le jeune homme d’attendre plus longtemps, alors que les bandits devaient déjà avoir atteint Trolin, et que lui-même n’en était pas si loin. Il lui fallait agir avant qu’ils ne causent plus de dégâts. Il talonna sa monture, suivit par ses compagnons. Il répugnait les brigands plus que toute autre armée adverse, du moins dans le cas où ses combattants ne se battaient pas pour un motif personnel. Avares de richesses et d’alcool acquis aux dépens des autres, ils en voulaient toujours plus. Il les percevait comme des rustres barbares participant à la chute d’une ville plutôt qu’à sa prospérité. C’était peut-être là des préjugés qui s’imposaient à l’esprit du druide pourtant, il était sûr qu’il n’était pas loin de la vérité.
La troupe montée s’engagea dans le bourg par l’entrée principale. Nillviem laissa ses hommes descendre de cheval et défendre les passants aux mains des mercenaires. Seulement deux soldates demeurèrent à ses côtés alors qu’il sillonnait le village à la recherche du chef des intrus. Des hurlements retentissaient de toute part, sans qu’il puisse en apercevoir la cause. Il discerna une maigre foule sur la grande place, du haut de la rue commerçante où il se tenait. Sans doute avaient-ils été repérés, ainsi il ne prit la peine de freiner sa course qu’en débouchant sur la place. Aucun moyen de savoir qui commandait cette bande de malfrats et ce qu’ils avaient pu exiger des habitants. Descendant de sa monture, il stoppa le geste de sa camarade qui s’apprêtait à dégainer, et clama d’une voix forte afin que tous l’entende :

- La garde d’Unae est en route, il vous serait plus avantageux de partir dès à présent.

_________________

Puissiez-vous me comprendre et me pardonner un jour
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